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 Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?

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Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?
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 -non
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 -je n y ai pas réfléchi...
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Laurent

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Sam 10 Nov 2007, 01:04

J'avais oublié le guide de l'extatique voyage.
Je marchais dans les flaques, vers un cimetière,
Et l'habit cynique de la nuit qui cage
blanchissait la page idéelique des anciennes chimères.
Des arbres maléfiques jusqu'a moi se tordaient, diformes,
hurlant dans les ténèbres des sons synthétiques multiformes.

Fuir dans l'oblique antéprésent !
Lumière !

Mes pieds enfin se posent, se disent pause dans le vide.
Mes yeux s'éclairent d'une lueur éblouis
qui s'évapore dans l'air insipide
Et l'embrase soudain, virtuel incendie.

Ile promise des paradis biosynthétiques,
Symphonie élégiaque aux couleurs translucides féériques,
Merveilleux accords d'une harmonie cristalline...
Je vis, je sens, je vois, lumière envoutante et sanguine,
je suis dans la fresque grandiose;
elle est émoi, je suis unique.
Je suis moi... je suis Tout ! Ne suis je pas dieu ?

Tendre beauté bercée par tant de joie prophétique...
C'etait un beau voyage... je suis moi, Le Seul Dieu.
:116:
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AMBRE

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MessageSujet: Samadhi?   Mar 05 Fév 2008, 12:55



j'ai une question à vous soumettre!


-qu'est ce que l'état Samadhi pour vous et comment le vivez vous?

je ne comprend pas les gens qui disent l'avoir atteint et qui sans jugement de ma part,son terriblement dans l'égo/spirituel ou autre, qui jouent les"moralisateurs"et les donneurs de leçons et vont se mettre dans un état de colère  parfois surprenant lorsqu' on leur demande le pourquoi de leur "fâcherie"ou dès que l'on  met le doigt sur leurs manquements ou leurs égarements qu'ils justifient par cet état de
Samadhi?

de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Dernière édition par AMBRE le Dim 15 Jan 2017, 16:32, édité 4 fois (Raison : Photo obsolète)
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Christalain

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Mar 05 Fév 2008, 13:56

Bonjour Ambre,

Je n'ai pas la chance encore de vivre l'état de Samahdi...
pour le moment, je me contente d'être mardi... :)
sunny
Mais juste une rélexion en passant: il me semble qu'un initié ayant atteint ce stade n'ira pas s'en vanter sur les forums.
Et comme tu le sous-entend, ce n'est pas forcément ceux qui en parle le plus qui le vive réelllement...
Si quelq'un me déclare par MSN savoir comment atteindre le satori, je lui accorde une confiance... très mesurée !
D'après les maitres, le piège de l'égo spirituel est le principal test avant le véritable éveil, c'est le plus subtil et le plus impitoyable. Et beaucoup en effet en sont encore à ce stade me sembles t-il, tout en croyant sincèrement l'avoir dépassé...
Non seulement notre vérité n'est peut-être pas celle d'un autre, mais de surcroix, l'imposer serait une forme de mensonge. Le chemin est bien étroit non ?...
J'espère toutefois que de vrais éveillés daigneront venir t'apporter le témoignage que tu cherches...
a toi ! je t'embrasse.
:852:
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Mar 05 Fév 2008, 14:54

Bonjour Ambre,

Citation :
-qu est ce que l état Samadhi pour vous et comment le vivez vous?


Je ne suis pas un spécialiste des religions de l'Orient ( Boudhisme ou hindousime) et je ne sais donc pas ce que signifie ce terme pour les initiés boudhistes....

Mais, selon mon entendement, le samadhi doit être la capacité à transcender les différentes réalités, à transmuter la peur, la colère et à créer la paix, la sérénité et l'équilibre dans n'importe quelles situations (chaotiques et tumultueuses).

C'est plus facile d'atteindre la paix et la sérénité dans une posture de méditation, mais c'est important de trouver cet état de bien être, de sérénité et d'équilibre dans des conditions difficiles de la vie....Cela demande une certaine maîtrise de soi sur les plans émotionnel, mental et spirituel....

Si l'on vit dans la Joie, la Confiance et la célébration de la Vie, même au milieu du chaos et le tumulte, alors, oui, je pense, on vit déjà le samadhi, non ?

Je t'Ambrasse !
Antharus.


144000
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Didiera

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Mar 05 Fév 2008, 15:38

A mon sens, c'est la disparation de l'état de séparation.
C'est un état que je n'ai vécu qu'une seule fois.
Je regardais le ciel, les nuages.
Et j'étais le ciel, le ciel était moi ! j'étais les nuages, les nuages était moi.
Il n'y avait plus : je vois les nuages, ('je' séparé)
mais : je suis les nuages ( 'je' identique).

A mon avis, ces états de conscience là sont exceptionnels, ce n'est pas possible de les maintenir.

:454:
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AMBRE

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Mar 05 Fév 2008, 21:02

voici une proposition qui me parle:

Citation :
Quant au meilleur terme européen pour samadhi, si l’on y tient, il est finalement possible que ce soit simplement « compréhension ».
Il peut indiquer l’aspect de connaissance intuitive profonde, celui de synthèse si on l’entend étymologiquement comme prendre ensemble — et ce peut être la synthèse des stades de la méditation comme celle de leurs objets avec « soi » —, et même celui de conquête par « préhension ». Divers sens de la définition lexicale de « comprendre » conviennent bien : « embrasser dans son ensemble », « contenir en soi », « faire entrer dans un tout », « appréhender par la connaissance », « être capable de faire correspondre à (quelque chose) une idée claire », « donner un sens clair », « se faire une idée claire des causes, des motifs », « se rendre compte », « avoir une connaissance intuitive » (dictionnaire Robert) —à condition d’entendre tout cela aux sens forts. Notons enfin qu’il n’est téoriquement pas impossible, dit-on, d’accéder à la samadhi sans la médiation de la méditation, mais que cet exploit nécessite des conditions extrêmement rares et exceptionnelles.


Page 315
Le bonheur - liberté, Bouddhisme profond et modernité. Serge-Christophe Kolm (P.U.F. 1982)
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Mar 05 Fév 2008, 21:06

bonsoir


samadhi pour moi c'est ce regard et ce sourire si particulier de Marie ou la Joconde .. cette capacité de donner et recevoir en même temps ...
une densité "d'être" à ce point est fugitive ... comme le dit didiera ...

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Didiera

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 07 Fév 2008, 13:24

Marie, tu me fais penser au sourire intérieur dont parle les taoistes.
Et c'est difficile de le garder longtemps ...

Pour qq1 comme moi qui a tendance à avoir le coin des lèvres qui tombe, garder un sourire extérieur et/ou extérieur relève d'une grande discipline! Mais je sens que c'est un exercice qui peut porter de grands fruits ..


:117:
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 07 Fév 2008, 13:52

Citation :
le coin des lèvres qui tombe

elle est mignonne celle là ..... !!

n'est pas divin qui veut ............ et si la morpho s'en mêle alors ......... !!! :444:
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damejane

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 07 Fév 2008, 19:58

un petit coucou à tous !

Intéressant tous vos propos et vous propose
Le point de vue théosophiquee :

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J'ajouterais que l'état de Samadhi est à l'opposé de la colère, puisque c'est un état vibratoire élevé dont le coeur est l'axe par l'alignement des énergies de lumière agissantes, lumière d'or.
La personnalité est placée sur un état bien plus bas et n'a rien à voir avec le Samadhi, elle se fond totalement dans l'état Divin (qu'est le Samadhi.)
L'état de " Samadhi "absorbe la colère et ne l'exprime pas.

Ambre, Mairie, Didiera, Antharus, Christalain...


:475:
damejane


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Sphinx

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 07 Fév 2008, 20:19

Bonjour à toutes et tous,


Le mot Samadhi est pour moi très interpelant. D'abord parce que la première fois que je l'ai entendu, c'était à travers l'expression "absorption en Samadhi", relatif à un prétendu Sage hindou connu et reconnu...

Or donc son Samadhi était décrit par lui-même comme une absorption dans le chakra coronal, dont il ne contrôlait ni la survenue, ni le processus, et qui le mettait temporairement dans l'impossibilité de parler à ses disciples.

En d'autres termes, un état de transe avancée, non maîtrisé, submergeant la conscience de base.

Depuis, ayant moi-même beaucoup médité et obtenu des "états de retrait" de plus en plus profonds, j'ai bien compris que le but n'était pas du tout d'être submergé par un état de conscience modifié, mais bien de superposer les états de retrait intérieur à la simple conscience de base toujours présente.

De cette façon, on ne fuit pas la réalité, mais on s'y ancre de plus en plus fort. Je me suis mis finalement comme impératif d'être toujours capable de réagir consciemment dans la milliseconde, d'être totalement présent à l'autre, quel que soit mon degré de profondeur méditative.

En somme, il m'est parfois arrivé de ressentir un appel spirituel tellement intense qu'il m'a arraché un cri, cri d'émotion, mais aussi de résistance, de retenue... car le but n'est pas de s'exploser au contact du divin, mais d'y adhérer dans la maîtrise consciente!

A chaque fois qu'un élan trop violent se produit, je suis spontanément en position de résistance, car je ne suis simplement pas prêt, et je ne veux pas m'exploser.

La vérité fondamentale de l'état de Samadhi, que je n'ai pas encore réellement connu, est donc la faculté de résister à l'aspiration spirituelle intégrale.

L'état de Samadhi est donc un équilibre majeur qui doit être établi entre la Personne et l'aspiration de l'Eternel potentiel, le Tao. Cet équilibre doit donc être fondé sur unr parfaite séparation personnelle, une Vraie Personne, de sorte qu'un lien authentique, non symbiotique, soit créé avec le Tout.

Et alors oui, une vraie intimité avec le Tout peut être vécue sans artifice, sans danger.

Mais plus encore, la réalité du Samadhi doit-elle s'inscrire dans le cadre du Couple Sacré, à travers le Bindu, centre au centre du Coronal.

Car en fait, seul un Couple Sacré possède la dynamique capable de résister totalement à l'aspiration de l'Eternel Potentiel, le Tao.

En ce sens, le danger de la confrontation prématurée avec le divin est en réalité celui de la confrontation prématurée avec la polarité jumelle!

La nécessité d'être une vraie Personne, avec une limite interpersonnelle parfaitement placée, provient de la dynamique des polarités complémentaires qui a besoin de cette discrimination interpersonnelle pour fonctionner, et résister à l'aspiration du potentiel.

De fait, notre "sage hindou" qui se faisait absorber sans maîtrise, parlait de son union avec la "Mère", soit une relation à la féminité diffuse, désidentifiée, en raison précisément d'une lacune fondamentale dans la limite interpersonnelle: on ne peut reconnaître et rencontrer la Personne d'autrui que si on est soi-même une Personne bien séparée!


Donc, pour vivre réellement le Samadhi, ou le "grand équilibre avec le divin", il faut être capable selon moi de résister au divin, à travers la rencontre avec la Personne complémentairement polarisée, au niveau du chakra bindu.

Alors le Samadhi est maîtrisé, et donc réel et cohérent.


Amitié,

steph
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Morgane

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Ven 08 Fév 2008, 10:51

Bonjour tout le monde !

Je ne suis pas sûre de comprendre toute la subtilité de ces définitions de samadhi (je n'avais jamais entendu le terme), mais il m'arrive d'aller très loin en méditation, dans un état d'amour extatique.
Je crois que le but est d'ancrer ces états durablement dans la 3d pour la transformer, mais c'est très difficile, à la limite de l'impossible !
Il m'est récemment arrivé qqch d'extraordinaire qui peut être comparable.

Et pourtant, dans la vie matérielle, je me sens bien loin d'être un maître ou qui que ce soit d'aussi grand ! Moi qui n'ai même pas un boulot plaisant correspondant à mes aspirations et qui ai du tout apprendre de la vie en communauté car fille unique puis célibataire !

Biz
Morgane


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djéhouti



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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 11 Fév 2008, 16:15

Chère Ambre,

tu as l'art et "l'ingénuité" de poser des questions qui sans apporter de réponses, ont le mérite de révéler les multiples perceptions de chacun.
Ce sont déjà en un sens des éléments de réponse....

Je n'ai pas vécu de Samadhi. Au mieux, je crois en avoir effleuré l'essence, au cours d'une ou deux méditations particulièrement "inhabituelles". ( je ne trouve pas le mot exact), pour ne pas dire accidentelles....

La simple perception de l'état de Samadhi est semblable à une fulgurance, une ouverture de conscience telle, qu'elle ne peut être maintenue longtemps tant l'intensité de cet état, débouchant sur la pure conscience de l'univers, porte en soi une forme d'anéantissement.
La notion et la perception de soi disparait et se fond dans un espace où rien ne semble exister.

J'ai ressenti qu'un être non préparé à cette "incandescence", se consumerai instantanément de l'intérieur, s'il était exposé trop longtemps à cet état indescriptible avec nos faibles mots.

J'imagine que celui qui atteindrai cet état de Samadhi, "décrocherait" de l'existence terrestre pour rejoindre une dimension divine, imbibée de pur Amour.

Merci Ambre, car rien que d'y penser, créé déjà une exquise sensation.

..
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djéhouti



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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 11 Fév 2008, 16:57

Détail très amusant, au moment où je rédige mon post précédent, je constate qu'il figure comme 12è réponse, et qu'il y a eu 144 consultations du sujet en question.

Est-ce normal docteur?
.
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Sphinx

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 11 Fév 2008, 19:31

Bonjour Djehouti,

Citation :
J'ai ressenti qu'un être non préparé à cette "incandescence", se consumerai instantanément de l'intérieur, s'il était exposé trop longtemps à cet état indescriptible avec nos faibles mots.

Selon moi, pour maîtriser vraiment l'aspiration de l'Eternel potentiel, il faut en effet un couple, et non pas une seule Personne...

Amitié,

steph
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djéhouti



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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 11 Fév 2008, 21:07

Possible Steph, mais d'autres voies le sont aussi.

Boudha a certainement expérimenté cet état, sans faire allusion à une flamme jumelle, ni à sa necessité.....bien que cette perspective soit extrêmement séduisante....


:m9:
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 11 Fév 2008, 21:43

Bonsoir Djehouti,

Je ne suis pas Bouddha.
Je ne connais pas Bouddha.
Je n'ai pas expérimenté ce qu'a expérimenté Bouddha.
Je n'ai aucune idée de la fidélité de transmission du Bouddhisme au cours des âges.
Je ne peux pas juger de la valeur et de la cohérence existentielle de ce qu'a atteint Bouddha.
Bouddha n'est pas plus grand que l'Ethique de la Nature de l'Etre.
Le Bouddhisme reconnaît la compagne de Bouddha.
Le Boudhisme semble même avoir reconnu l'importance essentielle de la compagne de Bouddha dans le parcours spirituel de celui-ci.
Je ne suis pas spécialiste du Bouddhisme.

Je suis un être, et à ce titre, je parle de la Nature que j'ai reconnue en moi.

Citation :
Les relations entre Yashodhara et Gautama se nouèrent à l’ère du bouddha [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], très longtemps avant l’époque du prince Siddharta. Gautama était alors un ascète [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] nommé Sumedha. Après plusieurs existences passées à pratiquer les dix vertus, il satisfaisait aux huit critères requis pour être reconnu comme futur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Le jour où il se préparait à rencontrer Dipankara les mains vides car il n’avait pu trouver d’offrande, une jeune brahmane nommée Sumitta [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], qui attendait elle aussi le bouddha avec une gerbe dans les mains, reconnut d’un coup d’œil sa nature exceptionnelle grâce à l’intuition que lui conférait la profondeur de sa pratique religieuse. Elle lui offrit les fleurs en échange de la promesse qu’il la prendrait pour femme et disciple pendant toutes ses prochaines existences, jusqu’à ce qu’il atteigne l'illumination.

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Amitié à toi,

steph
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Serena

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MessageSujet: "L'expérience de la Béatitude"   Jeu 12 Juin 2008, 12:24

« Tant que l’âme est encore en état de se connaître et de se comporter comme une créature et une chose naturelle, elle n’est jamais devenue elle-même « la grâce » (…). Car il faut pour cela que l’âme soit vide de toute action, aussi bien intérieure qu’extérieure, comme l’est la grâce qui ne connaît pas d’action. (…) Un passage de l’Ecriture dit : « Rien est égal à Dieu ! » Pour devenir égal à Dieu, l’âme devrait donc devenir un rien ? Cette interprétation est tout à fait correcte ! »

Maître Eckhart


« L’âme est tombée d’amour en néant, un néant sans lequel elle ne peut être tout entière. »

Marguerite Porete


« Il est clair qu’aucun objet distinct, quel qu’il soit, qui plaît à la volonté, ne peut être Dieu ; et, pour cette raison, si la volonté doit être unie à Lui, il faut qu’elle se vide, qu'elle rejette toute affection désordonnée du désir, toute satisfaction qu'elle peut avoir de façon distincte, élevée et basse, temporelle et spirituelle »

Saint Jean de la Croix


« La Vue [la juste perception et expérimentation visée par la méditation bouddhique] désigne la grande vacuité [l’expérience du non-Soi, anatman, sansk.]. La juste compréhension de l’état ultime des phénomènes et la capacité de maintenir cette compréhension et de l’assimiler par la méditation, voilà qui nous permettra de découvrir en temps voulu que la perception dualiste [expérimenter le monde en terme de sujet et objet, conséquence principale de l’attachement au soi et en la croyance en son autonomie, son indépendance] ne peut que se désintégrer d’elle-même. (…) On peut fort bien avoir une compréhension intellectuelle de la pratique, l’état ultime de la vacuité, mais quand il s’agit de la pratique, l’important, c’est de préserver continuellement cet état ultime jusqu’à l’effondrement total de la perception dualiste. »

Lama Dudjom Rinpotché




L’EXPERIENCE DE LA BEATITUDE

Grâce et non-Soi bouddhique.


Nous connaissons ou imaginons tous, si nous n’en avons rencontré, l’expression et l’attitude de ces hommes et femmes qui semblent animés par une foi, une paix et une force inébranlables. En Occident, nous disons de ces personnes qu’elles furent « touchées par la grâce ». Une béatitude, réservée à quelques-uns, que la plupart d’entre nous est condamnée à ne connaître que de l’extérieur, au travers de ses manifestations, la confondant généralement avec le charisme de celles et ceux qui furent « touchés », la réduisant aux qualités de ceux-là, mais sans parvenir à bien savoir ce qui s’est produit dans le for intérieur de ces personnes. Si nous ne la vivons pas, que peut-on connaître de la béatitude ?

Remarquons par ailleurs, que toute culture livre les récits de vie de certains individus si charismatiques, que leurs écrits ou paroles traversèrent les siècles, continuant à inspirer d’innombrables fidèles. Bouddha, Socrate, Lao Tseu, Jésus Christ ou, plus proches de nous, Marguerite Porete, Djalal-ed-Dine Rûmî, Saint Jean de La Croix, Jiddu Krishnamurti, Kalou Rimpoché ou Gandhi nous apparaissent toujours comme portés par un état inconnu du plus grand nombre, comme mystérieusement tenus à l’écart des angoisses, frustrations, insatisfactions, passions qui viennent marquer la vie de l’écrasante majorité des hommes. Existerait-t-il par-delà les traditions culturelles et religieuses, un même état que les uns nommeraient « grâce », les autres « nirvana », « tao » ou « brahman » ? Peut-on s’autoriser à comparer différentes expressions religieuses de la béatitude ? Une telle approche comparative, qui placerait sur un même plan diverses visions de la félicité religieuse, nous permettrait-elle de mieux connaître la nature de la béatitude, de cerner certaines conditions de son émergence, certains processus psychiques qui la caractériseraient ?

Un premier rapprochement s’impose naturellement. Nombre de mystiques chrétiens ou soufis ont exprimé la grâce par les notions de vide, de dépassement, de détachement ou d’abandon du soi, et ce, jusqu’à décrire un « état » dans lequel l’identité elle-même du croyant est emportée, dissoute, disparaissant au profit de l’unique présence, douce et intime ou puissante et terrible, du divin. Ces visions de l’état de grâce, qui furent exprimées par de nombreux mystiques des monothéismes – dont Maître Eckhart, Marguerite Porete, Saint François de Sales, Nûrî ou Hallaj, pour n’en citer que quelques-uns - ne peuvent manquer d’attirer l’attention de ceux qui connaissent suffisamment la pensée bouddhique pour y reconnaître une expression théiste de sa philosophie du « non-soi », et l’insistance du Bouddha à propos de la nécessaire libération de tout désir, de tout attachement aux choses ou aux formes des choses du monde, pour accéder à la béatitude (nirvana).

Comment doit-on interpréter cette ressemblance entre ces expressions de la béatitude par les mystiques chrétiens et soufis, et les descriptions bouddhiques du nirvana en terme de « non-soi » (anatman, sansk.) ?


L’EXPERIENCE DE LA GRACE

VIDE ET NON-SOI DANS LES MYSTIQUES CHRETIENNE ET SOUFIE


Avant d’en extraire quoi que ce soit, observons simplement ce que les mystiques chrétiens et soufis dirent de la béatitude et de ses conditions d’émergence.

Maître Eckhart enseignait que « tant que l’âme est encore en état de se connaître et de se comporter comme une créature et une chose naturelle, elle n’est jamais devenue elle-même « la grâce » (…). Car il faut pour cela que l’âme soit vide de toute action, aussi bien intérieure qu’extérieure, comme l’est la grâce qui ne connaît pas d’action. (…) Un passage de l’Ecriture dit : « Rien est égal à Dieu ! » Pour devenir égal à Dieu, l’âme devrait donc devenir un rien ? Cette interprétation est tout à fait correcte ! »1. Marguerite Porete affirmait qu’au dernier degré du cheminement spirituel, l’« âme est tombée d’amour en néant, un néant sans lequel elle ne peut être tout entière. (…) C’est là que le Vouloir s’est retirée d’elle, lui qui la rendait souvent, par sentiment d’amour, fière, orgueilleuse et possessive (…).»2. Pour Saint Jean de la Croix « il est clair qu’aucun objet distinct, quel qu’il soit, qui plaît à la volonté, ne peut être Dieu ; et, [que] pour cette raison, si la volonté doit être unie à Lui, il faut qu’elle se vide, qu'elle rejette toute affection désordonnée du désir, toute satisfaction qu'elle peut avoir de façon distincte, élevée et basse, temporelle et spirituelle » 3.

Les Rubâi’Yât de Djalal-ed-Dine Rûmî - le fondateur de l’ordre soufi des « derviches tourneurs » -, livrent de nombreuses formulations énigmatiques sur le lieu où s’expérimente la béatitude. Observons quelques extraits : « Tant que tu auras un « moi », on ne te laissera pas entrer. Quand tu seras annihilé, on te gardera comme la prunelle des yeux. » 4 ; « Si tu es annihilé, on te rendra l’existence. Si tu t’abaisses, tu deviendras plus grand que le monde. Ensuite, on te montrera à toi-même, sans toi. » 5 ; « Le derviche qui tente de briser son moi charnel, ne crois pas qu’il se fasse des imaginations, là où il demeure avec une croyance pure, ce lieu est meilleur que toute la Création. »6 ; « Ecoute, s’il t’est possible d’écouter : Arriver à Lui, c’est se quitter soi-même. » 7.

Au-delà de cette insistance sur l’expérience d’un lieu où le soi lui-même semble s’évanouir, de nombreux mystiques chrétiens et soufis insistèrent sur la nécessité de vider la conscience de tout « vouloir », de tout désir. Saint François de Sales confia : « ce que je veux, je le veux fort peu ; je n’ai presque point de désirs, mais si j’étais à renaître, je n’en aurai point du tout. (…) Je dis donc qu’il ne faut rien demander ni rien refuser, mais se laisser entre les bras de la Providence divine, sans s’amuser à aucun désir, sinon à vouloir ce que Dieu veut de nous. » 8. Sainte Catherine de Gênes avait également de la voie chrétienne cette vision stoïcienne : « nous ne devons pas désirer autre chose que ce qui nous arrive d’un moment à l’autre » 9.

Aussi, nombre de mystiques chrétiens et soufis, quand ils ont à décrire l’origine ou les causes de l’état de grâce, prescrivent un renoncement complet au monde phénoménal ainsi qu’à tout désir ; un renoncement qui nécessite, pour se parfaire, le dépassement ou l’abandon définitif du soi. Dès lors, comment ne pas approcher la grâce chrétienne ou soufie du nirvana, que les bouddhistes décrivent comme l’état ou se défait l’attachement illusoire au soi, ou se réalise la nature « vide de soi » de l’être ?


GRACE CHRETIENNE ET NON-SOI BOUDDHIQUE


Qu’entendent les bouddhistes quand ils décrivent la nature vide de soi de l’esprit ?

La première fois que le Bouddha entreprit d’exposer sa doctrine du non-Soi (l’anatman (sansk.) ou anatta (pâli)), suivit de quelques jours seulement son tout premier sermon, sur les « Quatre Nobles Vérités ». Cet enseignement a été conservé et retranscrit dans le sûtra anattalakkana-sutta10. Le Bouddha y développe l’analyse bouddhiste des « cinq agrégats », où l’individu est présenté comme une notion illusoire, simple appellation conventionnelle pour rassembler cinq composants : les formes physiques, les sensations, les perceptions, les compositions mentales et la conscience. Le fondateur du bouddhisme résume cette position à travers la célèbre métaphore du char : « Un char n’est autre chose que l’ensemble de diverses pièces (comme les roues, le châssis, le timon, etc.) ; de même, un être vivant n’est autre chose qu’un nom conventionnel pour désigner l’ensemble de cinq agrégats » 11. En démontrant que chacun des agrégats est non-permanent, non satisfaisant et qu’il ne saurait être le siège d’un soi autonome et permanent, le Bouddha attaque et tente de démonter trois « conceptions erronées » : « cela est mien », « je suis cela », « cela est mon soi ». Le Bouddha conclut ainsi le sermon en décrivant le détachement qui conduit au nirvana : « Considérant les choses ainsi, ô bikkhus, le disciple savant réprouve la forme physique, il réprouve la sensation, il réprouve la perception, il réprouve la composition mentale, il réprouve la conscience. Lorsqu’il les réprouve, il est dépourvu du désir. Lorsqu’il est dépourvu du désir, il est libéré du désir. Lorsqu’il est libéré vient la connaissance : « Voici la libération » ; et il sait : « Toute naissance nouvelle est anéantie », la Conduite sublime est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, il n’y a plus rien qui demeure à accomplir, il n’est plus [pour lui] de redevenir » 12.

Aussi, Bouddha conseillait le dépassement ou l’abandon du soi comme voie de libération du désir13, argumentation que l’on peut retrouver chez Marguerite Porete ou Maître Eckhart.



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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 12 Juin 2008, 12:25

GRÂCE CHRETIENNE ET NIRVANA BOUDDHIQUE

COMME EXPRESSIONS DE L’EXPERIENCE HUMAINE, TRANSCULTURELLE, DE LA BEATITUDE


Si l’on tient compte du nombre de similitudes entre les descriptions de l’état d’« éveil » que recherchent les bouddhistes, et ces états de grâce que décrivent les mystiques chrétiens ou soufis, la question de l’origine de ces concordances se pose naturellement.

Il semble que l’hypothèse la plus raisonnable qui puisse permettre d’expliquer ces concordances entre des traditions qui s’étaient ignorées plus de quinze siècles, est que les descriptions de la grâce comme celles du nirvana, trouvent comme fondement non pas une doctrine philosophique, une éthique particulière, un imaginaire symbolique ou mythique, mais bien une expérience humaine, transculturelle, de la béatitude. Dès lors, doit-on s’étonner de ces ressemblances ? Si ces expériences religieuses de la grâce s’ancrent dans l’expérience humaine même, appelant des capacités cognitives ou symboliques spécifiques à l’homme en tant qu’homme, potentiellement disponibles à tous en tant que telles, alors il n’est pas surprenant que de nombreuses religions, mystiques ou spiritualités semblent décrire un même état, par le biais de notions ou images similaires : détachement, union au divin, disparition du soi (dans le divin), « non-soi », vide ou vacuité… etc.

Si l’on pose cette hypothèse que la béatitude, comme état vécu, appartient davantage au potentiel humain qu’à une voie religieuse ou séculière donnée, on peut concevoir que des expériences d’une si profonde intensité aient poussé certains à exprimer cet état en recourant non seulement aux langues de leurs régions, mais aussi aux symboles les plus forts de leur culture : les images et notions religieuses. Emprunter cette hypothèse permet de concevoir les religions, mystiques et métaphysiques comme divers langages symboliques, utilisés par les mystiques pour exprimer l’expérience de la béatitude et en désigner le lieu, les conditions d’émergence…

Cela suffit-il pour concevoir l’essence de la béatitude religieuse comme une expérience spécifiquement humaine, potentiellement disponible à tous en tant que telle ?

Une telle position nécessiterait, pour être tenable, que l’on retrouve en toute tradition spirituelle de semblables expressions de la béatitude - par les images de vides, d’absence de soi, d’annihilation…

Remarquons qu’il est facile de retrouver de telles vues dans certaines traditions indiennes non bouddhistes, comme le yoga et la philosophie sâmkhya. Miréca Eliade avance que « pour le Sâmkhya et le Yoga, le problème est précis. La souffrance ayant pour source l’ignorance de l’« esprit » - c’est-à-dire le fait de confondre l’« esprit » avec les états psychomentaux – l’affranchissement ne peut s’obtenir que si l’on supprime cette confusion. »14. Aussi, pour ces deux disciplines indiennes, la béatitude n’apparaît qu’au prix du détachement de tout ce qui apparaît en l’esprit et que l’on confond avec lui. Pour ces traditions, c’est seulement lorsque le soi ne semble plus apparaître en nous que nous sommes effectivement devenu « lui », c’est-à-dire pleinement « nous-même » au sens hindouiste du terme : l’âtman (l’âme, l’esprit) est reconnu comme étant une émanation de Brahma, le Créateur. Nombre d’Upanishad indiens traitent d’un tel détachement et d’une telle issue. Pour ne citer qu’un exemple, on peut lire dans la Kaivalya Upanishad : « Au-delà du ciel, dans la caverne du cœur, brille Cela où entrent les ascètes. Ceux qui ont saisi le sens du Vedânta, dont l’être a été purifié par la pratique du renconcement, à la fin des temps, dans le monde de Brahmâ [l’espace infini], détachés de tout, ils vont au-delà de l’immortalité. »15.

On pourrait retrouver de telles visions dans le taoïsme ou le néoconfucianisme. Pour le néoconfucianiste Yi Hwang, « l’esprit, entièrement dans le cœur, est en lui-même complètement vide et purement spirituel. »16. Pour les taoïstes, « le saint n’a pas d’esprit propre », comme l’affirme Lao Tseu dans le quarante-neuvième poèmes du Tao-Te-King. « Atteins à la suprême vacuité » prescrit le sage chinois, dans le seizième texte même recueil.


NATURE DE L’EXPERIENCE HUMAINE DE LA BEATITUDE


Il n’est donc pas absurde d’estimer que toutes les mystiques pourraient s’être développées à partir d’une identique expérience de la béatitude. Les mystiques bouddhistes, chrétiens, soufis, taoïstes, hindouistes ou néoconfucianistes, s’accordent sur de nombreux points : la voie qui conduit à la béatitude est généralement décrite comme un renoncement ou un abandon total, un détachement de tout désir, qui ne se parfait que dans un état où le soi lui-même est abandonné, dépassé ou annihilé. D’une façon semblable en bien des aspects à l’éthique stoïcienne, seul celui qui se livre sans réserve au fatum (destin), au tout et à son mouvement naturel (Tao) ou à la Providence (de Dieu, de Brahma, d’Allah), et qui abandonne tout désir pour se tourner vers ce qui est présentement là - le mouvement intime et naturel qui transcende dans sa spontanéité tout acte de volonté - est un candidat potentiel à la béatitude. Ce que ces convergences désignent indubitablement, c’est qu’en toute culture, certaines personnes ont témoigné d’une expérience de profonde transformation intérieure, et qu’elles ont défini par les images de vides ou d’anéantissement ce lieu que Rûmî estimait « meilleur que toute la Création. » 17.

Le plus intéressant sans doute, est que cette universalité de l’expérience qui fonde les descriptions religieuses de la béatitude, nous renseigne sur la nature de cet état. S’il s’agit bien d’une expérience susceptible d’apparaître à tous, c’est que son fondement est à rechercher dans les caractéristiques et capacités spécifiques de l’Homme, celles que tous partagent, et non dans certains systèmes éthiques, métaphysiques, sotériologiques ou symboliques particuliers, culturels, ni non plus seulement dans l’accomplissement de tel ou tel type de rites.

Ici s’ouvre une voie fascinante pour les sciences humaines des religions : elles ont à explorer cette « expérience humaine de la béatitude », et tenter de l’approcher, de parvenir à la connaître, à la décrire, mais en résistant attentivement à la tentation de transcrire cette réalité en un nouveau système conceptuel ou symbolique. Peut-être que la seule issue serait d’emprunter une voie apophatique, de commencer par isoler tout ce qui n’appartient pas directement et exclusivement à l’expérience humaine, transculturelle, de la béatitude, d’apprendre pas à pas à distinguer l’expérience de son expression religieuse, cette conversion du psychisme humain de sa représentation symbolique ou théologique.

Quelques universitaires ont commencé à défricher ce terrain, parmi ceux-là, Mircéa Eliade18, Lilian Silburn19, Michel Meslin20 et Jean Baechler21 s’attachent à isoler et exprimer le fondement universel de l’expérience de la béatitude, les caractéristiques spécifiquement humaines de l’état auquel parvient le mystique. Un tel savoir, s’il est possible de l’achever, transformerait profondément notre perception des mystiques religieuses. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’une telle vision apparaisse progressivement, comme l’un des fruits naturels de la mondialisation culturelle et des multiples rencontres inter-religieuses qui se tiennent depuis près d’un siècle.


NOTES


1. Maître Eckhart, Œuvres – Sermons-traités, Gallimard, Paris, 1989, pp. 153-155.

2. Margueritte Porete, Le miroir des âmes simples et anéanties, Albin Michel – spiritualités vivantes, Paris, 1997, p. 200.

3. Aldous Huxley, La philosophie éternelle, Le Seuil - point sagesse, Paris, 1977, p. 109.

4. Djalâl-od-Dîn Rûmî, Rubâi’yât, Albin Michel – spiritualités vivantes, Paris, 1993, p. 217.

5. Ibid, p. 219.

6. Ibid, p. 209.

7. Ibid, p. 210.

8. Aldous Huxley, op. cit., p. 128.

9. Aldous Huxley, op. cit., p. 129.

10. M. Wijaryaratna, Sermons du Bouddha – La traduction intégrale de 20 textes du canon bouddhique, préfacé par M. Hulin, Editions le Seuil, point sagesse, Paris, 2006.

11. M. Wijaryaratna, Sermons du Bouddha – La traduction intégrale de 20 textes du canon bouddhique, préfacé par M. Hulin, Editions le Seuil, point sagesse, Paris, 2006, pp. 100-101.

12. M. Wijaryaratna, op. cit., p. 105.

13. Pour le lama tibétain Kalou Rimpoché, « de la notion de moi procède nécessairement l’espoir d’obtenir ce qui est agréable et conforte le moi dans son existence ainsi que la crainte de ne pas obtenir ce que l’on désire et de vivre des situations menaçantes. Sur le pôle moi se greffe ainsi l’espoir et la crainte. (…) De la dualité moi-autre se dégagent donc l’espoir et la crainte ainsi que t’attachement et l’aversion », Kalou Rimpoché, La Voie du Bouddha, Le Seuil - Point Sagesse, Paris, 1993, p. 152.

14. Mircéa Eliad, Techniques du Yoga, Gallimard – folio essais, Paris, 1975, p. 40.

15. Kaivalya Upanishad – La solitude comblée, trad. Paul Deussen et Roberto Caputo, Nataraj, India, Pondichéry, 2005, p. 36.

16. Yi Hwang Etude de la sagesse en dix diagrammes, trad. et commenté par Tcho Hye-Young, Editions du Cerf , Paris, 2005, p. 49.

17. Djalâl-od-Dîn Rûmî, Rubâi’yât, Albin Michel – spiritualités vivantes, Paris, 1993, p. 209.

18. Mircéa Eliade, Yoga, Editions Payot, Paris, 1991.

19. Lilian Silburn, Le Vijñana Bhairava, Editions du Collège de France, Paris, 1961.

20. Michel Meslin, L’expérience humaine du divin, Cerf, Paris, 1988.

21. Jean Baechler, Les fins dernières, Hermann, Paris, 2006.


BIBLIOGRAPHIE


Jean Baechler, Les fins dernières, Hermann, Paris, 2006.

Kaivalya Upanishad – La solitude comblée, trad. Paul Deussen et Roberto Caputo, Nataraj, India, Pondichéry, 2005.

Maître Eckhart, Œuvres – Sermons-traités, Gallimard, Paris, 1989.

Mircéa Eliade, Techniques du Yoga, Gallimard – folio essais, Paris, 1975.

Mircéa Eliade, Yoga, Editions Payot, Paris, 1991.

Aldous Huxley, La philosophie éternelle, Le Seuil - point sagesse, Paris, 1977.

Yi Hwang Etude de la sagesse en dix diagrammes, trad. et commenté par Tcho Hye-Young, Editions du Cerf , Paris, 2005.

Kalou Rimpoché, La Voie du Bouddha, Le Seuil - Point Sagesse, Paris, 1993.

Margueritte Porete, Le miroir des âmes simples et anéanties, Albin Michel – spiritualités vivantes, Paris, 1997.

Djalâl-od-Dîn Rûmî, Rubâi’yât, Albin Michel – spiritualités vivantes, Paris, 1993.

Lilian Silburn, Le Vijñana Bhairava, Editions du Collège de France, Paris, 1961.

M. Wijaryaratna, Sermons du Bouddha – La traduction intégrale de 20 textes du canon bouddhique, préfacé par M. Hulin, Editions le Seuil, point sagesse, Paris, 2006.


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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 12 Juin 2008, 22:03

Citation :
[...] Si tu t’abaisses, tu deviendras plus grand que le monde. Ensuite, on te montrera à toi-même, sans toi. »[...]


[...]« âme est tombée d’amour en néant, un néant sans lequel elle ne peut être tout entière. [...]

[...]traditions, c’est seulement lorsque le soi ne semble plus apparaître en nous que nous sommes effectivement devenu « lui », c’est-à-dire pleinement « nous-même » au sens hindouiste du terme : l’âtman (l’âme, l’esprit) est reconnu comme étant une émanation de Brahma[...]



Je PICORE....


Rappel: le Soi , le Moi, le surmoi dans certaines traductions de messages récents ( canalisations) , le A Y AM ...faut redéfinir...: Le vrai Y AM n'est autre que le vivant omniprésent Un avec le Tout ( ou néant)

idem pour désir car même les bouddha ont pris des décisions et agit!!!



autre chose: vivre au présent: le fait est que vivre au présent peut faire qu'en cessant de désirer l'action ( mais AUSSI en ne désirant pas l'inactions, lol!!!!!) ont agit aussi mais dans une autre souplesse....ça me fait penser à la notion d'évidence..on agit parce que....silence ..c'est ainsi, évident et donc on n'est ni fiers ni orgueilleux ..mais heureux souvent!

Gag: le bouddha il a dit qu'il n'avait pas d'existence propre de son côté!

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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Jeu 12 Juin 2008, 22:13

Tu manquais Mireille!

Bises à toi,
Serena

:898:
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MessageSujet: Maitre ou sans maitre telle est la question!   Sam 19 Juil 2008, 03:17

C’est curieux la vie. Je n’ai pas demandé consciemment cette montée de kundalini et elle m’est arrivée sans activation consciente.



Je me pose de sérieuses questions sur l’activation et les motivations des gens. Croyez-moi, ce n’est pas de la tarte avoir ses chakras chargés et composer avec cette énergie. Pourquoi voulez-vous à tous prix vous faire charger?



J’ai rencontré plusieurs gurus et lamas dans ma vie et je sais que certains d’entres-eux ont chargé, nettoyé mes chakras mais jamais je n’ai reçu d’offre. Cela arrivait naturellement. C’est pourquoi je me méfie toujours des offres quand je ne les cherche pas. Un bon guru est là au bon moment, il ne me cherche pas…



Je sais que c’est au moment le plus fragile que nous faisons parfois de faux pas. Je voulais seulement le partager avec vous. L’activation des chakras selon moi est un appel, ce n’est pas un choix. Si vous saviez la manipulation qui peut s’ensuivre, je vous en passe un papier!



J’ai rencontré, il y a 5 ans un beau fou dont je suis tombée éperdument amoureuse et il connaissait les techniques d’activations. Le snoro est pénétré dans mes rêves et s’en est suivi une manipulation tellement dangereuse que j’ai failli en rester là.



En fait, cette expérience a transformé ma vision des gurus. Les meilleurs sont ceux qu’on reçoit au bon moment.



Bonne fin de semaine!
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Sam 19 Juil 2008, 13:01

Bonjour Rhéa,

Pour ma part , je n ai aucun maître!

J en ai rencontré beaucoup pourtant, et tous m ont apporté quelque chose...
cependant pas "forcément" ce qu ils espéraient...
le discernement, l affirmation de qui je suis, le pardon, et la tolérance sont les leçons que j en ai retirées, après avoir parfois beaucoup pleuré, sur moi, mais aussi pour eux!

Beau week end à toi Rhéa


richel
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Dim 20 Juil 2008, 03:27

chère Ambre,

Merci pour ton mot. Ta dernière phrase fait son chemin dans mon coeur, pleurer pour ses guides. Serait-il possible que tu nous explique ton chemin?

J'ai rarement vu ces mots. La plupart des gens que je connais, n'ont pas eu cette ouverture. Cela prend beaucoup de coeur. La plupart se sont réfugiés dans leur propre clan et se sont fermés à la différence. Je les comprends c'est plus facile de se conforter dans nos croyances.

tu vois, moi j'en suis encore à la colère. Le pardon est difficile et je sais au fond de moi que c'est ma médecine. Ces guides ont bien fait le travail mais il y a cette trahison qui me fend le coeur et je souhaite de toute mon âme arriver au pardon. Marcher mon chemin de larmes et accepter tout simplement.
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MessageSujet: Re: Éveil, Illumination... Y a-t-il une pédagogie ?   Lun 21 Juil 2008, 17:00

Bonjour Rhéa,


Citation :
Merci pour ton mot. Ta dernière phrase fait son chemin dans mon coeur, pleurer pour ses guides. Serait-il possible que tu nous explique ton chemin?
Comme mentionné dans ma présentation et celle du forum, mon parcours de vie est inscrit entre ces lignes qu est la reliance
de l Antahkarana...
richel



Citation :


A ceux qui suivent ce forum, il s inscrit dans tous les sujets que je partage et qui sont
des "post -it",
mon parcours, mon évolution, ma re-co-naissance!

Libre à vous de faire de même!
Si ce chemin fût difficile,je ne regrette rien et ai pu pardonner à toutes ces" âmes "qui m ont fait grandir!

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