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 "RÉFLEXION SUR LA QUÊTE DU BONHEUR"

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Serena

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MessageSujet: "RÉFLEXION SUR LA QUÊTE DU BONHEUR"   Mar 16 Sep 2008, 00:31



Une interview de Jean-Marc Mantel réalisée en septembre 2003
par le magazine "Clin d'Oeil"


Clin d'œil - Dans une préface du livre de Peter Fenner « le courage de se libérer », vous commenciez par dire que le stress et l’angoisse étaient l’un des défis dominants de notre civilisation et que les outils psychologiques et psychiatriques conventionnels apportaient une réponse qui n’est adaptée que jusqu’à un certain point. On parle aujourd’hui beaucoup de traitements chimiques qui soulagent l’angoisse, le mal-être… On peut se demander si cette surconsommation de psychotropes n’est pas une forme d’épidémie qui relate un grave problème de société. Peut-on tout régler grâce à des molécules chimiques ?
Jean-Marc Mantel – Ce qu'on appelle le stress est l'expression de la peur. Aller à la source de la peur implique de remonter à la structure même du moi, de ce qu'on appelle l'ego. La peur est une réaction. Elle est liée à la croyance qu'il y a quelque chose à défendre, quelque chose à perdre. La première des choses à défendre est l'idée que "je" existe en tant qu'individualité, que "je" est une individualité. Ce n'est pas une croyance erronée en tant que telle, mais réductrice, de la même manière qu'une vague peut se croire séparée de la mer. En remontant à la source du "je", on atteint un espace de conscience que l'on peut qualifier d'impersonnel, car il ne peut être décrit avec les caractéristiques propres à la personne : beau/laid, bien/mal, gentil/méchant, agréable/désagréable. Et pourtant cet espace de conscience est expérimenté comme étant la paix et la joie auxquelles tout un chacun aspire. Mais il s'agit ici d'une paix et d'une joie qui s'enracinent dans l'expérience d'être, et ne sont plus liées aux circonstances. Nous touchons là à une dimension stable de l'expérience d'être, un vécu d'une permanence qui n'est plus tributaire de l'impermanence des circonstances.

Supprimer les manifestations de la peur par une médication revient à se priver d'une source inestimable d'enseignement. La peur, en effet, nous montre les attachements qui fixent notre esprit dans des systèmes de croyance rigidifiés. S'il n'y a pas d'attachement, il n'y a en effet pas de peur de perdre, puisqu'il n'y a rien à perdre. L'attachement est un réflexe de saisie, nourri par la conviction que la saisie est source de sécurité, de la même manière que le noyé saisit la bouée pour ne pas couler. Voyons donc si le bonheur, la paix et l'amour peuvent être saisis. Nous comprendrons ainsi que dès qu'il y a saisie, il y a peur de perdre l'objet saisi. Et le cercle de la peur est ainsi alimenté.

Si nous examinons la question du chagrin et de la tristesse, nous voyons également que ces émotions sont nourries par la croyance en la réalité de notre histoire. Nous vivons notre passé comme s'il était réel, et notre futur comme s'il était consistant, sans se rendre compte que c'est notre mental qui crée le passé et le projette dans une forme nommée futur. Nous pouvons constater qu'en arrière-plan du chagrin se dessine une tendance à refuser les choses telles qu'elles sont. Que reste-t-il de la tristesse lorsque toute chose est acceptée telle qu'elle est, non pas dans une résignation passive, mais dans une acceptation pleine et délibérée, qui abandonne la croyance que, à cet instant, les choses puissent être différentes de ce qu'elles sont ?

L'acceptation, dans son sens ultime, est unité avec ce qui est. Elle libère, autant que le refus enchaîne. Elle est en fait la seule médication. Les autres médicaments ne sont que des subterfuges, donnant l'impression d'un apaisement, alors que les racines de la souffrance ne sont pas extirpées.

La place de la chimie dans les soins psychiques doit être appréciée à la lumière de la maturité. La maturité, c'est la conscience que la souffrance et le remède à la souffrance sont dans notre propre esprit. L'immaturité, c'est la croyance que la souffrance est un objet encombrant, dont il faut se débarrasser afin de pouvoir connaître la réjouissance. Mais peut-on se débarrasser comme cela de notre propre esprit ? L'utilisation des psychotropes est ainsi souvent un palliatif à un manque de présence, à une incapacité à accueillir le monde dans sa totalité, une incapacité à s'accepter et à accepter l'autre tel qu'il est. Dans ce sens, le psychotrope nourrit et maintient l'infirmité. Il ne devrait donc être utilisé qu'à bon escient, lorsque aucune autre possibilité n'est présente, et que la douleur atteint un seuil insupportable. Mais il ne doit pas remplacer la compréhension, la sagesse et l'amour, qui sont les vrais remèdes.

Clin d'œil - La quête du bonheur peut-elle se replacer dans une vérité plus vaste ?

Jean-Marc Mantel – Le bonheur est un vécu. Il est notre nature. Tel le soleil qui n'est pas affecté par la présence des nuages, le bonheur luit dès que tombent les voiles qui le masquent. Il n'est pas le fruit d'un effort, mais d'un abandon. L'abandon n'est pas une tactique d'un moi à la recherche d'un nouveau jouet, mais l'expression d'une ouverture, qui accueille et contient. C'est dans cet accueil que vous pouvez vous trouver. Vous êtes, en fait, l'accueil. Dès qu'une situation est accueillie, vous en êtes libre, vous n'êtes plus attaché au besoin de la changer, de la modifier. Et c'est lorsque ce besoin vous quitte, que la situation peut se transformer au gré de sa propre intelligence.

Comme l'on ne cherche jamais quelque chose qui n'existe pas, le pressentiment du bonheur est présent en chacun. Mais il est généralement attribué à une circonstance. Si votre esprit lâche la circonstance, vous verrez que l'expérience du bonheur est inhérente à votre être. Elle est le reflet d'une ouverture, qui vous fait quitter la croyance en la séparation, et goûter un parfum d'unité. A cet instant, la notion du temps, d'un devenir, perd de sa consistance. Vous vous expérimentez comme plein, libre du manque. C'est vers cette expérience non-duelle que pointe la quête du bonheur. Le bonheur est comme un doigt retourné vers vous-même, non pas un vous-même projeté, mais un vous-même en tant que conscience, présence. Il est l'expression de la présence qui vous habite. A ce titre, il est intemporel. Il faut donc le différencier de l'expérience transitoire de satisfaction, propre au moi qui croit avoir obtenu ce qu'il désire. Votre seul désir est un désir d'être. C'est ce désir qui sous-tend tous les désirs. Il est le seul désir à pouvoir combler tous les désirs. Hors de lui, règne le monde de la faim et de l'avidité. En lui, règne le monde de la joie et de la tranquillité.

Clin d'œil - La société occidentale, qui s’est longtemps présentée comme l’incarnation sur terre du progrès et de la civilisation face aux cultures asiatiques, africaines ou amérindiennes, est en train de douter, du moins dans certains milieux, et remet en cause la notion de progrès… Cette technoscience est aujourd’hui lourde de menaces graves. Certaines découvertes entraînent plus de malheurs qu’elles n'apportent de bien-être. Comment situer la réalité dans un cadre le plus large possible ?

Jean-Marc Mantel – Il serait vain de refuser le progrès technique, et plus judicieux de le mettre au service de l'amour. L'amour est une expérience d'unité. Lorsque vous aimez, vous êtes un avec l'objet aimé. Lorsque c'est la vie qui est aimée, vous êtes un avec la vie. La vie n'exclut pas. Elle ne peut rejeter ce qu'elle a elle-même créé. La technique est ainsi un outil d'expression de l'amour qui cherche une plus vaste expansion. Elle est un instrument. Elle a pour finalité de relier et de briser les barrières. Lorsque la technique se coupe de sa source, elle n'est pas différente de l'être humain, lorsqu'il oublie ce qu'il est. Elle devient une coquille vide, promenée au gré du vent de la peur et de la séparation. Reliée à sa source, elle devient un prolongement de la conscience, de la joie et de l'amour.

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kalinda



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MessageSujet: Re: "RÉFLEXION SUR LA QUÊTE DU BONHEUR"   Mar 16 Sep 2008, 06:26

je crois que ces 2 videos a sa place ici

sourire


le divin en tous toutes

http://www.youtube.com/watch?v=VJMbk9dtpdY


et l autre sourire

http://www.youtube.com/watch?v=PYW0TL8qov8


bises lumineuses vers tous toutes


a donner aux plus grands nombres


quel courage ces hommes et en plus ils en a tout pleins

plein de tendresse vers vous tous toutes
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Serena

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MessageSujet: Re: "RÉFLEXION SUR LA QUÊTE DU BONHEUR"   Mer 17 Sep 2008, 19:41

Merci Kalinda pour ces deux vidéos,,

Je crois qu'il n'y a rien à ajouter sinon saluer le courage
de ces hommes.

C'est un bien bel exemple!

coeur


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