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 La Danse et le Sacré

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AMBRE

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MessageSujet: La Danse et le Sacré   Mar 26 Juin 2007, 21:53

La Danse et le Sacré



Site : www.bejart.ch



Il faut avoir vu évoluer sur une scène la troupe de danseurs dirigés par Maurice Béjart pour comprendre la force de l’événement ainsi créé et les répercussions profondes qu’il peut avoir sur chacun des spectateurs. Le chorégraphe sait mener les consciences vers la métamorphose, vers la mue de l’égrégore formée par le public et chaque ballet qu’il règle est une révélation.

extrait de l interview:
...
N. C. : Le libre arbitre joue sans doute un grand rôle dans la vie d’un artiste sous la forme de l’acharnement, de la volonté de perfection...

M. B. : Vous savez, notre époque a beaucoup abusé du mot "artiste". En vérité, les plus grands artistes furent des artisans. Les sculpteurs égyptiens ou les bâtisseurs de cathédrales étaient des hommes qui possédaient en profondeur un métier et n’éprouvaient pas le besoin d’apposer leur signature sur une oeuvre réalisée selon des canons traditionnels. Par la suite, au métier est venue s’ajouter la personnalité. L’on trouvait à la Renaissance des personnalités telles Léonard ou Michel-Ange, soutenues par un métier sublime. Puis, petit à petit, la personnalité en est venue à détruire le métier. Et nous voici à notre époque où l’oeuvre d’art n’est plus rien qu’une signature. Je ne sais s’il reste aujourd’hui des artistes ; je suis par contre persuadé qu’il n’y a presque plus d’artisans. Cela dit, et pour en revenir à cette question de la détermination chez un créateur, je vois là encore un double mouvement. D’un côté, nul ne peut nier l’importance de l’acharnement, que l’on retrouve chez les mystiques comme chez les conquérants. Mais en même temps, il convient de se laisser porter par le destin. Pour ma part, j’établirais une distinction entre vouloir et décider. Il est capital de vouloir sous peine d’être un faible et un lâche. Mais à quoi bon prétendre décider ? Le jour où l’on se met en tête de "décider" on va contre la volonté divine on s’oppose au mouvement des choses. Ne croyez-vous pas que les grands conquérants ont amorcé leur chute du jour où ils se sont crus libres de décider ?

N. C. : Croyez-vous que le réel nous fasse des signes, nous lance sans cesse des indications ?

M. B. : Le réel fait partie de nous. Lors de ces grands moments que certains nomment des "extases" - mais les mots, à ce stade ne veulent plus rien dire - la notion de "moi" devient floue : où est-ce que je commence, où est-ce que je finis, où se termine la source, où s’ouvre la prairie ? Lorsque nous nous sommes rencontrés, l’autre jour à Paris, vous m’avez demandé de vous parler de moi. Or, qu’est-ce que le moi ? Je n’en sais trop rien. Il m’arrive, comme tout le monde, de m’identifier à tel ou tel aspect... au corps, par exemple. Mais suis-je vraiment ce corps ? A mon avis, le fait que je puisse dire "ma main" montre que non. Je dis "ma main" comme je dirais "mon pantalon". Et si l’on me coupait la main je resterais moi-même... Alors encore une fois, ce "moi-même", où commence-t-il où finit-il ? C’est d’ailleurs l’un des problèmes que me pose l’idée de la réincarnation. J’y crois tout en me disant que nous nous en faisons une idée trop grossière. Qu’est-ce qui se réincarne ? Qui ? Voilà un point subtil. Croire à la réincarnation telle quelle équivaut à croire au moi. Et, en ce qui me concerne, je n’y arrive pas. Selon les lois de la physique, rien ne se crée, rien ne se perd. Mon corps organique va mourir. Il deviendra terre, laquelle terre sera récupérée par des plantes qui y mettront leurs racines... Une très faible partie de ce corps vivra donc dans mettons, une fraise. Il en va de même, me semble-t-il, pour l’esprit. Wagner est mort, son esprit s’est dissous. Il serait absurde de prétendre avoir été Wagner dans une "vie antérieure" ; par contre, il se peut qu’une infime partie de ce qui le composait vive aujourd’hui en moi. Cela dit, il est possible que des êtres ayant atteint un très haut degré de développement spirituel puissent, afin de poursuivre un travail donné, éviter cette dissolution naturelle.

N. C. : Vous êtes entrain de me parler des boddhisatvas...

M. B. : Exactement. De même, on observe que les dépouilles de certains saints ne se décomposent pas, comme si des vibrations gardaient tout cela entier. Je crois que l’esprit des êtres parvenus à l’illumination ne se désagrège pas et peut, tel quel, transmigrer dans un autre corps. Mais cela n’est possible que pour de très rares personnes et dans un but bien précis. Nous sommes loin du cas de la concierge persuadée d’avoir été Madame de Maintenon (rires).

N. C. : De plus, je ne vois pas comment des êtres désagrégés et dispersés de leur vivant pourraient rester intacts à la mort du corps...

M. B. : Eh oui...

N. C. : Avant la passion de la danse, vous aves eu celle du théâtre qui, dites-vous dans vos mémoires, était "la vraie vie". Pourquoi la vraie vie ? L’autre était une illusion ?

M. B. : C’est une affaire de point de vue. La réalité est mouvante. Les choses sont réelles tant que nous désirons les voir ainsi. Je me suis très tôt reconnu dans le théâtre, dans cet artisanat qui m’a permis d’approcher la profondeur et est devenu pour mol une voie de connaissance. Prenez Baudelaire, par exemple : je peux le lire pendant dix ans sans être sûr de le connaître. Mais si je le mets en scène - j’ai fait un ballet sur l’auteur des Fleurs du mal - il me semble avoir eu de lui une connaissance particulièrement profonde, à la fois métaphysique et sexuelle. Presque comme si je l’avais "connu" au sens biblique du terme. Je l’ai fait bouger, parler, danser... Jamais la seule lecture ne m’aurait permis une telle intimité avec le poète.
...extrait de http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=348
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MessageSujet: Re: La Danse et le Sacré   Dim 25 Nov 2007, 00:32

je remonte ce post ,suite à la dernière envolée de celui qui fût un maitre d oeuvre pour moi!

144000


Béjart est parti faire danser les étoiles
Le célèbre chorégraphe est décédé à l'âge de 80 ans

Les nombreuses réactions

Il voulait devenir Belge

LAUSANNE Le chorégraphe français Maurice Béjart, qui a su mettre la danse à la portée d'un large public, est décédé à l'âge de 80 ans dans la nuit de mercredi à jeudi à Lausanne, où il a conclu sa prolifique carrière.

"Le dieu de la danse est mort", a déploré la célèbre ballerine italienne Carla Fracci, 71 ans. Mais il "est sans doute déjà en train de faire danser les étoiles", a supposé l'ancien danseur étoile Patrick Dupond.

Le maître ne pourra pas assister à la création mondiale de son dernier ballet, le "Tour du monde en 80 minutes", programmée pour le 20 décembre à Lausanne et dont, quittant brièvement l'hôpital, il a suivi encore des répétitions quelques jours seulement avant sa mort.
Le spectacle doit être présenté à Paris en février 2008, puis partir en tournée mondiale.

L'écrivain belge François Weyergans, proche ami du défunt, a recueilli son dernier souffle jeudi à 0H25 locales (mercredi 23H25 GMT) au Centre hospitalier universitaire de Lausanne.

Pour son 80e et dernier anniversaire, Maurice Béjart avait créé à Lausanne une "vie du danseur, racontée par Zig et Puce", un retour sur ses principales créations. L'affiche du spectacle était barrée d'un "Amor-4-Vingt" : une manière de proclamer que le maître aura toujours (quatre fois) vingt ans...

Le chorégraphe du "Boléro" de Ravel (1960) disait ne pas craindre la mort car "elle est une certitude". "Je crois que l'on meurt toujours à temps (...) Le temps est compté différemment pour chacun, mais on meurt à temps", déclarait-il.

Pour le chorégraphe, qui a embrassé l'islam chiite en 1973, "la danse était liée à la divinité, le sacré se mêlait au mouvement de la danse".

En mauvaise santé depuis plusieurs années, le créateur de quelque 140 chorégraphies avait été hospitalisé la semaine dernière. Il avait déjà été admis à l'hôpital le mois précédent, officiellement pour se remettre d'un "coup de fatigue".

Malgré sa santé défaillante, il suivait quotidiennement les activités de sa compagnie, le Béjart Ballet de Lausanne (BBL), qu'il dirigeait depuis 1987. La survie de la compagnie et de l'école est assurée par contrat pour les trois ans à venir, a indiqué la Ville.

Le BBL est le dernier avatar d'une troupe née à Paris en 1954, avant d'émigrer en 1960 pour 27 ans à Bruxelles où l'ensemble avait pris la forme du "Ballet du XXe siècle".
Avec des mises en scènes parfois extravagantes, Maurice Béjart a emporté l'adhésion du public et l'a familiarisé, non sans mal, à la danse contemporaine comme à la musique concrète.

Né le 1er janvier 1927 à Marseille, Maurice Berger était le fils du philosophe Gaston Berger.
Après une licence de philosophie, il avait abandonné ses études pour se consacrer à la danse, découverte à l'âge de 14 ans sur les conseils de son médecin pour "fortifier son corps malingre".

Après une formation classique à Londres et à Paris, il avait signé en 1952 "L'oiseau de feu", sa première chorégraphie.
Dénonçant rapidement un art "coupé des masses", Maurice Béjart a innové avec "Symphonie pour un homme seul" (1955), sur une musique d'avant-garde de Pierre Henry et Pierre Schaeffer. "On m'avait dit : 'vous allez faire fuir les gens'", se souvenait-il.

Le chorégraphe disait ne pas avoir "eu honte de faire beaucoup de mauvais ballets". "Sur la quantité, on jette, il n'y en a pas beaucoup qui sont bons, peut-être cinq ou six choses qui ne sont pas trop mauvaises", expliquait-il.
Très attaché à la Belgique où il a créé beaucoup de ses oeuvres les plus marquantes, il a exprimé le voeu que ses cendres soient dispersées sur les plages d'Ostende, face à la mer du Nord, selon un de ses intimes, l'écrivain Michel Robert.

Le chorégraphe gardait une certaine rancoeur envers la France. "Je n'ai jamais reçu un centime du gouvernement français", rappelait-il.
"Avec l'Opéra de Paris, c'était un peu je t'aime, moi non plus", a noté la directrice de la danse de l'Opéra, Brigitte Lefèvre.

Le président français Nicolas Sarkozy a rendu hommage au chorégraphe en saluant dans son "Sacre du Printemps" (1959) "l'un des plus grands chocs chorégraphiques du XXème siècle". "Dernièrement, il créait encore. Seule la mort pouvait l'interrompre dans son élan", a conclu le chef de l'Etat.
http://www.dhnet.be/culture/divers/article/190968/bejart-est-mort.html
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MessageSujet: Re: La Danse et le Sacré   Ven 02 Mai 2008, 19:12

"La Danse et le SACRE",note ami avait vu juste,sur la realité de nos points communs...........
MAURICE BEJART,un être d'exception,de vénération,et vénéré,celui qui a réveillées les consciences,qui a touchées les Ames,en passant par le corps et par l'être tout entier.......
je profite de lui rendre hommage içi,ce MAÏTRE ,qui m'a teleguidée pendant presque 30ans ,dans mon humble parcours,dans la danse( exercée dans le privé,mais surtout dans le social)
En effet",il doit faire danser les étoiles"
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