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 "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"

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Serena

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MessageSujet: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Lun 14 Juil 2008, 21:17




J'étais une des disciples occidentales les plus proches d'Amma (Mata Amritananda Mayi). J'ai rapidement fait partie des « anciennes », qui formaient une sorte de « groupe de confiance » autour d’elle.

Ma Anandamayi (une sainte bengalie) disait : « Je suis ce que vous voyez en moi ».

Presque tout le monde pourrait dire la même chose. Pourtant, certaines personnes semblent se prêter mieux que d’autres aux projections, peut-être grâce à la clarté du miroir. Et parfois, comme en transparence, nous croyons entrevoir le meilleur de nous-même.

Vivre avec Amma permet toutes les projections. Les plus belles émotions comme les plus bas instincts trouvent auprès d’elle matière à s’exprimer, prendre corps dans une relation qui n’est que celle que l’on projette.

Ainsi ai-je pu, pendant neuf ans, vivre mon rêve.

J’ai donné à Amma « mon corps et mon âme », comme on dit, et pendant des années je l’ai servie avec ce que je pensais être de l’amour. Je dansais parfois dans la cour de l’ashram, et j’ai été enviée, jalousée, détestée pour cette exclusivité qui me protégeait de tout. Je ne pensais pas aux autres et ne nouais pas de relation autour de moi, j’étais seule au monde et amoureuse. Elle me laissait une grande liberté dans le contexte de cet Ashram indien, sachant peut-être combien l’enfermement m’était insupportable. J’étais prête à faire n’importe quelle besogne si la demande en venait d’elle ; je voulais tellement lui plaire. Tous voyaient entre elle et moi cette « relation » que je voulais exclusive, et qui l’était comme l’est la relation de chacun avec Amma.

La pensée occupée d’elle, à répéter son nom pendant des jours, des nuits, levée à 4h pour chanter les noms de la Mère Divine - mais surtout pour lui être agréable -, portée par son regard omniprésent même quand elle était loin, partout, cette image de l’amour incarné qui réveille au fond de l’être le sentiment d’être arrivée là où l’âme a toujours voulu aller.

Aller quelque part… Être « quelqu’un » aux yeux d’un autre… M’élever par mon intelligence enfin reconnue au-dessus de la masse des « autres ». Être aimée…

Elle a toujours accueilli les projections, réveillant l’espoir et la foi. Elle a été un aimant puissant me tirant hors de cette mort qu’était ma vie avant de la connaître et les premières années passées près d’elle ressemblent à un voyage imaginaire dans un monde d’amour et de blancheur. Je courais derrière elle, première aux rendez-vous, poussant tout le monde pour être la plus proche, indien, occidental, homme, femme, enfant, la volonté tout entière tendue vers ce seul désir d’être près d’elle. Et elle me laissait venir, favorisant tout ce qui pouvait permettre ce rapprochement.

Mais pourquoi toujours cette souffrance au fond du cœur ?

Je voulais de toutes mes forces échapper à ma vie que je détestais parce qu’elle ne ressemblait en rien à la liberté légère, insouciante et joyeuse dont j’avais la nostalgie. Mais je ne savais pas alors que j'étais à la fois le problème et sa solution.

En Amma, j’ai vu la lumière éblouissante et l’amour inconditionnel du Christ et l’ai adorée jusqu’à souhaiter mourir en lui baisant les pieds. Etre elle… Quelqu’un d’autre que ce moi détestable... Tout faire pour ne pas rencontrer ce vide effrayant qui m’attendait, béant, dès que retombait le rideau du darshan et que je me retrouvais seule, à nouveau. Je ne voulais plus dormir et trouvais toujours un travail à faire pour échapper à ce moment de solitude avant de m'endormir. Il fallait attendre de tomber de fatigue.

Je n’avais pas une conscience claire de cette mascarade et croyais sincèrement qu’à force de concentrer mon attention sur Amma, arriverait le jour où elle me sauverait de moi-même. Le temps a passé, et je voyais s’éloigner toujours davantage l’horizon de ce jour idéal qui me fuyait autant que je me fuyais moi-même. Malgré tous mes efforts, je ne parvenais pas à être « elle », ni même à lui ressembler. Peu à peu, la projection sur la personne d’Amma a cessé d’opérer son miracle et les désagréments de la vie au coeur d'une multitude grouillante, omniprésente, elle aussi, ont pris du relief dans la surface des jours. Inexorablement, la nostalgie a repris sa place à mesure que s’enfuyait le rêve.

Je me suis lassée de courir, et je voyais que toutes ces années près d’Amma laissaient intacte ma profonde blessure affective, ce « trou noir » d'où aucun amour de moi ne semblait pouvoir naître. La souffrance de la solitude et l’attente de la guérison étaient toujours là ; je n’avais pas trouvé dans l’exotisme dépaysant de l’Inde la plénitude de ses saints. Et malgré la lumière de cet être hors du commun qu’on appelle « Amma », malgré son rayonnement et son inlassable compassion pour toute âme incarnée, mon cœur pleurait toujours.

Dans cet ashram où je croyais rester jusqu’à la mort, je n’imaginais pas que me vienne un jour le désir de retourner en France, tant je pensais connaître l’ultime de ce que peut offrir la vie humaine. Si j’avais conscience de mon désarroi, je commençais à douter qu’un autre pourrait m’en guérir et m’étais résignée à accepter la souffrance et « faire avec » en attendant la fin.

Mais mon cœur cherchait toujours l’amour.

Je suis revenue en France conduite par ce fil : rencontrer le groupe de travail auquel participe Thierry Vissac dont le seul nom éveillait à nouveau ce mélange d’espérance et de peur si familier depuis l’enfance, quand le plus intime du cœur vient à la surface et « tend l’oreille » pour entendre le murmure de l’éternel.

Il n’y avait là plus de foule bariolée et de longue file d’attente, plus de musique ni de chant, plus rien du folklore et du bruit familier des temples. C’est cela qui m’a attirée, ce « contraire » de tout ce que j’avais connu et compris comme étant « spirituel ». Il n’y avait plus de théories, d’idées, de visions surnaturelles, d’enseignements ni de recettes ésotériques, plus de mantras ni de prières, plus de chapelets ni de formules incandescentes, moins d’encens et presque plus de fleurs… Plus de miracles ni de guérisons stupéfiantes, plus de naissances inattendues ni de mariages en série, plus de vœux prononcés, d’engagements solennels et de robes de safran, disparus les livres de prières et la poussière des sagesses antiques, les graines de lumière enfouies dans des langues indéchiffrables.

Une tranquillité déroutante. Si familière, pourtant…

J’ai d’abord projeté sur ce groupe de travail les mêmes films que ceux projetés sur Amma parce que c’est tout ce que mon ego savait faire : projeter les images d’un monde fantasmagorique, au-dedans comme au-dehors, et me nourrir inlassablement l’esprit de cet imaginaire en vase clos, qui comporte en lui-même tout ce dont l’ego a besoin pour garder les rênes de son pouvoir et maintenir l’être dans une prison.

J’ai d’abord projeté sur les membres de ce groupe la même soif d’être aimée, reconnue, admirée, le même besoin d’exercer un pouvoir sur les circonstances et les personnes qui m’entourent, le même insatiable désir de m’approprier la beauté spirituelle que je projetais sur les autres et refusais de voir en moi.

Mais le regard offert par Thierry Vissac n’a qu’un but et ne dévie jamais : révéler la vraie nature de l’être. L’invitation à regarder les projections pour ce qu’elles sont est donc sans concession et sans nuances.

Je suis venue ici gonflée d’orgueil spirituel, enfant d’Amma revenue de ses sommets himalayens, illuminée d’une lumière dont je me croyais l’origine. Sous le brillant vernis, grouillaient toujours les mêmes peurs, le même désespoir. Je ne m’aimais pas. Mais la grande sainte que je me croyais devenue, à l’image de celle à qui j’avais tant voulu ressembler, refusait catégoriquement de le voir. C’était trop humiliant d’avoir vécu tout ça pour rien, pour se retrouver comme à la case départ devant le constat affligeant d’une peine inguérissable.

Six ans déjà et peu à peu l’érosion gagne. Six ans à déconstruire ce que la peur originelle a construit de barricades entre moi et les autres, tapie au fond d’un trou noir où il a fallu une incroyable patience pour venir me chercher, en frères, en sœurs, en amis, sans jamais rien demander de plus que ce qui était possible, rien exiger, rien imposer. Seul ce regard qui ne dévie pas de l’essentiel : rencontrer en soi-même l’espace et l’amour que l’on cherche partout ailleurs.

Les projections ne prennent pas fin comme par miracle et il a fallu le regard acéré de chacun pour que les rats sortent des caves où je les avais dissimulés. Un lent labeur, à creuser dans la boue sombre cachée derrière le vernis lumineux, rendu possible uniquement par l’intransigeance de ce regard de la conscience. Pure conscience, impersonnelle, désintéressée, implacable contre le mensonge.

Peu à peu, par cette exploration et avec le courage que me donne leur présence, l’espace vierge dans le cœur devient accessible. Je ne cherche plus le cœur d’un autre mais découvre le mien, je souhaite moins ressembler à quelqu’un d’autre et suis en voie d’accueillir ce que je suis.

Christiane Varenya

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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Mer 16 Juil 2008, 02:17

.

Oh quel merveilleux témoignage ! Il reflète bien toute la difficulté des liens au "Maitre". Vivre dans l'aura d'un Maître demande à être de taille spirituellement, sinon, si on fait une suridentification erronée de ce dernier, on se laisse baigner par ses énergies lumineuses, sans même se sentir tenu de faire l'effort d'être Soi. C'est l'illusion qui conduit au mirage qui maintient l'illusion.

Citation :
Je n’avais pas une conscience claire de cette mascarade et croyais sincèrement qu’à force de concentrer mon attention sur Amma, arriverait le jour où elle me sauverait de moi-même. Le temps a passé, et je voyais s’éloigner toujours davantage l’horizon de ce jour idéal qui me fuyait autant que je me fuyais moi-même. Malgré tous mes efforts, je ne parvenais pas à être « elle », ni même à lui ressembler. Peu à peu, la projection sur la personne d’Amma a cessé d’opérer son miracle et les désagréments de la vie au coeur d'une multitude grouillante, omniprésente, elle aussi, ont pris du relief dans la surface des jours. Inexorablement, la nostalgie a repris sa place à mesure que s’enfuyait le rêve.



Et pourtant, ces 9 années passées auprès d'Amma ont eu raison de ce mirage par imprégnation. Cette belle énergie difusée par Amma a fait doucement son oeuvre, si elle a laissé Christiane Varenya, passer autant de temps près d'elle, c'est qu'elle savait qu'un jour sa disciple pourrait entendre les cris de son coeur et l'écouter. En se basant sur le témoignage de Christiane Varenya on constate que Amma la laissait faire et d'un certaine manière l'a encouragée et protégée, pour que l'expérience suive son cours jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus "soif" de son mirage.

C'est ce qui conduisit Christiane Varenya à avoir cette envie de quitter l'inde et de se reconstruire. Quelle belle leçon d'Amour donné par Amma à sa disciple !

Tendre vers un idéal est noble, mais ce qui doit se faire, c'est bien l'action et l'investissement personnel pour "réaliser" cet idéal.
Personne ne doit compter sur les autres pour se sauver lui même sur le plan spirituel, ni se laisser aller à être une charge pour quiconque.

Le merveilleux exemple donné par un grand Maître telle que Amma peut représenter un idéal, tout comme serait la lecture ou l'écoute d'enseignements, mais ne sont que des "outils" ou des phares de Lumière pour éclairer la route, rien ne vaut l'expérience, la sincérité, l'humilité et la persévérance pour être Soi-même, pour Être sa propre Lumière.

Imiter par suridentification à un idéal est une chose, (le mirage), Être en Est une autre. Toutefois quand l'idéal rêvé devient un rythme de vie, il peut aussi amener la personne sur la véritable voie, celle du coeur, car il vient un jour, où forcément, la dualité, entre le coeur et la personnalité, devenue trop forte l'oblige à prendre conscience des "cris" de son "Soi" profond.


:475:

Merci Serena pour ce beau texte en partage : damejane.

.
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Jeu 17 Juil 2008, 00:02

Je remercie l'auteur pour l'honnêteté de ce témoignage.
La notion de dépendance est assez bien saisie car d'après ma compréhension, cela frise l'addiction dans ce cas précis, le besoin irrépressible d'exister à travers le regard de l'autre,notamment de celle qui attire tous les regards.
C'est une profonde souffrance de ne pouvoir exister par soi-même, et de le faire par "procuration".

Je ne comprends pas que cela ait pu durer 9 ans. Pour avoir rencontré Amma, je m'étonne que cette situation ait pu perdurer aussi longtemps.

J'ai la sensation diffuse que si Amma rayonne l'énergie de la mère divine, elle n'a pas les attributs du maître, celui qui enseigne, celui qui libère par son enseignement, celui qui vous apprend à être votre propre maître.

Je suis allé sur le lien de Thierry Vissac. Ce qu'il écrit me parle plutôt bien, et dans ce sens, il enseigne.
Je crains que Christiane n'ait quitté une "icône " pour une autre, c'est ainsi que cela m'apparait.
La peur du vide est-elle si forte qu'elle ne puisse se retrouver elle-même, avec son seul reflet comme interlocuteur?

A un instant donné, nous devons être capable de devenir notre propre enseignant, d'expérimenter, de découvrir, de se découvrir à l'aide de son regard intérieur, d'affronter bravement ses parties obscures afin de les révéler à la lumière, et de bâtir notre système personnel de valeur et de vérité.

C'est quitter une zone de confort pour se résoudre à exercer sans filet, sans appui, jusqu'à trouver l'équilibre qui permet d'avancer sur le fil de la vie, et le faire grandir jusqu'à ce qu'il devienne un large sentier dégagé de nos craintes, et porté par nos certitudes nouvelles.

Alors l'illusion fait place à une réalité éclairée par la nouvelle conscience acquise.


:852:
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Jeu 17 Juil 2008, 00:51

DJEOUTI a écrit :

Citation :
Je remercie l'auteur pour l'honnêteté de ce témoignage.
La notion de dépendance est assez bien saisie car d'après ma compréhension, cela frise l'addiction dans ce cas précis, le besoin irrépressible d'exister à travers le regard de l'autre,notamment de celle qui attire tous les regards.
C'est une profonde souffrance de ne pouvoir exister par soi-même, et de le faire par "procuration".

Oui, là dessus, je partage votre point de vue, c'est effectivement une grande souffrance.


Citation :
A un instant donné, nous devons être capable de devenir notre propre enseignant, d'expérimenter, de découvrir, de se découvrir à l'aide de son regard intérieur, d'affronter bravement ses parties obscures afin de les révéler à la lumière, et de bâtir notre système personnel de valeur et de vérité.

C'est quitter une zone de confort pour se résoudre à exercer sans filet, sans appui, jusqu'à trouver l'équilibre qui permet d'avancer sur le fil de la vie, et le faire grandir jusqu'à ce qu'il devienne un large sentier dégagé de nos craintes, et porté par nos certitudes nouvelles.

Alors l'illusion fait place à une réalité éclairée par la nouvelle conscience acquise.


Bien d'accord, et cela demande bien plus qu'un effort, cela demande de la volonté, de la persévence et beaucoup d'humilité. C'est une grande décision, un choix de changement important et décisif, la peur n'est que le dernier rempart des cris égoïstes de la personnalité, laquelle ne veut rien changer à son confort.

Il faut que les fruits des désirs soient plus que mûrs, qu'ils deviennent pourris pour inciter l'être à Aspirer à retrouver son Soi et ensuite le pousser à se décider à opérer des changements. La première chose, c'est effectivement la prise de conscience.


Citation :
Alors l'illusion fait place à une réalité éclairée par la nouvelle conscience acquise.


Tout est dit !

MERCI DJEOUTI POUR CE PARTAGE.
:475:

.damejane

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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Jeu 17 Juil 2008, 09:12

Merci, Serena, ce témoignage me touche.

Depuis longtemps et sous différentes formes, ma propension à la dépendance m'est aussi familière qu' un compagnon-à-vie.

Je pense que les conditions difficiles de mon début de vie y sont pour quelque chose.

Quand pour des raisons diverses, la mère fait défaut, l'enfant erre, non pas des années durant, mais bien des vies durant....
La mère peut être physiquement présente et quand-même absente à l'amour pour son enfant - quand par exemple, elle en veut à mort à ce rejeton ( il y a eu un film splendide, paraît-il - je l'ai loupé - qui parlait de la relation fille-mère, si complexe parce-que l'enfant avait été conçu lors d'un viol.) Terrible secret dont un enfant peut être porteur.....qui peut compliquer à vie le rapport aux êtres et aux choses....
jusqu'au jour bénit ou les interrogations éternelles trouvent - enfin - quelques bribes et morceaux de réponse.
Bribes et morceaux de réponse = prises de conscience de plus en plus précises, jusqu'à vision plus globale. Jusqu'à trouver la juste distance, qui permet de voir, de se voir, de réaliser la profondeur de la blessure qu'on croit - ou qui est - mortifère.
Djéhouti, tu t'étonnes du temps qu'il a fallu à l'auteur de l'article pour réaliser son bonheur factice auprès d'Amma....
moi pas.
Quand à savoir si la présence d'Amma aurait dû être plus éclairante.....je pense que n'importe quelle présence, aussi guérissante qu'elle soit, n'a pas d'effet aussi longtemps que la personne n'est pas prête à éclairer de fond en comble son fonctionnement intime.
Je pense que nous avons potentiellement le pouvoir de nous guérir , que nous avons potentiellement le pouvoir de stimuler la guérison d'autres personnes en agissant comme un catalyseur (ou dit-on catalysateur?), mais que l'élément essentiel est que la personne en soit l'auteur...dès qu'elle peut se le permettre.

La dépendance est : avoir recours à tous ces moyens factices qui donnent l'illusion de pouvoir vivre autre chose de plus léger que le manque de soi
La personne ou le produit ou le mode de vie ou la discipline .....

Alcool, drogues diverses qui vont de la drogue reconnue comme telle à celles prescrites par les médecins en pharmacie,personnes qui ont fait du chemin et qui de ce fait sont mis sur un piédestal...aident à faire taire la douleur d'être.

C'est un long long chemin pour certains..

:444:
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 14:27

Je voulais ajouter qu'à des degrés divers, et à différents moments, nous sommes tous dépendants.

En soi ce n'est pas un problème.
Celà le devient quand nous nions ce fait, le minimisons, ou décidons de l'ignorer.

Le problème n'est pas de vouloir absolument une chose en croyant qu'elle va nous satisfaire - tous nous avons en tant qu'être humain des "ersatz" = produits de substitution pour pallier à un autre besoin qu'on croit impossible à satisfaire, ou qu'il n'est effectivement pas possible de satisfaire ( celà se passe généralement à un niveau inconscient).

Justement la solution du problème de dépendance est de réaliser qu'il nous manque quelque chose d'essentiel que nous tentons - maladroitement - de combler.

Réaliser-voir-accueillir-entendre ce besoin. Le laisser être. Permettre qu'il révèle ce qu'il cache encore plus profondément.......

Parfois, ainsi, en nous, il se peut que l'on tombe dans les bras du divin,qui est le début et la fin de toutes choses.

Là où il n'y a plus rien il y a donc Tout ?
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 18:53

bonjour GEBO.

Un petit complémet à vos réflexions :

l'homme conscient de la Vie Une reconnaît et vit la loi d'interdépendance !



Bien à vous : damejane.
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 20:01

Bonjour Gébo
Citation :
Justement la solution du problème de dépendance est de réaliser qu'il nous manque quelque chose d'essentiel que nous tentons - maladroitement - de combler.

Réaliser-voir-accueillir-entendre ce besoin. Le laisser être. Permettre qu'il révèle ce qu'il cache encore plus profondément.......


Ces mots qui disent, nomment un état d'être à vivre, à paracourir, à nommer , à assumer.....
Je les reconnais, j'en connais le goût... la couleur, le son.
Tes mots font remonter tout le chemin parcouru pour exorciser cette souffrance du manque..... qui vient peut-être de plus loin que l'absence de la chaleur parentale, du vide de ne pas être reconnu...

Comme l'univers et ses parties ont horreur du vide, l'être n'a de cesse de combler ce vide...

La recherche d'abord à taton, s'affine avec les expériences plus ou moins fructueuses tout en apprenant à reconnaître ce qui répond le mieux à son besoin.... il apprend que nul ne peut combler ce manque au fond de lui....
Alors, Qui, Quoi, le pourra....

Plus le vide est grand , plus grand est son besoin, plus haute est son aspiration.....

En méditant souvent sur ces phases de Jésus: " Le royaume des cieux est en vous" et " si quelqu'un m'aime mon Père l'aimera et nous ferons en lui notre demeure"
J'ai lentement trouvé le chemin vers le Coeur, l'endroit ou le manque, le vide s'estompent , ou la bienveillance envers tous les êtres, moi y compris, peut s'épanouir...

C'est souvent par une blessure que le Divin peut s'infiltrer......pour combler le manque et le vide.
Alors, je peux dire : heureuse blessure..... c'est la première fois que j'arrive à écrire ça.....

Dans l'amitié
Gisèle

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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 20:14

Ton message me touche chère Gisèle,
il me renvoie quelque part à de très anciennes souffrances liées probablement à notre incarnation terrestre avec la séparation induite des Mondes desquels nous venons.

Reste à se reconnecter,,

je te souhaite une douce soirée,
Serena

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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 20:20

Gisèle a écrit,


Citation :
[b]Plus le vide est grand , plus grand est son besoin, plus haute est son aspiration.....

En méditant souvent sur ces phases de Jésus: " Le royaume des cieux est en vous" et " si quelqu'un m'aime mon Père l'aimera et nous ferons en lui notre demeure"

J'ai lentement trouvé le chemin vers le Coeur, l'endroit ou le manque, le vide s'estompent , ou la bienveillance envers tous les êtres, moi y compris, peut s'épanouir...

C'est souvent par une blessure que le Divin peut s'infiltrer......pour combler le manque et le vide.
Alors, je peux dire : heureuse blessure..... c'est la première fois que j'arrive à écrire ça.....

Dans l'amitié


oh!, Gisèle, voilà qui est dit avec tellement de coeur, cela ne peut que toucher.

C'est souvent quand l'être traverse des épreuves qu'il pense à "Dieu" et qu'il se tourne vers lui, cherchant le chemin qui conduit à sa demeure parce que ce vide se révèle de plus en plus en lui qui se sent éprouvé.

Cette souffrance vécue comme une réalité se transforme en soif d'apaisement auprès du père.
Alors comme un petit enfant, l'être pousse son cri tourrné vers le ciel de sa Lumière intérieure qu'il a temps besoin de voir, car il se sent seul et orphelin.
gebo et guicha, merci pour ce partage.

:53:

bien à vous : DameJane.


Dernière édition par damejane le Dim 20 Juil 2008, 22:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 20:37

Bonjour DameJane

Citation :
Cette souffrance vécue comme une réalité

Je reste en suspend sur cette phrase....
Cela ouvre tout un pan de nouvelles prises de conscience des dernières années.

En fait, du point de vue du moi supérieur, de notre identité véritable, la souffrance est illusion....
Avant d'entrer pour de bon dans la conscience de l'être on doit chevaucher souvent une et l'autre.

Merci à vous :475:
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 20:42

Citation :
En fait, du point de vue du moi supérieur, de notre identité véritable, la souffrance est illusion....
Avant d'entrer pour de bon dans la conscience de l'être on doit chevaucher souvent une et l'autre.


oui, guicha, on passe par les "montagnes russes" des illusions, au mirage, à la conscience, à l'illusion ....! mais on peut s'en sortir. :53:
:101:damejane.
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Sam 19 Juil 2008, 21:25

Citation :
Alors, je peux dire : heureuse blessure..... c'est la première fois que j'arrive à écrire ça.....

Dans l'amitié


Il y aurait des tômes à écrire sur le chemin qui va de "maudite blessure" à

:m9:



" heureuse blessure"

Merci Gisèle




.
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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Dim 20 Juil 2008, 13:53

Bonjour damejane

Citation :
bonjour GEBO.

Un petit complémet à vos réflexions :


l'homme conscient de la Vie Une reconnaît et vit la loi d'interdépendance !


L'interdépendance.....oui, assurément.....jamais du grand jamais homme n'a été fait pour croupir seul sur une île déserte ou pour désespérément tenter de se passer de qui que ce soit....

Interdépendance oui, et idéalement dans un échange ou l'un ne vit pas l'air de rien :95: sur le potentiel énergétique de l'autre...
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damejane

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MessageSujet: Re: "LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"   Lun 21 Juil 2008, 14:33

.
Gebo vous avez écrit :


Citation :
"
Interdépendance oui, et idéalement
dans un échange ou l'un ne vit pas l'air de rien
sur le potentiel énergétique de l'autre... GEBO"


Vous avez raison de le souligner,
effectivement l'interdépendance se vit
dans la conscience le respect
de tous les règnes vivants
sans "vampiriser" leurs énergies.

Merci de l'avoir si justement rappelé.






Bien à vous : DameJane.


.
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"LA VIE COMMENCE OU FINIT LE REVE"
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