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 L'évolution future de l'Humanité

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Serena

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MessageSujet: L'évolution future de l'Humanité   Jeu 17 Jan 2008, 23:34

L'évolution future de l'Humanité

de Pavitra, 1962
(De son vrai nom : Philippe Barbier Saint-Hilaire - "Pavitra", nom sanscrit donné par Sri Aurobindo, signifie "le Pur")

Compilation de textes de Sri Aurobindo tirés de La Vie Divine, Le Cycle Humain et La Synthèse des Yoga.


I - L'aspiration humaine


L'aspiration la plus haute de l'homme - sa recherche de perfection, sa soif de liberté et de maîtrise, sa poursuite de la pure vérité et de la félicité sans mélange - est en contradiction flagrante avec son existence actuelle et son expérience normale.

Une telle contradiction est une partie de la méthode générale de la Nature ; c'est le signe qu'elle travaille en vue d'une harmonie plus grande. L'accord s'obtient par une évolution progressive.

La vie émerge de la matière, le mental de la vie, parce qu'ils y sont déjà involués : la matière est une forme voilée de la vie, la vie une forme voilée du mental.

Le mental ne peut-il être une forme voilée d'un pouvoir plus élevé : l'Esprit, qui serait de nature supramentale ? L'aspiration la plus haute de l'homme indiquerait alors seulement que l'Esprit intérieur se dévoilant graduellement, prépare une vie plus haute sur la terre.


II - La place de l'homme dans l'évolution


L'émergence progressive de la conscience est le mobile central de l'existence terrestre ; elle s'accomplit par un double processus : une évolution des formes, une évolution de l'âme.

L'homme occupe la crête de la vague évolutive. Avec lui s'opère le passage d'une évolution inconsciente à une évolution consciente ...

A chaque étape on peut trouver des indices de ce que sera l'étape suivante.

La nature de la prochaine étape est indiquée par les aspirations profondes qui se font jour dans l'espèce humaine.

Un changement de conscience est le fait majeur de la transformation évolutive prochaine ; c'est la conscience qui, par sa propre mutation, imposera et opérera les mutations nécessaires au corps.

Il n'y a aucune raison de supposer que cette transformation soit impossible sur la terre. Elle seule donne un sens à l'existence terrestre.

L'élan de l'homme vers la spiritualité indique d'une façon indéniable la poussée de l'Esprit qui est en lui et qui veut émerger dans la nature terrestre.


III - La crise évolutive actuelle


La raison, prétend-on souvent, est la plus haute faculté de l'homme, celle qui lui a permis de se dominer et de dominer la Nature.
La raison a-t-elle en fait réussi ?

Quand l'intelligence se tourne vers l'action et essaie d'appliquer les idées à la vie, elle devient partiale et passionnée et se fait la servante de tout autre chose que la vérité pure.

Pourquoi l'homme a-t-il foi en la raison ? Parce que la raison a une fonction légitime à remplir, à laquelle elle est parfaitement adaptée ; c'est de justifier et d'éclairer les expériences passées de l'homme, et de lui donner la foi et la conviction nécessaires pour qu'il persévère dans l'élargissement de sa conscience.

Mais la raison ne peut arriver à aucune vérité finale, parce qu'elle ne peut ni atteindre la racine des choses ni embrasser leur totalité. Elle s'occupe de ce qui est fini et séparé ; elle n'a pas de mesure pour le tout et l'infini.

Les limitations de la raison deviennent particulièrement apparentes quand elle se trouve en présence de la vie religieuse.

Ce qu'est vraiment et essentiellement la religion et pourquoi elle sort du domaine de la raison.

La religion peut-elle donc être le guide de la vie humaine ? Il est de fait que dans l'antiquité les sociétés ont accordé à la religion une place prééminente.

Mais d'autre part, l'humanité - et en particulier la partie de l'humanité qui était à l'avant-garde du progrès - s'est révoltée contre la prédominance de la religion.

Trop souvent, les sociétés religieuses et les Églises se sont opposées au progrès et alliées aux forces d'obscurité et d'oppression, et il a fallu une révolte, un refus de l'esprit et du coeur humains opprimés, pour corriger ces erreurs et redresser la religion. Cela ne se serait pas produit si la religion avait été le guide véritable et suffisant, et le régulateur de toutes les activités humaines.

L'insuffisance de la religion vient de ce qu'elle a confondu l'essentiel et l'accessoire. La vraie religion est la religion spirituelle ; c'est une recherche de Dieu, une ouverture de la vie la plus profonde de l'âme au Divin immanent, à l'Omniprésence éternelle.
Dogme, culte, code moral sont des aides et des soutiens qu'on peut offrir à l'homme, mais qu'on ne doit pas lui imposer.

Par ailleurs, la religion a souvent considéré que la vie spirituelle est essentiellement faite de renoncement et de mortification. La religion devient alors une force qui décourage la vie, et, par conséquent, elle ne peut pas être une loi, ni un guide véritable pour celle-ci.

C'est dans la spiritualité, - mais une spiritualité à laquelle on aura restitué son sens vrai, - que nous devons chercher la lumière directrice et la loi harmonisatrice.

L'homme moderne n'a pas non plus résolu le problème des rapports de l'individu et de la société.
Ce que sont leurs rôles respectifs dans le progrès spirituel de l'espèce.

Il est faux que l'individu doive se subordonner à la collectivité ou se fondre en elle, car c'est par ses individus les plus avancés qu'une collectivité progresse.
Mais il est vrai aussi que plus il avance spirituellement, plus l'individu sent son unité avec la collectivité et avec le Tout.

La crise évolutive actuelle provient d'un déséquilibre entre les facultés limitées de l'homme - mentales, morales et spirituelles - et les moyens techniques et économiques dont il dispose.

L'homme ne peut plus désormais supporter le développement gigantesque de la vie extérieure sans un changement intérieur.

L'exaltation de la collectivité ou de l'État, ne fait que substituer l'ego collectif à l'ego individuel.

Si l'humanité veut survivre, une transformation radicale de la nature humaine est indispensable.


IV - Règles de conduite et liberté spirituelle


Puisque la perfection est progressive, le bien et le mal sont des quantités mouvantes qui, de temps en temps, changent de signification et de valeur.

Quatre règles principales gouvernent successivement la conduite humaine.
Les deux premières sont le besoin personnel et le bien de la collectivité.

Un conflit naît de l'opposition des deux tendances instinctives - individualiste et grégaire - qui gouvernent l'action humaine.

Pour arbitrer le conflit, un principe nouveau intervient, assez élevé et assez puissant pour, à la fois, dépasser les deux instincts antagonistes et les réconcilier. Ce troisième principe est l'idéal moral.

Mais les conflits ne s'apaisent pas ; ils semblent plutôt se multiplier. Les règles morales sont arbitraires et rigides ; quand elles veulent s'appliquer à la vie, elles sont obligées de transiger et aboutissent à des compromis qui les vident de tout pouvoir.

Au-delà de la loi morale, qui en est une image fausse, se dévoile la vérité plus grande d'une vaste conscience sans entraves, la loi suprême de notre nature divine. Elle détermine parfaitement nos relations avec chaque être et avec la totalité de l'univers, et nous révèle aussi le rythme exact qui exprime directement le Divin en nous.
Tel est le quatrième et suprême principe d'action, qui est à la fois loi impérative et liberté absolue.
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MessageSujet: Re: L'évolution future de l'Humanité   Jeu 17 Jan 2008, 23:39

V - Le développement de l'homme spirituel


La spiritualité est autre chose que l'intellectualité ; elle est l'indice qu'un Pouvoir plus grand que l'intellect veut émerger à son tour...

Essentiellement, la spiritualité est une prise de conscience progressive de l'Esprit qui est en nous, du vrai Moi ; c'est un éveil à une Réalité plus grande, qui dépasse l'univers et le pénètre, et qui demeure aussi en nous.

Comment la Nature a préparé la naissance de l'homme spirituel...

Seule, l'expérience spirituelle peut parvenir à changer l'être mental en un être spirituel.

On a fait, au mysticisme et à la spiritualité, deux ordres de critiques qu'il nous faut examiner avant de procéder plus avant :

1. Le mystique s'éloigne de la vie.
2. La connaissance mystique est purement subjective.


VI- La triple transformation


Si l'éveil à la suprême Réalité était le but final de l'évolution terrestre et que l'âme dût trouver ailleurs seulement un plus haut état d'être, ou se fondre et disparaître dans cette suprême Réalité, la tâche serait achevée avec l'avènement de l'homme spirituel.
Mais il y a aussi en nous une aspiration à la maîtrise de la Nature et à sa transformation, à une manifestation plus parfaite de l'Esprit dans l'existence terrestre elle-même.

Ce nouvel ordre d'existence, pour s'établir d'une façon permanente, exige un changement radical de la nature humaine tout entière.
Dans cette transformation, on peut distinguer deux phases préparatoires, complétant la préparation et la révélation de l'être spirituel, et une phase d'accomplissement.

La première phase de cette transformation peut être appelée psychique : l'âme, ou être psychique, doit passer au premier plan et prendre la direction de l'être dans sa totalité.

Pour tourner l'être vers la Réalité suprême et parvenir à émerger, l'âme, au cours de l'évolution, se sert de trois images dynamiques de cette suprême Réalité : le Vrai, le Beau, le Bien.

Trois voies s'ouvrent ainsi devant l'aspirant :

1. La voie de l'intellect ou de la connaissance.
2. La voie du coeur ou de la dévotion.
3. La voie de la volonté ou de l'action.

Ces trois voies, si elles sont combinées et suivies conjointement, ont des effets plus puissants.

Un déplacement de la conscience, un retrait au-dedans, devient impératif à ce stade, si l'on veut atteindre l'être central, l'âme vraie, et lui permettre de devenir le guide et le souverain de la nature.

Deux résultats principaux suivent cette émergence :

1. d'abord, une direction intérieure et une maîtrise qui démasquent et rejettent tout ce qui est faux et obscur ou qui s'oppose à la réalisation divine.
2. ensuite, un afflux spontané d'expériences spirituelles de toute sorte...

La deuxième phase de la transformation peut être appelée spirituelle ; c'est une ouverture à un Infini au-dessus de nous, une Présence éternelle, un Moi sans limite, une Existence infinie, une infinitude de Conscience et de Félicité, une Toute-Puissance.

La transformation spirituelle s'achève par l'ascension permanente de la conscience inférieure à la conscience supérieure, suivie d'une descente effective et permanente de la nature supérieure dans la nature inférieure.

Une conscience nouvelle commence donc à se former, avec une nouvelle puissance de pensée et de vision, et un pouvoir de réalisation spirituelle directe qui dépasse la pensée et la vision.

Mais pour que cette création nouvelle soit permanente et parfaite, le fondement même de notre nature d'ignorance doit être atteint et transfiguré. Un pouvoir plus grand, la Conscience-Force supramentale, doit intervenir et accomplir la transfiguration.
C'est la troisième phase : la transformation supramentale.


VII- L'ascension vers le Supramental


Il est difficile de concevoir intellectuellement ce qu'est le Supramental et de le décrire dans les termes du langage.

Le surmental et le Supramental sont involués et enfouis dans la Nature terrestre.
Pour qu'ils puissent émerger en nous, il faut une descente en nous des pouvoirs de la Supraconscience ; l'effort personnel ne peut à lui seul y suffire.

Ce que doit être la préparation à la transformation supramentale : d'abord, une maîtrise croissante de l'individu sur sa propre nature, puis une participation de plus en plus consciente à l'action de la Supranature.

Une seconde condition consiste en une obéissance consciente, une soumission de tout l'être à la lumière, à la vérité et à la force d'en haut.

Une troisième condition est d'unifier tout l'être autour du vrai moi et d'ouvrir l'individualité à la conscience cosmique.

Quatre échelons conduisent de l'intelligence humaine au Supramental ; ce sont :

1. Le mental supérieur.
2. Le mental illuminé.
3. Le mental intuitif.
4. Le surmental.

La descente du surmental ne suffit pas à transformer entièrement l'inconscience ; seule la Force supramentale est capable de le faire.


VIII- L'être supramental ou gnostique


S'il est difficile de comprendre et de décrire la Nature supramentale, c'est que, dans son essence même, elle est conscience et pouvoir de l'Infini.

On peut, cependant, décrire d'une façon générale le passage du surmental au Supramental et se former une idée de l'existence supramentale à son stade initial.

L'être supramental, ou être gnostique, sera le parfait accomplissement de l'homme spirituel.

La loi du Supramental est l'unité qui s'accomplit dans la diversité ; l'unité n'entraîne pas l'uniformité.

L'être supramental harmonisera le moi individuel avec le moi cosmique, la volonté et l'action individuelles avec la volonté et l'action cosmiques.

L'aspect transcendant de la vie spirituelle est indispensable à la liberté de l'esprit ; mais cette transcendance s'harmonisera avec l'existence manifestée et lui donnera un fondement inébranlable. Pour l'être gnostique, agir ne signifiera pas déchoir de l'Unité.

La conscience gnostique s'acheminera vers une connaissance totale : ce ne sera pas la révélation d'une lumière née de l'obscurité, mais d'une lumière qui naît de la lumière.

La joie de la diversité de l'Un se révélant intimement à lui-même, l'union innombrable de l'Un et une joyeuse interaction dans l'Identité donneront à la vie gnostique un sens pleinement accompli.

La matière révélera qu'elle est un instrument de la manifestation de l'Esprit ; une acceptation nouvelle, libre et souveraine, de la Nature matérielle sera alors possible.

Le corps pourra devenir un instrument fidèle et capable, qui répondra parfaitement à l'Esprit.

La santé, la force, la durée et le bien-être du corps, la libération de la souffrance, font partie de la perfection physique que l'évolution gnostique est appelée à réaliser.

Le vaste calme et la félicité profonde de l'existence gnostique apparaissent ensemble, dans une croissante intensité, et culminent dans une extase éternelle. Dans l'univers phénoménal se révèle l'éternel Ananda.

Deux questions restent à envisager, qui sont importantes pour la conception humaine de la vie :

1. Quelle est la place de la personnalité dans l'être gnostique ?
Dans la conscience gnostique, personnalité et impersonnalité ne s'opposent pas ; ce sont deux aspects inséparables d'une même Réalité.
Ce que sera la nature de la personne gnostique.
2. Si la personnalité gnostique se manifeste et si, d'une manière quelconque, elle est responsable de ses actes, quelle est la place de l'élément éthique dans sa nature gnostique, quelle est sa perfection et son accomplissement ?
La vie gnostique conciliera la liberté et l'ordre.
Il y aura accord complet entre la libre expression de l'individu et son obéissance à la loi propre de la vérité universelle des choses.
Toutes les normes mentales disparaîtront, parce qu'elles ne seront plus nécessaires ; elles seront remplacées par la loi authentique d'identité avec le Moi divin.


IX - La vie divine sur la terre


Etre totalement et intégralement conscient de soi et de toute la vérité de son être, tel est le signe de l'émergence parfaite de la conscience et ce vers quoi elle tend.

La plénitude de cette conscience ne peut s'atteindre qu'en réalisant l'identité du moi individuel et du Moi transcendant ou suprême Réalité.

Cette réalisation exige une intériorisation de la conscience.
La conscience humaine ordinaire est tournée vers l'extérieur et voit la surface des choses. Elle répugne à descendre dans les profondeurs intérieures, qui lui paraissent obscures, et elle redoute de s'y perdre. Et pourtant, l'entrée dans cette obscurité, ce vide, ce silence, n'est que le passage à une existence plus grande.

En fait, ce mouvement d'intériorisation n'est pas un emprisonnement dans le moi personnel ; c'est le premier pas vers une vraie universalité.

La loi de la vie divine est l'universalité dans l'action : une action organisée par la Volonté qui voit tout, et fondée sur la réalisation de l'unité totale des choses.

De nouveaux pouvoirs de conscience et de nouvelles facultés se développeront chez l'être gnostique, qui les utilisera d'une façon naturelle, normale et spontanée, pour connaître et pour agir.

La vie des êtres gnostiques peut, à juste titre, être qualifiée de vie surhumaine ou divine. Il ne faut pas la confondre avec les conceptions courantes, passées ou présentes, du surhomme.

Ce serait une grave erreur de penser qu'une vie dans la pleine lumière de la Connaissance doive perdre son charme et devenir d'une insipide monotonie.
L'expression gnostique de la vie sera plus pleine et plus féconde, et son intérêt plus éclatant que l'intérêt dramatique que nous offre le monde de l'ignorance.

http://www.nous-les-dieux.org/

Pour info,ce site,de notre ami Le SurHumain est destiné
à disparaître le 2 février prochain...
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MessageSujet: Re: L'évolution future de l'Humanité   Mar 22 Jan 2008, 08:53

Peut-être le premier clonage humain


Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences



Des chercheurs américains, travaillant pour trois entreprises privées, annoncent avoir obtenu cinq embryons humains clonés, à partir de cellules de peau d'un homme adulte et d'ovocytes sans noyau. Si l'information était confirmée, ce serait une première mondiale et peut-être un espoir pour une médecine régénérative.

Un pas de plus vers le
clonage humain vient d'être franchi si l'on en croit les résultats, spectaculaires, qui viennent d'être publiés dans la revue scientifique Stem Cells. Les six auteurs travaillent pour trois entreprises privées, Stemagen, Genetics Institut et The Reproductive Sciences Center et prétendent avoir obtenu cinq embryons, dont au moins trois clones, à partir d'ovocytes (dont le destin est de devenir ovules) et de cellules de peau prélevées chez des hommes adultes. La technique décrite dans leur publication n'est pas une nouveauté : appelée Transfert nucléaire de cellules somatiques (Somatic Cell Nuclear Transfer, SCNT), elle a connu son heure de gloire avec la brebis Dolly, née en 1996 (et morte en 2003).

Elle consiste à prélever sur l'animal à cloner le noyau d'une cellule
somatique (c'est-à-dire une cellule du corps et non de la lignée reproductive, comme les ovules et les spermatozoïdes) puis à le glisser dans un ovocyte dont on a préalablement retiré le noyau. Celui-ci contenant les chromosomes, l'organisme obtenu, s'il veut bien se développer, est un clone génétique de l'animal dont on a prélevé un noyau.

Dans le cas des animaux d'élevage, l'idée est vraiment de cloner des individus. Pour l'homme, l'objectif est de produire des embryons à un stade très précoce (appelé
blastocyste, ou blastula) dont on prélèvera des cellules souches, capables, espère-t-on, de régénérer un tissu lésé. Mais les primates semblent plus rétifs que les brebis à cette technique. En novembre 2007, toutefois, une équipe américaine annonçait la réussite chez le macaque.

Terrain miné

Chez l'homme, une équipe de la Newcastle University (Royaume-Uni) avait obtenu des embryons en 2005, mais à partir de cellules issues d'embryons et non de donneurs adultes. L'un des chercheurs, Miodrag Stojkovic, a depuis quitté l'équipe avec fracas. En 2004, le coréen Hwang Woo-suk avait annoncé la réussite du clonage humain et la production de cellules souches mais avait ensuite été
convaincu de fraude. Toutefois, il semble bien que le chercheur coréen soit parvenu à cloner Snuppy, un lévrier afghan.

Le terrain sur lequel s'aventurent les six chercheurs américains qui défraient la
chronique aujourd'hui est donc difficile et miné. Les travaux publiés dans Stem Cells sont également accessibles, librement, sur le site Internet de Stem Cells Express, sous forme d'un résumé et, pour l'article compet, d'un document PDF. Tout le monde peut donc se pencher sur le mode opératoire. L'équipe a prélevé chez trois jeunes femmes (20 à 24 ans) 29 ovocytes mûrs qui ont ensuite énucléés (l'article scientifique précise que ces ovocytes ont été donnés sans contrepartie financière, ce qui aurait constitué un délit). Les chercheurs ont ensuite prélevés chez deux hommes quelques cellules de peau (des fibroblastes plus précisément), dont les noyaux ont été extraits et introduits dans les ovocytes.

Sur ces 29 œufs, cinq ont donné des embryons au stade blastocyste. Les chercheurs les ont alors détruits pour vérifier que leurs chromosomes étaient strictement identiques à ceux des cellules des donneurs et donc qu'il s'agissait bien de clones. La preuve n'a pu être apportée que pour trois d'entre eux. Mais il s'agit bien d'une première.

Puisque les noyaux proviennent de donneurs adultes (et non d'embryons comme dans l'expérience de la Newcastle University), on peut envisager des applications de médecine dite régénérative. Pour réparer une lésion grave, on prélèverait quelques cellules de peau que l'on transformerait par clonage en blastocystes puis en lignées de cellules souches. Celles-ci pourraient alors être installées au niveau de la lésion, sans risque de rejet puisque leur
ADN serait celui du patient. Comme elles savent le faire, ces cellules indifférenciées pourraient se transformer et devenir similaires aux cellules environnantes, reconstituant le tissu disparu.

Différentes phases de l'expérience. A1 : ovocytes. A2 : énucléation à la pipette. A3 : la même chose, vue en UV. B1 à B3 : premiers stades du développement parthénogénétique (ces œufs n'ont pas reçu de noyaux
des donneurs). C1 à C6 : embryogénèse après introduction des noyaux provenant des cellules des donneurs.
© Andrew J. French, Catharine A. Adams, Linda S. Anderson, John R. Kitchen, Marcus R. Hughes,
Samuel H. Wooda




Encore une étape à franchir

Il reste à pousser l'expérience jusqu'à l'obtention de cellules souches, ce que l'équipe n'a volontairement pas fait afin de vérifier qu'il y a bien eu clonage du matériel génétique. « Nous aurions adoré atteindre ce Saint-Graal et créer une lignée de cellules souches, a confié à la revue Nature Andrew French, de Stemagen, principal auteur de l'étude. Mais nous voulions d'abord terminer la première étape. »

Les réactions commencent seulement à éclore dans la communauté scientifique et ailleurs. Le Vatican a condamné la destruction de blastocystes. Miodrag Stojkovic, relecteur de la revue Stem Cells, a félicité les auteurs et affirme qu'il y a une « différence énorme » avec les travaux auxquels il a participé à la Newcastle University. Robert Lanza, qui travaille dans une société concurrente, Advanced Cell Technology, émet des doutes sur l'état de santé des embryons obtenus. Mais l'intérêt est manifestement grand. A l'heure où nous écrivons ces lignes, le site Web de Stemagen est inaccessible...
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Des blastocystes humains dont les noyaux sont ceux des cellules d'un donneur. Crédit Andrew French et al.



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  • Résumé de l'article
  • Article scientifique complet en PDF (1 Mo)
  • Article de synthèse dans Nature
  • Article de synthèse dans Science
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MessageSujet: Re: L'évolution future de l'Humanité   Mar 21 Oct 2014, 16:36

Citation :
Notre humanisme serait anthropocentriste ?

Parler d’urgence démographique, une vérité qui dérange
Rencontre de Causes toujours (19 septembre 2014) avec Michel Sourrouille*


Julie van der Kar : Selon la plupart des experts (écologistes, agronomes, démographes), la population ne pose pas un problème en soi. Les pressions exercées sur les ressources naturelles et l'environnement ne proviennent pas du nombre d'habitants mais de leurs habitudes de consommation. La planète pourrait accueillir 10 milliards d’individus, voire plus, ce n’est qu'une question de mode de vie et de partage. Qui plus est, l'Europe est globalement en voie de dénatalité et non d'accroissement démographique. Pourtant vous nous alertez sur les dangers d'une évolution démographique incontrôlée. Vous affirmez que « le dépassement des capacités de charge de la planète exige une réduction volontaire de la population humaine » et que « l’expansion illimitée d’une espèce dans un milieu limité aboutit à sa réduction inéluctable. Les humains ne peuvent pas faire exception à cette règle ». Sommes-nous vraiment trop nombreux sur terre ?

Michel Sourrouille : Il y a beaucoup de choses avant d'en arriver à la question proprement dite. Parlons d'abord des « experts ». La démographie ne pose aucun problème pour ceux qui, enfermés dans une discipline particulière, n'ont pas de vision globale des choses. Les démographes ne raisonnent qu'en termes de transition démographique, donc tout ira mieux demain puisque la fécondité va baisser comme par miracle. Les agronomes croient que des prouesses agricoles (incertaines) vont pouvoir nourrir la population demain, même à plus de 10 milliards de personnes. Les « écologistes » institutionnels, je pense à ceux qui courent après les places grâce à un parti, ne veulent pas faire de vagues puisqu'ils désirent être élus. Ensuite réduire les pressions sur l'environnement par une réduction de la consommation est exact en soi, mais incomplet. C'est là le raisonnement partial de personnes comme le rédacteur en chef du mensuel français La décroissance : il y aurait trop d'automobiles, peu importe le nombre d'hommes. Mais le nombre d'automobiles dépend forcément du nombre d'automobilistes. Il s'agit de considérer la formule I = PAT. A technologie constante T, l'impact écologique dépend de la multiplication de la population P par le niveau A d’affluence (le pouvoir d'achat mis en acte). Un expert ou un objecteur de croissance qui n'envisagerait qu'un seul terme de cette équation ne peut pas analyser la réalité telle qu'elle est. Si on applique ce raisonnement à l'Europe, peu importe qu'il y ait baisse de fécondité si le nombre de couches utilisées par un bébé (j'utilise là une image symbolique) est une source de pollution non négligeable.

Tout considéré, et pour en arriver à votre question, je peux affirmer qu'il y a en effet dépassement de la capacité de charge de la planète. Ce n'est pas moi qui le dit, cela résulte des calculs faits pour mesurer l'empreinte écologique de l'activité humaine. Le jour du dépassement (de la capacité de charge) a lieu pendant nos grandes vacances ; à partir de cette date on vit à crédit, ou plutôt on épuise le capital naturel de la planète. Encore faut-il remarquer que l'empreinte écologique ne calcule que l'impact de la sphère humaine sans tenir compte des besoins de toutes les autres espèces ! Nous sommes donc vraiment trop nombreux, que ce soit au niveau mondial ou au niveau européen. Une pratique malthusienne de maîtrise de notre fécondité est absolument nécessaire.

Notre humanisme serait anthropocentriste ?

Michel Sourrouille : Notre humanisme est en effet vécu comme un anthropocentrisme, « l'Homme avant tout », a abouti à l'impasse actuelle, aux crises financières, socio-économiques et écologiques que nous connaissons. Une surpopulation nous entraîne dans des situations qui peuvent même devenir inhumaines.

Je me positionne en faveur d'un humanisme élargi qui prend aussi en considération les générations futures et les non-humains. Toute personne engagée dans une délibération démocratique devrait aussi se faire le porte-parole des acteurs absents, tous ceux qui ne pouvaient participer directement à cette délibération mais qui sont concernés par leurs conséquences. Par exemple une décision qui ne respecte pas la biodiversité et/ou l'avenir de notre société ne peut pas être une bonne décision.

Notre surpopulation est-elle la vraie vérité qui dérange ? Pourquoi cet ostracisme généralisé envers la question démographique d'après vous ?
Michel Sourrouille : L'ostracisme est particulièrement prononcé en France pour des raisons historiques. Tout au cours du XIXe siècle, il y a eu une volonté de suprématie géopolitique par le nombre pour essayer de transcender nos différentes défaites militaires. N'oublions pas que la loi répressive de 1920 interdisant la contraception et l'avortement a été votée toutes étiquettes confondues, de la gauche à la droite. Comme la pensée politique est une pensée qui en reste souvent à la ligne Maginot, le terme même de malthusien est devenu une insulte.

Que répondez-vous alors aux critiques voire aux insultes ? Il semblerait qu'il soit difficile impossible de discuter sereinement du sujet sans soulever des protestations et des amalgames.

Michel Sourrouille : Je suis assez souvent traité d'ayatollah de l'écologie ou d'écofasciste en herbe. Je ne prends pas cela pour une insulte mais comme une invitation au débat. Il y a trop souvent des controverses inutiles qui reposent le plus souvent sur des approximations à propos des termes utilisés. Ainsi le mot néo-malthusien est-il actuellement utilisé dans un sens de « restrictions économiques ». Ce n'est pas ma définition. Les néo-malthusiens comme Paul Robin ont oeuvré à la fin du XIXe siècle pour la libération de la femme et l'accès aux moyens de contraception. Ces ancêtres du planning familial se sont vus interdits de parole après la loi de 1920 dont nous avons parlé précédemment. Ceux qui à l'heure actuelle militent pour le respect de la vie (interdiction du préservatif, mouvement anti-avortement, etc.) relèvent de l'intégrisme et pas du libre débat. Ils sont cependant les bienvenus quand je participe à une conférence...

Êtes-vous parfois invité dans les médias ? Ressentez-vous un parti pris ou un discrédit de leur part ? Quelle est la « force de frappe » de votre militance sur Internet ?

Michel Sourrouille : Les malthusiens, dont je ne suis pas l'unique représentant, ne sont pas assez invités dans les médias. Mais l'association « Démographie responsable » commence à être audible. J'ai personnellement participé à une émission de RFI pendant une heure et je suis invité un peu partout en France, Paris, Lyon, Bordeaux... Je n'ai pas ressenti de discrédit, seulement une méfiance extrême des journalistes et producteurs d'émissions envers cette thématique malthusienne. On estime à ce niveau qu'il est dangereux de se lancer sur un terrain glissant. Comme pour toute idée d'avant-garde, il faut savoir affronter l'ignorance, puis le déni, auquel succède le rejet avant de commencer à faire sujet de société. Quant à l'audience précise du site que je gère, www.biosphere.ouvaton.org, je n'y accorde pas beaucoup d'importance. Il s'agit d'un réseau de documentation des écologistes, et c'est là l'essentiel : permettre à chacun de progresser dans sa réflexion personnelle. Pour ma part, j'aurai fait ce que j'estimais devoir faire... en sortant de la rubrique « faits divers » dans laquelle se complaisent la quasi-totalité des médias.

Vous avez coordonné l'ouvrage collectif Moins nombreux, plus heureux. L'urgence écologique de repenser la démographie (Ed. Sang de la Terre) avec les contributions d'Annaba, Didier Barthès, Yves Cochet, Théophile de Giraud, Alain Gras, Alain Hervé, Corinne Maier, Jacques Maret, Jean-Claude Noyé, Pablo Servigne, Michel Tarrier et Jean-christophe Vignal. Quel accueil les médias lui ont-ils réservé ?

Michel Sourrouille : Percer la barrière invisible que présente l'univers médiatique à tout ce qui n'est pas déjà connu est un exercice extrêmement difficile. Comme la décroissance démographique n'est pas dans l'agenda politique, comme il ne s'agit pas de sensationnalisme ou de court-termisme croustillant, cela n'intéresse pas. Si j'ai eu une recension dans le journal Libération, c'est uniquement parce que je connaissais personnellement la journaliste qui a fait l'article. Malgré mes contacts au journal Le Monde, j'attends toujours, même une simple phrase ! Il n'y a plus actuellement de grands médias de référence, juste des médiateurs de la société de consommation et du spectacle. Nous savons tous que la société croissanciste va dans le mur de plus en plus vite, mais nous préférons nos œillères.

* Michel Sourrouille est membre de l'association des journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE) et gestionnaire d'un réseau de documentation des écologistes activistes (biosphere.ouvaton.org). Il a également coordonné l'ouvrage collectif Moins nombreux, plus heureux
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