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 Jeu d'échecs, jeu de l'esprit

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AMBRE

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MessageSujet: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Lun 28 Mai 2007, 19:13

Jeu d'échecs, jeu de l'esprit
l'approche symbolique





" A cette époque, les échecs étaient essentiellement pour moi, comme pour beaucoup de joueurs, un jeu intelligent et, par conséquent, un moyen d'affirmer et de développer ses facultés intellectuelles.
C¹est avec cet état d'esprit et cette façon de jouer que j'entamais, il y a une quinzaine d'années, une partie contre un ami très versé dans l'ésotérisme et la symbolique. Après une ouverture classique, je lui pris un cavalier dont la présence me dérangeait, le forçant à me prendre mon fou en échange.

Quelques autres échanges du même style plus loin, mon ami leva les yeux de l'échiquier et me demanda calmement quel était mon but aux échecs. Un peu surpris, presque gêné, je répondis que c'était à la fois d'aiguiser mes facultés de réflexion et d'analyse, de passer un moment agréable et, bien entendu, de gagner, autant que possible !

- Bien entendu, dit-il, mais reconnais qu'il n'y a guère de beauté dans une victoire obtenue sans noblesse.

- Noblesse aux échecs ? Voilà une idée intéressante. Qu'entends-tu par là ?

- Eh bien, tout d'abord, il n¹est pas correct d'échanger des pièces maîtresses et de décimer ses forces et celles de l'adversaire sans que ce soit nécessaire et qu'il en résulte un avantage vraiment conséquent. C'est gaspiller du potentiel sans raison et manquer d'égard envers ses pièces et celles de l'autre, expliqua-t-il.

Je suivais avec intérêt et curiosité.

- Il me paraît plus intéressant et plus conforme à la nature des échecs, poursuivit-il, de jouer non seulement en vue de la victoire mais, en plus, en tenant compte de toute la symbolique et de l'esthétique stratégique du jeu.

- C¹est là une conception du jeu qui diffère sensiblement de celle du milieu des échecs. D'où la tiens-tu ?, demandai-je.

- Tout simplement du jeu lui-même, de l'observation de la façon remarquable dont il est conçu.

Pour joindre le discours à la pratique, la décision fut prise d'interrompre là la partie entamée et d'en recommencer une d'après les préceptes que mon ami développait.

- La manière de jouer, reprit ce dernier en remettant les pièces sur les 64 cases, est tout d'abord déterminée par la façon dont on considère l'échiquier, les pièces, et les déplacements spécifiques de chacune d'elles. Chaque joueur se trouve dans la position du roi à la tête de son armée. A ce titre, il lui importe non seulement de gagner la bataille, mais autant que possible en conservant le plus grand nombre d'hommes, c'est-à-dire de pièces : les siennes, bien entendu, mais aussi dans une certaine mesure celles de l'adversaire ; pas de victimes inutiles. Cette manière de concevoir le jeu se caractérise donc d'entrée par un respect des pièces des deux couleurs.

Je retrouvais tout naturellement dans ses propos les qualités d'humaniste que j'appréciais par ailleurs chez cet ami, tout comme son érudition.

- On peut ensuite aller plus loin, développa-t-il, et considérer les 16 pièces comme la représentation des diverses composantes de notre être. Par exemple, le roi représente l'esprit, si tu veux, et la reine l'âme. Ce sont les principes qui dominent notre existence, notre nature spirituelle. Tous deux peuvent bouger dans toutes les directions. Le roi est cependant limité à une seule case à la fois. En effet, l'esprit est le principe vital qui dirige, ordonne l'activité de toutes les pièces, de tous les aspects de l'individu. C'est un principe éternel, il ne peut pas mourir : quand il est " mat ", la partie s'achève. L'esprit se désincarne, en quelque sorte, mais ne meurt pas. Il domine le temps, mais pas l'espace. D'où la dimension limitée de ses déplacements. L'âme, par contre, est un principe lié à l'espace, à l'infini, qui fait le pont entre l'esprit et la matière. A ce titre elle est très active, très mobile. Mais la reine, l'âme, peut être " mangée " et mourir. Elle n'est pas éternelle.



A mesure que j'écoutais mon ami, l'échiquier commençait à m'apparaître sous un jour nouveau, plus vivant, et plus conforme à des valeurs qui m'ont toujours été chères. Je m'étonnais de ne jamais avoir pensé à appliquer ce que je connaissais de la symbolique à ce jeu qui m'avait toujours passionné. Il faut toujours un effort pour porter un regard neuf sur des choses familières.

- Mon ami enchaîna :

- Toujours selon cette conception symbolique, les trois pièces suivantes: le fou, le cavalier et la tour ­ représentent l'intellect, le cœur et le corps physique, c'est-à-dire notre être incarné. C'est pour cela qu'il y en a deux de chaque, le monde matériel étant celui de la polarité : bien/mal, existence/mort, etc., alors que le spirituel est un monde d'unité. Nos pensées, nos sentiments et nos actes peuvent être influencés consciemment ou inconsciemment, par la lumière ou par l'ombre.

Le fou, poursuivit-il, se déplace en diagonale, il biaise, sur une seule couleur. C'est pour cela qu'il est plus efficace quand il est associé au fou complémentaire. A la cour, le fou du roi était celui dont les propos étaient un mélange de vérités biaisées, énoncées sur le ton de l'ironie, de l'humour ou de l'apparente folie. L'intellect a aussi cette tendance à biaiser, à ruser, il ne reste pas de lui-même sur le droit chemin. Et il est plus efficace quand nous utilisons conjointement les facultés respectivement analytique et synthétique des deux hémisphères cérébraux.

Ensuite, le cavalier (ou le cheval) représente le côté affectif : c'est le cœur, les sentiments. Son déplacement a d'ailleurs quelque chose d'irrationnel. " Le cœur a ses raisons " C'est la seule de ces trois pièces à se mouvoir dans huit directions dont elle est le centre . Cette menace circulaire, par rapport à celle linéaire du fou, correspond bien au sentiment qui est un monde d'émanation alors que la pensée est une forme de radiation. La pensée, comme la lumière, s'arrête à la surface des choses, leur apparence, comme le fou peut être arrêté par une pièce sur sa diagonale. Mais le sentiment pénètre les choses, va en profondeur, comme le cheval qui peut sauter par dessus les autres pièces et s'introduire au milieu des positions adverses. On ne peut pas limiter son rayon d'action.

Cette discussion me remémorait le discours extraordinaire de Krishna à Arjuna, dans le Mahâbhârata ­ qui constitue la Baghavad Gîta ­ juste avant la grande bataille finale qui oppose les parties rivales d'une même grande famille. Comme Arjuna, je voyais se transformer ma compréhension du combat. Je repensais aussi à cette parole du Roi Arthur : " Le pays et le roi sont un ", c'est-à-dire le corps et l'esprit sont un, ce qui signifie aux échecs qu'on ne peut dissocier le roi des autres pièces et sacrifier inconsidérément ces dernières.

- Et logiquement, enchaînais-je, la tour représente le corps physique.


- Effectivement. La tour, édifice en pierre, est la pièce la plus éloignée du roi, l'esprit, et elle représente bien le corps : c'est d'ailleurs la pièce la plus longue à mettre en action, mais aussi la plus puissante des trois dans la matière, puisque c'est son monde. Elle quadrille (le 4 est le chiffre de la matière) l'échiquier de façon redoutable !
- Si le roi est l'esprit et la tour le corps, le roque prend à son tour une dimension symbolique très intéressante.

- Exactement ! Qu'est-ce que le roque ? Le roi avance exceptionnellement de deux case dans la direction d'une tour, et celle-ci vient se placer contre lui, de l'autre côté. Symboliquement l'esprit s'enfonce dans la matière pour permettre au corps d'évoluer plus rapidement. Ce mouvement surprenant est une illustration remarquable du principe d'involution et d'évolution. C'est parce que le roi, l'esprit, accepte d'involuer, de se limiter, que le corps physique, la tour, peut évoluer, s'élever vers l'esprit et transcender ses propres limites.

- A ce propos, sais-tu qu'en tournoi les joueurs ont l'obligation de commencer le roque en bougeant le roi d'abord, sous peine d'être contraint de ne bouger que la tour, s'ils ont touché cette pièce en premier ? Cela illustre bien ce que tu dis, à savoir que l'involution précède l'évolution. Reste le pion, et ses 7 cases à franchir pour aller à dame.

- Le pion est lui aussi une expression de nous-mêmes, de la volonté qui nous pousse à aller de l'avant, à évoluer. C'est le soldat ordinaire, qui a peu de moyens. Il ne peut qu'aller tout droit, sans possibilité de recul : sa marche est inéluctable. C'est seulement pour " manger " un adversaire qu'il emprunte occasionnellement une case en diagonale. Mais, malgré ses faibles possibilités, il porte en lui les germes de ce qu'il y a de plus haut. En effet, s'il persévère dans son avance jusqu'à la dernière rangée, il est promu au rang de reine . Comme tu l'as dit, il y a 7 cases à franchir pour atteindre cette promotion, que l'on peut mettre en parallèle avec les sept degrés dont on dit que se compose l'initiation qui conduit à la maîtrise intérieure. Un initié est son propre roi. Le fait que le pion ne devienne au mieux qu'une reine, et non un roi, indique qu'il reste assujetti à un principe supérieur, un principe divin unique, si tu veux.

Au fil de cet exposé, je prenais conscience que cette façon de considérer le jeu débouchait immanquablement sur une toute autre manière de jouer que celle que j'avais apprise.
Étant donné la symbolique et la valeur de chaque pièce,

il ne saurait être question de parties " kamikaze " ou d'échanges abusifs.

Quel intérêt y a-t-il à gagner, si c'est pour régner seul, mutilé de ses propres forces ?

- Tu comprends mieux, maintenant, l'importance que j'accorde à la noblesse et à l'esthétique du jeu. Il est dommage de casser la subtile construction du jeu par des échanges peu justifiables et de briser gratuitement la tension qui s'accumule sur certaines positions ! Rappelle-toi cette citation du Cid : " à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. " On pourrait ajouter qu'une victoire sans noblesse est pire qu'une défaite. Dans le passé, celui qui gagnait sans noblesse était l'objet de honte et de mépris.

Dès la partie en cours, j'ai commencé à jouer aux échecs en regardant l'échiquier et les pièces sous cet angle symbolique. Non sans quelque peine, au début, je dois le dire ! On ne se débarrasse pas en une fois d'habitudes bien ancrées surtout quand elles semblent efficaces ! Désormais chaque " ancien coup ", c'est-à-dire chaque coup concédé à l'efficacité sans âme, éveillait immédiatement un sentiment d'avilissement, de gêne : je n'en étais pas fier. Mais surtout, cette nouvelle manière de jouer a contribué à rendre mes parties beaucoup plus complexes et passionnantes. Moins passionnelles, aussi, car la beauté du jeu compte désormais autant que son issue. Il nous arrive d'ailleurs de discuter longuement en cours de jeu de points théoriques ou symboliques, de stratégies possibles et de leurs conséquences, sans que cela nuise à la construction du jeu de chacun. Mon adversaire et moi apprenons à mieux nous connaître et à davantage nous respecter. A la tension de la partie s'ajoute la joie et une certaine fierté de la maintenir dans le cadre d'un code chevaleresque. Même perdue, une partie ainsi jouée laisse un excellent souvenir et de l'estime pour le gagnant.

Autre bénéfice secondaire : cette manière d'approcher les échecs déteint ensuite sur les autres activités de celui qui s'y applique, du sport aux relations humaines, de la famille à ses activités professionnelles. On redécouvre un code de déontologie, des notions d'estime, de dignité, de respect et de fierté que notre époque semble avoir jeté aux oubliettes. Gageons que si les PDG de multinationales jouaient aux échecs de cette façon, ils en viendraient sans doute à considérer autrement les " armées de salariés " qu'ils sacrifient actuellement sans état d'âme à leur volonté de pouvoir et à leur soif de victoires économiques."



Olivier Clerc


Dernière édition par AMBRE le Lun 15 Sep 2014, 22:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Mar 02 Oct 2007, 11:01

Le jeu d’Echecs et l’Education





illustration découverte à l instant sur ce site
j adore!
pas de hasard là encore!
l auteure Florence Magnin
Quelques exemples de son immense talent féérique ....

http://onirym.online.fr/v3/magnin_univers.php


http://onirym.online.fr/v3/tarot_ambre.php

Le jeu d’échecs attire plus que les autres jeux intellectuels l’attention des éducateurs et des spécialistes. Nous nous intéressons tout particulièrement de l’expérience de l’URSS car l’Empire russe ne comptait que quelques milliers de joueurs d’échecs tandis que presque tous les Soviétiques connaissaient les règles des échecs depuis l’adolescence....


Le portrait psychologique du maître d'échecs


En 1925 Diakov, Petrovsky et Rudik ont testé douze forts joueurs du Tournoi international de Moscou (Dextreit, Engel, 1981). La conclusion générale de leur étude a abouti au portrait psychologique du maître d'échecs qui possède les qualités suivantes :
Bon état de santé,
Des nerfs solides,
Maîtrise de soi,
Faculté de distribuer son attention à des objets relativement sans liens,
Sensibilité à des situations dynamiques,
Esprit de type contemplatif,
Haut degré de développement intellectuel,
8. Caractère logique de la pensée mais dans le domaine expérimental,
Objectivité et réalisme,
Mémoire spécialisée,
Puissance de pensée synthétique et «sens positionnel»,
Facilité de combiner,
Volonté disciplinée,
Grande activité des processus intellectuels,
Discipline des émotions et de l’affectivité,
Confiance en soi.

Ce travail a posé le jeu d’échecs en activité sérieuse, en méthode d’auto-développement des capacités intellectuelles et d’autodiscipline.
Edward Lasker a proposé de substituer aux seize points ci-dessus les sept conditions (Ibid., p. 103):
Haut degré d’intelligence (la culture est accessoire, mais un fort joueur, même illettré, ne saurait être stupide) ;
Capacité de penser objectivement (la subjectivité est interdite car l’adversaire est censé être toujours objectif) ;
Capacité de penser abstraitement ;
Capacité de distribuer son attention à plusieurs facteurs ;
Volonté disciplinée (le joueur doit pouvoir, à volonté, accentuer vitesse et concentration de son esprit) ;
Nerfs solides et contrôle de soi ;
Confiance en soi.

A.Kotov et M. Youdovitch soulignent dans leur livre (1979, p.187) :
«Les qualités exigées par le jeu d’échecs ne sont pas sans intérêt pour la vie sociale : discipline de la pensée, organisation correcte du raisonnement, concentration permanente et soutenue…
Les échecs demandent aussi l’esprit d’entreprise, de découverte, d’invention pour surmonter les difficultés qui se présentent ainsi que les surprises dangereuses. La nécessité de faire preuve constamment de persévérance et de maîtrise de soi, de percer les plans du partenaire confère aux échecs leur principale qualité éducative.
Aux échecs, la force c’est la pensée. La compétition intellectuelle, l’essai de ses forces en logique et en calcul, en fantaisie et en invention, voilà ce qui fait l’attrait de ce jeu antique. La nature même des échecs recèle des qualités qui en font un jeu privilégié et un facteur culturel d’importance sociale. »
Notons que les adeptes des autres jeux intellectuels expriment aussi les mêmes idées (en substituant les échecs par leur jeu favori).
En 1932-34, Carl Ekoos a établi une correspondance statistique entre l’aptitude au jeu et les résultats obtenus dans six domaines : intelligence globale, capacité de lecture et de mémorisation, résultats scolaires, travail scolaire, travail échiquéen, expérience échiquéenne antérieure. La conclusion principale est que la capacité à bien jouer aux échecs est directement proportionnelle au résultat moyen obtenu dans ces six domaines.
Depuis 1936 dans les Echecs professionnels se sont produits de grands changements qui ont permis aux joueurs soviétiques de devenir les leaders de monde. David Bronsteïn, champion de l’URSS à plusieurs reprises et vainqueurs de nombreux grands tournois internationaux, pense que ces changements ont eu des conséquences négatives pour les Echecs :
« En effet, pour un dilettante les Echecs donnent une illusion de la diversité des possibilités. Il regarde l’échiquier et croit : quel grand nombre de coups possibles ! Mais non ! Un pion ne bouge que dans une direction, les possibilités de toutes les autres figures sont aussi limitées. Il semble qu’il y a des milliards de combinaisons dans les Echecs, mais ce sont les combinaisons stupides ! Dans les Echecs il faut choisir un coup parmi les milliards d’autres coups inutiles, c’est un modèle de la décision des problèmes. Vous avez quelques possibilités d’agir dans une situation, vous n’avez le droit d’en choisir qu’une seule et chacune des solutions a ses défauts. Dans la vie vous pouvez attendre quelque temps, mais dans les Echecs vous êtes obligé effectuer un coup en tenant compte de l’appréciation de cette position par votre adversaire. Quand les ordinateurs sont apparus, ils ont tué tout définitivement.
Le triage des variantes et la sélection d’une d’entre elles exclut le jeu d’intellect. Car toutes les solutions sont connues depuis longtemps. Et on sait comment jouer. Si je joue ?-2 ?-4, on me répond ?-7 ?-6, c’est la défense française, alors je sais d’avance comment la situation va se développer pendant plusieurs coups. Les situations standardisées apparaissent…
- Mais l’Art du jeu d’échecs, où a-t-il disparu ?
- L’Art existait, probablement, avant la publication, en 1936, des articles de Botvinnik et le début d’application du système de préparation échiquéenne. L’Ecole soviétique des Echecs de Botvinnik a été fondée sur les recherches. Qu’ont-ils exploré ? La position initiale. Ce que faisait avant un match Lobanovski. Mais les footballeurs … peuvent changer à n’importe quel instant le plan initial tandis qu’un joueur d’Echecs ne le peut pas. Il est otage de son choix. » (Interview de Dmitri Stakhov « Les seize case du mensonge » (Chestnadtsat kletok obmana) / Ogonek ? 06 (4785) Février 2003).
On ne peut pas négliger cette déclaration d’un des grands joueurs des Echecs. C’est pourquoi, nous ne continuons pas l’analyse des recherches sur le joueur d'échecs. Notons que De Groot, au colloque de Pittsburgh (1966), avait proposé quatre objectifs du programme de ces recherches qui allaient servir de cadre pour les travaux des trente années suivantes :
- comment fonctionne la perception échiquéenne ? quel est son rôle dans la performance?
- comment la mémoire échiquéenne se développe-t-elle?
- quelle est la structure de la mémoire à long terme ?
- comment la mémoire à long terme fonctionne-t-elle ?
Charness, en 1992, a trouvé plus de deux cent cinquante citations de ce programme de De Groot.

Le rôle de l’âge de début

extrait
« Les Echecs ne sont qu’un jeu qui procure aux enfants beaucoup de joie et de plaisir, mais ils sont un moyen efficace de leur développement intellectuel. Le processus de l’initiation aux Echecs favorise la faculté d’orientation sur un plan (qui est très important pour l’école) et le développement des activités analytique et synthétique, des facultés de réflexion, de raisonnement, de conclusion, apprend l’enfant de mémoriser, de comparer, de généraliser, de prévoir les résultats de ses activités, contribue à la formation des qualités utiles comme la persévérance, l’attention, l’autonomie, la patience, la souplesse, la concentration, l’inventivité, etc. C’est pourquoi, il faut commencer l’initiation à ce jeu sage le plus tôt possible, bien sûr, de la façon accessible pour l’enfant. L. Vygodski soulignait que l’apprentissage doit avancer d’un pas le développement, le faire progresser. »
On peut appliquer ces arguments au jeu de Dames, plus adapté pour l’initiation précoce, et au JIPTO. Soukhine propose pourtant de commencer l’apprentissage des Echecs à partir de 3 ans :
« Un enfant de trois ans est déjà une personne avec son monde intérieur particulier, ses habitudes, ses désirs, qui s’affirme obstinément et défend son autonomie. Il maîtrise la parole, connaît plus de 1000 mots, marche très bien, sait beaucoup faire, pose des innombrables questions, éprouve une curiosité vive pour son environnement…
L’enfant pour la première fois se sent comme une personnalité, se sépare des adultes. Il veut dorénavant « être comme un adulte » mais il ne le peut pas. »
Mais l’initiation de tous les enfants au sport intellectuel à partir de 3 ans est impossible ce que Soukhine reconnaît dans les termes suivants :
« A trois ans l’attention de l’enfant est assez développée mais elle est encore instable. Il ne se concentre pas plus de 10-15 minutes même sur une activité extrêmement passionnante. »
C’est pourquoi l’initiation aux Echecs demande beaucoup d’efforts et prend beaucoup du temps, Soukhine note que « les leçons doivent passionner l’enfant », « si nous voulons que l’enfant assimile bien quelque chose, nous devons l’introduire dans l’activité de cet enfant », il faut « aider patiemment l’enfant à comprendre la différence des forces des diverses figures » des Echecs :
« Par exemple, si nous commençons l’apprentissage des enfants plus grands par l’explication des termes comme « rangée », « colonne », « diagonale » et seulement après nous leur «enseignons » les figures, pour les enfants de 3 ans c’est assez compliqué … il est mieux d’abord de leur montrer les figures échiquéennes et de montrer les « voies » sur l’échiquier pendant l’étude des possibilités de chacune des figures …
Nous conseillons d’accompagner la lecture d’un conte didactique par sa représentation. Beaucoup d’enfants ont des poupées : Neznaïka, Bouratino, Pertouchka … Utilisez-les pour la lecture-représentation du conte et vous verrez comment augmente l’intérêt des jeunes enfants pour les leçons d’Echecs. »
suite sur cette page
http://mapage.noos.fr/turgen/enseignants/Echecs.html[b]
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MessageSujet: Re: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Mer 07 Nov 2007, 11:28

shâh mât


http://pagesperso-orange.fr/echecs.patrimoine/historique.htm


Citation :
Pour autant, le but final du jeu, qui est d'obtenir la victoire par la mort du roi ("Shah-mat" en persan, d'où notre "échec et mat") déconcerte les contemporains.



Les guerres, à cette époque n'ont pas pour objectif véritable d'abattre la partie adverse, mais plutôt de l'affaiblir en la harcelant constamment. L'idée même d'une bataille rangée entre deux armées est un peu déroutante à une époque où les affrontements se font généralement entre troupes de petites tailles et se terminent plus souvent au coucher du soleil qu'à la défaite de l'adversaire.



Mais les croisades contribuent bientôt à fixer le principe de combats sans merci, et la table de jeu apparaît alors comme la reproduction miniature d'un champ de bataille dont la pratique assidue favorise l'apprentissage tactique de la guerre.



Avec l'Amour Courtois, les références militaires du jeu s'estompent au profit de considérations plus poétiques et l'échiquier devient davantage le reflet de la cour que celui de l'armée.

Ainsi l'auteur des Echecs Amoureux, une oeuvre du XIV ème siècle dans laquelle les tours ont pour noms "Doux Regard" et "Bel Accueil", nous indique que la forme de l'échiquier signifie l'égalité, la justice et la loyauté et que ces trois états doivent résider dans l'Amour.



Il est facile de concevoir que, dans un Moyen Age féru de symbolique, le jeu d'échecs prête à nombre d'interprétations. La structure en damier du plateau fait de l'échiquier un lieu de mouvement perpétuel, où les pièces changent de statut aussi facilement que l'être humain peut passer de vie à trépas.



De nombreuses représentations médiévales du jeu opposent d'ailleurs un joueur ordinaire à une mort personnifié.



Le nombre même des cases de l'échiquier (64) est pour les hommes du Moyen Age très significatif.

64 = 4 , or le chiffre quatre est omniprésent dans la vie quotidienne (Les quatre saisons, les quatre âges de la vie, les quatre vertus, points cardinaux, ...).



De la même façon, l'exclusivité de la forme carrée sur le plateau de jeu ne peut conduire aux discours ésotériques les plus divers.

.



De nombreuses légendes racontent la naissance du jeu d'échecs. Voici les 2 plus connus.
La légende du brahmane Sissa
Un prince indien très riche passant ces journées à s'ennuyer demanda a ses sages de lui inventer quelques choses pour faire cesser cet ennui. Quelques temps plus tard le sage Sissa lui apporta un nouveau jeu : les échecs. Le prince trouva ce jeu passionnant et y joua des journées entières. Pour remercier Sissa, il lui demanda quelle récompense lui ferait plaisir. Le sage répondit qu'il voudrait le nombre de grains de blé nécessaire pour remplir l'échiquier de la façon suivante : 1 grain sur la première case, 2 sur la seconde, 4 sur la troisième, 8 sur la quatrième... etc en doublant le nombre de grains jusqu'à la 64ième case. Le prince trouva cette demande bien modeste.
En réalité le nombre de grain à réunir est astronomique et irréalisable ! En effet, le nombre précis est 2^64 - 1 (2 à la puissance 64, c'est-à-dire 2x2x2x2x2...64 fois) ce qui donne précisément : 18 446 744 073 709 551 615.
C'est légende était déjà connue au moyen âge !
La légende du grec Palamède
Le grec Palamède aurait inventé ce jeu durant la guerre de Troie (1300 avant J.C.) afin de rompre l'ennui des soldats.
Dans la mythologie grecque Palamède est le fils de , roi d'Eubée.
Remarque : aujourd'hui il est clairement acquis que les grecs (comme les romains plus tard) ne connaissaient pas le jeu d'échecs. Il n'existe aucune référence à ce jeu
La première revue consacrée au jeu d'échecs s'appellera Palamède
Vous trouverez des précisions sur les auteurs citant Palamède dans la rubrique culture de mjae.com
http://www.iechecs.com/origine.htm

Shāh, en persan moderne et en moyen-persan Šāh (شاه), descend du vieux-persan xšāyaθiya, "roi", qui a des racines communes avec le Sanskrit क्ष्त्रिय (xšatriya) signifiant "roi, roi guerrier" et le grec krasthai, "acquérir".

C'était le titre des monarques iraniens, dont ceux de la dynastie achéménide, qui a unifié la Perse et conquis un vaste empire intercontinental qui a été battu par Alexandre le Grand.

Le titre complet des rois achéménides était xšāyaθiya xšāyaθiyānām, "Roi des Rois", correspondant au moyen-persan šāhān šāh, littéralement "Roi des rois" et au persan moderne shāhanshāh (شاهنشاه). En grec, ce terme était traduit "βασιλεύς τῶν βασιλήων (basileus tōn basilēōn)", "Roi des Rois", avec un rang qui correspondait à celui d'empereur. Les deux termes étaient souvent réduit à leur racine, Shah ou Basileus.

Du mot kshathra ("province, territoire") qui y est lié descend kshathrapavan, signifiant littéralement "gardien du territoire", qui est devenu pour les occidentaux le Satrape ('gouverneur') via le Grec et le Latin Satrapes.

C'est via la forme arabe de ce mot (aussi Shâh) que serait originaire en Occident le mot échec (persan shâh mât : le roi est mort, d'où échec et mat).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chah
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_d'%C3%A9checs
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MessageSujet: Re: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Mer 07 Nov 2007, 18:03

bonjour,
tout comme Goulig (que je salue) je n'interviens pas beaucoup mais je vous lit!
dans la citation il est dit
Citation :
64 = 4 , or le chiffre quatre est omniprésent dans la vie quotidienne (Les quatre saisons, les quatre âges de la vie, les quatre vertus, points cardinaux, ...).
Je suis joueur d'échec ( dans mes loisirs j'en ai déjà fabriqué )
un expert peut'il m'expliquer 64=4?
:787:

merci à Ambre pour le shâh mât je ne savais pas non plus .
:ami:
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MessageSujet: Re: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Jeu 29 Oct 2009, 09:03

Les origines du jeu d’échecs
Traduction de Marie Claude Sodoyer pour Daniel Villerot

Le jeu d’échecs, tel que nous le connaissons, a émergé dans le nord ouest de l’Inde antique autour du 7° siècle ( après JC ). Certains historiens estiment qu’il est arrivé en Perse sous le règne du Roi Khusrau Nushirwan ( 531 - 578 ), d’autres penchent plutôt pour une période plus récente, le règne du roi Khusrau II Parwiz ( 590 - 628 ). D’après des textes écrits en Pahlavic, le jeu était connu à l’origine sous le nom de " chatrang ". Lors de l’invasion de la Perse par les Arabes ( 634 - 651 ) le nom devint " shatranj " parce les sons "h" et "g" n’existent pas dans la langue arabe. Le jeu s’est ensuite répandu vers la côte méditerranéenne de l’Afrique avec l’expansion militaire islamique pour ensuite atteindre l’Europe. Cependant il est probable que le jeu soit arrivé dans certaines régions d’Europe par d’autres chemins car d’autres peuples le connaissaient.
De nos jours, cette théorie sur les origines du jeu ( Inde - Perse - Islam ) est admise par la plupart des historiens mais il faut signaler cependant les recherches de J. Needham et d’autres historiens qui prétendent qu’avant la période où il est arrivé en Inde, le jeu d’échecs avait pour ancêtre un jeu divin ( ou rituel ) qui provenait de Chine.
De toutes les théories sur le l’origine des échecs, la plus complète, basée sur de longues années de recherche, est celle de l’Anglais H.J.R. Murray. Dans son ouvrage "Histoire du jeu d’échecs" , il cite en l’approuvant la remarque de l’historien américain D.W. Fiske en 1900: " Avant le 7° siècle de notre ère, l’existence du jeu d’échecs n’est prouvée ou démontrée par le moindre indice trouvé dans un document digne de confiance ..... Jusqu’à cette époque, c’est l’obscurité la plus totale."
Dans le plus important des textes Pahlavic, le "Chatrang Namak" , nous apprenons que le jeu d’échecs dans l’Inde antique était un jeu guerrier nommé "chaturanga". Dans les textes en Sanscrit, bon nombre d’allusions sont faites à sa renommée ou même à des termes qui y sont associés.
Une des toutes premières allusion au jeu d’échecs pourrait se trouver dans l’ouvrage romantique "Vasavadatta" ( fin du 6°siècle ) de l’auteur indien Subandhu, mais ce n’est pas véritablement évident. C’est plus clair dans le poème "Harchacharita" de Bana ( début du 7° siècle) où l’on rencontre les mots "chaturanga" et "ashtapada" ensemble. Le mot "chaturanga" a une double signification: le jeu d’échecs et un terme qui faisait référence aux quatre corps de l’armée indienne ( infanterie - chars - cavalerie - éléphants ) . Le mot "ashtapada" désigne une plaque recouverte de 64 petits carrés. Une analyse linguistique a amené à traduire par la suite le mot "chaturanga" par le mot "échiquier".
Le professeur R. Eales écrit dans son livre : " Avant l’an 600 on n’avait pour parler de l’origine du jeu d’échecs, que l’archéologie et des suppositions" or ajoute-t’il plus loin " l’archéologie est de peu d’utilité parce que très peu de pièces ont survécu. Et même si des objets prometteurs sont découverts, c’est presqu’impossible de prouver que ce sont de véritables pièces d’échecs et non pas tout simplement des statuettes."
A notre avis, cependant, c’est seulement grâce aux fouilles archéologiques qu’on pourra trouver réponse à l’origine du jeu d’échecs. Notre confiance dans l’archéologie s’appuie sur les nombreuses découvertes des 60 dernières années. Citons entre autres les 400 pièces ou plus trouvées dans l’ancienne Russie (datant de l’an 900 à l’an 1600 ) , les pièces de Venafro et celles de Nishapur qui ont été datées de l’an 900 de notre ère enfin les nombreuses pièces d’échecs trouvées ça et là en Europe et dans les pays islamiques.

Les objets de Lothal
Nous pensons que dans ce contexte il pourrait être utile d’essayer de suggérer quelques pistes à suivre par l’archéologue qui a le bonheur de rencontrer des pièces de l’ancêtre du jeu d’échecs.
Vers 1850, l’éminent Dr Lightfoot de l'Université de Cambridge, se basant sur son étude du Livre de la Genèse, déclara que le monde avait été créé le 23 Octobre de l’an 4004 avant J.C. à 9h du matin.
Il n’est hélas pas question d’être aussi précis sur la date de la " création " ou du "développement" du jeu d’échecs mais nous aimerions apporter notre aide à ceux qui veulent situer la période au cours de laquelle le jeu a probablement commencé. Notre objectif est de convaincre les archéologues à garder à l’esprit nos pistes d’investigation si par hasard ils découvrent des pièces qui auraient une quelconque ressemblance avec celles d’un jeu d’échecs.
Revenons aux réflexions de H.J.R. Murray qui dit : " Il est impossible d’évaluer avec précision la date où l’Inde a décidé de représenter le chaturanga et ses évolutions par un jeu d’échecs, mais il faut cependant remarquer que cette date ne peut être antérieure à celle qui fait référence à la structure de l’armée sur laquelle elle est basée." Ajoutons que nous sommes persuadés que le jeu n’a pu être conçu dans une période au cours de laquelle au moins l’un des 4 corps d’armée symbolisés dans le jeu était déjà abandonné ou obsolète en terme guerrier.
Si un jeu de guerre était inventé aujourd’hui, il est peu probable que l’inventeur mélange des armes disparues avec d’autres de haute technologie, tels que des arcs et des flèches contre des tanks ou des boulets de canons contre des hélicoptères. Chaque époque a son armement qui lui est propre. Le jeu d’échecs a les symboles militaires propres à une certaine période de l’histoire de la guerre.
Bien sûr, une fois que le jeu d’échecs a été conçu et s’est développé, il est arrivé de lui même, en dépit du symbole militaire démodé qu’il représentait, à exister grâce à une vitalité intellectuelle intrinsèque.
Afin d’établir les dates limites à l’intérieur desquelles le jeu a sans doute été inventé, récapitulons brièvement les symboles militaires utilisés. Il s’agit de l’infanterie, des chars, de la cavalerie et des éléphants. L’histoire militaire, telle que nous la connaissons aujourd’hui commence en fait au 3° millénaire avant J. C. En Mésopotamie avec les Sumériens.
Du point de vue de l’histoire militaire, il existe deux témoignages Sumériens fort intéressants qui ont été mis à jour par les archéologues: un objet rectangulaire , à l’origine en bois, décoré de mosaïques de pierres et de coquillages, appelé "l'étendard d’Ur" ( Babylone - 2500 avant J.C. ) aujourd’hui au British Museum et une colonne gravée appelée "Stèle des vautours" de la même époque et conservée actuellement au Louvre.
Le premier montre l’armée Sumérienne en route pour la bataille: les chars et l’infanterie sont représentés d’une façon très réaliste. L’infanterie est armée tantôt lourdement ( casques de cuivre et haches ) tantôt légèrement ( sans armure, brandissant des haches et des lances courtes). Les chars sont tirés par 2 rosses sauvages ( onagres ) et portent 2 hommes, le conducteur et un guerrier qui jette des javelots légers. L’autre pièce ( celle qui est au Louvre ) montre une infanterie arrangée en phalanges qui préfigurent 2000 ans à l’avance les phalanges grecques qui apportèrent la victoire à Alexandre le Grand.
Pendant 18 siècles les armées seront essentiellement basées sur l’infanterie et les chars. Les chars profitèrent d’améliorations remarquables lorsqu’un jour le cheval remplaça l’onagre. Il est probable que les peuples qui vivaient dans les steppes du Sud Est de l’Europe importèrent vers 2500/2000 avant J.C. des onagres domestiqués de Mésopotamie. Ensuite ils ont commencé à domestiquer les chevaux qui erraient en hordes sauvages sur le territoire. C’est seulement vers 1700 avant J.C. que les chevaux furent utilisés à la guerre comme machine à tirer les chars. Le peuple Hittite, de langue Indo-européenne, basé en Anatolie où leur civilisation fut florissante pendant 500 ans ( 1700 à 1200 avant JC ) améliora le char Sumérien et amena ce corps d’armée à un degré élevé d’efficacité par un système d’attelage élaboré et en introduisant une 3° personne dans l’équipage.
Les Egyptiens améliorèrent eux la mobilité du char, qui contenait 2 guerrier de même rang.
Plusieurs siècles s’écoulèrent avant que de nouvelles idées concernant l’usage du cheval à la guerre, ne se développe. C’est seulement avec le roi d’Assyrie Ashurnasirpal II ( 883/859 avant JC ) qu’un nouveau type de lutte est expérimenté: la cavalerie. Ce n’est pas encore la cavalerie qui sera utilisée et développée par un autre roi Assyrien , Sargon II ( 721 / 705 avant JC ) . C’est à cette période que les 3 corps d’armée ( infanterie, chars, cavalerie ) sont utilisés dans une armée ensemble pour la première fois.
L’usage des éléphants pendant la guerre est originaire de l’Inde. On y fait référence dans les textes Boudhistes du 6° siècle avant JC. Il est même possible que les éléphants aient été utilisé avant. Dans le Rg Vida ( une magnifique collection d’hymnes liturgiques en Sanscrit composés en Inde entre 1500 et 1200 avant JC ) on parle de 2 éléphants courbant la tête et se ruant ensemmble sur l’ennemi. En Inde, les chars et l’infanterie ensemble avec la cavalerie et les éléphants , sont mentionnés dans les poèmes épiques du Mahabharata et Ramayana qui couvrent une période de 600 ans. Selon des historiens de la Grèce antique, le roi indien Porus qui a rencontré les armées d’Alexandre à Hydaspes en 326 avant JC, était à la tête de 50 000 hommes ( infanterie ), 1000 chars, 130 éléphants et 3000 chevaux ( cavalerie ). Ce témoignage prouve qu’à l’époque, les 4 divisions de l’armée indienne étaient déjà utilisées. En Inde, ce type d’armée s’appelait " chaturanga " de chatur = 4 et "anga" = membre.
Les sculptures indiennes de Sanchi, Stupa I, faites par des artistes du 1° siècle avant JC pour célébrer les exploits du roi Asoka Maurya ( 269 / 227 avant JC ) représentent bien ce type d’armée. On peut supposer qu’à l’époque les artistes prenaient des chars contemporains comme modèles. Ces chars étaient tirés par 4 chevaux et portaient 6 hommes. Ils ne se déplaçaient pas rapidement . En Inde le char en tant que véhicule de guerre commença à être moins utilisé peu après le début de l’ère chrétien. Il y survécut cependant jusque vers 300 / 400 . A l’époque de Gupta ( 320 / 500 ) le char n’était rien de plus qu’un simple moyen de transport. Il disparut petit à petit comme force de combat et il semble avoir été complètement abandonné par l’armée des Indes vers l’an 700.
Ainsi d’un point de vue strictement militaire, il semble que le jeu d’échecs originel ait été inventé entre 700 avant JC et 700 après. Cependant si l’on présume que le jeu a pu être inventé sur un territoire comprenant l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et d’une façon plus général en Asie centrale, cette période peut être ramenée entre 400/300 avant JC et 300/400 après. En effet c’est principalement durant cette dernière période que les 4 corps d’armée étaient utilisés ensemble en Inde.
La piste temporelle n’est pas cependant la seule à suivre par l’archéologue. En effet, si ce raisonnement est appliqué à la lettre, cela suppose par exemple que l’ancien jeu égyptien de Senet ( 1300 avant JC ) ne peut être considéré comme un ancêtre du jeu d’échecs parce qu’il date d’une période bien plus ancienne de celle que nous avons définie, mais que l’ornement Romain trouvé à Herculanum pourrait en être un puisqu’il date de 100 avant JC à 100 après. En fait ce n’est pas vraiment cela. Ces deux types de jeux étaient des "tabula" ( que l’on joue sur une tablette ) et l’on y jouait dans la Rome et l’Egypte antique. Il est donc nécessaire d’ajouter aux indices temporels et géographiques des indications sur la forme des pièces. Nous n’avons aucune description des pièces utilisées dans le jeu du "chanturanga" ou celui de "l’ashtapada".
En résumé, nous suggérons que 3 éléments doivent être pris en compte par celui qui rencontre des objets qui pourraient ressembler à des pièces d’échecs:
1. Les dates entre 400/300 avant JC et 300/400 après peuvent être avancées si les 4 divisions de l’armée indienne sont utilisées ensemble.
2. La situation géographique évoquée plus haut est probable.
3. La forme des pièces correspondant aux 4 corps d’armée ( infanterie - chars - cavalerie - éléphants ) doit être prise en compte qu’elle soit réaliste ou symbolique.
Il est réconfortant de noter qu’autour du 7° siècle de notre ère , un jeu, les échecs arrive à inspirer la création de superbes poèmes et la naissance de nombreuses légendes. Cela signifie que ce jeu était déjà populaire et si répandu que cela porte à croire qu’on jouait au jeu d’échecs depuis bien longtemps.
S’il en est ainsi, alors dans quelque endroit inconnu, peut-être même dans un navire échoué au fond des mers, il reste à découvrir les pièces antiques du premier jeu d’échecs de tous les temps. Espérons qu’un jour un archéologue nous donnera cette joie.
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MessageSujet: Re: Jeu d'échecs, jeu de l'esprit   Mar 04 Nov 2014, 17:26

CINQ DIFFÉRENTES SORTES D'ÂMES SPIRITUELLES
La Vie Intérieure
Chapitre 10
Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan 






Ceux qui vivent la vie intérieure doivent adopter une certaine manière de vie dans le monde, au milieu de toutes sortes de gens. On connaît cinq routes principales parmi celles que prennent les hommes spirituels pour faire face à la vie de ce monde. Il arrive fréquemment que rien dans leur manière de vivre, ne laisse supposer qu'ils vivent la vie intérieure. C'est pour cette raison que les sages ont toujours enseigné le respect de tout être humain, quelle que soit son apparence, et ils ont toujours recommandé de chercher qui se cache derrière cette forme et ce qu’elle signifie.



Le premier des cinq caractères principaux que peut revêtir l'homme spirituel, est celui de l'homme religieux: il pratique sa religion comme tout le monde, sans laisser paraître la connaissance plus profonde et la vue intérieure plus étendue, qu'il réalise pourtant au fond de lui-même. En apparence, il se rend à son temple ou à son église comme tout le monde, offre ses prières à l'Être Suprême, lit les Saintes Écritures, reçoit les sacrements et demande la bénédiction de l'église comme chacun le fait. Il ne se distingue pas des autres, il ne se montre pas plus avancé qu'eux sur la voie spirituelle. Cependant, alors qu'eux pratiquent leur religion de l'extérieur, l'homme spirituel la pratique, réellement, dans sa vie. Chacun de ses exercices religieux est, pour lui, une révélation symbolique: la prière est, pour lui, une méditation; dans les Écritures il trouve son mémento, parce que le Livre Saint lui rappelle ce qu'il lit dans la vie et dans la nature. C'est ainsi qu'au dehors il accomplit ses devoirs religieux simplement comme tout le monde, cependant qu'au-dedans il est un homme spirituel.



Une autre forme que peut revêtir l'homme spirituel est le caractère philosophe. On peut ne voir en lui aucune trace d'orthodoxie ni de piété; il peut sembler être parfaitement un homme du monde dans les affaires ou dans la vie mondaine. Il prend tout avec la même tranquillité, il tolère tout, il supporte tout. Il prend la vie simplement grâce a sa compréhension: en lui-même il comprend tout; son action extérieure répond aux exigences de la vie. Nul ne pourrait supposer que sa vie est la vie intérieure. Il peut mettre une affaire sur pied, et cependant être conscient de Dieu et de la Vérité. Il peut ne paraître nullement enclin à la méditation ou à la contemplation, alors qu'il passe chaque instant de sa vie dans la contemplation. Il peut se servir de ses occupations dans la vie quotidienne comme d'un moyen de réaliser son but spirituel. Rien dans son comportement ne donne à penser qu'il soit si haut sur ce plan, si ce n'est que ceux qui viennent en contact avec lui ne tarderont pas à être convaincus de son honnêteté; qu'il est loyal et juste dans le règlement de sa conduite et dans sa vie; et qu'il est sincère. C'est toute la religion dont il a besoin. De la sorte, sa vie extérieure devient sa religion, et sa réalisation intérieure devient sa spiritualité.



La troisième forme qu'un homme spirituel peut donner à sa vie est celle du service: il fait du bien aux autres. Des Saints peuvent se cacher sous cette forme. Ils gardent le silence sur la spiritualité, ni ils ne parlent beaucoup de la philosophie de la vie. Leur philosophie et leur religion sont dans leurs actes. L'amour jaillit incessamment de leur cœur, et leur vie se passe à faire du bien aux autres. Ils voient en chacun de ceux qui les approchent un frère ou une sœur ou leur enfant, et ils s'intéressent à leurs joies et à leurs peines, et ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour les guider, les instruire et les conseiller dans leur vie. Sous cette forme l'homme spirituel peut être instructeur, prédicateur ou philanthrope; quelle que soit sa condition, l'essentiel, pour lui, est de servir l'humanité, de faire du bien à son prochain, d'apporter le bonheur d'une manière ou d'une autre. Et la joie qui s'élève de ce service est la haute extase spirituelle, car de tout acte de bonté ou de bienveillance émane une joie particulière qui apporte l'air du ciel. Lorsqu'une personne est toujours occupée à faire du bien à autrui, la joie monte sans cesse dans son cœur, et cette joie répand une atmosphère céleste créant en lui ce ciel qui est sa vie intérieure. Le monde est si plein d'épines, d'inquiétudes, de douleurs et de tristesses, et c'est dans ce monde que vit l'homme spirituel! Mais, par les efforts même qu'il fait pour ôter les épines du chemin de son prochain, bien que ces épines lui blessent les mains, il s'élève, arrivant ainsi à cette joie intérieure qui est sa réalisation spirituelle.



La quatrième forme que peut prendre un homme spirituel est la forme mystique. Elle est difficile à comprendre: on naît mystique; le mysticisme ne s'apprend pas, c'est un tempérament. Un mystique peut avoir la face tournée vers le nord, et il regarde au sud; il peut baisser la tête, et il regarde en haut; il peut avoir les yeux ouverts, et il regarde au-dedans; il peut fermer les yeux, pourtant il regarde au dehors. Le commun des hommes ne peut comprendre le mystique, et c'est ce qui explique que les gens se sentent perdus quand ils ont affaire à lui. Son oui n'est pas le oui de tout le monde; son non n'a pas le sens qu'on lui donne. Dans presque chacune de ses phrases il y a un sens symbolique. Toute son action extérieure a une signification intérieure. Celui qui ne comprend pas les symboles du mystique sera perplexe en entendant une phrase dont le sens lui semblera obscur. Lorsqu'un mystique a fait un pas extérieurement, il en a fait mille intérieurement; il peut être dans une ville et agir au même moment dans un autre endroit. Un mystique est en lui-même un phénomène et un point d'interrogation pour ceux qui sont autour de lui. Lui-même ne peut leur dire ce qu'il fait, et ils ne peuvent comprendre la Vérité secrète du mystique: il vit dans le monde intérieur, et il recouvre cette vie intérieure d'une action extérieure. Sa parole, son geste, ne sont que la couverture d’un acte intérieur. C'est pourquoi ceux qui comprennent le mystique ne discutent jamais avec lui. Lorsqu'il dit: "Venez", ils viennent; s'il dit: "Allez", ils vont. Quand il va vers eux, ils ne lui disent pas: "Ne viens pas"; ils comprennent que c'est le moment où il doit venir; et lorsqu'il les quitte, ils ne lui demandent pas de rester, car ils savent que c'est pour lui le moment de partir.



Ni le rire d'un mystique, ni ses larmes ne doivent être regardés d'aucune façon comme une expression extérieure ayant une certaine signification. Il se peut que ses larmes recouvrent une très grande joie; son sourire, son rire peuvent être un voile jeté sur un sentiment très profond. Ses yeux ouverts, ses yeux fermés, le mouvement de son visage, son regard, son silence, sa conversation, tout chez lui a un sens autre que le sens habituel. Il ne faut pas croire qu'il soit dans l'intention du mystique de se comporter de la sorte: il est ainsi fait. Même le voulant, personne ne pourrait agir de cette manière, nul n'en a le pouvoir. La vérité est que l'âme du mystique est une âme qui danse. Elle a réalisé cette loi intérieure, elle a sondé ce mystère, que les âmes aspirent à connaître, et dans la joie de ce mystère, toute la vie du mystique devient un mystère. Vous pouvez voir le mystique vingt fois dans la journée, vous lui verrez vingt expressions différentes; il se trouve chaque fois dans un autre état d'esprit, mais la disposition dans laquelle on le trouve peut ne pas refléter son état d'âme. Le mystique est un exemple du mystère de Dieu manifesté dans l'homme.



La cinquième forme sous laquelle peut apparaître la personne qui vit dans le monde intérieur est une forme étrange, qui est rarement comprise. Il met le masque de l'innocence, et cela va si loin que ceux qui ne comprennent pas le prennent pour un déséquilibré, un être bizarre, étrange. Cela lui est égal, car il sait que cette attitude n'est qu'un bouclier. S'il devait reconnaître publiquement le pouvoir qui est le sien, tout le monde voudrait le voir, et il ne lui resterait plus un seul instant pour sa vie intérieure. Par son pouvoir immense il gouverne intérieurement des pays, il les dirige, et les préserve de désastres tels qu'inondations, épidémies et guerres; il maintient l'harmonie, à l'intérieur du pays ou du lieu qu'il habite. Et tout ceci est accompli par son silence, par sa constante réalisation de la vie intérieure. Pour celui qui n'a pas une vue intérieure profonde, il sera un être étrange. En Orient, on appelle cet homme un Madzub. Les Grecs connaissaient aussi cet aspect de l'homme spirituel, et il s'en trouve encore dans certains endroits, mais surtout en Orient. Aujourd’hui encore on voit en Orient des âmes vivant sous cette forme, celle de l'homme qui a réalisé le Soi, dans la vie de qui l'on ne voit aucune trace de philosophie, de mysticisme ou de religion, ni de morale particulière; cependant sa présence même est un générateur de force, son regard est inspirateur, il a une expression d'autorité, et, s'il parle, sa parole est la promesse de Dieu. Ce qu'il dit est la Vérité, mais il parle rarement, il est difficile d'obtenir un mot de lui. Une fois qu'il a parlé, ce qu'il a dit s'accomplit.



L’âme spirituelle peut venir sur terre sous des formes dont la variété est infinie, mais la meilleure manière de vivre dans ce monde, tout en vivant la vie intérieure, est d'être son Moi au dehors et au-dedans. Quelle que soit la profession qu'on exerce, la tâche qu'on doit accomplir, la part que l'on prend à la vie extérieure, il faut être sincère, véridique dans tout ce que l'on fait, remplir jusqu'au bout sa mission dans le monde en gardant toujours la réalisation intérieure que, dans toute occupation, la vie extérieure doit refléter la réalisation intérieure de la vérité. 

 



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