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 Quand l’angoisse et la dépression mène à la rage ?

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AMBRE

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Lion Tigre
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MessageSujet: Quand l’angoisse et la dépression mène à la rage ?   Dim 11 Mai 2014, 13:24


« Si vous ne produisez pas le fruit qui est en vous, le fruit que vous ne produisez pas vous détruira. »
Evangile apocryphe de Thomas



Qui n'a pas connu des moments d'angoisse ? Réaction normale, elle devient un véritable problème lorsque les crises deviennent fréquentes.
L'anxiété peut alors se transformer en phobie, en dépression...

Dans la psychiatrie, la rage est l'état mental le plus extrême du spectre de la colère. Lorsqu'un patient est sujet à la rage, cela se termine lorsque la menace n'est plus oppressante ou que le patient atteint de rage est immobilisé. Une autre fin du spectre est l'ennui1. Des problèmes psychopathologiques tels que la dépression augmentent les chances et l'exposition à la rage!

En psychologie,la colère est considérée comme une émotion secondaire à une blessure, un manque, une frustration. Elle est affirmation de sa personne et sert au maintien de son intégrité physique et psychique ou alors elle est l'affirmation d'une volonté personnelle plus ou moins altruiste. Une colère saine est sans jugement sur autrui1. Parce qu'elle peut faire souffrir celui qui l'exprime, elle peut être considérée comme une passion.

LA COLÈRE
THICH NHAT HANH
Transformer son énergie en sagesse


Quand un maître bouddhiste parle de la colère, il lui donne une dimension universelle. Parce qu'il s'agit là d'une émotion inhérente à l'entité corps-esprit, ses conséquences sont terribles, un seul instant de colère pouvant réduire à néant des années d'évolution spirituelle et nuire gravement à notre santé. Pourtant il est possible de la dominer. Thich Nhat Hanh nous propose ici, non seulement des solutions psychologiques, mais aussi des autosuggestions et des visualisations. Il livre des outils et prodigue des conseils pour redonner vie à des parties de nous-même que la colère aurait dévastées, pour restaurer en nous « la Terre Pure » par une communication compassionelle et un amour authentique.



Mesures d’auto-thérapie *contre l’angoisse et la dépression

Elnora Van Winkle a écrit:
La colère réprimée cause l'angoisse et la dépression.
Tous les enfants viennent au monde avec une saine capacité à se mettre en colère, qui fait partie de l’instinct animal de combat ou de fuite. Quand nos parents nous maltraitent ou nous négligent émotionnellement, ils nous contraignent généralement à supprimer notre légitime colère. Il est abusif. Même la fameuse phrase pour consoler « Chut ! Ce n’est rien, ne pleure plus ! » sert les intérêts des parents, pas ceux de l’enfant. Penser que les besoins des enfants peuvent être satisfaits par des relations avec des enfants de leur âge est une illusion chère aux cervaux intoxiqués. Les co-dépendances sont les réactivations de relations enfantines formées dans le but inconscient de libérer des sentiments de colère ou de chagrin réprimés. Nous choisissons souvent des amours, des chefs, des amis qui évoquent nos parents et qui nous laissent malheureux et insatisfaits.

La toxicose du cerveau est la cause des désordres émotionnels
Il y a une inondation de colère dans le cerveau de l'humanité. Quand la colère est réprimée, les neurotransmetteurs excédentaires et d’autres substances neurochimiques toxiques bouchent les neurones et submergent le cerveau (1). Lors de crises périodiques de désintoxication, ces substances, qui représentent la colère réprimée, sont libérées aux synapses et provoquent des symptômes d’excitation du système nerveux qui peuvent aller d’une discrète anxiété à un état maniaque, en passant par la fureur contre des innocents. La dépression suit. Parce que les circuits neuraux où sont mémorisés les souvenirs des mauvais traitements se sont bouchés lors de la répression de la colère, la colère se trouve aujourd’hui souvent dirigée à travers les mauvais circuits neuraux – faux neurones pourrait-on dire – contre les mauvaises personnes, ou contre soi-même sous forme de sentiments de culpabilité, voire d’idées suicidaires. Quand les pensées et les émotions sont inadéquats – c’est-à-dire ne correspondent pas à la réalité d’aujourd’hui mais à celle de l’enfance – la pensée peut glisser vers l’illusion, voire la psychose. Mais ces symptômes, qui sont eux-mêmes des crises de désintoxication, sont des tentatives de guérison – l’ouverture des vannes libérant la colère réprimée – et si la colère est re-dirigée des mauvais circuits neuraux vers les circuits neuraux où sont mémorisés les situations qui avaient suscité la colère légitime, davantage de vannes peuvent s’ouvrir et venir accélérer le processus de guérison. Ce processus est une succession périodique de crises de désintoxication et quand la marée de toxines est éliminée, la récupération est quasiment totale. Le besoin incontrôlable de stimulants, qui fait le lit des toxico-dépendances, ne cessera que le jour où le processus de désintoxication sera terminé, parce que, comme selon le principe utilisé en homéopathie, le corps réclame des stimulants pour déclencher des crises de désintoxication.

Les mesures d’auto-thérapie accélèrent la guérison
Cette action de re-diriger la colère soutien le processus de désintoxication, qui peut être grandement accéléré si nous saisissons chaque symptôme d’excitation nerveuse comme le signe que de la colère cherche à émerger. Le symptôme nerveux est une crise de désintoxication, et une occasion de libérer et de re-diriger la colère en frappant un oreiller et en hurlant contre les parents et autres adultes abusifs tout en se les représentant mentalement ou en pensant à eux. Ce n’est PAS une attaque contre eux mais contre leur maladie. La colère doit être libérée et re-dirigée à chaque signe d’anxiété, de peur irrationnelle, d’attaques de panique, de pensées et de comportements obsessionnels, d’exaltation, de sentiments paranoïaques ou de rancœur. Le cœur qui bat à tout rompre dans la poitrine (sans effort physique) est un signe physique que de la colère cherche à émerger, et beaucoup de courage est nécessaire pour traverser la peur et entrer en contact avec la colère. D’autres symptômes peuvent être l’envie irrésistible de stimulants, chimiques ou psychologiques. Cela peut être de la culpabilisation ou de la dévalorisation de soi ou des envies de suicide ; toutes ces formes sont de la colère tournée contre soi-même. Les colères mal appropriées, la fureur ou un comportement agressif contre quelqu’un qui n’a rien fait pour provoquer cette colère, ou en tout cas rien qui justifie son ampleur. Si la colère est intense et hors de proportion dans une situation d’aujourd’hui, il y a fort à parier qu’une grande partie d’entre elle est de la colère réprimée lors d’anciens traumatismes et qu’il est nécessaire de la re-diriger contre les responsables des situations abusives. Il n’est pas nécessaire de revivre les vieux traumatismes. Les caractéristiques des responsables d’abus similaires, tels que les représentants masculin ou féminin de l’autorité parentale, sont mémorisés dans ces zones neurales communes, et le processus de désintoxication est accéléré lorsque toutes les figures d’autorité abusives sont considérées comme un ensemble lors d’une décharge re-dirigée de la colère. Elle peuvent inclure la parenté élargie, les instituteurs, les représentants d’une Eglise qui nous ont imposé de réprimer nos émotions, les chefs, les matons, les officiers, les médecins, les partenaires ou les amis. Même la notion de Dieu assimilée à une autorité parentale est emmagasinée de manière inextricable à ceux qui nous ont fait souffrir dans l’enfance et c’est utile de pouvoir se fâcher contre Dieu également. Le vrai Dieu, et non l’image que nous en avons, nous aide à guérir. Il est important d’expérimenter cette ancienne colère comme lors d’une thérapie ou d’une thérapie de groupe et de se garder de la faire subir à des personnes innocentes. Si cela s’avère nécessaire dans les relations actuelles, la colère peut ensuite être exprimée calmement lorsqu’elle a pu être libérée en cognant sur des coussins.

Les variations d’humeur peuvent s’amplifier mais elles sont temporaires
Il y a souvent un «exaltation» après la décharge de colère, suivi par un état dépressif et un sommeil de plomb. Décharger la colère donne un «coup-de-fouet» antidépresseur, de courte durée. On ne peut pas faire grand chose contre l’état dépressif qui suit, sinon garder à l’esprit qu’il va disparaître de lui-même. Décharger et re-diriger la colère débouche souvent sur des sentiments de chagrin, et il est important de pleurer et de ressentir ce chagrin également, qui peut devenir très intense vers la fin du processus de désintoxication. Des maux de têtes, une transpiration importante, et de la fièvre sont couramment observés.

L’après raz-de-marée peut être atteint rapidement
L’après raz-de-marée est atteint lorsque l’essentiel de la colère réprimée à été libérée. Il n’y a pas de guérison instantanée mais plutôt une libération fondamentale de l’angoisse et de l’état dépressif.  Après la publication de l’article scientifique exposant cette découverte sur Internet (2), de nombreuses personnes ayant commencé à utiliser cette méthode d’autothérapie ont atteint la fin du processus de désintoxication en un court laps de temps. Les personnes ayant atteint l’état que j’appelle « après raz-de-marée » partagent les caractéristiques des personnes en bonne santé émotionnelle telles que décrites par Arthur Janov (3). Elles se sentent vivantes et contentes, sont amicales et cependant apprécient également la solitude, montrent de la patience mais ne se laissent pas marcher sur les pieds, peuvent se sentir tristes mais pas déprimées, et peuvent ressentir une véritable joie.  Ils forment des relations plus saines, ne ressentent plus de compulsions, et sont incapables de violence. Elles ont une posture sans raideur, s’endorment facilement, et n’ont plus de sommeil de plomb. Elles travaillent lorsque c’est nécessaire, et recherche le plaisir quand elles ne travaillent pas. Elles ont une excellente mémoire à court terme, une bonne capacité de concentration et leur QI s’élève parfois. Beaucoup de souvenirs d’enfance reviennent sans la douleur qui leur était attachée. L’action de pardonner ne nécessite plus d’effort mais au contraire le sentiment de compassion vient naturellement après que les toxines sont évacuées, et les relations avec les parents se normalisent souvent. Il reste important de ressentir la colère quand elle est justifiée et de l’exprimer de manière adéquate, sans quoi les neurones peuvent à nouveaux être submergés de toxines. La colère est douce et redeviennent liées aux situations actuelles, bien qu’il puisse se présenter de temps à autre une vieille émotion résiduelle, parce que, comme après toute inondation, il demeure un certain temps une «flaque de boue».

La santé physique est améliorée
La toxicose du cerveau cause une alternance de sur-stimulation / sous-stimulation de la glande hypophyse et d’autres organes de régulation, résultant en diverse affections périphériques. Quand la désintoxication est complétée, les maladies psychosomatiques, aussi appelées neurogènes, disparaissent. La santé physique se trouve grandement améliorée parce que le système nerveux est débarrassés du surplus de toxines bloquées et peut naturellement faire sont travail journalier de désintoxication. Cela signifie que les état grippaux sont rares, et sauf s’il a eu des dommages organiques irréversibles, les maux physiques disparaissent. Les personnes qui ont suivi un processus de désintoxication de ce type ne tolèrent souvent pas bien les aliments morts et la prise de stimulants, et se tournent naturellement vers une nutrition saine et des aliments naturels.

La libération de désordres émotionnels et une euphorie véritable sont permanentes
Quand le processus de désintoxication est terminé, la stabilité émotionnelle et la santé physique sont restaurées. Les dépendances disparaissent. Quand la vague de toxines est éliminée il s’installe une douce euphorie très durable, qu’il est impossible de confondre avec de l’exaltation, et qui se définit le mieux comme une absence d’anxiété et de détresse. Nous sommes re-nés, avec la capacité d’aimer et d’être aimés.

SOURCE

*Avertissement : Ces mesures d’auto-thérapie sont de même nature que les mesures proposées par des groupe d’entraide. Elles sont sûres si la colère est re-dirigée et si l’état de santé de la personne ne présente pas d’atteinte grave. Je décline toute responsabilité en cas de mauvaise compréhension des concepts biologiques exposés. Si vous utilisez ces mesures, vous le faites à vos risques et périls. Cet article ne suggère en aucun cas de cesser un thérapie ou l’usage de médicaments prescrits par votre médecin.  
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MessageSujet: colère ou de crise de nerfs?   Ven 07 Oct 2016, 10:43



Exprimer sa colère par Gonzague Masquelier
Psychothérapeute didacticien et directeur de l’école parisienne de Gestalt., il est l'auteur de “Vouloir sa vie ”.



Comment définissez-vous la colère ?
La colère est une émotion primaire, comme la tristesse, la joie, la peur... Tous les êtres humains la partagent, mais tous ne l'expriment pas de la même façon.
On distingue la colère de l'agressivité, qui est plus de l'ordre du tempérament. La colère est donc l'émotion qui traduit l'agressivité.

Cette agressivité, que l'on qualifie de saine, est considérée comme une donnée utile pour vivre, car elle permet de se défendre et donc de se faire respecter. Faire preuve d'agressivité, à une dose normale (!), c'est avoir conscience de soi et défendre son intégrité comme son territoire. Elle est également une pulsion vitale. Un nourrisson réclamera par exemple à manger à ses parents, en poussant des cris de colère terribles, qui réveilleront ses parents au beau milieu de la nuit. Il exprime là un besoin vital.

Manifester sa colère est donc un symbole de survie, psychique comme physique.

Certains ont pourtant du mal à se mettre en colère alors que d'autres ne cessent de hurler...
Toutes ces émotions de base, la peur, la joie, la colère.... ont été canalisées dans notre enfance. Les parents, l'école, l'entourage apprennent aux enfants à rendre ces émotions acceptables par la société. C'est pourquoi beaucoup savent aujourd'hui contrôler leur colère. Mais chez d'autres, l'éducation a parfois été si forte, si rigide que les émotions de l'enfant ont tout simplement été niées. L'enfant, et donc l'adulte en devenir, n'est plus en contact avec lui-même et ne sait pas exprimer ses ressentis, sinon sous une forme pathologique.

Les traductions pathologiques de la colère se déclinent sur quatre registres différents :

- la colère étouffée, disparue. Ce sont les gens qui sont incapables de se mettre en colère, qui ne savent jamais se défendre.

- la colère rétro-réfléchie : au lieu de l'exprimer, on enferme sa colère et on la retourne contre soi. Cela peut avoir des conséquences psychosomatiques graves (ulcères...).

- la colère défléchie : c'est une colère déviée sur autre chose que son vrai but. En colère contre sa femme, un mari s'en prendra plutôt aux enfants. C'est trouver un exutoire à sa colère, mais pas le bon.

- la colère hypertrophiée : une colère trop forte, toujours dans l'excès, disproportionnée par rapport à sa raison, et qui peut pousser l'individu à des actes de violence.

Mais attention, nous parlons de pathologie quand une personne exprime (ou non) sa colère sur un seul de ces quatre modes, et toujours le même.

Peut-on apprendre de ses colères ?
Bien sûr ! Nos colères, comme toutes nos émotions, nous parlent constamment. Il faut donc apprendre à les écouter et à les décrypter.
Il est tout d'abord intéressant de comprendre le “comment”. Comment on se met en colère, comment elle se manifeste.

Ensuite, il faut s'attacher au “pour quoi”. Je sépare sciemment ces deux mots car on si l'on trouve facilement le déclic qui a provoqué notre ire, on n'en distingue pas forcément l'objectif : que veut-on exprimer à travers notre fureur ? La frustration de celui qui est persuadé qu'il ne vaut rien affectivement et qui n'a trouvé que ce langage pour se faire remarquer ? Un sentiment d'injustice très fort à chaque petite remarque formulée, sentiment qui vient tout droit de l'enfance ? Et que veut-on exprimer quand on n'ose pas se mettre en colère ? La peur de mettre l'autre en colère à son tour, de ne plus en être aimé et de le perdre ?

Cette démarche est forcément complexe, et il peut d'ailleurs être utile de se faire aider par un thérapeute. Mais elle est riche car il faut tout d'abord comprendre et reconnaître sa colère, pour la libérer et s'en libérer.


AGRESSIVITÉ UNE EXPLOSION DE RAGE RÉVÈLE DES TROUBLES PSYCHIQUES (Le Matin) a écrit:

La colère est un sentiment universel. Mais, mal maîtrisée, elle peut avoir des conséquences catastrophiques. Le cas du passager irascible qui a dû être déposé à Boston après une crise de rage n’est pas isolé. Avant lui, Jean-Luc Delarue avait mordu et giflé un steward alors qu’il volait entre Paris et Johannesburg. L’animateur mort en 2012 avait bu et pris divers médicaments pour conjurer sa peur de l’avion.

Les exemples de passagers débarqués après être sortis de leurs gonds sont assez nombreux. Ils montrent de façon spectaculaire que la spirale de la colère mène parfois à des actions démesurées. A partir de quand ces manifestations relèvent-elles du médical? Et s’agit-il de colère ou de crise de nerfs?

«Je parlerais plutôt de colère ou de «trouble explosif», explique le Dr Ariel Eytan, du service de psychiatrie générale des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Une personne en proie à une crise de nerfs peut se rouler par terre, mais elle ne manifeste pas forcément de l’agressivité. Alors que la colère est une émotion qui peut provoquer un comportement agressif.» Et c’est cette attitude qui pose problème. «Si l’agressivité est disproportionnée par rapport à l’élément déclencheur, on considère qu’elle est pathologique», poursuit le psychiatre.

Plus fréquents chez les hommes jeunes

Ces troubles explosifs sont plus fréquents chez les hommes jeunes et sont favorisés par la prise de substances psychotropes (alcool, drogues), par le stress, la fatigue et le confinement, c’est-à-dire quand on ne peut échapper à une situation, comme dans un avion ou encore coincé dans un bouchon en voiture. «Ces situations me font beaucoup penser à ce que les Américains appellent «road rage» (rage au volant), qui définit le comportement de conducteurs très agressifs et dangereux. Cette catégorie de colériques pathologiques a été très étudiée aux Etats-Unis, au point que les psychiatres ont songé à l’inclure dans la classification des maladies psychiatriques», remarque Ariel Eytan. Faudra-t-il un jour parler de «rage en avion»? Car même si les conditions de vol favorisent les explosions de rage, celles-ci sont dans tous les cas pathologiques.

Qu’est-ce qui distingue alors une personne qui se maîtrise d’une qui n’y parvient pas? «Certaines personnalités sont plus vulnérables aux émotions que d’autres; elles ont une sensibilité plus grande aux stimuli, internes (pensées, besoins physiologiques, sensations physiques) ou externes, et une plus grande réactivité. Elles réagissent donc plus vite et plus fort aux mêmes événements. De plus, elles ont de la peine à revenir à un état normal. A la suite d’une contrariété, ces personnes ne s’apaisent pas. Elles restent donc longtemps dans un état de vulnérabilité accrue face aux émotions», explique le Dr Paco Prada, psychiatre aux HUG et l’un des responsables du programme trouble de la régulation émotionnelle (TRE).

Par ce programme, le psychiatre essaie d’apprendre aux patients atteints de troubles psychiques divers (trouble de déficit de l’attention, hyperactivité ou personnalités borderline) et souvent en proie à des états émotionnels intenses et difficilement contrôlables à identifier leurs émotions et à les moduler. «Les émotions ont une raison d’être, explique-t-il. Si je ne les reconnais pas, ou mal, cela affecte ma capacité à savoir qui je suis. Si je les reconnais, elles racontent quelque chose de mon expérience et cela me conforte dans mon identité. Je peux mieux communiquer avec autrui.»

Un sentiment d’incompréhension

Mais comment réagir face à des individus incapables de se contrôler, comme ce passager du vol Miami-Paris? «Ce monsieur s’est probablement senti incompris, bafoué, victime d’une injustice, analyse Paco Prada. Il a pu penser que la passagère devant lui ne l’avait pas pris en compte, avait allongé son siège sciemment. Il était peut-être plus vulnérable en raison de la fatigue, d’une contrariété, de douleurs, de la prise de médicaments ou de boisson. Il aurait donc fallu essayer de comprendre ce qui l’a mis dans cet état, marquer une certaine empathie et légitimer sa colère. En demandant par exemple: «Est-ce que je vous ai fait mal?» Il faut reconnaître que c’est très difficile, que ce n’est pas une attitude spontanée. Mais si on y arrive, il y a de grande chance que la personne s’excuse, explique les problèmes qui l’ont menée à se mettre dans cet état.»

Autrement dit, analysée à sa juste valeur, la colère peut être malgré tout bénéfique. C’est ce que pensait Aristote, qui qualifiait paradoxalement cette émotion violente de «plus douce que le miel». Mais faire l’éloge de la colère n’est pas faire celui du passage à l’acte. Nous pouvons avoir raison d’être en colère mais nous n’en sommes pas moins responsables de notre manière de l’exprimer. «La colère peut être utile si elle est bien utilisée, conclut Paco Prada. C’est un moteur essentiel de l’humanité sans lequel nous serions assez vulnérables. Elle sert à réagir vite, sans hésiter en cas de danger. Face à un tigre, mieux vaut agir que dialoguer. Mais dans notre monde policé, mieux vaut savoir la maîtriser.»
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MessageSujet: Quelle différence faites-vous entre la colère et la haine ?   Ven 07 Oct 2016, 11:36

extrait d'un magnifique entretient avec Jean-Yves Leloup : Peut-on vraiment tuer au nom de Dieu ? a écrit:



Quelle différence faites-vous entre la colère et la haine ?

Dans la colère, il y a une extériorisation, quelque chose qui se décharge. On s’énerve contre quelqu’un, on exprime, on pleure, et puis on s’embrasse. La haine est au-delà, délestée de toute émotion et anxiété. Cette volonté froide de détruire est mystérieuse, inhumaine. Ces gens se disent des martyrs, mais ce n’est pas le cas. Un vrai martyr accepte de mourir pour sa foi, pour sa cause, mais lui ne tue personne. Les kamikazes se présentent comme les témoins de Dieu, mais de quel dieu parlent-ils ? Face aux atrocités, comme la Shoah ou les attentats du 13 novembre 2015, on demande souvent : « Où est dieu ? » Pour moi, c’est une question idiote, car Dieu est partout, il est la vie. Il est l’Etre dans toutes ses formes, autant ombre que lumière. Accuser Dieu ne veut rien dire ; on n’accuse pas l’espace ou l’existence d’exister. La bonne question est : où est l’homme ? Que fait-il de son existence, de sa conscience, de son intelligence, de Dieu, de son amour refoulé ? Nous avons le choix de nous poser en victimes ou en disciples de la vie. De nous faire objets – des événements, des circonstances, de notre code génétique, de notre famille, de notre contexte socio-culturel… – ou de devenir des sujets. Qu’est-ce que je fais de cet abandon ? De cette maladie ? De cette rupture ? De cette injustice ?

Le but, c’est d’aller au-delà des contraires.

Aujourd’hui, nous sommes très doués pour découvrir à quel point nous sommes déterminés. Tout ce que la vie nous donne est une occasion de conscience, d’élévation en amour et en sagesse, mais cela passe par un choix. Qu’est-ce qui fait que l’on bascule d’un côté ou de l’autre ? Il y a parfois une complaisance dans la lamentation, une façon de ne pas se prendre en charge – et de faire de ce qui nous accable une identité. On voudrait toujours une lumière sans ombre, un jour sans nuit, mais c’est impossible ! S’il y a du jour, il y a de la nuit. Le but, c’est d’aller au-delà des contraires. A mon avis, c’est là qu’on devient sujet. On n’est plus ni le bon, ni le mauvais, mais quelque chose de plus vaste encore, qui contient tout cela. Au terroriste, il faut parvenir à faire comprendre que ce n’est pas Allah qui se sert du fusil. Il y a sa propre main, elle peut orienter les choses différemment. A propos d’une religion ou d’un parti, demandons-nous s’ils nous enferment, dans une méfiance ou un prêt-à-penser, ou s’ils nous rendent plus vivants, plus libres, plus intelligents et plus aimants. La Bible, à mon sens, n’est pas là pour nous donner des réponses, mais pour nous stimuler, nous remettre en quête. Etre en question, voilà à mon avis ce qu’est l’intelligence.


On ne peut rester impassible face à la violence. Comment y répondre ?

On peut répondre à la violence par une violence plus grande, mais cela conduit à une escalade de violence, qui risque d’entraîner l’humanité à sa perte. On peut y répondre par une violence égale – œil pour œil, dent pour dent –, mais c’est toujours la violence. Les débordements sont inévitables, l’histoire le montre. Répondre à la violence par la fuite ou l’indifférence, c’est laisser faire le crime. On devient complice d’une violence qui peut se déployer sans entrave. Répondre à la violence par la conscience, telle est la voie prônée par l’Evangile. On confond souvent la non-violence avec la lâcheté. « Si on te frappe sur une joue, tends l’autre. » Il ne s’agit pas de tendre la même joue : ce serait du masochisme ou de la complaisance. L’autre joue indique une alternative. Ce n’est pas prendre la fuite, mais regarder en face, ne pas se laisser emporter par les mécanismes de la réaction. Il y a là un temps d’arrêt qui permet de prendre une distance, d’y voir plus clair et d’exprimer, non seulement la fermeté de sa conscience, mais la force de sa compassion, en prenant en soi la violence de l’autre et en transformant. Evidemment, cela demande d’avoir déjà fait soi-même du chemin…


Comment empêcher les prochaines générations de reproduire nos erreurs ?

L’éducation est fondamentale. Un enfant est un petit terroriste. Il veut que sa mère soit à lui, que les événements soient toujours en sa faveur. Il faut lui montrer que l’autre existe, que les limites existent – mais aussi qu’elles ne l’enferment pas. C’est toute la question de la réalité matérielle. Nous sommes mortels, limités, mais dans cette vie mortelle, nous pouvons nous ouvrir à l’infini. En pratique, je crois qu’il faut enseigner la méditation aux enfants, afin qu’ils apprennent à trouver en eux un lieu de paix, à partir duquel ils pourront accepter leurs limites, leurs faiblesses et leur vulnérabilité, mais aussi entrer en contact avec leur part la plus libre et la plus infinie. Si on est dans l’infini, on n’a pas besoin de tuer l’autre pour prendre sa place.

suite et source http://www.inrees.com/articles/leloup-entretien-religions-dieu/
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