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 LE LIEN ORIENT-OCCIDENT

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Sphinx

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mer 19 Mar 2008, 22:14

Bonjour,


Aucun chemin ne mène au salut, car le salut requiert l'authenticité, et l'authenticité est inaccessible à la spéculation. Or, tout chemin est une spéculation, une suite spéculée d'étapes, de causes et d'effets.

Seule la Foi permet le salut. Seul le saut quantique dans le néant, magistral, confiant, mais sans revendication, permet au bâteau ennivré d'acoster aux berges de l'inaccessible Aïn qui, en réalité, se présentera à lui car il l'attendait, le suivait, l'épiait pour l'accueillir dès que possible.

L'Aïn est omniprésent, même s'il est indécelable par tout moyen spéculatif.

En effet, il n'y a pas de chemin. Et cela fait penser, parler, et écrire les spéculateurs. Et à les lire, on pourrait croire, comme eux, qu'il n'y a pas d'espoir, que l'univers est un cadavre à l'abandon entraîné sur le fleuve de sa propre vanité.

Mais pour celui qui a réellement perçu la Gnose, qui sait que sa Nature est dialectique, et qui a discriminé le finalisme et le causalisme, le salut et la Foi prennent une autre dimension. Et leur forme est bien celle d'une Croix.


Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Jeu 20 Mar 2008, 08:41

Citation :
tout chemin est une spéculation, une suite spéculée d\'étapes, de causes et d\'effets.


toute la séduction à l\'oeuvre ......... une suite ..une fuite spéculée ... !!

Citation :
Et à les lire, on pourrait croire, comme eux, qu\'il n\'y a pas d\'espoir, que l\'univers est un cadavre à l\'abandon


quand le masque tombe ....... le jeu n\'a plus ni raison ni prise ...

que d\'éclairage en si peu de temps ...

croire en une longueur d\'avance avec son cerveau.. dire je sais ....

et l\'ame qui nous dit .. je suis prête .. je t\'attendais ...

si j\'ai bien compris ..

merci à vous tous ..


Dernière édition par Marie le Jeu 20 Mar 2008, 09:34, édité 2 fois
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AMBRE

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Jeu 20 Mar 2008, 09:02

Citation :
Mais pour celui qui a réellement perçu la Gnose, qui sait que sa Nature est dialectique, et qui a discriminé le finalisme et le causalisme, le salut et la Foi prennent une autre dimension. Et leur forme est bien celle d'une Croix.

Bonjour ,
Après relecture,je comprend que tu puisses écrire ceci,surtout après un an de "cours" de dialectique avec toi,cours très porteur et qui m a permis de m ouvrir à cette vision de la dialectique d ailleurs,que je ne percevais pas en tant que telle, ayant une approche dans l instant plus manichéiste...ma plongée vertigineiuse dans l oeuvre de Favre sur la gnose Christique et Mani!

je cite ici l auteur:
Inutile de se bercer d’illusions, le Voile de Maya est un rideau de FER, tout espoir apparaît sans doute utopique mais, bien qu’il coure à un échec certain, à la mesure de sa grandeur, le gnostique tente l’effort de vivre ce parcours d’outre mesure, porté par sa foi-pistis, alimentée par le doute, et par sa sagesse-sophia, entretenue par sa folie.

Je ne voie pas vraiment de contradiction en ce que tu dis et ce que j ai proposé,plutôt une continuité sur le sentier dans ce que le "commun" des mortels vit ,et ce que d autres dits "éveillés" perçoivent..
Dans nos discutions,ainsi qu avec Balzac,Je vous parle de descente dans l abime en fait ,pas de chute.

Si Dieu est "insondable" celà ne veut pas dire qu il est le "néant" ,donc inexistant..."Il Est" ,et je croie qu il faut vivre cette descente expérimentée par la Sophia que pour pouvoir vivre et non percevoir uniquement,ce que tu nommes dans ta théorie
"l éveil cardiaque" , en nous!
je sais aujourd hui pour le vivre ,que nous ne sommes pas uniquement des êtres fait de densité et de matière.

Combien sommes nous a être conscient de celà ?

Dans ce monde cahotique où nous nous devons d "évoluer",et bien souvent où nous "involuons" avant de voir la Lumière,combien vivent le véritable éveil ?Et ceux qui vivent cet éveil ont ils en charge de se taire ,ou de partager une "perception" qui de toute façon n est que le reflet de son propre parcours ?Que l autre n entendra pas,ne verra pas ,l autre étant presque topujours l "obstacle "entre la Lumière qui se projète sur lui même et donc engendre l Ombre,son ombre qu il devra "démystifier" ?!

L" Atome Christique" nous le portons tous en nous, tel le charbon qui devient diamant au sein de notre Athanor.

Citation :
Le gnostique est le Mage qui s’absorbe en actionnant le Véhicule spirituel qui le conduit d’un sénaire à l’autre en traversant le Miroir. Mais dans ses réactions subversives, il doit savoir se garantir des ‘chocs en retour’.

l auteur conclu son "essai" d ailleurs comme ceci:

A la recherche de la ‘Pierre philosophale’, il explore l’espace de sa nature propre qui est identique à celle de l’univers.

Il glisse dans le Vide qui est à la fois Tohu et Bohu, stupeur et chaos dans la Nuit. Dans la solitude sur terre et le déchirement de son être aquatique, l’atroce et le sublime, la joie et l’angoisse le guettent.

Mais aussi la Pierre philosophale !…

L’illumination ? !…


ce texte est en ce sens ,pour ma part ,une invitation à la "réflexion" et il suscite ,selon moi, ce débat qui t est chèr entre "causalisme et finalisme"!

Merci de ne pas m avoir laisser "dormir" cette nuit!

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MessageSujet: La blessure au côté droit du Christ   Lun 24 Mar 2008, 11:53


La blessure au côté droit du Christ




Par Frédérick Tristan

La blessure au côté droit du Christ telle qu’elle est affirmée par la quasi-totalité des crucifix depuis l’apparition de sa représentation recèle en soi-même une énigme – et mieux : un mystère – que la plupart des observateurs ont semblé dédaigner. L’évangile de Jean qui nous rapporte le coup de lance dit : «l’un des soldats, de sa lance lui perça le côté et aussitôt il sortit du sang et de l’eau». (In. 19.34). Puis il ajoute : «celui qui a vu en rend témoignage, - un authentique témoignage, et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi vous croyiez». (In.19.35). Et certes, il n’est pas précisé que le coup de lance fut donné au cœur, mais au côté, et aucun des côtés n’est désigné. Toutefois la connotation fut toujours évidente, comme nous le verrons : c’est le cœur du Christ qui fut transpercé (ce qui donnera lieu, plus tard, au culte du Sacré-Cœur). Or, comme chacun sait, le cœur est à gauche. Pourquoi donc cette blessure au côté droit, si continûment, si généralement décrite par l’iconographie chrétienne ? C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre.



"C’est tout entier que je désire voir et toucher, plus encore m’approcher de la sacro-sainte blessure de son côté, de cette porte de l’arche faite au flanc, non pas seulement pour y mettre mon doigt ou ma main, mais pour entrer tout entier jusqu’au Cœur même de Jésus (Guillaume de Saint-Thierry)."



Et d’abord, rappelons quelle serait la représentation la plus anciennement attestée d’une crucifixion où le Christ porterait la blessure au côté droit. Il semble que ce soit dans l’Évangile de Rabula, conservé à la Bibliothèque Laurentienne de Florence. Le Christ, entouré des deux larrons, est maintenu à la croix par quatre clous. Il porte une longue robe sans manches, le colobium, dont le côté droit, d’où sort le bras est échancré, faisant apparaître l’aisselle droite. Or Rabula était syrien et peignait pour le couvent de Saint Jean de Zagba en Mésopotamie, vers 585.

De même, datant de 670 environ, l’Évangéliaire de la Cathédrale de Durham montre le Christ en croix, vêtu d’un curieux manteau à plis, le porte-lance à droite, et si l’on voit fort bien la lance s’approchant du côté droit du supplicié, le coup n’est pas porté. Les yeux de Jésus sont d’ailleurs ouverts comme dans la peinture de Rabula et comme ce devait être la règle à l’époque jusqu’au XIème siècle.

Dans ces deux cas très anciens, la blessure à droite s’accompagne de deux éléments identiques : d’une part, le soldat qui porte la lance, Longin (1), est à la droite du Christ (donc à gauche de la figure), le soldat qui porte l’éponge imbibée de vinaigre est à gauche du Christ (à droite de la figure) ; d’autre part, le corps de Jésus est revêtu d’une robe ou d’une sorte de manteau, le colobium.

Ces deux éléments sont essentiels car nous les retrouverons durant toute une période plus ou moins longue selon qu’il s’agisse de la tradition orientale ou occidentale, mais de toute façon suffisamment longue pour qu’ils aient pu marquer l’iconographie de leur influence, y compris après que Longin eut disparu de la scène et que l’on ait revêtu le Christ du linge autour de ses reins, ou d’une sorte de pagne, le perizonium.

Car d’où vient l’ouverture à droite du colobium sinon du fait que, comme pour la toge romaine, celui qui le portait avait ainsi sa main droite dégagée, comme on le voit sur les innombrables peintures ou statues d’empereurs, de consuls ou d’orateurs antiques ?

Or, les premières représentations du Christ revêtu le furent pour exalter le Christ-roi, non pour le dépeindre en son supplice. On le figura donc habillé à la romaine, comme un empereur, et il convient de comparer le Christ de la Catacombe des S.S. Pietro et Marcellino à Rome, (dans la crypte, entouré de Pierre et de Paul, au-dessus de l’Agneau) qui date du IVème siècle, et une représentation d’un empereur comme Constantin, par exemple, pour se rendre compte que leur vêtement est quasiment interchangeable. Dans la Catacombe de Comodilla à Rome, le magnifique buste peint de Jésus, avec l’auréole, entouré de l’Alpha et de l’Omega, montre clairement l’agrafe retenant le peplum sur l’épaule droite, identique à celle dont usaient les dignitaires et les nobles romains à la même époque. Mieux encore, on trouvera, toujours à Rome et toujours au IVème siècle, dans la Catacombe de la via Latina, un groupe de personnages assis autour d’un corps étendu que l’un d’entre eux désigne avec une baguette. Aristote qui, semble-t-il, préside à cette leçon d’anatomie, a tout le côté droit découvert alors que ses disciples ont la main droite seule hors du vêtement. Le rapprochement avec le Bon Pasteur portant l’Agneau, et qui se trouve actuellement au Musée du Louvre, est aisé : le Berger a, lui aussi, le sein droit totalement découvert.

On remarquera d’ailleurs qu’au centre de la mosaïque de la coupole du Baptistère de la Cathédrale de Ravenne, œuvre du VIème siècle, Jean qui baptise Jésus par effusion (et non par immersion) a le bras et tout le côté droit dénudés, leçon qui demeurera constante dans les siècles suivants. D’où l’on rappellera une donnée fondamentale du costume drapé masculin antique : le côté, le bras et la main droites peuvent se découvrir à volonté. Ainsi n’est-il pas étonnant que sur la croix, le Christ revêtu du colobium ait le sein droit découvert et que ce soit, par conséquent, ce côté-là et non l’autre que blesse le soldat de sa lance.

Dès lors la position de Longin, à droite du Christ, s’expliquerait par l’échancrure du vêtement et aurait déterminé, symétriquement, à gauche le porte-éponge sans qu’il y eût là d’autre signification particulière.

Si cette première conclusion apparaît limitée, c’est qu’elle soulève plusieurs considérations importantes. Tout d’abord, il est clair que le choix du côté droit par l’usage antique n’est pas fortuit. Le côté gauche est sinistre, aux sens original et dérivé. Il doit être caché, et l’on notera que l’occulte, le mystère, mais aussi ce qui est douteux, dangereux, redoutable, sera considéré comme «gauche», alors que ce qui doit être mis en lumière, et aussi ce par quoi les choses se révèlent, est réputé comme «droit». Il y a connotation entre droit et droiture, gauche et tortueux. C’est la droite qui gère et c’est la gauche qui conteste – ce qui n’est pas une idée nouvelle, on le voit. L’ordre est du côté droit, et donc le divin, le raisonnable. À gauche, le sentiment, l’irréflexion, l’instinct. Nous touchons là à un domaine d’anthropologie générale fondée sur l’opposition inhérente au dualisme.



"Dès les premières représentations de la Crucifixion que nous possédons, le tableau s’organise autour de l’axe de la croix d’une façon qui ne cessera plus de prétendre à une symétrie symbolique. Les deux larrons se prêtent admirablement à cette construction et c’est d’ailleurs eux qui semblent apparaître primitivement autour de Jésus, avant même les deux soldats, la Vierge et Jean."



«À la droite du Christ»

Or nous avons constaté que, dès les premières représentations de la Crucifixion que nous possédons, le tableau s’organise autour de l’axe de la croix d’une façon qui ne cessera plus de prétendre à une symétrie symbolique. Les deux larrons se prêtent admirablement à cette construction et c’est d’ailleurs eux qui semblent apparaître primitivement autour de Jésus, avant même les deux soldats, la Vierge et Jean. C’est le cas, par exemple, de la Crucifixion sculptée sur la porte de Sainte-Sabine à Rome au VIème siècle. Naturellement le bon larron sera à la droite du Christ et le mauvais à gauche, encore que durant un temps assez long ils soient quasiment indifférenciés et que leurs attitudes soient pratiquement neutres. La Vierge, elle, sera immanquablement à droite, ce qui rejettera Jean à gauche, encore qu’il soit clair que Jean, le disciple bien-aimé, n’avait a priori aucune raison symbolique de se retrouver du côté sinistre, fut-ce pour des besoins de composition. On voit d’ailleurs que les artistes ont hésité, comme c’est le cas sur la sculpture du coffret d’ivoire actuellement au British Museum de Londres, et qui date du VIème siècle, où l’on voit Marie et Jean à droite du Christ – de même que Judas pendu, il est vrai !

Autre constatation : il existe des Crucifixions contemporaines de celles que nous avons citées où Jésus crucifié porte une tunique droite sans manche, où l’échancrure à l’aisselle est donc semblable des deux côtés, et où néanmoins, sans que la nécessité vestimentaire apparaisse, le coup de lance est, malgré tout, porté du côté droit. Dans ce cas, le raisonnement inverse pourrait être évoqué, en appuyant l’argumentation sur le porte-éponge, cette fois. Le vin aigre est celui de l’Ancien Testament que le Christ par sa mort changera en vin nouveau. Et donc le vin aigre sera à la gauche, et le vin nouveau, le sang du Christ jaillissant de son côté ouvert, sera à droite ; d’où les positions respectives des deux soldats (cf. la vigne que «la droite de Dieu a planté»).

Gabriel Millet, dans son ouvrage classique, Recherches sur l’iconographie de l’Évangile aux XIVème, XVème et XVIème siècles (2), suppose que l’Evangile de Nicodème fut à la base de la blessure à droite. Il écrit : «Sur l’ivoire du British Museum, Jean et Marie se tiennent à gauche et Jésus reçoit le coup en plein cœur (de même que dans l’Évangile de Saint.-Gall et le manuscrit Gabbay). Mais ensuite, l’apocryphe apprit aux iconoclastes à ouvrir la blessure sur le flanc droit. Aussi, dans les psautiers Chludov, ont-ils simplement retourné le modèle hellénistique» (p. 436).

Outre le fait que l’Évangile de Nicodème, appelé aussi les Actes de Pilate (vraisemblablement VIème siècle) parle du «flanc gauche» (Codex C-XI, 2) sauf dans la version éthiopienne et la liturgie de Chrysostome, nous rappellerons que sur l’ivoire du British Museum que nous avons évoqué précédemment, le personnage qui se tient à la gauche du crucifié esquisse un geste qui pourrait bien effectivement être celui de Longin s’il portait une lance aujourd’hui disparue. Néanmoins, il ne saurait s’agir, dans les psautiers de Chludov, d’une simple inversion de ce modèle – d’ailleurs unique -, la tête de Jésus qui était droite sur notre ivoire, se retrouvant ici penchée sur le côté droit. Enfin, aucune tradition de la blessure au flanc gauche du Christ ne peut être avancée, à une époque ou à une autre, hellénistique comprise, alors que la blessure à droite est une tradition généralisée des origines du crucifix à nos jours. La représentation de Longin à gauche (sans qu’il y ait d’ailleurs blessure) de l’évangéliaire irlandais du VIIIème siècle actuellement à Saint-Gall (Suisse) et celle du manuscrit Gabbay sont de réelles exceptions qui, de toutes manières, sont postérieures à la fixation de la blessure au côté droit.

De beaucoup plus significative est l’apparition au Xème siècle d’un personnage féminin situé à droite du Christ et recueillant le sang de la blessure dans une coupe. C’est le cas de l’ivoire du manuscrit 9453 de l’Ecole de Metz, actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris, d’une autre ivoire de la même école, visible au Musée du Borgello à Florence ou encore, plus tardif, de l’Évangéliaire de l’Abbesse Theophano à la Cathédrale d’Essen (milieu du XIème siècle). Ce personnage féminin est l’Eglise, Ecclesia, qui apparaît au pied de la croix, à côté de Marie, souvent entre la Vierge et Longin, à une époque où le mystère de la Transsubstantiation agitait fortement les esprits – et qui devait aboutir au Dogme de la Transsubstantiation, en 1215, lors du Concile de Latran. C’est d’ailleurs vers 1180-90 que le Graal de Chrétien de Troyes reprendra la tradition orale du Sang Real, le Sang Royal du Christ, recueilli dans la coupe par la Dame Eglise, déformé phonétiquement en San Greal, d’où Saint Graal.

En fait, le jet de sang recueilli dans la coupe est antérieur à l’apparition de la coupe dans les représentations de la crucifixion. Dans le Sacramentaire de Gellone, datant du VIIIème siècle, actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris, le sang jaillit du côté droit et tombe en un jet puissant sur le sol. Il en va de même, taillé dans l’ivoire, sur cette belle plaque conservée au Kaiser Friedrich Museum de Berlin (IXème siècle) mais là ce sont également les deux mains qui saignent. De chaque blessure sortent trois jets ondulés bien distincts.



"La Vierge, elle, sera immanquablement à droite, ce qui rejettera Jean à gauche, encore qu’il soit clair que Jean, le disciple bien-aimé, n’avait a priori aucune raison symbolique de se retrouver du côté sinistre, fut-ce pour des besoins de composition. On voit d’ailleurs que les artistes ont hésité, comme c’est le cas sur la sculpture du coffret d’ivoire actuellement au British Museum de Londres, et qui date du VIème siècle, où l’on voit Marie et Jean à droite du Christ."


suite ici
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2008/03/06/170-tristan-christ-esoterisme

avec l aimable autoriusation de christian Mariais.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 07 Avr 2008, 13:32

"Les porteurs de lumière"
trouvaille de ce week end!








Nahal Tajadod © Albin Michel 2008






Durant les siècles obscurs qui séparent le déclin de Rome du triomphe enflammé de l’Islam, s’épanouit en Perse une Église chrétienne aujourd’hui oubliée, et dont Nahal Tajadod ressuscite pour nous les éclats et les ombres. Si ses membres s’appelaient entre eux « les porteurs de lumière), les ténèbres de l’époque n’épargnèrent pas son histoire troublée. Pleine de supplices, de prodiges, de personnages étonnants, cette histoire de l’Église iranienne des premiers âges nous montre aussi comment naquirent, dans le tumulte d’un christianisme à la recherche de son identité, différents phénomènes appelés à une grande postérité : l’esprit missionnaire, la persécution pour la foi, l’effroi fascinant du martyre, la condamnation à mort de l’hérétique, et aussi cette alliance intime d’un État et d’une Église, berceau des fanatismes.
Au fil de cette lecture fascinante, on découvre ainsi que cette histoire en apparence lointaine nous tend en réalité un miroir, certes un peu dépoli, mais crûment fidèle, où se lit notre propre visage.
Reprise en poche d’un livre publié chez Plon en 1993.

Un livre d’une grande tenue littéraire.
L’histoire fantastique et réelle d’une religion oubliée.
Un moment essentiel et méconnu de l’histoire iranienne.
La notoriété du préfacier, Carrière, dont Nahal Tajadod est l’épouse.
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MessageSujet: (^_^)   Lun 07 Avr 2008, 17:30


Bonjour grande soeur

Je me pose la question si les porteurs de Lumière ne portent pas en eux l'occident et l'orient en mémoire comme en expérience de vie incarnée

La pensée traduit en différences la pure Lumière divine pour en exprimer toute la beauté, toute la grandeur qu'elle peut nous apporter pour notre réalisation collective

Lier la facette de l'orient féminin lunaire avec celle de l'occident masculin solaire afin de porter pleinement la Lumière équilibrée en force et douceur dans le coeur et tout ce qu'il exprime dans notre être (avec notre corps)

coeur

Merci pour ça AMbre, tendresse et affection pour toi Être de Lumière

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mer 21 Mai 2008, 16:39

Texte proposé il y a un an déjà!

L'Eveil au 21ème siècle

Etes vous prêt à changer maintenant ?

par Andrew Cohen




Tout le monde veut devenir éveillé mais personne ne veut changer. C'est la simple et décourageante vérité que j'ai pu lire dans les regards d'innombrables chercheurs au fil des ans. " Je veux réellement devenir éveillé " insistent-t-ils. Je demande : " Mais êtes VOUS prêt à CHANGER maintenant ? ". " Quoi ? " est l'inévitable réponsede gens surpris et même légèrement abasourdis. Et je répète : " Etes VOUS prêt à CHANGER maintenant ? " Ce qui s'ensuit est toujours un moment étrange et surréaliste d'ambiguïté, de confusion, et de pédalage en arrière. " Mais je croyais que vous vouliez devenir éveillé... ".

En effet, c'est déjà un moment bien rare lorsque l'impulsion évolutivecette mystérieuse poussée vers une liberté sans limite, qui est notre propre potentiel de transformation radicale en cette vieémerge dans la conscience, sans être retenue par les désirs et les peurs incessants de l'ego séparé. Mais il est infiniment plus rare, lorsque surgit l'impulsion, qu'il y ait une réponse ferme et sans peur disant oui et oui et oui et seulement oui, maintenant et pour toujours.

Le prix de la transformation radicale est toujours le mêmenous devons lâcher peur et attachement. Et, dans ce lâcher prise, découvrir une perspective complètement différente sur ce que signifie d'être vivant. Mais ce sont ces deux tâchestranscender peur et attachement, et vouloir embrasser une nouvelle façon de voirque la plupart des chercheurs trouvent si difficile. Quand l'expérience spirituelle ébranle tout notre être, nous vidant spontanément de la peur et de l'attachement, ouvrant notre œil intérieur à des niveaux supérieurs de perception, temporairement il n'y a plus rien à lâcher. Temporairement, nous sommes soulevés hors de notre inconscience, et notre façon de percevoir la réalité et notre place change considérablement. Ainsi, il semble qu'une réelle transformation a eu lieuque peut-être nous avons effectivement changé. Mais quand l'état supérieur de conscience commence à s'éloigner, quand l'intensité de l'expérience spirituelle devient la simplicité de la vie telle qu'elle est, quand nous découvrons que nous n'avons pas changé autant que nous le pensions, alors quelle est la profondeur de notre intérêt pour le miracle et le mystère de la révélation qui nous est tombée dessus ? En effet, jusqu'à quel point voulons-nous réellement changer, même si désormais nous avons vu cette autre rive ? Sommes nous prêts à payer le prix d'une transformation permanente, quand elle demande tout de nous ?

La plupart du temps, l'expérience spirituelle, le goût de la conscience éveillée, nous donnent simplement un aperçu du possible. En d'autres termes, l'expérience spirituelle est rarement la fin du chemin. Mais si nous sommes sincères dans notre aspiration à une transformation authentique, elle peut être un réel commencement. Le commencement d'une vie complètement différenteune vie libre de peur et d'attachement, informée par une révélation et une inspiration venant d'une source inconnue au-delà du mental. Mais pour que ce soit le cas, nous devons VOULOIR CHANGER MAINTENANT. Quand ? Maintenant. Et maintenant. Et encore maintenant. Pourquoi ? Parce que la volonté authentique de changer maintenant est elle-même le lâcher prise de la peur et de l'attachement, qui révèle une perspective complètement différentemaintenant, maintenant, et encore maintenant.

La conscience éveillée, non seulement fondée sur le désir de changer, est aussi la seule et unique place en nous tous qui prospère en tant que changement. Cela veut dire la LIBERTE elle-même. La liberté de la conscience éveillée est cette relation avec le processus de vie qui, précisément parce qu'elle ne s'accroche à rien, semble changer tout le temps. Bien sûr, ce n'est pas le cas. Celui qui est vraiment éveillé ne bouge jamais, installé de manière permanente au-delà du monde du temps et du devenir. Mais à cause de cette position immuable, il ou elle est capable, dans le monde du temps et du devenir, d'être la manifestation éclatante d'une créativité passionnée et débridée, une force puissante d'évolution consciente en action.

Donc, vous voyez, vouloir changer maintenant, sans peur et de tout son cœur, le vouloir réellement maintenant, est la porte de la libération pour la conscience éveilléeet, simultanément, elle est l'expression même de cet éveil.

Donc... êtes VOUS prêt à CHANGER maintenant ? Mais je croyais que vous vouliez devenir éveillé...

voir aussi les 5 lois de l éveil lévolutif http://www.andrewcohen.org/fr/5Lois.asp

richel
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mar 03 Juin 2008, 20:49

dialogue à propos d'un géant - 2 par Gérard de Sède

-Certes, mais c’est justement dans ces récits-là que l’on trouve le souvenir qu’a gardé l’humanité d’évènements bien réels survenus dans son lointain passé. Les récits relatifs aux géants émanent de peuples qui n’ont eu aucun contact entre eux ; il faut donc les prendre au sérieux. Or, que nous disent-ils ? Qu’il y eut autrefois sur terre, vivant au milieu des hommes ordinaires, une race entière de géants qui, soit à l’issue des guerres, soit par suite d’un cataclysme, fut ensuite exterminée. Les récits les plus tardifs, comme ceux du folklore, mentionnent encore des géants, mais cette fois en tant qu’êtres exceptionnels, en tant qu’individus isolés : il faut donc croire que, pendant un certain temps, il subsista des rescapés.
« Le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, qui suivit Napoléon en Egypte et créa la ménagerie du Jardin des plantes, était un grand savant, pionnier de l’anatomie comparée et du transformisme. Eh bien, dans son Traité de tératologie, il admet qu’il exista jadis une race de géants. Il précise même qu’Adam mesurait 40 mètres, Noé 33 et Abraham 7. Je ne me permettrai pas d’aller aussi loin !
-Cet exemple, dis-je, montre seulement combien les savants eux-mêmes peuvent parfois être naïfs.
C’est le moment qu’attendait visiblement le marquis de B. pour m’assener un argument qui, je dois l’avouer, me laissa sans réplique :
-Dans le cas du géant de Stenay, la pièce à conviction a disparu. Mais vous ignorez sans doute qu’il y a quelques années, en 1967, on a découvert en Belgique, près de Coxyde, les restes de quatre-vingt-dix géants. De quoi donner de la tablature aux savants ! Il existe aujourd’hui à Mons un comité d’étude des géants.
« Vous voyez, poursuivit mon ami, que ce ne sont pas les géants qui manquaient en Austrasie ! Ce n’est pas par hasard que le personnage du géant a survécu dans le folklore de cette région, et survécu là plutôt qu’ailleurs : Dans le nord de la France et en Belgique, chaque ville a son géant d’osier qu’on promène solennellement les jours de fête.
« Des auteurs positivistes, que la découverte du géant de Stenay dérangeait, ont tenté de se rassurer en imaginant qu’il s’agissait du duc Régnier sous prétexte qu’on le surnommait Régnier au Long Col. Comme s’il fallait nécessairement être grand pour avoir un long cou ! Or, cela est tout à fait impossible car le duc Régnier au Long Col mourut trois bon siècles après les rois ensevelis à Stenay. Comment donc, alors qu’il était dans un tombeau, n’en serait-il resté que le squelette alors que les corps de ces rois, qui étaient à l’air libre, étaient parfaitement conservés ? Et comment aurait-on pu placer ce Régnier à côté de ces rois sans qu’ils tombent en poussière, comme cela arriva plus tard quand on descella la crypte ?
« L’origine de l’erreur repose sans doute sur équivoque linguistique : En vieux français, « duc régnier » pouvait aussi signifier « chef rouge ». Il s’agit donc bel et bien d’un squelette très ancien, appartenant à la « lignée rouge », nom qu’on donnait à la « première race », celle des géants. Soyez sûrs que le géant de Stenay, dont trois rois morts assuraient la garde, était un lointain ancêtre des Mérovingiens, et en quelque sorte un échantillon qu’ils conservaient comme preuve tangible de leur origine.
-Mais quelle peut être, selon vous, l’origine des géants ?
Le marquis de B. se leva et alla chercher une Bible sur un rayon de sa riche bibliothèque.
-N’avez-vous jamais lu dans la Genèse (I, 6) l’étrange épisode des Nephilim qui dérange tellement tous les exégètes ? Le mot hébreu Nephilim signifie littéralement « Les Tombés » :
« Lorsque les hommes commencèrent d’être nombreux sur la face de la terre et que des filles leur furent nées, les fils des dieux trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu’il leur plut. Yaveh dit : « Que mon esprit ne soit pas indéfiniment humilié dans l’homme, puisqu’il est chair ; sa vie ne sera plus que de 120 ans. Les Néphilim étaient sur la terre en ce temps là, et même dans la suite, quand les fils des Dieux s’unissaient aux filles des hommes et qu’elles leur donnaient des enfants ; ce sont les héros du temps jadis, ces hommes fameux. »
« Ainsi la Bible mentionne la présence sur la terre d’êtres vivants venus d’ailleurs (les « les fils des dieux », les « tombés ») et leur croisement avec la race humaine ...

http://forum.lixium.fr/d-9349168.htm
voir ici pour Stenay
http://www.stenay.org/stenay-trian-mythique.htm
http://www.stenay.org/bouillon/stenay-bouillon-geant.htm
http://www.stenay.org/




Radio Courtoisie :: Le Mystère de la Race des Géants
émission diffusée le 30 novembre 2006
Dans son livre “Le Mystère de la Race des Géants à la lumière du Créationnisme”, Laurent Glauzy démontre l’existence passée des géants, qui furent probablement les initiateurs des monuments mégalithiques comme Stonehenge dans le Sud de l’Angleterre ou Gilgal Refaïm en Palestine. L’existence des géants suppose celle d’un homme évolué et intelligent, parce que très proche de la Création. Tout le contraire du cauchemar darwinien et des délires ésotériques qui ne visent qu’à égarer les intelligences. Entretien réalisé par Anne Brassié. (48:02)
http://fr.novopress.info/?p=6627



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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mar 10 Juin 2008, 16:39

Citation :
Selon l'Enseignement Occidental, le Christ sera le chef de la prochaine Grande Epoque, et Il reviendra, non dans un corps physique, mais dans un "corps de l'âme" (sôma psuchikon) ainsi que l'enseigne Paul dans la première Epître aux Corinthiens (15:44). Ce véhicule est formé d'éther, et lorsque l'homme aura développé une conscience éthérique de manière à pouvoir rencontrer le Christ "face à face", Il apparaîtra.
Sujet de discution qui est dans l air ici et ailleurs!
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mar 10 Juin 2008, 21:02

ah tu as souligné un des rares passages qui retiens mon attention!
Je suis morte de rire en lisant le reste car l'idéal de l'ésotérisme mystique chrétien est coloré d'un regard, celui d'un intellectualisme pseudo intelligent .... mais hyper normalisé!!!
menfin bref ...pas de quoi prendre la mouche!on a l'habitude en France!


Ils verraient que chaque symbole chrétien est une traduction de vérités et de symboles qui sont connus et utilisés par des grands initiés par TOUS les peuples....

le seul fait nouveau dans la chrétieneté est très loin et mille fois plus profond que cette page ne le dépeint.

Maître Eckart , celui d'autrefois le savait : simplement une initiation de tous les peuples de la Terre par l'oeuvre et le changement initié par le Christ à cette période.

L'Avènement du christ dans le coeur de chacun ne passe pas du tout par l'évangélisation, mais par le vrai message: l'universel , le vrai

Ici les questions du "pourquoi" en occident est vue de façon hyper figée....
En effet on pourrait considérer exactement la même oeuvre, dans sa dimension et son Nouveau souffle comme l'impulsion par rapport au manque d'une nouvelle générations de peuples en occident. cette religion serait venu là ou un peuple était plus carencé....??
bien s^pur je le vois de façon bien plus dynamique et au delà des deux constats: c'est ni l'un ni l'autre!!!!

ainsi les deux paragraphes que je cite au dessus me font rire car je peux vous les retrouver sous la plume et dans la bouche de plein de groupes que j'ai croisé depuis que j'ai étudié ces livres grâce à une prof de philo dont je gardais les enfants losrque j'avais 14 ans

elle m'a dessuite mis les oeuvres de Hermann Hesse dans les mains et ce n'était que le début.......
que j'ai eu le temps de vivre et d'integrer cet occultisme occidentql de façon vraie avec un regard plein de sagesse...celui de cette femme très instruite mais pleine de bon sens.

Donc c'est avec beaucoup de recul que j'écris que ce n'est pas une découverte mais du rabâchage les considérations formalistes de ce message même si l'esprit et l'intention sont hyper respectables....
Quand aux gens qui en font leur leitmotiv ben ...ils sont plus dans un mental qui les exaltent que dans une extase qui les illumine sauf si eux aussi ils osent tourner la page et voir plus loin!


Citation :

2) Nous savons que la civilisation progresse d'Est en Ouest et que les peuples les plus avancés vivent actuellement en Occident.

3) Nous pensons qu'il est raisonnable de supposer que la religion la plus avancée a été donnée aux peuples les plus avancés, et qu'ainsi notre religion Chrétienne est actuellement la forme la plus sublime d'adoration.
vv :a17:
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mer 11 Juin 2008, 19:46




tiens j'ai répondu après avoir lu une ou deux pages, j'aurais dû lire DEPUIS LE DEBUT de la discussion......
etrange les résonances de mon discour et les textes du début....comme si y avait un esprit de vérité .....je sais plus où....tu sais là..effusé..sur toute chair...lol!!!



mille merci pour ces richesses partagées , AMBRE
Séraphin étrangement je ne ressens ^pas le discour des gens qui parlent d'un christ non historique gênante....et ta croyance ne me gêne pas et ne me semble pas déhonorer son existence puisque son message tu le respectes ....(visiblement...)

alors que perso , je suis sûre..que c'est très certainement vrai qu'il ait existé..

( Et même que je ne veux PAS LE PROUVER, même si j'aime ces polémiques si vous parvenez à voir que la vérité est toujours au delà et que vos intuitions sont super.........
je ne veux PAS LE PROUVER, qu'il a existé , car toute Loi mathématique dépend toujours d'un axiome posé sans possibilité de le prouver ..;c'est un matheux qui me l'a dit et lui il existait...je crois..m'enfin si j'ai deux yeux!):a9: )

de toute façon on fait souvent plus de tors à quelqu'un qu'on croit connaitre qu'à celui qu'on respecte dans son discours ..sans le connaitre..alors!

et là ils n'ont pas du tout trahi le message...

quand aux synchronicités ..elle existent , cela ne veut pas dire su'il y ait eu des incarnations avec les même symboles et mêmes épreuves..etc...
un exemple pour argumenter....c'est celui d'un homme incarné :

dans le bouddhisme car gautama bouddha expliquait ...ayant atteint l'illumination qu'il existait depuis un temps invraissenblable ( genre infinité d'éons..etc..) ..les textes sont incroyables....on nage dans l'inexplicite ...

j'ai toujours reconnu ces verité qui reviennent avec de multilples ressemblances elles sont plutôt pour moi un sujet magnifique de contemplation...vraiment!!

je trouve qu'elles s'actualisent de plans en plans
vrai on est en fin d'un grand cycle ( loin de toute religion..mais dans la RELATION interieure au divin)
les fins de cycles sont un raccourci de cycles de dimensions supérieures les uns dans les autresssssssssssssssss...
alors oui, on est en train de deux mille ans de vivre un sacré tournant qui réactualise et résume tous ces cycles grandioses anterieurs ( et integrés)



il suffit de regarder une spirale de fractales pour de faire une idée.....






bisous

ps un truc impotant*: l'Esprit saint je l'invoque et évoque comme féminin ou masculin....masculin au niveau de la personnalité qui pense et agit yang....mais avec l'intuition dite recpetrice yin....
par contre je continue à le vivre comme essentiellement féminin puisque expression du manifesté (manifestation dans sa pureté d'activité co créatrice!!)
cela me rappelle la rubrique que tu avais, AMBRE consacrée ) la SOPHIA, sagesse expression d'un imaginaire en mouvement et non pas image figée....
*important pas impotant( vive les fautes de frappe)....je tiens à ce feminin actif!
mireille groc
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mer 11 Juin 2008, 20:27

Merci Mimi,
heureuse de ton retours!
je t Ambrasse
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mar 29 Juil 2008, 21:46

Gayomart (ou Gayomard) qui signifie "vie mortelle" est l'être primordial de la mythologie perse. C'est de son cadavre (ou de sa semence) et de celui de Geush Urvan que toute la vie serait arrivée sur terre
Gayomart aurait d'abord vécu comme un esprit pendant 3000 ans et ce n'est qu'à la seconde époque de 3000 ans que Ahura Mazda lui donna une apparence physique.
Selon une légende il fut tué par Angra Mainyu et l'univers fut créé à partir de son cadavre.
Selon une autre légende à partir de sa semence ou de son cadavre enterré depuis 40 ans il donna naissance au premier couple humain Mashya et Mashyoi

http://mythologica.fr/perse/index.htm






Ce mot m a conduite ici:
L’autre mot qui désigne le jardin des dieux, le grec paradeisos, provient lui aussi du fond oriental, du persan pari-daeza, signifiant « enceinte délimitant un jardin ». En effet, dans le mythe iranien de Gayomart, le premier homme vivait en un jardin dont le centre était un cercle de pierres57.

L’axiome de l’unicité de Yahvé produit des effets évidents surtout sur le complexe symbolique : grande déesse – serpent – pomme de vie – homme. Elle amène une anamorphose des fonctions et des relations entre ces actants mythiques.
Dans les mythologies orientales, la fertilité est assurée par l’activité sexuelle des dieux cosmocrateurs, An et Ki, Marduk et Ishtar, El et Asherah, Baal et Anat-Astarté. Dans la religion populaire, qui a couru parallèlement à la religion officielle d’Israël, des cultes féminins ont été perpétués pendant des siècles. Asherah, la déesse protectrice de Tyr et de Sidon, a été adorée en Israël comme patronne de la fertilité et des naissances. Anat, en syncrétisme avec Astarté, et plus tard sous la figure composite d’Atargatis, a été elle aussi honorée par les israélites, comme le montre une autre série de statuettes découvertes par les archéologues. Après l’exile babylonien, une autre manifestation féminine s’est développée dans la littérature talmudique : Shekhina, « la présence de Dieu », qui a fini par donner naissance au concept de Saint Esprit. Par la fin du premier millénaire, dans le deuxième temple étaient exposées, paraît-il, deux figurines embrassées, deux chérubins, homme et femme, qui rappelaient encore l’idée de couple divin qui garantit la fécondité58.
A l’encontre du modèle oriental du couple des dieux, l’idée d’une épouse de Yahvé, qui partagerait avec lui le gouvernement du monde et assurerait la fertilité de la nature, est exclue par principe. Cette forclusion de la féminité a pour conséquence une redistribution des attributs de la grande-déesse soit vers Yahvé (qui subordonne les pouvoirs créateurs féminins à sa royauté masculine), soit vers Ève. La compagne de l’homme se voit attribuer des titres qui revenaient, dans les religions orientales, à l’Innana-Ishtar suméro-assyrienne ou à Asherah et Astarte cananéennes. Dérivant, peut-être, de l’hébraïque havvah, qui signifie vivre, Eve est, selon l’expression de son compagnon, « la mère de tous les vivants », attribut qui convient aux déesses génératrices. J. A. Soggin pense que derrière le récit biblique se trouve un mythe cananéen centré sur la figure d’une déesse-serpent, identifiable à Asherah, qui, malgré l’autorité de Yahvé, dévoile à l’homme comment acquérir le contrôle sur la nature et sur la mort. Or, dans l’interprétation polémique des prêtres hébreux, « ce qui en Canaan produit la vie et la fertilité, en Israël est une rébellion contre Dieu et provoque la mort et la sécheresse, en tant qu’impiété et sacrilège »59. Le rôle de la grande déesse est décidément satanisé. D’une figure bénéfique protectrice, elle devient un personnage de mauvais augure qui, au lieu de rehausser l’homme, est la cause de sa perte. Rétrogradée du rang d’épouse ou de sœur du grand dieu au rang de créature, le personnage féminin perd sa place dans le conseil des dieux et vient rejoindre l’homme dans la condition mortelle.
Les emblèmes de la grande-déesse, l’arbre et le serpent, changent eux aussi de signification. Le récit J conserve des mythologies orientales l’image de l’arbre de vie à fruits merveilleux qui confèrent l’immortalité. Nonobstant cet arbre est doublé par un autre, tout aussi merveilleux, mais frappé d’un interdit divin. Selon Howard N. Wallace, il s’agirait d’une évolution parallèle de deux variantes d’un même mythe, une variante conservant l’idée d’arbre de vie, l’autre celle de l’interdit, qui auraient été finalement réunies dans la narration unique de la Genèse60 ; ou, selon James Barr, de deux récits différents qui ont fini par être combinés61. Comme le mythème d’un arbre du savoir du bien et du mal est absent de la charte mythographique environnante et paraît une innovation créatrice de la source J, J.G. Frazer a été amené, par une analyse comparatiste, à la conclusion que le lignum scientiae correspond à une plante symétrique à l’arbre de vie : l’arbre de mort. Ayant l’origine dans des croyances chamaniques de facture très archaïque, le doublet plante de vie / plante de mort se retrouve dans la légende sumérienne d’Adapa, personnage qui, sans le savoir, doit choisir entre la nourriture et la boisson de vie et la nourriture et la boisson de mort. Selon Frazer, beaucoup de légendes font la décision du héros encore plus difficile, introduisant un facteur perturbateur, un trickster, intéressé lui aussi dans la nourriture d’immortalité. Sur son conseil trompeur, l’homme mange de l’arbre de mort et perd à jamais la condition immortelle, tandis que le serpent, animal relié par le symbolisme de la mue à l’idée de régénération, jouit du fruit de l’arbre de vie62. Placé sous une prohibition létale, l’arbre biblique du savoir a sur les humains le même effet catastrophique que l’arbre de mort des autres traditions. Si la grande déesse orientale et méditerranéenne est corrélée à la plante de vitalité et offre au héros la pomme de longue vie, son anamorphose judaïque, Ève, est associée à l’arbre de la destruction et à la pomme du dépérissement.
L’autre compagnon emblématique de la grande déesse, le serpent, change lui aussi de signification. Au lieu d’être un gardien et un initiateur aux secrets de l’outre vie (sur la base de son symbolisme chtonien, psychopompe et animique), il est un concurrent déloyal et un tentateur maléfique. Ses valeurs mystiques, si prégnantes dans les mythologies orientales, sont complètement oubliées par le récit biblique, qui voit en lui seulement un des « animaux des champs ». C’est vrai, il est le plus rusé de tous, mais cette réminiscence de son ancienne fonction d’initiateur n’est néanmoins plus un indice de sa sacralité. Si l’exégèse rabbinique ultérieure finit par récupérer une partie de son symbolisme oriental et méditerranéen, elle le fera exclusivement sur la dimension négative. La mémoire des affrontements cosmogoniques entre le dieu délégué comme champion de la grande famille divine et le dragon-serpent est conservée par la mythologie biblique dans les passages sur Yahvé et le Léviathan. Léviathan, ou encore le Serpent Fuyard, ou le Dragon, le tannin de la Bible (Jonas 2 ; Job 40 :25), monstre qui apparaît déjà sur les tablettes phéniciennes de Ras-Shamra, continuait d’être craint dans l’imagination populaire des Hébreux. « Ceux qui maudissent les jours » et provoquent la colère de Dieu sont « prêts à réveiller Léviathan » (Job, 3 :8-9). Tel Marduk et Baal dépeçant Tiamat ou Yam, Yahvé est celui qui « châtiera avec son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux ; il tuera le dragon qui habite la mer » (Isaïe, 27 :1). Dans les Psaumes, Dieu est loué comme un héros divin, qui « fendis la mer par ta puissance, / qui brisas les têtes des monstres sur les eaux ;/ toi qui fracassas les têtes de Léviathan/ pour en faire la pâture des bêtes sauvages » (Psaume 74, 13-15 ; Job 26 : 12-13). Réitérant cette téomachie, le serpent divin sorti du bâton de Moïse dévore les serpents engendrés par les mages du pharaon (L’Exode, 7 : 8-12). Quand Nehushtan, l’idole construit d’après cette légende mosaïque, devient lui aussi l’objet d’un culte sacrificiel des Israélites, le roi Ézéchias « supprima les hauts lieux, brisa les stèles, coupa les pieux sacrés et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fabriqué » (II Rois, 18 : 4). Daniel combat à son tour, à Babylone, les prêtres de Bal-Marduk et du grand serpent, représentés par de grandes idoles d’airain (Daniel, 14 : 1-30). Ézéchiel, toujours au nom du Seigneur Yahvé, affronte Pharaon, « grand crocodile étendu au milieu de ses Nils » (Ézéchiel, 29 : 3 ; 32 : 2), description qui rapproche le roi d’Égypte au monstrueux Apophis. C’est probablement en suivant le système égyptien d’associations (dans Le livre des morts figurent beaucoup de démons-serpents, Rerek, Shu, Keb, Djedu63) que le serpent de la Genèse évoluera, dans les commentaires ultérieurs, d’un « animal des champs » à un démon, au prince des anges du mal.
Voilà donc que, à l’opposé des mythes cananéens et méditerranéens, dans l’imaginaire judaïque la grande déesse du poteau (l’arbre) et aux serpents ne dispense plus la vie éternelle, mais la mort. Niant la divinité à toutes les figures mythiques empruntées aux mythologies proche orientales, les prêtres de Yahvé dénoncent toute relation avec elles, qui ferait concurrence à l’alliance avec Dieu le-seul-vivant. Le rapport sexuel du héros avec la déesse, mis en acte dans les cultes orgiaques et à mystères par l’union du roi-hiérophante avec la grande prêtresse, devient, d’un rite de fertilité, une union honteuse entre les protoparents bibliques. La collaboration initiatique entre le héros et le serpent, au lieu de procurer la gnose, la sagesse qui transfigure, devient tentation funeste vers un savoir interdit. La manducation de la pomme magique n’est plus un rite de consécration du héros, mais une transgression qui attire le châtiment de mort.

extrait de
http://lett.ubbcluj.ro/~echinox/caiete2/13.html
voir aussi
Les religions à mystère



Parallèlement, les religions à mystères qui fleurissent au sein de l’empire romain à partir du premier siècle avant Jésus-Christ renouvellent cette fascination pour l’Orient: culte d’Isis ou de Mithra, ce dernier importé en Europe par les légions romaines. Des liens entre le Mithraïsme et les Vedas indiennes ont été mises en relief, même si elles demeurent indirectes. De plus, le Mithraïsme maintient avec le Mazdéisme perse (sous sa forme zoroastrienne) deux idées essentielles: d’abord un ardent zèle pour la pureté morale, laquelle est maintenue par une attitude belliqueuse, celle d’un soldat de la foi (d’où le succès de cette religion orientale parmi les légions romaines); ensuite une vénération de la lumière, le soleil étant considéré comme le seul principe à ne jamais avoir été conquis, d’où l’expression sol invictus, reprise par l’empereur Julien l’Apostat au 4e siècle de notre ère. Julien, adepte du culte de Mithra, se fera baptiser dans le sang d’un taureau égorgé au-dessus de lui, autre résidu de l’ancienne religion perse. Dans la mythologie perse, le premier homme, Gayomart, et le taureau primitif, Gosh, étaient les créatures originelles à la source de toute vie. Cette paire homme/animal semble avoir été un reste de croyances plus anciennes encore d’après lesquelles tout était le résultat de l’immolation d’une victime par un sacrificateur originel.

http://www.foi-vie.org.za/written/le_retour_du_gnosticisme.htm
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MessageSujet: La recherche sur la gnose et les gnostiques   Sam 09 Aoû 2008, 12:57

Réflexion!




Citation :


Si la recherche sur la gnose et les gnostiques n’a jamais connu de période de latence, elle est, à l’époque contemporaine, frappée d’une crise de ferveur particulièrement intense. Travaux et congrès se multiplient. Nombre de chaires autrefois consacrées à l’étude du Nouveau Testament sont désormais occupées par les laudateurs, non de l’Évangile, mais des collections gnostiques, devenues par emphase publicitaire « racines de notre civilisation », ou encore « zen de l’Occident ». Engouement inévitable lorsque les textes récemment découverts - notamment près de Nag‘ Hammadi, en Haute-Égypte - arrivent sur le marché, engouement explicable par la croyance au mystère qui les nimbe, mais engouement qui n’évite ni la myopie des anciens chasseurs d’hérésies, ni le pathos des adeptes de l’ésotérisme.

Le mot « gnostique » est une étiquette commode qu’ont utilisée les anciens compilateurs de catalogues d’hérésies pour désigner toutes formes d’interprétation de la Bible fondées sur le rejet partiel ou total de l’interprétation reçue dans l’Église, et à laquelle ont recouru les modernes pour décrire une constante ou une convergence d’idées qui sous-tend la plus grande partie de la littérature philosophique et religieuse des premiers siècles de l’ère chrétienne.

Après avoir évoqué les aspects historiques, l’essence et la signification du gnosticisme, puis fait l’inventaire des collections dont on dispose à son sujet, on examinera les caractéristiques respectives des deux usages du terme « gnostique » et l’on s’efforcera de dégager trois points significatifs qui peuvent autoriser son application à une production littéraire homogène et strictement limitée.

Michel TARDIEU


La recherche sur la gnose et les gnostiques





Un certain type de connaissance.

La gnose peut se définir comme une connaissance salvatrice, qui a pour objet les mystères du monde divin et des êtres célestes, et qui est destinée à révéler aux seuls initiés le secret de leur origine et les moyens de la rejoindre, et à leur procurer ainsi la certitude du salut, que celui-ci soit obtenu ou non par une collaboration entre la grâce divine et la liberté humaine. L’idée de ce type de connaissance est apparue très probablement dans le judaïsme, à l’époque et dans le milieu même où est né le christianisme, et elle est restée vivante à la fois dans le christianisme, orthodoxe ou hérétique, et dans les mouvements religieux (tel le mandéisme) apparentés au judaïsme ou au judéo-christianisme.

Afin d’éviter des confusions ou des imprécisions, on réservera le terme « gnose » à ce type de connaissance religieuse et l’on n’utilisera le terme « gnosticisme » que pour désigner un mouvement religieux très particulier : l’ensemble des sectes ou des écoles qui, durant les premiers siècles du christianisme, ont eu en commun une certaine conception de la « gnose », qui fut rejetée par l’Église chrétienne orthodoxe.

La « gnose » propre au « gnosticisme » a pour première caractéristique de dissocier création et rédemption ; le monde sensible est créé, ou, du moins, totalement dominé, par des puissances ou mauvaises ou bornées, parmi lesquelles le Dieu de l’Ancien Testament, le Yahvé du peuple juif, joue un rôle prépondérant. Ce Démiurge ignore ou veut ignorer ou veut faire ignorer l’existence du Dieu transcendant et bon qui est la source du monde spirituel. Les âmes des hommes qui possèdent la « gnose » sont émanées de ce Dieu suprême, elles sont d’essence spirituelle, et prisonnières du monde sensible. Le Dieu transcendant envoie donc le Sauveur, le Christ, pour délivrer ces âmes d’élus, les ramener à leur origine et les rassembler à nouveau dans le « Plérôme », c’est-à-dire le monde spirituel. Ainsi, le salut qui résulte de la « gnose » n’est pas l’effet d’une collaboration entre la grâce divine et la liberté humaine, mais il est seulement conscience d’être sauvé, connaissance de l’issue heureuse du combat entre des Puissances qui transcendent l’homme. Philosophes grecs et chrétiens orthodoxes reprocheront donc au « gnosticisme » de prétendre atteindre au salut et à la perfection sans effort moral, sans une véritable transformation de l’homme. Pour le « gnosticisme », le gnostique est sauvé par nature....




extraits:

....Il est vrai que la « gnose » du gnosticisme n’est pas seulement une connaissance de la destinée de l’âme, elle est une connaissance révélée à des privilégiés, qui leur permet de connaître des secrets du monde céleste, la topographie et l’histoire du monde divin et angélique. C’est un trait commun à toutes les sectes du gnosticisme, et il les distingue radicalement des philosophes helléniques, qui s’en tiennent toujours à la représentation hiérarchique traditionnelle distinguant monde supra céleste, sphère des fixes, sphères des planètes et monde sublunaire. Mais cet élément, commun à tout le gnosticisme, se trouve également chez Clément d’Alexandrie et Origène. Pour ces derniers aussi, la gnose est la connaissance de la topographie des demeures célestes, habitées par les hiérarchies angéliques ; pour eux aussi, elle est la connaissance des mondes superposés ou successifs à travers lesquels l’âme doit s’élever vers le Repos suprême.

Le gnosticisme prétend certes puiser cette connaissance dans des traditions secrètes confiées par le Christ à Paul, aux Apôtres, aux disciples, qui les transmirent à des maîtres spirituels, dont les gnostiques sont les héritiers. Ces traditions sont d’ailleurs des traditions exégétiques, c’est-à-dire qu’elles enseignent comment interpréter spirituellement les textes de l’Ancien Testament ou les paroles du Christ et ses paraboles. Mais Clément d’Alexandrie et Origène prétendent, eux aussi, connaître des traditions secrètes concernant l’exégèse. C’est à celles-ci qu’ils devraient leur connaissance des mystères secrets de la gnose. La « gnose » commune à ces chrétiens orthodoxes et au gnosticisme apparaît donc comme une méthode exégétique qui découvre des « secrets », des « mystères » dans les textes sacrés, tout spécialement dans le récit de la Création. On entrevoit que cet idéal « gnostique » remonte à des traditions juives et judéo-chrétiennes, à des spéculations judaïques sur le sens secret de la Bible et sur la topographie du monde céleste. Dans les Évangiles synoptiques mêmes, on trouve la trace de ces préoccupations, par exemple dans Matthieu (XIII, 11) : « À vous, il a été donné de connaître les secrets du royaume des cieux, aux autres, il n’a pas été donné de les connaître, c’est pourquoi je leur parle en paraboles, afin que [...], entendant, ils n’entendent pas et ne comprennent pas. »

Le thème du « voyage céleste » n’est pas non plus une caractéristique exclusive du gnosticisme. Les ouvrages gnostiques abondent évidemment en descriptions des mondes ou demeures célestes par lesquels l’âme doit passer pour retourner dans le monde du Père. Aux frontières se tiennent des anges douaniers qui contrôlent son passage. Le gnostique doit connaître les mots de passe et les symboles, les signes de reconnaissance qui lui permettront de franchir ces barrières. Il existe même une barrière de feu, l’épée de feu dont parle la Genèse, que les âmes ne peuvent franchir qu’après une longue purification. Tous ces thèmes, chers au gnosticisme, sont aussi familiers à beaucoup d’écrivains ecclésiastiques opposés au gnosticisme, comme Clément, Origène ou Tertullien. Notamment, ces derniers pensent que les martyrs sont seuls capables de franchir immédiatement et sans purification la barrière de feu. Ces thèmes, finalement, remontent au judaïsme, tout spécialement à la littérature apocalyptique.

L’âme, dans ce voyage céleste, remonte vers l’origine d’où elle était descendue en ce bas monde. L’ascension suppose une descente : l’âme, consubstantielle au monde divin, est tombée ici-bas. Peut-on dire que cette représentation soit propre au gnosticisme et que celui-ci serait caractérisé par l’idée d’une dégradation du divin ? Il s’agit certes d’un thème commun à tous les systèmes du gnosticisme. Du Dieu transcendant, inconnu, indicible, émane un monde divin ou Plérôme, constitué d’un certain nombre d’entités (généralement appelées « éons », c’est-à-dire « mondes » ou « périodes ») hiérarchisées et groupées en couples (syzygies) comprenant une puissance masculine et une puissance féminine. Cette représentation mythique ne doit pas être comprise grossièrement : elle sert à désigner un processus analogue à la génération du Logos par la Pensée divine dans la théologie chrétienne orthodoxe. Ce Plérôme est complet en lui-même et fermé par la Limite (Horos). Le dernier éon, en général de nature féminine, appelé Sophia par les Valentiniens, Barbelo ou Mère des vivants par d’autres gnostiques, est envahi par la « passion », c’est-à-dire qu’il est victime d’un désir désordonné. Selon les Valentiniens, la Sophia a voulu voir l’infinité du Père transcendant, alors qu’elle en est incapable. Ce désordre l’entraîne hors du Plérôme, elle devient la Sophia Achamoth, la Mère du Démiurge, du Créateur du monde sensible....



...Par souci de précision, on vient de définir le gnosticisme comme étant très circonscrit dans l’espace et dans le temps et limité aux premiers siècles du christianisme. Cela n’exclut pas que des phénomènes analogues aient pu se produire au sein des différentes religions ou que des thèmes apparentés ne se retrouvent chez certains penseurs et certains écrivains. Dans le domaine littéraire, certains mythes ou thèmes gnostiques peuvent provenir soit d’une inspiration directe puisée dans la littérature gnostique, soit d’une résurgence des sentiments fondamentaux dont est né le gnosticisme. G. Quispel a montré tout ce que le Faust de Goethe doit à une connaissance du gnosticisme tirée de l’Histoire de l’Église de Gottfried Arnold : cela éclaire la signification du personnage d’Hélène et l’idée même de l’Éternel Féminin. La tradition du gnosticisme peut aussi aider à comprendre la notion de Sophia chez Novalis et dans le sophianisme russe (V. S. Soloviev, S. Boulgakov). C’est probablement par une réflexion philosophique autonome que le thème du Démiurge mauvais réapparaît chez Chamfort (« Le Monde physique paraît l’ouvrage d’un Être puissant et bon qui a été obligé d’abandonner à un Être malfaisant l’exécution d’une partie de son plan »), chez G. C. Lichtenberg (« Notre monde est l’œuvre d’un être de second rang »), dans la Justine de Lawrence Durrel (« Nous sommes l’œuvre d’une divinité inférieure qui se prenait à tort pour Dieu »), dans les premières pages du Docteur Faustus de Thomas Mann, dans certaines conceptions de Simone Weil, rejetant le Dieu transcendant loin de tout rapport avec le monde sensible.


suite

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 29 Aoû 2008, 18:55

De la danse des derviches à la métaphysique de Rûmî



par Éric Geoffroy
Les “derviches tourneurs”, confrérie musulmane soufie fondée au XIIIe siècle par Jalâl al-Dîn Rûmî, sont connus pour leurs danses “en toupies” très prisées des touristes. Mais peu savent que cette danse giratoire rituelle (samâ‘) recèle un très riche symbolisme, et a longtemps constitué l’un des éléments clefs d’un parcours initiatique. Les derviches tourneurs – doctrine, histoire et pratiques, que publient trois chercheurs érudits et passionnés (1) réussit le pari de livrer au grand public averti l'essentiel de ce que l'on doit savoir sur la confrérie Mawlaviyya, autrement appelée ordre des Derviches tourneurs.






Cet ouvrage, fruit d’une journée d’étude qui s’est tenue en 2004, présente l’avantage de s’adresser à la fois aux spécialistes du soufisme et à un public plus large, ainsi que le stipulent les auteurs. Cependant, il comporte de nombreuses notes de bas de page, ce qui le destine à un lectorat qui reste averti. Cette voie médiane est véritablement à encourager, notamment dans un domaine tel que le soufisme où l’érudition parfois absconse côtoie les élaborations les plus fantaisistes. Cet ouvrage est d’autant plus le bienvenu que nous fêtons cette année le 800e anniversaire de la naissance de Jalâl al-Dîn Rûmî (1207-1273), «Mevlânâ», maître éponyme de la Mawlawiyya / Mevleviye, ou voie des «Derviches tourneurs». Par l’universalisme de sa personnalité et de son œuvre, Rûmî a atteint un tel rayonnement en Occident moderne qu’il est bon d’apporter à son propos une information précise, sans aucunement oblitérer le contenu de son enseignement spirituel. Les trois auteurs ont bien relevé le défi, maniant tour à tour doctrine du soufisme, histoire et anthropologie spirituelle.




Jalâl al-Dîn Rûmî (1207-1273).<DIV class=post-content>

«Mourez avant de mourir !»

La première partie, signée Eve Feuillebois, constitue une bonne synthèse de la vie, de l’œuvre et surtout de la doctrine spirituelle de Rûmî ; elle est bien structurée, tout en témoignant d’une profonde sensibilité de l’auteur sur le sujet. Cette partie est aussi la plus grande, ce qui nous amène à remarquer que le titre de l’ouvrage aurait dû inclure Rûmî lui-même. Dans cette partie, la «théologie mystique» (p. 42-48) aurait pu faire la part plus belle à «l’unicité de l’Être» chez Rûmî, permettant ainsi de dégager ce qui le rapproche et le sépare à la fois d’Ibn ‘Arabî, de trois décennies son aîné. Les pages sur «l’anthropologie spirituelle» assez spécifique de Rûmî (p. 48-55) restituent bien le double mouvement de descente de l’âme humaine vers le monde et de remontée vers son origine divine. Ainsi qu’il est dit en conclusion : «Depuis Mawlânâ, le soufi sait que son origine est divine, que son âme n’est pas de ce monde matériel et périssable vers lequel les lois du cosmos l’ont fait descendre» (p. 173). Ensuite, Thierry Zarcone intervient sur la transition — toujours délicate dans l’histoire du soufisme — entre le vécu et le message du maître éponyme d’une part, et la formation de la «confrérie Mevleviye» de l’autre (p. 83-122) : les saints qui ont donné leur nom aux grandes voies initiatiques (tarîqa) du monde musulman ne les ont jamais fondées par eux-mêmes ; c’est l’œuvre de leurs successeurs, descendants charnels ou non. Th. Zarcone apporte, pour la première fois en langue occidentale, une description précise de la retraite de 1001 jours et du rôle, méconnu, qu’y tient la cuisine, «âme du couvent
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Dim 31 Aoû 2008, 01:52

Les derviches dansent ou tournent tout comme les planètes ou l'hétéré régit, et comme tout tourne et s'agite dans tout espace et chose qui vie du flux qui monte et descend ;)dans leurs mains un vers le haut et l'autre vers le bas... l'image est foudroyant...
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 03 Oct 2008, 07:57

La vision de Gabriel




Découverte sensationnelle ou faux document ?





La revue Religions et Histoire (n°22, septembre-octobre 2008) publie un dossier spécial sur les origines du christianisme. Un article - trop court à mon goût - a attiré mon attention. Celui-ci relate la découverte d'une stèle par un collectionneur sur le « marché des antiquités ». La pierre viendrait de Jordanie, peut-être des rives de la Mer Morte. Elle présente sur une de ses faces un texte en hébreux, écrit à l'encre sur deux colonnes, daté de la fin du premier siècle avant J.-C. Il s'agit d'un texte prophétique de type apocalyptique, apocalypse se traduisant, comme chacun sait, par « révélation », qui rapporte une conversation entre deux ou trois personnes dont Gabriel.

Que nous révèle ce texte ? La venue d'un messie, fils de Joseph, qui sera tué par ses ennemis et qui ressuscitera trois jours après sa mort ! Rien que ça ! Jésus avant Jésus ! Le New York Times du 6 juillet dernier annonçait la découverte. Certains chercheurs affirment qu'elle pourrait « bouleverser la vision que l'on a du Jésus historique ». Je veux bien les croire : elle serait une preuve de plus que Daniel Massé et Robert Ambelain avaient raison (sur certains points, mais je persiste à croire qu'ils se sont trompés d'une génération).

Mais ne nous emballons pas car, pour le moment, cette déduction ne repose que sur la traduction et l'interprétation d'Israël Knohl, auteur de l'Autre messie qui avait été controversé à sa parution (en 2000 et 2001 pour l'édition française). D'autre part, de faux documents archéologiques circulant sur le marché, un collectionneur prend toujours le risque d'être abusé. Il nous faudra attendre le résultat des expertises. Mais si cette stèle est vraie et si Israël Knohl a bien interprété le texte, on pourra conclure que les évangiles ont été inspirés par la « Vision de Gabriel » ou par un texte similaire. Affaire à suivre, donc.





La Vision de Gabriel :
découverte sensationnelle ou faux document ?

http://www.rlc-leblog.com/article-23252162.html

Bonne lecture

Catherine Pierdat
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 20 Oct 2008, 16:11




Cet ouvrage qui réunit des conférences inédites et plusieurs articles de Henry Corbin retrace le cheminement intellectuel de celui qui se lança dans l'aventure de l'orientalisme pour " remettre en communication " deux cultures, l'Orient et l'Occident, et qui, toute sa vie durant, s'efforça de vaincre les barrières entre science des religions et recherche métaphysique. Etude du fait religieux, explication du fait visionnaire, ces pages nous offrent une superbe méditation sur quelques-uns des grands thèmes de la mystique irano-islamique _ la théorie de la connaissance dans le soufisme, le voyage dans l'âme, le rituel de la coupe _ et un fulgurant aperçu de l'univers philosophique de Sohravardî, Ibn Arabî, Mollâ Sadrâ Shirazî.
voir ce chapitre:
soufisme et sophiologie!


lien

Fâtima l'éclatante

FATIMA DANS LE MIROIR DE LOUIS MASSIGNON

La Dame de l'Islam occupe une place centrale dans la méditation de l'orientaliste Louis Massignon (1883-1962), "au terrain de contact spirituel entre le christianisme et l'islam". Les articles qu'il lui a consacrés

témoignent de l'amour d'admiration qu'il lui portait, - ce qui fera dire à Henry Corbin que ces pages où il avait évoquée la grande figure de Fâtima pouvaient compter parmi "les plus émouvantes peut-être de son œuvre". Ce qui est exact. Peu avant sa mort, il confiera d'ailleurs à Henry Corbin le soin de réunir un Corpus sur Fâtima, ajoutant : "J'en bénirais Dieu, car, ce peut être un puissant moyen d'unification entre Shî'isme et Sunnisme, Islam et Chrétienté" . En fait ce Corpus ne sera jamais réalisé, mais il reviendra à un autre disciple de Louis Massignon, un Iranien,Ali Shariati (mort en 1977), de consacrer un célèbre ouvrage à Fâtima, traduit en anglais sous le titre Fatima is Fatima : "The words you are to read are from a lecture I gave at the Hoseiniyyeh Ershad. To begin with, I had wanted to comment upon the research of Professor Louis Massignon about the personality and complicated life of Fatima..." Il dira ailleurs : "J'ai énormément profité des recherches de ce grand homme concernant la vie et la personnalité de sainte Fâtima et particulièrement celles concernant la fécondité de sa vie après sa mort, son influence dans l'histoire de l'Islam comme promotrice de l'esprit de justice et de combat contre l'oppression et la discrimination dans la société islamique, et comme symbole de la voie et de l'idéal fondamental de la mission de l'islam..."
http://www.moncelon.com/fatimalm.htm



revoir

Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident

LE SYMBOLISME DES OISEAUX DANS LE MANTIQ AL TAYR.

LE LIEN ORIENT-OCCIDENT

par Charles Antoni


lundi 20 octobre 2008

Un ouvrage de référence sur le soufisme

Pour une compréhension approfondie des différents aspects de cette voie : la doctrine et les techniques spirituelles. Le soufisme n’est pas un culte mais une « école ».


La première partie est un récit de la vie et des actes de Khwâja Bahauddin Naqshbandi de Boukhara, l’un des grands saints et réformateurs soufis du XVe siècle.
La deuxième partie est formée d’un choix d’exercices spirituels. Il est spécifié que la « technique elle-même ne se transmet de toute évidence que par le contact personnel », d’où la nécessité d’une « école ».
Zikr-i-daïm, ou prière perpétuelle du coeur : prière sans mot et au-delà de toutes les formes de religion. Cette technique du Zikr s’accompagne d’un processus respiratoire assez difficile mais d’une réelle efficacité, qui a pour but le transfert de l’action du Zikr au corps subtil. L’air que nous respirons apporte la nourriture nécessaire au second corps de l’homme : le corps de l’âme. Par ce processus, celui-ci devient plus perceptif, plus effectif et acquiert une consistance réelle.
Zikr signifie souvenir de Dieu. Sa pratique permet de se rappeler Dieu, et ainsi de se rapprocher de lui : elle a pour effet de fortifier l’âme en lui donnant le courage de parcourir le chemin de la Perfection.
Charles Antoni

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Dernière édition par AMBRE le Lun 20 Oct 2008, 16:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mer 04 Fév 2009, 08:12

Au coeur de la transe soufie d'Alep




Par Thierry Zarcone

L'ensemble al-Kindi et cheikh Habbouch ont offert au public parisien, le samedi 6 décembre 2008, au Théâtre de la ville, un spectacle chorégraphique et musical de très haute tenue. Thierry Zarcone, directeur d’études au CNRS, spécialiste de l’islam turc et fin connaisseur des soufis d’Alep, nous présente ces derviches syriens, ainsi que cette musique et ces danses inspirées du tournoiement des étoiles.



"... cette musique et ces danses inspirées du tournoiement des étoiles ..."



«La musique ne produit pas dans le cœur ce qui ne s’y trouve pas déjà», écrit le soufi arabe al-Darani (mort en 830). Au delà de la performance artistique, le propre de la musique soufie est donc d’éveiller cet organe de la vision intérieure que les mystiques musulmans appellent le «cœur», à distinguer du coeur stricto sensu, dont la mise en activité se traduirait souvent, entre autres, par l’état de transe.
Apparue au sud de l’Irak et au Khorasan (nord-est de l’Iran), au huitième siècle, soit un siècle seulement après la mort du prophète Mahomet, le soufisme s’est ensuite structuré, sous la férule de grands maîtres spirituels, en plusieurs ordres ou confréries qualifiées de «voie, chemin» (tariq, turuq). En quête du sens intime du message coranique, les soufis soutiennent que, mieux qu’un exposé philosophique ou théologique, seule une expérience de Dieu permet de passer derrière le voile des illusions et de connaître le Vrai. La mise en harmonie des perceptions sensuelles, la fixation de l’imagination et le respect de certaines règles corporelles en sont la condition. Quant à ses manifestations visibles et audibles, elles se réduisent à la musique, au chant, à la poésie et à la danse. Toutefois l’exercice ultime correspond au dhikr (le rappel, la remémoration), une répétition des noms ou des attributs de Dieu qui se trouve parfois associée à la visualisation de certains points subtils du corps ou à une prise de conscience du cheminement du souffle. L’« expérience de Dieu » est alors vécue sur le mode d’une transe, le jadhb (littéralement une « attirance [vers le haut] », que, certes, seuls les soufis les plus talentueux connaissent). Quant aux autres participants, ils ne goûtent pas moins un plaisir esthétique et une jouissance artistique intense.
Cette tradition mystique s’est maintenue jusqu’a nos jours dans la ville d’Alep, en Syrie, sous la direction du cheikh Habbouch. Cette région se trouve depuis de nombreux siècles au croisement de plusieurs traditions soufies, arabe, persane et turque, en raison de la position exceptionnelle d’Alep sur les itinéraires du pèlerinage vers La Mecque et sur le débouché méditerranéen de la principale route de la soie. La diversité des confréries présentes sur le sol syrien et à Alep le confirme : la Qadiriyya originaire de Bagdad, le plus ancien ordre mystique ; la Rifaiyya d’Irak, imprégnée de pratiques préislamiques et chamaniques empruntées aux Mongols ; la Naqshbandiyya, originaire de Boukhara et dominante en Asie centrale, puis en Inde, qui a apporté ses techniques de méditation proches de celle du yoga ; la Khalwatiyya d’Azerbaïdjan et sa pratique de la retraite en cellule d’isolement ; enfin la Mavlaviyya, les derviches tourneurs, dont Alep a accueilli le dernier couvent après l’interdiction de l’ordre en Turquie en 1925.






"... le propre de la musique soufie est ... d’éveiller cet organe de la vision intérieure que les mystiques musulmans appellent le «cœur», ..."


Né en 1957 dans une famille soufie, cheikh Habbouch n’ignore aucune des traditions mystiques qui ont marqué sa ville et son pays. Maître spirituel des confréries Qadiriyya et Rifaiyya, il est également chef d’une chorale de fête religieuse. Artiste et chanteur plus que théologien, le cheikh organise des assemblées de dhikr qui réunissent ses disciples, chaque mercredi, dans son couvent (zawiyya) du quartier de Bab al-Hadid de la vieille Alep. Ce lieu est chargé d’une symbolique soufie qui captive les yeux et éclaire l’imagination. Les parois de la salle de dhikr sont en effet couvertes d’objets symboliques et rituels : étendards aux couleurs vives frappés aux armes de la confrérie, tentures brodées aux noms des chefs spirituels, calligraphies du Coran finement décorées, épées et broches utilisées autrefois pour le transpercement, turbans colorés de cheikhs symbolisant la légitimité et le pouvoir initiatique.






"Les parois de la salle de dhikr sont en effet couvertes d’objets symboliques et rituels ..."

La soirée commence par un concert spirituel (sama) durant lequel Cheikh Habbouch chante des poèmes mystiques (anashid diniyya, chant mesuré ; qasida ibtihal, improvisation vocale soliste) qui louent l’amour de Dieu. Cheikh Habbouch est un spécialiste du chant mystique (inshad), et la beauté de sa voix l’a rendu célèbre dans tous les cercles soufis de la ville. Le sama est suivi d’un dhikr, en position debout, avec des mouvements d’avant en arrière, au son des tambours et des cymbales.
Depuis quelques années, Julien Jelaleddin Weiss, virtuose de la cithare (qanûn) et directeur du groupe Al-Kindi, basé à Alep, s’est livré à des expérimentations avec cheikh Habbouch. La principale est l’accompagnement instrumental d’une cérémonie soufie, qui ne tolère habituellement que des percussions, au qanûn, à l’oud et au nay. Mais Julien Jelaleddin Weiss, qui s’emploie par ailleurs à remettre en vigueur les répertoires musicaux anciens et à percer le secret de son propre instrument, le qanûn, cherche à épurer et ramener à ses sources la musique traditionnelle soufie dont il fréquente les cercles alépins depuis plus de deux décennies.






Julien Jelaleddin Weiss au qanûn

La seconde conséquence de cette expérimentation musicale sur fond de tradition soufie authentique est un mariage des musiques arabe et ottomane, dans la mesure où, ainsi que le précise Julien Jelaleddin Weiss, la tradition ottomane, plus ouverte, à permis l’introduction d’instruments de musique à cordes et à vents dans les cérémonies soufies. L’orchestre des mevlevi ottomans en est l’exemple le plus suggestif. Ce mariage est d’autant plus réussi que le cheikh Habbouch, qui s’est associé cinq choristes, a mis tout son art pour le rendre possible. Le virtuose du luth (oud) Qadri Dalal, directeur du conservatoire d’Alep, complète ce tableau avec plusieurs percussionnistes : riqq (tambourin classique égyptien), bendirs et cymbales.
La quête d’harmonie du concert spirituel va jusqu’à la discipline des mouvements du corps et le respect d’une gestuelle précise, tels que les mouvements du soufi d’avant en arrière au cours du dhikr ou le tournoiement du derviche tourneur. Il était fréquent, dans l’empire ottoman, de voir l’un de ces derviches tourner en solitaire au centre du cercle de dhikr d’une autre confrérie, une tradition reprise ici par le groupe al-Kindi. Cette danse est une autre manière de vivre la transe en montrant que l’âme humaine, à l’image d’un cercle, descend du ciel vers la terre et retourne ensuite à son origine.






"... le tournoiement du derviche tourneur ..."
suite
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2008/10/30/210-tradition-guenon-symbole
Avec l aimable autorisation de Christian Mariais pour la revue
http://www.signes-et-symboles.org/index.html

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 06 Fév 2009, 01:16

Quelques Refléxionx d'Ibn Arabi; Grand soufi de la Murcie Andalouse
Citation :

la recherche :
Ceux qui recherchent le chemin diffèrent les uns des autres. Aussi, bien qu’il n’y ait qu’un seul chemin conduisant à la vérité, l’aspect qu’il présente varie suivant les diverses conditions de ceux qui cherchent; avec l’équilibre ou le déséquilibre de leur constitution, la persistance ou l’absence de leur motivation, la force ou la faiblesse de leur nature spirituelle, la rectitude ou la déviation de leur aspiration, la santé ou l’indisposition de leur relation à l’égard du but. Certains possèdent toutes les caractéristiques favorables, tandis que d’autres n’en possèdent que quelques-unes. Ainsi, nous voyons que la constitution, par exemple, peut être une entrave pour l’un, alors que sa lutte spirituelle est noble et bonne. Et ce principe s’applique dans tous les cas.



la difficulté : Tout être rationnel doit savoir que le voyage se fonde sur le labeur et les difficultés de la vie, sur l’affliction et l’épreuve, et l’acceptation de peurs et de dangers terrifiants. Il est impossible pour le voyageur de trouver dans son voyage un confort, une sécurité ou un bonheur intacts. Car les eaux ont des saveurs différentes et le temps varie, et le caractère des gens en chaque lieu où l’on s’arrête diffère de leur caractère à l′étape suivante. Le voyageur doit apprendre de chaque situation ce qui est utile. Il est le compagnon de tous l′espace d’une nuit ou bien d’une heure, puis il s’en va. Comment quelqu’un se trouvant dans cette situation pourrait-il s’attendre à la facilité? (Voyage vers le Maître de la Puissance)



XXX : C’est Son Être même qui Le voile… Il S’est envoyé Lui-même, par Lui-même, de Lui-même à Lui-même; il n’y a pas d’intermédiaire ou de cause seconde qui serait autre que Lui…



le Sans-commencement, le Sans-fin : La connaissance d’Allah n’exige ni extinction de l’être, ni extinction de cette extinction, car les choses n’ont pas d’être et ce qui n’a pas d’être ne peut donc s’éteindre…

Tu es aussi dépourvu d’existence maintenant que tu l’étais avant la création, car ce " maintenant " est le Sans-commencement, le Sans-fin, l’Éternité… Il n’y a de soi que le Soi, il n’y d’être que Son être.



Tu es toi-même le but de ta quête : Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n’es pas " autre qu’Allah! "…Autrement dit : " Connais-toi toi-même " ou " Connais ton être " signifie " sache que tu n’es pas " Toi " alors que tu l’ignorais.



Que les créatures existent ou pas revient exactement au même : Lorsque survient la gnose (la connaissance du cœur) tu sais que c’est en réalité par Allah que tu connais Allah, et non par toi-même… Car connaîtrait-on ce qui est au moyen de ce qui n’est pas? Le connaisseur c’est Lui et le connu est Lui, celui qui voit est Lui et ce qui est vu est Lui; celui qui arrive est Lui et ce à quoi cela arrive est Lui. La Connaissance que le gnostique a de soi n’est rien d’autre que la Connaissance qu’Allah a de Soi, le soi du gnostique n’étant pas autre que Lui. Sache en résumé que celui qui voit et ce qui est vu, celui qui trouve et ce qui est trouvé, celui qui sait et ce qui est su, celui qui perçoit et ce qui est perçu, ne sont qu’un. (Épître sur l’Unicité Absolue)



La gouverne du monde par le monde : Pour ce qui est de la sagesse impliquée dans le fait que Moïse a été mis dans une arche et abandonné au Nil, nous dirons que l'arche (at-tâbût) correspond à son réceptacle humain (an-nâsût) et le Nil à la connaissance qu'il dut assimiler par l'entremise de ce corps, c'est-à-dire par le moyen de la pensée et des facultés de sensation et d'imagination, facultés qui ne sauraient transmettre quelque chose à l'âme humaine sans l'existence préalable de ce corps composé des éléments. Seulement quand l'âme arrive dans ce corps et qu'elle en dispose par ordre divin et le gouverne, elle est douée des facultés correspondantes, qui lui permettent de réaliser ce que Dieu veut qu'elle réalise par le gouvernement de cette arche, où habite la Paix (as-sakînah) du Seigneur. C'est ainsi que Moïse fut exposé dans son arche au Nil, afin qu'il réalise par ces facultés les domaines respectifs de la connaissance. Dieu lui apprit par là que si l'esprit est bien le roi (de l'organisme humain), il ne le régit cependant que par lui, c'est-à-dire par l'intermédiaire des facultés rattachées à ce réceptacle humain (an-nâsût) dont le symbole est l'arche. De même, Dieu ne régit le monde que par le monde lui-même, ou par sa " forme " (qualitative). Il le régit par lui-même, selon la loi qui fait que l'existence du généré dépend de celle du générateur, les finalités de leurs fins, le conditionné de ses conditions, les effets de leurs causes, les conclusions de leurs preuves, et toute chose vraie des vérités qui la définissent. Car tout cela (les uns et les autres de ces termes) fait partie du monde, de sorte que Dieu (coordonnant ces complémentaires) gouverne le monde par le monde.





l'infinité : Quant à l'Élevé en Lui-même, II est celui qui possède la perfection (ou l'infinité : al-kamâl) dans laquelle se " noient " toutes les réalités existentielles ainsi que toutes les relations non-existantes (en elles-mêmes), en ce sens qu'aucun de ces " attributs " ne Lui fait défaut, que l'attribut soit positif, logiquement ou moralement, ou qu'il soit négatif, selon la coutume, la raison ou la morale.



l'oscillation humaine : La guidance divine consiste en ce que l'homme soit amené à la perplexité (al-hayrah) (en face de la Réalité suprarationnelle), pour qu'il sache que l'existence est tout entière perplexité (à savoir oscillation entre deux aspects divins apparemment contradictoires); or, la perplexité est instabilité (au sens de non-inertie) et mouvement, et le mouvement est vie, de sorte qu'il n'y a pas d'inertie ni de mort, mais pure existence, sans absence.



la perception de l'imperceptible : Si Dieu t'accorde la prière de la langue, Il te fera entendre Sa réponse par l'oreille; et s'il t'accorde la prière de l'esprit, Il te fera entendre Sa réponse par ton ouïe.



une voie : C'est ainsi que nous marchons sur la Voie droite (aç-çirât al-mustaqîm) sur laquelle se trouve le Seigneur même, puisqu'il tient notre " mèche de l'occiput " dans sa main, de sorte que nous ne pouvons pas être séparés de Lui. Nous sommes donc avec Lui implicitement, et Lui est avec nous souverainement. Car Il dit : " Dieu est avec vous où que vous soyez " (Coran, LV11, 3) alors que nous sommes avec Lui parce qu'il saisit notre " mèche ". En réalité, Il est avec Lui-même partout où II s'en va avec nous par Sa voie, et dans ce sens, il n'y a personne dans le monde qui ne soit pas sur une voie droite qui, elle, n'est autre que la Voie du Seigneur, exalté soit-Il. C'est là ce que Bilqîs apprit de Salomon, et c'est pourquoi elle dit : " (je me soumets avec Salomon) à Dieu, le maître des mondes ", sans se référer à tel monde en particulier.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 06 Fév 2009, 01:18

Citation :
la contemplation de la femme : Quand l'homme aime la femme, il désire l'union, c'est-à-dire l'union la plus complète qui soit possible dans l'amour; et dans la forme composée d'éléments, il n'existe pas d'union plus intense que celle de l'acte conjugal. De ce fait, la volupté envahit toutes les parties du corps et pour la même raison la loi sacrée prescrit l'ablution totale (du corps après l'acte conjugal), la purification devant être totale, comme l'extinction de l'homme dans la femme avait été totale lors du ravissement par la volupté (de l'union sexuelle). Car Dieu est jaloux de Son serviteur, II ne tolère pas que celui-ci croit jouir d'autre chose que de Lui. Il le purifie donc (par le rite prescrit), afin qu'il se retourne, dans sa vision, vers Celui en qui il s'est éteint en réalité — puisqu'il n'y a pas autre chose que cela.
Lorsque l'homme contemple Dieu dans la femme, sa contemplation porte sur ce qui est passif; s'il Le contemple en lui-même, en vue de ce que la femme provient de l'homme, il Le contemple en ce qui est actif; et lorsqu'il Le contemple seul, sans la présence d'une forme quelconque issue de lui, sa contemplation correspond à un état de passivité à l'égard de Dieu, sans intermédiaire. Dès lors, sa contemplation de Dieu dans la femme est la plus parfaite, car c'est alors Dieu en tant qu'il est à la fois actif et passif qu'il contemple, tandis que dans la contemplation purement intérieure, il ne Le contemple qu'en mode passif. Aussi le Prophète —sur lui la bénédiction et la paix — dut-il aimer les femmes à cause de la parfaite contemplation de Dieu en elles. On ne saurait jamais contempler Dieu directement en l'absence de tout support (sensible ou spirituel), car Dieu, dans Son Essence absolue, est indépendant des mondes. Or, comme la réalité (divine) est inabordable sous ce rapport (de l'Essence), et qu'il n'y a de contemplation (shahâdah) que dans une substance, la contemplation de Dieu dans les femmes est la plus intense et la plus parfaite; et l'union la plus intense (dans l'ordre sensible, qui sert de support à cette contemplation) est l'acte conjugal.






le sens des Écriture : On sait que les Écritures révélées comme loi commune (sharî'ah) s'expriment, en parlant de Dieu, de manière que la majorité des hommes en saisit le sens le plus proche, tandis que l'élite en comprend tous les sens, à savoir toute signification incluse en chaque parole conformément aux règles de la langue employée.
(Les langues archaïques, telles que l’arabe, comportent une pluralité de sens en une seule expression)




les reflets d'une seule forme : La Réalité est Créateur créé (C’est-à-dire le Créateur immanent à la créature); — ou bien, la Réalité est créature créatrice (Dieu ne se manifestant qu’en vue de la créature)0">. Tout cela n'est que l'expression d'une seule essence; — non, c'est à la fois l'essence (al-'ayn) unique et les essences (al-a'yân) multiples. — Considère donc ce que tu vois!
(Ismaêl dit à son père Abraham qui s'apprêtait à le sacrifier :) " Ô mon père, fais ce qui t'a été ordonné ". Or, l'enfant est (symboliquement) l'essence de son générateur. Lorsqu'Abraham vit dans un songe (inspiré) qu'il immolait son fils, il se vit en réalité se sacrifier lui-même. Et quand il racheta son fils par l'immolation du bélier, il vit la réalité qui s'était manifestée sous la forme humaine, se manifester sous l'aspect du bélier. C'est donc ainsi que l'essence du générateur se manifesta sous la forme de l'enfant, ou plus exactement sous le rapport de l'enfant.
" (C'est Lui qui vous a créés d'une seule âme,) et qui en créa sa compagne... " (Coran, IV, 1). En d'autres termes, Adam épousa sa propre âme; de lui sont issus et sa compagne et son enfant. C'est ainsi que l'Ordre (divin) est unique dans le multiple.
Il en va de même de la Nature (at-tabî'ah) et de ce qui en procède. Jamais la Nature ne diminue à cause de ses productions ni n'augmente par leur résorption. Ce qu'elle produit n'est pas autre chose qu'elle-même, bien qu'elle ne soit pas, comme telle, identique à ses productions aux formes variées. Celle-ci, par exemple, est froide et sèche, celle-là chaude et sèche; elles sont donc homogènes par la sécheresse, mais distinctes par une autre qualité. C'est la qualité commune qui est la Nature, — ou plutôt : la détermination primordiale (de toutes ces qualités). Le monde de la Nature consiste en formes (variées se reflétant) dans un miroir unique; — ou mieux : c'est une seule forme (se reflétant) en des miroirs divers.




un monde d'ombres : Tu ne connais le monde que dans la mesure où l'on peut connaître les ombres; et tu ignores Dieu dans la mesure où tu ignores la personne dont dépend cette ombre (qu'est le monde).



de la sagesse de l'amour éperdu : Ne vois-tu pas que Dieu Se manifeste dans les qualités des êtres éphémères, comme II l'affirme d'ailleurs Lui-même (dans les paroles divines), qu'il Se manifeste même dans les qualités de l'imperfection et dans les qualités blâmables (ou qui sont telles quand on les rapporte à l'homme, comme la jalousie et la colère, par exemple)? D'autre part, la créature se manifeste avec les Qualités divines, s'attribuant celles-ci de la première à la dernière ; elles appartiennent vraiment à la créature ; de même que les qualités des êtres éphémères appartiennent vraiment à Dieu. " La louange est à Dieu " : c'est-à-dire qu'en définitive toute gloire, de tout ce qui loue et de tout ce qui est loué, revient à Dieu seul. " À Dieu retourne toute réalité (amr) " (Coran, XI, 123) : cette parole comprend aussi bien le blâmable que le louable; et il n'existe que l'un et l'autre.



la primordialité : Ne vois-tu pas comme le petit enfant influence l'adulte par le pouvoir attractif qui lui est inné, de sorte que l'adulte dépose sa dignité pour amuser l'enfant, pour le faire rire, et qu'il se met au niveau de l'intelligence enfantine. C'est qu'il obéit inconsciemment au pouvoir de fascination de l'enfant, qui l'oblige ainsi à s'occuper de lui, à le protéger, et à lui procurer ce dont il a besoin, à le consoler aussi, pour qu'il ne sente pas d'angoisse. Tout cela fait partie de l'influence qu'exerce le jeune sur l'adulte; la cause en est la puissance de l'état, car le jeune est plus directement rattaché à son Seigneur, à cause de sa primordialité, tandis que l'adulte en est plus éloigné.



La grande illusion : Tu n'es qu'une bulle d'écume dans ce fleuve battu par la tempête; une fois que tes yeux seront ouverts le monde t'apparaîtra un rêve.





Le soufi est celui qui ne possède pas;
être n'est pas un objet de possession :
J'en atteste Dieu, si nous en étions restés aux seuls arguments rationnels de la philosophie, lesquels, s'ils nous font connaître l'Essence divine, ne le font que d'une manière négative, il est sûr qu'aucune créature n'eût jamais éprouvé d'amour pour Dieu. [...]
La religion positive nous apprend qu'Il est ceci et cela; ce sont des attributs dont les apparences exotériques sont absurdes pour la raison philosophique, et cependant c'est à cause de ces attributs positifs que nous l'aimons. […]
Il est celui qui dans chaque être aimé se manifeste au regard de chaque amant... de même que nul autre que Lui n'est adoré, car il est impossible d'adorer un être sans se représenter en lui la divinité... Ainsi en va-t-il pour l'amour : un être n'aime en réalité personne d'autre que son créateur. [...]
Et si tu aimes un être pour sa beauté, tu n'aimes nul autre que Dieu, car Il est l'être-beau. Ainsi, sous tous ses aspects, l'objet de l'amour est uniquement Dieu. En outre, comme Dieu se connaît soi-même et que c'est en se connaissant soi-même qu'il a connu le monde, il l'a produit ad extra à son image. Ainsi le monde est-il pour lui un miroir dans lequel il voit sa propre image, et c'est pourquoi Dieu n'aime que soi-même, de sorte que s'il déclare : Dieu vous aimera, – en réalité Il est soi-même celui qu'il aime.


De l'amour nous sommes issus. Selon l'amour nous sommes faits. C'est vers l'amour que nous tendons. À l'amour nous nous adonnons.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 06 Fév 2009, 01:31

Plus De Citations :

Citation :
Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé.
(Rumi)

Les épreuves malgré la souffrance qu'elles engendrent sont une bénédiction divine. Elles servent de balise pour que nous ne nous éloignions pas de la voie, de la lumière donc du seigneur.
(Cheikh Bamba Dieye)

On ne peut créer l'intuition intellectuelle là où son absence est dans l'essence de l'individu, mais elle peut être actualisée là où son absence n'est qu'accidentelle, sans quoi il serait insensé d'en parler.
(Frithjof Schuon)

Le Soufi se nomme volontiers "fils du moment" (ibn al-waqt) ; c'est à dire qu'il se situe dans le Présent de Dieu sans s'occuper ni d'hier ni de demain, et ce présent n'est autre qu'un reflet de l'Unité.
(Frithjof Schuon)

S'il est possible que des intelligents acceptent l'erreur, il doit être possible également que des naïfs acceptent la vérité.
(Frithjof Schuon)

La voie exotérique c'est : moi et Toi. La voie ésotérique c'est : je suis Toi et Tu es moi. La Connaissance ésotérique, c'est : ni moi ni Toi, mais Lui.
(Frithjof Schuon)

L'homme dispersé songe, le matin, à ce qu'il va faire. L'homme intelligent se demande ce que Dieu va faire de lui.
(Ibn' Ata' Allah)

La faute de l'Orient déchu, c'est qu'il ne pense plus ; celle de l'Occident déchu, c'est qu'il pense trop et mal. L'Orient dort sur des vérités, l'Occident vit sur des erreurs.
(Frithjof Schuon)

La voie vers Dieu comporte toujours une inversion : de l'extériorité il faut passer à l'intériorité, de la multiplicité à l'unité, de la dispersion à la concentration, de l'égoïsme au détachement, de la passion à la sérénité.
(Frithjof Schuon)

Les religions sont comme des lanternes au verre coloré ; or une lanterne illumine un lieu obscur parce qu'elle est lumineuse et non parce qu'elle est rouge ou bleue ou jaune ou verte. D'une part, la couleur transmet la lumière, mais d'autre part elle la falsifie ; s'il est vrai que sans telle lanterne colorée on ne verrait rien, il est tout aussi vrai que la visibilité ne s'identifie à aucune couleur. C'est ce dont tout ésotérisme, par définition, devrait avoir conscience, du moins en principe et dans la mesure où sa connaissance des faits le lui permet.
(Frithjof Schuon)

Au delà du bien faire et du mal faire existe un espace. C'est là que je te rencontrerais.
(Rumi)

Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages, et toujours cherchons la mer pour les y tremper sans voir que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer.
(Attâr)

L'intensité de ta foi augmente en fonction de la profondeur de tes pensées.
(Cheikh Ahmadou BAMBA)

Le clair de lune pénètre dans la pièce à la mesure de l'ouverture,
même si sa lumière se répand partout, de l'orient à l'occident.
(Rumi)

Dieu et la créature sont deux noms qui désignent en fait un seul et même Nommé: à savoir l'Essence divine qui Se manifeste par l'un et par l'autre.
(Abd el-Kader)

Lorsque survient l'extinction (fana')- que l'on nomme aussi l'Union" (ittihad) chez les hommes de la Voie, l'adorateur et l'Adoré, le Seigneur et le serviteur disparaissent ensemble: s'il n'y a pas d'adorateur, il n'y a pas d'Adoré; et s'il n'y a pas de serviteur, il n'y a pas de Seigneur. Car, lorsque deux termes sont corrélatifs, la disparition de l'un entraîne nécessairement celle de l'autre et ils disparaissent donc ensemble.
(Abd el-Kader)

Celui qui sait qu'il ne possède ni l'être ni l'agir, celui-là se retrouve dans cet état originel d'agrément et d'amour divin.
(Abd el-Kader)

Par quel moyen a tu obtenu la connaissance ?
Par un moi nu et un ventre vide.
(Bistami)

Purifie-toi des attributs; du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure et contemple dans ton propre coeur toutes les sciences des prophètes, sans livres, sans professeurs, sans maîtres.
(Rumi)

Ah !", est-ce moi, est-ce Toi ? Cela ferait deux dieux. Loin de moi, loin de moi la pensée d'affirmer "deux"!
(Hallaj)

Aussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.
(Hallaj)

L'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite.
(Ibn' Ata' Allah)

Un grand soufi a dit [Hallaj] :
Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.
(Hallaj)

Les choses se trouvent cachées dans leurs opposés,
et, sans l'existence des opposés,
Celui qui oppose ne serait pas manifesté.
(Ahmad Al-Alawi)

La solitude procure la "connaissance du Monde".
(Ibn 'Arabi)

Celui qui s'attache à la solitude découvre le "secret" de l'Unicité divine.
(Ibn 'Arabi)

Celui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son "centre secret" (sirr) et son Seigneur s'y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]
(Ibn 'Arabi)

Entre toi et moi, il y a un " c'est moi " qui me tourmente,
Ah ! Enlève par ton " c'est Moi ", mon " c'est moi " hors d'entre nous deux.
(Hallaj)

Quelqu'un disait à Al Nuri : " Quel est le guide qui mène à Dieu ? ".
Il répondit : " Dieu ".
Son interlocuteur " Qu'est ce donc alors la raison ? "
Al Nuri : " la raison est impuissante, et celui qui est impuissant ne peut conduire qu'à quelque chose d'impuissant comme lui ".
(Al Nuri)

Retire les joncs de la natte, et il ne restera ni nom ni forme.
(Ahmad Al-Alawi)

Où que vous soyez, dans l'accomplissement des oeuvres d'adoration ou dans les actes ordinaires de la vie, contemplez-Le dans ce que vous mangez, dans ce que vous buvez, dans ceux ou celles que vous épousez; tout en sachant qu'Il est à la fois le Contemplant et le Contemplé.
(Abd el-Kader)

"J'ai vu Dieu avec l'oeil de mon coeur. je lui ai demandé: Qui es-tu ? Il m'a répondu: Toi"
(Rumi)

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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Ven 06 Fév 2009, 22:31

Tout simplement merci
Horus
pour ces citations
merveilleuses et lumineuses !


:p2:

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.
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Lun 02 Mar 2009, 00:56

Paix,il est question içi de soufisme folklorique,à ne pas confondre,le soufisme ou (Tassawuf) le vrai n'a rien à voir avec ce que disent les orientalistes,pour comprendre le soufisme il faut adhéré à une confrérie,et suivre l'enseignement d'un maitre Authentique,j'ai parcouru le texte et je mets en garde le lecteur,cela n'est pas du soufisme,c'est beau à regardé ça fait révé,mais on n'avance pas sans maitre,le soufisme ne se trouve pas dans les livres il se vit,se goute,or comment quelqu'un peut parlé du "miel" si il n'en a jamais gouté? comme le dit le provebe "Tel des anes portant des livres"

Paix
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MessageSujet: Re: LE LIEN ORIENT-OCCIDENT   Mar 31 Mar 2009, 08:12

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Paroles secrètes
par Philippe SOLLERS

Avec discernement , vos réflexions sont les bienvenues


En décembre 1945, à 130 kilomètres de Louxor, des paysans égyptiens tombent soudain sur des papyrus enfouis là depuis la fin du IVe siècle: le trésor de Nag Hammadi, une bibliothèque gnostique. Un an plus tard, à Qumran, ce sont les manuscrits dits de la mer Morte qui sont mis au jour. Enfin, un peu plus tôt, la grotte de Lascaux surgit dans toute sa splendeur millénaire. Pourquoi rapprocher ces événements? Parce qu’ils semblent défier la grande catastrophe de la première moitié du XXe siècle, comme une insurrection vibrante du temps.

Gnose, en grec, veut dire «connaissance». Un gnostique est donc un «connaissant», c’est-à-dire quelqu’un qui pense que le salut passe par une expérience directe de la divinité l’arrachant à la mort. Vous ouvrez ces textes éblouissants, et ils vous parlent ouvertement, mais aussi de façon cachée, d’une extraordinaire bonne nouvelle à comprendre, ici, tout de suite, comme dans un éternel présent. Ce sont des évangiles: Evangile selon Thomas, Evangile selon Philippe, Evangile de la Vérité, et bien d’autres. Ils ont été assez vite rejetés en dehors des Evangiles dits canoniques (les quatre), et déclarés «hérétiques», on comprend vite pourquoi. S’il est juif, le gnostique est déjà hétérodoxe; s’il est grec, il s’oppose à la philosophie et à toute valorisation du cosmos; s’il est chrétien, il ne rentre pas dans le rang, il tient la Loi, la foi, les œuvres et les règles pour des valeurs inférieures et communautaires bonnes pour les simples croyants.

Le gnostique ne veut pas «croire», mais connaître. Il pense qu’il a été jeté dans ce monde par erreur, par oubli de sa propre identité lumineuse, qu’il est donc en captivité, en prison, du fait de la génération qui s’oppose à une régénération. Il met en question un «dieu jaloux», un démiurge qui a pris la place du vrai Père, lequel n’a été révélé que par son Fils dans sa mort et sa résurrection. Jésus est le Vivant et voici sa première «parole cachée»: «Celui qui trouvera l’interprétation de ces paroles ne goûtera pas la mort.» Si on demande au gnostique d’où il vient, il peut répondre: «Je suis né de la lumière, là où la lumière s’est produite d’elle-même.» Rien que ça. On voit la prétention.

Inutile de dire que ces étranges solitaires (parfois regroupés en communautés, vite dispersées ou dissoutes) ont été persécutés, réprimés, moqués, méprisés, sans cesse attaqués et parfois tués. Quand ils enterrent leurs livres, en Egypte, leur sort est réglé, mais presque deux mille ans après c’est comme s’ils étaient là, près de vous, à travers les foules. «Je suis un son qui résonne doucement existant depuis le commencement dans le silence. » Ou bien: «J’entends avec ma force de lumière.» Ou bien ce début de l’Evangile de la Vérité : «Joyeuse est la Bonne Nouvelle de la Vérité pour ceux qui ont reçu de la part du Père de la Vérité la grâce de le connaître, par la puissance de la Parole qui émane de la plénitude – Parole qui résidait dans la Pensée et dans l’Intelligence du Père. C’est elle qui est dénommée “Sauveur”, car tel est le nom qu’elle devait accomplir pour le salut de ceux qui en sont venus à ignorer le Père, tandis que le nom de Bonne Nouvelle est la révélation de l’espoir puisque, pour ceux qui sont à sa recherche, il signifie la découverte.»

Puissance de la parole: c’est elle qui réveille et fait signe vers la lumière, c’est-à-dire vers la plénitude, le royaume, le paradis vrai. L’erreur est née d’une déficience, d’une usurpation perturbatrice, de l’angoisse et de la peur produisant un «brouillard». La condition mortelle est une question d’ignorance et d’oubli. Le gnostique, en revanche, veut remonter à sa propre source, se connaître lui-même comme étant beaucoup plus précieux que sa propre personnalité abusée, falsifiée, par toute une bureaucratie céleste et humaine, trop humaine. Le monde, la société sont un cadavre, et celui qui a identifié ce cadavre, le Mal lui-même, est sauvé, on peut même dire qu’il ressuscite sur place. La gnose est ainsi la science d’un nouveau temps, ni cyclique ni linéaire, un temps de saisissement et de foudre que connaissent les «pneumatiques», c’est-à-dire les spirituels, alors que les «hyliques» se traînent dans la matière et les «psychiques» dans un milieu flottant. Pas de milieu pour le gnostique, il va aux extrêmes, il ne s’agit pour lui ni de psychologie ni de morale (il peut vivre dans l’ascétisme comme dans la débauche, le problème n’est pas là). Il veut se rassembler, s’unifier, être vivant issu du Vivant, rejoindre le commencement: «Heureux celui qui se tiendra dans le commencement, et il connaîtra la fin, et il ne goûtera pas de la mort.» Ce qui résonne ici, à l’encontre de toutes les conventions (travail, règles communes, richesses, report au lendemain), est une urgence passionnée, comme dans cette prière de l’apôtre Paul: «Sauveur, sauve-moi, car moi je suis à toi, je suis issu de toi. Tu es mon intellect, engendre-moi. Tu es mon trésor, orne-moi. Accorde-moi ce qui est parfait, ce qu’on ne peut pas saisir.» Prière pathétique de ré-engendrement par l’Intellect qui fait du gnostique quelqu’un qui devient ce qu’il est, ce qu’il n’a jamais cessé d’être. « Bienheureux celui qui est avant d’avoir été. Car celui qui est a été et sera.»

On a donc appelé «hérétiques» ces témoins de la vérité vivante. Qu’ils aient été rejetés comme «élitistes», cela va de soi. Cependant, on retrouve leur marque partout, dans la mystique, mais aussi dans la philosophie, par exemple chez Spinoza et son célèbre «Nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels». Leur cheminement souterrain passe par l’hermétisme, l’alchimie, la Kabbale. On les entend chez Copernic, Kepler et Newton, ils sont là à la Renaissance, très visibles dans «la Flûte enchantée» de Mozart, dans la franc-maçonnerie et le romantisme, chez Nietzsche, Kafka, Joyce, Bataille, Artaud et aujourd’hui, dans notre basse époque de décadence spectaculaire, sous des masques divers au dehors, ou dans les nouvelles catacombes. Qui a dit: «Le devenir-falsification du monde est un devenir-monde de la falsification»? Le gnostique Debord. Mais écoutons encore l’Evangile selon Philippe: «Ce monde est un mangeur de cadavres. Aussi tout ce qu’on y mange est mortel. La vérité est une mangeuse de vie, voilà pourquoi aucun de ceux qui sont nourris de vérité ne mourra.» Ou encore l’Evangile d’Eve: «Je suis toi et tu es moi, et, où que tu sois, moi je suis là, et je suis en toutes choses disséminé, et d’où que tu le veuilles tu me rassembles, et, en me rassemblant, tu te rassembles toi-même."


voir aussi

La Guerre des Fleurs de Ph.Sollers
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