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 Femmes et Spiritualité

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djéhouti



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MessageSujet: L'émergence de la femme divine   Jeu 24 Avr 2008, 09:59

Entretien avec Raylene Abbott, auteure de « L’Emergence de la Femme Divine »

Isis Magazine : Qu’est-ce que la Femme Divine pour vous ?

Raylene Abbott: Chacun, chacune d’entre nous est divin dans son essence. Mais les modèles spirituels qui nous ont été transmis dans l’histoire ou dans les derniers millénaires ont laissé de côté l’aspect féminin du Divin. Cela a crée une vision très bancale dans notre réalité collective. Le modèle de Dieu le Père sans Dieu la Mère crée une séparation au niveau de l’esprit. Dieu le Père est le sans forme, Dieu la Mère est la forme. L’un ne peut pas exister sans l’autre.

Ce type de déséquilibre se manifeste de très nombreuses façons partout dans notre monde. Quand nous n’honorons pas Dieu la Mère, cela se manifeste à travers les crises environnementales internationales, ainsi que dans notre sexualité.
Dieu la Mère est la forme incarnée par l’Esprit. Si nous pouvions ouvrir nos yeux à l’Esprit sacré qui se cache derrière la nature et honorer sa forme, l’humanité y réfléchirait à deux fois avant de dépouiller l’environnement de ses ressources naturelles. Si nous arrivions à considérer l’acte sexuel, qui est naturel, comme sacré plutôt que comme un péché, notre monde tel que nous le connaissons aurait l’air très différent.

Beaucoup de religions orientales se sont accrochées à la croyance que les femmes ne peuvent pas atteindre l’Illumination.
Ces religions suggèrent qu’elles doivent s’incarner en homme pour pouvoir atteindre l’Illumination. Certaines religions occidentales ne permettent pas aux femmes d’occuper la fonction de prêtresse ; elles ne peuvent qu’avoir un rôle subalterne au sein de la structure de l’église.
Ce type de croyance doit changer pour que se produise l’équilibre.

Les textes sacrés ont été réécrits par les personnes au pouvoir pour empêcher les gens ordinaires de réaliser la Femme Divine et également de comprendre que le Dieu/Déesse qu’ils recherchent vit en fait en eux. Lorsqu’en tant qu’humanité, nous commencerons à comprendre cette vérité tout à fait fondamentale, nous commencerons alors à devenir responsables de nous-mêmes, et cesserons de donner notre pouvoir aux autorités religieuses dont le but est de contrôler le peuple au lieu de vouloir le libérer.

Ceci est très facile à comprendre intellectuellement. Toutefois, ce n’est que par l’expérience directe de la Femme Divine que la transformation pourra se produire.
Cette transformation est nécessaire pour rétablir l’équilibre, d’abord en nous en corrigeant la façon dont nous pensons et agissons, puis dans le monde extérieur. La transformation doit se produire en nous et à l’extérieur de nous. On ne peut donner que ce que l’on a soi-même. Sinon, ce que l’on donne est vide et dépourvu d’énergie.


IM : Quel est le rôle de la Femme Divine dans notre société ?
RA : Tout dépend de quelle société on parle. Nous avons pu voir au cours des dernières décennies que les femmes sont plus que jamais présentes à leur travail.
Donc, l’équilibre commence à se faire dans l’arène professionnelle. Mais ce dont j’ai été témoin aux Etats-Unis, c’est que nombreuses sont les femmes qui, dans leur combat pour les droits de la femme, n’ont pas inclus l’homme dans leur équation ou sont devenues tellement masculines qu’elles en ont perdu leur propre féminité. Elles sont devenues des hommes habillés en femmes. Ceci est évidemment une réaction aux déséquilibres de notre société.

Avant de pouvoir réellement incorporer l’énergie de la Femme Divine dans notre société, il nous faut au préalable être en contact avec la Femme Divine en nous. Rien ne pourra se produire à l’extérieur avant que suffisamment de personnes n’aient cultivé la Femme Divine en eux. Chacun d’entre nous doit commencer par là. Il ne s’agit pas de développer l’Homme Divin ou la Femme Divine, mais un équilibre entre les deux.

Je voudrais partager une de mes expériences mystiques avec les lecteurs pour donner un exemple de la nature de la Femme Divine.

En 1990, j’ai eu une vision sur le Mont Shasta, en Californie. Le Mont Shasta est l’une des montagnes sacrées de notre monde. Une grande partie de mon travail se fonde sur l’expérience directe, mais j’aime aussi établir un lien entre mes expériences et l’histoire de sorte que mes visions soient appuyées par les faits.

Voici ma vision :

« Je vis quatre anges énormes voler depuis le sommet de la montagne jusqu’à la petite source près de laquelle j’étais assise. Les anges se mirent à déplier une feuille de très grande taille, faite de lumière blanche ; chaque ange se saisit d’un coin de la feuille et lentement ils l’abaissèrent dans la Terre.
La feuille fut déposée en profondeur sur le giron de la Terre Mère, puis revint lentement à la surface ; dessus, je vis l’image du Christ. L’image devint celle du Christ souffrant, semblable au suaire de Turin. J’entendis la voix du Christ me parler et il me dit : « Mère, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Je compris qu’il parlait de la souffrance de la Terre.
A nouveau, les anges firent descendre la feuille dans les profondeurs de la Terre avant de la ramener lentement à la surface. Je vis une nouvelle fois l’image de Jésus souffrant et il me dit : « Quand j’ai été crucifié, mon sang s’est répandu sur la Terre Mère et elle aussi est devenue Christ. Maintenant, elle doit faire face à sa propre crucifixion. » Une dernière fois, les anges firent descendre la feuille de lumière blanche dans la Terre et la remontèrent, toujours ornée du visage du Christ, et il me dit : « Va éduquer les tiens ». (extrait de « L’Emergence de la Femme Divine, p. 33 et 34)

Voici un autre exemple extrait de mon livre montrant ce qui peut se passer quand la Femme Divine rencontre l’Homme Divin. Il peut alors se produire l’émergence de la sexualité sacrée.

« Andreas me prit la main et ce fut alors que tout commença réellement.
Une fontaine spirituelle jaillit alors depuis la base de ma colonne vertébrale et s’éleva jusqu’au sommet de ma tête avec tellement de force et d’intensité que j’eus l’impression d’une explosion dans mon crâne.
Elle ne s’arrêta pas là, mais continua de s’élever, déversant sa lumière sur nous, jusqu’à ce que nous ayons atteint des niveaux de conscience encore plus élevés.
Cette fontaine d’énergie spirituelle me transporta dans un état d’extase et je commençai à entrer en union orgasmique à chaque nouveau palier atteint. Puis elle atteignit ce que j’avais déjà expérimenté comme étant la source de mon être, la Divinité en moi.
Alors, depuis ce niveau ultime, l’énergie se mit à pleuvoir sur nous telle une cascade de grâce. » (p 103/104)






“L’Emergence de la Femme Divine” a été traduit de l’Américain par Olivier Vinet et est publié aux Editions Véga, Paris.
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 09 Mai 2008, 13:52

Envirez-Vous"
Par Charles Baudelaire (1821 - 1867)




Il faut etre toujours ivre. Tout est la: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos epaules et vous pencher vers la terre, il faut vous envirer sans treve.

Mais de quoi? De vin, de poesie ou de vertu, a votre guise. Mais envirez-vous.

Et si quelqeufois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fosse, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous reveillez, l'ivresse deja diminuee ou disparue, demandez au vent, a la vague, a l'etoile, a l'oiseau, a l'horage, a tout ce qui fuit, a tout ce qui gemit, a tout ce qui roule, a tout ce qui chante, a tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l'etoile, l'oiseau, l'horage, vous repondront: "Il est l'heure de s'envirer! Pour n'etre pas les esclaves martyrises du Temps, envirez-vous, envirez-vous sans cesse! De vin, de poesie ou de vertu, a votre guise."
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 09 Mai 2008, 14:00


Envirez-vous
Par Charles Baudelaire (1821 - 1867)



Il faut etre toujours ivre. Tout est la: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos epaules et vous pencher vers la terre, il faut vous envirer sans treve.

Mais de quoi? De vin, de poesie ou de vertu, a votre guise. Mais envirez-vous.

Et si quelqeufois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fosse, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous reveillez, l'ivresse deja diminuee ou disparue, demandez au vent, a la vague, a l'etoile, a l'oiseau, a l'horage, a tout ce qui fuit, a tout ce qui gemit, a tout ce qui roule, a tout ce qui chante, a tout ce qui parle, demandez quelle heure il est, et le vent, la vague, l'etoile, l'oiseau, l'horage, vous repondront: "Il est l'heure de s'envirer! Pour n'etre pas les esclaves martyrises du Temps, envirez-vous, envirez-vous sans cesse! De vin, de poesie ou de vertu, a votre guise."



C'est plus lisible
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Serena

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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Sam 10 Mai 2008, 00:23

Bonjour Yaris,

J'apprécie beaucoup Beaudelaire mais je ne trouve pas
le rapport avec le sujet..

(???)
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Sam 10 Mai 2008, 08:41

Si tu apprécie beaucoup Beaudelaire tu devrais savoir cela :


L'École païenne
par
Charles Baudelaire

~~~~


Il s'est passé dans l'année qui vient de s'écouler un fait considérable. Je ne dis pas qu'il soit le plus important, mais il est l'un des plus importants, ou plutôt l'un des plus symptomatiques. Dans un banquet commémoratif de la révolution de Février, un toast a été porté au dieu Pan, oui, au dieu Pan, par un de ces jeunes gens qu'on peut qualifier d'instruits et d'intelligents.
«Mais, lui disais-je, qu'est-ce que le dieu Pan a de commun avec la révolution ?
- Comment donc ? répondait-il ; mais c'est le dieu Pan qui fait la révolution. Il est la révolution.
- D'ailleurs, n'est-il pas mort depuis longtemps ? Je croyais qu'on avait entendu planer une grande voix au-dessus de la Méditerranée, et que cette voix mystérieuse, qui roulait depuis les colonnes d'Hercule jusqu'aux rivages asiatiques, avait dit au vieux monde : LE DIEU PAN EST MORT !
- C'est un bruit qu'on fait courir. Ce sont de mauvaises langues ; mais il n'en est rien. Non, le dieu Pan n'est pas mort ! le dieu Pan vit encore, reprit-il en levant les yeux au ciel avec un attendrissement fort bizarre... Il va revenir.»
Il parlait du dieu Pan comme du prisonnier de Sainte-Hélène.
«Eh quoi, lui dis-je, seriez-vous donc païen ?
- Mais oui, sans doute ; ignorez-vous donc que le Paganisme bien compris, bien entendu, peut seul sauver le monde ? Il faut revenir aux vraies doctrines, obscurcies un instant par l'infâme Galiléen. D'ailleurs, Junon m'a jeté un regard favorable, un regard qui m'a pénétré jusqu'à l'âme. J'étais triste et mélancolique au milieu de la foule, regardant le cortège et implorant avec des yeux amoureux cette belle divinité, quand un de ses regards, bienveillant et profond, est venu me relever et m'encourager.
- Junon vous a jeté un de ses regards de vache, Bôôpis Êrê. Le malheureux est peut-être fou.
- Mais ne voyez-vous pas, dit une troisième personne, qu'il s'agit de la cérémonie du boeuf gras. Il regardait toutes ces femmes roses avec des yeux païens, et Ernestine, qui est engagée à l'Hippodrome et qui jouait le rôle de Junon, lui a fait un oeil plein de souvenirs, un véritable oeil de vache.
- Ernestine tant que vous voudrez, dit le païen mécontent. Vous cherchez à me désillusionner. Mais l'effet moral n'en a pas moins été produit, et je regarde ce coup d'oeil comme un bon présage.»
Il me semble que cet excès de paganisme est le fait d'un homme qui a trop lu et mal lu Henri Heine et sa littérature pourrie de sentimentalisme matérialiste. Et puisque j'ai prononcé le nom de ce coupable célèbre, autant vous raconter tout de suite un trait de lui qui me met hors de moi chaque fois que j'y pense. Henri Heine raconte dans un de ses livres que, se promenant au milieu de montagnes sauvages, au bord de précipices terribles, au sein d'un chaos de glaces et de neiges, il fait la rencontre d'un de ces religieux qui, accompagnés d'un chien, vont à la découverte des voyageurs perdus et agonisants. Quelques instants auparavant, l'auteur venait de se livrer aux élans solitaires de sa haine voltairienne contre les calotins. Il regarde quelque temps l'homme-humanité qui poursuit sa sainte besogne ; un combat se livre dans son âme orgueilleuse, et enfin, après une douloureuse hésitation, il se résigne et prend une belle résolution : Eh bien, non ! je n'écrirai pas contre cet homme !
Quelle générosité ! Les pieds dans de bonnes pantoufles, au coin d'un bon feu, entouré des adulations d'une société voluptueuse, monsieur l'homme célèbre fait le serment de ne pas diffamer un pauvre diable de religieux qui ignorera toujours son nom et ses blasphèmes, et le sauvera lui-même, le cas échéant ! Non, jamais Voltaire n'eût écrit une pareille turpitude. Voltaire avait trop de goût ; d'ailleurs, il était encore homme d'action, et il aimait les hommes.
Revenons à l'Olympe. Depuis quelque temps, j'ai tout l'Olympe à mes trousses, et j'en souffre beaucoup ; je reçois des dieux sur la tête comme on reçoit des cheminées. Il me semble que je fais un mauvais rêve, que je roule à travers le vide et qu'une foule d'idoles de bois, de fer, d'or et d'argent, tombent avec moi, me poursuivent dans ma chute, me cognent et me brisent la tête et les reins.
Impossible de faire un pas, de prononcer un mot, sans buter contre un fait païen.
Exprimez-vous la crainte, la tristesse de voir l'espèce humaine s'amoindrir, la santé publique dégénérer par une mauvaise hygiène, il y aura à côté de vous un poète pour répondre : «Comment voulez-vous que les femmes fassent de beaux enfants dans un pays où elles adorent un vilain pendu !» - Le joli fanatisme !
La ville est sens dessus dessous. Les boutiques se ferment. Les femmes font à la hâte leurs provisions, les rues se dépavent, tous les coeurs sont serrés par l'angoisse d'un grand événement. Le pavé sera prochainement inondé de sang. - Vous rencontrez un animal plein de béatitude ; il a sous le bras des bouquins étranges et hiéroglyphiques. - Et vous, lui dites-vous, quel parti prenez-vous ? - Mon cher, répond-il d'une voix douce, je viens de découvrir de nouveaux renseignements très curieux sur le mariage d'Isis et d'Osiris. - Que le diable vous emporte : qu'Isis et Osiris fassent beaucoup d'enfants et qu'ils nous f...... la paix !
Cette folie, innocente en apparence, va souvent très loin. Il y a quelques années, Daumier fit un ouvrage remarquable, l'Histoire ancienne, qui était pour ainsi dire la meilleure paraphrase du mot célèbre : Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ? Daumier s'est abattu brutalement sur l'antiquité et la mythologie, et a craché dessus. Et le bouillant Achille, et le prudent Ulysse, et la sage Pénélope, et Télémaque, ce grand dadais, et la belle Hélène, qui perdit Troie, et la brûlante Sapho, cette patronne des hystériques, et tous enfin nous apparurent dans une laideur bouffonne qui rappelait ces vieilles carcasses d'acteurs classiques qui prennent une prise de tabac dans les coulisses. Eh bien ! j'ai vu un écrivain de talent pleurer devant ces estampes, devant ce blasphème amusant et utile. Il était indigné, il appelait cela une impiété. Le malheureux avait encore besoin d'une religion.
Bien des gens ont encouragé de leur argent et de leurs applaudissements cette déplorable manie, qui tend à faire de l'homme un être inerte et de l'écrivain un mangeur d'opium.
Au point de vue purement littéraire, ce n'est pas autre chose qu'un pastiche inutile et dégoûtant. S'est-on assez moqué des rapins naïfs qui s'évertuaient à copier le Cimabue ; des écrivains à dague, à pourpoint et à lame de Tolède ? Et vous, malheureux néo-païens, que faites-vous, si ce n'est la même besogne ? Pastiche ! pastiche ! Vous avez sans doute perdu votre âme quelque part, dans quelque mauvais endroit, pour que vous couriez ainsi à travers le passé comme des corps vides pour en ramasser une de rencontre dans les détritus anciens ? Qu'attendez-vous du ciel ou de la sottise du public ? Une fortune suffisante pour élever dans vos mansardes des autels à Priape et à Bacchus ? Les plus logiques d'entre vous seront les plus cyniques. Ils en élèveront au dieu Crepitus.
Est-ce le dieu Crepitus qui vous fera de la tisane le lendemain de vos stupides cérémonies ? Est-ce Vénus Aphrodite ou Vénus Mercenaire qui soulagera les maux qu'elle vous aura causés ? Toutes ces statues de marbre seront-elles des femmes dévouées au jour de l'agonie, au jour du remords, au jour de l'impuissance ? Buvez-vous des bouillons d'ambroisie ? mangez-vous des côtelettes de Paros ? Combien prête-t-on sur une lyre au Mont-de-Piété ?
Congédier la passion et la raison, c'est tuer la littérature. Renier les efforts de la société précédente, chrétienne et philosophique, c'est se suicider, c'est refuser la force et les moyens de perfectionnement. S'environner exclusivement des séductions de l'art physique, c'est créer de grandes chances de perdition. Pendant longtemps, bien longtemps, vous ne pourrez voir, aimer, sentir que le beau, rien que le beau. Je prends le mot dans un sens restreint. Le monde ne vous apparaîtra que sous sa forme matérielle. Les ressorts qui le font se mouvoir resteront longtemps cachés.
Puissent la religion et la philosophie venir un jour, comme forcées par le cri d'un désespéré ! Telle sera toujours la destinée des insensés qui ne voient dans la nature que des rythmes et des formes. Encore la philosophie ne leur apparaîtra-t-elle d'abord que comme un jeu intéressant, une gymnastique agréable, une escrime dans le vide. Mais combien ils seront châtiés ! Tout enfant dont l'esprit poétique sera surexcité, dont le spectacle excitant de moeurs actives et laborieuses ne frappera pas incessamment les yeux, qui entendra sans cesse parler de gloire et de volupté, dont les sens seront journellement caressés, irrités, effrayés, allumés et satisfaits par des objets d'art, deviendra le plus malheureux des hommes et rendra les autres malheureux. À douze ans il retroussera les jupes de sa nourrice, et si la puissance dans le crime ou dans l'art ne l'élève au-dessus des fortunes vulgaires, à trente ans il crèvera à l'hôpital. Son âme, sans cesse irritée et inassouvie, s'en va à travers le monde, le monde occupé et laborieux ; elle s'en va, dis-je, comme une prostituée, criant : Plastique ! plastique ! La plastique, cet affreux mot me donne la chair de poule, la plastique l'a empoisonné, et cependant il ne peut vivre que par ce poison. Il a banni la raison de son coeur, et, par un juste châtiment, la raison refuse de rentrer en lui. Tout ce qui peut lui arriver de plus heureux, c'est que la nature le frappe d'un effrayant rappel à l'activité honnête, ne peut sentir que les jouissances terribles du vice. Le péché contient son enfer, et la nature dit de temps en temps à la douleur et à la misère : Allez vaincre ces rebelles !
L'utile, le vrai, le bon, le vraiment aimable, toutes ces choses lui seront inconnues. Infatué de son rêve fatigant, il voudra en infatuer et en fatiguer les autres. Il ne pensera pas à sa mère, à sa nourrice ; il déchirera ses amis, ou ne les aimera que pour leur forme ; sa femme, s'il en a une, il la méprisera et l'avilira.
Le goût immodéré de la forme pousse à des désordres monstrueux et inconnus. Absorbées par la passion féroce du beau, du drôle, du joli, du pittoresque, car il y a des degrés, les notions du juste et du vrai disparaissent. La passion frénétique de l'art est un chancre qui dévore le reste ; et, comme l'absence nette du juste et du vrai dans l'art équivaut à l'absence d'art, l'homme entier s'évanouit ; la spécialisation excessive d'une faculté aboutit au néant. Je comprends les fureurs des iconoclastes et des musulmans contre les images. J'admets tous les remords de saint Augustin sur le trop grand plaisir des yeux. Le danger est si grand que j'excuse la suppression de l'objet. La folie de l'art est égale à l'abus de l'esprit. La création d'une de ces deux suprématies engendre la sottise, la dureté du coeur et une immensité d'orgueil et d'égoïsme. Je me rappelle avoir entendu dire à un artiste farceur qui avait reçu une pièce de monnaie fausse : Je la garde pour un pauvre. Le misérable prenait un infernal plaisir à voler le pauvre et à jouir en même temps des bénéfices d'une réputation de charité. J'ai entendu dire à un autre : Pourquoi donc les pauvres ne mettent-ils pas des gants pour mendier ? Ils feraient fortune. Et à un autre : Ne donnez pas à celui-là : il est mal drapé ; ses guenilles ne lui vont pas bien.
Qu'on ne prenne pas ces choses pour des puérilités. Ce que la bouche s'accoutume à dire, le coeur s'accoutume à le croire.
Je connais un bon nombre d'hommes de bonne foi qui sont, comme moi, las, attristés, navrés et brisés par cette comédie dangereuse.
Il faut que la littérature aille retremper ses forces dans une atmosphère meilleure. Le temps n'est pas loin où l'on comprendra que toute littérature qui se refuse à marcher fraternellement entre la science et la philosophie est une littérature homicide et suicide.
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Serena

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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Sam 10 Mai 2008, 09:43


Et bien non Yaris,
je ne connaissais pas...

Bises à toi,,
Serena


:nnn:
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mer 28 Mai 2008, 18:57


...un maitre est un couple...
?

question posée le 11 juillet et qui n a pas eu "preneur"...
et aujourd hui??






Citation:
Les femmes ont eu aussi dans leurs rangs des êtres très évolués, qui ont atteint un haut degré d'initiation, avec cette petite nuance qu'elles n'atteignent pas la 5ème initiation; il n'est possible, pour encore quelques siècles, d'atteindre la 5ème initiation que dans un corps physique d'homme, pour des raisons énergétiques.
Par contre, une fois devenu Maître, celui-ci peut prendre un "corps de manifestation" femme, comme c'est le cas pour le Maître qui fut Marie, qui apparaît toujours en femme ressemblant à Marie, ou comme Maitreya ou le Maître Jésus qui peuvent à volonté apparaître sous les traits d'un homme, d'une femme, d'un enfant ... lorsque cela est nécessaire.
Des femmes peuvent par contre s'incarner comme des avatars, c'est-à-dire des êtres très évolués, mais dans un corps mortel, pour une "mission précise" et limitée dans le temps.

http://perso.orange.fr/revue.shakti/femmes.htm



...qui peux me dire ci celà est toujours pertinant...
et si oui pourquoi?et si non aussi???
...celà m interpelle que "les maitres" véhiculent leurs enseignements aux travers de toutes ces femmes...mais que jamais il ne soit fait mention qu il y ai un "maitre femme" (à part Marie)...et selon ce que j ai compris des théories de Sphinx et de toute la littérature( qu elle soit orientale / occidentale) qui traduit que derrière chaque grand maitre se cache une femme...


et ceci le 8 octobre 2007

Citation :
j ai réflechi toute la journée ,pour ne pas dire depuis des années,à la question plus haut!
le jour où j ai vu cette photo dans un de mes livres ,j ai eu cette intuition!

fuxi et nuha

-la femme est porteuse de la connaissance et est celle qui appelle les impulsions de l homme,qui finalement la synthétise(la co-naissance),
celà vous semble correct si je vous dis que c est celà finalement être "un maitre" ,la re-co-naissance l un de l autre uni dans le "un" ?

Nous sommes à" la fin d un temps" comme le dit Garnier Mallet et donc ce nouveau paradigme
s inscrit maintenant!
l ascension,qu est ce finalement sinon celà?
cette impulsion féminine que l Homme reçoit!ces énergies qui finalement ne sont pas nouvelles mais que l homme
re-découvrent,re-dévoillent...on re-tire le voile de l illusion !

Aucun ordre féminin ne fonctionne sans un homme et inversément un ordre masculin ne peut fonctionner sans femme.
nous faisons un bout de chemin séparément lors de notre parcours initiatique(toutes nos rencontres de vie servent à progresser sur ce chemin,les fameuses fractures identitaires de Sphinx qui nous frènent ou qui nous boustent aussi) mais l accomplissement ne peux se faire qu avec la reconnaissance des deux polarités masculine et féminine...


Citation :
Dans la Cosmogonie Boehmienne, les ténèbres ont précédé la lumière, le monde se manifeste par la victoire de la lumière sur les ténèbres. Mais les ténèbres, manifestation de la colère de Dieu, coexistent avec l’amour divin et l’homme placé entre ces deux abîmes doit faire l’expérience du mal pour prendre conscience de son origine divine et réintégrer le sein de la divinité.
Si Séraphîtus peut, à la fin de la Nouvelle, regagner le monde céleste c’est parce qu’il peut contempler l’abîme des profondeurs qui fait trembler Nina, parce que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, Séraphîtus vit dans la conscience de l’Unité, il a dépassé la dualité : Bien, Mal ; Vie, Mort ; Homme, Femme ....
http://www.bldt.net/Om/spip.php?article394
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mer 28 Mai 2008, 20:27

Bonjour à toutes et tous,


je prends, après tout ce temps, cette question.

Oui, selon moi un maître est un couple, un Couple Sacré.


Pourquoi dit-on que les femmes ne peuvent atteindre la 5ème initiation pour des raisons énergétiques?

Parce que ces initiations sont des initiations travesties, inauthentiques, non authentifiées par le Couple Sacré, par le Soi.

Les femmes se voient refuser le 5ème degré car si elles y accédaient, alors elles permettraient la fusion de leur Couple Sacré. Et cela priverait le paradigme de l'énergie de ce Couple !!!!

C'est la raison énergétique qui interdit aux femmes d'accéder à ce degré. Ce n'est pas un problème énergétique structurel du côté du corps de la femme, mais une spéculation sur son énergie qui est asservie au maintien du paradigme aggloméré.


De fait, aucun maître ascenssionné n'est un vrai maître, pas plus qu'aucune femme ayant accès à certains degrés d'initiation ne sont des maîtres non plus!


Je l'ai déjà exprimé plusieurs fois: l'expérience et la signification de l'expérience sont toutes deux nécessaires au vécu véritable de la réalité.

Or, sans Couple Sacré, il manque une partie de la signification de l'expérience.

Dans tous les cas, l'accès aux degrés initiatiques 4 et 5 sans signification du Couple Sacré, ne constituent pas des initiations véritables.

Puisqu'aucune femme ne peut encore atteindre le niveau 5, en raison de la réquisition de son énergie par le paradigme dualiste, aucun homme n'a pu non plus réellement vivre ce niveau, puisque la signification apportée par la complémentarité sexuée du Couple ne pouvait pas être présente, forcément!

La maîtrise expérimentée en dehors de la fusion jumelle est une illusion. Certes, un être peut avancer très loin spirituellement, en dehors de la fusion jumelle, mais il devra garder à l'esprit que sans cette dernière, il n'y a pas maîtrise car il n'y a pas signification intégrale de l'expérience consciente!


Ceci dit, nous vivons des temps où les choses vont changer, où la féminité va s'émanciper de sa prise en charge du monde adultérin, et où une nouvelle éthique christique resserrée va s'imposer au paradigme dans son entièreté.

Il n'est pas possible de réellement s'émanciper en dehors du Couple Sacré, car on ne peut s'émanciper sans une partie centrale de la signification existentielle.

S'émanciper est Servir la collectivité de conscience. Or, on ne peut pas Servir intégralement le collectif sans dynamique conjugale!

Ceux qui se prétendent maître, sans faire allusion au Couple Sacré, et en réalité sans pouvoir encore le vivre car effectivement la féminité a été asservie jusqu'à maintenant, ceux-là qui se prétendent maîtres, ne le sont pas.


Le seul Maître est l'Oiseau, le seul Maître est Christ.


Amitié à toutes et tous,

steph
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Jeu 29 Mai 2008, 11:22

Merci Steph de ta réponse que je connaissais déjà de vive voie!

D autres ont ils une réflexion à nous partager ?

:m14:
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Jeu 29 Mai 2008, 20:17

Bonjour
j'ai du mal à imaginer que l'on puisse croire au stade de notre évolution actuelle, que la femme puisse être inférieure spîrituellement à l'homme.

Pour moi le feminin et le masculin sont des états d'être que nous assimilons dans l'expérimentation de notre évolution, sans même nous en rendre compte dans notre vie quotidienne.
Ce ne sont que des énergies qui se réveillent en même temps que notre conscience ou de notre libération énergetique.Le voile de l'oubli se déchire, pour que nous puissions nous rapeller que nous sommes Un dans ces deux principes et que nous l'avons toujours été , quelque soit le corps utilisé pour notre évolution ,qu'elle soit ici bas, ou dans les sphéres supérieures.
La fusion de l'énergie Féminine et de l'énergie Masculine peut être totale sans pour autant perdre son individualité.
Pourquoi ne pas tenter cette expérience en demandant dans une méditation profonde à fusionner avec votre Flamme jumelle. Cela se fait doucement par la répétition en se laissant apprivoiser par l'Autre ( sourire). Si nous laissons tomber les barriéres de notre peur , si nous acceptons l'inéluctable, alors la fusion peut se faire, et commes toute les énergies qui se retrouvent, le lien reste indélébile même lorsque nous retournons à notre conscience ordinaire. Notre nature énergétique se modifie sans pour autant oublier notre idendité.
La conscience est ainsi faite que nous avons la possibilité de rester relier énergétiquement tout en étant séparés dans nos Vies évolutives.
Finalement être unefemme ou être un homme a t'il une importance autre que le choix que nous faisons de notre apparence pour les besoins de nos expériences. Si la reliance de ces deux énergies est établie dans notre conscience, pourquoi ne pas privilégier l'une puis l'autre tout en les utilisant toutes les deux dans notre chemin de Vie.
N'est ce pas ce que nous faisons depuis l'aube de notre création.
Dieu est unique et multiple à la fois, il a conscience de toute sa multiplicité. Ne sommes nous pas à son image?

Bonsoir
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Jeu 29 Mai 2008, 23:30

Bonsoir Sofia,


il y a selon moi une importance à se fixer sur une polarité particulière, au bout d'un certain temps de fluctuations.

L'idée est d'intégrer le cycle. Les êtres humains s'incarnent et meurent parce qu'ils n'ont pas assez intégré le cycle.

Or, ce qui empêche l'intégration du cycle, c'est précisément le manque d'ancrage et donc les fluctuations des polarités circulaires, sexuées.

En effet, tant que les polarités alternent, ne sont pas fixées, c'est qu'elles sont soumises elles-mêmes au cycle, et ne l'ont de ce fait pas intégré! Elles le subissent.

Pour intégrer le cycle, et ne plus le subir, les polarités doivent se fixer.

C'est pourquoi les âmes, à un moment de leur évolution, se fixent définitivement sur une polarité sexuée (qui correspond à la polarité assignée à l'origine). Et c'est alors seulement que l'intégration du cycle pourra se produire par la fusion du Couple Sacré.


Amitié,

steph
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Credo



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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 30 Mai 2008, 14:12

Cette discussion m'a permis de prendre conscience que siégeait en moi un désir de toute puissance.
Ce désir de toute puissance était de vouloir "posséder" les qualités de la femme tout en étant un homme, de vouloir fusionner les deux modes en un seul pour "tout" avoir.
Ce rêve est né de la frustration de ne pouvoir maîtriser cette part féminine de l'Etre comme une femme, et surtout d'avoir été blessé par des femmes dans cette quête du féminin.En imaginant pouvoir le manifester totalement en restant homme revenait donc à ne plus être confronté à l'angoisse de séparation, de rejet ou d'abandon.
Mais c'est une chimère qui consomme une énergie énorme car elle équivaut à vouloir retourner en arrière dans le processus de manifestation (c'est à dire revenir au potentiel non-manifesté). Hors je crois au bienfait de la création, c'est donc comme si je m'opposais à la volonté profonde de mon âme.
Il ne me reste plus alors qu'à me concentrer sur la guérison des blessures de rejet, de séparation ou d'abandon, et laisser les femmes être femmes, en reconnaissant leur pouvoir, pas supérieur mais différent de celui des hommes.
En faisant ce deuil de toute puissance, je réouvre aussi une partie de moi à la création manifestée, parce que je sais que je suis incomplet sans cette "autre", me rendant aussi plus humble et prêt à recevoir ou donner.
Je crois que cette chimère de devenir androgyne, sous ses aspects de retour à l'Eden, est extrêmement involutive et néfaste au déploiement du potentiel de l'âme.
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 30 Mai 2008, 16:53

Merci Credo, pour ce magnifique témoignage !!!


Amitié à toi,

Stéphane
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Sam 31 Mai 2008, 17:38

bonjour à tous

Il est vrai que nous avons subi l'un puis l'autre sexe dans notre évolution. Il est vrai également que l'évolution est un cycle mais le propre du cycle n'est il pas justement de revenir au point de départ. La séparation nous a permis de connaitre les qualités de chaque énergie pour enfin les utiliser à leur plein potentiel dans nos expériences de vie.
Le jeu du miroir dans la relation n'a pas d'autre but que de se connaitre Soi même en connaisssant l'autre. Les défauts de l'autre nous aident à reconnaitre nos propres défauts et idem pour les qualités.
Regardons notre évolution ces 50 derniéres années, les femmes sont devenues plus masculines dans leur façon de vivre, elles travaillent, votent, conduisent et peuvent mener leur vie seules. Elles gérent leur argent, font de la politique, sont vétérinaire ou pilote de chasse. Elles font tous les jours ce qui autrefois était strctement réservé à l'homme.
Les hommes quant à eux deviennent plus féminin dans leur façon de vivre. Ils font les courses et préparent les repas ou passent l'aspirateur dans la maison familiale. Ils s'occupent des enfants, les consolent, les changes lorsqu'ils sont bébés. Toutes ces choses étaient inconsevables il y à peine 100 ans.
Tour celà pourtant est intégré, considéré comme normal.
Ne voyez vous que nous devenons tous androgyne dans notre état d'Etre.
Est ce que pour autant que nous nous ne seront plus attirés par l'autre, que nous sommes voués à la solitude de part notre complétude.
Je ne pense pas, nous seront toujours demandeurs du sexe opposés car l"évolution se fait égalment dans la relation.
Autrefois nous aimions l'autre par interet, car justement le sexe opposé permettait cette complémentarité dont nous avions besoin. Une identité sociale pour les femmes et une identité familiale pour l'homme.
Aujourd'hui, nous pouvons assumer ces deux rôles que nous soyons homme ou femme.
Quel est donc l'interet d'une relation amoureuse? Mais de donner justement, de donner sans attendre quoi que ce soit dans notre confort quotidien puisque nous nous suffisons à nous même.
L'amour dans une relation devient justement un moyen d'évoluer plus vite car comme nous nous ressemblons de plus en plus, nous sommes dans l'obligation de chercher plus profondément nos différences pour affinier notre propre complétude.
Nous aimons l'autre comme il est, en conscience. Nous savons son évolution et l'autre connait la nôtre. Nous avons la possibilité de vivre côte à côte, mais non plus l'un pour l'autre.
Nous pouvons vivre prés de l'autre en respectant son projet évolutif, sans interferer dans sa vie intérieure et si nous savons ouvrir un dialogue franc et sincére, la relation nous apportera beaucoup plus dans notre évolution personnelle.
Donner et recevoir restera toujours le but de la relation, mais le don est différent et l'attente également.
N'est ce pas le début de l'amour inconditionnel??

Bon week end à tous
Sofia
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Sam 31 Mai 2008, 18:16

Bonjour Sofia,


selon moi, l'émancipation féminine ne consiste pas à imiter les fonctions masculines. C'est une forme de régression, car cela se base sur la confusion entre l'identité et la fonction et amplifie cette confusion.

L'émancipation féminine consiste à affirmer l'identité féminine, et à la faire intégralement respecter entre autres aux niveaux social et conjugal.

Ce qui a toujours manqué à la femme par le passé, est la reconnaissance et le respect de son identité, et cela n'a en réalité rien à voir avec la spécificité des fonctions...

Fonder une émancipation sur le nivellement des fonctions ne sert pas la complémentarité, et augmente de ce fait la confusion entre l'identité et la fonction. L'identité est déforcée, et l'émancipation est dans ce cadre une pure illusion.


Ceci dit, de toute façon, toutes les fonctions sociales de nos sociétés passées et présentes sont des confusions, dans tous les cas, en dehors des fonctions sexuées et éducatrices.

La seule fonction authentique est la fonction procréatrice, associée à la fonction éducatrice.


Donc en résumé, qu'importe que les fonctions soient nivelées entre hommes et femmes, puisque de toute façon toutes ces fonctions sont des confusions. Mais ce qui est certain, c'est que ce n'est pas par l'entremise d'un combat sur le terrain de fonctions de toute façon confuses que l'émancipation pourra se réaliser vraiment.


C'est la reconnaissance de l'identité féminine, le respect de la femme en tant que Personne, qui selon moi conditionne l'émancipation féminine. Et cela n'est pas un "combat" sur le terrain des fonctions sociales adultérées.

Il me semble que les femmes ont été bernées par cette manipulation qui leur fait miroiter une émancipation très illusoire.


Amitié,

steph
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sofia



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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Dim 01 Juin 2008, 13:00

Bonjour

A mon sens, limiter l'énergie Féminine à la procréation et à l'éducation familiale dénote un esprit machiste qui ne prouve pas un état involutif certe mais bien un érat non évolutif.Dire que l'energie Féminine à besoin de reconnaissance sociale est une abbération car elle EST tout simplement tout comme EST l'énergie Masculine et celà n'a strictement rien avoir avec un comportement féministe.
Je suis femme et je vénére l'homme mais pas comme un être supérieur car il est déjà partie intégrante de moi même..
Je vais préparer cette explication avec citations à l'appui dans la journée mais pour le moment je voudrais partager ici avec vous un texte que j'ai écrit il y une douzaine d'années sur la confusion. Ce texte a été écrit sous la forme " d'écriture automatique" sous la dictée de mes guides.

LA CONFUSION

Qu'est ce que la confusion?
Nous avons ce que nous croyons être certaines vérités.
Nous avons l'impression de connaitre parfaitement certaines choses et d'autres qu'il nous semble parfois entrevoir.
Et puis il y a les autres vérités que nous ne connaissons pas.
Nous les cherchons tous les jours et à chaque heure du jour et, parfois rarement nous avons un flash, une vérité nous apparait.
Nous mettons alors en place une autre piéce du puzzle, nous répondons à une voire à deux ou trois questins et nous sommes heureux.
Puis à l'heure suivante ou le lendemain, comme nous sommes des éternels insatisfaits, nous réflechissons encore, nous cherchons des preuves de la vérité trouvée et effectivement elle nous fait apparaitre certains faits ou événements sous un autre jour.
Et puis soudain tout bascule, cette vérité implique des faits , d'autres événements , d'autres sentiments et surtout d'autres questions dont nous ne savons pas les réponses.
Et nous cherchons et cherchons encore jusqu'à la prochaine vérité.
Plus nous croyons détenir de vérités et plus nous avons besoin d'en connaitre.
Car plus nous savons de choses et plus il y a de confusion dans notre vérité.
Nous avons des piéces du puzzle mais nous ne savons pas comment les relier entres elles pour faire un tableau avec un beau paysage compréhensible du sol au plus haut du ciel en passant par tous les détails, la terre, les cailloux, le brun d'herbe, l'animal, l'être humain, les oiseaux, la lune, les étoiles, le soleil, le cosmos en général.
Mais tout ceci est la partie visible de l'iceberg, mais comme tout iceberg, la partie invisible est plus importante et sans elle la partie visible de l'iceberg ne pourrait pas exister.
Alors nous, êtres humains qui vivont sur la partie émergée, essayons de comprendre comment fonctionne tout cela mais nous ne voyons que la partie visible. Comment comprendre tout?
Certains se spécialisent sur la partie visible. Il y a même des spécilités dans les spécialités. Nous appellons ça la science quelque soit le domaine étudié.
D'autres se spécialisent sur la partie invisible. Leur rôle est nettement plus dificile car ils doivent chercher avec les qualités que recélent leur esprit, l'intuition, la voyance et d'autres techniques de contrôle de l'esprit.
Ils ne sont jamais véritablement surs de leurs résultats et l'orsqu'ils veulent les divulguer. Ils se cognent contre des murs d'incempréhension, voire de moqueries car seule la science a le monopole des pensées humaines.
Les humains sont régentés par les scientifiques. Alors ils entendent " mais si les extara-terrestres existaient, çà se saurait"ou bien " qui est revenu de la mort pour raconter ce qu'il s'y passe".
Les humains ne se rendent pas compte que c'est un apriori, car qui a vu les frontiéres des pays déssinés sur le sol? Qui a vu cent million de dollars en billet de banque? Combien ont vu la fusion de l'atome? Combien d'entre nous savent comment fonctionne la TV, l'électricité.
Dans notre vie de tous les jours nous avons acqui ces certitudes. Nous les utilisons et ne voulons pas savoir comment.
Et bien pour la recherche de la vérité, c'est le contraire.
Nous cherchons tous les jours, chaque être humain cherche. Il se fiche de savoir pourquoi, il veut savoir comment.
L'évolution se fait dans l'inconscience générale.
Quelque fois nous arrivons à prendre conscience d'une étape franchie car un groupe de personne a réussi à se faire entendre par la similitude des résultats de leurs recherches
D'un coup des millions de personnes addhérent à leur théorie car se ne sont que des théories, dans l'invisible il ne peut y avoir de preuves.
Nous vivons et ressentons une expérience, mais nous l'interprétons selon notre culture et notre religion. Ceci devient donc notre vérité.
Alors imaginons combien de vérités sont possibles, pratiquement autant qu'il y a d'individus. Alors qui peut détenir LA VERITE, celle qui peut être admise par tout à chacun.
C'est que la vérité ne peut être obtenu que par soi même et pour soi même.
Et c'est pour ça que nous sommes dans la confusion.
Nous voulons la facilité en prenant pour soi les travaux des autres. Il est vrai que celà peut nous aider.
Mais tous les résultats ne nous conviennent pas. Nous ne pouvons pas conformiser la VERITE;
Alors nous essayons de comparer la vérité des autres avec notre vécu personnel, alors le puzzle est là pour nous rappeller que nous sommes loin de la vérité et, en attendant nous sommes dans la confusion.
Mais que chacun soit heureux, tant qu'il y a de la confusion dans l'esprit d'un homme, c'est qu'il y a recherche et s'il y a recherche il y a évolution vers la vérité.

A trés bientôt

Sofia

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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Dim 01 Juin 2008, 18:18

Bonjour Sofia,

Citation :
A mon sens, limiter l'énergie Féminine à la procréation et à l'éducation familiale dénote un esprit machiste qui ne prouve pas un état involutif certe mais bien un érat non évolutif.

Justement, l'idée n'est pas de limiter l'identité féminine à ces aspects fonctionnels, mais de la reconnaître et de la respecter au-delà des aspects fonctionnels !!! C'est ce que j'ai écrit.

Et lorsque cela est réalisé, alors tous les aspects fonctionnels sociaux illusoires disparaissent, et les seuls aspects fonctionnels réels subsistent.

Car dialectiquement, la confusion dualiste des êtres que nous sommes provient d'une confusion entre l'identité et la fonction.

Il faut donc commencer par discriminer l'identité de la fonction, en restituant à l'identité sa valeur absolue et égalitaire.

Et cela ne doit pas tenir compte des aspects fonctionnels!

Alors, lorsque l'affirmation identitaire est présente, la fonction est déconfusionnée.

Et cela nous amène au point suivant:

Citation :
Dire que l'energie Féminine à besoin de reconnaissance sociale est une abbération car elle EST tout simplement tout comme EST l'énergie Masculine et celà n'a strictement rien avoir avec un comportement féministe.


Précisément! C'est la reconnaissance identitaire, au-delà des fonctions! Mais malheureusement, un féminisme maladroit s'est souvent focalisé sur l'aspect fonctionnel au lieu de se centrer sur l'aspect identitaire.

Citation :
Je suis femme et je vénére l'homme mais pas comme un être supérieur car il est déjà partie intégrante de moi même..

Idem en ce qui me concerne.



Pour ce qui est de ton exposé sur la confusion de la connaissance, il se limite à une approche linéaire de la connaissance, ce qui effectivement est un puzzle sans fin.

L'approche linéaire est celle qui est la plus couramment rencontrée dans la pensée humaine de ce paradigme.

Il en va différemment d'une approche circulaire, dialectique, de la connaissance... non seulement parce que le puzzle dialectique peut être considéré à la fois comme toujours fini et paradoxalement toujours inachevé, mais aussi parce que cette approche inclut aussi bien la partie visible de l'"iceberg" que sa partie cachée.

Le puzzle dialectique peut-être considéré comme toujours fini et pourtant toujours inachevé, car il est circulaire.

De ce fait, un couple de facettes dialectiques suffit à exprimer valablement l'entièreté du puzzle, mais le nombre de couples de facettes peut être augmenté, nuancé, précisé à l'infini.

Le puzzle dialectique a une nature "fractale".


Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mar 17 Juin 2008, 22:21

LA SPIRITUALITE AU FEMININ, LES BEGUINES


Marie-Magdeleine DAVY n’arrêtait pas de répéter que les Béguines étaient « L’histoire retrouvée de la chrétienneté féminine, ou le Réveil de la Belle au Bois Dormant ».
Que voulait-elle dire par là ?




Qui étaient donc ces Béguines pour qu’on en parle encore 800 ans après ?
Une étape importante dans l’histoire de l’humanité, une assomption de la féminité vers Dieu et en retour une théophanie de l’Amour pour toute l’humanité.
Il est sûr que le mouvement des Béguines a été un apport considérable et l’on mesure mieux son importance actuellement avec la libération des femmes et la parité.
On a cru en effet pendant longtemps que le masculin avait un accès privilégié au Divin, mais ce n’était qu’un effet de perspective. Les hommes en parlaient plus et surtout ils écrivaient plus. Ils avaient même l’exclusivité d’accès à l’écriture et aux Ecritures. Par là ils se sont réservé la cléricature en se prétendant plus purs et plus disponibles. « Hors de l’Eglise pas de salut », mais surtout l’intermédiaire obligé entre nous et Dieu était masculin en exclusion des femmes. Les prêtres et les moines gardaient l’exclusivité des langues sacrées : latin, grec, hébreu. Les femmes devaient être soumises, selon ce que prescrivait longuement Saint Paul. Elles étaient donc surveillées et tenues à l’écart. En particulier apprendre à lire et à écrire, puis apprendre le latin était rendu difficile, bien peu de femmes y parvenaient. Leur dévotion n’en était pas moindre, mais elle ne pouvait pas se pérenniser par des écrits. En règle générale, les expériences spirituelles et mystiques des femmes ne filtraient que pendant les confessions. Beaucoup de confesseurs ne leur accordait qu’une oreille distraite, sinon méfiante. De façon exceptionnelle de temps en temps, un confesseur se laissait émouvoir par une confession et prenait des notes écrites, ainsi ce qui nous est parvenu n’a pas été écrit par une Béguine, mais par son confesseur en son nom.

L’HISTOIRE
Au XIIème siècle dans les Flandres, il y avait plus de femmes que d’hommes. On ne sait pas exactement pourquoi. Les guerres, les marins, les Croisades, l’émigration des soldats, les maladies … ? Le fait est qu’il y avait beaucoup de veuves et de filles qu’on ne pouvait pas marier. Elles ne pouvaient pas non plus devenir religieuses, car il leur fallait une dot pour payer leurs frais à vie.
Pour éviter qu’elles ne deviennent mendiantes ou prostituées, s’est inventé le Béguinage, sorte de couvent laïc. C’est d’abord un lieu de regroupement d’habitat ; autour d’une cour se sont construits des cellules ou petites maisons. C’est aussi une unité de production car ces femmes vivent de leur travail (fileuse, tisseuse, tapisseries, brodeuses, couturières, vannerie, cuisinières, plus souvent une école et un hospice …). Ces femmes sont vêtues fort simplement d’un béguin ou bonnet et d’une « kemise de sak » et pour sortir d’une houppelande à capuche. Elles mènent une vie semi-religieuse, car elle ne sont pas consacrées et ne prononcent pas de vœux. Elles sont plus libres que les religieuses et peuvent voyager de béguinage en béguinage, certaines sont errantes. Mais elles sont surveillées par l’Eglise, qui leur nomme des confesseurs et des chapelains, avec une chapelle lorsque le béguinage est assez grand.
Le mouvement est lié à la sortie de la société féodale, fondée sur le pouvoir des seigneurs qui offrent dans leur château une protection contre les envahisseurs, avec leur code de l’honneur et leur imbrication entre un suzerain et des vassaux. Avec la diminution des invasions, une prospérité s’étend : les Flandres sont une zone riche avec la production de chanvre et de lin, donnant du travail aux cardeurs, fileuses, tisserands … Le commerce se développe et la bourgeoisie s’installe. En échappant au servage des seigneurs, partout naissent les villes nouvelles : Castenau, Neuchatel, Bastides …
Strasbourg à l’époque était une ville de 15.000 habitants avec 60 béguinages et 7 couvents de Dominicains, qui en 1287 ont été saccagés par les strasbourgeois sous l’accusation de captations d’héritages. En 1321 le Pape évalue les Béguines au nombre de 200.000.
C’est dans ce milieu nouveau, plus libre et qui échappe au contrôle des hommes (seigneurs, maris, curés …) que va s’élaborer une pensée neuve et originale dont l’importance a été sous-estimée pendant trop longtemps. Ces femmes ignoraient le latin, la langue officielle de l’Eglise et officieuse de l’Europe, elles parlent le bas-allemand, le vieux néerlandais ou le Brabançon. C’est dans la langue du peuple qu’elles doivent s’expliquer et inventer leurs concepts nouveaux.
Il y a parmi elles une protestation des valeurs féminines : le cœur, l’expérience, la solidarité … Dans ce premier mouvement féministe, on pressent tout ce qui va s’exprimer avec le protestantisme. Les théologiens enseignants et inquisiteurs sont, pour elles, «enlacés par les liens subtils des vaines disputes, ils ont un cœur vide et une bouche qui n’est qu’un sac à bruit ».







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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mar 17 Juin 2008, 22:22

LA MYSTIQUE
« Ce reflux des Personnes, englouties dans l’unité de l’essence, présenté par les béguines se retrouve chez les Rhénans » écrit Marie-Magdeleine Davy (Noces, p.141).
En fait tout est parti d’Occitanie deux ou trois générations auparavant. Là aussi dans un milieu privilégié et beaucoup moins contraint les femmes ont pu inventer la notion de Pur Amour (Fin Amor), avec les Troubadours. Sous l’impulsion d’une femme exceptionnelle Aliénor d’Aquitaine, s’est inventé un doux style nouveau (Dolce Styl nuevo) avec une poésie de la nature et de l’amour dans des Cours d’Amour d’Odalasie d’Avignon, Stéphanie des Baux, Ermengarde de Narbonne, Esclarmonde de Foix … Mais tout cet amour est resté humain, très humain.
Et c’est plus tard après l’extermination des Cathares, que le mouvement va passer des femmes d’Occitanie à celles des Flandres qui vont réussir la transposition vers le divin. Ainsi elles vont pouvoir accéder à la plus haute mystique et découvrir ce qu’est vraiment l’amour. Elle vont devoir creuser les notions et mettre au point tout ce qui par la suite va être repris par les mystiques hommes, en particulier les Rhénans dont parle Marie-Magdeleine Davy.
La mystique désigne ici, non ce qui est relatif aux mystères, mais le dialogue amoureux de l’âme et de Dieu. Et l’on considère à cette époque qu’il y a deux mystiques : celle du mariage et celle de l’essence. La mystique nuptiale (Minne mystik ou Braut mystik) s’origine dans le Cantique des Cantiques de la Bible hébraïque. Il a été réétudié au XIIème siècle par Saint Bernard et Guillaume de Saint-Thierry qui ont écrit en latin des Commentaires et des Sermons, traduits en français par Marie-Magdeleine Davy. Il s’agit des dialogues entre l’âme et Dieu : l’âme humaine apprend peu à peu à aimer et à aimer vraiment, puis elle s’offre totalement et enfin elle rend à Dieu ce qui est à Dieu (c’est-à-dire tout). Ce thème du mariage avec Jésus sera repris de la communauté de Hefta par bien des mystiques dont Thérèse d’Avila.
« Inspirée par la mystique conjugale de Bernard de Clairvaux, et aussi par les Victorins, la béguine retient le thème de l’épouse devenue féconde. Cette théorie sera reprise plus tard avec le symbole du Puer aeternus » selon Marie-Magdelein Davy (Tout est noces p. 113)
La mystique spéculative ou mystique de l’Etre ou de l’Essence (Wesen Mystik) s’origine dans la théologie mystique de Denys l’Aéropagite (+500). Elle a été développée au XIIème siècle par l’école de Saint-Victor. Pour exprimer l’absolu, il convient de dépasser les mots vers les idées, les idées vers les images, les images vers l’indicible, l’insaisissable et l’incommunicable. Maître Eckhart en parlera tellement qu’on lui en attribuera la paternité.
« Avec les béguines, il s’agit toujours d’une expérience et non d’un savoir mental pouvant passer dans un discours ou encore s’exprimer à travers l’écriture. L’expérience anime l’existence et la transforme. Elle devient un facteur de transfiguration après avoir éveillé les sens intérieurs et en particulier l’ouïe et le regard contemplatif » (L’amour transpersonnel p. 41) selon cette découverte de Marie-Magdeleine Davy, tout est là : l’expérience précède la pensée, comme l’essence précède l’existence.
A partir de leur expérience vécue (et parfois très chèrement payée) les Béguines vont littéralement inventer ce qui va se répéter pendant des siècles.

Voici quelques notions nouvelles : - « rendre l’amour à l’amour ». Un jour une découverte se fait : ce n’est pas nous qui avons aimé la première, Dieu nous a aimé d’abord et il continue dans un amour parfait qui attend avec patience. Si donc nous n’avons pas la priorité, nous ne donnons rien, nous ne faisons que rendre. Et quand l’on saisit ce qu’est l’amour, on comprend bien qu’il n’y a aucune cause ou raison, si ce n’est de rendre notre amour humain à l’Amour infini divin. (Béatrice de Nazareth).
- « sans nul pourquoi ». Lorsque Angélus Silésius écrit : « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit », ce n’est pas lui qui l’a inventé, la formule se retrouve au siècle précédent chez bien des béguines, dont « Les 7 manières d’amour » de Béatrice de Nazareth. L’amour, l’amour véritable, est gratuit et désintéressé, il se diffuse sans nul pourquoi et elle aime « sans pourquoi, sans récompense de grâce ou de gloire » (p.235). Vivre sans pourquoi, c’est coïncider avec le flux de l’existence.
- « nient vouloir. Niht, niet ». Ne rien vouloir est la condition indispensable : remplacer sa volonté propre par la volonté de Dieu, ne rien faire qui ne soit sa volonté, ne rien désirer des créatures et des choses finies, annihiler la volonté individuelle (ce que le Transpersonnel appelle l’égo). C’est la docte ignorance qui permet à Hadewijch d’Anvers d’atteindre « le Néant divin, ce Néant pur et nu »
- « le dépassement et le surpassement. Overvaert ou überfall». L’amour ne peut demeurer stable, il se résorberait ; il doit sans cesse se dépasser. Il faut aussi se dépasser soi-même et renoncer aux créatures pour tout retrouver dans le créateur. Il faut se perdre pour se trouver, quitter le « moi » pour aller vers « lui ». Même en Dieu il y a un dépassement de sa manifestation en son fond, de ses personnes en son essence. Il y a en Dieu un dépassement du nom vers un ineffable, vers une approche du mystère abyssal.
- « le fond de l’âme. Grund ». Quand Maître Eckhart écrit : « Au fond de l’âme, le Fond de Dieu et le fond de l’âme sont un seul et même fond. L’âme et Dieu sont identiques en leur fond », il n’a rien inventé. Deux siècles auparavant Hadewijch d’Anvers avait déjà écrit : « L’âme est un abîme sans fond en qui Dieu se suffit à lui-même, trouvant en elle en tout instant sa plénitude, tandis que pareillement elle se suffit en lui. Dieu pour l’âme est la voie de la liberté, vers ce fond de l’être divin que rien ne peut toucher, sinon le fond de l’âme. ». Là se trouve la première innovation des Béguines : la possibilité de trouver Dieu dans son âme, directement et sans intermédiaire (des hommes, de l’église, des sacrements). Au sommet de la vision, l’âme devient Dieu. Le « Dieu en Dieu » de Maître Eckhart est précédé par le « Dieu avec Dieu » d’Hidegarde de Bingen. Mais là se trouve aussi le gros problème théologique et selon la subtile distinction de Guillaume de Saint-Thierry : « l’homme devenant par grâce ce que Dieu est par sa nature ».
- « la Divinité. Gottheit ». Les théologiens hommes ont enseigné qu’il y avait trois personnes en Dieu, toutes de sexe masculin : le Père, le Fils et le Paraclet. Les Béguines et les femmes mystiques ont vécu par l’expérience mystique le dépassement des personnes dans un Transpersonnel : l’Essence de Dieu ou Divinité. Ce thème de tous les Rhénans est déjà chez Hildegarde de Bingen devenue l’ombre de la Lumière vivante. « Le ciel suprême est interdit aux âmes qui n’ont pas été mères de Dieu » Hadewijch d’Anvers.
- et il y a encore chez elles bien d’autres notions « Sehnsucht, la nostalgie », « niht, le rien, le désert, le néant », « la rage d’amour, orewoet », « le loin-près » …

LES BEGUINES
Nous ne parlons que des béguines sur lesquelles nous avons des écrits. Ces écrits sont souvent des textes ou rapports rédigés par leur confesseur, bien peu de femmes savaient écrire à cette époque. Ce n’est que récemment que ces textes ont été découverts, publiés puis traduits dans des langues contemporaines.
Les femmes les plus célèbres dont nous avons des textes sont au nombre de sept. Voici les premières indications avec un florilège de leurs pensées et maximes qui peuvent toujours nous aider.

1. Hildegarde de Bingen (1099-1179) est la précurseur qui un jour a su écrire en latin sans l’avoir appris. Elle a été l’abbesse d’un monastère, visitée par des Papes, rois et empereurs. Elle a écrit plusieurs livres, 300 lettres, 77 chansons, etc.
Etrangère, dans un monde étranger,
Je t’implore du fond de ma détresse.
Mon âme brûle comme environnée de flammes.
La Verdeur, force éruptive de la grâce printanière.

2. Mathilde de Magdebourg (1207-1282) est une béguine qui a fini sa vie au monastère de Hefta et dont on a retrouvé un manuscrit du XIVème siècle en langue alémanique : « La lumière ruisselante de la divinité » (Das flissende Licht des Gottheit ).
Couvres-moi du manteau de ton long désir.
La Divinité infinie attire à elle l’âme sans fond,
S’unissant à elle comme le vin à l’eau.
Celle qui meurt d’amour, il faut l’enterrer en Dieu.
Au centre il y a le vide de ce qui ruisselle.

3. Sainte Gertrude de Hefta (1256-1302) a écrit en latin « Les exercices spirituels » et « Le héraut de l’amour de Dieu ».
Tu es l’abîme débordant de la Divinité,
Mon cœur est dissous par l’ardeur de ton amour.

4. Sainte Mechtilde de Hackeborn (1224-1299) a écrit au monastère de Hefta « Le livre de la grâce extraordinaire ».
Complètement ravie en Dieu,
Comme une goutte de vin versée dans l’eau se transforme en eau,
Dans cette union en lui l’âme s’anéantit.
Elle reçut tellement d’amour
Qu’il lui semblait qu’il jaillissait de tous ses membres.

5. Béatrice de Nazareth (1200-1268) béguine, devenue prieure du couvent de Nazareth. Son confesseur a écrit en dialecte brabançon « Les sept manières d’amour ».
Rendre amour à l’Amour, sans nul pourquoi.
Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné.
Comme une morte-vivante, dans cet enfer, ici.

6. Hadewijch d’Anvers (1180-1240) maîtresse de béguines. Quatre de ses manuscrits ont retrouvés en 1895 par le poète Maeterlinck, dont le merveilleux « Amour est tout ».
Quiconque erre loin des sentiers de l’Amour
Est plus lamentable qu’un mort.
Certains sont aveugles et tremblent d’aimer,
Ils ignorent le goût de l’Amour.
L’Amour, où est-il donc ?
Là-bas, ici, que sais-je ?
Libre, où il lui plaît, sans entrave.
Quiconque aspire à un amour vrai et pur
Passe par plus d’une mort.

7. Marguerite Porète (1260-1310) béguine clergeresse de Valenciennes a écrit « Le miroir des âmes simples et anéanties » (en Dieu) pour lequel elle a été brûlée vive place aux Pourceaux à Paris le 1er juin 1310. Un dernier exemplaire a été retrouvé caché sous une autre reliure lors du déménagement du monastère du Mont Cassin en 1945.
Ne rien savoir, ne rien vouloir, ne rien avoir.
Cette âme voit sa propre lumière
Au point sublime où se fait l’union
Aussi se plaît-elle au plaisir de Celui
Auquel elle est unie.
Je fus avant de sortir de Dieu
Aussi nue que lui est, lui qui est,
Oui, aussi nue que j’étais lorsque j’étais
Celui qui n’était pas.

Mais nous savons qu’il a existé des dizaines de saintes et de mystiques, dont les manuscrits n’ont pas encore été retrouvés :
Elisabeth de Schönau (1129-1165), Marie d’Oignies +1213, Odile de Liège 1220, Ide de Nivelles +1231, Marguerite d’Ypres +1237, Sainte Lutgarde d’Aywières +1246, Ide de Louvain +1250, Julienne de Cornillon +1258, Christine de Stommeln +1312, Sainte Christine de St-Trond, Aleydis, Christine de Belgique Christina mirabilis +1325, Sainte Lydvine de Schiedam (1380-1433) …

Puisse ceci contribuer à prolonger le travail si important de Marie-Madeleine DAVY revivant en sa vie et en son âme toute l’épopée des Béguines, dont notre monde a actuellement tellement besoin.
BIBLIOGRAPHIE
Depuis peu nous disposons de diverses traductions françaises :
Epiney-Burgard et Zum Brunn, Femmes troubadours de dieu, éd. Brépols, 1988
Hadewijch d’Anvers, Amour est tout, éd. Téqui, 1984
Hadewijch d’Anvers, Visions, éd. OEIL, 1987, collection dirigée par M-M. Davy
Hadewijch d’Anvers, Ecrits mystiques des Béguines, éd. Seuil, 1954 (Sagesses)
Hildegarde de Bingen, Les causes et les remèdes, éd. Jérôme Millon, 2001
Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, éd. J. Millon, 2001
Journé Nicolas, Prier avec sainte Gertrude de Hefta, éd. Saint-Paul, 2002
Mechthild de Magdebourg, La lumière fluente de la divinité, éd. Jérôme Millon, 2001
Pernoud Régine, Hildegarde de Bingen, éd. Du Rocher, 1994
Porète Marguerite, Le miroir des âmes simples et anéanties, Albin Michel, 1997 (poche)




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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mar 29 Juil 2008, 15:27


Simone Weil

« La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi:
en ce sens l'athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n'est pas faite pour Dieu.
Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d'eux-mêmes n'est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. »
Simone Weil





Note biographique.
Simone Weil est née à Paris en 1909 dans une famille juive cultivée. Son père était médecin. Elève d’Alain, elle devient agrégée et professeur de philosophie. Elle milite dans le mouvement anarchiste et se fait remarquer par son action politique et syndicale. Elle décide de partager le sort commun des hommes et travaille en usine de 1934 à 1935. Elle s’engage, en 1936, aux côtés des républicains dans la guerre civile d’Espagne. Elle dénonce l’Eglise catholique, ses excès passés et son blocage présent. Elle écarte la tradition juive (par rejet du méchant dieu biblique) au profit de la culture grecque idéalisée.

L’occupation de Paris, en juin 1940, lui fait gagner Marseille où elle rencontre le père Perrin avec qui elle approfondit la révélation chrétienne. Ouvrière agricole en Ardèche, elle poursuit sa découverte du Christ avec Gustave Thibon. Tandis que sa famille a trouvé refuge aux Etats-Unis, elle gagne Londres où elle travaille dans l’administration de la « France libre ». Malade, elle se laisse peu à peu mourir de faim en 1943.

Les écrits historiques forment une première leçon où le nazisme est vu comme une maladie de l’âme. Les écrits politiques donnent une deuxième leçon qui concerne la condition ouvrière. Les écrits spirituels constituent la troisième leçon. Ils datent des trois dernières années de sa vie. Dans les lettres au père Perrin, Simone Weil fait état de sa rencontre avec le Christ dans le seul à seul de l’expérience mystique.



dossier
http://liberdossiers.blogspot.com/2008/07/simone-weil.html



Vie et œuvre
Simone Weil ou la synthèse de la méthode et de la purification

«La méthode dans les sciences, la purification dans la vie personnelle sont les deux conditions de la vérité. Si vous négligez la première, vous n'aurez de vous-mêmes et du monde qu'une image floue; si vous négligez la seconde, le savoir essentiel, qui donne sens à la vie, vous échappera toujours, votre science se limitera à l'enchaînement des faits et des signes abstraits.

L'Occident moderne a négligé la purification. Il en est résulté cet univers intellectuel, dont nous sommes à la fois les responsables et les victimes, où le mot vérité ne conserve de sens que dans les sciences, tandis que le domaine du sens est abandonné à l'opinion subjective: "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà!"».

Simone Weil a souffert constamment, et de façon aiguë, de ce rétrécissement du domaine de la vérité. Sa vie, comme son œuvre, auront consisté en un effort continu pour rétablir la légitimité de la rigueur intellectuelle dans la vie intérieure et celle de l'inspiration dans les sciences.

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Simone_Weil




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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mar 29 Juil 2008, 15:54

Citation :
«La méthode dans
les sciences, la purification dans la vie personnelle sont les deux
conditions de la vérité. Si vous négligez la première, vous n'aurez de
vous-mêmes et du monde qu'une image floue; si vous négligez la seconde,
le savoir essentiel, qui donne sens à la vie, vous échappera toujours,
votre science se limitera à l'enchaînement des faits et des signes
abstraits.

Merci Ambre pour cette citation.
Il est écrit que l'ère du Verseau remplacera l'ancien règne de la "croyance" de l'ère des Poissons par le règne du "Savoir".

Il est écrit également que la mutation de l'humanité se fera essentiellement grâce aux femmes.
Ceci en est une preuve flagrante.
Bises à toutes
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Mer 03 Sep 2008, 11:54

"Initiation "Elisabeth Haich

Un livre que je vous ai déjà partagé d où fred Idylle à retranscrit ceci:

"Une vision du temps où les énergies du Verseau sont les plus fortes me montre que le grand maître de cette époque fera tomber les frontières entre les trois religions principales. Par sa propre personne, il prouvera que le noyau de toutes les religions se compose d'une seule et unique vérité - le Dieu seul et unique. La limite entre la religion et la science s'effacera aussi car les hommes découvriront que tout, y compris la matière, est un mouvement ondulatoire, qu'entre les manifestations de l'esprit et celles de la matière, il n'existe que des différences de fréquences mais que tout dans son essence est la manifestation de la source originelle et unique de toutes les énergies: Dieu. Tout est onde comme le montre la représentation symbolique de la constellation du Verseau : un être supraterrestre versant l'eau de sa cruche.

Les courants spirituels sur terre attestent ce phénomène. La science découvre la « théorie ondulatoire » et je vois quantité d'inventions basées sur cette théorie. Je vois des images de personnes, de paysages et d'objets réalisés grâce aux ondes lumineuses. Je vois des appareils qui émettent des ondes; elles pénètrent la matière et en révèlent la densité. Il existe des ondes qui montrent les éléments dont sont composées les planètes et les étoiles, des ondes électriques, des ondes du son, de la lumière et des odeurs. La science médicale a cessé de traiter par l'eau qu'elle a remplacée par les ondes. Toutes sortes d'ondes sont utilisées pour guérir, des infrarouges aux ultraviolettes, des ondes courtes, des ondes et des fréquences toujours plus courtes, toujours plus pénétrantes...

La constellation du Verseau appartient à la face d'air de Dieu. L'humanité vainc l'air par l'air, c'est-à-dire avec des énergies provenant de la matière transformée à l'état gazeux. Je constate que les hommes ont passé, de la machine à vapeur à la machine actionnée par le gaz . Et mes yeux étonnés voient d'immenses sauterelles construites par l'homme voler très haut et dans l'estomac desquelles nombre de personnes ont pris place! Ces machines sont actionnées par le gaz: l'air maîtrise l'air .
"
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 06 Fév 2009, 16:52

Absolument magnifique tous ces textes, et vive les femmes 144001


Il y a tellement a lire, que je n'ecris pas souvent, alors je veux vous dire merci

Et Ambrement votre

Domimusique


:898:
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MessageSujet: Re: Femmes et Spiritualité   Ven 06 Fév 2009, 17:06

Merci Domimusique,
j ai écouté cette semaine une émision sur Simone Weil précitée;
on disait d elle,
qu elle était une "mystique sauvage",
" une insoumise",
des paroles d or qui coulent dans mes veines...
Je suis Païenne.

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MessageSujet: Elohim féminin...   Sam 11 Avr 2009, 22:53

De la présence dans la Genèse,
d'un



Elohim féminin.




I Introduction.


Cet article est le complément logique de certains éléments mis en lumière dans notre article :

http://www.artivision.fr/docs/DocumentsermentObama.html



, qui est déjà bien long et qui ne gagnerait rien à s'encombrer encore d'images et de textes sur le sujet en question.


II Genèse de l'affaire.


Rappelons brièvement que cette affaire a débuté, quand nous avons refeuilleté, par hasard, récemment l'ouvrage remarquable de notre bibliothèque, de Brinsley le Poer Trench (Grand ufologiste et en réalité 8e comte de Clancarty ), paru à Londres chez Neville Spearman en 1960, et aussi en France dans la collection de poche J'ai Lu, dès 1968 sous le n° A 252 :



On découvre alors ce passage très important, en page 19 :






Nous avons souligné en rouge les mots clefs de ce texte, qui montrent que le support d'écriture de l'époque, papier ou parchemin, était très difficile à préparer et que donc chaque mot écrit avait son importance et même par exemple le vocable Iahvé, peut représenter diverses entités, à des moments différents.

Vous pensez bien que les scribes si méticuleux de l'époque, ne se seraient pas permis de transformer le je masculin"ani", en un je féminin anochi par simple plaisir.

Pour tirer cela au clair, nous avons écrit à un ami internaute J-P M........, qui a le grand privilège de s'y connaître un peu en hébreu.

Après lui avoir bien envoyé de nombreuses images concernant les récentes découvertes faites sur l'astéroïde Eros, sur la Lune et aussi sur Mars, nous lui avons transmis l'image précedante du livre "Le peuble du ciel", en lui déclarant aussi ceci :

"J'ai souligné en rouge les mots clefs de ce texte, qui montrent que le support d'écriture de l'époque, papier ou parchemin, était très difficile à préparer et que donc chaque mot écrit avait son importance et même par exemple le vocable Iahvé, peut représenter diverses entités, à des moments différents. Qu'en pensez vous alors ?

Vous pensez bien que les scribes si méticuleux de l'époque, ne se seraient pas permis de transformer le je masculin"ani", en un je féminin anochi, possédant 3 lettres de plus.(Par inattention, une lettre de plus ou de moins, cela aurait pu se faire, mais pas trois.) Seulement, reste à savoir si anochi a, en hébreu véritable, 3 lettres de plus que ani 0">) . Pouvez-vous alors m'éclairer sur ce point important ?"

Nous avons reçu alors la réponse remarquable suivante :

----- Original Message -----
From:J-P M..............
To: fred.idylle
Sent: Wednesday, February 18, 2009 2:58 PM
Subject : RE: Reprise de contact.

Cher Monsieur,

Merci pour ce mail qui démontre que vous êtes un très bon archiviste ! Sachez que je suis toujours un fidèle lecteur du site Artivision que je consulte régulièrement. Si je n'écris pas, c'est plutôt... par paresse ! Et non par manque d'intérêt.

Vous semblez supposer que j'aie de solides connaissances en hébreu, hélas il n'en est rien. Je n'en possède que les quelques rudiments indispensables pour essayer d'y voir un peu plus clair dans la Bible. L'hébreu est, à mon sens, une des plus belles langues qui existent et nous pourrions en parler longuement, mais je suis un français typique affligé d'une grande incompétence dans l'apprentissage des langues !

Pour ce qui est de la question que vous me posez, je tenterais bien d'y répondre mais cela entraînerait des développements assez longs. Je vais quand même essayer. Tout d'abord, mon dictionnaire d'hébreu ne fait aucune distinction de genre entre Ani et Anochi qui semblent tout à fait synonymes (en fait, en hébreu moderne on n'utilise que Ani). D'autre part, accorder le genre féminin à Dieu n'a en soi rien de choquant. En effet le nom de Dieu "YaHWéH" (le tétragramme sacré Y-H-W-H) est composé de deux lettres éminemment masculines (le Yod et le Waw) et de deux fois la lettre féminine par excellence (Hé). Je dirais que la conception de Dieu qui est accessible à la compréhension humaine possède les deux polarités masculine et féminine. Ce point pourrait être facilement développé.

Il reste par ailleurs le problème de ALoHYM qui peut neturellemnt être envisagé de bien des façons. En ce qui me concerne j'en suis resté à une lecture très traditionnaliste de la Bible. Je veux dire par là que le texte écrit, la Torah, doit être lu et compris à l'aide de la tradition (uniquement orale autrefois) : la Kabbale. Le récit de la Genèse a repris d'anciennes traditions sumériennes ou akkadiennes pour former un texte qu'il est possible de lire sous forme de récit mais la "substantifique moëlle" se trouve révélée dans la langue utilisée où chaque lettre a son importance indépendamment des voyelles qui d'ailleurs n'existent pas en hébreu. Ainsi le mot Elohim s'écrit A-L-H-Y-M ( le A, aleph, et le Y, yod, sont à l'origine des consonnes) peut aussi bien être lu A-L-HaYaM ce qui signifie "Dieu-la mer". On sait que la mer (qui est aussi source de vie, simplement) est le symbole de la Conscience Divine ou Cosmique. Le célèbre kabbaliste A-D Grad disait que Elohim n'est autre que la déesse-mère des Hébreux.

En outre il n'est peut-être pas inutile de clarifier les choses en ce qui concerne la lecture traditionnelle de la Genèse, tout au moins telle que je la conçois :
Le chapitre 1 ne correspond à aucune réalité physique. La kabbale nous enseigne que l'univers comprend quatre mondes : aziluth (le monde de la proximité de Dieu, totalement transcendant), beriah ou briah (le monde de la création), Yetsirah (le monde de la formation) et enfin assiah (le monde de l'action, celui sur lequel nous sommes incarnés). Ces mondes sont symbolisés par les quatre voiles du Temple. Pour mieux comprendre, prenons un exemple : si vous désirez une maison, il convient d'abord de concevoir l'idée de maison, ce qu'elle est pour vous, en quoi elle vous correspond (vous êtes alors dans beriah), ensuite il est nécessaire d'en tracer tous les plans jusque dans le détail (vous êtes alors dans yetsirah), enfin vous pouvez la construire (vous êtes dans assiah). Il est indispensable d'oeuvrer successivement (et dans l'ordre) dans ces trois mondes pour réussir toute démarche créative quelle qu'elle soit.

Ainsi le chapitre 1 correspond-il à la phase de conception de l'univers au niveau de "l'intellect" de Dieu en tant que Conscience Universelle. Cette expression "d'intellect" est évidemment absurde et n'a de sens qu'en tant qu'analogie. Cette interprétation se trouve confirmée par le fameux "tohu-bohu" qui n'a rien à voir avec un quelconque chaos (au sens que l'on donne habituellement à ce terme) mais qui signifie au sens propre "à l'état potentiel". Autrement dit la terre n'était pas "informe et vide" comme traduit généralement mais "à l'état potentiel" ce qui montre bien que cette première phase de la création est totalement en dehors de toute existence physique.

Je m'arrête là car je ne voudrais pas vous lasser avec un trop long discours mais il serait assez aisé de continuer à interpréter le texte avec cette clef de lecture.

Amicalement à vous,

JPM






Et voici, en substance, notre réponse en date du 19/02/09.



ici : suite du travail de recherche de Fred



avec en Conclusion.

Citation :
Donc en conclusion, on découvre bien, la présence dans le texte de la Genèse d'un Elohim féminin,, ce qui a dû gêner passablement les bien-pensants misogynes ou machistes, de toutes époques, pour qu'ils évitent soigneusement d'en parler. C'est donc , selon nous, que l'on nous a trompés délibérément, dans toutes les traductions du texte biblique qui circulent dans le monde. À vous donc de juger, documents à l'appui !!



Le MYSTERE de la MERE DU MONDE, ici, sera traité sous son aspect occulte et principalement selon la Tradition Hindoue qui est la seule à avoir conservé intact les enseignements ésotériques jusqu'à nos jours. Afin de mieux comprendre cet enseignement, je me réfère d'abord à ces paroles de Goethe- "Lorsque je lis quelque chose, disait-il, je n'apprends pas quelque chose, je deviens quelque chose". Suivant cette expérience de Goethe, essayons pour le temps de cette étude, de devenir le Graal, la coupe, le réceptacle de la Mère du Monde. Essayons de sentir Son Energie,-, ce n'est que de cette manière que nous pourrons percevoir le rôle éminent qu' Elle joue depuis le début des Temps

L'homme ordinaire, qui n'a aucune notion de Salut, de Rédemption, de véritable Initiation, de transmutions et d'alchimie spirituelle qui se trouvent dans LA MERE, cet homme ne voit d'Elle que le côté matière qu' il oppose à l'esprit. Et c'est par cette ignorance que LA MERE a été oubliée, ignorée et même bafouée - ce qui se fit sentir sur la condition des femmes dans tous les domaines.

extrait de
Post-it:
Femmes et Spiritualité


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Et vous quand pensez vous, que celà vous inspire t il?



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