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 l'univers de Jodorowsky...

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MessageSujet: l'univers de Jodorowsky...   Mar 11 Mar 2008, 10:57

Dans la découverte de l'univers de Jodorowsky...

Les Humanoïdes Associés l'un de ses éditeurs a mis en ligne l'un de ses albums BD de la saga 'Megalex'.
cadeau de Julia

:444:

http://www.humano.com/megalex/videobd_web3.php
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Mar 11 Mar 2008, 11:31

Intéressant!

Cela semble reprendre certains concepts dialectiques "à la Matrix"...

Et puis aussi, des liens évidents avec l'expérience chamanique ( interventions d'animaux "mythiques", communication avec les Devas et intervention de ceux-ci...)


Bisou,

steph
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MessageSujet: Cabaret mystique   Mar 01 Juil 2008, 17:44

La vérité n’est pas dans un livre, mais dans l’esprit de celui qui, s’appuyant sur le symbole, découvre dans les profondeurs de son être ce mystère essentiel qui est son vrai maître.

Alexandro Jodorowsky



Alexandro Jodorowsky vient de faire paraître ce remarquable recueil de contes : Cabaret mystique, aux éditions Albin Michel. Ils sont à la fois plein d’humour et de sagesse et il les commente par thèmes. Pour vous présenter ce livre nous vous offrons de lire son Prologue.




Quand j’ai été las d’accoucher d’oeuvres qui n’étaient que des miroirs de mes ego, j’ai abandonné l’art pendant deux ans. En m’oubliant moi-même, toute la douleur du monde m’est tombée dessus. Pris par leur vie laborieuse, n’étant pas dans l’être mais dans le paraître, les citoyens, comme moi, avaient perdu la joie de vivre. Apaisés par les drogues, le café, le tabac, l’alcool, le sucre, l’excès de viande, sans illusions sur la politique, la religion, la science, l’économie, les guerres « patriotiques », la culture, la famille, tristes animaux sans finalité portant des masques de satisfaits, nous nous promenions dans les rues d’une planète dont nous savions que nous étions peu à peu en train de l’empoisonner. La maladie de notre société était profonde, un très vieux conte chinois m’a tiré de l’abîme :




Une grande montagne couvre de son ombre un petit village. Privés de soleil, les enfants sont rachitiques. Un beau jour, les habitants voient le plus ancien d’entre eux de diriger vers les abords du village, une cuillère en céramique dans les mains.

- Où vas-tu ? lui demandent-ils.

- Je vais à la montagne.

- Pour quoi faire ?

- Pour la déplacer.

- Avec quoi ?

- Avec cette cuillère.

- Tu es fou ! Tu ne pourras jamais !

- Je ne suis pas fou : je sais que je ne pourrai jamais, mais il faut bien que quelqu’un commence.





Le message de ce conte m’a poussé à l’action. Je me suis dit : « Je ne peux changer le monde, mais je peux toujours commencer à le changer. » Et sans tarder j’ai convaincu l’un de mes amis, champion de karaté, de me prêter son dojo (enceinte sacrée réservée à l’entraînement) une fois par semaine. J’ai commencé à donner des conférences gratuites, chaque mercredi. Par goût de l’humour, je les ai définies comme un service individuel de santé publique. Je me suis proposé de réaliser pendant une heure et demie une thérapie collective, appliquant le résultat de mes recherches théâtrales. L’acteur (moi, en l’occurrence) ne devait pas être un homme interprétant un personnage, mais une personne (changée en personnage par sa famille, sa société et sa culture) essayant de se trouver elle-même... J’ai supprimé les décors, le texte appris par coeur, les jeux de lumière, les déguisements, les accompagnements musicaux, et j’ai même limité la scène. Je ne me suis jamais accordé un espace de plus de deux mètres de large sur un mètre de long. Peu à peu s’est formé un public qui, héroïquement, se déchaussait et s’asseyait par terre pendant une heure et demie. Avant de commencer à parler, je leur demandais de se tenir par le petit doigt pour former une chaîne, puis de soupirer quatre fois en sentant se libérer les tensions de leur corps, l’urgence de leurs désirs, les vagues de leurs émotions et le choeur ininterrompu de leurs pensées. Enfin je leur demandais de tendre les bras en avant, les paumes des mains dirigées vers moi pour me bénir et me donner le pouvoir de leur communiquer quelque chose d’utile et de bienfaisant... Fidèle à ma décision, sans jamais abandonner, j’ai donné ces conférences, dans la salle comble du dojo, pendant plus de vingt ans.

Chaque conférence était le résumé de ce que j’avais appris dans mes lectures de la semaine, à quoi s’ajoutaient l’interprétation des symboles d’une carte du Tarot, la description de mes travaux intimes pour parvenir à moi-même (selon la devise : « Ce que tu donnes, tu te le donnes ; ce que tu ne donnes pas, tu te l’enlèves ») et enfin, pour conclure la fête,l’explication d’un texte sacré et son application utile à la vie quotidienne. Guidé par les trois principaux conseils de la Bhagavad-Gîta (« Pense à l’oeuvre et non au futur », « Identifie-toi au Moi essentiel, ton Dieu intérieur », « Réalise toujours ce qui doit être fait comme un sacrifice sacré, en te libérant de tout lien »), j’ai analysé des hexagrammes du I Ching, des poèmes du Tao te-king, quelques Upanishad, la Genèse et les Évangiles, des textes soufis, bouddhistes, alchimistes, des kôans, des haïkus, des fables, des contes de fées, des sémantiques non aristotéliciennes, des théories psychanalytiques, etc. Un jour, lisant des pensées du philosophe Ludwig Wittgenstein, j’en ai trouvé une qui m’a paru de la plus haute importance : « Le savoir et le rire se confondent. » J’ai alors décidé d’inclure des blagues dans mes conférences, que j’ai intitulées Cabaret mystique, comprenant l’interprétation de textes sacrés et d’histoires initiatiques.




Un symbole ne transmet pas un message précis, il agit comme un miroir qui reflète le niveau de conscience du chercheur. Dans le christianisme il n’y a pas qu’une seule croix, mais un nombre infini : pour les uns c’est un objet de torture, pour d’autres le croisement de l’espace et du temps, l’arbre de la vie, le signe plus, etc. Les textes sacrés peuvent produire de multiples commentaires ; les cabalistes le savent bien, qui tirent de la Bible des révélations capricieuses. Plusieurs générations de psychanalystes ont découvert des enseignements dansles rêves et dans les contes de fées. Alors je me suis dit qu’il n’y a pas, en soi, de textes sacrés ; le caractère sacré, c’est le lecteur qui le donne. La vérité n’est pas dans un livre, mais dans l’esprit de celui qui, s’appuyant sur le symbole, découvre dans les profondeurs de son être ce mystère essentiel qui est son vrai maître. S’il en est ainsi, pourquoi ne pas aller chercher la sagesse dans l’art littéraire le plus humble de tous : la blague ? Pourquoi ne pas traiter ces contes brefs comme s’ils étaient des textes initiatiques ? Ils sont anonymes, ils ont pour finalité de provoquer le rire bienfaisant, ils plongent leurs racines dans l’inconscient, recèlent un sens critique et une philosophie naturelle... J’ai commencé par celui-ci :




La locataire d’un grand immeuble va à la clinique rendre visite à la concierge de l’immeuble qui vient d’accoucher.

- Si vous permettez, dit la locataire étonnée, je vous poserai une question indiscrète : vous êtes célibataire, n’est-ce pas ?

- En effet, répond la concierge.

- Et qui est l’heureux papa de ce bébé ?

- Ça, je n’en ai pas la moindre idée, répond la concierge. Vous savez parfaitement que quand je lave les escaliers, je suis trop occupée pour me retourner à chaque fois !





J’ai comparé cette blague à une histoire du sage idiot Mollah Nasrudine, considérée par certains maîtres soufis comme initiatique :




Mollah Nasrudine, assis à l’ombre, regarde le chemin tandis que sa femme, assise à côté de lui mais le dos tourné, regarde dans l’autre direction. Bientôt, elle dit à son mari :

- Quelle beauté ! Il y a des tas d’oiseaux et les nuages sont merveilleux. C’est un paysage magnifique !

- Tu te trompes, comme d’habitude. C’est un paysage triste : de mon côté, il n’y a pas de nuages ni d’oiseaux ! Grogne Nasrudine.





L’homme ne fait pas le moindre effort pour regarder du côté de sa femme, il se borne à regarder son monde. De même, la concierge ne prête aucune attention à ce qui se passe dans son dos. Tous deux s’occupent exclusivement de leur point de vue limité, ce qui se passe autour d’eux ne les concerne pas. Pourtant, ils en subissent les conséquences.

Quelle est la dimension du monde d’une concierge qui nettoie les escaliers et se retrouve enceinte parce qu’elle ne se retourne pas ? Quelle est la dimension de notre monde ? Sommes-nous capables de voir la « réalité » à partir de différents points de vue ou nous enfermons-nous dans un seul en croyant que les autres n’existent pas ? Dans cette société où nous avons perdu le sens profond de la tradition religieuse et où Dieu représente un complément infantile qui nous est inculqué au cours de nos premières années de vie, pouvons-nous décrire cette divinité dont nous parlons ? Comment la voyons-nous ? Que représente-t-elle pour nous ? Lorsque je décris Dieu, je ne fais que décrire ma réalité. Si Dieu existe quelque part, il est ici. Si l’enfer existe, il est également ici. Tout ce qui ne se trouve pas ici ne se trouve nulle part. Tout ce qui est n’existe qu’en cet instant. Donc, si en cet instant tout est présent, je dois sentir ce qu’est l’instant pour moi, avec son temps, son espace et son possible créateur ! Si Dieu n’existe pas, je dois l’inventer. Et si j’en suis incapable, sur quel principe se fonde ma réalité ? Quelle est l’énergie qui la régit et quelles conséquences puis-je en tirer ?

On a envie de demander à la concierge de la blague : « Qui est le bébé que tu portes dans ton ventre ? D’une manière ou d’une autre, tu vas découvrir que tu es enceinte d’un produit dont tu ne perçois pas toute la réalité, que tu ne te retournes pas, que tu ne conçois pas ce que l’autre pense. Tu n’imagines presque rien, ni les millions de millions d’années du passé, ni les millions de millions d’années du futur, ni l’étendue infinie de la matière, ni la conscience sans limites que celle-ci enferme. Où te situestu ? Quelle est ta véritable réalité ? Et si tu appelais ton bébé Dieu intérieur ? »

Le premier pas que nous devons faire pour élargir notre regard au-delà de tous les horizons, c’est inventer le Dieu intérieur ; un Dieu qui est différent de cet autre, situé dans le ciel, impensable, inaccessible, décrit par Michel Onfray dans son Traité d’athéologie :




Mortels, finis, limités, douloureux de ces contraintes, les humains travaillés par la complétude inventent une puissance dotée très exactement des qualités opposées : avec leurs défauts retournés comme les doigts d’une paire de gants, ils fabriquent les qualités devant lesquelles ils s’agenouillent puis se prosternent. Je suis mortel ? Dieu est immortel ; je suis fini ? Dieu est infini ; je suis limité ? Dieu est illimité ; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient ; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent ; je ne suis pas doué du talent d’ubiquité ? Dieu est omniprésent ; je suis créé ? Dieu est incréé ; je suis faible ? Dieu incarne la Toute-Puissance ; je suis sur terre ? Dieu est au ciel ; je suis imparfait ? Dieu est parfait ; je ne suis rien ? Dieu est tout, etc.




Imaginons maintenant que Dieu se trouve non dans un paradis enfantin, mais dans le centre (ou dans le fond) de notre inconscient. De quelle manière ? Comme créateur et destructeur de chacune de nos cellules. Transformateur de nos expériences intérieures en conscience sublime. Possesseur de la clé de chacune de nos ignorances, de ce qu’on nous présente comme secret salvateur. Baume parfait pour notre coeur endolori. Remède suprême pour chaque maladie. Ce qui nous apprend à aimer tous les êtres, sans distinction...

Cet être intime doit nous servir de modèle. Puisque jour après jour nous inventons notre réalité, nous pouvons donc inventer notre divinité :




Je suis immortel, simplement parce que la mort n’est qu’un concept. Rien ne disparaît, tout change. Si j’accepte mes incessantes transformations, j’entre dans l’éternité. Je suis infini parce que mon corps, figure de proue de l’univers, ne finit pas avec ma peau : il s’étend sans limites. Je sais tout parce que non seulement je suis mon intellect, mais aussi mon inconscient,formé par l’énergie obscure qui soutient les mondes, je ne suis pas seulement les dix cellules cérébrales que j’emploie quotidiennement, mais aussi les millions de neurones qui constituent mon cerveau. Je suis omnipotent lorsque je cesse de m’enfermer en tant qu’individu et m’identifie à l’humanité tout entière. Je suis omniprésent parce que, avec tous les autres êtres, je fais partie de l’unité : ce qui arrive, même si c’est dans l’endroit le plus lointain, m’arrive à moi. Je suis incréé parce qu’avant d’être un organisme j’ai été matière ignée, antimatière, énergie, vacuité. Ma chair est formée de résidus d’étoiles qui ont des millions d’années. Je suis dans le ciel parce que ma terre est un navire qui parcourt un univers qui à son tour parcourt une infinité d’autres dimensions. Je suis parfait parce que j’ai dompté mes ego en faisant qu’ils s’unissent à la perfection du cosmos. Je suis tout parce que je suis en même temps moi et les autres.




Cette première tentative de chercher la sagesse des blagues a été bien reçue, ce qui m’a encouragé à continuer. J’ai passé mon temps à explorer les livres d’humour que je trouvais dans les aéroports, des revues enfantines, les apparitions d’humoristes à la télévision, n’importe quelle réunion d’affaires ou avec des amis. Il me suffisait de demander à mon interlocuteur : « Connais-tu une blague ? » pour le voir, au milieu des rires, raconter d’humbles et géniaux petits contes dans lesquels, plus d’une fois, passait l’astre brillant du sacré.




On raconte à un chercheur de vérité qu’existent des fleurs qui brillent autant que le soleil. Il se met à les chercher, en vain. Elles deviennent une véritable obsession. Pendant des années il parcourt la planète à la recherche de ces fleurs lumineuses sans en trouver aucune. Déçu, convaincu qu’elles n’existent pas, il s’assoit au bord d’un chemin, ayant décidé de jeûner jusqu’à mourir de faim. Au bout de quelques jours vient à passer un vieux paysan portant un énorme bouquet de fleurs qui brillent autant que le soleil. Stupéfait, il lui demande :

- Dites-moi, mon brave, comment avez-vous pu trouver autant de ces fleurs alors que moi, qui ai parcouru le monde entier, je n’en ai jamais vu ?

- Très simple, répond le vieillard. Le matin, dès que je meréveille, je regarde fixement le soleil. Ensuite, je vois ces fleurs partout.





Si nous concevons le Dieu intérieur, tout ce qui tombe dans nos mains, tout ce que nous entendons, voyons, expérimentons peut se transformer en symbole et objet de sagesse. Ce qui est méprisé n’est pas forcément méprisable.




Dans un monastère, un ancien prieur, véritable saint, ne parvient pas cacher sa tristesse.

- Pourquoi êtes-vous triste, mon père ? lui demande un jeune moine.

- Parce que je commence à douter de l’intelligence de mesfrères concernant les grandes réalités de Dieu. C’est la troisième fois que je leur montre un morceau de lin sur lequel j’ai dessiné un petit point rouge, en leur demandant de me dire ce qu’ils voient. Ils m’ont tous répondu : « Un petit point rouge », mais jamais : « Un morceau de lin ».
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Mer 27 Aoû 2008, 21:29

Manifeste d’un rebelle :


« Droit de jouissance pour le fœtus ! »


Avec Alexandro et Cristobal Jodorowski






« Tout fœtus a le droit imprescriptible d’être engendré pas un père et une mère qui s’aiment, pendant un acte sexuel couronné par un mutuel orgasme - ainsi, son âme et sa chair s’enracineront-ils dans le plaisir. Tout fœtus a le droit de n’être ni un accident ni une charge, mais un individu attendu et désiré avec toute la force de l’amour. Tout fœtus a le droit d’être accueilli comme le fruit qui métamorphose un couple en famille. »




L’homme à la crinière blanche parle d’un ton grave. Mais son œil brille et son accent sud-américain fait sourire ses mots. Pourtant, sa voix baisse d’une octave...

« Hélas, pauvre fœtus, tes parents savaient-ils ce qu’ils étaient en train de faire quand ils t’ont commis ? Non, d’aucune façon. Par manque de conscience, ils te faisaient, à toi, ce que leurs propres parents leur avaient fait, et que les générations s’étaient imposé les unes aux autres, depuis le début des temps, dans une cascade d’irresponsabilité criminelle. Misérable fornication résignée ! Dès l’aube de ta pauvre existence, ils t’ont pris au piège de l’engendrement automatique, te rendant d’emblée coupable des blessures qu’ils t’infligeaient, bourreaux aveugles se clamant victimes, d’un bout à l’autre de l’affligeant processus. Pauvre fœtus, l’accumulation des méfaits émotionnels se transmet à travers les générations, et ta famille se trouve dépositaire d’une souffrance épaisse de plusieurs siècles, dont tu as hérité dès l’instant de ta conception et que tu transmettras, le jour venu, quand tu concevras à ton tour ! »

Alexandro Jodorowsky me regarde avec une intensité telle, que j’ai l’impression de me retrouver dans la peau du « pauvre fœtus » et l’écoute, les yeux écarquillés, poursuivre le commentaire de son Manifeste des droits du fœtus (qu’il publiera peut-être un jour) : « Aucun fœtus ne devrait être inquiété d’être fille plutôt que garçon, ou garçon plutôt que fille ! Aucun fœtus ne devrait avoir son sang empoisonné par les névroses de sa mère et de son père, dans un utérus mué en enfer convulsif et agressif par une vie conjugale désaxée ! Aucun fœtus ne devrait être traité autrement que comme une graine de maître, de souverain, de roi ! »

Il éclate de rire. Mais ses yeux restent sérieux. Le plus surréaliste des sages de notre temps croit ce qu’il dit. On ne peut l’arrêter :

« Tout enfant a le droit de naître dans une ambiance préparée pour l’accueillir sans blesser sa sensibilité extrême. Les mains chaudes de son père doivent le transporter sitôt né vers les seins gonflés de lait pur de sa mère. Il a le droit que sa mère (et non son père, erreur symbolique que j’ai commise, comme tant d’autres) coupe le cordon, pour lui montrer qu’elle accepte la séparation et lui donne une place dans le monde, le laissant aller vers son père. Tout enfant a le droit qu’on le caresse sans avarice, qu’on célèbre la beauté de son corps, la grâce de ses gestes et qu’on respire avec plaisir l’odeur de sa peau et de ses cheveux. Qu’on aime sa voix, comprenne ses pleurs, calme ses angoisses, soigne ses blessures. Et qu’on n’essaye pas de faire de lui un surdoué, pour éveiller la jalousie des voisins ! Qu’on le laisse croître sans le forcer, en l’arrosant comme une plante assoiffée. Qu’on lui offre le plus grand nombre de chemins où se développer, sans l’investir des frustrations des générations passées. Tout enfant a le droit qu’on le laisse jouer, sans le forcer à devenir un adulte avant l’heure... »

Nouveau grand rire : « Je peux continuer comme ça pendant un bon moment, si vous voulez ! » Nous crions grâce. Le message est passé.

Il se redresse : « Là, je vous ai parlé des droits frustrés de l’enfant. Mais je pourrais faire la même chose pour ceux de la mère. Tant de femmes se sentent dépossédées de leur accouchement ! Cela est dû d’abord au fait que le père est symboliquement supplanté par le médecin. Une naissance implique forcément un père et une mère. Quand une lionne accouche, le lion n’est pas loin, qui, par sa seule présence, la protège. Aujourd’hui, le lion s’est fait voler sa place par les magiciens, les nouveaux prêtres que sont les médecins qui, sur le plan archétypal, représentent Dieu le père. La femme fait donc l’enfant avec son père. Pas avec son mari. C’est pourquoi, il est primordial qu’avant la naissance, le couple fasse un travail sur lui-même, au besoin en se faisant aider par un conseiller conjugal. Un couple bancale peut déboucher sur un accouchement terrible. »

Alexandro reste un instant songeur, avant de se lancer dans l’explication pour laquelle, en fait, je suis venu le voir : « Vous savez ce que je pense : tous ces déséquilibres remontent généralement aux générations précédentes, qui nous imposent le poids implacable de leurs frustrations, de leurs rancœurs, de leurs haines, de leurs abus. Jamais l’influence des ancêtres ne se fait autant sentir que quand une femme attend un enfant. Jamais la responsabilité d’en prendre conscience et de faire le tri n’est aussi grande. Dans certains arbres généalogiques, l’important, c’est d’être enceinte - ensuite, peu importe ce que devient l’enfant ! Vous avez des femmes qui aimeraient être enceintes tout le temps. Certaines ne voudraient même pas accoucher, et retiennent leur enfant en elles, avec d’énormes difficultés le jour où il faut le délivrer. D’autres se font faire un enfant et cherchent ensuite à se débarrasser du père. Il arrive que certaines détestent l’enfant en elles... La plupart de ces déviations remontent aux ancêtres. D’où l’importance capitale, pour la future mère, d’un travail sur son arbre. Même chose pour le père : la “malédiction” peut tout aussi bien venir de lui ! »

Celui que le monde entier connaît comme scénariste de bandes dessinées ésotériques fantastiques, comme lecteur de Tarot, comme acteur, dramaturge, cinéaste, conteur, agitateur culturel débordant de créativité et d’énergie - depuis que, dans les années 60, il est arrivé du Chili, via Mexico, pour former avec Arrabal et Topor le groupe Panique -, bref cet homme digne de la Renaissance travaille depuis trente ans à éclairer la dimension transgénérationnelle de notre vie. Il fait partie de ceux qui nous ont appris que l’une des responsabilités essentielles de toute mère, mais aussi de tout père, est de prendre conscience des inaccomplissements et secrets de famille négatifs que leurs ancêtres leur ont transmis, et qu’ils risque de léguer à leur tour à leurs descendants, sur plusieurs générations, compromettant leur santé physique et mentale, parfois gravement. Cette prise de conscience exige un travail d’introspection lent, tenace, acharné. Qui peut se trouver stimulé par une séance de « psychomagie » telle que la pratique Jodorowsky lui-même.
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Mer 27 Aoû 2008, 21:35

suite

En 2001, avec la journaliste Catherine Maillard, nous l’avions interviewé, pour notre série d’entretiens sur la psychogénéalogie intitulée J’ai mal à mes ancêtres [1]. Le débordement d’imagination, d’humour et de jovialité d’Alexandro Jodorowsky ne doit pas vous tromper : cet homme tient un cap rigoureux. Et son jugement tombe parfois avec une sévérité cinglante. Ainsi, quand je lui demande ce qu’il pense de l’accouchement aquatique, je suis stupéfait : c’est la douche froide, et même glacée !

« Je suis totalement contre. J’ai rarement entendu parler d’une méthode plus irréfléchie. L’être humain a évolué pour devenir un être terrestre et aérien. Le ramener dans l’eau, c’est le faire régresser. Dans le ventre de sa mère, le fœtus est comme un poisson, ou un dauphin. Naître, c’est justement passer de l’eau à l’air, pour devenir un humain, et non pas de l’eau à l’eau ! Le dauphin est un animal merveilleux. Mais je ne veux certainement pas que mon enfant devienne un dauphin ! Je veux qu’il soit humain.

« Le liquide amniotique produit par la femme, où baigne son enfant en elle, est une eau bénite. Cette eau est là pour cet enfant, rien que pour lui. Et quand elle a fini de remplir sa fonction, elle s’écoule et bénit le monde. L’enfant naît alors vers l’air. Et vers son père, qui est l’homme de sa mère. Tandis que si la femme met son enfant au monde dans l’eau, elle se positionne elle-même comme une enfant, baignant dans le “liquide amniotique” de la Mère Nature, donc, encore une fois, en petite épouse incestueuse de Dieu, en déesse couchant avec son père, et non pas avec son homme. Le comble, c’est quand j’apprends qu’il arrive à ce dernier de pénétrer lui-même dans l’eau, pour « aider » sa femme à accoucher. Ce faisant, il aggrave la situation car, en rejoignant son enfant nouveau-né dans cette mer de liquide amniotique, il devient symboliquement son frère, et ne peut plus tenir la place du père. C’est donc travailler à rebours de l’évolution. Voilà pourquoi je suis contre cette façon d’enfanter. » Ce jugement sans appel pourrait faire penser qu’Alexandro Jodorowsky s’aligne finalement sur des schémas classiques, dans une symbolique finalement proche de la vision freudienne. Mais cela n’est pas toujours le cas. Ainsi, quand il me parle de la méthode de rebirth mise au point par l’un de ses quatre fils, l’artiste s’enthousiasme et s’embarque sans hésiter dans un plaidoyer en faveur d’une « psychomagie » particulièrement révolutionnaire, qu’il recommande particulièrement aux futures mères et aux futurs pères, pour « se laver » des influences négatives du passé et « purifier leur arbre généalogique en eux-mêmes ».

L’idée est qu’il est essentiel pour la mère enceinte, et aussi pour le père, de revivre leur propre naissance, pour désamorcer le faisceau des peurs que cet événement traumatisant a forcément engendrées en eux et qui restent ancrées dans leur inconscient, déterminant à leur insu toute leur existence, notamment sur le plan affectif et sexuel, leur façon de voir le monde et d’envisager de s’y inscrire et de créer. La libération qui suit cette expérience de « naissance revécue » rejoint les expériences mystiques qui laissent presque toujours échapper de la bouche de ceux qui les ont vécues : « J’ai eu l’impression de mourir, puis de renaître et de voir le monde pour la première fois ! »

Le principe de base de Victor Jodorowsky, quand il invente sa méthode de rebirth, en accord avec les idées de son père, est qu’il ne s’agit pas tant de revivre la souffrance initiale - « car celle-ci est sans fond, dit-il, et son exploration pourrait durer éternellement, jusqu’au suicide ! » -, mais de dépasser cette souffrance en réparant les manques fondamentaux dont le sujet a souffert au début de sa vie, à partir du moment de sa conception, et dont il y a de fortes chances qu’il souffre encore...
Comment cela se passe-t-il concrètement ?



Les thérapeutes sont forcément deux, un homme et une femme, symbolisant le père et la mère du sujet. Je n’ai pas rencontré Marianne, la partenaire de Victor Jodorowsky, mais celui-ci me la décrit comme un personnage extraordinaire : une femme immense et forte, très noire de peau, qui évoquera immédiatement dans mon esprit la géante avec qui le dessinateur Robert Crumb, créateur de Mister Natural, rêvait de partir vivre sur une île déserte, en tout cas dans une bande dessinée fameuse des années 70 [2]). Bref, cet homme et cette femme commencent par écouter le patient, ou le sujet raconter sa vie, et surtout sa petite enfance, lors d’une première longue séance, où leur intuition et leur expérience (Victor travaille depuis son plus jeune âge avec son père à « décrypter » le langage des corps) leur soufflent de quoi la personne a certainement le plus manqué au départ de sa vie. Cette première séance est suffisamment intense pour déclencher des émotions puissantes, éventuellement des larmes, des cris. Mais pas encore de psychomagie. Ce n’est qu’un préambule, destiné à faire ressortir les informations nécessaires à la préparation du travail thérapeutique proprement dit.

Forts de ces informations, Victor et Marianne mettent ensuite au point un scénario ad hoc. Une sorte de pièce de théâtre dont la trame est forcément la même : une femme et un homme vont se rencontrer, se plaire, s’aimer, faire l’amour... Mais, chut, voilà le jour J. Le sujet arrive, le matin, reposé. Il ou elle sait qu’il y en a pour plusieurs heures et s’est arrangé(e) pour pouvoir rester tranquillement à la maison le lendemain. Il en faudra pour intégrer ce qui va se passer !




Victor Jodorowsky : À l’abri d’un lieu confortable, plongé dans une semi-pénombre, les deux thérapeutes commencent par déshabiller la personne, lentement, avec beaucoup de solennité, d’attention et de respect. Puis ses habits sont jetés dans un feu et brûlés. Ils représentent la vieille naissance, la vieille vie, les vieux parents, qu’il faut tuer. C’est essentiel. Après quoi, la personne est allongée sur un tapis et massée. Un massage profond, et même très profond ! L’ayurvéda nous a beaucoup appris. Il s’agit d’un massage initiatique. C’est très puissant. On dissout littéralement la personne ! On l’ouvre, on la tire, on la presse, à la fin elle est rincée, transformée en une flaque d’eau. Rien de violent bien-sûr, mais on lui fait perdre son identité.

Alexandro Jodorowsky : Rien de sensuel non plus. Ils ne sont évidemment pas dans l’érotisme. Mais dans l’amour, oui. Un amour parental. Il faut être complètement dans le cœur pour pouvoir dissoudre les nœuds qui empêchent l’énergie de circuler dans cette personne.

Victor Jodorowsky : Finalement la personne se trouve à la fois ratatinée et bienheureuse. Nous lui attachons alors autour du ventre un ruban rose, dont l’autre bout ceint la taille de la thérapeute qui, entre temps, s’est déshabillée à son tour et allongée sur le tapis, dans l’ombre. On colle doucement le sujet contre elle, dans la position du fœtus, et on le recouvre d’un grand drap épais et très chaud. C’est de là que, dans un état second, il va entendre ses parents se rencontrer... C’est comme si la personne écoutait un conte, mais la concernant directement. Elle entend l’homme et la femme, qui portent les prénoms de ses parents, tomber amoureux l’un de l’autre. Elle les entend parler, rire, murmurer, s’embrasser, chanter, soupirer, pousser des gémissements, des cris de plaisir, rester silencieux... C’est un vrai feuilleton radiophonique. Mais ajusté à la personne. Jusqu’au moment où la femme annonce à l’homme une grande surprise : elle est enceinte !

Alexandro Jodorowsky : À mesure que leur scénario se déroule, sont levés un à un tous les manques que les thérapeutes ont repérés lors de la séance de préparation. Par exemple, s’il s’agit d’une femme et qu’elle a su dire qu’à sa naissance, ses parents auraient préféré un garçon, les thérapeutes-acteurs vont mettre le paquet sur cet aspect, s’extasiant d’avance à l’idée que la femme puisse être enceinte d’une fille : « Une fille ! Mon Dieu, quel bonheur ! Nous l’appellerons... » (prénom de la personne). Si cette dernière a expliqué qu’elle vient d’un milieu pauvre et que sa naissance a posé des problèmes d’argent, les thérapeutes-acteurs, en chuchotant, vont soulever la question de la charge d’un enfant, peut-être d’un enfant de plus, pour conclure que c’est une telle joie, d’attendre ce bébé que cela vaut plus que toutes les richesses du monde. Etc.
D’aussi grosses ficelles ?



Victor Jodorowsky : Oui, énormes. Mais le sujet, roulé en boule, dans une obscurité quasi totale, sous son drap, est plongé dans un état régressif et fœtal tel que les arguments les plus simples et les plus physiques sont justement ceux qui le touchent au plus profond. Puis viendra sa « naissance », où il devra passer de force à travers un tout petit cercle de bras, dans un pugilat lent avec ses « nouveaux parents ». Pour finalement se retrouver couché sur le corps de sa « mère », où on lui mettra éventuellement dans la bouche, une tétine reliée à une bouteille de lait tiède - à supposer que l’on ait senti, chez lui, un manque de ce côté-là... Les neuf mois de grossesse se trouvent ainsi résumés en environ quatre heures. Avec des épisodes et des humeurs très variés. Régulièrement, on vient masser la personne, en particulier sur le ventre, à travers le drap. À la fin, juste avant la naissance (ou plutôt la renaissance), quand, dans ce théâtre sacré qu’est devenue l’expérience pour le patient, la mère annonce qu’elle sent les premières contractions, le père la rassure : tout est prêt, en particulier la chambre où l’enfant va naître.... Après sa naissance, nous allons longuement le prendre dans nos bras, le masser de nouveau, le caresser des pieds à la tête, c’est-à-dire le reconnaître !

Alexandro Jodorowsky : La plupart d’entre nous ont manqué de cela. Puis les nouveaux parents rhabilleront le nouveau-né, lentement, solennellement, avec des habits neufs. Mais pas complètement. Il devra finir de s’habiller tout seul, comme un grand. Après l’avoir fait régresser et renaître, il s’agit de le remettre face à ses responsabilités.

Victor Jodorowsky : Parfois, quand il s’agit d’une personne qui a trop souffert, parce quelle a été trop dévalorisée dans sa petite enfance, nous lui recouvrons tout le corps d’une peinture dorée. Symboliquement, nous lui donnons ainsi la valeur suprême. Recouverte d’or, elle sera habillée de neuf et sortira se promener dans la rue comme ça !

Alexandro Jodorowsky : C’est une pratique que Victor a reprise à Pachita, la sorcière mexicaine, et des chamans mexicains que je lui ai fait rencontrer quand il était encore enfant. Ils utilisent beaucoup de poudre dorée dans leurs cérémonies, là-bas. Moi, ça m’intéressait surtout pour mes dessins ; mais lui, il a repris le procédé et en a fait une technique de psychomagie complètement inédite !




Père et fils s’esclaffent, l’œil brillant. Pas peu fiers l’un de l’autre. Je sors de chez eux terriblement curieux de savoir quelle guérison pareille expérience apporte. Sur quels paysages elle débouche.

[1] Il est l’un des sept experts en psychogénéalogie qu’avec Catherine Maillard nous avons interrogé dans J’ai mal à mes ancêtres, éd. Albin Michel.

[2] Voir la couverture d’Actuel 1ère série, n° 21.
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Ven 13 Fév 2009, 07:16

Le bonheur selon Jodorowsky
Par Catherine Maillard

Animateur du célèbre Cabaret Mystique, « Jodo », comme l’appelle ses aficionados, continue d’éveiller le capital de transformation qui est en nous. En route vers le bonheur, thème de la soirée, avec le maître de cérémonie chilien, poète, thérapeute, réalisateur de film et bien vivant.

Au croisement de la psychothérapie et du théâtre, le cabaret mystique de Jodorowsky est depuis des années le rendez-vous des chercheurs de sens. Nous sommes une petite centaine, entassés dans la salle de conférence des « Cent ciels *», lieu parisien dédié à la spiritualité.


« Tout le monde cherche le bonheur » lance Jodo, hilare, comme à son habitude. Mais qu’est-ce que le bonheur et comment y parvenir ? Là est la question, et la quête à laquelle il nous convie... Et nous de le suivre, les yeux brillants et le coeur battant !



1 Relire les philosophes
« Il n’y a pas de réalité, énonce Epicure. La seule réalité qui vaille est le fait que tous nos atomes complotent pour notre bonheur ». Sublime conteur, Jodo, nous guide pas à pas dans une réflexion philosophique qui se meut vite en aventure, celle de l’existence, la sienne, et la nôtre, toutes deux mêlées… et la magie opère. Son enseignement ponctué d’anecdotes autour de ses rencontres avec maîtres et mendiants nous entraîne vers une évidence : la réalité est différente de ce que nous croyons !
2 Reconnaître le diamant que nous sommes
« Je cherchais à toute force l’illumination, dans l’enseignement d’un maître zen. Et j’ai frappé à sa porte ! « Pour Jodo, la surprise est de taille. Le maître l’accueille comme s’il était quelqu’un d’important qu’il chérissait… Et le déclic a lieu. Avant l’illumination, prélude illusoire au bonheur, il existe un bien précieux, lumière dans la nuit de notre existence : la reconnaissance de qui on est. Posez-vous la question : « avez-vous déjà connu cette sensation dans le regard de quelqu’un ? » Non ! Alors commencez par reconnaître le trésor que vous portez ! Silence dans l’assemblée …
3 Parfumer nos pensées
« Prenez conscience de vos pensées ! » éructe le poète, peu enclin à nous brosser dans le sens du poil. Quelle est la nature de nos pensées ? Bonne question ! Sommes-nous en prise avec les chinois qui vont nous envahir, l’économie qui s’écroule, l’insatisfaction sexuelle ? Si oui, Jodo, nous invite à prendre place dans notre coeur et à nous demander plutôt qui nous aime profondément. Qui est profondément ravi de notre existence ? Re-silence dans l’assemblée … « Pas facile, facile le bonheur, » marmonne mon voisin de tabouret.
4 Prendre conscience de sa divinité.
« Il existe une force qui vous soutient quand tout en vous hurle que vous n’êtes rien, « affirme Jodorowski. Le poète connu pour son rapport singulier au divin évoque ce qu’il appelle « la force cosmique ». Être un homme ou une femme avec ou sans Dieu fait toute la différence… Selon lui, nous passerions un temps fou à le prier, l’invoquer, le supplier alors qu’il est là tout près de nous, à l’intérieur, voyez… Nous avons juste à le laisser s’exprimer ! Comment savoir si l’on est en contact ? C’est facile, il n’y a plus ni fatigue, ni doute…
5 Nettoyer le mental
Principal obstacle au bonheur, notre mental ! Jodo relate les séances épiques avec son maître zen, quand celui-ci se saisit d’un éventail qu’il ouvrait pour couper court à tout bavardage mental. « Soufflez ! » nous lance le poète chilien. Jodo ne conseille pas, il montre la voie, et pousse à l’expérience. La seule réalité qui vaille ici et maintenant avec qui l’on est… On arrête de perdre du temps à soliloquer sur le mental, on souffle dessus. C’est tout !
6 Marier le dieu barbu avec la grande déesse
« Marre du vieux sage à la barbe blanche, » vocifère Jodo… L’hégémonie machiste puis féministe n’a que trop duré. Il prône l’union sacrée, l’alliance terre-ciel, la seule voie qui vaille. En clair : Faites l’amour ! Au sens large du terme. Faites de votre relation amoureuse une « création » commune. Il n’est pas rare que l’on veuille à toute force rallier l’autre à sa vision… Laissez tomber. Le barbu et la déesse observent la même réalité, mais en font une lecture différente. Il est bon que tous deux partagent leur vision différente, s’enrichissant mutuellement. Et nous aussi…

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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Ven 13 Fév 2009, 10:01

C'est vraiment un auteur assez extraordinaire. Pour ma part, je connais surtout ses bandes dessinées. Dans la plupart de ses scénarii, on trouve tout un parcours initiatique. Parmi les plus belles, je vous conseille vivement L'Incal, Le Lama Blanc ou Les aventures d'Aleph-Thau. Dans l'Incal, notamment, il y a une extraordinaire symbolique se rapprochant des corps de Platon et de la Merkaba, bien que ce soit une pyramide à base carrée et non un tétraèdre.
Pour les amateurs de bandes dessinées, ce sont vraiment des perles.
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Ven 13 Fév 2009, 11:28

:7777:
Citation :
« Il n’y a pas de réalité,
énonce Epicure. La seule réalité qui vaille est le fait que tous nos
atomes complotent pour notre bonheur
»

et si on changeait le mot "bonheur" par "Évolution".

Ce que nous pouvons observer, c'est que dans cet univers, cette vallée des larmes de l'aternance du bien et du mal, dans ce monde de cycles, le bonheur comme la joie ne peuvent s'apprécier que fugacement. C'est tout le drame de celles et ceux qui cherchent le bonheur dans l'ivresse. Ça ne dure pas.

Par contre, si on adopte cette maxime "La seule réalité qui vaille est le fait que tous nos atomes complotent pour notre Évolution " nous éprouvons une sensation de bonheur durable en donnant un sens à nos vies et surtout à toutes les épreuves qui nous tombent sans cesse sur le paletot.

Enfin, il me semble.
Bisous à tout le monde.
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MessageSujet: Re: l'univers de Jodorowsky...   Ven 26 Fév 2010, 13:16

j aime beaucoup certaines oeuvre de Jodo, et j en ai fait ce post , à la grande surprise de mon fils qui m a aiguillé sur ceci:

- Le samedi 3 décembre 2005, Marilyn Manson épouse Dita Von Teese (Heather Sweet), en Irlande, en présence d'une soixantaine d'invités à Castle Gurteen, la maison d'un ami situé à Kilsheelan dans le comté de Tipperary. La cérémonie est conduite par le réalisateur Alejandro Jodorowsky, un ami de Marilyn Manson.
[url=http://www.manson-world.net/bio_mari.php]http://www.manson-world.net/bio_mari.php[/url]
[url=http://www.mansonmachine.com/V5/news.php?view=080517n1]http://www.mansonmachine.com/V5/news.php?view=080517n1[/url]




Une petite photo sympa d'Alexandro Jodorowsky???
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