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 Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!

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AMBRE

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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Ven 05 Oct 2012, 21:21

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EXTRAIT DU Journal philosophique et spirituel de Marc Halévy
Le 09/09/2012

C'est curieux, notre époque indique, à la fois, que, d'une part, la valeur marchande et, surtout, d'usage de nos produits, de nos services et de nos entreprises vient essentiellement des savoir-faire, des talents et des intelligences des dirigeants et de leurs collaborateurs, et que, d'autre part, l'humain est infiniment plus complexe et moins malléable que ne nous le faisaient croire les rudimentaires modèles "psychologiques" d'hier. De plus, nous changeons de paradigme socio-économique et les valeurs et modèles de la modernité ne font plus recette. Il nous faut inventer un nouveau monde : celui des réseaux de petites entités autonomes, de proximité, innovantes, visant la qualité plus que la quantité, l'excellence à long terme plus que le rendement à court terme. L'économie devient de plus en plus immatérielle, c'est-à-dire non quantifiable, non comptable, non financière, et les mentalités sont plus en quête de sens, d'épanouissement personnel, de plaisir et de joie ; le problème du travail n'est plus la productivité horaire, mais la créativité, l'adéquation et la perfection permanente. La ressource stratégique de toute entreprise, aujourd'hui plus que jamais, est les hommes et ce qu'ils portent en eux de connaissance, d'expérience, de courage et de volonté. Et les hommes sont de moins en moins dociles, de plus en plus exigeants, de plus en plus formés et informés, de plus en plus soucieux de leur confort personnel. La technocratie managériale est en berne, inefficace, contre-productive.

*

On devient esclave de ses combats.



Le 14/09/2012/

Lorsque j'écris ou lorsque je parle, ce n'est pour l'autre que j'écris ou que je parle : c'est pour moi, parce que je ne pense qu'en écrivant ou en parlant. Si mon écrit ou ma parole fécondent, nourrissent, enrichissent l'autre : tant mieux. Mais je sais que ce qui le fécondera, le nourrira, l'enrichira, ce ne seront ni mon écrit, ni ma parole, mais ce que lui mettra dans sa réception et son interprétation de ce que j'écris ou dis … et ce peut être tout l'opposé de ce que je pense et que je suis seul à comprendre réellement. Mais qu'importe ! L'important, pour lui, c'est d'avoir été ensemencé. L'important pour moi, c'est m'être accompli par la pensée. Tout le reste est bavardage stérile !



Le 17/09/2012

Il n'y a pas de "monde meilleur", à venir ou ailleurs, mais il y a bien du meilleur en ce monde, ici et maintenant.

*

L'espérance est la morphine des esprits faibles. Plutôt que de rendre le monde réel meilleur ici et maintenant, ils préfèrent rêver d'une monde meilleur (dit "idéal") qu'ils ne soupçonnent même pas n'être que le condensé de tous leurs fantasmes égoïstes … car ce "monde meilleur" dont ils rêvent, n'est meilleur que pour eux - du moins en théorie, car l'histoire a montré maintes fois que les plus belles des utopies finissent toujours dans les carnages et les camps des pires tyrannies.
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Körêm

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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Dim 09 Déc 2012, 12:36

djéhouti a écrit:
Quand vous lirez cet article, j’aimerais vous mettre en garde que son contenu peut paraître apocalyptique ou déprimant, notamment pour ceux qui ont un certain confort de vie, des êtres proches qu’ils aiment, une situation financière et de travail, disons acceptable.



Oui ce texte est apocalyptique, mais dans un sens éthymologique soit Révélation !

Non il n'est pas déprimant, ce qui le serait c'est d'être condamnés à continuer cette vie misérable dans un monde en perdition.

Alors vive ce jour de rupture !!! sunny




djéhouti a écrit:
Nous ne devons plus être très loin de ce fameux point de rupture. Je ne sais ce qui le déclenchera, mais je doute que les humains s'éveillent suffisamment pour le manifester dans un mouvement progressif d'éveil maîtrisé.

Alors je suis bien curieux de voir ce qui va le produire...
.

Entièrement sur la même longueur d'onde que toi
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MessageSujet: Les Brèches du Temps, ou comment apprendre à vivre ...   Sam 05 Jan 2013, 19:47

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Alan-Yan Mohr –
Les Brèches du Temps, ou comment apprendre à vivre en quatre dimensions, OU LES FOLLES CONSULTATIONS DU Dr. SIGMUND AFRAID

Citation :
Alan-Yan Mohr est extrêmement doué pour faire comprendre des concepts à la fois ancestraux et novateurs et apprendre à élargir son point de vue sur le monde. Voici quelques extraits de son roman « Les Brèches du temps », dont les chapitres ont des titres évocateurs : Premières fissures, brèches du temps, lézardes culturelles, failles religieuses, fractures sociales, crevasses politiques. Une lecture agréable, un vrai régal.

« Hé bien, nous assistons à la mort du temps. J’en découvre des indices partout. Regardez la mode : toutes les années passées se collisionnent sur les pistes des défilés. En musique : rien de nouveau, on entend seulement des remakes et des compilations. Le meilleur des années 60, 70, 80, 90… Pire encore, on en est déjà aux compiles du meilleur des années 2000 ! Et après, qu’est-ce qu’on va faire ? Eh bien, on va publier le meilleur des compilations de ces dernières années. C’est à devenir fou ! Et en politique, c’est la même chose : ça tourne en rond, avec un cynisme de plus en plus flagrant à force de répéter le même système. Dans l’art ? Le temps a cessé d’avancer en ligne droite, il s’est incurvé. Nous approchons de la fin d’une spirale. Que va-t-il se passer ? Qu’allons-nous devenir ? [...]

« Mon sentiment, c’est qu’on arrive maintenant à une nouvelle étape d’apprentissage dans notre interprétation de la réalité : le passage à quatre dimensions. Et la quatrième dimension, c’est le temps.
- Nous serions partis pour maîtriser le temps ?
- Nous en sommes aux balbutiements ! Mais observez ce qui se passe lorsque l’on crée quelque chose en trois dimensions, en architecture par exemple : on organise des volumes en coordonnant plusieurs surfaces simultanément, en jonglant avec différentes perspectives… Eh bien rajoutez une dimension, qu’est-ce que ça donne ?

- Vous voulez dire, faire l’expérience de plusieurs moments d’une vie en même temps, comme on perçoit les différentes surfaces d’un objet ?
- C’est exactement ça ! Jusqu’à maintenant, on a vécu notre vie comme une suite linéaire d’expériences. A partir de maintenant, nous pourrions devenir capables d’expérimenter simultanément différents moments de notre vie. Nous pourrions vivre tous ces moments en même temps, comme s’ils étaient les différentes surfaces d’un volume. Ça bouleverse complètement notre relation au temps. Jusqu’à maintenant, nous avons été conditionnés par le temps, nous sommes restés prisonniers dedans. Eh bien oui, nous allons maîtriser le temps ! Mais avant d’y parvenir, il faudra nous débarrasser de toutes nos idées sur le temps, de toutes nos habitudes liées au temps. Essayez donc de faire rentrer un volume dans une surface…
- Merde ! s’exclame Sigmund. Mais c’est pour ça que…
- C’est pour ça que tous les murs et les cloisons s’écroulent ! C’est pour ça que l’histoire tourne en rond ! Et c’est pour ça que rien ne va plus dans cette civilisation; toutes nos sociétés sont bâties sur trois dimensions. Même la psyché humaine est bridée pour fonctionner en trois dimensions. (p.17) [...]

« L’american way of life ronge la planète comme un cancer ! [...] Je supporte difficilement l’interférence, surtout quand elle est médiocre. Par contre, je suis ouverte aux suggestions éclairées. Mais le doigt accusateur de l’oncle Sam, sans façon. On parle du pays de la liberté, mais c’est une prison psychique, une grosse masse pulsante d’obsessions ! Leur culte de la santé atteint les sommets de l’absurdité : leur système de santé rend les gens malades, leurs canons de beauté rendent une moitié de la population anorexique et l’autre obèse, les fumeurs y sont traités comme des pestiférés et ils veulent nous apprendre à vivre ? Au secours ! » (p.21)

« La décomposition du monde semble avoir autant affecté votre vie privée que votre vie professionnelle ! Comment vivez-vous ce phénomène ?
- Je le vis comme une solitude croissante. C’est comme si ma désapprobation face à l’attitude des gens et à l’état du monde créait une distance entre eux et moi. J’ai de moins en moins d’amis : leurs histoires ne m’intéressent plus et j’ai le sentiment qu’ils me fuient pour ne pas entendre les miennes. Le sport m’indiffère, la politique me dégoûte, les soirées à refaire le monde m’apparaissent stériles, les potins de la jet-set me lassent : je n’arrive pas à trouver le moindre intérêt là-dedans. » (p.22)

« - Le problème avec les humains, c’est qu’ils emploient leur pouvoir, leur créativité et leur intelligence à se rendre minables, misérables et impuissants.
L’ange n’a vraiment pas l’air content. Des petits éclairs bleu électrique zèbrent l’atmosphère qui l’entoure, tandis qu’elle explose :
- Merde ! Réveillez-vous ! Ces corps mutilés par la médecine et la chimie sont composés d’atomes obéissants ! Toutes les ressources de l’univers sont à vos pieds et vous ne trouvez rien de mieux à faire que de polluer et tuer par avarice. Au lieu de créer une réalité éclairée, vous inventez des systèmes d’aide sociale qui institutionnalisent et perpétuent la misère et l’impuissance ! Il y a des jours où je me demande si ce projet en vaut encore la peine. » (p.38)

(Lu chez JSF et Source : Les Brèches du Temps, ou les folles consultations du Dr Sigmund Afraid, disponible en PDF aux éditions L’Arbre d’Or, 2001)
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Lun 11 Fév 2013, 10:45



Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde"

INTERVIEW - Michel Serres, philosophe, historien des sciences et homme de lettres français, décrypte le monde de demain pour le JDD.

Michel Serres est une vigie plantée en haut du mât de notre époque. Du haut de son gréement, de ses 82 ans, de sa culture encyclopédique, de son temps partagé entre les cultures française et américaine qu'il enseigne, ce philosophe académicien nous décrit les changements qu'il observe sur l'équipage humanité que nous sommes. En curieux de tout qu'il est, il guette avec impatience et gourmandise les évolutions qui nous arrivent, comme un des matelots de Colomb aurait scruté l'horizon dans l'espoir de nouvelles terres. Son constat sur notre époque est simple : le monde, depuis cinquante ans, traverse une révolution comme l'humanité n'en a connu jusque-là que deux d'une telle ampleur. Avec un constat pareil, un autre que lui serait grognon et inquiet. Serres est un optimiste impénitent. L'avenir du nouveau monde appartient à Petite Poucette *, ainsi qu'il a baptisé l'archétype du "nouvel humain" encore en devenir, en référence à son usage du téléphone et de l'ordinateur. Et cette Petite Poucette-là, qui est sur le point de "prendre les commandes", n'a pas fini de nous surprendre…

La crise est-elle bientôt finie?
La crise financière, c'est probable. Je ne suis pas un économiste, ni un spécialiste de la finance, mais ce que je vois, c'est le tableau global. On ne parle que d'économie! Une campagne électorale, ce n'est que ça : l'emploi, la dette, le budget ! Elle a envahi la totalité de la discussion publique. Or notre monde traverse une phase de changements gigantesques. Comme on est obnubilé par l'économie, on ne pense la crise qu'en termes économiques, mais il y a tellement de choses plus importantes qui nous mettent en crise! Cette crise d'ailleurs, c'est principalement le malaise dans nos têtes devant les immenses changements qui sont à l'œuvre.

Par exemple…
Nous étions 50% d'agriculteurs à la fin de la guerre et ils ne sont plus que 1%. Pendant ma vie humaine, et c'est unique dans l'histoire, la population mondiale a doublé deux fois! Quand je suis né, on était 2 milliards, on est 7 milliards aujourd'hui. Dans la même période, l'espérance de vie a triplé. C'est tout cela que l'on ne voit pas.

Pourquoi?
On sait qu'un tremblement de terre se passe en surface. Or la théorie des mouvements de plaques l'explique par des mouvements profonds. Ce que j'essaie d'expliquer, ce sont les mouvements profonds. La fin de l'agriculture, la victoire sur la douleur en médecine, l'allongement de l'espérance de vie. Tout cela a des conséquences énormes : quand mon arrière-grand-père se mariait, statistiquement, il jurait à sa compagne fidélité pour cinq à dix ans, maintenant c'est pour soixante ans. On dit toujours "mariage", mais un engagement pour dix ans et un engagement pour soixante ans, ce n'est plus pareil! Il y a beaucoup de choses qui ont secrètement changé, qu'on ne voit pas changer, mais qui ont complètement bouleversé le monde. On est passé, en moins de cinquante ans, dans un nouveau monde.
[url=Serres : "Ce n'est pas une crise, c'est un changement de monde" INTERVIEW - Michel Serres, philosophe, historien des sciences et homme de lettres français, décrypte le monde de demain pour le JDD. Michel Serres est une vigie plantée en haut du mât de notre époque. Du haut de son gréement, de ses 82 ans, de sa culture encyclopédique, de son temps partagé entre les cultures française et américaine qu'il enseigne, ce philosophe académicien nous décrit les changements qu'il observe sur l'équipage humanité que nous sommes. En curieux de tout qu'il est, il guette avec impatience et gourmandise les évolutions qui nous arrivent, comme un des matelots de Colomb aurait scruté l'horizon dans l'espoir de nouvelles terres. Son constat sur notre époque est simple : le monde, depuis cinquante ans, traverse une révolution comme l'humanité n'en a connu jusque-là que deux d'une telle ampleur. Avec un constat pareil, un autre que lui serait grognon et inquiet. Serres est un optimiste impénitent. L'avenir du nouveau monde appartient à Petite Poucette *, ainsi qu'il a baptisé l'archétype du "nouvel humain" encore en devenir, en référence à son usage du téléphone et de l'ordinateur. Et cette Petite Poucette-là, qui est sur le point de "prendre les commandes", n'a pas fini de nous surprendre… La crise est-elle bientôt finie? La crise financière, c'est probable. Je ne suis pas un économiste, ni un spécialiste de la finance, mais ce que je vois, c'est le tableau global. On ne parle que d'économie! Une campagne électorale, ce n'est que ça : l'emploi, la dette, le budget ! Elle a envahi la totalité de la discussion publique. Or notre monde traverse une phase de changements gigantesques. Comme on est obnubilé par l'économie, on ne pense la crise qu'en termes économiques, mais il y a tellement de choses plus importantes qui nous mettent en crise! Cette crise d'ailleurs, c'est principalement le malaise dans nos têtes devant les immenses changements qui sont à l'œuvre. Par exemple… Nous étions 50% d'agriculteurs à la fin de la guerre et ils ne sont plus que 1%. Pendant ma vie humaine, et c'est unique dans l'histoire, la population mondiale a doublé deux fois! Quand je suis né, on était 2 milliards, on est 7 milliards aujourd'hui. Dans la même période, l'espérance de vie a triplé. C'est tout cela que l'on ne voit pas. Pourquoi? On sait qu'un tremblement de terre se passe en surface. Or la théorie des mouvements de plaques l'explique par des mouvements profonds. Ce que j'essaie d'expliquer, ce sont les mouvements profonds. La fin de l'agriculture, la victoire sur la douleur en médecine, l'allongement de l'espérance de vie. Tout cela a des conséquences énormes : quand mon arrière-grand-père se mariait, statistiquement, il jurait à sa compagne fidélité pour cinq à dix ans, maintenant c'est pour soixante ans. On dit toujours "mariage", mais un engagement pour dix ans et un engagement pour soixante ans, ce n'est plus pareil! Il y a beaucoup de choses qui ont secrètement changé, qu'on ne voit pas changer, mais qui ont complètement bouleversé le monde. On est passé, en moins de cinquante ans, dans un nouveau monde.]suite et source[/url]
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MessageSujet: SURVIVRE...   Jeu 28 Fév 2013, 16:35


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Ce livre pourrait bien être le meilleur investissement que vous n ayez jamais fait.

Ce livre peut vous sauver la vie. Les problèmes auxquels le monde doit faire face dans les 10 prochaines années sont considérables : surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dérèglements climatiques, baisse de la production de nourriture, tarissement de l eau potable, mondialisation débridée, dettes colossales... La convergence de ceux-ci aura comme probable conséquence un effondrement économique qui ne laissera personne indemne, riche ou pauvre. Comment se préparer ? Comment survivre à ces prochaines années de grands changements qui seront à la fois soudains, rapides et violents ? Etes-vous prêts ? Avez-vous accès à de l eau potable si rien ne sort de votre robinet et si les supermarchés sont vides ? Et dans ce cas, comment allez vous défendre votre famille de votre voisin affamé, du gang de racailles local ou d un état devenu mafieux et totalitaire? Comment allez-vous protéger votre fortune dans un monde où la finance n existe plus ? Vous croyez que ces questions sont absurdes ? Tentez votre chance alors ! Au moins, les lecteurs de ce livre auront à leur disposition les plans, les outils et les solutions, basées sur des exemples pratiques et sur l expérience de ceux qui l ont déjà fait, pour survivre et commencer à se préparer progressivement.

Piero San Giorgio est, depuis vingt ans, responsable des marchés émergents d’Europe de l’Est, du Moyen Orient et d’Afrique dans l’industrie high-tech.

Depuis 2005, il se prépare à l’effondrement de l’économie et étudie les moyens d’y survivre.


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Interview le 27 septembre 2011 par la radio québecoise "les fils de la liberté" de Piero San Giorgio, l'auteur suisse du manuel pratique "Survivre à l'effondrement économique" prochainement publié par Scriptoblog, édition "le retour aux sources". Dans cet entretien Piero San Giorgio expose les raisons pour lesquelles il est convaincu que notre modèle de société devra bientôt subir bien plus qu'une crise, un effondrement majeur (!) il donne ensuite qq. indications sur la façon dont nous pouvons nous y préparer et nous organiser pour y faire face, récit assez décoiffant! Ne pas se laisser rebuter au début par l'accent terriblement canadien des animateurs de la radio, Piero San Giorgio est vraiment captivant à écouter, son site est aussi très intéressant à consulter pour quiconque est préoccupé par les menaces de l'avenir...



découvert l' an passé ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Dim 13 Oct 2013, 19:49

Pierre Hillard & Piero San Giorgio "Comprendre le Mondialisme et y Survivre" Partie 2 official
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Ven 25 Avr 2014, 17:17


Une étincelle de bonheur


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Dans ce monde de déprime, sur cette planète qui part en vrille, voici un petit texte pour les amis de passage, pour les rêves naissant de rencontres furtives, les douces paroles, les rires spontanés et les regards éphémères qui, jetant leurs petits cristaux de vie en artifice restent gravés dans un coin de notre mémoire. Qu’ils nous attrapent au coin d’une rue, dans une boutique ou sur lieu de notre travail, l’instant aussi bref soit-il, ils ou elles nous ont éclairé de leur sourire, éblouie de leur lumière, mis le corps et l’âmes au diapason de la symphonie cosmique. Pendant ces quelques secondes, ces quelques minutes, inconsciemment nous avons été l’élève, ils ont été le maitre.

Certaines rencontres exceptionnelles bâtissent notre vie, façonnent notre conscience, équilibrent notre esprit. L’énergie positive et bénéfique qu’ils dégagent est partout et peut surgir de n’importe où, à n’importe quel instant en nous choisissant pour cible au moment ou nous nous y attendons le moins. Dans le sourire et le bonjour d’un sans abris que nous croisons les yeux baissés, dans la bousculade d’un enfant qui joue, dans le regard bienveillant d’un ancêtre ou sous le spectacle de notre compagne batifolant sous la douche comme un moineau jouant dans une flaque d’eau.

Parfois, il suffit d’un air de musique, du parfum des blés coupés, de la couleur d’un soir d’été ou seulement de quelques lignes d’un livre pour nous faire vibrer et redécouvrir une vérité qui a toujours été là, enfouie au plus profond de nous. C’est la récompense suprême de l’auteur qui, en quelques mots ayant fait exploser la vie en nous, est heureux d’avoir écrit les milliers de phrases qui les précèdent comme les milliers qui les suivent.

Ces petits bouts de choses, ces petits bouts de rien qui paraissent dans la cacophonie de l’époque comme quantité négligeable, sont les bouffées d’oxygènes indispensables à notre épanouissement, notre progression, notre survie. Au milieu de la pollution atmosphérique, médiatique, des agressions radiophoniques, publicitaires ou politiques, ces petits instants de bonheur nous font prendre conscience que si nous ne pouvons changer le monde, nous pouvons, par votre comportement, changer des choses dans le monde et à notre tour, irradier l’âme de nos frères et sœurs de galère.

Ce sont de courts mais puissants flash d’adrénaline pour le cœur, pour l’esprit. Leur force est bien supérieure à toutes les tristesses et surpasse en énergie la colère, la haine et l’envie. Elle est au-delà des trahisons, des mensonges et des reniements. Ces instants magiques nous font entrevoir la miraculeuse beauté de la vie, l’infini de l’amour, la majestueuse nature première de l’homme. Quelques secondes leurs suffisent à effacer une triste journée et à gommer nos actes manqués.

Recherchons et préservons ces instants à jamais, ils sont les béquilles d’une vie qui boite et part de travers rongée par la peste financière et le choléra de l’individualisme. Le monde agonise sous l’ignorance de l’homme face à la vie et son but ultime.

Prenons soin les uns des autres car nous ne sommes qu’une suite de souvenirs en sursis qui dure l’espace d’un printemps, une poussière cosmique, ce que le maître des lieux veut bien nous accorder.


Je cesse ici cette digression métaphysique, cette divagation philosophique sur les petits bonheurs momentanés afin de profiter d’un éclair de lucidité et mettre en pratique mon délire épistolaire pour d’aller serrer dans mes bras ma petite fille.

Bonne et heureuse journée à vous tous citoyens lecteurs.


parGabriel mardi 22 avril 2014"]
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MessageSujet: 17 octobre, Journée Mondiale de Lutte contre la Pauvreté   Ven 17 Oct 2014, 10:20

"Le prix de la liberté c'est la vigilance éternelle."
Thomas Jefferson

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"Les hommes sont comme les lions, comme toutes les bêtes, comme tous les êtres vivants.
La faim les rend féroces. Et qu'est-ce que la pauvreté, sinon une faim généralisée ?"

Michel Tournier
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Ven 17 Oct 2014, 19:24

L'édito de Charles :

« Il n’y a plus de raison d’espérer… »




Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Souvent, trop souvent, face à des constats implacables et sur lesquels, soit dit en passant, presque tout le monde s’accorde, il faut bien vite les relativiser afin d’introduire des « raisons d’espérer ». L’espoir. L’espoir qu’en fait le show must go on, que tout continue comme avant sur les mêmes bases.

En réalité, il n’y a plus aucune raison d’espérer car les mesures qu’il faudrait prendre ne seront jamais prises et que de toutes les façons, il est déjà trop tard.

La seule question que vous devez vous poser maintenant est quand est-ce que les marchés et la grande masse prendront conscience du fait qu’il est déjà trop tard ? Car c’est ce moment de prise de conscience collectif qui entraînera le mouvement de panique généralisé nous menant à l’effondrement inéluctable de ce monde-là.

N’imaginez pas que je sois pessimiste et vous allez vite comprendre pourquoi et à quel point je ne suis pas le seul.


Tout d’abord, progressivement mais sûrement, nous assistons actuellement graduellement certes pour le moment au commencement de cette prise de conscience généralisée. Ensuite, si je suis convaincu qu’il n’y a plus aucune raison d’espérer dans ce monde-là, notre optimisme pourra s’exprimer à sa juste valeur dans le nouveau monde de demain car c’est lui qu’il faudra édifier et construire sur des bases totalement nouvelles et je l’espère profondément plus humaines. Le monde de demain sera ce que nous en ferons mais avant de le bâtir, nous contemplerons la destruction de celui dans lequel nous vivons.

Mais quelles sont les raisons d’espérer ?


Mais aucune, encore une fois. Et c’est ça qui angoisse les gens, c’est cela qu’ils ne veulent pas entendre. Non, ce n’est pas possible, il y a bien une solution, un remède, non je refuse de croire que ce soit la fin… mais je vous le redis, il n’y a aucune raison d’espérer, il est déjà trop tard pour les réponses collectives et les solutions globales.

Le temps de la préparation individuelle est venu, celui de votre propre responsabilité. C’est à vous et pas aux autres de vous occuper de vous-même. C’est à vous de protéger vos proches et ceux que vous aimez. C’est à vous de prendre les bonnes décisions car finalement la seule raison d’espérer, et c’est tout le sens de mon engagement qui manifestement échappe au plus grand nombre, c’est que l’espoir réside en chacune et chacun de vous. L’espoir n’est pas l’État, ni les dirigeants. L’espoir c’est vous. Vous et votre prise de conscience. Si nous sommes nombreux à comprendre ce qu’il va se passer alors nous serons plus forts, plus solides pour affronter la tempête qui vient. Localement, nous pourrons agir en exprimant de la solidarité, en aidant, en aimant, en tendant la main. Être préparé n’est pas un acte égoïste. Vouloir « survivre » n’est pas mal, c’est le sens même de la vie et de l’évolution (je n’ose utiliser le terme de sélection mais pourtant la vie est une sélection).

Aucune politique économique ne peut redresser la croissance de la zone euro


Ce titre n’est pas de moi figurez-vous. Je suis innocent mais ce titre est vrai. Il est de Patrick Artus, patron de la recherche économique chez Natixis. C’est le titre de son dernier papier et il vous dit la même chose que moi.

Il est déjà trop tard. Il n’y a plus aucune raison d’espérer. S’il dit cela, il se garde bien d’aller au-delà. Car si il n’y a plus de raisons d’espérer, alors que faut-il faire ? Justement, se préparer, pas « incanter », se préparer, pas faire la danse de la croissance comme d’autres faisaient la danse de la pluie. Une fois que l’on sait que cela va mal se terminer, il faut comprendre logiquement les conséquences concrètes que cet effondrement va entraîner. Et c’est à ces conséquences concrètes que vous devez vous préparer. Laissez les autres gloser à l’infini sur ce qu’il faudrait faire, les mesures, les réformes, les changements, les voyages en car de Macron ou les cachets vendus chez Leclerc ou encore en pharmacie. Tout cela n’a plus de sens, il est déjà trop tard.

Je vous laisse lire ce papier d’Artus. Il vaut son pesant de cacahuètes et enfin il reconnaît mais surtout écrit que dans tous les cas, par l’austérité ou par la planche à billets, il est déjà trop tard.

Est-ce que l’effondrement final a commencé ?


Pour le moment, la tension monte et très fortement comme prévu. Finalement, on doute de la reprise américaine. Sans blague. Finalement, la Grèce n’est pas sauvée… Sans blague. Finalement, pour l’Espagne, l’Italie et le Portugal, cela ne va pas si bien que cela. Sans blague. Les banques restent fragiles et leurs engagements par rapport à leurs fonds propres sont d’un coefficient 30 au bas mot. En clair, quand elles ont 90 milliards d’euros de fonds propres elles ont… 2 000 milliards d’engagements (sans compter les milliers de milliards en produits dérivés) alors vous savez quoi… les cours de Bourse des actions des banques plongent à nouveau. Sans blague.
Le budget de la France n’est pas bouclé, l’Europe n’est pas contente, les Allemands excédés de payer pour tout le monde alors que leur croissance à son tour vacille. Sans blague. La BCE est impuissante et la FED veut monter ses taux… Intenable comme prévu. Alors maintenant, que va-t-il se passer ?

Rien de dramatique pour l’instant. Les marchés baissent fortement, avec un peu de chance nous aurons un rebond ou pas suivi d’une nouvelle baisse d’un rebond puis d’une baisse. Mais la tendance est devenue clairement baissière. Pour le moment toujours, les marchés font ce qu’ils font à chaque fois. Ils vendent les actions et achètent massivement des bons du Trésor américain. Il n’y a donc pas de défiance sur les USA mais cela commence sur la dette des pays périphériques de l’euro.

Les marchés vont tester la détermination de la BCE et là, ça passe ou ça casse. Ça peut passer si les Allemands, au dernier moment, laisse Draghi sauver les meubles en utilisant la planche à billets. Ça casse si les Allemands restent inflexibles.

Mais ne vous y trompez pas. Si ça passe cette fois, ce ne sera que partie remise, souvenez-vous de ce que je dis depuis plusieurs années et qu’Artus de Natixis vous explique aujourd’hui, soit la mort par l’austérité, soit la mort par la planche à billets. Il n’y a aucune raison d’espérer, n’en déplaise aux optimistes béats. Nous sommes à bord du Titanic et la vigie vient d’apercevoir l’iceberg. Le capitaine « optimiste » ordonne de virer de bord toute et ne veut pas admettre que la collision est inéluctable et le naufrage la conséquence inévitable du choc. Il veut encore des raisons d’espérer. Les contrariens eux, alors que tous les passagers dorment encore paisiblement et n’ont pas encore pris conscience du drame qui va se jouer dans quelques instants, sont déjà en train de se préparer. Ils sont sortis des couloirs de la 3e classe avant que les grilles ne soient fermées par un gouvernement qui vous voudra du bien (c’est la débancarisation mes chers amis), ils ont déjà enfilé quelques pulls et mis leur gilet de sauvetage (ce sont les boîtes de conserve et tout ce qui pourra vous être utile y compris le lopin de terre), ils se dirigent vers les canots de sauvetage pour prendre les rares places disponibles (c’est votre or, votre argent métal et vos actifs tangibles). Dans quelques heures, lorsque tout le monde aura compris, ce sera la curée pour une place dans un canot (l’or vaudra très cher et personne ne voudra plus vous en vendre, les banques auront fermé, les distributeurs automatiques seront mués et, au mieux, rationnés comme à Chypre).

Lors du naufrage du Titanic, qu’elles étaient donc les raisons d’espérer ?


Il est déjà trop tard pour les réponses collectives. Préparez-vous individuellement dans le cadre de votre responsabilité personnelle et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement www.lecontrarien.com.


« L’Assemblée nationale est toujours otage de Thomas THÉVENOUD qui est toujours député. Pensons à lui. Ne l’oublions pas. »
(Pour protester pacifiquement et avec humour, n’hésitez pas à reprendre cette formule en bas de tous vos mails, de vos articles ou de vos publications, il n’y a aucun droit d’auteur !!)
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Ven 17 Oct 2014, 20:17



Édition du Jeudi 9 octobre 2014 a écrit:
Nous vivons la fin d’un monde
Avant de retrouver une situation stabilisée, nous allons connaître une période assez longue d’immense paupérisation et de grande misère, une période de chocs monétaires et de grande ruine. Il faudra que le monde ancien s’écroule pour bâtir le nouveau même si les solutions existent en réalité déjà. Notre manque de sagesse nous empêchera de les mettre en œuvre avant la grande catastrophe.

C’est pour toutes ces raisons-là que vous devez vous préparer, réfléchir, ne comptez que sur vous-même, vos proches et votre famille, il va falloir nous débrouiller mais nous avons dans tous ces malheurs une chance immense, nous sommes Français et nous avons tous les « gènes » du système D en nous, alors ce sera très dur, encore plus pour tous les doux rêveurs qui nous entourent la tête cachée dans le sable et qui voudront profiter jusqu’au bout de la fête « à la consommation » mais nous nous en sortirons si nous nous unissons. Voilà pourquoi nous devons désormais dépasser tous les clivages économiques, sociologiques et politiques.

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Mar 21 Oct 2014, 12:28

Très intéressant ! cela prouve que de plus en plus de gens sont lucide sur l'état des lieux

Reste quand même qu'il y a une raison d'espérer, mais pas dans ce monde, c'est vers le haut qu'il faut regarder.

L'âme peut trouver le salut, le corps non sunny
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MessageSujet: Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial    Lun 27 Oct 2014, 19:08

Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial
- 24 octobre 2014


Citation :


Réunion du Club International Valdaï : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ?
24 octobre 2014, Sotchi - Russie

Texte original (russe) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Traduction (anglais) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Traduction française : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]    

 
Vladimir Poutine a pris part à la dernière séance plénière de la XIe session du Club International de Discussion Valdaï. Le thème de la réunion était : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

Cette année, 108 experts, historiens et analystes politiques originaires de 25 pays, dont 62 participants étrangers, ont pris part aux travaux du Club.

La réunion plénière a présenté une synthèse des travaux du Club au cours des trois journées précédentes, qui ont été consacrées à l’analyse des facteurs d’érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international.

Discours du Président Vladimir Poutine durant la dernière séance plénière de la XIe session du Club Valdaï



Retranscription :

Chers collègues, Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est un plaisir de vous accueillir à la XIe réunion du Club Valdaï.

Il a déjà été mentionné que le Club a de nouveaux co-organisateurs cette année. Ils comprennent des organisations non gouvernementales russes, des groupes d’experts et de grandes universités. Il a également été suggéré d’élargir les discussions à des questions qui ne sont pas seulement liées à la Russie elle-même, mais aussi à la politique et à l’économie mondiales.

J’espère que ces changements dans l’organisation et le contenu des sessions renforceront l’influence du Club en tant que forum de discussion et d’experts de premier plan. Dans le même temps, j’espère que « l’esprit de Valdaï » sera conservé – cette atmosphère libre et ouverte, cette opportunité d’exprimer toutes sortes d’opinions très différentes et franches.

Permettez-moi de dire à cet égard que je ne vais pas vous décevoir et que je vais parler directement et franchement. Certains de mes propos pourront sembler un peu trop rudes, mais si nous ne parlons pas directement et honnêtement de ce que nous pensons vraiment, alors il est absolument inutile de tenir de telles réunions. Il serait préférable, dans ce cas, de se contenter des rencontres diplomatiques, où personne ne dit rien qui ait une véritable portée et, reprenant les paroles d’un célèbre diplomate, où vous vous rendez compte que les diplomates ont une langue faite pour ne pas dire la vérité.

Nous nous réunissons pour d’autres raisons. Nous nous réunissons pour nous parler franchement. Nous avons besoin d’être directs et francs aujourd’hui, non pas pour s’envoyer des piques, mais afin de tenter de faire la lumière sur ce qui se passe dans le monde, d’essayer de comprendre pourquoi le monde est de moins en moins sûr et de plus en plus imprévisible, et pourquoi les risques augmentent partout autour de nous.

Les débats d’aujourd’hui se sont tenus sous le thème : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ? Je pense que cette formule décrit avec précision le tournant historique que nous avons atteint aujourd’hui et le choix auquel nous sommes tous confrontés. Bien sûr, il n’y a rien de nouveau dans l’idée que le monde est en train de changer très rapidement. Je sais que c’est quelque chose dont vous avez parlé durant les échanges d’aujourd’hui. Il est certainement difficile de ne pas remarquer les transformations dramatiques dans la politique mondiale et dans l’économie, dans la vie publique, dans l’industrie, l’information et les technologies sociales.

Permettez-moi de vous demander dès maintenant de me pardonner si j’en viens à répéter ce que certains des participants à la discussion ont déjà dit. C’est pratiquement inévitable. Vous avez déjà eu des discussions détaillées, mais je vais exposer mon point de vue. Il coïncidera avec le point de vue des participants sur certains points et divergera sur d’autres.

Tandis que nous analysons la situation d’aujourd’hui, n’oublions pas les leçons de l’histoire. Tout d’abord, les changements dans l’ordre mondial – et tout ce que nous voyons aujourd’hui constitue des événements de cette ampleur – ont généralement été accompagnés sinon par une guerre et des conflits à l’échelle mondiale, du moins par des chaînes de conflits locaux intenses. Deuxièmement, la politique mondiale est avant tout une question de leadership économique, de guerre et de paix, avec une dimension humanitaire, incluant les droits de l’homme.

Aujourd’hui, le monde est plein de contradictions. Nous devons être francs en nous demandant mutuellement si nous avons un filet de sécurité fiable et bien en place. Malheureusement, il n’y a aucune garantie et aucune certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit en mesure de nous protéger des bouleversements. Ce système a été sérieusement affaibli, fragmenté et déformé. Les organisations internationales et régionales de coopération politique, économique, et culturelle traversent également des temps difficiles.

Oui, un grand nombre des mécanismes actuels visant à assurer l’ordre mondial ont été créés il y a très longtemps, y compris et surtout dans la période suivant immédiatement la Seconde Guerre mondiale. Permettez-moi de souligner que la solidité du système créé à l’époque reposait non seulement sur ​​l’équilibre des forces et les droits des pays vainqueurs, mais aussi sur le fait que les « pères fondateurs » de ce système se respectaient mutuellement, n’essayaient pas de mettre la pression sur les autres, mais tentaient de parvenir à des accords.

L’essentiel est que ce système doit se développer, et malgré ses diverses lacunes, il doit au moins être capable de maintenir les problèmes mondiaux actuels dans certaines limites et de réguler l’intensité de la concurrence naturelle entre les nations.

Je suis convaincu que nous ne pouvions pas prendre ce mécanisme de freins et contrepoids que nous avons construit au cours des dernières décennies, parfois avec les plus grands efforts et difficultés, et tout simplement le détruire sans rien reconstruire à sa place. Sinon, nous serions laissés sans instruments autres que la force brute.

Ce que nous devions faire était de procéder à une reconstruction rationnelle et de l’adapter aux nouvelles réalités du système des relations internationales.

Mais les Etats-Unis, s’étant eux-mêmes déclarés vainqueurs de la Guerre Froide, n’en voyaient pas le besoin. Au lieu d’établir un nouvel équilibre des forces, essentiel pour maintenir l’ordre et la stabilité, ils ont pris des mesures qui ont jeté le système dans un déséquilibre marqué et profond.

La Guerre Froide a pris fin, mais elle n’a pas pris fin avec la signature d’un traité de paix comprenant des accords clairs et transparents sur le respect des règles existantes ou la création d’un nouvel ensemble de règles et de normes. Cela a créé l’impression que les soi-disant « vainqueurs » de la Guerre Froide avaient décidé de forcer les événements et de remodeler le monde afin de satisfaire leurs propres besoins et intérêts. Lorsque le système actuel des relations internationales, le droit international et les freins et contrepoids en place faisaient obstacle à ces objectifs, ce système été déclaré sans valeur, obsolète et nécessitant une démolition immédiate.

Pardonnez l’analogie, mais c’est la façon dont les nouveaux riches se comportent quand ils se retrouvent tout à coup avec une grande fortune, dans ce cas sous la forme d’un leadership et d’une domination mondiale. Au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment, pour leur propre bénéfice aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis beaucoup de folies.

Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques. Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux ont rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.

Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

La notion même de « souveraineté nationale » est devenue une valeur relative pour la plupart des pays. En essence, ce qui était proposé était cette formule : plus la loyauté de tel ou tel régime en place envers le seul centre de pouvoir dans le monde est grande, plus grande sera sa légitimité.

Nous aurons une discussion libre après mon propos et je serai heureux de répondre à vos questions et je tiens également à utiliser mon droit à vous poser des questions. Que personne n’hésite à essayer de réfuter les arguments que je viens d’exposer lors de la discussion à venir.

Les mesures prises contre ceux qui refusent de se soumettre sont bien connues et ont été essayées et testées de nombreuses fois. Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité « supra-légale » lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. Dernièrement, nous avons de plus en plus de preuves que le chantage pur et simple a également été utilisé en ce qui concerne un certain nombre de dirigeants. Ce n’est pas pour rien que « Big Brother » dépense des milliards de dollars pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches.

Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu. Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ? Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse. Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié). C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. Permettez-moi de vous rappeler que nous avons été le premier pays à soutenir le peuple américain à l’époque, le premier à réagir comme des amis et partenaires après la terrible tragédie du 11 Septembre.

Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais toujours de la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme, de le considérer comme un défi à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous résigner et accepter cette menace, nous ne pouvons pas la couper en morceaux séparés à l’aide du deux poids deux mesures. Nos partenaires ont exprimé leur accord, mais après quelques temps, nous nous sommes retrouvés au point de départ. Ce fut d’abord l’opération militaire en Irak, puis en Libye, qui a été poussée au bord du gouffre. Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui, c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain d’entraînement pour les terroristes.

Seule la détermination et la sagesse de la direction égyptienne actuelle a sauvé ce pays arabe clé du chaos et de l’emprise des terroristes. En Syrie, comme par le passé, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à financer et armer directement les rebelles et leur ont permis de remplir leurs rangs de mercenaires provenant de divers pays. Permettez-moi de vous demander où ces rebelles obtiennent leur argent, leurs armes et leurs spécialistes militaires ? D’où tout cela vient-il ? Comment l’Etat Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi puissant, de fait une véritable force armée ?

Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus seulement de la drogue, dont la production a augmenté non pas de quelques points de pourcentage mais dans des proportions considérables depuis que les forces de la coalition internationale sont intervenues en Afghanistan. Vous êtes au courant de cela. Les terroristes obtiennent également de l’argent en vendant du pétrole. Le pétrole est produit dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent ainsi les terroristes qui pourraient venir tôt ou tard sur leur propre sol et semer la destruction dans leur propre pays.

Où trouvent-ils les nouvelles recrues ? En Irak, après que Saddam Hussein ait été renversé, les institutions de l’État, y compris l’armée, ont été laissés en ruines. Nous avons dit, à l’époque, soyez très, très prudents. Vous mettez les gens à la rue, et que vont-ils y faire ? N’oubliez pas que légitimement ou non, ils faisaient partie de la direction d’une grande puissance régionale, et en quoi est-ce que vous les transformez maintenant ?

Quel fut le résultat ? Des dizaines de milliers de soldats, d’officiers et d’anciens militants du parti Baas se sont retrouvé à la rue et ont aujourd’hui rejoint les rangs des rebelles. Peut-être cela explique-t-il pourquoi l’Etat islamique s’est avéré si efficace. En termes militaires, il agit très efficacement et il a certains cadres très compétents. La Russie a mis en garde à plusieurs reprises sur les dangers des actions militaires unilatérales, des interventions dans les affaires des Etats souverains, et des flirts avec les extrémistes et les radicaux. Nous avons insisté pour que les groupes luttant contre le gouvernement syrien central, surtout l’Etat islamique, soient inscrits sur les listes des organisations terroristes. Mais avons-nous vu le moindre résultat ? Nous avons lancé des appels en vain.

Nous avons parfois l’impression que nos collègues et amis sont constamment aux prises avec les conséquences de leurs propres politiques, et qu’ils dépensent tous leurs efforts dans le traitement des risques qu’ils ont eux-mêmes créés, en payant un prix de plus en plus élevé.

Chers collègues,

Cette période de domination unipolaire a démontré de manière convaincante que le fait d’avoir un seul centre de pouvoir ne rend pas les processus mondiaux plus faciles à gérer. Au contraire, ce type de construction instable a montré son incapacité à lutter contre les menaces réelles telles que les conflits régionaux, le terrorisme, le trafic de drogue, le fanatisme religieux, le chauvinisme et le néo-nazisme. Dans le même temps, il a ouvert une large voie aux fiertés nationales exacerbées, à la manipulation de l’opinion publique et à la brutalisation et à l’oppression des faibles par les forts.

Essentiellement, le monde unipolaire est tout simplement un moyen de justifier la dictature sur les individus et les nations. Le monde unipolaire s’est avéré un fardeau trop rude, trop lourd et trop ingérable même pour son chef auto-proclamé. Des commentaires ont été faits dans ce sens juste avant mon intervention, et je suis entièrement d’accord avec eux. Voilà pourquoi nous voyons, en cette nouvelle étape de l’histoire, des tentatives de recréer un semblant de monde quasi-bipolaire en tant que modèle commode pour perpétuer le leadership américain. Peu importe qui prend la place du centre du mal dans la propagande américaine, peu importe qui remplace l’ex-l’URSS en tant que principal adversaire. Cela pourrait être l’Iran, en tant que pays qui cherche à acquérir la technologie nucléaire, la Chine, en tant que plus grande économie mondiale, ou la Russie, en tant que superpuissance nucléaire.

Aujourd’hui, nous assistons à de nouveaux efforts pour fragmenter le monde, dessiner de nouvelles lignes de clivage, réunir des coalitions qui ne sont pas façonnées pour quelque chose mais dirigées contre quelqu’un, qui que ce soit, pour créer l’image d’un ennemi comme ce fut le cas pendant les années de Guerre Froide, et s’emparer du droit à ce leadership, ou diktat si vous préférez. La situation était présentée de cette façon au cours de la Guerre Froide. Nous savons tous cela et nous le comprenons bien. Les Etats-Unis ont toujours dit à leurs alliés : « Nous avons un ennemi commun, un ennemi terrible, le centre du mal, et nous vous protégeons, vous nos alliés, de cet ennemi, et nous avons donc le droit de vous donner des ordres, de vous forcer à sacrifier vos intérêts politiques et économiques et à payer votre quote-part des coûts de cette défense collective, mais nous serons les responsables de tout cela bien sûr. » En bref, nous voyons aujourd’hui des tentatives, dans un monde nouveau et changeant, de reproduire les modèles familiers de la gestion globale, et tout cela de manière à garantir aux États-Unis leur situation exceptionnelle et à récolter des dividendes politiques et économiques.

Mais ces tentatives sont de plus en plus déconnectées de la réalité et sont en contradiction avec la diversité du monde. Des mesures de ce genre créent inévitablement des confrontations et provoquent des contre-mesures, et ont pour résultat l’effet inverse de ce qui était souhaité. Nous voyons ce qui se passe quand la politique commence imprudemment à s’ingérer dans l’économie et que la logique des décisions rationnelles cède la place à la logique de confrontation, qui ne fait que nuire aux propres positions et intérêts économiques des pays en question, y compris les intérêts des entreprises nationales.

Les projets économiques communs et les investissements mutuels rapprochent objectivement les pays et contribuent à aplanir les problèmes actuels dans les relations entre Etats. Mais aujourd’hui, la communauté mondiale des affaires fait face à des pressions sans précédent de la part des gouvernements occidentaux. De quelles affaires, de quelles opportunités économiques ou de quel pragmatisme peut-on encore parler lorsque nous entendons des slogans tels que « la patrie est en danger », « le monde libre est menacé », et « la démocratie est en péril » ? Et tout le monde doit alors se mobiliser. Voilà à quoi ressemble une vraie politique de mobilisation.

Les sanctions sapent déjà les fondements du commerce mondial, les règles de l’OMC et le principe de l’inviolabilité de la propriété privée. Ils portent un coup dangereux au modèle libéral de la mondialisation fondé sur les marchés, la liberté et la concurrence, qui, permettez-moi de le souligner, est précisément un modèle qui a avant tout bénéficié aux pays occidentaux. Et maintenant, ils risquent de perdre la confiance en tant que gouvernants de la mondialisation. Nous devons nous demander, pourquoi était-ce nécessaire ? Après tout, la prospérité des États-Unis repose en grande partie sur la confiance des investisseurs et des détenteurs étrangers de dollars et de valeurs mobilières étasuniennes. Cette confiance est clairement mise à mal et des signes de désillusion quant aux fruits de la mondialisation sont maintenant visibles dans de nombreux pays.

Le précédent bien connu de Chypre et les sanctions pour des motifs politiques n’ont fait que renforcer la tendance à chercher à renforcer la souveraineté économique et financière et la volonté des pays ou de leurs groupes régionaux de trouver des moyens de se protéger contre les risques de pressions extérieures. Nous voyons déjà que de plus en plus de pays cherchent des moyens de devenir moins dépendants du dollar et mettent en place des systèmes financiers, de paiement et des monnaies de réserve alternatifs. Je pense que nos amis américains sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. On ne peut pas mélanger la politique et l’économie, mais c’est ce qui se passe maintenant. J’ai toujours pensé et je pense encore aujourd’hui que les sanctions pour des motifs politiques sont une erreur qui nuira à tous, mais je suis sûr que nous reviendrons sur ce point.

Nous savons comment ces décisions ont été prises et qui exerçait les pressions. Mais permettez-moi de souligner que la Russie ne va pas perdre son calme, s’offenser ou venir mendier à la porte de quiconque. La Russie est un pays auto-suffisant. Nous allons travailler au sein de l’environnement économique international qui a pris forme, développer la production et la technologie nationales et agir de façon plus décisive pour mener à bien notre transformation. Les pressions de l’extérieur, comme cela a été le cas à plusieurs reprises par le passé, ne feront que consolider notre société, nous maintenir en éveil et nous amener à nous concentrer sur nos principaux objectifs de développement.

Bien sûr, les sanctions constituent un obstacle. Ils essaient de nous affaiblir par ces sanctions, d’entraver notre développement et de nous pousser à l’isolement politique, économique et culturel, en d’autres termes nous forcer à prendre du retard. Mais permettez-moi de rappeler encore une fois que le monde est un endroit très différent aujourd’hui. Nous n’avons pas l’intention de nous isoler de quiconque ou de choisir une sorte de voie de développement fermée, en essayant de vivre en autarcie. Nous sommes toujours ouverts au dialogue, y compris au sujet de la normalisation de nos relations économiques et politiques. Nous comptons ici sur l’approche et la position pragmatiques des milieux d’affaires dans les principaux pays.

Certains disent aujourd’hui que la Russie tournerait le dos à l’Europe – de tels propos ont probablement été tenus ici aussi lors des discussions – et rechercherait de nouveaux partenaires commerciaux, surtout en Asie. Permettez-moi de dire que ce n’est absolument pas le cas. Notre politique active dans la région Asie-Pacifique n’a pas commencé d’hier, et non en réponse aux sanctions, mais c’est une politique que nous suivons depuis maintenant un bon nombre d’années. Comme beaucoup d’autres pays, y compris les pays occidentaux, nous avons vu que l’Asie joue un rôle de plus en plus important dans le monde, dans l’économie et dans la politique, et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer ces développements.

Permettez-moi de dire encore une fois que tout le monde agit ainsi, et nous allons le faire nous aussi, d’autant plus qu’une grande partie de notre pays est géographiquement en Asie. Au nom de quoi devrions-nous ne pas faire usage de nos avantages concurrentiels dans ce domaine ? Ce serait faire preuve d’une vue extrêmement courte que de ne pas le faire.

Le développement des relations économiques avec ces pays et la réalisation de projets d’intégration communs créent aussi de grandes incitations pour notre développement national. Les tendances démographiques, économiques et culturelles actuelles suggèrent que la dépendance à une seule superpuissance va objectivement diminuer. C’est une chose que les experts européens et américains ont également évoqué dans leurs réunions et travaux.

Peut-être que l’évolution de la politique internationale sera le reflet de l’évolution que nous constatons dans l’économie mondiale, à savoir la concurrence intensive pour des niches spécifiques et des changements fréquents de dirigeants dans des domaines précis. Ceci est tout à fait possible.

Il ne fait aucun doute que des facteurs humanitaires tels que l’éducation, la science, la santé et la culture jouent un rôle plus important dans la concurrence mondiale. Cela a également un impact important sur ​​les relations internationales, y compris parce que cette ressource douce (soft power) dépendra dans une large mesure des réalisations concrètes dans le développement du capital humain plutôt que des trucages sophistiqués de la propagande.
                                                                                                   
Dans le même temps, la formation d’un soi-disant monde polycentrique (je voudrais également attirer l’attention sur cela, chers collègues), en soi et d’elle-même, n’améliore pas la stabilité ; de fait, il est plus probable que ce soit l’inverse. L’objectif d’atteindre l’équilibre mondial est en train de devenir un casse-tête assez difficile, une équation à plusieurs inconnues.

Qu’est-ce que l’avenir nous réserve donc, si nous choisissons de ne pas respecter les règles – même si elles peuvent être strictes et peu pratiques – mais plutôt de vivre sans règles du tout ? Et ce scénario est tout à fait possible ; nous ne pouvons pas l’exclure, compte tenu des tensions dans la situation internationale. Beaucoup de prédictions peuvent déjà être faites, en tenant compte des tendances actuelles, et malheureusement, elles ne sont pas optimistes. Si nous ne créons pas un système clair d’engagements et d’accords mutuels, si nous ne construisons pas les mécanismes de gestion et de résolution des situations de crise, les symptômes de l’anarchie mondiale vont inévitablement s’accroître.

Aujourd’hui, nous voyons déjà une forte augmentation de la probabilité de tout un ensemble de conflits violents avec la participation directe ou indirecte des plus grandes puissances mondiales. Et les facteurs de risque comprennent non seulement les conflits multinationaux traditionnels, mais aussi l’instabilité interne dans différents États, surtout quand on parle de nations situées aux intersections des intérêts géopolitiques des grandes puissances, ou à la frontière de continents civilisationnels, culturels, historiques et économiques.

L’Ukraine, qui j’en suis sûr a été longuement évoquée et dont nous parlerons encore, est l’un des exemples de ces sortes de conflits qui affectent l’équilibre international des puissances, et je pense que ce ne sera certainement pas le dernier. De là émane la prochaine menace réelle de détruire le système actuel d’accords de contrôle des armements. Et ce processus dangereux a été initié par les Etats-Unis d’Amérique quand ils se sont unilatéralement retirés du Traité sur les missiles anti-balistiques (ABM) en 2002, puis se sont lancés dans la création de leur système global de défense antimissile et poursuivent aujourd’hui activement ce processus.

Chers collègues et amis,

Je tiens à souligner que nous ne sommes pas à l’origine de tout cela. Une fois de plus, nous glissons vers des temps où, au lieu de l’équilibre des intérêts et des garanties mutuelles, ce sera la peur et l’équilibre de la destruction mutuelle qui empêcheront les nations de se livrer à un conflit direct. En l’absence d’instruments juridiques et politiques, les armes deviennent encore une fois le point focal de l’ordre du jour mondial ; elles sont utilisées n’importe où et n’importe comment, sans la moindre sanction du Conseil de sécurité de l’ONU. Et si le Conseil de sécurité refuse de rendre de tels arrêts, alors on le condamne immédiatement comme un instrument dépassé et inefficace.

De nombreux États ne voient pas d’autres moyens d’assurer leur souveraineté qu’en obtenant leurs propres bombes. Cela est extrêmement dangereux. Nous insistons sur la nécessité de poursuivre les négociations ; nous ne sommes pas seulement en faveur de pourparlers, mais nous insistons sur la nécessité de poursuivre les pourparlers de réduction des arsenaux nucléaires. Moins nous aurons d’armes nucléaires dans le monde, mieux ce sera. Et nous sommes prêts à mener les discussions les plus sérieuses et les plus concrètes sur le désarmement nucléaire – mais seulement des discussions sérieuses sans aucun deux poids, deux mesures.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Aujourd’hui, de nombreux types d’armes de haute précision sont déjà assimilables à des armes de destruction massive en termes de capacité, et en cas de renonciation complète aux armes nucléaires ou de réduction radicale du potentiel nucléaire, les nations qui sont des leaders dans la création et la production de systèmes de haute précision auront un net avantage militaire. La parité stratégique sera perturbée, ce qui est susceptible d’entraîner de la déstabilisation. Le recours à une soi-disant première frappe préventive globale peut devenir tentant. En bref, les risques ne diminuent pas, mais s’intensifient.

La prochaine menace évidente est l’escalade plus avant de conflits ethniques, religieux et sociaux. De tels conflits sont dangereux non seulement en tant que tels, mais aussi parce qu’ils créent des zones d’anarchie, d’absence total de lois et de chaos autour d’eux, des lieux qui sont commodes pour les terroristes et les criminels, et où la piraterie, le trafic d’êtres humains et le trafic de drogue sont florissants.

D’ailleurs, nos collègues ont alors essayé de contrôler plus ou moins ces processus, d’exploiter les conflits régionaux et de concevoir des « révolutions colorées » en fonction de leurs intérêts, mais le génie s’est échappé de la lampe. Il semble que les pères de la théorie du chaos contrôlé eux-mêmes ne sachent plus quoi en faire ; il y a confusion dans leurs rangs.

Nous suivons de près les discussions à la fois au sein de l’élite dirigeante et de la communauté des experts. Il suffit de regarder les gros titres de la presse occidentale de l’année dernière. Les mêmes personnes sont appelées des combattants pour la démocratie, puis des islamistes ; d’abord, ils parlent de révolutions puis ils parlent d’émeutes et de soulèvements. Le résultat est évident : la propagation du chaos mondial.

Chers collègues,

Compte tenu de la situation mondiale, il est temps de commencer à se mettre d’accord sur des choses fondamentales. Ceci est d’une importance et d’une nécessité extrêmes ; cela vaudrait beaucoup mieux que de se retirer dans nos propres retranchements. Plus nous faisons face à des problèmes communs, plus nous nous trouvons dans le même bateau, pour ainsi dire. Et la manière sensée de trouver une issue réside dans la coopération entre les nations, les sociétés, dans le fait de trouver des réponses collectives aux défis croissants, et dans la gestion commune des risques. Certes, certains de nos partenaires, pour des raisons bien à eux, ne se remémorent cela que lorsque c’est dans leurs intérêts.

L’expérience pratique montre que les réponses communes aux défis ne sont pas toujours une panacée, et il faut que nous comprenions cela. En outre, dans la plupart des cas, elles sont difficiles à atteindre : il n’est pas facile de surmonter les différences dans les intérêts nationaux et la subjectivité de différentes approches, en particulier lorsqu’il s’agit de pays ayant des traditions culturelles et historiques différentes. Mais néanmoins, nous avons des exemples où, ayant des objectifs communs et agissant sur la base des mêmes critères, nous avons obtenu collectivement un réel succès.

Permettez-moi de vous rappeler la résolution du problème des armes chimiques en Syrie, et le dialogue de fond conséquent sur le programme nucléaire iranien, ainsi que notre travail sur les questions nord-coréennes, qui ont aussi connu des résultats positifs. Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser cette expérience à l’avenir pour relever les défis locaux et mondiaux ?

Quelle pourrait être la base juridique, politique, et économique pour un nouvel ordre mondial qui permettrait la stabilité et la sécurité, tout en encourageant une saine concurrence, et en ne permettant pas la formation de nouveaux monopoles qui entravent le développement ? Il est peu probable que quiconque puisse proposer dès à présent des solutions absolument exhaustives et prêtes à l’emploi. Nous aurons besoin de beaucoup de travail et de la participation d’un large éventail de gouvernements, d’entreprises mondiales, de la société civile, et de plates-formes d’experts telles que celle-ci.

Cependant, il est évident que les succès et les résultats réels ne sont possibles que si les participants clés des affaires internationales peuvent se mettre d’accord sur l’harmonisation des intérêts de base, sur le fait de s’imposer des limites raisonnables, et de donner l’exemple d’un leadership positif et responsable. Nous devons identifier clairement où se terminent les actions unilatérales et nous avons besoin de mettre en œuvre des mécanismes multilatéraux. Et dans le cadre de l’amélioration de l’efficacité du droit international, nous devons résoudre le dilemme entre les actions de la communauté internationale visant à assurer la sécurité et les droits de l’homme, et le principe de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, quel qu’il soit.

Ces collisions mêmes conduisent de plus en plus à une interférence extérieure arbitraire dans des processus internes complexes, et encore et encore, ils provoquent des conflits dangereux entre les principaux acteurs mondiaux. La question de la préservation de la souveraineté devient presque primordiale dans le maintien et le renforcement de la stabilité mondiale.

De toute évidence, discuter des critères de l’utilisation de la force extérieure est extrêmement difficile. Il est pratiquement impossible de la séparer des intérêts des nations particulières. Cependant, il est beaucoup plus dangereux de rester dans une situation où il n’y a pas d’accords qui soient clairs pour tout le monde, et où des conditions claires pour l’ingérence nécessaire et légale ne sont pas fixées.

J’ajouterais que les relations internationales doivent être basées sur le droit international, qui lui-même doit reposer sur des principes moraux tels que la justice, l’égalité et la vérité. Peut-être le plus important est-il le respect de ses partenaires et de leurs intérêts. C’est une formule évidente, mais le fait de la respecter, tout simplement, pourrait changer radicalement la situation mondiale.

Je suis certain qu’avec une volonté réelle, nous pouvons restaurer l’efficacité du système international et des institutions régionales. Nous n’avons même pas besoin de reconstruire quelque chose de nouveau, à partir de zéro ; ce n’est pas une « terre vierge », d’autant plus que les institutions créées après la Seconde Guerre mondiale sont relativement universelles et peuvent être dotées d’un contenu moderne et adéquat pour gérer la situation actuelle.

Cela est vrai quant à l’amélioration du travail de l’ONU, dont le rôle central est irremplaçable, ainsi que celui de l’OSCE, qui, durant 40 ans, a démontré qu’elle était un mécanisme nécessaire pour assurer la sécurité et la coopération dans la région euro-atlantique. Je dois dire que même aujourd’hui, en essayant de résoudre la crise dans le sud-est de l’Ukraine, l’OSCE joue un rôle très positif.

À la lumière des changements fondamentaux dans l’environnement international, l’augmentation des désordres incontrôlables et des diverses menaces, nous avons besoin d’un nouveau consensus mondial des forces responsables. Il ne s’agit pas de conclure certaines transactions locales ou un partage des zones d’influence dans l’esprit de la diplomatie classique, ni d’assurer la domination globale et complète de quiconque. Je pense que nous avons besoin d’une nouvelle version de l’interdépendance. Nous ne devrions pas avoir peur de cela. Au contraire, c’est un bon instrument pour harmoniser les positions.

Ceci est particulièrement pertinent étant donné le renforcement et la croissance de certaines régions de la planète, processus qui nécessite objectivement l’institutionnalisation de ces nouveaux pôles, par la création de puissantes organisations régionales et l’élaboration de règles pour leur interaction. La coopération entre ces centres contribuerait sérieusement à la stabilité de la sécurité, de la politique et de l’économie mondiales. Mais afin d’établir un tel dialogue, nous devons partir du postulat selon lequel tous les centres régionaux et projets d’intégration qui se forment autour d’eux doivent avoir les mêmes droits au développement, afin qu’ils puissent se compléter mutuellement et que personne ne puisse artificiellement les forcer à entrer en conflit ou en opposition. De telles actions destructrices briseraient les liens entre les Etats, et les Etats eux-mêmes seraient soumis à des difficultés extrêmes, voire même à une destruction totale.

Je voudrais vous rappeler les événements de l’année dernière. Nous avions prévenu nos partenaires américains et européens que les décisions hâtives prises en coulisses, par exemple, sur l’association de l’Ukraine avec l’UE, étaient emplies de risques graves pour l’économie. Nous n’avons pas même évoqué les problèmes politiques ; nous n’avons parlé que de l’économie, en disant que de telles mesures, mises en place sans arrangements préalables, nuiraient aux intérêts de nombreux autres pays, dont la Russie – en tant que principal partenaire commercial de l’Ukraine –, et qu’un large débat sur ces questions était nécessaire. D’ailleurs, à cet égard, je vous rappelle que par exemple, les négociations sur l’adhésion de la Russie à l’OMC ont duré 19 ans. Ce fut un travail très difficile, et un certain consensus a finalement été atteint.

Pourquoi est-ce que je soulève cette question ? Parce qu’en mettant en œuvre ce projet d’association avec l’Ukraine, nos partenaires seraient venus à nous avec leurs biens et services par la porte arrière, pour ainsi dire, et nous n’avons pas donné notre accord pour cela, personne ne nous a rien demandé à ce sujet. Nous avons eu des discussions sur tous les sujets liés à l’association de l’Ukraine avec l’UE, des discussions persistantes, mais je tiens à souligner que notre action a été menée d’une manière tout à fait civilisée, en indiquant des problèmes possibles, et en soulignant les raisonnements et arguments évidents. Mais personne ne voulait nous écouter et personne ne voulait discuter. Ils nous ont simplement dit : ce ne sont pas vos affaires, point, fin de la discussion. Au lieu du dialogue global mais – je le souligne – civilisé que nous proposions, ils en sont venus à un renversement de gouvernement ; ils ont plongé le pays dans le chaos, dans l’effondrement économique et social, dans une guerre civile avec des pertes considérables.

Pourquoi ? Quand je demande à mes collègues pourquoi, ils n’ont plus de réponse ; personne ne dit rien. C’est tout. Tout le monde est désemparé, disant que ça c’est juste passé comme ça. Ces actions n’auraient pas dû être encouragées – cela ne pouvait pas fonctionner. Après tout (je me suis déjà exprimé à ce sujet), l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch avait tout signé, il était d’accord avec tout. Pourquoi ont-ils fait ça ? Dans quel but ? Est-ce là une manière civilisée de résoudre les problèmes ? Apparemment, ceux qui fomentent constamment de nouvelles « révolutions colorées » se considèrent comme de « brillants artistes » et ne peuvent tout simplement pas s’arrêter.

Je suis certain que le travail des associations intégrées, la coopération des structures régionales, doivent être construits sur ​​une base transparente et claire ; le processus de formation de l’Union économique eurasienne est un bon exemple d’une telle transparence. Les États qui font partie de ce projet ont informé leurs partenaires de leurs plans à l’avance, en précisant les paramètres de notre association et les principes de son travail, qui correspondent pleinement aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

J’ajouterais que nous aurions également accueilli favorablement l’initiation d’un dialogue concret entre l’Eurasie et l’Union européenne. D’ailleurs, ils nous ont presque catégoriquement refusé cela, et il est également difficile d’en comprendre les raisons. Qu’est-ce qu’il y a de si effrayant à cela ?

Et bien sûr, avec un tel travail conjoint, on pourrait penser que nous devons nous engager dans un dialogue (j’ai évoqué cela à de nombreuses reprises et j’ai entendu l’accord de plusieurs de nos partenaires occidentaux, du moins en Europe) sur la nécessité de créer un espace commun pour la coopération économique et humanitaire s’étendant depuis l’Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique.

Chers collègues,

La Russie a fait son choix. Nos priorités sont d’améliorer encore nos institutions démocratiques et notre économie ouverte, d’accélérer notre développement interne, en tenant compte de toutes les tendances modernes positives observées dans le monde, et en consolidant notre société sur la base des valeurs traditionnelles et du patriotisme.

Nous avons un agenda pacifique et positif, tourné vers l’intégration. Nous travaillons activement avec nos collègues de l’Union économique eurasienne, de l’Organisation de coopération de Shanghai, du BRICS et avec d’autres partenaires. Ce programme vise à renforcer les liens entre les gouvernements, pas à les fragiliser. Nous ne prévoyons pas de façonner des blocs ou de participer à un échange de coups.

Les allégations et déclarations selon lesquelles la Russie essaie d’établir une sorte d’empire, empiétant sur la souveraineté de ses voisins, n’ont aucun fondement. La Russie n’a pas besoin d’un quelconque rôle spécial ou exclusif dans le monde – je tiens à le souligner. Tout en respectant les intérêts des autres, nous voulons simplement que nos propres intérêts soient pris en compte et que notre position soit respectée.

Nous sommes bien conscients du fait que le monde est entré dans une ère de changements et de transformations globales, dans laquelle nous avons tous besoin d’un degré particulier de prudence et de la capacité à éviter toutes mesures irréfléchies. Dans les années suivant la guerre froide, les acteurs politiques mondiaux ont en quelque sorte perdu ces qualités. Maintenant, nous devons nous les rappeler. Sinon, les espoirs d’un développement stable et pacifique seront une illusion dangereuse, tandis que la crise d’aujourd’hui servira simplement de prélude à l’effondrement de l’ordre mondial.

Oui, bien sûr, j’ai déjà souligné que la construction d’un ordre mondial plus stable est une tâche difficile. Nous parlons d’une tâche longue et difficile. Nous avons réussi à élaborer des règles pour l’interaction après la Seconde Guerre mondiale, et nous avons pu parvenir à un accord à Helsinki dans les années 1970. Notre devoir commun est de résoudre ce défi fondamental à cette nouvelle étape du développement.

Je vous remercie vivement pour votre attention.


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AMBRE

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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Dim 23 Nov 2014, 16:34

Survivalisme — Militaires, humanitaires, écolos … Avec qui passerez-vous la fin du monde ?


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EDITO NEXUS N°95

Ne doit-on voir que de la peur, de la parano, de l’exagération dans le phénomène survivaliste ? Ne faut-il pas être un peu excessif pour s’équiper d’armes blanches, apprendre à se battre et se retirer loin des villes ? Pourtant, tous les analystes s’accordent là-dessus : le château de cartes financier menace d’effondrement notre civilisation de façon imminente, sans parler de la dégradation de la biosphère et de l’épuisement des ressources.
Alors, êtes-vous de ceux qui préfèrent préparer la guerre pour s’assurer la paix ou tablerez-vous plus volontiers sur la nature solidaire de l’humain ? Faut-il tant redouter « LA » crise finale, ou y trouver des avantages en retrouvant une façon « vivifiée » d’entreprendre nos vies et nos relations ? Comme pour ces survivalistes qui témoignent combien leur intimité retrouvée avec la nature, ses rythmes et ses réalités leur a fait un bien fou.


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NEXUS n°95 (nov.-déc. 2014)

Quête d’indépendance et de liberté, le survivalisme ne se réduit ni à un écologisme ou un humanitarisme niais, ni à un conspirationnisme étroit, ni à un militarisme au front bas : mais, s’alimentant à ces différentes sources, il conduit à en dépasser les clivages et à produire une synthèse inédite. (« Je ne peux pas sacquer les militaires, mais j’adore leur mode de vie », me disait, un soir de banquet, un vieux militant écolo du Larzac.) Une synthèse qui offre une alternative à tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans un monde qui marche sur la tête. Dans le survivalisme, on voit ainsi des gens reconquérir leur dignité, leur intégrité, leur joie de vivre.
Se réapproprier ses besoins : voilà qui est émancipateur. Et pour cela, commencer par les identifier ces besoins ! Savoir ce que l’on veut… et qui l’on est. « Connais-toi toi-même » : le survivalisme engage potentiellement à une démarche de recherche intérieure, ce qui peut avoir de vastes et décisives implications. Si le survivalisme ne devait servir qu’à cela, ce serait déjà énorme.
Alors, en attendant le grand soir, bonne lecture !
David Dennery 
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MessageSujet: Vers une vie de charité   Mar 25 Nov 2014, 20:44

Vers une vie de charité

Charité… voici un mot que je ne murmurais que dans mon cloître intérieur, et ce, depuis l’enfance.

Mot aujourd’hui dévoyé, qui a perdu de son éclat originel avec la patine du temps et sa mise sous scellé par l’idéologie marchande. Charité… celui qui la demande est forcément un nécessiteux. Celui qui la donne est un puissant ou un bourgeois, dans tous les cas quelqu’un de bien installé dans la société conventionnelle, qui se trouve en mesure de donner –non sans condescendance– et de légitimer au passage sa puissance ou sa posture existentielle. Qui n’a en lui l’image d’Epinal des bonnes œuvres, ou des bourgeois endimanchés donnant aux mendiants à la sortie de l’église ?

Charité… ce mot est-il définitivement enterré ? Ce serait se priver d’un trésor gorgé de sens, chargé d’histoire, dont la lumière et la sagesse qu’on a mises dedans nous éclatent aux yeux dès qu’on brise les scellés. Dans son sens originel, caritas est la mise en pratique, en action, d’un état d’amour absolu. Cet amour qui n’est plus dirigé vers un être particulier ou une chose, cet amour qui irradie, qui illumine partout autour de lui, sans distinction, sans direction. La manifestation de cet amour en actes est la charité. Ainsi donne-t-on, ainsi reçoit-on, dans la chaîne du service que nous nous donnons les uns aux autres. On est loin de l’économie de marché, enfermée qu’elle est dans son dogme de réciprocité immédiate (“si tu n’as pas ce dont j’ai besoin en retour, je ne te donnerai pas ce que j’ai”). Dans l’économie de la charité, on donne tout ce que l’on peut donner, et l’on reçoit ce dont on a besoin. Nul besoin de symétrie et d’immédiateté. L’essentiel est de donner en état d’amour, sans condition, et de recevoir de la même façon.

Voilà qu’aujourd’hui je le prononce pleinement, ce mot de charité, presque avec ivresse. Charité… Il fleurit à la surface de ma conscience comme un nénuphar issu des profondeurs.

Charité… c’est par elle que je donne aujourd’hui, et par elle que j’apprends à recevoir.

Donner est facile. J’ai des talents, des connaissances, la santé, de la volonté, plein de choses à offrir. Du moins, c’est ce que m’en disent les autres.

Recevoir est là où j’ai encore beaucoup à apprendre. Non plus émotionnellement ou même spirituellement, mais pratiquement.

En effet, recevoir en état de charité aujourd’hui me confronte à de bien hauts cols à passer, dans la société d’une part, et dans la façon de m’y prendre d’autre part.

Les questions sociétales pour commencer :

– Comment vivre aujourd’hui de charité dans une société qui l’a chassée de sa réalité ?
– Comment vais-je pouvoir construire une dynamique du lien, du service, qui ne soit considérée ni comme de l’assistanat, ni comme de la dépendance, ni comme du mécénat ?
– Comment poser ce contrat social — vivre en charité — de manière claire ? Comment le communiquer bien ?

L’économie du don est notre contrat social naturel, celui que nous pratiquons depuis la nuit des temps en petite communauté, à commencer  par le noyau familial. L’économie de la charité est la transposition de l’économie du don au niveau universel, sans limite de temps, de nombre et d’espace. Dans cette vieille Europe où j’habite, la solidarité s’est sur-institutionnalisée. A ma connaissance il n’est pas écrit dans notre contrat social contemporain qu’on peut vivre de charité. Recevoir, a forcément quelque chose à voir avec le profit (une vente, un salaire, un héritage, une rente, des dividendes), ou avec l’assistanat… Argent rare oblige, nos sociétés ne laissent presque plus de place au don spontané, tout simple, sans prétention. Il faut déclarer, souscrire, taxer, justifier, remplir des formulaires… N’est-ce pas ironique, en passant, de voir combien les échanges marchands sont dérégulés et laissent libre cours à toutes les catastrophes sociales et humanitaires, alors que solidarité et don sont bornés par des mécanismes de contrôle lourds, coûteux et bloquants ? Pourtant au cours de l’histoire, les collectifs ont toujours soutenu par charité leurs chamanes, leurs guérisseurs, leurs prêtres, leurs moines, leurs médecins. N’étant aucun de ces derniers, ne me revendiquant d’aucune église, d’aucun courant spirituel ou politique, d’aucune de ces étiquettes qui rassurent, voilà qui ajoute du piquant à ma situation. Si j’étais moine, personne ne se poserait de questions. Les gens sont désorientés à mon sujet, et je les comprends.

Comment, dans ce contexte, ne pas se condamner à la précarité et la marginalisation ?

C’est un fait, ces derniers mois ma visibilité s’est inscrite dans le très court terme. Ce que d’aucuns appellent la précarité. Début septembre par exemple, il m’est arrivé de n’avoir presque plus rien à manger. Situation ironique car tout autour de moi n’était que richesse : logé dans une magnifique maison dont un an de loyer m’a été offert, par charité, afin de pouvoir travailler sereinement et avoir un lieu de vie pour mon petit garçon. Richesse car entouré d’informatique pour avancer sur les projets, richesse car mon travail me met en contact permanent avec des personnes magnifiques, richesse car en pleine santé et en pleine action. Et là, pourtant, presque plus rien à manger, avec un porte-monnaie aussi vide que le panier à provisions. L’aide est venue juste au bon moment, dans sa perfection, par la voie du cœur. De magnifiques personnes m’ont donné. Pourquoi ? Certainement pas dans une démarche d’assistanat — pour rappel j’ai choisi ma situation présente, elle n’est pas le fruit d’un accident. Ces personnes m’ont donné car, dans leur expérience, je puis ainsi continuer à faire mon travail, dans la grande chaîne du service. C’est tout simple finalement. Do ut des, je donne pour que tu donnes, dit cette belle formule latine. La charité est une grande chaîne.

Chaque fois que ces situations de précarité apparente se sont présentées, pas un instant la peur ne m’a traversé. Pas une nuit je n’ai mal dormi.

Il y a longtemps que la peur m’a quitté. Voilà l’occasion de réveiller un autre mot ancien, la providence. Du latin providentia — pré-voyance. La providence indique la connaissance directe, par delà les faisceaux réducteurs de l’intellect, que tout est juste, tout est à sa place, et que chaque chose arrivera en son temps. La providence est ce mécanisme universel par lequel un être, s’il est en état de grâce, donc dans le service, sera à son tour aidé. Et l’être en question le sait. Pour que la providence opère, il faut s’abandonner totalement, pleinement, joyeusement, sans aucune réserve, aux lois de l’Univers. Le lâcher-prise doit être complet. Nous voici avec encore une autre notion chrétienne ancienne, celle du sacrifice. Encore un autre mot bien dévoyé par la modernité, alors qu’éthymologiquement il veut dire “rendre sacré” (du latin sacrificium, de sacer facere). Une fois que l’on s’est complètement offert en sacrifice à ce Principe Universel — donnez-lui le nom que vous voulez — chaque instant de vie est vécu comme un cadeau. Un pur état de grâce, et la grâce nourrit la grâce. Vous l’avez compris, la providence est ma principale alliée.


J’ai exploré jusqu’ici les questions de société ainsi que de mes postures intérieures. Il manque la dernière partie : comment pragmatiquement opérer la transition vers une vie de charité, alors que j’ai encore un pied englué dans l’économie de marché ?

Pour achever ladite transition, il me reste encore à clore complètement ce qui me rattache à ma vie passée. J’ai encore des meubles de famille au garde-meuble qu’il me faut transmettre à mon petit garçon et à sa maman. Ca, c’est en cours. Sauf que je dois encore de l’argent au garde-meuble et que tant que cela n’est pas réglé, je n’y ai pas accès et je ne puis solder la situation. Il me reste encore des choses à payer du passé, de vieilles queues d’assurance, des règlements pour la plupart administatifs et sans intérêt. Sans entrer dans des détails, la réalité est que dans cette première phase de transition vers ma nouvelle vie, je me suis endetté. Je n’ai pas complètement achevé le processus de dépouillement, faute de temps, ayant donné la priorité au service. A moins que je n’aie pas été assez radical ? Tout ce qui me rattache encore à l’ancien, même si ce n’est plus grand chose, continue de coûter suffisamment pour que le cumul m’ait mis en dette. Oh, pas grand chose, quelques milliers d’euros, mais quand on a cessé de chasser l’argent rare, les petites sommes prennent des proportions qu’elles n’avaient pas avant… Il me reste encore à jouer un peu avec cette vieille économie afin que, dans les mois qui viennent, je puisse enfin pleinement vivre au jour le jour, sans aucune dette, avec ce que l’univers et le cœur des hommes voudront bien me donner. Et ainsi continuer cette migration vers les monnaies libres, qui n’ont rien d’incompatible avec la charité, contrairement à ce que tant de personnes croient (elles ne font que projeter ce qu’elles savent de l’ancien sur le nouveau).

Quant à la maison dans laquelle j’ai vécu ces 11 derniers mois, sauf changement de dernière minute, je la quitte avant mi-novembre 2011. Si elle a été un magnifique cadeau, elle n’en était pas moins un espace de transition, comme le reste. Quels que soient les lieux de vie qui m’accueilleront à l’avenir, je souhaite qu’ils arrivent nourris par un contrat clair, celui de la charité. Je ne veux pas me contenter d’un loyer, même si ce dernier est offert. Je souhaite pouvoir honorer mon lieu de vie, l’aider à grandir, à s’enrichir dans le sens le plus profond du terme, avec les personnes qui y sont comme moi rattachés, qu’il s’agisse de propriétaires ou de voisins. Plusieurs de mes proches, c’est amusant, m’ont dit spontanément qu’un monastère serait idéal. Cela fait longtemps que j’y pense. En effet, c’est bien de silence, de soutien et de concentration dont j’ai besoin, mais quel monastère serait prêt à accueillir une personne comme moi, avec le projet qu’elle porte ? Quel lieu spirituel aurait envie de soutenir le type de service que j’ai choisi ? D’autant que mon travail demande une certaine infrastructure : connexion internet, un espace pour filmer, une aide dans l’organisation… bref, un certain environnement pas forcément très compatible avec un espace contemplatif. Mais qui sait ?

Voilà donc un petit tour de la question pour ce qui est de recevoir. Concernant le fait de donner, c’est nettement plus simple.

Mon objectif pour 2012 est de rendre lisibles et compréhensibles toutes ces années de recherche et de découvertes sur l’intelligence collective, avec bien sûr tout notre travail sur les monnaies libres. Au-delà d’un travail d’écriture classique, je me suis fixé un objectif plus ambitieux, et plus efficace aussi je crois. Il s’agit de créer entre 80 et 100 mini vidéos de 6, 12 ou 18 minutes, suivant les cas. Chaque vidéo explique un aspect, un thème particulier de l’intelligence collective et/ou des monnaies libres, dans le cadre du CIRI : holoptisme, objets-liens, économies asymétriques, langage des flux, streamscapes, économie de l’expérience, créatifs culturels, phéromones sémiotiques… voilà beaucoup de sujets tous plus passionnants les uns que les autres. Chaque fois qu’il s’agira de creuser, alors de nouvelles vidéos iront dans le détail. L’idée m’est venue après ma conférence TEDx à Paris en janvier 2011, sous forme de question : comment faire des conférences TED depuis chez soi ? Comment proposer une qualité au moins équivalente, avec beaucoup de valeur pour ceux qui regardent, tout cela depuis chez soi, sans monter sur scène, sans équipe de télé ? J’ai beaucoup travaillé sur ce concept ces derniers mois, la voie s’ouvre tout grand aujourd’hui.

Mon vœu le plus cher pour 2012 est donc de pouvoir créer tous ces contenus, et de les offrir. Le pari au bout ? Transformer la vision des monnaies libres en mouvement global que plus rien ne pourra arrêter. Mégalo ? Peut-être. Pourtant c’est toujours comme cela que les grands changements s’opèrent. Il suffit de voir toutes les salles dans lesquelles j’ai parlé, comment les gens n’attendent qu’une chose : se libérer de la dépendance que nous avons à l’argent, pour pouvoir enfin construire des sociétés fondées sur le mutualisme et non la seule compétition. C’est parfaitement possible aujourd’hui. C’est cette vision et ce mode opératoire qu’il est temps pour moi de partager clairement. La suite en découlera naturellement.


http://noubel.fr/vers-une-vie-de-charite/
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Jeu 11 Déc 2014, 14:38

"Nous sommes capables de sortir de cette austérité injuste et inefficace"



  • Rigueur
  • Austérité


Le comédien David Murgia est à l’origine de l’initiative "Tout autre chose", un mouvement citoyen qui veut penser les alternatives à l’austérité. Il le constate comme de nombreux citoyens : une multitude d'alternatives à l'austérité et aux politiques libérales existent. Pourtant, elles ont du mal à avoir voix au chapitre face au discours dominant. Pour notre invité, il faut "réunir les volontés".
"Tout autre chose", c'est, si l'on en croit le site de l'initiative, "un mouvement citoyen qui refuse le discours de nos gouvernants affirmant qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité".
Un concurrent aux syndicats et aux partis de gauche ? "Il semble que ces organisations ne suffisent pas", constate David Murgia, qui pointe la victoire du discours libéral et du dogme de l'austérité en Europe. Mais il ne veut pas court-circuiter ces mouvements préexistants. Au contraire, selon lui, son initiative "vient soutenir les nombreuses dynamiques" en place et celles qui ont récemment vu le jour (Acteur des temps présents, Alternative à l’austérité, Stop article 63§2,...).
"Il existe déjà beaucoup de dynamiques qui tentent de réagir à des coupes budgétaires particulières. Aujourd'hui, il est temps de réagir contre le plan d’austérité dans son ensemble et de mutualiser toutes ces réflexions, de les mettre en commun d’avoir des actions larges", s'enthousiasme le comédien qu'on a notamment pu voir dans "Rundskop" de Michael Roskam.
L'invité de Bertrand Henne, estime que l'époque est mûre et qu'il est temps pour des citoyens qui ne trouvent pas les moyens de s’engager à travers les syndicats ou des partis politiques, de s'engager via d'autres alternatives. Alternatives que vise justement à canaliser "Tout autre chose".
Il appelle les citoyens à ne pas se résigner face à "un discours fataliste, univoque: celui qui dit qu’il n’existe aucune alternative. Il est temps de lutter", assène le natif de Verviers.
"On nous dit 'Il n’y a qu’une seule manière de créer de l’emploi, de penser: c’est faire confiance aux entreprises'"
Le comédien engagé dénonce encore avec force ce que les décideurs "affirment avec une violence éhontée": faire croire qu’il n’y a pas d’alternative, "qu’il n’y a qu’une seule manière de faire de la fiscalité, de créer de l’emploi, de penser : c’est faire confiance aux entreprises".
Au contraire, selon lui, et la constellation d'initiatives citoyennes anti-austérité précitée le prouve, il existe bel et bien une multitude d'alternatives. Des alternatives qui doivent être pratiquées par ce que l'austérité que s'infligent les sociétés aujourd'hui ont prouvé qu'elles étaient non seulement très pénibles à vivre pour une grande majorité de la population mais en outre qu'elles ne permettaient en rien d'obtenir les résultats escomptés. "Nous sommes capables de penser autrement et de sortir de ces plans d’austérité qui ont échoué partout, qui sont injustes et inefficaces".
Aucun lien avec le PTB, pas d'ambition de devenir un parti
David Murgia veut couper court à toute intention qu'on pourrait lui prêter de vouloir créer un nouveau parti à partir de cette initiative citoyenne. "L’heure est à rendre audibles toutes les voix qui pensent qu’il y a une alternative", martèle-t-il après avoir préciser sans ambiguïté que "tout autre chose" n'avait pas vocation à muter en formation politique. Et pour ce qui est du présent, contrairement à ce que certains ont pu affirmer ci et là sur certains forums, le mouvement n'est "absolument pas lié au PTB, ni à aucun parti".
Mais qu'espèrent donc les initiateurs de "Tout autre chose" in fine? "Nous n'espérons pas, nous sommes en train de faire", rétorque le jeune acteur. "Il est urgent que les gens fassent aujourd'hui. Des mesures très sévères sont en train de passer, signer notre appel, c’est déjà légitimer le fait qu’on a le droit de penser autrement".
Restera à définir ce qui devrait être mis en place après la phase de réflexion. Car si des alternatives existent, l'invité lui-même a été bien en peine de donner un exemple concret d'alternative qui ait fonctionné à un niveau un tant soit peu significatif en Europe. Si le temps est à la lutte, celle-ci s'annonce donc encore bien compliquée.
"C’est très difficile d’organiser des choses autrement, de construire dans la pratique un terrain à côté de la pensée dominante", reconnaît l'invité de Matin première. "C’est éreintant".
@julienvlass
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MessageSujet: ne perdez pas courage   Mer 23 Nov 2016, 08:13

Clarissa Pinkola Estes a écrit:


Mes amis, ne perdez pas courage.
Nous avons été préparés pour cette époque.
De nombreuses personnes m’ont contactée il y a peu, désorientées, préoccupées par ce qui se passe actuellement dans le monde. La stupéfaction quotidienne et la colère, souvent justifiées devant les abominations commises à l’encontre de ce qui est le plus cher aux yeux des individus civilisés ou éclairés, sont le lot de notre temps.
Vous voyez juste. L’orgueil démesuré et la gloire que visent ceux qui commettent des actes abominables envers les enfants, les personnes âgées, les gens ordinaires, pauvres ou sans défense, est inimaginable.
Malgré tout, je vous en conjure, je vous le demande, je vous en supplie, ne laissez pas, je vous en prie, votre esprit se dessécher en déplorant ces temps difficiles.
Ne perdez surtout pas espoir.
Tout spécialement parce que nous avons été préparés à vivre cette époque.
Oui. Pendant des années, nous avons appris, pratiqué, nous avons été formés — et nous l’attendions — pour répondre avec un tel degré d’engagement.

J’ai grandi près des Grands Lacs et je sais reconnaître un vaisseau qui est en état de naviguer lorsque j’en vois un. Et, si l’on considère le nombre d’êtres éveillés, il n’y a jamais eu, jusqu’à ce jour, autant de vaisseaux à flot de part le monde ; parfaitement équipés, ils peuvent se signaler les uns aux autres comme jamais encore dans l’histoire de l’humanité.
Regardez par-delà la proue : des millions d’embarcations naviguent avec vous sur les eaux. Même si, au cœur de l’orage, les lattes de bois doivent grincer à chaque vague, je vous assure que les larges poutres qui forment la proue et le gouvernail sont faites d’un tout autre bois… et l’on sait la résistance d’un tel bois aux tempêtes, ainsi que sa capacité à tenir bon dans la durée, quoi qu’il advienne […]


— Clarissa Pinkola Estes, We Were Made For These Times
Traduction : Michèle Le Clech

richel


"Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin… mais dans la manière dont il me parle des choses terrestres".
Simone Weil


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— Christiane Singer, Du bon usage des crises a écrit:
Un arbre qui tombe fait plus de bruit
que toute une forêt qui pousse.
Nos actualités, nos informations ne sont faites que d’arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis bien longtemps si ceci était l’unique réalité.
Le monde tient debout par ce réseau d’amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose,  des actes d’amour dans le monde, un regard de tendresse pour la terre qui nous entoure, pour la création.
Cela tient le monde debout.
Il ne s’agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d’une autre force. Quelque chose en moi sait que rien ne peut m’arriver, que rien ne peut me détruire. C’est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous.
Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d’horreur sur la terre ! Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement. C’est quelque chose d’effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d’engendrer images et réalités. Dans l’univers d’épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur.
Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite.

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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Mer 23 Nov 2016, 10:56

Je me propose de mettre à la suite de ma news, quelques réponses...merci à vous de votre retour!


Citation :
"Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin… mais dans la manière dont il me parle des choses terrestres". Simone Weil

Il s’agit bien de Simone Adolphine Weil et non de Simone Veil, ...

J’avais déjà tiqué une première fois, j’ai donc contrôlé le sujet.

Amitiés.

Marc.
Je le savais Marc, mais merci de la notification.

IMS a écrit:

Vous avez parfaitement raison. Ne jamais perdre espoir et gardez la foi.
Merci pour ces paroles de lumière

Richard. a écrit:
Merci pour ce beau message d'espoir, il y a effectivement
De part le monde beaucoup d'être humains engagés dans la transformation. Intérieure. Les solutions pour supprimer la souffrance existent  , chacun peut vivre une vie d'harmonie et de bonheur .Il appartient à chacun de trouver sa voie et son guide intérieur et renouer avec le Soi et faire la réconciliation avec le monde et l'univers . L'illusion est de croire que d'autres peuvent résoudre les problèmes à notre place et confier ainsi notre vaisseau à des aveugles. Mais au lieu de nous opposer où nous battre contre ces forces , il suffit de les inspirer et leur apporter la lumiére manquante. Une grande obscurité se dissipe avec seulement un peu de lumière

Cristobal. :)) a écrit:
"Nous savons que cela semble être un processus sans fin pour beaucoup d'entre vous, mais il vient le moment où vous manifestez physiquement le changement que vous avez déjà atteint dans le champ/chant décisif de votre conscience, et votre monde apparaîtra soudainement beaucoup plus lumineux qu'il ne l'était un instant auparavant. Continuez de maintenir votre haut niveau de fréquence et d'existence dans l'instant présent pour aider à cet accomplissement." Les Pléiadiens.

"We know, it seems endless to so many of you. But there will come a moment when you physically manifest the shift you've already achieved in your critical mass consciousness, and your world will suddenly look much brighter than it did the moment before. Continue to hold your higher vibrational state of being in your current now moment to facilitate that end." The Pleiadians



Cordialement.

...à suivre , si vous le voulez bien...

richel
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MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Mar 20 Fév 2018, 09:01


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POUR RAPPEL

Breizh-info.com, 2014 a écrit:
San Giorgio. « un écrivain qui se prépare à des temps difficiles »

09/07/2014 – 07H00 Suisse (Breizh-info.com) –Alors que jamais le chômage n a été aussi élevé en France, alors que de nombreux pays d’Europe sont durement frappés par la crise économique et ses conséquences, certains se préparent déjà à l’après, lorsque l’effondrement économique sera survenu sur une bonne partie de la planête comme ils le prédisent. C’est le cas de Piero San Giorgio, citoyen Suisse, ancien cadre supérieur dans la finance, auteur du Best-Seller « Survivre à l’effondrement économique », un des fers de lance de la mouvance dite « survivaliste », une mouvance très importante aux Etats-Unis et qui tend à prendre de l’ampleur sur tout le continent Européen.
Alors que son prochain livre consacré à l’alimentation et à la santé va sortir prochainement, nous l’avons interrogé, sur son parcours, sur les idées qu’il défend, sur les ouvrages qu’il a écrit, mais aussi sur ce que certains appellent le « survivalisme business ».

Entretien avec celui qui tente de faire ouvrir les yeux au plus grand nombre sur un possible effondrement économique à venir et sur un changement radical de mode de vie.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs. Votre parcours, votre itinéraire, ce que vous faites aujourd’hui.

Piero San Giorgio : Je suis un écrivain Suisse, qui se prépare à des temps difficiles. Avant d’écrire, j’étais dans l’industrie des logiciels. J’ai aussi été entrepreneur. Je suis passionné d’histoire, de voyages, curieux de tout, et c’est ce faisant que je me suis exposé aux réalités du monde, plus violent et misérable qu’ici… et qu’avec la raréfaction des ressources, les dégâts à l’environnement et l’immense bulle financière sur laquelle repose notre économie globale, nous allons vers une crise aux dimensions et aux conséquences véritablement colossales !

Breizh-info.com : Vous êtes l’auteur de « survivre à l’effondrement économique » et de « rues barbares », deux livres qui font de la prévention et qui sont des propositions face à une crise massive qui pourrait toucher d’abord les villes puis les campagnes. N’y a t-il pas quelque chose de malsain à « surfer » sur un éventuel écroulement du système ?

Piero San Giorgio : Vous auriez préféré que je me prépare avec mes amis sans alerter les autres ? De manière à ce que encore moins de gens soient préparés ? Non, je crois qu’il est de notre devoir, une fois convaincus de la réalité d’un danger d’en avertir les autres. Et tant pis si pour beaucoup nous (car je ne suis pas le seul) sommes pris pour des Cassandre. Tant pis si la plupart ne voudront pas voir (ce que je crois être) la réalité en face.
Tant pis si aucun des médias dominants (on dit Merdias de nos jours, je crois) ne nous donne la parole car ils préfèrent faire croire aux populations endormies dans le « pain et les jeux » que tout va bien.
Mais au moins nous aurons essayé, et même réussi en partie, car si mon premier livre « Survivre… » s’est déjà vendu a plus de 40’000 exemplaires, et que « Rues Barbares » et mon troisième « Femmes au bord de la crise » suivent la même voie, c’est que beaucoup de gens écoutent. Le retour que j’ai dans mes nombreuses discussions avec mes lectrices et lecteurs c’est qu’un bon nombre – des milliers de familles – se préparent, apprennent a devenir plus autonomes, bref, plus résiliantes et au final plus libres. J’en suis très content, et il n’y a qu’en France, ou visiblement personne ne reçoit de salaire pour son travail, ni d’argent de poche de l’Etat ou de ses parents (c’est pareil) pour penser qu’il y a une volonté de « gagner » du fric de cette manière. Je gagnais six fois plus par an en tant que cadre supérieur avant !

Breizh-info.com : En quelques phrases, pouvez vous expliquer pourquoi il vaut mieux selon vous aujourd’hui vivre à la campagne qu’à la ville en cas de crise économique majeure ? Croyez vous vraiment que dans la société de consommation actuelle , les citoyens soient capables de « retourner à la terre » ? Difficile en effet de retourner aux champs quand on pianote toute la journée sur un ordinateur non ?

Piero San Giorgio : Très difficile en effet ! Cela demande des années d’apprentissage (que l’on peut commencer dans un pot, dans une mini plate-bande sur un balcon ou sur une pelouse, par ailleurs…), et un savoir faire qui ne s’achète pas, mais qui se pratique.
Je ne crois pas que la majorité des citoyens – je ne crois d’ailleurs pas qu’on puisse parler de citoyens de nos jours, ou alors pour une toute petite minorité, mais bien de consommateurs – puisse le faire avant d’y être contrainte par la nécessité. Et si cela sera le cas, il y aura des pertes, car c’est un processus long… Après, la vie en ville n’est pas impossible, même en cas de crise. Après tout beaucoup d’habitants de Sarajevo, de Harare, de Buenos Aires s’en sont sortis… avec des difficultés, parfois la perte de tous leur biens, souvent avec la perte de leur intégrité physique (pour les femmes notamment) etc.
Dans notre livre « Rues Barbares » que j’ai co-écrit avec le survivaliste franco-américain Vol West, nous décrivons les avantages et les inconvénients de la ville et quelles solutions existent pour se préparer dans cet environnement où habite désormais la majorité de la population mondiale. La ville est devenue une infrastructure très complexe et très dépendante de flux de ravitaillement (en énergie, nourriture, eau, médicaments, etc.). Cette complexité devient de plus en plus fragile avec la taille démesurée qu’ont pris les agglomérations urbaines et le nombre de gens qui y habitent… Cette fragilité est vulnérable aux crises.
Et les crises s’annoncent de plus en plus grandes et de plus en plus fréquentes. Lorsque tout s’arrête soudainement, qu’allons-nous faire ? Se faire des bisous et attendre sagement ou mal le prendre, stresser, paniquer et faire ressortir le pire de nous-mêmes ? Difficile d’en être certain, Fukushima a montré le meilleur de l’homme dans une situation catastrophique, la Nouvelle Orléans le pire. La personne ou la famille qui se prépare, mentalement, physiquement, matériellement aura tendance a plus faire partie de la solution que du problème.

Breizh-info.com : Certains annonçaient il y a quelques années une crise économique majeure sans précédent qui frapperait durement les occidentaux notamment. Malgré une hausse du chômage, malgré sans des difficultés économiques certaines (notamment en France), rien ne s’est encore produit. Le système pourra t-il tenir encore longtemps selon vous ? N’est-il pas suffisamment fort pour éviter des scénarios apocalyptiques comme ceux que vous prédisez ?

Piero San Giorgio : Rien ne s’est encore produit ? Demandez aux Grecs, aux Espagnols, aux Libyens, aux Syriens, aux Ukrainiens… et plus près de vous aux gens ayant perdu leur travail, leur épargne, parfois qui doivent faire face à une insécurité et à des crimes qui n’existaient pas il y a quelques années… La crise économique majeure nous y sommes, et ma thèse est que nous n’en sommes qu’au début, car l’effet « pénurie » (d’énergie, de ressources naturelles), l’effet « écologique » (perte de la biodiversité, pollution…), et l’effet « fin du dollar » et « hyperinflation », n’ont pas encore débuté. Soyez patients, et espérez que cela n’arrive pas. Ensuite, il faut dire que les gens s’imaginent toujours que les effets vont ressembler à une super production Hollywoodienne, ou Australienne pour « Mad Max ».
La réalité est moins spectaculaire et plus pernicieuses, bien que j’explique qu’il y a des effets de paliers.
Enfin, il faut dire que ce que l’on appelle le Système, c’est-à-dire les banques et les très grandes industries (pharma, armement, etc.) qui dominent par leur argent (achat de politiciens et de médias) possèdent la capacité d’influencer tout le monde de manière très efficace. Nous acceptons des dollars et des euros, alors que nous savons qu’en réalité ces monnaient ne valent rien… pourtant nous les acceptons.. nous faisons « comme-ci »… nous sommes le Coyote qui cours toujours, mais qui ne s’est pas encore rendu compte qu’il est déjà dans le vide.
Le système est très fort pour nous faire tenir encore et encore. Mais les scénarios catastrophe sont déjà là, je crois que le point de non retour est dépassé. Après, chacun se fera son avis et prendra ses risques.

Breizh-info.com : N y a t-il pas aujourd’hui une forme de « Survivalisme-Business » qui permet à plusieurs groupes, associations ou auteurs de vendre de nombreux titres et de faire ainsi prospérer de petites entreprises ?

Piero San Giorgio : Encore une fois si oui, tant mieux pour eux – tout travail mérite salaire – et une petite entreprise doit prospérer pour vivre, mais nous sommes loin des « business » à l’américaine… les auteurs ou les formateurs dans ces domaines sont peu nombreux.
Mais comme je le dis toujours, le plus important c’est d’apprendre a réfléchir par soi même, et cela veut dire remettre en question tout ce qu’on nous dit. Y compris les bases de mes thèses quant à un effondrement prochain de nos économies… et si cela amène quelqu’un a choisir, en toute réflexion de se préparer et d’avoir besoin d’en savoir plus et a dépenser quelques sous dans du matériel et de la formation, c’est bien. Si quelqu’un pense que notre système va continuer pour toujours et que tout ira toujours bien, tant mieux aussi. Il utilisera son argent dans une nouvelle voiture, un nouveau téléviseur plasma, des vacances à Ibiza ou a Phuket, du ganja ou aux putes. Peu m’importe. Chacun fait ce qu’il veut. La sélection naturelle fera son travail tôt ou tard. Je n’essaye pas de convaincre les gens, simplement de faire réfléchir et d’apporter des solutions.

Breizh-info.com :  Vous préparez actuellement un livre, si je ne m’abuse, sur l’alimentation, sur la manière de consommer sain dans un monde de plus en plus industrialisé. Votre livre sera t-il un complément à celui de votre ami Gilles Lartigot ? Qu’allez vous chercher à apporter au lecteur ?

Piero San Giorgio : En effet, je travaille sur un livre sur la remise en forme, et c’est un travail de plus longue haleine que je ne pensais… un travail sur probablement deux ou trois ans. C’est que je dois apprendre, voir réapprendre tout sur l’alimentation, l’exercice physique, le sommeil, le yoga, la médecine, la biologie cellulaire, la chimie des aliments… un travail de synthétisation colossal, et je suis mon propre cobaye… La rencontre en 2012 avec Gilles Lartigot alors qu’il préparait son excellent livre « Eat » à été déterminante. Il m’a fait beaucoup avancer sur ma sensibilisation vis-à-vis des produits laitiers, de la cuisine « maison » et d’une certaine philosophie très douce, mais en même temps très ferme. Gilles est un vrai guerrier des temps modernes, et donc très doux et pacifiste. Un peu comme moi.

Breizh-info.com : Comment vivez vous aujourd’hui ? Avez vous mis en place ce que vous prônez pour vous même ? Comment s’est faite votre évolution ?
Piero San Giorgio : Je vis un pied dans notre monde puisque j’écris, je gère la publication de mes livres en langues anglaise, italienne, arabe, bientôt chinoise, japonaise et russe si tout va bien… ; je donne toujours du conseil auprès de gens souhaitant de l’aide pour leur mise en place d’une Base Autonome Durable, et je donne de plus en plus rarement, faute de temps des conférences. Mon autre pied est dans ma ferme, ma Base Autonome Durable où je continue ma préparation à la quête de la plus grande autonomie possible… potager, eau, panneaux solaires, auto-défense, formation d’une équipe grandissante de gens pensant un peu comme moi, et puis mes quatre enfants me prennent beaucoup de temps. La vie quoi.

Breizh-info.com : Serez vous prochainement en France pour y tenir conférence ?
Piero San Giorgio : Beaucoup moins, d’une part parce que je n’ai plus beaucoup de temps, et d’autre part par ce que mon message en Français à déjà été dit. Maintenant c’est sur les réseaux sociaux, ainsi qu’avec mon canal de vidéos sur Youtube que je communique principalement.


[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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MessageSujet: le survivalisme   Mar 20 Fév 2018, 09:15

L'apocalypse va-t-elle arriver, et si oui, peut-on s'en protéger?

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© Fournis par Slate La fin du monde, cette possibilité qui nous répulse et nous fascine

Retranchés dans leur bunker, armés jusqu’aux dents… En 2018, ceux qui ont choisi de vivre en mode survie ont peu à voir avec cette caricature. Et puis, après tout, a-t-on encore des raisons de craindre la fin de la civilisation?

Dédiaboliser
Si cela fait déjà quelques décennies que le survivalisme a le vent en poupe, depuis environ six ans, le mouvement semble s'être amplifié. Difficile à quantifier, la communauté survivaliste, à en croire le nombre de groupes Facebook et de forums sur le sujet, s’élèverait, rien qu’en France, à un peu plus de 100.000 personnes.

Un chiffre en constante augmentation, comme nous le confirme Clément Champault, l’un des trois fondateurs du Salon du Survivalisme, qui se déroulera du 23 au 25 mars prochain à Paris, Porte de la Villette. Conçu avec l’envie de «faire émerger un mouvement», il accueillera conférenciers et exposants autour de questions aussi diverses que celles de l’agriculture urbaine, de l’énergie hydrolienne ou de la self-defense. Pour Clément Champault, beaucoup de gens sont d’ailleurs «survivalistes sans le savoir». Il espère que le salon sera l’occasion de «dédiaboliser» un mouvement qui a souvent mauvaise presse.

Pour mieux comprendre cette image négative, il suffit de se replonger dans les débuts du survivalisme, au pays qui l’a vu naître…



++ >>PAR Adrienne Rey

Un article qui vient de tomber sur le survivalisme et qui fait échos à nos discussions de ce wk....

POUR RAPPEL CE MESSAGE/
" Un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute une forêt qui pousse.
Nos actualités, nos informations ne sont faites que d’arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis bien longtemps si ceci était l’unique réalité.
Le monde tient debout par ce réseau d’amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose, des actes d’amour dans le monde, un regard de tendresse pour la terre qui nous entoure, pour la création.
Cela tient le monde debout.
Il ne s’agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d’une autre force. Quelque chose en moi sait que rien ne peut m’arriver, que rien ne peut me détruire. C’est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous.
Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d’horreur sur la terre ! Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement. C’est quelque chose d’effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d’engendrer images et réalités. Dans l’univers d’épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur.
Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite."

de Christiane Singer, Du bon usage des crises SUR MON POST
Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!

Le regard que l’on porte aux choses à l’instant présent est fondamental pour le temps à venir. Y voir une crise est anxiogène, c’est le royaume de la peur, des angoisses. Y voir une mutation est nettement plus serein, plus constructif, plus optimiste. Dans un cas, on est en réaction, en défense, et dans l’autre, on se situe dans l’action, dans l’attaque. Quelle est la meilleure stratégie ?


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