ANTAHKARANA

spiritualité humaniste
Accueil­Portail­S'enregistrer­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Labyrinthe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Labyrinthe   Sam 04 Aoû 2007, 09:27

Labyrinthe




Le terme labyrinthe (du grec λαβύρινθοςet du latin, labyrinthus), prononcé [labiRɛ̃t], provient de la mythologie grecque, où il désigne la série complexe de galeries construites par Dédale pour enfermer le Minotaure. De nombreuses autres cultures et civilisations ont cependant utilisé ce motif, depuis les temps préhistoriques jusqu'au Moyen Âge, où les labyrinthes se retrouvent dans les églises.
Aujourd'hui, ce nom masculin est encore employé pour décrire un agencement de chemins étudiés pour que le visiteur puisse s'y perdre, notamment dans les parcs.

Grèce antique



Mosaïque romaine de Rhétiereprésentant le labyrinthe, Thésée et le Minotaure

Le labyrinthe du Minotaure construit par Dédale se serait situé en Crète, sur l'île du roi Minos ; c'est en effet sur l'ordre de ce roi qu'il fut construit, afin d'y faire enfermer la créature monstrueuse née des amours de la reine Pasiphaé et d'un taureau. Les recherches archéologiques faites en Crète sur les palais minoens, notamment celui de Cnossos, révèlent des constructions étendues, dont le plan d'ensemble est complexe. Le mythe du Labyrinthe pourrait n'être qu'une transposition de cette complexité architecturale ; par ailleurs, les Crétois vouaient un culte au taureau. Etymologiquement, le mot dériverait du terme labrys qui désigne une hache, plus exactement une double hache comme celles dont a retrouvé des reproductions gravées dans la pierre à Cnossos.

Le mythe du Labyrinthe est une double représentation de l’Homme et de sa condition

Il est d’une part la représentation de l’Homme obscur à lui-même, qui se perd en essayant de se connaître. Il symbolise l’âme humaine dans toute sa complexité, en proie au mal (incarné par le Minotaure, être monstrueux). Toute rencontre avec le monstre se révèle fatale.
Il représente d’autre part l’Homme face à l’univers : il est perdu, ne sait d’où il vient, où il est, où il va, et cherche à sortir de cet état, c’est-à-dire à trouver les réponses à ses questions.
Seules trois personnes ont réussi à en sortir selon la légende :
Tout d’abord, Dédale et son fils Icare. Ils y furent, selon les versions, enfermés par Minos lui-même, le commanditaire de l’ouvrage, qui voulait être certain que son créateur n’en évente pas les plans. Or la conception était tellement parfaite que l’architecte lui-même était bien incapable d’en trouver la sortie. Il dut recourir à un ingénieux stratagème : fuir par les airs, en s’élevant grâce à des ailes faites de cire et de plumes. Pour d'autres, il fut puni pour avoir donné l'idée du fil à Ariane.
Thésée, venu en Crète pour tuer le monstre. Ariane, fille de Minos, s’éprit du jeune homme ; au moment où il pénétrait dans le Labyrinthe, il reçut d’Ariane une pelote de fil qu’il déroula au fur et à mesure qu’il avançait et qui lui permit de retrouver son chemin, une fois sa mission accomplie (le fameux « fil d'Ariane »
Le Labyrinthe est ainsi la matérialisation de la question du sens de la vie : l'envol de Dédale et Icare peut symboliser l’élévation de l’esprit vers la connaissance ou celle de l’âme vers Dieu, qui permet de sortir de l’absurdité de la condition humaine. De même, l'amour pour un autre être (Ariane pour Thésée) permet de donner un sens à la vie. Cependant, la destinée humaine reste fragile .
Ainsi, Icare, que la fougue de la jeunesse grisa, se rapprocha trop près du soleil (symbole de la connaissance, de la lumière, de la vérité) malgré les appels éplorés de son père. La chaleur fit fondre la cire, et le malheureux tomba dans la mer et se noya.
Quant à Thésée, il quitta la Crète, emmenant Ariane avec lui, mais l’abandonna bientôt sur l’île de Naxos. Selon la légende, le désespoir d’Ariane fut tel qu’elle se jeta dans la mer. Une autre légende raconte que le dieu Dionysos, la trouvant endormie, en tomba amoureux et l’épousa. Certains affirment que c'est Dionysos qui avait envoyé un songe à Thésée pour lui dire qu'il voulait Ariane pour lui.

Aspects du labyrinthe


La légende grecque reprend quelques aspects du mystère égyptien : la mort, la possibilité d'égarement, le fil conducteur, et la notion de non-retour. Mais la comparaison s'arrête là. En effet, autant pour les Egyptiens, le plus important était d'atteindre le centre, autant pour les Grecs, il importait de revenir.

Autres civilisations

Symbole d'un cheminement initiatique long et difficile, le labyrinthe est connu de nombreuses civilisations anciennes : les hommes préhistoriques, les Mésopotamiens, les Scandinaves, les Hopis, les Navajos, les Indiens, les aborigènes d'Australie, les Touaregs , les juifs de Palestine (datant de 2000 avant J.C.), les Mayas,.... ... Les labyrinthes de pierre ou de gazon de ces cultures présentent toujours un parcours unique avec sortie rapide. Parcourir le labyrinthe, seul ou avec l'ensemble de la communauté, est alors l'occasion d'une introspection. Les méandres symbolisent le cours de la destinée humaine, ses pièges et ses tourments.
Pendant des millénaires, le labyrinthe a fasciné l'humanité par ses mystères, car un seul sentier mène au but. Des tracés de chemins tortueux ont été taillés dans les parois rocheuses du désert américain et sur les falaises scandinaves. Des dédales ont été taillés dans la tourbe du Pays de Galles et d'Angleterre (comme le Julian's Bower à Alkborough Monstres et géants font partie de ce mythe, et les Églises elle-mêmes se sont servies de son symbolisme. Aujourd'hui ils ne sont plus qu'une amusante curiosité, dont l'un des modèles les plus connus est celui de Hampton Court en Angleterre

photo....http://fr.wikipedia.org/wiki/Labyrinthe#Gr.C3.A8ce_antique

Edith


Revenir en haut Aller en bas
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: Re: Labyrinthe   Ven 10 Aoû 2007, 11:42

merci d avoir introduit ce sujet Néhémie...



Chemin de ténèbres, le labyrinthe ?



Si le jeu de l'oie implique une démarche de groupe que parcourent les ‘joueurs’ par le truchement des dés, liant la numérologie à leur destin sur une surface réduite de l'imaginaire, le labyrinthe procède d'une autre démarche. Il s'agit là véritablement d'un déplacement du corps et de l'esprit dans, ou le plus souvent, sur une surface réduite. Nous voulons rappeler plus précisément que des labyrinthes existent sous terre, méandres aménagés commencés par une érosion naturelle due aux infiltrations d'eaux pluviales ou à des résurgences antérieures. Galeries d'exploration puis d'exploitation de terre à foulon sous la ville de Provins, de pierres de construction sous la ville de Paris, de Laon, de Naours, de Rome, etc. Les galeries de la plupart des mines forment des labyrinthes inextricables sans pour autant qu'il s'agisse là d'une volonté délibérée d'établir un parcours initiatique. Ce sont des nécessités spirituelles ou plus prosaïquement des nécessités d'existence devant les invasions et leurs corollaires, vols, viols, meurtres, perpétrés en toute impunité, qui ont changé l'objet de l'utilisation de ces lieux. C'est pour une sauvegarde des biens temporels et intemporels que se sont organisés, codifiés les labyrinthes ; ils sont réalités symboliques, magiques, mythiques, stratégiques, tout à la fois ou non.
Pline (23-79) fait mention de quatre labyrinthes : un en Egypte, un en Crète, un dans l'île de Lesbos, un en Italie. Hérodote (484-420) donne une description du labyrinthe d'Egypte : « Ce monument fut construit par les douze Rois qui régnèrent en Egypte. Ils firent le labyrinthe un peu au-dessus du lac Moeris, près de la ville des crocodiles. Je l'ai vu et je l'ai trouvé plus merveilleux que je ne puis l'exprimer. Les plus beaux ouvrages des Grecs, y compris les temples de Samos et d'Éphèse, sont inférieurs à ce labyrinthe. Il y a dans ce merveilleux ouvrage douze grandes salles couvertes dont les parties sont opposées les unes aux autres. Six salles sont disposées au midi sur le même rang, six autres sont disposées au septentrion. Le même mur les environne par l'intérieur. Il y a trois mille chambres dont la moitié se trouve hors de terre et l'autre en dessous. Dans cette dernière se trouvaient les sépultures des Rois bâtisseurs et celles des crocodiles sacrés. Personne ne pouvait ni ne devait les voir. Pour les chambres situées sur terre, elles surpassent toutes les œuvres accomplies de la main de l'homme. Il y a des issues par les toits, des contours et circuits différents pratiqués dans les salles avec tant d'art que nous étions pris d'admiration. On passe des salles dans les chambres et de celles-ci dans les appartements. Les toits sont en pierre et les murs sont ornés d'ouvrages en sculptures. Chaque salle est bordée d'une colonnade en pierre blanche ».

Pomponius Mêla (PS. avant J-C.) a laissé une description qui s'ajoute à celle d'Hérodote : « Le labyrinthe, ouvrage de Psammétion, contient trois mille appartements et douze palais dans une seule enceinte de muraille, il est couvert de marbre. Il n'y a qu'une seule descente mais, au dedans, il y a une infinité de routes par où l'on passe et repasse en faisant mille détours, et qui jette dans l'incertitude, parce que l'on revient souvent aux mêmes endroits après avoir tournoyé. On se retrouve au lieu d'où l'on était parti, sans savoir comment quitter les lieux ». On croit que cet immense édifice existait encore du temps d'Auguste. Strabon (58 av.-25 ap.) assure avoir vu ce fameux édifice dans son entier.
Bien qu'Hérodote ne cite pas le labyrinthe de Crète et que Pline écrive que Dédale fit une copie en Crète du labyrinthe d'Egypte, il est vraisemblable que ce mot ‘labyrinthe’ ait été employé pour désigner les excavations de Cnossos et qu'il fût donné par la suite à l'édifice égyptien.
C'est au village d'Howara que se situe la pyramide qui borde le premier labyrinthe connu dont les côtés font à peu près 333 mètres chacun. Plans, vues, profils des ruines ont été publiés à Berlin en 1849 (voir les monuments d'Egypte et d'Ethiopie de Lepsius).
Il semblerait que ce labyrinthe date de 2100 av. J.-C. Il aurait été construit sous le règne du roi Amenehme III. Le Moeris ou Mares des Grecs ; à quelle fin ?
Mythique, mystique, voie initiatique ‘prédédalienne’ ou système antivol de sépulture ? Peu d’éléments autorisent d'affirmer ou d'infirmer une hypothèse plutôt qu'une autre y compris celle qui s'appuierait sur une volonté de réplique anatomique. N'oublions cependant pas que les Égyptiens ont édifié, à Louxor, le temple selon le corps humain. Ce n'était pas « Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » ; c'était « Tu es homme, tu es temple à l'intérieur duquel je suis ». Et, bien avant que cela ait été prononcé, l'initié pouvait-il penser « Je suis celui qui est car je n'existe que par Lui » ?
Le cerveau présente également des circonvolutions labyrinthiques. L'entrée pourrait être offerte par la sensibilité, le ressenti des différents organes et la sortie pourrait être assimilée à l'aérienne pensée symbolisée par Dédale sous son aspect naturellement évolutif et par Icare sous son aspect anti-naturel involutif. Le premier symbolisant la maîtrise des sens et de la pensée dans le respect du Divin, le second symbolisant l'inconscience, l'impatience brouillonne qui le conduit à une anti initiation. Le feu solaire, auquel son esprit, feu lui aussi, ne peut résister ; où son mental, air, sa philosophie, air également, ne peuvent lui être d'aucun appui et où son âme, eau, sa religion, eau elle aussi, vont assurer sa perte, vont l'absorber dans l'indifférenciation au lieu de l'acheminer vers les régions élyséennes.
Pour en finir avec les possibles similitudes anatomiques, le labyrinthe pouvait être pris comme une transposition de l'oreille.
L'oreille est un labyrinthe conduisant à la connaissance et par là même à son expression. Premier organe, avec l'œil, à percevoir le Verbe dans sa manifestation, par son souffle préfigurant le cri et l'articulation du mot puis autorisant la formation évolutive de l'Esprit.
Ainsi que pour la vue, s'il y a un œil directeur, il y a une oreille directrice. Le tracé et le relief de l'oreille sont exclusifs - la composition chromatique de l'œil est également propre à chacun. La déformation de la régularité de l'iris permet à certains spécialistes d'établir un diagnostic - et indiquent par conséquent cette capacité particulière, personnelle d'appréhender le message et partant d'engendrer la réponse. Nous avons dans cette personnalisation de l'oreille le pendant de la digitalisation du tactile.
L'oreille est à l'image de ces failles sacrées caractéristiques du site de la Pythie de Delphes. Relief oraculaire où siège la connaissance indissociable du trépied magique : La vue, l'odorat, l'ouïe sont liés à l'Esprit alors que le tactile et le gustatif le sont à la matière ; l'ensemble étant voué à l'accomplissement de l’homme-prêtre de sa divine originalité. L'oreille indique la réalité de l'homme mage-pythie-acteur de son propre destin s'interrogeant et se répondant sur sa propre essence.
Une certaine médecine chinoise place dans l’oreille l’image du fœtus humain et traite à son emplacement, par acupuncture, les troubles dont l'adulte est atteint. L'oreille représente bien pour une partie de l'humanité le siège de la vie, de ses bienfaits comme de ses maux.
Nous rappellerons l'importance du son aussi bien pour une civilisation que pour une autre ; nous connaissons la valeur que lui accordaient les religions tant de l'Inde, d'Egypte que de Grèce et des pays celtes ainsi que des peuples d'Amérique et d'Afrique.
Le souffle ou Atmâ est l'esprit universel ; c'est sur cette notion que Pères de l'Église et théologiens ont structuré la théologie du verbe. Souffle ou Atmâ, logos ou verbe, cri, psalmodie, chant, parole, mot, formulation humaine de la vie. Ainsi la maîtrise de la parole sous-tend la maîtrise de la pensée et forme la manifestation du caractère divin auquel peut prétendre l'homme dans son intégralité. L'Évangile selon Jean donne à propos du verbe suffisamment à réfléchir. Le son primordial ayant toujours été reconnu comme le lien entre créateur et créatures, il semble possible que l'oreille ait pu inspirer quelques labyrinthes à vocation oraculaire où elle pouvait figurer l'écho de la pensée tout comme les graphismes dans les lieux où la parole avait tout son sens.

_________________
d Ambre et de Lumière


Dernière édition par le Ven 10 Aoû 2007, 11:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: Re: Labyrinthe   Ven 10 Aoû 2007, 11:42

Sur bien des mégalithes, dont on s'avère incapable de donner une date certaine d'érection, de lointains ancêtres ont gravé des labyrinthes ; de quel cheminement s'agit-il ?

Était-ce déjà partie intégrante, matérialisation d'un inconscient collectif? Interrogation sur la manifestation de la vie à la recherche de son initialisé ? Immanence, transcendance formaient-elles déjà une telle interrogation qu'il y avait nécessité de l'illustrer, de la conjurer afin de parvenir à la résoudre ? Était-ce un message aux hommes de demain que nous sommes, un message à propos d'une démarche commencée à poursuivre ou un avertissement de l'inanité d'une démarche vouée à une auto destruction ? Y a-t-il correspondance cosmique? Peut-être un peu de tout cela, plus une image du développement d'un raisonnement en but à toutes les chausse-trappes de la logique humaine, des acquis, de l'immodestie qui nous caractérisent.
Ces gravures ressemblent également à des spirales. Nous avons vu que la partie interne du labyrinthe égyptien contenait les rois fondateurs et les crocodiles sacrés, les uns gardant les autres. Les crocodiles avaient plusieurs fonctions psycho statiques et de gardiens des mondes inférieurs. Ils étaient ceux dont on connaît la vigilance et l'appétit et l'aspect ourobourien. Maître des mystères, de la mort et de la vie, ils étaient le symbole des sciences occultes, les rois fondateurs ! Nous retrouvons l'idée de mémoire, de crypte, la nécessité de sauvegarder l'image de ceux qui assureraient la cohésion même de la cité, au sens strict du terme, ceux qui formaient la base de la structure moléculaire édificatrice de la cité qu'ils avaient fondée avec leurs particularismes.

Porter atteinte à leur mémoire, profaner leur sépulture, c'est briser le fixe, élément fondamental de l'œuvre, partie intégrante du Grand Œuvre. C'est rendre épars ce qui avait été un. Les vivants par la mort ont la possibilité selon leur action d'augmenter la mémoire des cités, des peuples ; ils en forment l'acquis indispensable à toute évolution. Devant l'importance vitale de garder ses fondateurs, il paraît naturel de tout mettre en œuvre afin d'en garder l'intégrité. Cela suffit à expliquer tout système de protection. Le labyrinthe en constitue un. On a trouvé des gravures de labyrinthe à côté d'entrées d'habitations, sur des pierres dressées à proximité ; peut-être est-ce le sens véritable qu'il faut donner à ces gravures ornant certains mégalithes en Occident. Certains verront là une identification possible entre deux éléments différents. (a)
Le labyrinthe construit pour établir, circonscrire un centre tout en le protégeant par les entrelacs qui le forment. Lieu privilégié de communication non émergé et omphalos ou ombilic du monde érigé comme centre du monde. Lui aussi lieu de prédilection de la communication, mais émergé.

Cependant, nous rejoignons là une autre notion, celle de l'axe du monde avec l'étoile polaire comme correspondant cosmique. Nous pensons en donner quelques explications plus loin.

Le labyrinthe n'a pas fini d'étonner. Les mythes ont véhiculé jusqu'à nous une partie à peine intelligible de la tradition alourdie de symboles contradictoires, de légendes obscurcies de morale démagogique. Il convient, au travers d'un fatras, de redécouvrir le sens des actes, les pensées qui les ont motivés.

Après des raisons défensives, nous avons vu les utilisations initiatiques ; celles-ci se sont perpétuées dans le monde chrétien.
Le labyrinthe a décoré bien des églises et des cathédrales remplaçant le pèlerinage extra-muros pour certains, figurant le chemin de la passion pour d'autres. Il prit un aspect sacrificiel, mortifiant et dériva loin des intentions premières. On en vint à prétendre qu'il renfermait la clef des connaissances des bâtisseurs compagnons et que chaque labyrinthe avait dans sa forme la somme des chiffres ayant présidé à l'édification des ‘Temples’ à l'intérieur desquels il se trouvait. C'est là une résonance des motifs édificateurs de Chéops tels qu'ils ont pu être imaginés sans qu'un faisceau de preuves concordantes autorise une certitude à cet égard. Le symbolisme constitue lui-même un labyrinthe inextricable pour qui s'y adonne, oublieux de ce que les symboles sont à la vérité ce que les couleurs sont à la lumière, ce qu'est l'imaginaire à la pensée, les religions à la Tradition, les états aux Nations. Ce sont des éléments relationnels, non l'élément essentiel au sens précis du terme.

_________________
d Ambre et de Lumière
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: Re: Labyrinthe   Ven 10 Aoû 2007, 11:43

L'intellect doit promouvoir la spiritualité, non en distraire. Tout comme les couleurs doivent stimuler les sens et l'esprit lumière non en être la distraction jusqu'à déplacer le centre de l'intérêt, et bientôt à occulter cette lumière-vérité à leur profit. Dans les deux cas, il faudrait voir là œuvre luciférienne.
Pour nous, le labyrinthe a pu avoir une fonction stratégique mais très vite s'est superposée la nécessité du chemin initiatique adapté aux impératifs de vie au sein de la cité, tout un chacun ne pouvant arrêter là sa ou ses fonctions pour son salut au risque de déstabiliser cette cité. Il nous paraît certain que le cheminement proposé par le labyrinthe, quelle que soit sa position dans le ‘Temple’, relève bien d'une volonté de décantation de la conscience et que l'ego pouvait au terme de l'aller être dévoré par le minotaure-soleil.
Commencer le périple d'un labyrinthe, c'est aller à la découverte de soi et abandonner en cours de cheminement, corps, sentiments, idées et raisonnements pour ne plus voir que le soi, reflet de la lumière, puis revenir en témoigner parmi les profanes. C'est une mystique certaine qui incite à cette démarche, la foi qui assure le pèlerin et la grâce enfin rend possible non seulement la révélation mais le retour.
Il y a là le ballet entre le taureau, la force brutale noire des ténèbres primaires, la dansante flamme solaire qui, dardant son épée, blanc rayon, fécondera la primairialité domptée lui révélant la vie, le rouge, en même temps qu'elle la répandra sur le monde dans un flot géniteur. Ainsi se manifestent les 3 couleurs symboles de l'alliance entre le créateur, le créant et le créé. Les alchimistes diraient entre la putréfaction, la mort, la naissance, la pureté, l'accomplissement, le sacré.
Le noir et la putréfaction, le blanc et la pureté, le rouge du grand oeuvre.
Autre symbolisme qui motive une étude des mythologies comparées.
Wotan décide la construction d'un palais des dieux, l'Asgard, et fait appel aux géants, forces élémentaires. Ceux-ci demandent et obtiennent comme salaire que leur soit livrée Freia, gardienne du verger d’où viennent les pommes d'or indispensables à l'éternelle jeunesse des dieux. Voilà qui rappelle le jardin des Hespérides.
Jason est obligé de dompter deux taureaux et de les mettre sous le joug tout comme Odin-Wotan doit dompter les deux géants.
Les forces obscures, les instincts les plus inspirés du mal sont à dompter au profit de la spiritualité. Là encore, il faut tuer le taureau symbole de la violence brutale, de l'animalité encore trop présente dans la représentation de l’homme, géant dans sa forme au détriment de son esprit. Il y a dans le gigantesque une volonté de représentation de la masse animale plus près de la masse matière que de l'invisible esprit.

La religion de Mithra... Le drame du Minotaure a une résurgence dans le rite de Mithra. Les impétrants étaient conduits par des voies obscures à un carrefour situé sous un plancher à claire-voie sur lequel l'officiant poignardait un taureau au terme d'un rituel mal connu. Le sang de l'animal sacrifié ruisselait sur le corps des nouveaux initiés symbolisant l'eau et le feu, dispensateurs d'une nouvelle vie.
Il a été dit que la grâce était le fil d'Ariane, le lien confié à Thésée. Nous croyons utile d'aborder ce qui forme un symbole très particulier relatif au lien : le nœud, avec une parenthèse pour le lacs d'amour ; celui-ci est constitué d'une boucle large que les deux extrémités du lien qui la forme traversent au centre en se croisant en dépassant de part et d'autre sous la boucle du bas.
Le lacs d'amour forme un gamma libre aux extrémités puisant les courants positifs et négatifs. Il forme une boucle et non un nœud serré, car l'amour authentique ne saurait retenir par la matérialité d'une contrainte. Le lacs d'amour décore les temples maçonniques comme il orne les clefs papales.
Le nœud a plus d'une signification ; nous ne retiendrons que celle qui présente un intérêt de rapport avec le labyrinthe et la démarche initiatique du pèlerin.

Le nœud gordien : ‘Gordios’ était roi de Phrygie. Il avait promis l'Empire d'Asie à qui déferait le nœud qui retenait son char. Alexandre, au cours de sa queste, se trouva confronté à ce problème. Il le résolut en le tranchant de son épée et conquit l'Asie mais partiellement et, contraint de revenir, mourut en cours de chemin avant d'avoir pu rentrer dans sa patrie.

Nous voyons là un échec de l'initiation proposée à Alexandre. Défaire le nœud c'est atteindre à l'immortalité (upanischad). Le noeud doit être défait uniquement dans l'ordre inverse duquel il a été fait ; cela exige patience et maîtrise et mérite l'initiation. La brutalité n'est qu'incompréhension et celui qui en fait montre régresse au lieu de progresser.

Nous pouvons assimiler à cela un mythe, celui de Thésée ; celui-ci, profitant du fil d'Ariane et assommant le Minotaure, ne résout en effet pas son problème. Il refuse également l'initiation par manque de confiance en lui. Il ne se départit pas de la massue de Périphètes, géant qu'il avait tué ; la massue est symbole de force aveugle, les géants représentent la primairialité ; il n'est pas certain que Thésée n'ait pas emprunté, outre la massue, tout ou partie de la ‘qualité’ de son adversaire ; quoi qu'il en soit, il ressort, grâce à un artifice du labyrinthe, sans avoir compris et admis l'épreuve véritable symbolisée par le Minotaure : sa victoire manquée lui fait commettre un meurtre qui équivaut à sa propre mort. En effet, il perd tout acquis, toute conscience, il oublie Ariane sur l'île de Naxos où Dionysos viendra l'enlever, il oublie de changer de voile, provoquant ainsi le suicide de son père Egée qui se précipite dans la mer qui portera ainsi son nom. Il tue son père c'est-à-dire qu'il se coupe de ses racines, de sa mémoire et de toute vie évolutive.

Il forme, avec Alexandre le Grand, l'exemple de l'incapacité à l'initiation. Icare complète cette trilogie malheureuse.

On ne saurait penser à la mythologie sans une dernière pensée pour Homère prenant l'Odyssée comme pèlerinage. Ulysse subit une initiation dont les épreuves sont à la mesure de l’ego qui est le sien comme il pourrait être celui de certains d'entre nous.

On ne sait plus la réelle différence entre la spirale, le labyrinthe et le jeu de l'oie témoin :
En Bretagne, la tradition du château en spirale survécut dans la danse pascale du labyrinthe des villages de la campagne. Les déambulations en sont appelées la ‘ville de Troie’ en Angleterre et ‘Caer Droia’ au pays de Galles.

Les Romains leur donnèrent probablement le nom d'après le jeu de Troie, une danse labyrinthiforme d'Asie mineure, dansée par les jeunes gens nobles à Rome, au début de l'Empire, en mémoire de leur origine troyenne. Mais Pline rapporte que les enfants latins provinciaux la dansaient aussi. A Délos, on l'appelait la danse de la grue et on disait qu'elle représentait la sortie de Thésée du labyrinthe. La danse du labyrinthe semble être arrivée en Bretagne à partir de la Méditerranée orientale avec les envahisseurs de l'âge de pierre le plus récent, au IIIe millénaire avant notre ère, car d'anciens et grossiers dessins d'un labyrinthe, semblables à l'anglais, ont été trouvés en Scandinavie et en Russie du nord-est. Sur une table de pierre près de Boisney, en Cornouailles, sont gravés deux labyrinthes. Un autre encore est gravé sur un bloc massif de granit des Wicklow Hills qui se trouve à présent au musée national de Dublin. Ces labyrinthes ont le même graphisme comme, du reste, le labyrinthe de Dédale représenté sur les monnaies Crétoises.
Le Labyrinthe, comme le jeu de l'oie, est constitué d'épreuves qui sont autant de prises de conscience, d'efforts, de répits dans la progression que ce soit vers le centre, l'intériorité ou l'extériorité. Il n'en est pas de même pour le nœud qui exige une parfaite maîtrise de soi et une compréhension à la fois visionnaire et identificatrice de la nature dans sa complexité et son unité.

(a) La cathédrale d'Amiens revêt une importance très particulière de par l'emploi de symboles chinois, hindous, dans son expression mystique. Cela est dû plus à des contacts commerciaux avec ces civilisations qu'à une volonté de syncrétisme, Un yin yang décore la façade tandis qu'à l'intérieur se déploie un svastika. Un labyrinthe, étant donné ses dimensions et sa situation au milieu de la nef, interdit aux esprits mauvais d'aller plus avant semer le tohu-bohu et profaner l'espace sacré formé par la pierre dressée, le dolmen qu'est l'autel. Deux autres petits labyrinthes semblent avoir les mêmes fonctions de part et d'autre du chœur en avant des entrées de la crypte. Ils forment à n'en pas douter des obstacles majeurs aux sept états alourdissant le pneuma des fidèles venant se ressourcer dans la crypte-mémoire de la cité, là où les meilleurs d'entre nous reposent en paix. « Les archontes du destin forcent l'homme à pêcher » répond Jésus à Marie-Madeleine. Les archontes créent avec leur souffle une anti-âme, l'anti-mimon, esprit de contre-vérité qui se manifeste plus clairement parfois dans le sommeil, d'où probablement cette expression ‘songes mensonges’.

Gérard Bourgue

voir ici pour les images
http://www.france-secret.com/labyrinthes_art1.htm

_________________
d Ambre et de Lumière
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: « LE LABYRINTHE AU CŒUR DE L’HOMME et inversement »   Jeu 14 Fév 2008, 21:34


« LE LABYRINTHE AU CŒUR DE L’HOMME et inversement »
Article de Dominique Aucher pour Rosamystica Articles 13/02/2008

Un regard sensible et intériorisé sur le labyrinthe qui habite l’âme de l’humanité depuis la nuit des temps


Les approches historique, mythologique, ésotérique, symbolique et psychologique se rejoignent dans une définition unanime du labyrinthe. Il s’agit d’une structure physique, psychique et spirituelle close qui a la particularité de proposer un chemin de l’entrée vers son centre en empruntant son intégralité de son territoire. L’étymologie universellement reconnue renvoie à la caverne, la galerie, l’errance, l’erreur, l’égarement, la peur de se perdre, la protection, l’enfer, le temple, l’utérus et la matrice. Les premières expériences du labyrinthe, bien qu’elles furent empiriques montrent la dimension sacrée de cet archétype à travers toutes les cultures. La dimension de contenance à nature féminine justifie un parcours intérieur guidé aux travers les méandres des mystères de la psyché relié aux lois universelles. Le cheminement au sein du labyrinthe nécessite que l’adepte soit accompagné afin que son âme puisse développer avec lucidité son intuition profonde : c’est-à-dire découvrir par sa propre expérience qu’il est le révélateur et l’acteur de sa vie ancienne, actuelle et à venir à travers le cycle des morts et des vies successives. A ce titre l’expérience du labyrinthe est avant tout initiatique. Accepter l’épreuve personnelle et intime du labyrinthe permet d’accéder à la connaissance, cette notion se différencie clairement du savoir reposant sur un acquis extériorisé et analytique.

Dans la mesure des découvertes archéologiques actuelles, les premières manifestations de l’Idée du labyrinthe remonte aux temps préhistoriques quand les hommes pénétrèrent dans les entrailles de la terre pour y effectuer leurs rites religieux et initiatiques. A cette époque, les références culturelles étaient reliées aux éléments de la nature et des règnes, dont l’emblématique animal. Toutes les grottes ornées découvertes n’ont eu d’usage que sacré. Aucune trace de résidus alimentaires, domestiques et de séjour prolongé. Les emplacements de vie quotidiennes se situaient en bordure de falaises et monticules afin d’assurer le rôle vital de protection physique. Ces « temples préhistoriques » pouvaient se trouver jusqu’à des centaines de mètres de profondeur par rapport à l’entrée principale. Les cheminements, tous dans l’obscurité la plus totale, étaient de véritables galeries de quelques dizaines centimètres de hauteur. Ces hommes et ces femmes rampaient dans de véritables boyaux de la Terre-Mère avant d’atteindre la nef sacrée. Cette dernière est toujours circulaire, elle épouse les contours naturels de la cavité. Dès l’aube des temps modernes de l’humanité, ces antres eurent de multiples fonctions. Des rites initiatiques et secrets dont nous n’avons plus de traces, hormis les dessins et les peintures. Ceux-ci démontrent les valeurs culturelles de l’époque. Ce sont essentiellement les animaux qui sont chargés symboliquement sur les parois. A quelques rares exceptions près, tous les animaux peints, le plus souvent des bovidés et des équidés, ne faisaient pas partie de leur régime alimentaire. La fonction sacrée résidait par le fait qu’il y avait distinction nette entre le profane et le « divin » sans y mettre la connotation contemporaine de ce terme. Ces animaux étaient observés et sur eux les préhistoriques projetaient des fonctions symboliques, magiques et rituéliques comme cela peut être encore le cas dans les sociétés animistes préservées de la culture dominante actuelle.

Ces labyrinthes naturels et souterrains abritaient les esprits de l’univers les plus proches et perceptibles de l’homme. Rien n’indique qu’ils avaient des capacités inférieures à nous, tout laisse possible que ces humains directement connectés à la nature en maitrisaient une certaine alchimie afin d’une part de survivre physiquement et d’autre part entretenir les liens avec les esprits. Dans la logique des préhistoriques, tout élément de la nature est une manifestation d’un ordre invisible. Ces femmes et ses hommes ont représenté essentiellement les bovidés et les équidés comme des figures archétypiques des forces universelles. Par analogie, ces deux espèces activent le mouvement paradoxal oscillant entre le masculin (le cheval) et le féminin (le taureau et la vache), le jour et la nuit, la lumière et l’ombre, le soleil et la lune…. Le cheval concrètement et métaphysiquement permet le mouvement, le déplacement, le voyage, le pouvoir et toute force d’expansion marquant la puissance sur les autres, la société, le rôle et les attributs de chef. Le bovidé nourrit par le lait et la viande faisant sortir l’humain de sa condition de végétarien. A des millénaires de nous, les bovidés peuplant les terres nourricières étaient des aurochs et des bisons, les figures sauvages et ancestrales du taureau et de la vache. Cette force du bovidé est une référence archétypale aux entrailles, à la matrice et à la grande mère nourricière avec laquelle il s’agit d’être respectueux.

Les grottes secrètes dont le jalonnement est animé par les esprits des équidés et des bovidés possèdent toutes un centre convergeant. A cet endroit là, au centre de la Terre-Mère et du cœur de l’homme, il n’y a pas d’autre issue, ni autre alternative que d’y accepter une forme ritualisée de mort humaine pour accéder une vie spirituelle. A ce niveau, les grottes les plus significatives possèdent des cachettes secrètes, naturelles ou creusées par les mains de l’homme, dans lesquelles un individu pouvait s’y introduire. Il en reste encore quelques traces avec des marques de masques laissant à penser que l’intercesseur des esprits (prêtre ou chamane…) y effectuait ses offices. La grotte de Lascaux cache un dessin dans la cavité la plus extrême cette double présence : le bison et l’homme avec ses attributs et ses objets phénistes.


Des dessins montrent autrement, dans d’autres grottes, la relation spirituelle de l’homme avec le règne animal : les transes et les voyages de l’âme dans celles des espèces ouvraient des visions tant matérielles concernant la chasse que religieuse par identification et « totémisation ». La grotte des Trois-Frères est un exemple remarquable de cette appropriation de l’esprit de l’animal à des fins inconnues à ce jour, mais qui peuvent être médicinale, mystique, divinatoire…





Toutes ces scènes à connotation spirituelle sont au centre du labyrinthe. Ces dessins sont chargés de symbolisme et d’énergie vitale pour permettre la relation avec le subtil et l’invisible. L’énergie de vie y est dominante avec une mise en évidence des sexes de l’homme et de l’animal. Bien qu’armé, l’homme se soumet à la force divinisée de l’animal et il doit lâcher prise de son désir de pouvoir pour se soumettre face à la puissance de l’Autre-Monde, des Mystères et de l’inconnu. Déjà, il existe en l’être humain l’instinct ou l’intuition d’aller au plus profond de lui-même et de ses ressources pour rencontrer le « Monde des Esprits » qui est la forme de spiritualité ou de religion de cette époque. Ainsi, le sanctuaire souterrain de la grotte dans les entrailles de Terre-Mère est le cadre des rituels de mort/transformation. Nous avons que les préhistoriques entretenaient cette relation particulière de l’existence. Très tôt dans son histoire, l’homme a accordé une grande importance aux esprits de la nature et à la mort. Les traces funéraires attestent d’une authentique démarche collective de ces sociétés.

La relation à la mort atteste d’une démarche spirituelle. Ces labyrinthes naturels ont abrité les premiers cultes secrets de transformation de l’âme. Ces prototypes archaïques et naturels des labyrinthes ont évolué vers des formes tant architecturales qu’informelles. Ces dernières furent le support des grands récits initiatiques que sont les mythes. Ces histoires extraordinaires ont pour fonction de donner une explication sur la création de l’Univers, la création des Hommes et leur évolution à travers les âges. A ce titre les mythes relatifs au labyrinthe ont pris corps très tôt dans l’histoire de l’humanité. La première histoire écrite, dont nous possédons les traces, évoque l’épopée de Gilgamesh dès le 25° siècle avant l’ère actuelle. Ce texte est fondateur de ce qui deviendra plus tard dans la Grèce Antique le mythe du labyrinthe enfermant en son centre le monstrueux Minotaure. Lors de son parcours initiatique le héros Gilgamesh, mi Dieu et mi humain, doit affronter au milieu d’une forêt obscure une bête à la tête de taureau. Ce mythe initial préfigure l’autre mythe grec à propos duquel les liens entre le labyrinthe et l’âme humaine sont plus facilement perceptibles.


_________________
d Ambre et de Lumière


Dernière édition par le Jeu 14 Fév 2008, 21:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: Re: Labyrinthe   Jeu 14 Fév 2008, 21:34


suite

Gilgamesh, fils des Dieux, est présenté comme semblable à un taureau sauvage dont la force est incomparable et ses armes invincibles. C’est la force animale et sexuelle qui peut autant rendre le bien autour de lui que détruire sans conscience. Gilgamesh est tellement redoutable que les Dieux décident de créer une image jumelle face à lui pour le maîtriser. Au cours de son périple initiatique, le Héros va combattre contre des aspects de lui-même : force destructive et sexualité dépravée. Gilgamesh apprend à abandonner son orgueil et sa violence. Il est aux prises avec une lute intérieure redoutable. Le héros est face à ces forces bestiales, humaines et divines. C’est à ce moment qu’il entre dans l’épaisse et réputée impénétrable forêt des Cèdres. Ce royaume de l’inconnu et de la Mort, nul n’en est sorti vivant, est habité pat Houmbaba une créature géante à la tête ornée d’énormes cornes. Gilgamesh devient le seul être vivant capable d’anéantir cette créature avec sa hache à double tranchant. Après avoir éliminé les forces dévastatrices, le Héros peut accéder aux forces constructives en la personne d’Ishtar la déesse de l’Amour. D’autres luttes suivront dans le but d’accompagner Gilgamesh, le mi-Dieu et mi-humain, vers sa propre destinée divine et reconquérir son essence éternelle. Dans ce mythe, Gilgamesh incarne le prototype du héros qu’est potentiellement tout être humain : doté de l’essence divine refoulée dans le corps animal et devant traverser les épreuves afin de reconquérir sa parcelle divine. Dans ce parcours initiatique, la forêt des Cèdres comme le labyrinthe représente la quête contre les monstres intérieurs réfugiés dans l’Ombre. Même si d’autres civilisations ont reconnu le labyrinthe : en Egypte Antique comme l’atteste Hérodote en décrivant une vaste construction avec une partie souterraine et une autre sur la chaussée et chez les amérindiens Hopi dans les grottes lieux de rites religieux, la relation avec les mystères de la psyché devient plus évidente dans le mythe grec.

L’histoire révèle toutes les facettes de l’âme humaine. Le mythe du labyrinthe est à considérer comme l’étude d’un rêve. Si l’individu le reçoit comme une histoire extérieure à Soi, il va agir dans l’interprétation, c’est-à-dire que le Minotaure, le monstre est ailleurs dans le but inconscient de s’affranchir du matériau psychique refoulé. Ceci est une attitude d’interprétation par l’analyse et la justification. L’autre attitude est la signification : tous les aspects et tous les personnages du mythe sont en Soi. Ce sont des forces psychiques puissantes qui agissent dans l’inconscient profond de l’homme. En ce sens, les archétypes se définissent comme des principes psychiques universels qui se manifestent ainsi dans le mythe grec et qui prendront d’autres représentations dans d’autres cultures. C’est ainsi que la Tradition de l’Occident fait référence à la Grèce Antique, elle-même nourrie par l’Egypte Antique et par la Perse Antique. Les formes des histoires équivalentes ont évolué et se sont transformées en signifiant les mêmes forces. Le mythe du labyrinthe avec Thésée comme figure d’acteur de la vie est complété par quatre autres personnages incarnant quatre autres forces archétypiques majeures de la psyché humaine. Toute l’histoire du mythe permet d’osciller d’une force à une autre en décrivant un « paysage intérieur » complet et cohérent de l’âme.

Thésée est le Héros grec : lui aussi est mi-Dieu et mi-humain. Dans le premier cas par Poséidon et dans le deuxième par Egée : par la « voie divine » des songes et par la voie de la procréation naturelle. Comme tout héros, Thésée est destinée à affronter des épreuves qui dans son cas, ont la particularité d’être face à des taureaux. Bien qu’en partie divin, son enfance et son adolescence le dotent de facultés remarquables. Bien avant l’épreuve du labyrinthe, il doit affronter un premier taureau dans la ville de Marathon dont le nom signifie « ville riche en eaux ». L’eau étant le domaine des émotions, Thésée sort vainqueur de ses propres émotions négatives, celles qui entravent la marche en avant. Ces émotions négatives sont liées aux peurs de perdre qui altèrent le désir de nouvelles conquêtes dans l’expérience de la vie. Peu après cette victoire, Thésée est reconnu par son père biologique, montrant ainsi cette capacité nouvelle de devenir un être responsable dans l’action déterminante. Ceci ne veut pas dire que Thésée se soit affranchi de sa tutelle paternelle. Si l’histoire de Thésée s’arrêtait après l’ultime combat victorieux contre le Minotaure, l’épilogue serait simple : il suffirait de tuer la bête qui est en Soi par n’importe qu’elle moyen.

Le mythe du labyrinthe propose une métahistoire parallèle au récit. La scène se situe dans l’île de Crète dont la capitale se nomme Cnossos « connaissance ». Ce territoire est régi par le roi Minos qui a reçu l’agrément de Poséidon « le Dieu des mers » pour en être le maître. Minos a institué un tribut de paix avec son rival Egée roi d’Athènes et père de Thésée. Sept jeunes garçons et sept jeunes filles doivent être livrés au Minotaure tous les neuf ans. Le Minotaure est enfermé dans le labyrinthe construit par le génial architecte Dédale sous les ordres de Minos. Au moment du mythe, Thésée décide de venger l’humiliation faite à son père Egée en allant tuer la bête immonde. En arrivant au palais de Minos, Thésée croise le regard d’Ariane, la fille du tyran. Cette dernière tombe spontanément amoureuse de ce jeune impétueux en espérant qu’il la délivre elle-même du jouc paternel. Sûre de la force de son futur amant, Ariane donne un fil à Thésée afin que le héros puisse ressortir du labyrinthe. Grace à cette complicité, Thésée va jusqu’au fond du labyrinthe. Il y trouve le Minotaure. D’un coup d’épée, Thésée terrasse le mi-homme et mi-taureau, la tête du bovidé est tranchée du corps humain. Thésée n’a plus qu’à reprendre le fil d’Ariane pour revenir sans encombres vers la sortie, l’entrée qui est la seule issue du labyrinthe.
Les cinq principaux protagonistes du mythe : Thésée, Minos, Dédale, Ariane et le Minotaure portent en eux-mêmes leur énergie propre avec la double qualité divine et bestiale, la lumière et l’ombre. L’ensemble des personnages est une composition complète de la psyché, de l’âme de chaque entité humaine. Le mythe met en jeu cinq personnages, cinq énergies avec les cinq archétypes majeurs en mouvement dans le monde du vivant. Chacun apporte ses qualités positives et négatives, une face visible et une autre invisible par le jeu de l’ombre et de la lumière. C’est l’étude de ces forces et ces caractères psychiques qui permettent de se reconnaître globalement dans l’ensemble. Nous sommes tous faits avec du Thésée, du Minos, du Dédale, de l’Ariane et du Minotaure en nous-mêmes. L’expérimentation du labyrinthe et du mythe permet de comprendre « prendre avec » toute l’histoire en acceptant d’être soi-même un jeu ou un reflet entre lumière et ombre, entre Divin et Humain.

Dominique AUCHER

Auteur de : « LE LABYRINTHE AU CŒUR DE L’HOMME et inversement » éditions M.C.O.R La Table d’Emeraude


http://rosamystica.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1843982

_________________
d Ambre et de Lumière
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
AMBRE



Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages: 3900
Date de naissance: 14/08/1962
Age: 47
Localisation: Belgique
Date d'inscription: 25/05/2007

MessageSujet: Re: Labyrinthe   Mer 13 Jan 2010, 21:29

Le labyrinthe.


Le labyrinthe, mythe d'hier, réalité d'aujourd'hui




Sur le plan matériel, il n'y a pas à chercher beaucoup : tout le monde qui nous entoure, tout ce en quoi nous sommes immergés, où nous vivons et nous développons, constitue un labyrinthe. Néanmoins, nous n'en sommes pas conscients, pas plus que ne l'étaient ceux qui pénétraient dans les jardins de Crète. Cependant, les jardins crétois étaient un labyrinthe, tout comme le monde qui nous entoure.

Psychologiquement, l'angoisse d'un Thésée cherchant le Minotaure pour le tuer, est aussi l'angoisse de l'homme d'aujourd'hui qui a peur et est dans le désarroi. Nous avons peur parce que nous ne savons pas ; peur parce que nous ne connaissons pas les choses et dans cette méconnaissance, nous nous sentons insécurisés. Cette frayeur qui se manifeste bien souvent par le fait de ne savoir que choisir, que faire, vers où se diriger, et de laisser courir les années de sa vie dans une médiocrité constante, épuisante et infiniment triste.

Le désarroi est l'autre maladie qui nous afflige psychologiquement dans le labyrinthe actuel. Désarroi car, évidemment, il est très difficile de pouvoir dire de nous-même qui nous sommes, d'où nous venons et où nous allons. Ces trois interrogations si simples, si naïves, qui n'ont même pas l'air de questions mais semblent bonnes pour les enfants, ce sont elles pourtant qui créent notre désarroi fondamental. Pourquoi travaillons-nous ou pourquoi étudions-nous ? Pourquoi vivons-nous et qu'est-ce que le bonheur ? Que poursuivons-nous ? Qu'est-ce que la tristesse et comment la devinons-nous ? Psychologiquement, nous restons plongés dans un labyrinthe ; psychologiquement, bien qu'il n'y ait pas de monstres, bien qu'il n'y ait pas de couloirs, nous nous sentons perpétuellement coincés.

Il est clair que le mythe nous offre une solution. Thésée n'entre pas les mains vides dans le labyrinthe ; il n'est pas logique non plus que nous résolvions le problème de notre labyrinthe les mains vides. Thésée porte deux choses : une hache - ou une épée - pour tuer le monstre et un fuseau de fil, sa pelote, pour trouver son chemin.

La hache - ou l'épée - a toujours été un symbole de volonté. Combien de traditions médiévales reprennent encore le symbole de l'épée enfermée dans la pierre que seul un homme de forte volonté va pouvoir extraire ! Que signifie "extraire de la pierre" ? C'est la volonté qui extrait ce qui est vertical de la matière qui est horizontale ; c'est-à-dire qu'une des armes fondamentales dont nous avons besoin pour ouvrir les chemins dans le labyrinthe est la Volonté, la force de la volonté.

Une autre arme très importante est le fil, l'astuce du fil qu'on va dérouler par les chemins pour trouver le retour. Ce fil est la persévérance et nous dirons plus, la mémoire. Pourquoi déroule-t-on le fil par les chemins du labyrinthe ? Parce que nous sommes dans l'incapacité de nous souvenir par où nous sommes passés, sur quels écueils nous butons et par où nous pouvons sortir. Ne pouvant nous le rappeler, nous utilisons le stratagème du fil que nous retrouverons et qui nous indiquera le chemin du retour. C'est la possibilité de ne pas répéter les mêmes erreurs dans le labyrinthe, de reconnaître les lieux que nous avons foulés au cours de notre propre évolution et de savoir quels sont les chemins qui nous restent à parcourir et comment le faire.

Pour les Grecs, Ariane est l'âme qui, au bon moment, quand Thésée est le plus désespéré, lui procure une réponse et une sortie, une clé, une solution. Ce qui vibre, ce qui vit, ce qui nous procure les solutions au bon moment, c'est Ariane, l'Ame, celle qui sauve et apparaît opportunément, nous donnant la solution pour résoudre notre problème.

Le Minotaure est excès de matière, c'est la matière qui croît, qui attrape et retient tout en elle. C'est cet excès de matière qu'il faut détruire, avant qu'elle ne détruise le Thésée qui entre dans le labyrinthe.

Quand on prend conscience du labyrinthe, quand, comme Thésée dans la mythologie grecque, on y pénètre, il faut être également conscient de l'importance de trouver la sortie. Celui qui découvre la sortie détruit le labyrinthe.

Néanmoins, il faut tenir compte que la sortie du labyrinthe n'est pas au dehors ; elle est exactement au centre, au coeur du labyrinthe. Celui qui pénètre dans le labyrinthe et, remarquant ses méandres et sinuosités, ressent de la peur et s'enfuit, celui qui prétend s'échapper par les côtés ou rester à l'extérieur, ou vient seulement humer la surface, celui-là ne résoud pas le labyrinthe. Il faut faire réellement comme Thésée : pénétrer, cheminer et arriver au centre même. Là est la sortie et non vers le dehors. Il faut avoir la vaillance d'un Thésée et affronter les monstres.

Certainement, il nous est très difficile de nous représenter cet élément pré-historique moitié homme, moitié taureau. Mais nous, nous avons des monstres que nous affrontons chaque jour et avec lesquels nous devons batailler, si nous l'osons : les doutes, les préoccupations, les rancoeurs, les peurs, les incertitudes qui, bien que ne prenant pas corps physiquement, vivent en nous et ont des tentacules aussi puissantes que l'est le Minotaure de Crète. Ceux-là, il faut savoir les affronter avec les armes de la Volonté, de l'Intelligence, de la Mémoire.

Les anciens disent que le labyrinthe ne se parcourt pas de n'importe quelle façon, que la manière idéale de le parcourir est en dansant ou en faisant des pas qui décrivent des figures ; des figures sur le sol, des figures dans l'espace, des figures rituelles et magiques. Nous devrions, en quelque sorte, danser tout au long de la vie, appelant ainsi le processus d'évolution.

Si nous arrivons à ce que chacun de nos pas ne se fasse pas seulement dans le labyrinthe horizontal, mais qu'au contraire, il atteigne un échelon supérieur, un point plus haut, nous aurons réalisé cette danse étrange et mystérieuse qu'est l'Evolution et nous aurons appris à faire ces pas justes et mesurés, ceux qui ne se font pas n'importe comment, ni n'importe où, mais qui sont "les pas du sentier".

Chacun de nous doit faire en lui-même le travail de réveiller Thésée, de lui donner vie, de faire sortir ce héros à la lumière. Pour chacun de nous existe une seconde naissance qui n'est pas l'apparition physique à la vie, mais celle où notre héros intérieur se manifeste avec ses meilleures armes, ses meilleurs atours, ses meilleures forces et qualités.

Indubitablement, nous ne sommes pas tous égaux ; nous ne sommes pas tous également héroïques et nos actes ne seront pas héroïques au même moment. Certains seront héroïques dans un sens et d'autres dans un autre ; certains se tourneront vers l'étude, vers les sciences, vers l'art, vers la religion, vers la politique ; d'autres iront vers la méditation intérieure, certains se tourneront vers leur famille, vers leurs êtres chers, ou simplement embelliront la vie de ceux qui se trouvent autour d'eux.

Mais tout cela est un acte héroïque s'il naît du véritable être intérieur. C'est pour cela que nous avons repris le thème du héros grec qui pénètre dans le labyrinthe, tue un monstre et trouve son âme qui l'aide à sortir. Vieux thème qui nous permet de prouver une fois de plus que les années ont passé et que les civilisations n'ont beaucoup changé qu'en apparence.

Le problème de parcourir le labyrinthe et d'en sortir reste nôtre. Les armes de Thésée peuvent être nos armes, et ce héros qui orne les pages légendaires, qui nous émerveille avec ses vêtements et ses cheveux d'or, est aussi en nous !
extrait de
Le labyrinthe.

par Delia Steinberg Guzman

_________________
d Ambre et de Lumière
Revenir en haut Aller en bas
http://antahkarana.forumzen.com
 

Labyrinthe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ANTAHKARANA :: L'ANTRE DE MELCHISEDECK :: Partages-Recherches-Eveil du Soi...-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet