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 Plaidoyer pour un certain végétarisme!

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à propos du végétarisme...
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AMBRE

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MessageSujet: « Pas de bête malade à ma table »   Ven 16 Déc 2011, 10:24



GAIA LANCE UNE CAMPAGNE DE PRÉVENTION PAS COMME LES AUTRES




Aujourd'hui, l'organisation de défense des animaux GAIA a lancé une singulière campagne de prévention à la Rue Neuve de Bruxelles. A bord du bus de prévention de GAIA, les passants ont dès aujourd'hui la possibilité de se faire vacciner par des « docteurs et infirmières » de l'organisation contre une variante mortelle de la stéatose du foie, se caractérisant par un décuplement de la taille normale du foie. En Belgique, quelques centaines de milliers de patients souffrent de cette affection. En France, ils sont 40 millions. Sous le mot d'ordre « Pas de bête malade à ma table », GAIA organise un parcours de prévention, passant par 5 villes belges, qui vise à attirer l'attention des consommateurs au moyen d'actions de vaccination sur la souffrance subie par les canards et les oies pour la production de foie gras. Des suites de la pratique cruelle du gavage, ces palmipèdes souffrent d'une stéatose du foie extrême.

Ne servez pas de bête malad
e à votre table

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MessageSujet: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 27 Déc 2011, 19:20

Plaidoyer pour un certain végétarisme!me!


Faute de pouvoir légitimement demander plus, un semi-végétarisme qui n’exclut que la viande de mammifère mais accepte certains poissons et parfois la volaille doit pour le moins remplacer la surconsommation de viande dont fait preuve le mode de vie à l’Occidentale. Cette dynamique s’inscrit dans une incitation générale à la frugalité, c'est-à-dire à la recherche d’une certaine simplicité et une moindre empreinte écologique. Il est urgent de considérer le mangeur quotidien de viande comme un drogué, de lutter contre ce type d’overdose, d’ouvrir des centres de désintoxication pour humains carnivores. Laisser ce type d’individus en totale liberté constitue un grave manquement à l’intérêt général. L’instauration de tickets hebdomadaires ou mensuels de viande doit être votée. Au mieux, boucheries et restaurants spécialisés devraient être fermés dans les plus brefs délais.

Aucun aliment n’est indispensable, seuls les nutriments le sont et l’équilibre alimentaire résulte d’un régime diversifié. Question de bon sens et non d’addiction. Un B.A.BA d’anatomie comparative nous enseigne que le régime alimentaire naturel des hominidés est du type omnivore et la nature de ses mâchoires tend à prouver que le régime carnivore n’est que très subsidiaire. Se nourrir trop souvent de viande serait donc une dérive gourmande, contre-nature, qui plus est contre-indiqué pour la santé. Les vrais carnivores sont en effet pourvus de longues dents acérées et pointues, de grandes canines et de griffes pour leur permettre de déchiqueter la chair de leurs proies. Notre main est conçue pour la cueillette des fruits et des légumes et non pour extirper les entrailles d’une carcasse animale. La mâchoire des carnivores se meut de bas en haut pour déchiqueter et mordre la viande, tandis que celle humaine se déplace latéralement pour broyer. La salive des carnivores contient un acide nécessaire à la digestion des protéines animales et se trouve dépourvue de ptyaline, une enzyme qui permet la digestion des amidons. Tout au contraire, la salive humaine est alcaline et contient de la ptyaline. Bien d’autres traits morphologiques et physiologiques nous séparent des carnivores et attestent de notre régime omnivore à tendance plutôt végétarienne. Selon la grande majorité des nutritionnistes, le régime végétarien, excluant viande et poisson mais acceptant le lait et les œufs (lacto-ovovégétarisme), ne pose aucun problème. La situation serait plus problématique pour les végétaliens stricts qui risquent carence ou déficience, mais le sujet relève du militantisme et prête au débat. Au lieu de considérer d’abord les éventuels écueils du végétarisme (absence de certaines vitamines, de calcium, de fer..), le nouveau paradigme consiste à mettre l’accent sur ses aspects bénéfiques, dont la présence de fibres alimentaires et de micro-constituants à pouvoir antioxydant. Favoriser la consommation des fruits et des légumes va dans ce sens et prévient contre les irréfutables effets délétères des excès de lipides saturés et souvent de sel fournis par les produits animaux. Le régime viandard déviant induit les maladies coronariennes, l’hypercholestérolémie, les accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. Reste qu’un régime végétarien doit être bio pour ne pas succomber aux résidus avérés de pesticides dont les fruits et les légumes sont dangereusement gorgés. Enfin, il faut préciser que le végétarisme choisi en connaissance de cause et bénéficiant d’une diversité, ne peut être confondu avec celui imposé dont sont contraints les deux tiers de l’humanité et qui mène à des carences nutritionnelles graves.

Sans le moindre état d’âme à l’égard de la condition faite aux animaux, le rayon boucherie de nos hypermarchés poursuit imparablement la quête de sa pierre philosophale, de sa poule aurifère, qui doit être quelque chose comme le porc à quinze côtes, la truie à trois portées, la vache à engendrer deux veaux… Les majors boulimiques de l’agro-industrie ont déjà enfanté du poulet sans plumes, comme de la plante sans semence, sans que l’absurdité de leurs objectifs ne pose un quelconque problème sociétal. Le consommateur est conditionné à penser que c’est pour son bien, voire mieux, pour nourrir la faim dans le monde. Maintenant qu’il suffit de transplanter un gène de la chose dans la bête, leurs labos ne vont pas se gêner pour ajouter du filet ou retirer des pattes. La consommation de la viande et du lait est partout en hausse. Depuis un demi-siècle, la production mondiale de viande est passée de 44 millions à plus de 220 millions de tonnes. 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 13,5 milliards de poulets, 1,3 milliard de bovins et l milliard de cochons sont destinés à nos assiettes. Les États-Unis transforment chaque jour 1.000 tonnes de viande de bœuf en hamburgers, et chaque citoyen Nord-américain dévore durant sa vie 9 bœufs de 500 kg. Un Français mange 100 kg de viande par an, trois fois plus qu’il y a un demi-siècle. Aux États-Unis, 70 % des céréales sont destinés aux animaux d'élevage, contre seulement 2 % en Inde. Dans un parc d'engraissement américain de 37.000 bovins, 25 tonnes de maïs sont distribuées chaque heure. 90 % des cultures de soja, dévoreuses d’écosystèmes majeurs, vont aux animaux d'élevage pour la grande bouffe occidentale. Pour satisfaire à la demande, entre 1977 et 1980, le Brésil a augmenté de 400 % ses exportations de soja. Simultanément, 38 millions d’habitants étaient sous-alimentés et 10.000 petits Brésiliens mouraient de faim. Il faut 7 kg de céréales et 10.000 litres d’eau douce pour produire un seul kilogramme de bœuf. Le bétail européen mange autant de céréales que les populations de l'Inde et de la Chine réunies

Un consommateur humain qui passe au tout végétal, ne serait-ce qu’une fois par semaine, fait montre d’une solidarité planétaire de l’ordre de 5.000 litres d’eau par an. Le choix du mode alimentaire est donc déterminant dans la valeur de l’empreinte écologique de chacun. Si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains. En l985, pendant la famine en Éthiopie, le pays exportait des céréales pour le bétail anglais. Même au Sénégal, la culture d’arachide pour le bétail se fait aux dépens de cultures vivrières pour la famille, et en Thaïlande la production de manioc est exportée pour les élevages occidentaux. La production carnée est au premier rang des causes du détournement calorique planétaire : 500 calories d'énergie alimentaire issues d’un steak d’un demi-kilogramme demandent 20.000 calories de carburant fossile à produire. Les voilà les chiffres de la gabegie ! Dans le système Nord-américain, la moitié de l’eau dont la majeure partie est non-renouvelable, est dilapidée au profit de l’arrosage d’une agriculture servant à la nourriture des animaux d’élevage. La pollution des eaux, dont celle de nature pesticidaire, est en grande partie le fait des rejets de l’élevage productif. C’est aux méfaits de l’élevage qu’il faut attribuer 85 % de l’érosion de la fertilité des sols (déboisement, création de déserts agraires, désertification), et 20 % de l’augmentation de l’effet de serre causé par le méthane, gaz largement produit par les vaches que nous mangeons. On saccage 17 mètre carrés de forêt tropicale, abritant une phytomasse de 75 kg de plantes vasculaires et de vie animale, pour produire un steak haché de bœuf, chiffre évalué pour l’Amérique centrale. 200 millions d’hectares de forêts tropicales ont été rasés depuis 50 ans pour faire place à des pâturages d’engraissement ou à des fermes « modèles » de bovidés. En attendant d’amputer ce qui reste au profit des agrocarburants de première génération, nous transformons déjà des forêts en hamburgers tout en participant au réchauffement du globe. Le conducteur-carnivore est vraiment le vampire numéro un de la planète : honte à la sainte famille qui prend sa voiture pour aller se goinfrer de grillades au restaurant du coin ! Outre le fait qu’une alimentation végétarienne réduit le risque de mort par attaque cardiaque de 50 à 4 %, et divise par trois le risque de cancer du sein et des ovaires, on sait bien que l’exploitation des animaux par la boucherie est aussi l’une des grandes causes de la faim dans le monde.

L’élevage en batterie entre dans les pratiques les plus ignominieuses de notre humanité. Poules, dindes, cochons, bovidés sont industriellement torturés au nom du profit maximal. La vie faite à nos frères mammifères les cochons et les bovidés est invivable, mais l’immense majorité du milliard et demi d’animaux mangés en France sont des volailles. L’existence de 90 % de ces oiseaux qui se déroule en batterie sous lumière permanente est un supplice. La poule de ferme, aux œufs d’or bio, ne court plus les poulaillers. Mais la morale est que ce mauvais traitement retombe sur la santé de ceux qui consomment cette chair pétrie de souffrances et de poisons. Bon an, mal an, l'Union européenne produit plus de 200 millions de porcs. 90 % de ceux-ci subissent le triste sort de la détention à vie, confinés dans un espace de 0,66 mètre pour un animal de 100 kg, traitement réservé à un saucisson vivant, rien de plus. Après son insémination, la truie est placée pour trois mois dans une stalle individuelle en pleine obscurité, où elle est détenue sanglée, sans pouvoir ni se lever, ni se coucher, afin de permettre des économies de nourriture. Peu avant la naissance de ses porcelets, elle est placée en immobilisation forcée dans une cage de mise-bas, où ses petits pourront téter à loisir. Les instincts maternels de la mère sont déniés, elle ne peut pas confectionner un nid pour sa mise-bas, ni approcher ses petits. Entre les administrations d’anxiolytiques et d’antibiotiques, mordre les barreaux reste sa seule compensation pour survivre à ce stress. Les porcelets ont la queue et les dents coupées sans anesthésie, les mâles sont castrés à vif. Ils sont sevrés précocement afin que la truie recommence sans plus attendre un nouveau cycle. Ils sont ensuite placés dans l'obscurité sur un sol en claire-voie (déformations, nécroses des pattes) pour être engraissés d'aliments composés de céréales, de farines animales et d’antibiotiques, un cocktail d’accélérateurs de croissance. Pour augmenter les portées et stabiliser les cycles de fécondité, les femelles sont traitées aux hormones et aux stéroïdes. L’odyssée du transport vers l'abattoir a généralement lieu de nuit et les porcs ne verront jamais la lumière du jour. Incapables de se mouvoir, certaines truies sont treuillées dans le camion. Leur chair meurtrie n’est déjà plus que rillettes ou saucisson.

En France, plus de la moitié des émissions de méthane provenant des activités anthropiques proviennent de l’élevage du bétail. Les ruminants produisent, par éructation de gaz provenant des fermentations microbiennes du rumen, d’énormes quantités de méthane, gaz à très fort pouvoir d’effet de serre. Ce même bétail induit l’émission de 40 % d’ammoniaque, cause prééminente des pluies acides. Les nuisances environnementales et les atteintes à la santé publique de telles entreprises nocives sont donc peu imaginables. Lorsqu’on découpe un bifteck ou une côte de porc dans notre écuelle cannibale, outre l’acte cruel que cela représente, il faut bien songer à l’égoïsme que cela implique envers les peuples défavorisés et à l’impact incommensurable stupidement accompli à l’égard de l’environnement terrestre. Les déjections porcines représentent 60 millions de litres de lisier (purin) déversés chaque jour en France, au nom du lobby agro-alimentaire. L’exemple breton donne la nausée. Avec seulement un Breton pour trois cochons, et donc presque 9 millions de porcs (60 % de la production française sur seulement 6 % de la surface agricole nationale) – auxquels il faut inclure 77 millions de volailles en batterie - la Bretagne est en deuil de ses eaux de sources et fait face à une permanente marée verte. Les nitrates issus du lisier ont infesté toute la péninsule, à tel point que l’eutrophisation irréversible des rivières et des nappes phréatiques est de l’ordre de 60 % et que les légumes de bien des secteurs sont désormais impropres à la consommation. C’est une pandémie organisée.

À la production de la viande s’ajoute celle laitière, intensive : l’exploitation du cheptel bovin est éthiquement inqualifiable. L'image de la vache - reine des près - paissant paisiblement dans la verte prairie et se laissant traire avec allégresse par l’aimable fermière toute rougeaude est un pur produit des « fils de pub » des agences et cache une bien affligeante réalité. Comme tout mammifère, notre brave vache a besoin de mettre bas une fois l’an. Il n’en est plus question ! Et si on laisse le veau téter, la vache va freiner la descente de son lait et nuire à la productivité. Le veau lui est donc retiré quelques jours après sa naissance. Les vaches sont très maternelles et le stress qui en résulte est incommensurable. Si le veau est une future génisse, elle ira rejoindre le bataillon d'autres vaches laitières. Sa première grossesse aura lieu à deux ans, puis elle sera à nouveau fécondée trois mois après chaque vêlage, par insémination artificielle dans 70 % des cas. Elle sera maintenue en lactation sept mois au minimum par an et l'éleveur continuera à la traire même pendant sa grossesse. Ce productivisme outrancier est si exténuant qu’il réduit le potentiel de longévité de l’animal, de vingt années à seulement cinq. C’est ainsi que les trois quarts de la viande bovine proviennent de vaches laitières sacrifiées pour causes de stérilité ou de rendements médiocres. Séquestrés dans des caissettes à claire-voie, les veaux à viande sont dans l'incapacité de se retourner, car tout exercice augmenterait leur développement musculaire, durcirait leur chair, et ralentirait leur prise de poids. La diarrhée, due à un régime inadapté mais savamment calculé pour leur causer une anémie donnant une chair blanche, rend les lattes glissantes, et les veaux tombent souvent, se blessant les pattes. C’est pourquoi à leur arrivée à l'abattoir, beaucoup d'entre eux ne peuvent à peine marcher. 50 % de la production d’antibiotiques vont aux animaux d'élevage, sont administrés par ingestion subthérapeutique et se retrouvent dans nos corps et dans les sols. Pour « faire » un veau de boucherie, il faut donc : le priver de sa quantité suffisante de lait maternel, le transporter à l’encan par camion dès son plus jeune âge, le faire vivre au voisinage d'animaux malades et mourants, le vendre à des usines où, enchaîné à vie dans un cageot individuel de quelque 60 cm de large, on lui ôtera toute faculté de marcher, de s’allonger, de s'ébrouer et de jouer, le maintenir à l'obscurité pour diminuer son agitation, le priver de litière, le nourrir par des surplus de lait écrémé gouvernemental, lui supprimer toute nourriture solide, le rendre anémique, l’infester de maladies respiratoires et intestinales.

En renonçant au régime carné, ou en reléguant la viande à une consommation très secondaire, voire occasionnelle, il s’agit tant de mettre un terme aux affres environnementaux du pâturage intensif, que de soulager considérablement la faim dans les pays exploités, d’assurer aux pays exploiteurs une alimentation moins pathogène et dégénérative, d’établir un rapport moins barbare entre les animaux éleveurs que nous sommes et les animaux élevés, lesquels le sont très généralement dans des conditions abominables. L’effet dissuasif que l’on pouvait espérer de la vache folle, véritable effet boomerang de nos viles exactions, n’a duré qu’un temps. Attendons donc la prochaine et méritée volée de bois vert pour nous lamenter sur des méfaits qui ne sont que bel et bien mérités.

Il y a 2.000 ans, Jésus et les thérapeutes esséniens nous mettaient déjà en garde contre les risques de l’alimentation carnée et de l’attitude irrespectueuse qu’elle génère envers ce que nous nommons les animaux, voire les bêtes : « La vie a été donnée à tous par Dieu, et, ce que Dieu a donné, il n’appartient pas à l’homme de le reprendre. Car je vous le dis, en vérité, c’est d’une mère unique que procède tout ce qui vit sur Terre. Voilà pourquoi celui qui tue, tue son frère. Or, de cet homme criminel, la Mère la Terre s’en détournera (...) et la chair des animaux abattus deviendra pour son corps son propre tombeau. Car celui qui tue, se tue lui-même et celui qui mange la chair des animaux abattus, mange le corps de mort (...) Ne tuez pas et ne mangez jamais la chair de vos innocentes victimes si vous ne voulez pas devenir les esclaves de Satan. Car voilà le chemin de la souffrance et de la maladie, qui conduit à la mort. » (Jésus-Christ, L’Évangile de la Paix, par le disciple Jean). Les pythagoriciens de la Grèce antique étaient végétariens. Ces références pourraient faire des émules : Platon, Socrate, Diogène, Aristote, Sénèque et Plutarque à la même période, Bouddha, Hippocrate et Pythagore cinq siècles auparavant.

Quand on médite sur le fait que l’élaboration d’une seule protéine animale demande sept protéines végétales, l’impact du régime carnivore erroné de l’espèce humaine s’avère considérable et déplorable pour l’équilibre mondial. Ces quelques chiffres qui circulent sur Internet et qui sont peut-être approximatifs en disent long : plus de la moitié de l’eau potable des États-Unis est destinée au bétail ; sur un demi-hectare de terre cultivable, on peut produire soit 70 kg de bœuf, soit 10.000 kg de pommes de terre ; de 7 à 16 kg de céréales ou de produits végétaux sont requis pour produire un seul kilogramme de viande ; il faut 30.000 à 60.000 litres d’eau pour faire 1 kg de viande de bœuf, et seulement 800 litres d’eau pour 1 kilogramme de blé ; la moitié des récoltes alimentaires mondiales sont mangées par le bétail ; 64 % des terres cultivables de notre planète servent à la production de viande (pâturage et fourrage) ; un « Multi Dommage » (comme Mc Donald…) s’ouvre toutes les 17 heures dans le monde, ce qui engendre la désertification de 125 km2 par jour de forêt humide ; comme il faut 5 kilogramme de poissons pour produire 1 kilogramme de farine, et qu’il faudra 5 kilogramme de cette farine pour qu’un bœuf ou un porc produise 1 kilogramme de viande, ce sont donc 25 kg de poissons qui ne servent qu’à la production d’un seul kilogramme de viande ! La consommation annuelle mondiale d’engrais de synthèse est passée de 7 millions de tonnes en 1945 à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de tonnes aujourd’hui ; 500 types de pesticides sont employés dans l’agriculture industrielle, soit 1,5 à 2 tonnes par habitant, par culture et par an, en Europe ; en 1997, la quantité d’antibiotiques vétérinaires utilisée dans l’Union européenne s’est élevée à plus de 10.000 tonnes ; un panel de plus de quatre-vingt produits différents peuvent être injectés aux cochons modernes durant leur élevage ; les producteurs canadiens de volailles, de porcs, de bovins et de poissons utilisent plus de 20.000 tonnes d’antibiotiques par an en injections, ou incorporées à la moulée ; 80 % des animaux élevés en batterie sont malades ; une trentaine d’hectares de forêts sont détruites chaque minute ; 300 tonnes d’humus disparaissent chaque minute ; plus des trois quarts des terres arables qui existaient lorsque les Européens colonisèrent l’Amérique, ont déjà disparu ; les excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les Etats-Unis et l’Europe, où cela entraîne 50 % de toute la pollution des nappes phréatiques ; le bétail des pays riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois réunis ; un bœuf fournit 200 kg de viande, soit 1.500 repas. Les céréales qu’il a mangées auraient pu servir 18.000 repas ; la consommation carnée utilise 60 % des réserves d’eau mondiale ; il faut 400 litres d’eau à l’heure, 24 sur 24 h, pour faire face aux besoins alimentaires d’une seule personne carnivore ; plus de 50 millions d’enfants meurent de faim chaque année ; un Américain sur trois et un Français sur quatre sont obèses ; 71 % des graisses et protéines qui sont consommées en France sont d’origine animale ; pour fournir 50 kg de protéines, un animal a dû consommer au minimum 800 kg de protéines végétales ; une pisciculture étasunienne de saumons de 8 ha occasionne autant de déchets qu’une ville de 100.000 habitants ; 120.000 tonnes de crevettes ont été produites ces cinq dernières années dans les régions marécageuses de Thaïlande, détruisant ainsi 800.000 tonnes d’autres espèces.

Pour un monde équitable, solidaire et durable, une sensibilisation massive s’impose pour la restriction progressive du régime carné, quelles que soient les conséquences pour les filières économiques concernées. Quand un mal est défini, on tente de l’éliminer, du moins de le contrôler. En cas contraire, c’est un contrat tacite d’ordre mafieux. Les mesures à édicter passent par la plus sévère taxation de tous les produits carnés. Il en va de même pour bien des espèces de poisson si l’on veut limiter la casse halieutique. Les ressources des mers sont pour la plupart au plus bas. Et je ne reviendrai pas ici sur la question empathique du « cri du poisson », car après tout un thon mérite tout autant le respect qu’un chien ou un poney, et les méthodes utilisées pour sa pêche sont des plus barbares.

(Extrait de DICTATURE VERTE, Michel Tarrier)


Dernière édition par AMBRE le Mer 30 Mai 2012, 11:19, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 27 Déc 2011, 19:45



« Adieu veau, vache, cochon, couvée… »
(Jean de La Fontaine, La laitière et le pot au lait)

Batteries, bétaillères et autres abattoirs.
Machines à viande, machines à lait, machines à œufs.

« La consommation de viande éteint la graine de la grande compassion. »
Bouddha

« Mais pour une petite bouchée de viande, nous privons une âme du Soleil et de la lumière, et de cette portion de vie et de temps dont sa venue au monde la destinait à profiter. »
Sénèque

« J'ai renoncé très jeune à manger de la viande et le jour viendra où les hommes, comme moi, considéreront le fait de tuer des animaux comme ils considèrent aujourd'hui le fait de tuer des hommes. »
Léonard de Vinci

« En aucune façon, l'homme n'a la constitution d'un carnivore. Chasse et voracité ne lui sont pas naturelles. L'homme n'a ni les dents acérées ni les griffes pour tuer sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des légumes, et ses dents sont appropriées pour les mâcher. (…) En résumé, nos vergers offrent tous les délices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulé et d'une abominable puanteur. »
John Ray

« Se nourrir des animaux n'est pas loin de l'anthropophagie et du cannibalisme. La même quantité de terre utilisée pour paître et nourrir du bétail pourrait nourrir dix personnes ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains ou petits pois, cela pourrait nourrir une centaine de personnes... Le bassin d'Orinoco peut produire suffisamment de bananes pour nourrir l'humanité entière confortablement. »
Alexander von Humboldt

« Le classement des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d'une façon évidente que la nourriture normale de l'homme est végétale comme les anthropoïdes et les singes, que nos canines sont moins développées que les leurs et que nous ne sommes pas destinés à concourir avec les bêtes sauvages ou les animaux carnivores. »
Charles Darwin

« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. »
Léon Tolstoï
« Je n'ai aucun doute que c'est la part du destin de la race humaine dans son développement graduel d'arrêter la consommation des animaux, comme certainement les tribus sauvages ont arrêté de se manger les unes les autres quand elles sont entrées en contact avec les plus civilisés. »
Henry David Thoreau

« Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis. »
George Bernard Shaw

« Je crois que l'évolution spirituelle exige, à un certain stade, que l'on cesse de tuer nos frères les animaux pour la satisfaction de nos désirs corporels. »
Mohandas Karamchand Gandhi

« Pensez de temps en temps à la souffrance que vous évitez de voir. »
Albert Schweitzer

« Rien ne peut être meilleur pour la santé de l'homme et augmenter ses chances de survie sur Terre que l'évolution vers une alimentation végétarienne. »
Albert Einstein

« Face à la souffrance humaine ou animale, le cœur et la compassion ne se divisent pas. »
Théodore Monod

« Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. »
Théodore Adorno

« Les gens disent souvent que les humains ont toujours mangé les animaux, comme si c'était une justification pour continuer la pratique. Selon cette logique, nous ne devrions pas essayer d'empêcher les gens d'assassiner d'autres personnes, puisque ceci existe aussi depuis les tous premiers temps. »
Isaac Bashevis Singer

« Je ne vois aucune raison à ce que les animaux soient abattus pour servir l'alimentation humaine quand il y a autant de substituts. Après tout, l'homme peut vivre sans viande. »
Tenzin Gyatso



(Extrait de NOUS, PEUPLE DERNIER, Michel Tarrier)
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 27 Déc 2011, 19:46



Le contingent français des animaux fermiers était, rien qu’en 1999, de 320 millions de volailles, 20 millions de bovins, 23 millions de porcins, 9 millions d’ovins (Source : SOFRES). 5 milliards d’animaux de boucherie et plusieurs milliers de milliards de poissons sont chaque année consommés aux États-Unis, soit 25 animaux et 12.500 poissons par personne ! Le dernier chiffre fantastique enveloppe la pêche minotière (fabrication des farines animales dont nous nourrissons nos animaux de boucherie…). Ce panorama chiffré permet d’apprécier à sa juste valeur la ponction imposée par le régime carnivore de l’homme… naturellement frugivore.
Allez savoir pourquoi, pour relativiser ou anéantir la question d’un souci pour le bien-être animal, la plupart de nos contemporains mettent dans la balance-conscience celle des droits humains, par exemple des enfants, et notamment de ceux qui meurent de faim ? Humains avec les animaux et inhumains avec les gens… Combien de fois ai-je entendu dire que Bardot aurait mieux fait d’élever son fils, plutôt que de s’occuper des petits veaux et des bébés phoques… ! Le but est à chaque fois de décontenancer l’empathie pour l’animal inférieur, en culpabilisant sur le petit de l’animal dominateur. Comme si le mal infligé par la faute des disparités iniques et issues de nos économies de profits, devait être expié par des êtres encore plus démunis, soumis et exploités que sont les animaux ? Étrange tentative de disqualification et de justification, curieuse échelle des valeurs et des priorités, laquelle, jusqu’en 1968 et aux États-Unis, se faisait aussi entre Blancs et Noirs. Les petits de l’homme bénéficient partout des mêmes droits de l’homme pour être protégés et défendus. À l’humanité d’en faire usage, en tous lieux, en tous moments. Ce qui n’est pas le cas de l’agneau ou du veau, qui ne sont regardés que comme des machines à viande. Et puis cette vision – encore une fois très monothéiste – a bien mauvaise conscience et n’est justifiée que par une mauvaise foi (y en a-t-il une bonne ?!) doublée d’ignorance. Et ces œillères de charretiers que nous portons et qui nous arrangent, ce ne sont pas les chevaux qui nous les imposent, mais les prétendants de la boucherie chevaline… Enfin, petit rappel, l’élevage participe grandement et cyniquement à l’inégalité dans la répartition de la nourriture terrestre et la dévastation de l’environnement (grand émetteur de méthane). La famine des autres est dans nos cruelles assiettes. L’attitude végétarienne provient donc en tout premier lieu d’une motivation humanitaire.

Un B.A.BA d’anatomie comparative nous enseigne que le régime alimentaire naturel des hominidés est du type omnivore à dominance frugivore, la viande ne correspondant qu’à un apport subsidiaire et occasionnel. Les excès de consommation de produits carnés par l’homme moderne sont inspirés par une dérive gourmande et contre-nature. Cette déviance induit maladies coronariennes, hypercholestérolémie, accidents vasculaires cérébraux et certains cancers. On nous le dit, on nous le répète, et pourtant… Sans le moindre état d’âme à l’égard de la condition faite aux animaux, le rayon boucherie de nos hypermarchés poursuit imparablement la quête de sa pierre philosophale, de sa poule aurifère, qui doit être quelque chose comme le porc à quinze côtes, la truie à trois portées, la vache à engendrer deux veaux… Les majors boulimiques de l’agro-industrie ont déjà enfanté du poulet sans plumes, de la plante sans semence, sans que l’absurdité de leurs objectifs ne pose un quelconque problème sociétal, le consommateur étant conditionné à penser que c’est pour son bien, voire mieux, pour nourrir la faim dans le monde. Maintenant qu’il suffit de transplanter un gène de la chose dans la bête, leurs labos ne vont pas se gêner pour ajouter du filet, retirer des pattes, faire des Chinois à grosses bites, des Birkin à gros nibards, des Sénégalais à yeux bleus, du jeune dans du vieux, de la saveur dans les tomates hors-sol, du poisson sans tête, du colza qui rend Étasunien. Vive la science ! De la merde.

La consommation de la viande et du lait est partout en hausse. Depuis un demi-siècle, la production mondiale de viande est passée de 44 millions à plus de 220 millions de tonnes. 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 13,5 milliards de poulets, 1,3 milliard de bovins et l milliard de cochons sont destinés à nos assiettes. Les États-Unis transforment chaque jour 1.000 tonnes de viande de bœuf en hamburgers, et chaque citoyen nord-américain dévore durant sa vie 9 bœufs de 500 kilogrammes. Un Français mange 100 kilogrammes de viande par an, trois fois plus qu’il y a un demi-siècle. Aux États-Unis, 70 % des céréales sont destinés aux animaux d'élevage, contre seulement 2 % en Inde. Dans un parc d'engraissement américain de 37.000 bovins, 25 tonnes de maïs sont distribuées chaque heure. 90 % des cultures de soja, dévoreuses d’écosystèmes majeurs, vont aux animaux d'élevage pour la grande bouffe occidentale. Pour satisfaire à la demande, entre 1977 et 1980, le Brésil a augmenté de 400 % ses exportations de soja. Simultanément, 38 millions d’habitants étaient sous-alimentés et 10.000 petits Brésiliens mouraient de faim, Il faut 7 kilogrammes de céréales et 10.000 litres d’eau douce pour produire un seul kilogramme de bœuf. Un consommateur humain qui passe au tout végétal, ne serait-ce qu’une fois par semaine, fait montre d’une solidarité planétaire de l’ordre de 5.000 litres d’eau par an. Le choix du mode alimentaire est donc déterminant dans la valeur de l’empreinte écologique de chacun. Si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains. En l985, pendant la famine en Éthiopie, le pays exportait des céréales pour le bétail anglais. Même au Sénégal, la culture d’arachide pour le bétail se fait aux dépens de cultures vivrières pour la famille, et en Thaïlande la production de manioc est exportée pour les élevages occidentaux. La production carnée est au premier rang des causes du détournement calorique planétaire : 500 calories d'énergie alimentaire issues d’un steak d’un demi-kilogramme demandent 20.000 calories de carburant fossile à produire. Les voilà les chiffres de la gabegie ! Dans le système nord-américain qui nous obnubile, la moitié de l’eau dont la majeure partie est non-renouvelable, est dilapidée au profit de l’arrosage d’une agriculture servant à la nourriture des animaux d’élevage. La pollution des eaux, dont celle de nature pesticidaire, est en grande partie le fait des rejets de l’élevage productif. C’est aux méfaits de l’élevage qu’il faut attribuer 85 % de l’érosion de la fertilité des sols (déboisement, création de déserts agraires, désertification), et 20 % de l’augmentation de l’effet de serre causé par le méthane, gaz largement produit par les vaches que nous mangeons. On saccage 17 m2 de forêt tropicale, abritant une phytomasse de 75 kilogrammes de plantes vasculaires et de vie animale, pour produire un steak haché de bœuf, chiffre évalué pour l’Amérique centrale. 200 millions d’hectares de forêts tropicales ont été rasés depuis 50 ans pour faire place à des pâturages d’engraissement ou à des fermes « modèles » de bovidés (Source : FAO). En attendant d’amputer ce qui reste au profit des agrocarburants de première génération, nous transformons déjà des forêts en hamburgers tout en participant au réchauffement du globe. Le conducteur-carnivore est vraiment le vampire numéro un de la planète. Outre le fait qu’une alimentation végétarienne réduit le risque de mort par attaque cardiaque de 50 à 4 %, et divise par trois le risque de cancer du sein et des ovaires, on voit bien que l’exploitation des animaux par la boucherie est aussi l’une des grandes causes de la faim dans le monde. Il est donc pour le moins stupide de la part des carnivores bien-pensants d’argumenter la famine du tiers-monde pour relativiser le souci d’un meilleur respect dû aux animaux.

L’élevage en batterie entre dans les pratiques les plus ignominieuses de notre humanité. Poules, dindes, cochons, bovidés sont industriellement torturés au nom de la recherche d’un profit maximal. Mais la morale est que ce mauvais traitement retombe sur la santé de ceux qui consomment cette chair pétrie de souffrances et de poisons. Si j’étais de ceux qui tombent dans le panneau de l’animalisation, j’écrirais : « quand les « porcs » élèvent des cochons ! ». Bon an, mal an, l'Union européenne produit plus de 200 millions de porcs. 90 % de ceux-ci subissent le triste sort de la détention à vie, confinés dans un espace de 0,66 mètre pour un animal de 100 kilogrammes, traitement réservé à un saucisson vivant, rien de plus. Après son insémination, la truie est placée pour trois mois dans une stalle individuelle en pleine obscurité, où elle est détenue sanglée, sans pouvoir ni se lever, ni se coucher, afin de permettre des économies de nourriture. Peu avant la naissance de ses porcelets, elle est placée en immobilisation forcée dans une cage de mise-bas, où ses petits pourront téter à loisir. Les instincts maternels de la mère sont déniés, elle ne peut pas confectionner un nid pour sa mise-bas, ni approcher ses petits. Entre les administrations d’anxiolytiques et d’antibiotiques, mordre les barreaux reste sa seule compensation pour survivre à ce stress. Les porcelets ont la queue et les dents coupées sans anesthésie, les mâles sont castrés à vif. Ils sont sevrés précocement afin que la truie recommence sans plus attendre un nouveau cycle. Ils sont ensuite placés dans l'obscurité sur un sol en claire-voie (déformations, nécroses des pattes) pour être engraissés d'aliments composés de céréales, de farines animales et d’antibiotiques, un cocktail d’accélérateurs de croissance. Pour augmenter les portées et stabiliser les cycles de fécondité, les femelles sont traitées aux hormones et aux stéroïdes. L’odyssée du transport vers l'abattoir a généralement lieu de nuit et les porcs ne verront jamais la lumière du jour. Incapables de se mouvoir, certaines truies sont treuillées dans le camion. Leur chair meurtrie n’est déjà plus que rillettes ou saucisson.

En France, plus de la moitié des émissions de méthane provenant des activités anthropiques proviennent de l’élevage du bétail (Source : Rapport Stern). Et le potentiel de réchauffement global du méthane est 25 fois celui du CO2. Ce même bétail induit l’émission de 40 % d’ammoniaque, cause prééminente des pluies acides. Les nuisances environnementales et les atteintes à la santé publique de telles entreprises nocives sont donc peu imaginables. Lorsqu’on découpe un bifteck ou une côte de porc dans notre écuelle cannibale, outre l’acte cruellement contre-nature que cela représente, il faut bien songer à l’égoïsme que cela implique envers les peuples défavorisés et à l’impact incommensurable stupidement accompli à l’égard de l’environnement terrestre. Les déjections porcines représentent 60 millions de litres de lisier (purin) déversés chaque jour en France, au nom du lobby agro-alimentaire. L’exemple breton donne la nausée. Avec seulement un Breton pour trois cochons, et donc presque 9 millions de porcs (60 % de la production française sur seulement 6 % de la surface agricole nationale) – auxquels il faut inclure 77 millions de volailles en batterie - la Bretagne, en proie à une « marée verte » est en deuil de ses eaux de sources et de ses sols. Les nitrates issus du lisier ont infesté toute la péninsule, à tel point que l’eutrophisation irréversible des rivières et des nappes phréatiques est de l’ordre de 60 % et que les légumes de bien des secteurs sont désormais impropres à la consommation. C’est une pandémie organisée.

À la production de la viande s’ajoute celle laitière, intensive : l’exploitation du cheptel bovin est éthiquement inqualifiable. L'image de la vache - reine des près - paissant paisiblement dans la verte prairie et se laissant traire avec allégresse par l’aimable fermière toute rougeaude est un pur produit d’agence qui cache une bien affligeante réalité. Comme tout mammifère, notre brave vache a besoin de mettre bas une fois l’an. Il n’en est plus question ! Et si on laisse le veau téter, la vache va freiner la descente de son lait et nuire à la productivité imposée par le Crédit Agricole de son fermier-proxénète. La fin justifie les moyens. Le veau lui est donc retiré quelques jours après sa naissance. Les vaches sont très maternelles et le stress qui en résulte est incommensurable. Si le veau est une future génisse, elle ira rejoindre le bataillon d'autres vaches laitières. Sa première grossesse aura lieu à deux ans, puis elle sera à nouveau fécondée trois mois après chaque vêlage, par insémination artificielle dans 70 % des cas. Elle sera maintenue en lactation sept mois au minimum par an et l'éleveur continuera à la traire même pendant sa grossesse. Ce productivisme outrancier est si exténuant qu’il réduit le potentiel de longévité de l’animal, de vingt années à seulement cinq. C’est ainsi que les trois quarts de la viande bovine proviennent de vaches laitières sacrifiées pour causes de stérilité ou de rendements médiocres. Séquestrés dans des caissettes à claire-voie, les veaux à viande sont dans l'incapacité de se retourner, car tout exercice augmenterait leur développement musculaire, durcirait leur chair, et ralentirait leur prise de poids. La diarrhée, due à un régime inadapté mais savamment calculé pour leur causer une anémie donnant une chair blanche, rend les lattes glissantes, et les veaux tombent souvent, se blessant les pattes. C’est pourquoi à leur arrivée à l'abattoir, beaucoup d'entre eux peuvent à peine marcher. 50 % de la production d’antibiotiques vont aux animaux d'élevage, sont administrés par ingestion subthérapeutique et se retrouvent dans nos corps et dans les sols. Pour « faire » un veau de boucherie, il faut donc : le priver de sa quantité suffisante de lait maternel, le transporter à l’encan par camion dès son plus jeune âge, le faire vivre au voisinage d'animaux malades et mourants, le vendre à des usines où, enchaîné à vie dans un cageot individuel de quelque 60 centimètres de large, on lui ôtera toute faculté de marcher, de s’allonger, de s'ébrouer et de jouer, le maintenir à l'obscurité pour diminuer son agitation, le priver de litière, le nourrir par des surplus de lait écrémé gouvernemental, lui supprimer toute nourriture solide, le rendre anémique, l’infester de maladies respiratoires et intestinales.

La vie faite à nos frères mammifères les cochons et les bovidés est invivable, mais l’immense majorité du milliard et demi d’animaux mangés en France sont des volailles. La vie de 90 % de ces oiseaux qui se déroule en batterie sous lumière permanente est un supplice. Les gentils végétaliens ne doivent pas se tromper d’adresse car la poule de ferme, aux œufs d’or bio, ne court plus les poulaillers.
« La pire torture infligée à une poule de batterie est l’impossibilité de se retirer quelque part pour pondre. Pour la personne qui connaît un peu les animaux, il est réellement déchirant de voir comment une poule essaie et essaie encore de ramper sous ses voisines de cage pour y chercher en vain un endroit abrité. »
Konrad Lorenz

6 milliards de poulets sont abattus chaque année au sein de l’Union européenne. Plus de 90 % des poules pondeuses sont soumises à un élevage intensif, dont le sadisme extrême est le recours à l’éclairage intensif incessant, visant à accélérer la croissance en exploitant la photophase. Les volailles sont entassées dans des hangars sans fenêtre, pouvant contenir de 10.000 à 70.000 individus. Les poules sont incarcérées dans des séries de cages superposées dont chacune contient 4 à 5 sujets. Chaque poule ne dispose pas plus de 550 cm2, c'est-à-dire l'équivalent d'une feuille de papier A4. Le gallinacé n’est finalement heureux que lorsqu’il arrive dans le four où il dispose enfin de quatre fois plus d’espace « vital »… Dans une indifférence totale, c’est l’animal qui paie le plus lourd tribut à notre perversion carnivore. Nonobstant quelques frayeurs passagères causées par des intoxications massives, la consommation de cette viande ne cesse de s’accroître : depuis 1940 en France, elle est passée annuellement de 6,8 à 22 kilogrammes par personne ! Comme la chair du poulet industriel a une croissance disproportionnée par rapport à son cœur et à ses poumons, beaucoup d’oiseaux développent donc des problèmes cardiaques et un douloureux gonflement de l’abdomen. 1 % des poulets décèdent d’ascite, soit environ 7 millions chaque année en France. Quand les animaux fourbus se couchent, le contact prolongé avec des litières pleines de déjections ammoniaquées occasionne des brûlures et des ulcères aux doigts et aux pattes, et des ampoules à la poitrine, souvent visibles au travers du conditionnement « prêt à cuire ». Les muscles du poulet grossissent aussi en disproportion avec le squelette. Résultat, la plupart ne peuvent plus marcher. Après avoir pondu 300 œufs en 400 jours, la chair infecte de ces vieilles poules exténuées finit dans une soupe en sachet ou dans de la nourriture pour chats et chiens. La filière avicole fait des prouesses. Bon appétit !

Les abattoirs sont des centres d’extermination massive où les victimes sont traitées d’une manière abjecte et sans la moindre compassion, au nom d’un rendement qui confine à l’effroi. À tel point qu’on ne cesse de nous montrer aux informations télévisées tel ou tel « trop » mauvais traitement sur telle espèce qui, entre les images de deux guerres interhumaines, nous font tout aussi honte. Les lois protectrices se résument à l’étourdissement de l’animal ou à l’usage du pistolet percuteur… et à la lobotomie citoyenne. Elles ne s'efforcent que d’esquiver la souffrance lors des derniers instants. C’est ignorer que les candidats à l’abattage des nouveaux convois sont pris de terreur en percevant parfaitement la mort des milliers de victimes qui les ont précédés. Tous les bouchers et les bourreaux savent cela.

En renonçant au régime carné, ou en reléguant la viande à une consommation subsidiaire, il s’agit tant de mettre un terme aux affres environnementaux du pâturage intensif, que de soulager considérablement la faim dans les pays exploités, d’assurer aux pays exploiteurs une alimentation moins pathogène et dégénérative, d’établir un rapport moins barbare entre les animaux éleveurs que nous sommes et les animaux élevés, lesquels le sont très généralement dans des conditions abominables. L’effet dissuasif que l’on pouvait espérer de la vache folle, véritable effet boomerang de nos viles exactions, n’a duré qu’un temps. Attendons donc la prochaine et méritée volée de bois vert pour nous lamenter sur des méfaits qui ne sont que bel et bien mérités.

Salmonellose dans les œufs de batteries, vache folle au prion, poulets à la dioxine, viande de porc aux nitrates et aux nitrites se transformant dans notre corps en nitrosamines hautement cancérigènes, charcuteries à la listériose, cancer du pancréas par les viandes grillées, cancer du colon proximal et distal dus aux viandes rouges et transformées, cancer du sein (dit à récepteurs hormonaux positifs), les carnivores-kamikazes sont prêts à affronter les pires maux pour continuer à mettre de la souffrance animale et du cadavre dans leur assiette, et à permettre le plein emploi à la filière bouchère.

(Extrait de NOUS, PEUPLE DERNIER, Michel Tarrier)
Citation :
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Michel Tarrier
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 27 Déc 2011, 20:55

Végétarisme - spiritualité - philosophie

Pourquoi une alimentation végétarienne?


La plupart des gens ont l'impression qu'un repas sans viande est incomplet car, depuis des temps immémoriaux, le fait que la viande constitue la meilleure nourriture pour l'homme a été considéré comme un axiome indiscutable. On ne voyait dans les autres aliments que de simples compléments aux divers types de viande figurant au menu des repas. Rien n'est plus faux. Les expériences scientifiques actuelles prouvent invariablement que les principes nutritifs obtenus des végétaux ont le pouvoir énergétique le plus grand et la raison en est aisément trouvée lorsque nous examinons cette question du point de vue occulte.

La Loi d'Assimilation stipule: "aucune particule de nourriture ne peut être assimilée par notre corps tant que les forces qu'elle contient n'ont pas été subjuguées par l'Esprit qui demeure en chaque homme." Cet Esprit doit être le gouverneur absolu et indiscuté de notre organisme, gérant ses cellules comme un autocrate, sous peine de les voir reprendre leur indépendance, ce qui est le cas après la mort, lorsque l'Esprit Intérieur s'est retiré et que le corps se décompose.

Le niveau de conscience des cellules détermine leur pouvoir d'individualisation. Plus ce niveau est bas, plus il est aisé pour l'Esprit Intérieur d'agir comme gouverneur des fonctions vitales de l'organisme qu'elles composent. Les cellules consommées par un organisme ont, elles aussi, leur forme de conscience individuelle et collective. C'est pourquoi, le niveau atteint par leur "développement "spirituel" est un facteur à prendre en considération en matière d'alimentation.

Les divers règnes évoluant sur notre planète sont composés de différents véhicules et ont, par conséquent, des niveaux de conscience différents.

Les minéraux n'ont qu'un véhicule physique, et une conscience comparable à l'état de transe la plus profonde. C'est pour cette raison que la solution la plus facile serait de s'approprier les forces contenues dans des aliments directement pris du règne minéral. C'est la nourriture minérale qui serait susceptible de demeurer le plus longtemps dans notre organisme, supprimant la nécessité de manger si souvent mais, malheureusement, nous constatons que les vibrations du corps humain sont trop rapides et qu'il est incapable d'assimiler directement les particules inertes du règne minéral. Dans un organisme en bonne santé, le sel et autres substances minérales sont éliminés immédiatement, sans être nullement assimilés. Nous avons besoin d'une grande quantité d'azote pour reconstituer les cellules détruites par nos activités quotidiennes; l'air que nous respirons en contient une grande quantité et, pourtant, nous ne pouvons pas l'assimiler car il provient directement du règne minéral. Pour que l'azote, ou tout autre substance minérale, puisse être assimilé, il faut que ses énergies aient été transmutées dans le laboratoire de la Nature et soient devenues partie intégrante d'un autre règne: le règne végétal.

Les plantes ont un corps physique et un corps éthérique, et c'est ce dernier qui leur permet de faire ce travail de transmutation. Leur conscience est comparable à un sommeil profond et sans rêves. C'est pourquoi il est facile pour l'homme qui les consomme de maîtriser les forces contenues dans les cellules végétales et de les maintenir sous son contrôle pour une longue période de temps, ce qui explique le grand pouvoir énergétique des végétaux.

Dans la nourriture d'origine animale les cellules qui la composent sont déjà plus individualisées et, comme les animaux ont un corps du désir qui leur confère une nature passionnée, il est aisé de comprendre que, lorsque nous consommons de la viande, il est plus difficile de maîtriser l'énergie qui émane de ces cellules jouissant d'une conscience animale comparable à la conscience de rêve, et aussi que cette énergie ne demeurera pas longtemps sous contrôle. C'est pourquoi un régime carné réclame des aliments en plus grande quantité et des repas plus fréquents que le régime qui ne comporte que des fruits et des légumes.

Si nous poussions la chose un peu plus loin et nous nourrissions de la chair d'animaux carnivores, nous aurions la sensation d'être sans cesse affamés car dans ces animaux les cellules sont devenues très individualisées et, en conséquence, cherchent d'autant plus vite à gagner leur liberté. Une consommation de viande excessive peut être supportée par notre organisme mais produit de l'acide urique, très toxique, et il est largement reconnu maintenant que moins nous consommons de viande mieux nous nous portons.

Il est naturel de rechercher la meilleure nourriture possible et nous devrions nous rappeler que tout organisme d'origine animale porte en lui les poisons de la décomposition. Le sang veineux est saturé de gaz carbonique et autres produits nocifs destinés à être éliminés comme urine et sueur par les reins ou les pores de la peau. Ces substances repoussantes sont disséminées dans toutes les fibres animales que nous consommons (viandes, poissons, crustacés...) et quand nous absorbons une telle nourriture, nous remplissons notre corps de substances toxiques. Bien des maladies sont le résultat d'un régime carné. Il a été largement prouvé qu'une nourriture carnée favorise l'agressivité. Nous pouvons mentionner la férocité bien connue des bêtes de proie, tandis que la force prodigieuse et la nature docile des boeufs, des éléphants et des chevaux montre le résultat d'un régime herbivore.

Dès que nous adoptons un régime végétarien, nous nous mettons à l'abri d'une des plus sérieuses menaces que rencontre notre santé: la putréfaction de particules de chair cachées entre certaines dents. Les fruits, les céréales et les légumes sont lents à se décomposer, de par leur nature même: chaque particule contient une grande quantité d'éther qui la maintient fraîche et en vie pour une longue période, tandis que l'éther qui imprègne la chair et forme le corps vital d'un animal s'échappe au moment de la mort, en même temps que l'esprit qui l'animait. C'est pourquoi le risque d'infection causé par les végétaux est très faible et, de plus, un grand nombre d'entre eux sont de puissants antiseptiques. Cela s'applique particulièrement aux agrumes: oranges, citrons, pamplemousses, etc., sans parler de leur "roi": l'ananas, et certains diététiciens modernes préconisent de ne pas les consommer avec d'autres aliments, au cours d'un même repas, si l'on désire retirer le plus grand bénéfice possible de leurs principes nutritifs.

Au lieu d'empoisonner l'appareil digestif, comme le fait la viande, en raison de la putréfaction qu'elle subit, les fruits nettoient et purifient notre organisme, et l'ananas est l'une des aides les plus efficaces que l'homme puisse trouver pour faciliter sa digestion. Il dépasse de beaucoup la pepsine et, pour l'obtenir, il n'est pas nécessaire de tuer les animaux chez lesquels les biochimistes vont la chercher.

Il y a douze sels dans notre organisme appelés sels biochimiques; ils ont une importance vitale et sont liés aux douze signes du zodiaque. Ces sels sont nécessaires à l'édification de notre corps. Ce ne sont pas des sels minéraux comme on le croit généralement, mais des sels végétaux. Les minéraux n'ont pas de corps vital or ce n'est que par le biais d'un corps vital que s'exerce la fonction d'assimilation. C'est pourquoi nous nous devons de nous procurer ces sels à partir du règne végétal si nous voulons assimiler correctement notre nourriture et nous faire un corps solide.

La chaleur détruit le corps vital des plantes et ne laisse que leur partie minérale. Si donc nous désirons renouveler les réserves de ces sels dans notre organisme, nous devons les trouver dans les fruits et végétaux non cuits. Comme le fait de cuire détruit ces sels biochimiques si précieux, notre régime alimentaire devrait contenir un grand pourcentage d'aliments crus. Les tisanes, que l'on doit bien laisser infuser sans les faire bouillir, sont également très riches en sels végétaux.

Mais nous ne devons pas non plus en tirer trop vite la conclusion que tout le monde devrait cesser de manger de la viande et opter immédiatement pour une nourriture entièrement crue. Bien qu'à notre niveau d'évolution actuel ce régime soit accessible à une quantité croissante d'individus, nous devons faire bien attention à ne pas élever trop rapidement le taux vibratoire de nos différents véhicules car, pour poursuivre notre tâche dans le monde dans les conditions matérielles qui prévalent actuellement, ils doivent être bien adaptés à ces conditions.

Les occultistes savent qu'il y a une "flamme" sous le crâne, à la base du cerveau. Elle brûle continuellement dans le bulbe rachidien, au sommet de la moelle épinière et est d'origine divine. Ce feu émet un son comparable au bourdonnement d'une abeille et représente la note de base du corps physique. Il magnétise et cimente les unes aux autres toutes ces cellules que nous appelons "notre corps."

Ce feu brûle avec plus ou moins d'intensité et de clarté selon la manière dont nous nous nourrissons. Cet élément feu est contenu dans toutes choses dans la Nature, sauf dans le règne minéral. Ce dernier ne possède pas de corps vital et n'offre donc pas de porte d'entrée à la pénétration de l'Esprit Vital, le feu. Nous nous rechargeons de ce feu sacré en partie grâce à la force solaire incolore qui pénètre notre corps vital par la contrepartie éthérique de la rate; de là, ce feu se dirige vers le plexus solaire, dont il traverse l'atome prismatique qui lui confère une couleur rosée, avant d'être distribué par le sang dans tout le corps. Nous alimentons également ce feu à partir du feu vivant que nous extrayons de la nourriture crue que nous absorbons et assimilons.

Quand nous examinons aussi la question de la consommation de viande d'un point de vue éthique, nous trouvons qu'il est contraire aux principes supérieurs de tuer pour manger. Nous avons une lourde dette à payer envers les créatures les plus faibles, dont nous devrions justement être les protecteurs, mais dont nous sommes les meurtriers. La bonne Loi de la Nature, qui travaille toujours afin de corriger les abus parviendra, peu à peu, à faire mettre au rebut des pratiques révolues l'habitude de consommer des animaux massacrés.

L'homme, dans les premiers temps de son développement était, à certains égards, comparable aux bêtes de proie. Mais comme il est destiné à devenir semblable à Dieu il doit cesser de détruire afin de pouvoir commencer à créer. Dans le passé, la nourriture carnée a favorisé un certain type inférieur d'ingéniosité chez l'homme; elle a eu sa raison d'être dans notre évolution, mais nous sommes maintenant à l'aube d'un nouvel Age, au cours duquel le sacrifice de soi et l'esprit de service apporteront une plus grande croissance spirituelle à l'humanité. L'évolution mentale permettra d'atteindre une sagesse dépassant les limites de notre entendement actuel mais avant qu'il soit sage de nous confier cette force spirituelle, nous devons devenir "doux comme des colombes." Autrement, nous serions capables de l'utiliser à des fins si égoïstes et si destructrices qu'elle deviendrait une menace indescriptible pour nos frères. Pour éviter ce danger, le régime végétarien doit être adopté.

Du point de vue pratique également, ce régime est avantageux. Le prix de plus en plus élevé de la viande incite les mères de famille à se tourner vers des produits de remplacement et peu à peu les consommateurs apprennent que la nourriture directement donnée par Dieu, les végétaux, est à la fois délicieuse et saine. Nombreux sont ceux qui, après avoir mangé plus de fruits et de légumes pendant un certain temps, réalisent qu'ils y ont gagné en santé et que, dans de nombreux cas, que cette amélioration physique a été accompagnée d'un progrès moral et intellectuel.

Il est scientifiquement reconnu qu'il faut entretenir cinq hectares de pâturages pour produire la viande nécessaire pour nourrir un seul homme. Si ces cinq hectares de terre étaient consacrés à de la culture organique, ils produiraient suffisamment pour subvenir aux besoins de plusieurs familles de taille moyenne. Vu l'accroissement de la population de par le monde, il deviendra bientôt nécessaire de cesser d'élever du bétail et de reconvertir les surfaces ainsi libérées en zones cultivables productrices de blé, de légumes et de fruits.

Dans cette période de changement, alors que naissent des Egos plus avancés, beaucoup parmi eux sont naturellement végétariens; une nouvelle race, qui a un plus haut niveau de conscience, naît parmi nous en ce moment, spécialement dans le monde occidental. Le Nouvel Age sera un âge végétarien, et tous ceux qui vont de l'avant suivront naturellement ce courant et deviendront végétariens; les autres resteront en arrière et seront classés parmi les retardataires de l'humanité.

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Autre question traitée concernant les enseignements rosicruciens, la tolérance et le végétarisme:

D'après l'enseignement rosicrucien, tout le monde doit-il adopter le végétarisme?
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mer 28 Déc 2011, 15:55

Je me pose la question : le végétarisme n'est-il pas une demi-mesure hypocrite pour se donner bonne conscience à bon compte (les végétaux souffrent autant que les animaux) ?... La véritable avancée n'est-elle pas de se nourrir de prana sans nécessité de tuer d'autres êtres vivants ?...
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AMBRE

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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mer 28 Déc 2011, 16:24


Bonjour Grok,

Citation :
La véritable avancée n'est-elle pas de se nourrir de prana sans nécessité de tuer d'autres êtres vivants ?

Tu rentres dans un tout autre débat là!
Qui à cette heure peut se targuer de se nourrir de prana?
Même la grande prêtresse Jasmuheen , à mes yeux n'est pas réellement crédible quand elle prétend "enseigner" comment se nourrir de Lumière, même si je ne conteste pas le fait qu elle puisse le faire!

je vous partage un article dès plus pertinent sur ce sujet:

Vivre sans manger : quand le « miracle » devient profane
par Alain Maillard*
Le Breton Henri Monfort aurait cessé de manger en 2002, le chimiste allemand Michael Werner en 2001. Ils n´ont rien inventé : "l´inédie", mot latin pour absence d´alimentation, a une longue histoire. Des saints catholiques, des sages hindous et soufis auraient vécu des années en se nourrissant de "lumière", ou de "prana".


Quand, en l´an de grâce 1467, la nouvelle se répandit jusqu´en plaine que l´ermite Nicolas n´absorbait aucune nourriture corporelle, solide ou liquide, le gouvernement d´Obwald jugea bon de vérifier. Des hommes assermentés cernèrent sa cabane pour vérifier qu´il ne recevait pas d’aliments en cachette. Selon ce que rapporte quelques années plus tard le chanoine de Berne Henri Wölfli, ce fut en vain. « Après un mois d’une surveillance stricte et sévère, ils ne découvrirent absolument rien qui ressemblât à de l’hypocrisie ou à du charlatanisme religieux. » S´inclinant devant ce miracle - car ce qui se tramait là, "Dieu seul le sait" - on leva la surveillance. Avait-elle été imparfaite ? Nicolas de Fluë, loin d´être dévoué à Dieu et à la paix, cherchait-il la gloire en trompant ses contemporains, au mépris des pélerins qui venaient de toute la chrétienté ?

Près de 500 ans plus tard, en 1947, Nicolas de Fluë fut canonisé. Mais la plupart des biographies ont en commun une gêne à évoquer ce jeûne total de vingt ans, qui pourtant fit alors sa renommée. Prenez par exemple le Dictionnaire historique de la Suisse : " Il vivait, disait-on, sans prendre de nourriture: cette nouvelle se répandit rapidement, attirant des curieux et alarmant les autorités. " Pas de mise en doute directe : on ne va quand même pas s´en prendre à l´honnêteté du saint patron du pays.


Pour ses biographes croyants, c´est évidemment la marque d´une grâce divine. Et ça ne les surprend guère, car les inédies n´ont rien d´inédit dans la tradition catholique. Catherine de Sienne, sainte patronne de l´Italie, jeûna pendant huit ans, dit-on, ne consommant qu´une hostie par semaine. Quand son confesseur lui ordonna de s´alimenter, elle obéit mais ne put que tout vomir dans "d´atroces souffrances". Sa survie appartient donc à la sphère du miracle - que sa bulle de canonisation considère comme avéré. On pourrait citer bien d´autres cas, parmi lesquels ceux d´Elisabeth von Reute ou de Thérèse Neumann. L´un des plus documentés est celui de Marthe Robin, qui n´est pas encore sainte, mais dont l´inédie aurait duré 52 ans, entre 1928 et 1981. Clouée au lit par une encéphalite léthargique, elle ne pouvait rien absorber en raison d´une paralysie du pharynx, attestée par un rapport médical.

D´autres traditions spirituelles, comme le soufisme, connaissent aussi cette extrême abstinence. Dans un livre sur "Les pouvoirs mystérieux de la foi", Jean Guitton et Jean-Jacques Antier citent par exemple le cheikh Murshid, « qui affirme n’avoir mangé, durant quarante ans, qu’un raisin sec par jour. » Dans son "Grand livre du jeûne", Jean-Claude Noyé affirme qu´« aujourd’hui encore, il n’est pas impossible de rencontrer, dans tel ou tel cercle soufi, l’un ou l’autre renonçant qui s’abstient totalement de manger – et peut-être même de boire – pendant de plus ou moins longues périodes. »

Evidemment, tous ces cas sont impossibles selon nos connaissances médicales. Le corps a besoin de calories, de vitamines, de fibres, d´eau. Faut-il donc mettre en cause, par exemple, la parole des nombreux médecins qui se sont succédés au chevet de Marthe Robin, concluant à l´inexplicable ? Pour ces médecins catholiques, la contradiction se dénouait dans la foi, et l´humilité devant les mystères divins. Et le reste de la communauté scientifique s´abstient de s´attaquer à eux, au nom du pacte de non agression qui s´est progressivement installé entre science et foi chrétienne.

Vivre de lumière


Ellen Greve, dite Jasmuheen.


Mais comment considérer le miracle quand il s´étend à des profanes ?

Ce qui est nouveau, depuis un peu moins de vingt ans, c´est que des milliers de personnes dans le monde (estimation forcément très vague) disent avoir cessé de s´alimenter dans une démarche qui ne s´inscrit pas dans une tradition religieuse, mais en suivant l´exemple de l´Australienne Ellen Greve (Jasmuheen). Cette femme élégante et controversée, plus connue sous le nom de Jasmuheen, donne sa recette dans un livre paru en 1996: "Living on Light" (Vivre de lumière). La méthode, qui lui aurait été transmise par une médium, est brusque, applicable en trois semaines, et apparemment efficace selon les témoignages disponibles. Elle a été suivie entre autres par Michael Werner, un Allemand vivant en Suisse, docteur en chimie et directeur d´un institut de recherches contre le cancer. Il aurait cessé de manger toute nourriture solide en 2001, mais boit un peu chaque jour. Son livre, "Leben durch Lichtnahrung", a été traduit en français par "Se nourrir de lumière".

Les titres de ces deux livres sont explicites: selon eux nos cellules peuvent se nourrir directement de l´énergie de la lumière. Il suffit que le corps reçoive clairement le message; si des grévistes de la faim dépérissent, par exemple, c´est parce qu´ils n´ont pas fait appel à la lumière. Martin, un enseignant suisse à la retraite qui, ayant lu le livre de Michael Werner, a ressenti comme une évidence le besoin de suivre son exemple, raconte qu´il a senti la mutation se produire dans son corps dans la nuit du troisième au quatrième jour de jeûne absolu. La clé, dit-il, c´est d´avoir suffisamment confiance pour passer ce cap critique des trois jours sans manger et surtout sans boire, ce qui est l´extrême limite du possible selon nos connaissances médicales.


La "lumière" est une notion plutôt vague. Le mouvement de Jasmuheen se nomme plutôt "respirianiste" ("breatharian"), laissant ainsi entendre que l´énergie nutritive se trouverait dans l´air inspiré. Mais faut-il vraiment situer cette énergie quelque part ? Dans la tradition hindoue, le "prana", énergie essentielle, ou cosmique, se situe au coeur de la réalité. La technique du Kriyâ Yoga, notamment, permettrait de libérer le corps du besoin de s’alimenter. Nombreux sont les yogis et maîtres spirituels qui auraient longuement cessé de s’alimenter, parmi lesquels Balayogi (1930-1985) ou Ramana Maharshi (1879-1950). Parmi les cas connus en Inde, on peut citer celui de Giri Bala, une paysanne qui, apparemment, ne cessa pas de manger dans une démarche spirituelle, mais par défi. Née en 1868, fiancée à l’âge de 9 ans et déjà placée dans la famille de son futur mari, elle ne supportait plus que sa belle-mère l’accuse de gloutonnerie. Dans son « Autobiographie d’un yogi », Paramahamsa Yogânanda raconte sa rencontre avec Giri Bala en 1950, alors qu’elle n’avait, selon ce qu´on en disait, rien mangé ou bu depuis 56 ans. Il lui demanda à quoi il servait qu’elle fût ainsi singularisée, elle répondit : « A prouver que l’être humain est esprit. »

Plusieurs recherches scientifiques ont été menées en Inde à ce sujet et ce qui en est rapporté pourrait donner à penser que le phénomène est prouvé - à moins de mettre en doute la sincérité ou la compétence des scientifiques impliqués. Prahlad Jani, qui à 83 ans affirme avoir survécu depuis l´âge de 8 ans sans manger, boire, ou se soulager, a accepté à deux reprises, en 2003 et en 2010, de se soumettre à une surveillance de 24 heures sur 24, sous l´oeil d´une caméra, dans un hôpital d´Ahmedabad. Selon ce qu´en rapporte l´AFP, les médecins ont été convaincus que Jani n´avait effectivement rien absorbé pendant deux semaines. "Nous ne pouvons exclure les hypothèses comme celle d´une source d´énergie autre que les calories", a déclaré le docteur Sudhir Shah, un neurologue jaïniste que d´autres médecins soupçonnent de parti pris religieux.

Une expérience scientifique

Une expérience scientifique menée en Europe, en revanche, n´a pas convaincu les chercheurs. C´était en Suisse, où Michael Werner a été enfermé sous surveillance pendant dix jours, en 2004, ne pouvant que boire de l´eau ou du thé. Dans leurs conclusions rendues publiques quatre ans plus tard (pourquoi autant ?), les médecins relèvent qu´il a perdu 2,6 kilos, ce qui montre que son corps n´a fait que puiser dans ses réserves. Il ne saurait donc être question d´alimentation par la lumière. Michael Werner, lui, explique sa perte de poids par l´air sec dans la clinique. Jasmuheen, elle aussi, accepta d´être surveillée, pour une émission télévisée en Australie, mais l´expérience fut interrompue après quatre jours, à la demande du médecin superviseur, parce qu´elle avait perdu 6 kilos et montrait des signes inquiétants de déshydratation. Jasmuheen affirme que les résultats ont été falsifiés.

Nullement découragée, Jasmuheen parcout le monde en proposant des séminaires. J´ai pu assister à l´un d´eux pendant quelques heures, en novembre 2008, à Zurich. Le séminaire n´avait pas pour objet de montrer comment cesser de manger; il avait modestement pour titre : « Nouveaux mondes, nouveaux être humains, chemins vers la paix universelle. » Elle a parlé de la méditation, de prière, elle a prêché pour des changements dans nos mode de vie. Selon elle, l´inédie n´est qu´une réponse parmi d´autres aux maux de l´humanité moderne. Ses détracteurs insistent sur le coût de ses formations (le séminaire de deux jours à Zurich coûtait 380 francs suisses, environ 250 euros), ainsi que sur les dangers de sa méthode, responsable d´au moins trois morts (ce qu´elle conteste).

Imposture ? Peut-être. Mais peut-on, à partir d´un cas particulier, réduire tout le phénomène inédique à une imposture, quand on en mesure l´ampleur dans l´histoire ? A quand une étude approfondie et sans préjugés ?

* Alain Maillard est animateur de Médialogues sur la Radio suisse romande.


un autre texte de Félix nous dit ceci :


Citation :
Sunday, June 07, 2009
La constipation transcendantale

Des phénomènes mystérieux parsèment les biographies d’authentiques mystiques. Ces phénomènes ne sont jamais recherchés, ils sont plus subis que montrés. L’abstinence alimentaire de longue durée, nommée inédie, figure parmi les faits surprenants de la vie de certains extatiques.

De nos jours, des personnes sont persuadées qu’il est possible d’échapper aux lois de la nature et au transit intestinal qui se termine dans ce modeste lieu d’aisance où l’on peut encore lire de vieux Spirou, Pif, Pilote... Ce soulagement quotidien, parfois trop sonore, mortifie-t-il des âmes en cours d’ascension ? Toujours est-il, des néo-spiritualistes, intégristes de la suprématie de l’esprit et adorateurs de grands maîtres ascensionnés, ne veulent plus faire caca…

Quand les banques doivent être renflouées et que le chômage frappe une partie importante de la population, faut-il proscrire l’usage du tube digestif pour être moins dans la merde ?
La réponse à cette question ne fait aucun doute pour une nouvelle espèce de sectateurs, les goulus de l’énergie prânique. Le prâna, c’est le carburant des adeptes qui veulent plus aller aux toilettes, il remplace les grossières nourritures terrestres et «remplit l’existence de bonheur» (sic).

L’Australienne Ellen Greve, alias Jasmuheen, est la prophétesse de la secte des amateurs de pranâ, les respirianistes. J’avais vu cette femme dans une conférence à Avignon. Elle racolait les clients pour ses séminaires particulièrement onéreux tout en colportant le message des maîtres ascensionnés. L’escroquerie ne doit faire aucun doute quand il y aune opération mercantile derrière n’importe quel discours spiritualiste.

A la suite de Jasmuheen, de petits malins se lancent dans la carrière de gourou de la constipation transcendantale (respirianisme). On signale un français ; une vidéo montre un hâbleur, évidemment assis à la mode des gourous orientaux, qui s’efforce de séduire des clients pour ses stages. Images éloquentes sur la méthode de séduction de ce gourou mielleux et abject. Il faut savoir que l’enjeu est de taille et la naïveté des quidams est incommensurable. Jasmuheen est devenue très riche malgré les dangers que présente sa méthode. Plusieurs décès ont pour cause le respirianisme qui est en réalité un conditionnement de nature anorexique. Les personnes qui sont hantées par le désir de s’abstenir de toute alimentation ne sont pas équilibrées, ce sont les victimes désignées de prédateurs sans foi ni loi.
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mer 28 Déc 2011, 17:08

pour faire suite sur l inedie:

Une statue représentant le Bouddha historique en jeûne extrême pendant 4
9 jours!

Citation :
Le terme inédie (parfois appelé respirianisme ou pranisme) s'emploie à propos d'une personne qui ne se nourrit pas, volontairement, sans qu'il existe de causes physiologiques ou médicales et généralement pour des motivations d'ordre religieux ou mystique.

Pour un être humain en bonne santé, un régime sans eau est généralement mortel après une semaine. Sans nourriture solide, il n'est pas possible de survivre au-delà de quarante à soixante jours.
Depuis la fin du xxe siècle, des individus, principalement issus du courant New Age ou s'inspirant de notions traditionnelles indiennes, prétendent qu'il est possible de s'alimenter sans manger, en captant une prétendue forme d'énergie qui nous entoure, appelée prana ou chi : ils parlent de respirianisme ou de pranisme.
Le point de vue de la plus grande partie de la communauté scientifique est que ces allégations sont fausses et que ceux qui en font la promotion seraient des manipulateurs ou des mythomanes.
suite
à ne pas confondre avec l 'anorexie, voir ici LA FAIM DE L'AME
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Jeu 29 Déc 2011, 04:37

Ah, oui, il y a une sorte de "changement de paradigme", là (avec l'inédie) ; "se nourrir de lumière" (est-ce que cette expression est exacte ; "se nourrir sans tuer" me conviendrait). Alors des réflexes d'incrédulité s'expriment, allant jusqu'aux attaques personnelles sur untel ou unetelle (qui les méritent sans doute aussi).

...Et pourtant, les cas attestés existent, nombreux... De Marthe Robin (ni New Age ni hindoue, et pas forcément exemplaire non plus) aux autres qu'on peut répertorier deci delà...

Ambre a écrit:
Qui à cette heure peut se targuer de se nourrir de prana?

>>> Pas moi, mais il va vraiment falloir que j'essaye, sans suivre Jasmuheen ni Henri Montfort. Et si c'était beaucoup plus simple que ce qu'on pourrait croire ?... Il me semble que l'Évangile de Jean le mentionne aussi (de mémoire ; il faut que je vérifie).
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MessageSujet: Le Sermon de la Grande Prêtresse    Mer 30 Mai 2012, 09:15

Je suis végétarienne depuis des années, ET j'adhère beaucoup sur le fond de cet article!
Ne pas faire d' amalgame avec ce que je nommerai le Végétarisme Gnostique, qui n'a de "définition" que dans un parcours issu d 'un appel intérieur.
Il n y a pas un régime végétarien à adopter ou à suivre, ON NAÎT végétarien!


Le Sermon de la Grande Prêtresse :

Théorie sur le Mouvement Végétarien/Vegan Féministe



Selon le mythe biblique populaire, la « chute de l'humanité » eut lieu par la faute d'Ève, qui croqua et partagea la pomme. Son compagnon et elle furent flanqués à la porte du Jardin d'Éden sans un kopeck, vêtus de feuilles de vigne judicieusement placées. Après cela et pendant longtemps, les femmes ont endossé la responsabilité des « maux » présumés de ce monde.

L'histoire du Jardin d'Éden est, dans un sens très réel, une métaphore de la perte d'énergie créatrice de l'humanité, du divorce de l'homme d'avec la nature et de son mariage avec la matière qui s'ensuivit. C'est cette séparation qui a pavé la voie à la vision déformée de la femme, considérée comme « mauvaise », vision qui s'est ensuite enracinée dans de nombreuses religions et qui perdure encore aujourd'hui.

Tout comme la religion, les mouvements Féministes-Végétariens ont été cooptés et transformés en quelque chose qui relève plus du fondamentalisme que de groupes de gens exprimant des idées qui reflètent leurs choix.

Ce qui est intéressant, c'est la façon dont, dans de nombreux cas, ces deux mouvements se sont entremêlés. Aujourd'hui, de nombreuses féministes semblent s'identifier au végétarisme, et de nombreuses végétariennes ont embrassé la cause féministe. Tant les féministes que les végétariens ont acquis une réputation de polémistes friands d'argumentations au vitriol qui font souvent reculer d'effroi leurs détracteurs. Si un simple dialogue provoque de telles réactions à l'emporte-pièce, peut-être est-il justifié d'examiner plus attentivement les éventuelles motivations qui sous-tendent le mouvement végétarien/vegan féministe (v/v fem).

Selon une étude menée par Daniel Yankelovich en 1992 et commanditée par le magazine Vegetarian Times :
... sur les 12,4 millions de personnes qui se définissent comme végétariennes, 68 % sont des femmes et seulement 32 % des hommes.
Le mouvement v/v fem s'est développé de façon exponentielle au cours de ces dernières années. Comme indiqué plus tôt, quiconque visite un des nombreux sites ou forums dédiés à cette cause remarquera rapidement qu'une colère moralisatrice se dégage de la plupart des débats. Bien qu'il soit compréhensible qu'on ne veuille pas discuter de viande sur un site internet v/v, de nombreux carnivores ont vu leurs propres sites envahis par des v/v « enragés », outrés à la moindre allusion que le régime v/v pourrait ne pas être le plus sain. Pour des gens qui prétendent promouvoir la paix et l'amour, les fanatiques v/v ont l'air bien virulents. Pourquoi donc ?

Souvent, la peur et une déception profonde sont à la racine de la colère. Peut-être les v/v fem craignent-elles qu'on leur rappelle les souffrances qu'elles ont vécues durant l'enfance, et cherchent-elles à se sauver elles-mêmes en secourant les animaux et en convertissant les carnivores ?


Carnivorisme et Subjugation des femmes

De nombreuses femmes semblent s'identifier aux animaux car elles sont conscientes de l'immense souffrance qu'ils subissent dans les élevages intensifs (CAFO). Fondamentalement, elles semblent projeter leurs propres expériences sur les animaux. Bien que les conditions de vie dans les élevages intensifs soient indéniablement violentes et cruelles, les v/v sont tout aussi révulsées à l'idée de manger des animaux de pâturage dont les conditions de vie sont plus en harmonie avec la nature. Malheureusement, certaines de ces femmes ont un ressenti si fort à ce sujet que la moindre souffrance touchant le règne animal, même la chasse et l'abattage pour des besoins alimentaires humains, leur est insupportable.

Une telle empathie à l'égard d'autres créatures vivantes est louable, mais très souvent, l'empathie des v/v s'applique uniquement aux animaux et aux humains qui approuvent la vision du monde v/v. L'empathie est une caractéristique humaine fondamentale (ou du moins l'était-elle jadis) qui devrait caractériser n'importe quelle interaction humaine, même en ce qui concerne ceux qui ont fait des choix différents. Pourquoi la gentillesse et le respect du libre arbitre de ceux qui choisissent de manger de la viande amènent-ils subitement les v/v à perdre la raison ?
Se pourrait-il que que certaines v/v fem aient été exposées à tant de peine et de souffrance ignorées (du fait du sexisme et autres formes de ponérisation) que, comme leurs contreparties masculines, elles n'arrivent plus à se reconnaître dans autrui ? Très souvent, semble-t-il, quand des individus vivent dans un tel état, c'est à cause d'un refus de voir le Moi - d'accéder à son propre paysage émotionnel - suffisamment longtemps pour réaliser que l'autre aussi est humain et susceptible de faire des erreurs. Plutôt que d'accepter ce simple fait, ces gens s'alignent sur les animaux dans un ultime effort pour se prouver à eux-mêmes et aux autres qu'ils sont au-dessus de toute faiblesse perçue ou réelle. Bien qu'ils s'identifient fortement aux persécutés, ils sont devenus à leur insu les persécuteurs de quiconque ne partage pas leurs opinions.

Naître femme signifie bien souvent endurer toute une vie de maltraitances physiques et/ou émotionnelles. Être constamment jugée par les autres (et au final, par soi-même) comme inacceptable conduit souvent à ériger un mur protecteur afin de survivre. Pour celles qui subissent des maltraitances sexuelles et/ou psychologiques excessives, ce mur sera particulièrement épais et élevé. De ce fait, elles peuvent même avoir plus de difficultés à accepter les opinions d'autrui, souvent perçues comme une agression. Aussi, il n'est pas surprenant que, pour certaines, les questions qui tournent autour du sexe ou du genre les pousseront à projeter leurs propres blessures sur tout ce qui peut les leur rappeler.

Les femmes font l'expérience du sexisme dès l'enfance. Elles doivent constamment subir l'avilissement et la honte quand elles ne vivent pas selon les normes sociétales. Les insultes du genre « chienne » ou « vache » sont une expérience courante pour beaucoup. Peut-être ces termes péjoratifs amènent-ils les femmes à entrer davantage en résonance avec la maltraitance des animaux ? De plus, le fait que la plupart des viandes proviennent des femelles des espèces est une des raisons pour lesquelles nombre de ces femmes non seulement s'identifient à la détresse des animaux, mais cherchent également à les défendre contre l'objectification/ la chosification.

Ces traumatismes passés finissent par habiter une personne au point que n'importe quelle situation est considérée dans le contexte du « nous contre eux ». Le problème s'aggrave quand toutes les preuves d'une pathologie sociétale sont utilisées comme justification pour adopter des positions moralistes pour le moins extrêmes qui tendent à faire porter le chapeau à ceux qui ne sont en rien responsables. On pourrait appeler cela un « dommage collatéral ».

La théoricienne féministe-végétarienne Carol J. Adams, auteur de The Sexual Politics of Meat: A Feminist-Vegetarian Critical Theory [La politique sexuelle de la viande : une théorie critique féministe-végétarienne - NdT], tente de relier et d'assimiler la chosification des animaux à celle des femmes. Elle a inventé le terme « anthropornographie » :
L'anthropornographie est la description des non-humains en tant qu'animaux-prostitués qui désirent être mangés. De la couverture du dernier Vanity Fair, qui dépeint un poulet mort en talons hauts, au « Turkey Hooker » [jeu de mot entre « Turkey » - dinde - et « hooker » - « pute » - qui fait aussi référence à un crochet utilisé en cuisine ; voir l'image du lien, qui est très explicite - NdT], la souffrance des animaux est transformée en plaisanterie sexualisée. Avec l'anthropornographie, l'inégalité des espèces exprime l'inégalité des sexes ; le désir dissimule la domination. Tandis qu'on accuse les végétariens, les végans et les défenseurs des droits des animaux d'anthropomorphiser les animaux - de projeter des qualités humaines sur des animaux non-humains - il semble qu'en réalité, ce soit les mangeurs de viande et les anthorpornographes qui le fassent. Les défenseurs des animaux savent que les animaux sont similaires à des êtres humains, puisque les êtres humains sont des animaux. Animorphs, à travers son thème magique sympathique, suggère aussi cette vérité.
Dans l'extrait ci-dessus, Adams compare la façon dont les animaux et les femmes sont traités dans le contexte de la pornographie. Malheureusement, tous ceux qui ne sont pas végétariens ou végans sont inclus là-dedans. La même incapacité à séparer l'individu de sa situation spécifique s'observe couramment dans le mouvement féministe lorsqu'il transforme tous les hommes en ennemis. Ce qu'Adams et les autres semblent avoir du mal à comprendre, c'est qu'il y a un plus grand ennemi à l'œuvre, si l'on considère le rôle des psychopathes dans le monde. Comme de nombreux végétariens/végans, Adams fait du généralisme. Se faisant, tous les carnivores sont considérés au mieux comme des adeptes de la misogynie, au pire comme des meurtriers.
Ignorer le Glas
Aucun homme n'est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l'ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l'Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j'appartiens au genre humain ; aussi n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c'est pour toi qu'il sonne. - John Donne, Meditation XVII
Certaines idées erronées répandues chez les végétariens/végans à propos des carnivores sont qu'ils ne se soucient ni ne respectent la vie des animaux. Que ce sont des mangeurs inconscients. Bien que cela puisse être le cas pour certains, ça ne l'est certainement pas pour tous. En fait, beaucoup de mangeurs de viande ont un profond respect pour la vie et font des choix qui soutiennent le droit des animaux à une vie saine et heureuse. Ils réalisent à quel point le bien-être des animaux qu'ils mangent affecte directement leur vie. Comme le savent nombre de végétariens/végans, quand une source de nourriture est aussi saine que possible, cela bénéficie à toute vie. Ce que certaines v/v fem négligent, ce sont les choix et les besoins d'autrui.
Comme ce sont souvent les femmes qui font les courses, elles ont le pouvoir de déterminer qui mange quoi. Cela peut entraîner des difficultés pour quiconque a un régime plus varié. Certains animaux domestiques, par exemple, sont soumis à des repas végétariens, qu'importe si cela est bon ou non pour leur santé. Si un régime particulier n'est pas naturel ou optimal pour la santé d'un autre être, que cela veut-il dire exactement quand on le force à suivre un tel régime ? Il semblerait que dans le désir ironique et opprimant de déterminer les besoins d'un autre, les limites sont franchies par de nombreux partisans v/v. Puisque pour les humains, passer sa vie à manger une nourriture inappropriée se solde par une mort précoce et souvent douloureuse, ce n'est pas seulement la santé qui est ignorée, mais la mort elle-même. Quelle est au juste la dynamique à l'œuvre ici, et que signifie-t-elle ?

Si « il y a une saison pour tout », alors pourquoi est-il si difficile à certains végétariens/végans d'accepter qu'à un certain moment, toute vie s'achève ? Toute vie inclut les végétaux comme les animaux, et malheureusement, dans chaque cycle de vie, quelque chose doit mourir pour que d'autres choses vivent. Observez simplement la nature qui vous entoure. Pour de nombreuses personnes, cela n'est pas facile à admettre, car cela signifie que nous aussi, à un certain moment, nous devons mourir. Comme elles font partie de celles qui ont la capacité de donner la vie, peut-être certaines féministes v/v éprouvent-elles une plus grande difficulté à accepter la mortalité et projettent leur compréhension de Mère qui donne la vie sur tout ce qu'elles rencontrent, tout en fuyant les carnivores qui leur rappellent la mort.
Il se peut aussi que les v/v fem aient l'impression que les carnivores ont développé des barrières psychologiques afin de continuer à ignorer le fait que leur repas provient de quelque chose qui était auparavant vivant. Mais cela ne s'applique pas à tous les mangeurs de viande. Au contraire, certains carnivores sont extrêmement conscients et reconnaissants du fait qu'un animal ait donné sa vie. De plus, lorsqu'on achète de la viande de pâturage, on peut voir très facilement les tendons, les muscles, les os, le sang et les organes. On peut difficilement ignorer que la viande appartenait auparavant à un être vivant qui respirait. Si on est assez attentif, on peut profiter de l'occasion pour appréhender sa propre mortalité et choisir d'honorer la vie ôtée en vivant plus pleinement.

Cette résistance à accepter la mort est une programmation de notre société moderne. Le grand public est encouragé à repousser toutes pensées de souffrance et de mort, que ce soit via la « nourriture » conditionnée qui n'a plus aucun rapport avec sa forme originelle ou via les produits pharmaceutiques qui nous maintiennent dans une bulle coupée des guerres que nos gouvernements mènent contre des gens innocents partout dans le monde. Aussi, je peux comprendre pourquoi, comme le grand public, certaines v/v fem évitent tout ce qui a un rapport avec la mort.

Mais ignorer la mort n'équivaut pas à aimer la vie davantage ; cela équivaut en réalité à moins aimer la vie. Faire le choix de ne pas être témoin de tout ce qui existe - tel quel - signifie qu'on ne l'accepte pas. En d'autres termes, on ne le respecte pas. C'est comme de dire qu'on aimerait davantage quelqu'un parce qu'on n'accepte pas tout de lui. Faire le tri et choisir ce qu'on aime ou non, c'est mépriser toutes les expériences qui ont fait de cette personne ce qu'elle est. En retour, quand ceux qui disent nous aimer rejettent certains aspects de nous, le véritable amour nous est aussi refusé. Aussi, les v/v qui, parce qu'elles les « aiment » tant, ne peuvent admettre que les animaux doivent mourir pour que nous vivions, pourraient tenter de se demander si elles épousent la vie ou si, au contraire, elles en méprisent un aspect naturel et fondamental.

Épouser la vie englobe aussi l'idée que nous sommes tous à la fois prédateurs et proies. Les humains sont tout autant soumis à la mort, que ce soit du fait d'animaux, de la main d'autres êtres humains ou de la maladie. Quelque chose finira par nous avoir. Même si nous arrivons à mener une vie longue et saine, à la fin nos corps alimenteront les micro-organismes présents dans le sol. Le cycle de la vie ne peut être nié, ni ne devrait l'être. Et le cycle de la vie, sous sa forme la plus fondamentale, c'est que chaque chose mange quelque chose d'autre. Quand on l'observe objectivement, la nature est vraiment étonnante. Tout mange et tout est mangé, ou, pour citer Lierre Keith dans The Vegetarian Myth, « pour que quelqu'un vive, quelqu'un d'autre doit mourir ».
La connaissance selon laquelle tout animal, plante, personne, vent, saison est en dette envers le travail de tout le reste est une connaissance adulte. Rejeter l'état d'endettement inhérent au fait que l'on est en vie signifie qu'on ne veut pas faire partie de la vie, et qu'on ne veut pas devenir adulte. » - Martin Pretchel, Long Life, Honey in the Heart
Cette idée a été adoptée par de nombreuses société anciennes et « primitives » qui ont une vision de la vie beaucoup plus saine. Cela témoigne d'une connaissance mature qui manque cruellement dans notre monde « moderne ». Celui qui nie cet aspect profond et très réel de la réalité s'apparente à un enfant qui n'arriverait pas à saisir un concept trop évolué pour son esprit immature. Bien que tous les carnivores n'acceptent pas ce concept, beaucoup réalisent que, en consommant, ils sont aussi consommés. Eux aussi sont de la « viande » pour quelque autre forme de vie.



Culte de la Déesse


© Peta
Manger de la Viande est un Péché : Devenez Végétarien

Comme mentionné plus tôt, le discours v/v fem ressemble souvent à une doctrine religieuse fondamentaliste agrémentée d'un complexe du messie. Les tactiques de coercition et de culpabilisation utilisées par les v/v peuvent donner aux innocents carnivores l'envie de fuir au plus vite. De plus, les v/v qui surgissent sur des sites web réputés promouvoir le carnivorisme se retrouvent souvent bannies pour trollage ou flaming. Qu'est-ce qui motive une telle rage ?

Au début de cet article, j'ai suggéré que la peur causée par les blessures de la vie ainsi qu'un besoin presque obsessionnel de se sauver soi-même à travers les autres étaient ce qui les motivaient. Que la peur de la mort, la peur de la vie, la peur de sa propre humanité et la peur des autres pouvaient mener à des comportements irrationnels. Mais peut-être y a-t-il d'autres facteurs à l'œuvre...

Le régime végan/végétarien a fait l'objet de moult recherches, et il a été démontré qu'il manquait de nutriments essentiels, cruciaux pour le développement cérébral. Contrairement à la croyance v/v populaire, la viande est la nourriture optimale pour les humains. Si notre cerveau n'est pas alimenté correctement, des troubles cognitifs se développent, ce qui aggrave encore davantage les expériences traumatisantes passées et rend plus difficile le travail sur les problèmes qui en découlent. En d'autres termes, les v/v se privent d'un soutien alimentaire pourtant essentiel à la résolution des problèmes psychologiques.

Ce qui suit est une vision intéressante de ce qui pourrait être une vérité plus profonde concernant la question qui me préoccupe ici ....sur Sott pour les commentaires et la suite de l'article http://fr.sott.net/articles/show/8177-Le-Sermon-de-la-Grande-Pretresse-Theorie-sur-le-Mouvement-Vegetarien-Vegan-Feministe

voir le sondage réactualisé en haut de page:
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Ven 27 Juil 2012, 16:38

Citation :

24.07.2012
Sommes-nous carnivores, omnivores ou herbivores ?
Pour en finir avec une certaine idée reçue...


Par Charles Danten



Un rapport récent de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO 2006) est particulièrement éloquent : Si nous continuons à privilégier un régime omnivore à tendance carnivore, nous finirons avant longtemps par épuiser les ressources d’eau, polluer les rivières, les lacs et les terres, assécher les prairies, détruire les forêts et la biodiversité


RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Les 1.3 milliards de bêtes à cornes qui nous servent de garde-manger produisent une quantité phénoménale de gaz méthane (NH4) un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2. "C’est ainsi que le bovin réchauffe plus que la voiture", explique l’éthicien Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, l’auteur du livre Éthique Animale (PUF, 2008).
LE BIEN ÊTRE ANIMAL

Et c’est sans mentionner les milliards de poulets, de porcs, de lapins, de canards, d’oies et de poissons qui croupissent dans des élevages hyper polluants, dans des conditions proches du sadisme, totalement injustifiées même d’un point de vue strictement productiviste. Les poules pondeuses par exemple, sont enfermées à cinq dans un espace de 45 cm par 50 cm, ce qui fait pour chacune un espace équivalent à une feuille de papier. "À titre de comparaison, conclue Vilmer, cela reviendrait à enfermer durant toute leur vie cinq humains dans une cabine téléphonique."
LE RISQUE DE PANDÉMIE

Plusieurs de nos maladies contagieuses sont transmises par les animaux domestiques. La peste porcine par exemple a tué des millions de personnes au siècle dernier. Et présentement, le spectre de la grippe aviaire - une maladie dérivée de la mondialisation et de néo-libéralisme - plane sur nous.
LES EFFETS DÉLÉTÈRES SUR LA SANTÉ

Mis à part les méfaits sur la santé des antibiotiques et des hormones de croissance couramment employés pour augmenter le taux de rendement de l’élevage, certains cancers du système digestif et les accidents cardiovasculaires sont reliés à un régime alimentaire trop riche en produits d’origine animale. Selon certains chercheurs indépendants de l’industrie agro-alimentaire, non seulement le lait de vache ne prévient pas l’ostéoporose, mais il la favorise. À ce tableau, il faut aussi ajouter notamment la salmonellose et le E.Coli deux maladies fréquentes associée à une denrée hautement périssable.
LA FAMINE

Enfin, selon J.-B. J. Vilmer, "les excès de l’élevage industriel contribuerait à l’iniquité de la distribution de nourriture, creusant ainsi un gouffre entre malnutrition d’un côté et suralimentation de l’autre […] La quantité de céréales nécessaires pour nourrir le bétail qui nourrira un seul homme permettrait en effet de nourrir directement 20 personnes."


Or, compte tenu de ce sombre bilan, peut-on vivre sans manger les animaux et leurs sous-produits ? Sommes-nous carnivores, omnivores ou herbivores ? C’est pour répondre à cette question vitale que j’ai rencontré le médecin, physiologiste et nutritionniste Américain, Milton Mills.



Ne pouvons-nous pas - et c'est ce qui expliquerait notre grand succès comme espèce - manger tout ce que nous voulons ? Ne sommes-nous pas foncièrement des omnivores ?

Milton Mills : Non ! Nous sommes des herbivores. Notre corps est admirablement bien équipé pour se procurer et traiter la matière végétale. Nous avons évolué pendant des millions d’années dans le berceau africain. C’est à cet endroit, dans des conditions climatiques et écologiques équatoriales, que se sont forgées nos caractéristiques morphologiques et physiologiques actuelles. Or, selon les données issues de l'étude des fossiles, notre ancêtre était un herbivore. Il se nourrissait de fruits, de baies, de racines et de graines. Il avait une niche écologique très spécialisée qui lui a permis de survivre et de prospérer. Il n’était pas en compétition avec les prédateurs comme le loup et le lion. Et heureusement d’ailleurs, car il ne faisait pas le poids. Entre autres, sa vitesse de déplacement était insuffisante, son odorat était relativement faible, son ouïe était médiocre. De plus, la marche est notre mode de locomotion le plus naturel, et cette activité est particulièrement bien adaptée à la cueillette.



Oui, mais nous avions des outils et des armes, c’était un avantage décisif !

En effet, mais pas aussi important qu’on pourrait le croire. Les premiers outils sont apparus il y a environ un million d’années. Pendant des centaines de milliers d’années, ces outils étaient très rudimentaires et peu efficaces. Essayez de chasser un bison, un auroch - l’ancêtre du boeuf - ou même une gazelle avec des pierres taillées grossièrement ! Plus tard, avec l’invention de la lance et de l’arc, il y a à peine 100 000 ans, les techniques de chasse s’améliorent quelque peu. Cependant, cette activité est pleine d’imprévus et la réussite est loin d’être assurée. En étudiant les quelques tribus qui vivent encore plus ou moins comme nos ancêtres, nous avons appris qu’il est très difficile, avec des armes rudimentaires, de capturer ou de tuer une proie. Ils réussissent environ une fois sur vingt après maints efforts. Il serait tout à fait absurde dans ces conditions d’essayer d'assurer la survie de ses enfants sur ce genre d’activité. Chez les cueilleurs-chasseurs modernes, la base de l’alimentation est végétale, complétée à l’occasion par des insectes, quelques œufs et, rarement, avec un animal de taille petite ou moyenne. L’activité principale est la cueillette et non la chasse.



L’image de l’homme des cavernes, chasseur redoutable et sanguinaire, cruel et carnivore, toutes dents et toutes griffes dehors, est donc un mythe ?

Oui, tout à fait ! Vous savez, la paléoanthropologie est née en Angleterre, au XIXème siècle, en pleine révolution industrielle. À cette époque, et ça n’a guère changé, la viande était associée à la force, à la virilité, à la longévité et au statut social. Par ignorance des principes nutritionnels, on la considérait comme l’aliment idéal pour notre espèce. C’est avec ces notions erronées que les premiers anthropologues ont interprété notre histoire. De là est né le mythe de l’homme des cavernes. C’est devenu un des éléments pivots du machisme et de la fierté masculine. L’idée du grand chasseur, maître de la nature et pourvoyeur de ces dames, a fait couler beaucoup d’encre depuis. Or, cette notion ¨romantique¨ est peu plausible et difficile à concilier avec la réalité. Plusieurs anthropologues contemporains remettent en question cette interprétation.



Sur quels critères vous appuyez-vous pour déterminer le type d'alimentation le plus naturel pour notre espèce ?

Il y a un minimum de trois facteurs à prendre en compte : les considérations anthropologiques - que nous venons de discuter - puis l’adaptation biologique et, enfin, les conséquences physiologiques ou, si vous voulez, les bénéfices d’un régime alimentaire particulier.

Examinons maintenant les caractéristiques biologiques. On peut classifier les mammifères, selon leur type d’alimentation, en carnivores, en omnivores ou en herbivores. Comme chaque classe a des caractéristiques anatomiques et physiologiques bien spécifiques, il est facile, par une étude comparative, de situer notre espèce.

Les carnivores et les omnivores sont équipés pour poursuivre, capturer, tuer, manger et digérer rapidement leur proie. Leurs griffes sont longues, robustes et acérées, pour les aider à la saisir et l’immobiliser. Ils ont une gueule très grande par rapport à la taille du crâne. Cela leur donne un avantage certain pour saisir, tuer et déchiqueter une prise. Leurs dents sont pointues et très acérées car elles servent surtout à déchiqueter la viande. L’articulation de la mâchoire ne permet que les mouvements verticaux. En général, ces animaux avalent tout rond, sans mastication, la plus grande quantité possible de nourriture. Par conséquent, leur estomac est relativement volumineux- 60 à 70% du volume total de l’appareil digestif- pour recueillir une grande quantité de nourriture d‘un seul coup. La très grande acidité de l’estomac favorise la digestion rapide des aliments et protège ces animaux contre une contamination bactérienne très élevée. Les intestins sont courts – 3 à 5 fois la longueur du corps mesuré de la bouche à l’anus, car les produits de la digestion sont absorbés rapidement.

Par comparaison, les herbivores n’ont pas de griffes acérées. Comme nous, en général, ils ont une gueule de petite taille proportionnellement à la tête. Ils ont des lèvres charnues et très musclées spécialisées dans la préhension fine de petites quantités d’aliments. La structure des dents, de la mâchoire et de la langue est hautement spécialisée. La surface des dents est plate, ce qui favorise la mastication. La mâchoire est très mobile, permettant les mouvements dans tous les sens. La nourriture est mastiquée, broyée, mélangée longuement avant d’être avalé en petite quantité. Notre salive, contrairement aux carnivores, et aux omnivores comme l’ours et le raton laveur, contient une enzyme qui amorce et facilite la digestion. Nos secrétions gastriques sont beaucoup moins acides que chez les carnivores. L’intestin, où la plupart des aliments sont absorbés, est beaucoup plus long – 10 à 12 fois la longueur du corps – ce qui favorise la digestion. Enfin, le colon ou le gros intestin, la partie la plus postérieur du système digestif, est en général beaucoup plus complexe que chez les carnivores et les omnivores. Notre anatomie, à nous êtres humains, cadre très bien avec cette description.



Quand on pense à un herbivore, on pense à la vache, au mouton ou au cheval. Or, ces animaux ont un système digestif très complexe, souvent composé d'un estomac à plusieurs compartiments. Ces animaux peuvent manger et digérer le foin, ce qui n'est pas notre cas?

Selon ma définition, tout animal qui mange une nourriture dérivée des plantes est un herbivore. Cela dit, il y en a plusieurs types, équipés de façon variable pour digérer différentes sortes de matières végétales. Ceux qui mangent du foin, une matière très fibreuse, riche en cellulose, difficile à digérer, ont un système digestif très complexe. Ils sont capables, par un processus de fermentation bactérienne, de dégrader et de transformer des aliments très indigestes. Notre espèce est plutôt adaptée pour traiter une matière végétale beaucoup plus digeste comme les fruits, les légumes tendres, les racines et les noix. Par conséquent, notre système digestif est plus simple. Il n'en demeure pas moins que nous sommes des herbivores.



Et la fameuse vitamine B12 ?

La manière dont nous métabolisons cette vitamine confirme notre nature d’herbivores. Nous sommes fait pour manger des aliments qui en contiennent en général une infime quantité. Cependant, nous sommes merveilleusement bien équipés pour l'absorber, la transformer et la préserver. Ce n’est pas le cas des carnivores et des omnivores qui en trouvent facilement de très grandes quantités dans la viande.



Voulez-vous dire qu’on n’a pas à se soucier de cette vitamine ?

La vitamine B12 est produite par les bactéries, or, depuis que l'on aseptise eau et aliments, il est plus difficile de combler ses besoins, quoique ce ne soit pas impossible. En effet, certaines bactéries résidant dans notre bouche et nos intestins en synthétisent une certaine quantité. Enfin, plusieurs aliments ainsi que les fruits et les légumes biologiques non traités et que l’on mange avec la peau (et donc ayant en surface une quantité appréciable de bactéries) en contiennent également. Les végétaliens qui s’alimentent bien n’ont pas de difficultés à combler leurs besoins en B12. En cas de doute, il est tout de même préférable de vérifier annuellement son taux de B12 ou de prendre un supplément, à raison de 25 mg par semaine, et non de 50 mg par jour comme le recommandent les fabricants.



C’est tout de même étonnant, depuis le temps, qu’on ne soit pas mieux adaptés pour manger de la viande ?

Nous ne sommes devenus omnivores puis carnivores que depuis relativement peu de temps, en réponse à des impératifs culturels et non biologiques. Cette nuance est très importante, car même si nous pouvons manger presque n'importe quoi, cela ne veut pas nécessairement dire que c’est bon pour nous. Contrairement à l’évolution technologique et culturelle, l’évolution biologique se produit sur des centaines de milliers, voire des millions d’années. C’est un peu le lièvre et la tortue. Ce ne sont pas les adaptations morphologiques qui ont permis à l’homme préhistorique de chasser, puis de consommer des animaux; c’est son intelligence qui lui a permis de faire ce que son anatomie lui refusait. En d’autres termes, au lieu de sélectionner les modifications gastro-intestinales les mieux adaptées à ce type d’alimentation, la sélection naturelle a favorisé les plus habiles chasseurs, les plus ingénieux fabricants d’outils ainsi que les adaptations culturelles associées.



Pour résumer, nous sommes surtout faits pour manger des plantes. Or, en Occident, la plupart des gens font le contraire; comment expliquez-vous cette déviation ?

C’est en quittant le berceau africain pour occuper des régions plus froides que l’homme a changé, en très peu de temps, pour des raisons vitales, son régime alimentaire. Il a dû s’adapter aux variations saisonnières de la croissance des végétaux en incorporant à son alimentation de plus en plus de produits carnés au fur et à mesure qu’il s’est déplacé vers le Nord. Les animaux étaient abondants et il ne semblait y avoir aucune contre-indication. L’invention de l’outil et son perfectionnement a facilité cette évolution. Puis, il y a 10 000 ans, c’est la domestication massive des plantes et des animaux. Cependant, le régime alimentaire de base demeure essentiellement composé de plantes. Les agriculteurs avaient des animaux pour les aider à travailler la terre. Ils buvaient leur lait, ils mangeaient les oeufs de la volaille, mais, en général, ils ne les tuaient pas. Les animaux étaient bien trop précieux. Ils s’en servaient également comme monnaie d’échange. Pendant des siècles, la viande était une denrée presque exclusivement réservée aux riches marchands, aux nobles et aux aristocrates.

C’était un symbole de rang social et de prospérité. Les pauvres en mangeaient seulement à certaines occasions, lors des fêtes religieuses par exemple. Puis, il y a à peine deux cents ans, à la suite de la révolution industrielle, l’élevage des animaux de boucherie s’est intensifié, et la viande, notamment le bœuf, est devenue de plus en plus populaire et accessible à tous les échelons sociaux. Nous sommes donc devenus des omnivores à tendance carnivore à une grande échelle, depuis tout récemment, avec les conséquences que nous connaissons tous.



Vos arguments sont convaincants. Pourtant, comment expliquer que de nombreuses personnes vivent en santé et parfois très vieux, en mangeant de la viande et ses nombreux dérivés ?

Il y a d'autres facteurs en jeu. Le stress, la génétique, les polluants chimiques et autres, la quantité consommée, le niveau d'activité ont une grande influence. Manger de la viande, des œufs et du lait en modération, passe encore. Toutefois, ce n'est pas l'idéal pour notre espèce. Nous sommes essentiellement des herbivores et notre corps a de la difficulté à digérer et à métaboliser cette nourriture. Ce n'est pas pour rien que les maladies nutritionnelles sont si nombreuses. Enfin, il importe de faire des choix alimentaires qui concordent avec le contexte démographique et écologique actuel. Il serait donc prudent de revenir à un régime, somme toute, beaucoup plus naturel pour notre espèce. Ce n'est pas une régression, mais un retour salutaire. C'est sans doute pour notre espèce une question vitale.
source: http://etoilenoire.hautetfort.com/archive/2012/07/24/sommes-nous-carnivores-omnivores-ou-herbivores.h
tml
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Lun 24 Sep 2012, 23:01


Je n'ai pas encore tout lu, mais cet article est super intéressant, et je rappelle que je suis végétarienne!

Le mythe végétarien - Nourriture, justice et développement durable
Traduction : SOTT




« Ce livre m’a sauvé la vie » -Derrick Jensen
Le mythe végétarien
Nourriture, justice et développement durabe
l

Chapitre I - Pourquoi écrire un tel livre ?

Ce livre n'a pas été facile à écrire. Pour nombre d'entre vous, il ne sera pas facile à lire non plus. Je sais. J'ai été végétalienne pendant près de vingt ans. J'ai conscience des raisons qui m'ont poussée à embrasser un régime extrême, et elles sont honorables, voire même nobles. Des raisons comme la justice, la compassion, un élan désespéré et global visant à régler les problèmes de la planète. Sauver la planète - les derniers arbres-témoins d'un passé lointain, les parcelles sauvages qui abritent encore des espèces en voie de disparition, silencieuses dans leur manteau de fourrure ou de plume. Protéger ceux qui sont vulnérables, qui n'ont pas de voix. Nourrir ceux qui ont faim. Tout du moins, arrêter de participer aux horreurs de l'élevage intensif.

Ces passions politiques sont nées d'une soif si profonde qu'elles touchent au spirituel. Elles l'étaient pour moi et le sont encore. Je veux que ma vie soit un cri de guerre, une zone de combat, une flèche pointée et décochée dans le cœur de la domination : patriarchie, impérialisme, industrialisation, tout système fait de pouvoir et de sadisme. Si la symbolique martiale vous déplaît, je peux la reformuler. Je veux que ma vie - mon corps - soit un lieu où la Terre est chérie, et non dévorée, où les sadiques n'ont droit à aucune pitié, où la violence s'évanouit. Et je veux que le fait de se nourrir - le premier geste de réconfort - soit un acte qui soutienne et non qui tue.

Ce livre a été écrit pour approfondir ces passions. Ce n'est pas une tentative visant à se moquer de la notion de droits des animaux ou de ceux qui aspirent à un monde plus paisible. Au contraire, cet ouvrage est un effort visant à honorer notre désir le plus profond d'un monde juste. Et cet élan - vers la compassion, vers l'équilibre, vers une distribution équitable des ressources - n'est pas servi par la philosophie ou les pratiques du végétarisme. On nous a induits en erreur. Les joueurs de flûte végétariens ont les meilleures intentions. Je vais dire maintenant ce que je répéterai plus tard : tout ce qu'ils disent sur l'élevage intensif est vrai. C'est cruel, coûteux et destructeur. Rien dans ce livre n'excuse ou ne promeut les pratiques de l'élevage industriel à quelque niveau que ce soit.
Mais la première erreur est de considérer que l'élevage intensif - une pratique qui n'existe que depuis à peine cinquante ans - est la seule manière d'élever du bétail. Leurs calculs sur la consommation d'énergie, la consommation de calories, le nombre de personnes souffrant de faim sont tous basés sur l'idée selon laquelle les animaux mangent des céréales.

Vous pouvez nourrir des animaux avec des céréales, mais ce n'est pas le régime alimentaire pour lequel ils sont faits. Les céréales n'existaient pas jusqu'à ce que les humains domestiquent les graminées annuelles, il y a tout au plus 12000 ans, alors que les aurochs, ancêtres sauvages des vaches domestiques existaient depuis 2 millions d'années. Pendant la majeure partie de l'histoire de l'humanité, les ruminants n'ont pas été en concurrence avec les êtres humains. Ils mangeaient ce qu'on ne pouvait manger - de la cellulose - et la transformaient en ce que l'on pouvait manger - des protéines et des graisses. Les céréales vont fortement augmenter la croissance du bétail bovin (d'où l'expression « nourrie au grain ») et la production des vaches laitières. C'est aussi ce qui les tuera. Le délicat équilibre bactérien qui règne dans la panse des vaches va devenir acide et s'infecter. Les poulets souffrent de foie gras s'ils sont exclusivement nourris de céréales, et ils n'ont pas besoin de céréales pour survivre. Les moutons et les chèvres, qui sont aussi des ruminants, ne devraient jamais en consommer.

Le malentendu provient de l'ignorance, une ignorance que l'on retrouve partout dans le mythe végétarien, depuis la nature de l'agriculture jusqu'à celle de la vie. Nous sommes des industrialistes urbains, et nous ne connaissons pas l'origine de nos aliments. Ceci vaut aussi pour les végétariens quoiqu'ils prétendent connaître la vérité. Ceci a été vrai aussi pour moi pendant vingt ans. Tous ceux qui mangeaient de la viande étaient dans le déni ; j'étais la seule à m'être rendue à l'évidence. Certainement que la plupart des consommateurs de viandes issues de l'élevage intensif n'ont jamais demandé ce qui était mort et comment c'était mort. Mais franchement cela vaut aussi pour la majorité des végétariens.

La vérité est que l'agriculture est la chose la plus destructive que les humains aient infligé à la planète, et poursuivre dans cette direction ne nous sauvera pas. La vérité est que l'agriculture nécessite la destruction d'écosystèmes entiers. La vérité est aussi que la vie n'est possible sans mort, quoique tu manges, quelqu'un doit mourir pour te nourrir.

Je veux une comptabilisation exhaustive, une comptabilisation qui aille bien au-delà de ce qui est mort dans votre assiette. Je veux savoir tout ce qui est mort au cours de ce processus, tout ce qui a été tué afin que vous ayez cette nourriture dans votre assiette. C'est la question la plus radicale, et c'est la seule question qui apportera la vérité. Combien de rivières ont été barrées ou asséchées, combien de prairies ont été labourées, combien de forêts ont été rasées, combien de couches arables ont été transformées en poussière et se sont évanouies comme des fantômes ? Je veux savoir ce qu'il est arrivé à toutes les espèces - pas seulement les individus mais les espèces entières - le saumon quinnat, le bison, le bruant sauterelle, le loup gris et je veux plus que le nombre de morts et de disparus, je veux qu'ils reviennent parmi nous.

Malgré ce qu'on vous a dit et malgré tout le sérieux des devins, consommer du soja ne les fera pas revenir. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des prairies américaines ont disparu, transformées en champs de monoculture de céréales annuelles. Le labourage pratiqué au Canada a détruit 99 % de l'humus originel. En fait, la disparition de la terre arable est une « menace environnementale comparable au réchauffement climatique ». Lorsque la forêt tropicale est détruite au bénéfice des élevages bovins, les progressistes sont outrés, conscients, prêts au boycott. Mais notre attachement au mythe végétarien nous plonge dans l'embarras, le silence, et finalement dans l'immobilisme lorsque le coupable est le blé et la victime la prairie. Nous avons embrassé tel un acte de foi le fait que le végétarisme était la voie du salut, pour nous, pour la planète. Comment pourrait-il être également destructeur ?

Il nous faut vouloir faire face à la réponse. Ce qui se cache dans l'ombre de notre ignorance et de notre déni est une critique de la civilisation même. Le point de départ est peut-être ce que nous mangeons, mais la finalité est un style de vie entier, une distribution globale du pouvoir et beaucoup d'attachement personnel à leur encontre. Je me souviens le jour où Madame Fox, ma maîtresse de CM1 écrivit deux mots sur le tableau noir : civilisation et agriculture. Je m'en souviens à cause de sa voix étouffée, de la gravité avec laquelle elle prononça ces mots, son explication relevait presque de l'oraison. C'était Important. Et je l'ai bien compris. Tout ce qui était bon dans la culture humaine provenait de cette origine : tout le confort, la grâce, la justice. La religion, la science, la médecine, l'art étaient nés, et le combat interminable contre la famine, la maladie, la violence pouvait être gagné, tout cela car les êtres humains avaient découvert comment produire leur propre nourriture.

La réalité est que l'agriculture a provoqué une perte nette en termes de Droits de l'Homme et de culture : esclavage, impérialisme, militarisme, cloisonnement, faim chronique, et maladie. « Par conséquent le vrai problème, n'est pas d'expliquer pourquoi certains ont mis si longtemps à adopter l'agriculture mais pourquoi ne serait qu'un seul l'a adoptée, alors qu'elle est si ouvertement cruelle, » écrit Colin Tudge de la London School of Economics. L'agriculture a également détruit les créatures avec lesquelles nous partageons cette planète, et finalement les systèmes qui sont à la base même de la vie sur Terre. L'enjeu est immense. Si nous voulons vivre dans un monde équilibré, il nous faut vouloir examiner les relations de pouvoir derrière les mythes fondateurs de notre culture. Faire moins que cela nous condamnera à l'échec.

Pour la plupart d'entre nous, un questionnement à ce niveau-là est difficile. Dans ce cas-là, les conflits émotionnels subis lorsqu'on s'oppose à une hégémonie quelle qu'elle soit sont aggravés par notre dépendance envers la civilisation et notre incapacité à l'arrêter au niveau individuel. La plupart d'entre nous n'auraient aucune chance de survie si l'infrastructure industrielle s'écroulait demain. Et notre conscience est d'autant entravée par notre impuissance. La liste des 10 mesures simples pour sauver la planète ne se trouve pas dans le dernier chapitre de ce livre car franchement, il n'existe pas 10 mesures simples qui sauveront la planète. Il n'y a pas de solution personnelle. Il existe un ensemble interdépendant d'agréments hiérarchisés, de vastes systèmes de pouvoir qui doivent être affrontés et démantelés. Nous pouvons ne pas être d'accord sur la manière d'atteindre cet objectif, mais il faut le faire si nous voulons que la Terre ait une chance de survivre.

Au final, toute la force morale présente dans ce monde sera inutile sans suffisamment d'informations pour définir une route de progression durable, tant au niveau personnel que politique. Un de mes objectifs en écrivant ce livre est de donner cette information. La grande majorité des Étasuniens ne cultivent pas leur nourriture, sans parler de la chasser ou de la cueillir. Il nous est impossible de juger combien de morts ont été induites par une portion de salade, une coupe de fruits ou une assiette de viande. Nous vivons dans des environnements urbains, où subsistent quelques restes de forêts, à des années-lumière des rivières, des prairies et des marécages dévastés, et des millions de créatures qui sont mortes pour remplir nos assiettes. Nous ne savons même pas quelles questions poser pour trouver les réponses.

Dans son ouvrage intitulé « Long Life, Honey in the Heart » Martin Pretchel décrit le peuple maya et son concept de kas-limaal, que l'on peut traduit grosso modo par « dette mutuelle, soutien mutuel ». Comme l'explique l'un des anciens à Pretchel : « la connaissance selon laquelle tout animal, plante, personne, vent, saison est en dette envers le travail de tout le reste est une connaissance adulte. Ne pas avoir de dettes signifie qu'on ne veut pas faire partie de la vie, et qu'on ne veut pas devenir adulte »

La seule manière de se libérer du mythe végétarien est par la poursuite du kas-limaal, d'une connaissance adulte. C'est un concept dont nous avons besoin, en particulier ceux d'entre nous qui ne peuvent supporter l'injustice. Je sais que j'en avais besoin. Dans le film de ma vie, ma première bouchée de viande après un hiatus de vingt ans marque la fin de ma jeunesse, le moment où j'ai pris les responsabilités de l'âge adulte. C'est le moment où j'ai arrêté l'équation de base qui régit l'incarnation : pour que quelqu'un puisse vivre, quelqu'un d'autre doit mourir. Dans cette acceptation, avec toute la souffrance et les chagrins qu'elle implique, se trouve la possibilité de choisir une autre voie, une meilleure voie.

Les agriculteurs militants ont un plan fort différent de celui des écrivains polémiques pour nous sortir de la destruction et nous mener vers l'équilibre. Les agriculteurs partent d'informations totalement différentes. J'ai entendu des activistes végétariens affirmer qu'on ne pouvait élever que deux poulets sur une acre de terrain. Joel Salatin, qui est éleveur de poulets et l'un des grands prêtres de l'agriculture raisonnée, affirme que ce chiffre est de 250 poulets par acre. Qui croyez-vous ? Combien d'entre nous en savent suffisamment pour avoir une opinion ? Selon Frances Moore Lappe, il faut 6 à 8 kg de céréales pour produire 500 g de viande bovine. Alors que Salatin n'utilise aucune céréale pour élever son bétail qui paît de manière alternée dans des champs de polyculture pérenne, améliorant ainsi la couche arable année après année. Ceux qui baignent dans la culture urbaine industrielle n'ont aucun contact avec les céréales, les poulets, les vaches, ou d'ailleurs la couche arable. Nous ne disposons d'aucunes expériences nous permettant de contrecarrer les arguments des végétariens militants. Nous n'avons aucune connaissance de ce que consomment les plantes, les animaux, les sols en termes qualitatifs et quantitatifs. Ce qui signifie que nous n'avons aucune idée de ce que nous mangeons.

Affronter la vérité sur l'élevage intensif - la torture des animaux, l'impact environnemental - était pour moi, lorsque j'avais 16 ans un acte extrêmement important. Je savais que la planète était en train de mourir. C'était une urgence quotidienne avec laquelle je vivais depuis toujours. Je suis née en 1964. Les termes « printemps » et « silencieux » étaient inséparables : 5 syllabes et non pas 2 mots [allusion à l'ouvrage sur l'écologie rédigé par la biologiste Rachel Carson et intitulé « Printemps silencieux » - NdT]. L'enfer était à nos portes : les raffineries de pétrole au Nord du New Jersey, le développement des banlieues et leurs infernales étendues de bitume, notre planète noyée sous un flot d'êtres humains. J'ai pleuré avec Iron Eyes Cody [célèbre acteur d'origine sicilienne qui a joué à de nombreuses reprises le rôle d'indiens dans des films étasuniens - NdT], j'avais la nostalgie de son canoë silencieux et d'un continent préservé empli de rivières et de marais, d'oiseaux et de poissons. Mon frère et moi escaladions un vieux pommier sauvage dans le parc local et nous rêvions d'acheter d'une manière ou d'une autre une montagne entière. Il va sans dire que les gens y seraient interdits. Qui y vivrait ? Les écureuils furent les seules créatures qui me vinrent à l'esprit. Lecteurs ne riez pas. En outre, Bobby, notre hamster, et les écureuils étaient les seuls animaux que je connaissais. Mon frère, qui s'était profondément imprégné des attributs de la masculinité, s'est mis à torturer les insectes et à tirer au lance-pierre sur les moineaux. Je suis devenue végétalienne.

Oui, j'étais une enfant hypersensible. Quand j'avais 5 ans, ma chanson favorite - et là vous allez rigoler - était Le temps des fleurs de Mary Hopkin [chanson mélancolique et nostalgique interprétée en 1968 par l'actrice suscitée - NdT]. De quel passé romantique et tragique puis-je avoir fait le deuil à 5 ans ? Mais c'était si triste, si exquis ; j'écoutais cette chanson en boucle jusqu'à être épuisée d'avoir tant pleuré.

Eh bien, c'est bizarre. Mais je n'arrive pas à rire de la peine que j'ai ressentie en assistant, impuissante, à la destruction de ma planète. C'était bien réel et cela m'a complètement submergé. Et les activistes végétariens proposaient un remède convaincant. Sans compréhension de la nature de l'agriculture, de la nature et in fine de la vie, je n'avais aucun moyen de voir qu'aussi honorables que leurs intentions soient, la solution qu'ils préconisaient menait à la même destruction que je brûlais d'arrêter.

Ces intentions et cette ignorance sont inhérentes au mythe végétarien. Pendant les deux années après la fin de mon régime végétarien, j'ai ressenti le besoin de lire les forums Internet sur le végétalisme. Je ne sais pas pourquoi. Je ne cherchais pas de conflit. Je n'y ai jamais écrit de messages. Nombre de sous-cultures radicales et de petite taille présentent des tendances sectaires, et le végétalisme ne fait pas exception. Peut-être que ce besoin provenait de ma propre confusion - spirituelle, politique, personnelle. Peut-être étais-je en train de me rendre sur les lieux d'un accident : c'était là que j'avais détruit mon corps. Peut-être que j'avais des questions et je voulais voir si je pouvais faire aussi bien qu'une autre face aux réponses qui jadis me tenaient à cœur, réponses qui semblaient juste mais qui sonnaient désormais creux. Peut-être que j'en ignore la raison. Après ces lectures je me sentais à chaque fois anxieuse, en colère et désespérée.

Mais un des messages a marqué un tournant. Un végétalien a proposé qu'on empêche les animaux d'être tués - non pas par les humains mais par les autres animaux. Quelqu'un devrait construire une clôture autour du Serengeti [grand parc animalier au Kenya - NdT] afin de séparer les proies des prédateurs. Tuer est mauvais, et aucun animal ne devrait mourir, ainsi les félins et les canidés auraient leur territoire tandis que les gnous et les zèbres auraient le leur. Il savait que les carnivores n'auraient pas de problème parce qu'il n'avait pas besoin de manger de viande. C'était un mensonge répandu par l'industrie de la viande. Il avait vu son chien manger de l'herbe : par conséquent les chiens pouvaient être herbivores.

Personne n'a fait objection. En fait d'autres se sont ralliés à sa cause. Mon chat aussi mange de l'herbe, ajouta une femme enthousiasmée. Le mien aussi ! ajouta un autre. Tout le monde agréa que la pose d'une clôture était la meilleure solution pour lutter contre la mort des animaux.
Remarquez bien que ce projet libérateur se situait en Afrique. Personne n'a mentionné les prairies d'Amérique du Nord, où les carnivores comme les ruminants ont disparu au profit des céréales annuelles embrassées par les végétariens. Mais j'y reviendrai dans le chapitre 3.

J'en savais suffisamment pour voir que c'était insensé. Mais personne d'autre dans ce forum ne semblait capable de percevoir l'incohérence du raisonnement. Par conséquent, gardant à l'esprit que nombre de lecteurs n'ont pas les connaissances permettant de juger ce plan, je vais vous accompagner tout au long du raisonnement.
Les carnivores ne peuvent vivre de cellulose. À certaines occasions ils peuvent manger de l'herbe, mais il s'agit d'un usage médicinal, habituellement c'est un purgatif qui permet de retirer les parasites du système digestif. D'un autre côté, les ruminants ont évolué afin de manger de l'herbe. Ils disposent d'un rumen (d'où leur nom) c'est le premier d'une série de plusieurs estomacs qui jouent le rôle de caissons de fermentation. Ce qui se produit en fait dans une vache ou dans un zèbre est que les bactéries mangent l'herbe et l'animal mange les bactéries.

Les lions, les hyènes et les êtres humains ne disposent pas d'un système digestif de ruminants. Littéralement, des dents au rectum, nous sommes conçus pour manger de la viande. Nous n'avons aucun mécanisme permettant de digérer la cellulose.
Par conséquent du côté de la clôture où se trouvent les carnivores, la famine les emportera tous. Certains survivront plus longtemps que d'autres et ils finiront leurs jours en étant cannibales. Les charognards se feront d'abord un festin mais une fois que tous les os auront été nettoyés, ils mourront eux aussi de faim. Le cimetière ne finit pas là. Sans ruminants pour manger l'herbe, le lieu se transformera à terme en désert.

Pourquoi ? Parce que sans ruminants pour équilibrer la flore, les plantes pérennes grandissent, et plongent dans l'ombre la souche de la plante. Dans un environnement fragile comme celui du Serengeti, le déclin est principalement d'origine mécanique (érosion) et chimique (oxydation), et non pas bactérien et biologique comme dans un environnement humide. En fait les ruminants remplacent le rôle biologique du sol en digérant la cellulose et en la réinjectant sous forme de nutriments, de nouveau disponibles sous forme d'urine et d'excréments.

Mais sans ruminants, la masse végétale va s'accroître, va réduire la croissance, et commencer à tuer les plantes. Le sol nu est désormais exposé au vent, au soleil et à la pluie, les minéraux sont emportés et la structure du sol est détruite. Dans notre tentative de sauvetage des animaux nous avons tout détruit.
Du côté de la clôture où se trouvent les ruminants, les gnous et leurs amis vont continuer à se reproduire comme avant. Mais sans le prélèvement des prédateurs, il y aura rapidement plus de ruminants que d'herbe. Ils vont épuiser leurs sources de nourriture, manger les plantes jusqu'aux racines et puis mourir de faim, laissant derrière eux un territoire gravement dévasté.

Ici la leçon est évidente, mais elle est si profonde qu'elle pourrait inspirer une religion : nous avons besoin d'être mangés autant que de manger. Les ruminants ont besoin de leur dose quotidienne de cellulose, mais l'herbe a aussi besoin des animaux. Elle a besoin du fumier, avec son azote, ses minéraux, et ses bactéries ; elle a besoin de la tonte mécanique apportée par les ruminants, et elle a besoin des ressources stockées dans le corps de l'animal et libérées par les décomposeurs une fois que la bête est morte.
L'herbe et les ruminants ont besoin l'un de l'autre, tout comme la proie et le prédateur. Ce ne sont pas des relations à sens unique, par un lien domination / subordination. On n'exploite pas lorsqu'on mange, on prend juste notre tour.

Ce fut ma dernière visite sur les forums végétaliens. J'ai alors réalisé que les gens profondément ignorants quant à la nature de la vie, avec ses cycles minéraux et ses échanges de carbone, ses points d'équilibre entre groupes de producteurs, consommateurs et décomposeurs, ne seraient pas capables de me guider ou, plutôt, de prendre des décisions utiles à une culture humaine harmonieuse. En tournant le dos à une connaissance adulte, la connaissance selon laquelle la mort fait partie de la nourriture de toute créature, de la bactérie au grizzly, ils n'auraient jamais été capables de satisfaire la soif spirituelle et émotionnelle qui me tourmentait après que j'ai intégré cette connaissance. Peut-être que finalement ce livre est une tentative de soulager ces tourments par moi-même.

J'ai aussi d'autres raisons d'écrire ce livre. L'une d'entre elles est la lassitude. Je suis fatiguée d'avoir les mêmes discussions, en particulier lorsque ces discussions sont difficiles. Les végétariens peuvent résumer leur programme en slogans simples et convaincants - la viande c'est un meurtre - et en réponses évidentes, comme l'histoire irréfutable de ces 8 kg de céréales. Je peux créer mes propres slogans - la monoculture est un meurtre ? La marche des millions de microbes ? - mais ils sont incompréhensibles pour le grand public. Je dois commencer par le début, depuis les premières protéines qui s'auto-organisent pour créer la vie, puis aborder la photosynthèse, les plantes, les animaux, les bactéries, les sols, et finalement l'agriculture. J'appelle cet exposé « microbes, fumier, et monocultures » et il me faut bien 30 minutes pour établir le contexte, qui est pour l'essentiel une éducation de base sur la nature de la vie. Et, oui, ce sont des informations - matérielles, émotionnelles, spirituelles - qu'on devrait tous connaître dès l'âge de 4 ans. Mais qui est là pour nous les apprendre ? Et tous les problèmes de notre culture ne sont-ils pas contenus dans cette question ?

Mais ce n'est pas seulement la quantité d'informations qui rend cette discussion difficile. Souvent, l'interlocuteur ne veut pas les entendre, et sa résistance peut être extrême. « Végétarien » ne définit pas seulement ce que l'on mange ou ce que l'on croit, mais aussi qui l'on est, l'intégralité de notre identité. En présentant une image plus complète de la politique alimentaire, je remets en question non seulement une philosophie ou un ensemble d'habitudes alimentaires, je menace aussi l'estime de soi des végétariens. Et la plupart d'entre vous réagiraient défensivement et avec colère. J'ai reçu des courriers haineux alors que j'avais à peine commencé à écrire ce livre. Et non, merci, je n'en veux plus.

Mais j'écris aussi ce livre comme une mise en garde. Un régime végétarien - en particulier pauvre en graisse, et pire, végétalien - n'apporte pas assez de nutriments pour l'entretien et la régénération du corps humain à long terme. Pour être franche, il vous causera des dégâts. Je le sais. Deux ans après être devenue végétalienne, ma santé s'est détériorée d'une manière catastrophique. J'ai développé une maladie dégénérative des articulations que je traînerai jusqu'à la fin de ma vie. Elle est apparue ce printemps-là sous la forme d'une douleur profonde, sourde, étrange à un endroit où je ne croyais pouvoir ressentir aucune sensation. À la fin de l'été c'était comme avoir des éclats d'obus dans la colonne vertébrale.

Les années suivantes la douleur augmenta tandis que je rendais des visites toujours plus frustrantes à des spécialistes. Il a fallu quinze ans pour que j'obtienne un diagnostic plutôt qu'une tape sur l'épaule. La colonne vertébrale d'une adolescente ne tombe pas en morceaux sans raison et, malgré ma description parfaite des symptômes, aucun des docteurs n'a envisagé une maladie dégénérative des disques intervertébraux. Désormais je dispose d'imagerie médicale et l'on me respecte. Ma colonne vertébrale est comme celle d'une personne ayant subi un accident de parachutisme. Nutritionnellement c'est ce qui s'est produit.

Après six semaines de végétalisme je connaissais ma première crise d'hypoglycémie, il faudrait dix-huit années supplémentaires pour que je mette un nom sur ce qui était devenue partie intégrante de mon existence. Trois mois après le début du végétalisme je n'ai plus eu de règles, j'aurais dû le percevoir comme un indice montrant que ce régime n'était peut-être pas une bonne idée. C'est à cette époque-là que j'ai commencé à me sentir très fatiguée, et cela n'a cessé d'empirer alors que j'étais toujours enrhumée. Ma peau était si sèche qu'elle pelait, et en hiver les démangeaisons étaient tellement fortes qu'elles me réveillaient. À vingt-quatre ans, j'ai développé une gastroparésie, qui de nouveau, ne fut diagnostiquée ou traitée que lorsque j'eus trente-huit ans et trouvai un docteur qui s'occupait de végétaliens convalescents. Je venais de vivre quatorze années de nausées permanentes, et encore aujourd'hui je ne peux manger après 17 heures.

Et puis il y a eu la dépression et l'anxiété. Je suis issue d'une longue généalogie d'alcooliques dépressifs, par conséquent, je n'ai pas hérité des meilleurs gènes en termes de santé mentale. Une mauvaise nutrition était la dernière chose dont j'avais besoin. Le végétalisme n'a pas été la seule cause de ma dépression, mais il y a largement contribué. Pendant des années le monde fut vain, gris, toujours le même, seulement rythmé par des crises de panique occasionnelles. Je sombrais régulièrement dans le désespoir. Si je n'arrivais pas à trouver les clefs de ma maison, je me retrouvais dans le salon comme au sommet d'une falaise paralysée au bord du vide. Comment pouvais-je continuer ? Pourquoi le voudrais-je ? Les clefs étaient perdues tout comme moi, le monde, le cosmos. Tout s'écroulait, vide, dénué de sens, quasiment repoussant. Je savais que ce n'était pas rationnel, mais je ne pouvais arrêter ces crises. Et maintenant je sais pourquoi. La sérotonine provient de l'acide aminé appelé tryptophane. Et il n'existe pas de bonne source végétale de tryptophane. En plus de tout cela, tout le tryptophane ne vous fera aucun bien s'il n'est pas accompagné de graisses saturées, qui sont nécessaires pour que vos neurotransmetteurs...transmettent. Toutes ces années de faillite émotionnelle n'étaient pas le reflet d'une chute personnelle, la source était biochimique, auto-infligée.

Y-at-il quelqu'un chose de plus barbant que les problèmes médicaux des autres ? Je vais essayer de faire court. Ma colonne vertébrale ne s'est pas reconstruite mais un régime à base de viandes nourries au pâturage a partiellement réparé les dégâts et a légèrement réduit mes douleurs. Mes récepteurs d'insuline sont également moins nombreux, mais l'apport en protéine et en lipides garde mon taux de glycémie à un niveau stable et satisfaisant. Depuis cinq ans, j'ai eu à chaque mois mes règles, quoique, si un jour on me diagnostique un cancer des organes reproducteurs, je saurai que ça vient du soja. Mon estomac va assez bien - ce n'est pas parfait mais correct - tant que je prends du chlorhydrate de bétaïne à chaque repas. Entre mes pratiques spirituelles et mon régime riche en nutriments, je ne souffre plus de dépression, et tous les jours j'en suis reconnaissante. Mais le rhume et la fatigue sont permanents. Certains jours respirer demande plus d'énergie que j'en ai.

Vous n'avez pas à essayer par vous-même. Vous avez le droit d'apprendre de mes erreurs. Tous mes amis d'enfance étaient radicaux, justes, intenses. Le végétarisme était la voie logique, le végétalisme était la voie royale qui la longeait. Et ceux d'entre nous qui les ont suivies longtemps ont subi des dégâts. Si je questionne votre mode de vie, votre identité, vous allez peut-être ressentir de la confusion, de la peur, de la colère en lisant ce livre. Mais écoutez-moi bien : vous n'avez pas à finir comme moi. Je vous demande de maintenir le cap, lire ce livre et découvrir les informations en annexes. S'il vous plaît. En particulier si vous avez des enfants ou souhaitez en avoir. Je ne suis pas assez fière pour supplier.
Les fumeurs vous diront qu'il n'y a rien de tel que les non-fumeurs. Cette envie irrépressible de répandre la bonne nouvelle semble découler de l'obtention du salut, ou peut-être dans leur cas, de l'apport d'oxygène. J'ai fait de mon mieux pour éviter d'employer un ton de supériorité morale ou de tenter de rallier des adeptes. J'espère avoir réussi. Au final, je préfère être utile que dans le vrai. En particulier étant donné le futur qui nous attend et le niveau d'enjeu. Les valeurs sous-jacentes que les végétariens affirment honorer - la justice, la compassion, l'harmonie - sont les seules valeurs qui permettront de créer un monde fondé sur la communauté plutôt que la domination, un monde où les humains approchent chaque créature - chaque caillou, chaque goutte de pluie, chacun de frères à plume ou à fourrure - avec humilité, admiration, et respect ; le seul monde qui ait une chance de survivre à la maltraitance que l'on appelle civilisation. C'est dans l'espoir qu'un tel monde soit possible que j'offre ce livre.

Lire la 2e partie:Chapitre 2 - Les végétariens moraux
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Lun 07 Jan 2013, 18:48


"Je n’aurais pu supporter le difficile et l’inutile du transit terrestre sans le soutien d’âme du poète hurleur Léo Ferré."

Citation :
Michel Tarrier
Essayiste, polémiste, écosophe, écologue, écologiste dissident, naturaliste-voyageur, entomologiste.
Mes derniers livres :
LES ORPHELINS DE GAÏA (Aux Presses du Midi)
http://www.amazon.fr/orphelins-Ga%C3%AFa-Tarrier-Michel/dp/281270313X
L’AGROTERRORISME DANS NOS ASSIETTES (Aux Éditions LME)
http://www.amazon.fr/Agroterrorisme-dans-assiettes-Michel-Tarrier/dp/2360260391

Activités de passion : naturaliste, entomologiste, écologue, écosophe, écologiste dissident, essayiste, polémiste.
Opinions religieuses : anti-monothéiste, animiste, néo-panthéiste.
Opinions politiques : Libre-penseur, insoumis, écologiste radical, écorésistant.
Convictions : universaliste, citoyen d'une Terre-patrie, anti-spéciste et biocentriste, anti-raciste, anti-sexiste, écoféministe, écomalthusien, dénataliste, nietzschéen.
Opinions : anti-capitalisme et anti-socialisme industrialiste ; libération des peuples opprimés ; vénération et réhabilitation des peuples premiers.
Affection : mélancolie (bile noire...).
Projet : rendre la Terre à la Terre.

Écodidacte, j’ai construit très tôt ma vie autour de ma passion pour la nature.
Après m’être initié à l’étude des insectes dès mon plus jeune âge dans la région francilienne, conseillé alors par le biologiste Jean Rostand, c’est dans les Alpes du Sud que je découvre dès 1965 mes premiers insectes nouveaux pour la science, que je commence à publier dans les revues savantes, pour devenir l’entomologiste atypique et free lance connu des milieux initiés. Mes premiers travaux fondés sur la taxinomie évolutive font débat. Je me consacre d’abord à l’étude des coléoptères Carabidae, surnommé ainsi "Monsieur Carabes" dans les années 1970. Je m’installe en Andalousie en 1985 et me tourne, en homme de terrain invétéré, vers l’étude des papillons. Je passe toute l'Espagne au peigne-fin de la science entomologique. C’est le début des grandes agressions anthropiques à l’égard de la nature et je m’emploie à utiliser le caractère bio-indicateur des papillons pour une veille soucieuse et une défense que je voudrais sans faille des habitats, de plus en plus malmenés par la pression humaine. Écologue autodidacte devenu écologiste par la force des choses, je commence un véritable combat et entre dans l’écologisme actif. Je prospecte alors le Maroc, durant plus de quinze ans, parcours plus d’un million de kilomètres de routes et de pistes du Rif au Sahara, dresse une cartographie entomologique ainsi qu’une banque de données très conséquente et documentée des écosystèmes de ce pays. Je tente par le biais des médias de participer à l’écologisation du Maroc qui, démographie et développement aidant, atteste un grave déclin de son riche biopatrimoine. Je donne notamment de la voix pour la sauvegarde de la forêt de cèdres et contre le surpâturage. Initiateur et co-fondateur de La Maison de l'Écologie et des Écosystèmes du Maroc.

Persuadé que l’homme moderne va à sa perte en agressant outre-mesure la biosphère, je me fais essayiste, j’écris, je publie et communique beaucoup, notamment sur la toile. Mes premiers livres font polémiques parce que, écologiste radical dans l’esprit de Hans Jonas, Arne Naess et James Lovelock, je m’en prends au monothéisme régnant et à l’anthropocentrisme insolent que j’estime coupables du manque de respect à l’endroit des paysages et des espèces. Ma théorie est qu’en détruisant son milieu, l’humain pratique une politique de la terre brûlée qui va le conduire à un véritable autogénocide.

Ma pensée écosophique est pétrie des messages de maîtres d’horizons disparates comme : Alexander von Humboldt, Jean-Henri Fabre, Henry de Monfreid, Théodore Monod, Claude Lévi-Strauss, René Dumont, Jacques-Yves Cousteau, Paul-Émile Victor, Haroun Tazieff, Jean Malaurie, Albert Jacquard, Hubert Reeves, Joël de Rosnay…

Je n’aurais pu supporter le difficile et l’inutile du transit terrestre sans le soutien d’âme du poète hurleur Léo Ferré.

Mes livres d'écosophie : "2050, Sauve qui peut la Terre" et "Faire des enfants tue", sont sortis en 2007 et 2008, publiés par les Éditions du Temps. Le dernier cité, qui est un éloge de la dénatalité afin de soulager la planète d’une surpopulation que j'évalue comme indésirable, fait scandale en raison de la violence de son ton pamphlétaire. Une nouvelle édition très augmentée et actualisée est sortie en 2011 chez LME, sous le titre de "Faire des enfants tue... la planète". Ont aussi été publiés en 2009 aux Éditions L’Harmattan : "Nous, peuple dernier. Survivre sera bientôt un luxe" et en 2010 aux Presses du Midi : "Dictature verte", une feuille de route pour gérer, respecter et sauver ce qui reste, parce que la Nature a toujours raison. Deux ouvrages sont sortis en début 2012 : « L’agroterrorisme dans nos assiettes » (Éditions LME), un implacable procès de l’agriculture, et « Les Orphelins de Gaïa » (Les Presses du Midi), titre dans lequel tout contemporain justement atteint d’inquiétude pour la Terre-Mère se reconnaîtra et dont le thème est une indignation documentée pour le déshéritement organisé à l’endroit des générations futures. Je n’en poursuis pas moins mes recherches et mes publications éco-entomologiques en France et à l’étranger.

"Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous, et au besoin, contre tous." (Romain Rolland)
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Lun 21 Jan 2013, 15:47


Cap sur le végétarisme



Prendre un virage à 180 degrés, changer du tout au tout ses habitudes n'est pas une manière qui convient à tout le monde. Passer d'un mode d'alimentation habituel depuis notre tendre enfance, celle de nos parents voire grands-parents, au végétarisme, n'est pas chose facile.

Avez-vous remarqué, dans les rayons frais des supermarchés : 99,5% animal ! Mis à part les carottes râpées et quelques desserts au soja, tout provient des animaux ! Comment faire alors pour y échapper, en se nourrissant quand même ?

Avant de donner quelques recettes et quelques trucs, je voudrais souligner que le mode de vie imposé dont peu peuvent s'extirper aisément, nous oblige à cette consommation ; du désir d'un repas vite préparé – steak/frites, à carrément un plat tout prêt à glisser dans le micro-onde ou même l'envie d'un bon plat le dimanche « comme faisait maman », on ne s'en sort pas. Dans ces grandes surfaces, les légumes sont chers et sans goût et l'on sait, en plus qu'ils sont issus d'une agriculture « traditionnelle » ( chercher l'erreur dans le vocabulaire) donc pourris de produits phytosanitaires ( idem).

Tous ceux qui ont été éduqués dans notre société, en France surtout où la cuisine est réputée, ont aimé la viande, même les enfants qui n'arrivaient pas à avaler leur steak, en faisaient une pâte en bouche qui ne pouvait jamais franchir l'étranglement de l'oesophage et qui, pour les plus chanceux d'entre eux, pouvait discrètement être tendue au chien ou au chat mais qui forçait les autres à des contorsions, des départs rapides vers le vide-ordure ou les toilettes, bien que ces solutions ne fussent que transitoires, le steak offrant une multitude de bouchées inimaginable, et bien, même ces enfants aimaient le poulet rôti, le jambon, à tout le moins.

Cette décision donc, de ne plus manger de viande viendra en premier à ces enfants qui ont subi la torture du steak ou du foie ! Mais seulement au bout de longues années de conscience accrue au fil du temps, au fur et à mesure où se sont dévoilées les réalités de ces usines à viande et tout ce qu'elles impliquent à tous les niveaux qu'elles touchent. Je n'y reviendrai pas. Coup de chapeau au passage pour tous ces cinéastes qui par leurs reportages et leurs combats ont réussi à instiller dans tous les foyers le sens de notre responsabilité en ce domaine. Mais pour eux aussi, il y a eu l'image de trop, l'article de trop qui a déclenché « la prise de conscience » et son inévitable décision d'arrêter : l'impossible compromission.

Pour moi, ce fut le film de Colline Serreau où l'on voit pendant quelques secondes, en caméra cachée ( ce secret, n'interpelle-t-il pas ?) un homme botté qui prend un cochon d'à peine quelques jours, lui arrache les dents d'un coup sec, et le passe sous ce qui ressemble à un massicot pour lui couper la queue ; cet homme tient dans ses bras ce bébé, avec le même geste apparent qu'une mère humaine. J'en pleure encore ; c'est insoutenable. Ces animaux sont tellement serrés et stressés qu'ils se mangent la queue ! Alors, pour leur éviter ce défouloir, plus de dent, plus de queue. Cela tombe sous le sens. Pour une autre, c'était les images de centaines de poussins poussés sur des tapis roulants, triés parfois par des mains habiles qui en prenait un et le jetait derrière dans une sorte de hachoir...

Ah, les cochons crient quand on les tue ! Les bébés crient quand on les torture ! Quand on crie pour rien, on n'y fait plus attention ! Ce ne sont que des couards !

Mais tout ceci relève d'une conscience personnelle, d'un chemin personnel et jusqu'ici nous n'avons pas trouvé - mise à part l'information essentielle – un moyen de forcer cette conscience chez ceux qui sont complètement privés d'empathie d'une manière générale, chez ceux que cela touche mais qui, par défense bien compréhensible, éludent la question et chez ceux, plus nombreux qu'on ne croit, qui disent ne manger que des animaux heureux !

L'attaque, l'agressivité – bien compréhensible aussi – de la part de ceux dont c'est le combat, la culpabilisation, ne peuvent rien. Si quelqu'un m'alpaguait sur un marché en me montrant des photos d'atrocités, en m'accusant, il provoquerait chez moi l'envie aussi primaire qu'irrésistible de le gifler.

Le problème est politique ; politique parce qu'économique et parce que nos politiques sont à la solde des tenants du système, il faut en changer !

Le programme EELV était beaucoup plus abouti que celui du FdeG dans ce domaine ; à nous d'améliorer le modèle ! Encore faut-il être écouté...

Politiquement, comment se bouger assez vite maintenant que la PAC va être renégociée ? Ici comme ailleurs, on patauge sous le poids de la difficulté.

Politiquement de toutes façons, quand on tire un fil, toute la bobine vient avec ! Il n'y a pas une multitude de petits problèmes à régler : il n'y en a qu'un seul ! Tentaculaire, dictatorial, sournois parfois, malin qui ne dit jamais son nom.

L'ultra libéralisme : le profit de quelques-uns ! Et on aura beau se le dire le redire le répéter à l'envie, cela ne change rien ; nous sommes contraints, pour les plus courageux d'entre nous, de s'attaquer à une face, ponctuelle et locale, d'un problème ! Cela donne un peu de fil à retordre aux puissants et cela doit les amuser en même temps, tant il est vrai qu'une victoire sans ennemis ne vaut rien ! Mais cela occupe beaucoup d'énergie, sans grands résultats il faut bien l'avouer.

Une chose pourtant que l'on pourrait proposer avec insistance : puisque nous vivons dans un monde libéral, et que chacun fait ce qu'il veut, nous, nous ne voulons plus aucune subvention pour l'élevage hors-sol, l'élevage en batterie, l'abattage en série ; ni non plus pour toute agriculture géante qui emploie désherbants, engrais chimiques, pesticides. Tout ce fric ( énormes sommes) sera pour les petites et moyennes exploitations, pour les pluri-actifs en conversion biologique ! Et, protectionnisme aux frontières : un animal même mort, même congelé n'aurait pas le droit de faire plus de cent kilomètres !!

Ah ! Quel bordel mes chers ; ce serait la fin de tout et de début de la faim ! Est-ce si sûr ? Il y aurait bien quelques chaînes qui tireraient la langue, quelques familles contraintes de ne manger de la viande que deux ou trois fois par semaine, des chansons américaines que nous serions peut-être contraints de fredonner, mais ça passerait très vite ; tout passe si vite aujourd'hui, regardez l'actualité, trois petits tours et puis s'en vont...quelques mois de frustration, de bazar ; il y aurait peut-être même des gens dans les rues mais on sait que la rue n'a plus le pouvoir, alors ? Tout s'encaisse si vite ; on peut bien, sans révolution nous faire gober un traité indigeste ; des accords syndicaux, minoritaires, assassins ; des augmentations de ce que l'on doit, des diminutions de ce que l'on nous doit. C'est le moment, tout le monde accepte tout sans moufter. Si on est malin, on fait ça sans publicité, en douce ; comme cela s'est fait dans les hôpitaux par exemple . Aujourd'hui, vous avez mal, vous ne pouvez plus marcher, quelqu'un vous amène chez le médecin ; celui vous dit « Il faut faire un examen, je vais vous faire une ordonnance pour un examen en urgence... ça fera 23 euros, au revoir, madame ». La cliente contrainte à la patience regarde le grand hall et se demande comment elle va le traverser ; tout à l'heure, un jeune est venu l'aider en la soutenant ; le médecin déjà a refermé la porte. La vieille femme s'avance à très petits pas douloureux, les dents serrées, les larmes aux yeux.Dans tous les hôpitaux alentours, l'urgence est au plus tôt dans trois semaines ! Et qu'est-ce qu'on dit ? Rien ; on attend ! Alors, on fera pareil : quand il n'y aura plus de subvention, la viande va augmenter, il n'y aura que les riches qui pourront s'acheter cette viande. Mais les riches ne mangent pas cette viande, enfin pas tout à fait la même, alors les Doux vont s'effondrer, et les éleveurs seront obligés d'apprendre un autre métier : celui d'éleveur !

Et, au pire, les gens touchés en plein cœur se mettront en révolution...

Ou bien, plus simplement, les restaurants seront obligés d'inventer d'autres mets pour garder leur carte, on inventera des cantines d'où on ne jetterait plus le salami par la fenêtre ; on videra quelques congélateurs, ôtera quelques camions des routes...



Il y a des ingénieurs, des scientifiques, des architectes qui sont possédés par un gourou. Il y a des rêveurs, des mystiques qui ne sont pas croyants. Il y a des femmes qui se font tabasser et qui se croient nécessaires à leur homme. Il y a des philosophes tabagiques et des imbéciles libres et sains. Que pouvons-nous ? Mais rien du tout, très peu de chose. Ma voisine que j'aime beaucoup, adore les animaux, elle a la larme à l'oeil à la moindre évocation d'un chat perdu ; elle a des perruches en cage, un hamster itou, une vieille chatte stérilisée, peureuse et paresseuse. Elle mange de la viande tous les jours, parce qu'il le faut ; pour que ses enfants poussent bien et qu'elle ait la force d'aller travailler. Nous avons des kilomètres de voile en réserve pour occulter ce qui nous gêne, des oeillères magnétiques guidées par nos peurs vers nos rêves, nous sommes doubles, nous sommes lâches et parfois veules.

Les choses se feront toutes seules .


Premier scénario : la maladie . Une épidémie ravageuse, sans prévision ni vaccin, et bien sûr, sans antibiotiques ! À force d'en manger à chaque virus, de peur de suites fâcheuses et aussi d'ingurgiter toutes celles dans les viandes, la première cause de mortalité en Allemagne et aux États-Unis, c'est déjà les maladies nosocomiales ; un petit coup de pouce des laboratoires pharmaceutiques qui préfèrent les profits de leurs antibio aux dépenses de recherche et hop, le problème du chômage, de l'exclusion et de la précarité réglé : tous morts. On a vu pire à la fin de l'année 1918 !
Le monde ne s'est pas arrêté de tourner pour autant.

Vous avez lu jusqu ici,
alors la suite est là par Alinea ce lundi 21 janvier 2013 et proposé par Michel Tarrier!
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 12 Fév 2013, 17:40




L’UE AUTORISE LA VIANDE TRAITEE A L’ACIDE

La Commission européenne a autorisé l’utilisation d’acide lactique pour réduire la contamination microbiologique des carcasses de bovins, une décision qui met fin à un contentieux avec les Etats-Unis sur l’importation dans l’Union européenne de viande traitée de cette façon. La mesure entrera en vigueur le 25 février et « s’appliquera tant au sein de l’Union européenne qu’à la viande de boeuf importée », a indiqué une source communautaire.

La question du traitement des carcasses bovines à l’acide lactique était un sujet de contentieux entre les Etats-Unis et l’UE, qui interdisait l’importation de la viande traitée de cette façon. Cette pratique « contribuera à réduire la contamination par les plus importants pathogènes qui sont fréquemment à l’origine des intoxications alimentaires comme l’E.coli (VTEC) et la salmonelle », a indiqué la Commission dans un communiqué.

Mais « la possibilité d’utiliser de l’acide lactique ne doit en aucune façon être considérée comme une substitution à des pratiques d’abattage correctes et hygiéniques et à des modes opératoires appropriés », a-t-elle mis en garde. Les ministres européens de l’Agriculture n’étaient pas parvenus à s’entendre sur le sujet en novembre 2012, et la Commission européenne avait été chargée de prendre une décision. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait émis un avis favorable en juillet 2011.

Source : Le Figaro
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mer 13 Fév 2013, 19:13


SCANDALE DE LA VIANDE DE CHEVAL


Dommage qu'il aura fallu qu'on vous mette devant ce genre d 'image pour enfin réagir!
Pourquoi mangez un porcelet , un poussin, un agneau , une biche ne vous fait pas cet effet ??
Suis assez perplexe sur le véritable but du scandale de la viande de cheval...
Bientôt on va vous dire que vous mangez du chat, du chien, du rat et pourquoi pas
de l 'âne, parait qu'ils sont tellement bête!

Vous ferrez quoi alors?


Plaidoyer pour un certain végétarisme extrait en page 1 et un sondage !

""Sans le moindre état d’âme à l’égard de la condition faite aux animaux, le rayon boucherie de nos hypermarchés poursuit imparablement la quête de sa pierre philosophale, de sa poule aurifère, qui doit être quelque chose comme le porc à quinze côtes, la truie à trois portées, la vache à engendrer deux veaux… Les majors boulimiques de l’agro-industrie ont déjà enfanté du poulet sans plumes, comme de la plante sans semence, sans que l’absurdité de leurs objectifs ne pose un quelconque problème sociétal. Le consommateur est conditionné à penser que c’est pour son bien, voire mieux, pour nourrir la faim dans le monde. Maintenant qu’il suffit de transplanter un gène de la chose dans la bête, leurs labos ne vont pas se gêner pour ajouter du filet ou retirer des pattes. La consommation de la viande et du lait est partout en hausse. Depuis un demi-siècle, la production mondiale de viande est passée de 44 millions à plus de 220 millions de tonnes. 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 13,5 milliards de poulets, 1,3 milliard de bovins et l milliard de cochons sont destinés à nos assiettes. ""


Citation :
Depuis quelques jours, un grand nombre de Français sont choqués d'avoir consommé à leur insu de la viande de cheval dans des produits préparés. Un des problèmes est le manque de transparence de l'industrie agro-alimentaire. Mais au-delà, ce qui a choqué l'opinion publique et a conduit les industriels et le gouvernement à réagir vivement, c'est surtout que les consommateurs, en pensant manger un animal « comestible », la vache, ont en réalité ingéré un animal souvent considéré comme « ami », le cheval. Y aurait-il eu le même buzz si les lasagnes avaient contenu des carottes en indiquant contenir des tomates ?
Habituellement, la frontière entre les animaux que nous consommons et ceux que nous chérissons reste bien solide, et rien n'ébranle notre conviction qu'un cochon se mange, et qu'un chien se chérit. Mais à l'occasion du scandale sur les lasagnes à la viande de cheval, la contradiction de notre rapport aux animaux est rendue criante.

L'Association Végétarienne de France espère que cette affaire aboutira à une interrogation sur notre rapport aux animaux et notre alimentation. L'alimentation végétarienne bien équilibrée est très bonne pour la santé, la planète et les animaux, et c'est une alimentation délicieuse et diversifiée. L'Association Végétarienne de France a la plaisir de vous offrir Le guide du végétarien débutant pour bien démarrer.
http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/guide_vegetarien.pdf
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MessageSujet: Guide restaurants végétariens, bio ou même sans gluten    Jeu 22 Mai 2014, 12:55



566 adresses en France, 76 en Belgique, 209 en Suisse !

Notre guide Restos Veggie n’a jamais été aussi riche en adresses de restaurants bio qui pensent vraiment aux végétariens !



2014-2015 voit donc le nombre de restaurants végétariens, bio ou même sans gluten exploser. Pour mémoire, en 2008 nous en avions répertorié 168 sur toute la France.

Une cantine parisienne branchée « superfoods » côtoie une chaine de bioburgers, une crêperie bretonne labellisée bio, un triporteur itinérant végétarien, un hôtel-restaurant gastronomique, un restaurant entièrement sans gluten… un point commun à cette diversité : la qualité biologique des ingrédients cuisinés et l’attention portée à tous ceux qui souhaitent manger autrement.

Avec cette nouvelle édition de plus de 300 pages, nous vous souhaitons de belles découvertes végétariennes et bio, en France, en Belgique et en Suisse, et même dans quelques grandes villes d’Europe : Londres, Barcelone, Berlin, Amsterdam, Prague et Rome.
Edition la plage
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mer 01 Oct 2014, 11:21


1er octobre : journée mondiale végétarienne

Lancée à l'origine en 1977 par la société végétarienne nord-américaine (NAVS) pour développer la joie, la compassion et promouvoir la vie à travers le végétarisme, la Journée Mondiale Végétarienne a été adoptée par l'Union Végétarienne Internationale en 1978.

Voir le sondage en haut du sujet, merci!
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 16 Déc 2014, 18:57


"Terriens", véritable film coup de poing sur la manière dont les humains traitent les animaux.
Réalisé par Shaun Monson
Le narrateur est Maxime Ginolin, à qui l'on doit le film "Le Jugement", et la musique est signé par Moby. 
"Terriens" traite de la dépendance économique absolue que l'Humanité entretient vis­ à­ vis des animaux utilisés pour la compagnie, la nourriture, les vêtements, le divertissement et pour la recherche scientifique.
Le film révèle les pratiques quotidiennes de certaines des plus grandes industries mondiales, dont la totalité des profits est réalisée grâce aux animaux.
Puissant, instructif, et incitant à la réflexion, "Terriens" est de loin le documentaire le plus complet jamais réalisé sur les relations entre la nature, les animaux et les intérêts économiques des humains.
Sorti il y a plusieurs années aux États­Unis, ''Terriens'' est devenu la référence ultime internationale sur la cause animale.
Il est aujourd'hui, tristement toujours aussi d'actualité.
De nombreuses personnalités ont affichés leur soutien au film tel que:
Joaquim Phoenix
Woody Harrelson
Ellen DeGeneres
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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Lun 29 Déc 2014, 12:33

Bonne fête de la Saint Sylvestre !

Commencer l 'année par une journée sans viande ce Jeudi Veggie, ça vous dis?


C'est déjà faire un geste concret...
poster des vidéos et des images pour défendre la cause animal 
(en particulier de nos animaux de compagnie) c'est bien , 
participer activement à défendre tous les animaux maltraités , c'est mieux !


Nathalie Ambre
richel 



La philosophie à l’épreuve de la viande




Catherine Vincent Le Monde a écrit:
La viande que l’on mange et les bêtes que l’on tue pour satisfaire notre faim reste le «défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines», comme le dit Matthieu Ricard. Avant notre édition spéciale du mardi 30 décembre sur ces animaux qui nous fascinent, tour d’horizon philosophique sur le sujet de la viande
Certes, la Journée internationale sans viande (Meat Out Day), fixée chaque année autour du 20 mars, suscite l’intérêt croissant du grand public et des médias. Certes, scientifiques et politiques sont chaque jour plus nombreux à dénoncer l’aberration pour l’environnement que représente la production mondiale de viande (302 millions de tonnes en 2012, soit cinq fois plus qu’en 1950), l’une des grandes causes de la déforestation, du réchauffement climatique et de la pollution de la planète. Certes, de grands chefs cuisiniers prennent position, tel le Français Alain Ducasse, qui a supprimé la viande de la carte du Plaza Athénée, son restaurant parisien. Certes, le nouveau livre du moine bouddhiste Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux, est un joli succès de librairie… Et après ?
Après, rien. Ou presque. On sait, et on continue. On évoque avec pessimisme la crise écologique, on s’indigne du scandale des élevages industriels, mais on ne renonce pas à son bifteck. Ni à sa dinde de Noël. Tout juste réduit-on un peu sa consommation… Mais si peu ! Un effort infime au regard de l’essor fulgurant qu’a connu l’industrie de la viande depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En France, alors que la population est passée de 40 millions d’habitants à près de 70 millions aujourd’hui, la quantité de viande consommée par personne a presque doublé entre 1950 et 1980, grimpant de 50 à près de 100 kg par an. Elle a, depuis, légèrement régressé, mais avoisine toujours les 90 kg par personne et par an. Soit près de 500 000 bovins, ovins et porcins tués chaque jour dans les abattoirs, tandis que les végétariens plafonnent à 2 % de la population.
« Défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines »
« Tous les ans, 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins sont tués pour notre consommation, ce qui pose un défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines », constate Matthieu Ricard. Dans un livre choc paru en 2011, le romancier américain Jonathan Safran Foer allait plus loin encore. Faut-il manger les animaux ?, s’interrogeait-il à l’issue d’une longue enquête, en partie clandestine, dans cet enfer insoutenable qu’est l’élevage industriel. « Les animaux sont traités juridiquement et socialement comme des marchandises », conclut-il. Nous le savons tous, comme nous devinons tous l’horreur des traitements qu’on leur inflige. Sans vouloir nous en souvenir. Car c’est un fait : « La majorité des gens semble avoir accepté le fait de manger les animaux comme un acte banal de l’existence. »
En avons-nous moralement le droit ? Le 30 octobre, l’Assemblée nationale française adoptait un projet de loi visant à reconnaître aux animaux, dans notre Code civil, le statut d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Pouvons-nous, pour notre plaisir ou par simple habitude, faire souffrir et mourir des êtres vivants capables de souffrance, d’émotions, d’intentions, alors même que notre survie alimentaire n’est pas en jeu ? Et si non, pourquoi continuons-nous à le faire ? Pour tenter de comprendre, nous avons voulu interroger la philosophie. Et nous devons avouer notre surprise : la philosophie, jusqu’à un passé (très) récent, ne s’est jamais posée cette question. Elle ne s’est jamais demandé si cette pratique était acceptable. C’était une évidence.
« Tuer les animaux pour les manger, cela allait de soi. On n’en parlait même pas »
« Dans l’Antiquité grecque, on ne pouvait pas tuer un animal ni manger de la viande n’importe comment, tempère la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur de l’ouvrage somme Le Silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité (Fayard, 1999). Pour les Anciens, comme pour Aristote et Platon, cette pratique était très codifiée par les sacrifices religieux. Mais tuer les animaux pour les manger, cela allait de soi. On n’en parlait même pas. » A quelques exceptions près : Pythagore (571-495 av. J.-C.), pour qui tuer un animal pour le manger était un crime ; et longtemps après, Plutarque (45-120 apr. J.-C.), dont le traité «S’il est loisible de manger chair» est un vibrant plaidoyer pour l’abstinence de nourriture carnée. Mais, dans leur immense majorité, les Anciens ne se sont intéressés à l’animal que pour démontrer combien l’homme en était différent. Combien il leur était supérieur.
C’est ce qu’on nomme l’humanisme anthropocentrique : une conception fondée sur l’idée de l’exceptionnalisme humain, que la tradition judéo-chrétienne n’a fait que renforcer. Notamment le christianisme, selon lequel la bête a été créée pour le bien de l’homme, centre et maître de la création. Toute la tradition philosophique occidentale sera marquée par cette coupure ontologique entre l’homme et l’animal. Et il faudra attendre Jacques Derrida, et sa déconstruction du propre de l’homme, pour qu’enfin la question soit posée : comment a-t-on pu à ce point légitimer la violence envers l’animal ? Précisément en le nommant « l’animal », plutôt que de parler des animaux, répond-il. Car « l’animal » n’existe pas, si ce n’est pour désigner l’ensemble des vivants pouvant être exploités, tués et consommés hors du champ de la morale et de la politique. Le meurtre de « l’animal » n’est pas reconnu comme tel. Alors qu’il y a bel et bien « crime contre les animaux, contre des animaux ».
Comme Derrida, Elisabeth de Fontenay l’affirme : « Il n’y a aucun fondement philosophique, métaphysique, juridique, au droit de tuer les animaux pour les manger. C’est un assassinat en bonne et due forme, puisque c’est un meurtre fait de sang-froid avec préméditation. » Elle-même, pourtant, n’est pas végétarienne. « Je n’en suis pas fière, mais comment faire autrement ? Je ne mange pas de la viande tous les jours, mais j’adore les lasagnes ! J’adore la sauce tomate à la bolognaise ! Les goûts de chacun, c’est compliqué. C’est idiosyncrasique, c’est l’histoire de l’enfance… » Elisabeth de Fontenay a le courage de cette contradiction majeure, qu’elle analyse à l’aune de notre histoire. « Manger de la viande, c’est un héritage du néolithique ! Vous vous rendez compte ? Du néolithique ! Et toutes les cultures, toutes, sont carnivores ! » Même en Inde, où le végétarisme hindouiste compte nombre d’exceptions.
Changer une habitude plurimillénaire, source de protéines animales et d’un plaisir gustatif singulier ? S’interdire l’accès à un aliment qui, de tout temps, fut considéré comme un mode de distinction sociale ? Pas si facile. Cela coûte du temps, de l’argent, cela oblige dans nos sociétés modernes à se priver d’innombrables produits fabriqués. Pour une famille nombreuse à revenus modestes, cela frise vite le sacerdoce. « Je peux très bien comprendre que certains trouvent trop compliqué d’être végétarien, et que ces mêmes personnes affirment être contre le fait d’élever les animaux pour les tuer », estime la philosophe Florence Burgat, devenue végétarienne « après avoir été hypercarnivore ». « Cela ne me semble pas incohérent. Beaucoup tentent de réduire leur consommation de viande, ou de la rendre plus éthique. L’important est de tendre vers quelque chose. »
Auteur de plusieurs ouvrages sur la question animale, elle consacrera son prochain ouvrage à « l’option carnivore de l’humanité ». Car une question la fascine. « Nous sommes une espèce omnivore, ce qui signifie que nous avons le choix de notre alimentation, rappelle-t-elle. Pourquoi alors l’humanité, au moment où elle arrive à un niveau de développement suffisant pour s’émanciper de l’alimentation carnée – vers la fin du XIXe siècle, quand les connaissances scientifiques et techniques libèrent les bêtes d’un certain nombre de tâches, et que surviennent les premières lois de protection des animaux –, pourquoi fait-elle au contraire le choix de l’instituer ? De l’inscrire dans les techniques, dans les pratiques ? » Un droit désormais devenu, dans la plupart des pays dont le développement le permet, celui de manger de la viande tous les jours.
Depuis quand ? Symboliquement depuis 1865, date à laquelle furent inaugurés les abattoirs de Chicago. En 1870, les Union Stock Yards (littéralement, les « parcs à bestiaux de l’Union ») traitaient déjà 2 millions d’animaux par an. En 1890, le chiffre était passé à 14 millions, dont la mort et le dépeçage fournissaient du travail à 25 000 personnes – Ford, dans ses Mémoires, affirme s’être inspiré de ces abattoirs pour créer sa chaîne de montage à Detroit. C’est ainsi, aux Etats-Unis, que démarre véritablement la démocratisation de la nourriture carnée. Et la production de masse d’une viande issue de ce que l’historien américain Charles Patterson, dans son ouvrage «Un éternel Treblinka» (Calmann-Lévy, 2008), qualifie de génocide animal. Un génocide qu’il n’hésite pas à comparer à celui du peuple juif dans les camps de concentration nazis.
La mise à mort des bêtes à la chaîne, abomination indigne d’une civilisation évoluée
C’est aussi ce que fait le philosophe Patrice Rouget, auteur d’un récent essai sur «La Violence de l’humanisme». « Cette passerelle tendue d’entre deux horreurs est installée aujourd’hui, écrit-il. Des noms dignes de respect, non suspects de mauvaise foi ou de parti pris idéologique, l’ont bâtie pièce à pièce pour que nous osions la franchir. Singer, Lévi-Strauss, Derrida, Adorno, Horkheimer, des victimes revenues des camps de la mort y ont apporté leur contribution. » Ce qui fait de l’extermination perpétrée par les nazis un événement irréductible à tout autre événement de l’Histoire, et ce qui rapproche ce crime de masse de l’enfer de l’abattoir, c’est le processus industriel qui est à l’œuvre. Un processus qui, à la différence des autres génocides, rend le meurtre « identiquement interminable, au moins dans son principe ».
Qu’ils soient végétariens ou « carnistes », tous les philosophes s’accordent donc sur ce point : la production et la mise à mort des bêtes à la chaîne sont une abomination, indigne d’une civilisation évoluée. « Le problème éthique majeur aujourd’hui, ce n’est pas celui de la consommation de viande, affirme Dominique Lestel, philosophe et éthologue à l’Ecole normale supérieure de Paris. C’est l’ignominie de l’élevage industriel. Il y a une dégradation non seulement de l’animal, mais aussi de l’humain à travers ces pratiques. » Auteur d’une provocante «Apologie du carnivore», il estime cependant que les végétariens « éthiques » – ceux qui refusent de manger de la viande au nom de la souffrance des bêtes et de leur droit à la vie –, se trompent de cible en s’obstinant à combattre « le méchant carnivore ».
Le concept de la « viande heureuse »
« Par rapport à l’enjeu qu’est la fermeture des élevages industriels, ces végétariens éthiques seraient infiniment plus efficaces s’ils s’alliaient avec ce que j’appelle les carnivores éthiques : des carnivores qui refusent de manger de la viande industrielle, ou qui considèrent que cela ne se fait pas à n’importe quel prix, ni de n’importe quelle façon, précise-t-il. La moindre des choses que l’on puisse faire pour un animal que l’on tue, c’est de le cuisiner convenablement… C’est-à-dire avoir un rapport avec cet animal mort qui n’est pas celui que l’on a face à une barquette de supermarché. » Dominique Lestel, et il n’est pas le seul, opte pour le concept de la « viande heureuse » – une viande provenant d’animaux bien élevés, bien tués, que nous pourrions ainsi consommer en toute bonne conscience. Un compromis auquel Florence Burgat s’oppose totalement.
L’acte de manger est devenu totalement irresponsable
« Quelle que soit la manière dont on s’y prend, la violence qui consiste à tuer les animaux pour les manger demeure, observe-t-elle. Elle renvoie à la question de fond : qui sont les animaux ? Est-ce que le fait de vivre leur importe ? Pourquoi tuer un homme serait grave, et pourquoi tuer un animal ne le serait pas ? Je n’arrive pas à comprendre ce qui motive cet argument, et je le comprends d’autant moins que les animaux d’élevage, y compris en élevage bio, sont tués très jeunes. Qu’est-ce que cela signifie d’offrir à des bêtes de bonnes conditions de vie dans laquelle elles peuvent s’épanouir, puis de les tuer en pleine jeunesse ? » Vinciane Despret, philosophe à l’université de Liège (Belgique), n’explique pas cette contradiction manifeste. Mais elle rappelle que « l’acte de manger est un acte qui requiert de la pensée », et que la mise en œuvre de cette pensée a été précisément supprimée par notre alimentation moderne. Ce qui a permis que soit instaurée, « sans plus de révolte, la folie furieuse que constitue l’élevage industriel ».
« Au fur et à mesure des années, ce qui constituait un animal domestique vivant a progressivement disparu de tout état de visibilité », souligne-t-elle. La plupart des gens ne mangent plus que sa chair – laquelle, une fois dans l’assiette, évoque de moins en moins la bête dont elle vient. Le comble est atteint avec le hamburger : à Chicago, une étude a mon­tré que 50 % des enfants des classes moyennes ne faisaient pas le lien avec un animal. « La conséquence de cette logique, qui est en connivence avec l’élevage industriel, c’est que l’acte de manger est devenu totalement irresponsable : c’est un acte qui ne pense pas », conclut Vinciane Despret.
Penser plus, donc, pour enrayer cette tuerie et ces souffrances de masse ? Et manger moins de viande, bien sûr. Mais encore ? Fermer les élevages industriels ? A moins de se payer de mots, il n’y a guère d’autre solution. Mais il s’agirait d’une solution ultraradicale. Supprimer la production intensive et favoriser l’élevage artisanal, même en augmentant les surfaces dévolues aux bêtes, cela reviendrait à disposer d’une quantité de viande infinitésimale à l’échelle des 7 milliards de personnes qui peuplent la planète. A en faire à nouveau un mets de luxe, rare et accessible seulement à une petite partie de la population… L’inverse de la poule au pot du bon roi Henri IV, en quelque sorte. Pas très satisfaisant pour qui espère réduire les inégalités.
La planète ne pourra pas supporter longtemps les humains et leurs élevages
Reste une évidence, non plus philosophique mais écologique : au train où s’épuisent nos ressources naturelles, la planète ne pourra pas supporter longtemps les humains et leurs élevages. En 2001, alors que l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (EBS) battait son plein, Claude Lévi-Strauss publiait un texte magnifique, «La Leçon de sagesse des vaches folles» (revue Etudes rurales, 2001). Citant les experts, il y rappelait que « si l’humanité devenait intégralement végétarienne, les surfaces aujourd’hui cultivées pourraient nourrir une population doublée ». Les agronomes se chargeraient d’accroître la teneur en protéines des végétaux, les chimistes de produire en quantité industrielle des protéines de synthèse, les biologistes de fabriquer de la viande in vitro – elle existe déjà en laboratoire.
Mais alors, plus de bêtes ? C’est ce que redoute Jocelyne Porcher, ancienne éleveuse devenue sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui vient de coordonner un «Livre blanc pour une mort digne des animaux». Un avenir sans élevage est un avenir sans animaux, du moins sans ces animaux avec lesquels nous avons une relation de travail, prévient-elle. Ce qui ne convainc guère la philosophe Anne Frémaux, auteur de «La Nécessité d’une écologie radicale» (Sang de la Terre, 2011). « C’est là un argument qui s’appuie sur la préférence abstraite pour l’existence plutôt que la non-existence, et qui ne prend pas en compte la vie réellement et concrètement vécue par l’individu », estime-t-elle, en suggérant de réensauvager les animaux domestiques et d’agrandir l’espace dévolu aux espèces naturelles.
Florence Burgat, elle, n’en démord pas : « Tant que l’homme mangera les animaux, rien ne pourra changer dans sa conduite envers les autres hommes. On ne peut pas éduquer à la non-violence envers son prochain quand des espèces très proches de nous restent tuables. »

Source
à lire et à voir les articles de Dominique Guillet
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MessageSujet: Viande reconstituée , malbouffe   Sam 02 Mai 2015, 19:45

"Vous avez dit ACTIVA ?"

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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Sam 16 Mai 2015, 19:52


Fatigué du système, il ouvre les portes de son élevage industriel
Vue par plus d’1 million d’américains en quelques jours, cette vidéo ne montre pas des poussins broyés ou des animaux maltraités pour vous prendre par les sentiments. C’est simplement l’histoire de Craig Watts, un fermier industriel qui va faire ce qu’aucun autre n’a fait avant lui : ouvrir les portes de son usine et montrer sa réalité.


SUITE ET SOURCE SUR CE BLOG
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MessageSujet: VITAMINE B12, VÉGANE ET VÉGÉTARIEN   Jeu 19 Jan 2017, 18:24

VEGAN & VÉGÉTARIEN
VITAMINE B12, VÉGANE ET VÉGÉTARIEN
Vitamine B12: véganes et végétariens font partie des personnes à risques. Existe-t-il des sources véganes de B12? Doivent-ils prendre des compléments?

Véganisme, végétarisme et vitamine B12
Résumé

Véganes et végétariens font partie des populations les plus à risque en ce qui concerne les carences de vitamine B12.
Il n’y a pas de source végétale naturelle qui couvre nos besoins en vitamine B12.
Definition végane et végétarien.
Suppléments pour véganes.
Dans les milieux de naturopathie et de nutrition, aucun sujet n’est autant débattu que la question de savoir si les individus suivant un régime végane et végétarien bénéficient ou non d’apports suffisants en vitamines B12 (cobalamine), nutriment essentiel à notre santé.

La raison pour laquelle cette question est débattue aussi farouchement est qu’elle a une nature quasi idéologique, posant une question encore plus fondamentale à savoir quelle alimentation les êtres humains sont naturellement sensés avoir.

La vitamine B12 prend dans cette discussion sur l’alimentation naturelle des êtres humains une place tout à fait particulière. Lorsque des personnes suivant un régime végane ou végétarien sans supplémentation artificielle arrivent à une situation de carence en vitamine B12 essentielle à notre survie, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi certains détracteurs peuvent considérer ces choix alimentaires comme inadéquates voir même dangereux. De ce fait, certains défenseurs de ces régimes alimentaires avancent des arguments en leur faveur.

Selon nous, le débat sur l’alimentation naturelle des êtres humains passe à coté du point essentiel qui est que les régimes véganes et végétariens sont suivis pour des raisons éthiques. Le fait qu’une carence en vitamine B12 soit réelle et clairement dangereuse pour la santé des individus concernés ne devrait pas être considéré d’un point de vue émotionnel, mais plus avec l’appui de recherches scientifiques et médicales.

En se basant sur une perspective alimentaire, nous pouvons nous poser les questions suivantes:

Les régimes végane/végétarien sont-ils sains et subviennent-ils à l’ensemble de nos besoins nutritionnels ?
Est-il recommandé ou indispensable pour les véganes et végétariens de prendre des suppléments de cobalamine (vitamine B2) ?
Est-il bon pour la santé de manger viandes, poissons, produits laitiers et quels avantages/ inconvénients ont ces aliments ?
Il a déjà été prouvé par de nombreuses études scientifiques que les régimes végane et végétarien peuvent être excellents pour la santé. Ces régimes sont considérés comme particulièrement sains et recommandés par une majorité d’experts dans le domaine de la nutrition à condition d’être suivis consciencieusement, c’est à dire avec une large variété de produits équilibrés et de qualité 1. Certaines maladies dites de civilisation comme les maladies cardio-vasculaires ou l’hypercholestérolémie (de plus en plus fréquentes) requièrent même de se tourner vers une alimentation plus riche en fruits et légumes, qui pourrait palier notre surconsommation de viandes.

Mais de toute évidence il est important pour les véganes et végétariens de rester attentifs sur leurs apports et niveau de vitamine B12. Cet article a pour but de rendre compte comment faire face à ces apports.

Besoins journaliers en vitamine B12
Selon les autorités, les besoins journaliers en vitamine B12 se trouvent autour de 3 mcg / jour pour un adulte en bonne santé. Etant donné qu’un très grand nombre d’individus présente des problèmes d’assimilation (flore intestinale endommagée et problèmes gastriques), cette limite devrait, selon nous, être revue amplement à la hausse car seule une partie de la vitamine B12 ingérée est utilisable, le reste étant rejeté dans l’urine.

Ceci dit, il faut souligner que même en faisant attention à s’approvisionner via une source très riche en vitamine B12 (ex: viande de boeuf, de porc ou poisson), seule une quantité relativement faible est absorbable (capacité limitée du facteur intrinsèque). Une étude 2 montre que des risques élevés de carence sont encourus par les personnes qui consomment peu d’aliments riches en B12 (tels que véganes et végétariens), ayant soit des besoins accrus (stress ou troubles émotionnels), soit des capacités d’absorptions limitées.

Alors qu’un régime ovo-lacto-végétarien permet d’avoir encore de bonnes sources en vitamine B12 tels que les oeufs et certains fromages (camembert, gouda, etc…), les véganes quant à eux n’ont pas à leurs dispositions de source avérée scientifiquement leur permettant de couvrir leurs besoins. C’est pourquoi selon un grand nombre de spécialistes, il leur est recommandé de couvrir leurs besoins en vitamine B12 à l’aide de compléments alimentaires.

C’est un avis que partage l’International Vegan Society, une des autorités référante de la communauté végane. Cette association recommande de consommer une dose journalière de 10 mcg combinée à une dose hebdomadaire de 2000 mcg et de diriger son alimentation vers des produits riches en vitamine B12 3.

Carences en vitamines B12 chez les vegans et végétariens
De nombreuses études se sont penchées sur la question de savoir si les individus suivant un régime végane ou végétarien souffrent plus fréquemment de carences que les individus omnivores. 4,5,6 La réponse est non équivoque: les situations et/ou risques potentiels de carences sont extrêmement répandus chez les véganes et légèrement moindres chez les végétariens que chez les omnivores. Chez les personnes âgées les risques potentiels se rapprochent à un niveau de risques encourus mi-chemin entre ceux des végétariens et des omnivores. On note cependant que pour les véganes, les risques de carences sont extrêmement élevés pour toutes les tranches d’âge. 7-8

Les véganes argumentent souvent que le nombre de patients omnivores souffrant de carences est largement supérieur au nombre de vegans dans cette situation, mais ces chiffres sont en valeur absolue et donc ne prennent pas en compte la proportionnalité. Il faut garder en tête que seul o,1 à o,2 % de la population suit un régime vegan et donc qu’en valeur absolue, les omnivores risquent largement moins fréquemment de souffrir de cette dangereuse carence.

Selon les seuils actuels pour évaluer les risques de carences, il a été calculé par des scientifiques que près de 7 % de l’ensemble de la population souffre de carences en vitamine B12, alors que selon la même étude, 60 à 90 % des véganes en souffraient. Même si les chiffres varient, les résultats concordent tous sur cette constatation générale que les véganes sont une population fortement à risque. Même des études conduites au sein des cercles défendant les valeurs véganes sont arrivées à des conclusions tellement alarmantes qu’un changement de ton en ce qui concerne cette question à été adopté. 10

Les végétariens ne sont pas exempts de ce constat car eux aussi font partie du groupe fortement à risque. En ce qui les concerne, les études concordent plus sur les chiffres: 20 à 70% souffrent de carence en vitamine B12, ce qui en moyenne représente tout de même environ la moitié de la population des végétariens – se trouvant en dessous du seuil minimal de vitamine B12.

Risques de carence : végane et végétarien
Les risques accrus de carences chez les individus suivant un régime végane ou végétarien peut donc être considéré comme une forme de preuve scientifique. De ce point de vue, cela met un terme à l’argumentation de la communauté végane, car la profusion d’études scientifiques sur la question ne laisse pas de place au doute. Pourtant il est surprenant de constater que malgré les risques sanitaires très sérieux encourus, certains forums et auteurs de la communauté continuent d’ignorer les constatations scientifiques mentionnées ci-dessus, au profit d’arguments moraux et éthiques sur l’exploitation des animaux, l’industrie agroalimentaire ou ce que devrait être l’alimentation naturelle des êtres humains. L’existence de risques réels de carences dangereuses pour la santé et le fait que la vitamine B12 est essentielle à notre survie sont tout simplement ignorés.

Une carence en vitamine B12 peut mettre des années à être identifiée avant que des symptômes sévères n’apparaissent. Pendant des années il est possible que les seules manifestations corporelles ressenties soient „des généralités“ du genre fatigue chronique, dépression et de légères inflammations buccales (aphtes). On comprend donc pourquoi il n’est pas évident pour le corps médical de les rapporter directement à une carence en vitamine B12. Il n’est pas rare que les symptômes plus sévères n’apparaissent que des années plus tard (10 -20 ans) pendant lesquelles l’individu n’a aucune conscience de souffrir de cette carence.

Sources de vitamine B12 – végétariens
Dans le tableau ci-dessous, nous allons tenter de passer en revue quelles sont les sources optimales de vitamine B12 pour les personnes suivant un régime végétarien. Il est recommandé à ces individus de garder un oeil attentif sur leur niveau et apports en vitamine B12 afin de pouvoir adapter les informations suivantes à leur situation propre.
Certains aliments ovo-lacto-végétariens contiennent de la vitamine B12 valant la peine d’être nommés car il peuvent participer à couvrir les besoins journaliers en cette vitamine essentielle au fonctionnement de notre organisme
suite et source

http://www.vitamine-b12.net/vegane-vegetarien/

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MessageSujet: Re: Plaidoyer pour un certain végétarisme!   Mar 25 Avr 2017, 19:16

Le retour vers la transcendance supposerait donc une alimentation végétarienne,
mais ce retour serait prématuré pour celui ou celle qui n’a pas encore été confronté en conscience à son désir de meurtre,
à sa colère et à sa violence archaïque pour « survivre ».

par Luc Bigé a écrit:
Quelle alimentation ? Une exploration symbolique et mythologique

Omnivore, carnivore, végétarien, frugivore… les choix alimentaires sont multiples. Dans ces lignes nous essayons de comprendre ce qu’ils sous-tendent et  pourquoi il est parfois si difficile de passer d’une alimentation carnée vers une nourriture végétarienne.

(Extrait de l’opuscule XIII du Parchemin Magnifique consacré aux cinq sens – à paraître)



L’alimentation traite de la vie et de la mort puisque manger revient à enlever la vie pour assurer sa propre subsistance. Elle relève des activités les plus archaïques de l’être humain gérées par le cervelet, le cerveau que nous avons en commun avec les reptiles.

L’omnivore apprend à tout aimer, premier engagement symbolique d’une personnalité qui désire participer au festin du monde avec ses joies et ses déboires. Néanmoins, si la dentition de l’homme lui permet de faire son marché dans tous les règnes de la Nature rien ne l’y oblige. Le corps humain est si adaptable qu’il se contente parfois de fruits chez les frugivores, d’autres mangeurs sont végétariens, végétaliens, carnivores ou même « praniques[1] ».

Il existe à peu près autant de régimes alimentaires que de diététiciens. En dehors de la dimension « santé » des aliments, l’on sait qu’ils influencent également nos humeurs. C’est ainsi que l’absorption de sucre stimule la sécrétion d’endorphines et procure un sentiment de sécurité. Les féculents augmentent le taux de sérotonine qui veille sur notre équilibre émotionnel et le chocolat combat la dépression en apportant au corps un surplus de magnésium. L’usine chimique qu’est notre cerveau « appelle » certains aliments pour retrouver un équilibre physique et psychique perturbé par un environnement stressant. Une théorie controversée suppose que la phényléthylamine du chocolat a le même rôle que celle qui est naturellement sécrétée par le cerveau, la molécule produite dans l’état amoureux.

Plus généralement les habitudes alimentaires se fondent sur plusieurs facteurs parfois contradictoires : les besoins biologiques du corps explorés par la diététique, les tendances historiques et culturelles liées aux valeurs d’une civilisation[2] ainsi que l’attrait pour le plaisir des goûts. Les besoins du corps dépendent de l’activité physique et du métabolisme ainsi que de l’espace symbolique où se focalise la conscience-énergie de la personne. L’histoire et la culture créent une dépendance au passé comme, par exemple, l’habitude de cuire les aliments, la quantité de matières grasses jugée agréable au goût et l’appétence pour le sucre. Si la préférence pour le cuit est la conséquence de la longue histoire de l’Homo Sapiens, le désir de manger de plus en plus sucré est fabriqué par l’industrie agro-alimentaire pour des raisons purement mercantiles. Idéalement l’attrait pour les saveurs devrait se caler sur les besoins du corps. Mais ceux-ci sont déformés par l’histoire, la culture, les joies de la conversation, les conditions de stress et les habitudes alimentaires… si bien que le manger et le boire deviennent chaotiques lorsqu’ils sont soumis à toutes ces contraintes.

Essayons d’explorer les racines symboliques de l’alimentation séparées, grosso modo, en deux pivots, carnée et végétarienne[3]. Nous suivrons les fils de lecture qui nous ont guidé tout au long de l’exploration du symbolisme du corps : les mythes et l’espace biologique où se pose préférentiellement la conscience-énergie du sujet.

Les hommes d’action et les aventuriers des affaires privilégient le mouvement, l’effort et les ambitieuses conquêtes illustrées par les membres inférieurs[4]. Héritiers des premiers chasseur-cueilleurs, ils se tournent vers les animaux qui se déplacent comme eux et connaissent, pour certains, la transhumance. La viande crue prélevée sur les cadavres fut sans doute l’aliment le plus prisé par nos ancêtre du Paléolithique avant la découverte du feu. Puis, lorsque la conscience-énergie atteignit le chaudron pelvien, la marmite de la cuisinière apparut. Les sacrifices du bœuf et du mouton sur l’autel devinrent la norme. Nous verrons que le boucher est un enfant d’Apollon. Rappelons que le sacrifice du bélier se situe morphologiquement dans le système génital féminin et que l’autel de la mort animale est désigné dans le corps par le sacrum, cet os étant nommé ainsi car il soutient les entrailles de l’animal offert en sacrifice aux dieux[5]. Le feu de la sexualité est indissociable du feu de la marmite, ainsi que le remarqua Gaston Bachelard. Le cuit est donc une sorte de prise en main par la conscience de l’instinct de reproduction qui se met précisément au service du « foyer ». Puis viennent toutes les personnes qui tournent autour de leur nombril. Ils acceptent toutes les formes d’alimentations pourvues que celles-ci rassurent et consolent. La nourriture devient progressivement un art culinaire qui prépare à l’expression de la conscience cardiaque puisque la beauté appartient au dieu du cœur, Apollon. L’art de la cuisine est par ailleurs le premier acte d’amour oblatif, c’est-à-dire « gratuit », qui honore nos vaisseaux sans gain. La cuisinière qui, chaque jour, passe des heures entières à mitonner des plats dégustés en un rien de temps en sait quelque chose ! Qu’en est-il lorsque la conscience humaine commence à s’épanouir dans le cœur, l’organe sanglant consacré à l’amour  réunissant des dieux contraires, Apollon et Dionysos ? L’élan naturel incline vers une alimentation végétarienne analogue au fonctionnement des plantes. Celles-ci en effet se nourrissent de lumière grâce à la photosynthèse, exactement comme le fait le système cardio-pulmonaire qui capte le feu de l’air (l’oxygène) pour offrir de l’énergie aux cellules du corps. Par ailleurs nous avons déjà noté la ressemblance entre l’arbre pulmonaire et l’arbre naturel[6]. Les végétaux semblent donc représenter les aliments du cœur. En rester là serait oublier un peu vite qu’Apollon est aussi un boucher[7] et que Dionysos un dévorateur de viande crue[8]. Quant aux Olympiens ils se sustentent en goûtant de l’ambroisie. Une conscience pleinement épanouie dans la lumière de la tête n’a plus besoin de nourritures matérielles pour vivre dans un corps physique.

En résumé le goût pour un steak tartare est une demande du corps pour raviver ou entretenir la force de conquête associée aux membres inférieurs, un bon gigot d’agneau socialise le désir et réunit le sujet à son clan, un joli plat longuement mitonné élargit la communion au groupe social et à ses jeux de prévalence, une alimentation à dominante végétarienne marque l’ouverture d’un cœur devenu sensible à la souffrance des autres règnes de la Nature et, enfin, l’ambroisie libère le sujet du paradoxe le plus fondamental de toute son existence : tuer pour vivre. Oui, l’homme est omnivore mais il est possible que son alimentation reflète et nourrisse aussi ses états de conscience.

Exceptions et exceptionnelles furent les religions qui échappèrent au rituel du sacrifice animal. Seul le jaïnisme[9] et dans une moindre mesure le bouddhisme récusent la violence contre les autres règnes de la nature. Les autres approches spirituelles considèrent que la cruauté envers des animaux honore le dieu, la bête et le boucher. Étrange croyance quant on y songe. La justification tient dans l’étymologie du terme « sacrifice » qui signifie « faire du sacré ». En abandonnant quelque chose de lui-même ou de ses avoirs à la divinité le croyant dégage en lui un espace vide qui sera rempli par la Présence. C’est ainsi que le sacrifice du Bélier, si répandu dans les trois monothéismes, est un appel à abandonner la puissance du désir personnel pour se laisser croître dans sa capacité à servir la transcendance et à œuvrer pour le bien commun. L’immolation du Taureau est un appel de l’âme au détachement afin que la conscience du croyant se libère de ses identifications aux objets du monde. Quand au sacrifice de l’Homme sur la Croix il marque le plus grand des abandons : celui de la personnalité qui accepte de disparaître afin qu’Esprit et Matière dansent ensemble sur les rythmes de la Vie. Les théologiens appellent cet ultime abandon la « kénose »[10]. Mais lorsque le symbole perdit son sens le sacrifice se résuma à une boucherie cruelle et sanglante et l’alimentation carnivore se répandit. Par ailleurs le processus d’abandon n’a pas besoin de substituts animaux mais plutôt d’une conscience aiguisée attentive à l’Appel de la transcendance et à la réponse du corps, comme encore aujourd’hui dans le Jaïnisme ou le Bouddhisme.

Aux origines, les mythes grecs et hébreux proposaient aux hommes une alimentation végétarienne. En Grèce c’est Prométhée qui inventa le partage de la nourriture lors du sacrifice du bœuf de Miconos, le premier du genre[11]. Aux dieux le fumet de la viande et la graisse blanche, aux créatures humaines l’appétissante chair grillée. Avant cet épisode, nous dit Ovide, les hommes banquetaient à la table des dieux. Dans la Bible Dieu a d’abord voulu pour les hommes une alimentation végétarienne[12] :

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.

Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.

Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. »

Par la suite, exactement comme dans le mythe grec, l’Éternel accepta le sacrifice animal qui justifia et autorisa l’alimentation carnée[13] :

« Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit: J’ai formé un homme avec l’aide de l’Éternel.

Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur.

Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Éternel une offrande des fruits de la terre ;

Et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande;

Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.

Et l’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?

Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi: mais toi, domine sur lui.

Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.

L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?

Et Dieu dit: Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.

Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. »

Comme dans le mythe Grec, l’Éternel semble avoir changé d’avis. Il reconnaît l’offrande d’Abel, le berger qui sacrifie son mouton, et récuse le don végétal présenté par Caïn. Qui plus est ce dernier tuera son frère, aggravant son cas par le premier homicide de l’histoire biblique. Il fut incapable de « dominer ses désirs » comme le suggère le verset 4.7. Le sacrifice animal serait-il un triste bouclier qui protège l’homme de sa violence contre les siens, une sorte de pis-aller censé le prémunir contre la guerre et le meurtre ? Caïn, qui est resté fidèle aux premiers commandements de la Genèse, refuse de sacrifier un animal mais retourne sa violence contre son frère Abel et le tue. La violence rituelle du sacrifice animal fonctionne comme un dérivatif à la fureur des désirs d’un sujet qui, sinon, se laisserait entrainer vers des conflits meurtriers. Sur le chemin de l’évolution la proposition se retourne : la violence que les hommes imposent aux animaux en les maltraitant dans des élevages et des abattoirs tout en empoisonnant leurs terres représente une sorte d’autorisation implicite qui fait sauter les barrières morales et admet l’exploitation et la violence de l’homme envers l’homme. En d’autres termes ce que nous imposons aux animaux est le miroir de ce que nous nous faisons entres-nous. L’on sait toute la conscience et la détermination que mit Gandhi pour lutter contre la violence, celle du colonisateur anglais mais aussi celle de son peuple. Si l’ahimsa est une doctrine c’est parce que la non-violence ne s’impose pas naturellement à la nature humaine. C’est une conquête du cœur contre les violences du cœur.

Il faudrait évoquer ici la violence du végétarien lorsque le bélier du désir qui bouillonne dans la marmite du petit bassin n’est pas encore élevé jusqu’à son cœur. On sait qu’Hitler était végétarien, en hommage à Richard Wagner qui l’était également. L’alimentation végétale se justifie et devient seulement nécessaire lorsque la conscience-énergie s’installe dans les poumons de l’homme et que le cœur à été conquis dans son immensité de délicatesses. Elle se justifie car l’amour d’un cœur ouvert et sensible est le meilleur bouclier contre la violence des instincts du petit bassin toujours motivés par des peurs viscérales. Alors seulement l’alimentation végétarienne prépare le corps à l’ascension de la conscience-énergie vers le temple de la tête. Seuls un corps et un psychisme libérés du sang animal, donc de son « esprit », peuvent pénétrer dans l’Olympe comme le précise l’histoire du pauvre Tantale. Si le choix d’être végétarien se fonde sur une conscience morale ou un idéalisme spirituel plutôt que sur un besoin du corps, il existe un risque de s’enfermer dans une forme d’orgueil spirituel et le déni de sa violence instinctive. Inversement celui qui « remonte » sur le chemin de l’évolution prépare son corps à recevoir la « lumière » aussi merveilleusement qu’une plante photosynthétique. En termes ésotériques il défriche le terrain de sa quatrième naissance dans la tête, celle que le christianisme symbolisa par le sacrifice de l’Homme sur la Croix, une Croix dressée précisément sur « lieu du crâne » : le Golgotha. Rappelons ici que involution et évolution ne sont que des grilles de lecture, dans la réalité ces deux chemins se mêlent chez une même personne.

Comprenons-nous bien : le végétarien n’est pas plus violent que l’adepte d’une alimentation carnée mais il n’a plus la technique du meurtre ritualisé il y a longtemps sur les autels – aujourd’hui dans les abattoirs – pour canaliser son agressivité et son désir de meurtre. Le carnivore est dans le déni que son délicieux steak soit en réalité les restes d’un animal meurtri, un animal qui avait les même raison que lui de vivre en paix avec les siens. Le végétarien prend conscience de ce déni lorsqu’il réalise la monstruosité de la souffrance animale. Mais il n’a fait que la moitié du chemin. Il devra alors s’occuper de sa violence intime qui a perdu son bouc-émissaire et sa voie de sortie.

L’autre raison d’une alimentation carnivore semble, comme nous le dit le mythe, un effort de l’humanité pour affirmer son humanité. Cela semble a priori paradoxal. Pourtant l’instauration du sacrifice animal, que ce soit dans la tradition grecque ou hébraïque, a entériné la séparation entre les hommes et les dieux (ou le Dieu unique). L’humanité prit son autonomie par rapport au monde métaphysique en codant ce qui appartient à chacun ; les fumets pour les olympiens, les chairs pour les humains qui eurent alors l’autorisation sociale de tuer des animaux pour les manger. Pour Florence Burgat, chercheuse à l’I.N.R.A. et philosophe de la condition animale, le fait de manger de la viande est une posture métaphysique qui affirme une humanité différente et supérieure à l’animalité. Il se pourrait alors que l’alimentation carnée soit un moyen déguisé d’instituer un abattage dont l’échelle croît avec les possibilités techniques et dont l’exécution est exactement planifiée. Alors la mise à mort ne serait pas un dégât collatéral du carnivorisme mais sa visée même[14]. Pour ceux qui en douteraient rappelons qu’il est aujourd’hui possible de produire de la « viande » en laboratoire à partir de protéines végétales ou même de pétrole. Une solution qui suscite souvent du dégoût, un dégout que ne soulèvent pourtant pas les poulets en batterie ni les élevages de porcs où les animaux vivent dans de véritables camps de concentrations. La différence n’est pas liée aux calories ni à la dimension gustative mais bien à l’absence de meurtre, c’est ce dernier qui donne sa valeur à la viande malgré tous les dénis bien-pensants. Aujourd’hui trois millions d’animaux sont abattus chaque jour en France.

Chaque bouchée de viande est née d’un meurtre, d’une victoire sur la peur de l’animal qui menaça l’espèce humaine pendant plus de 400 000 ans. On estime en effet l’apparition de Homo Sapiens vers – 430 000, il avait alors une alimentation presque exclusivement carnée, les premiers fours à pierre connus datent de -30 000. Le bipède nu, si fragile et si maladroit comparé aux animaux, à dû pour survivre apprendre à penser et à inventer des armes pour chasser. Depuis ces temps héroïque nous n’avons pas beaucoup changé malgré la disparition quasi totale des gros animaux et des dangers qu’ils représentaient : nous continuons à penser, à inventer des armes nouvelles et à manger de la viande. Manger de la viande est pourtant un archaïsme fondé sur une forme de revanche et de jouissance inconsciente sur la terreur que suscita la rencontre lointaine avec le monde sauvage.

Puis vinrent les sacrifices animaux sur l’autel qui représentèrent un meurtre assumé. Il fallait en effet obtenir l’autorisation de la bête en déposant de la farine dans son oreille afin qu’elle tourne la tête d’une certaine manière pour donner son assentiment. Ces meurtres rituels autorisèrent socialement l’alimentation carnée. Manger de la viande, c’est canaliser la violence afin qu’elle ne se répercute pas (trop) entre humains. Les hommes ne tuent pas pour manger de la viande mais mangent de la viande pour tuer, ce qui canalise toujours provisoirement leur violence fondatrice. Rappelons que ce ne sont pas les loups qui sont les plus grands prédateurs de l’écosystème planétaire mais bien les hommes.

L’alimentation carnée a séparé les hommes des dieux, à ces derniers les fumées odorantes des animaux morts, aux hommes les chairs grillées et bouillies. Les odeurs d’encens et de graillon qui montent des temples honorent les dieux. Dans la physiologie du corps humains ils pénètrent dans les poumons qui entourent le cœur, ils stimulent et nourrissent le repère du divin en l’homme, l’espace biologique que les mythes associent à Apollon et la psychologie au Soi.

Le régime carnivore semble donc reposer sur la nécessité pour l’homme de se séparer à la fois de la pression du « monde des dieux » et de celui « des bêtes », c’est-dire de conjurer deux effrois contraires : celui d’un contact direct avec l’Ineffable et celui qui naît d’une rencontre avec la bête intérieure. Deux univers effrayants car ici la Raison – le « propre de l’homme » dit-on – n’a plus lieu d’être (dans le double sens du terme). L’intuition et l’instinct prennent respectivement le pas sur l’intelligence.

Le retour vers la transcendance supposerait donc une alimentation végétarienne, mais ce retour serait prématuré pour celui ou celle qui n’a pas encore été confronté en conscience à son désir de meurtre, à sa colère et à sa violence archaïque pour « survivre ».

Lorsque l’homme contacte sa violence et reçoit de plein fouet celle du monde une alimentation carnée pourra l’aider à les intérioriser puis à les digérer afin ne pas imiter un jour Caïn qui tua son semblable. Dans notre société de consommation, dont nous avons montré qu’elle était encore largement fondée sur les valeurs et les peurs du ventre, le sacrifice animal est peut-être l’impropre solution à la violence communautaire. Une solution « propre » serait bien sûr de passer la barre du diaphragme, « se mettre à part pour naître », et s’ouvrir au sein d’une société bienveillante[15].

Mais revenons un instant vers Apollon et Dionysos pour comprendre l’espace paradoxal ou se noue et se dénoue sans cesse le passage entre une alimentation végétarienne et le goût pour la chair animale. Apollon est tout aussi bien le maître de la musique qui adoucit les mœurs que le dieu au couteau qui offrit au monde grec le premier sang d’un premier meurtre, un sang mangeable. Symboliquement l’espace cardio-pulmonaire représente le monde végétal métaphorisé par les arbres bronchiques et les amours déçus du dieu à la lyre. Mais c’est aussi le dieu à l’arc qui habite un organe sanglant fait pour le courage, les combats et les morts violentes. Dans l’histoire mythique grecque l’alimentation végétarienne précéda l’hécatombe exactement comme, sur le schéma corporel en descendant de la tête vers les pieds, les poumons « végétaux » suivent la chute hors du paradis olympien (la trachée du cou) et sont eux-mêmes suivis par le rythme cardiaque qui propulse la violence du sang rouge dans l’organisme.

Le premier acte d’Apollon après avoir demandé un arc et des flèches sur la petite île de Délos fut de se mettre en chemin pour trouver le lieu où il construirait « un temple magnifique », celui du fameux « connais toi toi-même ». Mais la situation est plus complexe car un temple peut en cacher un autre :

» Dans le paysage delphien d’Apollon, deux autels font contraste par décision inaugurale. Ils s’opposent sur le même mode que deux autres autels apolliniens situés sur la terre de Délos. Délos qui, à défaut d’oracle, est riche en autels et en hécatombes. C’est à Délos, et surtout là, qu’apollon règne sur un autel fameux pour les produits simples et naturels offerts de toutes part. L’Apollon dit Genétor reçoit exclusivement sur sa table les « purs fruits de la terre » : de l’orge et des gâteaux ; la mauve et l’asphodèle. Autel sur lequel, dit-on, Pythagore s’en vint rendre hommage à un dieu cher entre tous. Nul n’y sacrifiait des victimes animales. Autel « pur » non ensanglanté, et qui se trouvait « derrière » un autre, dit Keraton, l’autel des cornes, tressé de cornes de chèvres par Apollon Délien et nourri des sacrifices sanglants qui sont aussi les plus obvies. »

Au bout du chemin qui part de Délos, une dernière image d’Apollon : planté devant l’autel de son temple magnifique, le dieu promet à ses ministres d’avoir toujours dans la main droite le couteau à égorger[16]. »

Le dieu du cœur qui commença par accepter des offrandes végétales fut rapidement honoré par le sang qui coulait à flot des animaux sacrifiés. Alors apparut l’alimentation carnée dans la société civilisée, car fallait bien manger les restes des hécatombes ! Si l’on en croit le mythe un désir irrépressible surgit[17] :

« Un jour, alors que la victime brûlait au milieu des flammes, un morceau de chair tomba de l’autel. Le prêtre le ramassa tout enflammé et, pour calmer la brûlure, il porta les doigts à la bouche, sans y penser. Le goût de la graisse rôtie excita son désir. Il ne put s’empêcher de manger de cette viande grasse et odorante. Bien plus, le prêtre en donna à son épouse ».

En Grèce antique toute viande consommable devait venir d’une mise à mort rituelle et l’offrande d’une victime sacrificielle était pensée comme une manière de manger ensemble. Les abattoirs modernes sont des temples mécaniques qui se contrefichent à la fois du sens du sacrifice et du lien social des mangeurs. Ils servent en quelque sorte le veau d’or. Ces rituels laïcs d’abattage, circonscrits dans des espaces privés, sortent parfois des murs lors d’épizooties qui ont pour conséquence la destruction « gratuite » de milliers d’animaux comme des canards pas nécessairement « boiteux » ou des vaches pas toujours « folles ». Mais peut-être que ces hécatombes d’animaux sains honorent toujours Apollon, Zeus ou l’Éternel en dépit de notre inconscience des choses de l’Immense. Ces actes tentent, comme il y a des milliers d’années, d’endiguer la violence et le goût du meurtre qui est en train d’emporter la civilisation à un moment précis de son histoire. C’est à la fois un avertissement et l’exorcisme d’une guerre qui couve.

Dans l’antiquité il existait deux modes de cuisson de la viande : le rôti et le bouilli. La cuisson dans le chaudron et le rôtissage à la broche s’appliquaient à différentes parties de l’animal sacrifié et se déroulaient toujours dans le même ordre : les viscères étaient d’abord passées à la broche, le reste de la viande était ensuite mis à bouillir dans le chaudron. Dans son Traité sur les parties des animaux Aristote précise la nature de ces viscères : le foie, les poumons, la rate, les reins et le cœur. Le système digestif avec l’estomac et les intestins n’en fait pas partie. Ces morceaux sont grillés puis consommés en premier car ils portent le sang de l’animal sacrifié, son esprit vital, ce qu’il y a de plus vivant et de plus précieux dans la victime. Marcel Detienne décrit ainsi le régime culinaire des anciens grecs[18] :

« Voilà donc entre splancha (viscères) et non-splancha une série de contrastes : les premiers sont les parties internes de la victime, les organes vitaux, consommés en premiers, sur place, et qui, mangés sans sel, fondent une solidarité très forte entre les commensaux. Quant aux non-splancha, c’est-à-dire le reste de la viande, ils sont constitués par des parties externes, qualifiées de non vitales, qui se laissent accommoder avec du sel et des assaisonnements, mais dont la consommation peut être différée et n’entraîne pas le même degré de commensalité. Ces différentes oppositions surdéterminent le partage initial entre la broche et le chaudron dont la complémentarité régente l’ordonnancement de chaque sacrifice sanglant de type alimentaire. Elles viennent confirmer l’orientation du rapport qui s’établit entre le rôti et le bouilli, dans un rituel où les viscères de la victime sont toujours passées à la broche et consommées avant le reste de l’animal. Le bouilli vient toujours après le rôti. »

Les viandes grillées sont plus sèches en dehors qu’en dedans alors que c’est l’inverse pour le bouilli. Le Feu cache l’Eau dans le premier cas, l’Eau voile le Feu dans le second. Les viscères passés à la broche sont bonne pour le guerrier astreint au régime des grillades qui demande peu de préparation et n’exige aucun ustensile de cuisine. Car avec la cuisson par ébullition l’art culinaire s’affirme. La supériorité du bouilli sur le rôti n’est pas seulement gastronomique, elle est culturelle. Griller les viscères, dans notre lecture symbolique du corps humain, c’est mettre en avant le Feu de la conquête et les valeurs de puissance déposées dans le petit bassin, ainsi que l’esprit de clan qui caractérise le coccyx. Quant au bouilli, il suppose une mise en avant de l’Eau symbolique et le sens d’une communauté où chacun possède un chez-soi. Nous sommes ici dans l’abdomen. De plus, comme nous le verrons bientôt, le sel personnalise et aide à se libérer de la conscience clanique qui impose à tous des comportements identiques.

Beaucoup plus tard, dans l’évolution, une alimentation purement végétarienne n’aura de sens que pour les personnes qui posent leur conscience-énergie au-dessus de leur cœur, dans leurs poumons puis leur trachée. Elles s’apprêteront alors à quitter le monde ordinaire avec ses valeurs sociales, ses rythmes, ses combats, sa maya et ses engagements idéalistes. Elle se rempliront de l’Air de la grande liberté de penser, se méfieront de tous les partis et autres partis-pris et ne rêveront que d’une soumission volontaire et progressive à la volonté d’une transcendance qui appelle[19]. Plus tard encore elles pénétreront par le grand passage du cou et percevront la nécessité intérieure de préférer les fruits (la « pomme ») et de renoncer à tous leurs repères, même celui de la liberté, avant, peut-être, de se nourrir un jour d’ambroisie.

En résumé la géographie symbolique du corps évoque divers types de nourritures correspondant à chaque fois à des besoins bio-spirituels sur le chemin de l’évolution :



La viande crue et les membres inférieurs : les élans de conquête et les ambitions dans le monde.


La viande grillée et le chaudron pelvien : le besoin de se ressourcer à sa force vitale et de socialiser son désir. La nourriture quitte la nature avec sa « loi du plus fort » pour alimenter les valeurs du clan.


Les plats mitonnés et l’estomac : le besoin de plénitude et de sécurité, l’élaboration du sujet. Les nourritures bouillies alimentent la culture et le partage des valeurs dans le respect d’un « chez-soi » individuel.


Une période de conflit où alternent alimentation carnée et nourriture végétarienne : le cœur et les poumons demandent un engagement dans le monde au nom d’une œuvre. Mais l’œuvre à besoin de l’air des poumons et de sa clarté pour s’accomplir alors que l’engagement est un combat qui requiert de l’énergie pour affirmer une agressivité héroïque. Il y a pourtant une identification progressive du sujet à l’essence de l’Œuvre puis à son Auteur : le Soi ouvert sur l’Immense. Ce processus n’est possible que pour celui qui accueille puis traverse son angoisse de la mort.


Une alimentation végétarienne stricte nommée par l’arbre des poumons et la trachée. L’engagement dans la maya du monde s’efface lentement au profit d’une discipline spirituelle qui conduit la personne à vivre en retrait tout en élargissant ses contacts avec l’invisible. Elle revient vers la source de l’inspiration : le nez, le nouveau-né qui attend l’heure de son éveil.


Une alimentation frugivore, nommée par le « fruit » qui est resté au travers de notre gorge, qui pourra inclure les graines germées : la préparation au franchissement du cou, à la quatrième naissance, à l’effacement du « moi » et du « Soi » afin que dialoguent directement l’Esprit avec la Matière comme le suggèrent les cinq sens directement fixés sur la tête.


Enfin l’ambroisie sucrée des Arhats et des êtres Réalisés installés dans l’Olympe symbolique (la tête), nommée par la luette du corps qui se traduit précisément par « raisin ». Les Arhats ont vaincu l’ignorance[20], la peur et le désir de saisissement. Deux glandes séparées par la moelle épinière se côtoient dans la tête : la pituitaire qui porte la parole prophétique d’Apollon et la pinéale en forme de pomme de pain qui procure les visions délirantes de Dionysos[21]. Le thyrse, le sceptre dont le dieu du raisin ne se sépare jamais, est en effet orné en son sommet d’une pomme de pain dont nous verrons bientôt le sens symbolique. Jusque dans la tête Apollon et Dionysos se côtoient ! Sur le bourgeon terminal du corps humain ils portent respectivement haut la victoire de la conscience et celle de l’énergie.

source http://reenchanterlemonde.com/alimentation-exploration-symbolique-mythologique/
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