
ANTAHKARANA spiritualité humaniste |
| | Interprétation moderne du mythe d’Isis | |
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AMBRE

 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Interprétation moderne du mythe d’Isis Mar 29 Mai 2007, 10:04 | |
| Interprétation moderne du mythe d’Isis
Bien que le mythe d’Isis trouve ses racines dans l’Egypte ancienne, cette histoire a beaucoup à nous enseigner dans le contexte du monde actuel. Partons ensemble à la découverte de ce mythe pour comprendre en quoi il concerne notre époque.
La reine Isis est la déesse égyptienne que l’on appelle « la divinité aux mille noms ». Dans le mythe d’Isis, il est fait référence à son époux/frère Osiris. Celui-ci avait été tué et démembré par leur frère jaloux, Seth (si vous pensiez que vous avez des dysfonctionnements dans vos schémas familiaux…).
Isis a ressuscité son défunt époux Osiris par deux fois. Avant la deuxième résurrection, son corps avait été découpé en 14 morceaux, puis dissimulé par Seth. Isis a dû descendre le Nil à bord de son bateau mystique, à la recherche des différents morceaux d’Osiris. Mais elle ne put trouver que 13 morceaux de son corps. 13 correspond au nombre de lunes du cycle menstruel annuel de la femme. C’est pourquoi Isis est connue en tant que déesse de la lune.
Isis avait à sa disposition des instruments puissants pour l’aider dans sa tâche. Elle avait un bateau magique, un miroir magique en forme de lune, une ceinture à nœuds rouges enroulée autour de sa taille, et l’Ankh, connue sous le nom de croix de vie. Elle portait une couronne en or ornée d’un serpent venant se reposer sur son troisième œil, et un vêtement à la mode de l’époque constitué de nombreux voiles de couleur. Lorsque l’on vit à Paris, on se doit de toujours suivre la mode.
Isis, équipée de ses instruments magiques, se mit à assembler le corps d’Osiris, aidée de sa sœur Nephtys. Nephtys est la déesse noire des enfers. Elle possède la connaissance permettant de guider l’âme à travers le processus de la mort. Les deux sœurs utilisèrent donc de leur magie pour guérir Osiris et rassembler son corps. Par la suite, Isis et son époux s’unirent sexuellement et conçurent le divin enfant Horus, qui est non seulement leur fils, mais aussi notre dieu du soleil.
Le mythe d’Isis est symbolique à de nombreux niveaux. La quête spirituelle d’Isis était de retrouver son époux Osiris. Quant à nous, notre chemin spirituel nous guide vers la compréhension de la nécessité de s’unir à notre homme et à notre femme intérieurs. L’Ankh est une croix circulaire. Le cercle symbolise la femme et la croix, l’homme. Tout cela symbolise l’union homme-femme.
Isis subit une crise, elle doit retrouver les parties manquantes d’Osiris. Quant à nous, notre chemin spirituel dans la vie commence souvent par une crise (NdT : jeu de mot intraduisible : Crisis (crise en anglais) et « Cry-Isis » (Pleure, Isis en anglais)). Nos désillusions et notre souffrance peuvent constituer les premiers pas nous amenant à notre quête spirituelle.
La ceinture à nœuds rouges d’Isis symbolise la lignée matrilinéaire collective. L’individu, en général, subit des blessures durant son enfance liées aux dysfonctionnements dans les schémas familiaux dont il a hérité. Seth est l’élément destructeur dans la famille d’Isis. La tâche de celle-ci est de purifier les conditions karmiques de son frère Seth, qui cause la séparation, et de la guérir afin de créer la plénitude. Pour nous également, il est nécessaire de purifier les schémas destructeurs dont nous héritons du fait du conditionnement de notre famille, afin de réclamer les morceaux perdus de nous-mêmes.
Isis est la Grande Mère. Ses voiles représentent la forme illusoire du plan matériel, du monde de la forme. Elle est la déesse des 13 lunes. Le cycle lunaire nous enseigne le fonctionnement de la vie dans la forme physique. La vie a un commencement, symbolisé par la nouvelle lune. La vie a une phase d’épanouissement, symbolisée par la pleine lune. La vie a également un cycle destructeur, représenté par la lune décroissante.
Le miroir magique en forme de lune d’Isis lui confère le pouvoir de réfléchir ces trois aspects de la vie. Il lui permet également de voir la lumière intérieure en chaque individu et en chaque expérience de la vie. Lorsqu’ Isis possède cette compréhension, elle a connaissance de l’impermanence des circonstances de la vie. Il s’agit là du cheminement spirituel permettant de trouver la véritable essence de son être, symbolisée par son frère Osiris, qui représente l’étincelle de lumière en tout ce qui est. C’est la raison pour laquelle il est si important pour Isis de rassembler Osiris.
Son bateau mystique descend le long du grand fleuve qu’est le Nil. Le bateau est le véhicule lui permettant de retrouver les parties manquantes d’Osiris. Le corps est le véhicule qui nous est donné dans la vie afin de commencer le périple nous permettant de trouver notre Soi véritable. Notre véhicule physique est assujetti aux trois phases de la lune et aux conditions temporaires inhérentes à notre monde matériel. Notre corps est également assujetti au conditionnement génétique dont nous héritons de notre lignée familiale.
Le bateau descend le Nil. Ce fleuve représente le canal central à travers lequel passe la Kundalini. Isis est également la reine serpent, ce qui est symbolisé par la couronne serpentine en or qu’elle porte. La Kundalini est le serpent endormi qui se situe à la base de la colonne vertébrale. Lorsque ce serpent est réveillé, il s’élève à travers le canal central, initiant l’individu et lui dévoilant les mystères des sept chakras.
De même qu’Isis retrouve les morceaux manquants de son bien-aimé, nous devons nous aussi retrouver les parties manquantes de nous-mêmes. Isis est la Grande Mère. Elle est la forme de tout ce que nous voyons dans ce monde. Quant à Osiris, il représente la Lumière Christique éternelle. Il est l’étincelle de vie en chacun et en tout. Isis le ressuscite. Ainsi, les deux amants dans ce mythe représentent le mariage du monde matériel et du monde de l’esprit éternel. L’un ne peut pas exister sans l’autre.
Le mythe d’Isis et Osiris est également le fondement de l’histoire de Jésus et Marie-Madeleine. Vous vous rappelez peut-être que Jésus, alors bébé, s’était enfui en Egypte avec sa mère et son père. Il fut formé aux mystères égyptiens et connaissait bien ce qui avait trait à Isis. Par ailleurs, le culte d’Isis était bien établi en ancienne Europe, car elle était l’une des déesses vénérées par les Romains. Nombre des vierges noires d’Europe reflètent vraiment la présence d’Isis sous la forme de Marie. Beaucoup d’églises catholiques furent construites sur les fondations d’anciens temples consacrés à Isis. Même la statue de la Vierge à l’Enfant fut façonnée d’après les icônes plus anciennes d’Isis et Horus.
Lorsque la Grande Mère Isis rassembla les morceaux de son bien-aimé, elle s’unit à lui dans la félicité sexuelle. Mais il restait un problème avant que cette union sexuelle ne puisse avoir lieu. Osiris était découpé en 14 morceaux. Isis n’en avait trouvé que 13. Manquait son pénis dont un poisson du Nil avait fait son repas. Isis, qui était une déesse intelligente, façonna un nouveau pénis pour Osiris dans un lapis-lazuli bleu. Et c’est au cours de leur union extatique que fut conçu leur fils Horus.
Cette partie du mythe d’Isis nécessite quelques explications. Pourquoi le pénis manquait-il ? C’était la préfiguration de l’Ere du Poisson, qui représente l’Ere du Christ. Le poisson qui avale le pénis symbolise l’ère chrétienne. Les textes sacrés furent réécrits et la sexualité devint un péché. On ne la conçut plus dans son aspect sacré. Jésus devint un sauveur célibataire, qui n’avait ni épouse ni concubine.
Isis est la reine tantrique de la sexualité sacrée. C’est par son union avec son bien-aimé qu’Horus, fils du soleil, naquit. Lorsque nous parvenons à la rédemption de notre soi sexuel et que nous l’intégrons à notre vie spirituelle, alors la sexualité devient sacrée.
La naissance d’Horus symbolise aussi la rédemption de notre enfant intérieur. Nous guérissons et transformons nos blessures humaines afin de mettre au monde notre Soi éternel. Le père, la mère et l’enfant sont unis en nous. L’histoire d’Isis est l’histoire de chacun et chacune d’entre nous. Lorsque nos blessures émotionnelles ou psychologiques ont crée une crise dans notre vie, il devient alors temps de s’engager sur la voie spirituelle et de réclamer les parties manquantes de notre être afin de redevenir complets.
Lorsque nous faisons l’expérience du véritable éveil spirituel, nous comprenons l’effet miroir qui existe dans toutes nos relations. Nous apprenons à ne plus porter de jugement sur autrui. Au lieu de cela, nous commençons à transformer nos émotions et nos schémas de pensée intérieurs.
L’un des instruments magiques d’Isis est le miroir. Lorsque nous regardons dans son miroir magique, toutes les séparations disparaissent et nous distinguons clairement qui nous sommes dans toutes les circonstances de la vie.
Raylene Abbott Traduction : Olivier Vinet
 _________________ d Ambre et de Lumière

Dernière édition par le Lun 05 Nov 2007, 21:16, édité 7 fois |
|  | | Sphinx

 Nombre de messages: 2043 Age: 44 Localisation: Belgique Loisirs: Musique (guitare, basse, compo) Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Mar 29 Mai 2007, 13:50 | |
| Seth, le séparateur du couple sacré:
Seth, le mauvais Frère, le Frère sombre, n'existe pas en réalité.
Il n'est que le doute, la confusion, l'erreur qui s'insinue inévitablement, au départ, dans le couple sacré.
On peut, par exemple, faire le rapport avec le film de Kubrick "Eyes Wide Shut" dans lequel la simple pensée de la femme à un possible adultère avec un autre homme (adultère qui n'a pas eu lieu, qui est juste une possibilité latente) met en déroute la psychologie masculine qui s'enlise progressivement dans une psychose.
Même chose dans le film "Blueberry", où c'est l'erreur masculine qui en réalité "tue" la femme et provoque le délire psychotique du héro, jusqu'à ce qu'il soit "victorieux" de son Frère sombre... qui n'est que l'écho de sa propre faute!
En somme, qui est Seth, le "sinistre Frère" qui sépare Isis et Osiris ?
Il est la possessivité spontanée, de l'origine d'un couple sacré, possessivité qui conduit à la négation de l'autre, donc à la négation de soi, donc à l'abdication de la responsabilité personnelle, qui sera alors exportée sur un ennemi inventé de toute pièce.
Tel est Seth.
Il est l'expression de la loi existentielle qui précise que "tout sacrifice refusé sera subi", c'est-à-dire en fait que "tout attachement symbiotique sera confronté jusqu'à émancipation".
Amitié,
steph |
|  | | AMBRE

 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Dim 05 Aoû 2007, 10:51 | |
| Texte du Dictionnaire des Symboles (mon livre de chevet): Isis La déesse égyptienne Isis (transcription grecque de Iset) connut dans le monde grec dès le IV e siècle avant J.-C. et surtout, aux premiers siècles de notre ère, à partir du règne de Caligula, dans tout le monde méditerranéen jusqu’aux confins de la Germanie, une faveur telle qu’elle vit finalement fondre en elle la plupart des divinités féminines (notamment Déméter, Héra, Aphrodite) du panthéon gréco-romain. Epouse de son frère Osiris, le dieu fécondant et civilisateur, elle a été victime de la jalousie de son autre frère, Seth, dieu de l’ombre et du désert, qui a tué et dépecé son mari et jeté les morceaux dans le Nil.
La « quête d’Osiris », c’est-à-dire la minutieuse et pationnée recherche qu’elle dut accomplir pour que, de ces membres épars, elle pût reconstituer le corps de son mari, fit assimiler Isis à Déméter, courant le monde pour retrouver sa fille prisonnière des Enfers. Osiris, de son côté, devait être assimilé à Dionysos, le dieu ressuscité. Les Romains de l’Empire instituèrent des mystères en l’honneur d’Isis ; ils reconnaissaient en elle à la fois la souveraine tutélaire de la terre, de la mer et du royaume des morts. Ils la révérèrent comme une maîtresse magicienne (elle avait réussi à s’unir à la momie de son époux et à mettre au monde un fils, le dieu soleil Horus) capable de transformer aussi bien les êtres que les éléments.
L’Isis gréco-romaine est représentée vêtue de la robe de lin des Déesses Mères et d’un manteau à franges noué sur la poitrine. Elle tient à la main droite le sistre, sorte de crécelle destinée à ponctuer les cérémonies rituelles et à la main gauche la situle, petit seau contenant l’eau sacrée.
(voir Vautour)/(étonante synchro qui m a conduit à chercher la symbolique de ce rapace ...et qui m a conduit sur le blog de Mr Masson)
La plus illustre des déesses égyptiennes. Elle est représentée à la recherche d’Osiris, son frère et époux défunt, qu’elle ressuscite de son souffle (voir Alcyon) ; ou allaitant son fils Horus ; ou accompagnant des rites funéraires ; elle protège les défunts sous ses ailes et les ressuscite. Elle semble avoir d’abord symbolisé la déesse du foyer, par sa fidélité et son dévouement. Mais, après avoir ravi, selon une légende, le nom secret du dieu suprême, Rê, son pouvoir s’étendit sur l’univers, à l’égal de la puissance divine. Chaque être vivant est une goutte du sang d’Isis. Effectivement, tant au Moyen-Orient, qu’en Grèce et à Rome, et dans tout le bassin méditerranéen, Isis fut adorée comme la déesse suprême et universelle. Je suis la mère et la nature entière, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des mânes, première entre les habitants du ciel, type unique des dieux et des déesses. Les sommets lumineux du ciel, les souffles salutaires de la mer, les silences désolés des enfers, c’est moi qui gouverne tout au gré de ma volonté (cité par Serge Sauneron). Dans tous les cercles ésotériques, elle sera considérée comme l’Initiatrice, celle qui détient le secret de la vie, de la mort et de la résurrection. La croix ansée (ankh) ou le noeud d’Isis, sont les symboles de ses pouvoirs infinis. Dans les religions à mystères des premiers siècles de notre ère, elle incarnera le principe féminin, source magique de toute fécondité et de toute transformation.
Mythologie :
Isis au Liban :
L’écrivain grec Plutarque écrivit une version de l’histoire d’Isis et Osiris vers 100 ap. J.-C. D’après son récit, quand Isis apprit la trahison de Seth et le meurtre d’Osiris, elle chercha partout le corps de son mari. Elle se rendit à Byblos au Liban où le bruit courait qu’Osiris se trouvait peut-être.
Le cercueil, rejeté sur le rivage à Byblos, s’était emmêlé aux racines d’un petit arbre. Ce bel arbre poussa rapidement et on le coupa pour en faire un pilier au palais royal de la ville. Isis se rendit au palais et s’assit dans la cour, en pleurs. Elle impressionna les servantes du roi en tressant leurs cheveux et en exhalant du parfum sur leur peau, et la reine de Byblos l’engagea comme nourrice de son fils cadet. Isis nourrit le prince en lui faisant sucer son doigt. S’étant attaché à l’enfant, elle décida de lui donner une vie éternelle et elle le déposa donc dans le feu pour le soustraire au monde des mortels.
Alors que le prince était couché dans le foyer, Isis se tranforma en hirondelle et voleta autour du pilier que l’on avait fait de l’arbre. La reine de Byblos entendit ses lamentations et entra dans la pièce. Voyant l’enfant dans les flammes, elle se mit à crier, interrompant le charme avant qu’il n’eût pu agir. Isis révéla alors son identité et demanda que l’on ouvre le pilier. Le cercueil d’Osiris mis au jour, Isis poussa un cri de douleur si terrible qu’il tua le jeune prince.
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|  | | AMBRE

 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Mer 02 Jan 2008, 12:35 | |
| | Citation: | Quelle Énergie représentent Les Vierges Noires ?.
Par Robert Régor Mougeot
L'Energie que dégagent les Vierges Noires à la fois fascine et inquiète. Sous les mêmes apparences frontales, elles sont austères, hiératiques et mystérieuses. Quels enseignements peuvent-elles encore nous donner? Prenons quelques exemples pour aller ensuite au-delà des apparences, c'est-à-dire du physique au métaphysique.
OOOChez les Vierges dites « au manteau »[1], seule la tête de l'enfant sort du manteau protecteur de sa mère. Les traits des deux visages sont les mêmes et les couronnes portées sont semblables. Il en est de même pour les Vierges dites « en majesté », mais l'enfant se détache alors entièrement de sa mère tout en restant tenu bien en main sur ses genoux, toujours rigoureusement dans l'axe. Les vêtements sont le plus souvent de même facture[2]. La Vierge, la Déesse Mère, quel que soit son nom, symbolise la Mère de la Manifestation. Elle est toujours l'un des multiples visages que prend la Mère Universelle, la Nature Naturante, pôle féminin dont la manifestation, l'enfant, est masculin « car cette Mère Universelle est en vérité la Féminité manifestée, c'est-à-dire la vraie Masculinité (l'activité du réceptif) – en un mot, l'Androgyne.[3] »
Les Vierges Noires ont pris la succession des anciennes déesses sous une forme christianisée. « Ne sont-elles pas si souvent à proximité immédiate de sources, de puits[4], d'arbres ou de pierres qui avaient chez nos ancêtres préchrétiens une signification sacrée bien connue.[5] » Mais avant d'être représentée, la Mère de la manifestation fut adorée sous l'apparence d'une Pierre Noire tombée du ciel, comme à Ephèse pour Artémis. Le « béthyle », pierre noire d'origine météorique, figure Cybèle la Noire, ou la « Grande Déesse » chtonienne grecque. Et le pèlerin musulman baise la Pierre Noire de la Kaaba à La Mecque.
OOOPourquoi ces Vierges sont-elles de couleur noire?
OOOLa Vierge Noire en Majesté du château d'Anjony, à Tournemire, a des traits négroïdes marqués ; d'autres Vierges Noires ont les traits aquilins des Peuls ou des Ethiopiens. Il est actuellement presque certain que l'humanité a son origine en Afrique[6]. De l'Ethiopie à l'Egypte en passant par la Nubie, la continuité est évidente. Certains Pharaons furent noirs et la civilisation égyptienne trouve ses racines dans l'Afrique subsaharienne. « En effet, l'héritage pharaonique appartient en totalité, des origines à la fin des dynasties indigènes, à l'univers culturel négro-africain, par l'habitat, la "race" et la langue des anciens égyptiens, responsables de la civilisation pharaonique.[7] » Les races blanches ont depuis très longtemps, beaucoup de mal à reconnaître l'héritage ancestral qui les rattache aux peuples noirs. Il est navrant de voir que, dans nos musées, les statues des pharaons aux traits négroïdes ont les nez et les lèvres mutilés, ce qui masque les signes visibles de leur origine.
OOOLa parenté de la Vierge Noire avec l'Isis[8] égyptienne est évidente. Cela avait déjà frappé Faujas de Saint-Fond au XVIIIème siècle. Dans l'ouvrage du Père Odo de Gisey, Discours historique de la très ancienne dévotion de nostre Dame du Puy ou du Puy nostre Dame, dont la première édition date de 1620, la vignette gravée sur cuivre représentant la Vierge du Puy est précédée de la citation du Cantique des Cantiques Nigra sum sed formosa (1,5). La traduction habituelle, « Je suis noire, mais je suis belle », qui prête à un racisme diffus, est reprise par André Chouraqui qui propose :
OOO« Moi, noire, harmonieuse, fille de Ieroushalaïm.
OOOComme tente de Qédar, comme tenture de Shelomon.
OOONe me voyez pas, moi la noirâtre : oui, le soleil en moi s'est miré.[9] »
OOOLa tradition a maintenu l'origine orientale des Vierges Noires que les Croisés ramenèrent de Terre Sainte. A Montmorillon (Vienne), le Chevalier de Persac, de retour de Jérusalem, fit construire, au XIème siècle, un bâtiment hexagonal dans la cour de l'ancien Hôtel-Dieu ; il reste pour beaucoup une énigme. On peut y voir sculptée Isis allaitant deux serpents[10]. La même sculpture se trouve sur la façade de l'église de Saint-Jouin-de-Marne (Poitou). Cette représentation n'est pas celle de la luxure comme l'affirment actuellement les catholiques timorés, mais plus sûrement celle de la Mère Universelle allaitant les deux facettes de la manifestation. Dans la crypte de l'ancienne église de Montmorillon, on peut voir une fresque représentant sainte Catherine d'Alexandrie offrant un disque d'or à Marie. Le visage de sainte Catherine, au fil des temps, est devenu noir. Hasard dû à la providence!
OOOA Longpont-sur-Orge (Essonne), qui fut aussi un ancien lieu de culte à Isis, tenu par les druides vénérant également Osiris et les dieux celtiques, se trouve l'un des plus anciens lieux de culte à la Vierge Noire. L'endroit fut évangélisé par les disciples de saint Denis, saint Sulpice et saint Ion (ou Yvon) et les druides se convertirent au christianisme ; ils attendaient « la Vierge qui doit enfanter ». Les textes disent : « Longtemps après, les bûcherons de l'endroit, abattant un chêne séculaire, découvrirent en son creux, une antique statue de bois noire ou polychrome (..) Elle portait sur son socle: "Virginia Parituræ" (à la Vierge qui doit enfanter). Ce fut une célébrité dont on parla bientôt partout et qui incita les Carnutes (habitants de Chartres) à venir quémander une copie[11] » Pierre Gordon fait remarquer avec justesse qu'une statue druidique trouvée dans un chêne ne pouvait porter une inscription latine[12] ! Quoi qu'il en soit, la source celtique, située jadis derrière le maître autel, a été murée et la Vierge Noire est devenue Vierge Blanche sous le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Garde bien qu'elle sorte encore du chêne druidique séculaire. La plus vieille statue de Vierge Noire du Parisis[13] servit de modèle à celle de Chartres, plus connue et plus célèbre.
OOOToutes les Vierges Noires sont à l'image de Kali la Noire (Inde), d'Astarté, de la Sarah des Gitans, d'Annis appelée en Grande Bretagne « Black Annis », d'Innani (Sumer). La Vierge Noire convie les êtres humains à percer toutes les couches de leur matière, à aller au tréfonds d'eux-mêmes, dans les ténèbres de leurs entrailles, là où Elle se trouve, pour leur révéler Sa lumière, les nourrir de Son énergie. Les premières représentations de la Déesse Mère sont nées dans l'obscurité des grottes et leur couleur noire n'est pas tant celle de leur peau que celle des profondeurs de la Terre dont elles sont issues. C'est la noire luminosité de la grotte initiatique, de l'antre de la Vouivre, de la crypte qui est ainsi exprimée par la Dame-de-sous-Terre, là où, paradoxalement, l'homme a toujours recherché la lumière[14]. Il n'est pas surprenant, dès lors, de trouver dans la grotte qui sert de fondation à l'église de Laghet (Alpes Maritimes), haut lieu de pèlerinage où les innombrables ex-votos populaires attestent de quantité de miracles, une statue de la Vierge et de son Fils, entièrement noire, vêtements compris.
Ces Vierges furent-elles faites noires consciemment ou non?
Au fond, qu'importe si elles ont été noircies par le temps ou par la volonté des hommes! Quelles que soient les apparences, c'est toujours l'inspiration divine qui s'exprime. Profondément, la Vierge Noire est « la Lumière d'avant la séparation de la lumière et des ténèbres[15] », le monde de « la substance universelle ténébreuse[16] ». Cette Ténèbre, « c'est celle que nos mystiques désignent comme Nuit de lumière, Noir lumineux, Lumière noire.[17] » Elle est « la Lumière du non-manifesté[18] » ; c'est la troisième lumière dont parle Tierno Bokar, le saint François d'Assise de Bandiagara, « celle du centre des existences, c'est la lumière de Dieu. Qui oserait la décrire? C'est une obscurité plus brillante que toutes les lumières conjuguées. C'est la lumière de la vérité.[19] »
C'est pourquoi d'ailleurs la véritable Vierge Noire ne peut être que sans enfant ou avec un enfant déjà adulte soulignant l'androgynie primordiale. Il n'est pas étonnant dès lors que les Vierges Noires aient souvent les mains blanches! Elles « font boire à la source de vie. Leur attrait, en d'autres termes, est d'être Notre-Dame-des-Ténèbres, Notre-Dame de la Nuit, celle qui fait luire la clarté dans la prison souterraine où se trouve jeté l'homme, celle qui enfante pour lui la lumière, celle qui lui apporte l'or et le soleil, celle qui est, en définitive (..) la fontaine de radiance et la Reine du Ciel.[20] »
C'est cette Lumière noire que contemplent les orbites vides de sainte Lucie[21] lorsqu'elle présente ses deux yeux sur un plateau, aveugle à la lumière de ce monde[22]. |
_________________ d Ambre et de Lumière
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|  | | AMBRE

 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Mer 02 Jan 2008, 12:37 | |
| | Citation: | Que se passe-t-il dans l'antre de sous-terre, dans la crypte initiatique, dans ce lieu obscur? Là, la Vierge Noire consume tout ce qui s'oppose à l'enfantement, à la juste manifestation, c'est pourquoi elle est dite « dévoreuse » ou « ogresse[23] ». L'Ogre, l'Orc, le Dragon dévorant ont la même fonction. La Mère dévorant les hommes est gravée sur une amulette chamane d'un clan de l'Alaska[24]. La déesse-mère dévoreuse des Celtes, Sheela-na-nig, est sculptée en effigie : tête ronde, yeux globuleux, bouche lunaire, corps chétif, longs bras qui passent derrière les jambes, mains ouvrant les lèvres géantes d'une vulve béante[25]. « C'est par ce trou que nous sommes nés. Notre corps s'est tissé dans le ventre d'une femme qui fut ainsi la première caverne, et nous sommes sortis, nous avons été expulsés par la "porte étroite" de son sexe. La deuxième naissance est semblable, il s'agit de passer par la "Porte Etroite" qui est comme le "chas d'une aiguille[26]". Le Centre de la manifestation est un "trou[27]" par lequel il nous faut sauter.[28] » La Terre est la matrice qui permet à l'homme de naître en Dieu. Le même symbolisme sexuel rend compte de ce Passage puisque la mandorle entourant le Christ en gloire à la forme d'une vulve.
L'initiation donnée jadis dans la Caverne, dans la Grotte, dans le Dolmen, dans la Crypte, est de tous les temps. Son seul but est le retour au Point « initial », à l'Origine. Elle demeure inchangée dans son fond, même si les formes qu'elle prend varient avec les temps et les lieux. Quant aux initiateurs, ils sont d'origine non humaine. Les Contes, les Légendes et les Mythes, les Traditions en maintiennent le souvenir et leur attribuent l'apparence d'Ogres, de Fées, de Géants, de Dieux, d'Anges, de Connaissants, de Libérés vivants?
Matrice, la grotte où naquit, l'enfant Jésus, celle où fit retraite Milarepa, celle où se retira Gautama, celle du Mont Hira où Mohammed entendit l'appel de l'Ange Gabriel-Djibril[29]. Matrice la prison où mourut saint Roch, guérisseur de la peste[30]. Matrices encore les grottes dans lesquelles les Cathares se retiraient[31]. « La Grotte par exellence, par ses ténèbres, était le terrain, le Foyer choisi par les Maîtres Initiateurs pour conduire le disciple à la Création de sa lumière qui va éclairer et annihiler les Ténèbres.
Ainsi les Grottes d'Initiation, parce qu'elles portent en elles cette profondeur ténébreuse en son point culminant, portent en elles la Luminosité des Luminaires[32].»
Ainsi avec des colorations diverses se déroule toujours le même processus.
L'Energie ténébreuse de la Vierge Noire est puissante et inquiétante. La peur s'instaure chez ceux qui ne peuvent la supporter. La décadence alors s'installe et inverse le processus, stérilisant toute possibilité d'initiation véritable. Ceux pour qui « le Feu au Cœur des Ténèbres[33] » est insupportable sortent la Vierge Noire de sa grotte, de sa crypte pour l'exposer à la lumière du jour : « Ils ont si peur des Ténèbres, de la Forêt : de ce qui rappelle leur noir à eux et les plonge dans une profondeur obscure ![34] ». Ils en font une Vierge Blanche, vierge de tendresse, sentimentale et maternelle, ou bien une Piéta éplorée devant le cadavre de son Fils. Ils s'attachent à la virginité extérieure, physique, perdant le sens premier que Maître Eckhart enseignait : « Vierge, c'est-à-dire un être humain qui soit dégagé de toute image étrangère, aussi dégagé qu'il l'était alors qu'il n'était pas.[35] »
Il est d'ailleurs intéressant de constater que, lorsqu'elle sort de la Caverne ou de la Grotte pour être mise dans la paroisse, dans l'église, la Vierge noire perd ses pouvoirs merveilleux, ses pouvoirs de guérison. C'est pourquoi de nombreux récits et légendes racontent qu'elle retourne miraculeusement, invinciblement, dans son lieu de prédilection, dans son foyer initiatique. Ainsi la Vierge noire de Romiguier à Manosque[36], ou Notre-Dame de Sabart que Charlemagne fait emporter par deux fois et qui revient seule au Pré Lombard, près de Tarascon-sur-Ariège[37]. En Auvergne, c'est une Vierge Noire qui, transportée à l'église de Bonnac, retourne dans la forêt ; un habitant de Vauclair la place dans sa maison et l'on construit plus tard une chapelle, lieu de pèlerinage où les aveugles retrouvent la vue. Les pouvoirs de la Vierge Noire sont directement liés à un lieu précis chargé, comme les sources guérisseuses, par l'énergie de la Vouivre[38].
Le culte de la Vierge Blanche remplace donc progressivement celui de la Vierge Noire, même si certains, voulant maintenir la tradition ancienne, noircissent parfois des vierges blanches, comme Notre-Dame de Vauclair (Cantal) qui « jusqu'en 1954, date de sa restauration (..) était noire : le visage et les mains étaient recouverts de couleur noire, comme une Vierge Noire (..) La restauration a permis de dégager une première couche de peinture noire, une couche de cire, avant de retrouver les polychromies originelles de rouge et de bleu azurite, très atténuées et fragmentaires.[39] »
La Radiance de la Vierge Noire peut faire peur à beaucoup qui lui préfèrent alors la Vierge Blanche, sentimentale et asexuée ; « lorsqu'effrayés du Feu qu'elle recèle en son Aspect de négritude, les êtres humains voulurent la sortir de sa cache de Sous-Terre pour l'ex-poser à tout vent et à tout venant : ils en firent une "Dame Blanche".[40] » Cette Dame-Blanche leur est nécessaire, « sinon ils dorment ou s'entretuent.[41] »
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORobert Régor Mougeot
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[1] - Eglise Saint-Martin de Fridefont ; église Saint-Géraud d'Aurillac ; Musée Douhet de Saint-Flour ; Visitation-Sainte-Marie de Brioude.
[2] - Celle de l'église Notre-Dame des Neiges d'Aurillac ressemble à l'authentique vierge de Notre-Dame du Puy décrite par Faujas de Saint-Fond dans son « Mémoire sur un monument très ancien de l'église cathédrale du Puy » (XVIIIème s.) et à la gravure sur cuivre qui l'accompagne, « Notre-Dame du Puy, dessinée d'après nature, telle quelle sous le manteau qui la couvre ».
[3] - Livret du Musée de la Mère Universelle, château du Magnet - 36230 Mers-sur-Indre.
[4] - Comme le Puits des Saints-Forts à Chartres. Sont FORTS, ceux qui maîtrisent l'Energie du Feu, de l'Eau, de l'Air et de la Terre, décrypte la Langue des Oiseaux.
[5] - Jacques Huynen – L'Enigme des Vierges noires – Louis Musin Editeur, 1979, p. 43.
[6] - L'australopithèque fossile découverte en 1974 dans la dépression de l'Afar est datée d'environ 3,5 millions d?années. Elle fut prénommée Lucy par les anthropologues qui écoutaient ce soir là, par hasard, la chanson des Beattles « Lucy in the sky with the diamonds »! L'idée de lumière se retrouve dans Lucines, Mélusine, Lucifer.
[7] - OBENGA, Théophile – Préface du livre de Cheikh Anta Diop - Nouvelles recherches sur l'égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes – Présence africaine, Dakar, 1988, p.8.
[8] - Isis vient de Ischa qui signifie « Vierge ».
[9] - Bible- Traduction A. Chouraqui -Desclée de Brouwer, 1989.
[10] - Voir la gravure de 1724 dans le livre de J. Baltrusaitis – La Quête d'Isis –Perrin Ed., 1967 et la photographie illustrant notre livre La Vouivre, un Symbole Universel – La Table d?Emeraude, 1995, p. 43.
[11] - Abrégé de l'histoire de Notre-Dame-de-Bonne-Garde, en vente à la Basilique de Longpont-sur-Orge (91).
[12] - Essai; les Vierge Noires - Arma Artis, 1983, p. 3-4.
[13] - « Par Isis » chante la Langue des Oiseaux.
[14] - Voir notre livre Le Miroir, Symbole des Symboles – Chap. « La Lumière d'avant la séparation de la lumière et des ténèbres » - Dervy, 1995.
[15] - Emmanuel-Yves Monin – Conférence inédite.
[16] - Ibn'Arabi – L'Alchimie du Bonheur parfait.
[17] - Henry Corbin – L'Homme de lumière dans le soufisme iranien – Sisteron : Ed. Présence, 1971, p. 17.
[18] - Préface de J. P. Bayard dans Vierges Noires de Jacques Bonvin – Dervy-Livres, 1988, p. 11.
[19] - Amadou Hampaté Bâ – Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara – Seuil, 1980, p. 136-137.
[20] - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noires – Op.cit., p. 3.
[21] - De Lus, lumière.
[22] - Voir le tableau de Zurbaran « Sainte Lucie », au Musée des Beaux-Arts de Chartres.
[23] - Notons que « Orge » est la déformation d' « Orc », d'« Ogre ». Longpont-sur-Orge, non loin de Saint-Michel-sur-Orge, était un lieu d'initiation souterrain.
[24] - Clan de Tlingit, Alaska du sud-est – American Museum of Nature History n°E/2708. Voir la fig. n° 157 dans Les Racines de la Conscience de C.G. Young, Buschet-Chastel, 1971.
[25] - Chapiteau de l'église St-Mary-and-St-David, Kilpeck, Herefordshire, Grande Bretagne. Photo 6 dans Mystères Celtes de J. Sharkey – Seuil, 1975.
[26] - Evangile de Luc, 18-25.
[27] - Trou que trouvent les Trouvères!
[28] - La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit., p. 264-265.
[29] - Coran – Sourate « L'Appel ».
[30] - Voir notre livre Du Cheminement initiatique imagé par saint Roch et sa vie exemplaire, d'après les Enseignements d'Emmanuel – Les Amis du Désert, 1988.
[31] - Pour y faire retraite, pour y construire leurs églises, pour échapper à l'inquisition. Voir Sabarthez – Les Trois Cèdres, Ussat.
[32] - Karuna Platon – L'Instruction du Verseur d?Eau – Le Courrier du Livre, 1973, p. 259.
[33] - Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage – Le Point d'Eau, 1990, p.325.
[34] - Ibidem, p. 476.
[35] - Sermons- Seuil, 1974, tome I, p.52.
[36] - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noires – Arma Artis, 1983, p. 4.
[37] - L. et R. Ferrer -Le Sabarthez Mystérieux.
[38] - Le Serpent-Dragon-Vouivre symbolise les énergies telluriques. Voir : La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit.
[39] - Brigitte Mézard – Les Majestés du Cantal. Images de la Vierge en Haute-Auvergne – Catalogue édité par le conseil général du Cantal et l'association des Amis du Patrimoine de la Haute-Auvergne, Aurillac, 1992, p. 62.
[40] - Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visage – Op. cit., p.108.
[41] - Ibidem, p. 476. partage d Audrey |
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 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Ven 04 Jan 2008, 20:10 | |
| en continuité de [5] - Jacques Huynen – L'Enigme des Vierges noires – Louis Musin Editeur, 1979, p. 43.
| Citation: | D'après Jacques Huynen, "Les Vierges Noires sont un appel à la compréhension lancé à travers les siècles par les hommes du Moyen Age. Regarde la statue : elle te dit tout sur nous. Nous avons été nourris à trois sources, la chrétienne, la druidique et l'orientale; elle te le dit. Nous avons été des initiés de la grande tradition et comme tels, des occultistes, elle te le dit encore si tu sais regarder. Nous connaissons la magie de certains chiffres et de certaines proportions; comme les grandes cathédrales, elle te l'apprend. Nous avons pratiqué l'alchimie. Non seulement, elle le proclame, mais elle décrit encore pour toi les principales opérations du grand oeuvre..." La couleur noire symbolise l'occultisme dont par prudence doivent s'entourer les initiés. Les Vierges Noires mesuraient toutes, à très peu de différences près, 70 m de hauteur, 30 cm de largeur et 30 cm de profondeur. "Ceux qui ont fait construire les cathédrales et ceux qui ont commandé les Vierges Noires n'étaient-ils pas comme tout semble le démontrer, exactement les mêmes hommes, ou en tout cas des hommes appartenant à la même famille de pensée"
Le Temple contenant la Vierge Noire se trouve souvent sur une hauteur entourée d'un bois. La Vierge est placée dans la crypte (endroit le plus mystérieux et plus retiré) à côté d'un puits. ... Cantique des Cantiques (I, 5, 6 - IV, 3, VII, 4) : "Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem Comme les tentes de Cédar, comme les pavillons de Salomon Ne prenez pas garde à mon teint droit C'est le Soleil qui m'a brûlée." Cédar : population nomade du nord de l'Arabie ... "Pour bien admettre que le culte de la Vierge Noire médiévale provient d'un message plus ancien -celui de toutes les déesses et celui de l'adoration de la Vierge Isis- il faut interroger nos sanctuaires." ... Selon la légende par laquelle Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine, avec Lazare et d'autres auraient débarqué à Râ du vivant de la Vierge, fait qu'en 1838 Notre Dame de la Mer devient les Saintes-Marie-de-la-Mer. ... Le noir n'est pas, à un certain degré, l'emblème du mal, mais plus certainement celui d'une science secrète.
Symbolisme de la Vierge Noire : elle est la Terre-Mère, la matrice nourricière à laquelle s'abreuvent toutes les alchimies, le corbeau noir du Grand Oeuvre. Quel que soit l'espace où elle est érigée, parfois en remplacement d'une ancienne pierre noire, elle désigne un lieu d'émergence tellurique. Nous savons que l'intérieur du globe est parcouru de courants électriques remontant en surface par les rivières souterraines et les failles géologiques. Quelques filons étant meilleurs conducteurs que d'autres, le fluide affleure en intensité maxima en certains points dits "noeuds" ou "ganglions" telluriques. Ce sont ces emplacements qui signalent les Vierges Noires, déesses des profondeurs, agissant en transformateurs des énergies du sous-sol.
Jésus a été en relation avec les peuples du Nord. On y trouvait de multiples divinités dont Aesus, Hukadern, Karito Winda (Trinités celtiques) : - Hukadern : Verbe fils de Dieu, soleil physique et spirituel. - Karito Winda (ou Korid wen) : Vierge noire, véritable Isis égyptienne, en était l’épouse mystique, tout en symbolisant la matière première de la nature. - Aesus (Teutatès) : Père cosmique, ancêtre de Jésus du côté maternel. "Sous le déguisement de la Vierge Noire, c'était bien le culte hérétique templier d'Isis et de l'enfant Horus qu'on pratiquait sous le nez d'un clergé qui ne se doutait de rien. Isis, la déesse noire égyptienne associée à la sagesse et à la gnose, était traditionnellement représentée en mère du dieu Horus. Ce culte est également lié au respect et à la vénération voués à Marie Madeleine, l'épouse de Jésus, en vertu de son véritable rôle."
C'est en Egypte que prit naissance le culte des Vierges Noires dont la répartition sur tout le globe semble néanmoins expliquer une cause à caractère universel. Pour les occultistes, la Mère noire est devenue la divinité de l'univers caché et du travail subtil qui s'élabore clandestinement.
"Il y a incontestablement une double filiation de statues avec une similitude de conception qui fait fabriquer en Egypte et en France des statues exactement semblables dans le fond et différents dans la forme, mais dont l'utilisation correspond à un rituel qu'il faut bien appeler magique" "Un grand nombre de Déesses Mères ont été cachées vers le Vè siècle, puis retrouvées à partir du XIè siècle et réincorporées sur des lieux de cultes après avoir été christianisées, mais selon une méthode structurée par les moines bénédictins, qui vont précisément, on pourrait même dire scientifiquement, implanter sur le territoire un réseau de statues, qui devinrent les Vierges Noires, issues de la Tradition celtique, continuatrices des enseignements des atlantes, qui avaient en partie disparu et que les moines retrouvèrent au contact de l'Orient." "Après le menhir, le dolmen, et la pierre branlante, l'église romane a pris le relais et c'est la Vierge Noire qui va jouer le rôle de catalyseur d'énergie. C'est un émetteur d' "émissions induites par les formes", qui va devenir un intermédiaire magique entre le monde des hommes et le monde des dieux." Les travaux de Paul Trilloux ont permis de démontrer que toutes les églises romanes d'Auvergne ont été construites en tenant compte des courants magnétiques. L'implantation des Vierges Noires utilise les même courants telluriques que les mégalithes. Telle est la Vierge Noire, symbole de la terre, enfermée dans le secret d'une crypte, mais qui porte en elle la force de la vibration de la terre, celle qui permet d'accéder au chemin de la connaissance manifestée. Elle est le principe régénérateur d'où sort la vie. Elle est la matrice cosmique d'où est sortie la lumière du monde.
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 Nombre de messages: 3806 Age: 46 Localisation: Belgique Date d'inscription: 25/05/2007
 | Sujet: Re: Interprétation moderne du mythe d’Isis Mer 09 Avr 2008, 11:56 | |
| | Citation: | 
Isis est la reine tantrique de la sexualité sacrée. C’est par son union avec son bien-aimé qu’Horus, fils du soleil, naquit. Lorsque nous parvenons à la rédemption de notre soi sexuel et que nous l’intégrons à notre vie spirituelle, alors la sexualité devient sacrée.
La naissance d’Horus symbolise aussi la rédemption de notre enfant intérieur. Nous guérissons et transformons nos blessures humaines afin de mettre au monde notre Soi éternel. Le père, la mère et l’enfant sont unis en nous. L’histoire d’Isis est l’histoire de chacun et chacune d’entre nous. Lorsque nos blessures émotionnelles ou psychologiques ont crée une crise dans notre vie, il devient alors temps de s’engager sur la voie spirituelle et de réclamer les parties manquantes de notre être afin de redevenir complets.
Lorsque nous faisons l’expérience du véritable éveil spirituel, nous comprenons l’effet miroir qui existe dans toutes nos relations. Nous apprenons à ne plus porter de jugement sur autrui. Au lieu de cela, nous commençons à transformer nos émotions et nos schémas de pensée intérieurs.
L’un des instruments magiques d’Isis est le miroir. Lorsque nous regardons dans son miroir magique, toutes les séparations disparaissent et nous distinguons clairement qui nous sommes dans toutes les circonstances de la vie.
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