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 LE LIEN ORIENT-OCCIDENT

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AMBRE

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MessageSujet: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 28 Mai 2007, 17:33

LE LIEN ORIENT-OCCIDENT

par Marc-Alain DESCAMPS


Ce lien Orient-Occident est un thème sur lequel Marie-Magdeleine Davy est revenue très souvent. Pour quelles raisons ? D’un coté il lui tenait particulièrement à cœur et de l’autre il constitue un évènement important de l’histoire de l’humanité. Cette coupure du monde en deux, ces fractures géographiques et mentales ont été très dommageables.

« Durant longtemps la mystique orientale a été ignorée ou sous-estimée en Occident. Aujourd’hui elle retient particulièrement l’attention, il faut s’en réjouir car non seulement l’apport oriental est essentiel en lui-même, mais il a l’avantage d’éclairer les auteurs occidentaux » (La lumière dans le christianisme, p.160)

D’abord de quel orient parle-t-on ? Il n’y a pas qu’un orient et bien des confusions sont possibles et ont été faites pendant des siècles. Pour pouvoir saisir la richesse du symbolisme de l’Orient en spiritualité, nous devons éclaircir ici cette notion d’orient. C’est en principe le point du ciel où le soleil est censé se lever tous les matins, comme l’Occident est le lieu où il tombe, (Orior, se lever. Occidus, tombé, couché). Mais géographiquement où se trouve-t-il ?


1. Le Proche Orient.


Les peuples anciens ont toujours vu et su que l’Occident s’arrêtait à l’immense Océan, alors qu’il existait une Orient long et profond. Les Grecs n’avaient aucun vertige pour cet Orient tenus par leur ennemi : l’empire Perse. La division a été installée par les Romains qui ont conquis la Palestine et la Syrie. L’empereur Constantin fonde sa ville sur le Bosphore, à la Corne d’Or : Constantinople. En 395 les deux fils de l’empereur Théodose créent la division en fondant l’empire d’occident à Rome et à Constantinople-Byzance, l’empire d’orient devenu l’empire byzantin (395-1453).

Ceci va engendrer chez les Chrétiens le grand Schisme, la division de la chrétienté en deux religions. Cette opposition a été progressive. Lors du Concile de Constantinople en 381 son évêque devient un Patriarche, l’Eglise romaine d’occident est déclarée hérétique et l’église orientale, dite orthodoxe, est déclarée schismatique. En 1054 elles s’excommunient réciproquement. La question principale portait sur le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils ou du Père-Fils (et filio ou filioque en latin). Par la suite l’Occident va se centrer autour de l’évêque de Rome, devenu un Pape infaillible, alors que les différentes églises d’Orient vont devenir autocéphales. Tout le reste est quasi-anecdotique (l’hostie qui remplace le pain de la communion, l’absence de jeune le samedi, la permission du lait pendant le carême, le signe de croix de droite à gauche, la question du purgatoire, le mariage des popes …).

Notons que les Pères du désert (avec Antoine en 250, Pacôme, Macaire …) sont nés en Orient et sont allés s’établir en Egypte, en Syrie, en Cappadoce, etc. C’est là qu’ils ont vécus en solitaires (monachoï), comme le fils monogène de Dieu, et ont inventés le monachisme. Ils ont été des modèles de la recherche de la vie intérieure et des activités contemplatives.
Mais le premier problème est que cet orient avait un orient : l’orient de l’orient. Donc lorsqu’on l’a réalisé, on a admis que ce premier orient n’était qu’un Proche-Orient. Ces églises correspondent à l’ancienne Asie mineure des Grecs et à la partie orientale de l’empire romain. Etant civilisé et romanisé, ce n’était pas encore le vrai orient étrange. C’est ce que l’on a nommé par la suite « Les Echelles du Levant », le Liban et la Palestine.

Nous ne pensons pas souvent à ce premier orient, mais il était très présent dans la pensée de M-M. Davy et bien souvent quand elle parle de l’orient c’est à lui qu’elle fait allusion. Toute sa vie elle avait été très affectée par cette division et ce Grand Schisme. Elle avait étudié et pratiqué les deux courants et finalement il semble qu’elle ait reconnu le bon droit des églises orthodoxes qui étaient resté bien plus proches des premiers chrétiens et qu’elle ait été à deux doigts de se convertir à l’orthodoxie.
Comme elle, dans notre démarche intérieure, nous devons opérer cette première réconciliation entre notre Orient et notre Occident. Il faut faire cesser le schisme qui nous déchire et réaliser l’unité intérieure.

2. Le Moyen-Orient

A la base de la division, il faut reconnaître qu’il a existé un manque de curiosité et aussi une certaine xénophobie (réciproque bien évidemment, comme tout racisme). Il y a aussi un total manque d’esprit scientifique et l’étranger devient vite l’étrange, voire le monstrueux. Les faits se transforment en légendes et les récits se déforment histoires merveilleuses.
Par un certain manque d’imagination, on a rétréci l’univers et l’on lui a donné des limites, qui étaient surtout des bornes imaginatives. Cela a été très long pour l’humanité de s’ouvrir l’esprit.
Ainsi on peut penser que l’Odyssée a été brodée sur un itinéraire maritime phénicien. Plus tard Hérodote, le père de l’histoire, a accompli son voyage de vérification autour de la Méditerranée, mais il est resté dans le monde grec. Apollonios de Thyane à l’époque de Jésus a aussi fait un voyage qui l’a mené de l’Egypte à l’Inde. En l’an 350 Alexandre de Grand (356-323) essaie d’unir l’Orient et l’Occident et il a failli réussir. Le destin du monde en aurait été changé. Il a fallu attendre mille ans pour pouvoir recommencer.
Le Moyen-Orient ce sont ces grands empires que nous décrivent les historiens et géographes de l’Antiquité : les Royaumes des Mèdes, des Perses … La Bible nous parle aussi des royaumes de Sumer, de Ninive, de Babylone et s’y ajoutent les Akkadiens, les Parthes, l’Arménie, etc. Si bien que le jardin d’Eden se trouve aujourd’hui en Irak, l’ancienne Mésopotamie, le pays entre les deux fleuves.

Dans la vie intérieure notre premier travail est de partir à la recherche de nos pères et de recevoir notre héritage. Nous ne sommes pas nés de rien et chaque civilisation doit récupérer l’apport des précédentes, les dépasser sans les renier. Combien de parts de notre passé sont oubliées (ou refoulées) et dans notre personnalité que de parts méconnues ? Il faut traverser notre ombre et cette nuit obscure. Dans la vie spirituelle d’éminents mystiques ont déjà passé par toutes ces étapes et nous montrent la voie. Il n’est que de les écouter.


3. L’Orient


Il a existé de tout temps un autre orient plus lointain que connaissaient les Grecs et les Romains. C’était une contrée mystérieuse et fascinante, le pays de la soie, des épices, de l’encens, des pierres précieuses, de l’or, de l’ivoire … Les Romains et surtout les Romaines étaient très friands de vêtement de soie et ils en importaient constamment. Mais la route de la soie était fort longue et semée d’embûches. Pendant longtemps, on a cru que la soie poussait sur des arbres que peignaient le peuple des Sères (Sérinde). Vont s’y ajouter toute la soif des épices et de ces goûts étranges venus d’ailleurs. Puis il y a les pierres précieuses qui viennent du Royaume de Golconde aux Indes ou même de Ceylan et de Birmanie. Et cet or que l’on ira chercher dans l’El Dorado … En proviennent aussi ces animaux étranges : éléphants, tigres, cynocéphales, skiapodes …

En réalité les caravanes utilisaient deux intermédiaires, les Mongols et les Parthes, qui pour conserver leur fructueux commerce établissaient un barrage opaque et infranchissable. Ce sont eux essentiellement qui ont séparé l’Orient de l’Occident. Il n’y a plus de communication directe, ni par terre ni par mer. Il faut toujours passer par un intermédiaire qui fait barrage et l’on se heurte au mur des Parthes en Perse, puis à la barrière du monde arabe et de l’Islam. Ce sont les marins arabes qui ont longtemps gardé le secret de l’inversion des vents à la mousson qui permet d’aller l’été en orient et de revenir l’hiver en occident. Ibn Batoutah va être l’explorateur arabe du quatorzième siècle. Mais le monde arabe musulman va lui aussi s’étirer au point de devoir se couper en deux avec son Orient le Machrek et son Occident le Maghreb.
Or déjà des missionnaires et des marchands sont partis pour atteindre cet Orient : 1246 Plan Carpin, 1254 de Rubruck, 1260 Marco Polo et son Livre des Merveilles … En sens inverse les Turcs Seldjoukites, partis du désert de Gobi, terminent leur chevauchée à Byzance qui va se nommer Istanboul en 1453. Comme Gengis Khan et Tamerlan étaient déjà venus en vainqueurs en 1220.

Et ce lien Orient-Occident est essentiel car c’est lui qui va engendrer une Renaissance. Pour relier ce qui a été cassé, il faut attendre le quinzième siècle. 1415 au Portugal Henri le Navigateur lance ses caravelles. 1492 Christophe Colomb part sur la route des Indes, en sens opposé. 1497 le Portugais Vasco de Gama découvre l’Orient, 1510 Albuquerque s’installe à Goa. Puis les Anglais, les Français et les Néerlandais vont coloniser les Indes …
Et là très vite on comprend que l’on n’a pas atteint l’orient et qu’il en existe encore un plus lointain.
Pour nous aussi le voyage est sans fin et nous devons accepter dès le départ l’imprévisible et l’étrange. Pour aller vers on ne sait où, il faut passer par on ne sait quoi. Que de parts de nous-même avons-nous du mal à reconnaître ! Il faut lâcher prise et laisser faire. La grâce de la réconciliation est à ce prix. Notre renaissance intérieure aussi.


4. L’Extrême-Orient


Au-delà de l’empire des Indes que n’avait pas pu traverser Alexandre, il y a les empires inconnus que l’on découvre soudain avec passion : l’empire Sogdien, celui de la Bactriane, de la Transoxiane … Le monde de la Chine est l’empire du Milieu où tout est si différent, pour ne pas dire que tout est à l’opposé et pourtant tout y avait déjà été découvert des siècles avant nous : l’imprimerie, la roue, la poudre à canon, le papier, la boussole … Et d’autres orients plus étranges encore se dévoilent : l’empire Mongol qui a donné Gengis-Khan, l’empire Ouïghour des Turcs et enfin l’énigmatique Corée. Puis au-delà des mers se dévoile le Japon. En 1537 les Portugais arrivent à Cipango qui va se refermer pendant 300 ans jusqu’à l’arrivée de l’américain Perry en 1853.

Voilà ce que l’on va nommer l’Extrême orient. Mais cet extrême n’est pas encore la fin.
Où est l’extrême dans le voyage intérieur ? Il n’y a pas de limites, pas de bornes dans notre espace intérieur. Comme dans le Bouddhisme le demande le Sutra du Lotus, il faut aller « Dans l’Au-delà, par l’Au-delà de l’Au-delà, vers l’Au-delà de l’Au-delà de l’Au-delà ». Sans fin. L’échec est de s’arrêter et de penser que l’on est arrivé au bout, que l’expérience intérieure que l’on vient d’avoir est l’expérience suprême. Il n’y a pas d’extrémité à l’Infini.


Dernière édition par le Mer 26 Déc 2007, 20:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 28 Mai 2007, 17:34

5. L’Orient historique


Bien entendu, il nous faut continuer dans cette découverte. L’Extrême-Orient du Japon a son Orient et c’est Hawaï et la Californie, ainsi que le Pérou, le Chili, la cordillère des Andes et l’empire Inca. Et l’orient de la Californie, c’est la cote Est des USA. Quand à l’orient de la cote Est, c’est la France et l’Espagne, soit l’Occident, notre point de départ. Le cycle est bouclé et le serpent Ouroboros se mord la queue.
Donc ce n’est que par convention que l’on peut parler d’un orient. Et c’est alors que l’on peut réaliser que l’Orient n’existe pas. Il n’y a pas d’Orient, ou il s’éloigne au fur et à mesure qu’on s’en approche. Comme il n’y a pas de lieu de l’arc-en-ciel, de l’horizon ou du mirage. Lorsqu’on l’atteint, il se déplace et se trouve toujours plus loin. Il est inatteignable (sauf par convention).
Et donc ces noms du Proche-Orient, du Moyen-Orient et de l’Extrême-Orient relèvent de l’Histoire et non de la géographie. Ils datent d’une période où deux mondes s’opposaient. C’est sans doute une surprise pour bien des personnes, mais notre géographie est souvent bien peu géographique. Elle est imaginaire et parfois mythique : l’Atlantide, le pays des Héspérides, l’El Dorado, Les Iles Bienheureuses, le pays de Cocagne, la forêt de Brocéliande, le pays de Thulé l’embarquement pour Cythère …

Donc nous ne pouvons plus étudier maintenant que cet Orient conventionnel, fabriqué par l’histoire et la séparation.
Déjà M-M. Davy en tirait les conséquences dans la jonction des religions vers un au-delà des religions : « L’œcuménisme, tout au moins le véritable œcuménisme, ne concerne ni les religions chrétiennes (orthodoxe, catholique, protestante), ni l’union des fils d’Abraham (juifs, chrétiens, musulmans), l’œcuménisme ne peut aujourd’hui signifier que la rencontre entre l’Orient et l’Occident. On peut espérer en l’avenir en raison de cette rencontre » (Un itinéraire, p.59).

Oui par là nous sommes en marche vers une pensée mondiale : la terre se réconcilie et se rassemble pour ne faire qu’une.
Par Orient nous entendons la pensée de l’Inde, de la Chine, du Japon et plus particulièrement les productions du Bouddhisme, du Taoïsme, du Tantrisme, etc. Par Occident nous entendons la civilisation gréco-romaine, chrétienne puis anglo-saxone. La découverte réciproque s’est faite lentement avec la colonisation, puis la décolonisation et les guerres. La religion hindoue et le bouddhisme n’ont vraiment été connus que tout récemment au vingtième siècle, après malheureusement bien des malentendus tenaces et des incompréhensions persistantes.
Il s’agit de deux apports réciproques qui ont tout intérêt à échanger. Mais non pas selon ce que l’on répète partout : l’Occident recevant la spiritualité et l’Orient récupérant la technique qui lui manque. Ceci est faux pour de nombreuses raisons, d’abord parce que l’Occident ne manque pas de spiritualité, il a la sienne, elle a seulement été trop longtemps oubliée. La mode était à l’orient. De plus, il n’est pas sûr que l’orient ait besoin du mode de vie occidental, de ses techniques, de son matérialisme et de son pouvoir de l’argent.
Face au matérialisme, qui ose se dire scientifique, l’Orient a toujours privilégié la spiritualité et la liaison de l’âme avec les forces supérieures et le monde de l’au-delà. L’Inde en particulier peut être considérée comme le pays le plus religieux du monde : une vision de l’univers ouverte et tolérante y est répandue partout.
Face à l’agitation et à une vie active frénétique qui sont le mode de vie de l’Occident, l’Orient présente le calme et une vie contemplative. C’est une des premières remarques que l’on fait dans l’Inde, mais aussi dans bien d’autres pays comme le Cambodge, la Birmanie et encore la Thaïlande ou le Vietnam. Dans les campagnes, les habitants vivent dans le plus grand dénuement, souvent ils n’ont même pas de maison et de contentent d’une paillote ou d’une hutte. Leurs repas sont réduits et toujours les mêmes et pourtant ils rayonnent de joie. Leur regard intériorisé manifeste une profonde connexion avec leur réalité intérieure. Ils sont en perpétuelle prière, en communion avec la nature et le cosmos. La sagesse dont nous avaient parlé les Grecs (celle des Spartiates et des Stoïciens) nous la voyons vécue et pratiquée dans la vie de tous les jours en Orient.
Un des apports les plus remarquables de l’Orient a été de nous délivrer de l’opposition Ame/corps. Il n’a jamais existé en Orient d’opposition entre la chair et l’esprit, mais l’unité indissociable de l’être humain a été préservée. Le corps n’a jamais été méprisé, proscrit et diabolisé. Il peut donc être un accès au divin. Ainsi la prière a toujours un aspect corporel. La danse sacrée est une réalité omniprésente, alors qu’elle est totalement absente en Occident depuis l’écrasement des dernières danses grecques et celtes par les chrétiens. Le principal cadeau de l’Orient est dans la connaissance des nombreuses techniques psychosomatiques qui s’y sont développées. Ainsi l’Inde a fourni le Yoga avec toute sa science des postures, du souffle, de l’éveil, des énergies, des courants corporels, des différents corps, de la méditation et de l’extase, etc. Mais le Taoïsme a aussi engendré toutes les disciplines du Taï-chi, Kung-Fou, acupuncture et le Japon celles du judo et budo, des moxas, du shiatsou... Le souffle c’est la vie et l’énergie est indispensable pour l’aventure spirituelle.
On pourrait donc considérer que cette dramatique coupure Orient/Occident se doublait en nous de celle, plus intérieure, entre notre esprit et notre corps. La déchirure était inscrite en nous avec le mépris d’une partie de soi et la honte de notre corps. Toute cette somatophobie se répercutait dans la société et la pervertissait, avec, par exemple, la peur de la mort, l’acharnement thérapeutique et la mise à l’écart de tous les handicapés et de tous les monstres. L’Orient nous apporte la réunification et la réconciliation.

La notion de Réincarnation dans des vies successives, liée au principe de causalité universel ou Karma, a été maintenant adoptée par 25% des Occidentaux et bientôt le tiers. Ce qui change tout et fait ressentir la responsabilité.
De plus l’Orient a développé une extraordinaire science de l’exploration intérieure. C’est ce que l’on a pris l’habitude de nommer en Occident, la Méditation, bien que ce ne soit pas le meilleur mot possible. Il en existe de nombreuses méthodes : les méditations du Yoga avec ses quatre étapes, le Zen, le Vipassana, les méditations tibétaines, etc. Ce sont des voies larges et balisées. Depuis plus de 5000 ans des Yogis et des ascètes ont expérimenté et noté toutes les étapes et les aléas d’une telle aventure. Bien entendu, tant qu’on n’a pas vécu une étape, ce qu’en disent les textes nous reste incompréhensible, mais dès qu’on en a l’expérience, on note qu’on ne pouvait pas mieux dire. Aussi ces voies sont-elles maintenant de plus en plus pratiquées en Occident, quelle que soit la religion des pratiquants.
Ainsi il nous devient possible d’envisager un autre orient, qui ne soit plus uniquement géographique, mais qui corresponde à cette aventure de la vie intérieure.

M-M. Davy faisait cette confidence : « Personnellement, je dois beaucoup à mes séjours en Inde et au Japon, ils m’ont permis d’aborder avec plus de liberté de la nature humaine, sans pour autant m’écarter en profondeur de ma propre tradition » (Un itinéraire p. 102). Combien ceci est important. M-M. Davy avait atteint le stade du transpersonnel où l’on dépasse toutes les craintes de la trahison religieuse, à ce niveau il n’y a plus de renégat ou d’apostat. Tout est un et l’on a atteint l’unité transcendante des religions. La religion universelle est celle de l’intériorité. Mais on ne peut pas l’atteindre tant que l’on reste personnel, enfermé dans son égo, on souffre alors beaucoup de ses déchirements intérieurs et de ses doutes et on en fait souffrir les autres.


6. L’Orient intérieur.


De façon symbolique Orient et Occident ont aussi leur réalité et leur signification. Ils correspondent certainement à quelque chose de très important en nous. Leur réconciliation actuelle tisse des liens secrets pour retrouver l’état d’unité paradisiaque dont on a été chassé.
Pour nous occidentaux, l’Orient intérieur représente la zone de silence, la vastitude qui nous habite. L’Orient est aussi le lieu du pèlerinage, le désert intérieur. Par conséquent, il est aussi la liberté, la possibilité d’agir et d’avancer. Tous ceux qui avancent dans ce chemin intérieur connaissent cet orient car c’est vers lui qu’ils se dirigent. En effet « ex oriente lux ! », la lumière vient de l’orient. L’orient est la source et l’origine de la lumière, il est ce qui nous éclaire et nous donne la vie. Tout le monde veut trouver son orient. Et tout naturellement on appelle cela s’orienter : s’orienter c’est savoir où l’on va, quel est son but, sa source. L’orient joue donc dans la vie spirituelle, le rôle du pôle magnétique terrestre qui attire l’aiguille de la boussole et donne le point de référence, par lequel on s’oriente. N’oublions pas que lorsque l’on a perdu son orient, on dit que l’on est désorienté et des personnes désorientées il y a en a de plus en plus dans le monde moderne. C’est pour elles que se sont inventées toutes ces psychothérapies, issues de la psychanalyse. Par une série d’entretiens réguliers, on vient se faire réorienter, on cherche à retrouver son orient intérieur, cette lumière qui désormais brille au fond de soi. Grâce à elle, on ne se sent plus seul, on est connecté, « branché » comme on dit actuellement, c’est-à-dire que l’on se sent en face d’une présence, il vaudrait d’ailleurs mieux écrire la Présence. Il s’agit bien en effet de la Présence essentielle, pas d’un simple compagnonnage, mais de la jonction profonde avec ce qui fait notre Etre.
Pour cela il faut avoir abandonné notre égo et de ne pas y rester cramponné comme le singe à son arbre. Lorsque nous frappons à la porte la Présence demande « Qui est là ? » si nous disons « Moi » elle se tait pour toujours. A d’autres, elle a révélé « Sors, si tu veux que j’entre, car il n’y a pas de place ici pour deux Moi ». L’Unique occupe tout l’espace, Orient et Occident compris.

L’Orient a donc tout naturellement ce rôle de nous faire lever et nous tenir debout. C’est ce que ne font pas tous ceux qui sont en dépression, en démission, en totale dépréciation, ceux qui vivent couchés, alanguis. L’orient nous rend joyeux et guilleret. Ce fait de se lever se disait en grec « anatolé ». « Anatolein » désigne le lever d’un astre, la pousse d’une plante, le fait de germer et de croître. Se lever c’est donner sa lumière, éclairer. Ainsi une lumière intérieure peut faire son apparition en nous pour réduire les ténèbres et rendre soudain tout plus clair. Ce lien entre l’orient et se lever se marque par le nom des pays du proche-orient : le Levant. Son opposé c’est le pays du Ponant, terme encore utilisé dans le vocabulaire maritime. D’ailleurs nous avons encore gardé les noms grecs d’Anatolie et d’Anatole, celui qui s’est levé.

Dans le domaine intérieur combien dorment toujours. Ils somnolent leur vie, ils n’ont que des intérêts égoïstes et matérialistes, ils sont dans l’accumulation des avoirs et non dans l’Etre. Au contraire l’orient est lié à la lumière et plus particulièrement à l’apparition de la lumière : l’Aurore. L’aurore est ce moment mystérieux où l’approche du soleil fait disparaître les ténèbres de la nuit. Il n’y a pas de combat, comme on l’a parfois décrit. Il n’y a rien de particulier à faire pour chasser et faire disparaître les ténèbres. Dès que la lumière paraît, elles ne sont plus là. Nous devons en recevoir l’enseignement : que de difficultés nous nous créons inutilement. Nous imaginons des combats dans la vie intérieure, alors que les choses sont souvent plus simples. Nous croyons bien souvent qu’il falloir renoncer cruellement à nos appétits et sous l’effet de la grâce, ils ont disparus d’eux-mêmes.


7. L’orient éternel


Sans vouloir être trop paradoxal, il convient de connaître enfin l’Occident de l’Orient, c’est-à-dire la façon dont l’Orient a évoqué l’Occident. Il est pour les orientaux la pays de l’arrivée, celui du repos, donc le pays des morts. Pour les Bouddhistes l’Occident est le royaume du Bouddha rouge, Amitabha, le protecteur des morts, celui qui peut vous recevoir dans son paradis bienheureux. « Vesper » c’est le pays du soleil couchant, celui des pommes d’or du jardin des Héspérides, au pied du mont Atlas. Sa fête est le 21 décembre, jour où le soleil est le plus bas sur l’horizon. C’est aussi le monde des étoiles où aurait été inventée l’astronomie.

Les Orientaux situent en Occident, ce que nous nommons l’orient éternel, où le royaume de l’au-delà, ce qui se situe au-delà de la mort. Il est le deuxième monde que visitaient déjà les Egyptiens : l’Amentit ou Am Douat. C’est là où s’opère notre métanoïa dans le royaume de la Lumière éternelle.
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MessageSujet: MANICHEISME ET SPIRITUALITE   Lun 28 Mai 2007, 18:34

MANICHEISME ET SPIRITUALITE
Entretien avec Richard Lemonnier, philosophe, pour le numéro 0 de la revue Alternatives (1996).
Nota: Cet entretien n'a jamais été publié, la revue n'ayant finalement pas vu le jour, faute de moyens financiers. Cet article a pour moi une valeur particulière: c'était la première fois que je communiquais le fruit de mes réflexions en
dehors d'un cercle de proches. Tous les thèmes et formulations qui prendront corps plus tard dans mon livre Mani,Christ d'Orient, Bouddha d'Occident (2002) étaient déjà là! Je ne renie donc aucun de mes propos de l'époque. Même
la forme, parfois abrupte et sauvage, était plus proche de mon état d'esprit du moment, moins policé, plus direct... Le texte d'origine a donc été conservé tel quel, j'ai juste corrigé les fautes de frappe et d'orthographe.
François FAVRE est en maîtrise de Science de l'éducation à Paris VIII. Dans le cadre de son travail universitaire, il a visité les écoles Krishnamurti en Inde et a rencontré Vimala Thakar,l'héritière officieuse de Krishnamurti. Son projet est de rendre compte de l'apport de Krishnamurti en éducation en étudiant les rapports entre spiritualité et éducation. François FAVRE a également travaillé à la redécouverte et la réhabilitation de la pensée gnostique de Mani, qui est à l'origine d'un des mouvements spirituel et religieux les plus importants de
l'Occident. Il a cherché à retrouver le sens intérieur du message de Mani.
ALTERNATIVES: On ramène souvent le manichéisme à une opposition binaire un peu primaire.
Quelle est pour toi l'originalité du manichéisme?
François FAVRE: la question que je me suis posé au départ, quand j'ai commencé à travailler sur la question manichéenne, c'était de savoir pourquoi, selon les spécialistes, le manichéisme était la religion la plus persécutée de l'histoire de l'humanité. C'est un fait qui est complètement oublié puisque du terme de manichéisme on n'a gardé que l'idée d'une vision simpliste, qui pose une opposition dualiste entre les principes du bien et du mal; en vérité,
c'est la lumière et les ténèbres et l'esprit et la matière. Je me suis très vite rendu compte qu'il fallait aller chercher la réponse dans l'enseignement de Mani. Mani a cette particularité d'avoir écrit. Il y a beaucoup de grands sages du passé qui n'ont pas écrit. Ce sont des textes qui ont été transmis par voie orale, par l'intermédiaire de disciples et on ne sait pas si ce sont des textes qui réellement remontent au fondateur. Alors que Mani a écrit la totalité de son oeuvre.
Il l'a fait volontairement pour éviter le problème qu'a connu l'enseignement de ses prédécesseurs Zoroastre, Bouddha, Jésus, dont l'enseignement avait été défiguré. Donc Mani a laissé un enseignement qui a été systématiquement détruit par les hérésiologues, qu'ils soient chrétiens, musulmans, perses, chinois.
A: Par le bouddhisme aussi?
FF: Pas par le bouddhisme, par les autorités politiques chinoises. Le bouddhisme n'a pas combattu le manichéisme.
A: A quelle époque est apparu le manichéisme?
FF: le manichéisme est apparu au troisième siècle en Perse, à un moment de l'histoire où il y avait deux grands blocs politiques: le bloc romain qui était en décadence et un bloc montant qui était la Perse. Donc il y avait une opposition entre les perses et les romains, et au moment où Mani apparaît, les perses sont en position dominante. Ils sont en train de conquérir le monde. C'est une position politique particulière parce que le roi Shapour a été porté au pouvoir
par les mages zoroastriens, issus de la religion de Zoroastre, mais qui n'était pas une religion dominante à l'époque, et qui était l'une des multiples religions qui existaient sur le sol de l'ancienne Babylonie. Mani va obtenir l'autorisation de diffuser son enseignement à l'intérieur de l'empire Perse et il va se retrouver en concurrence avec l'enseignement des mages. Et comme son enseignement va recevoir un accueil extrêmement favorable de la part des populations, il va faire concurrence à l'enseignement des mages zoroastriens, qui est en fait un
enseignement qu'on pourrait appeler « mystico-occulte », qui vise au pouvoir, raison d'ailleurs pour laquelle les mages s'étaient associés directement au pouvoir royal, ce qui constitue les bases de tout totalitarisme. Et ce qui est intéressant, c'est qu'après la mort du roi Shapour, les rois qui vont suivre vont être dominés par la hiérarchie des mages, et cette domination va aboutir à la destruction systématique du manichéisme.
Donc les persécutions vont commencer peu avant la mort de Mani, et Mani va faire lui-même l'objet d'une persécution. On va lui faire un procès et il va être crucifié. On trouve une relation de ces événements dans un texte retrouvé en Egypte, les Homélies manichéennes.
A : Quels sont les principes fondamentaux du manichéisme?
FF : Il faut partir de la question: pourquoi le manichéisme a-t-il été persécuté? Ce que j'ai déterminé, c'est que cela est contenu dans l'enseignement et dans la vision du monde de Mani.
Pour quelles raisons le manichéisme, qui est un enseignement gnostique et spirituel, a-t-il été systématiquement persécuté par toutes les religions chrétiennes, perses, chinoises, musulmanes, par toutes les grandes théocraties qui sont toujours fondées sur un mysticisme et en même temps sur un occultisme? Donc pourquoi le manichéisme a-t-il fait l'objet d'une
persécution tout au long de l'histoire, et ce pendant mille ans? Et pourquoi les mouvements qui se rapprochaient de l'idéologie du manichéisme, comme les Cathares, les Bogomiles ou les Pauliniens, qui avaient également un enseignement dualiste, ont-ils été persécutés? Plus généralement, pourquoi le dualisme a-t-il été systématiquement persécuté?
A: Peux-tu définir le terme de «gnose»?
FF: le terme de gnose veut dire étymologiquement «connaissance» et désigne la connaissance par révélation, par opposition à une connaissance de type intellectuel, de type savoir construit.
Ce que le gnostique appelle révélation, c'est une vision. Les gnostiques disent: il existe deux visions, deux manières de voir le monde, une vision qui est fondée sur les cinq sens et une vision qui est fondée sur les sept sens. Ce que les gnostiques postulent, c'est qu'il existe audelà
des cinq sens ordinaires, deux sens supérieurs qu'ils appellent l'«intuition» et la
«connaissance». Les gnostiques disent donc qu'il y a deux mondes.
A: Donc, c'est un dualisme.
FF: Il y a deux mondes et deux créations. La gnose vise à la connaissance de cet autre monde que le anciens Rose-Croix appelaient la « moitié pure et inconnue du monde » qui reste cachée à nos sens. La grande question qui se pose avec les gnostiques, c'est qu'ils disent en même temps que la moitié pure et inconnue du monde n'est pas la moitié cachée, subtile, invisible,
celle qui est explorée par les occultistes et les mystiques. Ils disent: c'est au-delà... de l'audelà.
Donc en fait, il y a un ici-bas, il y a un au-delà, et il y a un au-delà de l'au-delà. Et pour
eux, la réalité, c'est l'au-delà de l'au-delà.
A: Mais ça fait trois mondes!
FF: C'est-à-dire, fondamentalement, les gnostiques pensent que l'ici-bas et l'au-delà forment un seul monde. C'est-à-dire que l'une est la contrepartie de l'autre. Visible et invisible, en fait,
sont ensemble. Et le monde de la gnose est un monde qu'on pourrait définir comme l'invisible de l'invisible. Pour eux le passage de l'un à l'autre ne s'effectue pas par un processus continu, mais il y a une discontinuité, une rupture. Il y a un abîme qui sépare les deux mondes. C'est une conception extrêmement importante pour eux, parce qu'à la différence des mysticismes et des occultismes, il n'y a pas de continuité de passage d'un monde à l'autre ; il y a une rupture, donc une révolution est nécessaire. Ce qui explique que les cosmogonies gnostiques sont essentiellement des cosmogonies «révolutionnaires», à l'opposé des cosmogonies qu'on
pourrait dire «évolutionnaires» et qui postulent qu'en fait il y a une création et un mouvement continu qui vont du néant jusqu'à l'être (comme Plotin). Alors que pour les gnostiques, c'est une création en trois temps, par une série d'émanations, une chute, et un retour au point initial de la chute pour que la véritable évolution divine continue.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 28 Mai 2007, 18:35

A: Le monde matériel et le monde invisible sont considérés comme constituant tous deux les ténèbres, est-ce à dire le Mal?
FF: Ce qui caractérise la pensée manichéenne, c'est de postuler qu'au commencement il y avait deux principes: les ténèbres et la Lumière, l'Esprit et la matière, le Bien et le Mal. Ce sont deux principes indépendants. Ce sont aussi ce qu'ils appellent les « deux arbres » ou les « deux racines » et chaque racine a ses propres fruits. Dans leur vision du monde, l'un est contenu dans l'autre, c'est-à-dire que le monde des ténèbres est contenu dans le monde de l'Esprit,
mais le monde des ténèbres initialement ne connaissait pas le monde de la Lumière. Alors que le monde de la Lumière connaissait l'existence du monde des ténèbres. Les manichéens n'expliquent pas ce qui existait avant le deux, ils disent: au commencement était le Deux.
C'est en ce sens-là qu'ils s'opposent à la plupart des théories monistes qui disent: au commencement était le Un.
La grande différence entre les mystiques, les occultistes et les manichéens, les dualistes, c'est qu'on ne peut pas démontrer que l'un a raison et que l'autre a tort. C'est une prémisse.
Personne n'a démontré que le monde était Un. A priori, il semble plus logique de dire que le monde est Un, que c'est une unité, mais on n'a jamais pu prouver que le monde était Un, pas plus qu'on a jamais prouvé que le monde était Deux. Mais simplement de ces deux prémisses va découler à la fin des comportements entièrement différents sur le plan de l'éthique, sur le plan de la vie en société, sur le plan des objectifs, des finalités et qui va être décisif sur le plan
historique. Pourquoi? Parce qu'en fait on s'aperçoit que la plupart des théories monistes amènent à des comportements de type «totalitaire», à des sociétés totalitaires fondées sur l'association du pouvoir religieux et du pouvoir politique, alors que les doctrines dualistes amènent nécessairement à un comportement éthique et à des sociétés non totalitaires, comme par exemple la société cathare du Moyen-âge, ou comme la société manichéenne dont on sait
par les documents qui ont été retrouvés, qu'elle a eu un effet civilisateur sur son
environnement (voir l'exemple des Ouïgours en Asie centrale). Et on sait que les dualistes absolus se caractérisaient par un projet qui visait à la formation de véritables êtres humains, non-violents, éthiques, écologiques, respectueux de leur environnement et tolérants.
A: Tout cela est de la théologie. Peut-on encore faire de la métaphysique aujourd'hui, après le
positivisme? Est-ce que le succès de la linguistique et des sciences expérimentales n'a pas porté un coup fatal à la métaphysique et à la théologie?
FF: Pour répondre à cette question il faut voir la situation aujourd'hui de la pensée scientifique et le changement de vision qui s'est opéré entre le dix-septième siècle et le vingtième siècle.
Au départ, on voit une science qui prétend à l'objectivité, à la neutralité, à l'indépendance du monde par rapport à l'observateur et qui, au vingtième siècle, découvre l'incertitude. La grande révolution de la pensée scientifique au vingtième siècle, c'est essentiellement l'incertitude avec
le principe d'Heisenberg, c'est-à-dire le caractère incertain de toute mesure. Donc on pensait qu'il existait des mesures exactes, en fait on s'aperçoit que toute mesure est inexacte, et la base de la science c'est la mesure. La deuxième grande révolution, c'est la non-séparabilité qui a montré qu'observateur et phénomène sont reliés. La troisième, c'est l'incomplétude de la connaissance, notamment avec le théorème de Gödel. Donc ce qui surgit au vingtième siècle,
c'est l'idée d'incomplétude et notamment la réintroduction de l'idée de « niveaux de réalité »
par l'intermédiaire de nombreux courants autour de la mécanique quantique, des intellectuels
comme Basarab Nicolescu par exemple, Bernard d'Espagnat, Olivier Costa de Beauregard. Il y a tout un nouveau courant, représenté notamment par Jean-François Lambert, qui montre que l'incomplétude est le nouveau paradigme du vingtième siècle. Toute science, toute connaissance est profondément incomplète, ce qui permet de rétablir le dialogue entre religion et science. Donc aujourd'hui on peut penser à nouveau des rapports entre physique et
métaphysique. Par physique, on entend ce qui fait partie du champ d'expérimentation des sciences qui aujourd'hui ne sont plus exactes mais inexactes, et par métaphysique, on entend
ce qui appartient au domaine de l'expérience intérieure qui peut être religieux, mystico-occulte ou spirituel. L'objectif étant là d'explorer la dimension métaphysique de la réalité, c'est-à-dire ce qui est au-delà de la physique.
A: Le principal argument des positivistes est que les termes employés par les métaphysiciens
ne sont pas définis parce qu'on n'en fait pas l'expérience dans la vie quotidienne. Quand tu parles de lumière et d'obscurité, de bien et de mal, est-ce une métaphore ou peux-tu en faire
l'expérience?
FF: Bien sûr! C'est ce qui explique le succès de la pensée manichéenne à partir du troisième siècle jusqu'au vingtième siècle, parce qu'en fait cette pensée qui était dualiste et qui posait
l'existence de deux principes a eut une continuité secrète et discrète tout au long des siècles.
Ce qui a fait le succès de la pensée manichéenne, c'est la place qu'elle donnait au Mal. Ce qui est caractéristique de la pensée religieuse et mystique, c'est qu'elle renvoie le Mal à un principe illusoire. La théorie théologique catholique parle d'une «privation du Bien» (Augustin).
La théorie orientale, indienne, parle d'un Mal illusoire et d'un jeu cosmique. Et les manichéens
disaient: non! Le Mal existe en soi! Ils le posent en tant que principe. Ce principe, on peut le voir à l'oeuvre dans la vie. Le vingtième siècle est un siècle où l'humanité a fait un saut dans l'évolution, l'humanité a beaucoup progressé, il est en même temps probablement le siècle le
plus violent de l'histoire de l'humanité. Aujourd'hui, et surtout depuis la Seconde Guerre
mondiale (1939-1945), depuis Auschwitz, les théologiens se demandent s'il peut encore exister un Dieu. C'est la grande question qui a surgit dans les années cinquante, parce qu'il y a une
sorte de gratuité du Mal qui n'a aucun sens. On est obligé de constater, et ce qui s'est passé depuis 39-45, que ce soit au Rwanda, en Yougoslavie, les camps au Cambodge, la révolution Khmer, montre que le Mal est bien une réalité. Donc la question des manichéens est: quelle place lui donner? Dans la mesure où ils postulaient l'existence de deux mondes, les manichéens considéraient que ce monde n'est qu'un monde de passage. C'est aussi la théorie
bouddhiste. En fait, le véritable monde, c'est le monde de la Lumière qu'ils ne confondaient pas avec le paradis et les enfers des catholiques. Le but de la vie est, pendant la vie, de se libérer du monde à l'intérieur de soi.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 28 Mai 2007, 18:36

A: Mais est-ce que ce type d'attitude ne mène pas à une dépréciation du monde, à une fuite du monde? Si le monde est mauvais, il faut s'échapper du monde, et je pense aux victimes de
l'ordre du Temple solaire ou des Portes du paradis. Le monde est parfois mauvais certes, mais il est aussi riche, complexe, beau, merveilleux... Il y a des choses de valeur ici-bas aussi.
Ne faut-il pas plutôt essayer de « séparer le subtil du grossier », comme il est dit dans la Table d'émeraude?
FF: Profondément, la position manichéenne était la position des hermétistes, c'est-à-dire
« séparer, purifier, réunir ». Donc ce qu'ils disent dans leur cosmogonie, c'est que le monde est le monde du mélange.
A: C'est un mélange entre quoi et quoi?
FF: Entre la Lumière et les ténèbres, le Bien et le Mal, l'Esprit et la matière. Pour eux l'objectif de la vie humaine était de séparer à nouveau comme à l'origine les deux principes, aussi bien dans l'homme que dans le monde. Tout le travail intérieur qu'ils faisaient (accomplissaient)
visait à séparer la Lumière des Ténèbres, le corps étant comme dans de nombreuses philosophies, comme celle de Platon ou des Pythagoriciens, considéré comme étant le tombeau. Pour les manichéens, le corps est le tombeau de la Lumière, dans lequel la Lumière est emprisonnée. Tout le travail intérieur visait à libérer la Lumière du corps.
A: Mais si Lumière et Ténèbres sont mélangés dans le monde, peut-on encore parler de
niveaux de réalité ? S'il y a mélange, y a t-il encore discontinuité?
FF: Ce qui ressort de l'expérience spirituelle, c'est qu'il s'agit bien d'une discontinuité. Par exemple, l'éveil est l'expérience centrale dans la pensée spirituelle, qui est l'expérience du Bouddha, et lorsque le Bouddha s'éveille, il voit l'existence de deux mondes, le monde du Nirvana et le monde du Samsara.
A: Peux-tu définir Nirvana et Samsara?
FF: Le Nirvana est le monde de l'extinction, le monde où le moi n'existe plus, mais où la conscience continue sous une autre forme, mais n'est plus prisonnière du monde du Samsara, qui est le monde des réincarnations, concept qui existait chez les manichéens. Ils l'appelaient «transvasement». L'idée centrale de la pensée gnostique, c'est que l'homme est prisonnier du monde. Il tourne à l'intérieur du monde, sans cesse, tant qu'il ne s'est pas libéré. On retrouve
cette vision fondamentale des deux Natures dans le bouddhisme. Les chinois ne se sont pas trompés sur ce point-là car Mani était appelé en Chine le «Bouddha de lumière». Ce qui montre bien que les chinois avaient perçu la correspondance avec l'enseignement du Bouddha et l'intimité profonde entre les deux enseignements. Par ailleurs, l'expérience de Mani, telle qu'il
l'a décrite dans un texte qui s'appelle les Kephalaïa (K1), est extrêmement proche de l'expérience du Bouddha.
A: Quelle définition donnerais-tu de l'éveil?
FF: L'éveil, c'est l'expérience discontinue qui marque le passage d'un monde dans un autre.
J'entends le passage du monde de la matière dans le monde de l'Esprit. Le monde de la matière comprenant l'aspect visible (ici-bas) et l'aspect invisible (au-delà). Dépassement du visible et de l'invisible, de l'ici-bas et de l'au-delà et pénétration dans un monde radicalement différent. Ce caractère radical de l'éveil ne doit pas être confondu avec les multiples expériences d'illumination dont témoignent aujourd'hui 99 % des personnes qui se disent être
éveillées et qui enseignent à ce titre. Ce qui implique d'élaborer une méthodologie, une typologie et des critères pour arriver à différencier l'expérience mystico-occulte, l'expérience
d'illumination avec l'expérience de l'éveil véritable (je l'appelle: «Physique du Tao»).
A: Tu distingues donc une voie directe et une voie indirecte.
FF: Cette question se pose dans les termes suivants: une fois qu'on a posé les bases d'une cosmogonie minimum, on a le choix entre la mort, la réincarnation ou la libération. La science
propose la mort. Les religions traditionnelles proposent l'enfer ou le paradis et l'éternité après la mort. Les religions de type oriental au sens large, proposent la réincarnation. Et les voies directes qui sont les voies de connaissance, de gnose, proposent la libération ici et maintenant et non pas comme le fruit d'une succession de réincarnations. La libération a toujours lieu ici et
maintenant, jamais après la mort. Comment se libérer? C'est au niveau de la méthode qu'on peut distinguer une voie directe d'une voie indirecte.
Une voie mystico-occulte qui se caractérise par le fait qu'elle propose tout un ensemble de techniques de méditation avec support, la concentration, les mantras, les postures de yoga, les respirations, les éveils de kundalini du bassin et de la tête, etc. Ce sont des techniques psychocorporelles
qui visent à modifier la psyché et le corps. Ces techniques visent à l'élargissement de la conscience et à ce que j'appelle la «conscience cosmique», c'est-à-dire un état de fusion et d'abolition de la dualité sujet-objet.
A: Et quelles sont les caractéristiques de la voie spirituelle?
FF: Alors la voie directe, c'est de ne pas proposer de techniques. C'est une voie naturelle qui n'implique par de reconditionnement du corps ou du mental, pas de discipline, bien qu'il y ait quand même une ascèse, mais elle est fondée sur la méditation. Cela implique de repenser le terme de méditation, de le libérer de toutes les imageries qui l'entourent et d'essayer de se demander: qu'est-ce que réellement la méditation? C'est entre autre le travail qui a été fait
par Krishnamurti, par Vimala Thakar, par Jan van Rijckenborgh qui ont tenté d'expliquer ce qu'est la connaissance de soi, cette connaissance n'impliquant aucune médiation, que ce soit une technique ou un maître.
A: En fait, c'est se prendre en charge soi-même?
FF: Absolument, c'est une voie d'autonomie (auto-initiation, auto-réalisation). C'est une voie de liberté qui laisse à la conscience son indépendance. Même s'il existe bien sûr, comme dans toutes les voies, une relation avec des écoles, avec un enseignement, parce qu'il n'y a pas d'éveil seul.
A: C'est paradoxal alors, parce qu'à la fois il n'y a pas de maître, mais en même temps ça passe quand même par un enseignement, par une école.
FF: Il y a une phrase très intéressante d'Edgar Morin qui dit: « être sujet dans la recherche c'est être à la fois dépendant et autonome ». Lui parle de la recherche scientifique, mais on peut le déplacer dans la recherche spirituelle. Il place donc une formule paradoxale qui est celle de reconnaître la dépendance par rapport au monde et d'une inter-relation avec les situations, donc on n'est jamais délié du monde, et une situation fondamentale d'autonomie et
de liberté. Et ce qui caractérise à mon sens la voie spirituelle, c'est cette paradoxalité, c'est-àdire à la fois de reconnaître cette dépendance et en même temps de pousser à l'autonomie en ne créant pas de nouveaux liens. De toutes manières, personne ne peux nous libérer, si ce n'est nous-mêmes.
A: C'est la voie du paradoxe!
FF: Ramana Maharshi disait: « le monde est illusoire, seul Brahman est réel, Brahman est le monde ». Ce qui caractérise la voie spirituelle, c'est ce que j'essaie de montrer dans ma recherche, c'est que tout enseignement spirituel est paradoxal. S'il n'est pas paradoxal ce n'est probablement pas un enseignement spirituel. Parce que la réalité en elle-même est paradoxale
et arriver à penser qu'une chose et son contraire soit vraie, ce qui se démontre sur le plan spirituel, puisqu'en fait quand on étudie les grandes spiritualités on s'aperçoit qu'elles sont contradictoires en elles-mêmes. L'un des exemples les plus évidents, c'est la philosophie indienne qui contient six philosophies qui sont des «darshanas», des «points de vue» sur la
réalité. La vérité est en dehors des capacités du langage, donc il y nécessairement un paradoxe. Le langage ne peut pas rendre compte de la vérité, donc tout ce qui est dans le langage n'est pas vrai, c'est nécessairement un point de vue sur la vérité, et les philosophies
indiennes intègrent aussi bien des philosophies dualistes que des philosophies non dualistes.
Au sens gnostique, ce que j'appelle «êtreté» est au-delà de la non dualité et de l'expérience d'unité, ce qui est la caractéristique de l'expérience mystique telle que je l'ai définie. En fait, l'expérience spirituelle ne commence que là ou se finit l'expérience mystique. C'est un profond
mystère. Très peu d'enseignants ont parlé de cet état d'«êtreté», mais de manière ultime, personne ne peut se poser en autorité pour définir ce qui est spirituel ou non.
A: Pourtant tu le fais, toi.
FF: Non, je propose une ensemble de critères pour réfléchir autour, tout en disant qu'il y a une différence entre l'expérience et le discours. Il peut y avoir un discours sur l'expérience, mais le discours ne rend pas compte de l'expérience. Il en témoigne, il donne un ensemble de «signes» qui peuvent être étudiés, analysés. Je propose une typologie, une réflexion pour se demander:
sommes-nous face à un phénomène religieux, mystico-occulte ou spirituel? Je propose un ensemble de critères qui vont permettre de se faire une «image» et de s'engager sur une voie, parce qu'il faut s'engager. C'est un outil qui permet de décider, sachant que les fruits que l'on va recueillir dans le cheminement sont contenus dans la voie que l'on a choisie.
Dans la voie directe et indirecte, on aboutit à des comportements éthiques totalement différents. Sur la voie mystico-occulte, on entrera dans une «éthique floue», qui peut faire appel à la violence, l'intolérance, alors que les voies spirituelles et gnostiques se caractérisent par le fait qu'elles sont absolument non-violentes.

 


Dernière édition par AMBRE le Mar 22 Déc 2015, 22:45, édité 2 fois
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MessageSujet: LA VIE DEBOUT   Mar 29 Mai 2007, 10:25

LA VIE DEBOUT




L’entrée dans la vie intérieure commence par un appel et un appel qu’il faut savoir entendre. Pour beaucoup d’entre nous Marie-Magdeleine DAVY a été celle qui a fait cet appel et à cause de cela nous nous sommes dressés et mis en marche. Mais cet appel humain n’est que l’écho d’un appel intérieur qui ne manque à personne : un appel à la nouvelle vie (nova vita) au renouvellement de la vie que marque le temps de Noël. Il faut se dresser et se mettre debout.







Cet appel est fort ancien, c’est “ Lève-toi et marche, Surge et ambulo ! ”. Il a été prononcé deux fois par Jésus au paralytique de Capharnaum et à celui de la piscine de Bézatha (Jean V 7. egeire kai peripatei). Cette demande de se lever et de marcher est universelle, elle s’adresse à chacun de nous, mais elle porte plus sur le moral que sur le physique. C’est pour la vie spirituelle que nous sommes paralysés et il nous est demandé de nous redresser et de nous mettre debout. Il s’agit de se mettre aux aguets et de savoir que désormais tout est possible. Une nouvelle vie commence et l’on s’attend à tout, mais l’on ne programme rien. Il convient au départ de renoncer à sa volonté propre et de s’ouvrir aux possibles, d’être prêt à toutes aventures intérieures et à tous les imprévus, car tout ce qui va se produire est inopiné. Entrer dans la vie spirituelle, c’est se dresser et s’élever au-dessus de soi-même, c’est avoir une vie d’exigence. Une vie exigeante est celle qui sait que la vraie vie est ailleurs. Il faut donc exiger toujours beaucoup de soi et être toujours insatisfait, en marche sans fin vers un toujours plus.

Marie-Magdeleine DAVY revenait sans cesse sur cette “ néfaste horizontalité ” et elle avait raison le contraire de la vie debout est la vie avachie, une vie où l’on se vautre. Avachie est à prendre au sens étymologique : une vie avachie est une vie de vache qui broute son herbe puis s’allonge tout le reste du temps pour ruminer sans rien faire. Et bien des humains ont une vie avachie, alanguie, dans la facilité ; sans faire le moindre effort ils n’attendent rien dans la démission, ce qui est exactement le contraire de l’attitude précédente. Cette vie veule est celle où l’on est plus préoccupé de son estomac que de la vie de l’esprit.

Cette exigence de verticalité est le destin de l’homme et c’est même ce qui a fait de l’homme une homme : la bipédie. Il s’est extrait d’une vie à quatre pattes, une vie facile et bornée. L’homme est un être dressé qui avance sur ses deux pieds. Il a pris ses risques et s’est ouvert dans un état de totale disponibilité. Et cette longue conquête de la préhistoire doit obligatoirement être revécue par chaque être humain : la sortie de l’enfance commence par cette conquête de la verticalité. Le bébé qui se traînait à quatre pattes prend ses risques et se dresse un jour sur ses deux pieds : quelle victoire et quelle fierté, mais aussi quelle peur, car l’on risque la chute à chaque instant.

L’exemple est donné pour la vie spirituelle. “ Lève-toi, mon amie, ma belle, viens car l’hiver est passé ” chante de Cantique des Cantiques. Il inaugure le dialogue de l’âme avec elle-même. On chemine de surprise en surprise dans la voie spirituelle. Il faut avoir une vocation d’éternité pour aller à la rencontre de soi. L’itinéraire du dedans se reconnaît à sa dimension de profondeur. Il nous reste à méditer dans le secret de notre cœur sur cette transposition.

“ Pour grimper à la montagne, il faut commencer par le premier pas ” dit le proverbe chinois. Dès que l’on est debout il faut bien faire un pas et il n’y a que le premier pas qui coûte. Car lorsqu’on a fait le premier pas, il n’y a plus qu’à recommencer et l’automatisme s’installe. Un pas après l’autre, mais il n’y a jamais qu’un seul pas à faire, un pas à la fois.

Sans cela, on reste planté, figé sur place, on végète dans son trou sans avancer. Végéter, c’est avoir une vie de légume, de végétal qui ne peut pas bouger, enraciné sur place. Il en est de même pour la femme et l’homme avec l’immobilisme : rien ne change et l’on ne bouge pas.

Mais dans l’intériorité, tout déplacement est une transformation. Ce qu’il faut justement c’est changer. Retrouver l’espoir, avoir confiance, admettre la valeur de l’univers et de la vie. Se brancher sur les forces de vie, c’est quitter les forces de mort qui œuvrent en nous. Nous cédons si facilement au découragement, en nous prétendant abandonné et délaissé. Quelle ingratitude, alors que c’est nous qui nous détournons, oublions et tournons nos regards vers les tentations.

Au contraire celui qui a entendu l’appel se met en marche vers son Amour et savoure une joie très secrète. Tous les jours il s’en rapproche, sans défaillance, et tous les soirs il fait le bilan de ses progrès de la journée. Mais sur ce chemin des crêtes la progression est difficile et les erreurs nombreuses.

Nous devons maintenant opérer la transposition et indiquer avec plus de précision ce qu’il en est dans la vie spirituelle. L’essentiel est de se réserver des moments de silence tous les jours. Il faudrait au moins une fois par jour rester assis, immobile et sans bouger, en silence au moins 15 minutes. Il est mieux au début de fermer les yeux, mais si le regard est fixe et retourné à l’intérieur, cela est aussi bien. L’important est de s’intérioriser et de devenir progressivement indifférent à ce qui se passe à l’extérieur. Cela est d’autant plus facile que l’on est passionné par ce que l’on découvre à l’intérieur et l’irruption ou l’approche de l’Amour. Certains appellent cela la prière, le recueillement, la contemplation, l’oraison, la méditation … le nom importe peu ou est moins important que l’excellence de la réalisation. Mais il n’est pas facile d’avancer seul sur ce chemin, il vaut mieux avoir l’aide de quelqu’un de plus avancé qui est déjà passé par là. Sinon on peut se tromper en toute bonne foi.

Particulièrement il existe sous le nom de méditation, une culture du Vide, qui peut être infiniment dangereuse. Elle a toujours existé, mais s’est amplifiée récemment avec la mode zen. L’esprit peut s’engourdir et donner l’impression d’un arrêt de la pensée, la production incessante des idées dans l’esprit se ralentissant, s’espaçant puis finissant pas s’éteindre. C’est un gros avantage pour tous les obsédés et tous ceux qui souffrent d’idées désagréables qu’ils ne parviennent pas à chasser (obsessions érotiques, criminelles, de violence, de vengeance, d’auto-destruction, suicidaires, d’auto-dépréciation, de culpabilisation …). Dans cette extinction ils voient un apaisement et croient (faussement) avoir atteint la paix de l’esprit. D’autres, de façon assez proche, somnolent en croyant méditer.

Ces problèmes ont été rencontrés par tous les méditants et mystiques et ont donc été décrits par eux, il y a déjà très longtemps. Par exemple ce défaut d’une langueur et d’un avachissement de l’esprit a déjà été décrit et dénoncé avec vigueur en l’an 1380 par Ruysbroeck l’Admirable : “ On rencontre d’autres hommes qui au moyen d’une sorte de vide, de dépouillement intérieur et d’affranchissement d’images, croient avoir découvert une manière d’être sans mode et s’y sont fixés sans l’amour de Dieu. Aussi pensent-ils être eux-mêmes Dieu. Ils se sont élevés à un état de non-savoir et d’absence de modes auxquels ils s’attachent et ils prennent cet être sans modes pour Dieu ” (Le livre des 7 clôtures, p.180). L’obtention de l’état de vide produit en l’homme une si grande suffisance puisqu’il est affranchi du poids de ses pensées qu’il se croit affranchi de la nature humaine et se prend pour un dieu. Une même condamnation de ce travers est fait à la même époque par un moine tibétain nyingmapa Khong-Chen, assorti de la punition de devoir renaître comme animal, puisqu’on a détruit le propre de l’homme : “ Ceux qui s’exercent à méditer avec suffisance pour supprimer toute pensée, deviennent vaniteux de cet état. Pour cette raison, ils renaîtront comme des animaux ”. L’esprit de l’homme doit rester debout et sa conscience ne doit pas s’éteindre.

La réalité se produit d’elle-même et n’est pas le produit d’un effort volontaire. La voie de l’amour est plus sure et directe que celle de la pensée. Dans ce domaine Madame Guyon est l’une des expérimentatrices les plus averties : “ L’esprit se lasse de penser et le cœur ne se lasse jamais d’aimer … Cette contemplation doit être nue et simple parce qu’elle doit être pure … On ne fait nul effort d’esprit pour s’abstraire, mais l’âme s’enfonçant de plus en plus dans l’amour, accoutume l’esprit à laisser tomber toutes les pensées, non par effort et raisonnement, mais cessant de les retenir, elles tombent d’elles-mêmes ”. Rien n’est plus vrai. Il ne faut pas faire d’efforts pour s’arréter de penser ou pour ne penser à rien, il suffit de se passionner pour cet Amour que l’on sent monter en soi et l’on ne s’occupe plus de ses pensées et distractions. Au fond les noms les plus exacts seraient peut-être ceux de recueillement ou d’absorption.

La vie debout n’est pas une vie d’absence et de sommeil, mais au contraire elle est une amplification de Conscience qui mène à ce que l’on nomme l’Eveil.

par Marc-Alain DESCAMPS
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MessageSujet: LE SYMBOLISME DES OISEAUX DANS LE MANTIQ AL TAYR.   Mar 29 Mai 2007, 14:26

LE SYMBOLISME DES OISEAUX DANS LE MANTIQ AL TAYR.



Attar emploie les oiseaux comme de subtils symboles polyvalents avec de nombreuses références aux sources historiques et littéraires. Il n’est pas suffisant de dire que les oiseaux d’Attar représentent simplement l’âme; que ceux de l’ouvrage de Ghazzali ne sont qu’une volée anonyme quand ils possèdent une identité propre dans le Mantiq el Tayr. Chaque espèce reflète les mêmes caractéristiques, doutes ou intérêts qu’ont les humains à propos du voyage (Attar 1984, 17 ; Reinert 1989, 3:24 ). Cependant, il est nécessaire d’observer chaque oiseau en respectant les qualités qu’Attar leur attribue et leur importance dans l’histoire. Vraisemblablement, Attar puise ces caractéristiques dans diverses cultures, religions, littératures et symbolismes historiques généralement connus ou acceptés à son époque, et pas seulement dans d’anciennes légendes proche orientales. Bien qu’il soit possible d’analyser le symbolisme et l’importance de chaque oiseau dans le Mantiq al Tayr, seuls quelques-uns ont été choisis afin de montrer que la description des oiseaux ne peut pas être dépeinte avec de grossiers coups de pinceaux[1].



LA HUPPE (HUDHUD )


Dans le Mantiq el Tayr, c’est la huppe qui pousse les autres oiseaux à rechercher le Simorg en répondant à leurs justifications et à leurs questions, les guidant ainsi jusqu’à Son royaume:


La huppe virevolta devant. Sur sa poitrine

brillait le symbole du chemin spirituel

et sur sa tête, la couronne de la vérité. Une huppe empennée,

éclairée, juste et intelligente.

Elle dit: ‘Mes intentions sont providentielles ;

je garde les secrets de Dieu, mondains et divins,

j’en tiens pour preuve ce signe Saint

Bismillah, que je porte gravé pour toujours sur mon bec’.

(‘Attâr 1984,32)


La huppe, qui possède les connaissances secrètes du monde spirituel, est le guide des autres oiseaux en étant capable de répondre à chacune de leur peur ou inquiétude. C’est un oiseau de bonne augure à qui la tâche a été donnée d’apporter les bonnes nouvelles et qui symbolise ‘‘ l’homme parfait ’’ et le guide ou cheikh connaissant la voie (Nurbarkhsh 1990, 154). Le statut de la huppe est unique en cela qu’il est mentionné dans le Coran. Attar dit de la huppe:


C’est sur toi que le Roi Salomon comptait

Pour porter les messages secrets entre

Sa cour et la lointaine et belle Reine de Sabah.

(‘Attâr 1984,29)


La référence ci-dessus parle du rôle d’émissaire que la huppe a dans la correspondance entre Salomon et Bilqis, la Reine de Sabah, tel que décrit dans le Coran:


Et il chercha parmi les oiseaux et dit:

Comment se fait-il que je ne vois pas la huppe

Ou alors est-elle parmi les absents?


Je la punirai d’une punition sévère

ou bien je l’égorgerai à moins qu’elle ne me présente

une bonne excuse.


Mais elle ne fut pas longue à venir, et elle dit :

J’ai découvert quelque chose que tu ne sais pas,

je t’arrive de Saba avec des nouvelles certaines.


J’y ai trouvé une femme régnant sur eux,

elle est comblée de tous les biens,

et elle possède un trône puissant.


Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil

et non devant Allah ; et Satan a embelli leurs actions à leurs propre yeux

et les a écartés du chemin (de la vérité),

de telle sorte qu’ils ne sont pas dirigés;


Afin qu’ils n’adorent pas Allah, qui révèle au grand jour ce qui est caché dans les cieux et sur la terre

et sait ce que vous cachez et ce que vous proclamez,


Allah; il n’est de Dieu que Lui, le Seigneur du Trône Immense.


(Salomon) dit :’’ Nous allons voir si tu dis vrai

ou si tu es une menteuse.


Pars avec ma lettre que voici et lance-la-leur,

puis tiens-toi à l’écart et attend leur réponse…

(Le Saint Coran 1999, 27 :20-2


Comme la représentation Coranique facilite la conversion de Bilqis et sa soumission possible à Allah, la huppe d’Attar facilite la transformation spirituelle des oiseaux qu’elle conduit. Il est intéressant de noter le parallèle entre la relation de la huppe avec les autres oiseaux et celle qu’Attar entretient avec ses lecteurs; les histoires que la huppe raconte aux oiseaux sont celles qu’Attar raconte aux hommes, et les remontrances que l’on y trouve sont adressées à l’humanité (Attar 1984, 16-17).


LE PAON (TAWUS)


Le paon est important pour beaucoup de cultures et symbolise le paradis, la vie éternelle et l’immortalité de l’âme. Certainement d’origine Indienne, il a représenté la réincarnation et l’âme de l’homme dans la mythologie Hindoue, le Bouddhisme et l’Islam (Grof and Grof 1980, 32). Dans l’Hindouisme, le paon était employé pour représenter Indra, le dieu du tonnerre, de la pluie et de la guerre. ‘‘ En récompense l’oiseau fut doté de milliers d’yeux dans ses plumes, de la capacité de réjouir quand les pluies venaient et le pouvoir de tuer les serpents. Il a été observé manifestement que l’oiseau attaque les serpents, parade et chante au début de la saison des pluies’’ ( Encyclopédia of world, mythology 1975, 221). Ceci peut nous aider à comprendre pourquoi les plumes du paon sont utilisées par certains Hindous et musulmans pour éloigner le mal (Encyclopédia of world, mythology 1975, 221 ). Attar peut avoir eu connaissance de l’importance du paon dans la mythologie Hindoue ou du moins des observations faites sur l’oiseau attaquant les serpents. D’où sa référence aux serpents :


Et bienvenue au paon, de ce paradis d’autrefois,

Qui se laissa séduire par le serpent venimeux et lisse.

(‘Attâr 1984,30)


Dans le livre Nahj al-Balâgha, ’Ali ibn Abi Talib loue la beauté et la perfection du paon, disant ‘‘ qu’Allah l’a créé dans de parfaites proportions et arrangé ses nuances avec la meilleure harmonie… Vous devriez imaginer ses plumes telles des baguettes d’argent entremêlées d’autres magnifiques plumes arrondies en forme de soleil faites d’or pur et de pièces d’émeraude. Si vous les compariez à quelque chose poussant sur terre, vous diriez qu’elles sont comme un bouquet de fleurs cueilli à chaque printemps… Elles sont donc comme des fleurs dispersées qui n’ont pas subi les pluies du printemps et le soleil de l’été’’ ( ’Ali ibn Abi Talib ; 1980, 336-337)

La beauté du paon est également décrite dans les écrits soufis. Les yeux de la queue du paon y sont comparés à ‘‘ l’œil du cœur’’ (Backhtiar 1976, 74). Selon Burckhardt, une légende soufie dit que ‘‘ Dieu créa l’esprit en forme de paon et lui laissa voir sa propre image dans le miroir de l’essence divine. Le paon fut saisi d’une peur révérencieuse (al-hayba), laissa tomber des gouttes de sueur et les autres créatures furent crées à partir d’elles. La roue du paon imite le déploiement cosmique de l’esprit’’ (Burckhardt 1976, 74).

La beauté du paon est dépeinte ainsi par Attar :


‘Le peintre du monde me créa’

Il s’exclama, ‘Mais le monde céleste que tu vois,

ne devrait pas animer ton cœur de jalousie.’

(‘Attâr 1984, 39)


Dans le Mantiq al Tayr, Attar emploie le paon comme une allusion à Adam.


‘ J’étais autrefois un habitant du paradis;

où le conseil séducteur du serpent me trompa ;

je devins son ami. Rapide fut la chute, et je fus banni de cette place.

Mon vœu le plus cher est qu’un jour béni, un guide puisse m’indiquer

le chemin qui retourne au paradis.’

(‘Attâr 1984, 39)



Tout comme Adam tenté par Satan et chassé du paradis, le paon a été également abusé par Satan. L’excuse du paon est qu’il est satisfait du paradis terrestre et que le roi est un objectif trop incertain :


‘ Le roi que tu loues

est un but trop inconnu. Mon regard intérieur

s’est fixé pour toujours sur ce beau pays.

Une chose est claire pour moi

Comment le Simorg pourrait-il être l’objet de ma quête,

alors que je me souviens du Paradis ?’

(‘Attâr 1984, 39)



L’allusion à Adam est encore plus évidente lorsque la huppe répond au prétexte du paon par l’histoire de l’élève qui demande à son maître pourquoi Adam fut obligé de quitter le paradis. Ainsi le paon est le symbole de l’Adam céleste, où l’homme qui a perdu la grâce et qui, par résignation, s’est accoutumé au paradis terrestre. Il a oublié le vrai paradis originel qui était autrefois sa demeure.

http://www.journalsoufi.com/index.php?o … p;Itemid=2


LE SYMBOLISME DE L’OISEAU ET LE CONCEPT DU SIMORG





Les différentes cultures n’ont pas uniquement employé les oiseaux pour symboliser l’esprit de l’homme. Elles les ont également considérés comme des épiphanies de la déité (Waida 1987, 2 : 224). Dans la mythologie iranienne ancienne, le Simorg était un oiseau aux pouvoirs surnaturels et une aide pour l’humanité. Etymologiquement, le mot Simorg est lié à la figure de marayô saênô (‘‘ oiseau Saêna’’) mentionné dans l’Avesta ( les anciennes écritures du Zoroastrisme), et à la figure de sên murw (‘‘ Sên l’oiseau ’’) du persan moyen, ou du Pahlavi, considéré comme le chef de tous les oiseaux (Avery 1998, 472 ; Blois 1967, 9 :615). On trouve également le Simorg dans le très connu Shah-nâmé de Firdousi, en énorme créature protectrice de Zâl (élevé par le Simorg après avoir été abandonné par ses parents) et de son fils Rostam (Blois 1967, 9 :615). En raison de ses liens avec l’Iran ancien, le Simorg est devenu une métaphore du Divin dans la littérature Persane (Ernst 1999, 2 :359). Le Simorg est très proche de l’ ‘‘Anqa’’ du folklore Arabe (Avery 1998,471).


Cet oiseau fabuleux, leur 'Graal' interieur, et le Simurgh.

Après ce voyage dans les 7 valées Initiatique Ce refus les plonge les trente oiseaux rescapés dans un profond désespoir. Ils apprennent alors l'ultime vérité : l'Unité Universelle de toute chose et de tous être dans le temps.
Les rescapés, attendent, mûrissent, prient et méditent. ( En Persan, "Simorg. " signifie " Si " trente, " muorg " oiseaux, c'est-à-dire trente oiseaux).






L'Orient désigne le monde spirituel
qui est l'Orient majeur auquel se lève
le pur soleil intelligible,
et les « Orientaux » sont ceux dont la demeure intérieure reçoit
les feux de cette éternelle aurore.


Henry Corbin


« Nous avons un roi légitime, il réside derrière le mont Câf [1]. Son nom est Simorg ; il est le roi des oiseaux. Il est près de nous, et nous en sommes éloignés. Le lieu qu’il habite est inaccessible, et il ne saurait être célébré par aucune langue. Il a devant lui plus de cent mille voiles de lumière et d’obscurité. Dans les deux mondes [2], il n’y a personne qui puisse lui disputer son empire. Il est le souverain par excellence ; il est submergé dans la perfection de sa majesté. Il ne se manifeste pas complètement même au lieu de son séjour, auquel la science et l’intelligence ne peuvent atteindre. Le chemin est inconnu, et personne n’a assez de constance pour le trouver, quoique des milliers de créatures le désirent. L’âme la plus pure ne saurait le décrire, ni la raison le comprendre. On est troublé, et malgré ses deux yeux, on est dans l’obscurité. Aucune science n’a encore découvert sa perfection, aucune voie n’a encore aperçu sa beauté. Les créatures n’ont pu s’élever jusqu’à son excellence ; la science est restée en arrière, et l’œil a manqué de portée. C’est en vain que les créatures ont voulu atteindre avec leur imagination à cette perfection et à cette beauté. Comment ouvrir cette voie à l’imagination, comment livrer la lune au poisson ? Là des milliers de têtes seront comme des boules de mail ; on n’y entendra que des exclamations et des soupirs. On trouve tour à tour dans ce chemin l’eau et la terre ferme, et l’on ne saurait se faire une idée de sa longueur. Il faut un homme au cœur de lion pour parcourir cette route extraordinaire ; car le chemin est long et la mer profonde. Aussi marche-t-on stupéfait, tantôt riant, tantôt pleurant. Quant à moi je serais heureuse de trouver la trace de ce chemin, car ce serait pour moi une honte que de vivre sans y parvenir. À quoi servirait l’âme, si elle n’avait un objet à aimer ? Si tu es un homme, que ton âme ne soit pas sans maîtresse. Il faut un homme parfait pour un tel chemin, car il doit savoir introduire son âme à cette cour. Lave-toi bravement les mains de cette vie, si tu veux être appelé un homme d’action. À quoi servirait la vie, si on ne l’aimait pas ? Pour ta bien-aimée, renonce à ta vie chérie, comme les hommes dignes de leur vocation. Si tu livres gracieusement ton âme, tu mériteras que ta bien-aimée te sacrifie sa vie. »

pour ceux que ce sujet interresse:
http://collection-orient-occident.intex … _le_simorg


Dernière édition par le Dim 30 Sep 2007, 21:50, édité 1 fois
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MessageSujet: L’imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’Arabi   Mar 29 Mai 2007, 22:55

Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’Arabi


par henri Corbn avec une préface de Gilbert Durand. Editions Entrelacs. ISBN : 978-2-908606-41-6

Résumé :

Ibn’Arabi (Murcie 1165-Damas 1241), philosophe, théologien et mystique musulman, est reconnu dans la tradition du Soufisme comme le plus grand Maître. C’est le philosophe qui a sans doute le mieux théorisé l’unicité de Dieu, reconnaissant la présence divine en toute forme et toute image. Disant de lui : " Je ne suis ni un prophète, ni un Envoyé, je suis simplement un héritier, quelqu’un qui laboure et ensemence le champ de la vie future ". Ibn’Arabi se donnait la capacité de convoquer les prophètes hors de " présences imaginales " se considérant comme l’équivalent des Envoyés de Dieu. Plus qu’une biographie du Maître Ibn’Arabi, l’ouvrage est une étude, une analyse approfondie de l’univers de la spiritualité comme source de l’"imagination créatrice ". Selon ces réflexions et méditations, la Création, macrocosme cosmique, ombre visible de la lumière originelle est d’abord une matérialisation du verbe divin. Aux conditions initiales de la création des mondes répond la créature imaginant aussi son monde ou ses mondes, poursuivant elle-même la création et renouvelant. C’est par cette étude, fondatrice dans son œuvre, que Corbin a forgé le concept " d’imaginal ", initiant ici le décloisonnement qu’il poursuivra à travers toute son œuvre entre l’imaginaire et la science.

Biographie succinte de l’auteur :

Henry Corbin (1903-1978) est l’un des philosophes français les plus importants du XXe siècle. Son œuvre (une trentaine d’ouvrages) est consacrée à la philosophie islamique (Histoire de la philosophie islamique), et plus particulièrement au chiisme iranien et à sa mystique (Le Livre de la sagesse orientale, L’archange empourpré).


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Biographie d’Henri Corbin




Henry Corbin est né à Paris en 1903, dans une famille protestante - sa mère mourra quelques jours après sa naissance. Une licence de philosophie en 1925 et des cours avec Gilson l’orientent vers l’étude de l’arabe (Langues O) et l’École pratique des Hautes Études d’où il sort diplômé en 1928. La même année, il entre à la Bibliothèque Nationale où il rencontre Louis Massignon dont « une inspiration du ciel » va décider de sa vocation : « Je lui parlais des raisons qui m’avaient entraîné comme philosophe à l’étude de l’arabe, des questions que je me posais entre la philosophie et la mystique, de ce que je connaissais, par un assez pauvre résumé en allemand, d’un certain Sohravardî... Alors Massignon eut une inspiration du ciel. Il avait rapporté d’un voyage en Iran une édition lithographiée de l’œuvre principale de Sohravardî, Hikmat al-Ishrâq : « la Théosophie orientale ».

Avec les commentaires, cela formait un gros volume de plus de cinq cents pages. « Tenez, me dit-il, je crois qu’il y a dans ce livre quelque chose pour vous. » Ce quelque chose, ce fut la compagnie du jeune shaykh al-Ishrâq qui ne m’a plus quitté au cours de ma vie ». De cet épisode date « l’initiation » de Henry Corbin. Car Sohravardî incarne une certain « style de conscience et de vie spirituelle » auquel Henry Corbin restera fidèle toute sa vie, en notant d’ailleurs que le sens et la portée de la philosophie du shaykh al-Ishrâq débordent son cadre : « Elle est une forme de l’aventure humaine, qu’il importe à l’homo viator de méditer spécialement de nos jours. » Les années suivantes le verront suivre les cours des Massignon, Gilson, Puech, Benveniste, Koyré et accomplir plusieurs séjours en Allemagne où il découvre l’œuvre du philosophe Heidegger - qu’il rencontrera à plusieurs reprises et dont il sera le premier traducteur en France - Qu’est-ce que la métaphysique ? en 1939. Il se marie en 1933 avec Stella Leenhardt, « Stella matutina », à qui il dédicacera son œuvre majeure, En Islam iranien, en 1971, en ces termes : « Stellae consorti dicatum ». Parmi les amitiés de ces années, il faut signaler celle de Nicolas Berdiaev.

En 1939, il part pour une mission de six mois à l’Institut français d’archéologie d’Istanbul où la guerre le retiendra finalement jusqu’en 1945. C’est là qu’il préparera l’édition des œuvres de Sohravardî. A la mi-septembre, il part pour Téhéran et lance le projet d’un département d’Iranologie au sein du nouvel Institut français. Il en assurera la direction jusqu’en 1954 et créera la fameuse Bibliothèque iranienne .

Il donne sa première conférence à Ascona en 1949, inaugurant une collaboration qui durera jusqu’à sa mort..

Le Centre Eranos a représenté infiniment pour Henry Corbin : « Ce que nous voudrions appeler le sens d’Eranos, et qui est aussi tout le secret d’Eranos, c’est qu’il est notre être au présent, le temps que nous agissons personnellement, notre manière d’être. C’est pourquoi nous ne sommes peut-être pas de notre temps », mais nous sommes beaucoup mieux et plus : nous sommes notre temps. Et c’est pourquoi Eranos n’a même pas de dénomination officielle ; ni de raison sociale collective. Ce n’est ni une Académie, ni un Institut, pas même quelque chose que l’on puisse, suivant le goût du jour, désigner par des initiales. Non, ce n’est pas un phénomène de notre temps ».

Il faut savoir que pendant quelque cinquante ans la propriété de Madame Fröbe-Kapteyn, à Ascona, « sur les rives du lac majeur », a été le centre symbolique d’une communauté de chercheurs spirituels, parmi lesquels on peut citer outre Corbin, Massignon, Jung, Denis de Rougemont, Rudolf Otto, Gershom Scholem, Mircea Eliade, etc.

A partir de 1955, Henry Corbin partagera son temps entre Paris et Téhéran, entre son enseignement à l’École des Hautes Études (de janvier à juin) et la direction du Département d’Iranologie de l’Institut franco-iranien (docteur honoris causa de l’Université de Téhéran en 1958). En 1959, paraît son Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn ‘Arabî dont la rédaction fut, selon ses propres termes, « un nouveau point de départ, un moment privilégié dont la clarté illumina la route suivie depuis lors » et, en 1961, grâce à Marie-Madeleine Davy, Terre céleste et corps de résurrection. Ces deux ouvrages connaîtront l’un et l’autre une deuxième édition, respectivement en 1975 et 1978. Il convient de s’y attarder, parce qu’elles permettent de préciser la « notion » fondamentale dans l’œuvre de Corbin de « monde imaginal ».

Dans le premier de ces ouvrages, il dira : « Que l’on entende pas le mot « images » au sens où de nos jours on parle à tort et à travers d’une civilisation de l’image ; il ne s’agit jamais là que d’images restant au niveau des perceptions sensibles, nullement de perceptions visionnaires. Le mundus imaginalis de la théosophie mystique visionnaire est un monde qui n’est plus le monde empirique de la perception sensible, tout en n’étant pas encore le monde de l’intuition intellective des purs intelligibles. Monde entre-deux, monde médian et médiateur, sans lequel tous les événements de l’histoire sacrale et prophétique deviennent de l’irréel, parce que c’est en ce monde-là que ces événements ont lieu, ont leur « lieu ».

Dans le second qui aura changé de titre, à la faveur de sa réédition, " Corps spirituel et terre céleste ", le prélude à la deuxième édition s’intitule « Pour une charte de l’Imaginal ». On y lit ceci :

« La fonction du mundus imaginalis et des Formes imaginales » se définit par « leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, elle immatérialise les Formes sensibles, d’autre part, elle imaginalise les formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal symbolise d’une part avec les Formes sensibles, d’autre part avec les Formes intelligibles. C’est cette situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle s’est dégradée en « fantaisie », ne secrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. »

De là ce qui donne une indication claire des Fidèles d’amour - de ce qu’est une vision : « Si un Nom divin ne peut être connu que dans la forme concrète qui en est la théophanie, de même toute Figure divine archétype ne peut être contemplée que dans une Figure concrète - sensible ou imaginale - qui la rende visible extérieurement ou mentalement ».

On peut donc dire que le plus remarquable chez Henry Corbin est sans doute d’avoir « revivifié » pour l’Occident ce mundus imaginalis « qui n’est ni le monde empirique des sens ni le monde abstrait de l’intellect » - dont la notion - et donc la réalité - s’était éclipsée depuis plusieurs siècles de pieux agnosticisme et de Lumières. Or, on conviendra qu’il s’agit de quelque chose qui éclaire considérablement le sens de notre pèlerinage vers nos origines, vers l’Orient, cette nostalgie du « paradis perdu », qui aiguise notre sentiment d’exil en ce monde et avive, pour les uns, le désir eschatologique du monde à venir, pour les autres, l’attente de leur délivrance.

D’autres ouvrages seront publiés, après 1959, qui récapitulent l’ensemble des travaux de Henry Corbin en matière d’ésotérisme - de gnose. Or, il est indispensable de bien comprendre que l’ésotérisme vu par Henry Corbin, c’est la théosophie mystique et surtout la gnose, en relation avec l’enseignement qu’il avait retiré de la fréquentation des textes ismaéliens et qui lui fera affirmer : « La gnose shî’ite est par excellence l’ésotérisme de l’Islam ». En cela, bien sûr, Henry Corbin parait fort éloigné de René Guénon et de l’ésotérisme « traditionnel » tandis qu’en termes d’ésotérisme chrétien, cette orientation de son œuvre l’inscrit dans la lignée de Swedenborg, de Novalis, et surtout de Jacob Boehme.

Parmi ces ouvrages, il faut citer, par exemple, son Histoire de la philosophie islamique, en 1968. C’est aussi son Anthologie des philosophes iraniens depuis le XVIIème siècle jusqu’à nos jours. Ce sont surtout ses quatre volumes d’En Islam iranien, à partir de 1971. En 1974 vient sa retraite universitaire pendant laquelle il continue à donner des conférences et à séjourner en Iran. Il fonde aussi à Paris une Université Saint-Jean de Jérusalem qu’il définit comme un « Centre international de recherche spirituelle comparée » et qui ne lui survivra guère.

Il meurt à Paris le 7 octobre 1978.



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MessageSujet: La Religion Cosmique   Ven 01 Juin 2007, 14:09

La Religion Cosmique




Mei-Hia J.

Si nous pouvons considérer toutes les religions comme vraies car émanant d’une source unique, force est de constater qu’aucune d’entre elles n’a su gardé la pureté et l’authenticité qui faisaient d’elles une religion universelle alors que le Maître-fondateur était présent au milieu de ses disciples. Mais au lieu de cela, tous les grands courants religieux et spirituels sont tombés dans le piège de la présomption et ont ainsi perdu ce qui faisait d’elles des religions universelles. Pourquoi ? C’est ce que tente d’expliquer cet article.




Les religions, miroir brisé de la Vérité

Toutes les Religions sont vraies, et leurs prétentions à la Vérité toutes recevables : L’Un est sans exception le Multiple. Et toutes fausses dans leur particularité et leur présomption à représenter la Totalité universelle. Il en est de la Vérité rapportée par les visionnaires comme de l’Eléphant décrit par quatre aveugles dans la fable indienne. L’un vit la Majesté insoutenable, le Roi de Gloire et de Terreur, en fut aveuglé et ne vécut plus que dans la crainte et la soumission.
L’autre connut la présence chaleureuse et aimante, l’appela Père des Cieux, aima le monde et enseigna l’Amour universel. Un autre découvrit l’Ami, le Confident, et devint l’intime du Béni ; mais cette Présence se fit pesante, étouffante et asservissante. Un autre encore pénétra la Vacuité insondable, rien qu’un Vide sans nom, désespéra de ce silence et du Monde, et chercha moyen d’y échapper. Telle est la connaissance : un miroir brisé dont les morceaux rassemblés peuvent seulement recomposer l’image véritable du divin. L’humanité ploie courbée sous une chape d’ignorance, écrasée et mortifiée par ces « Montagnes sacrées » que sont le Sinaï, le Golgotha, le Swavanabu, le Hira et le Shivline. Qui donc la dégagera de cette illusion universelle ?
Cet égarement peut être le fait de la Nature elle-même, du Milieu vital. Car c’est la Nature qui a parlé d’avantage aux hommes que le Ciel. Opulente et accueillante, ou au contraire désertique et inhospitalière, elle imprègne et marque véritablement les esprits de fécondité ou d’aridité, d’amabilité ou d’hostilité. L’aridité du climat crée ainsi les conditions de morales austères, sévères et rigoristes, heureusement tempérées par des vertus d’entraide, d’hospitalité, de partage et de charité, tout comme la misère sociale et économique engendre inévitablement le nihilisme, le négativisme et la « commisération ». En l’occurrence, l’externe commande à l’interne : faut-il alors regarder la charité comme la bonté d’âme ou la contrainte du Milieu, une nécessité de la survie commune ; et l’ascétisme comme la libre dévotion ou la vertu du dénuement ? Faire de nécessité vertu, est ici vrai : cette nécessité transmue la résignation fataliste devant l’ingrate Nature en soumission dévote, l’endurance au climat en rigorisme et zèle pieux. Quand la Nature parle, contraint et s’impose avec une telle évidence, peut-on vraiment encore parler de « Révélation » ? La religion des Sémites ne pouvait que naître du désert, le taoïsme de la ruralité, le confucianisme du milieu des lettrés, l’hindouisme et le bouddhisme de la précarité misérable : les Religions fixent simplement, codifient et interprètent en termes d’obligations, de devoirs, de règles et de commandements ce qu’elles identifient comme étant l’assentiment général des valeurs, la coutume régnante ou encore la réalité sociale, politique ou économique.

La dégénérescence des religions

Autre motif d’égarement, le peuple lui-même. Nombre de prophètes et d’illuminés furent chevriers et gardiens de troupeau : Quoi d’étonnant qu’ils aient rendu l’humanité bourrique ? Le peuple pervertit toute forme d’inspiration, serait-elle aristocratique ou sacerdotale ; il n’entend guère le pur, le sublime et le transcendant. Son goût du théâtral, du rituel pompeux et de l’attirail dévot, le conduit à substituer la déraison à la Raison, le fanatisme à la tolérance, la minutie à l’essentiel, et le merveilleux au vrai : par là s’avilit toute pensée élevée, culminante, née dans la Lumière, se noie toute profondeur dans l’insignifiant et le dérisoire. Le meilleur exemple en est le taoïsme. Lorsqu’il ne comprit plus l’éternité inscrite dans sa doctrine et voulut la rechercher dans l’immortalité du corps, sa conservation et sa préservation, il dégénéra et devint croyance populaire, un fatras de procédés diététiques, alchimiques, yoguiques et magiques. Son enseignement premier était pourtant que la mort était l’autre face de la Vie, la boucle invisible du même Cercle éternel de l’existence, un autre état de l’être.
En matière de Vérité, le taoïsme représente quand même le bon sens ; le bouddhisme un contre-sens métaphysique ; le christianisme, un excès de sens moral ; le mosaïsme et le mahométisme un sens du divin dévoyé ; et l’universisme confucianiste un sens de la Nature accompli. Mais le sage, parvenu au bord de l’Océan de la Vérité, doit se rappeler la nature véritable des choses : le vrai est un changement sans fin ; le faux est un changement sans fin. Et si un choix s’impose malgré tout, il lui faut préférer l’éclairé à l’éveillé ou bien à l’illuminé : car c’est préférer la non-conscience (l’immersion taoïste) à l’abolition de la conscience, la dissolution du soi bouddhiste et à la mauvaise conscience (la culpabilité chrétienne). L’éclairé parvient à la connaissance par lui-même, l’éveillé ne connaît pas s’il ne rêve pas d’être éveillé ; l’illuminé a besoin d’une lumière du dehors pour connaître. Mais qui sait si l’homme est prêt pour la Vérité ultime ? C’est à l’instant où l’on culmine au sommet qu’on est au pic de l’abîme, où l’on touche à la hauteur qu’on se risque sur le vide, où l’on atteint à la Compréhension ultime que l’on tombe dans la Réprobation, le Refus et la Révolte ! Et cet inacceptable, cet intolérable, qu’est-il sinon que le Mal est aussi la nature de l’Univers, et sa stratégie même ? Que voulait donc cacher le voile pudibond du sacré ? Que l’humanité serve des dieux doit à l’impie, au blasphémateur et au mécréant d’avoir été délivrée ; au réprouvé de lui avoir enseigné l’infinitude de l’Amour; à l’Adversaire, à l’Antagoniste de l’avoir servie dans son évolution ; et en vérité à qui su la détourner de l’avoir éduquée et sortie de l’égarement, à qui su la contraindre et la combattre de l’avoir éclairée et éveillée.

(A SUIVRE) dans la revue l'Initiation Novembre - Décembre - 2006
disponible dans votre point presse.

http://www.magazinelinitiation.com/articles.php?Titre=La%20Religion%20Cosmique

:50:
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MessageSujet: Les autres visages de l’Islam   Sam 02 Juin 2007, 14:59

Les autres visages de l’Islam



Qui serait assez fou pour imaginer qu’un milliard d’humains vivent actuellement sur cette planète sous la règle démente du fanatisme ? L’islam, branche benjamine des trois Religions du Livre, a nourri au fil des siècles d’admirables joyaux de civilisation. Ceux-ci n’ont pas plus de rapports avec les fondus de l’intégrisme barbare que la civilisation allemande n’en a eu avec les furieux nazis - qui pourtant se réclamaient véhémentement des divinités germaniques. Mais le temps est irréversible. Nul ne peut revenir en arrière. Par contre, il est toujours possible d’essayer de tout faire sauter. Les fascistes, les nazis, les intégristes, les barbares sans réelle foi sensible, l’emportent souvent dans un premier temps, parce qu’ils n’ont pas peur de tuer. Ils finissent généralement par se suicider. Au fil des années, Nouvelles Clés s’est appliqué à donner la parole à de grands penseurs musulmans et penseuses musulmanes.

Nous vous en présentons ici un petit échantillon.



Sommaire des articles du dossier "Les autres visages de l’Islam"

L’Islam cheveux au vent...
Par Patrice van Eersel
Jésus qui revient à la fin des temps musulmans, le Prophète Mahomet féministe : une lecture osée du Coran ? Non, la réalité des textes et de l’histoire bafouée par les intégrismes de tous poils. Ainsi que le soulignent beaucoup de commentateurs, il est devenu (...)


Un islam moderne doit se lever en France
Entretien avec Dalil Boubakeur
Un vieux cliché fait parfois dire aux Occidentaux : “L’islam ne peut pas évoluer". Pari très pessimiste sur l’humanité. En discutant avec l’un des principaux responsables musulmans de France, le Dr Dalil Boubakeur, c’est tout le (...)


Lumière dans la nuit Algérienne
Par Charles Ben Aarsil
Quoi de plus insupportablement douloureux que le long et systématique massacre d’innocents perpétré des mois et des années durant, sous le regard impuissant et gêné de I’« opinion internationale » ? Dans la longue et épouvantable liste, il y eut récemment (...)


Entretien avec Cheikh Bentounès
Propos recueillis par Bruno Solt
Maître soufi de la confrérie Alawiya de Mostaganem, Cheikh Khaled Bentounès, qui fait régulièrement le voyage entre les deux rives de la Méditerranée, se retrouve au coeur du drame algérien. Homme de paix, qui consacre toute sa vie à oeuvrer pour le dialogue entre les (...)


Les meilleures musiques Soufi
Par Jean-Pierre Lentin
Pour découvrir la musique soufi, ou plutôt les musiques inspirées par le soufisme dans les nombreuses régions où il s’est implanté, il existe une compilation incontournable, un coffret double-CD richement illustré et commenté, "Sufi soul, échos du paradis" (Network). (...)
http://www.nouvellescles.com/rubrique.php3?id_rubrique=115
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Sam 02 Juin 2007, 22:46

Une vision du monde révolutionnaire

L’enseignement de Jacob Boehme (1575-1624) montre une grande similitude avec l’enseignement gnostique de Mani. Beaucoup d’« amants de la sagesse » et de théologiens de son époque et des siècles suivants ont été fortement influencés par ses idées.
Boehme écrit dans La signature des choses les paroles suivantes, que Mani aurait pu dire : « Pour l’homme créé par Dieu à son image et à sa ressemblance, quelles que soient ses activités, la plus utile est de toujours méditer sur sa condition et se demander ce qu’il est, et d’où viennent le bien et le mal ? C’est dans ses pensées qu’il trouvera la cure pour son corps et pour son âme, et qu’il apprendra à la mettre en œuvre ; il saura comment il doit se préparer pour que son corps et son âme s’ouvrent à l’œuvre de salut. Il connaîtra son créateur et les mystères des sublimes merveilles de Dieu lui seront révélés. »
Comme d’autres gnostiques, Mani développa son enseignement sous la forme d’un mythe qu’il écrivit et peignit dans Dessin des deux grands principes, livre aujourd’hui disparu.
Le mythe de Mani raconte symboliquement l’histoire de l’univers et de l’homme. Il donne des deux une vision grandiose, fantastique et très pure, mais difficile à accepter pour un matérialiste ou un intellectuel, à moins d’être attiré par les secrets de la vie et de chercher ce qui se cache derrière elle ou en elle.
Mani propose son enseignement en une représentation imagée. L’essence de la « doctrine des deux principes et des trois temps » de Mani est résumée par la formule suivante, extraite du Compendium chinois, texte retrouvé en 1911 dans le Turkestan oriental et qui énonce à l’intention du chercheur de vérité les règles fondamentales pour entrer en religion : Il faut distinguer d’abord les deux principes. Celui qui demande à entrer en religion doit savoir que le principe de la Lumière et le principe des Ténèbres ont chacun des natures séparées ; s’il ne distingue pas cela, comment se perfectionnerait-il ? Il faut ensuite saisir les trois moments qui sont le moment antérieur, le moment médian et le moment postérieur. »
Ainsi sont exposés, sans autre préalable, les concepts principaux de la conception manichéenne du monde. Il faut d’abord faire l’effort de penser l’univers avant l’apparition de l’espace et du temps. Avant que la créature puisse être formée, il existait deux principes séparés qui étaient tous les deux éternels et inconciliables : la Lumière et les Ténèbres, l’Esprit et la Matière. Dans l’enseignement non-dualiste de la Bhagavad-Gita, on trouve une formule semblable : « Sache que Purusha (l’Esprit universel) et Prakriti (la Nature) sont tous deux sans origine et éternels. »
Mani relate ses expériences intérieures comme suit : « Dans les années d’Ardashir, roi de Perse, je grandis et atteignis la maturité. L’année même où Ardashir [mourut], le Paraclet vivant descendit sur moi, et me parla. Il me révéla le mystère caché, qui était celé aux mondes et aux générations : le mystère de la Profondeur et de la Hauteur. Il me révéla le mystère de la Lumière et des Ténèbres, le mystère du conflit et de la grande guerre que les Ténèbres avaient suscités. Il me révéla comment la Lumière vainquit les Ténèbres par leur mélange et comment ce monde fut établi […] Il m’éclaira sur le mystère de la formation d’Adam, le premier homme. Il m’instruisit du mystère de l’Arbre de la connaissance dont Adam mangea, par lequel ses yeux purent voir ; le mystère des Apôtres qui furent envoyés dans le monde pour établir les Eglises […] Ainsi me fut révélé, par le Paraclet, tout ce qui a été et tout ce qui sera, et tout ce que l’œil voit, et que l’oreille entend et que la pensée pense. Par lui j’appris à connaître toute chose, je vis le Tout à travers lui, et je devins un seul corps et un seul esprit. »
Grâce à des travaux récents, la science et la mythologie ne nous apparaissent plus aussi opposées l’une à l’autre. Il apparaît que des découvertes scientifiques corroborent certains mythes, malgré que le temps ait sans doute élagué ces histoires d’un passé immémorial. Pour Mani, l’apparition du cosmos et son organisation à partir du chaos sont la conséquence du mélange entre deux principes qui, à l’origine, étaient séparés : l’Esprit et la Matière, la Lumière et les Ténèbres. Ordre, désordre et organisation sont inséparables dans la vision manichéenne, notre univers physique étant à la fois mécaniquement parfait, déterminé, justifié, rationnel ; et incohérent, dément, irrationnel, porteur de destruction et de mort. De l’acceptation et de la résolution de cette contradiction logique dépend notre destinée ; l’homme doit choisir entre la vie et la mort ; entre la vie de l’Esprit et la mort de la matière, et la conscience qui en découle.
Selon Mani, le monde est le produit d’un accident, d’une chute. Par cette vision, il s’oppose aux doctrines religieuses et théologiques traditionnelles, qui voient la création comme un produit parfait du créateur, et de ce fait n’expliquent pas l’origine du mal. Les théories évolutionnistes sont également surtout monistes. Elles se basent sur la science (darwinisme ou néo-darwinisme), sur la philosophie et la politique, sur la mystique et la prophétie. Ici, la création et son développement sont l’évolution de l’Un, du néant vers l’Esprit qui, un jour, transformera le Mal en Bien.
Chez Mani il ne peut pas y avoir transformation ou changement, mais uniquement retour à la situation originelle où les deux principes étaient séparés. Dans ce sens, il n’est pas question ici d’un retour à l’Unité, perçu comme la fusion des deux principes antagonistes, tel que cela apparaît dans la plupart des enseignements religieux et mystiques. Lorsque chaque entité sera retournée à l’origine, ces principes antagonistes, s’étant acquis de leur tâche, seront neutralisés.
L’Eglise officielle et certains mystiques chrétiens condamnaient la vision que Mani avait du monde et la trouvaient scandaleuse. Maintenant que beaucoup de textes perdus ont été découverts et approfondis, on peut dire que Mani était très en avance sur son temps, que sa pensée et sa vie furent purement gnostiques et qu’il s’est constamment appliqué à montrer que l’aventure intérieure spirituelle n’est pas compatible avec une simple philosophie.
Un enseignement qui place le salut de l’homme ou du monde dans un futur proche ou lointain et non dans le présent est « messianique ». Le salut dépend ici du retour d’un sauveur. A l’inverse, l’enseignement gnostique place le salut de l’homme et de l’humanité dans le présent. Le gnostique sait qu’il doit se libérer des influences du monde avant de commencer le chemin de la transfiguration. « Pour améliorer le monde, commencez par vous-même », dit un vieux dicton. Les adeptes du messianisme veulent au contraire d’abord améliorer le monde et espèrent que le grand changement suivra, et pour atteindre cette fin, ils justifient tous les moyens.
L’histoire de l’humanité montre que ces deux tendances opposées sont toujours présentes à chaque époque, particulièrement dans les périodes de grands changements cosmiques et intercosmiques, comme c’est le cas aujourd’hui avec le début de l’ère du Verseau qui balaie toutes les valeurs anciennes. L’humanité entière est touchée par ces deux courants. D’un côté l’appel dit : « Ne remettez pas à plus tard ! Hora est ! » et de l’autre : « Attendez ! » Ces deux impulsions parviennent de l’homme et y trouvent un écho. L’humanité est touchée, et chacun doit choisir : ou remettre à plus tard, ou commencer dès à présent. Prendre encore un détour, ou choisir le chemin qui mène droit au but.
La Pistis Sophia nous rappelle que la Gnose s’exprime toujours en deux courants de force, l’un descendant, prophétique, appelé Pistis (foi ou intelligence) et l’autre ascendant, initiatique, Sophia (Sagesse). Les manichéens parlent ici des courants de l’Appel et de la Réponse et les gnostiques musulmans chiites des cycles de la Prophétie et de l’Imâmat.
Aux concepts gnostiques de la Pistis et de la Sophia, l’homme moderne oppose l’évolutionisme messianique. A l’inverse, les fondateurs de l’Ecole Spirituelle de la Rose-Croix d’Or fondent leur doctrine sur les très vieilles révélations gnostiques parce que le point crucial en est l’activité personnelle de l’être. Cette franc-maçonnerie personnelle est en effet fondamentale pour atteindre la source originelle à l’intérieur de soi.
Alors que l’humanité se trouve actuellement devant un développement radicalement nouveau, le moment de la séparation définitive entre les deux courants, gnostique et messianique, est venu, tout comme au début de l’ère des Poissons. Ces deux courants existent en chacun de nous, mais ne se sont jamais entendus car leurs objectifs sont opposés, ce qui fait que chacun est placé devant un choix : soit se conformer au plan originelle de la vie, soit en dévier. Ces deux courants traduisent deux conceptions antinomiques du monde, de l’homme, du temps, et en particulier entre Esprit et Matière. L’un plaide pour l’évolution biologique, ou matérialisme spirituel, parce qu’il situe le centre du développement dans la personnalité humaine. L’autre rejoint la vision dualiste de Mani.
Ce qui les distingue pourrait s’exprimer par cette question éternelle: faut-il séparer l’Esprit de la Matière, ou unir l’Esprit à la Matière?
Les développements les plus récents de la science, avec l’apparition de la physique relativiste et quantique, de la notion de complexité, et de la récente théorie du chaos, confirme la vision paradoxale de notre univers soumis à des dynamiques contraires telle que l’envisageait Mani, et montre que les notions d’ordre, de désordre et d’organisation sont inséparables. Les notions de hasard et de désordre ne sont apparues qu’avec le développement des théories sur le transfert de l’énergie entre molécules, atomes et particules ; ensuite avec le principe d’Heisenberg qui énonce l’impossibilité de déterminer à la fois la vitesse et la position d’une particule et enfin avec la théorie du Big-Bang.
A première vue, ces deux visions du monde ne sont pas tellement éloignées l’une de l’autre. Ses propres découvertes obligent la science moderne à réfléchir aux similitudes, aux concurrences et aux antagonismes à propos des notions d’ordre et de désordre ou chaos. Pour Mani l’issue était évidente, car il puisait à une autre source. Mais similitude ne signifie pas identité. Science et spiritualité (à ne pas confondre spiritualité et mystique) apparaissent bien comme deux lectures de l’univers convergentes, mais leur essence et leurs méthodes demeurent irrémédiablement étrangères et irréductibles comme le montrent de manière exemplaire les entretiens très « manichéens » de Krishnamurti et du physicien D. Bohm rapportés dans Le temps aboli.
L’extrait suivant de L’Aurore naissante de Jacob Boehme l’explique également : Certes, cher lecteur, je comprends bien la pensée des astrologues (astronomes). J’ai d’ailleurs lu quelques lignes de leurs écrits, et je sais assez bien comment ils décrivent les orbites du soleil et des étoiles ; je n’ai d’ailleurs aucun mépris pour leurs théories, et je pense que pour la plupart elles sont bonnes et justifiées. Que de mon côté j’écrive différemment sur de nombreuses choses, cela n’est pas dû à une volonté délibérée ni à une attitude de doute à l’égard de ce qu’ils affirment […] car pour ma part, je n’ai pas acquis ma science par l’étude […] Mais comme je vois les portes de Dieu dans mon esprit et que je ressens aussi l’impulsion nécessaire pour cela, j’écrirai ce qui est juste à mes yeux et je ne reconnaîtrai là-dessus l’autorité d’aucun homme.
L’enseignement de Mani, comme celui de Jacob Boehme qui peut lui être comparé, était en vérité une révélation. Or ce qui est révélé ne peut pas être trouvé par la pensée rationnelle même géniale, parce que la révélation est à comprendre ici comme une vision subite et intérieure, inaccessible à la raison humaine. En termes modernes nous parlons ici de « vision pénétrante » comme en ont eue par exemple des érudits du passé de façon partielle, ou beaucoup de grands spirituels en tant que totalité.
Hier comme aujourd’hui cette révélation est reçue au moment où l’âme libérée se relie à l’Esprit divin. A un tel moment, il y a « illumination intérieure ». Les manichéens et les gnostiques chrétiens appelaient cette effusion de l’Esprit dans l’âme : Christ ou le Paraclet. Tant que cette expérience intérieure n’est pas vécue, le scientifique ou le chercheur spirituel a du mal à pénétrer le véritable contenu des textes de Mani et de Jacob Boehme. Il est clair que dans cette quête du sens vrai du message de Mani, la pensée spéculative ou l’approche symbolique ne suffisent pas. « Dieu nous l’a révélé par son Esprit ; car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu » (Paul 1 Corinthiens, 2, 10). Et Mani écrit : « L’homme ne doit pas croire s’il n’a pas vu de ses propres yeux. »


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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Sam 02 Juin 2007, 22:49

Shâ-Nâmeh, le livre des rois Iranien ?



Composé vers l’an 1000 par le grand poète Firdoussi et comprenant 50.000 vers, le Shâ-Nâmeh est aussi considéré et connu en Iran que l’Odyssée d’Homère ou La Divine Comédie de Dante en Occident.

Le Livre des Rois est une gigantesque épopée sur les temps anciens où de sages princes conduisaient leurs peuples de façon juste et portèrent leur civilisation à un immense épanouissement. On rapporte de Jamshid, le quatrième roi de cette période, que son trône flottait dans l’air et qu’il possédait une coupe magique à sept cercles. Dans la mythologie de la Perse cette coupe est connue comme la Coupe de Jamshid. Plus tard elle fut appelée La coupe qui reflète l’univers. Jamshid cependant, trop satisfait de lui-même, tomba sous l’emprise du mal. " Sur terre, je ne connais que moi-même. le trône royal n’a encore jamais vu un homme aussi fameux que moi. " Son esprit s’égara et il fut détrôné par un jeune homme aux ordres du mal. Ainsi débute la lutte toujours actuelle entre le bien et le mal, symbolisée par le combat entre Iran et Turan.

Le roi Jamshid n’est pas une invention de Firdoussi. Ses descriptions du passé iranien et de ses dix-sept premiers rois ont pour fondement l’oeuvre de Zoroastre (env.628-551 av. J.-C.) qui propagea en Perse l’enseignement monothéiste d’Ahura Mazda et de son adversaire Ahriman. Jamshid est l’ancien roi Yima des traditions zoroastriennes, qui remontent à la préhistoire de l’Inde.
Le règne de Yima est connu comme l’Age d’Or où n’existaient ni maladie ni mort. C’était un prince juste et sage surnommé le Bon Berger. Le nombre d’immortels s’accrut tellement vite sous sa direction qu’il décida d’agrandir la Terre trois fois. Mais le démon Mahrkusha envoya un terrible raz-de-marée suivi d’étés torrides qui provoquèrent une sécheresse telle que seul Ahura Mazda put empêcher l’extermination des humains. Il demanda à Yima de creuser une demeure souterraine où tous les hommes et tous les animaux trouveraient un abri et où l’eau, les arbres, des fleurs et des fruits abonderaient.
On dit que c’est l’orgueil de Yima qui provoqua la catastrophe. Il se serait détourné de son Créateur et enfermé dans l’erreur. L’Age d’Or se termina et Yima devint mortel. Dès qu’il propagea ses fausses idées, la Lumière de Gloire (Xvarnah) se retira. Selon les Iraniens tous les rois légitimes possédaient cette lumière. Zoroastre dit :


Elle éclaire chaque ciel qui, d’en-haut, rayonne de lumière,
qui s’étend au-dessus et autour de cette terre,
tout à fait comme un jardin créé dans le monde spirituel rayonne sa lumière sur les trois parties de la terre. [2]

suite http://www.graal-initiation.org/Shanameh-le-livre-des-rois-Iranien.html


Sohravardi et le Graal


Dans la Perse de Sohravardi existaient de nombreux symboles se référant au Pays de lumière de l’Esprit divin. Un riche héritage provenait du temps de Zoroastre, mais l’idée du Royaume de Lumière largement diffusée par Mani exerçait aussi une grande influence. Mani fut considéré et traité par l’Islam comme hérétique, cependant des fragments de son enseignement furent conservés dans des textes plus tardifs de la mystique et du gnosticisme perses. Dans ses hymnes et ses psaumes, Mani décrit le Pays de la Lumière de Dieu, auquel doit aspirer l’homme.


L’Esprit de vérité vint et nous détacha du monde.
En le contemplant nous y voyons l’univers.
Il nous montre qu’il existe deux ordres :
l’ordre de la Lumière et l’ordre des ténèbres.
L’ordre de la lumière pénètre l’ordre des ténèbres.
Depuis le commencement l’ordre des ténèbres est séparé de la lumière...
suite http://www.graal-initiation.org/Sohravardi-et-le-Graal.html
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MessageSujet: «Jardins de lumière»   Sam 02 Juin 2007, 22:50

«Jardins de lumière»


Qu'avez-vous pensé des «Jardins de lumière» d'Amin Malouf?




R: C'est un livre formidable. Ce fut d'ailleurs le point de départ de ma recherche. Le fondement historique est sûr, mais il est littéralement transcendé par le point de vue du romancier. C'est «le» livre à conseiller à toute personne voulant découvrir le personnage de Mani.

Toutefois, ce livre a ses limites. Entre autres, il n'aborde que très peu le véritable enseignement de Mani et toujours de manière consensuelle... Réhabiliter l'enseignement du prophète iranien et en montrer le fondement ésotérique et initiatique, généralement ignoré par les spécialistes, était mon objectif lorsque j'ai entrepris ma recherche.

J'espère y être parvenu... Etant donné le petit nombre de publications concernant Mani, je ne peux que vous conseiller la lecture de mon ouvrage en complément du roman de Maalouf.


Cordialement.

François Favre

Les jardins de Lumière

Lorsqu'on emploie les mots "manichéen" ou "manichéisme", on songe rarement à Mani, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIe siècle, que les Chinois nommaient "le Bouddha de lumière" et les Egyptiens "l'apôtre de Jésus". Bien loin des jugements tranchés et sans appel auxquels on l'associe, sa philosophie tolérante et humaniste visa à concilier les religions de son temps. Elle lui valut les persécutions, le supplice, la haine. Mille ans après, l'accusation de manichéisme conduisait encore les Albigeois au bûcher... Nul mieux que l'auteur de Léon l'Africain, de Samarcande (prix des Maisons de la Presse 1988), et du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993), né dans un Liban déchiré par les fanatismes, ne pouvait raconter l'aventure de cette existence.


Sur les traces de Mani, qui voulut fonder une religion universelle au 3e siècle après Jésus-Christ, dans le sud de l'actuel Irak, alors sous domination perse. Le roman d'un voyage (en Inde) et d'une révélation, le roman d'un triomphe et celui d'un martyre (selon J. Lacarrière), dans lequel l'auteur peut sans scrupules excessifs, prendre quelque distance avec l'histoire, elle-même peu sûre et enjolivée d'épisodes merveilleux.


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Commentaires clients
Un grand livre, qui mériterait plus de cinq étoiles
De Mani, il ne nous reste que les mots «manichéen» et « manichéisme », ce qui est une grande injustice puisque sa philosophie était au contraire tolérante, syncrétique et universaliste. La pensée, la vie et la mort de Mani sont en parfaites harmonie et cohérence, ce qui est assez rare pour être remarqué.
Cela dit, ce livre ne contient pas un exposé détaillé de la philosophie de Mani. Il s'agit d'un récit biographique qui, en l'absence de sources fiables, comporte une bonne part d'épisodes imaginés et merveilleux, quoique non improbables.
Quand on ajoute que Maalouf y a mis le meilleur de lui-même, c'est-à-dire son talent de conteur, sa plume précise et légère et son humanisme, on saura qu'il s'agit d'un grand livre, qui mériterait plus de cinq étoiles. Très chaleureusement recommandé.



Du Amin Maalouf comme on aime !
Même si peu d'informations sur la vie de Mani nous sont restées à travers les siècles, l'auteur a su bâtir un récit biographique qui, même s'il est très emprunt de merveilleux, nous transmet l'essentiel de Mani : sa vie, sa mort en martyr et sa pensée humaniste et universaliste rassemblée en un dogme syncrétique.
Ce n'est pas un ouvrage dissertant de la philosophie de Mani - ceux qui pourraient avoir cette attente seraient fort déçus - mais seulement une évocation romancée de sa vie et de sa sage pensée, qui donne envie d'approfondir le sujet.

L'auteur, quant à lui, reste le conteur d'exception que l'on connaît ; il a su une nouvelle fois entremêler avec géni l'Histoire et le romanesque ; il a su mettre en scène, en accord avec leur temps, des personnages historiques ou imaginaires à la personnalité complexe ; le tout dans un style toujours aussi envoûtant et magique.

En bref, un roman dans la lignée de Samarcande, Léon l'Africain, le Rocher de Tanios ou le Périple de Baldassare.

Bonne lecture !
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MessageSujet: Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident   Sam 02 Juin 2007, 22:52

Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident




Citation :
« Celui qui se connaît lui-même et les autres reconnaîtra aussi ceci : l'Orient et l'Occident ne peuvent plus être séparés. »
Goethe

Lorsqu'on parle aujourd'hui de manichéisme, on songe rarement à cet homme exceptionnel, à ce Messager de la Lumière que fut Mani (216-276). Sept siècles après le Bouddha, deux siècles après le Christ, quatre siècles avant Mahomet, le sage iranien se présentait déjà comme le réunificateur de l'Orient et de l'Occident, le " Paraclet de la Vérité ", ou le " Sceau des Prophètes ". Peintre visionnaire et philosophe, poète, musicien et médecin, Mani transmit une vision du monde et de la vie si puissante qu'elle se répandit, de manière totalement pacifique, de l'Afrique à la Chine, des Balkans à la péninsule arabique. Bien éloignée des jugements excessifs que l'on porte à tort sur elle, sa doctrine tolérante et humaniste visait à concilier les grandes religions de son temps (les chinois le nommeront " Bouddha de lumière " et les égyptiens " l'apôtre de Jésus ") et à diriger les chercheurs de vérité vers la découverte de la Lumière intérieure. Mani enseignait aux chrétiens l'aspect profond, ésotérique, du christianisme universel, dévoilait aux mages d'Iran le véritable sens du message de Zoroastre, expliquait aux bouddhistes le chemin de la libération. L'" Église de Justice ", qu'il avait fondée pour transmettre les mystères de l'Homme Parfait, illumina des millions d'âmes pendant plus de mille ans.


Une telle clarté et une telle puissance évidemment suscitèrent l'adversité, la jalousie, la haine, et ce furent les religieux et les hommes de pouvoir qui, ne comprenant pas ses paroles d'éveil, tentèrent de détruire la pensée lumineuse de Mani. " De sa religion de beauté, de sa subtile religion du clair-obscur, nous n'avons gardé, écrira le romancier Amin Maalouf, que ces mots " manichéen, manichéisme ", devenus dans nos bouches des insultes. " (N'oublions pas que mille après, l'accusation de " manichéisme " conduira les cathares au bûcher.) Par quelle étrange ruse de l'Histoire ce nom sublime est-il devenu le symbole de la divagation intellectuelle et morale ?

Une tradition arabe rapporte que " lorsqu'on brûla les livres de Mani et de ses disciples, du feu jaillirent des pierres précieuses et s'écoula de l'or liquide ". Car les mots, comme les êtres, ont aussi une histoire, et recèlent des trésors de significations, qu'une analyse minutieuse peut révéler. Un nom est une " signature ". Celui de Mani renferme indéniablement les plus grands secrets, ceux qui ont trait aux mystères de l'Esprit et de l'homme intérieur.



Cette appellation sacrée désigne en premier, comme l'attestent les disciples du sage iranien, " Celui qui offre la manne, le pain de vie ". Selon d'autres auteurs, l'origine de son nom remonterait au mot syriaque mana, " vase " ou " vêtement ", ou au sanscrit mani, qui signifie " pierre, perle précieuse, gemme " (pensons ici au mantram Om mani padme Om, dont le sens est : " Salut à toi, ô joyau [caché] dans le lotus "). Ces trois figures, le vase, la perle et le vêtement, se rattachent directement au mystère du Graal, dont la présence est attestée dans toutes les traditions religieuses, de la Chine à l'Europe, en passant par l'Inde, l'Egypte et le Moyen Orient. Calice, pierre, gemme ou livre, sous quelque forme qu'on le décrive, le Graal n'a jamais cessé d'être le symbole de l'union de l'âme humaine avec l'Esprit, but ultime de ceux qui recherchent la Vérité. Symbole, certes, mais dont la vraie signification se rattache étrangement à la physiologie même de l'homme intérieur, de l'Homme de lumière. Car le Vase sacré qui donne accès au Royaume, au Nirvana, à la Terre Originelle, c'est en nous-même, qu'il se trouve : le pied de la coupe repose dans l'orifice cardiaque et les poumons, la tige du calice est dressée dans le cou (trachée artère et larynx), et le haut de la coupe est formé par le globe de la tête. Il s'agit ici d'un fait spirituel irréfutable, relatif à la régénération du système tête-coeur, base de la réalisation de l'Homme nouveau. Mentionnons que le chakra-couronne (ou chakra coronal), relié à la glande pinéale, qui joue un grand rôle dans tous les processus spirituels, a aussi la forme d'une coupe du Graal.

Le mot sanscrit manas évoque encore le mental, la pensée, l'esprit et dans la mythologie indienne, Manu veut dire " premier homme " ou homme originel. En syriaque, on parle encore de Mani Hayya, " Mani le Vivant ". Cette formule, utilisée dans le passé pour Orphée, et attribuée à Jésus dans l'Evangile de Thomas, signifie : " celui qui vit vraiment, qui est ressuscité ".

Ces quelques indications à peine voilées nous permettent de comprendre que, dans l'enseignement et la vie du prophète iranien, chaque image, chaque mot employé, doivent être pris avant tout comme témoignage de la vie de l'âme, et interprétés de manière intériorisée. Ainsi, dans un psaume manichéen, Mani est-il décrit comme " le vent du Nord " qui indique le chemin à ceux qui cherchent : " Un vent du Nord, qui souffle sur nous, tel est Mani. Levons l'ancre avec lui et entreprenons ensemble le voyage vers le pays de la Lumière. " Ainsi, le manichéen, conduit par le souffle de l'Esprit, peut-il partir en voyage pour chercher la perle précieuse de l'âme. Il lui est alors possible de renaître et de recouvrer le vrai pouvoir de penser, qui rétablit le lien entre l'Homme céleste (la monade, le microcosme) et l'homme terrestre (la personnalité, le corps).

Mani n'est pas donc seulement un personnage historique, dont les historiens modernes tentent difficilement de reconstituer la biographie, mais c'est aussi le symbole de l'Esprit éternel, consolateur et guérisseur, qui conduit les âmes vers le chemin de la libération ; il est une incarnation du Christ Universel, descendu dans le monde sous la forme des Envoyés de la Lumière, et qui se manifeste en nous, comme Esprit vivant. Il est de tous les temps, il est l'Alpha et l'Oméga, " le premier et le dernier ".

Formulons l'espoir que l'évocation de l'enseignement qui prit forme en cet être exceptionnel que fut Mani, dont le seul nom évoque les plus hauts mystères, ceux de la Connaissance sacrée, incite de nombreux chercheurs de vérité à partir en quête de la Pierre des Sages, du vase sacré, dont " la vraie demeure est la terra incognita de l'âme ", dans le cœur de l'homme. Notre livre leur est dédié. Il veut mettre en lumière les différents aspects spirituels, philosophiques, ésotériques, alchimiques et civilisateurs de l'œuvre de Mani le Vivant, tout au moins ce que, après tant de siècles d'oubli on peut encore en deviner…

Texte paru dans la revue l'Essentiel Nº21 Novembre - Décembre 2002
Auteur
François Favre


Spécialisé depuis 20 ans dans l'étude de la pensée gnostique et sa mise en pratique, François Favre s'est personnellement impliqué dans ce puissant cheminement de la conscience que la tradition platonicienne et hermétique nomme « philo-théosophie ».

S'inspirant des recherches historiques d'Henri Corbin (1903-1978) sur l'ésotérisme iranien d'une part, et de l'œuvre spirituelle originale du gnostique Jan van Rijckenborgh (1896-1968) d'autre part, l'auteur décrit ici à la lumière de sa propre expérience la méthode d'initiation christique telle qu'elle fut réalisée à différentes époques par des hommes exceptionnels comme Paul de Tarse, Marcion, Valentin, Mani, Paracelse, Jacob Boehme, ou encore vécue dans des communautés remarquables comme celle des manichéens et des cathares, et il met en relief les implications pratiques de ce processus de transformation radical de la conscience pour l'homme d'aujourd'hui.

Premier volet d'un cycle intitulé : « 2000 ans de Gnose en Occident », ce Mani, Christ d'Orient et Bouddha d'Occident sera suivi de trois ouvrages par lesquels l'auteur envisage une présentation approfondie de la riche pensée gnostique et du processus initiatique qui est à sa base :
* I. Paul de Tarse, « apôtre des hérétiques » : aux sources de l'ésotérisme chrétien.
* II. Le catharisme : hérésie ou pur christianisme ?
* III. La Rose-Croix vivante - De Jan Valentin Andreae à Jan van Rijckenborgh.

Le miracle manichéen

Le manichéisme en Asie centrale

C’est en patience que se conçoit l’ébranlement du monde.

A. Maalouf

* Cet article a été donné en conférence lors du Symposium « Mani », à Renova, Bilthoven, Hollande, le 7 mai 2005, et publié en hollandais par la Rozekruis Pers, Haarlem, dans les Actes du Colloque (septembre 2005).

Introduction extrait:



Notre objectif ici est de montrer à travers un exemple concret, celui du Manichéisme en Asie Centrale, ce que fut véritablement la Gnose de Mani et l’influence civilisatrice qu’elle exerça sur la société de son temps. Nous verrons ainsi clairement que si les faits auxquels nous nous référons sont bien passés, les questions qu’ils posent ne sont pas pour autant dépassées. Plus que jamais, en cette époque troublée et confuse qui est la nôtre, où nous assistons à une mondialisation de la lutte entre la Lumière et les ténèbres, le Bien et le Mal, l’Esprit et la Matière, le message de Mani, son « cri », mérite d’être redécouvert… et entendu.
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MessageSujet: DHIKR et la danse des derviches!   Mar 05 Juin 2007, 10:02


DHIKR
Une Technique Soufie de la Prière du Coeur
par Spartakus FreeMann,






Le texte qui suit est emprunté au « Tanwîr alqulûb » (3e édition, Le Caire, p. 548-558) du Sheikh Muhammad Amîn al-Kurdî al-Shâfi’i al-Naqshabandî, mort en 1332 de l’hégire (1914). Nous recopions avec humilité et amour ce texte qui fut publié dans l’ouvrage « Petite Philocalie de la prière du cœur », éd. du Seuil, pp234-248. Nous avons cherché à enrichir ce texte, tant que faire se peut, par des notes explicatives et une courte introduction sur le dhikr pratique de la Voie Soufie .

Le dhikr, selon Ansârî, c’est « quand tu oublies tout ce qui n’est pas Lui et quand tu t’oublies toi-même dans l’acte de te rappeler, puis lorsque tu oublies l’acte de te rappeler dans l’acte de te rappeler, puis lorsque tu oublies tout rappel dans le souvenir actuel que Dieu a de toi. »

En arabe, le mot dhikr signifie "rappel, souvenir". Le dhikr est une pratique et une méthode spirituelle basée sur l’invocation et la répétition de formules sacrées, de phrase tirées du Coran. Comme nous allons le lire plus loin, il peut être un dhikr « du cœur » ou un dhikr « de la langue », il se pratique soit individuellement soit collectivement dans des assemblées dédiées à cette pratique particulière. Le dhikr de la langue trouve sa source dans le Coran : « Ô vous qui croyez ! Invoquez Allâh d’une façon abondante et glorifiez-le à la pointe et au déclin du jour » (Coran XXXIII, 41-42). La pratique du dhikr du coeur se transmet par une initiation qui implique la transmission du sir (ou secret spirituel du maître). Par le dhikr du cœur, l’invocation des Noms de Dieu fait agir le sir dans le coeur du disciple. Arrivé à une certaine élévation spirituelle, ce dhikr du coeur se révèle permanent dans le pratiquant, l’utilisation du verbe devient inutile, et la Présence divine est manifestée en permanence au sein du pratiquant qui est alors « en Allâh, pour Allâh, par Allâh et avec Allâh ».

Pour conclure citons ce passage tiré du site « Soufisme » : « Mentionner le Nom d’Allâh polit le coeur et annihile toute manifestation de l’ego, instigateur du mal. L’invocation vide le coeur de tout ce qui n’est pas elle « le polit jusqu’à le transformer en un miroir immaculé ». Le disciple s’élève alors vers la Présence divine, réalisant ainsi le but essentiel de la Voie, qui est de dépasser son individualité en vue de l’accession à l’état d’Homme Universel. Il peut alors discerner l’unité dans la multiplicité et la multiplicité dans l’unité ».

Nous espérons donner ici une ouverture vers ce voyage qui emmène le pratiquant vers le chemin aboutissant à la maîtrise spirituelle qui éveille le cœur jusqu’alors endormi, et à ce moment « dans le cœur passe une image : « Retourne vers ta source » et alors « Le cœur s’enfuit de tous côtés, loin du monde des couleurs et des parfums, en criant : « Où donc est la Source ? et en déchirant ses vêtements par Amour. »

Bonne route...




Pour lire la suite de l’article en format Adobe PDF.
http://www.esoblogs.net/Une-Technique-Soufie-de-la-Priere.html
et pour ceux à qui celà parle: http://membres.multimania.fr/almurid/


Dernière édition par AMBRE le Ven 29 Aoû 2008, 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Sam 09 Juin 2007, 19:13

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 11 Juin 2007, 01:09

Ci-après un extrait du Mantiq Al Tayr:


"A ce moment, dans le reflet de leur visage, les trente oiseaux pèlerins virent la face de l'éternel Simourgh. Ils regardent: le Simourgh les regardait; ils sont le Simourgh (Si-mourgh = trente oiseaux).

Et leur stupeur est pareille à un vertige.

Ils se comptent trente, et l'Oiseau Simourgh est trente. Lorsqu'ils se tournent vers le Simourgh, ils le voient en cet endroit. Et lorsqu'ils se contemplent eux-mêmes, c'est encore le Simourgh qu'ils contemplent. Et ils regardent des deux côtés à la fois, et deux fois trente oiseaux se regardent, deux Simourgh et pourtant un seul; oui, un seul et pourtant plusieurs. Il est ici et là; ils sont le Simourgh et pourtant le voient.

Jamais ils n'ont connu pareil prodige. Ils méditent, hors de la méditation. Et comme nulle réponse ne les satisfait, ils se tournent vers l'Oiseau Simourgh, et humblement l'interrogent.

Sans se servir du langage, ils le prient de dévoiler le Mystère, de résoudre pour eux l'énigme de l'Etre et celle du moi.

Sans se servir du langage, l'Oiseau Simourgh leur répond: Soleil, je suis semblable à un Miroir. Celui qui vient à moi se voit dans ce Miroir. Il voit son corps et son âme, son âme et son corps, il s'y voit tout entier. Vous êtes venus trente oiseaux et avez aperçu Simourgh dans le Miroir. Fussiez-vous quarante ou cinquante oiseaux, vous vous seriez vus quarante ou cinquante. Fussiez-vous une multitude, vous vous seriez également tous vus vous-mêmes. Car bien supérieur à trente, je suis l'Infini, l'éternel, l'essentiel Simourgh. Perdez-vous en moi, afin qu'en moi vous vous retrouviez vous-même!

Et ainsi l'ombre se perdit dans le soleil..."
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MessageSujet: CHRIST UNIVERSEL ET FORME   Lun 11 Juin 2007, 20:04

CHRIST UNIVERSEL ET FORME


Roger DURAND


La notion de Christ universel fait partie des enseignements de la Sagesse Immémoriale. Jésus-Christ, venu il y a 2000 ans, n’est qu’un maillon dans l’expression, au sein de notre histoire, de cette grande entité. Notre Logos solaire, notre « Dieu », exprime dans son incarnation actuelle, le second aspect divin, l’Amour-Sagesse. Il est le Christ cosmique ou universel. C’est le destin du Fils cosmique en relation avec l’évolution de la conscience et la notion de forme, si présente au stade actuel de notre évolution. Nous traiterons de tout cela au travers des enseignements du Maître Tibétain D.K. et de Pierre Teilhard de Chardin.


La notion de Christ universel ou Christ cosmique est déjà ancienne, implicite dans l’enseignement biblique de St-Paul. On la retrouve chez les Pères grecs des premiers temps de la chrétienté (Irénie deLyon, Origène, Clément d’Alexandrie, Grégoire deNyspe, etc.).
Elle réapparaît au XIXe siècle dans les enseignements de H.P. Blavatsky, Rudolf Steiner et surtout, au XXesiècle, dans l’oeuvre de Pierre Teilhard de Chardin et du Maître Tibétain D.K. Pour Teilhard, le Christ historique (Jésus-Christ) n’est qu’un maillon dans la manifestation du Christ cosmique.
Dans tous ces enseignements, le Christ cosmique ou universel est le relais entre la pensée divine source de création et sa concrétisation dans l’espace et dans le temps.


Nous exposerons tout d’abord les données concernant ce Christ universel exposées dans leTraité sur le Feu cosmique par le Maître D.K, en insistant sur la relation entre cette grande Entité et l’évolution de la conscience et la notion de forme. Dans cet enseignement, le Christ cosmique est le Fils né dela rencontre de notre Logos solaire (notre Dieu) avec la Mère-Matière cosmique. Mais il ajoute que cette expérience du «Fils» dépasse de très loin notre sys-
tème solaire. Elle est une expérience universelle de la destinée de notre monde.


Avec Teilhard, nous repartirons de la notion de forme, notamment de toutes les formes apparues tout au long de l’évolution biologique sur notre planète (les bactéries, les plantes, les animaux, etc.). Nous verrons comment cet auteur les inscrit dans l’évolution universelle et la fonction du Christ Universel.
Chaque forme se révélera ainsi comme le point de rencontre d’un fragment de pensée divine et de matière, l’énergie d’attraction étant celle du Christ universel, le grand Rédempteur. Nous sommes vraiment là au coeur de la relation concrète entre l’Esprit et la Matièreet dans l’expression du rayon 7 dans notre destin immédiat: faire descendre le ciel sur la terre.
La notion de Christ cosmique ou universel


Notre système solaire est le point de rencontre de l’étincelle divine de notre Logos solaire avec des matières cosmiques (voir la figure1A). Dans son incarnation actuelle, il cherche à exprimer le second aspect divin, l’Amour-Sagesse. Cette incarnation est dite celle du Fils ou Christ cosmique dont l’éventail de manifestation est triple: Feu solaire, Conscience et Forme (notre système solaire), en allant de l’aspect le plus spirituel au plus matériel.

Le Fils est l’âme spirituelle du Logos solaire.
L’Homme (figure 1B), qui est une cellule dans le corps du Logos solaire, a le même but et éprouve les mêmes trois effets. Tous deux, Logos solaire et Homme, ont le même objectif, à savoir «atteindre sur leur propre plan, la pleine expression et le développement de leurs véhicules de conscience, jusqu’à ce que l’Esprit puisse resplendir en lumière divine et en chaleur.»

Arrêtons-nous quelques instants sur chacune des trois caractéristiques du Christ cosmique, en notant toutefois qu’elles sont toujours inter-reliées.
Le Feu Solaire part de l’âme spirituelle, passe par la maîtrise du mental supérieur ou abstrait et porte l’être dans l’illumination venant de l’énergie du «coeur». Son développement évolutionnaire se traduit par l’intensification de la chaleur perceptible et de la lumière visible. Il est le résultat de la fusion du Feu de l’Esprit et du Feu de la Matière.



Le but de l’évolution est d’amener le Fils (Christ cosmique ou Homme) à un point de réalisation complète, de conscience de soi complète, de connaissance active et complète. Il doit ainsi pouvoir développer l’Amour-Sagesse par utilisation de l’Intelligence active (3e aspect divin).

Le dernier effet, la connaissance (on pourrait dire la conscience) de la forme est le point essentiel de ce texte. C’est vraiment là que nous allons toucher le spirituel dans le matériel. Ces deux derniers termes sont presque synonymes de vie et forme, de conscience et véhicule de la conscience. La conscience, en effet, existe-t-elle en dehors d’une forme?

Pendant la période d’abstraction, de pralaya (quisépare deux incarnations, deux vies manifestées) la conscience n’existe pas. Seul demeure l’Esprit à l’état de repos ou de neutralité. Quand les deux facteurs (Esprit et Matière) se rapprochent, agissent l’un sur l’autre, l’activité, au lieu du repos, s’installe; le mouvement, au lieu de la passivité, émerge. Les deux facteurs s’attirent, se repoussent, s’influencent mutuellement, s’utilisent. On a donc une forme animée par la vie, une conscience manifestée par un véhicule approprié.

Nous sommes partis de la notion de Christ cosmique pour arriver à la notion de forme. Nous allons maintenant partir de la notion de forme avec Pierre Teilhard de Chardin. Nous verrons ainsi comment l’évolution biologique nous ramène à la notion de conscience, de Feu solaire à l’intérieur de toutes les formes, de Christ Universel. Nous tenterons ainsi de «chercher par le moyen de la forme l’habitant de la forme».
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 11 Juin 2007, 20:06

Evolution biologique et manifestation divine


L’évolution biologique, à la surface de notre planète, est un fait scientifique. La vie biologique est apparue il y a quatre milliards d’années environ avec des bactéries très semblables aux cyanobactéries, présentes encore aujourd’hui à la surface de la planète. Après un long processus de transformation, les Hominides, nos ancêtres les plus directs, ont émergé il y a environ dix millions d’années. Cette évolution a elle-même été précédée d’une évolution de la matièrere montant à environ quinze milliards d’années.

Pour Pierre Teilhard de Chardin, ce qui est démontré scientifiquement n’est qu’un début.
L’évolution se poursuit par une évolution de la conscience s’achevant dans une christogénèse aboutissant au point oméga (voir la figure2). Pour être saisie dans toute sa grandeur, cette évolution doit être intégrée dans le processus de manifestation divine sur notre planète (voir la figure3).



Au-delà de tout, il y a le Dieu transcendant, source de ce que nous appelons la pensée divine aimante. Se manifester est comme une respiration.

- dans l’expiration, la pensée divine descend dans la matière (phase d’involution, d’ordre inexpérimental nous dit Teilhard),

- dans l’inspiration, phase actuelle d’évolution proprement dite, celle que nous constatons scientifiquement, l’esprit peu à peu, se libère de la matière. «L’évolution est la main de Dieu qui nous ramène à lui»

L’ensemble des formes (cristaux, bactéries, plantes, animaux, homme, etc..) apparues sur notre planète ont un «Dehors» et un «Dedans». «Il est possible, nous dit Teilhard, de suivre l’évolution biologique en s’occupant uniquement du «Dehors», c’est ce que la science a admirablement fait jusqu’à présent. Mais ne pourrait-on pas la suivre par le «Dedans»: non plus comme une succession liée de types structurels qui se remplacent mais comme une ascension de sève intérieure s’épanouissant en une forêt d’instincts consolidés. Tout au fond de lui-même, le monde vivant est constitué par de la conscience revêtue de chair et d’os».

Chaque forme est donc un fragment de pensée divine, un fragment de conscience enrobé de matière. Chaque forme possède en elle un élément d’immanence divine. «Il faut chercher le Divin, non en rupture du monde physique, mais à travers la matière, et en quelque manière en union avec elle.»
Christ Universel et immanence


Le Christ Universel est le grand médiateur entre lapensée divine aimante et la matière modelée en formes (voir la figure3). Il est non seulement le médiateur à l’échelle globale mais aussi à l’intérieur de chacune des formes. Dans chacune des formes, l’énergie christique, (le 2nd aspect divin) est le liant entre lefragment de pensée divine et la matière (voir la figure4). Trois mots traduisent tout cela: Création, Incarnation, Rédemption.
Chaque forme a été pensée dans le mental universel divin, cette pensée spécifique s’est concrétisée dans la matière, chaque forme représente le lieu, le site de la Rédemption christique. Cette Rédemption est la lente alchimie qui peu à peu fera vibrer la matière au diapason de la pensée divine.



La notion de Christ cosmique, universel, la notion de Fils dépasse singulièrement, nous dit le Maître D.K. notre système solaire et l’Entité spirituelle qui y est incarnée. Elle nous fait éprouver la notion de forme dans toute sa beauté. A l’heure actuelle de notre évolution, qu’y a-t-il de plus universel que cette notion de forme? Tout est forme autour de nous, les Etres de la nature mais aussi l’immensité des étoiles (les galaxies se chiffrent par plusieurs centaines de millions).



L’Orient n’a voulu voir dans les formes que Maya, l’illusion. Ce n’est pas faux. Nous savons bien que l’impermanence règne, que les formes sont construites, puis détruites pour que la vie s’en libère et aille dans une nouvelle forme. L’Occident au travers de l’approche scientifique, n’a vu que l’aspect matière des formes. C’était nécessaire mais pas suffisant. Il y a une troisième voie. C’est celle qui consiste à chercher au travers de la forme, l’habitant de la forme, le fragment de lumière divine emprisonné dans la forme. N’est-ce pas la lumière «cachée sous le boisseau» depuis la nuit des temps.

Cette notion de Christ universel et d’immanence (cet élément de divinité dans les choses) sont étroitement liées. Rappelons-nous le dialogue entre Jésus-Christ et Nicodème (Ev. Jean 3.3) «A moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu». Cette naissance d’en haut, c’est non seulement la naissance et la prise de conscience du Dieu intérieur en chacun de nous, mais aussi de la présence divine dans chacune des formes. «Le monde, écrit Teilhard, au cours de toute ma vie, par toute ma vie, s’est peu à peu allumé, enflammé à mes yeux,
jusqu’à devenir, autour de moi, entièrement lumineux par le Dedans».

top


Comment concilier Immanence et Science ?

Le monde se partage entre deux pôles (voir lafigure5). Un pôle d’unité, d’association, d’amour. C’est celui vers lequel nous porte la vie, la Foi. C’est celui aussi de la fraction d’immanence dans chacune des formes. Un pôle de dissociation qui nous conduit vers le multiple et les états de plus en plus matériels.
Ces deux vibrations sont universelles : l’une est évolutive (la flèche blanche) et associe étincelle divine et âme spirituelle. L’autre est involutive (la flèche grise) et concerne l’aspect matière des choses. Dans cette opposition gisent tous les conflits. Celui de la personnalité humaine et de l’ensemble âme spirituelle–étincelle divine. Celui de la Foi et de la science contemporaine.

C’est peut-être l’une des intuitions les plus pertinentes de PierreTeilhardde Chardin: la science, parle biais de l’analyse, (= lyser par ana, couper) travaille essentiellement dans le sens de la dissociation des choses. Le scientifique travaille ainsi dans le sens du second principe de la thermodynamique, en système fermé. L’auteur de ces lignes (biochimiste) peut en témoigner aisément. J’ai fait des recherches sur la bioénergétique du coeur pendant près de vingt ans.
Que faisions-nous? Nous allions prendre des coeurs aux abattoirs peu après le décès des animaux. Ces coeurs battaient encore dans un liquide approprié. Ils étaient ensuite broyés au laboratoire de telle sorte que les mitochondries (les petites centrales énergétiques de la cellule) soient extraites. La dissociationne s’arrêtait pas là. De ces mitochondries étaient encore extraites des protéines, etc.

Il n’y a là aucune critique de la science. En travaillant ainsi elle glanait une source considérable d’informations et affirmait une maîtrise sans égale desénergies matérielles. C’est à ce titre qu’elle est une source de révélation, elle révèle l’arrangement de la matière des formes. Néanmoins elle est marquée par une forme d’incomplétude. Et, ajoutait Teilhard, en opérant ainsi la science «perd l’âme des choses», la part d’immanence. L’épistémologie scientifique n’a jamais relevé ce fait. Et pour cause. C’eût été admettre qu’il y avait autre chose que la seule matière.



Alors comment retrouver l’harmonie, la vraie vie faite de matière et d’immanence? Teilhard s’en tirait en intégrant la science dans une vision spirituelle très large fondée sur une Foi intuitive faite de perception spirituelle.

Ne faut-il pas cependant tenter de prendre les choses à l’échelle d’une forme. Ne faut-il pas coupler àl’approche scientifique d’une forme (voir la figure6)
une approche plus intérieure permettant d’apprécier la «qualité» d’une chose. La quête des Rayons divins à l’arrière-plan d’une forme n’est-elle pas la voie à suivre pour saisir la dimension immanente et donc le fragment de pensée divine incarnée?Nous rappelons au passage que celui qui est à l’origine, dans l’Occident Chrétien, de la notion d’expérience que l’on fait de ses mains, le moine franciscain Roger Bacon, l’un des pères de la science contemporaine, proposait déjà de coupler (en plein XIIIe siècle) expérience intérieure et expérience scientifique.

Teilhard se posait enfin une question «la science nous a conduit au pôle de dissociation des choses, est-elle capable de nous faire remonter à celui de leur suprême association ?».

Teilhard est parti en 1955. Dans la première moitié du XXe siècle, il est difficile de pouvoir répondre positivement à cette question. En revanche dans la seconde moitié du XXesiècle, nous voyons deux domaines scientifiques qui correspondent au souhait deTeilhard. La découverte de la non-séparabilité en physique quantique et la quête de l’origine des formes.
Laissons de côté la non-séparabilité pour l’instant.

La science contemporaine a classé les formes rencontrées dans la nature, a étudié l’arrangement de la matière dans chacune d’entre elles, mais ne s’est jamais préoccupée de leur origine ou tout au plus s’est-elle contentée d’invoquer le hasard. On doit, à partir des années 1970, à des mathématiciens ou physiciens «platoniciens» les premiers travaux concernant ce sujet (Roger Penrose en Angleterre, René Thom, Alain Connes professeur à l’heure actuelle au Collège de France). La pensée de René Thom (voir la figure7) résume bien leur démarche. A l’origine des formes dans la nature, il y a des potentiels organisateurs, des Logoï de l’information, qui peuvent modeler différents types de matière et entraîner la création de formes. Ces logoï existent indépendamment de notre espace-temps et s’actualisent dans notre monde concret au moment où ils donnent naissance aux différentes formes. Dans notre espace-
temps à quatre dimensions, R.Thom a démontré mathématiquement qu’il y avait sept potentiels organisateurs. Scientifiquement parlant, ces idées étaient très novatrices:

-elles postulaient l’existence d’information indépendante de la matière.
-elles avançaient, parmi les matières susceptibles d’être modelées par de l’information, la possibilité de matière mentale, au même titre que les matières minérales, végétales, animales.



Nous sommes loin, bien entendu, de la pensée divine, très en amont. Mais qu’il y ait, très en aval, près de la concrétisation, un stade où les formes s’expriment par des formules, cela nous paraît témoigner d’un rationnel mathématique à l’arrière-plan des choses. En tous les cas, même si cette démarche est préliminaire, elle va dans le sens souhaité par Teilhard, celui de l’unité.
Reçu janvier 2007
Merci à Deniz

voir aussi les schémas sur cette adresse:
http://www.institut-alcor.org/fr/articles19.htm#bul192
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MessageSujet: "Jésus-Christ"   Ven 22 Juin 2007, 20:03

"Jésus-Christ"


Les origines du christianisme
et la recherche du Jésus-Christ historique

par Acharya S


Introduction
Dans le monde au cours des siècles passés, on a beaucoup écrit au sujet de la religion, de sa signification, de sa pertinence et de sa contribution à l'humanité. En Europe occidentale en particulier, de nombreux volumes ont été composés qui spéculent sur la nature et l’historicité du personnage principal des religions occidentales, Jésus-Christ. Beaucoup de gens ont essayé de creuser dans les rares indices restants relatifs à l'identité de Jésus et de proposer un croquis biographique qui soit soutient la foi, ou alors révèle le côté plus humain de cet homme-dieu qui nous est si proche. Évidemment, vu le temps et l'énergie dépensés à leur sujet, le christianisme et son fondateur légendaire sont très importants pour l'esprit et la culture occidentaux.

Les Personnages
Il est évident qu’il n’y avait pas un personnage unique sur laquelle la religion chrétienne s’est fondée, et que ce "Jésus-Christ" est une compilation de légendes, héros, dieux et hommes-dieux. La place manque ici pour entrer dans le détail au sujet de chaque dieu qui a contribué à la formation du personnage de Jésus; qu'il suffise de dire qu'il y a d'abondance de documents pour prouver que ce sujet n'est pas une question de "foi" ou de "croyance." La vérité est que, à l’époque où ce personnage a censément vécu, il y avait une vaste bibliothèque à Alexandrie et un réseau incroyablement souple de confréries qui s’étendait de l'Europe à la Chine ; ce réseau d’information a eu accès à de nombreux manuscrits qui racontaient le même récit que celui du Nouveau Testament, avec des noms de lieu et d'appartenance ethnique différents. Dans la réalité, le récit de la vie de Jésus constitue un parallèle presque identique avec l'histoire de Krishna, par exemple, y compris dans ses détails, comme signalé entre autres par le mythologue et érudit distingué Gérald Massey il y a plus de cent ans, aussi bien que par le révérend Robert Taylor il y a cent-soixante ans, entre autres 14. Le conte de Krishna que l’on trouve dans les Védas hindous a été daté à au moins 1400 B.C.E.15 On peut dire la même chose du mythe d’Horus, qui est presque identique, dans ses détails, à l’histoire de Jésus, mais qui précède la version chrétienne de milliers d’années.

L'histoire de Jésus a incorporé des éléments de récits d'autres dieux enregistrés dans ce vaste territoire, comme par exemple ceux des sauveurs du monde et "fils de Dieu", dont la plupart précèdent le mythe chrétien, et dont un bon nombre furent crucifiés ou exécutés :

Adad d'Assyrie
Adonis, Apollon, Héraclès ("Hercule"), et Zeus en Grèce
Alcides de Thèbes
Attis de Phrygia
Baal de Phénicie
Bali d'Afghanistan
Beddru du Japon
Buddha en Inde
Crite de Chaldée
Deva Tat du Siam
Hésus des druides celtes
Horus, Osiris, et Sérapis d'Egypte, dont l'aspect barbu avec de longs cheveux a été adopté pour le personnage du Christ
Indra au Tibet
Jao au Népal
Krishna en Inde
Mikado des Sintoos
Mithra en Perse
Odin des Scandinaves
Prométhée au Caucase
Quetzalcoatl au Mexique
Salivahana aux Bermudes
Tammuz de Syrie (qui fut, dans un mouvement typique de la fabrication des mythes, plus tard transformé en disciple Thomas16)
Thor en Gaule
Monarque universel des Sibyles
Wittoba des Bilingonèses
Xamolxis de Thrace
Zarathustra/Zoroastre en Perse
Zoar des Bonzes
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 22 Juin 2007, 20:04


Les principaux protagonistes
Bouddha
Bien que la plupart des personnes pensent que Bouddha fut une personne qui vécut vers 500 B.C.E., on peut également démontrer que le personnage généralement dépeint comme Bouddha est une compilation des hommes-dieux, des légendes et paroles de divers hommes saints avant et après la période attribuée au Bouddha historique.17

Le personnage de Bouddha a les points suivants en commun avec le Christ:

Bouddha est né de la Vierge Maya, qui était considérée comme la "Reine du Ciel".
Il était de naissance royale.
Il exécutait des miracles et des merveilles, guérissait les malades, nourrit 500 hommes à partir d’un "petit panier de gâteaux", et marcha sur les eaux.
Il a écrasé la tête d'un serpent.
Il a supprimé l’idolâtrie, était un "semeur de mots", et prêchait "l’établissement d’un royaume de justice".
Il enseigna la chasteté, la douceur, la tolérance, la compassion, l’amour et l’égalité de tous.
Il fut transfiguré sur une montagne.
Sakya Buddha fut crucifié pour expier ses fautes, souffrit durant trois jours en enfer, puis fut ressuscité.
Il est monté au Nirvana ou au "ciel."
Il était considéré comme le "bon berger "18 , le "Charpentier", "l’Infini et Eternel".
Il fut appelé "le Sauveur du Monde" et "la lumière du Monde".
Horus d’Egypte
Les histoires de Jésus et d’Horus sont très semblables, Horus ayant de plus contribué à l’attribution du nom de Jésus-Christ. Horus et son père Osiris sont fréquemment interchangeables dans le mythe ("Moi et mon Père sommes un"). Les légendes relatives à Horus datent de milliers d'années, et il a avec Jésus les points communs suivants:

Horus est né de la vierge Isis-Meri le 25 décembre dans une grotte/crèche, sa naissance étant annoncée par une étoile à l’est et attendue par trois hommes sages.
Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.
Il a eu 12 disciples.
Il effectua des miracles et éleva un homme, El-Azar-us, d’entre les morts.
Il marcha sur l’eau.
Horus fut transfiguré sur la Montagne.
Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.
Il était aussi "la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu, le Mot", etc.
Il était "le Pêcheur" et était associé à l’Agneau, au Lion, au Poisson ("Ichthys")
L'épithète personnelle de Horus était "Iusa," "le fils éternel" de "Ptah," le "Père."19.
Horus s'appelait "le KRST," ou "Oint," longtemps avant que les chrétiens en reprennent l'histoire 20.
En fait, dans les catacombes de Rome, on trouve des images d’Horus représenté comme un bébé tenu par Isis, la vierge mère - la "Madonne et l'enfant" initiaux 21 - et le Vatican lui-même est construit sur la papauté de Mithra, qui a de nombreux points communs avec Jésus et qui a existé longtemps avant que le personnage de Jésus ne soit formalisé. La hiérarchie chrétienne est presque identique à la version de Mithra à laquelle elle s’est substitué 22. Pratiquement tous les éléments du rite catholique, de l’obole à l’ostie et de l’eau bénite à l’autel jusqu’à la doxologie sont directement empruntés à d’anciennes religions à mystères paiennes.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 22 Juin 2007, 20:04

Krishna
Les similitudes entre le personnage Chrétien et le messie Indien sont nombreuses. En effet, Massey trouve plus de 100 similarités entre les deux, et Graves, qui inclut les divers évangiles non-canoniques dans son analyse, en liste plus de 300. Il est intéressant de remarquer qu’une ancienne écriture usuelle de Krishna en anglais était "Christna", ce qui fait ressortir son rapport avec "Christ". On peut encore noter que, tout comme le messie Juif, beaucoup de gens pensaient que Krishna avait physiquement existé.

Krishna est né de la Vierge Devaki ("La Divine").
Son père était charpentier.
Sa naissance était attendue par des anges, des hommes sages et des bergers, et il se présenta avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Il s'appelle Dieu des bergers.
Il fut persécuté par un tyran qui ordonna le meurtre de milliers d'enfants en bas âge.
Il était de naissance royale.
Il fut baptisé dans le Gange.
Il effectua miracles et merveilles.
Il ressuscitait les morts et guérissait les lépreux, les sourds et les aveugles.
Krishna utilisait des paraboles pour enseigner au peuple la charité et l’amour.
"Il vécut pauvre et il aima les pauvres."
Il fut transfiguré devant ses disciples.
Dans certaines traditions, il mourut sur un arbre ou fut crucifié entre deux voleurs.
Il ressuscita d’entre les morts et monta au ciel.
Krishna est appelé "le Dieu-Berger" et le "Seigneur des Seigneurs", et était considéré comme "le rédempteur, le premier-né, le Libérateur, le Mot Universel".
Il est la seconde personne de la trinité et s’est proclamé lui-même "la résurrection" et "la voie vers le Père".
Il était considéré comme "le Début, le Milieu et la Fin" ("alpha et omega"), comme un être omniscient, omniprésent et omnipotent.
Ses disciples lui donnèrent le titre de "Jezeus", ce qui signifie "pure essence".
Krishna doit revenir se battre avec le "Prince du Mal", qui désolera la Terre.
Mithra, le Dieu-Soleil de Perse
L'histoire de Mithra précède la fable chrétienne d’au moins six cent ans. D’après Wheless, le culte de Mithra était, peu avant l’ère chrétienne, le plus populaire et répandu des religions ‘paiennes’ de l’époque. Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ:

Mithra est né d'une vierge le 25 décembre.
Il était considéré comme un grand professeur et un maître itinérant.
Il était appelé "le Bon Berger."
Il était considéré comme "la Voie, la Vérité et la Lumière."
Il était encore considéré comme "le Rédempteur," "le Sauveur," "le Messie."
Il était identifié à la fois au Lion et à l'Agneau.
Son jour sacré était le dimanche, le "jour du Seigneur", des centaines d'années avant l'émergence du Christ.
Il avait sa fête principale à la date qui allait ensuite devenir Pâques, correspondant à sa résurrection.
Il avait 12 compagnons ou disciples.
Il effectuait des miracles.
Il a été enterré dans un tombeau.
Après trois jours, il s'est relevé.
Sa résurrection était célébrée chaque année.
Sa religion comportait une eucharistie ou "diner du Seigneur".
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 22 Juin 2007, 20:05

Prométhée de Grèce
On a affirmé que le Dieu Grec Prométhée venait d’Egypte, mais son drame se situa en fait dans les montagnes du Caucase. Prométhée partage avec le Christ de nombreux points communs.

Prométhée descendit du ciel comme un Dieu pour s’incarner en homme afin de sauver l’humanité.
Il fut crucifié, souffrit et fut ressuscité.
Il fut appelé le Verbe ou le Mot.
La tradition affirme que Prométhée fut crucifié sur un rocher, mais cependant certaines sources indiquent qu’il fut crucifié sur un arbre et que les Chrétiens modelèrent l’histoire et/ou mutilèrent le texte, comme ils le firent avec les œuvres de tant d’auteurs anciens. Quoiqu’il en soit, le Soleil caché par l’obscurité constitue un parallèle avec le récit chrétien de l’obscurité qui tomba quand Jésus fut crucifié. Cet événement remarquable, qui n’est pas enregistré dans l’histoire, n'est explicable qu’à l’intérieur d’un mythe et comme partie d’une pièce récurrente.

La création d'un mythe
Les chrétiens ont effectué une telle censure que cela a mené à l'analphabétisme virtuel du monde antique ; de plus, ils se sont assurés que leur secret serait caché des masses, mais les érudits des autres écoles et sectes n'ont jamais renoncé à leurs arguments contre l’historicisation d’un être mythologique très antique. Nous avons perdu les arguments de ces dissidents érudits parce que les chrétiens ont détruit toutes les traces de leurs travaux. Néanmoins, les chrétiens ont préservé les conflits avec leurs détracteurs par les propres réfutations.

Par exemple, un des premiers pères de l'église, Tertullien (160-220 C.E.) "ex-païen" et évêque de Carthage, admet ironiquement les véritables origines du récit du Christ et de tous les autres hommes-dieux en énonçant une réfutation de ses critiques, "Vous dites que nous adorons le soleil; mais vous aussi."23 Point notable, initialement croyant et défenseur acharné de la foi, Tertullien renonça ensuite au christianisme 24.

Le "fils" ("Son") de Dieu est le "soleil" ("Sun") de Dieu
La raison pour laquelle tous ces récits sont si semblables, avec un homme-dieu qui est crucifié et ressuscité, qui fait des miracles et a 12 disciples, est que ces contes sont basés sur les mouvements du soleil dans les cieux, un développement astrothéologique qui peut être retrouvé sur toute la planète parce qu'on peut observer le soleil et les 12 signes de zodiaque tout autour du globe. Autrement dit, Jésus-Christ et tous les autres sur qui son personnage est fondé sont des personnifications du soleil, et l'Évangile est simplement une répétition d'un texte mythologique (le "Mythos", voir plus haut) concernant les mouvements du soleil dans les cieux 25.

Par exemple, la plupart des hommes-dieux crucifiés ont leur anniversaire traditionnel le 25 décembre. C'est parce que les anciens se sont rendu compte que (d'une perspective géocentrique) le soleil effectue une descente annuelle vers le sud jusqu'au 21ème ou 22ème jour de décembre, le solstice d'hiver, qu’il cesse ensuite de se déplacer vers le sud pendant trois jours et puis recommence à se déplacer vers le nord. A ce moment, les anciens disaient que le "soleil de Dieu" "était mort" pour trois jours avant de "ressusciter" le 25 décembre. Les anciens se rendaient compte de façon très claire qu’ils avaient besoin du Soleil chaque jour et qu'ils auraient de gros ennuis si le soleil continuait à se déplacer vers le sud et ne s'arrêtait pas pour inverser sa direction. Ainsi, ces nombreuses cultures célébraient l'anniversaire du "soleil de Dieu" le 25 décembre26. Suivent les caractéristiques du "soleil de Dieu":

Le soleil "meurt" pendant trois jours le 22 décembre, lors du solstice d'hiver, quand il arrête son mouvement vers le sud, avant de renaître le 25 décembre, lorsqu’il reprend son mouvement vers le nord.
Dans certaines cultures, le calendrier commençait initialement dans la constellation de la Vierge, et le soleil était donc " né d'une Vierge."
Le soleil est la "Lumière du Monde."
Le soleil "vient sur des nuages, et chaque oeil le verra".
Le soleil se levant le matin est le "Sauveur de l'humanité".
Le soleil porte une "couronne d’épines" ou halo.
Le soleil "marche sur les eaux. "
Les "disciples" du soleil sont les 12 mois et les 12 signes du zodiaque ou constellations, par lesquels le soleil doit passer.
Le Soleil à 12 heures est dans la maison ou le temple du "Plus Haut" ; par conséquent , "il" commence le "travail de son père" à l’ "âge" de 12 ans.
Le Soleil entre dans chaque signe du Zodiaque à 30° ; en conséquence, le "soleil de Dieu" commence son ministère à l’ "âge" de 30 ans.
Le Soleil est tenu sur une croix ou "crucifié", ce qui représente son passage par les équinoxes, celle de Printemps étant Pâques (Easter), époque à laquelle il est ressuscité.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 22 Juin 2007, 20:08

Contrairement à la croyance populaire, les anciens n'étaient pas ignorants et superstitieux au point de considérer leurs dieux comme de véritables personnes. En fait, cette propagande calomnieuse représente une partie de la conspiration pour faire croire que les anciens étaient effectivement la populace hébétée qui avait grand besoin de la "lumière de Jésus". La vérité est que les anciens n’étaient pas moins avancés dans leurs pratiques spirituelles et morales, et même plus avancés dans de nombreux cas, que les chrétiens avec leur prétendue spiritualité et idéologie qui, avec cette atteinte à l’historicité, ont en fait dégradé l’ancien Mythos. En effet, à la différence des chrétiens "supérieurs", l’élite intellectuelle des anciens se rendait bien compte que leurs dieux étaient de nature astronomique et atmosphérique. Platon, Socrate et Aristote savaient sûrement que Zeus, le père et dieu du ciel qui est arrivé en Grèce originaire d'Inde et/ou d'Egypte, n'était pas une véritable personne, malgré le fait que les Grecs avaient indiqué en Crète à la fois une caverne de naissance et une caverne de la mort de Zeus. De plus, on peut trouver à plusieurs endroits du monde des sites où ce prétendu Dieu est né, mort, a marché, souffert, etc, un procédé commun qui n’est pas monopolisé et n’a pas commencé avec la Chrétienté.

suite ici:

http://www.truthbeknown.com/francais.htm


Conclusion
Comme le dit Walker, "Les efforts des érudits pour éliminer le paganisme des Evangiles, afin de retrouver le personnage historique de Jésus, se sont avérés aussi désespérés que de rechercher le noyau d’un oignon." L'histoire "Évangélique" de Jésus n'est pas une représentation effective d'un "maître" historique qui a marché sur la terre il y a 2.000 ans. C'est un mythe établi à partir d'autres mythes et hommes-dieux, qui étaient à leur tour des personnifications du mythe omniprésent du dieu-soleil.

Le Christ des Evangiles n’est en aucun cas un personnage historique ou un modèle suprême de l’humanité, qui souffrit, essaya et échoua à sauver le monde par sa mort. Il est impossible d’établir l’existence d’un personnage historique même en tant qu’imposteur. Car dans ce cas les deux témoins que sont la mythologie astronomique et le gnosticisme s’avèrent être un alibi. Le Christ est une figure populaire qui n’a jamais existé, une figure d’origine paienne ; une figure qui fut le Bélier et ensuite le Poisson ; une figure qui était sous forme humaine le portrait et l’image d’une douzaine de dieux différents.

Gerald Massey
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Dim 24 Juin 2007, 13:33

Les gnostiques, «fils du Serpent»


Les Ophites, les Naassènes, mais aussi les Pérates, étaient, comme leur nom l’indique, des «adorateurs du serpent». Le serpent (naas en hébreu, ophis en grec), déjà présent dans la mythologie des anciens cultes à mystères et des religions païennes, a été identifié par les auteurs gnostiques au Lucifer-Satan de la Genèse, dont ils inverseront la fonction: il est alors considéré comme un messager du Dieu de Lumière, ou même comme ce dernier lui-même, comme le Logos.

Dans le cadre des cosmogonies gnostiques, c’est Jehovah, c’est-à-dire le Démiurge, le faux Dieu, qui a emprisonné Adam et Eve dans un monde d’illusions, et c’est Lucifer (parfois Jésus, comme chez les Manichéens), qui vient les délivrer, en leur apportant la «science du Bien et du Mal», la gnose salvatrice, divinisatrice, et rédemptrice. «Nous vénérons le Serpent, disaient les Ophites, parce que Dieu l’a fait cause de la Gnose pour l’humanité. Iadalbaôth [le Démiurge] ne voulait point que les hommes aient souvenir de la Mère ni du Père d’en haut [la monade microcosmique double]. C’est le Serpent qui les persuada et qui apporta la Gnose; il apprit à l’homme et à la femme la complète connaissance des mystères d’en haut.»

«Personne, affirmeront encore les Pérates, ne peut être sauvé ni monter (au ciel) sans le Fils qui n’est autre que le Serpent. [...] Ainsi le Serpent attire hors de ce monde, à l’exclusion de toute autre, la race parfaite formée à l’image (du Père, le Dieu bon) et de même essence (que lui), qui avait été envoyée par lui ici-bas. En preuve de cette doctrine, les Pérates donnent l’anatomie du cerveau. Le cerveau lui-même, pour eux, est l’image du Père, parce qu’il est immobile; le cervelet est l’image du Fils, parce qu’il se meut et à la forme d’un dragon; il attire à lui, d’une façon ineffable et mystérieuse, à travers la glande pinéale, la substance spirituelle, créatrice de la vie, qui découle du crâne; comme le Fils, le cervelet reçoit cette substance, et d’une manière ineffable, fait part des formes à la Matière; c’est-à-dire que les germes et les espèces des êtres engendrés selon la chair le traversent pour s’écouler dans la moelle du dos. Les Pérates trouvent ingénieux d’introduire furtivement, par cette comparaison, leurs mystères secrets, transmis sans paroles**.»

Les Séthiens distinguent encore deux Serpents, un mauvais et un bon. Le mauvais, qualifié de vent de ténèbres, c’est le Démiurge; le bon Serpent, c’est le Sauveur, le Verbe parfait de la lumière d’en haut. Il n’a revêtu la forme maudite du serpent que pour défaire l’œuvre du Démiurge; celui-ci a emprisonné dans un corps, pour en faire le noûs de l’homme, les éléments du monde supérieur; le Sauveur vient pour délivrer de ses liens le noûs captif et le ramener au ciel.

Les Manichéens eux-mêmes, selon le témoignage d’Augustin, revendiquaient le titre de «fils du Serpent», voyant en lui la source de toute connaissance: «Et pourquoi dites-vous que le serpent est votre père? Oubliez-vous donc que c’est coutume parmi vous d’outrager Dieu, à cause du commandement qu’il fit à l’homme dans le Paradis, et de décerner des louanges au serpent pour lui avoir ouvert les yeux par ses conseils? C’est plutôt à vous, je crois, à reconnaître pour votre père ce serpent qui n’est autre que le diable, et que vous louez si fort. Lui, malgré les injures que vous venez de lui prodiguer, il vous reconnaît pour son fils***.»

Ces nouvelles données confirment une fois encore notre hypothèse selon laquelle la «physiologie de l’homme de lumière» (anatomie occulte) et l’alchimie spirituelle (relative à l’éveil de la Kundalini) expliquent, sur la base d’une «exégèse selon l’âme», les mythes et les cosmologies gnostiques.



François FAVRE (source: note n° 16 , Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident, p. 535).



*Les auteurs ismaéliens d’Asie centrale n’agiront pas autrement en identifiant nommément le cerveau avec la «mer de blancheur»; une expression coranique comme le «lotus de la limite» ne désigne pas autre chose que le chakra coronal qui coiffe le sommet du crâne.

**Hyppolite de Rome, Philosophumena, livre V, Arché Milano, 1988, p. 181-182.

*** Saint Augustin, Contra Faustum, Livre I, chap. III.
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