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 Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!

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AMBRE

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MessageSujet: OBSTACLES,IMPASSES ET PIEGES DE LA VIE SPIRITUELLE   Lun 11 Juin 2007, 10:02

OBSTACLES, IMPASSES ET PIEGES
DE LA VIE SPIRITUELLE

photo prise à Charleroi sur un mur!
"Derrière les poubelles"


par Marc-Alain DESCAMPS


Bien des personnes veulent avoir une vie spirituelle. Il s’agit d’une recherche de l’intériorité dans la dimension de la profondeur, une découverte de son essence, une plongée vers l’unité. Elle peut être menée dans le cadre d’une religion, comme autrefois où elle a été illustrée par tous les grands mystiques Catholiques, Orthodoxes, Hindous, Soufis, Bouddhistes ...
Mais actuellement cela peut se dérouler hors du cadre de toute religion, dans la quête de la dimension du Sacré et de la découverte du Divin à l’intérieur de soi. Assez souvent, cette recherche prend assise sur des pratiques selon une voie traditionnelle, hors d’une religion : Soufisme, Yoga, Taï chi, Zen, Bouddhisme tibétain, Hésychasme, méditation, retraite, pèlerinage, prière chrétienne …
Mais que l’on soit seul ou dans un groupe, les pièges sont nombreux et bien des personnes stagnent ou se découragent. Il existe en effet dans l’homme deux niveaux : la réalisation spirituelle et le nettoyage psychologique de la personnalité et de son inconscient par une psychanalyse. Et comme ils sont indépendants, l’un ne devrait pas aller sans l’autre.

A. Les premiers obstacles

Un certain nombre d’obstacles peuvent être évités, une fois qu’ils sont reconnus.

- Les dissuasifs. Bien des gens traitent de tous ces sujets, alors qu’ils n’ont, de toute évidence, aucune vie spirituelle. Ils ne parlent et n’écrivent des livres ou des revues sur les dangers que pour dissuader d’y entrer et par conséquent pour se justifier de ne pas y entrer. Au lieu de nier ouvertement la voie spirituelle, ils se contentent de présenter quelque chose de frelaté sous ce nom. Une connaissance livresque dans ce domaine ne suffit pas, il convient d’en avoir une expérience authentique.

- Les tartuffes. Comme dans toutes les religions, on trouve aussi dans la spiritualité des hypocrites, qui veulent en tirer profit en donnant le change. Combien de savants intellectuels savent parler avec éloquence, d’après leurs seules lectures, de ce qu’ils ignorent complètement. Ils excellent à traiter de la mystique comparée et leurs discours sur les mérites des voies de l’Orient et de l’Occident (ou leur mélange) sont très à la mode. Mais il en a toujours été ainsi, le Lama Brug-pa écrivait déjà au Tibet au XVème siècle : « Un maître authentique est plus rare que l’or, les charlatans plus nombreux qu’un nid de fourmis ».

- Les paresseux. Ils sont tombés dedans dans leur enfance et se laissent porter, victimes de la routine, de l’inertie et de leur paresse. Entrée à cinq ans chez les Religieuses, Sainte Gertrude de Hefta déclarait « avoir à 20 ans aussi peu de souci de son âme que de la crasse de ses pieds ». Combien d’autres s’endorment dans une routine monotone et désuète. C’est la voie des tièdes ou médiocres, contents d’eux-mêmes sans élan, sans ferveur et sans intensité. (Luc XII, 40)

- Les satisfaits d’eux-mêmes. Ces narcissiques, souvent jeunes, ont mal compris la formule « que tout est déjà là » (Tathâgatagarbha). Et ils attendent que tout arrive instantanément, sans travail et sans effort. Oui, tout est déjà là en nous, mais en potentialité, comme le chêne est dans le gland. (Mais un gland n’est pas un chêne). Cela ne doit point nous épargner une vie de recherche, de sacrifice et de progression et ce n’est qu’au bout du chemin à la fin d’une vie que nous pourrons réaliser qu’en effet la statue était déjà dans le bloc de bois ou de pierre.

- Les champions sportifs. D’autres n’explorent ces domaines qu’au titre du « Développement personnel ». Ils veulent tout savoir et se développer au maximum. Ils veulent être les meilleurs : les champions du monde de la spiritualité puisqu’ils ont traversé absolument toutes les voies et connaissent tout. Ils sont pleins de curiosité et d’entrain, mais tout est au service de leur égo.

- Les clients du supermarché du spirituel. Ce monde du voyage intérieur est devenu un marché où l’on trouve toute une série de machines et de gadgets pour aller plus vite, sans effort, automatiquement. On trouve à acheter des musiques new age, des encens et odeurs planantes, des bougies hopi, des gongs, des lunettes flashantes de l’intérieur, des casques pour sorties hors du corps, des water-beds, des piscines de l’extase, des sauts à l’élastique, ou des voyages au désert pour écouter un bavard faire ses trois conférences par jour …

B. Les impasses

Le problème principal est que la spiritualité est une superstructure, elle ne vient qu’en dernier et coiffe l’ensemble de la personne humaine, par conséquent tout se transpose en elle. En particulier tous les défauts et les problèmes psychologiques (psychanalytiques, psychopathologiques et psychiatriques) vont se transposer tels quels dans sa vie spirituelle et mener à choisir une voie qui aille dans le sens de ses défauts et permette de ne pas changer. On a ainsi trouvé une justification divine à ses travers.

Par exemple :
- Celui qui vit dans l’indifférence, car il est coupé de ses sensations, va choisir la voie du détachement. Rien ne lui est plus facile, car il n’arrive pas à se décider et il se moque de tout. A coté se trouve aussi la voie du Renoncement ouverte à tous ceux qui sont en dépression ou simplement déprimés.

- La voie de l’humilité est prise par celui qui vit dans la dépréciation, le mépris, la haine de soi ; (« Je ne vaux rien parce que mon papa est mort quand j’avais dix ans, ou a divorcé ou est parti … Donc je ne mérite pas mieux »).

- La mort de l’égo est un thème qui plaît beaucoup à tous ceux qui se haïssent eux-mêmes et sont suicidaires. Faute de tuer leur corps, ils sont d’accord pour faire le sacrifice symbolique de leur moi-égo. Mais ceux qui ont des problèmes psychotiques d’identité et ne savent plus qui ils sont, peuvent aussi choisir ce masque justificatif.

- L’instable qui ne peut rien construire (famille, travail, insertion municipale) ou celui qui détruit aussitôt ce qu’il vient de construire, car il s’ennuie dans le succès, va adopter la voie de l’errant (beatnik, vagabond, pèlerin …). Il fait le tour du monde sur son bateau ou du désert sur son chameau. Il ne peut pas s’attacher, donc il se croit libre.

- L’agoraphobe, au contraire, qui a peur des autres et de l’organisation de la vie va devenir ermite. Il ne rêve que de rester toute sa vie dans sa cellule ou dans sa grotte. Il médite tout seul et ne s’occupe que de lui-même dans un profond égoïsme, heureux dans la clôture du couvent qui le couve.

- Le claustrophobe qui a peur d’être enfermé ou mis en prison, va devenir le moine prêcheur itinérant. Il va développer tout un discours apologétique sur « l’Ouvert » par opposition au fermé, au clos.

- Les masochistes (et les sadiques car on ne peut pas les séparer, unis dans leur sadomasochisme) ont eu d’extraordinaires justifications dans les siècles précédents avec tous les raffinements des ascèses, jusqu’à se croire un saint (ou une sainte) parce qu’il (ou elle) se flagelle deux fois par jour. Mais les variétés des mortifications et tortures ont été quasi-infinies. Ainsi les anorexiques sont passées inaperçues dans la glorification des jeûnes.

- Le dominateur puissant et orgueilleux transpose sa volonté de puissance sur l’Ordre religieux dont il devient vite le Général, ne travaillant désormais que pour le bien de l’Ordre. Et les narcissiques ressentent toute atteinte à leur Ordre comme une blessure narcissique.

- Les délirants ont toute latitude pour développer un extraordinaire système religieux (hérétique on non), ou écrire leurs livres de conversations avec Dieu, les anges, les esprits des morts ou des extragalactiques conducteurs d’OVNI ... Mais comme l’écrit Freud (L’avenir d’une illusion), c’est le mérite de toutes les religions d’éviter la peine de s’inventer un délire individuel en entrant directement dans un grand délire collectif.

- Ceux qui vivent un éclatement de leur personnalité (Spaltung) ont des lambeaux de leur inconscient qu’ils ne reconnaissent plus ou parfois des personnalités multiples. Ils entendent des voix, ont des apparitions, des visions, des hallucinations, des transes, des phénomènes de possession ... Ces messages de leur inconscient, ils les nomment intuitions, prémonitions, guide intérieur. Ils voient des synchronicités partout, ils ont l’impression d’avoir déjà vécu cela, d’être déjà venus en ces lieux, d’y avoir été dans une autre vie. Certains confondent leurs pulsions avec « le maître intérieur ».
On peut d’ailleurs se poser la question de savoir s’il y a une transposition ou une simple translation, alors qu’il faudrait une sublimation. Ces problèmes psycho-spirituels sont étudiés dans « La psychanalyse spiritualiste ».


Dernière édition par le Lun 11 Juin 2007, 13:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 10:03

C. Les pièges

Avant de vouloir grimper sur les sommets, il serait peut-être plus avisé de commencer par se nettoyer. Pour se connaître mieux et consolider les bases, on peut faire une psychanalyse ou une bonne psychothérapie analytique. De toute manière c’est un travail que l’on n’évitera pas car s’il n’a pas été fait de façon préalable, il s’abordera dans la voie traditionnelle. Mais ce qui sera occupé à ce nettoyage ne sera pas disponible pour la progression spirituelle.

Par exemple, ceux qui suivent la voie du Zen sans préparation vont revivre d’abord leurs conflits pendant les longues séances de méditation dont certains sortiront en pleurs par apitoiement sur soi-même, alors que d’autres, à cause de leur agressivité, sentiront leur colère grandir au fil des séances pendant des années.

Dans les méditations le piège le plus courant est de confondre le sommeil et l’état de vacuité. On croit que l’on médite bien car l’on entre dans un état de somnolence ou une inertie mentale (de type Tamasique selon le Yoga) surtout si l’on croit que l’on peut méditer dans un bon fauteuil. Le Zen qui connaît bien ce défaut ramène à la vigilance avec un coup de bâton (kyusaku) sur les muscles trapèze. Puis l’on peut utiliser des trucs auto-hynotiques, comme d’osciller sans cesse d’avant en arrière, de balancer la tête de droite à gauche ou de pratiquer une révulsion des yeux …

La notion de vide est souvent utilisée de façon insidieuse à partir d’un certain bouddhisme pour justifier le nihilisme occidental, alors que le Bouddha a toujours polémiqué contre les nihilistes. La Vacuité orientale est la Plénitude dont sortent toutes les Formes. Dans l’esprit il faut par les méditations atteindre le vide mental, ou silence des pensées, pour entrer après dans la Claire Lumière et ne faire qu’un avec le Bouddha.

Après peut venir ce que les Pères du Désert ont nommé l’acédia. Il s’agit d’une désaffection et d’une perte de motivation qui pouvait atteindre les moines après de longues années de pratique. Sans doute ce que l’on connaît actuellement comme le break down ou le blow up des milieux humanitaires.

De plus en plus d’Américains, puis d’Européens, publient des livres pour faire savoir à l’univers qu’ils ont atteint l’Eveil, qu’ils n’ont plus d’égo et que l’on peut désormais s’inscrire à leurs stages. Leur expérience est souvent un simple moment de joie où ils se sont sentis bien, en soudaine harmonie avec tout leur milieu. Le malheur est que cela vient après une période de dépression, appelée évidemment « nuit obscure ». Et les psychiatres ne voient en cela qu’une structure maniaco-dépressive, maintenant dite bipolaire.
Le dernier piège, et le plus insidieux, est d’avoir une expérience ou une réalisation et de croire que c’est l’expérience suprême et ultime. Alors que dans la spiritualité il y a toujours à progresser. Comme le demandait le Sutra du Lotus « il faut aller par l’Au-delà, dans l’Au-delà de l’Au-delà, vers l’Au-delà de l’Au-delà de l’Au-delà … ».
Le pire des pièges en ces domaines est de faire profession de Gourou dans son ashram. Les plus critiqués ont été Rajnesh/Osho et Hamsananda à Castellane avec ses statues. Un fondateur de secte est souvent une personnalité paranoïde et s’il ne l’est pas au début, sa position au sommet de la pyramide va le conduire à devenir paranoïaque. Sa névrose va l’amener à faire son profit personnel de l’argent, du sexe de son harem, du pouvoir, des honneurs et de l’Adoration. Lui n’a pas de conversation avec Dieu, il est Dieu. Il est vrai que dans ces domaines, on rencontre des forces colossales qui peuvent provoquer une inflation de l’égo (« la grosse tête ») où l’on ne peut plus supporter les autres. Il ne faut pas confondre charisme et sagesse ; les deux niveaux sont, hélas, indépendants.

Le critère d’une expérience spirituelle authentique ou mutation réussie est le résultat (comme dans une expérience de mort imminente) : en est-on devenu plus patient, humble, modeste, à l’écoute des autres, compatissant, généreux, sachant que la seule chose importante sur terre est de vivre dans l’amour désintéressé et de faire le plus de bien possible autour de soi ?

Conclusion

La conclusion ne peut être qu’un élargissement à tous les auteurs qui ont déjà apporté de l’aide dans la guidance spirituelle pour cette quête vers le meilleur de soi-même. Ils ont montré qu’existent l’Eveil, la Réalisation, l’Union avec le Divin, l’Etat non-duel …

L’éducateur donne ses connaissances, le guide se donne lui-même. Le guide est celui qui répare nos frustrations, libère du karma, du mental, de l’égo et transmet son niveau de Conscience et de Lumière.

Krishnamurti (1895-1986) en proclamant que « la vérité est un pays sans chemin » a eu comme unique souci, la libération totale et inconditionnelle de l’homme. Il la trouve dans la psychologie et l’étude attentive des conditionnements que nous nous créons sans cesse. La révolution du silence permet par une vision pénétrante de rendre son esprit ouvert comme un ciel sans nuage.

Jack Kornfield en publiant en 2000 « Après l’extase, la lessive » a fait le relevé de tous les défauts des grands maîtres spirituels américains. Et le même livre pourrait être écrit sur bien des noms célèbres de France et d’Europe. Monter dans la spiritualité, sans avoir amélioré psychologiquement sa personne est de plus en plus scandaleux, selon le proverbe africain « Plus le singe monte haut, plus il montre son derrière ». Mais il ne faudrait surtout pas conclure de son livre que, parce qu’ils ont des défauts, ils ne peuvent plus nous aider. Il y a encore des Mystiques, des Eveillés, de grands Spirituels, mais ils se reconnaissent à ce qu’ils se cachent ou restent discrets.

Pir Vilayat Inayat Khan (1916-2004) apprenait toujours à voir tous les êtres non tels qu’ils sont, mais tels qu’ils seraient s’ils étaient devenus ce qu’ils auraient du être.

Marie-Magdeleine Davy (1903-1998) a passé sa vie à prévenir que « la voie de l’intériorité est remplie de méandres et d’illusions ». Pour explorer l’homme du dedans, il faut éviter le cœur dur, durci et endurci. L’appel du dedans n’est donné qu’à ceux qui ont le goût du silence et du mystère dans un état de liberté. Celui qui a éprouvé la morsure de l’Absolu sait de connaissance certaine qu’il lui est impossible de lui échapper. L’homme essentiel est toujours seul à habiter avec lui-même (habitare secum), mais en présence d’un être de lumière, on se sent toujours meilleur.

Lilian Silburn (1908-1993) dans Les voies de la mystique et Le maître spirituel dénonce dans son chapitre « de l’incompétence à l’imposture » le passage de l’erreur spirituelle à la faute des pseudo-guides. En distinguant la montagne, le sentier et la carte, on peut décrire les marchands du temple qui vendent une montagne qu’ils ne connaissent pas, ceux qui n’ont pas besoin de partir car ils sont déjà arrivés, les cartographes qui n’ont que la carte d’un pays inconnu où ils ne sont jamais allés, ceux qui se souviennent à peine de leur brève ascension, celui qui, parvenu au sommet sans pouvoir en redescendre, ne peut aider personne et enfin le bon guide qui va au sommet quand il veut, a la carte et connaît le sentier.

Ma Ananda Moyi (1896-1982) incarnation de la joie divine demandait de vivre toujours dans la joie et de fuir la tristesse comme son ennemi.

Ammatchi (1953) dans sa précieuse rencontre fait vivre l’amour divin …

Un vibrant hommage et une profonde gratitude sont dus à tous ces êtres merveilleux qui ont tellement apporté dans la vie spirituelle.

Références

Davy Marie-Madeleine, Encyclopédie des mystiques, Payot, 1996.
Descamps, M-A. La psychanalyse spiritualiste, Desclée de Brouwer, 2004
Guyon J-M. Ma vie, Dervy livres, 1983
Kornfield, Jack, Après l’extase la lessive, La table ronde, 2001
Krishnamurti, J. La première et dernière liberté, Stock, 1954
Silburn Lilian, Les voies de la mystique, Hermès 1, Les deux océans, 1981
Silburn Lilian, Le maître spirituel, Hermès 3, Les deux océans, 1983
Vigne Jacques, Eléments de psychologie spirituelle, Albin Michel, 1993

Merci à Marc Alain Descamps
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 15:06

Beaucoup de points intéressants dans ce texte.

Néanmoins il y aurait du danger à généraliser ces analyses... de nombreuses nuances ne sont pas faites (peut-être est-ce du au fait qu'il s'agit d'un extrait ?)

Chaque voie est différente, et de plus il y a des étapes particulières à chaque voie. Qui fera la différence entre un véritable pèlerin spirituel entré dans une phase d'inévitable solitude, et l'"agoraphobe" pathologique? Sans une investigation plus poussée, comment discriminer? Il y a de nombreuses nuances qui devraient être formulées par rapport à ces commentaires...


Ensuite, la spiritualité coiffe tout, en effet, car elle "appartient" à tous! Et le paradoxe est de devoir comprendre et accepter que ceux qui refusent ou réfutent ou manipulent la spiritualité sont pourtant partie intégrante de la spiritualité, et déjà, en quelque sorte, sur leur propre voie... de toute façon, celui qui est prêt à passer passera malgré tous les obstacles, toutes les illusions... les autres ne passent pas parce qu'ils ne sont pas prêts à passer, c'est tout.


Citation :
- Les délirants ont toute latitude pour développer un extraordinaire système religieux (hérétique on non), ou écrire leurs livres de conversations avec Dieu, les anges, les esprits des morts ou des extragalactiques conducteurs d’OVNI ... Mais comme l’écrit Freud (L’avenir d’une illusion), c’est le mérite de toutes les religions d’éviter la peine de s’inventer un délire individuel en entrant directement dans un grand délire collectif.

Il vaut cependant mieux rechercher authentiquement son propre sens, quite à s'égarer, que d'intégrer un sens extérieur éventuellement pathogène (on sait que toute greffe provoque un rejet à moins d'artifices médicaux) ...

Dans tous les cas, les religions sont les fast food de la spiritualité, et dans la nécessité de manger, autant le faire bien, en préparant soi-même la nourriture, et même en inventant ses propres recettes!

Il faut de la force pour avancer seul sur la Voie de sa propre Vérité ! Et il ne faut pas confondre cette position avec celle des "délirants". Il faut beaucoup de cran pour suivre les pas de Christophe Colomb! Et où se trouve la limite entre Foi et délire ? Il y a des nuances essentielles à placer ici.

Le paradoxe n'implique-t'il pas la structure dans l'absence de structure, et donc forcément le conditionnement dans l'absence de conditionnement ? Encore une nuance à faire par rapport au "conditionnement"...

La recherche du sens est LA clé de voûte spirituelle par excellence, et elle est idéalement individuelle. Nul ne peut remettre en question cette prérogative de la personne humaine.

Il y a donc UNE SEULE REGLE SPIRITUELLE fondamentale qui permet d'éviter autant que possible toutes les dérives:

LE RESPECT DE LA PERSONNE, DE SOI ET D'AUTRUI.


Si cela est poursuivi, le risque de dérive, de délire, est rendu marginal.


Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 15:47

bonjour

je suis rassurée par tes propos sphinx ...

ce "choix" de vie quand il ne s'impose par de lui même... tant cette soif de vérité se fait sentir ...cette profonde implication personnelle est telle que demander de l'aide auprés des psy ou de la religion .. routes bien tracées s'il en est .. peut être aussi une voie de "repos" ...

mais l'ame est dans une telle demande qu'il est vain de vouloir se tourner vers du psy pur et dur qui.. a mon sens... ne fait que se gargariser de mots... de couloirs.. de droiture et d'humanité ... tant l'intelect est présent ...

evidement il y a des riques à avancer seul ... en plus on a le droit de glisser pour mieux se relever ... la resilence en est le témoin ... et une interrogation pour les psy ...

et toutes les trop belles routes sont pavées de bonnes intentions ...

et j'aime quelquefois à me dire que je préfére mes "délires" d'absolu à la vérité de l'autre .. cette quête exige un prix .. une solitude .. voir une errance ... mais que de découvertes quand le puzzle trouve une seule pièce ...

belle journée
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 16:44

Oui Marie, je comprends ta position.


Je pense sincèrement que la Voie spirituelle passe à un moment par une rupture essentielle et inévitable.

Le type de rupture qui est susceptible de provoquer une psychose chez beaucoup de personnes, et qui pourtant, dans le cas d'une progression spirituelle maîtrisée, aboutira à une meilleure position de vie, moins confuse, et finallement plus solide, moins sujette à la psychose précisément.

Une rutpure qui fait table rase de tout ce qui est extérieur, et qui est finalement, comme la crise adolescente, le processus d'intégration de sa vérité personnelle en propre. Oui, le spiritualiste doit passer une crise plus redoutable encore que celle de l'adolescence!

Car...

Qu'est-ce qui se cache en fin de compte derrière la voie spirituelle? Quel en est un des enjeux principaux?

L'union paradoxale du causalisme de la pensée et du finalisme de l'émotion...

L'un et l'autre sont apparemement totalement en opposition, dans la dualité. Ils fonctionnent même avec un temps qui passe en sens opposé!

En effet, le temps causaliste de la pensée procède de la cause vers l'effet. Mais le temps finaliste de l'émotion procède du but vers sa cause: le but appelle sa cause!

Cet aspect de finalisme émotionnel est, au plus haut degré de réalisation, l'aspiration absolue de l'éternel potentiel.

Le potentiel appelle sa cause, et celle-ci doit alors répondre spontanément.

Tel est l'enjeu: répondre de façon causaliste à l'appel finaliste, en faisant en sorte que les deux s'épousent harmonieusement.

Et de quelle façon le mental causaliste peut-il répondre correctement à l'appel finaliste ?

En fournissant un sens correct, un sens adapté au sens de l'aspiration spirituelle. Peu importent la forme et les modalités de ce sens, peu importe de quelle façon il a été cherché, trouvé, digéré et intégré! La seule chose qui importe est que la réponse signifiante soit acceptée et reconnue par l'aspiration de l'éternel.

Et un des aspects fondamentaux de cette réponse est que pour être acceptée, elle doit être authentique: elle doit avoir été totalement intégrée par l'être, afin qu'il soit authentiquement une vraie cause, pleine de sa propre signification personnelle!

C'est pourquoi le sens est inévitablement, au final, individuel.


La magie du paradoxe, ensuite, est que l'on s'aperçoit que toutes les réponses significatives correctes de tous les êtres, cherchées et intégrées authentiquement, individuellement, sont parfaitement harmonieuses entre elles !

Car la vérité est qu'il n'y a qu'une seule signification, mais qu'elle est à intégrer librement, authentiquement, dans la richesse des réalités individuelles.

L'unique vérité du lien collectif s'unit naturellement aux vérités plurielles des séparations individuelles.


Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 18:25

Citation :
l'aspiration absolue de l'éternel potentiel.

j'aime bien cette expression .... c'est une véritable aspiration ... un emportement ... un cyclone emotionnel ... une rupture dont tu parles ... qui peut être si violent que le mental peut décrocher en psy tous azimuts si il n'a pas une sortie vers le spirituel ... et le seul bonheur auquel nous accrocher quand il ne reste rien ...c'est la prière.... si intense et si authentique dans ces moments là qu'elle ne peut être qu'entendue ... si on l'ose ... alors l'espace s'ouvre ...

avec le yi king on appelle ça "traverser les eaux" ... avec le tarot "la mort"...et j'en passe ... chaque symbolisme résonne du même coeur.... pour une même finalité ...

ça ressemble aussi à un trou noir ... un vide ... qui s'avère être plein ... de cette essence qui nous ressemble et qui nous rassemble donc .... tellement ... les uns les autres ... la completude de chacun offre donc une réelle possiblité d'union ....

je dois t'avouer que dans mes moments de purs vertiges émotionnels qui sont beaucoup moins nombreux maintenant ...ou en tout cas moins destabilisants et moins longs ... je me disais toujours aprés ... quand

Citation :
le temps finaliste de l'émotion procède du but vers sa cause: le but appelle sa cause!

si j'ai bien compris ...

que j'étais passée à la lessive.. plus blanc que blanc .. !! avec un essorage copieux dérrière ... !!!

et je crois aussi que suivant le degré de résistance de chacun à lacher toutes formes de connus fait que les expériences sont plus ou moins aiguisées ... donc je conçois maintenant que certains peuvent choisir de mourir ...

et pour les autres "survivants" que leurs ailes poussent enfin ... pour nous faire décoller du plancher des vaches et "servir" ... chacun quelquechose ou à quelquechose ou à quelqu'un ... pour que l'humanité retrouve aussi son essence ... perdue depuis trop longtemps dans les dédales de la matérialité ...

belle soirée
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 11 Juin 2007, 20:02

Merci à toi pour ce magnifique partage, Marie!


Citation :
et je crois aussi que suivant le degré de résistance de chacun à lacher toutes formes de connus fait que les expériences sont plus ou moins aiguisées ... donc je conçois maintenant que certains peuvent choisir de mourir ...

Le problème n'est pas seulement de lâcher les formes de connus, mais aussi selon moi de commencer par abandonner les addictions et répulsions aux formes connues.

C'est la limitation des solutions qui empêche en première ligne de répondre pleinement à l'aspiration de l'éternel potentiel.

L'Homme vit sa vie à l'envers. Il prétend décider préférentiellement de ce qu'elle sera, et paradoxallement, est confronté à un destin qui lui apparaît grandement aléatoire, induisant les aspects de risque et de danger, et finallement celui de la fin, de la mort, inévitable. L'Homme voit sa Vie comme un flux dont il serait la source, et de ce fait, perd sa puissance causale dans le flux. L'Homme est donc alors comme un surfeur qui croit contrôler la vague et qui de ce fait ne peut pas exécuter d'acrobaties sans se casser lamentablement la figure et boire la tasse! L'Homme attend de sa vie des opportunités précises en formes et en temps, et de ce fait, attache le flux qui ne peut plus rien lui apporter de façon vraiment cohérente. Car c'est à lui, l'Homme de placer ses formes sur le flux accepté tel quel, sans attachement, et sans refoulement!


Si l'Homme abordait sa vie à l'endroit, que verrait-il ? Une aspiration... comme un vortex, qui l'attire à lui à partir d'un point à l'infini et qu'on pourrait appeler "mort". Un point mort... :)

Il verrait qu'il n'est pas la source du flux et que, dès lors, tout ce qui lui est demandé est de prendre ce flux en charge, et lui donner une forme cohérente, selon sa liberté causale personnelle. De lui donner une forme qui respecte à la fois la vague et à la fois le point mort à l'horizon de la vague!

Il serait le surfeur qui reconnaît qu'il ne contrôle pas du tout la vague, mais que d'un autre côté, celle-ci lui offre plein d'opportunités d'exprimer sa cause personnelle. Mais à ce titre, et pour être capable de prendre le flux totalement en charge, il ne peut pas limiter ses solutions, limiter ses formes, ses figures!

De ce fait, parce qu'il intègrerait l'indépendance de la vague en abandonnant le contrôle, en lâchant prise, il intègrerait l'aspect fin, l'aspect de mort...

Pourquoi?

Parce que si le surfeur s'identifie à la vague, en croyant la contrôler, alors lorsque la vague disparaît sur le rivage, le surfeur croit aussi mourir avec elle.

Tandis que si il sait que la vague et lui, ce n'est pas pareil, et qu'il ne la contrôle pas, alors il sait aussi qu'il y a d'autres vagues qui viendront pour lui, après celle-ci, car il ne se focalise plus sur une seule vague. Et lorsqu'il a complètement intégré cela, les vagues viennent à lui de façon si régulière, qu'il n'y a plus de réelle interruption, donc plus d'arrêt, plus de fin! Le point mort à l'infini, l'horizon de l'océan, a été intégré, et lui envoie éternellement et continuellement des vagues!

Il se rend compte alors que ça a toujours été comme ça, mais que lui ne le voyait pas, trop focalisé sur chaque vague qui se présentait...




Amitié à toi,

Steph
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Mar 12 Juin 2007, 21:02

.


......merci à toi steph ......

belle nuit
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MessageSujet: Palimpseste   Mar 26 Juin 2007, 11:07


Palimpseste


Le palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Cette méthode fut utilisée au Moyen Âge surtout entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce.

À cause de cette méthode, plusieurs écrits ont été momentanément ou irrémédiablement perdus, que ce soit des textes juridiques tombés en désuétude, mais aussi des textes de penseurs grecs pré-chrétiens, ou des textes d'écriture gothique.

On arrive toutefois à retrouver l'ancien texte dans certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents (chimie, imagerie aux rayons ultraviolets, rayonnement synchrotron).
suite
http://fr.wikipedia.org/wiki/Palimpseste
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MessageSujet: "La vie spirituelle au travail"   Mer 27 Juin 2007, 00:03

"La vie spirituelle au travail"

de Jean-Jacques Crèvecœur
(Extrait du numéro 26 du magazine "Les 3 Mondes" - Novembre / Décembre 2001)

Au-delà des religions ou des croyances, il existe des valeurs universelles qui relient les hommes. Des chercheurs contemporains les mettent en évidence et proposent aujourd’hui une traduction concrète de ces valeurs pour que chacun retrouve son pouvoir de vie. Jean-Jacques Crèvecœur apporte ici sa contribution.
A force de fréquenter tous ces hommes et ces femmes dans les entreprises, je me suis rendu compte à quel point la dimension spirituelle se trouve dans une situation paradoxale. A la fois véritable tabou au niveau du discours et des conversations, et à la fois presque palpable dans les attitudes de certains, dans ces non-dits qui en disent long, dans ces mots lâchés au fil des conversations banales… Beaucoup de dirigeants de grandes entreprises ont une démarche spirituelle, mais ne le disent pas. Aujourd’hui, les nouveaux « maîtres spirituels » ne sont plus à chercher dans les monastères, dans les ashrams ou les communautés religieuses. Vous les trouverez davantage dans les aéroports, un porte-documents à la main, accomplissant leur tâche de dirigeants d’entreprises, de responsables des ressources humaines ou autre, quel que soit le niveau de responsabilité.

Mais comment vivre la spiritualité dans le quotidien professionnel ? Comment vivre nos valeurs et notre intériorité sans être soupçonné immédiatement d’appartenir à une soi-disant secte ? Comment faire en sorte que vie spirituelle rime avec efficacité professionnelle ? Pour répondre à ces questions, je propose douze pistes possibles, douze attitudes à expérimenter, basées sur mon expérience personnelle de dirigeant d’une PME et d’intervenant en entreprises.

Première attitude : Reconnaître et accepter la réalité.

La plupart des traditions enseignent qu’une vie spirituelle réussie nécessite avant tout un bon ancrage dans le réel. Il ne s’agit pas d’une fuite du réel, mais bien d’un enracinement dans la réalité. Ainsi, la première manière de vivre sa spiritualité dans la vie professionnelle, c’est de reconnaître et d’accepter la réalité et en particulier, celle de nos ombres. C. G. Jung parle de ces ombres comme des parties de nous-mêmes que nous ne voulons pas voir. Il s’est rendu compte que plus nous essayons de nier nos défauts, nos erreurs et nos lâchetés, plus ceux-ci vont se manifester dans notre existence, souvent en temps inopportun. Jung disait que « tout ce que nous n’aurons pas amené à la conscience surgira dans notre existence comme le destin ou la fatalité ».

Que l’on soit responsable ou collaborateur, reconnaître les événements tels qu’ils sont est souvent accueilli comme signe d’intégrité, d’éthique et de crédibilité au sein des équipes. C’est un atout important.


Deuxième attitude : Assumer la responsabilité de nos actes, de nos paroles et de nos sentiments.

Beaucoup de jeux de pouvoir viennent du fait que nous ne voulons pas ou n’osons pas assumer ce que nous avons à dire à l’autre. Ces lâchetés relationnelles nous font dire à un collaborateur ou un collègue, à demi-mot, avec des messages implicites, ce que nous devrions dire en prenant notre pleine responsabilité. Un être humain entier est celui qui prend la responsabilité de sa réalité.


Troisième attitude :Ne pas juger les autres, ne pas juger les événements, ne pas se juger.

« Ne jugez pas, si vous ne voulez pas que l’on vous juge », disait le Christ. Au-delà de cet enseignement, le non-jugement consiste à considérer les événements comme des faits objectifs. Dans cette perspective, les notions d’« échec » ou de « réussite » n’existent plus. Elles font la place, par contre, à la notion d’expérience dont chacun a l’opportunité de tirer quelque chose. « Le succès qui est le nôtre aujourd’hui, c’est le résultat d’un certain nombre d’échecs que nous avons vécus et dont nous avons pu tirer parti », disait récemment un dirigeant français lors d’un congrès consacré à l’excellence professionnelle.

Dans toutes les traditions spirituelles, vous retrouverez le même principe. Cela s’appelle le « processus initiatique ». Les chamans d’Amérique Centrale, du Grand Nord ou ceux d’Afrique appliquent ce principe : mettre l’autre à l’épreuve. C’est grâce à ses échecs que l’initié devient un maître un jour. Le monde économique est un fabuleux terrain d’initiation. Tous les échecs et toutes les épreuves auxquels nous sommes confrontés sont là pour nous faire progresser. Sommes-nous capables de ne pas nous effondrer devant l’échec ? Sommes-nous capables de tirer le meilleur de ce qui vient d’arriver ? Cela est valable, que nous soyons dirigeants, cadres ou collaborateurs d’une entreprise.

Quatrième attitude : Tirer les enseignements de tout ce qu’on vit.

« Ce n’est pas parce que l’on a vécu des expériences que l’on a de l’expérience », disait Edgar Morin, dans la préface d’un de ses livres. « Pour cela, il faut sans cesse les remémorer et les reméditer. Alors, nous serons prêts pour un nouveau commencement ». Si nous considérons que la vie dans son ensemble (et la vie professionnelle en particulier) est une grande école, alors tout ce que nous vivons devient une opportunité d’apprentissage. Les réussites, mais surtout les échecs se transmutent en source d’enrichissement, de progrès, de bien-être, tant sur le plan personnel que collectif.

Cinquième attitude : Développer l’humilité et l’amour.

L’amour est avant tout le sens du respect inconditionnel de l’autre. Quant à humilité, ce mot vient de la même racine que « homme » et « humus », c’est-à-dire, être relié à la terre. Développer l’humilité est bien un principe spirituel, mais bien des cadres ont compris que la véritable humilité leur donne plus de crédit que de chercher à briller.

« Un grand homme n’est pas quelqu’un de grand mais quelqu’un à côté de qui l’on se sent grand. » Quand par exemple, nous nous mettons au service de nos collaborateurs pour les faire grandir, plus ils grandissent, plus nous grandissons nous-mêmes et plus l’entreprise grandit.

Sixième attitude : Accepter notre incarnation, notre condition humaine.

Accepter notre condition humaine, c’est accepter nos limites. Nous ne sommes pas tout-puissants et un certain nombre d’entreprises risquent de le payer très cher. Nous commençons à assister à l’effondrement de grands groupes qui revendent à la hâte toute une série d’activités, parce qu’ils se rendent compte que de ne pas se mettre de limites, c’est prendre le risque d’imploser. Mais cette acceptation de nos limites doit également marquer nos attitudes individuelles. A force d’accepter de travailler tous les jours très tard, à un rythme effréné, les cadres sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à imploser. Cela se manifeste par un taux élevé de divorces, de dépressions précoces (entre 30 et 40 ans), de burn-out (1). Pour tenir, ces hommes et ces femmes en sont réduits à se doper et à se droguer en permanence, mettant encore plus en danger leur propre vie.

Septième attitude : Reconnaître les synchronicités.

Cette notion de synchronicité a été créée par C. G. Jung. Elle caractérise la coïncidence entre un événement extérieur (physique) et un événement intérieur (psychique). Par exemple, si je rencontre une amie à la sortie du supermarché de notre quartier, il s’agit d’une simple coïncidence… Par contre, si je rencontre cette même amie au moment même où je me demande si je dois me marier avec elle, là, cette rencontre fortuite est porteuse de sens. Je pourrai interpréter cette synchronicité comme un élément aidant dans mon processus de décision. Par expérience, je peux dire que la vie professionnelle peut être amplement aidée, soutenue et plus efficace lorsque l’on apprend à se mettre à l’écoute des événements signifiants et à les interpréter. Ainsi, cette attitude spirituelle nous fait développer une conscience de plus en plus globale et unifiée. Tous les événements de l’existence – y compris les événements matériels et économiques – se transforment potentiellement en signes qui nous informent.

Huitième attitude : Etre centré dans l’instant présent.

Etre centré dans l’instant présent est un grand facteur de gestion du stress dans les entreprises. Dans l’instant présent, je ne me préoccupe plus du temps qu’il me reste pour préparer un dossier mais l’ensemble de mon potentiel est à l’œuvre dans la tâche à accomplir. Si vous appliquez ce principe fondamental qui se retrouve dans toutes les spiritualités, vous verrez que le stress disparaîtra parce que vous serez focalisé sur ce que vous avez à faire ici et maintenant, hic et nunc.

Neuvième attitude : Suivre la loi universelle d’amour.

La loi universelle d’amour est formulée :« Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse à vous-mêmes. » Le même principe se retrouve dans toutes les traditions, ce qui fait dire que c’est la loi universelle de l’amour. C’est vrai aussi dans la relation avec ses collaborateurs, ses collègues, ses clients. J’ai personnellement la croyance que si je trompe mes collaborateurs, tôt au tard ils vont me tromper. J’ai la croyance que si je vole mes clients, tôt ou tard je serai volé par mes fournisseurs. C’est-à-dire que l’on me fera la même chose que ce que je suis en train de faire aux autres. Tout dans l’univers reste en équilibre et ce que je fais me revient d’une manière ou d’une autre.

Dixième attitude : Mettre notre mort en perspective de nos choix.

Les philosophes de toutes les époques ont abordé, d’une manière ou d’une autre, la question centrale de la mort. Pourquoi s’y sont-ils tous intéressés ? Parce que l’approche de la mort nous oblige à évaluer ce que nous avons fait de notre vie et comment nous l’avons fait. Tant dans ma vie que dans ma pratique professionnelle, j’ai toujours considéré qu’il n’était pas nécessaire d’attendre la veille de notre trépas pour vérifier la cohérence, le sens et l’intégrité de nos actions. Tous les choix fondamentaux que nous sommes amenés à opérer dans notre vie (privée comme professionnelle) peuvent être mis en perspective avec la question : « Le jour de ma mort, serai-je fier, heureux et en paix par rapport au choix que je m’apprête à faire ? » C’est parfois exigeant, parce que ça suppose de lâcher des sécurités matérielles. Mais tout ça donne du sens à nos actions.

Onzième attitude : Etre détaché du résultat.

Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, disait : « Quand tu prépares quelque chose, fais tout comme si tout ne dépendait que de toi. Et quand cette chose doit arriver, prie comme si tout ne dépendait que de Dieu. » Autrement dit, nous sommes à 100 % responsables de ce qui est sous notre contrôle. Nous ne sommes pas responsables des résultats de nos actions. Loin d’être démobilisante, cette attitude permet à chaque individu dans l’entreprise d’être davantage professionnel. Elle lui permet de se centrer entièrement sur le processus de préparation et de mise en œuvre, sans créer le stress inutile engendré par la pression des résultats. Ici encore, dans le monde économique, j’ai pu vérifier à quel point ce principe spirituel contribuait à une croissance et une performance nettement supérieures !

Douzième attitude : Sortir des croyances pour entrer dans la foi.

Notre monde foisonne de croyances et pas seulement religieuses. La croyance que ça ne marchera jamais, qu’il faut nécessairement gérer de telle ou telle manière les individus, etc. Au-delà de ces croyances, il y a la croyance religieuse : je crois en Jésus-Christ, je crois en la Trinité, je crois en la Vierge Marie, etc. Les croyances sont encore fondées sur nos peurs inconscientes. Elles existent pour donner à notre monde et à notre vie la stabilité et la cohérence dont nous avons besoin pour vivre, agir, faire des projets. L’étape suivante, lorsque nous sommes prêts à quitter nos peurs, consiste à entrer dans la foi. Lorsque je parle de foi, je parle de cette attitude qu’ont eue les mystiques du monde entier. Je parle de cette force tranquille qui ne nous fait plus douter de rien, car nous avons appris à nous relier au centre de nous-mêmes et à l’essence de toute chose.


Voilà donc douze attitudes qui me paraissent être autant de ponts que l’on peut faire entre la démarche de croissance économique et de croissance spirituelle. Ayant fréquenté énormément les milieux spirituels et ceux des entreprises, je suis intimement convaincu que chaque univers a des choses à apporter à l’autre. La spiritualité est susceptible d’apporter aux entreprises la profondeur et l’ouverture qui leur manque souvent. Le monde économique peut apporter aux milieux spirituels la rigueur et l’enracinement qui leur font souvent défaut. Gageons que ce colloque sera une passerelle de plus pour favoriser cette synergie nécessaire et porteuse de vie.


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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Mer 27 Juin 2007, 10:53

Un joyeux et fraternel bonjour Ambre! :87:


Voilà un texte, (présentant les douzes attitudes), qui reflète bien l'extériorisation harmonieuse de la hiérarchie par sa manifestation dans le monde et du monde.

L'initié est un caméléon, capable de donner et de travailler par le service et ce, sur tous les plans, dans tous les domaines du travail (actif et responsable), appliquant ainsi la loi de l'universalité.
Chacun aura, une ou plusieurs "spécialités" mais la ligne de conduite reflète ce que dit si justement Jean-Jacques Crèvecœur.

Je ne connaissais pas cet auteur, son article est remarquable, merci de nous en avoir fait part.

DameJane.



Une solution au problème de la prolifération des sectes, (si l'on ne veut plus avoir à craindre d'être accusé d'appartenir à l'une d'entre elles..) serait de s'inscrire à toutes, bon pas sûr que ce soit la bonne solution, ou bien de créer la sienne propre, pourquoi pas sur la base des douze attitudes de l'article ?

Mais direz vous la secte n'a plus lieu d'être si l'on applique les douze principes cités, bon ben voilà une secte qui n'aura pas duré plus que le temps de l'écrire, enfin : de le lire (dire). Pour ce que j'en dis.. bon, je me tire ! lire !

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MessageSujet: CRÉONS-NOUS NOTRE PROPRE RÉALITÉ?   Jeu 16 Aoû 2007, 21:09

à toi Fleur


CRÉONS-NOUS NOTRE PROPRE RÉALITÉ?

par
WILLIAM ARNTZ, BETSY CHASSE ET MARK VINCENTE
Extraits de leur livre QUE SAIT-ON VRAIMENT DE LA RÉALITÉ?, p. 108-117.
Editions Ariane, 2006.



Créons-nous notre propre réalité? Tout le monde admet qu'il y a du vrai là-dedans. Le tout est de savoir jusqu'à quel point vous acceptez cette idée. Jusqu'au point d'hésiter à aller faire vos courses ou de croire que la feuille qui vous est tombée sur la tête était le résultat de votre création? Les implications de ce principe sont énormes. Pas seulement pour nous et pour la vie que nous menons, mais aussi pour des choses bien plus vastes, comme les villes, les États, les pays et la planète. Mais, tout d'abord, qu'en est-il en ce qui vous concerne?


Qu'y a-t-il pour déjeuner? Que me réserve la vie?


Vous reconnaîtrez sans doute que vous créez quotidiennement votre vie, et ce, d'innombrables façons. Lorsque le réveille-matin se met à sonner, vous décidez si vous allez vous lever ou non. Vous choisissez ensuite les vêtements vous allez porter, ce que vous allez manger au petit-déjeuner, ou vous décidez peut-être même de ne rien manger. Puis, chaque fois que vous croisez quelqu'un durant la journée, que ce soit à la maison, au travail ou sur l'autoroute, vous décidez comment vous allez vous comporter envers cette personne. Vos intentions pour la journée - ou votre décision de ne pas avoir d'intentions précises, mais de vous laisser simplement flotter au gré de vos envies et des événements - influent sur ce que vous faites et sur ce qui vous arrive.

D'un point de vue plus large, la trajectoire de toute votre existence est déterminée par vos choix. Voulez-vous aller à l’université, vous marier, avoir des enfants? Vers quoi orienterez-vous vos études? Quelle carrière choisirez-vous? Quelle offre d'emploi accepterez-vous? Les circonstances de votre existence ne sont pas le fruit du "hasard"; elles sont basées sur les choix que vous faites - ou ne faites pas - chaque jour.


Mais la question demeure: dans quelle mesure tout cela contribue-t-il à façonner votre existence? La rencontre fortuite avec la femme de vos rêves est-elle due à vos choix? Avez-vous vraiment choisi d'avoir un patron tyrannique? Est-ce grâce à vous-même si vous avez gagné à la loterie? Et, au fait, vous façonnez la vie de qui au juste? La question peut sembler idiote, mais il est intéressant de se demander qui est exactement ce " je " lorsque vous dites: "Je crée ma propre réalité." La réponse à cette fascinante question jettera un peu de lumière sur tout ce sujet de la création.


Qui suis-je?


Revenons aux grandes questions. Le sage indien Ramana Maharshi a construit tout son enseignement autour de celle-là. Selon lui, un examen minutieux de cette question peut mener directement à l'illumination. Mais laissons de côté l'illumination pour l'instant et limitons-nous à l'acte de création.


Selon Fred Alan Wolf, "ce qu'il faut tout d'abord réaliser, c'est que l'idée que nous créons notre propre réalité est probablement erronée si nous entendons par ce "nous" cette personne égotiste qui, en nous, pensons-nous, mène le bal. Ce n'est sans doute pas cet aspect de nous qui crée la réalité ". Mais cela soulève une autre question: " Alors, qui l'a créé? " Assurément, lorsque vous commandez votre première tasse de café, le matin, il est assez évident que c'est votre personnalité égotiste qui a décidé de prendre ce double cappucino, et non votre moi transcendant et immortel. Et quand un arbre atterrit sur votre rutilante voiture neuve, votre personnalité n’y est absolument pour rien.


La plupart des gens rejettent l'idée qu'ils sont responsables de la création de leur réalité lorsque survient dans leur vie quelque chose qu'ils n'auraient jamais voulu voir se produire. "Jamais je ne créerais une pareille chose!" C'est vrai; jamais leur personnalité ne le ferait. Mais, ainsi que l'affirment toutes les traditions spirituelles, notre être comporte plusieurs dimensions. Cette schizophrénie divine porte de nombreuses étiquettes: l'ego versus le véritable moi, la personnalité versus la divinité intérieure, le fils de l'homme versus le fils de Dieu, le corps mortel versus l'âme immortelle; mais, essentiellement, elle implique qu'il existe différents niveaux d'être à partir desquels vous pouvez créer. Le but de l'illumination est de dissiper cette fragmentation du moi et de créer à partir d'une unique source. Il s'agit donc d'élargir notre conscience jusqu'à ce que nous soyons pleinement conscients de toutes nos créations.


Accepter la responsabilité de ce que nous créons constitue un outil extraordinaire pour faciliter cette expansion de la conscience, car, si cette responsabilité existe, c'est une partie de nous-mêmes que nous rejetons ou nions chaque fois que nous refusons d'admettre le rôle que nous jouons dans la création de la réalité. Alors, la fragmentation continue. En fait, selon les sages illuminés, la partie spirituelle de notre être crée ces réalités dans le seul but de devenir complète. Pour évoluer, nous devons faire l'expérience de certaines choses qui ne sont pas nécessairement le premier choix de notre ego/personnalité. C'est ce qui s'appelle le karma: nous avons créé, dans un passé récent ou lointain, toutes les conditions auxquelles nous faisons face dans cette vie-ci. Mais de quelle façon les karmas de toutes les personnes vivant dans le monde sont-ils en interaction? Comment tout cela s'harmonise-t-il? Comment sont orchestrées toutes ces "coïncidences" heureuses (ou malheureuses) qui sont des signes avant-coureurs d'un nouveau monde? Qui fait fonctionner l'ordinateur qui gère tout cela pour plus de six milliards d'humains?


Comment cela fonctionne-t-il ?


C'est l'univers lui-même qui est l'ordinateur. Voilà la non-dualité. Tout est interconnecté et enchevêtré de telle sorte que tout est raccroché à tout et est créé à partir de tout ce qui est. L’univers ne réagit pas à nous; il est nous. Selon le modèle dualiste du karma, si je frappe quelqu'un, quelqu'un d'autre me frappera en retour. Cette manière de concevoir le phénomène est entièrement fondée sur le modèle newtonien de cause et d'effet. Mais si l'on aborde la chose à partir du modèle non dualiste de l’enchevêtrement de tout, on aura une vision fort différente du karma. On comprendra alors que l'idée d'une action ou d'une pensée (qui sont la même "chose") surgit dans une partie de ma conscience et qu'une certaine fréquence ou vibration y est associée. En accomplissant l'action, j'adhère à cette réalité, de sorte que je suis désormais relié à l'univers par cette fréquence ou cette vibration. Tout ce qui vibre à cette même fréquence dans l'univers y répondra et se reflétera ensuite dans ma réalité. [ C'est le principe sur lequel sont fondées la transmission et la réception d'ondes radio, rendues possibles lorsque le transmetteur et le récepteur syntonisent la même fréquence. ]


Il s'ensuit que tout ce qui se trouve dans notre vie - les gens, les lieux, les époques et les événements - n'est rien d'autre que le reflet de notre signature vibratoire. Selon Ramtha, "tout ce qui existe dans votre vie est en résonance spécifique avec qui vous êtes". Par conséquent, si vous voulez connaître la réponse à la question "Qui suis-je?", il vous suffit de regarder autour de vous. L’univers vous la fournit constamment.


L’ennui, c'est que les parties cachées et refoulées de notre être sont également reflétées, et nous les refoulons parce que nous ne les aimons pas. Ce sont ces reflets qui nous font dire: "Jamais je ne créerais une telle chose." Et c'est ce qui nous est reflété encore et encore jusqu'à ce que nous le comprenions. C'est la roue du karma, le grand manège de la vie. Ou encore, ainsi qu'un professeur de philosophie l'a déjà affirmé: "La vie est un sandwich à la merde et chaque jour nous en prenons une bouchée." Voilà le langage des vraies victimes.


La victimisation : un remède à la réalité présente


Se percevoir comme une victime, c'est peut-être la pire forme de refus de l'idée que nous créons notre propre réalité. Et cela arrive constamment. Ainsi, la victime dira: "Cette situation-là m'est tombée dessus. C'est injuste et injustifié." Comme corollaires, elle ajoutera : "Pauvre de moi. L’univers est injuste. Le karma s'applique de façon arbitraire et aléatoire."


L’avantage de cette attitude, c'est que l'on obtient la sympathie des autres et que l'on peut ainsi se sentir mieux parce que l'on ne se croit pas responsable de la situation. On peut donc jeter l'expérience aux oubliettes sans voir le rôle qu'on y a joué.


Le désavantage, c'est que l'on souscrit alors à l'idée que nous ne créons pas notre réalité (nous renonçons donc à ce pouvoir), et la leçon nous sera répétée à maintes et maintes reprises. Cela entraîne aussi une fragmentation de la réalité, puisque nous éliminons alors de la création le créateur.


Pour constater à quel point le sentiment de victimisation est répandu, on n'a qu'à en observer le reflet dans l'ensemble de la société. Les nouvelles télévisées s'intéressent grandement aux victimes. Aux États-Unis, la mentalité de victime a atteint des proportions épiques. S'il arrive quoi que ce soit de fâcheux à quelqu'un, sa première réaction est de chercher un coupable à qui intenter un procès. Comme le dit Don Juan à Carlos Castaneda dans Le Voyage à Ixtlan : "Tu t'es plaint durant toute ta vie parce que tu n'assumes pas la responsabilité de tes décisions. En ce qui me concerne, je n'ai aucun doute ni remords là-dessus. Tout ce que je fais est le fruit de ma décision et j'en assume la pleine responsabilité."


Le grand revirement


Tout comme le sentiment de victimisation constitue la pire forme de rejet de la prémisse de ce chapitre, le fait de dire "J'accepte ma responsabilité" en exprime la plus inconditionnelle acceptation. C'est là un revirement majeur dans la manière d'aborder le monde et les expériences que l'on y vit. Chaque situation peut susciter en nous une foule de questions: "Où suis-je dans cette situation? Quel aspect du moi est en cause? Qu'est-ce qui m'est ainsi reflété? De quel niveau de mon être cela provient-il?"


Au lieu de demander à l'univers de vous prouver que c'est bien vous qui créez la réalité, afin de pouvoir rester assis entre deux chaises et d'accepter ou de rejeter ce qui se passe, vous considérez comme allant de soi que vous créez vous-même votre vie et ses événements, et vous cherchez à comprendre ce qu'ils vous réflètent. Voilà en quoi consiste le revirement. Il ne s'agit pas de chercher à comprendre le sens philosophique ou cosmique de tel ou tel événement, mais plutôt de chercher à saisir ce qu'il révèle sur vous-même, sur votre création ou sur ce que vous niez dans votre vie. Désirez-vous changer des choses dans votre existence? Effectuez ce revirement et observez bien toutes les transformations qui se produiront


"Les gens attribuent toujours aux circonstances de leur vie ce qu'ils sont devenus, affirme le dramaturge britannique George Bernard Shaw. Je ne crois pas qu'elles soient en cause. Les gens qui réussissent tout en ce monde sont ceux qui recherchent les circonstances qu'ils désirent et qui les créent eux-mêmes s'ils n'ont pu les trouver."


Comment peut-on créer les circonstances? Comment fait-on apparaître les coïncidences qui auront un effet déterminant sur la direction que prendra notre existence? Il semble invraisemblable que quelqu'un puisse créer une série de coïncidences comme celles-ci: "J'avais oublié le formulaire chez moi et j'ai donc dû retourner le chercher en quatrième vitesse, mais j'ai eu une crevaison en chemin. Je me suis arrêté pour la réparer, et quand je me suis penché pour examiner le pneu, mon pantalon s'est déchiré. Je me suis mis une couverture autour de la taille et voilà qu'une personne passant par là en voiture a reconnu cette couverture qu'elle avait conçue. Elle s'est donc arrêtée, et, au bout de quelque temps, nous nous sommes mariés." Il ne s'agissait là que d'une série de coïncidences, mais ce que nous voulons démontrer par cet exemple, c'est qu'il s'agissait de co-incidences. Cet heureux époux avait-il créé la crevaison? Ou bien avait-il imaginé qu'il se marierait et l'univers a mis au point les détails ? (C'est le genre de questions qui sont soulevées lorsqu'on admet l'idée que nous créons notre propre réalité.) Lors des expériences visant à provoquer un changement de pH de l'eau, William Tiller fit observer ceci: "On me demande parfois s'il est préférable de formuler en détail ses intentions ou bien de les énoncer sommairement en laissant l'univers trouver un moyen de les réaliser. En général, la seconde méthode est la meilleure."


Autrement dit, au lieu de dicter toutes les étapes du changement de pH de l'eau, comme le réarrangement des liens chimiques, l'échange d'ions et ainsi de suite, les méditateurs impliqués dans les expériences du docteur Tiller se sont focalisés sur le résultat souhaité et ont laissé toute la latitude à l'univers en ce qui concerne les détails.


Dernière édition par le Jeu 16 Aoû 2007, 21:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Jeu 16 Aoû 2007, 21:09

Le temps et les possibilités


Pourtant la question demeure: comment tout cela fonctionne-t-il? Et comment peut-on être davantage conscient des possibilités de sorte que le processus de création soit plus conscient? Voici ce qu'Amit Goswami nous confiait à ce sujet:


On peut prendre comme hypothèse de travail que la conscience est le fondement de l'être. Il y a tout un éventail de possibilités auxquelles elle a accès. Parmi ces possibilités, elle en choisit une qu'elle manifeste et qu'elle observe. En physique quantique, on parle souvent de possibilités, mais, lorsque vous y réfléchissez, combien de fois vous êtes-vous demandé quelles étaient toutes les possibilités? Vous pouvez vous en tenir à des choses banales, comme la sorte de crème glacée que vous choisirez cette fois-ci, vanille ou chocolat, ce qui repose entièrement sur vos expériences antécédentes. Mais vous ratez ainsi la dimension quantique de votre vie.


Le docteur Goswami compare les possibilités offertes dans la vie d'un individu aux ondes de probabilité d'un électron qui se dispersent. Cela signifie que les options de votre vie sont aussi "réelles" que les ondes prédites par l'équation de Schrodinger. Stuart Hameroff pousse ce concept un peu plus loin:


Chaque pensée consciente peut être considérée comme un choix, une superposition quantique s'effondrant pour devenir un choix donné. Supposons, par exemple, que vous regardez le menu d'un restaurant en essayant de décider si vous prendrez des crevettes, des pâtes ou bien du thon. Imaginez que vous avez une superposition quantique de toutes ces possibilités coexistant simultanément. Vous pouvez même vous projeter en pensée dans l'avenir quelques instants afin de goûter à ces différents mets. Ensuite vous décidez: "Ah! Je vais prendre du spaghetti."


Se projeter ainsi dans l'avenir ne relève pas autant de la science-fiction qu'on pourrait le croire. Comme le docteur Hameroffle fait remarquer : "Dans la théorie quantique, on peut aussi remonter dans le temps, et des indices nous laissent croire que certains processus du cerveau permettent à la conscience de se projeter dans le passé." Si toutes ces théories s'avèrent correctes, cela veut dire que la conscience d'un individu scrute constamment toutes les possibi1ités futures, allant peut-être même dans l'avenir afin, par exemple, de "sentir" s'il convient d'épouser ou non telle personne, pour ensuite se focaliser sur la possibilité retenue et l'amener à se manifester (s'effondrer) dans la réalité présente. La façon dont tout cela se produit est prise en charge par l'univers superintelligent et immensément interactif, qui réagit automatiquement à la conscience parce que telle est sa nature fondamentale. L'univers est comme un ordinateur qui supervise tout ce qui se passe; voilà pourquoi il existe. Et s'il peut créer des formes de vie douées de conscience et capables de se reproduire elles-mêmes, il est certainement capable de réparer un pneu crevé.


En quoi cette vision des choses rend-elle la création plus consciente? Pour bien des gens, l'avenir paraît se trouver de l'autre côté d'un grand mur qu'il leur est impossible de franchir. Ces possibilités latentes ne sont donc pas décelées et c'est ainsi une surprise totale ou même un choc pour eux lorsqu'elles se manifestent. Mais le fait de prendre conscience que ces possibilités sont bel et bien réelles, et qu'elles peuvent être développées, manipulées et manifestées (effondrées), nous fait progresser au-delà du mur et jusque dans l'avenir, où de nouveaux horizons s'ouvrent alors à nous.


Créer sa journée


Votre pool de réalité créée se trouve juste devant vous. S'étalant sur le paysage du temps, ces possibilités attendent un "mouvement de la conscience" pour lui faire vivre un événement réel. Mais supposons que vous faites preuve d'un peu plus d'initiative, et imaginons, par exemple, que vous êtes un paysagiste engagé qui ne veut pas laisser les mauvaises herbes de l'univers s'implanter en lui et qui ensemence plutôt ce paysage de possibilités avec ses créations conscientes.


Ce qui semble avoir fasciné le plus les gens qui ont vu le film What the BLEEP Do We Know? [Que sait-on vraiment de la réalité?], c'est le concept de la création de sa journée. Cette technique fut enseignée par Ramtha à ses étudiants pour la première fois en 1992 et elle est l'un des fondements des enseignements de son école, à Yelm, dans l'État de Washington. "Aucun maître digne de ce nom, expliquait Ramtha, ne laisse la journée se dérouler sans l'avoir préalablement visualisée. Les maîtres créent effectivement leur journée."


* * *

Cet admirable enseignement aborde la question de l'identité du moi, qui est le véritable sujet de ce chapitre. Qui est le " je " qui crée? Si c'est la personnalité, les créations seront alors constituées à partir des structures existantes, c'est-à-dire vos habitudes, vos penchants naturels, le contenu de vos réseaux neuronaux et toute votre vieille personnalité, et vous ne créerez rien d'autre que les mêmes vieilles choses habituelles. Créer ce qui existe déjà peut difficilement être qualifié de nouvelle création.


Mais vous pouvez aussi créer à partir du moi supérieur, de votre moi divin. Dans ce cas, cela se fait habituellement de façon inconsciente et c'est le résultat d'un karma quelconque dont les racines sont profondément enfouies en vous. Alors, bien que ces créations soient merveilleuses pour l'esprit, elles semblent arbitraires et injustes aux yeux de la personnalité déconnectée, et elles font naître des sentiments d'impuissance et de victimisation.


Il faut noter que cette technique tire avantage du moment de non-moi ou d'émergence du nouveau moi. On peut manifester quelque chose de véritablement nouveau et le faire en toute conscience à partir de cet aspect supérieur de notre être. Créer de cette manière fait disparaître pour toujours le piège de la victimisation et de la déresponsabilisation.


Cela permet d'affirmer chaque jour, et de manière très réelle que vous créez votre propre réalité. Si tout cela est fondé, cette affirmation aura énormément d’impact dans votre vie.
:359:



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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Ven 17 Aoû 2007, 01:06

:358: beaucoup pour les articles Ambre.

Et ensuite, quand on est éveillé, qu'on est conscient que nous créons notre vie nos centres d'intérêts se déplacent ? Sommes nous à jamais distants de ce que vivent les gens en 3D ? éloignés de la passion ?
Il parait qu'il n'y a pas de questions sottes alors j'ose les poser ...
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Dim 19 Aoû 2007, 13:20

Bonjour mes frères et soeurs

CRÉONS-NOUS NOTRE PROPRE RÉALITÉ?

Cette connaissance est la plus Grande de toute, elle est liée au Pouvoir Créateur (Pouvoir de Dieu). Elle nous permet de créer (consciemment ou pas) ce nouveau monde dont nous rêvons, cette Nouvelle Ère, ici & maintenant.
Les premiers pas dans cette création sont dans la possibilité simple et évidente de se « changer » déjà soi-même, par un simple effort de sa propre volonté.
( Je sais que c’est ce que vous faites tous mes frères et sœurs soyez bénies)
Le passage par l’expérience vécue et comprise (transcender) et l'amour de soi juste permet de Vivre RÉELLEMENT et pleinement cet état transcendantal.
C'est le présent que notre Créateur offre à ses Élus (Conscient(e)s). Les « autres » ne peuvent pas l'imaginer, c'est tellement simple. Adonaï

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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Mar 21 Aoû 2007, 11:20

Si nous voulons vraiment être créateurs ou co-créateurs de notre vie... et non seulement de notre vie, mais de l'évolution de la planète, il ne nous suffit pas d'être conscients que nous créons par nos actions.

Mais autant, et plus encore par nos pensées.

C'est pourquoi, je pense que le véritable revirement dont parle l'article de Ambre est aussi ce que l'on a appelé parfois: "la conversion du coeur".

Il s'agit là de la qualité de notre regard, qui va déterminer notre pensée.

Quel est le regard que je porte... sur moi-même...sur les autres... sur le monde qui m'environne... sur l'Humanité en général ?

Si ce regard est négatif: critique, raillerie, mépris, tristesse, jugement... nous détruisons le monde ... et nous-mêmes.
Notre pouvoir créateur devient un pouvoir de mort au lieu d'être un pouvoir de vie.

si au contraire... au travers des difficultés que je puis lucidement voir... (il ne s'agit pas de jouer à l'autruche et de jouer aux bénis oui-oui..),mon regard se fait positif, cherchant à apprécier le bon, à espérer le meilleur...mon pouvoir créateur se met en route pour faire surgir ce meilleur.

La petite Thérèse de Lisieux dans sa grande sagesse disait: "Nous n'avons pas à être des juges de paix...mais des anges de paix..."

Si nous refusons de prendre un rôle de juge d'autrui... et de nous-mêmes... qui de toute façon ne nous appartient pas...pour être fondamentalement "pacificateurs".....notre vie...même inconnue... est toute entière créatrice de Beauté , d'Amour et de Lumière.


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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 10 Sep 2007, 13:30

merci pour vos réponses Frère Claude et Zohar, je viens d'en prendre connaissance que maintenant.

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Les pensées et les actes sont déterminants. Ca va contribuer à élever, maintenir, ou diminuer nos fréquences vibratoires.
Cependant dans la vie de tous les jours ce n'est pas évident de mettre les beaux écrits en actes ... après comme vous dites, c'est une tournure de l'esprit à acquérir !

Restons un phare de lumière, d'amour, joie et beauté quoiqu'il se passe autour de nous.
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 10 Sep 2007, 14:52

Bonjour mes frères et soeurs

Zohar
" Si nous voulons vraiment être créateurs ou co-créateurs de notre vie... et non seulement de notre vie, mais de l'évolution de la planète, il ne nous suffit pas d'être conscients que nous créons par nos actions. "

Quoi d'autre ?


Fleur
l'Esprit est toujour vif, malgré ton age avancé.

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MessageSujet: Le midi à sa porte   Lun 08 Oct 2007, 12:31

Hélène Naudy

Le midi à sa porte



L'épreuve de philo était pourtant simple. Le sujet traitait de vérité. Déjà dans ma tête, je voyais le plan se profiler, bien sûr thèse, antithèse, synthèse, déjà Van Gogh se manifester : « il faut commencer par éprouver ce qu'on veut exprimer. » Je l'éprouvais déjà, en une fraction de seconde j'aperçus la totalité de ma dissertation, sans hésitation, fluide comme le vent de printemps, m'emportant comme l'eau emporte la feuille. Je me laisserai naviguer, délaissant le frein à main, celui à penser. Mon professeur m'avait conseillé vivement d'étudier les textes de chacun des philosophes que nous avions abordé durant cette année de terminale. Je les connaissais bien, peut-être même trop. Je me souviens encore, dans ce moment crucial où je devais faire mes preuves, je me parlais à moi-même, et puis je dialoguais avec l'un et puis l'autre, ces personnages dont je ne connaissais que leurs mots et dont le sens, me semblait-il, m'échappait parfois cruellement. J'aurai tant souhaité les avoir connus, avoir vécu avec chacun d'eux, m'être mélangé à eux, enfin oui, avoir respiré leur histoire particulière, afin de mieux comprendre leur philosophie, leur tournure de phrase et le chemin que prenaient leurs pensées. Mon esprit vagabondait, se perdait dans les paroles de l'un puis de l'autre que j'écrivais à la va vite sur mon brouillon.

« La vérité n'existe que dans l'expérience » (1)

« Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des questions. » (2)

« La vérité est en nous, elle ne vient point du dehors. » (3)

« Les preuves fatiguent la vérité. » (4)

« La vérité existe. On n'invente que le mensonge. » (5)

« La vérité a besoin de mensonge - car comment la définir sans contraste ? » (6)

« Il n'y a pas de menteurs, mais des gens avides d'illusion. » (7)

« A chacun sa vérité. » (8)

« Les illusions perdues sont des vérités trouvées. » (9)

Il me fallait mettre de l'ordre dans tout ce tohu-bohu. A cet instant, je me rappelais d'Edmund Husserl, « quiconque veut vraiment devenir philosophe devra se replier sur soi-même. » A cet instant, je me demandais : « comment laisser émerger de soi sa propre pensée quand on est encombré de celles des autres ? » Husserl qui aura pour élève Arthur Schopenhauer dont je me souvenais encore cette phrase que j'avais lu en tout début d'année : « Par des citations on affiche son érudition, on sacrifie son originalité. » propos qui m'avaient longuement frustré tant je savais déjà qu'à cette épreuve de fin d'année, je devais prouver « mon érudition », « l'afficher » en reprenant ses termes et que ma réflexion, au fond, ne ferait que s'appuyer dessus. Je m'interrogeais : m'accorderai-je à la demande générale étant sûr que l'intellectualisme et la culture dont je ferais part seront immanquablement appréciés et reconnus comme une forme d'intelligence ? me remémorant cette autre citation de Sören Kierkegaard : « Plus on pense de façon objective, moins on existe. »... Je me disais : « chacun de ces philosophes n'a été philosophe que par les idées qui l'ont nourri toute leur vie durant, idées qui ont été pour certains d'entre eux vérités, parfois à argumenter. » Je me dirais plus tard, quand il me sera exprimé que j'avais trop de réflexions personnelles et pas assez de savoir universitaire : « C'est vrai, j'aurai pu parler d'Untel et d'un autre afin de faire valider mon savoir qui aurait été remarqué par des annotations soignées,... et oublier par la même occasion mon bon sens et mon chat qui se prélassait sur le rebord de la fenêtre »...

... Voilà que j'en devenais hésitant, alors qu'au tout début je trouvais le thème simple,... je ne savais plus... M'appuierai-je sur la réflexion des autres ou m'autoriserai-je en tout premier lieu à m'appuyer sur ma vision, sur tous ces temps que je m'accordais en dehors des heures de classe, tous ces temps où je marchais seul à dialoguer avec moi-même où je cherchais ce que pouvait être l'autorité, la singularité, la particularité d'un individu. Où je me demandais qu'elle était ma vérité, si j'en avais une, si je devais me conformer à celles d'un autre parce que déjà réfléchies, ou s'il me fallait trier en moi, soigneusement, patiemment tout ce monde de pensées, de devoirs et de réflexions dans lequel je vivais afin de considérer dans tout cet amas ce qui était bien à moi, ce par quoi mon corps se mettait à chanter et mon âme à aimer. Je me souviens de ce jour où j'optait pour le triage, même si plus tard je le remettrais encore en question. Je me souviens que j'avais pris rendez-vous avec mon professeur de philosophie, « que me conseillez-vous de faire lors du baccalauréat ? Dois-je étaler ma science, dois-je faire un mélange étudié entre savoir et réflexions personnelles, puis-je ne présenter que ma réflexion ? » Il m'avait répondu : « fais ce qui te tient le plus à cœur et oublies toutes les conventions. » Au fond, qu'avais-je à perdre si ce n'était une note inférieure à dix qu'un autre me donnerait que je ne connaissais pas, un autre qui peut-être n'aurait jamais répondu à ma question par cette invite, un autre qui ne pouvait me connaître comme mon professeur me connaissait. Alors qu'avais-je à perdre ? Juste la déception de mes parents si effectivement la note se trouvait sous le dix.

Mais mon esprit n'arrivait pas à se calmer, malgré que le plan m'avait paru simple, je me retrouvais, encore, à chaque instant perdu, dans ce présent que je percevais comme n'étant pas un temps conjugable mais qui, vécu, devenait éternité, espace sans nom... Non, décidément je ne savais plus, je ne savais même plus ce que voulait dire « vérité », ce mot devint soudain étranger. Je pressentais que cet égarement faisait partie du plan, il n'en demeurait pas moins que mon esprit se trouvait soudain dépourvu de toute envie d'écrire. Je ne voyais aucune vérité, mais seulement le réel. Dans cet instant de soudaineté qui se prolongeait indéfiniment à mes yeux, ce mot me fit l'écho de la somme de toutes les pensées que l'homme sécrète et qui ne sont presqu'invariablement que des projections de sa part. Soudain, je me suis vu écrire que l'homme ne voit que les vérités qui l'arrangent, que les vérités qui le réconfortent et confortent dans sa souffrance, car l'homme aime l'afficher, cette souffrance qui lui est particulière. A partir d'elle, il donne au monde une tonalité qu'il est fier d'élaborer, mais toujours une tonalité. Ce mot vérité me donnait la nausée, comment se permettre de dire encore qu'il existe une vérité unique, si ce n'est en partant inconsciemment dans un ésotérisme enfantin ou angélique, ou encore en se racontant une jolie histoire de sagesse, d'unité ou d'intégrisme. Si la vérité n'est pas rattachée au réel, si je ne vois pas la crasse ou le baume qui colmatent mes yeux et qui m'empêchent de voir ce qui est, alors toutes mes vérités ne seront qu'illusions, oui projections. Je me noierais dans un rêve d'idées et de convictions (que je prendrais pour vérités), je me noierais de manière grandiose, tant mon inconscience est à la mesure de l'immensité de mon ignorance. Sur ces mots, j'entrepris ma dissertation sans plus me poser de questions sur son contenu.

Et je partis avec mon monde intérieur fait des mots des autres et des miens, je me disais : « oui, le langage de la vérité est simple », (10). Si je me place au-delà de mes limites mentales, dans ce lieu où les concepts sont abolis, je découvrirai une vérité unique, une vérité qui n'a pas de mot pour se décrire. Oui, « un sage est sans idée (11) ». Je pensais à cette approche non-duelle dont nous avions eu vent, d'une certaine manière, elle ébranlait puissamment le conditionnement du philosophe occidental qui, dans bien des cas, ne pouvait commencer à méditer qu'en restant branché à l'attitude occidentale la plus répandue, à ce côté matérialiste (intellectualiste) vis-à-vis duquel je constatais n'avoir aucune attirance. Je me disais cependant, lorsqu'il avait été question de vrai nature ou d'être véritable : « la nature, l'être, pourraient-ils être à ce point faux pour devoir les compléter de ces qualificatifs ? » et préférais parler de naturel. J'écrirai cette phrase d'Anne O' Nym, auteur irlandais du XIIIième siècle vis-à-vis duquel mon correcteur portait des doutes quant à son existence réelle, phrase qui s'était gravée je ne sais comment dans mon esprit : « Si comme nous le pressentons le surgissement de la vérité est conséquence de l'apaisement du mental, ce qui précède et ce qui suit n'a aucune raison d'être. » Suite à quoi je poursuivrai « l'ultime vérité (s'il en est) ne peut se découvrir que dans l'absence totale de vérités ». Je trouvais le son de ma phrase juste, léger, profond à ceci près que mon correcteur me fit remarquer que je n'avais pas mentionné le nom de son auteur. Ce qui me renverra, plus tard, lorsque j'aurai eu connaissance de cette apostrophe, à ces petites vérités sociales : dans le domaine philosophique, pour que notre vision soit tangiblement tangible, il faut avoir du « poids », et pour avoir du poids, il faut bien être vieux, tant la convention humainement propagée ne connaît des propos de Jullien que des traces sur le papier : « un sage est sans idée ». Oui, le domaine philosophique, était de celui où l'esprit des gens avait pris tant de supériorités, qu'il m'aurait fallu marcher dans les pas de ces prétendus grands penseurs, et je préférai là aussi discuter avec mon chat. L'enjeu me fatiguait trop vite, devoir anticiper sur mon adversaire qui toujours plus vieux que moi en aurait su davantage et aurait déballer toute sa science alors que je n'avais pour seule arme que mon esprit, ma perception et mes tripes.

Oui, dans cette antithèse où j'avais traité de l'importance que l'homme accorde à l'âge, importance vis-à-vis de laquelle il était persuadé d'être dans le vrai, pensant que l'âge confère une certaine maturité, donc sagesse, donc que la vérité une et unique ne pouvait s'appréhender que passé cinquante ans, je penchais pour caser cette pensée dans les conditionnements mentaux occidentaux et même humains, conditionnements dont ce même esprit humain prenaient pour vérités. Ainsi dans cette antithèse, j'avais mis en évidence, ces petites vérités que l'on entretient en soi-même, philosophes ou pas, et qu'au fond, ces petites vérités étaient toutes dépendantes de notre condition, de notre héritage, de notre société, de notre culture, de notre religion, de l'époque dans laquelle on vivait, du lien à notre mère et de celui à notre père, enfin de notre sécurité financière et de celle affective. Nos petites vérités personnelles que nous rendions universelles... ! Enfin que nous souhaitions rendre universelles. Pouvais-je dire que ce que j'écrivais à ce moment-là étaient des vérités pour moi ? Pouvais-je prétendre détenir des vérités ? Je pensais n'écrire que des constats, je le mentionnerai dans ma dissertation. Cela me vaudra une remarque de la part du même correcteur, « serais-je suffisamment lucide pour prétendre à n'écrire que des constats ». Ne connaissant pas alors sa réaction, je poursuivais, dégagé de toute critique extérieure : un constat, est-il une vérité ? Non, un constat est une observation, et remplacer ce mot par celui de vérité était un risque si grand à l'endoctrinement et au sectarisme, que je ne pouvais me résigner à parler de vérités. Et qu'il fallait bien être un totalitariste potentiel pour transformer le mot constat en vérité.
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 08 Oct 2007, 12:37

« chacun voit midi à sa porte »


J'ai alors parlé de cette expression « chacun voit midi à sa porte » que je considérais somme toute comme la citation du moment, sapience populaire que la philosophie met à mal par trop de pensées réfléchies. A la fois, je remarquais, comme une évidence, que l'être humain se targue de détenir des vérités qu'il aime à partager, parfois même à prouver, qu'il préfère se mentir aveuglément en pensant que ses vérités sont les vérités, que son midi à sa porte est plus prometteur que celui de sa voisine. A la fois, je pensais en moi-même : « oui, pourquoi pas chacun sa vérité, et comment pourrait-il en être autrement si l'on prétend que tous les mots qui sortent de la bouche d'un individu sont les indicateurs de sa vérité ? Pourquoi pas si l'on aime à penser que chacun a sa vérité et si l'on ne peut pas s'empêcher de considérer l'homme autrement que comme un amoncellement de vérités particulières. »

Je pensais alors : si l'on est religieux, bouddhiste ou hindouiste, on va proclamer que la vérité est une et unique, et moi avec mes petites vérités,... que deviens-je ? Qu'est-ce que j'en fais de mes petites vérités ? Pour faire partie de cette espèce humaine spirituellement qualifiée, devrais-je quitter ma réflexion et m'en remettre à des textes qui me sont étrangers, traduits par d'autres, et qui expriment somme toute un autre conditionnement humain, une autre façon de voir les choses ? Oui, devrais-je me couvrir d'un autre conditionnement et me transformer en « Ecclésiaste » ?... Qu'est-ce que j'en fais de mes petites vérités quand j'entreprends de devenir l'élève de... Et puis, la vérité est une et unique, ça fait quoi dans mon quotidien ? « La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérité. » (12), cette phrase, même si je la trouvais banale, soulignait tant l'absence d'une vérité unique que l'évidence que chaque individu porte en lui sa manière de concevoir le réel, de le mettre en mot.

Et puis, mon esprit prenant l'autoroute des vacances, je me souviens avoir interpellé l'unique lecteur de cet écrit, toujours ce même cher correcteur : où ce mot résonne-t-il en chacun d'entre nous ? A quoi fait-il référence ? A quoi pensons-nous quand nos oreilles et notre corps l'entendent ? Que dirait notre bouche si elle était libérée de toute hésitation de parler ? Et pour l'étranger qui a fui son pays, quel en est le sens ? Et pour celui qui a grandi dans un foyer sécurisant, et pour la femme qui a connu l'amour, et pour celle qui a souffert de déception, et pour celui qui a fait polytechnique, et pour le scientifique, et pour l'avocat, et pour l'homme d'église, qu'est-ce que ce mot provoque, que dit-il ? Tout cela me semblait absolument subjectif. Je me rendais compte que tout dépendait de la définition conditionnelle que nous attribuions à ce mot : la vérité était-elle en opposition avec le faux ou était-elle mise en lien avec le réel ?... quand on sait que les opposés vrai / faux sont (en quelque sorte) à la base de l'idéologie nazi, qu'espérons-nous encore attendre d'autre de ce couple, quand on constate que ces notions sont induites par des conceptions mentales si cloisonnées qu'elles amènent au racisme en tout genre, que ce soit celui tourné vers une autre couleur de peau, que celui vers une autre manière de vivre, quand on observe dans l'histoire de l'humanité que la proclamation des religieux à prétendre détenir la vérité a été à l'origine de leurs croisades impitoyables au nom de Dieu, j'en déduisais que ceux encore qui poursuivaient dans cette voie (il n'y a qu'une seule vérité) soit méconnaissaient ses faits, soit (et dans tous les cas) prolongeaient une inconscience à l'origine des désastres de l'arme nucléaire.

J'écrivais sur mon brouillon : « Détenir même une seule vérité, comme cela est trop fatiguant. Il faut l'élaborer, la revendiquer, l'approuver souvent, la cultiver comme on cultive la propreté d'une maison, il faut se l'approprier et qu'elle reste bien à soi, il faut être déterminé à la préserver contre vent et marée, il faut la mettre en valeur lors de ces grandes discussions que les grandes gens affectionnent, il faut même pour certains la discipliner, la justifier, montrer par A plus B que l'on a raison, parce qu'en fait, détenir une vérité n'a de sens que si l'on cherche à tout prix la reconnaissance de l'autre, que si l'on espère son approbation, que si l'on est en mal d'originalité, de singularité, de popularité... de pouvoir. » Pensant à Omar Khayyam, je me souvenais qu'à peine âgé de vingt quatre ans, son esprit et son corps parlaient déjà un autre langage que celui de ceux de son époque, et qu'au sujet de la vérité, il refusait si abruptement ce mot qu'il le laissait aux charognards et aux scorpions, sinon partant dans son éloge sur le vin et les femmes, formulait cette pensée : la vérité est en eux. Je mentionnais ce Robaïyat dont les mots maintes fois répétés m'entraînèrent dans la vision de ce solitaire tant estimé : « Sur la Terre bariolée chemine un homme, ni riche ni pauvre, ni croyant ni infidèle, il ne courtise aucune vérité, il ne vénère aucune loi... Sur la Terre bariolée, quel est cet homme brave et triste ? »

Je poursuivais : « Ce que j'aime dans la nature, c'est qu'elle ne sécrète pas de vérités, qu'elle n'en fabrique pas, ce mot d'ailleurs, me semble avoir été inventé par l'homme en mal de pouvoir. Toute proclamation d'une vérité est signe d'ignorance, d'infantilisme. Les grandes personnes ont muselé tant leurs esprits par des vérités qui n'en sont pas, qu'elles ignorent que leur intellectualisme et leurs réflexions reposent sur leur inconscience. L'homme ne désire voir que la surface des choses, les profondeurs lui font peur même s'il prétend le contraire. »

... Au fond, il se pourrait bien que la dissertation n'eusse de sens véritable que pour celui qui l'écrivait tant le sens que je mettais derrière le mot vérité dépendait de mon vécu.

Alors pourquoi diable écrire sur ce sujet,

tant l'évidence était simple : un vécu, une vérité.

Nostalgique, je me disais : la vérité, c'est qu'on n'écoute jamais l'autre mais seulement soi-même, alors pourquoi écrire sur la vérité si ce n'est pour soi-même. ...

Je me souvenais de la définition historique : « vérité est une forme empruntée au latin veritas, le vrai, la vérité, la réalité, les règles, la droiture, dérivé, comme veridicere (véridique), verificare (vérifier) de l'adjectif (vrai). Vérité se dit avec une valeur générale pour le réel », (13) et je rendais grâce à la langue française qui contenait tous les éléments de réponse qui me procuraient joie et délivrance.

Mais voilà que la question ne tardait à se manifester : alors est à définir le réel ? Je me voyais de nouveau reparti sur un autre monde de réflexions, un livre n'y suffirait pas, pourtant ici, je devais me contenter de quelques pages. Comme la tâche me semblait ardue, je devais moi-même me couper l'herbe sous les pieds, je devais raboter de près ma pensée, en faire une synthèse plus court que ça tu meurs, la réalité du moment était bien tangible : il me fallait être concis. Je le serais tant bien que mal, je le serais, impuissant de rallonger ce temps qui nous était imparti, je le serais puisque c'était cela le réel. J'entreprenais de parler de ce réel, de ce « voir sans voile », « ressentir sans peur », « aimer sans idée sur l'amour ». Je plongeais mon esprit jusqu'au confins de cette absence d'idée, une forme de néant mental, ma main dont les mouvements ininterrompus traduisait la course poursuite entre la rapidité de ma pensée et son mouvement à elle. Et ça, c'était une réalité. Je dénotais l'absence totale de niveaux de réalités, ni supérieure ni inférieure, de telle sorte, que ce décalage entre la rapidité de ma pensée et celle de ma main n'était pas moindre ni supérieure à la réalité d'une douleur, à la réalité d'un son de voix, à l'émotion qu'elle transporte. Je notais seulement - en soulignant ce dernier mot -, qu'il s'agissait de différences d'aspects. J'en déduisais que la vérité dépendait de notre capacité à voir le réel, à l'appréhender, à se laisser toucher par lui.

Soudain je me suis vu oubliant les annotations de mon correcteur, observation qui immanquablement me rappela ce dilemme, cependant à ce moment là, je découvrais que sa notation lui appartenait, que le monde de la réflexion était un monde si particulier tant il était indispensable d'entrer ne serait-ce qu'un instant dans celui qui écrivait, que je me voyais douter des compétences de ce juge qui clorait ma réflexion par quelques mots et des chiffres validant ou invalidant. La réalité était qu'il y avait un élève et un professeur, la réalité était de passer ce baccalauréat, ma réalité était que je doutais de lui comme je pouvais douter de moi, la réalité de mon aspiration était que j'aurai vraiment désiré être au temps de Socrate ou poursuivre ses moments délicieux avec mon professeur en philosophie où nous conversions, non... où nous nous exercions l'un l'autre, même pas... où par la réflexion de l'autre nous éclairions notre propre pensée. A cet instant précis, je maudissais l'éducation nationale vis-à-vis de laquelle je me sentais soudain l'esclave. Pourtant, à ces mots rageurs, le rire démangea la peau de mon visage, je percevais l'immense théâtre auquel je collaborais pleinement et sans aucun recul.

Malgré tout et par cette vision, j'imaginais une folie, rendre ma copie blanche par provocation et seulement écrire « ma vérité : ne point corrompre ma pensée en la racornissant en quelques lignes. »

Mais non, et je laisserai cette phrase à mon cher correcteur que j'imaginais binoclard : « Le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir. » (14) lui exprimant par ces quelques mots qu'en définitive, une dissertation n'avait de valeur que dans la mesure de son jugement et non dans celle de celui qui l'écrivait. Ainsi je finissais en précisant qu'en réalité (et non en vérité), cette dissertation n'était dédiée à personne d'autre qu'à moi, qu'en réalité (et non en vérité) son sens dépendait uniquement de mon regard et de sa limite et qu'il était bien hasardeux de noter un texte philosophique quand on n'en connaissait pas son auteur. Qu'en réalité, oui, chacune de ces phrases ne détenait aucune vérité, chacune était l'émergence d'un individu particulier et devait le rester, chacune dépendait de l'heure, du lieu et des conditionnements dans lesquels se trouvaient son écrivain. Que la notion d'âge devait être abolie, ainsi que celle de la quantité de savoir et de culture. En reprenant les termes de Jullien, je constatais encore une fois qu'il n'était possible d'apprécier une réflexion autre que la nôtre qu'en étant sans idée et paradoxalement en restant branché à soi-même.

Voilà il aurait fallu, et cela ne faisait plus partie de la vérité puisque ne faisant pas partie du réel, oui, il aurait fallu que chaque professeur de philosophie puisse être vierge d'idées. Cher Friedrich Nietzsche qui constate « si nous nous trouvons tellement à l'aise dans la pleine nature, c'est qu'elle n'a pas d'opinion sur nous. », et encore « limites de notre ouïe - On n'entend que les questions auxquelles on est en mesure de trouver une réponse. » Alors, si encore l'homme cherchait à préserver ce mot, et à la condition qu'il le mette en lien avec cet autre : réalité, je clôturais définitivement ma dissertation par ces propos : « ma vérité dépend incontestablement de mes limites à voir le réel. Dans la pleine conscience de mes limites, la vérité qui se révèle n'est plus personnelle, elle n'est même pas objective, mais d'une subjectivité pleine et entière, mot (subjectivité) faisant référence à la réponse à la question : « qui suis-je ? ». Oui, et je le répétais tant je percevais ma conscience s'éclairer par ces propos, et n'y pouvant plus, ma main faisant un lapsus : « dans la pleine conscience de mes limites, la réalité qui se révèle n'est plus personne, seule son expression le demeure.

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MessageSujet: Cessez d’être gentil soyez vrai !   Jeu 13 Déc 2007, 21:47

Thomas d’Ansembourg,
le bonheur vrai n’est ni gentil, ni confortable


par Patrice van Eersel( http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=820 )
À peine parus, ses deux livres, "Cessez d’être gentil, soyez vrai !" et "Le bonheur n’est pas nécessairement confortable" ont connu un grand succès et nous ont plu. Intrigués par ces titres narquois, nous avons eu envie de savoir qui se cachait derrière. Portrait d’un Bruxellois du XXI° siècle.

Aussi loin qu’il remonte dans ses souvenirs, Thomas d’Ansembourg ( http://www.thomasdansembourg.com/ )a toujours éprouvé une immense tristesse à voir des gens en conflit. Sa famille était honnêtement catholique et aimante, et aucun traumatisme particulier ne pourrait expliquer cette sensibilité exacerbée. Toujours est-il que, pour lui, le choix professionnel ne fit pas un pli : il serait avocat, pour aider les humains à mieux s’entendre. L’origine de la plupart des conflits lui semblait évidente : défaut de communication. Au barreau de Bruxelles il se fit les dents. Mais ses compétences l’entraînèrent vite vers le droit des affaires, où le bluff, l’esprit procédurier et la brutalité grossière, hypocritement camouflée sous des dehors polis, priment largement sur le désir de mieux communiquer. Aussi s’engagea-t-il, parallèlement à son métier, dans un travail bénévole avec des jeunes en difficulté, dans une association de prévention spécialisée appelée "Flics et Voyous" et dirigée par un ami à lui, ancien avocat “défroqué”, devenu commissaire de police.
Mais réorienter la vitalité des jeunes délinquants vers des activités sportives (escalade, parachutisme, voyage dans le désert) n’allait curieusement pas de soi. Beaucoup restaient prisonniers de spirales suicidaires et renvoyaient le « gentil Thomas » à ses oignons. Celui-ci avait vite repéré combien leur manque de vocabulaire les empêchait d’évoluer, mais il ne pouvait les aider et encaissait mal ses échecs. À la fin, il comprit ce que les jeunes lui signifiaient implicitement : qu’il commence par se soigner lui-même, pour s’arracher à ses propres marigots, avant de prétendre secourir autrui !

Six ans de psychanalyse. Classique. Freudienne. À une époque où l’on écrit des livres noirs sur la chose, Thomas la défendrait plutôt : « Toute approche a ses limites et il existe bien d’autres méthodes. Mais pour moi, ce fut très efficace, malgré ma rage contre les contraintes que ça représentait... ou grâce à elles ! Ce travail de fond débusqua mes automatismes et fit fondre les cloisonnements qui m’empêchaient de voir la réalité. Pour la première fois, j’ai compris que je n’étais obligé d’être gentil, que je pouvais me rebeller contre quelqu’un sans perdre son estime. »

Il est en fin de cure, quand il découvre Père manquant, fils manqué, le premier livre de Guy Corneau ( http://www.guycorneau.com/ un auteur que j aime particulièrement!). Un choc. D’autant plus marquant que le fameux psy québécois donne justement un stage en Belgique. Thomas et son ami commissaire se souviendront toujours de ce week-end, qui leur laissera l’impression d’avoir « passé au tamis » tout ce qui coinçait dans leurs relations respectives. Pendant le stage, les explosions ultra-émotionnelles des stagiaires (rien que des hommes) les laissent pantois : comment le thérapeute parvient-il à canaliser de pareilles tempêtes, à les rendre libératrices ? Bientôt Thomas y pense sérieusement : voilà le métier qu’il aimerait faire. Avec des jeunes en difficulté, ça pourrait s’avérer inespéré...

Trois stages plus tard, dont un très long au Maroc, Thomas devient l’assistant de Guy Corneau au plat pays. On est en 1993, il a 32 ans et son job d’avocat ne sera bientôt plus qu’un (très confortable) gagne-pain... Mais déjà se profile son second instructeur à l’horizon : Marshall Rosenberg. « Une pièce maîtresse manquait encore à mon puzzle et voilà qu’elle m’était offerte par cette étonnante synchronicité, qui se met en place sitôt que nous acceptons de nous ouvrir à la vie. » Marshall Rosenberg est l’homme qui, rescapé des camps de la mort, a inventé la CNV : communication-non-violente. « Tout tient en quatre mots, explique Thomas : les faits, les ressentis, les besoins, les demandes. Face à un conflit, il s’agit d’abord d’observer les faits sans juger. Puis de ressentir, le plus précisément possible, ce qu’ils suscitent en moi. Ensuite de traduire ces ressentis en besoins personnels exprimables. Enfin de demander satisfaction de ces besoins - au moins partiellement... car au fond, tout est négociable. »

De nouveau, c’est un travail en groupe, mais très différent. Hommes et femmes sont mélangés. Et il ne s’agit pas de thérapie - même si la première découverte que Rosenberg fait faire à d’Ansebourg (notamment par le biais de sortes de constellations familiales, qui débouchent sur le mystère transpersonnel, quand les protagonistes ont l’impression incroyable d’être différents visages d’une même conscience), c’est la violence énorme qu’il entretient... vis-à-vis de lui-même. Or, il faut s’aimer pour aimer l’autre.

Vis-à-vis de l’autre, justement, Marshall Rosenberg, comme Karl Rogers ou Eric Berne (bien prolongés en France par Jacques Salomé) parle du « tu qui tue » : dans un conflit, apprenons à dire « je » et à faire la part de ce qui revient à chacun.

Moyennant quoi, en peu d’années, la vie de Thomas va changer de fond en comble. Au point de lui donner le vertige. Un double vertige, affectif et professionnel : lui qui se voyait célibataire à vie, va accepter d’épouser une femme et d’avoir des enfants ; lui qui jouissait d’un revenu lucratif, va prendre le risque de tout lâcher, pour devenir thérapeute. C’est à cette époque qu’il découvre la différence entre bonheur et confort. Car lâcher la sécurité - en particulier, dans son cas, risquer de perdre la maison qu’il s’est acheté et dont il raffole - vous creuse un trou dans l’estomac. « Je n’y serais pas arrivé sans ma femme, dit-il. Un jour, elle m’a demandé : “Et si nous perdions cette maison, ça serait vraiment si grave ?” d’un air tel que j’ai éclaté de rire. Le bonheur doit se libérer du confort, dans le sens où il faut renoncer aux petits plaisirs pour en connaître de grands, bien sûr, mais aussi, plus profondément, parce que nous devons apprendre à ne pas toujours faire, faire, faire des choses, pour nous autoriser enfin à être. Or, s’arrêter de faire, donc dire souvent non (aux autres et à soi) vous met dans des situations très inconfortables, remplies de reproches, de regards noirs, de remords, de culpabilité. On vous dit : “Tu as changé, tu es devenu égoïste !” Vous répondez : “J’apprends à être plutôt que faire.” Mais on ne vous comprend pas, du moins au début. Ça fait partie de l’apprentissage : l’estime de soi doit venir de nous, pas des autres. Elle seule autorise des choix conscients : exercer ma liberté d’aller sur tel chemin, c’est faire le deuil de tous les autres chemins. »

Thomas d’Ansembourg ne regrette pas d’avoir lâché le monde des affaires. Ses livres se sont très bien vendus (deux cent mille pour le premier, le second a déjà dépassé les quarante mille quelques mois après sa parution) et sa vie professionnelle se partage désormais entre ses propres stages et conférences. Son truc le plus populaire : Changez votre vie en trois minutes trois fois par jour de vraie présence à soi ! « Si vous prenez vraiment ce temps, plaide-t-il, pour observer ce qui se passe en vous, sans juger, pour constater ce qui vous rend heureux et ce qui vous démolit, ce qui fiche en colère et ce qui vous nourrit, un processus extrêmement transformateur se met en route. Malheureusement, beaucoup de gens ne supportent même pas ces trois fois trois minutes de silence. Dommage, c’est très puissant ! Ça ne permet pas de changer le cadre, mais la façon de vous mouvoir dans ce cadre. »

Quant à sa vie privée, regardez plutôt la photo : il croule sous les femmes !

À lire :
Cessez d’être gentil, soyez vrai ! et Le bonheur n’est pas nécessairement confortable, Thomas d’Ansembourg, Editions de L’Homme.
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=924
rappel d Isabelle
http://www.planetpositive.ch/version_2_0/news/articles/1878/thomas_d_ansembourg__le_bonheur_vrai_n_est_ni_gentil__ni_confortable.html


Dernière édition par AMBRE le Ven 12 Sep 2008, 08:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Ven 14 Déc 2007, 00:09

Merci pour ces infos

Je suis justement en train de traduire de l'espagnol au francais un atelier que j'ai créer qui utilise la communication non-violente comme base de travail.

J'ai bien sur utililsé les livres de Rosenberg, D'Ansembourg et autres

La communication non-violente a été pour moi aussi tres marquante dans ma vie...

CA vaut la peine d'aller explorer ce merveilleux outil

:357:
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MessageSujet: Cohérence!   Lun 18 Fév 2008, 13:38

Cohérence


entre la pensée,la parole et l acte!


Citation :
Pourquoi continuer à lutter

Le lecteur Gerson Luiz raconte l’histoire d’une rose qui désirait la compagnie des abeilles, mais qu’aucune n’approchait.

Cependant, la fleur pouvait encore rêver. Se sentant seule, elle imaginait un jardin rempli d’abeilles qui venaient l’embrasser. Et elle parvenait à résister jusqu’au jour suivant, où elle ouvrait de nouveau ses pétales.

« N’es-tu pas fatiguée ? lui demande sans doute quelqu’un.

– Non. Je dois continuer à lutter, répond la fleur.

– Pourquoi ?

– Parce que si je ne m’ouvre pas, je me fane. »

Citation :

" Le guerrier place la compassion au centre de ses valeurs
et vit selon un principe de parole murement pesée, intègre...

Le guerrier n'a d'autre arme que la puissance de son rayonnement.
Par sa simple présence au monde, par sa prise de position naturelle,
il contribue au renforcement des énergies de création, à l'affaiblissement
des forces de malheur et de destruction.

La libre action invite à passer à l'acte, à traduire les pensées et les paroles
en actions concrètes, en un art de vivre responsable et créatif. "

Paulo COELHO, le Guerrier de la Lumière



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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Lun 18 Fév 2008, 22:42


.

que votre oui soit oui

que votre non soit non


(l'alignement au Divin c'est cela aussi)


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MessageSujet: Re: Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!   Mar 19 Fév 2008, 15:55

Citation :
– Non. Je dois continuer à lutter, répond la fleur.

– Pourquoi ?

– Parce que si je ne m’ouvre pas, je me fane.


Cette phrase me parle du merveilleux dynamisme déposé dans tout être vivant........

0">Dans tout le cosmos.....

0">Ce dynamisme que je ressens en moi.....

0">Qui élargit la conscience..... le coeur....

0">Qui nous appelle chaque matin à être vivant....

0">À être là oû la Vie nous a ''plantés''

0">Juste être là.... et à accueillir la Vie qui se déploie à chaque instant.

:454: Gisèle
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Rester fidèle en parole et en acte à notre propre pensée!
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