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 ...BLESSURE D'ABANDON...

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Souffrez vous d 'une blessure d' abandon suite à
 -un abandon lors de votre enfance
 -un abandon lors de votre vie d' adulte, séparation, divorce...
 -un abandon suite à la perte d' un ami ou d' un parent décédé...
 -je ne suis pas concerné
 -autres
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AMBRE

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MessageSujet: Re: ...BLESSURE D'ABANDON...   Ven 18 Jan 2013, 11:14



Merci l'Azuréen!


Chez les philosophes grecs et dans les traditions orientales, la sagesse « Sophia » est l'idéal de la vie humaine. Il (l idéal), elle (La Sagesse) peuvent tout deux se définir comme un état de réalisation qui s'appuie sur une connaissance de soi et du monde, s'accompagne d'un bonheur suprême et correspond à l'état de perfection le plus élevé que puisse atteindre un humain.
La sagesse est donc le "savoir être heureux" ou encore expérimenter "la science "du bonheur. Mais, et, plusieurs chemins sont possibles...

T'Ambrasse
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MessageSujet: Re: ...BLESSURE D'ABANDON...   Ven 07 Mar 2014, 11:44

sujet remonté avec le sondage et ce lien proposé par Roger Fiammetti:
http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1898695&channel=vivacite
:
Ambre a écrit:
GUÉRIR LA BLESSURE D'ABANDON
par
DANIEL DUFOUR
Extraits de son livre La blessure d'abandon, p. 107 à 137
Les Éditions de l'Homme, 2007



Le terme abandonnite désigne à la fois le sentiment d'abandon et les troubles physiques et psychiques, multiples et divers, éprouvés par la personne souffrant d'abandon, de rejet ou d'exclusion. Ce terme traduit la souffrance de celui qui, à tort ou à raison, se sent abandonné... À l'origine de l'abandonnite, il y a toujours un abandon vécu. Cet épisode a eu lieu soit pendant la vie fœtale, soit au cours de la prime enfance ou l'enfance. Hormis les abandons liés à l'exil, à la guerre, à la maladie ou la vieillesse, il est rare que le premier abandon ait lieu durant la vie adulte. (p. 16)

Comment guérir de l'abandonnite? La voie médicale non institutionnelle: la maladie espoir

Toute personne ayant lu ce qui précède (la voie médicale classique: la maladie fatalité) aura compris qu'il existe une autre façon d'approcher la souffrance et la maladie. Comme je l'ai déjà écrit, c'est à celle-là que va ma préférence.

L'urgence consiste non pas à expliquer ce qui s'est passé, mais à recentrer le patient sur le moment présent, qui est le temps dans lequel il vit et le seul pouvant lui permettre de reprendre contact avec lui-même. L'urgence consiste non pas à discuter de ce qui est survenu ni à comprendre ce qui s'est passé, mais à reconnaître les émotions qui ont été ressenties et vécues lors de l'abandon. Tels sont les deux volets de l'attitude à adopter si l'on veut permettre à la personne souffrante de guérir de ce dont elle souffre, qui n'est pas une maladie fatalité, mais bien une maladie espoir.

Le symptôme ami

Dans cette approche, les symptômes présentés par Émilie ne sont plus des ennemis, mais plutôt des signes que son corps lui adresse afin de lui faire comprendre quelque chose. Ils ne sont plus des choses à combattre, mais des indicateurs importants qui, s'ils sont interprétés pour ce qu'ils sont, permettront à Émilie de guérir pour peu qu'elle fasse ce qu'il faut. Dans cette approche, le corps n'est pas un ennemi, mais bien au contraire un ami qui présente un message à celui ou celle qui souffre afin de lui permettre de se prendre en charge et d'aller vers le mieux-être.

Revenons à Émilie et à ses symptômes: qu'est-ce que son corps essaye de lui dire à travers tous ses signes? La fatigue, les troubles du sommeil, l'irritabilité excessive, tous sont faits pour attirer son attention sur la tension qui existe en elle. Ces manifestations sont très physiques et très parlantes, et il n'y a pas besoin d'avoir entrepris des études très poussées pour le comprendre. Une tension ne peut exister qu'à partir du moment où deux parties ou deux ensembles, au minimum, s'opposent. Quelles sont ces deux parties chez Émilie?

Souvenons-nous d'une chose essentielle: l'être humain vit dans le moment présent et c'est seulement quand il vit dans ce moment présent qu'il est en contact avec ce qui est à la base de la vie, soit:

les émotions: la joie, la tristesse, la colère sous toutes leurs formes;
les envies et les non-envies;
toute la partie utile de son cerveau, notamment la mémoire et la capacité de réflexion;
l'intuition, la créativité, l'enthousiasme, la spontanéité et bien d'autres qualités encore;
l'Amour.
Quel signe le corps de l'être humain lui donne-t-il afin de lui dire qu'il vit bien au présent? Une détente que la personne ressent physiquement. Quel signe le corps de l'être humain lui donne-t-il afin de lui dire qu'il ne vit pas au présent? Une tension qui, lorsque la personne dispose d'un minimum de conscience d'elle-même, est parfaitement perceptible physiquement. Cette tension se manifeste sous diverses formes que la personne, si elle se situe par rapport au futur, appelle "appréhension", "peur", "angoisse", "panique", "phobie", selon son intensité; si la personne se situe par rapport au passé, elle l'appellera plutôt "regrets", "remords", "culpabilité", toujours selon son intensité. Quel signe le corps de l'être humain lui donne-t-il quand ce dernier ne perçoit plus, ne ressent plus, ne vit plus les émotions de joie, de tristesse ou de colère? De nouveau, une tension, très perceptible sur le plan physique, qui prend la forme d'un nœud, de crispations, d'une boule et d'une multitude d'autres manifestations physiquement palpables. Dès que la personne souffrante se donne à nouveau la permission de percevoir, de ressentir et de vivre ses émotions, une détente quasi immédiate survient et elle le perçoit aussitôt physiquement.

Nous pouvons multiplier les exemples, nous verrons que, chaque fois que l'être humain bloque ce qui fait de lui un être humain, son corps le lui dit immédiatement par une tension plus ou moins intense. Ainsi, notre corps peut être considéré comme notre meilleur ami, celui qui nous avertit du danger qu'il y a à ne plus être dans le moment présent et en contact avec nous-mêmes. Le corps, à travers les tensions qui l'animent, nous dit que notre mental est en train de prendre le contrôle de notre personne. Comme nous l'avons déjà mentionné, le mental, ou l'ego, est responsable de:

nous couper du moment présent et nous précipiter dans le futur avec son cortège de peurs, d'angoisses et de perte de confiance en soi, ainsi que dans le passé avec son lot de culpabilité et de regrets;
nous couper de nos émotions à un point tel que nous ne sommes parfois même plus conscients que nous en avons;
nous faire nous comparer aux autres avec ce que cela implique: des jugements, l'impression d'être inférieur ou supérieur, d'être normal ou anormal;
nous inciter à faire "ce que l'on doit" et"ce qu'il faut faire", au mépris de ce que nous désirons;
nous amener à toujours faire passer les autres avant nous au risque de ne pas nous respecter;
nous empêcher d'avoir des envies et même des non-envies;
nous empêcher de ressentir nos désirs et nos non-désirs;
nous plonger dans des pensées vides et des illusions;
nous empêcher d'être en contact avec ce qui fait de nous des êtres à part entière, doués d'intuition, de créativité, et de multiples autres qualités.
En bref, notre mental nous empêche de nous aimer, il représente le véritable non-amour. Notre chance est que, dès qu'il intervient sous une forme ou sous une autre, notre corps nous le dit, en vrai ami qu'il est. Malheureusement, nous ne l'écoutons pas, ou si peu, nous ne tenons pas compte de ses avertissements. Que se passe-t-il alors? La tension perdure tant que le mental tient le haut du pavé et reste la vedette. Dans un premier temps, une série de symptômes apparaît que nous pouvons regrouper sous les mots fatigue-stress. Les signes en sont les suivants:

de la fatigue en se levant le matin, que la personne peut traîner une partie de la journée ou toute la journée;
des coups de fatigue subits apparaissant à heure fixe;
des troubles du sommeil pouvant se manifester par de la difficulté à s'endormir ou des réveils uniques ou multiples au cours de la nuit accompagnés ou non d'un sentiment de tension ou d'angoisse;
une impossibilité de se souvenir de ses rêves ou l'apparition de cauchemars récidivants;
une augmentation de l'irritabilité et de la vulnérabilité ainsi qu'une éventuelle sensation de lassitude pouvant aller jusqu'à des pensées suicidaires;
une diminution importante de la concentration et de la mémoire;
une diminution ou une perte de la libido.
Tous ces signes, qui peuvent être nombreux ou présents de façon plus parcimonieuse, sont des alertes sérieuses que notre corps nous adresse afin de nous avertir que nous ne nous respectons pas, soit parce que nous ne nous permettons pas d'être dans le moment présent, soit parce que nous ne sommes pas en contact avec nous-mêmes. Notre corps essaye d'attirer notre attention en nous disant que nous sommes dirigés par notre mental et plus du tout en harmonie avec nous-mêmes.

Si notre mental continue de mener la danse et que nous persistons à ne pas écouter notre meilleur ami, notre corps, celui-ci va faire en sorte d'attirer notre attention en nous confrontant à des événements plus graves: une maladie ou un traumatisme.

La science a prouvé qu'à partir du moment où une tension existe et perdure, nos défenses immunitaires deviennent incapables de remplir leur rôle contre les agressions. Ces défenses immunitaires sont excessivement complexes et merveilleusement efficaces pour nous protéger contre les attaques des virus et des bactéries qui se trouvent dans notre environnement. Une culture bactérienne de notre peau montrerait, par exemple, que s'y trouvent des milliers de bactéries appartenant à des familles différentes parfaitement en équilibre et inoffensives tant que nos défenses naturelles fonctionnent. Sous l'effet d'un stress, autre mot désignant la tension, nos défenses peuvent devenir inefficaces; un déséquilibre dans la proportion des différentes familles de bactéries peut alors survenir. C'est ainsi qu'une prédominance de bactéries spécifiques, tels les streptocoques, peut entraîner des infections se manifestant par des boutons sur la totalité ou sur une partie du corps. Le phénomène est identique pour les cellules anormales que notre corps fabrique quotidiennement: ces cellules sont prises en charge par notre système immunitaire qui les élimine très vite avec une grande efficacité. Lorsque des tensions durables existent, les cellules qui ont la charge de ce nettoyage quotidien deviennent inefficaces; c'est ainsi que des tumeurs bénignes ou malignes peuvent apparaître. De même, notre corps est parfaitement équipé pour nous protéger contre des déchirures de muscles ou de tendons; il dispose également de tout un système réflexe et de vigilance ainsi que d'une grande capacité de concentration capables de nous préserver de toutes sortes d'accidents et de traumatismes.

À partir du moment où ces systèmes de défense sont paralysés ou inefficaces, un virus donné peut s'exprimer librement sans être inquiété. Prenons l'exemple du virus de l'herpès, et choisissons celui qui s'exprime sous la forme de l'herpès labial, communément appelé "bouton de fièvre" ou "feu sauvage", qui touche les lèvres. Une fois transmis à la personne, le virus va être pris en charge par le système de défense qui l'empêche de s'exprimer sous sa forme usuelle: des vésicules herpétiques provoquant des démangeaisons très douloureuses au niveau des lèvres. Il suffit d'un choc psychologique, d'une trop longue exposition au soleil ou d'un surcroît de fatigue pour que le bouton de fièvre fasse son apparition. Ces chocs de différentes natures diminuent la résistance de la personne; du même coup, le virus peut s'exprimer et le bouton de fièvre apparaît. C'est la façon qu'a le corps de dire à la personne souffrant d'herpès labial qu'elle ne prend pas correctement soin d'elle-même. Nous avons pris l'exemple du virus, mais il est bien évident que cela est valable pour tous les agresseurs potentiels du corps.

Ainsi, notre corps nous parle à tout moment et nous donne des renseignements sur nous-mêmes à travers deux signes très simples: la détente et la tension. S'il recourt à des signes plus précis, c'est que nous avons oublié ou refusé d'entendre le premier avertissement. Et rappelons-nous bien que cet oubli, ou ce refus, relève de notre mental. Le corps d'Émilie parle avec force, il essaye de lui envoyer des messages, mais elle ne désire pas les entendre, d'autant plus qu'on ne lui a pas appris à les écouter. Que lui dit-il? La réponse, au vu de ce qui a été exposé, semble à présent évidente: son mental dirige; soit il la tire hors du moment présent pour la plonger dans le passé ou le futur, soit il la coupe de ses émotions, soit il fait les deux.

Être son propre guérisseur

La voie médicale non institutionnelle va par conséquent s'attacher à aider la personne souffrante à mettre en œuvre deux actes distincts mais complémentaires, qui sont, par ordre:

éteindre, c'est-à-dire faire taire son mental pour se situer ici et maintenant;
reconnaître, ressentir et exprimer ses émotions.
Nous aborderons ces deux volets de façon détaillée un peu plus loin, mais soulignons déjà certains avantages de cette voie.

Elle responsabilise la personne face à la maladie dont elle souffre. Ce point me semble être la particularité essentielle de cette approche. Responsabiliser la personne revient à lui dire que sa maladie n'est pas venue "comme ça", mais pour lui transmettre un message, à savoir qu'elle ne s'écoute plus et ne se respecte plus depuis un temps plus ou moins long... Dire à un être humain qu'il est responsable de son mal-être comme de son bien-être est à mes yeux la plus grande preuve de respect que l'on puisse lui témoigner. Cela revient à lui dire: "Tu existes. Tu as la possibilité, le pouvoir et le droit de souffrir, de tomber malade ou de te faire du mal, de même que tu as la possibilité, le pouvoir et le droit de ne pas souffrir, de guérir, de bien te porter et de te faire du bien." C'est aussi lui dire qu'il est tout-puissant vis-à-vis de lui-même et que personne d'autre que lui ne peut guérir à sa place ou le guérir. C'est aider la personne à retrouver sa capacité à vivre pleinement le moment présent et à retrouver son autonomie, la maladie correspondant à une perte d'autonomie, à une démission face à la vie et à une soumission au mental. Quant à celui qui est censé aider, il doit faire preuve d'une grande humilité et témoigner à la personne souffrante une profonde confiance en ses capacités à progresser vers le mieux-être et la guérison.

Elle ne donne aucune prise aux médicaments, quels qu'ils soient. Ceux-ci peuvent être employés de façon très spécifique, pendant une courte période, afin de soulager certains maux, mais en aucun cas ils ne sont une finalité en eux-mêmes. Les antidépresseurs et les autres médicaments de ce type seront dans la mesure du possible évités, car ils masquent ou diminuent la perception et le rapport aux émotions qui doivent être ressenties et exprimées pour qu'un mieux-être apparaisse. La voie non institutionnelle favorise le vécu des émotions bloquées par le mental. Toute médication ou approche thérapeutique allant dans le sens contraire ne peuvent être considérées comme valables à moyen et long terme.
Elle permet à la personne souffrante de se battre pour elle-même et non contre la maladie ou contre des symptômes... C'est une vérité absolue. Lutter contre n'est pas positif et ne devrait pas constituer une fin en soi; lutter pour soi-même est la seule chose qui soit réellement importante. Vivre bien et heureux ne constitue-t-il pas, finalement, le but essentiel? L'intention qui sous-tend ce que l'on entreprend est très importante: dans le cas d'une "lutte contre", notre intention est de vaincre dans un combat qui nous oppose à un virus, une bactérie ou des cellules anormales. Afin de parvenir à notre but, nous employons divers moyens qui visent la destruction de "l'ennemi" avec tous les effets secondaires connus, sans nous poser aucune question sur nous-mêmes et notre maladie. C'est ainsi que l'on en arrive à de véritables contradictions: la médecine utilise certains médicaments très puissants, bien qu'elle sache qu'ils font encourir des risques vitaux au patient. Au contraire, si l'intention de fond est de lutter pour soi ou pour le patient, l'approche privilégiera la personne, non le traitement, et ce afin d'aider celui ou celle qui souffre à retrouver sa dignité et son autonomie en tant qu'être humain à part entière. Quoi de plus beau que cette démarche?
La méthode OGE

Mais comment faire de façon pratique? En suivant une méthode qui a déjà été décrite dans mes livres21 et qui a surtout démontré son efficacité au fil de ses dix ans d'existence dans des stages. Cette méthode s'appelle la méthode OGE. Son nom, comme le lecteur l'aura sans doute compris, est le reflet inversé du mot EGO. Il s'agit donc de parler du mental à l'envers. Cette approche est un outil- non une finalité! - extrêmement utile et performant qui peut permettre, suivant le cas, de préserver sa santé ou d'évoluer vers la guérison. Elle comporte trois piliers essentiels:

éteindre son mental;
reconnaître, ressentir et exprimer ses émotions;
retrouver son savoir inné.
Les deux premiers piliers sont ceux que va devoir utiliser Émilie si elle veut mieux se porter. Abordons-les dans l'ordre pour comprendre comment l'approche OGE fonctionne.

1. Éteindre son mental ne signifie pas le maîtriser

La technique est simple et la mettre en pratique n'est pas sorcier. Il n'est pas besoin d'avoir fait de longues études. Le but est de se retrouver au moment présent, dans l'ici et maintenant, et par conséquent de quitter le passé et le futur. Le moyen utilisé consiste à faire porter son attention sur son corps physique et sensoriel. D'autres verbes et expressions peuvent être utilisés: "Se retrouver", "Entrer en contact avec soi", "Se recentrer" sont synonymes. Le corps physique se définit comme l'ensemble de toutes les parties du corps depuis les orteils jusqu'à la tête. Le corps sensoriel comprend les cinq sens qui sont à notre disposition: le toucher, l'ouïe, l'odorat, la vue et le goût. Toute approche qui aide la personne à reprendre contact avec son corps physique et son corps sensoriel est parfaitement valable.

Faire taire son mental est un moyen fantastique dont nous disposons pour nous débarrasser de nos peurs, de notre manque de confiance en nous-mêmes, de nos angoisses et de nos paniques. Cela nous permet aussi de nous défaire de nos remords et de notre culpabilité. Toutes les tensions physiques et psychologiques générées par le mental et qui nous sortent du moment présent pour nous projeter dans le futur et le passé peuvent ainsi être éliminées. Bien entendu, le mental va continuer de se manifester, mais plus l'exercice est pratiqué, plus vite nous nous rendons compte qu'il est de nouveau à l'œuvre, et plus vite nous pouvons mettre un terme à son activité. Cela nous permet progressivement d'empêcher le mental de nous diriger, et de revenir à notre essence.

Cette approche n'est pas une lutte contre notre mental. Il ne s'agit pas de considérer celui-ci comme un ennemi, mais simplement de nous accorder le droit d'exister pleinement, débarrassés du brouhaha qui règne la plupart du temps dans notre tête, ainsi que de l'ignorance et des illusions dans lesquelles notre mental nous maintient. Il n'y a pas de combat contre lui, mais simplement une mise en application de techniques simples permettant de retrouver la détente physique et psychologique, le calme et une certaine sérénité. Car tel est l'immense cadeau que cette technique apporte à celles et à ceux qui la mettent en pratique. Imposer silence à son mental peut se faire dans tout lieu et en toute circonstance, compte tenu qu'il n'y a pas besoin de matériel spécifique, mais seulement d'une volonté de se faire du bien qui prend sa racine dans le cerveau, non dans le mental.

Un autre grand avantage qu'il y a à faire taire notre mental est que cela nous permet de reprendre contact avec nous-mêmes, c'est-à-dire avec nos émotions, notre savoir inné et notre noyau fondamental...

Pourquoi se remettre au moment présent pour retrouver une émotion de colère ou de tristesse liée à un événement passé? Cela peut en effet paraître inutile. En réalité, si l'événement appartient à notre passé" récent ou lointain, l'émotion, qui n'a pas été vécue en son temps, elle, est toujours bien vivante en nous, intacte et entière. Et elle l'est au présent puisque le seul moment dans lequel nous vivons est l'ici et maintenant. Il nous faut donc nous situer nous-mêmes au présent pour la retrouver, la ressentir et l'exprimer, ce qui implique de faire taire notre mental.

Faire taire son mental se différencie de toutes les techniques dont le but est de maîtriser ou de gérer le mental. Celles-ci ont un objectif précis: faire que la personne contrôle son mental afin de ne pas être contrôlée par lui. Les approches utilisant des techniques de maîtrise du mental restent ainsi dépendantes du mental, qui est domestiqué par ces techniques, mais reste toujours actif. La conséquence est importante: le mental étant toujours actif, il devient très difficile, voire impossible, d'entrer en contact avec les émotions et le savoir inné...

En parvenant à éteindre son mental, l'abandonnique commence à échapper à la peur et à la culpabilité, qui sont, comme nous l'avons vu, ses plus fidèles compagnes. Toutes les "pensées dans le vide", générées par le mental, disparaissent dès qu'il se situe au présent. La peur d'être "abandonné demain parce que je l'ai été hier" ou la culpabilité à l'idée de "ne pas avoir été à la hauteur" cèdent la place au constat de la réalité: "Je suis maintenant avec l'autre qui est à mes côtés." Le manque de confiance en soi disparaît dès que l'abandonnique accepte de se mettre en contact avec son corps physique et sensoriel. Bien entendu, cela ne dure que le temps pendant lequel le mental cesse d'intervenir. Mais ne serait-ce qu'apercevoir cette autre réalité, même de façon furtive dans un premier temps, c'est déjà une lumière dans l'obscurité.

Il faudra ensuite de la persévérance et de la constance à l'abandonnique pour parvenir à faire que ces courts moments deviennent de plus en plus longs et durables. C'est ainsi qu'il se rendra progressivement compte que ses peurs, son sentiment de culpabilité, son manque de confiance en lui et tous les jugements dévalorisants qu'il porte sur sa personne ne sont que des inventions de son mental. L'abandonnique prendra conscience du fait que, si son mental lui a sauvé la vie dans son enfance ou sa jeunesse, il est désormais devenu inutile, voire dommageable, car il l'empêche de vivre sa vie et de profiter pleinement de celle-ci. Tout au plus pourra-t-il le remercier pour l'aide vitale qu'il lui a apportée dans le passé, mais il devra désormais avancer dans la vie sans lui. L'abandonnique va devenir conscient de la différence essentielle existant entre la solitude et l'isolement: l'isolement est l'absence de l'autre vécue comme un manque et ressentie comme une souffrance; la solitude est un état de présence à soi-même et de bien-être qui ne peut être ressenti qu'au présent.

Progressivement, l'abandonnique prend conscience des qualités qui font de lui un être unique et ayant de la valeur... En étant davantage dans le moment présent, l'abandonnique parvient à être beaucoup plus en contact avec lui-même. L'activité de son mental étant stoppée, il peut prendre conscience de la personne qu'il est, et se rend compte qu'il est très souvent dans le faire plutôt que dans l'être. Cette prise de conscience est importante, car c'est grâce à elle que l'abandonnique va redécouvrir ce qui fait de lui un être beau et unique. Il va pouvoir, par la même occasion, reprendre contact avec sa créativité, son intuition, son savoir inné, et découvrir qu'il a au fond de lui des richesses oubliées et inexploitées qui ne demandent qu'à être utilisées. Bien entendu, son mental se manifeste régulièrement et joue son rôle de sape qui fait dire à l'abandonnique "Tout cela est bien beau mais ..." Il faut alors de nouveau éteindre son mental, parvenir à ne plus dire "mais", qui est un synonyme de frein, d'inaction et de non-amour. Ce n'est qu'en persévérant dans cette voie que l'abandonnique pourra retrouver une estime de lui-même, acquérir une plus grande confiance en lui et s'autoriser à être davantage à l'écoute des besoins réels et profonds qu'il a si longtemps niés et ignorés. C'est en s'accordant ces petites "touches d'amour" que l'abandonnique va prendre conscience qu'il existe par lui-même, qu'il a une valeur certaine et qu'il n'a pas besoin de l'assentiment des autres pour s'autoriser à vivre.

Mais vivre au présent en faisant taire son mental met l'abandonnique face à ses émotions. Il lui faut alors impérativement passer à la seconde étape afin de poursuivre son chemin vers la guérison: reconnaître, ressentir et exprimer ses émotions.

2. Reconnaître, ressentir et exprimer ses émotions

Comme nous venons de le voir, la première étape est essentielle. À moins d'éteindre son mental, il est illusoire et impossible d'accéder aux émotions. Une émotion ne peut en effet être reconnue, ressentie et exprimée tant que le mental est en activité puisque le rôle de ce dernier est de nous couper de ce que nous ressentons. Souvenons-nous aussi de ce que l'abandonnique a énormément de difficulté à s'accorder le droit de ressentir les émotions de colère liées à son abandon. Il est par conséquent capital qu'il puisse se retrouver dans son corps physique et sensoriel afin de s'autoriser à évoluer sur le plan émotionnel.

Reconnaître les émotions générées par l'abandon peut être difficile pour de multiples raisons. Ces raisons, nous allons le voir, sont toutes liées au mental. La personne souffrant d'abandonnite a vécu un événement initial lors duquel elle s'est sentie abandonnée. Sa réalité est par conséquent d'avoir été délaissée, par une ou plusieurs personnes, à un âge où l'enfant qu'elle était se trouvait dans l'impossibilité de survivre par lui-même et dans une dépendance absolue vis-à-vis des personnes qui le rejetaient. Qui plus est, l'abandon est, d'une part, un acte qui dure un certain temps, de quelques heures à quelques années, et, d'autre part, un acte perpétré par des êtres proches de celui qui subit cette violence. Le choix de la victime est alors simple: soit mourir et nous avons vu qu'une partie des victimes font ce choix, soit vivre, mais en se protégeant de l'agression vécue...

Le mental... est à la source de nombreux actes qui sont devenus des sortes de "réflexes conditionnés". C'est ainsi que l'abandonnique abandonne l'autre avant de l'être lui-même, ou ne s'investit pas dans une relation par peur de souffrir, comme nous l'avons vu dans les chapitres précédents. La personne souffrant d'abandonnite est très bien équipée pour ne pas reconnaître qu'elle a des émotions et ne pas s'accorder le droit d'avoir ces émotions. Cette reconnaissance va pourtant devoir se faire, en trois étapes:

reconnaître l'abandon;
reconnaître les émotions liées à l'abandon;
s'accorder le droit d'avoir des émotions, de les ressentir et de les exprimer.
Si la personne souffrante ne passe pas par ces trois étapes, elle persistera à nier le fait qu'elle a été l'objet d'un acte d'une violence extrême et continuera à subir toutes les conséquences liées à cette non-reconnaissance. De plus, il lui sera impossible de ressentir ses émotions, passage obligatoire avant de pouvoir les exprimer. Cela dit, souvenons-nous de cette règle d'or: il est absolument contreproductif d'essayer de prouver à une personne souffrant d'abandonnite qu'elle a été abandonnée. Seule elle-même est capable de parvenir à cette conclusion, et il n'appartient à personne, pas plus aux thérapeutes qu'aux autres, de le faire à sa place.

Reconnaître l'abandon

Nous avons déjà vu que l'abandonnique est passé maître dans les manœuvres d'évitement lorsqu'on aborde avec lui la cause de ses souffrances. De plus, il est très souvent parvenu à"oublier" l'événement initial. Certes, celui-ci reste parfaitement imprimé dans son subconscient, mais il n'est plus présent à sa conscience. C'est souvent à partir d'un dialogue ou d'une lecture que la personne souffrante accepte de commencer à se poser la question de savoir si elle a pu être victime d'une "chose pareille". Les mots ont leur importance et le mot "abandon" est le plus souvent inacceptable pour une personne souffrant d'abandonnite. Il est en effet trop fort et trop "chargé" pour pouvoir d'emblée être adopté par celle-ci. Le plus souvent, un événement vécu remonte à la surface: "C'est à la suite de la séparation d'avec ma femme que j'ai commencé à me sentir mal", me disait Jacques. Mais cet événement, pour celui qui le subit, n'est pas lié à un abandon. Il est la suite logique de ce qui a été vécu, et non vécu, par un abandonnique qui s'ignore...

Nous n'en sommes pas encore au stade de la découverte de l'abandon initial, celui de la prise de conscience de l'iceberg que cache l'événement actuel. Nous en sommes au moment de l'initiation à une démarche visant à aboutir, à plus ou moins long terme, à la découverte d'un événement premier; démarche qui doit permettre à l'abandonnique d'aller de l'avant dans la guérison définitive de son abandonnite. Nous n'en sommes encore qu'au niveau intellectuel de l'acceptation, avec le cerveau, du fait qu'il y a eu un acte d'abandon, même si le mot n'est pas celui qui est utilisé.

Reconnaître les émotions liées à l'abandon

Du fait de notre mental, le mot"abandon", ou ses synonymes, peut rester un simple mot et n'être relié à aucune émotion. Je suis toujours étonné de notre capacité à prononcer des mots sans ressentir du tout l'émotion qui se trouve derrière. L'abandonnique ne fait pas exception à cette règle. Après avoir accepté intellectuellement qu'il a été quitté ou abandonné par l'autre, il a l'impression (ou il fait semblant!) d'en avoir terminé avec son traitement. Il n'en est évidemment rien, car une reconnaissance intellectuelle n'est en aucun cas synonyme de mieux-être... Il va donc falloir que la personne souffrante se pose la question de ce qu'elle ressent comme émotion.

Que peut-on ressentir lorsque l'on est abandonné ou que l'on se sent abandonné? Le mot "ressentir" est très souvent interprété par la personne comme une invitation à dire ce qu'elle pense du fait qu'elle a été abandonnée. Elle va par conséquent partir dans une grande diatribe sur ce qu'elle pense ou ne pense pas par rapport à cet acte. Si elle réalise que la question posée ne concerne pas ce qu'elle pense, mais bien ce qu'elle ressent un silence règne souvent, car pas plus que la plupart d'entre nous elle n'est habituée à se pencher sur ses émotions, trop occupée à réfléchir avec son brillant mental.

Après ce moment de silence, un autre type de réponse est parfois fait: "Je me sens abattu, fatigué" ou "Je suis sans ressort, comme épuisé", ou encore: "Je me sens démotivé." Il arrive aussi que la personne décrive ce dont elle souffre sur le plan physique... La question s'impose alors naturellement: "Que ressentez-vous?" Deux réponses sont possibles, car il n'y a pas pléthore de familles d'émotions: la tristesse ou la colère. En se penchant sur le sujet de façon intellectuelle (puisque nous en sommes toujours à ce niveau!), l'abandonnique, par réflexe, se refuse le droit d'être triste: "Je n'ai pas pour habitude de m'apitoyer sur moi-même", dit-il; il ne s'autorise pas davantage à être en colère "Je ne suis pas quelqu'un de colérique." S'il accepte d'avancer dans sa réflexion, la tristesse va souvent lui apparaître comme plus acceptable - car mieux acceptée! - que la colère. Il va cependant minimiser sa tristesse; il dira, par exemple, qu'il est triste "mais pas énormément" ou que sa tristesse n'est pas assez importante pour qu'il pleure. Toutes les excuses lui sont bonnes pour ne pas accepter réellement et franchement que l'acte d'abandon qu'il a subi génère inévitablement de la tristesse.

Inutile de dire que, vis-à-vis de la colère, le mental va se déchaîner. En fait, il va tout faire pour nier cette émotion qui est pourtant au cœur de tout abandon. Tout d'abord, le mot "colère" est souvent repoussé avec force; il est en effet "trop fort" pour beaucoup de personnes. La tolère a une connotation négative, et elle est trop souvent associée à la violence verbale ou physique dont sont victimes nombre d'enfants et d'adultes. En réalité, la colère est confondue avec la rage. Il est pourtant essentiel de faire la différence entre l'émotion de colère et la rage qui est, elle, une construction de notre mentaL La famille des colères est absolument nécessaire à la vie de l'individu, au même titre que la famille des joies et celle des tristesses. L'enfant qui vient de naître n'éprouve ni peurs ni remords, il n'exprime aucune rage, pas plus qu'il ne fait de dépression nerveuse, tout simplement parce que son mental n'existe pas.

C'est au fur et à mesure que le mental de l'enfant se développe que les crises de rage apparaissent dans sa vie. En effet, sous la pression de l'éducation et des règles lui interdisant de se mettre en colère (des règles nourrissant le mental), l'enfant va réprimer sa colère, jusqu'au moment où, n'en pouvant plus, il explose et fait une crise de rage, ce qui est fort violent et destructeur. Juste après, l'enfant se sent coupable et s'excuse, il essaie de se contrôler et réprime encore plus ce qu'il ressent, jusqu'à la prochaine fois ...

Nous sommes ici dans un cercle vicieux dirigé et animé du début jusqu'à la fin par le mental. Il en va bien entendu de même pour l'adulte parent qui fait subir des crises de rage à son entourage et marque ainsi à vie ses enfants. Cette rage n'a rien à voir avec la colère dont l'expression, comme nous le verrons, ne porte atteinte à l'intégrité physique et psychique de personne et se fait dans la solitude à seule fin de se faire du bien.

Il est souvent utile d'expliquer tout cela à l'abandonnique afin qu'il comprenne que la colère est dénuée de toute violence et qu'il est absolument normal, et même nécessaire, qu'un être humain ressente cette émotion. Néanmoins, la personne préfère la plupart du temps d'autres termes qui sont moins"chargés", tels que"rogne", "contrariété", "énervement", "exaspération", "ressentiment". Le choix des mots importe peu, pourvu que l'individu accepte de reconnaître qu'il éprouve une émotion de la famille des colères face à ce qu'il a subi. Reconnaître qu'avoir été rejeté ou abandonné puisse engendrer de la tristesse et de la colère est en soi une étape importante sur le chemin de la guérison, mais ne veut pas dire pour autant que l'abandonnique s'accorde le droit de ressentir ces émotions ...

S'accorder le droit d'avoir des émotions, de les ressentir et de les exprimer

Nous avons vu que l'abandonnique a de la difficulté à s'autoriser à ressentir de la tristesse, qu'il a tendance à la minimiser en disant qu'elle a peu d'importance et qu'elle est insuffisante pour qu'il pleure. L'abandonnique va avoir encore plus de difficulté à reconnaître la colère qu'il éprouve envers une personne aussi proche et importante que sa mère, son père, ou ceux qui lui ont servi de parents. Il n'est en effet pas concevable de nourrir une colère aussi forte envers des gens que l'on est censé respecter et aimer. Ressentir de la colère est équivalent à se conduire comme un individu égoïste, ingrat, qui n'a même pas, comme le dit l'expression populaire, la "reconnaissance du ventre".

Bref, l'abandonnique va se servir de tous les arguments issus de son mental pour se refuser le droit d'être en colère. Une façon d'aider la personne souffrante à accepter sa colère consiste à lui rappeler que les émotions que nous ressentons vis-à-vis de ceux qui nous entourent, tels que nos parents, nos frères et sœurs, notre femme ou notre mari, et nos enfants, sont forcément plus fortes que celles que nous ressentons vis-à-vis de personnes étrangères. Il est par conséquent "logique" que nos joies, nos tristesses et nos colères soient également plus fortes envers ces personnes que celles que nous nourrissons envers d'autres personnes qui ne nous touchent pas d'aussi près.

Il est capital que l'abandonnique s'accorde le droit d'être en colère et triste d'avoir été abandonné. Toute son éducation ainsi que tout son vécu lui ont refusé ce droit jusqu'à présent. Et il est essentiel qu'il se donne ce droit plutôt que de l'attendre des autres, ce qui est son premier réflexe. Il a en effet tendance à désirer en parler à l'autre afin que ce dernier l'approuve et lui donne raison de ressentir cette émotion. Or, il est évident que l'autre soit ne va pas lui reconnaître ce droit, soit va le lui reconnaître mais en le minimisant et en lui demandant d'en faire autant: "Je comprends que tu sois en colère, mais pas à ce point!" De plus, l'autre va souvent disposer d'excuses convaincantes, et réelles pour lui, qui risquent fort de faire replonger la personne souffrante dans son refus de ressentir les émotions liées à ce qu'elle a vécu.

Dans tous les cas de figure, l'abandonnique va devoir faire taire son mental afin de se laisser vivre tel qu'il est et de s'autoriser à ressentir des émotions de colère et tristesse. C'est un grand travail d'Amour de lui-même qui lui est demandé, d'autant plus difficile qu'il n'a pas eu pour habitude de s'accorder beaucoup d'amour jusqu'à ce jour. Il va par conséquent falloir qu'il soit patient avec lui-même et s'attende à ce que sa progression vers la guérison soit parfois cahotante et le conduise temporairement à la rechute.

Ressentir les émotions générées par l'abandon

La prise de conscience intellectuelle du fait qu'il y a eu ou qu'il y a abandon est un pas important mais ne représente en aucun cas une finalité en soi. Une prise de conscience est nécessaire au niveau des "tripes". S'accorder le droit de ressentir de la tristesse et de la colère est un pas en avant merveilleux, mais cela n'est pas synonyme de guérison, loin s'en faut. Pour pouvoir ressentir une émotion il faut impérativement se trouver dans l'ici et maintenant de son corps physique et sensoriel. On ne peut en effet ressentir demain ou hier. Pour ce faire, il faut faire taire son mental, et cela de façon répétée. Ce dernier a en effet beaucoup de cordes à son arc et nombre d'arguments à présenter à l'abandonnique. Regardons de plus près deux des ficelles qu'il utilise pour nous empêcher de ressentir nos émotions.

Notre mental nous reproche de juger. Or, ressentir une émotion telle que la colère contre une personne donnée n'est en aucun cas un jugement porté sur cette personne. Ressentir n'est pas juger! Le jugement est issu du mental, alors que l'émotion, qui est ressentie, ne peut exister que lorsque le mental a cessé d'intervenir. Ce n'est que lorsque nous sommes dans notre mental que nous dévalorisons, portons des jugements ou déprécions l'autre; cette voie est celle de l'intolérance, de la violence et de l'exclusion. Cela n'a rien à voir avec l'émotion ressentie qui résulte d'un acte d'amour que la personne s'accorde à elle-même et qui, nous le verrons, ne peut déboucher sur de la violence dirigée contre l'autre. Il est très important de faire cette distinction, car très souvent l'abandonnique s'interdit de ressentir une quelconque colère contre celui ou celle qui l'a abandonné au nom de la grande règle: "Tu dois respecter ton prochain." Certes, ce principe est louable, mais ressentir de la colère contre son prochain ne signifie absolument pas ne pas le respecter; au contraire, le juger est un acte de non-respect et de non-Amour.

Notre mental nous reproche également la force de nos émotions. En effet, les personnes qui nous entourent déclenchent souvent en nous des émotions beaucoup plus fortes que celles que nous ressentons envers des individus que nous connaissons très peu. Cette autre réalité, qui peut le freiner dans son désir de ressentir, s'impose à l'abandonnique: "Comment puis-je éprouver autant de haine à l'encontre d'un de mes proches? C'est anormal; par conséquent, il faut que je me retienne et me l'interdise", se dit-il.

La puissance du mental est manifeste dans ces deux exemples: il utilise toutes les voies qui sont à sa disposition pour empêcher l'abandonnique de ressentir ses émotions de colère et de tristesse. Pour cette raison, l'abandonnique va devoir le faire taire à chacune de ses tentatives de réapparition. Cela peut paraître fastidieux, ce qui est une autre tentative du mental de jouer son rôle de frein. Il faudra donc à l'abandonnique beaucoup de persévérance et le désir profond de continuer à se respecter et à s'aimer afin de poursuivre sur la voie de la guérison.

Exprimer les émotions générées par l'abandon

Reconnaître et ressentir ses émotions sont des pas en avant importants que l'abandonnique fait dans le processus de sa guérison, mais ils ne lui permettront pas à eux seuls de parvenir à celle-ci... Reconnaître que je suis malade et savoir pourquoi, en ressentir les effets dans mon corps et en parler aux autres éventuellement ne sont nullement synonymes de mieux-être ou de guérison; seul l'acte de vomir me permettra de me sentir mieux. Faire cette distinction est essentiel. Beaucoup de thérapies permettent en effet aux personnes en souffrance de reconnaître et de parler ouvertement de leur mal-être et de sa provenance; beaucoup de thérapies leur permettent de ressentir leur tristesse et leur colère. Mais la plupart soit ne vont pas plus loin, soit utilisent des techniques recourant au mental afin de transformer les "énergies négatives" en "énergies positives". Pour cette raison, toutes sont potentiellement dangereuses, car elles ne permettent aucunement à la personne souffrante de se libérer de sa souffrance qui est causée par le blocage, en elle, de l'émotion par le mental. Comprendre n'est pas l'équivalent d'exprimer, la compréhension ainsi que le fait de ressentir n'ont jamais amené à la guérison. Je rencontre depuis vingt ans, dans mon cabinet et ailleurs, des êtres ayant suivi un long parcours afin de comprendre l'origine de leur mal-être, mais qui ne vont pas mieux du tout...

Mais comment exprimer ses émotions? Cette question ne peut être posée que par un adulte. Un nourrisson ou un enfant en bas âge ne peut la poser, car lui sait, de façon innée, comment faire. Or, nous avons tous été un nourrisson! Mais notre éducation nous a appris que, lorsque nous ressentons de la tristesse ou de la colère, il est inutile de les exprimer, parce que cela ne fait pas avancer les. choses. Du fait de cette éducation, notre mental occupe donc de nouveau le devant de la scène et nous inhibe dans notre capacité innée à exprimer notre tristesse ou notre colère.

La première étape va donc consister à éteindre notre mental et à nous remettre dans notre corps physique et sensoriel. Il peut paraître illogique de devoir se remettre dans le moment présent pour exprimer une émotion liée à un événement du passé, mais souvenons-nous. que même si l'événement appartient au passé, l'émotion n'ayant pas été vécue est encore "incrustée" dans notre être au présent. Il est par conséquent essentiel de revenir dans l'ici et maintenant afin de se permettre de prendre contact avec l'émotion bloquée par le mental.
À présent que nous nous retrouvons dans notre corps physique et sensoriel, il est possible de passer à la deuxième étape: laisser remonter une scène du passé, au cours de laquelle nous ne nous sommes pas autorisés à vivre nos émotions. Il est important de s'arrêter à la première scène qui revient en mémoire et de résister au mental qui va essayer de présenter d'autres scènes. Un des pièges consiste à décrocher de cette scène, qui peut paraître au premier abord incongrue, au profit d'autres scènes, et de se perdre ensuite dans l'analyse afin de déterminer quelle est la plus significative. Bien évidemment, pendant ce temps, l'expression de l'émotion ne se fait pas et ne peut se faire. En admettant qu'après analyse le choix se porte sur une autre scène que celle qui a surgi en premier, il y a fort à parier que celle-ci sera beaucoup moins révélatrice que la première, apparue sans aucune intervention de la volonté ni du cerveau...
La troisième étape va consister à revivre la scène en tant qu'acteur ou actrice et non en tant que spectateur ou spectatrice. Celui qui revoit ce qui s'est passé se trouve en effet en dehors de la scène, il est à nouveau entre les mains du mental qui se met aussitôt à juger et à dire quelle aurait été la réaction adéquate et opportune. Bref, le mental amène la personne à des conclusions dévalorisantes; surtout, il bloque de nouveau l'abandonnique dans sa marche vers la libération émotionnelle qui est la seule voie de guérison possible. Revivre la scène en tant qu'acteur ou actrice permet de remonter au moment le plus douloureux puis de faire un arrêt sur image; le but est alors de ressentir physiquement dans son corps la boule, le nœud ou toute autre tension qui se manifeste. Cette tension n'est pas de la tristesse ou de la colère, mais l'expression par le corps qu'il existe un blocage de ses émotions par le mental. Les signes donnés par le corps physique peuvent être très légers au départ, mais ils prennent de l'importance au fur et à mesure que le mental perd de son contrôle...
Ressentir et exprimer ses émotions est un processus très physique: le nœud ou la boule sont ressentis dans le ventre ou dans le thorax, et au fur et à mesure que l'expression se fait, la tension migre, cela jusqu'au moment où la colère ou la tristesse sont totalement exprimées. S'ensuit une libération qui s'accompagne d'un sentiment de mieux-être immédiat; la personne éprouve une grande détente et a l'impression de respirer pleinement, comme si elle jouissait d'une capacité respiratoire agrandie. Une joie intense surgit souvent à ce moment-là. Une sensation de grande fatigue physique peut aussi survenir, mais celle-ci n'a rien à voir avec la fatigue psychologique habituelle. Bref, la personne se sent bien et détendue. Il est bon d'insister sur le fait que ce qu'elle ressent est quasiment instantané, tout simplement parce que le corps, cet ami incomparable, nous dit de suite si nous sommes dans le respect et l'amour de nous-mêmes. Il peut arriver qu'aucune scène ne revienne à la mémoire de la personne, mais que celle-ci ressente tout de même des émotions. Il suffit alors de suivre les émotions et le résultat sera le même.

[3. Retrouver son savoir inné]

La plus grande force de cet exercice vient de ce que l'abandonnique est toujours capable de revivre la scène qui remonte à la surface. De plus, cette scène constitue ce qui est le plus utile dans le processus d'avancée vers la guérison. Il est étonnant de constater à quel point cette démarche, qui ne repose nullement sur l'analyse mais, au contraire, sur la sagesse profonde qui existe en tout être humain, est performante.

Comme tout parcours vers la guérison, celui de l'abandonnique est souvent long, rempli d'imprévus et de surprises. L'abandonnique doit s'armer de patience et s'accorder le droit de ne pas être parfait.

Au cours de sa recherche, il va découvrir des événements, souvent profondément enfouis en lui, auxquels il "'ne pensait plus", mais qui sont pourtant lourds d'émotions qui, une fois libérées, le conduiront vers un mieux-être dans tous les aspects de sa vie. Toute cette démarche est une preuve d'Amour qu'il s'accorde et qui ne peut déboucher que sur une prise de conscience essentielle: "Je suis aimable".

Daniel Dufour
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MessageSujet: Alexandre Jollien   Mer 13 Mai 2015, 13:14

Vu hier soir ! Quel magnifique témoignage!
"Un message d'espoir pour tous les enfants cabossés qui ne rentrent pas forcément dans la norme" **
France 3 diffuse une interview

d' Alexandre Jollien, écrivain-philosophe, dans l'émission Le Divan.


Déclaré handicapé moteur et cérébral à la naissance suite à un étranglement du cordon ombilical, ce dernier a passé 17 ans en institut spécialisé.Lui qui devait rester paralysé a fini par marcher à l'âge de 8 ans...Ayant très jeune "une vocation pour les choses de l'esprit" il passe une licence de lettres et une maîtrise de philosophie puis devient auteur de best-sellers.
C'est en 1993 qu'il a une révélation quand il tombe sur un ouvrage de Platon qui" invite à vivre meilleur plutôt qu'à vivre mieux".
Depuis, sa particularité est de vivre dans la "philosophie de la joie" qu'il applique à l'aide d'exercices spirituels.
Père de 3 enfants, il vit aujourd'hui en Corée.
Celui qui a franchi tant d'obstacles de part sa philosophie du combat puis de la joie dit que "l'autonomie c'est une connerie: on ne peut pas vivre sans les autres" .
Il nous offre un beau témoignage sur l'acceptation de soi, la quête du bonheur et de la joie inhérente à tous!
**propos d'Alexandre Jollien tenus dans l'émission Le Divan
Vivre sans pourquoi : Dans Vivre sans pourquoi, j’ai essayé de retracer les hauts et les bas de ma vie en Corée du Sud. Avec ma femme et mes trois enfants, j’ai eu la chance de faire mes valises pour me mettre à l’école d’un maître. Approfondir le chemin du oui, pratiquer à fond le zen et me familiariser aux Evangiles.
Vivre sans pourquoi, c’est principalement trois chantiers : sortir de la dépendance aux qu’en-dira-t-on pour exister par nous-mêmes, passer du désir de plaire à tout prix à un amour plus vrai.
C’est aussi vivre à l’écart de la dictature de l’après pour essayer de profiter de l’ici et maintenant. C’est enfin se libérer des objectifs qui nous aliènent et qui nous traînent.
Dans ce journal spirituel, j’ai souhaité explorer les grands chantiers de la vie spirituelle pour essayer de dégager un chemin vers le fond du fond où, comme le croient le zen et la tradition mystique, notre vraie nature nous précède, où la joie, la paix et l’amour demeurent en abondance.
Bonne lecture. Et, dès à présent, nous pouvons tous commencer une vie avec un peu moins de pourquoi. Vivre sans pourquoi, c’est se départir du qu’en-dira-t-on et surtout, poser des actes solidaires car si l’on existe, si l’on est en vie, c’est bien grâce aux autres…

http://www.alexandre-jollien.ch/?page_id=1811
https://www.youtube.com/watch?v=TQYTINUg0EI

Petit Traité de l'abandon
Pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose
Alexandre Jollien

Être vrai, me dépouiller des masques, oser l’abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l’existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. Pour demeurer fidèle à soi, pour vivre une authentique simplicité du cœur, tout un art est requis. C’est celui-ci que j’ai librement esquissé ici. Comment s’abandonner à la vie sans baisser les bras ? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l’existence ? Comment traverser le découragement sans devenir amer ?

Ce Petit Traité de l’abandon tente de dégager un chemin vers la liberté intérieure et de dessiner un art de vivre qui permette d’assumer les hauts et les bas du quotidien. Ni mode d’emploi ni recette, juste des explorations pour découvrir quelques outils, et des exercices spirituels pour avancer. Ainsi, j’ai puisé dans la tradition philosophique et celle du zen une invitation à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l’accumulation mais du dépouillement. C’est la joie qui mène au détachement et non le contraire. D’où cet itinéraire vers l’abandon, né de mes joies et de mes blessures.



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