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 L'orientalisation de la spiritualité occidentale

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MessageSujet: L'orientalisation de la spiritualité occidentale   Jeu 09 Fév 2012, 11:47

Bonjour,
Je vous propose un regard parmi d'autres. Celui de C.G Jung. Wehr écrit dans "Maîtres Spirituels De l'Occident" :

Citation :
La tendance depuis longtemps à la mode en Occident, de se tourner vers la spiritualité orientale, en remplacement d'une religion défaillante ou d'une prédication de l'Église devenue inefficace, peut induire en erreur dans la mesure où elle voile souvent une réalité plus profonde. Car aussi intense que soit bien souvent l'intérêt pour la philosophie et la religion asiatiques ou pour des chemins d'apprentissage spirituels tels que le zen et le yoga, l'image chrétienne de Dieu a inévitablement laissé des traces précises dans l'inconscient de l'homme occidental. Inversement, l'Asiatique qui épouse aujourd'hui un mode de vie et de culture occidental, en d'autres termes qui s' "occidentalise", ne devrait pas se laisser aller à l'illusion que ses conceptions de base sur le monde et la religion aient été annihilées par ses efforts pour ressembler à l'homme occidental. Une telle adaptation ne s'effectue en règle générale qu'au plan de la conscience rationnelle et non à l'arrière-plan psychique où sont établis les archétypes. Une "conversion" extérieure – quelle qu'elle soit – n'est que trop souvent, au bout du compte, un leurre (sur soi-même).

Dans ses écrits autobiographiques, Jung fournit lui-même un exemple de ce qui vient d'être dit. Il montre à quel point il se sentait lié à la spiritualité ésotérique chrétienne. Un voyage en Inde, dans les années trente, lui avait donné l'occasion d'étudier en détail la disposition d'esprit et d'âme des Indiens et d'observer directement les manifestations les plus impressionnantes de la spiritualité asiatique. Dans "Ma vie: souvenirs, rêves, pensées", le voyageur parle de "la diversité subjuguante des impressions de l'Inde" mais il raconte aussi un rêve surprenant où il devait traverser une étendue d'eau à la nage, seul et sans aide, pour aller chercher le "Graal". Par ce rêve, son propre inconscient l'a ramené dans la sphère de la tradition chrétienne. Lui-même donne de ce rêve le commentaire suivant:

Ce fait m avait d'autant plus impressionné que je me rendis compte de la correspondance entre le mythe poétique et les dires de l'alchimie sur l' "Unum Vas" (le récipient unique), la "Una Medicina " (la médecine unique). Les mythes qui s'oubliaient dans la journée continuaient à se raconter la nuit... Le rêve effaça d'un geste vigoureux toutes les impressions encore si vives de la journée et me replongea dans le questionnement depuis trop longtemps négligé de l'Occident, qui s'était exprimé autrefois dans" la quête du Saint Graal ainsi que dans la recherche de la "pierre philosophais ".

Jung poursuit son récit avec une phrase qui définit comment il se situe spirituellement par rapport à la spiritualité chrétienne:

Je fus sorti du monde indien et il me fut rappelé que l'Inde n'était pas l'objet de ma mission mais seulement une étape – certes importante – de mon chemin qui devait me rapprocher de mon but. C'était comme si le rêve me demandait: que fais-tu en Inde? Recherche plutôt le récipient qui convient à tes semblables, le Salvator Mundi (Sauveur du monde) dont vous avez un besoin urgent. Vous qui êtes en train de tout détruire ce qu'il a fallu des siècles pour construire. [20]

Dire que Jung resta intérieurement lié au christianisme même pendant son séjour en Inde ne signifie pas qu'il aurait été fermé à la spiritualité orientale en tant que telle. La signature de son nom évoque au contraire une grande ouverture à tout ce qui est expérience psychique ou spirituelle. Par exemple, le discours qu'il donna à Munich, le 10 mai 1930, en commémoration de la mort de Richard Wilhelm est caractéristique de son attitude à l'égard de l'Orient spirituel. Dans ce discours, il plaide en effet pour une compréhension de la culture spirituelle de l'Asie en insistant sur la nécessité de dépasser les préjugés existants et de s'ouvrir à cette spiritualité étrangère en s'y "plongeant d'un esprit compréhensif, en ayant surmonté tout ressentiment chrétien, toute arrogance européenne". Il sait, pour l'avoir observé, que "tous les esprits ordinaires [se perdent] soit dans un déracinement aveugle d'eux-mêmes, soit dans une manie de tout critiquer, tout aussi dénuée de compréhension". Ainsi:

L'Europe spirituelle ne sera pas tirée d'affaire simplement par du sensationnel ou par un supplément de sensations. Nous devons plutôt apprendre à acquérir pour posséder. Ce que l'Orient a à nous donner doit seulement nous être une aide pour un travail qu'il nous reste à faire. A quoi nous sert la sagesse des Upanishads, le savoir du yoga chinois, si nous tournons le dos à nos propres fondements comme s'il s'agissait d'erreurs auxquelles nous aurions survécues, et si nous nous installons comme des pirates voleurs sur des rives étrangères? [21]
Jung n'est pas moins clair quand il parle, à ce sujet, de la nécessité d'étendre la notion européenne de science. Pour apprendre à connaître la sagesse de l'Orient, il faut d'abord se réapproprier notre propre sagesse. Et celle-ci ne s'acquiert pas, selon lui, par des exercices de yoga ou d'autres systèmes d'apprentissage développés sur un sol asiatique. En tout cas, il mettait en garde contre les "importations massives de systèmes religieux exotiques" que l'on observait dès avant le milieu de notre siècle et contre les différentes tentatives d'amalgamer parfois d'une manière trop rapide et douteuse l'Orient à l'Occident. La théosophie de H. P. Blavatsky constituait à ses yeux une telle entreprise. Il nommait aussi dans un même souffle la mission Ramakrishna, les sectes soufies, la Christian-Science et... l'anthroposophie de Rudolf Steiner qui s'appuyait pourtant sur l'héritage spirituel de l'Europe centrale!
Cette façon de mettre dans le même sac des tendances aussi différentes les unes des autres surprend évidemment de la part d'un homme tel que C. G. Jung. Ce psychologue qui, par ailleurs, faisait preuve d'une si grande sensibilité, a perdu ici son haut pouvoir d'analyse et d'interprétation de la réalité de l'âme et de l'esprit. Ou, pour le dire positivement, de telles carences peuvent être vues comme des tâches que le maître a encore laissées pour ses élèves. Que ses successeurs se contentent de se référer aux jugements que Jung a formulés à l'encontre de Steiner – et d'ailleurs aussi Steiner à l'encontre de Jung! – n'est sans doute pas d'une très grande utilité.

NB :

20 :

C. G. Jung: Ma vie: souvenirs, rêves et pensées. - Voir Emma Jung/Marie-Louise von Franz: La légende du Graal, Albin-Michel 1988.

21 :

C. G. Jung en préface à Das Geheimnis der goldenen Blüte, S. VIII in: Gesammelte Werke, vol. XIII, 1ère Partie. - D'autres textes sur la religion et la spiritualité orientales sont contenus dans le vol. XI, notamment: Psychologischer Kommentar zu: Das tibetische Buch der großen Befreiung: Psychologischer Kommentar zum Bardo Thödol (le Livre des Morts tibétains) ; Zur Psychologie östlicher Meditation ; Préface du Yi King.

22 :

Gerhard Wehr: C. G. Jung et Rudolf Steiner ; p. 207: "En ce qui concerne l'évaluation des traditions spirituelles de l'Asie, ses conceptions rejoignent celles de Rudolf Steiner sur deux points: Jung reconnaît d'une part le besoin de l'Occidental de compléter sa mentalité dominée par l'intellect. Il sait qu'Orient et Occident constituent chacun une moitié de l'univers spirituel... D'autre part, Jung ne se cache pas de son enracinement dans la tradition occidentale marquée par le christianisme, qui lui rend impensable l'idée que l'homme occidental puisse adopter ou imiter sans vérification préalable l'esprit oriental, quelle que soit l'admiration qu'il nourrisse à son égard."

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MessageSujet: Re: L'orientalisation de la spiritualité occidentale   Jeu 09 Fév 2012, 17:18



Bonjour,

Les Occidentaux sont attirés par les spiritualités Orientales car elles font participer le corps
pour atteindre l'esprit,(yoga,méditation) et cette harmonie et ce bien-être physique retrouvé
aide à équilibrer les pensées;disons que c'est une méthode douce pour se ré-aligner avec
notre essence profonde.vu notre héritage chrétien,(pour moi) et la plupart d'entre-nous, nous ne pouvons pas l'éliminer complètement mais ces autres pratiques nous permettent de l'intégrer et de nous éclairer sur des points obscurs de notre histoire religieuse.C'est une richesse si nous ne renions pas notre passé.Je pense que l'alchimie occidentale n'est pas différente de l'orientale;juste que les termes sont différents.la première est secrète et discrète, la deuxième se dévoile plus car le rapport corps-transformations mentales est mis en avant.Il ne faut pas oublier aussi les difficultés de traduire la pensée orientale dans notre langue cartésienne, ce qui génère parfois de la confusion d'où l'intérêt de garder à l'esprit notre culture;et on s'aperçoit que nous avons aussi des bases solides mais il faut les chercher car elles sont moins apparentes et ont été cachées pendant longtemps...
Mais rien ne se perd ,tout se transforme...

amicalement
D-C


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