ANTAHKARANA

Gnose et Spiritualité
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

  SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 16 Avr 2011, 20:55

Les Tziganes de Hongrie ont un hymne non officiel faisant transparaître leur regret d’être „condamné” à errer éternellement et de n’être par conséquent que des vagabonds.

Très belle interprétation de cet hymne... démarrant lentement et s'enflammant à leur façon traditionnelle :




Zöld az erdő, zöld a hegy is, = Verte est la forêt et la montagne aussi,
a szerencse jön is, megy is. = la chance vient aussi et s'en va aussi.
Gondok kése húsunkba vág, = Les problèmes sont des coups de couteau dans notre chair,
képmutató lett a világ. = le monde est devenu hypocrite.

Egész világ ellenségünk, = Le monde entier est notre ennemi,
űzött tolvajokként élünk. = nous vivons comme de voleurs pourchassés.
Nem loptunk mi csak egy szöget = Nous n'avons volé qu'un seul clou
Jézus vérző tenyeréből = celui, de la paume saignante de Jésus.(*)

Isten, könyörülj meg nékünk, = Dieu, aie pitié de nous,
ne szenvedjen tovább népünk! = que notre peuple ne souffre plus!
Megátkoztál, meg is vertél, = Tu nous as maudits, tu nous as frappés aussi,
örök csavargóvá tettél. = tu as fait de nous des éternels vagabonds.

(*) (légende tzigane) : vol dans une bonne intention par un Tzigane, si bien que Jésus n'a été crucifié qu'avec 3 clous.


Dernière édition par douceur le Sam 16 Avr 2011, 22:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 16 Avr 2011, 21:43


Merci beaucoup Douceur, pour ces précisions, :a11:
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 16 Avr 2011, 21:56


La terre d’origine des voyageurs (que nous nommerons
Tziganes par souci de simplification) se situerait dans l’Est de
l’Inde. Ils descendraient d’une des branches népalaises et birmanes,
les Gouds, appelés aussi Sind’Hi, Sinti ou Sindi Luri.
Ceux-ci domptaient les chevaux et enseignaient le yoga. Ils
jouaient avec le feu, le manipulaient, faisaient des sauts
périlleux.

De nos jours encore, on rencontre des tribus Sindis Manus.
On découvre leur trace pour la première fois en France en
1409 à Sisteron. Ils sont décrits comme des « nègres » ou des
« égyptiens » et sont, dans la même année, réduits à l’esclavage.
Ils ne furent affranchis qu’en 1429. Ces différentes vicissitudes
ont été consignées dans le journal que tenait alors un
bourgeois de la ville.

En 1504, sous Louis XII, premières sanctions contre ces
intrus et vagabonds qu’on nomme « bohémiens » à la suite
d’un édit du roi de Bohème, Sigismond, lequel nomma un voïvode,
Ladislas, chef des tziganes. A cette époque, en France, en
raison du fléau qu’était le brigandage, le vagabondage pouvait
être puni par la pendaison.

En 1539, François 1er accuse, par un édit, les Bohémiens d’abus
et de tromperie. Il en résulte pour eux, l’interdiction de séjour,
le bannissement qu’accompagnent des punitions corporelles.
En 1561, Charles IX par un autre édit, ordonne aussi l’interdiction
de séjour, bannissement et punitions corporelles
mais y ajoute les cheveux rasés pour les hommes, les femmes
et les enfants.

Le bon roi Henry IV interdit, quant à lui, les attroupements
de plus de trois ou quatre personnes et ordonne des punitions
pour ceux que l’on reconnaît être vagabonds et « mal vivants »
(ou vivants hors normes).

En 1647, Louis XIV interdit d’être bohémien ! et condamne
aux galères ceux qui le sont cependant.

1660, punitions corporelles affligées aux bohémiens.

1666 et 1673, galères pour les hommes, fouet, flétrissure,
bannissement pour les femmes et les filles.

1700 à 1716, les Bohémiens subissent le carcan, sont fustigés,
marqués, puis envoyés aux galères à perpétuité. Les
femmes sont rasées, les enfants enfermés dans les hôpitaux. En
1719, les galères sont transformées en déportation.

1720 à 1722, mêmes peines mais désormais les communautés
doivent se regrouper, marcher en ordre. L’armée peut
faire feu sur les Bohémiens récalcitrants.

1724, Louis XV ordonne d’arrêter les Bohémiens pour
vagabondage. Interdiction de se réunir à plus de quatre personnes.
Les hommes valides doivent être glabres tandis que les
autres sont fouettés et envoyés à l’hôpital.

1764, lorsqu’un bohémien est arrêté, il est condamné à neuf
ans de galères. En cas de récidive, il risque la prison à perpétuité.
An II, l’incarcération est le lot de tout mendiant.

1802, dans le pays basque, interdiction de séjour et interdiction
d’être bohémien.

Sous Napoléon 1er le sort est le même qu’au pays basque,
mais il s’y ajoute l’enrôlement de force dans la marine. Les
hommes valides sont envoyés aux travaux forcés tandis que le
bannissement existe toujours.

A celle époque, Joséphine de Beauharnais de la Pagerie
avait besoin d’esclaves pour ses plantations de cannes à sucre
et de coton, aussi fit-elle envoyer dans les Caraïbes des
esclaves noirs et des femmes tziganes car les coulis des Indes,
les Juifs errants « ou » les « becquets grégoire » ne supportaient
pas le climat. En effet, seuls les Tziganes et les noirs
s’acclimataient à ces régions. Il fallait des bras dans les îles car
les Indiens caraïbes avaient massacré les Awawak et les
négriers avaient quant à eux exterminé les Indiens caraïbes.
Par la suite les Tziganes furent parqués dans les Landes.
Rappelons pour mémoire qu’en Roumanie, en 1845, les fils
et héritiers de Sédar Nicolaï Nica de Bucarest, furent autorisés
à vendre deux cents familles tziganes.

1912, en France, tout tzigane est fiché dès l’âge de deux ans
et doit être porteur d’un carnet anthropométrique devant être
visé par les autorités à chaque déplacement. Son véhicule doit
porter une plaque SDF (sans domicile fixe) suivi d’un numéro
permettant la surveillance. Le carnet est le même pour les criminels,
les prostituées ou les interdits de séjour.

De 1949 à 1968, une commission interministérielle est
chargée d’étudier l’attitude des Pouvoirs Publics à l’égard des
Tziganes, des Bohémiens ou des Romanichels. Trente ans
après, soit en 1979, les conclusions furent publiées. On y soulignait
notamment l’insouciance, la paresse « naturelle », la
malpropreté « traditionnelle » des populations concernées...
Maurice Grimaud, Directeur Général de la Sûreté
Nationale, dans une circulaire aux préfets datée du 16 mars
1964, demande que l’on « sédentarise » les nomades, et que
l’on soit un peu plus « nuancé » (!!!) lors de leur arrestation.
En 1968, De Gaulle demande à Roger Frey, alors
ministre de l’Intérieur, de transformer le carnet anthropométrique
en carnet de circulation. Depuis, tous les
nomades, tziganes, gitans, manouches, possèdent ce carnet
qu’ils doivent faire viser à chaque changement de département
ce qui amène parfois des complications sans nombre
pour les « Fils du Vent ». Ainsi, en décembre 1981, un
voyageur qui faisait le trajet Aix Paris, s’est fait contrôler
dix-huit fois en cours de route...
En résumé, il semble bien qu’un « bon » nomade soit un
nomade immobile...

Extrait de : GUY PIERRE GENEUIL
LA SYMBOLIQUE GITANE



http://levurdondisha.grafbb.com/t128-abrege-historique-origine-des-tziganes
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Dim 17 Avr 2011, 21:28

................................UN HOMME EST UN HOMME



LE DOSSIER DU TIGRE


On dit qu’ils volent nos poules, même si on n’a plus de poules. On
dit qu’ils sont sales. On dit qu’ils ont l’air trop pauvres, dans nos
sociétés qu’on rêve composées uniquement de riches. On dit qu’ils
nous volent. Au mépris de l’avis du Parlement européen, l’Italie a
commencé à les ficher, prenant leurs empreintes digitales, et
faisant ressurgir le spectre des pires moments du XXe siècle. On dit
qu’on n’est pas comme l’Italie. On dit qu’on est le pays des droits de
l’homme. On continue de les confondre tous, allègrement: ceux
qui vivent dans les bidonvilles, ceux qui sont nomades, ceux qui
sont sédentaires. Ceux qui mendient, ceux qui travaillent. On les
appelle tantôt Rroms, tantôt Tsiganes, tantôt «gens du voyage». Sur
les routes, ils sont les seuls à avoir tant de panneaux indicateurs à
leur usage. Dans le seul but qu’ils rentrent chez eux, faut-il croire.
Mais c’est où, au fait, chez eux? Le Tigre a pris la parole. Pour
rappeler que chez eux, c’est ici. Que les discours, les rumeurs et les
mythes qui les entourent sont de la même teneur que ceux de
l’antisémitisme et du racisme. Que tout le monde semble s’en
foutre. Que commencer à s’intéresser à eux, en rappelant qu’un
homme est un homme, est peut-être un bon début.
coord. par lætitia bianchi & raphaël me


http://www.le-tigre.net/IMG/pdf/dossier_rroms.pdf



DOSSIER RROMS, “TSIGANES”, “GENS DU VOYAGE” MONTREUIL-BELLAY: UN CAMP OUBLIÉ PAR L’HISTOIRE
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Lun 18 Avr 2011, 18:21




Au-delà de la supériorité et de l'infériorité



http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/2011/04/au-dela-de-la-superiorite-et-de.html#more


Publié par Marc Lafontan | Libellés : Réflexions
Chaque être humain est unique; personne n'est supérieur, personne n'est inférieur. Oui, les gens sont différents.

Laissez-moi vous expliquer quelque chose, autrement vous me comprendrez mal. Je ne dis pas que les gens sont égaux; personne n'est supérieur, personne n'est inférieur, mais les gens ne sont pas égaux non plus. Les gens sont simplement uniques, incomparables.

Vous êtes vous, je suis moi, je dois apporter ma contribution à la vie et vous devez apporter la votre. Je dois découvrir mon être profond et vous devez découvrir votre être profond.

Lorsque l'infériorité disparaît, tout sentiment de supériorité disparaît lui aussi. Ils vivent ensemble, ils ne peuvent pas être séparés. L'homme qui se sent supérieur se sent inférieur quelque part et l'homme qui se sent inférieur veut se sentir supérieur quelque part. Ils forment une paire; ils sont toujours là ensemble, ils ne peuvent pas être séparés.



C'est arrivé...

Un homme très fier, un guerrier, un samouraï vint voir un maître zen. Le samouraï était très célèbre et très connu dans tout le pays, mais en regardant le maître, en regardant sa beauté et la grâce du moment, il se sentit soudain inférieur. Peut-être était-il venu avec le désir inconscient de prouver sa supériorité.

Il dit au maître: "Pourquoi est-ce que je me sens inférieur ? Il y a un instant tout allait bien, mais en entrant dans votre cour, soudain, je me suis senti inférieur. Jamais je ne me suis senti ainsi auparavant. Mes mains tremblent. Je suis un guerrier, j'ai affronté la mort de nombreuses fois, je n'ai jamais ressenti aucune peur. Pourquoi ai-je peur maintenant ?"

Le maître dit: "Attends, lorsque tout le monde sera parti, je te répondrai". Les gens défilèrent toute la journée pour voir le maître et l'homme se lassait de plus en plus d'attendre. Le soir lorsque la chambre fut vide et qu'il n'y eut plus personne, le samouraï demanda: "Peux-tu me répondre maintenant ?"

"Viens dehors" dit le maître.

C'était une nuit de pleine lune, l'astre se levait tout juste à l'horizon... "Regarde ces arbres" lui dit-il "celui-ci qui s'élance haut dans le ciel et ce petit arbre à côté. Tous les deux ont grandi devant ma fenêtre pendant des années et il n'y a jamais eu aucun problème. Le petit arbre n'a jamais dit au grand: "Pourquoi est-ce que je me sens inférieur à côté de toi ? Comment est-ce possible ?"

Cet arbre est petit et cet arbre est grand et je n'ai jamais entendu aucun chuchotement".

"Parce qu'ils ne peuvent pas se comparer" expliqua le samouraï.

"Alors tu n'as pas besoin de me questionner, tu connais la réponse" lui repondit le maître.

La comparaison apporte l'infériorité et la supériorité. Lorsque vous ne comparez pas, toute infériorité, toute supériorité disparaissent. Alors vous êtes; vous êtes simplement là. Un petit buisson ou un grand arbre élancé peu importe; vous êtes vous-même. Vous êtes nécessaire. Un brin d'herbe est aussi nécessaire que la plus grande des étoiles. Sans le brin d'herbe Dieu serait moins grand qu'il ne l'est. Le chant du coucou est aussi nécessaire que n'importe quel bouddha; le monde serait moindre, le monde serait moins riche si le coucou disparaissait.

Regardez autour de vous; tout est nécessaire et toutes choses vont ensemble. C'est une unité organique; personne n'est plus haut et personne n'est plus bas, personne n'est supérieur et personne n'est inférieur. Chacun est incomparable, unique.
Osho
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mer 27 Avr 2011, 10:36

La chaîne La-Communaute--d-Emmaus- : Hiver 54 abbé- Pierre







http://www.wat.tv/video/hiver-54-partie-19h0k_2hq1v_.html
Revenir en haut Aller en bas
xzat

avatar

Masculin
Vierge Serpent
Nombre de messages : 74
Date de naissance : 20/09/1989
Age : 27
Localisation : lens
Date d'inscription : 07/03/2010

MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 30 Avr 2011, 03:58

Benoit a écrit:
Vidéo d'un monsieur qui parle de certaines choses...

http://www.youtube.com/watch?v=HPfpX9_UnFk&feature=player_embedded

"Une armée d'humour et d'amour. "

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Dim 01 Mai 2011, 03:53

Clochard marin, clochard céleste






« Le ciel est ma patrie et la contemplation des astres ma mission »

Anaxagore de Clazomènes.






Clochard marin, clochard céleste, un air de famille ? Je vais répondre à cette question de manière détournée. Et si les philosophes pré-socratiques grecs avaient été des clochard marins ? Des clochards illuminés1 allant de village en village, de port en port2, non pas pour porter la bonne parole, mais pour déblatérer des inepties devant la foule qui les écoutait avec un mélange de mépris, de sérieux et de compassion3. Rétrospectivement, avec plusieurs siècles d'endoctrinement chrétien et scientifique, les clochards grecs nous semblent avoir été des hommes respectables. N'excellaient-ils pas en effet dans les arts intellectuels ? Ne furent-ils pas parmi les premiers à utiliser l'écriture pour propager leur philosophie ? N'ont-ils pas joué le rôle de conseiller du prince ? N'ont-ils pas pratiqué le commerce ?4 Peut-être. Mais c'est bien là un signe de la décadence de notre civilisation, que nous ne soyons même plus capables d'imaginer que les arts politiques et intellectuels5, le commerce et l'écriture, n'ont peut-être pas toujours été aussi prestigieux qu'aujourd'hui. Qui nous dit que chez les grecs antiques, il ne s'agissait pas d'activités de second rang, méprisables, douteuses, fantaisistes ? Peut-être les grecs affectionnaient-ils en priorité les arts de la guerre, de la table, le sexe, la navigation et la plaisanterie ? Plus j'y pense, plus je me dis que oui, finalement les tous premiers philosophes grecs ont très certainement été des clochards marins.


Soit, mais si c'est le cas, pourquoi les a-t-on écoutés ? Eh bien pour deux raisons. Tout d'abord parce qu'au fil du temps, à force de se faire chasser des ports ou des villes qu'il traversaient6, ils finirent par gagner leur lettre de noblesse et par se sédentariser. Quand les citoyens en eurent assez de les chasser, ils leur offrirent un statut. Et ils finirent même par les prendre au sérieux. Ensuite, parce que si dans notre civilisation du vide, la parole sacrée est monopolisée par les religieux, les politiciens de métiers et les scientifiques, ne doutons pas qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Dans les démocraties marines7, la parole était entre les mains des citoyens. Elle pouvait être accaparée par le premier venu. C'est pourquoi, chez les grecs, on devait écouter tout autant les branks et les clochards marins que les honnêtes hommes. Celui qui prenait la parole, qui parvenait à s'imposer devant une foule, triomphait, quelque soit son statut, et voilà tout.


Ceci jusqu'au jour où avec Socrate, le clochard marin décide de renoncer à la sagesse. Il se transforme en militant, il veut imposer son dogme8. Il veut abandonner son statut précaire. Fini le rôle de clochard perdu, qui erre de port en port. Le nomadisme des pré-socratique, les délires mystiques prennent fin. Au départ, il entreprend de vendre ses idées dans des conférences privées ou en enseignant9. Puis place, avec Platon et Socrate, à la parole figée, au conservatisme, au royaume des certitudes. Le philosophe se transforme en expert, il veut devenir celui qui gère la cité. C'est décidé, le philosophe enseignera la vérité. Envers et contre ceux qui n'y croient pas. Fini le temps des jets de pierres et des bannissements, le clochard s'embourgeoise. Il faut bien vivre...


Donc, finalement, pendant que nous entassons nos clochards dans des squats, des foyers, que nous les méprisons, que nous les stigmatisons, nous sommes peut-être en train de nous fermer à une parole sacrée. À la parole du changement. Et croyant les enfermer, c'est nous-mêmes que nous enfermons. Car les sages des temps modernes, ce sont bien les clochards. Qui, hormis un clochard, peut se targuer d'être réellement détaché des ambitions matérielles ? Sûrement pas un intellectuel parisien, assurément.


Notre société vit donc dans ce perpétuel mouvement de balancier. Tantôt nous penchons du côté du clochard céleste, du nomade, du monde de l'esprit, du relativisme, tantôt nous nous rabaissons au matérialisme, à l'académisme, au sédentarisme et au rationalisme. Nous passons alors du stade civilisé, celui du clochard céleste, au stade du primitif, celui de l'homme moyen contemporain. Comment ne pas voir, en effet, que nous sommes devenus des primitifs ? Nous nous ruinons, nous nous battons et nous détruisons notre environnement pour produire des choses qui ne servent à rien; nous partons à la cueillette remplir nos caddies; nous croyons fermement à des mythes scientifiques complètement loufoques; nous sommes tellement enfermés dans des rites, des codes, des habitudes que nous ne sommes même plus capables de les percevoir, etc. En plus, si l'on en croit Pierre Clastres, nous sommes bien plus soumis à nos chefs que dans les sociétés tribales. Si bien qu'en fin de compte, en terme de liberté individuelle, nous avons régressé...


Le clochard céleste refuse tout simplement cette civilisation du vide pour se réinventer son propre monde. Il est celui qui vit des étoiles. C'est à dire de rien. C'est un voyageur du vent, en perpétuel mouvement. Les étoiles sont son guide. Il dort dans les gares désaffectés, dans les champs, dans les squats, dans les décharges. Le clochard marin, lui aussi, se fie au vent et aux étoiles pour guider sa route. Il vit de peu de choses, de pêche, de petits boulots, de voyages, de littérature, de musique et de squats. Sa vie est rythmée par son propre mouvement et le mouvement des éléments. Lui aussi refuse ce monde sans vie, sans poésie, sans espoir10.


Le clochard marin élabore des théories sur le monde, des théories profondes qui naissent de sa propre subjectivité. Il reconnaît que chaque être humain, en tant qu'être en mouvement, est porteur d'une vision unique, d'une sensibilité propre. Il apprend au contact des hommes et des femmes, de la nature et des cultures, le respect des différences et la profondeur de la pensée d'autrui qui va bien au delà des clivages sociaux. Et il prend ainsi conscience de la vanité de l'apparence sociale.


Clochard marin et clochard céleste vivent tous deux dans des lieux à la fois communs et marginaux. Leur monde a beau être celui des sédentaires, il n'en est pas moins complètement différent. Ils sont tous deux les habitants d'un monde à part, d'un monde où le vent et les étoiles sont leurs seuls et uniques maîtres. Tous deux ont choisi ce mode de vie, même si ce fut plus ou moins contraint. Ils l'ont choisi car ils reconnaissent dans ce mode de vie un mode de vie unique, où le monde se teinte d'une coloration différente, où les êtres humains deviennent leur compagnons de route et non plus leurs ennemis, leurs concurrents, leurs maîtres ou leurs valets.


Clochards marins et clochards célestes sont dans un état d'émerveillement chronique. Non pas que leur vie soit forcément belle et heureuse. Elle peut être décadente et harassante. Mais parce qu'ils découvrent sans arrêt un monde neuf. Parce que leur vie est tout entière tendue vers cet ailleurs qu'ils vont bientôt découvrir, vers ce monde qu'ils vont enchanter ou désenchanter avec leur propre regard.


Clochards marins et clochards célestes sont sans arrêt sur le départ ou en mouvement. L'attente n'est que la période qui précède le départ, où ils s'émerveillent en se remémorant les anciens voyages, ou en imaginant les futurs voyages. Le voyage n'est que le moment où se prépare le repos. Et le départ, c'est le moment où ils commencent à ressentir la puissance vibrante de l'émerveillement qui commençait à se tarir. Chaque départ, chaque repos est un monde à part. Un monde où se reconstitue l'essentiel de leur être.


Clochards marins et clochards célestes ont leur propre royaume, celui du vent, des étoiles et de la liberté. Leur parole est libre. Elle va comme le vent.



proposé par Douceur

http://antahkarana.forumzen.com/t2519-nomades-contemporains
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 03 Mai 2011, 07:01

proposé par un invité


Un jour, un homme tomba dans un trou profond et étroit.
Il ne pouvait s'en sortir par lui-même, car il n'avait aucun moyen pour ça. Il avait beau sauter, il ne parvenait pas à saisir la bordure pour se hisser à l'extérieur.
Du trou trop étroit, il ne pouvait pas prendre son élan et il manquait une bonne coudée.

Il appela très fortement et longtemps "à l'aide". Il avait beau s' égosiller, rien ne se passa.

Quand.... au bord du désespoir,

- Vint à passer un homme qui lui demanda ce qu'il faisait au fond du trou. Il s'en amusait bien, de voir la situation, c' était comique pour lui. Et il s'en alla en lui disant que :
"c'était bien fait pour lui , qu'il n'avait qu'à faire attention là où il mettait les pieds et qu'il ferait mieux d'aller "bosser" au lieu d'ameuter tout le quartier."

- Vint à passer un curé qui lui dit qu'il devait avoir bien pécher pour être tombé dans un trou si profond dont il ne pouvait s'en sortir par lui-même. Le bon Dieu l'avait puni sévèrement. Il lui pardonna en son Nom et le bénit . "Pénitence! Car il ne manque pas grand chose pour t'en sortir!" Lui dit il avant de poursuivre son chemin..

- Vint ensuite un étranger qui lui conseilla d'appeler avec son téléphone portable les pompiers ou toute instance de secours, car lui-même n'en possédait pas.

- Vint à passer un philosophe qui l'invita à réfléchir sur la situation.

- Ensuite vint un moine bouddhiste qui lui expliqua en long, en large et en travers, qu'il avait un bien mauvais karma. Il lui proposa de rester un peu avec lui, de faire silence intérieur et de méditer ensemble sur la situation.

-Attirée par les supplications de l'homme au fond de son trou, une femme accompagnée de son jeune enfant d'environ 2 ans et demi s'approcha,regarda vers le pauvre, et se tournant vers le petit; lui dit d'un ton sévère:

"Regardes bien! Regardes ce qui arrive aux enfants qui ne son pas gentils et obéissants! Une fois grands, il leur arrive de tomber bien bas! Si tu n'es pas gentil et sage, un jour ce sera toi au fond d'un trou semblable!"

L'enfant qui ne comprenait rien à ce que sa mère lui enseignait, regarda au fond du trou...
Et .... tendit simplement sa petite main bien impuissante vers l'homme qui en avait tant besoin.

Nulle morale à cette histoire, le coeur de chacun saura quoi en conclure.

:a6:
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Lun 09 Mai 2011, 08:32


Vivre dans la rue, pas forcément un choix, parfois, les accidents de la vie surtout quand ils surviennent très tôt, vous y conduisent ........., garder son âme d'enfant, dans ses conditions est parfois difficile, et pourtant certains y arrivent............
Vivre dans la rue, peut-être un choix, une manière de lâcher prise, de se laisser couler au fond, après la remontée se fait, elle est plus ou moins longue, suivant les sentiers que l'on prend, les rencontres que l'on fait..........le regard que l'on porte sur soi, le regard que les autres portent sur vous................

........................................................................................................................................................


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Jeu 12 Mai 2011, 10:39

.....................On peut avoir de belles théories, de belles connaissances.............mais à quoi servent-elles, si humainement, nous ne sommes pas dans le respect de l'autre, de tous les autres............
................On peut se croire à l'abri de tout et remercier Dieu..............j'ai rencontré tout au long de ma vie des personnes exceptionnelles................j'ai appris beaucoup de chacune d'elles, avoir l'étiquette "Cas social", "SDF".................vous amène à connaitre toutes les ficelles, vous amène à voir les gens tels qu'ils sont......................
C'est eux qui acceptent ou pas d'entrer en relation avec vous, et vous ne pouvez être que sincère, car ils savent.........Vous ne détenez pas de baguette magique, vous ne détenez pas la vérité, vous êtes parfois juste là pour écouter le trop plein ou le trop vide, pour écouter les rêves non pas de grandeur, non pas d'initié..........ou que sais-je, des rêves tout simples........parce que chacun a le droit de rêver.............
Ils sont en face de vous, vous remettant gentiment en question, sous- entendant que vous pouvez ranger vos belles théories, ils vous rendent plus humble.........et tout ce qu'ils vous apprennent c'est cadeau..............
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Dim 15 Mai 2011, 13:15


Election de Miss SDF . . . Si, si... c'est vrai



Publié par Elisheba





Bin, voui, c'est vrai... J'ai découvert cela hier soir... J'ai cru à un gag, de très mauvais goût... Je me suis pincée, mais, nan, je ne rêvais pas... A vos bassines, vous pensiez avoir touchés le fond... Naaaan, y'a encore un abîme sans fin...




Alors, rassurez vous, c'est un projet social... Haaa, tout de suite, on se sent mieux...Il s'agit de sensibiliser les personnes aux causes et aux conséquences de la vie dans la rue... Ouais, c'est vrai quand même, les reportages sur les animaux de la savane, ça commence à bien faire... Là, au moins, on peut découvrir quelque chose de palpable, qu'on croise parfois au coin de la rue... Du concret quoi... Passe que des girafes, vous en croisez souvent dans vot' bled ?




Conditions de participation : Bon, bin, être SDF... Ok, et surtout, hein, surtout, on leur demande d'exprimer clairement le souhait de quitter la vie dans la rue, et de s'intégrer socialement... Bin, oui quoi, s'agit pas de se balader encore dans la rue avec une couronne de pacotille sur la tête et de se la jouer, reine des SDF, Nan.. Après, faudra aller bosser, consommer, payer ses impôts, et tout et tout.. Pour la saison 2 peut être, "J'étais SDF, mais maintenant grâce à la TV, je suis quelqu'un qui est socialement intégré..."




Objectifs : faire chialer le public, sensibiliser le public à l'exclusion sociale (t'as vu ce qui t'attends si tu l'ouvres de trop, blaireau), montrer la grande solitude de la précarité (sponsor toutes les marques de mouchoirs), montrer le fameux déclassement social (t'es riche..enfin, on se comprends, t'es riche de ton découvert, pis t'es dans la rue le lendemain)... Et... le meilleur, si je puis dire, montrer qu'on peut être SDF de génération en génération... Ha, comme les riches alors . . . V'là autre chose maintenant... Moi, je pensais qu'on pouvait, à la limite, être con de génération en génération...




Gain : Bin un an de loyers payés pour la lauréate, bon un an, c'est bien quand même... Si elle trouve pas de boulot pendant ce temps, c'est qu'elle n'a pas su saisir sa chance, cette fainéasse, alors, après, raus, retour case départ... Nan, mais, faut pas abuser non plus... En prime, un accompagnement vers un emploi stable pour toutes les participantes.. Plus des soins, coiffures, ...Hoooo...Comme c'est gentil tout plein... Comme, on se donne de la peine pour sortir ces gueuses pauvres filles de leur misère...




Profil de la winneuse : ça ne sera pas forcément la plus jolie (cool, on verra des plus moches que nous, ça rassure, bon concept), mais la plus méritante ( ? ? ?), la plus courageuse, celle qui montre une réelle envie de s'en sortir...Excellent, le mérite, c'est efficace comme les coups de trique (pour la rime)...




Et après ? Bin, en filigrane, se profile l'élection de Monsieur SDF... Haaa...C'est bon, ça, comme ça, on pourra les marier, et pis ils feront beaucoup d'enfants SDF, et tout se fini bien comme dans les contes..




Alors, elle est pas belle la vie franchement ? Je voulais mettre encore une tite vidéo, pour les sceptiques... mais, franchement, faut que je nettoie mon écran...

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Dim 15 Mai 2011, 16:59

Je suis une combattante de la liberté intérieure


Toute sa vie, Denise Desjardins a cherché la sérénité. À 85 ans, elle publie un livre au titre qui résume toute l’intensité de sa quête : La Rage de l’absolu.

Pascale Senk

Je me suis souvent demandé comment vous vous présentiez à ceux que vous ne connaissez pas… Thérapeute, écrivaine, passeur spirituel ?

Denise Desjardins : C’est vrai que, pendant longtemps, je n’ai pas pu dire que tout ce que je sais sur la psychologie de l’être humain, je l’ai appris avec un maître hindou, Swâmi Prajnânpad ! En fait, je me présentais comme peintre. J’ai commencé à étudier le dessin avec un professeur dès l’âge de 13 ans. Ensuite, j’ai peint, exposé, vendu des toiles jusqu’à l’âge de 30 ans.
À quel moment s’est manifesté votre intérêt pour la spiritualité ?
Je devais avoir 14 ou 15 ans. J’étais dans un tramway, à Alger, compressée par la foule. D’ordinaire, dans ce genre de situation, j’avais en tête toutes les idées préconçues que me serinait ma famille : « Fais attention, ne te laisse pas frôler par les gens, tu pourrais attraper une maladie… » Or, là, j’ai tout à coup senti que cette foule n’était pas si différente de ce que j’étais. J’ai eu aussi comme une conscience suraiguë de moi-même. Je ne me sentais plus séparée de cet extérieur. À cette époque, je ne connaissais pas la notion hindouiste d’advaïta, de « non-dualité ». Mais, rétrospectivement, je me dis que c’était ma première expérience d’adéquation totale avec le réel, et l’ébauche d’un sentiment d’unité. Ce jour-là, j’ai aussi compris que tout ce que l’on m’avait fourré dans le crâne ne comptait pas par rapport à ce que je ressentais.
Vous ne cessez ensuite d’entrer en conflit avec votre milieu familial. Vous dites d’ailleurs que votre parcours pourrait se résumer ainsi : « De la révolte à l’acceptation… »
J’étais surtout en révolte contre les idées bourgeoises et les habitudes de ma mère. Je la trouvais superstitieuse. Pour se « protéger du malheur », elle accrochait sur les portes des boîtes contenant des papiers couverts de paroles sacrées. Un jour, j’ai écrit des mots incendiaires d’André Gide, et je les ai mis à la place des paroles sacrées ! Je ne sais pas si cela a contré les « bonnes vibrations » que ma mère espérait, mais personne ne s’en est jamais aperçu !

Dès le début, votre quête spirituelle n’avait donc rien à voir avec la croyance ?

J’acceptais – j’accepte toujours, d’ailleurs – l’idée d’une énergie infinie qui anime toutes les créatures vivantes. Cette énergie, indifférenciée à la base, c’est à nous d’en faire une force bénéfique, ou destructrice. Ça, je pouvais l’admettre. Mais un Dieu personnifié, un genre de « boss cosmique », je n’y ai jamais cru.
Vers 30 ans, vous entrez pourtant dans les groupes Gurdjieff, qui délivrent un enseignement ésotérique...


Cela a constitué un tournant dans mon existence. Ce que j’ai vraiment retenu de ces groupes, c’est tout ce qui concernait le « rappel de soi », et les exercices pour y parvenir. Il y avait aussi les mouvements qui affinaient l’attention. Sans perdre le contact avec la réalité extérieure, il fallait ne jamais oublier qu’il y a en nous des ressources profondes insoupçonnées, une sorte de solidité qui est notre vérité. Ce que le bouddhisme appelle notre « nature essentielle ». Tous ces exercices, physiques ou psychologiques, donnaient à la fois calme et intensité à notre quotidien. C’est aussi ce qui m’a intéressé quand j’ai rencontré Arnaud [Desjardins, son mari de 1959 à 1986, ndlr]. Nous avions le même désir de donner à l’existence une autre dimension que les seuls sens matériel, sexuel ou familial.
Vous vous mariez, vous avez un premier enfant, vous partez en Inde pour rencontrer des maîtres… Comment parvenez-vous à concilier toutes ces dimensions ?
Souvent, j’étais très divisée intérieurement. Je me souviens d’un séjour en Inde pendant lequel Arnaud est parti pour plusieurs semaines. J’étais seule avec ma fille de 6 ans et demi et mon fils de quelques mois. J’aurais voulu passer mes journées en présence de Mâ Ananda Mayî (philosophe et mystique indienne 1896-1982), mais je devais apprendre à ma fille ses tables de multiplication. J’ai eu des moments presque désespérés, où je me disais : « Je ne peux pas me consacrer à la recherche spirituelle. Mais j’ai vraiment désiré cet enfant, je dois m’en occuper. » Aujourd’hui, j’ai compris que, pour lutter contre la division intérieure, il n’y a qu’une solution : quand on vit un rôle, que ce soit celui de mère, d’épouse, ou à son travail, il faut le vivre pleinement. Alors, le passage de ce rôle à un autre se fait plus facilement. Cela, je l’ai appris plus tard auprès de Swâmi Prajnânpad, qui nous encourageait à atteindre l’unification, quoi que nous fassions.

Pour y parvenir, vous vous êtes soumise à une véritable ascèse, non ?

Oui, Swâmiji [Swâmi Prajnânpad] invoquait en ce sens trois dimensions à atteindre : détente du corps, de l’esprit, du cœur. La détente du corps, c’est déjà très important, et aujourd’hui, on en parle partout. La détente de l’esprit, ça commence par le fait de se libérer le plus possible des critiques et des jugements, de l’attraction et de la répulsion. Tout ce qui génère la dualité. Pour cela, il est nécessaire de se livrer à une introspection. La détente du cœur, c’est la plus difficile à atteindre. Parce que, parfois, nos frustrations, nos manques viennent d’un traumatisme d’enfance. Il faut alors tenter de plonger dans son inconscient. Pour ce faire, Swâmiji préconisait une technique de catharsis des émotions refoulées, le lying, qu’il m’a enseignée.
Il vous a aussi donné des clés pour vivre, notamment en couple…
Alors que, jusqu’à l’âge de 30 ans, j’avais refusé le mariage, quand je me suis engagée avec Arnaud, cela a été un engagement intérieur sans compromis. Quand sont arrivées les crises graves, sa liaison de quelques années avec une même jeune femme, par exemple, je suis allée voir Swâmi Prajnânpad avec le désir d’être apaisée. Il me disait notamment : « Il est différent. Elle est différente. Partez dans l’existence avec ce viatique. » Ça a l’air bête, la différence est une loi évidente : il y a le jour, la nuit, etc. Mais si l’on considère vraiment que les êtres sont différents, on ne croit plus qu’ils doivent agir selon ce que nous souhaitons. Et Swâmiji concluait : « Ou vous vous séparez, ou vous acceptez. » Et je suis restée mariée presque trente ans. Avec le recul, je vois que ces coups durs ont été des « accélérateurs d’évolution », car ils m’obligeaient à une introspection plus approfondie.
Est-ce que, à force de pratiquer l’acceptation, vous diriez que ça devient plus facile ?
Je me souviens que, quand ça n’allait pas, il m’est arrivé, de rage, de jeter le téléphone par terre ! Swâmiji me répétait : « Mais, acceptez ! Acceptez ! » Cela a fini par me révolter. Un jour, j’ai même perdu le respect que je lui devais, en disant : « Mais s’il faut tout accepter, je n’ai qu’à m’accepter comme je suis. Et tout ira bien ! » Il a compris que je ne pouvais plus supporter ce mot-là, et ne l’a plus jamais employé. Par la suite, il disait : « Voyez et reconnaissez. » Et ajoutait : « Changez ce qui peut l’être. Le reste, dites-vous que ça fait partie de votre destinée personnelle, ou d’un karma collectif. » C’est ce que l’on appelle lâcher prise. Et peu à peu, cela se fait.


Vous citez souvent Jean de la Croix, qui parlait de la « forte lessive » intérieure que nous devons effectuer pour trouver la paix. Est-ce que ça ressemble à ce que vous avez vécu ?

Oui. Il nous faut d’abord repérer nos empêchements majeurs. Pour moi, l’un des plus profonds était la peur que je traînais depuis mes premières relations avec ma mère. J’ai été amenée à y faire face, puis à laisser partir cette peur. Il faut ensuite se dépouiller de tout ce qui a été ajouté à notre véritable nature : les on-dit, les a priori, les convictions qui ne nous correspondent plus. Pour moi, cette possibilité de transformation est le but de l’existence. En chacun, il y a un germe d’éveil, comme un bouton de rose destiné à devenir une très belle fleur, avec son odeur et sa forme uniques. Chez certains êtres éveillés, cette « véritable nature » est très développée, alors que chez beaucoup d’entre nous, elle reste à l’état latent car nous l’oublions. Comme un germe de plante a besoin d’air et d’eau, ce germe d’éveil a besoin qu’on lui donne une attention, que l’on se tourne vers lui. Parfois, on peut soudain le sentir. En face d’un très beau paysage, par exemple. Nous ressentons une sorte d’adhésion à cette nature, qui fait que nous ne sommes plus prisonniers de notre personnalité ni de nos désirs. Mais si, après avoir eu un moment de contemplation, on dit : « Ah, que c’est beau ! », c’est fichu. Notre mental a repris le dessus. Nous sommes de nouveau en proie au « J’aime, je n’aime pas ». Ce qui est notre façon habituelle de penser et de vivre.
Diriez-vous que tous ces efforts vous ont menée à une forme de sérénité ?


Dire non serait faire injure à tout ce que j’ai reçu des maîtres que j’ai rencontrés. Et faire fi de tous les efforts que j’ai menés. Disons que je suis beaucoup moins révoltée ! Ça revient de temps en temps, mais ça passe vite. Moi qui éprouvais beaucoup de peur dans le contact avec certains individus, maintenant que j’ai fait la connexion avec mon traumatisme d’enfance, lorsque je sens l’émotion monter, je me dis : « Je ne suis plus un bébé, je peux raisonner. » Cela me permet de retrouver mon calme et la conscience de mon intériorité, en sachant que ma vérité est là. Tel est l’enseignement que je continue à transmettre. Et aujourd’hui, à la suite de Swâmiji, je peux dire : « J’ai fait ce que j’avais à faire, reçu ce que j’avais à recevoir, donné ce que j’avais à donner. »


Revenir en haut Aller en bas
Renaissance

avatar

Féminin
Poissons Singe
Nombre de messages : 99
Date de naissance : 20/03/1956
Age : 61
Localisation : France
Date d'inscription : 24/07/2009

MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Dim 15 Mai 2011, 20:22

Citation :
Il faut ensuite se dépouiller de tout ce qui a été ajouté à notre véritable nature : les on-dit, les a priori, les convictions qui ne nous correspondent plus.

Je relève ces passages auxquels je suis en accord...aujourd'hui....
je dis "aujourd'hui" car rien n'est figé...tout évolue...

Ce dépouillement est un travail de tout les jours et qui! je pense ne finira jamais...

Citation :
En chacun, il y a un germe d’éveil,

sunny
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Lun 16 Mai 2011, 06:27

mardi 7 septembre 2004, par Laura Lhoir



L’esclavage n’a pas disparu. Il se pratique désormais surtout à l’intérieur des maisons et concerne essentiellement les femmes.


Mais que signifie le mot “esclavage” ? Il faut attendre 1926 pour que la Société des Nations donne pour la première fois une définition internationale de l’esclavage : “L’état où la condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux”. Les conditions de travail de beaucoup de domestiques correspondent bien à la notion d’esclavage moderne.


Une récente étude de l’OIM (Organisation International pour les Migrations) évalue entre 12000 et 14000 le nombre d‘Ethiopiennes travaillant actuellement au Liban, principalement comme employées de maison, sans la moindre protection et soumises à toutes sortes de mauvais traitements. En deux ans, au moins 67 de ces femmes sont mortes dans des conditions suspectes, alors que beaucoup d’entre elles n’ont jamais plus donné signe de vie.


Les migrantes employées comme domestiques sont souvent ignorées par leur pays d’origine et considérées comme quantité négligeable par leur pays de résidence. En Arabie Saoudite, malgré un code du travail contenant un certain nombre de dispositions favorables aux femmes (par exemple, le congé de maternité et une protection contre le licenciement pendant la grossesse et le congé de maternité), les domestiques sont explicitement privées de protection. L’une après l’autre, des domestiques ont raconté comment elles étaient contraintes de travailler entre dix-huit et vingt heures par jour et de dormir dans un coin ou dans un couloir, tout en étant régulièrement violées et battues. Dans les rares cas où elles sont autorisées à déposer des plaintes à la police, celles-ci sont ignorées, tournées en ridicule ou simplement démenties par leurs employeurs. Après quoi, les autorités classent l’affaire ou, pire, punissent la plaignante.


Etre esclave en France


Elles viennent d’Afrique, d’Asie ou du Proche-Orient, croyant trouver un travail et un logement en Europe... Mais à l’arrivée, elles deviennent des bonnes à tout faire. Elles sont séquestrées, privées de papiers, et travaillent 15 à 18 heures par jour, 7 jours sur 7, sans congé ni salaire.


Il est très difficile d’investiguer d’un point de vue policier ou judiciaire, parce que certains “ employeurs ” bénéficient d’une immunité diplomatique, et sont mutés au bon moment vers un autre pays. Quant aux jeunes filles, elles sont tellement intimidées, menacées -parfois battues ou violées-, privées de tous document qu’elles n’osent pas demander de l’aide. Elles sont dans un état psychologique déplorable et se méfient de tout le monde. . Et puis, il faut obtenir un permis de séjour pour porter plainte. Sortir et demander de l’aide, c’est risquer de se faire refouler vers son pays d’origine. Et même lorsque la victime ose déposer une plainte, après avoir hésité, il peut y avoir prescription ; si néanmoins la plainte est reçue, le Code pénal français ne prévoit rien concernant ce genre de délit. Le mot esclavage n’y figure même pas !


Selon le Comité Contre l’Esclavage Moderne (CCEM), la majorité des “ esclaves domestiques ” installés en France viennent d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb et de Madagascar. Des cas venant d’Asie du Sud-Est commencent à être signalés. Il s’agit à plus de 98 % de femmes et de petites filles qui arrivent ici mineures et restent chez leur employeur jusqu’à leur 18 ans. Ensuite, le plus souvent, elles sont renvoyées parce qu’elles sont moins dociles et, étant clandestines, représentent un danger pour leur employeur. Aussi, parce que leur patronne n’aime pas voir les hommes de la maison tourner autour d’elles.


En France, les employeurs de ces “bonnes à tout faire” sont surtout des Français mariés avec une personne originaire du pays où l’esclave sera recruté, ou encore des Français expatriés qui ont travaillé dans ces pays et en ont ramené une “petite bonne” en rentrant en France. Mais les diplomates installés en France en engagent aussi (cela concerne cependant moins de 20 % des cas selon le CCEM).


Souvent, les jeunes filles sont confiées par leur famille. La tradition de donner un enfant en semi-adoption est très répandue dans les pays musulmans. Cela s’appelle « Kafala ». L’enfant donné (ou vendu) vient généralement de la campagne. Il est pris en charge par un « Kafil » qui habite la ville. C’est une façon de donner à l’enfant une chance de sortir de la misère, et ça peut très bien marcher. Mais ça peut aussi déboucher sur un trafic d’esclaves.


Quelques exemples parmi tant d’esclaves anonymes


Aline a quitté l’Afrique pour la France à onze ans, pour s’occuper des cinq enfants d’un couple. “Une vieille tradition africaine” dit son employeur, qui, la fillette grandissant, la harcèle sexuellement.


Des voisins alertés aident la gamine à s’enfuir. Son employeur la retrouve et la ramène. Le Comité Contre l’Esclavage Moderne (CCEM) est prévenu. Une action en justice est entamée. Aline a aujourd’hui 18 ans. Elle est sauvée.


Henriette a débarqué, il y a 5 ans, chez une Togolaise mariée à un Français, qui ensuite la “prête” à une amie mauritanienne. Là, Henriette dort par terre et travaille 15 heures par jour sans salaire. Une voisine de l’immeuble la croise dans l’escalier... et intervient.


Rachida est une petite Béninoise de 13 ans. Elle vit chez une compatriote qui la bat et l’oblige à travailler. Là encore c’est une voisine qui la rencontre sur le chemin de l’école où elle conduit les enfants de sa patronne et est frappée par son air terrorisé, ses haillons et les traces de coups sur son visage. Elle aide la fillette à se sauver, alerte la police qui prévient le Comité, et accueille l’enfant chez elle.


Après la mort de ses parents, Safia vit avec sa grand-mère en Somalie. Celle-ci est trop pauvre pour la nourrir et la confie à un oncle à Djibouti. Celui-ci s’en débarrasse auprès d’une certaine Naïma qui est employée à l’ambassade de Djibouti à Paris. Safia et une autre petite fille de 8 ans se lèvent à 4 heures du matin et travaillent jusqu’à la nuit. Elles sont battues, malades, blessées, leurs plaies “désinfectées” à l’eau de Javel, et dorment sur un tapis dans une salle de bain sans chauffage. C’est là aussi qu’on leur jette les restes des repas familiaux. Safia arrive à s’enfuir. Le Comité engage des poursuites contre Naïma, mais se heurte à l’immunité diplomatique de celle-ci qui émigre au Canada. Safia vit aujourd’hui dans une famille d’accueil.


Haïti : les restaveks, esclaves dans les maisons. En Haïti, la pauvreté à la campagne oblige de nombreuses familles à envoyer leurs enfants, parfois âgés de sept à huit ans à peine, travailler en ville comme domestiques non rémunérés. Les parents ne sont généralement pas payés. Ils espèrent simplement que l’enfant sera bien nourri.


La plupart de ces restaveks travaillent pour des ménages pauvres, à peine plus favorisés qu’eux au plan économique. Ils travaillent durement pendant de longues heures, faisant le ménage, la cuisine et allant chercher de l’eau et de la nourriture à des kilomètres sous une chaleur écrasante. Souvent, ce sont des filles. Leur nourriture se résume en général aux maigres restes laissés par la famille, et ils n’ont pas le temps de jouer ou de se faire des amis. Nombre d’entre eux sont battus et maltraités, et ceux qui tentent de s’échapper sont sévèrement punis.



http://www.amnestyinternational.be/doc/l-espace-enseignants/Enseignement-secondaire/Dossier-Papiers-Libres-2004-Les/article/4-8-l-esc
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 21 Mai 2011, 17:40

Le cri de révolte de Laurent Mauvignier

BOIRE UNE BIERE ET MOURIR
Un souffle, étiré sur 60 pages, qui se poursuit après le livre, puisque la dernière ligne s'achève sur un tiret :

"SA VOIX A LUI QUI CONTINUERA DANS TA TÊTE, A MURMURER, A RÉPÉTER TOUJOURS PAS MAINTENANT, PAS MAINTENANT, PAS MAINTENANT, PAS COMME Ça PAS MAINTENANT..............." MARIANNE








Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier – Mort pour la France
By Vincent JolitPublished: 07/03/2011
Posted in: Littérature
Tags: Ce que j'appelle oubli, Critique, éditions de Minuit, Laurent Mauvignier, Littérature, Opinion

Parution 03 mars 2011

Un homme entre dans un supermarché, ouvre une canette de bière et la boit, complètement. Suffisamment du moins pour qu’on l’accuse de la voler, de ne pas pouvoir la payer. Les vigiles l’arrêtent. « À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas. Ce dont je suis certain, en revanche, c’est qu’entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l’ont arrêté, personne n’aurait imaginé qu’il n’en sortirait pas. » Ce que j’appelle oubli, courte fiction – ni roman ni nouvelle – inspirée d’un fait divers survenu à Lyon en 2009, fait froid dans le dos.

Un homme se trouve dans un supermarché. Sa présence est due au hasard. Parce qu’il a soif, subitement, il ouvre une canette de bière et boit. Quatre hommes, deux par allées, viennent lentement jusqu’à lui, très lentement, comme s’ils désiraient le laisser finir sa bière, le laisser leur donner plus de raisons de l’interpeller. Ils le saisissent et le tutoient, immédiatement. Des hommes robustes aux crânes rasés ou aux dents de travers. Des costumes sombres. Rapidement maintenant, ils l’emmènent, non pas au poste de sécurité, mais loin, loin au fond de la réserve, et l’homme n’a pas le temps de leur demander où on l’entraîne ni pourquoi : « il ne sait pas quand vient la première claque sur le visage mais il sait que soudain on ne peut plus avancer, devant il y a un mur de conserves, il se retourne et esquive les premiers coups »

Le procureur déclara qu’« il est injuste de mourir à cause d’une canette de bière ». Ce crime aurait-il été moins intolérable s’il avait été question de deux bières ? Ou, comme se le demande le narrateur, « est-ce qu’en amassant de quoi remplir le Caddie le procureur aurait trouvé que c’était le juste prix et que ça ne valait pas plus ? » En fixant l’horreur sur cette unique bière, les gens – appelons ainsi ceux qui ont, de près ou de loin, donné leur avis sur ce fait divers : hommes de lois, policiers, lecteurs de journaux, nous peut-être – nient que cet homme avait une vie, certes modeste et marginale, mais une vie tout de même (avec notamment l’existence d’une femme rencontrée au hasard des routes et avec qui il entretenait quelque chose). Assez du moins pour l’entendre dire « pas maintenant, pas comme ça » lorsque vint la certitude de sa mort.

Voir ce que personne ne regardait

La densité de Ce que j’appelle oubli est vertigineuse. Happé par un tourbillon, par une terrible et haletante montée de l’atroce, le lecteur est le spectateur impuissant d’un drame Un drame auquel le texte l’oblige à assister. Inutile de s’attendre à une quelconque résolution de l’« intrigue ». Sans autre raison que de faire peur, parce que c’est gratuit et qu’ils pensent être intouchables, les vigiles tabassent à mort cet homme. Aucune colère ne sourd de ces individus se persuadant que la victime représente « tout ce qui leur a fait du mal dans la vie ». Car certainement se sentent-ils eux aussi victimes. Leur violence n’est pas (seulement) un règlement de compte, mais le plaisir déviant d’hommes modelés par un univers psychotique : « c’était de leur jouissance à eux qu’ils étaient coupables et pas de l’injustice de sa mort ».

Métaphore à peine cachée de l’affrontement inique entre capitalisme et pauvreté, Ce que j’appelle oubli se lit comme la tragédie d’une société aveugle où l’homme seul face à la machine, victime anonyme écrasée par un système qui a cessé d’être humain, est dépossédé à sa mort de la peur de manquer, de la peur d’avoir soif. Mais cette société est la nôtre, ce que Laurent Mauvignier n’omet pas de nous rappeler. Nous sommes aussi, comme l’auteur ou le narrateur, ces « gens, les voisins, ceux qui votent, qui parlent, ceux-là mêmes qui l’ont ignoré ou méprisé en le tuant à petit feu tous les jours ». Et lorsque le narrateur fait parler le mort, ce n’est pas pour dire autre chose : « ma mort n’est pas l’événement le plus triste de ma vie, ce qui est triste dans ma vie c’est ce monde avec des vigiles et des gens qui s’ignorent dans des vies mortes comme cette pâleur ». L’accusation est violente, mais comment l’éviter ? Cette morale perturbe, met mal à l’aise en englobant tout le monde, comme un immense aveu d’échec, de déception généralisée, d’impuissance lâche.

Dérangeant car loin de toute « bien pensance », essoufflé mais stylistiquement remarquable, le récit qui constitue le texte de Laurent Mauvignier ne comporte ni majuscule ni point. Unique et longue phrase, prise en court et inachevée, Ce que j’appelle oubli s’adresse au frère de la victime. La douleur, les interrogations et les souvenirs de ce frère qui ne prend jamais la parole sont soumis, suggérés par le narrateur. Ainsi, réduit à sa fonction de simple interlocuteur ou, au mieux, de générateur de récit – celui qui fait parler, qui le sollicite : « et ton frère bientôt n’a pas la force de crier et d’essayer de fuir » –, le rôle de ce frère pourrait passer pour accessoire. Seulement, en s’adressant à lui, Ce que j’appelle oubli s’adresse à nous, lecteurs, nous frères humains (pour paraphraser Albert Cohen). Et le froid qui nous courbait l’échine prend alors une tout autre ampleur.

Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier




"SA VOIX A LUI QUI CONTINUERA DANS TA TÊTE, A MURMURER, A RÉPÉTER TOUJOURS PAS MAINTENANT, PAS MAINTENANT, PAS MAINTENANT, PAS COMME Ça PAS MAINTENANT..............." MARIANNE
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 24 Mai 2011, 08:57

Stéphane Hessel "Indignez-vous"


Extraits :

"..........Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l'égard des immigrés, pas cette société où l'on remet en cause les retraites, les acquis de la sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis.................."

"..........Je suis convaincu que l'avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. C'est par cette voie que l'humanité devra franchir sa prochaine étape.............."


"...........Il faut comprendre que la violence tourne le dos à l'espoir. Il faut lui préférer l'espérance, l'espérance de la non-violence. C'est le chemin que nous devons apprendre à suivre.................."

".............Le message d'un Mandala, d'un Martin Luther King trouve toute sa pertinence dans un monde qui a dépassé la confrontation des idéologies et le totalitarisme conquérant. C'est un message d'espoir dans la capacité des sociétés modernes à dépasser les conflits par une compréhension mutuelle et une patience vigilante. Pour y parvenir, il faut se fonder sur les droits, dont la violation, quel qu'en soit l'auteur, doit provoquer notre indignation. Il n'y a pas à transiger sur ces droits........"

"CRÉER, C'EST RÉSISTER.
RÉSISTER, C'EST CRÉER"

Indignation pacifique :

".............L'écart grandissant entre les très riches et les reès pauvres, l'état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au "toujours plus", à la compétition........................."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 24 Mai 2011, 16:20

LOPPSI 2 : Yourte à Léa et Tom retrouvé.
--
DEUX années de bras de fer avec une administration zélée et un procès très médiatisé, la Cour d’Appel de Toulouse s’est prononcée en début d’après-midi sur le sort réservé à la yourte de Tom et Léa poursuivis pour avoir habité à plein temps cette tente traditionnelle installée dans un champ sur la commune d’Arrout.






http://jabamiah-antinouvelordremondial.blogspot.com/?zx=a21b8160719539fe
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 24 Mai 2011, 17:14






El grito silencioso
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 07 Juin 2011, 08:04

Près de Pau, des compagnons d’Emmaüs réalisent leurs utopies

Près de Pau, des compagnons d’Emmaüs réalisent leurs utopies
PAR SOPHIE CHAPELLE (26 MAI 2011)



À Lescar, les 125 membres de la communauté Emmaüs ont de l’énergie et des idées. Professionnels de la récupération, ils se sont lancés dans l’éco-construction, convaincus que l’intégration passe par le bien-être dans l’habitat. Chaque compagnon est invité à construire la maison dont il rêve. Lieu d’accueil pour tous ceux qui le souhaitent, sans condition, la communauté Emmaüs Lescar-Pau expérimente au quotidien décroissance et solidarité.

En bordure de l’A65 qui vient d’être inaugurée, impossible de rater l’immense parking et le panneau indiquant la recyclerie-déchetterie d’Emmaüs Lescar-Pau. À l’entrée des 11 hectares de la communauté, les visages de Louise Michel, du Che, de Ghandi, de Thomas Sankara et Nelson Mandela se dessinent sur un wagon-marchandise. L’intérieur, transformé en restaurant, constitue un des espaces-détente proposés par la plus grande communauté Emmaüs de France. Ses 125 membres – compagnons, salariés, amis, bénévoles ou volontaires – font tourner une vingtaine d’ateliers de récupérations à plein régime. « Quand on est arrivés à Lescar il y a 20 ans, on nous a mis à l’écart, aujourd’hui, on est devenus une vitrine », se réjouit le fondateur de la communauté, Germain Sahry.
« Au niveau du tri, on est débordés », explique Germain, en désignant la file de voitures pleines à craquer de déchets, et les camions d’Emmaüs déchargeant leurs 400 m3 de marchandises par jour. « On en recycle plus de 70%. Mais il faudrait qu’on soit 200 pour être pertinents dans la récupération. » Un bric-à-brac de bibelots, vaisselle, meubles, vélos, tondeuses, électroménager, vêtements… Le parcours de la collecte à la vente semble parfaitement huilé. « On prend tout ce qui est bon, et on accompagne les gens à la déchetterie pour le reste », précise un des compagnons qui aide à décharger les voitures dans la zone de dépôt. Dans les ateliers de « reconditionnement » règne une grande énergie. Vincent, responsable de l’atelier électronique, est un peu débordé par l’arrivée des écrans plats. « C’est à cause de la conversion au numérique, explique-t-il. Tout est réparable, mais c’est une question de prix et de temps. »
Une véritable économie solidaire
La communauté a été créée il y a 30 ans. « Depuis 1982, on s’attache à ne percevoir aucune subvention. Ce n’est que grâce à notre travail de récupération que nous en sommes là aujourd’hui », témoigne avec une once de fierté Germain. Ce mardi-là, le bric-à-brac rapportera entre 10 et 12.000 euros. Sur l’année, le chiffre d’affaires avoisine les 2,8 millions d’euros. Une richesse créée à partir des seuls déchets de la société.
« On ne cherche pas la rentabilité, on est dans une réelle économie solidaire », tient à préciser Germain. L’enjeu pour la communauté Lescar-Pau est de développer la reconnaissance de la personne au cœur du collectif. Si Germain ne croit pas ou peu à la réinsertion, il mise sur l’intégration en proposant à la personne une dynamique de reconnaissance dans son activité. Quid du RSA, le Revenu social d’activité ? « Moi, je l’appelle la Rente Sans Avenir, car elle enferme les gens dans un assistanat qui les emprisonne », coupe-t-il net. Si l’accueil à Emmaüs est inconditionnel, certaines règles prévalent. Comme celle de suspendre son RSA lorsque l’on décide de rester dans la communauté. « Ici, ce qui fait la communauté, c’est le travail. » Soigné, nourri, cotisant à l’URSSAF, le compagnon perçoit également une allocation de 350 euros d’argent de poche. « Et si l’on sait quand on arrive à Emmaüs, raconte Germain, on ne sait jamais quand on en part. »
Des « maisons écolomiques »
À l’écart de la foule des chalands, une maison en bois en forme de tente canadienne marque le début du village des compagnons. « C’est la maison de Stéphane, dit cow-boy », confie Philippe Soulé, salarié et responsable de l’atelier Eco-construction. Bâtie avec des matériaux de récupération, dont des vêtements recouverts par de la chaux pour l’isolation, cette maison ne consomme presque pas d’énergie. Elle s’inscrit dans un vaste projet de « maisons écolomiques », qui viennent remplacer progressivement les mobile-homes mal isolés, véritables gouffres financiers. Cela a permis de passer de 800 euros annuels de consommation électrique dans les mobile-homes, à 200 euros dans les nouveaux habitats. « Les mobile-homes ont permis de répondre à l’urgence. Mais ce sont des catastrophes écologiques qui nous discréditent dans notre démarche, analyse Germain. Retrouver un vrai élan de vie passe aussi par le bien-être dans l’habitat. » Avec Philippe Soulé, chaque compagnon est invité à dessiner la maison dont il rêve, puis à participer aux plans et à la construction. Le prix oscille entre 20.000 et 30.000 euros. De la maison sur pilotis au chalet en bois et paille, chaque maison de ce quartier expérimental est unique. Et parfois quelque peu surnaturel. Rencontre en images.

D’ici à juillet, ce premier quartier devrait être achevé. Des compagnons assureront alors les aménagements d’espaces verts. Le tout sous l’égide du « conseil municipal » du village de la communauté Lescar-Pau. Tous les ans, les conseillers sont élus par les villageois – compagnons et familles – qui élisent à leur tour le maire. À la sortie du village, une « mairie » a été érigée. La structure de bois de ce bâtiment de 16m² a été dessinée par l’atelier Eco-construction. « Dans le village, il y a des mariages, des naissances, des décès... c’est la vie, il y a de tout », précise Germain. Y compris de l’engagement citoyen. La communauté est également très attachée à sa liberté de parole et se comporte « à l’opposé d’une administration » : « on peut se rassembler en cinq minutes et décider », assurent ses membres. Bien loin de tout enfermement dans une gestion administrative du lieu. Au risque d’être considérée comme « le vilain petit canard d’Emmaüs », la communauté continue de « risquer l’utopie ».
« On n’est pas des marginaux, mais des originaux »
« Démarquer Emmaüs et ses compagnons d’une image misérabiliste qui leur colle à la peau », est un des objectifs de Germain Sahry. Sortir de la marginalité tout en cherchant à interpeller la société. Un pari difficile, un pari du quotidien. Relevé avec brio par la communauté Emmaüs Lescar-Pau. Très ouverte sur l’extérieur, la communauté développe depuis plusieurs années un partenariat avec des groupements paysans du Burkina Faso. L’été, ils accueillent plus de 150 jeunes des quatre coins du monde. Des compagnons s’activent pour remplacer les mobile-homes où dorment ces jeunes, par des habitats faits uniquement de matériaux de récupération. Partie intégrante du mouvement social, la communauté n’a pas non plus hésité à soutenir les faucheurs volontaires, ou à manifester contre la loi Loppsi 2 pour l’habitat différent.




Il y a deux ans, ils ont lancé leur propre ferme, ouverte au public, avec la volonté de préserver des races locales comme la vache béarnaise ou le cochon gascon. Là, quelques compagnons cultivent leurs jardins ouvriers. « C’est d’autant plus important de faire cette ferme, rappelle Germain, qu’on est entourés de monocultures de maïs. » Si la communauté est autonome en lapins – nourris par les déchets de la surconsommation – elle ne recherche pas pour autant l’autosuffisance. « Le risque serait de se couper de la société. » Et c’est tout le contraire que vise Emmaüs Lescar-Pau.
« On est l’ETA, Emmaüs Toute Alternative »
La culture n’est pas non plus négligée. En juillet prochain, aura lieu le troisièmefestival organisé par la communauté. Parmi les invités, Emir Kusturica, Kenny Arkana, Tiken Jah Fakoly ou encore Goran Bregovic. L’année dernière près de 20.000 personnes ont fait le déplacement, sur les deux jours du festival. Cette année encore, la communauté ne demandera aucune subvention, menant son projet en toute liberté. « Ce festival a une connotation engagée, avec l’organisation de débats qui posent la question du consumérisme », décrit Germain. Mais l’objectif du festival, c’est surtout la rencontre : « On veut montrer aux jeunes qu’on peut vivre des alternatives, autre chose que cette société de consommation. » Emmaüs, un choix de vie ? « Ça peut l’être pour ceux qui ne trouvent pas de place dans cette société néolibérale, basée sur des politiques productivistes », confirme Germain.





Face à ce qu’elle qualifie de « rouleau compresseur », la communauté Emmaüs Lescar-Pau se pose aujourd’hui comme un acteur réel de la décroissance. Un acteur de la société, sur tous les plans : culturel, écologique, économique, politique ou social. « On est l’ETA, Emmaüs Toute Alternative », lâche en souriant Germain. L’année prochaine, la communauté fêtera ses 30 ans. « J’ai autant d’utopies qu’au début, conclut Germain. Il y a un tel potentiel de créativité, de rencontres, avec des gens totalement différents. On peut créer quand on veut, et ça c’est passionnant. »
Sophie Chapelle






http://vimeo.com/24407746

http://www.bastamag.net/article1562.html
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Lun 20 Juin 2011, 19:56




Pierre Rabhi.


Propos recueillis par Jacques Durand. Dans la même rubrique

  Pierre Rabhi, si l’on regarde autour de nous, le « bio » semble devenir aujourd’hui une mode, une marchandise comme une autre...Quelle est ta vision des choses qui met l’être humain et la nature au cœur de la bio ?
Disons qu’il y a une ambiguïté dans toutes ces initiatives qui, en se multipliant, ne donnent pas une orientation précise. Je dis souvent que l’on peut manger bio et exploiter son prochain...
La solution ne réside pas dans le seul fait de manger bio ou pas. Si l’être humain ne change pas, je ne vois pas comment le monde peut changer. Le problème aujourd’hui de changement de société, n’est pas dans les structures, mais dans la vision elle-même : comment mettre la vie et l’histoire dans une perspective qui va nous permettre, nous, l’Humanité de nous élever ?
Changer de société, c’est changer tel que l’être humain peut changer. Si moi je ne change pas je ne vois pas comment l’humanité le peut.
Je suis le premier chantier et le premier maillon à partir duquel je peux participer au changement. Quand j’aurai compris que je suis moi-même la société, la nature, l’être qui doit avoir une perception et une mission ici-bas alors, le changement s’amorcera.
Pourtant, tu dis souvent que l’être humain est son « propre obstacle »...
Oui, on peut le constater tous les jours en nous-mêmes : nous avons une aspiration à une forme d’élévation. Nous sommes des humains avec tout ce qui nous handicape pour amorcer ce changement, nous avons en nous des éléments archaïques qui nous freinent dans notre évolution...
L’obstacle le plus important est notre vision fragmentée. Quand je vois notre planète photographiée depuis l’espace, je ne vois rien qui soit opposé : le pôle nord n’est pas contre le pôle sud, aucun continent n’est opposé à un autre. La terre est une globalité indivisible. Les éléments sont interdépendants et indissociables, les fragmenter est préjudiciable à l’ordre global et par voie de conséquence à la dynamique de la vie.
Quand j’examine une mappemonde et que je regarde comment les hommes ont transposé cette unité, je vois un puzzle, avec des « nations », des « états », des « pays » et chaque être humain se planque derrière ces frontières avec la peur de perdre cette « sécurité ».
C’est en quelque sorte l’aspect le plus négatif du tribalisme mis à jour du monde actuel. Cette peur donne un alibi à beaucoup de choses moralement répréhensibles. Pourquoi fabrique-t-on des armes ? C’est pour se sentir en sécurité avec la fameuse Défense Nationale comme alibi rendu légitime ! Alors que si on avait travaillé à l’unité, on n’aurait pas besoin de ce type de sécurité et de cette dévotion tragique au meurtre et à la destruction.
Si on éduquait les enfants, non pas à la compétition mais à la puissance de la complémentarité, le monde serait apaisé et les sommes colossales dédiées au crime et à la destruction serviraient à honorer la vie. Car toutes ces choses entretiennent ce système dualiste, générateur de toutes les horreurs possibles et de toutes celles que l’espèce humaine est capable d’imaginer encore. Par ailleurs, on peut marier une petite pygmée avec un grand nordique : ils feront des enfants ! C’est dire l’unité absolue du genre humain ! Alors pourquoi cette aberration de l’homme contre l’humain ? Il me semble que pour un véritable changement de paradigme, une vision plus réaliste et claire est absolument prioritaire. Sans cela, nous sommes condamnés à justifier indéfiniment l’injustifiable.
Sans jugement des personnes, il y a des gens qui sont sur le front de la générosité, de la fameuse indignation qui retentit de plus en plus, au risque de nouvelles violences et qui « pourrissent » la vie de ceux qui vivent à leurs côtés. Il faut être clair. A quoi sert-il d’aller lutter contre l’injustice dans le monde si je ne suis pas conscient que je l’inflige à ma compagne, à mon compagnon, à ma belle-mère etc.. ?
On parle souvent de prise de conscience : cela me rappelle l’électricité, comme s ‘il y avait un flux de conscience auquel il suffirait de se brancher ! Il s’agit en réalité d’élévation de conscience. Cela nécessite un effort, comme pour gravir une montagne, le paysage s’agrandit et augmente l’intelligibilité du réel. En tout cela, il ne faut évidemment pas perdre courage.
  Avec l’appauvrissement de la biodiversité, il y a cette phrase que tu dis : « changer ou disparaitre » ?
En dehors du changement de soi, il y a aussi un fait objectif : c’est que nous pourrions mesurer tous les jours les dégâts que notre espèce inflige à la planète : pollution, dissipation des richesses et de la biodiversité. Nous sommes graduellement en train de nous rendre la vie, et surtout à ceux qui vont nous succéder, impossible. Quand on détériore des sols, qu’on les rend stériles, que l’on pollue l’eau qui est une richesse vitale dont nous sommes composés, nous sommes à l’évidence dans un processus imputable à notre seule ignorance. Du même coup, nous suicidons les générations futures auxquelles le désastre ne peut être imputé. C’est une évidence pondérable : au lieu de voir notre planète comme une magnifique unité, un don extraordinaire, nous la voyons comme un gisement de ressources qu’il faut épuiser jusqu’au dernier arbre ou poisson.

Un jour, j’étais allé couper du bois avec un ami. Je me suis extasié devant un coucher de soleil auquel la silhouette d’un arbre ajoutait de la splendeur. Un quiproquo a fait que là où je voyais de la beauté mon ami voyait des stères de bois !
Ce que je reproche à l’écologie politique, c’est qu’elle ne parle pas assez de la beauté et du caractère sacré de la vie. Je ne me bats pas seulement pour qu’un arbre reste vivant. Je me bats aussi pour la beauté qu’il exalte et qui nourrit l’âme et le cœur.
  C’est une des raisons pour lesquelles vous avez choisi l’Ardèche pour vous installer ?
Oui, en 1961, Michèle et moi avons quitté Paris, pour rejoindre la nature y vivre et y fonder une famille. Nous ne nous sentions pas nés pour être dans ce hors sol que représente la cité urbaine.
Avec tout le respect dû à tous ceux qui sont contraints ou qui aiment vivre dans les agglomérations de plus en plus monstrueuses, celles-ci sont non seulement incompatibles avec la nature profonde de l’être humain mais l’anonymat et la solitude y sévissent comme en une jungle pétrifiée.
Quelques glissades sur la neige l’hiver et l’exposition sur le sable chaud de l’été suffiront-ils à compenser l’absence de la réalité vivante ? C’est encore une fois une question dénuée de tout sarcasme envers les individus mais plutôt une remise en cause de notre modèle de société.
C’est pour toutes ces raisons que Michèle et moi sommes retournés à la terre. J’ai du apprendre l’agriculture pour être dans la nature ; c’est un épisode éprouvant que d’être ouvrier agricole dans les fermes.
Quand nous avons emprunté au Crédit Agricole pour acheter notre ferme, les gens étaient interloqués terre rocailleuse, pas d’électricité, peu d’eau etc..).
Comment faire comprendre que la beauté du lieu, le silence qui y règne et la pureté de l’air ont pesé lourd dans notre choix. Bien sûr tout n’a pas été facile puisque tout était à faire et refaire mais nous savions que la beauté allait nous nourrir et nous donner de l’énergie.
C’est ce qui s’est réellement produit. Nous en avons « bavé » mais cette aventure est devenue une sorte de voyage initiatique élargissant notre perception de la vie. Nous avons donné à notre engagement en faveur de l’écologie une assisse radicale et indestructible.
  Comment favoriser une transformation de notre société à sa base ?
Cette nécessité, à mon avis urgente, est subordonnée à une vision claire que nous n’avons peut-être pas. Que voulons nous faire de ce don prodigieux que nous appelons la vie auquel chacun et chacune de nous doit la vie ? Ma pré-candidature aux élections présidentielles de 2002 a été un véritable test.
Nous sommes plus nombreux qu’il n’y paraît à aspirer au changement. Notre manifeste a rassemblé les critères basés sur la nécessité absolue de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et tous nos moyens à leur service.
Nous pensons que la politique telle qu’elle est appliquée n’est absolument pas en phase avec la réalité du monde. Nous traversons un séisme planétaire où les pays émergents sont en train de monter. Les configurations planétaires vont être terrifiantes et pas du tout contrôlables parce que le mythe de la croissance continue n’est pas remis en cause alors que trois milliards d’êtres humains vont adopter le modèle du « toujours plus ». Cela veut dire qu’il y aura une accélération extrêmement rapide de l’épuisement des ressources !
Nous pensons que, d’un côté la politique fait de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond et que, de l’autre coté, la société civile invente et pose les bases du futur.
Nous sommes nous-mêmes réalisateurs de diverses structures allant dans ce sens et notre propre fille Sophie a fait un prodige en créant la Ferme des enfants avec une école Montessori et le hameau des Buis. Une vingtaine d’habitations écologiques regroupe des gens, c’est formidable. L’avenir ce n’est pas chacun pour soi.
Aujourd’hui, même dans les pays les plus riches, il y a une misère atroce qui s’installe, occultée par les dispositifs de l’Etat, et aussi les organisations caritatives telles qu’Emmaüs, les Restos du cœur, ATD Quart Monde etc.. Si on ne change pas de paradigme, en mettant l’humain et la nature en urgence et en priorité, on va vers une misérabilisation généralisée de l’humanité.
Le système a pour option l’argent comme finalité et les outils pour manipuler les foules. Comme les gens n’ont pas été éduqués à voir où se trouve véritablement la profondeur des choses, ils se laissent manipuler.
Un évènement comme Fukushima pourrait être une leçon pour savoir comment par exemple, poser la problématique du nucléaire à l’échelle mondiale, puisque ça peut se produire sur toute la planète, avec des effets à très long terme. Pourtant, on survole l’évènement, on fait la politique de l’autruche et les choses continuent à tourner comme si tout allait bien ! Ces manipulations sont terrifiantes car l’être humain est comme préparé pour être dans le consentement. A partir de ce moment-là, le système fait ce qu’il veut. Prenez le football, comme jeu et divertissement, mais auquel l’on donne une importance démesurée. Cet engouement est une diversion qui empêche en partie de donner la réelle importance aux évènements les plus cruciaux.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Ven 01 Juil 2011, 10:33

Le Tarot ZEN d’OSHO


Le rebelle

Les gens ont peur, très peur de ceux qui se connaissent intérieurement. Ces êtres ont une certaine autorité, une certaine aura et un certain magnétisme ; un charisme qui est capable de libérer de jeunes personnes de l’emprisonnement traditionnel.
L’homme réalisé ne peut pas être asservi - là est la difficulté - et il ne peut pas être emprisonné…. Chaque génie qui a découvert quelque chose de son intériorité sera difficile à absorber ; il sera une force perturbatrice. Les masses ne veulent pas être dérangées, même si elles peuvent être dans la souffrance. Elles sont dans la souffrance, mais elles sont accoutumées à la souffrance et celui qui n’est pas dans la souffrance apparaît comme insolite, étranger.
L’homme réalisé est le parfait étranger dans ce monde, il ne semble appartenir à personne. Aucune organisation ne le limite, aucune communauté, aucune société, aucune nation.



Commentaire :
Le personnage puissant et autoritaire de cette carte est indubitablement le maître de son propre destin.
Sur son épaule figure l’emblème du soleil et la torche qu’il tient dans sa main droite symbolise la lumière de sa propre vérité acquise de haute lutte. Qu’il soit riche ou pauvre, le rebelle est vraiment un empereur car il a cassé les chaînes des conditionnements répressifs et des jugements de la société. Il s’est réalisé en embrassant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, en émergeant des racines sombres et informes de son passé inconscient et en développant des ailes pour s’élancer dans le ciel.
Toute sa façon d’être est rébellion, non parce qu’il se bat contre quelqu’un ou quelque chose mais parce qu’il a découvert sa véritable nature et est déterminé à vivre en accord avec elle. L’aigle est son animal tutélaire, le messager entre la terre et le ciel.
Le rebelle nous pousse à être assez courageux pour assumer la responsabilité de qui nous sommes et de vivre notre propre vérité.





Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Jeu 07 Juil 2011, 14:14

Le Tarot ZEN d’OSHO : LA PLENITUDE



La distinction entre la graine et la floraison est identique à celle entre "vous ne sachant pas" que vous êtes un bouddha et l'instant où vous réalisez que "vous êtes" un bouddha. En fait, il n'y a aucune possibilité d'en être autrement.
Bouddha est complètement épanoui, entièrement ouvert. Ses lotus, ses pétales, sont arrivés à un épanouissement...
Certainement, être vous-même empli de l'élan du printemps est bien plus beau que la rosée d'automne tombant sur la feuille de lotus. C'est l'une des choses les plus belles à regarder : lorsque la rosée d'automne tombe sur la feuille de lotus et brille au soleil matinal comme de vraies perles. Mais bien sûr c'est une expérience momentanée. Comme le soleil se lève, la rosée d'automne commence à s'évaporer...
Cette beauté provisoire ne peut certainement pas être comparée à un printemps éternel dans votre être. Vous regardez aussi loin que vous pouvez dans le passé et il a toujours été là. Vous regardez aussi loin que vous pouvez dans le futur et vous serez étonnés ; c'est votre être véritable. Partout où vous êtes, il sera là et les fleurs continueront de pleuvoir sur vous. C'est prin-temps spirituel.
Osho No Mind: The Flowers of Eternity Chapter 5




Commentaire :
Cette silhouette se tient seule, silencieuse et pourtant alerte. L’être intérieur est rempli de fleurs ; il porte en lui la qualité du printemps qui régénère, où qu'il aille. Cette floraison intérieure et la plénitude qu'il ressent offrent une possibilité de mouvement illimité. Il peut se mouvoir dans n'importe quelle direction ; vers l’intérieur comme vers l’extérieur, cela ne fait pas de différence car sa joie et sa maturité ne peuvent être altérées par l’extérieur.
Il est centré et en expansion. La lueur blanche qui l’entoure le protège et le guide. Toutes les expériences qu’il a vécues l'ont amené à cette perfection. Lorsque vous tirez cette carte, sachez bien que ce moment porte un cadeau en récompense d'un travail assidu et bien fait. Votre base est solide maintenant, le succès et la bonne fortune sont les vôtres parce qu’ils sont le fruit de ce qui a déjà été expérimenté en vous-même.




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Mar 19 Juil 2011, 14:19

Rainbow Gathering
Publié par Saby
Un Rainbow Gathering (littéralement “Rassemblement arc-en-ciel”), est une communauté éphémère généralement réunie en plein air et cherchant à pratiquer les idéaux de paix, d’amour, d’harmonie, et de liberté.
Ces communautés se réunissent annuellement en des lieux annoncés à l’avance et dans plusieurs pays à la fois.
Le photographe Benoit Peyll du Canada a pris les photos de personnes au Canada, au Mexique et en Espagne.



















http://desyeuxpourvoir.blogspot.com/2011/07/rainbow-gathering.html

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?   Sam 23 Juil 2011, 14:01

Vis dans ce monde
Comme si c'était la maison de ton père.
Crois aux grains, à la terre, à la mer.
Mais avant tout, crois en l'être humain.

Aime le nuage, la machine, le livre.
Mais avant tout, aime l'être humain.

Sens la tristesse de la branche qui se dessèche
De la planète qui s'éteint,
De l'animal qui souffre.
Mais avant tout, la tristesse de l'être humain.

Que tous les biens terrestres
Te prodiguent la joie,
Que l'ombre et la clarté
Te prodiguent la joie.
Que les quatre saisons te prodiguent la joie.
Mais avant tout, que l'être humain te prodigue la joie.

Nazim Hikmet (1901-1963)

Nazim Hikmet est l'une des plus importantes figures de la littérature turque du XX siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers plus ou moins libres.Hikmet est devenu, de son vivant, un des poètes turcs les plus connus à l'Ouest et ses travaux ont été rapidement traduits dans différentes langues.
Cependant, dans son propre pays, il fut condamné pour marxisme et demeura en Turquie, même après sa mort, un personnage controversé. Il passa quelque 17 années en prison et baptisa la poésie le plus sanglant des arts. Ses écrits soulignent la critique sociale. Il proclama au début des années 1930 que l'artiste est l'ingénieur de l'âme humaine.
Revenir en haut Aller en bas
 
SDF, Nomades, gens du voyages ....Demain , peut être nous ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
 Sujets similaires
-
» Peut-on tout dire?
» Quand on change de religion ...
» Narcolepsie et hallucinations, recherche de témoignages
» Portable en classe et Loi..
» Pour l'Odyssée, peut-on utiliser une version plus modernisée :Les voyages d'Ulysse?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ANTAHKARANA :: L'ANTRE DE MELCHISEDECK :: Elargir son Horizon-
Sauter vers: