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 Viols et métamorphoses

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AMBRE

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MessageSujet: Viols et métamorphoses   Lun 25 Fév 2008, 08:49

Comment faire d’un traumatisme
une œuvre humaine ?




Acte criminel à caractère sexuel, le viol est une tentative de mise à mort : il nie la femme dans son existence, dans son identité, et la réduit au rang de « chose ». l’effondrement psychique et physique qui découle de ce traumatisme laisse la victime submergée par l’effroi. Son temps est comme suspendu. Sa vie est désormais liée à la cause de sa souffrance.

Parler, révéler le moment du viol, cet espace-temps où le langage n’est plus, amorce un processus de reconstruction. Peu à peu, la victime se réapproprie un lien avec l’autre qu’elle croyait détruit à tout jamais. Ainsi se profile l’espoir d’une métamorphose, d’une renaissance.

Véronique CORMON évoque son expérience de ce traumatisme, et raconte sans détour le long cheminement de son retour à la vie. L’histoire de la sorcière Karaba, personnage du film Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot, illustre son analyse.

Née en 1959, Véronique CORMON est psychothérapeute et psychologue clinicienne. Spécialisée en victimologie, elle reçoit des patients en consultation individuelle et anime des groupes de psychothérapie. Véronique CORMON est membre du Comité de lecture du Journal International De Victimologie.

ISBN 2-84187-569-5
17.95 € prix France TTC
Editions L’Archipel, 2004.
http://www.jidv.com/Viol_et_renaissance.htm



Viols et métamorphoses



par CORMON, V.


Psychologue, Psychothérapeute

RESUME

Comment aider les femmes victimes de viol, à remettre en marche leur montre existentielle fracassée par ce traumatisme ? Quelle est donc la tâche du professionnel qui se propose pour ce travail ? Accompagner la victime et l'aider à en parler avec ses propres mots, peut l'amener à réintégrer pleinement ce corps dont elle a perdu la jouissance depuis qu'on lui en a dérobé le pouvoir. Mais parler suppose un autre, des autres qui entendent des paroles qui n'ont au départ aucun corps pour les contenir, qui s'évanouissent si personne ne les recueille. L'image du professionnel pourrait être celui " d'un ambassadeur du monde des vivants au royaume des morts ". Mort psychique mais aussi mort de parties de soi, mort de la vie émotionnelle, mort de la croyance en la bonté humaine. Pour la victime, une des plus grandes difficultés consiste à accepter l'idée que l'équilibre trouvé jusque là est perdu à tout jamais. Bien plus, le réveil des traumatismes antérieurs suite au viol l'amène à revisiter sa propre histoire. L'élaboration de cet instant de mort peut alors déboucher sur une nouvelle naissance de la personne, une métamorphose. La sorcière Karaba, dans le film " Kirikou et la sorcière " de Michel Ocelot, en fournit l'illustration symbolique.

Ecrire à propos du viol constitue en soi un véritable défi. Pour les victimes, c’est presque une provocation car c’est tenter de mettre en mots un espace-temps où le langage n’est plus. On évoque rarement la source même, l’instant de la mort rencontrée par ces femmes, victimes de viol à l’âge adulte. Côté victime, côté professionnel, on esquive, on glisse, on évite. Ainsi les victimes restent paralysées par l’idée que cela peut recommencer et les professionnels plongent dans l’abîme de l’inconscient. Alors on parle de conséquences, de séquelles, de troubles suite au…Pourquoi ?

Confrontée bien malgré moi à ce traumatisme, j’ai été frappée par le silence qui régnait autour de lui. Silence de la victime mais aussi silence du professionnel qui paraît craindre de s’en approcher.

Ma rencontre avec le film de Michel Ocelot, « Kirikou et la sorcière », m’a fournie un début de réponses à travers l’illustration magistrale des conséquences psychiques du viol pour la victime ainsi qu’à travers les paroles des personnages teintés de sagesse qui se proposent pour l’aider. Pour ne pas rester aux prises avec le réel de la mort et l’effroi que le viol suscite, je me suis appuyé sur le parcours de Karaba la sorcière et donner ainsi la parole à l’espoir. En effet, l’effraction du viol constitue un traumatisme majeur qui impose la nécessité d’une transformation intérieure, d’une métamorphose comme nous le montre Michel Ocelot.

Karaba est une sorcière qui terrorise un village, faisant disparaître les hommes, assoiffant les habitants, en volant l’or des femmes. Elle habite seule dans une case somptueuse et vide, entourée de fétiches qui lui obéissent. On apprend qu’un jour, des hommes lui ont enfoncé une épine empoisonnée dans le dos et depuis, elle en souffre nuit et jour. Karaba est une femme blessée, victime d’un traumatisme au sens étymologique, victime d’une effraction de la peau, d’une brèche dans son enveloppe corporelle.

Kirikou, cet enfant qui parle avant de naître, n’aura de cesse de comprendre «Pourquoi Karaba la sorcière est-elle méchante ?» Ainsi il incarne l’espoir de Karaba de sortir de cette situation désespérée, de cette voie sans issue que constitue son projet de vengeance. Sans lui, Karaba allait faire disparaître le dernier homme : sa destructivité se retournait contre elle. Kirikou est né pour la guérir de son mal, c’est son unique raison d’être. Ainsi peut-on dire que Kirikou représente la sagesse qui sauve Karaba.

A travers l’histoire de Karaba, j’ai voulu produire une matière brute, une confrontation directe avec un traumatisme dont les victimes ne dévoilent que rarement les détails mortifères. Et pour cause ! Les victimes savent bien que l’évocation crue de cette mise à mort qu’est le viol, est difficile à soutenir. Elles-mêmes sont confrontées à l’absence de mots pour décrire l’innommable. Le retour aux origines imposé par le traumatisme se situe bien avant l’apparition du langage.

Comment une femme victime de viol peut-elle témoigner de la réalité du traumatisme qu’elle a traversé ? Le viol est un acte criminel, une torture à caractère sexuel mais il est avant tout une tentative de mise à mort, un essai de meurtre. C’est une violence majeure en direction de la vie et la victime perçoit cette atteinte à l’essence même de son être. La personne est niée dans son identité car elle est niée dans sa parole, dans son refus, dans son désir. L’espace et le temps sont confondus dans cet instant qui laissera place à une désorientation et à perte de repères. Il n’y a qu’asservissement à la violence toute-puissante du tortionnaire. C’est l’effroi qui désigne au plus près ce que ressent la victime en étant ainsi confrontée à l’innommable de cette rencontre avec la mort, avec le néant. Le traumatisme n’est pas seulement une confrontation avec une menace vitale, la victime se voit morte. La mort s’est imposé à elle comme un réel qui la laisse pétrifiée, sans mouvement et sans parole.

L’effondrement psychique et physique qui en découle provoque un bouleversement interne qui modifie profondément l’équilibre antérieur de la victime.

L’épine enfoncée dans le dos de Karaba lui procure une douleur sans répit, jour et nuit. Mais elle lui donne aussi des pouvoirs qu’elle utilise au service de son projet de vengeance. Rien ne sera énoncé sur sa vie « d’avant » car le sens de sa vie a été perdu, il n’existe plus. C’est le fétiche sur le toit qui symbolise son monde psychique : il est là pour surveiller tout ce qui bouge, c’est l’état de vigilance permanente que Karaba doit maintenir coûte que coûte.

La personne ne sera jamais plus « comme avant » car l’image traumatique a franchi le seuil du refoulement et réveille des angoisses primaires d’anéantissement. Les valeurs de la personne, ses bons objets intériorisés ont volé en éclats. La conséquence de l’agression est la permanence de la menace interne. La personne est tout le temps sur le qui-vive, en proie à une angoisse intérieure qui ne peut se calmer.

Karaba montre avec force comment elle se défend pour ne pas sentir la douleur qui est en elle :

De manière éclatante, Karaba met en scène le mécanisme de la dissociation.

Figée sur le seuil de sa case, elle est dissociée de son corps qui est le siège des émotions, cause de sa souffrance. Provocant les hommes dans un combat inégal, Karaba est coupée de sa partie masculine car elle déteste les hommes. Exigeant posséder tout l’or des femmes, Karaba est coupée de sa partie féminine car elle méprise les femmes. Karaba est coupée de sa partie infantile car elle n’aime pas les enfants. Karaba est coupée de la nature, de l’univers végétal et animal. Autour de sa case, plantes et animaux ont déserté, évoquant la terre brûlée après un sinistre. Ceci symbolise la mort autour d’elle.

Ainsi Karaba construit un monde dont elle devient le maître absolu. Elle manifeste ainsi une maîtrise omnipotente sur le village en voulant le soumettre totalement. Elle tente par là de retourner la situation qu’elle a vécue lors du traumatisme : elle était réduite à l’état d’objet, maintenant, c’est elle qui veut tout contrôler. Mais derrière cette apparence, se cache une grande impuissance. Elle ne peut tirer aucune joie de sa vie car elle est prisonnière de sa destructivité.

Sortir de son corps constitue une défense pour ne plus sentir l’intrusion de l’autre dans le champ d’une intimité « sacrée ». La dissociation s’installe à la suite comme une réponse permanente, c’est une façon de « sauver son âme ». Le corps physique ne pouvant plus se constituer comme une barrière réelle contre l’intrusion de l’agresseur, « l’intégrité » psychique tente de se préserver par cette séparation. On comprend mieux pourquoi il est si difficile de travailler avec les victimes au niveau du fantasme (intérieur) avant d’explorer et de reconnaître pleinement ce vécu dissociatif provoqué par l’agresseur (extérieur). La difficulté est que ce mécanisme perdure sous des formes diverses. Pour éloigner tout risque de sentir de nouveau une effraction similaire, la personne barre l’accès à toute sensation. Ainsi, elle n’est plus en contact avec ses émotions, ses désirs, ses besoins, ses sentiments. En se coupant de sa douleur, elle se coupe aussi de la joie, de l’insouciance, du désir amoureux, de l’amour… de tout ce qui fait vibrer l’être.

Mais le corps a sa mémoire. La victime peut mettre en place un projet destructeur pour elle par le mécanisme de l’identification à l’agresseur : c’est un des moyens psychiques pour renverser la situation et éloigner une autre confrontation toujours possible. Cela peut se traduire d’une façon externe en ne voyant les hommes que comme des pauvres types impuissants, faibles et méprisables qui n’inspirent que du dégoût. D’une façon interne, la colère et la violence peuvent être retournées envers la victime elle-même qui va perpétuer la violence reçue et ainsi finir le travail entrepris par l’agresseur.

L’identification projective est le moyen le plus adéquat parce que le plus archaïque que met en place une personne pour faire part de sa souffrance.

Devant un traumatisme qui suscite de telles défenses, comment aider la victime ? A se taire, la victime court le risque d’une victimation éternelle, achevant par là le processus meurtrier du violeur. Et à ne pas entendre en privilégiant l’exploration de l’inconscient aux dépends de la dimension réelle, les professionnels renforcent le déni de l’identité blessée de la victime.

Ainsi Karaba ne veut pas parler, ni de l’événement traumatique, ni de son histoire. Karaba sait que si elle parlait de cette épine qui la fait tant souffrir, elle serait en contact avec sa blessure. Parler, c’est faire le lien avec son histoire. Tout comme les habitants qui perdent la capacité de se souvenir, Karaba veut oublier son drame, elle tient à le conserver comme un secret.

Pour la victime, parler du traumatisme est une reviviscence insoutenable à cause de la révélation de vécu originaire et du souvenir de l’effroi qui l’accompagne. Si l’on représente l’image traumatique sous la forme d’une pointe acérée qui perce la limite pré-conscient/consient pour se ficher au fin fond de l’appareil psychique, on perçoit l’intrusion dans cette zone interdite, dans cette zone originaire refoulée depuis l’apparition du langage. Freud parlait de l’objet perdu, refoulé, inaccessible et qui est frappé d’interdit car il touche le retour in utero. Ainsi laisser venir à soi quelque chose d’originaire est une transgression. Ce qui rassemble les sujets victimes de traumatisme, c’est bien d’avoir franchi cette ligne rouge et de rester figé dans l’effroi et la culpabilité.

Mais parler n’est pas un but en soi : l’image traumatique se trouve isolée, engoncée dans un fonctionnement psychique coupée du corps. Les mots ne trouveront pleinement leur sens et leur finalité que s’ils passent par le corps, c’est à dire s’ils sont traversés par l’émotion. Et les victimes savent bien que parler, sortir de sa case, c’est courir le risque de toucher à sa blessure. Le secret finit par constituer un pouvoir qui protège l’accès à la blessure. Nous verrons que dévoiler le secret, lâcher ses pouvoirs, ne peut se faire qu’avec la lente reconstruction de bons objets internes qui ont disparus au moment du viol.

Pour la victime, être entendue dans sa souffrance se pose comme une nécessité absolue. Mais face aux difficultés de parler pour la victime, se dressent aussi les défenses de ceux qui écoutent. Ainsi derrière le viol, se profile toute la question des relations hommes/femmes, professionnels de la relation d’aide ou non. A l’évidence, le viol recouvre des fantasmes différents pour les uns et les autres puisqu’il vient toucher le lieu de la différence des sexes et de l’élaboration oedipienne. Le processus d’identification est au cœur de cette problématique.

suite

Lien vers un article que Véronique CORMON a écrit pour le Journal International De Victimologie

http://www.jidv.com/Viol_et_renaissance.htm


quand des mots ,parfois ,soulagent les maux...



http://tellmeast0ry.skyrock.com/

http://lesangesblesses.forumpro.fr/


Dernière édition par AMBRE le Sam 24 Mai 2014, 20:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 25 Fév 2008, 10:41

Citation :
Bonsoir,

C'est un sujet tristement connu, délicat et beaucoup trop fréquent.
Je fais du bénévolat dans un "foyer" pour femmes battues et victimes d'abus sexuels.

Voici un apperçu car la liste serait très longue,
si je devais vous donner toutes l'es statistiques.
A savoir que l'abus sexuel, a lieu dans tous les milieux sociaux "sans distinction."

A quelle vie sexuelle d’adulte peut on s’attendre après avoir été un enfant abusé, victime de viol, d’inceste, de pédophilie ?
(Certains termes vous devrez les consulter je manque de temps pour vous les décrire un par un)

Une "séméiologie multiforme" marquant un impossible dialogue avec son corps.
Le traumatisme en s’ancrent dans le corps va donner naissance au symptôme.

Un symptôme qui sera la seule expression de la sexualité une fois atteint l’âge adulte. La petite fille abusée va devenir une femme frigide, anaphrodisique, vaginique, dyspareunique, vulvodynique…Un symptôme qui sera là pour bien marquer l’impossible accès à son propre corps de femme, au corps de l’autre.

Un symptôme qui peut prendre différentes formes, mais qui ne sera jamais systématique ni reproductible en fonction de la nature de l’abus, de sa gravité apparente, ou de l’ancienneté des faits. Il sera certainement davantage fonction de son retentissement émotionnel et du fonctionnement psychologique de chacun. Un symptôme déroutant donc, si l’on cherche à l’analyser autrement qu’au travers de l’individu lui-même.
C’est ainsi que certaines femmes victimes de viols arriveront quelquefois à un fonctionnement sexuel satisfaisant, alors que d’autres, victimes d’attouchements sans pénétration, apparemment minimes, pourront être porteuses de blocages sexuels graves. Retenons simplement qu’en la matière, il n’existe pas de traumatisme minime et que la gravité des séquelles est fonction de l’impact émotionnel ressenti et de l’âge de la victime au moment de l’agression.
Quelquefois aussi, après une période plus ou moins longue où tout semblait être acquis, la jeune femme, installée pourtant dans une sexualité d’adulte épanouie, réactive par hasard le souvenir de l’abus, et la difficulté sexuelle s’installe, interdisant désormais désir et plaisir, l’un ou l’autre.
Quelquefois encore, et cela n’a rien d’exceptionnel, la jeune fille n’a pas été elle-même victime de l’abus sexuel, mais sa mère, sa grand mère, une femme proche de l’enfant a perpétué pour elle le souvenir de son propre inceste ou viol, générant chez la petite fille devenue femme, la même impossibilité d’accès à son corps érotique. L’observation clinique semble montrer dans ce type de pathologie "transgénérationnelle", davantage de cas de vaginismes que de frigidités.
Un face à face interdit avec le partenaire : céder ou refuser.
Le symptôme sexuel, qui signe l’impossibilité d’épanouissement pour une petite fille devenue adulte dans un corps de femme qu’elle n’arrive pas à reconnaître comme sexuel et érotique, signe aussi l’impossibilité de dialogue physique avec un homme. La sexualité adulte de la femme victime d’agression sexuelle, c’est la sexualité de l’autre. Le désir et le plaisir ne sont que désir et plaisir de l’autre.
Un désir qui ne signifie rien d’autre pour elle qu’une prise de risque.
Risquer de refuser et reproduire inlassablement un scénario qui conduit au rejet de l’autre, au risque de le décevoir, d’être abandonnée, d’être trompée, de s’exposer à son mécontentement, à ses plaintes, à sa colère, ou bien tout simplement de le rendre malheureux une fois de plus.
Le refus expose à l’abandon, à la violence de l’autre, à la culpabilité de soi.

Risquer de céder
L’autre risque, c’est de céder, une fois de plus, de se laisser faire sans désir, juste pour le plaisir de l’autre, ou pour avoir la paix, par devoir conjugal, ou parce que, de temps en temps, « il faut bien le faire »…
Risquer d’être indéfiniment victime… face à l’autre devenu agresseur malgré lui
Dans les deux cas, la femme reste victime de son impossibilité à désirer, à aimer. Dans les deux cas, l’autre, même s’il n’a pas le profil d’un agresseur, le devient bien vite, par son impossibilité à comprendre, par son insistance, par ses maladresses, par sa frustration. Un autre, d’ailleurs souvent choisi en complémentarité, et l’on est frappé en consultation, par la qualité du partenaire, trop souvent non seulement incapable de se mettre à l’écoute, mais aussi incapable de faire autrement que de devenir à son tour, par ses insistances, harcelant et abuseur sexuel lui-même. Un cercle vicieux parfait, générateur d’incompréhension, voire de violence, entre une femme blessée dans son corps et un homme en carence affective ou narcissique incapable de l’aider, et qui très vite, va s’enfermer dans le repli, l’agressivité, le silence. Un cercle vicieux qui, une fois mis en place, reproduit inlassablement le scénario initial de l’agression et de la victimisation.

Un désir inaccessible
Pour désirer, il faut pouvoir s’aimer, avoir envie de se montrer
Mais comment désirer l’autre quand on se sent enfermé dans un corps qui n’inspire plus que dégoût, honte, un corps qui fait horreur depuis qu’il a été sali. Le corps devient le lieu de l’effraction, de la transgression. Un corps frappé d’interdit , devenu une prison, et qu’il faut soustraire au regard de l’autre, au désir de l’autre. Un corps devenu signal de danger dans la relation à l’autre. C’est ainsi que l’on va s’habiller de manière informe pour se cacher, et développer des conduites alimentaires, anorexies, boulimies, des comportements agressifs qui permettront de se tenir à l’abri du désir de l’autre.
Un désir remplacé par la honte, la culpabilité, la peur.
Toutes émotions vécues lors du traumatisme et qui continuent à se perpétrer indéfiniment. Peur, honte, culpabilité, de se sentir différente, de porter cette tâche, et qui sait, peut être, d’avoir suscité le désir de l’autre et son comportement, d’avoir déclenché la violence de l’autre.

"Un désir remplacé par la dépression."
La dépression est l’issue la plus fréquente, elle permet d’abandonner la partie en refusant de la jouer vraiment. Elle correspond à un comportement de fuite et d’évitement, d’engourdissement sensoriel et général protecteur.

Un désir rendu impossible par la faillite identitaire
" Plus l’inceste a lieu tôt dans la vie, plus il y a de risques que les blessures soient irréversibles au niveau de l’identité" L’enfant victime d’abus sexuel est arrêté dans sa construction identitaire à l’âge du traumatisme.
La plupart des observations cliniques soulignent bien cet aspect.

"Un plaisir impossible"
Le plaisir est rendu impossible par l’absence d’abandon, l’absence de confiance en ce corps dont on se défie, que l’on refuse , que l’on cache à soi, à l’autre.

"Les somatisations"
Elles sont là pour marquer dans le corps l’impossibilité du plaisir. Des somatisations qui ont souvent commencé bien avant, généralement au moment du traumatismes sexuel. De nombreux travaux, portant malheureusement sur de trop petits nombres de cas, font état de troubles principalement génito- urinaires ou digestifs dans les suites d’abus sexuel, et perdurant longtemps après le traumatisme sans support lésionnel particulier.

"L’agressivité"
Le plaisir est remplacé par l’agressivité. Une agressivité que l’on tourne contre soi même, en multipliant les troubles des conduites alimentaires, les addictions, alcool, drogues, la prostitution. Contre soi aussi, les somatisations multiples.
Il arrive aussi que l’agressivité soit dirigé contre l’autre et elle se marquera par du vaginisme, de l’homosexualité. Quand l’agressivité devient plus globale, elle prendra le caractère de conduites antisociales ou borderline, particulièrement fréquentes. L’adulte qui a imposé sa violence à l’enfant lui a aussi ouvert la voie de la transgression et du franchissement des limites.

"La douleur"
Quand le plaisir survient, il se fait culpabilité et se métabolise en douleur. Les femmes victimes d’abus sexuels décrivent souvent des pleurs incoercibles lorsque le plaisir survient. Ou alors, c’est la douleur qui vient tout submerger, une douleur déclinée sous forme de dyspareunies, vulvodynies, vaginites qui n’en finissent jamais.

Au delà du désir et du plaisir : un corps désinvesti.
La construction du corps érotique se fait à partir des expériences vécues par le corps physiologique.

"Le développement du corps érotique est le résultat d’un dialogue entre l’adulte et l’enfant, autour du corps et de ses fonctions".
Mais ici, le jeu s’est arrêté le jour du traumatisme. La violence introduite par l’adulte dans ce dialogue essentiel détruit à tout jamais le développement de la relation.
La violence subie va définitivement et irréparablement transformer l’expérience affective du corps. Le corps violé, abusé, incestué, sera un corps qui ne parvient plus à sentir la vie en soi, un corps anesthésié, paralysé. Il sera un corps adulte frigide, impuissant, incapable d’échanger avec le corps de l’autre, incapable de trouver le chemin du désir et du plaisir partagé.
Le jour du traumatisme, et a fortiori lors de traumatismes répétés, quelque chose de soi s’est définitivement retiré de la zone, des zones du corps touchées par l’autre, par l’agresseur. Une zone, des zones, oblitérées, devenues froides et lisses, vidées de tout investissement affectif. Des zones devenues froides, sur lesquelles plus rien d’érogène ne pourra jamais s’inscrire. Des zones protégées en écriture à tout jamais.

En tous cas de cette écriture bien particulière qui fait que l’on ne fait qu’un avec son corps, que l’on peut l’investir, que l’on aime le sentir vivre et vibrer, que l’on s’y sent suffisamment chez soi pour en jouer avec l’autre, pour échanger de l’amour avec l’autre.

"Les chemins de la guérison"
La guérison est possible. Elle demande du temps, une thérapie, le concours du partenaire quand il y en a un. Grâce à lui, à son amour, une autre image de l’homme peut se mettre en place et remplacer celle du violeur, de l’abuseur. Il sera l’irremplaçable support par lequel le changement peut s’opérer.
Le changement passe par un corps à investir, une identité à construire, une relation à l’autre, aux autres à transformer. Guérir, c’est transformer peu à peu l’expérience affective du corps. C’est apprendre à aimer la vie qui s’éprouve en soi.

C’est apprendre à se sentir libre d’accepter ou de refuser le désir de l’autre, c’est apprivoiser le plaisir.

"Pour guérir, il faut cesser d’être victime."

Bises Paola
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Mar 26 Fév 2008, 21:17


L'enfant victime d'inceste :

De la séduction traumatique à la violence sexuelle


de Yves-Hiram-L Haesevoets (Auteur), Hubert Van Giseghem Présentation de l'éditeur
L'inceste, lorsqu'il est mis en actes dans une famille, résonne comme la mort psychique des membres qui la composent. Analogue à un crime de sang pernicieux, le meurtre incestueux anéantit l'esprit et la pensée de la victime. L'enfant victime d'inceste est comme l'objet sacrificiel symbolisant le parjure d'une passion dévorante et destructrice. C'est au sein de la filiation entre les générations que s'installe la confusion de langue et de culture. Entre l'enfant et son parent "inces-tueur", l'énigme du non-sens engendre un grand désarroi, une incompréhension et une indicible souffrance. "Sans négliger les points de vue historique et anthropologique, l'auteur montre une fine culture et une observation de clinicien non moins raffinée. Non seulement interprète-t-il, mais il théorise et, au-delà de ses appartenances aux paradigmes psychanalytique et systémique, il n'hésite pas à puiser dans la littérature empirique et scientifique. Tout cela témoigne d'une très large vision du problème. La communiquer dans un texte aussi cohérent, c'est ni plus ni moins, mettre à notre disposition un véritable manuel de référence" (H. Van Gijseghem). S'appuyant sur une immense érudition scientifique, l'ouvrage dépeint toute la complexité écosystémique des familles à transactions incestueuses, la diversité des passages à l'acte incestueux, le profil psychodynamique des différents protagonistes concernés par cette mésaventure humaine, etc. Il affine ainsi les connaissances de tous ceux qui veulent parfaire leur formation. Enfin, il ouvre différentes perspectives en termes de prévention et d'éducation éthique à une vie relationnelle, affective et sexuelle de meilleure qualité. Cette nouvelle édition, actualisée et augmentée, développe les différentes modalités de prise en charge thérapeutiques des victimes, des membres de la famille et des auteurs et tient compte des modifications apportées dans les traitements

Biographie de l'auteur
Yves-Hiram L. Haesevoets est psychologue clinicien, psychothérapeute, expert et spécialiste reconnu à l'échelle internationale dans le domaine de la maltraitance des enfants, il est chercheur en psychologie clinique et en psychopathologie, et maître de stage et de conférence à l'Université libre de Bruxelles. Il a également suivi une spécialisation en psychanalyse (Ecole de la Cause Freudienne et Université catholique de Louvain). Il est notamment membre de la Commission nationale contre l'exploitation sexuelle des enfants (1996-1998), du Comité scientifique et d'éthique de l'Unité pilote de psychopathologie légale, du Comité consultatif du délégué général aux droits de l'enfant et formateur à la Fondation pour l'enfance de Paris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et publications scientifiques sur le thème de l'enfance maltraitée

http://www.amazon.fr/Lenfant-victime-dinceste-s%C3%A9duction-traumatique/dp/2804143708
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Mar 26 Fév 2008, 21:19



La marque de l’inceste




La réalité de l’abus sexuel sur de jeunes enfants est bien plus fréquente qu’il n’y paraît. Ils sont nombreux à souffrir en silence, dans le secret... se sentant presque coupables de ce qui advint un temps de leur passé. Quelque terrible que soit cette réalité, il importe de savoir, de s’informer, cela ne concerne pas les « sous-classes » de nos sociétés quiètes et confortables, cela nous touche bien près. Ce n’est ni un drame de la misère, ni un aspect sombre mais exceptionnel de nos sociétés.



J’étais bien calé sur mes recherches dans le domaine de l’image et de l’imaginaire quand j’ai été confronté à plusieurs témoignages d’abus sexuel sur des enfants, dont certains en bas âge. Mon expérience m’amène souvent à accompagner régulièrement des adultes qui ont été abusés durant leur enfance. À mes débuts dans l’action sociale, j’avais déjà dû faire face à des cas d’inceste avéré... Pourtant, j’avoue être demeuré, durant de longues années, dans mon refuge sans que cela me conduise à une quelconque action ni prise de position. Plusieurs affaires judiciaires mettant en cause des pédocriminels, dont l’affaire de la Cour d’ Assises de St Omer, m’ont mis hors de moi. Soudain, je prenais conscience que, comme psychologue clinicien, je ne pouvais cautionner les dires et les conclusions de mes collègues experts ; je ne pouvais tolérer plus longtemps ce que les théories psychologico-analytiques laissaient entendre sur la transgression du tabou de l’inceste. Depuis très longtemps, il m’était apparu évident que, pour être au plus près de l’humain, dans ses joies et dans ses peines, il fallait écarter nos belles théories que je tiens pour antédiluviennes et terriblement réductrices. La confrontation à ces différentes affaires me montrait que nous n’étions plus dans un amphithéâtre à débattre entre spécialistes. Les dégâts s’étalaient, là, dans la presse et le prétoire. J’avoue mettre fait « prendre par la banalisation du mal ».

En novembre 2005, je me mis donc à l’écriture d’un essai qui traduirait mon expérience dans ce domaine. Ils sont nombreux à souffrir en silence, dans le secret... se sentant même coupables de ce qui advint un temps de leur passé.

Quelque terrible que soit cette réalité, il importe de savoir, de s’informer, cela ne concerne pas les « sous-classes » de nos sociétés quiètes et confortables, cela nous touche bien près. Ce n’est ni un drame de la misère, ni un aspect sombre mais exceptionnel de nos sociétés.

À mon avis, nous ne pouvons éviter de penser que, dans une société prédatrice comme l’est la société de marché, le prédateur, où qu’il soit, de quelque sorte qu’il soit, bénéficie d’emblée d’un préjugé favorable et d’une écoute bienveillante auprès des juges, contre ceux qui l’accusent. Parce que c’est un point aveugle de nos mœurs. Parce que nos sociétés occidentales sont fondées sur une dialectique dominant/dominé. Et cela pouvait fort bien marcher avec, en fond de bataille, une éthique solide et des garants pour la protéger. Or, force est de constater une délisquescence de l’humanité de nos mœurs.

J’entends par là une perte du fondement essentiel dont tout groupe humain a besoin pour durer : le sentiment. Cette chose qui ajoute humanité et bienveillance à chaque acte civil, moral ou politique. Or une société qui se fonde sur le rationnel, le pragmatisme, la raison pure perd progressivement toute forme de souplesse et d’acceptation de la différence, de l’étrangeté... de ce qui dérange pour défaut de non conformité à l’ordre établi. Les victimes ou les rescapés de l’inceste posent problème par la portée d’une plainte qui dévoile un malaise plus profond que la simple "névrose personnelle".

Le fiasco général d’Outreau pourrait m’exhorter à la plus grande prudence quant à défendre la victime... du pédocriminel. Certains journalistes n’ont-ils pas crié au loup en raillant la « généralisation du mal » que d’autres voulaient dénoncer au début de ce qui n’était qu’une affaire criminelle banale ? En mettant en exergue le grave problème des condamnations abusives, on oublie trop vite qu’il y eut vraiment des enfants victimes. Qui en a parlé durant les battages médiatiques ?

Il ne faut pas que ce crime se banalise ! Il est le reflet insidieux d’un mal plus profond qui ronge les fondements de nos idéaux les plus précieux.

Je livrerai ici quelques articles tirés de l’ouvrage qui devrait paraître durant cette année.

La marque spécifique de l’inceste sur sa victime
La personne adulte qui aurait été victime d’inceste ou de violence durant son enfance présentera des caractéristiques spécifiques qui permettent de supposer rapidement l’existence d’une stase psychique. Nous trouverons des caractéristiques identiques chez ceux qui auraient eu à subir des faits de guerre, des exodes forcés ou des violences de sang. Mais l’inceste inflige une marque spécifique : la violence vient d’un parent ou d’un adulte ayant autorité. Le sentiment de trahison qui survient est non seulement très prégnant mais il est au point de fondation de la personnalité.

Devenu adulte, tout se passe comme si une personnalité de surface s’était constituée. La blessure de l’enfance aurait occasionné une lésion telle que l’énergie psychique aurait été conduite à trouver d’autres circuits en évitant les zones douloureuses de la mémoire et de la psyché. Tout se passe comme si une sorte de cal s’était créé et des circuits dérivés cherchaient à reconstituer l’entité humaine avec le maximum d’énergie disponible.

Il y a donc une faille dans la structure globale de la personnalité. L’Ego se forme à partir de représentations qui ne sont plus approvisionnées par une continuité de l’histoire de la personne. Dans sa vie, cet adulte se reconstitue de manière quasi instinctive car l’élan naturel qui conduirait à s’en remettre aux parents est désormais coupé. Le lien de confiance, fondamental dans l’édification e la personnalité a été gravement blessé.

Par-dessus ce cal, l’énergie psychique recrée donc un Ego de substitution, sans racine. Il flotte dans un lieu et un temps sans véritable lien avec le passé, ou si peu. On a parfois l’impression de se trouver face à des personnes froides ou distantes, « pas présentes » à la réalité. Comme si le sujet se noyait dans un monde de rêveries. Parfois certaines de ces personnes surcompense cette blessure en « en faisant trop » ! Autre manière de cacher la plaie et d’attirer un peu d’amour. Comme si, être simplement soi-même ne pouvait suffire.

Chez un individu qui aurait vécu une histoire banale, le contact au monde - la réalité physique objective -, se constitue à partir des sensations, des émotions et des intuitions et c’est grâce à la relation souple à toute l’histoire du sujet que des représentations naissent de ces « affects » pour conduire à une action judicieuse et contrôlée. De plus, ces représentations résultent de l’apport parental primaire qui permet une rapide réponse aux sollicitations du milieu.

Chez les victimes d’inceste ce lien à l’histoire n’existe pas ou bien il se trouve fortement altéré. La trahison de l’adulte a fortement lésé cette faculté de l’enfant à s’abandonner et à faire confiance. L’Ego se constituera plus tard une sorte de peau par imitation de modèles externes car ce qui prime, c’est bien la cohésion de la psyché, donc l’exercice d’un contrôle minima de la dynamique psychique. Cette cohésion contrôlée s’opère sans relation avec « la profondeur psychique » : l’histoire du sujet et toutes les représentations qui pourraient en découler.

Cette cohésion n’est pas non plus reliée au patrimoine « génétique », l’histoire des parents et de la famille, ce qui peut s’avérer très grave. En effet, l’individu se retrouve un peu comme un exilé qui parviendrait dans un pays sans rien en connaître et qui serait obligé de s’adapter par le seul effet de sa sensibilité aux comportements des autres sans qu’il en comprenne tout à fait le sens. D’où cette apparente déconnexion émotive, ce semblant de froideur. Il n’y a pas d’adhésion globale, profonde aux faits de la réalité.

On trouve d’ailleurs chez les exilés de force ce même type de distance au monde. Les actes quotidiens, la personnalité globale sont déconnectés du sens des choses.

La sexualité, le couple
Partant des constats suivants : « Les conséquences de l’inceste atteignent l’ensemble de la vie des personnes qui en ont été la victime. Ces conséquences apparaissent également dans leurs relations avec les autres, y compris dans ses aspects les plus intimes. Pour une personne qui a été victime d’inceste dans l’enfance, homme ou femme, une relation amoureuse peut-être une expérience particulièrement complexe, voire douloureuse. », les éditeurs du site de l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste, l’AIVI lancent un débat sur le thème : « Vivre en couple après l’inceste ». Ils posent les questions suivantes : « Est-il encore possible de faire confiance à l’autre lorsqu’on a été victime d’inceste ? Les victimes d’inceste ont-elles tendance à développer des relations de couple particulières ? La relation est-elle un danger, ou est-elle plutôt un espoir ? Quelle place peut ou doit prendre un(e) conjoint(e) vis à vis du passé d’une victime ? Quelle est la place des relations sexuelles dans la vie de couple d’une victime d’inceste ? ... »

Les difficultés rencontrées dans la sexualité découlent du processus de gel des sensations et des émotions. Elles sont la conséquence d’une lésion située plus en amont. Celle-ci, nous l’avons vu est bien plus conséquente, globale et porteuse de blocages diffus et étendus. Ce sont les instances de régulation de la relation à l’autre qui sont altérées. D’une part, l’individu s’est construit sans modèle, d’autre part, sa propre image en miroir est endommagée. Tout le dispositif de reconnaissance et d’intégration des affects et des instincts est altéré car la personne a été trahie par son père et sa mère, donc par les porteurs des représentations primordiales pour la construction de la personnalité. Dans un premier temps, donc, c’est la capacité à faire confiance à l’autre qui est amoindrie, voire considérablement blessée. Faire confiance, c’est aussi se lâcher, s’abandonner en toute sécurité dans la relation. Il règne donc une certaine confusion dans la capacité à distinguer le bien du mal. La personne risque ainsi de se laisser piéger dans des situations les plus variées, des plus positives aux plus négatives.

Dans sa construction, la personne a dû user des sources d’énergie qui sont antérieures à celles qui s’appuient sur les parents comme supports de projections structurantes, vecteurs d’adaptations pertinentes à soi et au monde.

La conscience de l’individu ne pourra pas intégrer correctement les messages qui sont à l’origine des sensations et des émotions, ceux-ci se trouveront livrés à eux-mêmes, soumis à des forces archaïques et primaires. Nous serons donc souvent dans l’excès, de prudence ou, à l’inverse, d’animalité. Entre ces extrêmes on trouvera les comportements les plus variés.

Ainsi, les personnes les plus portées à trouver leur épanouissement grâce aux stimulations du milieu, chercheront, plus ou moins instinctivement, à se créer une expérience à travers des aventures variées et multiples, parfois les plus folles, comme si la conscience avait perdu une barrière, celle du discernement. On retrouve là l’impact de cette étrange désaffection du monde qui provient d’un manque de repères transmis par les parents.

Les personnes plus intériorisées se protègeront plus volontiers, car leur tendance naturelle les conduit à intérioriser d’abord, à agir ensuite. Comme la sexualité implique tout l’individu, ces personnes risquent de se retrouver isolées et solitaires.

Admettons que dans le cours naturel du processus d’évolution d’un enfant, l’éveil à la sexualité se fait, dans nos cultures, entre 13 et 16ans, précisément en même temps que l’apparition des émois caractéristiques de la période de l’adolescence. Ces émois, hormis quelques ajustements se retrouveront inchangés tout au long de la vie de l’individu.

Les transgressions et abus se produisent, le plus souvent, avant cet âge, quand l’enfant est entièrement sous la dépendance de la force de l’adulte. C’est donc avant même l’apparition des processus constitutifs de la sexualité adulte que se produisent les plus graves lésions psychologiques, sans oublier les lésions physiques qui altéreront également l’image que la personne aura de son propre corps.

C’est donc en amont de la sexualité que les problèmes de couple se poseront. Et nous retrouverons souvent ce même rapport à l’émotion, contenue, malvenue souvent et rarement dévoilée. Comme si la personne reconstituait le processus du viol quand elle est confrontée au dévoilement de son intimité. Consciente de cela, elle peut faire diversion durant de nombreuses années en masquant sa souffrance. J’ai rencontré des couples où la femme s’est confiée alors que tous ses enfants étaient majeurs et autonomes.

Plus grave encore, c’est le problème de la confiance en soi qui est altérée. L’atteinte à la dignité de l’enfant imprègnera la vie entière de l’adulte si aucune réparation n’est entreprise. D’où cette difficulté à se confier, parfois, la vie durant.

Entre soumission et rébellion
La personne se retrouvera toujours dans la nacelle de l’ambivalence, entre soumission et rébellion. La soumission renvoie aux séquelles du crime subi. La rébellion lui rappelle que de nombreux pans de sa personnalité demeurent étouffés, refoulés. Puisque le pont entre Conscient et Inconscient est plutôt soumis à suspicion — la personne ne se fait pas confiance — on pourra voir s’épanouir des caractères soumis à des humeurs changeantes sur fond de sensibilité exacerbée.

La soumission mieux acceptée par une femme, voire recherchée par elle, du fait de l’empreinte masculine de nos sociétés, ne résoudra jamais rien car la personne aura toujours, en sourdine, la vague impression que ses propres sentiments ne sont pas entendus et que sa véritable voie se trouve ailleurs.

Chez l’homme, la mise sous boisseau de ses sentiments, la soumission incontournable à l’influence des autres pourra conduire à des comportements, soit d’effacement total, soit de rébellion incompréhensible et violente.


Parution prochaine (mi-septembre) de l’étude : Inceste et pédocriminalité : crimes contre l’humanité de Kieser ’l Baz Illel, éditions de la Fondation Fleur de Lys, Montreal, 300 p., 15 x 21 cm. Bibliographie et appareil critique, 19 € franco de port. Souscription auprès de l’auteur. Pour en savoir plus.

mars 2006 par Illel Kieser

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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Mar 26 Fév 2008, 21:51



Le secret de Blanche
Blanche Landry
« Il est possible de guérir notre enfant intérieur blessé. »


UN DOCUMENT EXCEPTIONNEL SUR L'INCESTE



L'HISTOIRE VRAIE D'UNE MÉTAMORPHOSE

Le secret de Blanche est beaucoup plus qu’un simple témoignage. C’est un document qui traite non seulement de l’inceste, mais aussi de la violence psychologique et physique, de la dépendance affective et sexuelle, des traumatismes reliés à de tels abus et la preuve que nous pouvons obtenir, avec du temps, de la patience et une psychothérapie en profondeur, une complète guérison.

Le secret de Blanche informe, éduque et confirme que l'inceste n'est pas fatal. Empreint d'authenticité, il constitue un puissant message d'espoir.


Extrait de l'introduction

Comment peut-on mener une vie avec cohérence et dans la lumière quand on doit naviguer sur une mer noire de peur, d'illusions et de confusions? Comment peut-on guérir de ses blessures quand on ne comprend pas ce qui les a provoquer? Ayant moi-même subi les affres de l'inceste, il m'a paru nécessaires de chercher à répondre à ces questions douloureuses qui ne cessent de hanter les êtres qui, comme moi, ont été victimes d'agressions sexuelles. À la suite d'expériences aussi traumatisantes, j'ai cherché en vain un livre qui saurait m'aider à comprendre ce qui m'était arrivé et surtout, qui me permettait d'espérer une complète délivrance des conséquences de mon passé... J'espère que ce livre sera aussi apprécié que celui que j'aurais aimé trouver quand j'avais besoin d'aide. Je l'ai conçu dans l'espoir qu'il puisse servir aux victimes ainsi qu'aux proches ou aux gens qui les entourent, afin que tous puissent réellement croire en leur potentiel de guérison.

Extrait de l'épilogue

Tout au long de mon parcours vers la guérison, j'ai appris à pardonner véritablement à tous ceux qui ont abusés de moi ou qui m'ont fait du mal. Je ne leur en veux pas. Je ne vis plus dans le passé, mais bien dans ce présent que je fabrique jour après jour. Et ce qui me paraît extraordinaire, c'est que autant mon passé a été pavé de douleurs et de souffrances autant l'existence que je mène aujourd'hui est parsemée de joie de vivre et de bonheur. Cela ne veut pas dire que je suis à l'abri d'autres blessures. Je sais que je ne suis pas invulnérable, je suis loin d'être une sage personne. Je suis plutôt une apprenti-sage, une femme qu'un solide bagage de souffrances aide à faire avancer dans une voie d'harmonie.

Tiré du livre Le secret de Blanche. Mars 1999. Tous droits réservés aux Éditions de l'Homme.
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 01 Aoû 2011, 08:32




Le vampirisme des pères sur leurs filles
...


extrait

Barbara E Hort, Unholy Hungers.

Le vampirisme des pères sur leurs filles est lugubre mais pas
surprenant, puisque le patriarcat méprise tout ce qui est féminin,
particulièrement l'énergie féminine qui vit en tout homme. Un exemple
est l'histoire d'un homme qui, comme tant d'autres hommes, avait peur de
montrer ou même reconnaitre sa partie féminine. Sa peur était
compréhensible, étant donné la virulence de la gynophobie et homophobie
dans le patriarcat. Mais comme l'homme n'a pas exprimé sa propre énergie
féminine intérieure, que les jungiens appellent l'anima, il fut forcé de
la chercher à l'extérieur en la projeter (inconsciemment, bien sûr) sur
des femmes mortelles.

Comme l'homme n'a pas perçu la distinction entre sa projection féminine
et les écrans humains sur lesquels il les projetait, il aspirait
l'énergie des femmes comme si c'était la sienne, dont il semblait, dans
son état de trouble, qu'elle était la sienne. Sa mère en avait à
l'origine fait une bonne cible pour la projection de son anima, mais
comme la société se moque de l'homme qui est oedipiennement attaché à sa
mère, il déplaça sa projection sur sa femme. Pourtant sa femme n'était
pas une idole satisfaisante, car après les premières quelques années de
mariage, car elle n'a pas maintenue son adoration inconditionnelle pour
l'homme. A la place, elle tendant à sombrer dans l'affirmation
catégorique ou l'estimation réaliste, ce qui faisait d'elle un mauvais
écran de projection pour l'anima chérie de l'homme. Mais l'homme trouva
la candidate parfaite pour sa projection. Elle était pleine de force de
vie, soucieuse de servir, et mieux que tout, c'était une femme de son
propre sang - sa fille.
Elle l'aimait et cherchait lui plaire de toutes les façons possibles. Et
l'homme était nourri, et sa fille était heureuse de le nourrir.

Elle l'a nourri aussi longtemps que son sang et ses idéaux duraient, ce
qui n'était pas éternel, puisque son père découvrit qu'il y avait de
nombreuses façons de le nourrir - stimulation intellectuelle, et faveurs
sexuelles. Tout était en son pouvoir, et pour son plaisir aussi. C'est
du moins ce qu'elle disait à son cher père. Donc il était rassuré que le
jeu était une complicité, que le plaisir pour sa fille était de donner
et lui de recevoir. Et cela continua jusqu'à ce que sa fille n'eut plus
rien à donner.

Comme la fille dans cette relation vampirique était bien socialisée, son
épuisement final ressemblait à un évènement de sa propre fabrication,
car il se manifestait dans l'addiction, la dépression et le comportement
auto-destructeur. Le père était affligé de la misère de sa fille et sa
douleur était réelle, car sa source de vie était menacée. Sans elle pour
l'animer, pour donner vie au reste de son âme en incarnant son côté
féminin, l'homme sentit qu'il allait certainement mourir sans comprendre
la racine de ses sentiments, bien sûr.. Cette inquiétude de l'homme pour
sa source de vie féminine se réflète dans le point culminant de Dracula,
lorsque le héros masculin tue le vampire pour défendre Mina : "A cet
instant. . . les hommes sont vus comme des chevaliers héroïques,
chevaleresques, engagés à faire le bien pour le salut de Mina. Ici,
peut-être davantage qu'ailleurs, le nom de Mina a cette signification
emblématique. A l'envers, cela fait presque le nom latin pour anima, ou
âme" (Wolf 1975, 264). Il semble que ces hommes combattaient pour sauver
leur propre anima, autant (ou davantage) que pour l'âme de Mina Harker

DESACTIVER LE VAMPIRE MASCULIN




Parmi les divers exemples mythologiques de relation père-fille, deux de
la mythologie grecque - les histoires d'Athena et d'Aphrodite - montrent
comment une telle relation peut apparaitre, et comment elle peut être
désactivée. La déesse Athena bondit à la naissance de la tête de son
père céleste divin, Zeus, et donc elle se sentait comme une fille sans
mère. Athena devint une vraie fille de son père, s'appuyant sur sa tête,
c'est-à-dire sa raison et son intellect, pour guider ses actions, et
ignorer la voix plus douce, plus compatissante de son intuition et
sentiment. Dans les pires de ses moments, Athena est l'esclave
intellectuelle du patriarcat de son père, un moteur sans cœur de logique
et de loi dont l'implacable colère est le côté obscur de son potentiel à
avoir des sentiments profonds. Si Zeus commande, Athena se conforme,
gagnant ainsi l'éloge chéri de son père, même si elle doit parfois
sacrifier la vérité de sa propre âme féminine dans le processus.
L'énergie d'Athena est souvent une force influente chez la femme qui
réussit dans des arènes dominées par les hommes. Dans la psyché de ce
genre de femme, le masculin (père) est souvent vénéré, tandis que
l'énergie plus douce du féminin réceptif, charnel (mère) est souvent
vilipendée. Dans les pires de ses moments, la femme Athenienne peut
dégénérer en une harpie impitoyable, et au cours de son mandat dans la
patriarcat, elle va souvent trouver que sa clarté et sa raison ont bien
servi son père (comme il est incarné dans ses tuteurs masculins), mais
au prix de son coeur féminin.

Aphrodite est la fille d'Ouranos, un dieu du ciel qui était l'ancêtre
culturel du dieu du ciel Zeus. Avant qu'Aphrodite ne naquit, Ouranos
avait plusieurs enfants avec sa femme déesse terrestre, Gaia. Ouranos a
été dégouté par la terrestre Gaia et ses enfants liés à la terre, de la
même façon que le patriarcat moderne est dégouté par les questions liées
au corps des femmes terrestres. Ouranus essaya d'enfermer sa progéniture
(hors de sa vue et sous la terre, mais l'un de ses fils, Cronus,
s'échappa pour se venger de son père. Il réussit à couper ses organes
génitaux, qui tombèrent dans l'eau de la mère de Gaïa, et se mêlèrent à
l'océan, donnant naissance à Aphrodite. Comme Athena, Aphrodite
croyaient être une fille sans mère d'un dieu céleste divin. Né des
organes génitaux d'Ouranos, Aphrodite devint l'essence de l'émancipation
par l'union sexuelle charnelle, se reposant sur son corps et sa
séduction pour façonner sa vie, et n'écoutant pas les voix plus claires
de la connaissance et la disciplines. Dans le cas le plus mauvais,
Aphrodite devint l'esclave sexuelle du patriarcat de son père, une
éhontée dont l'auto-indulgence libidineuse apporte de la douleur à son
époux et du ridicule à elle-même. Aphrodite sert les besoins sexuels du
patriarcat, ainsi que sa propre luxure sexuelle, qui est bien sûr
approuvée par les dieux masculins, même si elle doit sacrifier sa
dignité féminine dans le processus.

L'énergie d'Aphrodite est une force influente dans la psyché des femmes
qui réussissent par le biais d'un attrait sexuel passionné. Un regard
attentif sur la psyché de la femme aphrodisienne montre souvent un cadre
dans lequel le masculin est vénéré, plus par le moyen du sexe que par le
respect intellectuel qu'offrent les femmes athéniennes. De la même
façon, la femme aphrodisienne va souvent rejeter ou se méfier de son
potentiel à l'indépendance, et à ses pires moments la femme dégénère en
une traînée dont le soi est manquant. Ces femmes se retrouvent souvent
après quelques années dans une situation où le père (incarné dans ses
consorts masculins) a le pouvoir sur l'intimité sexuelle de la femme,
mais au prix de sa dignité. Bien que es femmes athéniennes tendent à
rejeter les femmes aphrodisiennes, qu'elles voient comme des putes
minaudantes, et les femmes aphrodisiennes tendent à rejeter les femmes
athéniennes perçues comme des viragos sans coeur, les mythes de ces deux
déesses et les champs d'énergie qu'elles représentent sont vraiment
similaires. Similaires, aussi, sont les moyens de guérison du vampirisme
père-fille évident dans ces histoires de déesses et dans les femmes qui
y correspondent.

A la fois Athéna et Aphrodite sont nés de pères divins célestes
autoritaires, et les deux semblent d'abord sans mères. En réalité, elles
ont toutes deux des mères qui furent les victimes de la tyrannie des
dieux célestes. La vraie mère d'Athéna, l'ancienne déesse Metis, fut
avalée par Zeus. Lorsque Athéna naquit de la tête de Zeus, elle était en
fait née de Metis. De même, la vraie mère d'Aphrodite, la terrestre
Gaia, désavouée par Ouranos dans vaine tentative de la marginaliser elle
et ses enfants. Bien qu'Aphrodite peut ne pas reconnaître la moitié
féminine de son ascendance, c'était dans le berceau de la mer de Gaia
qu'elle naquit. Ainsi, dans les deux histoires, une vaine tentative d'un
père céleste de maintenir son pouvoir absolu résulte dans la naissance
d'une fille qui se perçoit elle-même comme sans mère et qui focalise son
attention sur l'apaisement du masculin. Dans leurs aspects obscurs, à la
fois Athéna et Aphrodite se tournent vers leurs soeurs et entremetteurs
pour le masculin, se compromettant donc elles-mêmes (intellectuellement
dans le cas d'Athéna et sexuellement dans le celui d'Aphrodite) afin de
s'attirer les faveurs du patriarche. Elles se nourrissent sur les
calories vides de la gloire reflétée du père et font saigner leurs âmes
dans le processus.

Pour qu'Athéna guérisse sa blessure de sa servitude intellectuelle au
patriarcat, elle doit récupérer sa fondation féminine en redécouvrant la
puissance passionnée de sa mère, Metis, indépendante de sa blessure
oppressante par Zeus. Et pour qu'Aphrodite guérisse la blessure de sa
servitude sexuelle au patriarcat, elle doit récupérer sa fondation
féminine (ou plus précisément, l'océan) en redécouvrant la puissance
spirituelle de sa mère, Gaïa, indépendant de la blessure oppressante
d'Ouranos. Dans les deux mythes, la fille qui est née de la tête du père
(littéralement dans le cas d'Athéna et phalliquement dans celui
d'Aphrodite) peut se libérer de son lieu de naissance patriarcal
seulement par la reconquête de la fondation féminine de la matière
corporelle (ou mater) de son âme. Ces images apparentées rappellent les
légendes de vampires qui affirment que couper la tête d'un vampire le
tuera. A la fois Athéna et Aphrodite doivent se couper de leur "têtes"
patriarcales et se rétablir elles-même dans leurs corps afin de casser
la dynamique du vampirisme père-fille.

Le vampire est sans coeur et sans âme, mais pas sans esprit, et l'esprit
est l'un des défenseurs les plus loyaux du vampirisme psychique. A
quelle vitesse nous justifions notre comportement, quel que soit son
vampirisme ! Pour citer le personnage de Jeff Goldblum du film de I984
"The Big Chill", "La rationalisation est plus importante que le sexe.
Vous ne me croyez pas ? Essayez de tenir une semaine sans une bonne
rationalisation." La propension de l'esprit à la rationalisation est
dangereuse quand le vampire psychique est activé, car elle promeut
l'illusion que la logique et la pensée constituent l'intégralité de la
psyché, qui font du sentiment et de l'intuition un mirage dépourvu de
sens. Afin de tuer le vampire psychique, l'esprit doit être brièvement
débranché; c'est-à-dire, la psyché rationalisante doit être décapitée.

Dans le mythe, l'arme de choix pour décapiter un vampire est la hâche du
prêtre ou l'épée d'argent, les deux devant être maniées comme le maillet
à couper le souffle avec un unique coup mortel. Une décapitation en une
frappe est rapidement accomplie dans l'imagerie réductionniste du mythe,
mais comme Monsieur Guillotine observa il y a longtemps, la vérité est
qu'on ne nous sépare pas facilement de nos têtes. La vérité psychique
est identique : la tyrannie de la raison est omniprésente dans la raison
de la plupart des êtres humains, et nous sommes remarquablement inaptes
à nous décapiter et débrancher nos esprits. (Peut-être est-ce pourquoi
la légende nous dit que la tête coupée du vampire doit être placée loin
du cou, sous le bras ou les pieds, de sorte qu'elle ne se rattache pas
elle-même et ne réanime le vampire.) Cela ne signifie pas que nos
esprits sont mauvais ou destructeurs en soi. L'esprit est un serviteur
précieux dont la logique est simplement corrompue par son délire qu'il
est le maître. C'est en fait l'âme, que nous sentons profondément,
connaissons intuitivement, et naturellement sommes- qui est conçue pour
régner en maître dans la psyché. L'âme a besoin de son serviteur logique
pour incarner son essence, mais l'âme est censée être le Pourquoi
derrière la logique. Lorsque l'esprit fait son travail au service de
l'âme, le résultat est l'art psychique.

Malheureusement, nos esprits opèrent le plus souvent dans le vide,
tournant comme des hamsters dans une cage : buts, plans, raisons, et
faits, tout qui se meut autour de nous jusqu'à ce que ce petit dynamo
soit stoppé par la mort. Parfois la mort stoppe nos esprits avec un coup
direct de sa faux, mais le plus souvent notre logique effrénée est
stoppée par le froid mortel que nous ressentons dans la dépression. Dans
ces moments glacés, nos esprits doivent faire une pause et trembler dans
la conscience de leur propre mortalité creuse. La solitude dépourvue de
sens de cet endroit est intolérable, et la plupart du temps nos esprits
tentent de fuir la vérité douloureuse en reprenant leur rotation frénétique.

Mais parfois, dans un moment de grâce désespérée, nous nous balançons
dans le vide assez longtemps pour demander, "Pourquoi ? Pourquoi mourir
? Pourquoi vivre ? Oh, pourquoi ?" Et à ce moment-là, l'esprit reconnait
son souverain, l'âme - la source de tout, le Pourquoi. Lorsque l'esprit
lâche sa poigne de fer sur la psyché, le sentiment et l'instinct ont une
chance éphémère de l'emporter. De manière générale, nous sortons de nos
têtes quand nous entrons dans nos corps - quand nous prenons un bain
chaud (avec de la mousse, de la musique et des bougies, comme tous les
bains devraient être pris), quand on nous fait un massage, quand nous
laissons nos corps ressentir et se déplacer avec joie, quand nous sommes
physiquement blessés ou malades. A ces moments là, nous avons
l'opportunité de nous libérer des chaînes de la raison linéaire et de la
règle de fer de notre volonté. L'esprit est engourdi, et le corps
sentant/rêvant/connaissant prévaut. A chaque fois que nous sommes dans
un état qui place l'esprit en service du corps et de l'âme, alors nous
sommes vraiment décapités, et le vampire peut alors mourir à cet instant.

A quoi ça ressemble dans la réalité extérieure ? Mon meilleur exemple
est un exemple personnel. Une fois quand je rendais visite à des amis en
France, j'ai blessé mon dos et suis tombée malade juste avant le départ
prévu. Bien que je fusse très à l'aise dans la maison de mes amis, je
voulais, ou plus exactement je sentais que mon corps voulait - sans
raison et désespérément, retourner à la maison à temps. Contre toute
raison et volonté, j'ai acquiescé à la volonté de mon corps de rentrer à
la maison, et nous avons commencé notre voyage le plus mémorable
ensemble. L'endroit où mes amis vivaient est à un voyage de trente-six
heures (en incluant avions, trains, auto, et beaucoup d'attente) de
l'endroit où je vivais. Etendue dans la chambre d'amis, je me demandais
comment j'allais faire ce voyage avec une tête congestionnée, un dos
douloureux, et des intestins furieux. Dans un acte apparemment
impossible de négociation, j'ai - c'est à dire, mon esprit fit un pacte
avec mon corps. "Je ferai toute la planification, le gardiennage et la
résolution des problèmes. Mais je ne peux faire que des choses
superficielles pour ouvrir mes oreilles, fonctionner mes muscles, et
calmer mes intestins pour endurer ce voyage. Je ferai de mon mieux pour
te faire rentrer à la maison, mais je te fais confiance pour faire le
reste." Ainsi, pour les quatre-huit heures qui ont suivi, j'étais
décapitée, mon esprit se mit au service de mon corps, dans son propre
rôle de servant dévoué de mon âme.

Ce dont je me souviens de ce voyage était un sentiment profond de calme.
"Je" connaissais mon rôle; "Je" servais le Pourquoi. Le Pourquoi était
quelque chose de plus profond et grand qui voulait rentrer chez lui. Je
faisais confiance et servais ses besoins, et lui, en retour, fit
confiance en mon service et fit ce qu'il fallait pour aider. Mes
oreilles se sont débranchées quand l'avion décolla. Mon dos stoppa de me
menacer de spasme. Mes intestins étaient calmes et silencieux. Mon
esprit et mon corps étaient doux et calmes. Pas de désir, tremblement,
pas de colère ou d'angoisse. Pendant ces quarante-huit heures, le
vampire était mort. Et effectivement, j'ai senti que je vivais
l'épitaphe de la tombe de Nikos Kazantzakis, qui dit, "Je ne désire
rien... je n'ai peur de rien... je suis libre." J'aurais passé avec
plaisir le reste de ma vie dans cet état. Mais comme Linda Leonard l'a
observé, afin de tuer le vampire, on doit combattre, "pas une seule fois
mais tous les jours" (I986, I07).

Bien que je ne sois jamais sûre de comprendre ce qu'écrit Carl Jung, je
pense qu'il aurait dit que mon voyage de retour de France était un
exercice en "conscience." Jung postulait que si nous sommes chanceux,
nous atteignons un point où nous reconnaissons que l'esprit n'est pas
seul dans la psyché. Nous apprenons que certaines de nos expériences
psychologiques ne sont pas accessibles à la pensée linéaire et à
l'analyse logique, et nous accordons à notre réalité interne la même
attention qu'à notre réalité externe. Nous envisageons la possibilité
que nos rêves sont plus que des images dépourvues de sens dans notre
sommeil, et qu'il y a un langage symbolique reliant le corps et l'âme.
Ce sont les moments où, selon Jung, nous avons entrepris le voyage de la
conscience. Afin de commencer ce voyage, il semble que nous devons
couper nos têtes pour échapper à la tyrannie de l'esprit et explorer le
reste de notre psyché. Quand le cœur, le corps et l'âme trouvent leur
voie, la psyché est ramenée à la santé. C'est la tâche de chaque Athéna
et Aphrodite : couper la "tête" tyrannique de leur état d'esprit
patriarcal et récupérer le fondement féminin de leur âme.

Ramenons maintenant les mythes d'Athéna et d'Aphrodite aux histoires de
Dracula et du Silence des Agneaux. Une femme doit être dans une relation
saine avec son puissant esprit, coeur et corps féminin - ou elle risque
de saigner sa vie pour l'amour d'un patriarche.

L'exploitation vampirique de la formidable Mina et Clarice nous dit
cependant qu'une relation saine avec sa matière et mater féminine n'est
pas suffisante pour nous défendre de la tentation d'un noble vampire.
Dans le mythe de Dracula, le sauvetage et la rédemption de Mina est
accomplie par les efforts des hommes autour d'elle, que nous pouvons
comprendre comme le sauvetage de le famme par l'énergie positive
masculine au sein de sa personnalité. De même, Clarice survit à sa
rencontr avec Jame Gumb par la force de son entrainement FBI masculin.
Ces histoires nous suggèrent que nous devons être dans une relation
saine avec notre côté positif masculin, ainsi qu'avec notre fondement
féminin, afin de survivre à l'attaque vampirique.

Dans les chapitres 4 et 5 je parlerai de l'utilisation de l'énergie
masculine pour nous défendre du vampire. Pour le moment, j'observe juste
une forte relation avec toutes nos énergies positives, masculines et
féminines, fait partie intégrante de notre sécurité quand les vampires
rôdent à proximité. C'est vrai dans nos combats avec le vampire
masculin, mais c'est tout aussi valable avec le vampire que nous voyons
rarement dans les légendes occidentales : le vampire qui se cache dans
le voile féminin de vulnérabilité. Le masculin est dangereusement
séducteur pour le féminin compatissant, mais l'allure du vampire féminin
est parfois plus mortel. C'est la morale de nos prochaines histoires de
vampires féminins qui s'attaquent à des victimes féminines. En route
vers les ténèbres, c'est seulement le début de notre voyage.

Barbara E Hort, Unholy Hungers traduction de JSF que je remercie!(désolé pour les fautes de traduction)
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 01 Aoû 2011, 11:41


"la vie est injuste" ? et alors .... !



http://www.youtube.com/watch?v=jP7x5kxbJBM


LA RÉSILIENCE*


--------------------------------------------------------------------------------

Selon le psychothérapeute Boris Cyrulnik, "environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre".

http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0823/ps_5790_resilience.htm - page consultée en avril 2002


La résilience, c’est quoi exactement ?

En physique, la résilience est l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. En psychologie, il s’agit de la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002

La résilience représente la capacité d'affronter avec succès les risques et les déboires sérieux de l'existence. Il s'agit d'une combinaison de force intérieure, d'appui de l'extérieur et d'apprentissage à partir de l'expérience acquise. La confiance en soi est importante, comme le sont aussi une bonne scolarité, la capacité d'apprendre et de résoudre des problèmes et l'aptitude à entretenir de bons rapports humains. Une personne qui possède une bonne dose de ces attributs peut souvent être autonome, c'est-à-dire qu'elle peut faire face à l'adversité sans détresse apparente.

http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Resilience--Repertoire_de_sites_sur_la_resilience_par_Josette_Lanteigne - page consultée en avril 2002




Y a-t-il un profil socio-culturel de l’enfant résilient?

Non mais il y a un profil d’enfants traumatisés qui ont l’aptitude à la résilience, ceux qui ont acquis la «confiance primitive» entre 0 et 12 mois: on m’a aimé donc je suis aimable, donc je garde l’espoir de rencontrer quelqu’un qui m’aidera à reprendre mon développement. Ces enfants sont dans le chagrin mais continuent à s’orienter vers les autres, à faire des offrandes alimentaires, à chercher l’adulte qu’ils vont transformer en parent. Ensuite, ils se forgent une identité narrative: je suis celui qui... a été déporté, violé, transformé en enfant soldat, etc. Si on leur donne des possibilités de rattrapage, d’expression, un grand nombre, 90 à 95%, deviendra résilient. Il faut leur offrir des tribunes de créativité et des épreuves de gosses: le scoutisme, préparer un examen, organiser un voyage, apprendre à être utile. Les jeunes en difficulté se sentent humiliés si on leur donne quelque chose (et si en plus, on leur fait la morale). Mais ils rétablissent le rapport d’équilibre quand on leur donne l’occasion de donner. Devenus adultes, ces enfants sont attirés par les métiers d’altruisme. Ils veulent faire bénéficier les autres de leur expérience. Ils deviennent souvent éducateurs, assistants sociaux, psychiatres, psychologues. Avoir eux-mêmes été des «enfants monstres» leur permet de s’identifier, de respecter l’autre blessé.

http://www.unesco.org/courier/2001_11/fr/dires.htm - page consultée en avril 2002


Quelles ressources internes vont permettre à l’enfant de surmonter un traumatisme ?

L’apprentissage et l’acquisition étonnamment précoces de la manière d’aimer, au stade inconscient préverbal. Un enfant aimé, se sent aimable. En cas de coup du sort, il souffre dans le réel mais il n’est pas forcément traumatisé. Ayant été aimé, il garde l’espoir de l’être à nouveau et de pouvoir réparer cette blessure. C’est le cas pour deux enfants sur trois, quelles que soient la culture, la religion ou le niveau social. La manière d’aimer, la façon dont on s’exprime, sourit et adopte un comportement de charme, se met en place, s’apprend, s’imprègne dans la mémoire biologique au cours des 12 – 18 premiers mois de la vie.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002

Un enfant sur trois, du fait de la dépression de sa mère, du malheur de son père et très souvent aujourd’hui, d’un fracas économique ou social, n’acquiert pas cet attachement sécure qui lui donne une confiance primitive en lui. La blessure sera rattrapable pendant très longtemps, mais de manière de plus en plus laborieuse. Il faudra qu’il imprègne dans sa mémoire inconsciente, le sentiment qu’il souffre mais qu’on peut l’aimer et désirer l’aider.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002

La majorité des enfants qui n’ont pas acquis l’attachement sécure adopte une manière d’aimer évitante. L’enfant parait froid alors qu’il vit un orage intérieur. Si quelqu’un souhaite l’aider, il ne bouge et ne joue pas. Une part importante des enfants insécures adopte un attachement ambivalent. Si on veut l’aider, l’enfant donne des coups de pied ou se met à mordre. Enfin, environ 5 % de ces enfants sont confus, désespérés et ne savent entrer en relation que par la détresse. En cas d’épreuve, les enfants évitants, ambivalents ou confus seront plus vulnérables.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002


L'enfant en devenir

Selon Cyrulnik, grand spécialiste de l'attachement, les tout premiers moments de vie y sont pour beaucoup. "Sécure" ou "insécure", le mode de relation qui se sera instauré entre le bébé et sa mère déterminera le " style comportemental" de l'enfant en devenir, sa manière de se lier, de découvrir le monde, de réagir aux séparations et aux catastrophes. Mais, chez tout un chacun, affirme-t-il, des "braises de résilience" sont présentes. Qu'on souffle dessus à bon escient, et l'enfant meurtri, fracassé, stoppé net dans son développement par le deuil, la maltraitance ou les atrocités de la guerre sortira de son " agonie psychique" et reprendra le chemin de la vie. Un pouvoir de "renaissance" dont plusieurs équipes dans le monde commencent à découvrir la puissance. Mais qui implique de rencontrer, sur ce chemin épineux, des "tuteurs de développement" suffisamment solides et compréhensifs.

http://www.reseau-respect.ch/boriscyrulnikreconstructeur.htm - page consultée en avril 2002


Dès leurs premiers jours, les bébés adaptent leurs comportements en fonction de l’attitude des parents à leur égard. Quatre sortes d’attachement réciproque peuvent ainsi être distinguées :

Sécurisant (65 %), ces enfants ont les meilleures chances de s’en sortir en cas de malheur ;
Evitant (20 %), ils maintiennent leurs distances ;
Ambivalents ou désorganisés (15 %).
Selon le type de relation qu’ils réussissent à établir, ils sauront plus ou moins bien se reconstruire après une blessure de la vie.
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0823/ps_5790_resilience.htm - page consultée en avril 2002


Savoir mettre au monde

"Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde" affirme Boris Cyrulnik. Ses travaux insistent sur l’importance des "nourritures affectives". C’est pour l’avoir ignoré, sous l’ère Ceausescu, que 40 % des orphelins et enfants abandonnés sont morts en Roumanie. Les adultes doivent aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Ainsi quand un père joue à poursuivre son enfant en faisant la grosse voix, ce dernier comprend qu’il s’agit d’un jeu. Cette comédie permet la familiarisation avec l’inconnu et sert à maîtriser sa peur. Cela ne signifie pas que l’enfant sera "immunisé" à vie contre les malheurs, mais il acquière un premier facteur de résilience.

http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0823/ps_5790_resilience.htm - page consultée en avril 2002


Facteurs favorisant la résilience

les traits de caractère, dont la sociabilité, l'aptitude à régler des problèmes, l'autonomie, la persévérance et l'optimisme;
les familles et les écoles, qui prodiguent soins et soutien et qui ont des attentes élevées mais réalistes, et donnent aux enfants l'occasion de participer et de contribuer;
les familles qui ont la force de faire face et de résister au stress chronique et aux crises répétées;
les communautés et les nations soucieuses du bien-être général, qui viennent en aide à la famille et qui considèrent l'enfant comme une ressource commune et précieuse.
Notre rôle est de les aider à prendre conscience de leurs ressources mobilisables. Les influences extérieures sont capitales. La résilience introduit aussi l'idée d'un compagnonnage avec l'enfant. Aider tout bébé à développer ses compétences «précocissimes» comme nous savons le faire aujourd'hui, c'est lui permettre de devenir résilient.
http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Resilience--Repertoire_de_sites_sur_la_resilience_par_Josette_Lanteigne - page consultée en avril 2002





Facteurs de protection

Certains traits sont présentés comme étant des facteurs de protection contre des comportements déviants, comme la délinquance, l'agression, les infractions criminelles et la violence.

l'estime de soi;
la confiance, l'optimisme et un sentiment d'espoir;
l'autonomie ou un sens d'auto-développement et d'indépendance (la capacité d'exercer un effort, de satisfaire ses propres besoins);
l'endurance ou la capacité de combattre le stress;
la sociabilité;
la capacité de vivre une gamme d'émotions;
des aptitudes positives permettant de faire face à des problèmes et de les résoudre, de prévoir les conséquences;
développement approprié pour l'âge;
moins de tendance à se blâmer pour la violence dans la famille;
la compétence de l'enfance, démontrée par des signes comme se livrer à des activités régulières, avoir un emploi à temps partiel, participer aussi bien à des activités scolaires que parascolaires, réussir relativement bien à l'école.
http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Resilience--Repertoire_de_sites_sur_la_resilience_par_Josette_Lanteigne - page consultée en avril 2002

Facteurs externes pouvant soutenir un enfant en souffrance

Lorsqu’un trauma, un fracas, une épreuve arrive, même les enfants qui possèdent des ressources internes, ne peuvent pas reprendre leur développement sans l’aide de ressources externes affectives proposées par la famille, les amis, les voisins et de ressources sociales disposées autour d’eux par la culture ou les institutions. Un enfant imprégné par un attachement insécure, même si des ressources externes sont disposées autour de lui, reprendra son développement avec plus de difficultés qu’un enfant qui a bénéficié d’un attachement sécure.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002


On réussit à développer la résilience en rencontrant des problèmes d'une manière telle et à un moment tel que l’on peut les traiter avec succès. […] Sur le plan psychologique, c'est la même chose. L'idée que les enfants puissent grandir sans stress et sans adversité est un mythe - au sens de mensonge. C'est impossible. Et d'ailleurs, cela ne serait pas une bonne chose. On a besoin d'avoir des défis, on a besoin d'un certain niveau de stress. Ce sur quoi l'on doit réfléchir, c'est la manière d'aider les enfants à traverser les difficultés avec succès. "

http://radio-canada.ca/par4/vb/vb990112.html - page consultée en avril 2002


Il faut frapper deux coups pour créer un traumatisme

Le premier coup, dans le réel, est la blessure : on a mal, on a froid, on est humilié. Le traumatisme naît du second coup, porté par la représentation du réel. « Je suis né hors mariage et vous m’insultez en me nommant bâtard ». Cette naissance pose peut être un problème à la mère dans le réel : elle peut être seule et anxieuse, c’est le premier coup. Le traumatisme apparaît avec le rejet de la famille ou le regard social insultant : « Je souffre de ce qui m’est arrivé, mais surtout de l’idée que vous m’en renvoyez ».

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002


La dangerosité du slogan « Il a été maltraité, il va reproduire »

Une erreur de méthode – la méthode rétrospective - commise par les premiers chercheurs dans le domaine de la maltraitance, est responsable de ce slogan criminel. Les chercheurs demandaient aux parents maltraitants s’ils avaient été eux-mêmes maltraités. 9 parents sur 10 répondaient par l’affirmative. Les chercheurs ont conclu que la maltraitance se répète dans 90 % des cas. Les recherches prospectives n’entraînent pas du tout les mêmes conclusions. Une étude menée sur 49 enfants maltraités, suivis jusqu’à ce qu’ils deviennent parents, montre que 9 d’entre eux ont maltraité leur progéniture. On retrouve donc la répétition de la maltraitance dans 18 % et non 90 % des cas. Si l’on s’occupe des enfants maltraités, ce chiffre descend à 5 %, ce qui reste une chiffre important par rapport à la population générale. Il prouve aussi qu’il existe tout de même une difficulté émotionnelle chez ces personnes. N’ayant pas appris à ritualiser la colère (gronder un enfant et poser des limites sans violence), ils utilisent la violence.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002

Dans notre culture, on encourage l’enfant blessé – et je ne sous-estime pas la gravité des traumatismes – à faire une carrière de victime. Nous avons précisément tendance à enfermer l’enfant blessé dans une étiquette qui l’empêchera de s’en sortir. Pendant des siècles, le simple mot de "bâtard" a massacré des centaines de milliers d’enfants nés hors mariage qui étaient honteux et malheureux de leur situation. Le regard des autres compte énormément et, d’une manière générale, je m’insurge contre tous les discours de fatalité à propos des victimes. J’ai suivi pendant très longtemps un petit patient ayant été incroyablement maltraité, on a réussi à s’occuper de lui comme de ses parents et il a bien évolué en faisant des études pour apprendre un vrai métier. Un jour, je le vois débarquer dans mon bureau plié d’angoisse parce qu’il était amoureux ! "C’est affreux, m’a-t-il expliqué, j’ai été maltraité, maintenant je vais le répéter", et il a fait une tentative de suicide. Il avait été doublement maltraité : par sa mère et par un slogan ravageur, hélas encore colporté chez les professionnels ! Les enfants maltraités ne sont pas obligatoirement condamnés à devenir des maltraitants. Certes les parents maltraitants ont très souvent été des enfants maltraités, mais il n’est pas obligatoire qu’il y ait une continuation, et toutes les études cliniques sur de longues périodes le confirment.

http://www.lemonde.fr/mde/ete2001/cyrulnik.html - page consultée en avril 2002


Tout le monde doit participer à la résilience

J’entends trop souvent dire « je ne peux pas m’occuper de lui, d’elle, je ne suis pas formé pour ça ». Or, je pense qu’en cas de blessure individuelle ou sociale, tout le monde doit participer au processus de résilience. Un moniteur de sport, une éducatrice qui apprend aux enfants à chanter ou à peindre peuvent les aider à reprendre leur développement. Au Kosovo, j’ai vu des jeunes filles de 18 ans faire des miracles, après une courte semaine de formation. Elles se sont mises à la disposition des enfants sans les forcer à parler et leur ont appris des poésies et des chants. Grâce à un projet partagé, on tisse un lien auquel on pourra ensuite donner un sens en parlant avec l’enfant pour comprendre ce qui lui est arrivé.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002

Une activité sportive ou artistique (dessin, théâtre), une rencontre déterminante, une épreuve de responsabilité... Il est mille tuteurs possibles qui peuvent contribuer à reconstruire l'image, souvent très négative ("je suis un enfant-poubelle", disent-ils souvent), que les petits blessés de l'âme ont d'eux-mêmes. Mais la représentation de leur tragédie passée et de leurs rêves d'avenir dépend aussi "des réactions des spectateurs, de l'opinion des juges et des stéréotypes du discours social". Meilleur sera l'accueil, plus aisée sera la résilience. Celle-ci, pour autant, n'est pas une recette magique ni une qualité intrinsèque, encore moins un état. Certains y excellent, d'autres non. Elle peut exister à un moment donné de la vie et, soudain, sans raison apparente, ne plus fonctionner à un autre. Mais le simple fait de savoir qu'elle existe – ou du moins d'y croire – rend l'avenir moins sombre. "Un gamin est foutu parce qu'on l'a pensé foutu", affirme Cyrulnik. C'est cela aussi, la résilience : une promesse de vie pour tous les enfants victimes de la violence humaine, de la misère ou de leur entourage proche, un appel au dépassement de soi, une pensée positive par temps d'inquiétudes. Plus que l'énergie du désespoir, une espérance.

http://www.reseau-respect.ch/boriscyrulnikreconstructeur.htm - page consultée en avril 2002


Les enseignants, comme tuteur de résilience

Nous avons réalisé une étude auprès d'enfants meurtris par la violence, la misère ou les restructurations familiales, qui avaient réussi leur vie. Les enseignants qui avaient connu ces enfants expliquent cette réussite par leurs qualités intrinsèques, une sorte de nature scolaire qui leur permettait de réussir à l'école. Or ces enfants considéraient, eux, que c'est grâce à un enseignant qu'ils avaient réussi à reprendre confiance en eux. Je me rappelle d'un entretien avec l'un d'entre eux, qui se rappelait précisément d'un enseignant qui l'avait félicité pour son travail. Il m'a dit la chose suivante : " c'est la première fois qu'on me parlait comme à un homme. " Le message banal du professeur s'est avéré être un message d'une grande importance. Les enseignants sous-estiment leur capacité à " rattraper " les enfants blessés, dont presque tous attribuent à un enseignant la parole qui a été, pour eux, un facteur de résilience.

http://www.enseignants.com/ressources/entretiens_nathan/ecole_resilience.htm - page consultée en avril 2002


L’importance de la créativité, de l’expression, de l’engagement social, comme facteurs de résilience

La victime est une personne blessée à qui on doit réapprendre à marcher. Or, j’entends encore très souvent « Avec ce qui lui est arrivé, il est foutu ». Les avocats - qui manquent de formation à la résilience – disent parfois à l’agresseur et devant l’enfant : « Il ne se remettra jamais de ce que vous lui avez fait ». Ils désirent légitimement obtenir justice, mais l’enfant retiendra que sa blessure est irréparable.

L’enfant blessé doit pouvoir exprimer son monde intime, par le chant, le dessin, la littérature… L’engagement social peut aussi être un formidable facteur de résilience : les femmes qui ont subi un viol, par exemple, rejoignent souvent des associations de soutien aux victimes. Elles ne parlent pas d’elles, mais à des femmes comme elles. Ces femmes font un excellent travail, bien plus pratique qu’idéologique car elles souhaitent comprendre et prévenir l’agression subie. Notre regard sur l’enfant blessé ne peut pas être statique. C’est avec le mot « devenir » en tête, que nous provoquons des interactions qui le soutiennent.

http://www.lien-social.com/archives/dossiers2001/591a600/596-3.htm - page consultée en avril 2002


Conclusion

Pour conclure, je crois qu'il est nécessaire d'abandonner définitivement le modèle de la physique appliqué à la vie. La conception qui consiste à penser qu'une cause provoque un effet pendant toute la vie est irrecevable. Nous sommes entourés par une multiplicité de déterminants. Plus les déterminants sont nombreux, plus la société organise des lieux d'expression et de développement intellectuel, scolaire, culturel, sportif, affectif, et plus les possibilités pour un enfant blessé de réussir sa vie sont importantes. Il faut cesser de raisonner en termes de causalité linéaire. Cela implique de modifier notre point de vue : nous participons aux développements des autres, à notre insu. De tout petits signes peuvent se transformer en cadeaux énormes pour ces enfants.

http://www.enseignants.com/ressources/entretiens_nathan/ecole_resilience.htm - page consultée en avril 2002

* Cet article est composé d'extraits issus de différents textes disponibles sur internet. Pour avoir accès à l'article complet, cliquez simplement sur les hyperliens.

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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 01 Aoû 2011, 20:28

Violence et sexualité :

http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/violenc4.htm
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Jeu 04 Aoû 2011, 00:53

Bonsoir à tous,

Il serait intéressant de savoir comment aurait analysée l’écrivain les relations vampiriques père et fille si d’une part, elle avait tenu compte du fait qu’Athéna est reconnue comme la personnification du Matriarcat* et ceci bien avant, les légendes écrites, a posteriori par Hésiode qui fait d’elle, la fille de Zeus. D’autre part, si elle avait connaissance des découvertes qui montrent qu’Athéna a été, à l’époque grecque, assimilé à Eve et Zeus, au Serpent du Jardin d’Eden.

Citation :
*Le terme de matriarcat a été construit, à la fin du xixe siècle sur le modèle de « patriarcat ». Initialement, « matriarcat » était employé dans le sens de « système de parenté matrilinéaire », tandis que le patriarcat désignait bien, comme l'indiquait son étymologie, un système social dominé exclusivement par les hommes. Mais « matriarcat » fut très tôt compris comme le pendant symétrique du « patriarcat », pour désigner un type de société où les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales. Il n'existe pas de société humaine connue où le matriarcat, entendu dans ce sens, ait existé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Matriarcat

Citation :
Citation :
Les mères de la Théogonie d’Hésiode

L’Athéna mètèr d’Élis: http://antahkarana.forumzen.com/t18p75-les-dieux-et-les-deesses#21283
Citation :
1. Platon identifiait Athéna, patronne d’Athènes, avec la déesse libyenne Neith, qui appartenait à une époque où la paternité n’était pas reconnue. Neith avait un temple à Saïs où Solon était bien traité uniquement parce qu’il était Athénien (Platon : Timée 5).

http://mythologiegrecque.over-blog.com/article-3925432.html
Citation :
Pour reprendre les réflexions de Robert Graves, il semblerait donc que ces légendes anciennes témoignent d'une passation de pouvoir (a priori pacifique) du "père" Tritonis vers sa "fille" Athéna (ou Neith...), et que l'on soit passé, à une époque reculée, du patriarcat au matriarcat. Des traditions encore vivaces en Afrique du Nord le confirmeraient.

http://www.kulturica.com/athena.htm
http://antahkarana.forumzen.com/t18p75-les-dieux-et-les-deesses#22292

Je ne sais pas s’il n’y a que moi qui le perçoit mais cette analyse des mythes d'Athéna/Aphrodite, ne vous paraît-elle pas caricaturale, réductrice et tronquée altérant totalement l'image de la Perfection de la Femme (et donc de la Sophia indispensable à la Naissance du Soi) ?

Citation :
(…) La déesse Athena bondit à la naissance de la tête de son père céleste divin, Zeus, et donc elle se sentait comme une fille sans mère. Athena devint une vraie fille de son père, s'appuyant sur sa tête, c'est-à-dire sa raison et son intellect, pour guider ses actions, et ignorer la voix plus douce, plus compatissante de son intuition et sentiment. Dans les pires de ses moments, Athena est l'esclave intellectuelle du patriarcat de son père, un moteur sans cœur de logique et de loi dont l'implacable colère est le côté obscur de son potentiel à avoir des sentiments profonds. (???!!)

(…) Comme Athena, Aphrodite croyaient être une fille sans mère d'un dieu céleste divin. Né des organes génitaux d'Ouranos, Aphrodite devint l'essence de l'émancipation par l'union sexuelle charnelle, se reposant sur son corps et sa séduction pour façonner sa vie, et n'écoutant pas les voix plus claires de la connaissance et la disciplines. Dans le cas le plus mauvais, Aphrodite devint l'esclave sexuelle du patriarcat de son père, une éhontée dont l'auto-indulgence libidineuse apporte de la douleur à son époux et du ridicule à elle-même. (???!!)

Pensez-vous vraiment qu’une femme puisse « perdre sa fondation féminine » - même si celle-ci est refoulée au maximum - et donc doive, pour guérir, la « récupérer » comme le suggère ce livre à ce passage ? :

Citation :
Pour qu'Athéna guérisse sa blessure de sa servitude intellectuelle au patriarcat, elle doit récupérer sa fondation féminine en redécouvrant la puissance passionnée de sa mère, Metis, indépendante de sa blessure oppressante par Zeus. Et pour qu'Aphrodite guérisse la blessure de sa servitude sexuelle au patriarcat, elle doit récupérer sa fondation féminine (ou plus précisément, l'océan) en redécouvrant la puissance spirituelle de sa mère, Gaïa, indépendant de la blessure oppressante
d'Ouranos. Dans les deux mythes, la fille qui est née de la tête du père (littéralement dans le cas d'Athéna et phalliquement dans celui d'Aphrodite) peut se libérer de son lieu de naissance patriarcal seulement par la reconquête de la fondation féminine de la matière corporelle (ou mater) de son âme.

Pour moi, cette sorte de « guérison » est régressive et dangeureuse car elle nie et occulte notre complémentaire, notre Polarité, dans ce cas, masculine grâce auquel une guérisson spontanée produisant une Stabilité authentique (vs temporaire) devient une Réalité.

Une voix/voie de véritable guérison :

Citation :
(…) Il s'agit de passer d'un attachement à l'autre sexe dans l'exclusion du même sexe, à une Rencontre de l'autre sexe dans l'inclusion de cet autre sexe, donc de passer d'un mode relationnel symbiotique, par exclusion, à un mode relationnel authentique par inclusion.

http://antahkarana.forumzen.com/t2170-6-tout-le-processus-dialectique
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 08 Aoû 2011, 12:37

Bonjour Douceur,



Citation :
Pensez-vous vraiment qu’une femme puisse « perdre sa fondation féminine » - même si celle-ci est refoulée au maximum - et donc doive, pour guérir, la « récupérer » comme le suggère ce livre à ce passage ?



Pour ma part , dès le moment ou la "fondation" n' a pas pu être ancrée sur des bases solides, ce qui se produit si le viol ou l' inceste survient avant 6ans....ce n est pas récupérer , puisque rien n'est perdu puisque pas construit dès lors qu il y a eu "entrave", mais re-poser de nouvelles fondations.

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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Jeu 11 Aoû 2011, 23:33

Bonsoir Ambre,

Citation :
Pour ma part , dès le moment ou la "fondation" n' a pas pu être ancrée sur des bases solides, ce qui se produit si le viol ou l' inceste survient avant 6ans....ce n est pas récupérer , puisque rien n'est perdu puisque pas construit dès lors qu il y a eu "entrave", mais re-poser de nouvelles fondations.
Je comprends ce que tu veux dire mais je remarque aussi que le manque de sémantique de ce livre et sa théorie erronée et caduque - pour moi, en de nombreux points** - portent à confusion.

** par ex. : Nous sommes polarisé(e)s de la tête au pied avec au centre de notre (nos) corps, le Canal Christique. Donc parler de coeur/corps/fondement « féminins » ou de « (se) couper (de) la tête » n’a aucun sens car alors quid de la glande pinéale (intuition, etc.), du travail en rapport avec les Couples Sacrés qui se fait au coeur du cerveau, de l’ intelligence (supérieure) du coeur, etc., etc.

Citation :
Ces histoires nous suggèrent que nous devons être dans une relation saine avec notre côté positif masculin, ainsi qu'avec notre fondement féminin, afin de survivre à l'attaque vampirique.

Les fondations exclusivement féminines/douces telles que présentées par l’auteur sont un leurre, une erreur. Pour moi, le problème comme la solution pour les personnes ayant vécues un traumatisme profond ne se situe donc pas au niveau des « fondations ».

Tout simplement parce que nos fondations (aussi) sont polarisées à l’image des fondations en beton armé... pour la Vie. Le principe du BA : Parfaite adhérence entre Acier (Masculin passif et rigide) et Béton coulé (Féminin active et pratique). Le beton, seul, est fragile et casse ; l’acier, seul, se rompt et s’effondre.

Meme si le sol d'appui (= la famille, les parents) n’est stable et uniformément dense ou pire est, après un tremblement de terre, en liquéfaction, glisse, s’ouvre, s’effondre, etc. la dale en BA (notre Fondation) s’adapte au terrain grâce à sa bonne « plasticité » ou « ductilité » c’est-à-dire à sa grande capacité de déformation avant rupture.
Citation :
La ductilité d’un système structural, traduit sa capacité à dissiper une grande partie de l’énergie sous des sollicitations sismiques, par des déformations inélastiques sans réduction substantielle de sa résistance.

Mais comme les enfants ne naissent pas avec une personnalité unifiée - celle-ci se développant à partir de nombreuses sources et expériences - lors de séismes très sévères (horreurs dans l’enfance, abus sexuel, etc.), ceux-ci construisent sur ces dales fondatrices, des maisons (= des personnalités) « théâtrales » dont les différentes « façades » deviendront souvent un mélange confus de forteresses, de simples maisons en carton, de grands palais de miroirs scintillants ou déformants, cassés, coupants, et autre et tout cela, avec en plus, des matériaux de constructions « défectueux et hétéroclites ».

Autrement dit, les dissociations, les dépersonalisations, les personnalités doubles ou multiples - mécanismes de défense leur permettant de survivre - souvent apparaissent après de tels traumatismes.

Citation :
Dépersonnalisation
Trouble psycho-affectif initialement décrit par P. Janet pour caractériser la psychasthénie, c'est une expérience au cours de laquelle le sujet perd le sentiment de sa propre réalité, de son identité, de la réalité de son corps, le tout accompagné d'un intense sentiment d'étrangeté et d'une grande angoisse.
Selon le niveau de dépersonnalisation on aura affaire à une atteinte légère dans l'hystérie (trouble de l'identité), ou à un mode d'entrée dans la psychose délirante (automatisme mental, hallucinations, corps disloqué et morcelé).

Dissociation (psychotique)
Se prend pour 2 personnes (mais ne s'en rend pas compte).

Le trouble dissociatif de l’identité doit être distingué du trouble de la personnalité borderline qui comprend une identité instable mais pas le fait d’avoir différentes personnalités"(Michael First, Allen Frances, Harold Alan Pincus - « DSM IV Diagnostics différentiels », Masson)

http://www.aapel.org/bdp/BLdissoFR.html

Cette construction hétéroclite, à plus ou moins long terme, est « heureusement » appelée à destruction. Car dans les zones sismiques plus sévères, c'est l'association de la maçonnerie avec une armature (bois, acier, fibres,...) qui va augmenter la résistance à la traction, et améliorer les propriétés plastiques de l'ensemble. Par exemple en associant béton et acier, ou terre et bois (Polarisation).

Mais tout cela se produit pour qu’ « enfin » un vrai Bâtiment soit Edifié (Re-Naissance) bien séparé par des joints de dilatation dans ses structures portantes polarisés (= Lien et Séparation) afin qu'elles (les Structures énergétiques Polaires personnelles) puissent vibrer indépendament l'une de l'autre.



Mon instinct me dit que si la dale fondatrice polaire en vient à se rompre, sous la construction (personnalité), mort physique s’en suit.



Lorsque ma maman, à l’âge de 3-4 ans, fut ravagée par un tsunami clergical, pendant les 3 semaines qui suivirent, elle se retrouva « entre vie et mort » et ce, alors qu’aucune pathologie ne fut diagnostisée.

Mais « sa » dalle en Beton Armé résistera « au choc destructeur ».

La maison apparement « artificielle » qu’elle s’édifia ultérieurement, au travers aussi de ravages survenus a postériori (fausses couches survenues une première fois, à la suite d’une tentative de viol de son médecin lors de la visite, une deuxième, lorsqu’une femme jalouse se mit à la battre sur son ventre avec un baton) s’écroulera peu de temps après ma naissance.

Elle se retrouvera en effet, aux portes de la schizophrénie mais le fait d’être restée dans son intérieur (avec la visite quotidienne à domicile du psychiatre), soignée, nourrie, lavée, habillée par mon papa dans leur propre chambre à couchée (« noire » sans donc que la lumière du jour n’entre par les fenêtres pour lui éviter de « voir » les entités horribles -qui désiraient dit-elle « l’emporter en ricanant » avec eux-) ainsi que sa confiance, son soutien ont permis qu’elle revienne « à elle ».

Depuis, les années passant, sa nouvelle Personnalité « authentique et donc stable » est rayonnante, brillante, joyeuse, sans maladies (et donc médicaments).

Elle s’est vraiment « profondement » Métamorphosée...
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Jeu 11 Aoû 2011, 23:41

Bonsoir à tous,

Avez-vous déjá entendu parlé du « pouvoir des histoires thérapeutiques » débutant par induction ?

L’HYPNOSE ÉRICKSONIENNE DANS LA GUÉRISON DES TRAUMATISMES PSYCHIQUES

Citation :
L'hypnose ericksonienne est issue de la pratique de Milton Erickson (1901-1980). Caractérisée par une approche souple, indirecte (métaphores) et non dirigiste, cette forme d'hypnose a donné naissance à de nombreux courants de psychothérapie moderne :thérapie familiale, thérapie brève (stratégique, systémique), programmation neuro-linguistique (PNL), etc.

Utilisée en psychothérapie, elle se situe dans une optique courte : on considère généralement que trois à dix séances, sur une durée de quelques semaines à quelques mois sont suffisantes, même pour des problèmes lourds et, cela sans « rechute » ou « substitution de symptôme ». Le Centre de thérapie familiale de Milwaukee a ainsi étudié 5 000 cas, sur 10 années, où le problème a pu être réglé à la première séance dans 60 % des cas, et sans aucune substitution de symptôme ou rechute, dans aucun des cas.

Philosophie

Pour Milton Erickson, l'inconscient est profondément bon et puissant. Il se révèle une puissance bienveillante avec laquelle l'état hypnotique doit permettre de coopérer. L'inconscient est capable de mobiliser des ressources intérieures, des potentialités susceptibles de conduire aux changements désirés. L'hypnose ericksonienne a pour but d'amener conscient et inconscient à travailler ensemble pour déclencher les changements utiles à la résolution du problème.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypnose_ericksonienne

> Evelyne Josse, webmestre de Résilience PSY, membre de PSY désir, publie son dernier ouvrage sur la prise en charge des traumatismes par l’utilisation des histoires thérapeutiques ; ci-dessous un extrait de son livre et les références pour le trouver en librairie :

PREMIERE PARTIE THEORIQUE

Le pouvoir thérapeutique des histoires
...
Les histoires thérapeutiques participent à la transformation et à la reconstruction identitaire du patient car elles engagent à reconsidérer, à réélaborer les significations d’une situation problématique donnée ainsi que les solutions à y apporter. En effet, de manière indirecte, elles s’attachent à revenir sur les événements traumatiques, à les questionner, à les déconstruire et à les reconfigurer en y associant de nouvelles conceptions. Les analogies et les métonymies permettent d’intégrer des éléments ou des hypothèses et d’offrir des perspectives nouvelles qui n’étaient pas disponibles dans les ressources du patient. En reprenant à son compte les idées qui font sens pour lui, le patient recompose sa propre histoire. Grâce à la fiction, il recadre une première interprétation de son vécu, de ses problèmes, de ses ressources, de ses qualités et de ses besoins pour en construire une nouvelle. Ces reconfigurations conceptuelles survenant à la faveur des analogies et des métonymies vont permettre au patient, selon le cas, une série de possibilités notables. Citons- en quelques-unes : retrouver de l’espoir en l’avenir, convertir une émotion, élargir l’éventail de ses possibilités, entrevoir de nouvelles options stratégiques, changer d’attitude face aux difficultés (par exemple, accepter une situation, prendre de la distance), stimuler sa motivation ou sa combativité, prendre des décisions, augmenter ses capacités d’action, restaurer l’estime de soi, ou encore resituer sa personnalité.

Différents types d’histoire thérapeutique

Les histoires thérapeutiques peuvent prendre des formes multiples. Elles peuvent être fantastiques, drôles, absconses, exotiques. Elles peuvent raconter une fiction sous forme de conte, de fable, de légende, de mythe ou de blague. Elles peuvent se présenter comme des faits réels par le truchement d’une anecdote, d’un phénomène de science naturelle, d’une aventure expérimentée par un tiers, voire une situation "vécue" par le patient lui-même dans un moment imaginé du futur. Elles peuvent être longues comme les épopées mythologiques ou courtes comme un aphorisme, un proverbe ou une maxime. Certaines proposent une solution telles les histoires "fermées" tandis que d’autres, les histoires "ouvertes", laissent à l’auditeur la liberté de résoudre l’intrigue. D’autres encore, les histoires "participatives", mettent en scène le patient lui-même et lui font prendre part à une activité imaginée. Nous le voyons, il existe de nombreuses manières de suggérer des idées dans un but thérapeutique. Toutes ces approches sont fécondes. Certaines seront adaptées à un patient et pas à un autre. Elles dépendent toutes de la responsabilité du thérapeute qui les ajustera en fonction de la personne qui le consulte.

Histoires thérapeutiques et hypnose

L’hypnose a fait l’objet de nombreux ouvrages. Nous n’en développerons donc pas les fondements dans celui-ci. Rappelons simplement que l’état hypnotique ou transe hypnotique est essentiellement un état d’attention durant lequel l’esprit de la personne est tellement accaparé par une idée, des images internes, des sensations ou des émotions qu’elle est momentanément indifférente à la plupart des aspects de la réalité extérieure. Certaines fonctions psychiques sont alors mises en veilleuse au profit d’autres processus, notamment inconscients. Les perceptions et l’appréhension de la réalité en sont modifiées. Ainsi, par exemple, le sujet en transe peut éprouver subjectivement une histoire qui lui est racontée. Le vécu l’emporte sur le réel et la fiction devient réalité. Une histoire peut être racontée sans qu’une hypnose formelle ait été préalablement induite. Néanmoins, elle aura davantage d’impact si le thérapeute prend le temps de capter l’attention de son patient, tout comme le font les conteurs talentueux. L’auditeur, focalisé sur ce qui lui est conté, se désintéresse petit à petit de la réalité externe, se laisse entraîner dans l’univers du récit et ce faisant, entre dans un état de conscience modifiée.
(Page 40 à 43)

DEUXIEME PARTIE PRATIQUE
...
La vie renaît de ses cendres

Pour Montse Llados, une merveilleuse femme-Phénix

Objectif de la séance

Cette séance est conçue pour les personnes qui ont connu un événement traumatique assorti de la perte signifiante : d’un être cher, une patrie, un mode de vie, de biens matériels ou de tout autres éléments nécessaires au bien-être émotionnel.

Elle a pour objectif de :
recadrer les pertes consécutives à l’incident critique, - leur redonner de l’espoir pour l’avenir, - souligner leurs capacités de résilience et de croissance posttraumatique.
(Page 227)

La séance

« Bien, eh bien, comme vous le savez, il n’y a rien de particulier à faire, rien de particulier à savoir pour… entrer en transe… Il suffit juste de permettre à votre corps de prendre une position bien confortable… Bien…
Dans un premier temps, vous pouvez vouloir concentrer votre attention consciente sur ce que je dis… et petit à petit, c’est votre attention inconsciente qui va se concentrer de plus en plus et de mieux en mieux…
Et vous pouvez prendre plaisir à… entrer en transe… en vous laissant guider dans un voyage particulier, un voyage dans un monde coloré… un monde lumineux… un monde vivant… La lumière, les couleurs et la vie sont indissociables… Et vous pouvez pleinement savourer les merveilleuses couleurs d’un arc-en-ciel… quand la lumière blanche dévoile toute la richesse des couleurs qu’elle contient… En sachant que votre inconscient est tout à fait capable de transformer mes mots et mes images si ces mots et ces images ne correspondent pas à l’expérience que vous êtes en train de vivre… Un voyage du rouge au violet… Les longueurs d’ondes se diffractent et se réfractent révélant à notre vue la nature entière…
Un voyage qui commence par le rouge…
(Page 229)


Et je ne sais pas si vous avez déjà pensé au fait que ce terreau si fertile est composé de feuilles pourries, de débris en putréfaction, de moisissures et d’autres détritus. Toutes ces choses dépassées du passé sont converties en substances vivantes. Toutes ces matières usées sont récupérées puis restituées avec un potentiel vital rénové… Évidemment, les choses ne se reconstituent pas comme avant… Le feu et la transformation des feuilles mortes initient une vie nouvelle… et les racines apportent une vie différente… C’est intéressant comme les racines ont cette capacité d’épurer toute cette boue et de façonner toutes ces choses gâtées, abîmées, avariées, détériorées en un monde bien vivant…
(Page 233)

L’analyse

Un voyage du rouge au violet… Les longueurs d’ondes se diffractent et se réfractent révélant à notre vue la nature entière… Un voyage qui commence par le rouge…
Les suggestions contenues dans cette induction activent tous les canaux sensoriels : visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif (VAKOG) [1].
Chacun de nous possède une orientation sensorielle principale, c’est-à-dire un canal privilégié par lequel il perçoit le monde et par lequel il communique. Par exemple, un « visuel » dira : je vois ce que vous voulez dire ; un « auditif » : je n’entends rien à cette histoire ; un « kinesthésique » : je suis touché par vos propos ; et un « olfactif » : je ne peux pas sentir cet individu.
Certains maîtres praticiens en PNL préconisent de communiquer avec les patients sur leur mode sensoriel de prédilection. Cette manière de procéder se révèle généralement utile lors des échanges verbaux ainsi que dans les premières séances d’hypnose. En effet, les patients se sentent « compris », ce qui favorise l’établissement d’un climat de confiance et d’une alliance thérapeutique. Cependant, je pense qu’il est profitable de les aider à élargir et à enrichir leur façon d’appréhender le monde en stimulant des canaux secondaires. Par ailleurs, plus nombreux sont les canaux sensoriels mobilisés par les représentations mentales, plus le niveau d’absorption hypnotique a de chance d’être profond et la dépotentialisation du conscient, importante.

Nous l’avons vu, l’idéodynamisme est la propriété des idées à se transformer en mouvement, sensation ou émotion. En ce qui concerne la lévitation, on parle de phénomène idéomoteur.Dans le cas présent, les représentations mentales formées par l’auditeur suite aux suggestions qui lui sont faites se traduisent respectivement au niveau sensoriel et émotionnel ; on parle alors de phénomènes idéo-sensoriels et idéo-affectifs.
(Page 236)

http://www.textes-psy.com/spip.php?article1093
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Jeu 11 Aoû 2011, 23:55

Bonsoir Douceur,

Qu'est-ce qu'un "tsunami clergical"

Bonne soirée
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Ven 12 Aoû 2011, 00:00

Bonsoir Renaissance,

Citation :
Qu'est-ce qu'un "tsunami clergical"
C'est ma manière imagée pour dire "abus commis par un prêtre".



Histoire thérapeuthique :

Citation :
Je suis à mis chemin du sommet de l’Himalaya. Je gravis un chemin étroit et rocheux. Ce chemin se rétrécit encore si bien que je dois prendre à bras-le-corps la montagne afin d’arriver à son sommet. La cime est enneigée. Il n’y a qu’une et unique place. Personne n’aurait de place à côté de moi.

A cause des nuages, je ne vois pas ce qu’il y a en bas mais je ne vois non plus pas, le soleil (?!). Je n’ai pas froid.

Je regarde à nouveau vers le bas et perçois dans le lointain, au pied de la montagne, un ruisseau couler.

J’entreprends la descente. Au mileu d’un bois, je vois surgir un écureuil et un ours.
L’ours a des yeux noirs et froids. Je me coule entre ses bras. Sa fourrure est chaude et douce. Je cueille des fleurs de blé. Plus bas, j’aperçois devant le ruisseau, à l’eau d’une puretée de cristal, une petite maison de paysans. Il y a surement du feu car de la fumée sort de la cheminée, me dis-je.

Je poursuis mon cheminement à côté du ruisseau qui afflue vers un lac. Je me retrouve au milieu de ce lac rond et de ce point, vois qu’une jungle très dense borde ses rives. Je ne parviens pas à avancer tellement c’est oppressant. Avec l’aide d’un coutelas, je coupe les lianes.

J’arrive dans une ville. Misère, saleté et maladies la remplissent. Surgit devant moi une belle grande maison en briques rouges et blanches couvertes de tuiles également rouges. Cette demeure s’avère être une belle villa, bien ordonnée et propre avec un jardin à l’avant d’où deux escaliers en courbe donnent accès à la porte d’entrée. De part et d’autre de la porte d’entrée, juste en face et en haut des escaliers, deux grandes fenêtres embellissent sa façade.

Je regarde à travers la porte vitrée. Tout est blanc et luxueux. Les murs sont couverts de tableaux avec des cadres d’aspect massif, en or. J’entre et me dirige vers la chambre à couchée où seul le lit domine cette pièce arrondie. La pièce est dépourvue de fenêtres.

Je me retrouve petite fille dans ce lit central en essayant de me cacher tout au fond afin de passer invisible derrière de grands et profonds oreillers en duvet. Tandis que je guette une porte par laquelle « il pourrait » arriver, étrangement, j’aperçois de l’autre côté de la pièce arrondie une autre porte et un couloir, tous deux l’un à côté de l’autre.

Bien que je sache que le couloir donne sur une pièce de séjour éclairée d’apparence sécurisante, intuitivement, je sens le besoin d’ouvrir la porte derrière laquelle j’ignore totalement ce qu’il y a.

En ouvrant cette porte d’où filtre de la lumière blanche, de la vapeur d’eau s’en échappe. J’entre dans cette salle d’eau qui est un bain de vapeur genre hammam. Tout en me rechauffant, baignée de cette douce lumière et les gros nuages de buée transperçant tous mes pores, j’entreprends de me Laver... Je me nettoie et enlève ainsi toutes les « saletés et souillures ».

NB :
La villa = la demeure des Flammes Jumelles ;
Le couloir = le refoulement ;
le bain = la Purification par l’EAU pour retrouver la Pureté de l’enfant.

Citation :
un candidat à l'Initiation, c'est le candide-at, celui qui a trouvé en lui la vraie candeur [pas la naïveté un peu bébête dont on a affublé ce mot sublime], la pureté de l'Enfant

On constate qu’un Choix a été proposé :

Soit celui de refouler le traumatisme ;
Soit celui de se Purifier – et ainsi se Nettoyer « aussi » des entités -.

Ce qu'on attire à la suite de ce genre de vampirisation n'est pas abstrait, ce sont de réelles entités qui y trouvent un appel et une résonance. Ces entités viennent faire notre demeure en nous puis attirent ensuite par leurs vibrations grossières, d'autres entités grossières et des événements lourds et malheureux dans notre vie incarnée.

Sans « lavement », les influences « parasitaires » pénètrent de plus en plus notre vie et finissent par la diriger totalement, conduisant les personnes vers la maladie sur plusieurs plans, la déchéance voire l'anéantissement morbide.

Citation :
Refoulement: absence, altération ou négation de la signification conférée par le narcissisme à une expérience de la réalité.

(Le refoulement provient souvent d'une situation traumatique, mais ce n'est pas toujours le cas.)

Dans ce cas, la signification sera donc conférée "par défaut", soit de façon aléatoire, soit de façon manipulée par une induction extérieure.

Puisqu'alors cette signification particulière n'est probablement pas en cohérence avec la signification personnelle, elle constituera au sein de celle-ci une entité autonome, bien que liée à la Personne dont elle est issue, et se nourrissant de l'énergie de cette Personne.

Un refoulement agira donc le plus souvent sur un mode "parasitaire" selon divers procédés et degrés, parmi lesquels on peut citer la production d'angoisses, de spéculations et de conflits.

Le refoulement constitue toujours la mise en place d'une confusion entre la réalité vécue et la subjectivité personnelle, par laquelle une partie de la subjectivité personnelle est rançonnée par la réalité, en réaction à la toute-puissance personnelle qui a produit ledit refoulement.

Les refoulements sont tamponnés, stockés, dans l'inconscient qui est une zone engendrée par la relativisation due au libre-arbitre.

En causalité directe, non relativisée, il ne peut plus y avoir de refoulements.

http://antahkarana.forumzen.com/t1696-0-quelques-definitions
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Ven 12 Aoû 2011, 00:08

Merci Douceur
:a14:
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Ven 12 Aoû 2011, 00:31

Bonsoir Marie,

Citation :
La résilience représente la capacité d'affronter avec succès les risques et les déboires sérieux de l'existence. Il s'agit d'une combinaison de force intérieure, d'appui de l'extérieur et d'apprentissage à partir de l'expérience acquise. La confiance en soi est importante, comme le sont aussi une bonne scolarité, la capacité d'apprendre et de résoudre des problèmes et l'aptitude à entretenir de bons rapports humains. Une personne qui possède une bonne dose de ces attributs peut souvent être autonome, c'est-à-dire qu'elle peut faire face à l'adversité sans détresse apparente.

...mais la "résilience" n'est pas synonyme de "guérison/conciliation/RÉ-conciliation".


Voici pour compléter tes recherches :



(...) En Psy

La résilience est une capacité à faire face à un traumatisme sans en être affecté ultérieurement, ou à trouver un moyen de se reconstruire. De façon plus large, la résilience est une capacité à continuer sa vie après une souffrance ou un choc (même quand ce n’est pas un traumatisme). Elle définit une sorte de stabilité immédiate ou retrouvée.

Or il y a deux façons de garder ou de retrouver cet équilibre.

- Soit intégrer spontanément, ou assez rapidement, ce qui vient de se passer. Cela produit alors une authentique stabilité.

- Soit le mettre de côté. Cette parenthèse produit une stabilité temporaire (courte, durable ou même très durable).

Un contrat plus précieux qu’il n’y paraît

L’illusion de nuisance

Croire que nous sommes liés de façon néfaste à une circonstance antérieure douloureuse est une mauvaise interprétation du rapport qui existe entre ce qui est arrivé autrefois et les traces psychiques qui en restent aujourd’hui.

Si l’on croit que ce lien est néfaste, il est bien naturel d’essayer de s’en défaire... d’où la tentation de penser que «résilier» est le bon moyen.

Le piège consiste à croire que la liberté est assurée par une capacité à s’échapper, comme s’il s’agissait d’un mauvais contrat dont il faut savoir se débarrasser.

L’antagonisme entre les pulsions de vie et pulsions de survie nous montre qu’il s’agit là d’un leurre (voir article «humaniser la fin de vie» d’avril 2003 au chapitre «accompagner les pulsions de vie et de survie»).

La mise de côté temporaire (de courte ou de longue durée) peut être d’une très grande utilité, mais il convient de remarquer qu’il s’agit là d’une suspension de contrat et non d’une résiliation. Cela est loin d’être un inconvénient ! Il est même très heureux qu’il en soit ainsi.

Nature et noblesse du contrat intime

Il y a un contrat intime, inconsciemment gardé au plus profond de soi. Cependant, ce contrat n’a rien de pernicieux et de toute façon la résiliation en est impossible.

Il vise à la réhabilitation d’une part précieuse de soi qui a été meurtrie. Quand un symptôme présent se manifeste, il ne s’agit pas d’un passé qui vient nous polluer, mais d’un présent qui nous invite à ne pas oublier de prendre soin de ce «soi antérieur blessé». Nous sommes alors confrontés à deux forces antagonistes complémentaires:

1/ D’un côté, les attaches qui nous lient à celui qu’on a été. Ce sont elles qui génèreront les symptômes (le "murmure des fantômes"). Ainsi, elles permettront de ne pas perdre ces précieuses parts de soi et, ultérieurement, de reconstituer nos bases manquantes. C’est la manifestation inconsciente de notre pulsion de vie, garante de notre intégrité. Elle est là pour cette noble tâche et non pour nous importuner.

2/ D’un autre côté, nous ressentons le besoin d’éloigner de nous ce "Soi antérieur douloureux". Cette pulsion de rejet et d'anesthésie a pour rôle d’assurer un confort temporaire acceptable. Celui-ci nous laisse le temps d’accroître notre maturité, afin de revisiter ultérieurement cette zone blessée et de l' intégrer. C’est la manifestation, consciente ou inconsciente, de notre pulsion de survie, garante de notre possibilité de continuer, malgré une trop grande douleur.

Il n’y a donc rien à éradiquer, bien au contraire! Avoir pour projet de se débarrasser définitivement de ses zones blessées revient à faire le choix d’une amputation de soi, nous conduisant à perdre une part de nos fondements. Il s’en suit une vie de compensations dans laquelle, lorsque l’énergie diminue, le contrat intime reprend de toute façon ses droits.

En effet, la pulsion de vie n’a besoin d’aucune énergie pour s’exprimer. Quand un affaiblissement survient, la vie reprend ses droits. La part de vie blessée ressurgit, non pour nous nuire… mais pour qu’enfin on s’occupe d’elle.

C’est un peu comme dans le film «le sixième sens» http://www.plume-noire.com/cinema/critiques/sixieme.html . Le psy (joué par Bruce Willis) y aide un enfant voyant des revenants terrifiants. Il découvre qu’en fait ces revenants ne font que demander une aide. Une fois que cette écoute leur est accordée, la peur cesse aussitôt. C’est un regard intéressant sur le fameux «murmure des fantômes» de Boris Cyrulnik!

Nos «revenants», à nous, n’ont rien de métaphysique. Ce ne sont que des parties de soi, nous «demandant» une reconnaissance et une aide. Elles cessent de nous importuner dès que le contrat de réhabilitation et d’écoute est honoré (et non résilié). Il s’agit juste de s’occuper de soi.

Le coût de l’évitement

L’illusion de résiliation a un coût. La pulsion de survie consommera ici l’énergie nécessaire à la mise à distance.

Pendant ce temps, la pulsion de vie, portant au contraire vers l’intégration, reste intacte, prête à s’exprimer à la première «décompensation». Un jour ou l’autre, la pulsion de vie reprend toujours le dessus, car elle ne réclame aucune énergie. Comme une sorte d’élastique que l’on peine à tendre… et à maintenir tendu…. mais qui revient naturellement à sa position initiale quand la force vient à nous manquer.

La pulsion de vie ressurgit naturellement dès que les ressources qui la contrent sont épuisées. Cela peut prendre quelques jours ou quelques décennies… ou toute une vie (voir article "Humaniser la fin de vie").

Citation :
Il existe un curieux parallèle avec l’histoire des étoiles. Une étoile naît des forces gravitationnelles qui rassemblent la matière environnante contenue dans l’espace. Il arrive un moment où suffisamment de matière est rassemblée pour que la gravitation comprime celle-ci en une sphère dont la pression au centre allume un feu nucléaire. A partir de là, apparaît un équilibre entre deux forces opposées: d'un côté les forces gravitationnelles qui compriment l’étoile et de l'autre, les explosions nucléaires qui la dilatent et s’opposent ainsi à ce « rassemblement ». L’étoile se met alors à briller. Mais la lutte est inégale car un jour le carburant est épuisé (après plusieurs étapes successives où il y a changement de la nature atomique de ce carburant) Alors, la gravitation reprend ses droits et l’étoile se comprime (le rassemblement reprend sa course)… jusqu’à devenir un trou noir. Et la physique nous dit mathématiquement qu’un trou noir est un lieu particulier où les propriétés du temps et de l’espace s’inversent, un lieu où il y a changement de dimension.

Nous remarquerons que la gravitation ressemble à la pulsion de vie (défragmentation) et les explosions à la pulsion de survie (dispersion). Au final on arrive à un changement de dimension ou la pulsion de vie l’emporte. Cette curieuse analogie illustre l’antagonisme pulsion de vie / pulsion de survie.

Résilience ou concilience ?

Dans la mise à distance durable, l’absence apparente de fracture cache en réalité une rupture intérieure qui devra plus tard être réconciliée. C’est quand il y a cette mise de côté durable que l’on devrait parler de «résilience» car c’est là qu’on tente de résilier et de tordre le cou à nos «fantômes».

Quand, au contraire, il y a intégration spontanée ou différée, le mot «résilience» ne convient plus. On devrait alors plutôt parler de «concilience».

Dans la résilience, il s’agit de «résilier», de se détacher de la part de soi blessée.

Dans la «concilence», il s’agit d’intégrer, d’honorer, de valider et même de «bichonner» cette part de soi blessée, qui de toute façon nous constitue.

Le fait que cette part de soi ait souffert ne justifie en rien qu’on l’abandonne. Avez-vous pour habitude d’abandonner quelqu’un sous prétexte qu’il souffre?

Cette part de soi sera «moins lourde» à porter en étant intégrée qu’en étant maintenue à distance. Comme par un invisible phénomène de levier, la situation sera d’autant plus pesante (grave, gravité, gravitation) qu’on tentera de la tenir plus loin de soi. Un tout petit kilo est moins dur à porter près du cœur qu’à bout de bras!

Texte complet ici : http://www.maieusthesie.com/nouveautes/article/resilience.htm

:aa:
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Renaissance

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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Ven 12 Aoû 2011, 23:17

(:)


Dernière édition par Renaissance le Jeu 13 Oct 2011, 12:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Sam 13 Aoû 2011, 01:50

Bonsoir Renaissance,

Ton encadré met en évidence la technique thérapeutique particulière à la psychologue belge, spécialisée en résilience justement, :

Citation :
Josse Evelyne

Psychologue clinicienne. Hypnose éricksonnienne, EMDR, thérapie brève Psychothérapeute en consultation privée, psychologue du programme ASAB, expert en hypnose judiciaire, consultante en psychologie humanitaire.

http://www.resilience-psy.com/


Citation :
En reprenant à son compte les idées (de l'autre) qui font sens pour lui, le patient recompose sa propre histoire
Je ne cautionne pas cette méthode et pour les mêmes raison que les tiennes.

Il n'en demeure pas moins que le "pouvoir des histoires thérapeutiques" est vérifié... et vérifiable.

Si un professionnel propose, par exemple, à un enfant de "dessiner une maison" ou à un adulte d' "imaginer qu'il se promène dans un parc" et lui demande de décrire ce qu'il (le patient) voit/sent/etc. autour de lui au cours de cette balade, il n'y a en cela aucune tentative d'orienter la perception de la réalité de l'autre (et donc de la fausser) ou de conditionner quiconque.

:aa:
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Sam 13 Aoû 2011, 09:07

Bonjour Douceur,

Merci pour toutes ces précisions.

Citation :
Il n'en demeure pas moins que le "pouvoir des histoires thérapeutiques" est vérifié... et vérifiable.

Oui, je comprend...

Mais restent-elles fiables dans le temps....la réalité ne reprend t'elle pas le dessus, qu'en reste-il par la suite...
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Lun 19 Sep 2011, 02:34

« L’Aigle noir » de Barbara



Pochette du disque à l’époque. QU’EST-CE QUE VOUS ME CHANTEZ LÀ ? « L’Aigle noir » est une chanson belle et immortelle, signée Barbara. Avec ses paroles ciselées, comme le rubis qui orne le front de l’oiseau royal, cette chanson, composée en 1970 en pleine époque yé-yé, sera l’un des plus gros succès discographiques de l’année.

Si Monique Andrée Serf, surnommée par la suite Barbara, arrive en pleine mode yé-yé, elle apporte aux chansons de Johnny Hallyday, Sylvie Vartan et le rock américain le mal de vivre qui caractérise l’adolescence, ce spleen baudelairien qu’aucun ado ne peut décrire. La chanteuse sera propulsée dans la cour des grands grâce à L’Aigle Noir qu’elle aura composé et qui sera chanté par différents interprètes même après le décès de la femme vêtue de noir.

«Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d’un lac je m’étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir [....]

De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main il a glissé son cou,
C’est alors que je l’ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m’était revenu...»

Barbara disait de cette chanson qu’elle l’avait rêvée, « un rêve plus beau que la chanson elle-même ». Pourtant, cette beauté cache en son sein une horreur. En effet, de nombreuses interprétations vont faire état d’un lien entre l’inceste et L’Aigle noir.

Quels pourraient être ces mots qui disent l’indicible ? Barbara aura caché toute sa vie ce secret avant de le révéler, parmi tant d’autres dans son livre autobiographique inachevé (Il était un piano noir), écrit en novembre 1997. Un exercice difficile pour cette femme d’une grande pudeur. « La poésie, ne serait-ce tout simplement pas de dire avec des mots ce que les mots ne peuvent pas dire ? » se demande Michel Cazenave à ce propos.

Il était un piano noir dévoile enfin le viol que la chanteuse a subi par son père alors qu’elle était âgée de dix ans et demi. Elle met à nu cette grande blessure et ce traumatisme qui ressurgit chaque soir. Pourtant, apprenant le 21 décembre 1959 la mort de son père à Nantes, Barbara commence l’écriture de la chanson Nantes, qu’elle terminera quelques heures avant son passage au théâtre des Capucines le 5 novembre 1963. Elle aura ainsi pardonné à son père son enfance bafouée et meurtrie.

Dans son livre autobiographique Il était un piano noir, 1998, éditions Fayard, livre inachevé, Barbara dit : « Les enfants se taisent parce qu’on refuse de les croire. Parce qu’on les soupçonne d’affabuler. Parce qu’ils ont honte et qu’ils se sentent coupables. Parce qu’ils ont peur [...] De ces humiliations infligées à l’enfance, de ces hautes turbulences, de ces descentes au fond du fond, j’ai toujours ressurgi. Sûr, il m’a fallu un sacré goût de vivre, une sacrée envie d’être heureuse, une sacrée volonté d’atteindre le plaisir dans les bras d’un homme, pour me sentir un jour purifiée de tout, longtemps après...»

Et encore: « J’ai le souvenir d’une nuit, une nuit de mon enfance toute pareille à celle-ci froide et lourde de silence [...] Soudain je me suis éveillée, il y avait une présence... »
Des paroles qui résonnent très fort évoquant cette chanson qu’on n’écoutera plus de la même oreille, mais qui demeurera l’une des plus belles chansons du répertoire français.

Barbara



http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/2011/09/laigle-noir-de-barbara.html
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Ven 30 Sep 2011, 21:28

Pédophiles, racistes et cannibales


Dessin :
http://cantuar.blogspot.com/2010/09/saint-augustines-advice-about-bad.html


Les méthodes enseignées par le lamaïsme permettraient de créer un homme nouveau, un surhomme maîtrisant huit grands siddhi qui confèrent :

- le pouvoir de vaincre avec une épée magique,
- le pouvoir de découvrir les trésors cachés,
- le pouvoir de se déplacer très rapidement sans se fatiguer,
- la faculté de se rendre invisible,
- le pouvoir de transmuer les métaux en or et d'acquérir la jeunesse éternelle,
- le pouvoir de voler,
- la faculté d'aller n'importe où sur terre en un instant,
- le pouvoir sur le monde des esprits et des démons.

Pour devenir un maître accompli du tantrisme tibétain, les lamas exigent une longue purification préliminaire. Les néophytes doivent accomplir de nombreux exercices afin d'obtenir la qualification exigée par le lamaïsme. C'est un entraînement qui comprend quatre ou neuf pratiques principales. Chacune de ces pratiques est répétée cent mille fois. Les élèves des écoles Nyingma et Bön se livrent à neuf pratiques purificatrices préliminaires pour transformer leur esprit, c'est-à-dire qu'ils doivent totaliser près d'un million d'exercices spirituels.

Les neuf pratiques préliminaires des Bönpo

La pratique du gourou yoga est une visualisation du maître de la lignée bénissant le corps, la parole et l'esprit du disciple qui l'a invoqué.

La pratique des neuf réflexions sur l'impermanence (perte des biens, vieillesse, mort, état post-mortem, etc.).

La pratique de purification est une visualisation d'un Bouddha du panthéon lamaïste et la récitation de son mantra de cent syllabes.

On se prosterne cent mille fois devant l'image des maîtres de la lignée tout en récitant la formule de refuge. On prend refuge dans les Bouddhas, les maîtres et aussi les statues, stupas et textes sacrés...

L'offrande du mandala et la récitation de trois mantras sont particulièrement prisées pour compléter le programme de purification de l'adepte.

L'offrande de son corps est nommée « Tcheu » (la découpe). L'adepte visualise son propre corps dépecé et mis à cuire dans un chaudron afin d'alimenter toutes les créatures des six royaumes du samsara et les êtres des huit classes (démons compris). Cette visualisation morbide est répétée cent mille fois.

Après un long séjour dans un monastère de l'école kagyu du bouddhisme tibétain, l'anthropologue Marc Bosche s'interroge :

« Que pouvons nous déduire des pratiques répétitives du bouddhisme de tradition himalayenne, en particulier des mantras, des prières, des supplications au gourou, ou des préliminaires ? Cette répétition (des dizaines de milliers de fois, jusqu'à cent mille, voire un million pour le mantra de Chenrezig) est-elle toujours compatible avec l'idée de créativité, de richesse culturelle, de variété et de découverte ? N'y a-t-il pas là quelque chose qui peut éventuellement réduire cette ouverture et cet appétit d'apprendre et de connaître ? […]

Et dans les retraites du tantrisme bouddhique, la question se pose de l'intensité des pratiques répétitives. Quatre sessions de (3 heures chacune) de rituel quotidiennes (comportant ces nombreuses répétitions de mantras, de gestes ou de prières), plus le rituel collectif (protecteur courroucé) du soir rendent sans doute restreint le temps de la contemplation et des activités personnelles.
»

Une doctrine secrète immorale et criminelle

Les pratiques préliminaires ont pour but d'éradiquer les désirs grossiers, de brider l'égoïsme, de réduire l'attrait du monde et d'inculquer une morale religieuse. Ce formidable conditionnement transforme le plus grand nombre des pratiquants en dévots dociles, mais il n'affecte pas des « élus » qui, parvenus aux initiations supérieures, adoptent une doctrine totalement immorale. Doctrine qui enseigne exactement le contraire de ce que soutenait l'ascétisme bouddhique. Par exemple, la pédophilie est une pratique préconisée par les rites secrets des initiés lamaïstes, c'est même une sorte de devoir sacré.

Un lama tibétain, spécialiste des rites de Kalachakra, écrit :

« Le rite commence avec des fillettes de 10 ans. Jusqu'à leur vingtième année, les partenaires sexuelles représentent des vertus positives. Au-delà, elles comptent comme porteuses d'énergie de colère, de haine, etc. et comme femmes-démons. Dans les étapes initiatiques de 8 à 11 du tantra de Kalachakra, l'expérimentation se fait avec une « seule » femme. Pour les étapes de 12 à 15 appelées le Ganashakra, 10 femmes participent au rite aux côtés du maître. L'élève a le devoir d'offrir les femmes comme « présents » à son lama. Les laïcs se faisant initier doivent amener leurs parentes féminines (mères, sœurs, épouse, filles, tantes, etc.). En revanche, les moines ayant reçu la consécration ainsi que les novices peuvent utiliser des femmes de diverses castes qui ne sont pas leurs parentes. Dans le rite secret lui-même, les participants font des expériences avec les semences masculines et féminines (sperme et menstruation) ; les femmes ne sont pour l'initié masculin que des donneuses d'énergie et leur rôle cesse à la fin du rite ».
(Gen Lamrimpa, « Transcending Time, an explanation of the Kalachakra Six-Session », cité par E. Martens. http://kalachakranet.org/book_gl-transcending.html)

Pourquoi le dalaï-lama, les dignitaires du lamaïsme et les grands initiés de Kalachakra et de ses arcanes criminels, ne sont-ils pas interdits de séjour dans les pays qui punissent pénalement la pédophilie, le racisme, le cannibalisme ? Nous avons vu que la pédophilie est bien réelle dans certains rites secrets du lamaïsme. Le racisme est particulièrement présent dans le l'idéologie guerrière des lamas qui déclarent que les musulmans sont les ennemis de Shambhala et du dharma. Quant au cannibalisme, on le trouve dans plusieurs textes et notamment le tantra de Kalachakra.

Le kalachakra Tantra, " La Roue du Temps ", est le texte le plus sacré du bouddhisme tibétain. Selon la légende, sa rédaction est attribuée au premier roi du royaume mythique de Shambhala. Ce texte fondamental a été traduit en français. Il est distribué dans toutes les grandes librairies. Certains libraires, peu attentifs au contenu des livres qu'ils vendent, l'ont mis à côté de délicats textes religieux empreints de poésie mystique. Pourtant, le chapitre six du texte sacré des bouddhistes tibétains comprend un traité d'alchimie et de démonologie qui n'a rien de poétique. En effet, La strophe 125 évoque un recette de sorcellerie peu ragoûtante. Il est écrit :

" La consommation de matière fécales et d’urine, de sperme et de sang menstruel, mélangés à la chair humaine, prolonge la vie. Ce sont les cinq ingrédients qui entrent dans la composition des pilules de nectar ".

D'après les lamas, c’est le Bouddha lui-même qui aurait expliqué comment préparer et utiliser ces ingrédients pour rajeunir, supprimer toutes les maladies, mettre fin aux difformités corporelles…

De nos jours, des lamas distribuent parfois ces " pilules de nectar " à leurs élèves les plus zélés. C'est une faveur rare, toujours appréciée comme une grâce. Toutefois, le lama Kelsang Gyatso, entré dans la dissidence qui ébranle l’école Gelug, recommande de ne pas consommer ces pilules fabriquées avec des substances impures, telles que de l’urine et des excréments. Kelsang Gyatso ne croit pas que tous les lamas peuvent transformer de répugnants ingrédients en nectar thérapeutique. Mais la majorité des adeptes du lamaïsme pensent que Kelsang Gyatso est un séditieux qui cherche à saper l'autorité du dalaï-lama.

La sorcellerie est présente dans beaucoup d'autres textes religieux tibétains. Le Hevajra Tantra, particulièrement vénéré par les Sakyapa, indique les mantras utilisés pour les principales catégories de rites magiques. Des rites qui ignorent totalement la moralité et la compassion bouddhiques.

Les rites des lamas de haut rang permettraient d'obtenir le pouvoir :

- d'ensorceler ;
- d'arrêter les actions d'autrui, de les pétrifier ;
- de séparer deux amis, des parents, des amoureux, etc., et de créer de l'animosité entre les gens ;
- de faire fuir les ennemis, de les faire tomber en disgrâce, de détruire les habitations des ennemis ;
- de tuer ou de blesser les ennemis au moyen de pratiques en apparence inoffensives...

Ainsi des lamas, qui prétendent adhérer à la doctrine du renoncement du Bouddha, pratiquent secrètement un occultisme profondément immoral et criminel.

Mandala Matrix

Dans « Mandala Matrix » Marc Bosche se livre à une réflexion qui enchantera les newagers amateurs de technicité psychique :

« Je pensais rencontrer un monde psychique et spirituel, antique, ancien et hiératique pendant ma retraite spirituelle. Il est en effet apparu au début, un peu comme un décor, une toile peinte : les yidams, les mandalas et les formules des mantras apparaissant un peu en trompe l’œil comme aux avants scènes. Puis c'est - derrière - un autre monde qui s'est invité, comme s'il était une réalité plus active et efficiente, se " servant " de ces images traditionnelles et figées du bouddhisme himalayen.

Ce monde, qui s’est avéré au final prédateur et exploitif, n'avait rien d'antique, de vieux ou de traditionnel. Il m'est apparu comme ultra moderne selon nos critères, un monde de technologies sophistiquées venues de " mondes " parallèles aux nôtres. Il était doté de sciences appliquées psycho somatiques subtiles agissant "par osmose". Elles servaient en particulier à prélever nos énergies subtiles, les échantillonnant par qualités.
Ces activités subtiles étaient dotées de " feed back " (capacités de rétroaction), de coordination et d'auto contrôle cybernétique, etc.

Il m'a semblé que ce monde psychique du tantra bouddhiste n'est pas seulement peuplé de vieux " démons " ou de vieilles " dakinis " rouges, mais mu par des activités de technologies, inconcevables encore pour nous, qui prélèvent notre vitalité subtile, nos énergies de conscience et de vie de manière rationnelle et organisée. Ces activités ne nous renvoient des leurres yoguiques et des images tantriques toutes faites que pour mieux brouiller les pistes, comme pour mieux se cacher derrière. Le monde tantrique serait habité par une réalité technologique subtile, une bio science exploitive venue d'autres mondes, d'autres dimensions imperceptibles de l'expérience consciente et collective, dont nous n'avons encore aucune idée.

Nous ne serions ainsi pas seulement le " bétail des dieux ", comme l'écrit le voyageur tantrika Daniélou. Nous ne serions pas seulement le bétail humain trait pour le lait de notre vitalité et de nos énergies subtiles. Nous serions aujourd’hui dans une sorte d'élevage industriel imperceptible, dont les clôtures barbelées nous sont invisibles, reliés à des dimensions peuplées de collectivités inaccessibles. Leurs activités autonomes s'installeraient progressivement et perceptiblement dans les canaux et plexus subtils à l’intérieur du corps, en particulier lors de l'adhésion au tantra et de l'ouverture dévotionnelle.

Comme vous le voyez personne ne pourra y croire un seul instant, en-deçà de la faculté imaginative suscitée par l’évocation littéraire. Il est impossible de le prouver ou d'en apporter la moindre présomption de preuve. De plus je ne suis pas sûr des limites, ni des enjeux réels de ces phénomènes s'ils existent, ni qu'ils soient strictement limités au monde tantrique. En particulier l’éveil spontané de la kundalini s’apparente aussi à ces phénomènes en terme de symptômes perçus. Il est donc bien difficile chez un tantrika de différencier les activités subtiles qui ressortissent de l’ouverture à sa lignée de lamas, et ce qui est dû à l’activation autonome et universelle de la kundalini en lui. »


http://bouddhanar.blogspot.com/search?updated-min=2011-01-01T00%3A00%3A00-08%3A00&updated-max=2012-01-01T00%3A00%3A00-08%3A00&max-results=50
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Sam 01 Oct 2011, 12:11

Bonjour Douceur

Au delà du parfait délire de ton message précédent, je crois deviner que tu partages avec la chanteuse Barbara le même secret.
Je ne sais pas comment nous pourrions t'aider car en continuant à écrire comme tu le fais tu ne peux que nous entraîner dans la noirceur.
Bonne journée
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Sam 01 Oct 2011, 16:28

:a6:


Dernière édition par michèle le Dim 02 Oct 2011, 16:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Sam 01 Oct 2011, 17:10

Bonjour Kernoa,

Citation :
Au delà du parfait délire de ton message précédent, (...)
De tout temps, la manipulations de nos énergies a pu être car justement les signatures énergétiques et détournements des Intentions Sacrées d’origine ne sont reconnus par le commun des mortels, les guérisseurs, les maîtres extérieurs à nous, etc.

Le « drame » des Polarités, conséquence directe, de cette absence de reconnaissance des signatures d’énergie en est la preuve.

Tout ce qui « vibre, rayonne, réconforte, réchauffe » (nos corps, nos âmes, nos coeurs), tout ce qui se manifeste à nous, tout ce qui « résonne en nous, nous attire » n’est pas énergie « évolutive » !


Citation :
je crois deviner que tu partages avec la chanteuse Barbara le même secret.
Mon papa est un Homme d’une très grande Sagesse et d’un Amour Discret (= non pervers, non narcissique, non possessif) et Inconditionnel à l’égard de ses enfants. Cette sagesse suggère qu’il a, en grande partie, « délivré » son Complémentaire Polaire Féminin.


Citation :
Je ne sais pas comment nous pourrions t'aider
Ma vie est d’une rare harmonie où la souffrance, les douleurs, le drame sont absents non pas, à cause d’un quelconque refoulement/rejet mais bien grâce à une intégration/compréhension/acceptation totale et consciente de ma vie et de ses expériences passées.


Citation :
car en continuant à écrire comme tu le fais tu ne peux que nous entraîner dans la noirceur.
Le texte précédent n’est pas un de « mes » écrits mais mon Amour de la Vie, mon Amour de la Liberté ne me permet de vivre dans l’ignorance.

Car « comment pourrions-nous vivre Libre dans l’ignorance » ?

Cet Amour de la Liberté me fait donc me poser des questions et rechercher des réponses. Et cet Amour porte en lui de partager mes connaissances et de parler en toute liberté, .... de TOUT sujet.

Citation :
Lorsque l'aptitude au discernement commence à être ancrée, la sérénité n'est pas loin, car la confusion s'est éloignée. On a plus peur de se tromper, ou d'être absorbé par un enseignement. Le discernement permet de lire tout, de rencontrer toutes les personnes sans peur de perdre notre esprit créateur. Car souvent les pratiquants qui manquent de discernement ont peur de rencontrer des personnes qui cheminent différemment. Ils appréhendent la lecture d'ouvrages qui viendraient ébranler leurs certitudes spirituelles. Ceci est un manque de compréhension de la nature des êtres et de l'existence. Ne comprenant pas le fond commun qui unit toutes choses, le novice par son manque de discernement se perd dans la forme, dans le concept, dans le mot et en oublie le fond. Il prend encore de vessies pour des lanternes. Le pratiquant qui discerne lui, peut tout lire, rencontrer toutes les personnes sans avoir peur de se perdre, il sait que tout uni les êtres et que seul la forme les divise. Il sait faire la part des choses, ne s'attache pas au folklore, au discours pompeux sur la nature de Dieu, à la mission des prophètes et à tout le fatras ésotérique qui va avec. Grâce à sa vision pénétrante, il voit au cœur des cœurs et reste naturel. Il sait la voie qu'il arpente, elle lui convient mais il comprend aussi que la voie de l'autre, même si elle lui parait imparfaite, est celle qui lui convient à un instant T de son parcours de vie. Alors il ne tente pas d'influencer, comme le dit la sagesse taoïste : "Le sage ne ressent pas le besoin d'influencer les êtres, qui viennent à lui naturellement." Ah, merveille du non-agir !

http://antahkarana.forumzen.com/t546p90-le-combat-spirituel#22364

Bonne journée à toi aussi.
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MessageSujet: Re: Viols et métamorphoses   Mar 04 Oct 2011, 09:56


Merci Douceur de ta réponse , très complète!

Merci à toi Kernoa de ne pas faire des "pré-supposés" sur un sujet que j' ai moi même ouvert avec des "citations" de textes afin de proposé des solutions aux détours d'autres expériences vécues...qui nous permettent d'avoir un "autre éclairage" sur un sujet qui est resté tabou trop longtemps!

Je vous Ambrasse tous les deux,


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Viols et métamorphoses
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