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 LA PSYCHANALYSE SPIRITUALISTE

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AMBRE

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Lion Tigre
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MessageSujet: Re: LA PSYCHANALYSE SPIRITUALISTE   Ven 09 Fév 2018, 16:52



Entrer en contact avec sa personnalité la plus vaste correspond à en épouser le devenir : on se lie d’amitié avec cette figure intérieure et, à partir de ce moment, on sait qu’on mourra ou qu’on continuera la route ensemble, le destin du moi et celui du Soi étant désormais étroitement entrelacés. C’est ce qui explique que l’on puisse éprouver une telle peur d’être fait prisonnier quand on s’engage dans un processus d’individuation : on sait qu’une fois la relation établie il n’y a plus de fuite possible et que s’interrompre en chemin équivaut à se couper bras et jambes. J’ai même observé avec horreur que des personnes qui ont touché à la psychologie des profondeurs et qui, après quelque temps, s’en sont éloignées en se refusant à ce que la vie leur demande, deviennent soit diaboliquement mauvaises, soit terriblement névrosées, tombent malades ou meurent. Je dis un jour à Jung que la prise de conscience à laquelle conduit la psychologie des profondeurs m’apparaissait comme un poison extrêmement dangereux, le poison de la vérité, et il convint que de l’aborder puis de la rejeter volontairement pouvait être absolument mortel.

Si l’on a été en contact avec une vérité psychologique, on ne peut plus jamais la nier ou s’en éloigner : aussi la prise de conscience est-elle une chose terriblement ambigüe. Cela est très bien représenté par l’emprisonnement du héros et par l’eau qui monte lentement, risquant de le noyer.

Au cours du processus d’individuation, on ne cesse de se trouver plongé dans des situations sans issue dans lesquelles on a l’impression que tout ce dont on a fait l’expérience précédemment n’est d’aucune aide : on est persuadé qu’on en est resté au même point, et qu’il faut toujours lutter à nouveau contre les mêmes obstacles. Mais, ayant fait une fois l’expérience des tours miraculeux et des solutions que peut amener l’inconscient, on garde une sorte de foi.
La première fois qu’on se sent emprisonné avec son propre inconscient est généralement la pire, car on a vraiment le sentiment que l’on perd l’esprit et qu’on devient fou, qu’on sera acculé au suicide, ou quelque chose de ce genre ; plus tard, sachant que l’inconscient peut faire tourner à bien l’ensemble d’une situation, on acquiert davantage de foi. C’est également vrai lorsqu’une personne subit les attaques d’une crise d’animus ou d’anima négatifs. La première fois, il semble que l’attaque soit absolue et sans recours. Mais, si cela se renouvelle, même si on ne veut pas s’avouer que l’on est victime de l’animus ou de l’anima, il y a au fond de nous quelque chose qui le sait. Ce quelque chose admet qu’on se retrouve dans l’état précédent où l’on avait dû reconnaitre, en fin de compte, comme une sorte de « possession » par le complexe négatif.

Marie-Louise Von Franz – L’individuation dans les contes de fées (La Fontaine de Pierre, 2016)

Lu chez Phalae Nopsis ‎Les amis de Marie-Louise Von Franz et de Carl Gustav Jung
http://auroraconsurgen.canalblog.com/

Photo Winter is a painting by Sergey Lukyanov which was uploaded on August 10th, 2016.
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AMBRE

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MessageSujet: Complexe, immuable préjugé originel? (Jung)   Sam 12 Mai 2018, 07:03


Crédit photo Igor Morski

Complexe, immuable préjugé originel?


Quiconque se trouve sous l’emprise d’un complexe prédominant assimile, comprend et conçoit les données nouvelles qui surgissent dans sa vie dans le sens de ce complexe, auquel elles sont assujetties ; en bref, le sujet vit momentanément en fonction de son complexe, comme s’il vivait un immuable préjugé originel.

Les complexes, nos expériences le montrent clairement, jouissent d’une autonomie marquée, c’est-à-dire qu’ils sont des entités psychiques qui vont et viennent selon leur bon plaisir ; leur apparition et leur disparition échappent à notre volonté. Ils sont semblables à des êtres indépendants qui mèneraient à l’intérieur de notre psyché une sorte de vie parasitaire. Le complexe fait irruption dans l’ordonnance du moi et y demeure au gré de sa convenance : nous éprouvons les plus grandes difficultés à nous en débarrasser. En outre un complexe, dès qu’il se manifeste de sensible façon, altère notre conscience comme nous venons de le dire : il nous oblige à assimiler, à comprendre, je veux dire à commettre des malentendus, en fonction de sa tonalité propre ; il trouve notre mémoire : les réponses influencées par les complexes ne laissent pas de souvenirs fidèles et sont oubliées. Le complexe constitue pour ainsi dire, une entité psychique séparée, soustraite dans une mesure plus ou moins grande au contrôle hiérarchisant de la conscience du moi. De là le fait singulier que des complexes peuvent être provisoirement conscients, pour disparaître éventuellement par la suite en plongeant dans l’inconscient, d’où ils nous tiennent sous leur férule, sans même que nous remarquions que nous subissons leur influence.
(…)
Les complexes que nous portons en nous nous font vivre dans un monde de projections qui, échappant couramment à nos sens, invalident grandement la valeur d’objectivité des témoignages que nous livrent ceux-ci. L’autonomie singulière des complexes, leur faculté de soustraire de l’énergie à la conscience et de se l’approprier, de prendre pour un instant la place de celle-ci, de l’influencer et de la régenter, tout cela se retrouve de façon étonnante dans un complexe normal, le complexe du Moi. On suppose en général que les complexes ne sont pas normaux alors que ce sont des nécessités vitales ; le Moi, le complexe du Moi en est un exemple. Le Moi est un complexe qui dispose d’énergie, qui est autonome et qui se sent libre. Je m’imagine posséder une volonté libre, faire ce que je veux et aller où bon me semble. Tout cela paraît relever de mon bon droit. Qu’est ce complexe du Moi ? C’est un amoncellement de contenus imbriqués les uns dans les autres, doués chacun d’un potentiel énergétique, et centrés de façon émotionnelle autour du précieux Moi. Car le Moi a un effet puissamment attractif sur toutes sortes de représentations. Il peut même à lui seul occuper toute la conscience. On accède ainsi à une conscience de soi exclusive, mesquine et pénible, qui s’épuise dans la préoccupation et la perception de son comportement extérieur ; on est possédé par son propre moi. Les autres complexes, nous l’avons vu, ont des pouvoirs analogues. Mais il existe une différence primordiale entre les complexes en général et celui du Moi en particulier : le Moi est doué de conscience. Il peut de la sorte faire un retour sur lui-même et se concevoir lui-même, alors que les autres complexes ne paraissent témoigner d’aucune conscience. Il est fort difficile d’ailleurs, pour ne pas dire impossible, de préciser si les complexes ont ou n’ont pas de conscience d’eux-mêmes. Il est fréquent que quelqu’un se livre à une action dont on pense qu’il l’accomplie consciemment, alors qu’elle a lieu à son insu. Cela est plus fréquent qu’on ne le croit.
Qu’est ce qui nous garantit que, pour un complexe ordinaire, les rapports des contenus périphériques à leur centre ne constituent pas une sorte de conscience, ne correspondent pas aux rapports existants entre les composantes périphériques du complexe du Moi et leur propre centre, le Moi, rapports qui sont précisément la conscience ? Nous ne pouvons absolument ni prouver ni infirmer la probabilité d’une conscience inhérente aux complexes ; peut-être jouissent-ils de traces de conscience ?

C.G. Jung – L’homme à la découverte de son âme (Editions du Mont Blanc) proposé par Phalae Nopsis​ pour Les amis de Marie-Louise Von Franz et de Carl Gustav Jung

COM/Le vocabulaire et les construction syntaxique méritent d'être actualisés au mode d'expression du jour. Les complexes sont selon Jung, des expériences de vies à charges émotionnelles lourdes. Dés lors que le sujet qui en fait l'expérience parvient que peu ou prou à gérer, il va user de différents mécanismes de défenses pour que son quotidien soit supportable. Le refoulement est un des mécanismes usités mais également la somatisation, .il en existe beaucoup d'autres.. Les émotions revêtent pour certains l'aspect d'entités vivantes, comme cela se lit dans certaines religions mais également chez Jung. Dans la mesure ou le sujet ne parvient plus à gérer des morceaux de vécu, comme nous le dit Jung, elles acquièrent une autonomie dans le sens elles mettent en place un principe de fonctionnement qui leur devient propre mais en même temps en fonction de la personnalité du sujet. Comme le sujet se sent envahi par un sentiment d'impuissance pour face à ses expériences de vie fortes d'émotions, il est à la merci de ses complexes, c'est à dire qu'il a perdu le contrôle de son existence, c'est un peu comme s'il se sentait manipulé par des esprits, alors qu'en réalité, c'est la représentation des évènements qu'il s'est fait qui induit en lui une perte de contrôle de lui même et donc soumis aux ''aléas'' de ses propres mécanismes inconscients. (Armand Shneor )

voir Complexes (au sens jungien) http://www.leconflit.com/article-complexes-au-sens-jungien-113411149.html
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