ANTAHKARANA

Gnose et Spiritualité
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2

appréciations:
 -J 'aime
 -J'aime pas
 -Pas d'avis
 -Je découvre
Voir les résultats
AuteurMessage
Körêm

avatar

Masculin
Verseau Serpent
Nombre de messages : 56
Date de naissance : 09/02/1965
Age : 52
Localisation : Bretagne
Date d'inscription : 21/11/2012

MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Mar 21 Oct 2014, 12:28

Très intéressant ! cela prouve que de plus en plus de gens sont lucide sur l'état des lieux

Reste quand même qu'il y a une raison d'espérer, mais pas dans ce monde, c'est vers le haut qu'il faut regarder.

L'âme peut trouver le salut, le corps non sunny
Revenir en haut Aller en bas
AMBRE

avatar

Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages : 5574
Date de naissance : 14/08/1962
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial    Lun 27 Oct 2014, 19:08

Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial
- 24 octobre 2014


Citation :


Réunion du Club International Valdaï : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ?
24 octobre 2014, Sotchi - Russie

Texte original (russe) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Traduction (anglais) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Traduction française : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]    

 
Vladimir Poutine a pris part à la dernière séance plénière de la XIe session du Club International de Discussion Valdaï. Le thème de la réunion était : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

Cette année, 108 experts, historiens et analystes politiques originaires de 25 pays, dont 62 participants étrangers, ont pris part aux travaux du Club.

La réunion plénière a présenté une synthèse des travaux du Club au cours des trois journées précédentes, qui ont été consacrées à l’analyse des facteurs d’érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international.

Discours du Président Vladimir Poutine durant la dernière séance plénière de la XIe session du Club Valdaï



Retranscription :

Chers collègues, Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est un plaisir de vous accueillir à la XIe réunion du Club Valdaï.

Il a déjà été mentionné que le Club a de nouveaux co-organisateurs cette année. Ils comprennent des organisations non gouvernementales russes, des groupes d’experts et de grandes universités. Il a également été suggéré d’élargir les discussions à des questions qui ne sont pas seulement liées à la Russie elle-même, mais aussi à la politique et à l’économie mondiales.

J’espère que ces changements dans l’organisation et le contenu des sessions renforceront l’influence du Club en tant que forum de discussion et d’experts de premier plan. Dans le même temps, j’espère que « l’esprit de Valdaï » sera conservé – cette atmosphère libre et ouverte, cette opportunité d’exprimer toutes sortes d’opinions très différentes et franches.

Permettez-moi de dire à cet égard que je ne vais pas vous décevoir et que je vais parler directement et franchement. Certains de mes propos pourront sembler un peu trop rudes, mais si nous ne parlons pas directement et honnêtement de ce que nous pensons vraiment, alors il est absolument inutile de tenir de telles réunions. Il serait préférable, dans ce cas, de se contenter des rencontres diplomatiques, où personne ne dit rien qui ait une véritable portée et, reprenant les paroles d’un célèbre diplomate, où vous vous rendez compte que les diplomates ont une langue faite pour ne pas dire la vérité.

Nous nous réunissons pour d’autres raisons. Nous nous réunissons pour nous parler franchement. Nous avons besoin d’être directs et francs aujourd’hui, non pas pour s’envoyer des piques, mais afin de tenter de faire la lumière sur ce qui se passe dans le monde, d’essayer de comprendre pourquoi le monde est de moins en moins sûr et de plus en plus imprévisible, et pourquoi les risques augmentent partout autour de nous.

Les débats d’aujourd’hui se sont tenus sous le thème : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ? Je pense que cette formule décrit avec précision le tournant historique que nous avons atteint aujourd’hui et le choix auquel nous sommes tous confrontés. Bien sûr, il n’y a rien de nouveau dans l’idée que le monde est en train de changer très rapidement. Je sais que c’est quelque chose dont vous avez parlé durant les échanges d’aujourd’hui. Il est certainement difficile de ne pas remarquer les transformations dramatiques dans la politique mondiale et dans l’économie, dans la vie publique, dans l’industrie, l’information et les technologies sociales.

Permettez-moi de vous demander dès maintenant de me pardonner si j’en viens à répéter ce que certains des participants à la discussion ont déjà dit. C’est pratiquement inévitable. Vous avez déjà eu des discussions détaillées, mais je vais exposer mon point de vue. Il coïncidera avec le point de vue des participants sur certains points et divergera sur d’autres.

Tandis que nous analysons la situation d’aujourd’hui, n’oublions pas les leçons de l’histoire. Tout d’abord, les changements dans l’ordre mondial – et tout ce que nous voyons aujourd’hui constitue des événements de cette ampleur – ont généralement été accompagnés sinon par une guerre et des conflits à l’échelle mondiale, du moins par des chaînes de conflits locaux intenses. Deuxièmement, la politique mondiale est avant tout une question de leadership économique, de guerre et de paix, avec une dimension humanitaire, incluant les droits de l’homme.

Aujourd’hui, le monde est plein de contradictions. Nous devons être francs en nous demandant mutuellement si nous avons un filet de sécurité fiable et bien en place. Malheureusement, il n’y a aucune garantie et aucune certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit en mesure de nous protéger des bouleversements. Ce système a été sérieusement affaibli, fragmenté et déformé. Les organisations internationales et régionales de coopération politique, économique, et culturelle traversent également des temps difficiles.

Oui, un grand nombre des mécanismes actuels visant à assurer l’ordre mondial ont été créés il y a très longtemps, y compris et surtout dans la période suivant immédiatement la Seconde Guerre mondiale. Permettez-moi de souligner que la solidité du système créé à l’époque reposait non seulement sur ​​l’équilibre des forces et les droits des pays vainqueurs, mais aussi sur le fait que les « pères fondateurs » de ce système se respectaient mutuellement, n’essayaient pas de mettre la pression sur les autres, mais tentaient de parvenir à des accords.

L’essentiel est que ce système doit se développer, et malgré ses diverses lacunes, il doit au moins être capable de maintenir les problèmes mondiaux actuels dans certaines limites et de réguler l’intensité de la concurrence naturelle entre les nations.

Je suis convaincu que nous ne pouvions pas prendre ce mécanisme de freins et contrepoids que nous avons construit au cours des dernières décennies, parfois avec les plus grands efforts et difficultés, et tout simplement le détruire sans rien reconstruire à sa place. Sinon, nous serions laissés sans instruments autres que la force brute.

Ce que nous devions faire était de procéder à une reconstruction rationnelle et de l’adapter aux nouvelles réalités du système des relations internationales.

Mais les Etats-Unis, s’étant eux-mêmes déclarés vainqueurs de la Guerre Froide, n’en voyaient pas le besoin. Au lieu d’établir un nouvel équilibre des forces, essentiel pour maintenir l’ordre et la stabilité, ils ont pris des mesures qui ont jeté le système dans un déséquilibre marqué et profond.

La Guerre Froide a pris fin, mais elle n’a pas pris fin avec la signature d’un traité de paix comprenant des accords clairs et transparents sur le respect des règles existantes ou la création d’un nouvel ensemble de règles et de normes. Cela a créé l’impression que les soi-disant « vainqueurs » de la Guerre Froide avaient décidé de forcer les événements et de remodeler le monde afin de satisfaire leurs propres besoins et intérêts. Lorsque le système actuel des relations internationales, le droit international et les freins et contrepoids en place faisaient obstacle à ces objectifs, ce système été déclaré sans valeur, obsolète et nécessitant une démolition immédiate.

Pardonnez l’analogie, mais c’est la façon dont les nouveaux riches se comportent quand ils se retrouvent tout à coup avec une grande fortune, dans ce cas sous la forme d’un leadership et d’une domination mondiale. Au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment, pour leur propre bénéfice aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis beaucoup de folies.

Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques. Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux ont rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.

Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

La notion même de « souveraineté nationale » est devenue une valeur relative pour la plupart des pays. En essence, ce qui était proposé était cette formule : plus la loyauté de tel ou tel régime en place envers le seul centre de pouvoir dans le monde est grande, plus grande sera sa légitimité.

Nous aurons une discussion libre après mon propos et je serai heureux de répondre à vos questions et je tiens également à utiliser mon droit à vous poser des questions. Que personne n’hésite à essayer de réfuter les arguments que je viens d’exposer lors de la discussion à venir.

Les mesures prises contre ceux qui refusent de se soumettre sont bien connues et ont été essayées et testées de nombreuses fois. Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité « supra-légale » lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. Dernièrement, nous avons de plus en plus de preuves que le chantage pur et simple a également été utilisé en ce qui concerne un certain nombre de dirigeants. Ce n’est pas pour rien que « Big Brother » dépense des milliards de dollars pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches.

Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu. Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ? Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse. Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié). C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. Permettez-moi de vous rappeler que nous avons été le premier pays à soutenir le peuple américain à l’époque, le premier à réagir comme des amis et partenaires après la terrible tragédie du 11 Septembre.

Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais toujours de la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme, de le considérer comme un défi à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous résigner et accepter cette menace, nous ne pouvons pas la couper en morceaux séparés à l’aide du deux poids deux mesures. Nos partenaires ont exprimé leur accord, mais après quelques temps, nous nous sommes retrouvés au point de départ. Ce fut d’abord l’opération militaire en Irak, puis en Libye, qui a été poussée au bord du gouffre. Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui, c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain d’entraînement pour les terroristes.

Seule la détermination et la sagesse de la direction égyptienne actuelle a sauvé ce pays arabe clé du chaos et de l’emprise des terroristes. En Syrie, comme par le passé, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à financer et armer directement les rebelles et leur ont permis de remplir leurs rangs de mercenaires provenant de divers pays. Permettez-moi de vous demander où ces rebelles obtiennent leur argent, leurs armes et leurs spécialistes militaires ? D’où tout cela vient-il ? Comment l’Etat Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi puissant, de fait une véritable force armée ?

Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus seulement de la drogue, dont la production a augmenté non pas de quelques points de pourcentage mais dans des proportions considérables depuis que les forces de la coalition internationale sont intervenues en Afghanistan. Vous êtes au courant de cela. Les terroristes obtiennent également de l’argent en vendant du pétrole. Le pétrole est produit dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent ainsi les terroristes qui pourraient venir tôt ou tard sur leur propre sol et semer la destruction dans leur propre pays.

Où trouvent-ils les nouvelles recrues ? En Irak, après que Saddam Hussein ait été renversé, les institutions de l’État, y compris l’armée, ont été laissés en ruines. Nous avons dit, à l’époque, soyez très, très prudents. Vous mettez les gens à la rue, et que vont-ils y faire ? N’oubliez pas que légitimement ou non, ils faisaient partie de la direction d’une grande puissance régionale, et en quoi est-ce que vous les transformez maintenant ?

Quel fut le résultat ? Des dizaines de milliers de soldats, d’officiers et d’anciens militants du parti Baas se sont retrouvé à la rue et ont aujourd’hui rejoint les rangs des rebelles. Peut-être cela explique-t-il pourquoi l’Etat islamique s’est avéré si efficace. En termes militaires, il agit très efficacement et il a certains cadres très compétents. La Russie a mis en garde à plusieurs reprises sur les dangers des actions militaires unilatérales, des interventions dans les affaires des Etats souverains, et des flirts avec les extrémistes et les radicaux. Nous avons insisté pour que les groupes luttant contre le gouvernement syrien central, surtout l’Etat islamique, soient inscrits sur les listes des organisations terroristes. Mais avons-nous vu le moindre résultat ? Nous avons lancé des appels en vain.

Nous avons parfois l’impression que nos collègues et amis sont constamment aux prises avec les conséquences de leurs propres politiques, et qu’ils dépensent tous leurs efforts dans le traitement des risques qu’ils ont eux-mêmes créés, en payant un prix de plus en plus élevé.

Chers collègues,

Cette période de domination unipolaire a démontré de manière convaincante que le fait d’avoir un seul centre de pouvoir ne rend pas les processus mondiaux plus faciles à gérer. Au contraire, ce type de construction instable a montré son incapacité à lutter contre les menaces réelles telles que les conflits régionaux, le terrorisme, le trafic de drogue, le fanatisme religieux, le chauvinisme et le néo-nazisme. Dans le même temps, il a ouvert une large voie aux fiertés nationales exacerbées, à la manipulation de l’opinion publique et à la brutalisation et à l’oppression des faibles par les forts.

Essentiellement, le monde unipolaire est tout simplement un moyen de justifier la dictature sur les individus et les nations. Le monde unipolaire s’est avéré un fardeau trop rude, trop lourd et trop ingérable même pour son chef auto-proclamé. Des commentaires ont été faits dans ce sens juste avant mon intervention, et je suis entièrement d’accord avec eux. Voilà pourquoi nous voyons, en cette nouvelle étape de l’histoire, des tentatives de recréer un semblant de monde quasi-bipolaire en tant que modèle commode pour perpétuer le leadership américain. Peu importe qui prend la place du centre du mal dans la propagande américaine, peu importe qui remplace l’ex-l’URSS en tant que principal adversaire. Cela pourrait être l’Iran, en tant que pays qui cherche à acquérir la technologie nucléaire, la Chine, en tant que plus grande économie mondiale, ou la Russie, en tant que superpuissance nucléaire.

Aujourd’hui, nous assistons à de nouveaux efforts pour fragmenter le monde, dessiner de nouvelles lignes de clivage, réunir des coalitions qui ne sont pas façonnées pour quelque chose mais dirigées contre quelqu’un, qui que ce soit, pour créer l’image d’un ennemi comme ce fut le cas pendant les années de Guerre Froide, et s’emparer du droit à ce leadership, ou diktat si vous préférez. La situation était présentée de cette façon au cours de la Guerre Froide. Nous savons tous cela et nous le comprenons bien. Les Etats-Unis ont toujours dit à leurs alliés : « Nous avons un ennemi commun, un ennemi terrible, le centre du mal, et nous vous protégeons, vous nos alliés, de cet ennemi, et nous avons donc le droit de vous donner des ordres, de vous forcer à sacrifier vos intérêts politiques et économiques et à payer votre quote-part des coûts de cette défense collective, mais nous serons les responsables de tout cela bien sûr. » En bref, nous voyons aujourd’hui des tentatives, dans un monde nouveau et changeant, de reproduire les modèles familiers de la gestion globale, et tout cela de manière à garantir aux États-Unis leur situation exceptionnelle et à récolter des dividendes politiques et économiques.

Mais ces tentatives sont de plus en plus déconnectées de la réalité et sont en contradiction avec la diversité du monde. Des mesures de ce genre créent inévitablement des confrontations et provoquent des contre-mesures, et ont pour résultat l’effet inverse de ce qui était souhaité. Nous voyons ce qui se passe quand la politique commence imprudemment à s’ingérer dans l’économie et que la logique des décisions rationnelles cède la place à la logique de confrontation, qui ne fait que nuire aux propres positions et intérêts économiques des pays en question, y compris les intérêts des entreprises nationales.

Les projets économiques communs et les investissements mutuels rapprochent objectivement les pays et contribuent à aplanir les problèmes actuels dans les relations entre Etats. Mais aujourd’hui, la communauté mondiale des affaires fait face à des pressions sans précédent de la part des gouvernements occidentaux. De quelles affaires, de quelles opportunités économiques ou de quel pragmatisme peut-on encore parler lorsque nous entendons des slogans tels que « la patrie est en danger », « le monde libre est menacé », et « la démocratie est en péril » ? Et tout le monde doit alors se mobiliser. Voilà à quoi ressemble une vraie politique de mobilisation.

Les sanctions sapent déjà les fondements du commerce mondial, les règles de l’OMC et le principe de l’inviolabilité de la propriété privée. Ils portent un coup dangereux au modèle libéral de la mondialisation fondé sur les marchés, la liberté et la concurrence, qui, permettez-moi de le souligner, est précisément un modèle qui a avant tout bénéficié aux pays occidentaux. Et maintenant, ils risquent de perdre la confiance en tant que gouvernants de la mondialisation. Nous devons nous demander, pourquoi était-ce nécessaire ? Après tout, la prospérité des États-Unis repose en grande partie sur la confiance des investisseurs et des détenteurs étrangers de dollars et de valeurs mobilières étasuniennes. Cette confiance est clairement mise à mal et des signes de désillusion quant aux fruits de la mondialisation sont maintenant visibles dans de nombreux pays.

Le précédent bien connu de Chypre et les sanctions pour des motifs politiques n’ont fait que renforcer la tendance à chercher à renforcer la souveraineté économique et financière et la volonté des pays ou de leurs groupes régionaux de trouver des moyens de se protéger contre les risques de pressions extérieures. Nous voyons déjà que de plus en plus de pays cherchent des moyens de devenir moins dépendants du dollar et mettent en place des systèmes financiers, de paiement et des monnaies de réserve alternatifs. Je pense que nos amis américains sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. On ne peut pas mélanger la politique et l’économie, mais c’est ce qui se passe maintenant. J’ai toujours pensé et je pense encore aujourd’hui que les sanctions pour des motifs politiques sont une erreur qui nuira à tous, mais je suis sûr que nous reviendrons sur ce point.

Nous savons comment ces décisions ont été prises et qui exerçait les pressions. Mais permettez-moi de souligner que la Russie ne va pas perdre son calme, s’offenser ou venir mendier à la porte de quiconque. La Russie est un pays auto-suffisant. Nous allons travailler au sein de l’environnement économique international qui a pris forme, développer la production et la technologie nationales et agir de façon plus décisive pour mener à bien notre transformation. Les pressions de l’extérieur, comme cela a été le cas à plusieurs reprises par le passé, ne feront que consolider notre société, nous maintenir en éveil et nous amener à nous concentrer sur nos principaux objectifs de développement.

Bien sûr, les sanctions constituent un obstacle. Ils essaient de nous affaiblir par ces sanctions, d’entraver notre développement et de nous pousser à l’isolement politique, économique et culturel, en d’autres termes nous forcer à prendre du retard. Mais permettez-moi de rappeler encore une fois que le monde est un endroit très différent aujourd’hui. Nous n’avons pas l’intention de nous isoler de quiconque ou de choisir une sorte de voie de développement fermée, en essayant de vivre en autarcie. Nous sommes toujours ouverts au dialogue, y compris au sujet de la normalisation de nos relations économiques et politiques. Nous comptons ici sur l’approche et la position pragmatiques des milieux d’affaires dans les principaux pays.

Certains disent aujourd’hui que la Russie tournerait le dos à l’Europe – de tels propos ont probablement été tenus ici aussi lors des discussions – et rechercherait de nouveaux partenaires commerciaux, surtout en Asie. Permettez-moi de dire que ce n’est absolument pas le cas. Notre politique active dans la région Asie-Pacifique n’a pas commencé d’hier, et non en réponse aux sanctions, mais c’est une politique que nous suivons depuis maintenant un bon nombre d’années. Comme beaucoup d’autres pays, y compris les pays occidentaux, nous avons vu que l’Asie joue un rôle de plus en plus important dans le monde, dans l’économie et dans la politique, et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer ces développements.

Permettez-moi de dire encore une fois que tout le monde agit ainsi, et nous allons le faire nous aussi, d’autant plus qu’une grande partie de notre pays est géographiquement en Asie. Au nom de quoi devrions-nous ne pas faire usage de nos avantages concurrentiels dans ce domaine ? Ce serait faire preuve d’une vue extrêmement courte que de ne pas le faire.

Le développement des relations économiques avec ces pays et la réalisation de projets d’intégration communs créent aussi de grandes incitations pour notre développement national. Les tendances démographiques, économiques et culturelles actuelles suggèrent que la dépendance à une seule superpuissance va objectivement diminuer. C’est une chose que les experts européens et américains ont également évoqué dans leurs réunions et travaux.

Peut-être que l’évolution de la politique internationale sera le reflet de l’évolution que nous constatons dans l’économie mondiale, à savoir la concurrence intensive pour des niches spécifiques et des changements fréquents de dirigeants dans des domaines précis. Ceci est tout à fait possible.

Il ne fait aucun doute que des facteurs humanitaires tels que l’éducation, la science, la santé et la culture jouent un rôle plus important dans la concurrence mondiale. Cela a également un impact important sur ​​les relations internationales, y compris parce que cette ressource douce (soft power) dépendra dans une large mesure des réalisations concrètes dans le développement du capital humain plutôt que des trucages sophistiqués de la propagande.
                                                                                                   
Dans le même temps, la formation d’un soi-disant monde polycentrique (je voudrais également attirer l’attention sur cela, chers collègues), en soi et d’elle-même, n’améliore pas la stabilité ; de fait, il est plus probable que ce soit l’inverse. L’objectif d’atteindre l’équilibre mondial est en train de devenir un casse-tête assez difficile, une équation à plusieurs inconnues.

Qu’est-ce que l’avenir nous réserve donc, si nous choisissons de ne pas respecter les règles – même si elles peuvent être strictes et peu pratiques – mais plutôt de vivre sans règles du tout ? Et ce scénario est tout à fait possible ; nous ne pouvons pas l’exclure, compte tenu des tensions dans la situation internationale. Beaucoup de prédictions peuvent déjà être faites, en tenant compte des tendances actuelles, et malheureusement, elles ne sont pas optimistes. Si nous ne créons pas un système clair d’engagements et d’accords mutuels, si nous ne construisons pas les mécanismes de gestion et de résolution des situations de crise, les symptômes de l’anarchie mondiale vont inévitablement s’accroître.

Aujourd’hui, nous voyons déjà une forte augmentation de la probabilité de tout un ensemble de conflits violents avec la participation directe ou indirecte des plus grandes puissances mondiales. Et les facteurs de risque comprennent non seulement les conflits multinationaux traditionnels, mais aussi l’instabilité interne dans différents États, surtout quand on parle de nations situées aux intersections des intérêts géopolitiques des grandes puissances, ou à la frontière de continents civilisationnels, culturels, historiques et économiques.

L’Ukraine, qui j’en suis sûr a été longuement évoquée et dont nous parlerons encore, est l’un des exemples de ces sortes de conflits qui affectent l’équilibre international des puissances, et je pense que ce ne sera certainement pas le dernier. De là émane la prochaine menace réelle de détruire le système actuel d’accords de contrôle des armements. Et ce processus dangereux a été initié par les Etats-Unis d’Amérique quand ils se sont unilatéralement retirés du Traité sur les missiles anti-balistiques (ABM) en 2002, puis se sont lancés dans la création de leur système global de défense antimissile et poursuivent aujourd’hui activement ce processus.

Chers collègues et amis,

Je tiens à souligner que nous ne sommes pas à l’origine de tout cela. Une fois de plus, nous glissons vers des temps où, au lieu de l’équilibre des intérêts et des garanties mutuelles, ce sera la peur et l’équilibre de la destruction mutuelle qui empêcheront les nations de se livrer à un conflit direct. En l’absence d’instruments juridiques et politiques, les armes deviennent encore une fois le point focal de l’ordre du jour mondial ; elles sont utilisées n’importe où et n’importe comment, sans la moindre sanction du Conseil de sécurité de l’ONU. Et si le Conseil de sécurité refuse de rendre de tels arrêts, alors on le condamne immédiatement comme un instrument dépassé et inefficace.

De nombreux États ne voient pas d’autres moyens d’assurer leur souveraineté qu’en obtenant leurs propres bombes. Cela est extrêmement dangereux. Nous insistons sur la nécessité de poursuivre les négociations ; nous ne sommes pas seulement en faveur de pourparlers, mais nous insistons sur la nécessité de poursuivre les pourparlers de réduction des arsenaux nucléaires. Moins nous aurons d’armes nucléaires dans le monde, mieux ce sera. Et nous sommes prêts à mener les discussions les plus sérieuses et les plus concrètes sur le désarmement nucléaire – mais seulement des discussions sérieuses sans aucun deux poids, deux mesures.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Aujourd’hui, de nombreux types d’armes de haute précision sont déjà assimilables à des armes de destruction massive en termes de capacité, et en cas de renonciation complète aux armes nucléaires ou de réduction radicale du potentiel nucléaire, les nations qui sont des leaders dans la création et la production de systèmes de haute précision auront un net avantage militaire. La parité stratégique sera perturbée, ce qui est susceptible d’entraîner de la déstabilisation. Le recours à une soi-disant première frappe préventive globale peut devenir tentant. En bref, les risques ne diminuent pas, mais s’intensifient.

La prochaine menace évidente est l’escalade plus avant de conflits ethniques, religieux et sociaux. De tels conflits sont dangereux non seulement en tant que tels, mais aussi parce qu’ils créent des zones d’anarchie, d’absence total de lois et de chaos autour d’eux, des lieux qui sont commodes pour les terroristes et les criminels, et où la piraterie, le trafic d’êtres humains et le trafic de drogue sont florissants.

D’ailleurs, nos collègues ont alors essayé de contrôler plus ou moins ces processus, d’exploiter les conflits régionaux et de concevoir des « révolutions colorées » en fonction de leurs intérêts, mais le génie s’est échappé de la lampe. Il semble que les pères de la théorie du chaos contrôlé eux-mêmes ne sachent plus quoi en faire ; il y a confusion dans leurs rangs.

Nous suivons de près les discussions à la fois au sein de l’élite dirigeante et de la communauté des experts. Il suffit de regarder les gros titres de la presse occidentale de l’année dernière. Les mêmes personnes sont appelées des combattants pour la démocratie, puis des islamistes ; d’abord, ils parlent de révolutions puis ils parlent d’émeutes et de soulèvements. Le résultat est évident : la propagation du chaos mondial.

Chers collègues,

Compte tenu de la situation mondiale, il est temps de commencer à se mettre d’accord sur des choses fondamentales. Ceci est d’une importance et d’une nécessité extrêmes ; cela vaudrait beaucoup mieux que de se retirer dans nos propres retranchements. Plus nous faisons face à des problèmes communs, plus nous nous trouvons dans le même bateau, pour ainsi dire. Et la manière sensée de trouver une issue réside dans la coopération entre les nations, les sociétés, dans le fait de trouver des réponses collectives aux défis croissants, et dans la gestion commune des risques. Certes, certains de nos partenaires, pour des raisons bien à eux, ne se remémorent cela que lorsque c’est dans leurs intérêts.

L’expérience pratique montre que les réponses communes aux défis ne sont pas toujours une panacée, et il faut que nous comprenions cela. En outre, dans la plupart des cas, elles sont difficiles à atteindre : il n’est pas facile de surmonter les différences dans les intérêts nationaux et la subjectivité de différentes approches, en particulier lorsqu’il s’agit de pays ayant des traditions culturelles et historiques différentes. Mais néanmoins, nous avons des exemples où, ayant des objectifs communs et agissant sur la base des mêmes critères, nous avons obtenu collectivement un réel succès.

Permettez-moi de vous rappeler la résolution du problème des armes chimiques en Syrie, et le dialogue de fond conséquent sur le programme nucléaire iranien, ainsi que notre travail sur les questions nord-coréennes, qui ont aussi connu des résultats positifs. Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser cette expérience à l’avenir pour relever les défis locaux et mondiaux ?

Quelle pourrait être la base juridique, politique, et économique pour un nouvel ordre mondial qui permettrait la stabilité et la sécurité, tout en encourageant une saine concurrence, et en ne permettant pas la formation de nouveaux monopoles qui entravent le développement ? Il est peu probable que quiconque puisse proposer dès à présent des solutions absolument exhaustives et prêtes à l’emploi. Nous aurons besoin de beaucoup de travail et de la participation d’un large éventail de gouvernements, d’entreprises mondiales, de la société civile, et de plates-formes d’experts telles que celle-ci.

Cependant, il est évident que les succès et les résultats réels ne sont possibles que si les participants clés des affaires internationales peuvent se mettre d’accord sur l’harmonisation des intérêts de base, sur le fait de s’imposer des limites raisonnables, et de donner l’exemple d’un leadership positif et responsable. Nous devons identifier clairement où se terminent les actions unilatérales et nous avons besoin de mettre en œuvre des mécanismes multilatéraux. Et dans le cadre de l’amélioration de l’efficacité du droit international, nous devons résoudre le dilemme entre les actions de la communauté internationale visant à assurer la sécurité et les droits de l’homme, et le principe de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, quel qu’il soit.

Ces collisions mêmes conduisent de plus en plus à une interférence extérieure arbitraire dans des processus internes complexes, et encore et encore, ils provoquent des conflits dangereux entre les principaux acteurs mondiaux. La question de la préservation de la souveraineté devient presque primordiale dans le maintien et le renforcement de la stabilité mondiale.

De toute évidence, discuter des critères de l’utilisation de la force extérieure est extrêmement difficile. Il est pratiquement impossible de la séparer des intérêts des nations particulières. Cependant, il est beaucoup plus dangereux de rester dans une situation où il n’y a pas d’accords qui soient clairs pour tout le monde, et où des conditions claires pour l’ingérence nécessaire et légale ne sont pas fixées.

J’ajouterais que les relations internationales doivent être basées sur le droit international, qui lui-même doit reposer sur des principes moraux tels que la justice, l’égalité et la vérité. Peut-être le plus important est-il le respect de ses partenaires et de leurs intérêts. C’est une formule évidente, mais le fait de la respecter, tout simplement, pourrait changer radicalement la situation mondiale.

Je suis certain qu’avec une volonté réelle, nous pouvons restaurer l’efficacité du système international et des institutions régionales. Nous n’avons même pas besoin de reconstruire quelque chose de nouveau, à partir de zéro ; ce n’est pas une « terre vierge », d’autant plus que les institutions créées après la Seconde Guerre mondiale sont relativement universelles et peuvent être dotées d’un contenu moderne et adéquat pour gérer la situation actuelle.

Cela est vrai quant à l’amélioration du travail de l’ONU, dont le rôle central est irremplaçable, ainsi que celui de l’OSCE, qui, durant 40 ans, a démontré qu’elle était un mécanisme nécessaire pour assurer la sécurité et la coopération dans la région euro-atlantique. Je dois dire que même aujourd’hui, en essayant de résoudre la crise dans le sud-est de l’Ukraine, l’OSCE joue un rôle très positif.

À la lumière des changements fondamentaux dans l’environnement international, l’augmentation des désordres incontrôlables et des diverses menaces, nous avons besoin d’un nouveau consensus mondial des forces responsables. Il ne s’agit pas de conclure certaines transactions locales ou un partage des zones d’influence dans l’esprit de la diplomatie classique, ni d’assurer la domination globale et complète de quiconque. Je pense que nous avons besoin d’une nouvelle version de l’interdépendance. Nous ne devrions pas avoir peur de cela. Au contraire, c’est un bon instrument pour harmoniser les positions.

Ceci est particulièrement pertinent étant donné le renforcement et la croissance de certaines régions de la planète, processus qui nécessite objectivement l’institutionnalisation de ces nouveaux pôles, par la création de puissantes organisations régionales et l’élaboration de règles pour leur interaction. La coopération entre ces centres contribuerait sérieusement à la stabilité de la sécurité, de la politique et de l’économie mondiales. Mais afin d’établir un tel dialogue, nous devons partir du postulat selon lequel tous les centres régionaux et projets d’intégration qui se forment autour d’eux doivent avoir les mêmes droits au développement, afin qu’ils puissent se compléter mutuellement et que personne ne puisse artificiellement les forcer à entrer en conflit ou en opposition. De telles actions destructrices briseraient les liens entre les Etats, et les Etats eux-mêmes seraient soumis à des difficultés extrêmes, voire même à une destruction totale.

Je voudrais vous rappeler les événements de l’année dernière. Nous avions prévenu nos partenaires américains et européens que les décisions hâtives prises en coulisses, par exemple, sur l’association de l’Ukraine avec l’UE, étaient emplies de risques graves pour l’économie. Nous n’avons pas même évoqué les problèmes politiques ; nous n’avons parlé que de l’économie, en disant que de telles mesures, mises en place sans arrangements préalables, nuiraient aux intérêts de nombreux autres pays, dont la Russie – en tant que principal partenaire commercial de l’Ukraine –, et qu’un large débat sur ces questions était nécessaire. D’ailleurs, à cet égard, je vous rappelle que par exemple, les négociations sur l’adhésion de la Russie à l’OMC ont duré 19 ans. Ce fut un travail très difficile, et un certain consensus a finalement été atteint.

Pourquoi est-ce que je soulève cette question ? Parce qu’en mettant en œuvre ce projet d’association avec l’Ukraine, nos partenaires seraient venus à nous avec leurs biens et services par la porte arrière, pour ainsi dire, et nous n’avons pas donné notre accord pour cela, personne ne nous a rien demandé à ce sujet. Nous avons eu des discussions sur tous les sujets liés à l’association de l’Ukraine avec l’UE, des discussions persistantes, mais je tiens à souligner que notre action a été menée d’une manière tout à fait civilisée, en indiquant des problèmes possibles, et en soulignant les raisonnements et arguments évidents. Mais personne ne voulait nous écouter et personne ne voulait discuter. Ils nous ont simplement dit : ce ne sont pas vos affaires, point, fin de la discussion. Au lieu du dialogue global mais – je le souligne – civilisé que nous proposions, ils en sont venus à un renversement de gouvernement ; ils ont plongé le pays dans le chaos, dans l’effondrement économique et social, dans une guerre civile avec des pertes considérables.

Pourquoi ? Quand je demande à mes collègues pourquoi, ils n’ont plus de réponse ; personne ne dit rien. C’est tout. Tout le monde est désemparé, disant que ça c’est juste passé comme ça. Ces actions n’auraient pas dû être encouragées – cela ne pouvait pas fonctionner. Après tout (je me suis déjà exprimé à ce sujet), l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch avait tout signé, il était d’accord avec tout. Pourquoi ont-ils fait ça ? Dans quel but ? Est-ce là une manière civilisée de résoudre les problèmes ? Apparemment, ceux qui fomentent constamment de nouvelles « révolutions colorées » se considèrent comme de « brillants artistes » et ne peuvent tout simplement pas s’arrêter.

Je suis certain que le travail des associations intégrées, la coopération des structures régionales, doivent être construits sur ​​une base transparente et claire ; le processus de formation de l’Union économique eurasienne est un bon exemple d’une telle transparence. Les États qui font partie de ce projet ont informé leurs partenaires de leurs plans à l’avance, en précisant les paramètres de notre association et les principes de son travail, qui correspondent pleinement aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

J’ajouterais que nous aurions également accueilli favorablement l’initiation d’un dialogue concret entre l’Eurasie et l’Union européenne. D’ailleurs, ils nous ont presque catégoriquement refusé cela, et il est également difficile d’en comprendre les raisons. Qu’est-ce qu’il y a de si effrayant à cela ?

Et bien sûr, avec un tel travail conjoint, on pourrait penser que nous devons nous engager dans un dialogue (j’ai évoqué cela à de nombreuses reprises et j’ai entendu l’accord de plusieurs de nos partenaires occidentaux, du moins en Europe) sur la nécessité de créer un espace commun pour la coopération économique et humanitaire s’étendant depuis l’Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique.

Chers collègues,

La Russie a fait son choix. Nos priorités sont d’améliorer encore nos institutions démocratiques et notre économie ouverte, d’accélérer notre développement interne, en tenant compte de toutes les tendances modernes positives observées dans le monde, et en consolidant notre société sur la base des valeurs traditionnelles et du patriotisme.

Nous avons un agenda pacifique et positif, tourné vers l’intégration. Nous travaillons activement avec nos collègues de l’Union économique eurasienne, de l’Organisation de coopération de Shanghai, du BRICS et avec d’autres partenaires. Ce programme vise à renforcer les liens entre les gouvernements, pas à les fragiliser. Nous ne prévoyons pas de façonner des blocs ou de participer à un échange de coups.

Les allégations et déclarations selon lesquelles la Russie essaie d’établir une sorte d’empire, empiétant sur la souveraineté de ses voisins, n’ont aucun fondement. La Russie n’a pas besoin d’un quelconque rôle spécial ou exclusif dans le monde – je tiens à le souligner. Tout en respectant les intérêts des autres, nous voulons simplement que nos propres intérêts soient pris en compte et que notre position soit respectée.

Nous sommes bien conscients du fait que le monde est entré dans une ère de changements et de transformations globales, dans laquelle nous avons tous besoin d’un degré particulier de prudence et de la capacité à éviter toutes mesures irréfléchies. Dans les années suivant la guerre froide, les acteurs politiques mondiaux ont en quelque sorte perdu ces qualités. Maintenant, nous devons nous les rappeler. Sinon, les espoirs d’un développement stable et pacifique seront une illusion dangereuse, tandis que la crise d’aujourd’hui servira simplement de prélude à l’effondrement de l’ordre mondial.

Oui, bien sûr, j’ai déjà souligné que la construction d’un ordre mondial plus stable est une tâche difficile. Nous parlons d’une tâche longue et difficile. Nous avons réussi à élaborer des règles pour l’interaction après la Seconde Guerre mondiale, et nous avons pu parvenir à un accord à Helsinki dans les années 1970. Notre devoir commun est de résoudre ce défi fondamental à cette nouvelle étape du développement.

Je vous remercie vivement pour votre attention.


Traduction : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]    

Contact : 7asan.saleh [at] gmail.com
Revenir en haut Aller en bas
http://le-catharose.blogspot.be/
AMBRE

avatar

Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages : 5574
Date de naissance : 14/08/1962
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Dim 23 Nov 2014, 16:34

Survivalisme — Militaires, humanitaires, écolos … Avec qui passerez-vous la fin du monde ?


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

EDITO NEXUS N°95

Ne doit-on voir que de la peur, de la parano, de l’exagération dans le phénomène survivaliste ? Ne faut-il pas être un peu excessif pour s’équiper d’armes blanches, apprendre à se battre et se retirer loin des villes ? Pourtant, tous les analystes s’accordent là-dessus : le château de cartes financier menace d’effondrement notre civilisation de façon imminente, sans parler de la dégradation de la biosphère et de l’épuisement des ressources.
Alors, êtes-vous de ceux qui préfèrent préparer la guerre pour s’assurer la paix ou tablerez-vous plus volontiers sur la nature solidaire de l’humain ? Faut-il tant redouter « LA » crise finale, ou y trouver des avantages en retrouvant une façon « vivifiée » d’entreprendre nos vies et nos relations ? Comme pour ces survivalistes qui témoignent combien leur intimité retrouvée avec la nature, ses rythmes et ses réalités leur a fait un bien fou.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


NEXUS n°95 (nov.-déc. 2014)

Quête d’indépendance et de liberté, le survivalisme ne se réduit ni à un écologisme ou un humanitarisme niais, ni à un conspirationnisme étroit, ni à un militarisme au front bas : mais, s’alimentant à ces différentes sources, il conduit à en dépasser les clivages et à produire une synthèse inédite. (« Je ne peux pas sacquer les militaires, mais j’adore leur mode de vie », me disait, un soir de banquet, un vieux militant écolo du Larzac.) Une synthèse qui offre une alternative à tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans un monde qui marche sur la tête. Dans le survivalisme, on voit ainsi des gens reconquérir leur dignité, leur intégrité, leur joie de vivre.
Se réapproprier ses besoins : voilà qui est émancipateur. Et pour cela, commencer par les identifier ces besoins ! Savoir ce que l’on veut… et qui l’on est. « Connais-toi toi-même » : le survivalisme engage potentiellement à une démarche de recherche intérieure, ce qui peut avoir de vastes et décisives implications. Si le survivalisme ne devait servir qu’à cela, ce serait déjà énorme.
Alors, en attendant le grand soir, bonne lecture !
David Dennery 
VOIR AUSSI EN PAGE & DE CE POST

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
http://le-catharose.blogspot.be/
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Vers une vie de charité   Mar 25 Nov 2014, 20:44

Vers une vie de charité

Charité… voici un mot que je ne murmurais que dans mon cloître intérieur, et ce, depuis l’enfance.

Mot aujourd’hui dévoyé, qui a perdu de son éclat originel avec la patine du temps et sa mise sous scellé par l’idéologie marchande. Charité… celui qui la demande est forcément un nécessiteux. Celui qui la donne est un puissant ou un bourgeois, dans tous les cas quelqu’un de bien installé dans la société conventionnelle, qui se trouve en mesure de donner –non sans condescendance– et de légitimer au passage sa puissance ou sa posture existentielle. Qui n’a en lui l’image d’Epinal des bonnes œuvres, ou des bourgeois endimanchés donnant aux mendiants à la sortie de l’église ?

Charité… ce mot est-il définitivement enterré ? Ce serait se priver d’un trésor gorgé de sens, chargé d’histoire, dont la lumière et la sagesse qu’on a mises dedans nous éclatent aux yeux dès qu’on brise les scellés. Dans son sens originel, caritas est la mise en pratique, en action, d’un état d’amour absolu. Cet amour qui n’est plus dirigé vers un être particulier ou une chose, cet amour qui irradie, qui illumine partout autour de lui, sans distinction, sans direction. La manifestation de cet amour en actes est la charité. Ainsi donne-t-on, ainsi reçoit-on, dans la chaîne du service que nous nous donnons les uns aux autres. On est loin de l’économie de marché, enfermée qu’elle est dans son dogme de réciprocité immédiate (“si tu n’as pas ce dont j’ai besoin en retour, je ne te donnerai pas ce que j’ai”). Dans l’économie de la charité, on donne tout ce que l’on peut donner, et l’on reçoit ce dont on a besoin. Nul besoin de symétrie et d’immédiateté. L’essentiel est de donner en état d’amour, sans condition, et de recevoir de la même façon.

Voilà qu’aujourd’hui je le prononce pleinement, ce mot de charité, presque avec ivresse. Charité… Il fleurit à la surface de ma conscience comme un nénuphar issu des profondeurs.

Charité… c’est par elle que je donne aujourd’hui, et par elle que j’apprends à recevoir.

Donner est facile. J’ai des talents, des connaissances, la santé, de la volonté, plein de choses à offrir. Du moins, c’est ce que m’en disent les autres.

Recevoir est là où j’ai encore beaucoup à apprendre. Non plus émotionnellement ou même spirituellement, mais pratiquement.

En effet, recevoir en état de charité aujourd’hui me confronte à de bien hauts cols à passer, dans la société d’une part, et dans la façon de m’y prendre d’autre part.

Les questions sociétales pour commencer :

– Comment vivre aujourd’hui de charité dans une société qui l’a chassée de sa réalité ?
– Comment vais-je pouvoir construire une dynamique du lien, du service, qui ne soit considérée ni comme de l’assistanat, ni comme de la dépendance, ni comme du mécénat ?
– Comment poser ce contrat social — vivre en charité — de manière claire ? Comment le communiquer bien ?

L’économie du don est notre contrat social naturel, celui que nous pratiquons depuis la nuit des temps en petite communauté, à commencer  par le noyau familial. L’économie de la charité est la transposition de l’économie du don au niveau universel, sans limite de temps, de nombre et d’espace. Dans cette vieille Europe où j’habite, la solidarité s’est sur-institutionnalisée. A ma connaissance il n’est pas écrit dans notre contrat social contemporain qu’on peut vivre de charité. Recevoir, a forcément quelque chose à voir avec le profit (une vente, un salaire, un héritage, une rente, des dividendes), ou avec l’assistanat… Argent rare oblige, nos sociétés ne laissent presque plus de place au don spontané, tout simple, sans prétention. Il faut déclarer, souscrire, taxer, justifier, remplir des formulaires… N’est-ce pas ironique, en passant, de voir combien les échanges marchands sont dérégulés et laissent libre cours à toutes les catastrophes sociales et humanitaires, alors que solidarité et don sont bornés par des mécanismes de contrôle lourds, coûteux et bloquants ? Pourtant au cours de l’histoire, les collectifs ont toujours soutenu par charité leurs chamanes, leurs guérisseurs, leurs prêtres, leurs moines, leurs médecins. N’étant aucun de ces derniers, ne me revendiquant d’aucune église, d’aucun courant spirituel ou politique, d’aucune de ces étiquettes qui rassurent, voilà qui ajoute du piquant à ma situation. Si j’étais moine, personne ne se poserait de questions. Les gens sont désorientés à mon sujet, et je les comprends.

Comment, dans ce contexte, ne pas se condamner à la précarité et la marginalisation ?

C’est un fait, ces derniers mois ma visibilité s’est inscrite dans le très court terme. Ce que d’aucuns appellent la précarité. Début septembre par exemple, il m’est arrivé de n’avoir presque plus rien à manger. Situation ironique car tout autour de moi n’était que richesse : logé dans une magnifique maison dont un an de loyer m’a été offert, par charité, afin de pouvoir travailler sereinement et avoir un lieu de vie pour mon petit garçon. Richesse car entouré d’informatique pour avancer sur les projets, richesse car mon travail me met en contact permanent avec des personnes magnifiques, richesse car en pleine santé et en pleine action. Et là, pourtant, presque plus rien à manger, avec un porte-monnaie aussi vide que le panier à provisions. L’aide est venue juste au bon moment, dans sa perfection, par la voie du cœur. De magnifiques personnes m’ont donné. Pourquoi ? Certainement pas dans une démarche d’assistanat — pour rappel j’ai choisi ma situation présente, elle n’est pas le fruit d’un accident. Ces personnes m’ont donné car, dans leur expérience, je puis ainsi continuer à faire mon travail, dans la grande chaîne du service. C’est tout simple finalement. Do ut des, je donne pour que tu donnes, dit cette belle formule latine. La charité est une grande chaîne.

Chaque fois que ces situations de précarité apparente se sont présentées, pas un instant la peur ne m’a traversé. Pas une nuit je n’ai mal dormi.

Il y a longtemps que la peur m’a quitté. Voilà l’occasion de réveiller un autre mot ancien, la providence. Du latin providentia — pré-voyance. La providence indique la connaissance directe, par delà les faisceaux réducteurs de l’intellect, que tout est juste, tout est à sa place, et que chaque chose arrivera en son temps. La providence est ce mécanisme universel par lequel un être, s’il est en état de grâce, donc dans le service, sera à son tour aidé. Et l’être en question le sait. Pour que la providence opère, il faut s’abandonner totalement, pleinement, joyeusement, sans aucune réserve, aux lois de l’Univers. Le lâcher-prise doit être complet. Nous voici avec encore une autre notion chrétienne ancienne, celle du sacrifice. Encore un autre mot bien dévoyé par la modernité, alors qu’éthymologiquement il veut dire “rendre sacré” (du latin sacrificium, de sacer facere). Une fois que l’on s’est complètement offert en sacrifice à ce Principe Universel — donnez-lui le nom que vous voulez — chaque instant de vie est vécu comme un cadeau. Un pur état de grâce, et la grâce nourrit la grâce. Vous l’avez compris, la providence est ma principale alliée.


J’ai exploré jusqu’ici les questions de société ainsi que de mes postures intérieures. Il manque la dernière partie : comment pragmatiquement opérer la transition vers une vie de charité, alors que j’ai encore un pied englué dans l’économie de marché ?

Pour achever ladite transition, il me reste encore à clore complètement ce qui me rattache à ma vie passée. J’ai encore des meubles de famille au garde-meuble qu’il me faut transmettre à mon petit garçon et à sa maman. Ca, c’est en cours. Sauf que je dois encore de l’argent au garde-meuble et que tant que cela n’est pas réglé, je n’y ai pas accès et je ne puis solder la situation. Il me reste encore des choses à payer du passé, de vieilles queues d’assurance, des règlements pour la plupart administatifs et sans intérêt. Sans entrer dans des détails, la réalité est que dans cette première phase de transition vers ma nouvelle vie, je me suis endetté. Je n’ai pas complètement achevé le processus de dépouillement, faute de temps, ayant donné la priorité au service. A moins que je n’aie pas été assez radical ? Tout ce qui me rattache encore à l’ancien, même si ce n’est plus grand chose, continue de coûter suffisamment pour que le cumul m’ait mis en dette. Oh, pas grand chose, quelques milliers d’euros, mais quand on a cessé de chasser l’argent rare, les petites sommes prennent des proportions qu’elles n’avaient pas avant… Il me reste encore à jouer un peu avec cette vieille économie afin que, dans les mois qui viennent, je puisse enfin pleinement vivre au jour le jour, sans aucune dette, avec ce que l’univers et le cœur des hommes voudront bien me donner. Et ainsi continuer cette migration vers les monnaies libres, qui n’ont rien d’incompatible avec la charité, contrairement à ce que tant de personnes croient (elles ne font que projeter ce qu’elles savent de l’ancien sur le nouveau).

Quant à la maison dans laquelle j’ai vécu ces 11 derniers mois, sauf changement de dernière minute, je la quitte avant mi-novembre 2011. Si elle a été un magnifique cadeau, elle n’en était pas moins un espace de transition, comme le reste. Quels que soient les lieux de vie qui m’accueilleront à l’avenir, je souhaite qu’ils arrivent nourris par un contrat clair, celui de la charité. Je ne veux pas me contenter d’un loyer, même si ce dernier est offert. Je souhaite pouvoir honorer mon lieu de vie, l’aider à grandir, à s’enrichir dans le sens le plus profond du terme, avec les personnes qui y sont comme moi rattachés, qu’il s’agisse de propriétaires ou de voisins. Plusieurs de mes proches, c’est amusant, m’ont dit spontanément qu’un monastère serait idéal. Cela fait longtemps que j’y pense. En effet, c’est bien de silence, de soutien et de concentration dont j’ai besoin, mais quel monastère serait prêt à accueillir une personne comme moi, avec le projet qu’elle porte ? Quel lieu spirituel aurait envie de soutenir le type de service que j’ai choisi ? D’autant que mon travail demande une certaine infrastructure : connexion internet, un espace pour filmer, une aide dans l’organisation… bref, un certain environnement pas forcément très compatible avec un espace contemplatif. Mais qui sait ?

Voilà donc un petit tour de la question pour ce qui est de recevoir. Concernant le fait de donner, c’est nettement plus simple.

Mon objectif pour 2012 est de rendre lisibles et compréhensibles toutes ces années de recherche et de découvertes sur l’intelligence collective, avec bien sûr tout notre travail sur les monnaies libres. Au-delà d’un travail d’écriture classique, je me suis fixé un objectif plus ambitieux, et plus efficace aussi je crois. Il s’agit de créer entre 80 et 100 mini vidéos de 6, 12 ou 18 minutes, suivant les cas. Chaque vidéo explique un aspect, un thème particulier de l’intelligence collective et/ou des monnaies libres, dans le cadre du CIRI : holoptisme, objets-liens, économies asymétriques, langage des flux, streamscapes, économie de l’expérience, créatifs culturels, phéromones sémiotiques… voilà beaucoup de sujets tous plus passionnants les uns que les autres. Chaque fois qu’il s’agira de creuser, alors de nouvelles vidéos iront dans le détail. L’idée m’est venue après ma conférence TEDx à Paris en janvier 2011, sous forme de question : comment faire des conférences TED depuis chez soi ? Comment proposer une qualité au moins équivalente, avec beaucoup de valeur pour ceux qui regardent, tout cela depuis chez soi, sans monter sur scène, sans équipe de télé ? J’ai beaucoup travaillé sur ce concept ces derniers mois, la voie s’ouvre tout grand aujourd’hui.

Mon vœu le plus cher pour 2012 est donc de pouvoir créer tous ces contenus, et de les offrir. Le pari au bout ? Transformer la vision des monnaies libres en mouvement global que plus rien ne pourra arrêter. Mégalo ? Peut-être. Pourtant c’est toujours comme cela que les grands changements s’opèrent. Il suffit de voir toutes les salles dans lesquelles j’ai parlé, comment les gens n’attendent qu’une chose : se libérer de la dépendance que nous avons à l’argent, pour pouvoir enfin construire des sociétés fondées sur le mutualisme et non la seule compétition. C’est parfaitement possible aujourd’hui. C’est cette vision et ce mode opératoire qu’il est temps pour moi de partager clairement. La suite en découlera naturellement.


http://noubel.fr/vers-une-vie-de-charite/
Revenir en haut Aller en bas
AMBRE

avatar

Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages : 5574
Date de naissance : 14/08/1962
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Jeu 11 Déc 2014, 14:38

"Nous sommes capables de sortir de cette austérité injuste et inefficace"




Le comédien David Murgia est à l’origine de l’initiative "Tout autre chose", un mouvement citoyen qui veut penser les alternatives à l’austérité. Il le constate comme de nombreux citoyens : une multitude d'alternatives à l'austérité et aux politiques libérales existent. Pourtant, elles ont du mal à avoir voix au chapitre face au discours dominant. Pour notre invité, il faut "réunir les volontés".
"Tout autre chose", c'est, si l'on en croit [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], "un mouvement citoyen qui refuse le discours de nos gouvernants affirmant qu’il n’y a pas d’alternative à l’austérité".
Un concurrent aux syndicats et aux partis de gauche ? "Il semble que ces organisations ne suffisent pas", constate David Murgia, qui pointe la victoire du discours libéral et du dogme de l'austérité en Europe. Mais il ne veut pas court-circuiter ces mouvements préexistants. Au contraire, selon lui, son initiative "vient soutenir les nombreuses dynamiques" en place et celles qui ont récemment vu le jour ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien][Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien],...).
"Il existe déjà beaucoup de dynamiques qui tentent de réagir à des coupes budgétaires particulières. Aujourd'hui, il est temps de réagir contre le plan d’austérité dans son ensemble et de mutualiser toutes ces réflexions, de les mettre en commun d’avoir des actions larges", s'enthousiasme le comédien qu'on a notamment pu voir dans "Rundskop" de Michael Roskam.
L'invité de Bertrand Henne, estime que l'époque est mûre et qu'il est temps pour des citoyens qui ne trouvent pas les moyens de s’engager à travers les syndicats ou des partis politiques, de s'engager via d'autres alternatives. Alternatives que vise justement à canaliser "Tout autre chose".
Il appelle les citoyens à ne pas se résigner face à "un discours fataliste, univoque: celui qui dit qu’il n’existe aucune alternative. Il est temps de lutter", assène le natif de Verviers.
"On nous dit 'Il n’y a qu’une seule manière de créer de l’emploi, de penser: c’est faire confiance aux entreprises'"
Le comédien engagé dénonce encore avec force ce que les décideurs "affirment avec une violence éhontée": faire croire qu’il n’y a pas d’alternative, "qu’il n’y a qu’une seule manière de faire de la fiscalité, de créer de l’emploi, de penser : c’est faire confiance aux entreprises".
Au contraire, selon lui, et la constellation d'initiatives citoyennes anti-austérité précitée le prouve, il existe bel et bien une multitude d'alternatives. Des alternatives qui doivent être pratiquées par ce que l'austérité que s'infligent les sociétés aujourd'hui ont prouvé qu'elles étaient non seulement très pénibles à vivre pour une grande majorité de la population mais en outre qu'elles ne permettaient en rien d'obtenir les résultats escomptés. "Nous sommes capables de penser autrement et de sortir de ces plans d’austérité qui ont échoué partout, qui sont injustes et inefficaces".
Aucun lien avec le PTB, pas d'ambition de devenir un parti
David Murgia veut couper court à toute intention qu'on pourrait lui prêter de vouloir créer un nouveau parti à partir de cette initiative citoyenne. "L’heure est à rendre audibles toutes les voix qui pensent qu’il y a une alternative", martèle-t-il après avoir préciser sans ambiguïté que "tout autre chose" n'avait pas vocation à muter en formation politique. Et pour ce qui est du présent, contrairement à ce que certains ont pu affirmer ci et là sur certains forums, le mouvement n'est "absolument pas lié au PTB, ni à aucun parti".
Mais qu'espèrent donc les initiateurs de "Tout autre chose" in fine? "Nous n'espérons pas, nous sommes en train de faire", rétorque le jeune acteur. "Il est urgent que les gens fassent aujourd'hui. Des mesures très sévères sont en train de passer, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], c’est déjà légitimer le fait qu’on a le droit de penser autrement".
Restera à définir ce qui devrait être mis en place après la phase de réflexion. Car si des alternatives existent, l'invité lui-même a été bien en peine de donner un exemple concret d'alternative qui ait fonctionné à un niveau un tant soit peu significatif en Europe. Si le temps est à la lutte, celle-ci s'annonce donc encore bien compliquée.
"C’est très difficile d’organiser des choses autrement, de construire dans la pratique un terrain à côté de la pensée dominante", reconnaît l'invité de Matin première. "C’est éreintant".
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
vidéo & source [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Revenir en haut Aller en bas
http://le-catharose.blogspot.be/
AMBRE

avatar

Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages : 5574
Date de naissance : 14/08/1962
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: ne perdez pas courage   Mer 23 Nov 2016, 08:13

Clarissa Pinkola Estes a écrit:


Mes amis, ne perdez pas courage.
Nous avons été préparés pour cette époque.
De nombreuses personnes m’ont contactée il y a peu, désorientées, préoccupées par ce qui se passe actuellement dans le monde. La stupéfaction quotidienne et la colère, souvent justifiées devant les abominations commises à l’encontre de ce qui est le plus cher aux yeux des individus civilisés ou éclairés, sont le lot de notre temps.
Vous voyez juste. L’orgueil démesuré et la gloire que visent ceux qui commettent des actes abominables envers les enfants, les personnes âgées, les gens ordinaires, pauvres ou sans défense, est inimaginable.
Malgré tout, je vous en conjure, je vous le demande, je vous en supplie, ne laissez pas, je vous en prie, votre esprit se dessécher en déplorant ces temps difficiles.
Ne perdez surtout pas espoir.
Tout spécialement parce que nous avons été préparés à vivre cette époque.
Oui. Pendant des années, nous avons appris, pratiqué, nous avons été formés — et nous l’attendions — pour répondre avec un tel degré d’engagement.

J’ai grandi près des Grands Lacs et je sais reconnaître un vaisseau qui est en état de naviguer lorsque j’en vois un. Et, si l’on considère le nombre d’êtres éveillés, il n’y a jamais eu, jusqu’à ce jour, autant de vaisseaux à flot de part le monde ; parfaitement équipés, ils peuvent se signaler les uns aux autres comme jamais encore dans l’histoire de l’humanité.
Regardez par-delà la proue : des millions d’embarcations naviguent avec vous sur les eaux. Même si, au cœur de l’orage, les lattes de bois doivent grincer à chaque vague, je vous assure que les larges poutres qui forment la proue et le gouvernail sont faites d’un tout autre bois… et l’on sait la résistance d’un tel bois aux tempêtes, ainsi que sa capacité à tenir bon dans la durée, quoi qu’il advienne […]


— Clarissa Pinkola Estes, We Were Made For These Times
Traduction : Michèle Le Clech

richel


"Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin… mais dans la manière dont il me parle des choses terrestres".
Simone Weil


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]


— Christiane Singer, Du bon usage des crises a écrit:
Un arbre qui tombe fait plus de bruit
que toute une forêt qui pousse.
Nos actualités, nos informations ne sont faites que d’arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis bien longtemps si ceci était l’unique réalité.
Le monde tient debout par ce réseau d’amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose,  des actes d’amour dans le monde, un regard de tendresse pour la terre qui nous entoure, pour la création.
Cela tient le monde debout.
Il ne s’agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d’une autre force. Quelque chose en moi sait que rien ne peut m’arriver, que rien ne peut me détruire. C’est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous.
Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d’horreur sur la terre ! Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement. C’est quelque chose d’effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d’engendrer images et réalités. Dans l’univers d’épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur.
Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite.

Revenir en haut Aller en bas
http://le-catharose.blogspot.be/
AMBRE

avatar

Féminin
Lion Tigre
Nombre de messages : 5574
Date de naissance : 14/08/1962
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 25/05/2007

MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   Mer 23 Nov 2016, 10:56

Je me propose de mettre à la suite de ma news, quelques réponses...merci à vous de votre retour!


Citation :
"Ce n’est pas à la façon dont un homme parle de Dieu que je vois s’il a séjourné dans le feu de l’Amour divin… mais dans la manière dont il me parle des choses terrestres". Simone Weil

Il s’agit bien de Simone Adolphine Weil et non de Simone Veil, ...

J’avais déjà tiqué une première fois, j’ai donc contrôlé le sujet.

Amitiés.

Marc.
Je le savais Marc, mais merci de la notification.

IMS a écrit:

Vous avez parfaitement raison. Ne jamais perdre espoir et gardez la foi.
Merci pour ces paroles de lumière

Richard. a écrit:
Merci pour ce beau message d'espoir, il y a effectivement
De part le monde beaucoup d'être humains engagés dans la transformation. Intérieure. Les solutions pour supprimer la souffrance existent  , chacun peut vivre une vie d'harmonie et de bonheur .Il appartient à chacun de trouver sa voie et son guide intérieur et renouer avec le Soi et faire la réconciliation avec le monde et l'univers . L'illusion est de croire que d'autres peuvent résoudre les problèmes à notre place et confier ainsi notre vaisseau à des aveugles. Mais au lieu de nous opposer où nous battre contre ces forces , il suffit de les inspirer et leur apporter la lumiére manquante. Une grande obscurité se dissipe avec seulement un peu de lumière

Cristobal. :)) a écrit:
"Nous savons que cela semble être un processus sans fin pour beaucoup d'entre vous, mais il vient le moment où vous manifestez physiquement le changement que vous avez déjà atteint dans le champ/chant décisif de votre conscience, et votre monde apparaîtra soudainement beaucoup plus lumineux qu'il ne l'était un instant auparavant. Continuez de maintenir votre haut niveau de fréquence et d'existence dans l'instant présent pour aider à cet accomplissement." Les Pléiadiens.

"We know, it seems endless to so many of you. But there will come a moment when you physically manifest the shift you've already achieved in your critical mass consciousness, and your world will suddenly look much brighter than it did the moment before. Continue to hold your higher vibrational state of being in your current now moment to facilitate that end." The Pleiadians



Cordialement.

...à suivre , si vous le voulez bien...

richel
Revenir en haut Aller en bas
http://le-catharose.blogspot.be/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ceci n’est pas une crise… c’est une mutation!
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Si tu es découragé, lis ceci
» Date du tableau "ceci n'est aps une pomme" de Magritte??
» Par ceci vous connaissez l'Esprit de Dieu
» Prenez et mangez, ceci est mon corps,Prenez et buvez, voici mon sang !
» Mariés ou non, vous devriez lire ceci ...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ANTAHKARANA :: ...dans l air du temps... :: Forum sur "2012" Apocalypse, réalité ou illusion-
Sauter vers: