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 Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?

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MessageSujet: Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?   Jeu 27 Oct 2011, 01:13

Bonsoir à tous,

Alors que sur Wikipedia, nous pouvons lire que :

Citation :
Mais « matriarcat » fut très tôt compris comme le pendant symétrique du « patriarcat », pour désigner un type de société où les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales. Il n'existe pas de société humaine connue où le matriarcat, entendu dans ce sens, ait existé.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Matriarcat

D'autres, nous démontrent le contraire.



Dossier : les Khasi du Meghalaya (Inde)


A VOIR : Bashisha, Helinda, Koïna, femmes d’une autre Inde, excellent documentaire de Patrick Profit. Atmosphère productions, 2010

***************************************************************************

Une société matriarcale en Inde

Au pied de l’Himalaya, il fait bon être femme. Dans l’Etat de Meghalaya, les femmes sont chefs de famille et les hommes restent confinés à la maison avec les enfants. Une situation qui contraste avec le reste de l’Inde.

Sunday observer / Colombo



De Guwahati (Assam)

La préférence des parents pour les garçons est une caractéristique prédominante dans la majeure partie de l’Inde, où les filles sont considérées comme une charge et où il est fréquent d’éliminer les fœtus de sexe féminin. Toutefois, dans l’Etat de Meghalaya, au nord-est du pays, les parents prient pour avoir des filles plutôt que des fils. Dans cet Etat tribal, ce sont les femmes qui gèrent les affaires du foyer : propriétaires de petit commerces, elles sont habituées à prendre des décisions. Dans la plupart des cas, ce sont elles qui travaillent et gagnent l’argent du ménage, tandis que leurs maris restent à la maison pour s’occuper des enfants.

Ce rôle prééminent de la femme se manifeste dans la région des monts Khasi, où vit la tribu du même nom, vraisemblablement originaire du Cambodge actuel. Les Khasi et les Jaintia du Meghalaya accordent une telle valeur aux filles que ce sont elles, et non les garçons, qui héritent des biens de la famille. Paradoxalement, le gardien du patrimoine familial est la fille la plus jeune, qui occupe à ce titre la place la plus importante dans la société. Les enfants nés dans une famille khasi reçoivent également le nom de leur mère plutôt que celui de leur père. « Les dots n’existent pas, car nous héritons de tout le patrimoine de nos ancêtres », indique Drupathy, qui vend des cigarettes à Shillong, la capitale de l’Etat.

Lors d’un récent séjour dans le Meghalaya en compagnie de plusieurs journalistes sri-lankais et indiens, j’ai eu amplement l’occasion de constater le rôle central joué par la femme dans cet Etat. « C’est nous, les femmes, qui prenons toutes les décisions familiales, qu’il s’agisse de choisir l’école des enfants, de fixer les dépenses du ménage ou même de visiter un village voisin. Rien ne se fait dans la famille sans notre accord », explique Lakshmi, qui dirige une petite affaire. J’ai rencontré cette femme au sommet d’un pittoresque pic situé à 1496 mètres d’altitude et d’où l’on a la vue la plus saisissante de Shillong. Cette mère de trois enfants gagne sa vie depuis cinq ans en vendant des objets d’artisanat – c’est le seul commerce établi au sommet du pic. « Je fais tout moi-même », m’a-t-elle dit en désignant de la main un large éventail d’objets artisanaux que s’arrache la clientèle. Je lui ai demandé comment elle trouvait le temps de réaliser de telles sculptures avec des enfants en bas âge. « Pas de problème. Mon mari garde les enfants et, une fois qu’il a fait le ménage et mis les enfants au lit, il m’aide à confectionner ces produits », me répond-elle avec un haussement d’épaules. Revathty, qui vend de la viande sur un minuscule marché, fait également partie de ces femmes actives. « Je préfère accomplir ce travail plutôt que de rester à la maison avec mes quatre enfants. Au moins, je rencontre des gens, j’ai des contacts. Mon mari s’occupe bien des enfants. Alors que demander de plus ? »

Le Meghalaya est sans nul doute le royaume des femmes. Dans les hauteurs vallonnées de cet Etat, il est fréquent d’en apercevoir qui vendent des cigarettes ou de la viande derrière de minuscules étals, ou qui écoulent des légumes, du maïs et des fruits exposés sur des présentoirs de fortune creusés dans la montagne. A Shillong aussi, les femmes sont partout en première ligne : dans les banques, les écoles et même au parlement. Quant aux hommes, on les rencontre souvent au bord des routes, en train de jouer aux cartes ou de bercer un bébé en accompagnant un autre enfant à l’école.

Mais cela ne signifie pas que les hommes soient satisfaits de leur sort, loin de là. « Nous trouvons injuste que les femmes aient tous les pouvoirs et nous aucun. Nous ne jouons aucun rôle, si ce n’est de nourrir nos bébés et de changer leurs couches. J’ai des amis qui se sentaient si frustrés qu’ils se sont mis à boire et à se droguer. Nous voulons nous sentir utiles à la société. Après tout, nous avons des droits, nous aussi », s’insurge Peter (95% des habitants sont chrétiens, d’où son prénom), dont la femme s’occupe à plein temps du commerce familial de fruits et légumes, et qui exprime par ces mots le sentiment de la plupart de ses semblables.

Selon un article publié dans un journal du Bhoutan, sous le titre « La domination des femmes menacée », un mouvement de libération des hommes baptisé Symbai Rimbai Tong Hai a vu le jour il y a six ans dans le Meghalaya. Dirigé par Ablemann Swser jusqu’à sa mort, il y a deux ans, il revendique des droits de propriété pour les enfants de sexe masculin et un plus grand rôle pour les hommes au sein de la famille. Ce mouvement s’est toutefois trouvé confronté à l’opposition non seulement des femmes, mais de la société tout entière. « Personne ne nous prend au sérieux », déplore John lyngdoh, son dirigeant actuel. Dans le même journal, Angela Rangsad, de North East Network, une ONG implantée dans le Meghalaya, soutient de son côté que, même si la société des Khasi et des Jaintia reste matriarcale, les valeurs patriarcales sont en train de gagner du terrain. « Les femmes sont victimes d’une plus grande violence au sein du couple. C’est le signe que les hommes commencent à affirmer leur autorité », dit-elle. Les femmes du Meghalaya craignent que leurs maris ne soient influencés par le statut dont les hommes jouissent dans les autres Etats, où ils continuent à jouer le rôle de chef de famille. Les films commerciaux de Bombay ont également un impact sur la population du Meghalaya, où la situation est en train de changer lentement mais sûrement en faveur des hommes. Mais, malgré l’opposition manifestée par ces derniers, le Meghalaya reste l’un des rares bastions du pouvoir des femmes en Inde, un pays largement dominé par les hommes.

Carol Aloysius. Sunday observer / reproduit dans Courrier International n°669, 28 août 2003, p. 36



*****************************************************************************

Les hommes d’une tribu matrilinéaire en Inde réclament l’égalité des sexes

Chez les Khasi, la mère transmet son nom à ses enfants et les filles héritent du patrimoine, sans pour autant accéder aux postes-clés du pouvoir


60 ans passés, Kaith Pariat ne veut plus « jouer aux baby-sitters » et encore moins subir la loi de sa belle-mère. Il vit cet enfer depuis déjà trop longtemps. Depuis le premier jour de son mariage, exactement.

L’homme d’affaires, enfoncé dans un fauteuil de cuir, a le regard qui s’assombrit quand il plonge dans ses souvenirs : « Imaginez le traumatisme : vous quittez le domicile maternel pour devenir, du jour au lendemain, un paria dans la famille de votre belle-mère. Vous vivez sous ses ordres. Vous devenez un domestique, un bon à rien. »

La tribu des Khasi, qui compte environ un million de membres dans l’Etat du Meghalaya, à l’est de l’Inde, est l’une des rares communautés du pays à respecter la tradition matrilinéaire. La plus jeune des filles hérite du patrimoine, la mère transmet son nom de famille à ses enfants et, enfin, le fils, une fois marié, doit partir habiter chez sa belle famille.

« C’est uniquement la mère ou la belle-mère qui s’occupe de son enfant. L’homme n’a même pas le droit de participer aux réunions de famille. Il a contre lui un clan : celui de sa femme, de sa belle-mère et de ses enfants. Alors, il ne lui reste plus qu’à jouer de la guitare, chanter, tomber dans l’alcoolisme et mourir jeune », conclut d’une voix grave Kaith Pariat.

Au Meghalaya, les hommes appartiendraient au sexe faible. D’où le combat que mène Kaith Pariat contre la toute-puissance des femmes grâce à l’Association pour la réforme de la structure familiale. Et son combat va même au-delà de l’égalité de sexes. « L’homme est doté d’un leadership naturel. Il doit protéger la femme, qui, en retour, doit le soutenir », affirme-t-il.

La tradition matrilinéaire remonte à des temps immémoriaux, au point d’être ancrée dans la structure même de la langue khasie. Le genre masculin est réservé aux objets inanimés, qui n’ont pas encore pris forme. Le bois découpé des arbres est masculin, tandis que celui transformé, sculpté, a droit au genre féminin.

D’après Valentina Pakyntein, anthropologue à l’université de Shillong - la capitale du Meghalaya -, le système matrilinéaire daterait d’avant l’institution du mariage, quand les Khasi avaient des partenaires sexuels multiples et qu’il était difficile de déterminer la paternité des nouveau-nés. Mais les membres de l’Association pour la réforme de la structure familiale penchent plutôt pour cette autre explication : leurs ancêtres partaient trop longtemps sur les champs de bataille pour pouvoir s’occuper de leur famille.

Les Khasi jouissent encore aujourd’hui de nombreux privilèges, en tant que tribu répertoriée par l’Inde, et leurs lois sont protégées par le Khasi Hills Autonomous District Council. Leur taux d’imposition est moins élevé, les terres situées dans les zones tribales leur sont préservées, et ils bénéficient de quotas à l’entrée des universités ou dans l’administration.

« Les hommes de la plaine, des étrangers peu scrupuleux, se marient avec les femmes khasies pour profiter de tous ces privilèges », s’agace Kaith Pariat. Autant de privilèges qui mettraient donc en péril la survie de la tribu. « Mais c’est, de toute façon, la femme qui transmet l’héritage et le nom de la famille, tempère Patricia Mukhim, la directrice du quotidien régional Shillong Times. Je crois plutôt que les hommes khasis se sentent diminués dans leur virilité en se comparant aux étrangers. C’est dommage, car c’est ce qui nous distingue des autres. »

A Shillong, les femmes s’habillent en jupe pour aller à la messe, portent du rouge à lèvres et conduisent, les vitres baissées, en écoutant du rock. Elles n’hésitent pas à revendiquer les plaisirs du célibat. Une exception, dans un pays où la pression du mariage est omniprésente, quelles que soient la couche sociale ou la génération à laquelle on appartient.

« Pourquoi s’embarrasser d’un mari ? J’ai déjà une famille et je veux consacrer mon temps à ma carrière professionnelle », explique Rosanna Lyngdoh, une femme de 38 ans qui vit avec sa grande famille dans une maison de 21 chambres.

En Inde, où 35 % des femmes sont victimes de violences domestiques, la condition des Khasi est-elle à envier ? « Au contraire. Parce que l’on appartient à une société matrilinéaire, les gens croient que l’on est privilégié. Mais c’est faux », répond Hasinah Kharbih, directrice de l’organisation non gouvernementale Impulse Network, qui ajoute que les décisions d’une Khasie doivent obtenir l’aval de son oncle maternel.

Le système matrilinéaire n’est pas à confondre avec le matriarcat et les femmes khasies n’ont jamais détenu le pouvoir. Les anciens rois de la tribu laissaient leurs trônes... au fils de leur soeur cadette.

Depuis l’indépendance de l’Etat du Meghalaya, en 1972, les ministres en chef ont tous été des hommes. Et les conseils de village comprennent peu de femmes. « Les dernières de la fratrie sont confinées à des rôles domestiques et condamnées à rester la maison », témoigne Hasinah Kharbih.

Mais Kaith Pariat, qui rêve justement de voir un jour les hommes khasis materner leurs enfants, n’est pas prêt à abandonner son combat. Il revendique 1 000 membres dans son association, dont beaucoup d’hommes influents, qui gardent l’anonymat par crainte d’être ostracisés par la société et par leur belle famille.

L’association compte même des femmes, dont la plupart sont des mères originaires du Bengale occidental, l’Etat voisin. « Elles redoutent de voir leurs fils céder à la tentation des femmes khasies, et de tomber sous leur emprise », explique ce militant de la cause masculine.

Julien Bouissou

Le Monde, 29 décembre 2010, p. 5


http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article25

:aa:


Dernière édition par douceur le Jeu 27 Oct 2011, 20:18, édité 1 fois
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Kawinka



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MessageSujet: Re: Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?   Jeu 27 Oct 2011, 13:51

Voici un sujet qui me passionne depuis 2 ou 3 ans, et je souhaite partager cette approche de la Gnose,...............................;
:444:

"Un Accident Cosmique

L'Hypostase des Archontes, et d'autres traités cosmologiques, décrivent comment Yaldabaoth émerge du chaos de la matière élémentaire en raison de l'impact de l'Eon Sophia dans les “eaux du dessous” - le royaume des bras galactiques à l'extérieur du coeur galactique (le Plérome). Le plongeon de Sophia à partir du coeur provoque un “avorton”, ou une naissance prématurée, dans les règnes de la matière élémentaire. Normalement, les formes de vie qui apparaissent dans les mondes-étoiles des bras galactiques sont émanées de l'intérieur du Plérome, imprégnées et informées par un dessein divin avant qu'elles puissent se manifester. Par contre, les Archontes générés par l'impact de Sophia émergent sans avoir été préfigurés par les dieux Pléromiques. “L'avorton” est un gâchis difforme à l'image d'un foetus prématuré dont les organes sont incomplètement formés et dont les facultés sont retardées.

Peut-on considérer le plongeon de Sophia comme un accident cosmique? Dans un certain sens, peut-être. Les accidents arrivent certainement dans l'immensité du cosmos. Dans les commentaires sur le mythos de Gaïa, j'ai proposé que le plongeon de Sophia puisse être une description mythopoétique d'un jaillissement puissant d'énergie émanant du coeur galactique. Les scientifiques ont récemment détecté un canal en forme de tunnel dans la galaxie, s'étendant directement du coeur galactique vers la région des bras tournoyants dans lesquels se trouve notre système solaire. Un tel jaillissement puissant d'énergie est au coeur de la théorie du Docteur Paul LaViolette concernant une supervague galactique ou un torrent de rayonnement cosmique. LaViolette affirme que de par l'émergence d'étoiles naissantes autour du coeur galactique, le puits de gravité de ce dernier s'approfondit et sa température interne et son énergie s'accroissent jusqu'à un paroxisme:

“ Le flux d'énergie du coeur galactique devient éventuellement si grand que des instabilités en résultent provoquant son explosion. Durant ce mode actif temporaire, sa luminosité s'accroit des millions de fois et il libère un torrent intense de particules de rayons cosmiques et un rayonnement de haute énergie qui s'achemine radiallement vers l'extérieur sous la forme d'une coquille croissante appelée une supervague galactique”. (Genesis of the Cosmos, page 93).

Il n'est nul besoin de dire que cela constitue un événement extrêmement violent avec des conséquences catastrophiques considérables et létales - selon la vision de LaViolette, du moins. Dans ma révision du mythe Gnostique, j'assume que le cosmos tout entier est vivant, animé et animant. Une supervague galactique, ou un jaillissement d'énergie émanant du coeur galactique, pourrait ne pas être, après tout, un jet létal de rayons cosmiques. Cela pourrait être un jaillissement de force vitale divine, et même un déversement d'une immense tendresse ou une ondulation de désir cosmique. C'est certainement, d'ailleurs, de cette façon que la mythologie Gnostique décrit le plongeon de Sophia.


Le parallèle astrophysique avec le mythe Gnostique est intéressant mais il ne doit pas nous induire à penser que le mythe requiert une validation scientifique pour être vrai ou pour être valorisé comme vrai. Si tant est qu'il existe des jaillissements cosmiques périodiques émanant du coeur galactique, nous serions avisés d'appréhender de tels phénomènes en termes imaginatifs, et dans un langage psychologique, afin de commencer à percevoir la complémentarité entre la psyché et le cosmos. A première vue, la narration concernant le démiurge semble être un événement unique et isolé qui ne ressemble à rien d'autre dans la mythologie du monde. De nombreux érudits ont assumé que le personnage de Yaldabaoth est totalement anormal, un mythologème insolite que l'on ne retrouve que chez ces amateurs bizarres de fantastique, les Gnostiques.

Mais il existe, en vérité, un parallèle exact au personnage Gnostique du Démiurge. Et on le trouve dans les traditions sacrées du Bouddhisme.

Genèse Bouddhiste

C'est sans doute le dernier endroit où nous serions enclins à porter notre regard. Pourquoi? Parce que les enseignements Bouddhistes n'accordent que peu d'importance à la genèse de l'univers. La notion de Création ne fait pas partie de la syntaxe Bouddhiste. Toutes les conditions qui émergent dans le cosmos ne sont que cela: des conditions qui émergent. Toutes les conditions présentes, physiques et psychologiques, proches et lointaines, intérieures et extérieures, émergent de conditions précédentes, selon la loi “d'origine interdépendante” et il n'y a rien de plus à dire. Si le cosmos n'est qu'un éternel devenir, tenter de déterminer le moment de sa création n'est qu'un exercice futile. De plus, le Bouddhisme tend à souligner la nature d'apparence de tous les phénomènes - cette approche est appelée docétisme dans l'analyse textuelle Gnostique. Non seulement le cosmos n'est-il qu'un éternel devenir mais encore n'est-il que la simple apparence d'un éternel devenir! Comment la notion de création peut-elle s'insérer dans une telle vision du monde?

Pour étonnant que cela puisse paraître, il existe en fait quelques indications de ce que l'on pourrait appeler un mythe de création Bouddhiste, une contrepartie Bouddhiste de la Genèse, si vous préférez. Les sources textuelles sont diverses mais tendent à être complètement négligées dans l'atmosphère actuelle des études Bouddhistes. On peut trouver ce qui est certainement un récit pré-Bouddhiste de création du monde dans les sources Pali telles que le Dighanikaya, l'Anuguttaranikaya et le Vishuddhimagga, le “Chemin de la Perfection”. Les ouvrages en langage Pali appartiennent à une sous-catégorie des études modernes Bouddhistes qui est réservée à une élite et il n'est pas donc surprenant que ces textes n'aient pas été pris en considération. Mais il existe également au moins deux textes en Sanscrit qui contiennent aussi des éléments d'une Genèse Bouddhiste; ce sont l'Abhidharmakosha et le Shikshasamuccaya.

Selon John Mrydhin Reynolds (Self-Liberation through Seeing in Naked Awareness), ces anciennes sources nous disent que Gautama, le Bouddha historique, expliqua à ses disciples que:

“l'humanité que l'on trouve sur cette planète Terre demeura autrefois dans un autre système planétaire. Dans un lointain passé, lorsque le soleil de ce monde se transforma en nova et que la planète fut détruite dans les éruptions solaires qui s'ensuivirent, la plupart de ses habitants... renaquirent dans un des plans supérieurs du Monde Formé ou Rupadhatu, un plan d'existence connu comme Abhasvara ou “claire lumière” (page 99).

Nous avons ici une description étonnamment claire d'un événement physique, d'une étoile qui se transforme en nova, combiné à un événement métaphysique, la transmigration des habitants d'une planète orbitant autour de cette étoile vers un autre plan d'existence. Le langage utilisé reflète, partiellement, la syntaxe scientifique courante de la théorie de la supervague galactique de LaViolette. Les scientifiques savent que les novas sont relativement des événements communs, alors que la supervague reste encore largement un concept théorique. Voilà pour ce qui concerne l'événement physique.

Quant à l'événement métaphysique d'une transmigration planétaire, c'est un drame cosmique qui se déroule alors. L'humanité qui demeurait dans le système solaire, qui explosa en nova, fut transportée sur le plan du Rupadhatu en raison de sa pratique assidue du dharma, selon les antiques sources. En ce lieu, “ils jouirent d'un bonheur et d'une béatitude incommensurables durant des eons” (ibidem). Mais lorsque ces conditions karmiques expirèrent, un autre monde, la Terre actuelle, était déjà en formation et certains des habitants bienheureux du Rupadhatu y furent attirés et commencèrent à renaître dans cette région, bien que pas encore sur la planète en émergence. Le royaume intermédiaire dans lequel ils se réincarnaient était appelé Brahmaloka, la “Zone du Créateur”. (Dans le mythe Hindou et dans la métapsychologie Bouddhiste, Brahma est le “dieu créateur”).

Tout d'abord, les êtres en transmigration (ce sont nous) ne prirent pas conscience d'où ils séjournaient et de ce qui leur arrivait exactement. Le premier qui s'éveilla réellement et qui réalisa qu'il était dans cette nouvelle sphère s'exclama immédiatement “je suis le Créateur”. La première entité s'exprima de cette façon parce que les conditions de conscience dans lesquelles elle vint à se percevoir étaient celles de la Zone de Création, le Brahmaloka. Cette entité, qui était une manifestation de l'humanité, en vint à croire que “il” était réellement le créateur de l'univers qu'il contemplait autour de lui. Il ne se souvint pas qu'il arrivait d'un monde précédent qui avait été détruit et il apparut comme s'il n'était pas né de parents. Dans l'absence de toute preuve du contraire, il sombra dans l'illusion d'être le seul créateur du monde émergent qu'il contemplait. J. M. Reynolds commente ainsi:

“En réalité, la manifestation de cet univers était due au karma collectif de toute cette communauté et sa propre manifestation individuelle, qui est un cas de naissance apparente, était due à sa grande quantité de karma méritoire qui venait à sa pleine maturation à ce moment-là parce que les conditions secondaires nécessaires étaient réunies. Cependant, il persista dans son illusion, dans cette idée qu'il était le Créateur réel de l'univers parce qu'il était le premier né au sein du système solaire en évolution et qu'il ne percevait personne d'autre qui l'eût précédé. Mais cette croyance était à mettre à l'actif de ses limitations et de son aveuglement, à savoir une ignorance primordiale de son origine véritable” (ibidem, italiques en gras ajoutées).

Tout cela, si je puis me permettre, pourrait être un sujet intéressant de science-fiction. La corrélation, point par point, entre les éléments Bouddhistes et Gnostiques, est ici fantastique. La “naissance apparente” du Créateur dans l'illusion est parallèle à “l'avorton” du mythos de Sophia. L'illusion du Créateur auto-proclamé est identique dans les deux narrations. Le Démiurge de la cosmologie Gnostique est également “né au sein du système solaire en évolution” et “il ne vit personne qui l'eut précédé”. Yaldabaoth est le chef des Archontes, des entités ainsi nommées parce qu'elles émergèrent en premier, avant la que la Terre, l'habitat des humains, ne se fût formée. Archonte vient du Grec archai “origine, commencement”. Il semble que la zone intermédiaire, le Rupadhatu inférieur, corresponde au chaos extérieur du mythe Gnostique. C'est là que le Démiurge émerge, apparaissant juste de nulle part: “un cas de naissance apparente”. Yaldabaoth est aveugle (en Copte BILLE) et ignorant de ses origines véritables. Dans la narration Bouddhiste, tout comme dans celle des Gnostiques, l'ignorance primordiale du Créateur va contaminer toute la race humaine.

Les parallèles sont cohérents et frappants, à l'exception d'un seul point. Le texte Gnostique ne dit rien au sujet du Démiurge ayant “sa grande quantité de karma méritoire”. Cependant, il est vrai qu'ils décrivent comment Yaldabaoth et les Archontes bénéficient de la sagesse cosmique de Sophia, la déesse qui les engendre. Le démiurge de la cosmologie Gnostique est une entité vide, clonique, incapable de rien créer; cependant, la merveille mécanique du système planétaire est créée à travers lui (et ses laquais) grâce aux pouvoirs occultes conférés par Sophia. Il existe peut-être quand même un parallèle entre ces deux visions mais il est certainement étrange de concevoir le Seigneur des Archontes comme une entité possédant une provision de bon karma!"
Citation :
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MessageSujet: Re: Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?   Jeu 27 Oct 2011, 14:18

Bonjour Kawinka,

merci de citer les sources des extraits que tu nous partages...et de mentionner ceux ci en citations si tu y met tes commentaires personnels , ou ceux d 'autres personnes pour que celà soit plus compréhensible.
J 'ai déjà lu nombres de passages de ce que tu nous propose sur le site de J. Lash ainsi que sur un autre forum...
Tu trouveras déjà ici d'autres posts sur la Gnose et la Pistis Sophia



Pistis Sophia Gnose
Concernant ton autre intervention sur le reiki , Douceur y a répondu ...
Merci donc de te servir du moteur de recherches du forum,
bien à toi
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MessageSujet: Re: Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?   Ven 28 Oct 2011, 03:11

...


Parmi les sociétés matrilinéaires, on peut citer les mahorais de Mayotte (société matrilinéaire musulmane).


Voici une autre société présentée comme matriarcale : les Mosuo, en Chine :





...
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Sociétés matriarcales vs Sociétés "matrilocales" ?
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