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 Les Sept Filles d'Ève

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AMBRE

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MessageSujet: Les Sept Filles d'Ève   Dim 22 Juil 2007 - 9:48

Les Sept Filles d'Ève



de B. Sykes

Présentation de l'éditeur
Bryan Sykes, scientifique mondialement connu pour ses recherches sur l'ADN et professeur de génétique à l'Université d'Oxford, nous fait partager, avec clarté et humour, une extraordinaire découverte. Déjà célèbre pour son identification de l'Homme des Glaces et des Romanov, il nous révèle ici que nous descendons tous de sept femmes de la Préhistoire. Voulez-vous savoir qui est notre lointaine ancêtre Héléna, la Pyrénéenne ; Yasmine, la Syrienne ; Katrine, la Vénitienne ; Tara, la Toscane d'Europe du Nord ; Ursula, la nomade ; Velda, l'Espagnole de Finlande ; ou bien Xénia, la Caucasienne ? Cet ouvrage, qui repose sur des recherches scientifiques du plus haut niveau, nous montre comment le patrimoine génétique de chacun d'entre nous s'est transmis au cours des âges, sans altération majeure, par la lignée maternelle. Au-delà de ce jeu de piste fascinant et de cette invitation à retrouver la trace de nos origines, Les Sept Filles d'Eve révolutionne de façon radicale l'histoire des migrations humaines et notre conception de la Préhistoire, ouvrant ainsi des perspectives immenses à la science de demain

Génétique
Grâce à la génétique, Bryan Sykes, professeur à Oxford, propose de reconstituer la généalogie des Européens. Il présente dans ce livre la théorie de la génétique mitochondriale. Sykes explique les principes de la génétique et de l'évolution humaine, les particularités de la génétique mitochondriale et la façon dont il est parvenu à analyser l'ADN fossile.


Investigation et théorie
Dans Les Sept Filles d'Ève, il raconte son investigation qui commence avec le cadavre congelé d'Ötzi, datant de plus de 5 000 ans, retrouvé dans les Alpes autrichiennes en 1991. L'étude s'achève avec la description de sept lignées aboutissant à sept femmes originelles, poétiquement baptisées Ursula (Grèce), Xénia (Caucase), Héléna (Pyrénées), Velda (Espagne), Tara (Toscane), Katrine (Vénétie) et Jasmine (Syrie), datant de 8 000 à 45 000 ans.


L'ADN mitochondrial
L'étude est basée sur l'utilisation de l'ADN mitochondrial (ADN mt), une molécule présente dans toutes les cellules humaines. Contrairement à l'ADN nucléaire, hérité des deux parents, l'ADN mt est uniquement transmis par la mère. Cette molécule ne compte que 16 500 paires de base et se révèle très stable. Tout au long de l'histoire de l'humanité, elle est transmise de mères en filles. En extrayant l'ADN de Ötzi, Sykes conclut à la similitude des séquences avec celles de l'ADN d'Européens contemporains. Il exerce aussi sa science sur l'identification des restes des Romanov et sur le peuplement de la Polynésie. Il travaille ensuite sur la généalogie préhistorique des Européens.


Les migrations humaines
Après des développements de la génétique, Sykes retrace les migrations humaines, discute en dehors de la théorie de la provenance d'Afrique et conteste la théorie de Thor Heyerdahl sur l'origine des polynésiens. Le titre du livre provient d'un des principaux accomplissements de la génétique mitochondriale, qui est la classification de tous les humains modernes dans plusieurs lignées mitochondriales . Chaque lignée peut être tracée suivant une ligne maternelle menant d'une personne à une femme préhistorique spécifique, selon l'expression de Sykes " une mère de clan ". Toutes ces femmes ont à leur tour partagé un ancêtre commun. Les théories de Sykes aboutissent à sept lignées mitochondriales pour les Européens (cependant d'autres élèvent le nombre à 11 ou à 12) et lui parle donc des "sept filles d'Ève". Répertoriant ressemblances et différences, tenant une comptabilité savante des mutations permettant de remonter les siècles, Bryan Sykes aboutit à une première conclusion allant à l'encontre de la théorie dominante pour le peuplement de l'Europe préhistorique. Jusqu'ici, on nous disait descendants des premiers agriculteurs venus du Proche-Orient, colonisant peu à peu notre continent, une thèse chère à Luca Cavalli-Sforza, un fameux généticien des populations.


La vie des mères
L'étude de l'ADN mt fait remonter nos lignées aux chasseurs-cueilleurs, présents depuis beaucoup plus longtemps sur ce vaste territoire. Parmi les «sept filles d'Ève», une seule, Jasmine, la plus jeune (8 000 ans), née au Proche-Orient, appartient au groupe des premiers agriculteurs. La deuxième moitié du livre raconte une série de récits fictifs, écrits par Sykes, racontant les vies de chacune des sept mères.


Les clans
« Aujourd'hui, dit Bryan Sykes, de 95 à 97% des Européens sont reliés à l'un des sept clans. » Les descendants d'Héléna (47%) et de Jasmine (17%) sont les plus nombreux. On trouve des membres de six clans dans toutes les parties de l'Europe. Celui de Jasmine est plus localisé. Les Basques, par exemple, ne montrent pas dans cette étude une particularité génétique originelle. Ces travaux ne font pas l'unanimité dans le monde scientifique, et les talents de conteur de Bryan Sykes en agacent plus d'un.


Prolongement
En 2000, B. Sykes a créé la société Oxford Ancestors avec son université : à partir de quelques cellules autoprélevées à l'intérieur de la joue, elle permet à tout un chacun de connaître à quel clan il appartient. Les clients, principalement de Grande-Bretagne et des États-Unis, s'y rendent pour retrouver leurs racines préhistoriques.
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Dim 22 Juil 2007 - 21:46

Souvent, les titres ne tiennent que partiellement, voire pas du tout leurs promesses. Celui de Bryan Sykes, au contraire, tient beaucoup plus que ce qu'il annonce...(j y ai ajouté quelques images du livre)


7 Mothers


Car si l'ouvrage se referme bien sur la saga de nos grands-mères, il couvre d'abord bien d'autres découvertes, toutes en lien avec les propriétés de ce que Bryan Sykes appelle le " messager spécial " : l'ADN mitochondrial. Celui-ci possède des propriétés spécifiques extraordinaires. Issu des mitochondries, ces minuscules structures baignant dans le cytoplasme (1) des cellules, il ne contient pas de chromosomes, contrairement à l'ADN du noyau. De plus, alors que l'ADN nucléaire résulte de la combinaison de l'ADN des deux parents, l'ADN mitochondrial n'est transmis que par la mère (2) : il est donc théoriquement possible de retracer la filiation d'une personne par la ligne matriarcale jusqu'à des temps très reculés. Ensuite, l'ADN mitochondrial possède une " zone de contrôle ", sorte de superviseur de la transmission des gènes, constituée de 500 bases (3) seulement, ce qui raccourci considérablement la durée des examens et leur coût. Enfin, cette zone de contrôle mute naturellement tous les 10.000 ans , ce qui est à la fois plus rapide que l'ADN nucléaire, mais suffisamment lent au regard de la durée de la vie humaine, pour suivre efficacement l'évolution des générations et comparer les proximités génétiques des populations : si on constate une mutation entre les ADN de deux personnes, cela signifie qu'elles ont un ancêtre commun vivant il y a dix mille ans et ainsi de suite.

Le livre s'ouvre sur Oetzi, l'Homme des Glaces, vieux de plus de cinq mille ans, découvert dans les glaces du Tyrol du Sud le 19 septembre 1991 par deux alpinistes allemands.

Bryan Sykes a été amené à examiner l'ADN mitochondrial d'Oetzi et en a tiré la conclusion qu'il s'agissait bien d'un Européen vivant il y a un peu plus de 5.000 ans. Bien plus, intrigué par la question d'un journaliste lui demandant qui sont les Européens qui partagent le même ADN qu'Oetzi, Sykes va se lancer dans une recherche d'échantillons et découvrir que, parmi les descendants de l'Homme des Glaces, figure une amie irlandaise, Marie Moseley, dont l'ADN mitochondrial présente une similitude indéniable avec celui de son ancêtre !

Suivent trois chapitres sur l'ADN et ses fonctions, la découverte des groupes sanguins et de l'ADN et sur le " messager spécial ", l'ADN mitochondrial.

Quelques temps après l'analyse de l'ADN d'Oetzi, Sykes est de nouveau confronté à une demande particulière : l'identification de corps retrouvés dans les environs d'Iekaterinbourg par le géologue russe Alexandre Avdonine et que ce dernier présentait comme ceux du Tzar Nicolas II et de sa famille. L'analyse prouvera non seulement que quatre parmi les cinq corps étaient bien des Romanov, mais que Bryan Sykes lui-même partage un lien de parenté avec ... le Tsar Nicolas II !

Le chapitre six, " L'énigme du Pacifique " raconte comment, suite à un accident de vélomoteur sur l'île de Rarotonga, il fut intrigué par une question qui divise les scientifiques du monde entier depuis deux cents ans sur la provenance des Polynésiens : sont-ils originaires de l'Asie du Sud-Est comme le pensent la majorité des scientifiques européens ou venaient-il d'Amérique comme le soutenait Thor Heyerdahl, qui avait tenté de le prouver avec le voyage de son bateau polynésien reconstitué, le Kon-Tiki ?

Obligé de prolonger ce qui ne devait être qu'une courte escale entre deux avions, Sykes profite de ses contacts avec l'hôpital local pour se procurer de l'ADN mitochondrial contenu dans les fioles utilisées pour les examens sanguins de la population de l'Île. Surprise : seize sur les vingt échantillons analysés sont semblables et marquent donc une origine commune, trois autres diffèrent des premiers par une seule position tandis que le vingtième n'est rattaché à aucun des précédents, son ADN différant de neuf positions... Sykes se demande alors si ce dernier échantillon ne provient pas d'un touriste de passage. Plus tard, rencontrant une collègue à Hawaii, il procède à une comparaison des vingt échantillons : les dix-neuf premiers correspondent aux types les plus répandus à Hawaii, tandis que le vingtième correspond à un autre type, minoritaire et, semble-t-il, plus ancien.

C'est en analysant plusieurs milliers d'échantillons provenant d'Asie du Sud-Est et de Polynésie que les réponses ont surgi : les Polynésiens sont bien originaires du Sud-Est Asiatique. Ils sont apparentés aux Bunum, aux Ami, aux Atayal et aux Paiwan, différentes peuplades vivant aux alentours et à Taïwan. Quatre pour cent d'entre eux ne viennent pas d'Asie du Sud-Est asiatique, mais de Nouvelle-Guinée, où une femme a peut-être embarqué à bord d'un canoë lapita. Les Polynésiens ont donc effectué des voyages de plusieurs milliers de kilomètres à bord de leurs célèbres voiliers et étaient, sans conteste, les meilleurs navigateurs de leur époque !

L'épisode polynésien définitivement clos, Sykes s'attaque à une autre énigme scientifique : l'Homme de Neandertal est-il notre ancêtre, au même titre que celui de Cro-Magnon ou son espèce s'est-elle éteinte sans laisser de trace dans l'ADN de l'Homo Sapiens moderne ?

Avec un brio et un humour inaltérable, Sykes nous dépeint son enquête dans les écoles du Nord de l'Angleterre avant de parvenir à la conclusion : l'homme de Neandertal n'est pas un de nos ancêtres, son ADN mitochondrial n'a rien de commun avec le nôtre. Si des unions ont eu lieu entre hommes et femmes de Neandertal et leurs homologues du genre Sapiens, leurs enfants (si tant est qu'ils aient pu en avoir) auraient été stériles, leurs chromosomes sexuels ne pouvant donner la vie à un être hybride. Pour une raison toute simple : alors que les Néandertaliens possédaient 48 chromosomes, nous n'en possédons que 46. Comme ils doivent aller par paire pour concevoir un enfant, la paire 24 du Neandertal n'aurait pas rencontré de contrepartie chez le parent Sapiens.

Ce n'est qu'au chapitre 14 que le sujet dont le livre tire son titre apparaît : les 7 filles d'Ève.
Dans le chapitre précédent, Sykes avait prouvé que l'Homme de Cheddar, un chasseur-cueilleur du paléolithique supérieur, partageait une belle continuité ADN avec nos contemporains.

Cette découverte renforça la conviction de Sykes qu'il était possible, en examinant l'ADN mitochondrial d'un nombre suffisant d'Européens, de remonter jusqu'aux mères de l'ensemble de la population actuelle.


Migration

Ces recherches prouvèrent d'abord que 95 % des Européens actuels se classent dans 7 grands groupes génétiques. A partir de là, était-il possible de grimper l'arbre génético-généalogique jusqu'aux 7 mères de ces groupes ?

L'âge de ces groupes, d'après l'étude de leur ADN mitochondrial, s'étage entre - 45.000 et - 10.000 ans. Chacun de ces groupes descend donc d'une seule et même femme qui a vécu entre les extrémités de cet éventail... Cela ne signifie pas que d'autres mères n'ont pas vécu avant elle, mais tout simplement que leur lignée s'est éteinte sans laisser de trace dans notre patrimoine génétique. Pour les personnaliser d'avantage, Sykes a donné à chacune de ces femmes un prénom dont l'initiale est la lettre de classement génétique des ces groupes.

Ursula est la plus ancienne des mères européennes, puisqu'elle vivait il y a quelques 45.000 ans, c'est-à-dire pendant une période glaciaire, dans une grotte du Parnasse, là où aujourd'hui sévit un climat méditerranéen qui la surprendrait totalement ! A cette époque, la Grèce était couverte de prairies immenses, des toundras comme on en trouve aujourd'hui en Sibérie et le niveau de la mer s'étendait à une centaine de mètre de celui que nous connaissons. Le petit clan d'Ursula, une quinzaine d'individus tout au plus, était une petite bande de chasseurs-cueilleurs qui luttaient contre les hyènes et chassaient le bison ou le mammouth. Cette petite bande était nomade et suivait les troupeaux pour assurer sa survie

Xénia vécut quelques vingt mille ans plus tard, c'est-à-dire il y a vingt-cinq mille ans, dans le Caucase actuel. Les hommes de Neandertal avaient disparu depuis environ cinq mille ans. Un vent terrible balayait la toundra qui s'étendait des côtes britanniques au Kazakhstan. Des troupeaux de bisons et de mammouths laineux parcouraient des distances infinies pour trouver leur subsistance.

Héléna, la Pyrénéenne vécut cinq mille ans plus tard, au début de la plus terrible des glaciations. Les îles britanniques étaient rattachées au continent et le sol était gelé en permanence jusqu'aux rives de la Méditerranée. La famille d'Héléna trouvait de quoi vivre entre la côte où elle ramassait des huîtres et des coquillages et l'arrière-pays couvert de forêts où les hommes chassaient les quelques petits cerfs qui pouvaient subsister dans un environnement aussi pauvre.

Velda, quelques trois mille ans plus tard vivait dans le nord de la péninsule ibérique, pendant ce qui fut le cœur de la dernière glaciation, la plus longue et la plus profonde de mémoire d'hommes. Ce qui constitue de nos jours un des hauts lieux du tourisme estival était alors une enclave où se concentrait la vie animale et végétale à l'abri des glaces permanentes qui interdisait toute subsistance. Le clan était sédentaire, au chaud dans les grottes cantabriques, même si les hommes chassaient parfois loin du campement au point de s'absenter pour de longues périodes.
Tara vivait à la même période, mais dans une autre région où la survie était possible malgré les conditions épouvantables de l'ère glaciaire : la Toscane. Celle-ci était un lieu de passage des troupeaux de rennes et de bisons où les chasseurs se rassemblaient aux époques de migrations. D'épaisses forêts abritaient cerfs et sangliers, pourvoyeurs de viande mais d'une chasse périlleuse. Une culture artistique extraordinaire se développait dans les quelques lieux relativement protégés de la glaciation, Toscane, Péninsule ibérique, Ukraine et Sud de la France : amulettes, bijoux, peintures rupestres...

Katrine habitait, il y a quinze mille ans, ce qui est aujourd'hui Venise. Mais une Venise sans eau, la mer étant distante de plus de cent cinquante kilomètres de là... C'était alors le royaume de la forêt, une forêt dense et touffue, dont le souvenir des glaces antérieures s'était éteint... C'était une terre d'abondance où la vie était généreuse, d'une générosité que les ancêtres de Katrine ne pouvaient même pas imaginer...

Jasmine, la dernière de nos mères, vivait en Syrie il y a dix mille ans, dans un des premiers villages que connut l'humanité : c'était un ensemble de huttes de torchis abritant quelques trois cents habitants, un nombre bien plus élevé que ce que les campements nomades ou les grottes des sédentaires avaient couvert jusqu'alors. Les réchauffements brutaux du climat avaient singulièrement adouci la vie dans ces plaines fertiles entre le Tigre et l'Euphrate, mais avaient sans doute englouti une bonne partie des habitants des côtes ou avaient drastiquement réduit leurs moyens de subsistance.

D'autres clans nous relient évidemment à nos ancêtres plus lointains encore... qui sont africains. A l'époque de la rédaction du livre (2001), 26 autres clans avaient été recensés dans le monde, dont 13 Africains. Cette longue chaîne génétique devrait nous relier finalement à une seule femme, une Ève africaine qui vivait il y a quelques 150.000 ans ! Une de ses filles, Lara, qui vivait en Éthiopie 100.000 ans avant nous, est la mère des habitants de tout le reste de la planète, un de ses descendants ayant quitté le continent, sans doute avec une petite bande de chasseurs particulièrement aventureux... La colonisation du reste du monde par l'Homo Sapiens est sans doute partie du Proche-Orient, par le Sinaï. C'est quelques 50.000 ans plus tard qu'il arrive dans le Nord-Ouest de l'Europe. Et, après 10.000 ans de cohabitation avec son voisin néandertalien, il reste le seul hominidé vivant sur l'ensemble de la Terre.

Nous descendons tous d'une même famille, mieux : d'une même mère ! Les facéties du code génétique sont telles que l'on peut se retrouver Anglais avec une ascendance polynésienne ou Nord-Américain cousin lointain d'un Chinois de Zhoukoudian !

La notion même de race s'efface devant ce miracle de la vie : une origine unique de toute l'humanité. Malheureusement, l'homme, l'Homo Sapiens, descendant des chasseurs agressifs qui ont peut-être exterminé son frère Neandertal, éprouve sans arrêt le besoin de reconstituer des groupes sur des bases symboliques et de les affronter pour des raisons plus impérieuses qu'elles sont imaginaires : la couleur de la peau, la religion, la classe sociale, l'appartenance à une élite autoproclamée au détriment de groupes méprisés...

Apprendrons-nous jamais à aimer la paix ?


Au terme de cette lecture, le lecteur se retrouve avec autant de questions et d'interrogations que de réponses et d'émerveillements. Bref, un livre de sciences comme on aimerait en voir plus souvent, mêlant érudition époustouflante et humour (sans doute dû aux origines britanniques de Sykes), allégeant en un contre-point agréables des passages plus ardus, mais toujours compréhensibles. Sykes est un vrai " vulgarisateur ", au sens noble du terme, c'est-à-dire un pédagogue toujours rigoureux, jamais ennuyeux, capable d'expliquer en termes simples et en images éloquentes, les découvertes les plus complexes des sciences les plus récentes. A mettre d'urgence entre toutes les mains !


(1) Cytoplasme : sorte de " gelée ", composé chimique riche en eau, mais également en éléments complexes, qui forme l'intérieur de la cellule.

(2) Pour une raison toute simple : le spermatozoïde se débarrasse de ses mitochondries en même temps que de sa queue lorsqu'il pénètre dans l'ovule. Ne subsistent donc que les mitochondries de la mère dans l'œuf fécondé...

(3) Les " bases " sont les éléments essentiels de l'ADN : les nucléotides. Les scientifiques les représentent par les lettres A pour l'adénine, C pour la cytosine, G pour la guanine et T pour la thymine. Les combinaisons de ces éléments forment la " séquence ". Alors que la zone de contrôle se constitue de 500 bases, le reste de l'ADN mitochondrial en compte 16.000 et l'ADN moléculaire en comporte 3 milliards...

Bryan Sykes, Les Sept filles d'Ève, Génétique et histoire de nos origines, traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Albin Michel, 2003, (Le Livre de Poche ; 15588), 344 p.


Ecrit par Marco-Bertolini, à 21:05 dans la rubrique "Lire libre".
http://dazibao.joueb.com/news/les-sept-filles-d-eve


Dernière édition par le Dim 22 Juil 2007 - 21:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Dim 22 Juil 2007 - 21:52

La malédiction d’Adam

Menée de main de maître par un grand généticien britannique qui a le talent d’un romancier, ce livre a des chances de vous couper le souffle. Bryan Sykes s’était fait remarquer pour sa première enquête, "Les 7 filles d’Eve", qui montrait qu’en analysant l’ADN des mitochondries (qui ne viennent que de nos mères), on prouvait que tous les humains actuels descendent de sept femmes, elles-mêmes descendantes d’une seule Africaine d’il y a 200 000 ans. Une étude comparable a été menée en analysant un fragment de l’ADN du chromosome Y (qui caractérise les mâles et ne peut venir que des pères). Résultat : une autre arborescence remontant aussi en Afrique. Mais beaucoup plus récente : moins de 50 000 ans. Pourquoi ? Plongez dans le livre de Sykes, pour découvrir l’hallucinante réalité. Dans une sorte de guerre sans pitié entre les mitochondries femelles et les chromosomes Y mâles, ces derniers ont soudain profité de la “civilisation” (à partir de l’agriculture), pour répandre leurs gènes suivant une méthode propre : massacre, propriété, richesse, pouvoir, viol. Des siècles après, on découvre que les gènes des grands tyrans (par exemple Gengis Khan) ont des millions de descendants. 95% des gènes Y des Sud-Américains actuels viennent des conquérants européens. Mais voilà, le mâle a conduit la biosphère dans une impasse telle que les gènes femelles (tout aussi égoïstes, mais beaucoup plus calmes) ont entamé une énorme contre-attaque : la “force” du sperme est en chute libre. D’ici cinq siècles, dit Sykes, les mâles auront quitté le pouvoir. Dans cinq milllénaires, ils auront disparu. Fascinant d’érudition - et débordant d’humour..

Patrice van Eersel

[url]Chromosome Y: l'ascension d'un tyran...[/url]

Lutte, conquête, fortune, asservissement de la femme: Bryan Sykes, professeur à Oxford, voit dans l'histoire du monde le triomphe du chromosome Y, garant du caractère masculin. Mais le règne de ce chromosome touche à sa fin.

La malédiction d'Adam ou maudit soit le chromosome Y! C'est lui, c'est ce filament d'ADN, que le scientifique dépeint comme une "ruine génétique, jonchée de débris moléculaires", qui conduit l'humanité à sa perte. C'est lui, ce chromosome longtemps traité par le mépris, le plus petit de tous, qui poussa les Vikings par delà les océans tumultueux, qui amena Gengis Kahn aux rivages du golfe Persique et qui fait qu'aujourd'hui la planète est en train de crever sous le joug d'une espèce vorace et avide, l'homme.

La volonté du gène

Professeur de génétique à l'Université d'Oxford, Bryan Sykes vient de publier "La malédiction d'Adam". On se souvient que Bryan Sykes avait écrit, voici trois ans, "Les sept filles d'Eve", qui visait à prouver que la population européenne descend de sept femmes seulement. Avec "La malédiction d'Adam", il s'intéresse cette fois au sexe masculin. Sa thèse est renversante, au sens propre du terme, parce qu'elle confie l'histoire du monde au seul chromosome porteur de la masculinité, le chromosome Y. Bryan Sykes poursuit l'idée développée par William Hamilton, puis vulgarisée par Richard Dawkins, à savoir que l'individu ou l'organisme n'est que l'instrument des gènes. Ce qui donna la célèbre formule de Dawkins: le gène égoïste. Le destin de l'humanité répond à l'intérêt du gène. Or que cherche notre génome? Il cherche à se perpétuer, sans s'encombrer de morale. Longtemps, écrit Sykes, la question fut de savoir si l'évolution passait par les individus ou les groupes, "ni par les uns ni par les autres: par les gènes. Loin de nous servir, c'est nous qui anonymement, à notre insu et inéluctablement, servons nos gènes".

La femme dispose

Le chromosome Y est donc le seul porteur du caractère masculin. Il se transmet intact du père au fils, il nous vient en droite ligne d'Adam et n'a qu'une ambition: se perpétuer. Seulement, la situation est pour lui difficile. La reproduction sexuée fait que, chez les humains, la femme propose un oeuf toutes les quatre semaines à un mâle qui dispose chaque jour de 150 millions de spermatozoïdes. Les femmes sont donc certaines que l'occasion leur sera donnée d'avoir une progéniture. Les hommes, quant à eux, doivent chercher une femme qui accepte leur sperme. "Nous avons ici la situation claire et bien connue de l'offre et de la demande", constate Sykes. Le paon fait la roue, la frégate gonfle son goitre, l'éléphant de mer enfle démesurément: dans toutes les espèces, les mâles gaspillent une énergie folle pour convaincre les femelles "d'accepter leur sperme plutôt que celui d'un autre".

Généreux Gengis Kahn

Et dans l'espèce humaine? Scénario identique sous le fragile couvert de la civilisation. L'homme de sexe masculin cherche à léguer son chromosome Y et pour cela, il doit s'accoupler avec au pire une partenaire, au mieux un harem. En s'appuyant sur la génétique des populations, Bryan Sykes démontre que certains mâles furent, dans l'histoire, des inséminateurs plus que des géniteurs. II y a en Ecosse le cas de Somerled, mort en 1164, ancêtre de tous les MacDonald, MacAlister et MacDougall, qui a produit un demi-million de copies en neuf cents ans. Plus spectaculaire encore: il y a le cas de Gengis Kahn, le conquérant mongol du XII, siècle, dont on retrouve aujourd'hui le chromosome chez seize millions d'individus. Sur ce qui était autrefois l'empire mongol, 8 % des hommes sont des descendants du seul Gengis Kahn!

La bête enragée

Un tel succès génétique laisse pantois et Sykes pose la question de fond: "La réussite du chromosome est-elle imputable aux exploits sexuels et aux conquêtes militaires de l'empereur mongol? Ou est-ce l'ambition de son chromosome Y qui a donné au grand Kahn ses succès à la guerre et au lit?" Gengis Kahn illustre le triomphe d'un chromosome et de son agent, la testostérone.

Voici 20'000 ans, l'homme était un chasseur-cueilleur cerné par les glaces et les aurochs teigneux. Aujourd'hui, il colonise la terre et visite le système solaire. Selon Bryan Sykes, au sein d'une espèce, un changement aussi rapide ne s'explique que par "un emballement de la sélection sexuelle" et cet emballement date de l'agriculture. Lorsque les humains se sont affranchis de la chasse, ils ont inventé des concepts comme la propriété, la richesse et le pouvoir.

Qui s'est emparé de ces trois critères pour attirer ses partenaires sexuels? Les hommes et leur chromosome Y, pardi. "L'innocente agriculture est la clé qui libéra la bête enragée de ses chaînes", écrit le lyrique Bryan Sykes.

Depuis 10'000 ans et la généralisation de l'agriculture, le chromosome Y est un tyran sans limite. Il est l'imperator sans le sénat: "Le train de la sélection sexuelle s'emballait. Un homme nanti pouvait espérer plus d'épouses ou, à défaut, plus de femmes à inséminer. Alimentées par la folle ambition d'un chromosome Y avide de se multiplier sans limite, les guerres permirent aux hommes d'annexer les terres voisines et d'en asservir les femmes. Rien ne doit se mettre en travers du chromosome Y. Les guerres, l'esclavage et les empires, tout finit par se fondre dans cette quête échevelée." Aujourd'hui,le succès démographique de l'humanité est tel qu'il menace l'équilibre de la planète. Sykes énumère les fléaux que nous abattons sur le monde: surpopulation, surexploitation des ressources naturelles, surarmement, pollution, effet de serre, etc, Et il conclut: "Nous devrions arrêter, nous le savons. Mais nous n'y arrivons pas. L'emballement de la sélection sexuelle ne cesse de s'accélérer et, avec le chromosome Y au poste de commande, totalement inconscient des dangers planétaires extrêmes, il devient incontrôlable."

Ne comptons pas sur la sagesse de la nature: "Il est très difficile de voir le moindre salut dans les règles normales d'une évolution oeuvrant pour le bien des gènes plutôt que pour celui de l'espèce. (...) Les gènes sont aveugles; ils n'ont aucune idée du futur."

…et la fin programmée d'un tyran

Il en va du chromosome Y comme du général Tapioca: il sera renversé. Bryan Sykes, après avoir démontré étape par étape l'avènement du chromosome Y et les conséquences de sa politique expansionniste, décrit le tyran dans la nudité de sa condition chromosomique.

De tous les chromosomes, il est le seul à ne pas pouvoir se recombiner, c'est-à-dire à pouvoir échanger des gènes avec son double: "Dès lors qu'un chromosome s'est vu priver de l'occasion de se recombiner, il commence à se décomposer parce qu'il ne saurait réparer les dégâts infligés par la mutation." Le chromosome Y croupit depuis la nuit des temps dans sa solitude. Ce qui fait dire à Sykes: "Le chromosome Y est un cimetière de gènes en putréfaction", ou bien "c'est un chromosome moribond", ou encore: "Un jour, il finira par s'éteindre."

Les hommes sont condamnés à fabriquer du sperme, alors que les femmes assument un ovule par mois. Vous avez d'un côté une usine qui turbine par équipes, 24 heures sur 24, de l'autre, vous avez la rédaction d'un mensuel. "Les cellules sont tellement surmenées que l'ADN d'un homme de soixante ans a déjà été copié un millier de fois avant d'être dans un spermatozoïde prêt à l'action. Rien à voir avec la tranquillité de l'ovule. Les cellules de celui-ci ne connaissent que vingt-quatre divisions avant d'être libérées pour la fécondation, et ce quel que soit l'âge de la femme, si bien que l'ADN d'un ovule n'a été copié que deux douzaines de fois entre une génération et la suivante." Toutes ces divisions cellulaires accroissent les risques de mutations.

Le piteux état de ce chromosome Y se traduit dans les chiffres: 7 % des hommes sont soit stériles, soit peu féconds. "Parmi ces hommes, entre 1 et 2 % des hommes sont stériles du fait de mutations sur leur chromosome Y." En extrapolant ces statistiques, Bryan Sykes conclut à l'extinction du mâle: "Du fait de la déliquescence du chromosome Y, la fécondité tombe à 1 % de son niveau actuel en l'espace de cinq mille générations, soit environ 125'000 ans. (...) Grosso modo, le laps de temps qui s'est écoulé depuis nos débuts en Afrique."

Nous autres, les mâles, avons 125'000 ans pour imiter un campagnol du Caucase, l'Ellobius lutescens. Ce petit rongeur fouisseur, lorsqu'il est de sexe masculin, n'a pas de chromosome Y. Il a en quelque sorte délocalisé les gènes de la masculinité avant que le chromosome Y ne devienne inopérant.

Un monde sans hommes

Si nous ne réussissons pas le tour de force d'Ellobius lutescens, les mâles disparaîtront. "Les femmes aussi", concluront certains esprits hâtifs. Ce n'est pas sûr, car le généticien laisse entendre qu'il serait parfaitement possible de féconder un ovule par un autre ovule. Dans 125'000 ans, une population 100 % féminine... "La malédiction d'Adam est définitivement levée. La sélection sexuelle disparaît, pour la raison la plus simple: il n'y a plus deux sexes mais un seul. Les spermatozoïdes ne se disputent plus l'accès aux ovules. Il n'y a plus de sperme pour mener la bataille, ni de chromosomes Y pour asservir la part féminine. La spirale destructrice de la cupidité et de l'ambition alimentée par la sélection sexuelle diminue et la maladie de notre belle planète régresse. Le monde ne bruisse plus du choc des mâles qui s'affrontent avec de sinistres répercussions."

On se trompe ou cette description prospective ressemble, chez Bryan Sykes, à un souhait?

La seule motivation de l'homme

La testostérone est cette hormone qui transforme un adolescent du Bronx en un cannibale des rings (Mike Tyson) ou un peintre raté en un conquérant sanguinaire (Hitler). Elle se prête aux basses oeuvres du chromosome Y: "S'il fallait pour (survivre) tuer et prendre la femme d'un autre, le chromosome Y était indifférent à la douleur et au désespoir. Survivre et se multiplier, c'était la seule chose qui importât." Mais si l'on excepte les cas de viols, qui accompagnèrent les campagnes militaires, il faut reconnaître que les femmes ont plébiscité, dans le cadre de la sélection sexuelle, un type précis de reproducteurs: les hommes riches et puissants, comme les paonnes aiment les paons à grande queue irisée. "Les hommes, constate Sykes, se sont toujours servis de la richesse et du pouvoir pour attirer et accumuler les femmes et, bien entendu, ils continuent de le faire." Et l'auteur va plus loin: la possession de la femme est la seule motivation de l'homme dans sa quête du pouvoir (les lecteurs intéressés se reporteront à la saga des Kennedy).

Jean Ammann, La Liberté, 11.05.2004

http://euzet.genealogie.free.fr/jeanclaude/chromo/chromo.htm
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Dim 22 Juil 2007 - 22:42

revoir aussi



Acquis récents de la recherche

et histoire ancienne de l'Afrique

(Voir aussi ANKH n°10-11)

Quels sont les résultats récents de la recherche - en paléontologie, biologie moléculaire, physico-chimie, archéologie, histoire, linguistique, égyptolologie, etc. - qui intéressent l'histoire ancienne de l'Afrique, thématisée, à partir de 1954, par Cheikh Anta Diop dans Nations nègres et Culture ? C'est à cette question qu'il est succinctement répondu ci-après.

http://www.ankhonline.com/ankh_acquis_10ans.htm
et
http://antahkarana.forumzen.com/L-ANTRE-DE-MELCHISEDECK-c2/elargir-son-Horizon-f7/DES-PHARAONS-ET-DES-REINES-p1244.htm
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Ven 2 Nov 2007 - 2:15

à propos du nombre "7"


Sept correspond aux sept jours de la semaine, aux sept planètes, aux sept degrés de la perfection, aux sept sphères ou degrés célestes, aux sept pétales de la rose, aux sept têtes du naja d'Angkor, aux sept branches de l'arbre cosmique et sacrificiel du chamanisme, etc.

Certains septénaires sont symboles d'autres septénaires; ainsi la rose aux sept pétales évoquerait les sept cieux, les sept hiérarchies angéliques, tous ensembles parfaits. Sept désigne la totalité des ordres planétaires et angéliques, la totalité des demeures célestes, la totalité de l'ordre moral, la totalité des énergies et principalement dans l'ordre spirituel. Il était chez les Egyptiens symbole de vie éternelle. Il symbolise un cycle complet, une perfection dynamique. Chaque période lunaire dure sept jours et les quatre périodes du cycle lunaire (7 x 4) ferment le cycle. Philon observe à ce propos que la somme des sept premiers nombres (1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7) arrive au même total: 28. Sept indique le sens d'un changement après un cycle accompli et d'un renouvellement positif.

Le nombre sept est caractéristique du culte d'Apollon; les cérémonies apolliniennes se célébraient le septième jour du mois. En Chine également, les fêtes populaires avaient lieu un septième jour. Il apparaît dans d'innombrables traditions et légendes grecques: les sept Hesperides, les sept portes de Thebes, les sept fils et sept filles de Niobé ; les sept cordes de la lyre, les sept sphères, etc. Il y a sept emblèmes du Bouddha. Les circumambulations de La Mecque comprennent sept tours. Il se trouve exprimé, si l'on y ajoute le centre. dans l'hexagramme. La semaine comprend six jours actifs, plus un jour de repos, figuré par le centre; le ciel six planètes (dans le comput ancien), le soleil étant au centre; l’hexagramme six angles, six côtés ou six branches d'étoiles, le centre jouant le rô1e d'un septième; les six directions de l'espace ont un point médian ou central, qui donne le nombre sept. Il symbolise la totalité de l’espace et la totalité du temps.

Associant le nombre quatre, qui symbolise la terre (avec ses quatre points cardinaux) et le nombre trois, qui symbolise le ciel. sept représente la totalité de l'univers en mouvement.

Le septénaire résume aussi la totalité de la vie morale, en additionnant les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, et les quatre vertus cardinales, la prudence, la tempérance, la justice et la force.

Les sept couleurs de l'arc-en-ciel et les sept notes de la gamme diatonique révèlent le septénaire comme un régulateur des vibrations, vibrations dont plusieurs traditions primitives font l'essence même de la matière.

On prête à Hippocrate cette sentence: le nombre sept par ses vertus cachées maintient dans l’être toutes choses; il dispense vie et mouvement: il inf1uence jusqu’aux êtres célestes.

Sept est le nombre, a-t-on noté d'abord, de l'achèvement cyclique et de son renouvellement. Le monde ayant été créé en six Jours, Dieu chôma le septième et en fit un jour saint: le sabbat n'est donc pas vraiment un repos extérieur à la création, mais son couronnement, son achèvement dans la perfection. C'est ce qu'évoque la semaine, durée d'un quartier lunaire.

La perfection à sept du rythme sénaire est aussi familière à l’Islam, et notamment à l'Ismaélisme: le solide possède sept cotés (les six faces plus sa totalité — qui correspond au sabbat —). Tout ce qu’il y a dans le monde est sept, parce que chaque chose possède une ipséité et six côtes. Les dons de l’Intelligence sont sept (six, plus la ghaybat, la connaissance suprasensible). Les Imâm d'une période sont sept (six plus le Qâ'im, I'lmâm de la Résurrection). Ces différentes séries sont de plus en correspondance les unes avec les autres. La Religion littérale se développe sur un cycle de six jours qui sont six millénaires, suivis d'un septième, le Sabbat de la religion en vérité, le jour du soleil et de la lumière, de la manifestation de l'Imâm jusque là caché.

Une tradition hindoue attribue au soleil sept rayons: six correspondent aux directions de l'espace, le septième au centre. Semblablement, l'arc-en-ciel n'a pas sept couleurs, mais six: la septième est le blanc, synthèse des six autres. De même, les sept faces du mont Meru, tournées vers chacun des sept dvîpa (continents) correspondant aux sept directions de l'espace hindou (six plus le centre). De Dieu, Cœur de l'univers, écrit Clément d'Alexandrie, émanent les six étendues et les six phases du temps: c'est là le secret du nombre 7; le retour au centre, au Principe, à l'issue du développement sénaire, parfait le septénaire.

Le nombre 7 est bien universellement le symbole d'une totalité, mais d'une totalité en mouvement ou d'un dynamisme total. Il est, comme tel, la clef de l'Apocalypse (7 églises, 7 étoiles, 7 Esprits de Dieu, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 tonnerres, 7 têtes, 7 fléaux, 7 coupes, 7 rois...). Sept est le nombre des cieux bouddhiques. Avicenne décrit aussi les Sept Archanges princes des sept Cieux, qui sont les sept Veilleurs d'Hénoch et correspondent aux sept Rishi védiques. Ceux-ci résident dans les sept étoiles de la Grande Ourse, avec lesquelles les Chinois mettent en rapport les 7 ouvertures du corps et les 7 ouvertures du cœur. La lampe rouge des sociétés secrètes chinoises a 7 branches, comme le chandelier des Hébreux.

Certains textes musulmans rapportent les 7 sens ésotériques du Coran aux sept centres subtils de l'homme. On rappellera que le Yoga connaît aussi sept centres subtils (les six chakra. plus le sahasrârapadma). Selon Abû Ya'qûb, les Formes spirituelles ont été manifestées par les sept lettres suprêmes, qui sont les sept Intelligences, les sept chérubins.

Sept, nombre des Cieux, est aussi, selon Dante, celui des sphères planétaires, auxquelles les cathares faisaient correspondre les 7 arts libéraux. Nous avons note qu'il fallait assimiler encore aux sept cieux les 7 encoches de l'arbre axial sibérien, les 7 couleurs de l'escalier du Bouddha, les 7 métaux de l'échelle des mystères mithriaques, les 7 échelons de l'échelle des Kadosh de la Maçonnerie écossaise: c'est le nombre des états spirituels hiérarchisés qui permettent le passage de la terre au ciel.

On a note que le Bouddha naissant avait mesuré l'univers en faisant sept pas dans chacune des quatre directions. Quatre des étapes essentielles de son expérience libératrice correspondent à des arrêts de sept jours chacun sous quatre arbres différents.

Les nombres yang, écrit Sseu-ma Ts'ien, atteignent leur perfection à 7. La divination par les baguettes d'achillée considère sept catégories d'indices; ces baguettes sont 49 (7 x 7). 49 est aussi le nombre du Bardo, l’état intermédiaire suivant la mort, chez les Tibétains: cet état dure 49 jours divises, au début tout au moins, en 7 périodes de 7 jours. Les âmes japonaises sont dites séjourner 49 jours sur le toit des maisons, ce qui a la même signification (CORT, EVAB, GRAP, GUED, GUEM, GUES, HERA, SAIR).

Le nombre sept est fréquemment employé dans la Bible. Par exemple: chandelier à sept branches; sept esprits reposant sur la tige de Jessé; sept cieux où habitent les ordres angéliques; Salomon construisit le temple en sept ans. Non seulement le septième jour, mais la septième année est de repos. Tous les sept ans, les serviteurs sont libérés, les débiteurs exemptés. Sept est utilise 77 fois dans l'Ancien Testament. Le chiffre sept, par la transformation qu'il inaugure, possède en lui-même un pouvoir, c'est un nombre magique. Lors de la prise de Jericho, sept prêtres portant sept trompettes doivent, le septième jour, faire sept fois le tour de la ville. Elisée éternue sept fois et l'enfant ressuscite. Un lépreux plonge sept fois dans le Jourdain et se lève guéri. Le juste tombe sept fois et se relève pardonné. Sept animaux purs de chaque espèce seront sauves du déluge. Joseph rêve de sept vaches grasses et de sept vaches maigres.

Sept comporte cependant une anxiété par le fait qu'il indique le passage du connu à l'inconnu: un cycle s'est accompli, quel sera le suivant?

Chiffre sacre déjà chez les Sumériens, sept (et certains de ses multiples) est bien l'enfant chéri de l'arithmologie biblique. Correspondant au nombre des planètes, il caractérise toujours la perfection (dans la gnose, le plerôme), sinon la divinité. La semaine compte sept jours en souvenir de la durée de la création (Gen. 2, 2s). Si la fête pascale des pains sans levain couvre sept jours (Ex. 12, 15, 19), c'est assurément parce que l'exode est regardé comme une nouvelle création, la création salvatrice.

Zacharie (3, 9) parle des sept yeux de Dieu. Les septénaires de l'Apocalypse (les sept lampes qui sont les sept esprits de Dieu = son esprit tout entier (4, 5); les sept lettres aux sept églises = à l’Église tout entière; les sept trompettes, coupes, etc.) annoncent l'exécution finale de la volonté de Dieu dans le monde.

C'est pourquoi sept est aussi le chiffre de Satan qui s'efforce de copier Dieu: le singe de Dieu. Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (13, 1) a sept têtes. Mais le voyant de Patmos réserve le plus souvent aux puissances mauvaises la moitié de sept, trois et demi, manifestant par la l’échec assure des entreprises du Mal (Apoc. 12, 6): le dragon ne peut menacer la femme (= le peuple de Dieu) plus longtemps que 1.260 jours = trois ans et demi (voir encore 12, 14: trois temps et demi).

Sept est la clé de l'Évangile de saint Jean: les sept semaines, les sept miracles, les sept mentions du Christ: Je suis. Il revient quarante fois dans l'Apocalypse: septénaires des sceaux, des trompettes, des coupes, de visions, etc. Le livre est construit par séries de sept. Ce nombre désigne ici encore la plénitude d'une période de temps révolue (la création dans la Genèse); l'accomplissement d'un temps, d'une ère, d'une phase; la plénitude des grâces données par l'Esprit saint à l'Église.

Le septième jour a fait l'objet de nombreuses interprétations symboliques dans un sens mystique. Ce jour où Dieu se repose après la Création signifie comme une restauration des forces divines dans la contemplation de l'œuvre accomplie. Ce repos du septième jour marque un pacte entre Dieu, et l'homme.

Le sept symbolise l’achèvement du monde et la plénitude des temps. Selon saint Augustin il mesure le temps de l’histoire, le temps du pèlerinage terrestre de l'homme. Si Dieu prend un jour pour se reposer c'est, dira saint Augustin, parce qu'il veut se distinguer de la création, être indépendant d’elle et lui permettre de se reposer en lui. D'autre part, l'homme lui-même par le chiffre 7, qui indique le repos, la cessation du travail, est invite à se tourner vers Dieu pour se reposer en lui seul. (De Gen. ad litt, 4, 16). Augustin parlera aussi du grand mystère de la pêche miraculeuse représentant la fin du monde. Le Christ est accompagné de sept disciples et par là même il inaugure la fin des temps.

Enfin, le six désigne une partie, car le travail est dans la partie; seul le repos signifie le tout, car il désigne la perfection. Nous souffrons dans la mesure même ou nous connaissons en partie, sans la plénitude de la rencontre avec Dieu; ce qui est partie s'évanouira, le sept couronnera le six (cf. De civitate Dei, 11, 31). (Sur ce thème et l'interprétation donnée par saint Augustin, voir Auguste Luneau, I'Histoire du salut chez les Pères de l'Église, Paris, 1964, pp. 336-338).

Si l'on en croit le Talmud, les Hébreux voyaient aussi dans le nombre sept le symbole de la totalité humaine, mâle et femelle à la fois; et ceci par addition de quatre et de trois: en effet Adam, dans les heures de sa première journée reçoit l'âme qui lui donne complètement existence à l'heure quatre; c'est à l'heure sept qu'il reçoit sa compagne, c’est-à-dire qu'il se dédouble en Adam et Ève.
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Ven 2 Nov 2007 - 2:16

En Islam, sept est également un nombre faste, symbole de perfection: sept cieux, sept terres, sept mers, sept divisions de l'enfer, sept portes. Les sept versets de la Fatiha (sourate ouvrant le Coran), les sept lettres non utilisées de l'alphabet arabe qui sont tombées sous la table, les sept mots qui composent la profession de foi musulmane, la Shahâda, etc.

Lors du pèlerinage à La Mecque, on doit effectuer sept tours de la Ka'ba et sept parcours entre les monts Cafâ et Marnia.

Les compagnons de la Caverne, Ashab al-Kahf (Coran 17) étaient sept (Les sept Dormants). Des charmes sont composes avec leurs noms, auxquels on ajoute celui du chien qui les garda pendant 300 ans (LAMM, 1, 314).

Les Sept portes du Paradis s'ouvrent devant la mère de sept filles. On lit sur la femme enceinte menacée d'un danger sept versets de la sourate. En Iran, au moment de l'accouchement, on place sur une nappe une lampe allumée et on garnit la nappe de sept sortes de fruits et de sept espèces de graines aromatiques. L'enfant recevait généralement son nom le septième jour. Parfois, à la veille de son mariage, une jeune fille se rend à la rivière, remplit et vide sept fois sa cruche, puis jette à l'eau sept poignées de grains (MASP, 35 s). Symbole magique de fécondité.

Au Maroc, les femmes stériles enroulent leur ceinture sept fois autour du tronc de certains arbres, puis l'attachent à l'une des sept cordes qui y sont fixées (WESR, 1, 77).

En Syrie, une jeune fille sans prétendant exorcise les mauvaises influences qui l'empêchent de trouver un mari en se baignant dans la mer et en laissant sept vagues passer au-dessus de sa tête.

Si l'on met un sabre nu devant un enfant âge de sept jours, il deviendra courageux.

Sept éléments sont essentiels à la parure des femmes. Pour assurer à un défunt le pardon de ses péchés, il faut tirer sept lignes sur sa tombe. L'inhumation faite, on s’éloigne de sept pas, puis on revient d'autant.

On rend visite au mausolée du saint, qu'on veut solliciter, sept jours ou quatre fois sept jours. Des voyageurs devant passer la nuit dans un lieu inhabité en font sept fois le tour.

On pense souvent que l'âme des morts reste auprès de la tombe pendant sept jours.

Les exemples sont innombrables. II s'agit d'un nombre sacre, généralement bénéfique, parfois maléfique. Un dicton déclare que sept est difficile.

Le célèbre ouvrage de Nizami, Les Sept Princesses, joint le symbolisme des couleurs à l'astrologie: sept palais ont chacun la couleur d'une des sept planètes; dans chacun d'eux se trouve une princesse de l'un des sept climats.

Les mystiques musulmans déclarent que le Coran comporte sept sens (il est parfois question de soixante-dix sens). Une tradition du Prophète (hadith) affirme: Le Coran à un sens exotérique et un sens ésotérique. Ce sens ésotérique a lui-même un sens ésotérique, ainsi de suite jusqu'à sept sens ésotériques.

La physiologie mystique, si caractéristique du soufisme iranien, se fonde également sur le septénaire. Des auteurs tels que Semnânî distinguent sept organes (ou enveloppes) subtils dont chacun est la typification d'un prophète dans le microcosme humain...

Le premier est désigne comme l'organe corporel subtil; il est désigne comme l'Adam de ton être...
Le sixième est le Jésus de ton être.
Le septième est le Mohammad de ton être.
(CORL, 238 s).

Ces enveloppes subtiles sont associées à des couleurs: noir mat, pour l'Adam; bleu pour Noé; rouge pour Abraham; blanc pour Moïse; jaune pour David; noir lumineux pour Jésus; vert pour Mohammad (ibid. 242).

Les sept différentes étapes sur la voie mystique sont symbolisées par ATTAR, dans son célèbre poème intitule le Langage des Oiseaux, par sept vallées: la première est celle de la recherche (talab); la deuxième est celle de l'amour (eshq); la troisième est celle de la connaissance (ma'rifat); la quatrième est celle de l’indépendance (Istignâ); la cinquième celle de l’unité (tawhîd); la sixième, celle de l'émerveillement (hayrat); et la septième, celle du dénuement (faqr) et de la mort mystique (fanâ).

Chez les Indiens de la Prairie, ce nombre représente les coordonnées cosmiques de l'Homme, par addition des quatre points cardinaux (plan de l'immanence) et de l'axe du monde, traversant ce plan en son centre, qui est l'ici (I'Homme) et se terminant par l'en-dessous et l'au-dessus. 7 = 4 (points cardinaux) + 2 (axe vertical) + 1 (centre), ce 1 étant la résultante de la rencontre de 4 et de 2. L'opposition transcendantale de l'au-dessus et de l'en-dessous se résout par la rencontre du plan d'immanence en l'Unité, qui est la place de l’Homme (d’après ALEC,69).

Même symbole, mais transposé sur le plan social, chez les Indiens Pueblo. La ville sainte de Zuni, Centre du monde, est divisée en sept parties correspondant aux sept quartiers du monde. Elle est faite de la réunion de sept anciens villages représentant la même division du cosmos. La division sociale était calquée sur le même plan, les clans étant rattachés par groupes de trois à ces septièmes, à l'exception du clan des perroquets, premier clan de la tribu, qui occupait seul le milieu, l'ici (MULR, 277-278). Les couleurs cosmiques étaient réparties selon cette même boussole cosmique.

Chez les Maya-Quiché, le Grand Dieu du Ciel, qui se fait Dieu-Treize avec les douze étoiles (dieux de la pluie) se fait aussi Dieu-Sept avec six soleils cosmiques: il constitue ainsi le groupe des dieux agraires. L’idéogramme du Dieu-Sept est représenté par la Grande-Ourse.

Chez les Mames, descendants des Maya, le foyer est forme de six pierres (trois grandes et trois petites) qui, en recevant la marmite, forment le nombre sept, attribut du Dieu Agraire, qui est aussi celui du feu sous toutes ses formes: feu divin = foudre; feu de l'inframonde = réchauffant la Grand-Mère Terre; foyer = feu des hommes (GIRP, 81).

Le Dieu Agraire est Dieu-Sept, parce que le nombre sept est lié au phénomène astronomique du passage du soleil par le zénith, qui détermine la saison des pluies (Popol-Vuh). Ce Dieu étant l'archétype de l'Homme Parfait impose son symbole numérique à la famille humaine: celle-ci, en effet, doit idéalement comprendre six enfants; ils forment le corps du 7, dont la tête est faite de la symbiose luni-solaire des parents, rappelant les Jumeaux divins créateurs (GIRP, 237).

Chez les Maya, le septième jour, placé au milieu de la semaine de treize jours, est sous le signe du dieu Jaguar, expression des forces internes de la terre. C'est un jour faste (THOT).

La déesse 7, appelée sept serpents ou sept épis, placée au milieu de la série 1 à 13, symbolise le cœur de l’homme et du maïs. Les jours numérotés 7 sont favorables (SOUM, THOH).

Dans le Temple de Coricancha, à Cuzco, où était résumé tout le panthéon des Incas, un mur portait, près de l'arbre cosmique, un dessin représentant sept yeux nommés les yeux de toutes choses. Lehman-Nitsche pense qu'il s'agit à la fois de la constellation des Pléiades et, sans doute, des yeux de la divinité suprême ouranienne, Viracocha. Il observe que le Prophète Zacharie (4, 10) parle des sept yeux du Seigneur, qui surveillent tous les peuples de la terre.

En Afrique également, sept est un symbole de la perfection et de l’unité. Chez les Dogons, 7 étant la somme de 4, symbole de la féminité, et de 3, symbole de la masculinité, représente la perfection humaine (GRIE).

Les Dogons considèrent le nombre 7 comme le symbole de l'union des contraires, de la résolution du dualisme, donc comme un symbole d’unicité et par là de perfection. Mais cette union des contraires. qui est très précisément celle des sexes, est également symbole de fécondation. Pour cette raison, le verbe étant analogue au sperme comme l'oreille l'est au vagin, pour le Dogon, le nombre 7 est l'insigne du Maître de la Parole, dieu des pluies nouvelles, et donc de l'orage et des forgerons (GRIE, GRIL).

Sept, somme du 4 femelle et du 3 mâle, est également le nombre de la perfection pour les Bambaras. Le dieu souverain, Faro, dieu d'eau et de verbe, habite le septième ciel, avec l'eau fécondante qu'il dispense sous forme de pluies. C'est également dans le septième ciel que s’abîme chaque soir le soleil à la fin de sa course. La terre, comme les cieux, comprend sept étages et les eaux terrestres sont également au nombre de sept, de même que les métaux. Sept est à la fois le nombre de l'homme et le principe de l'univers.

Somme de 4 et de 3, il est le signe de l'homme complet (avec ses deux principes spirituels de sexe différent), du monde complet, de la création aboutie, de la croissance de la nature. II est aussi l'expression de la Parole Parfaite et par la de l'unité originelle.

Les Tatars de l'Altaï, pour vanter les sanctuaires de leur pays natal, les comprennent tous sous une seule dénomination Mon pays aux Sept Portes et mes eaux (HARA, I 77).

Le chiffre sept est un chiffre cosmique sacré chez les Turco-Mongols souligne Jean-Paul Roux (ROUF, 98).

Le sept, nombre de l'homme parfait -- c’est-à-dire de l'homme parfaitement réalisé --, est donc, on le comprend aisément, le nombre de l'androgyne hermétique, comme il est en Afrique celui des Jumeaux mythiques. Car il parait bien certain que cet androgyne et ces jumeaux ne font qu'un. Significatifs sont encore les mariages d'arcanes majeurs du Tarot qui forment le sept. Sept par quatre et trois c'est le couple Empereur-Impératrice, le Père et la Mère, la perfection dans le Manifeste, l’intérieur et l’extérieur du pouvoir temporel assumé, la Somme harmonieuse des Quatre Eléments et des Trois Principes de la Science Secrète. En revanche, le couple de la spiritualité, Pape-Papesse, donne lui aussi SEPT, mais par CINQ et DEUX. Quant à l'arcane SEPT, expression de ces deux mariages, on ne s'étonnera pas qu'il soit celui du Chariot, signe d'accomplissement .

Dans les contes et légendes, ce nombre exprimerait les Sept états de la matière, les Sept degrés de la conscience. Les Sept étapes de l'évolution:

1. conscience du corps physique: désirs apaisés de façon élémentaire et brutale;

2. conscience de l’émotion: les pulsions se compliquent de sentiment et d'imagination;

3. conscience de l'intelligence: le sujet classe, ordonne, raisonne;

4. conscience de l'intuition: les relations avec l'inconscient se perçoivent;

5. conscience de la spiritualité: détachement de la vie matérielle;

6. conscience de la volonté: qui fait passer le savoir dans l'action;

7. conscience de la vie: qui dirige toute activité vers la vie éternelle et le salut.

Mme LŒffer-Delachaux voit dans le Petit Poucet et chacun de ses frères des symboles de chacun de ces états de conscience (LOEF, 197-198).


Source : Dictionnaire des symboles
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Ven 2 Nov 2007 - 4:51

Merci Ambre,

on peut aussi citer "Les Six Frères Paresseux", conte d'Armorique, et qui sont en réalité 7 (avec celui qui n'est pas paresseux).

Et également les "Sept Soeurs", légende aborigène d'Australie.

Mais aussi, je ne l'ai pas relevé dans le texte ci-dessus, les 7 filles de Madian, parmi lesquelles se trouve la future femme de Moïse.


Bisouxxx,

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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Sam 17 Nov 2007 - 20:18

merci ambre pour toute l information

pas besoin de te donner mes nombres tu as deja




pour avoir plus d infos concernant les nombres pour prenom et nom de famille je suis interessee

merci pour toute la documentation apportee ici
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MessageSujet: Re: Les Sept Filles d'Ève   Lun 4 Oct 2010 - 6:32

D’un individu à un autre, le code génétique des humains varie plus qu’on le pensait

(Source : Article Safari, trad. NewsOfTomorrow.org)

On nous a appris que les 6 milliards d’êtres humains partagent tous 99,9% des gènes et de l’identité. Ce chiffre venait du Human Genome Project il y a 5 ans, mais on sait désormais qu’il est incorrect. Une étude vient d’être publiée dans les journaux Nature et ABC Science News, rapportant que nous sommes génétiquement plus diversifiés que nous le pensions auparavant.


L’analyse du génome s’était autrefois concentrée principalement sur la comparaison des différences, ou "polymorphismes", des séries de lettres uniques dans le code chimique qui fabrique et préserve la vie humaine. Mais aujourd’hui, un groupe de scientifiques internationaux a suivi une différente approche et croit avoir découvert une variation d’un ordre supérieur, plus complexe, dans le code.

Cette grosse différence dans le code entre les individus peut désormais expliquer pourquoi certaines personnes sont si vulnérables à certaines maladies et réagissent bien à certains médicaments, tandis que d’autres tombent rapidement malades et ne réagissent jamais au traitement.

Selon Wikipédia : La variabilité du nombre de copies d’un gène (ou CNV pour Copy Number Variation, en anglais) désigne en génétique une forme particulière de polymorphisme dans lequel le nombre de copies d’un même gène dans le génome est variable entre les individus de la même espèce.
La présence de plusieurs copies de même gènes dans le génome est due à des évènements de Duplication de gènes, qui peuvent affecter un gène, quelques gènes, ou l’intégralité du génome. La variabilité du nombre de copies d’un gène au sein d’une même espèce est en général due à des évènements de duplication locale (c’est-à-dire d’un ou de quelques gènes), souvent suite à un enjambement inégal regroupant dans une même génération chromosomique des gènes dupliqués en tandem.

Cette forme de polymorphisme, découverte récemment, constitue une part importance de la variabilité individuelle au sein des espèces. Ainsi, plus de 12% du génome humain serait concerné par le polymorphisme de nombre de copies géniques. Le polymorphisme du nombre de copies semblerait aussi important que le polymorphisme nucléotidique (SNP).

Ce qu’on fait les scientifiques a été de chercher les suppressions ou duplications de code parmi de relativement longues séquences d’ADN individuel et ensuite comparer ces ’variations de nombre de copies’ avec un grand éventail de volontaires d’origines diverses.

Les chercheurs furent stupéfaits de pouvoir découvrir 1447 variations de nombre de copies dans presque 2900 gènes, c’est-à-dire dans presque le huitième du code génétique humain.

Le Dr Matthew Hurles du Wellcome Trust Sanger Institute au Royaume-Uni est l’un des partenaires du projet et il affirme que "Chacun de nous a une série unique de gains et de pertes de sections entières de l’ADN. La vraie surprise de ces résultats a été de voir à quel point notre ADN varie en terme de nombre de copies. Nous estimons que cela représente au moins 12% du génome."

Le groupe a découvert que presque 16% des gènes dont on sait aujourd’hui qu’ils sont liés à certaines maladies ont ces variations de nombre de copies. Parmi les maladies, des troubles génétiques rares comme les syndromes de DiGeorge (provoqué par la suppression d’un morceau du chromosome 22), Williams-Beuren (aussi connu sous le nom de ‘Pixieism’) et Prader-Willi et ceux liés à la schizophrénie, les cataractes, l’atrophie musculaire spinale et l’athérosclérose.

Mais l’insuffisance rénale, la maladie de Parkinson, d’Alzheimer et la vulnérabilité au paludisme et au VIH, que la recherche récente a attribué à des variations d’une seule lettre dans le code génétique, peuvent aussi avoir pour origine les CNV (variation de nombre de copies), selon les scientifiques.

Les implications de cette nouvelle étude pourraient servir aux diagnostics médicaux et à la conception de nouveaux médicaments.

par NewsOfTomorrow

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