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 Fiction romanesque et réalités spirituelles

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AMBRE

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MessageSujet: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mar 29 Mai 2007, 12:44

Fiction romanesque et réalités spirituelles!

Pinocchio ou l'ange humain



Pinocchio, personnage sorti de l'imagination de Carlo Collodi (Pseudonyme de C. Lorenzini) est l'inspiration de notre histoire à tous. Cette histoire particulièrement "signée" de l'Esprit est spécialement destinée aux quêteurs de vérités oubliées. "Soyez comme des petits enfants pour entrer dans le royaume" enseigne Jésus en clé d'énigme. Alors allons y et penchons-nous sur les histoires de notre enfance avec des yeux neufs, un esprit ouvert, conscient de la présence de messages codés en attente de découvertes.

La marionnette...
est la représentation de l'Humain. Pantin de bois, manouvré par la main de son créateur, il est sa manifestation, le dédoublement de son esprit. Des fils le rendent à l'apparence du vivant. Il est facile d'oublier ses fils, presque invisibles, et parfois la vanité offre la délicieuse sensation d'être totalement libre. Bien sûr, c'est un leurre car l'Humain n'a en lui qu'une seule chose qui lui appartienne et dont il est responsable : Le Choix. Tout le reste lui est prêté, énergies, pensées, environnement. Prenez conscience que dans le flux incessant de pensées et de mots qui nous viennent étrangement à l'Esprit, nous choisissons ceux qui nous paraissent les plus justes. Et nous supposons que ce flux vient du plus profond de nous-mêmes, alors que c'est, à peine visible, un des fils qui nous anime en marionnette de chair.
Voici donc l'histoire de Pinocchio telle que vous ne l'avez jamais lue.
A tout les curieux qui lisent ces lignes, bienvenue dans l'étrange histoire d'un pantin à la recherche de son Père. Alors ouvrez grand vos yeux et votre cœur !

La Naissance
Pinocchio a eu plusieurs origines selon les versions proposées. L' originale mentionne un charpentier trouvant un morceau de bois qui avait pour particularité de rire et de parler. C'est justement cette version qui fut dernièrement traduit en film cinématographique par Steve Barron ; elle a l'avantage de proposer de remarquables effets spéciaux et une touchante prestation de Martin Landau en Gepetto. A tel point qu'il est possible d'avancer que les inspirations du film sont plus profondes que celle du livre ; c'est pour cette raison que je m'y référerai.
Nous sommes, en ces temps de fin de millénaire, baignés de quantités d'influences qui s'expriment à travers les récepteurs-cerveaux humains. Les idées, les inspirations, les événements sont le reflet de dévoilements qui n'ont encore jamais été donnés jusqu'alors. D'où l'importance d'un regard plus aiguisé sur les informations qui nous entourent.

Gepetto
homme célibataire, s'est renfermé dans une solitude sentimentale, par amour pour Léona, devenue l'épouse de son frère. Fidèle à ses sentiments, il reste seul avec son désespoir qui s'exprime pourtant dans une gravure qu'il fit sur une souche, dans la forêt. Elle représente un cœur avec les initiales de son rêve inaccessible. Il mit véritablement l'énergie de son amour dans cette gravure. Quelques années plus tard, cette souche, miraculeusement et par magie, lui roule à ses pieds et refuse de finir brûlée dans sa cheminée. Intrigué, Gepetto découvre alors le cœur gravé sur cette bûche et décide d'en faire une marionnette. Dans la version du dessin animé de Walt Disney, c'est une fée bleue ailée qui donne la vie à la bûche.
Nous avons donc un Homme qui veut être Père et qui façonne son enfant "virtuel". Ce système de naissance nous apparaît en dehors de tout acte créateur logique, et pourtant. La reproduction biologique constitue notre repère principal, et il est logique qu'il y en ait d'autres. Celui décrit dans le conte est le reflet d'une autre réalité, celui de la création divine. Et oui, rien que cela ! Rappelez-vous : "Dieu créa l'homme à son image", "Il le façonna avec de l'argile", etc. Pour créer un système autonome, il faut avoir préalablement finalisé sa forme, ses organes et fonctions. C'est ce que nous faisons lorsque nous créons une machine. Dans le cadre d'un être vivant, les organes sont imaginés et la forme est conçue, bien sûr. Puis, la Vie, cette étincelle mystérieuse, est intégrée. Bref, on transmet la Vie tout au plus, mais on ne la donne pas.
Pinocchio est né par le façonnage d'une substance, et ce symbole correspond aussi à la création des anges. Affirmation gratuite j'en conviens, mais rappelez-vous comment l'Adam Glébeux fut créé: à partir de la poussière de la terre. (Gen. 2-7). Notre science nous démontre que les êtres naissent à partir d'un germe dans une matrice, mais il est d'autres façons de créer la vie. Certains chercheurs déjà manipulent les gènes et développent des vies programmées. Le conte de Pinocchio, identiquement à la Genèse, apporte le thème d'un autre système de création. Cela reste un symbole, mais à son origine, les systèmes biologiques angéliques ou humains sont nés d'une conception, d'un champ "forme" habillé de matière. La création biologique humaine fut ensuite synthétisée en germe transplantable. Ce champ d'énergie humain, les ondes de formes, tout cela n'est plus de la science fiction. Voyez l'acupuncture ou les champs morphiques (cf. le biologiste anglais : Ruppert Sheldrake) qui sont l'expression de ce champ énergie impalpable qui est en "dessous" de la matière. La création de ce Pinocchio en bois en est l'expression symbolique et imagée.

La Fée bleue
Bien sûr, il lui manque la vie, et, selon les façons de l'aborder, c'est soit une fée, soit un acte magique qui en est l'origine. Mais alors qui la donne ? La Fée bleue ailée, bien sûr, quelle question ! Je m'égare en apparence pour mieux revenir... La fée bleue qui vole est apparue bien des fois pour orienter les hommes incrédules. On la nomme Marie, la Mère de Dieu, c'est à dire la source de la Vie. Mère de Dieu ? Rendez-vous compte, Dieu aurait-il donc été créé lui aussi ? Oui, même notre Dieu à une "Maman" matière !

L'œil de Pin
Pour en revenir à notre Pinocchio. Il est le fruit d'un travail minutieux, laborieux, de la manipulation de la matière. Les symboles représentés sont précis. Pinocchio, littéralement, en italien, "L'oil de Pin", est fait de bois. Symboliquement le bois est une graine nourrie de chaleur, d'eau et de lumière, qui se transforme en arbre. Et vous savez que l'arbre est un symbole lié à l'humain dans ses éléments constitutifs : la sève pour le sang, le tronc pour son corps, les branches pour les ramifications de son esprit, les feuilles pour les récepteurs de photosynthèse, c'est à dire les récepteurs de "Lumières", etc. Tout cela dire que le véritable être de bois, c'est nous-mêmes ! Ne restons donc pas de bois.
En cabale française, "BOIS" laisse apparaître "BIOS", la vie ou bien Bi-os, deux origines, humaine et divine. Veuillez noter au passage ce clin d'oil de l'esprit qui signale en ces lettres : O-B-IS ! Obéir, oui, car se libérer des fils a demandé à notre Pinocchio d'obéir à sa conscience et à son père.
C'est aussi un autre impératif : BOIS ! Hasard ? Non, bien sûr, "Buvez mon sang" est l'exemple le plus connu. Cela veut dire : Assimilez mon enseignement. J'en viens naturellement au PIN, homophonie de PAIN, qui est, lui aussi, né du labeur de l'homme sur un travail d'une substance. Le "Mangez mon pain", est l'expression d'une exemplarité d'action, car il n'y a d'amour que des preuves d'amour.
Tel est l'humain, un être de bois qui se modèle. Vous avez cependant remarqué que les termes associés au bois ont une connotation négative : "langue de bois", "rester de bois", et même "chèque en bois", pour désigner des valeurs vides. Effectivement, notre Pinocchio est à sa naissance une valeur, mais vide de principes et de compréhension. Il est le garnement, le chenapan immature et non le bon garçon vertueux. Tel est l'humain par essence.

La dualité
Toutes les traditions le mentionnent : le bipède humain n'a pas une origine terrestre, mais angélique. Au cours de la fameuse révolte, il exprima ses pulsions d'égoïsme, d'orgueil, de vanité qui sommeillaient en lui, et ce fut une bonne chose ! Lors de l'incarnation terrestre, ces instincts ataviques se réveillent pour qu'il puisse les combattre et acquérir une énergie, une volonté de développer des qualités. Faut-il le savoir !
Question : Pourquoi notre gentille fée bleue a créé un esprit à Pinocchio si méchant, alors que notre Geppetto ne désirait qu'un fils agréable ? Est-elle un brin. espiègle ? Non, point de hasard dans les tortueuses pérégrinations de la pensée et des projets des dieux. Comprenez que la terre est une terre d'élection et de sélection de valeurs et de qualités. Et c'est justement l'histoire de notre Pinocchio avec sa naissance si mystérieuse. Une marionnette qui parle, n'a-t-on jamais vu ça ? L'humain est bien un animal qui parle. non ?
Ha ! J'ai failli oublier ! Notre fée est tout de même pleine de précautions. Elle donne à notre cher Pinocchio une conscience : un criquet ! Il est petit, perturbant et toujours de bons conseils, mais jamais une obligation. Vous comprenez à présent pourquoi cette conscience est "extérieure" à l'esprit de Pinocchio, car si sa conscience était déjà intériorisée, il n'aurait pas de travail à faire sur lui. Cette conscience extérieure lui donnera l'occasion d'exercer ses choix (mot que l'on trouve en anagramme dans les 4 dernières lettres de PinocCHIO = CHOI) par de judicieux conseils. Chez l'humain, cette conscience est aussi "extérieure" dans le sens de liberté de choix. Elle est la petite voix qui nous pousse à bien faire.

Le temps des épreuves
Durant toutes ses épreuves, Pinocchio subit une métamorphose particulière : son nez s'allonge à chaque mensonge. Cette caractéristique amusante apporte deux enseignements.





Le premier est celui de la loi de cause à effet. Une action se répercute plus ou moins sur son "émetteur" selon son importance. Plus Pinocchio ment, plus son nez s'allonge. Il ne peut y échapper, qu'il le veuille ou non il est assujetti à cette loi. Pour l'humain, cette loi existe, mais le "choc en retour" est différé dans le temps. D'où pour lui la difficulté de compréhension pour établir des liens entre les causes et les effets. Cette loi est connue sous le terme de Karma.

Le deuxième symbole lié à l'allongement du nez, est la mise en valeur d'un impératif : "Suis ta conscience, ton intuition !". Pourquoi ? Parce que c'est par le nez que s'effectue l'inspiration. Le nez est le symbole de l'intégration de substance air-esprit. "Avoir du nez", ou "Avoir le nez creux", sont des expressions assimilées à l'inspiration, l'intuition. Dieu souffle dans les narines d'Adam un souffle de vie pour qu'il prenne possession d'un esprit personnel. Ainsi, le nez qui s'allonge devant les yeux ébahis de Pinocchio est sa propre injonction à "sentir" mieux, à réfléchir, selon un autre niveau.



Les 2 compères
Vous avez pu apercevoir que deux compères mi-hommes, mi-animaux, entrent en scène. Ce sont un renard et un chat, ou une chatte dans le film. Ce couple malfaisant est, à l'image inversée de Jiminy criquet, la tentation, les mauvais penchants qui feront parti des choix de Pinocchio. Le système des choix est alors respecté : Le bien d'un coté et le mal de l'autre. Pinocchio pourra donc faire son apprentissage de façon autonome. C'est identique pour l'humain. Outre la petite voix de la conscience, des pulsions, des envies de plaisirs ou de bonheurs faciles le poussent souvent à mal faire les choses. Cette inspiration à mal faire est souvent incompréhensible pour l'homme sur terre, ignorant de sa raison d'être. Le fait de mettre des obstacles ne veut pas forcément dire que l'on veut sa perdition, mais plutôt un renforcement de ses capacités. Il ne viendrait pas à l'esprit d'un coureur de 110 mètres de blâmer la présence des haies. Les épreuves ne sont rien d'autre que des tests de sélection. Le savoir facilite l'acceptation de l'épreuve mais n'en dispense pas. Le renard exprime le caractère malin, intelligent de l'inspiration du mal, le chat en exprime le caractère sournois et autonome.
Pinocchio commence à jouir de la vie de manière indépendante, ou du moins le croit-il. Mais vivre sa première liberté n'est pas chose facile et bien sûr, il fit quelques bêtises. La plus grosse, dans le film, fut de saccager une pâtisserie, le lieu des plaisirs. Pour ceux qui connaissent l'histoire de la chute des anges, reconnaissez l'étape où ceux-ci profitèrent de leur nouvelle liberté jusqu'à la sentence prononcée par le tribunal selon les désordres commis. Pinocchio a vécu la même chose, comme par hasard, et curieusement, ce fut Gepetto qui fut mis en jugement, responsable paternel de son fils. Pourquoi ? Parce que le véritable responsable du désordre, ce fut le créateur lui-même. C'est lui qui infusa en ces anges des velléités de liberté. Etant au dessus des temps Il savait naturellement ce qu'il faisait.

Le Théâtre...
prononcé fut de confier la garde de Pinocchio au sieur Lorenzini, directeur d'un théâtre de marionnette. Ce lieu symbolique correspond à une sorte de monde à l'intérieur du monde, avec une mise en scène particulière d'un auteur sur un peuple de marionnettes. Essayez de deviner. Le théâtre représente la terre, monde à l'intérieur du monde, où les marionnettes humaines jouent leur rôle. C'est amusant comme les "hasards" sont troublants, Pinocchio est déguisé en soldat dans la pièce dans laquelle il joue, luttant contre un géant pour libérer la reine. Par la suite, il sauve la reine à partir d'un navire qui arbore un drapeau "Liberté".
Eh oui, l'humain doit lutter contre un géant sur cette terre. qui n'est pas autre chose que lui-même ! Sauvez la reine ? C'est sauver l'Amour, le principe féminin. Tout cela dans un navire, son corps, qui est sous la bannière de la Liberté. Le plus étrange est qu'il doit lutter contre un dragon-baleine contre lequel il va effectivement se battre plus tard. Le théâtre représente bien la vie, mais mise en scène avec un scénario. Lorenzini, directeur du théâtre, est en fait le nom véritable de l'auteur du conte. Dans la version originale, le directeur du théâtre est prénommé "le mangeur de feu". Peut-être les auteurs du film ont-ils voulu rendre un hommage à l'auteur, avec le souci de garder le caractère pyrotechnique du personnage ! Lorenzini dans le film met le feu au théâtre, le transformant en enfer, prenant ainsi le rôle du "méchant". Il en faut toujours un.
La traduction pour l'humain de cet épisode dans la vie de Pinocchio n'est pas difficile à deviner. L'auteur de notre monde a laissé le feu s'installer, et nous vivons dans notre propre enfer. Le monde autour de nous part dans une dérive certaine, et notamment en ce qui concerne les catastrophes naturelles. La guerre, les combats, les animosités, tout cela représente le "feu" de notre théâtre. En cabale, le mot THE-ATRE signifie "foyer de Dieu" (THE pour Théos). Vous allez me dire : "Mais pourquoi l'auteur du scénario terrestre laisse-t-il le feu se propager ?". Oui, toute la compréhension de ce qui nous arrive vient de cette question.


Dernière édition par AMBRE le Mer 27 Aoû 2008, 22:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mar 29 Mai 2007, 12:45

Dieu...
Dieu sait bien sûr ce qu'il fait, ou alors il serait criminel. Si vous êtes athée, la question ne se pose pas, mais si vous êtes croyant, comment comprendre que Dieu, Allah, Jéhova, ou le "Grand Architecte de l'Univers" laisse faire avec une désinvolture révoltante les terribles crimes auxquels nous assistons ? Serait-il insensible au malheur, ou lui-même complice des crimes pour non-assistance ? N'est-il pas tout puissant après tout ? Il faut bien admettre qu'il laisse faire, avec joie, non, mais il laisse faire, et encore plus grave, il amplifie les malheurs. Il y a de quoi se révolter non ? Mais au plus terrible de l'épreuve, les cours se soudent et émergent de véritables valeurs sur les cendres des catastrophes. Regardez comment les villageois oublient leurs querelles bassement humaines lorsque toutes les maisons sont détruites, suite à un tremblement de terre. Le voisin devient un frère de souffrance, mais un frère tout de même. Du chaos émergent de véritables cours, et c'est pourquoi "on" accélère les conséquences de nos choix erronés. Dieu et le Malin travaillent de concert. pour faire naître des consciences et des âmes.
Pinocchio par la suite cherche à se réfugier, cherche sa source, sa souche, et cela correspond à la recherche du paradis, du bonheur, de notre véritable origine, à travers différentes visites de "lieux". Après avoir quitté le théâtre, Pinocchio parcourt différents environnements, c'est à dire pour l'humain plusieurs mondes, plusieurs planètes. "Il y a plusieurs demeures dans le royaume de mon Père" disait le violent Jésus. Ne croyez pas qu'un humain se forge sur une seule vie, sur un seul monde, ce serait trop facile.

Le Karma
Pinocchio va ensuite essayer de faire fructifier son argent de façon naïve, pour Geppetto, mais sa bonne conscience lui dicte son ordre de pensée : "Les miracles ne poussent pas sur les arbres. Les miracles viennent du cœur ". Effectivement, je rajouterai même qu'on ne doit attendre que le miracle de ses efforts.et il existe ! Sachez qu'une qualité développée non seulement amplifie les autres qualités, comme par magie, mais provoque, un jour ou l'autre, mais rarement à court terme, plutôt à long terme, un cadeau en retour qui "tombe du ciel". C'est la loi du karma. Cet épisode des 5 pièces d'or désigne la richesse humaine ( Le chiffre 5 pour désigner l'humain et ses 5 sens), qui est donc la richesse de cœur . Le fait de vouloir enterrer son trésor pour le faire fructifier correspond au trait psychologique classique de l'attente consciencieuse immobile. "On ne peut se changer" est l'adage préféré de ceux qui renonce à multiplier leurs valeurs. A partir d'un certain âge, beaucoup ne cherchent plus à faire évoluer leur caractère, ils "enterrent" leurs trésors. Dommage, quelle naïveté de pantin !

Puis vient l'épreuve principale...
Celle où les enfants, avec Pinocchio, arrivent au pays des jouets. C'est le lieu rêvé ! Il n'y a ni livres ni maîtres et les vacances durent tout le temps. Dans le film, c'est une véritable fête foraine ou les dégradations et violences sont encouragées. L'ami de Pinocchio dans cette épreuve porte un nom étrange : Lumignon ! C'est, d'après la définition classique, un petit morceau de chandelle qui diffuse une lumière faible.
Effectivement, chaque être est un "petit bout de lumière" qui brille plus ou moins fortement. Depuis longtemps les traditions associent la valeur d'un être à son intensité "lumineuse". Comment l'interpréter rationnellement ? Vous connaissez la solution : Le mot Lumière est choisi non seulement pour exprimer ce qui est l'attribut d'un esprit brillant ou hautement spirituel mais aussi par perception plus ou moins consciente d'une aura émanée. Déjà nos artistes, très sensibles au sens visuel, dessinaient des auréoles autour de la tête de nos saints hommes. A présent, l'étude des phénomènes énergétiques est plus rationnelle, les Chinois ont d'ailleurs fondé des techniques de guérison et de bien-être par l'utilisation de cette force intérieur, le "Chi" et les méthodes d'acupuncture.
Plus récemment, le scientifique russe Kirlian découvre en 1939 une méthode pour prendre des photographies d'émanations énergétiques des corps. L'interprétation des couleurs des auras révèle des choses étranges. Notamment le fait qu'une aura de pétale de rose coupée reste presque à l'identique du pétale entier. D'autres expériences montrent que ces émanations colorées sont dépendantes, non seulement de l'état de santé physique, mais aussi des sentiments exprimés. La fameuse Lumière décrite depuis longtemps n'est pas une simple image de magnificence, c'est une réalité.
Voici donc notre Pinocchio avec son "petit bout de lumière" comme deux larrons en foire. C'est l'expérience ultime, la liberté totale. Le phénomène de groupe l'entraîne malgré lui à s'identifier à la norme du plus nombreux. L'image correspondante de l'humain sur cette planète n'est-elle pas alors un peu simpliste ? Malheureusement non, voyez les manifestations de masse. Le pays des jouets un monde plein de leurres car ces enfants terribles ont toute liberté de faire le mal sans conséquences immédiates. Casser, polluer, détruire, se quereller, nous voyons ces mêmes lumignons tous les jours en regardant les informations télévisées.

La punition tombe...
après avoir bu une eau vraiment spéciale. Ils se transforment en ânes. Les corps se transforment en leur correspondance la plus proche, en résonance d'osmose. En traduction symbolique, nos anges humains, selon les lieux où ils se trouvent, ont toujours cette liberté de choix qui induit des lois de réaction plus ou moins rapides. Boire de cette eau signifie assimiler un enseignement, une façon de vivre qui peut être constructive ou bien dissolue, les transformant ainsi en animaux. Pourquoi l'âne ? Parce qu'ils ne peuvent plus utiliser le verbe, mais en sont réduit à braire. L'âne est le symbole d'une personne ignorante à l'esprit borné. La transformation des enfants capricieux en ânes fait les affaires de notre Lorenzini, le Lucifer à qui profite ces transformations. Pour l'humain, la transformation est aussi effective dans un certain sens car le phénomène de résonance s'exprime à la mort de l'individu. Il se retrouve pour les étapes suivant son départ dans des milieux et des états qui correspondent au potentiel lumineux qu'il a construit en lui.

Pourtant...
Pinocchio ne se transformera pas entièrement en âne et pourra s'échapper des griffes de Lorenzini. Son courage et sa vivacité le sauvent. "Le royaume des cieux est pour les violents" dit-on parfois. Refuser de suivre ce que la majorité impose pour l'accomplissement d'un idéal est la véritable renaissance, la véritable initiation. Et l'épisode suivant l'évoque de belle façon.
Pinocchio se rend alors compte de la disparition de son père parti à sa recherche. Il s'est embarqué sur l'océan pour retrouver son fils. Cet acte d'amour a ému notre pantin qui part lui aussi vers cet immense océan pour le rejoindre. L'océan évoqué n'est pas en réalité seulement un lieu géographique mais un espace psychique, spirituel. Il est infini, insondable, soumis à des tempêtes ou à des vents violents. Il est sujet à des marées cycliques, des vagues, des températures, tout comme un esprit qui s'agite. Il est fait de cette eau primordiale d'où a jailli la vie. Cet océan est tout simplement le Verbe, la véritable matrice. Le père se cache dans une immensité que le fils doit parcourir. Il le trouvera bien sûr, mais selon des conditions bien précises !

Jonas
Pinocchio va donc subir l'épisode biblique de Jonas. Il va être avalé vivant par un poisson énorme. Selon les versions racontées, il est question d'une baleine, d'un requin ou d'un monstre marin. En voici la traduction : Se faire avaler par la baleine, c'est la mort initiatique. Selon la tradition islamique, la baleine est liée dans l'alphabet arabe à une coupe, une arche, qui est rapproché symboliquement du cœur . La lettre arable "nûn" est une coupe surmontée d'un point indiquant son centre : c'est le "germe d'immortalité contre le cœur ". Et ce n'est pas par hasard non plus si le Christ est représenté par l'Ichtus, le poisson. Laissez-moi vous aider à traduire cette coupe liée à ce poisson. L'image de la baleine est identique à l'image de la caverne où la vierge apparut et où les francs-maçons descendent pour faire leur testament philosophique.
Descendre dans la caverne ou être avalé par le poisson, c'est pénétrer dans sa propre personne, son propre cœur , c'est réussir à s'intérioriser totalement pour disparaître ou bien mourir. Il faut pour renaître à un autre état tout d'abord mourir à l'ancien, comme un papillon qui naît de la mort d'une chenille. (Ou d'un fils à partir de pantin de bois). Faire peau neuve est nécessaire pour se transformer. Le poisson exprime celui qui sait respirer de l'eau-esprit, la caverne étant le cerveau de notre matière-matrice. Le poisson est donc le Verbe-fils et la caverne la Mère-Matrice. Et c'est là que Pinocchio trouvera son père, dans la caverne-ventre de notre poisson, c'est à dire à l'intérieur de son cœur que son esprit parcourt depuis si longtemps. Où pouvait-il trouver son père autre qu'à l'intérieur de ses sentiments ?
Cet amour intériorisé librement exprimé permettra à Pinocchio d'acquérir suffisamment d'énergie pour être transformé par notre gentille fée bleue en un véritable petit garçon. L'enfant s'est fait fils et transforme son géniteur-créateur en Père. Ce message n'est pas nouveau puisque le violent Jésus, ce Pinocchio mystérieux, désignait déjà le Dieu de l'ancien testament en un Père à retrouver et à aimer.

Conclusion
Un détail qui vous a peut-être échappé : pourquoi ce nom de Pinocchio, "Oil de pin" ? Et bien c'est tout simplement l'expression de cette mémoire angélique implanté en l'humain. L'oil de pin, c'est l'échange entre le corps de l'ange et l'esprit humain, à travers la glande pinéale, littéralement "en forme de pomme de pin". Cette glande épiphyse secrète des éléments et des vibrations, c'est notre "troisième oil". Elle participe en tant que lien à notre potentiel angélique. (En cabale française : EPI-PHYSE, ce qui est "au dessus" de la "nature"). Ce clin d'oil n'est pas fortuit.
Nous sommes tous des PINOCCHIOS = 111 sans le savoir, chacun devant devenir librement un jour LE FILS DE DIEU = 111. Nous sommes faits de ce bois qui a engendré des enfants perdus à la recherche de leurs origines. La solution du "mal être" qui nous anime parfois est au plus profond de nous, dans l'océan de nos sentiments, dans le tréfond de notre cœur . Et souvenez-vous, à la fin du film, notre Pinocchio demande à son père de lui façonner une petite fille, exprimant son besoin fondamental de cette âme sour. C'est alors une autre histoire qui commence.
Je sais que sur un conte il y a une infinité d'interprétations et que toutes participent à des compréhensions nouvelles. Celle que je viens de décrire n'est pas courante, mais fait partie d'une trame unitaire en relation avec les autres légendes. En fin de compte, les légendes racontent entre les lignes l'histoire angélique de l'Homme en formation. Il faut y prêter attention pour ne pas rester un enfant orphelin d'un destin particulier. L'histoire de Pinocchio est merveilleuse de recoupements. Merci à son auteur.

Bruno, Décembre 1999


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MessageSujet: De la fiction comme voie initiatique   Sam 02 Juin 2007, 15:12

De la fiction comme voie initiatique



Le rapport entre fiction et réalité est mystérieux. Borgès disait : “La réalité est toujours plus forte que la fiction.” Mais la voix inspirant Hanna Dalos et Gitta Mallasz affirme aussi : “Rêvez pour vous réveiller ! De rêveurs , vous deviendrez éveilleurs” Pouvons-nous atteindre l’“ultime réalité” cachée derrière les apparences du monde, par des passerelles imaginaires, contes, légendes ou romans ? Mêler suspense et quête de l’essentiel est un art difficile. Mais quand un auteur s’en avère capable, il peut vous changer la vie ! D’Aldous Huxley à Hermann Hesse, d’Antoine de St Exupéry à Malcolm Lowry, ils sont quelques-uns à avoir atteint ce niveau. Il se pourrait qu’en publiant La Promesse de l’Ange - ce thriller spirituel qui fait penser au "Roman de la rose" d’Umberto Ecco ou aux "Piliers de la terre" de Ken Folet -, Frédéric Lenoir et Violette Cabesos soient devenus membres actifs de ce club.

Un club à la fois très fermé et immense, si l’on y inclut la tradition multimillénaire des conteurs - superbement représentée dans le réseau Nouvelles Clés par Henri Gougaud... que la plupart d’entre vous connaissent depuis longtemps.



Sommaire des articles du dossier "De la fiction comme voie initiatique"

Le doigt de l’archange
par Violette Cabesos
Violette Cabesos nous raconte comment, romancière rationnelle et athée, elle est tombée sous le charme du Mont St Michel, qu’habite une âme gigantesque, en proie à un combat fabuleux. C’est son ami Frédéric Lenoir (le sociologue des religions, dont nous (...)


3 questions à Frédéric Lenoir
par Marc de Smedt
Marc de Smedt : Comment vous est venue l’idée de ce scénario ? Frédéric Lenoir : Elle a germé et mûri dans mon esprit pendant une dizaine d’années au fil de mes visites au Mont Saint Michel, un lieu qui m’a littéralement envoûté. Ce sont ces murs qui me (...)


Conversation au tour du labyrinthe
Entretien avec Jacques Attali, propos recueillis par Marc de Smedt
Le traité du labyrinthe qu’a voulu nous donner Jacques Attali sur ce sujet dans un livre passionnant invite à une réflexion sur le sens de notre histoire. Échange. Marc de Smedt : En fait, à la lecture de votre livre, on s’aperçoit que les traditions du (...)


Les contes, modèles de vie
Renconte avec Jean-Pascal Debailleul, par Jérôme Bourgine
Trouver des modèles de sagesse dans 52 contes traditionnels, et les appliquer à nos vies quotidiennes à travers un jeu qui nous aide à voir clair en nous-mêmes. Tel est le pari tenu par un conteur visionnaire. Nouvelles Clés : Vous avez toujours soutenu que les (...)


Henri Gougaud : ma vérité sur les contes
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Voici un brasseur d’histoires qui nous a fait découvrir, à travers des émissions de radio comme par des livres, les contes et mythes du monde entier. Mais en ce qu’on pourrait croire être des fables se cachent des vérités essentielles qui sont le moteur (...)


L’intégration psychique par les contes
Par Ariane Buisset
Si les contes font partie du patrimoine de l’humanité et semblent avoir été utilisés dans toutes les voies spirituelles sous des noms différents : « histoires » sufi, « paraboles » chrétiennes, « récits bibliques » juifs ou même, dans une certaine mesure « koan » (...)


Les contes règlent les comptes
Par Jean-Claude Marol
A l’époque de mes dix ans, il y avait encore des jeudis et des patins à roulettes bruyants. Les livres que je choisissais dans la bibliothèque familiale avaient souvent les pages cassantes, jaunies et une odeur de bois sec. Je parcourais leurs lignes sans (...)
http://www.nouvellescles.com/rubrique.php3?id_rubrique=78

voir aussi
LE POETE ET LA CIGALE



Sur la verdure posée,
Et s’enivrant au soleil
D'une goutte de rosée,
La cigale, à son réveil,
Bénit la nature et chante :
Au loin, sa voix innocente
Annonce le bel été.
Sous un grand chêne abrité
Anacréon l'écoute, il accorde sa lyre,
C'est la cigale qui l'inspire ;
Il chante la cigale, il chante les beaux jours,
Et l'innocence et les amours;
Il chante les cœurs purs qui, comme la cigale,
Mènent devant les dieux une existence égale,
Et confiant leur vie aux faveurs du soleil,
S'endorment sur, la foi de l'horizon vermeil!
Une piqûre importune
Vient l'interrompre; il croit voir
S'agiter comme un point noir:
La fourmi difforme et brune,
L'avare et sotte fourmi
Qui ne chante pour personne,
Prête peu, jamais ne donne,
Et ne connaît pas d'ami.
Il veut écraser la bête ;
Mais la cigale, en chantant,
Attendrit son cœur content :
Peut-on, lorsqu'on est poète
Avoir un cœur sans bonté
Et sans générosité ?
La cigale, qui devine,
Dit au vieil Anacréon :
- En épargnant ma voisine,
Tu m’as payé ma chanson
La fourmi noire et chagrine
Eut grand tort de le blesser;
Mais pour sauver la mauvaise,
J'ai chanté, j'en suis bien aise,
Maintenant je vais danser.



SYMB0LE PREMIER-LE POETE ET LA CIGALE


Dans le symbolisme hiéroglyphique des anciens la cigale représente les aspirations vers la divinité, elle annonce le printemps, elle tient de la sauterelle, et du scarabée qu’on voit souvent gravés parmi les signes sacrés de I'Égypte. Anacréon l'a chantée dans une ode qui est presque un hymne. La fourmi au contraire est un signe typhonien ; elle tient de la mouche consacrée à Beelzebub, et cela est si vrai qu’une variété de fourmis porte des ailes. Les fourmis s’entredétruisent, se dévorent entre elles et piquent ceux qui les touchent. La Fontaine avait donc
raison de dire que l'avarice égoïste est le moindre défaut de la fourmi : elle en a en effet bien d'autres. Notre fable qui place l'homme entre ces deux symboles, représente la lutte des deux
penchants opposés de la vie humaine, l'aspiration céleste et l'instinct matériel, la chanson de l'idéal et la morsure du positif, et c'est définitivement l'idéal qui remporte tout l'avantage. C'est en effet l'idée affranchie des intérêts saluant l'avenir, comme la cigale salue le printemps, qui décide des intérêts mêmes. Les grands courants d'opinion sont soulevés et conduits par les idées généreuses qui excitent l'enthousiasme. La foi est le levier d'Archimède, lorsqu'on a un point d’appui dans le ciel, on remue et l'on déplace la terre. La foi est donc le premier principe de la philosophie occulte que nous définirons la science des lois et des forces exceptionnelles de la nature.
L'être est. Dans l'être est la vie; dans la vie l'intelligence, non comme accessoire, mais comme principe. Ceci nous mène droit à la connaissance de Dieu. Les lois de la vie universelle sont les lois données par l’universelle. L'intelligence particulière subit ces lois générales et en est l’esclave tant qu'elle ne les approprie pas à ses usages particuliers. Il est donné à l’homme un petit monde à régir par sa volonté. Si sa volonté n'est pas libre, il subit les lois fatales qui le traitent en esclave et tendent à le résorber dans la mort, car l'intelligence universelle travaille à détruire les esclaves et à créer des hommes libres. Le propre de l’intelligence, dégagée des instincts, est le dévouement. Le ciel en morale, c'est l'harmonie des sentiments généreux, et la terre ou l'enfer c’est le conflit des instincts lâches. Celui qui veut user en lâche de la puissance occulte sera dévoré par elle. La lumière universelle, qui est le grand agent des prodiges, est le feu de l’enfer pour les méchants.
Nous représentons ici l'initié sous la figure d'un poète. En effet, poésie vent dire création et l'initié est un véritable créateur. Il donne la lumière et conserve la vie à ceux mêmes qui le
persécutent, il ne se venge que par des bienfaits. Ses enchantements des chants en l'honneur de Dieu et de la nature, et lorsqu’il a conservé la vie au profane qui le méconnaissait et voulait le condamner à la misère et à la réprobation, il peut dire comme la cigale de notre fable : J'ai chanté, j'en suis bien aise,
Maintenant je vais danser.

http://perso.wanadoo.fr/moulinjc/Steiner/Textes/livres.htm


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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Sam 02 Juin 2007, 15:21

La réalité est la conscience physique. Elle est procurée par l'Autre, essentiellement à travers la relation jumelle, la conscience physique dense n'étant qu'un erzats, un palliatif momentané, de la vraie discrimination énergétique.

La fiction est ce qui n'a pas de conscience physique: c'est simplement le potentiel de ceux qui ont la conscience physique.

Pour être un Créateur, et pouvoir procurer la conscience physique à un potentiel qui n'en a pas au départ, il faut avoir soi-même intégré la conscience physique.

Et puisque la conscience physique est procurée par l'essence jumelle, un Créateur est donc toujours un couple sacré.

Amitié,

steph

Citation :
La cigale et la Fourmi




La cigale chantait, car en vérité, telle était sa nature. A quoi bon vouloir être autrement qu’on est ? A quoi bon désirer faire autre chose que ce pour quoi on est fait ?

La fourmi écoutait la cigale, et trouvait son chant si beau qu’elle en conçut de la jalousie. Elle-même ne chantait jamais. Elle n’était pas faite pour ça, tout simplement. Mais elle ignorait pour quoi elle était faite.

Alors elle décida qu’elle était faite pour chanter, comme la cigale. Mais après de nombreux essais, elle s’aperçut qu’elle n’arrivait à rien, et que les sons qu’elle produisait étaient tout sauf mélodieux.

Elle alla trouver la cigale, et lui demanda de lui céder sa voix. Mais la cigale lui répondit que c’était impossible, car sa voix et elle n’étaient qu’un, et que donner sa voix eut été comme se donner elle-même. La fourmi repartit, déconfite.

Au lieu de chercher pour quoi elle était faite, elle imagina un moyen de voler la voix de la cigale. Elle se dit qu’il fallait pour ça que la cigale renonce à son talent et le lui donne elle-même. Et que si son talent et sa personne ne faisaient qu’un, alors il fallait qu’elle se donne en entier.

Elle chercha dans un vieux grimoire la façon d’appeler l’hiver. La méthode, en substance, disait ceci : « La peur de l’hiver appelle l’hiver. Il faut répandre la peur de l’hiver. Alors l’hiver accourt. »

La fourmi imagina la façon de réaliser son dessein. Elle commença à récolter plus de nourriture qu’elle n’en pouvait manger, et à la stocker dans ses caves. La voyant faire, les habitants de la région s’étonnèrent et s’enquirent auprès d’elle de la raison de son étrange comportement. Elle leur répondit laconiquement : « Et bien, on se sait jamais ce qui peut arriver… Je suis inquiète, alors je me prépare, au cas où… Mais chacun fait bien ce qu’il veut ! » Et elle retourna à sa méthodique besogne.

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Et avec elle, l’angoisse de la pénurie. Chacun se mit à faire comme la fourmi, et peu à peu, le chant de la nature s’étouffa : tous ne pensaient plus qu’à se constituer des réserves au lieu d’exprimer leur talent. Bientôt, l’harmonie générale fit place à la sourde clameur de l’angoisse.

L’hiver, de bonne volonté, répondit naturellement à l’appel qu’on lui lançait avec autant de conviction et ne tarda point à montrer le bout de son nez. La cigale voyait bien que tout tournait mal, mais se refusait à alimenter cette folie ! Elle continua à chanter autant qu’elle le put. Mais il advint qu’un matin, le froid lui déroba une partie de sa voix.

La nourriture aussi, devenait introuvable. La pauvre bête songea : « Tous croient que l’hiver a volé la nourriture. Alors qu’en fait, il est simplement venu parce qu’il n’y a plus de nourriture, puisqu’ils l’ont toute enterrée dans leurs cachettes. La seule façon de faire savoir à l’hiver qu’il peut repartir est de faire résonner le chant de la nature. Mais le froid a cassé ma voix et, toute seule, mon chant n’est plus assez fort. Que puis-je faire ? Ma faim s’endurcit. Je ne veux pas qu’elle ferme mon cœur comme elle semble le faire un peu partout. Je vais aller trouver la fourmi et lui demander de reprendre la peur de l’hiver, qu’elle a si habilement répandue ! »

La fourmi la reçut sur le pas de sa porte, en ricanant d’un air satisfait. « Alors, on a faim ? On vient me proposer de me donner sa voix pour remplir son estomac ? ». La cigale protesta : « Nullement ! Je viens pour vous demander de rappeler la peur que vous avez répandue sur le pays. Elle sème la souffrance avec elle. Vous ne pouvez justifier le malheur d’autant d’êtres par une simple prétention personnelle ! »

La fourmi la toisa : « Ah non ? Vous croyez ? Et quel droit avez-vous de savoir chanter quand moi je ne le peux pas ? ».

« Ce n’est pas la même chose » reprit la cigale. « Lorsque je chante, je ne vous ôte rien, au contraire ! Je vous donne de la vie, du rythme, du courage. Croyez-vous que vous auriez aussi bien engrangé vos réserves cet été sans l’aide de mon chant ? Voyez-vous, toute la nature est ainsi faite : de pure harmonie, et de pure prodigalité. Le secret est simplement d’être soi-même authentique. Et cette authenticité, on ne peut pas la vendre ni la donner. Pourquoi n’avoir pas simplement cherché quel est votre talent ? Car vous avez forcément un talent naturel… »

La fourmi l’interrompit : « Très chère, vous pouvez bien argumenter tout votre saoul, cela ne servira à rien ! Je veux être chanteuse, c’est cela ma vérité à moi. C’est ma nature, je l’ai décidé ainsi ! Et à présent, vous n’avez plus rien à manger. Alors je vous propose ceci : vous me donnez votre voix et, en échange, je vous donnerai chaque jour un peu de nourriture. Qu’en dites-vous ? »

Tristement, la cigale lui répondit : « Puisqu’on ne peut ni vendre ni donner l’authenticité, vous ne seriez de toute façon pas satisfaite de la voix que vous recevriez en échange de cette nourriture. Et de mon côté, je ne peux me résoudre à galvauder mon talent dans une piètre imitation. De plus, cette nourriture que vous détenez est le produit d’une harmonie collective, le fruit de la nature contre laquelle vous péchez gravement. Je crains que votre proposition ne soit simplement qu’une chimère, mais vous refusez de le comprendre. Je n’ai pas d’espoir de vous convaincre de changer d’attitude, alors je vais repartir et chercher ailleurs la solution de tout ce malheur. »

La fourmi s’emporta : « Et bien qu’il en soit ainsi ! Le froid et la faim auront tôt fait de vous en apprendre d’avantage sur votre prétendue authenticité : au lieu de chanter, vous allez danser, maintenant ! Que pensez-vous de cela ? Si je ne peux chanter, vous ne le pourrez bientôt plus non plus et j’arrêterai de souffrir en entendant cette voix qui devrait être mienne ! Bon vent, et à jamais ! »

La cigale s’en retourna hardiment vers l’hiver. Elle résolut de chercher d’autres talents restés authentiques au sein de la tourmente, et de perpétuer envers et contre tout l’harmonie de la nature par le partage de la chaleur des coeurs. Et de fait, elle chante encore aujourd’hui…


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MessageSujet: Final Fantasy Dreams   Lun 06 Aoû 2007, 17:34

... ....autrement...
Final Fantasy Dreams


Réflexions philosophique sur les mythes de la saga, réalités, hypothèses et théories vous seront présentées preuves à l’appui. Vous allez entrer au coeur des scénarios gargantuesques de Final Fantasy et en découvrir les mystères.
http://www.ffdream.com/?cat=encyclopedie&rub=mythes

Phénix (Phoenix)

Dans FFVI, VII, VIII et IX : Invocation récurrente de la sage Final Fantasy. Le Phoenix a l'avantage, une foie invoqué, de redonner des HP et surtout de ressusciter les morts d'une équipe. Il ne peut être appelé qu'une fois par combat.

Référence Mythologie : Le phénix (en version francisée) est un oiseau fabuleux et immortel originaire d’Éthiopie et rattaché au culte du Soleil, en particulier dans l’ancienne Égypte et dans l’Antiquité classique. Le Phénix était, disait-on, une sorte d’aigle, mais de taille considérable ; son plumage se parait de rouge, de bleu et d’or éclatant, et son aspect était splendide. Il n’existait jamais qu’un seul Phénix à la fois ; il vivait très longtemps : aucune tradition ne mentionne une existence inférieure à cinq cents ans ! Selon la légende, n’ayant pu se reproduire, le Phénix, quand il sentait sa fin venir, construisait un nid de branches aromatiques et d’encens, y mettait le feu et se consumait dans les flammes. Des cendres de ce bûcher surgissait un nouveau phénix. renaissant ainsi de ses cendres... Il ne peut réellement mourri, étant donné son existence "cyclique". Selon une autre version, le nouveau phénix né de la semence de son père, recueillait son cadavre dans un tronc de myrrhe (résine odorante fournie par un arbre d’Arabie) creux et l’emportait en Égypte septentrionale, à Héliopolis, où il le déposait sur l’autel du temple du Soleil pour qu’il y soit solennellement brûlé par les prêtres. Au culte du Soleil en Égypte se rattachait le "bennu", un héron symbolisant sur les tombeaux le Soleil levant et la vie dans l’au-delà. La légende du Phénix venait probablement d’Orient et aurait été incorporée au culte égyptien par les prêtres d’Héliopolis : l’adaptation de ce mythe leur permettait la liaison entre le phénix et le palmier (phoinix en grec), arbre longtemps associé au culte solaire par les Égyptiens. Pour les astrologues, la naissance d’un Phénix marquait le début d’une révolution sidérale. Le Phénix figurait l’immortalité : ainsi, Rome toujours renaissante était comparée au Phénix. Dans la mythologie islamique, le phénix est identifié à l’anqa (le st morgh persan), oiseau énorme et mystérieux (peut-être un héron) créé par Dieu et doué à l’origine de toutes les perfections, mais qui devint par la suite un fléau et fut tué. Dans la mythologie chinoise, l’apparition d’un phénix (chilin) présageait un évènement important. On peut retrouver une représentation parfaite dans la série japonaise Saint Seiya à travers le personnage d'Ikki, incarnation du chevalier phénix.


http://www.ffdream.com/?cat=encyclopedie&rub=origine_nomsff
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MessageSujet: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 08 Aoû 2007, 14:10

Fiction romanesque et réalités spirituelles
par


Frédérick Tristan
(un homme qui m inspire...qui m aspire aussi...)

"Si le monde est une chimère, si la mort n’est plus qu’une récession, n’est-ce pas parce que tout a été mis à l’envers et que la grande affaire de l’existence est de tout remettre à l’endroit — ou plutôt de parvenir à dépasser et abolir ces oppositions ?"


Frédérick Tristan : "En tant que romancier, je me sens plus artiste qu'intellectuel, et il se peut que ce soit ma part de talent." Photo : Louis Monier.

Mes chers Amis,
Si vous le permettez, je vais commencer mon propos par une confession. Jamais, lors de mon travail d'écriture, je ne me suis posé la question du rapport entre la fiction littéraire et mon expérience intérieure. La raison en est simple. Les deux appartiennent à la matière même de mon existence, et cela depuis très longtemps. Plus qu'un intellectuel, je suis un artiste, ce qui peut s'entendre de diverses façons. J'avoue que j'aimerais, par humour, être comparé à un artiste au fourneau que vous l'entendiez en terme de gastronomie ou d'alchimie. En effet, je n'ai jamais conçu un récit que comme un réel enfantement, la part du père (entendez de l'esprit spermatique) étant certes nécessaire mais inférieur à celui de la mère (entendez de la conscience, voire de l'âme, le réceptacle à féconder.) Cette audacieuse comparaison, non exempte d'une vérité d'expérience, a du moins le mérite de remettre à sa place la part volontaire d'un écrivant tel que moi. Je suis, en effet, plus guidé par un onirisme éveillé et un somnambulisme actif que par une stratégie esthétique ou éthique.
Question, par exemple, que je ne me suis jamais vraiment posée : qu'est-ce qu'écrire ? Pourtant je sais bien que ma vie est un récit et qu'en écrivant j'en invente un autre. Aussi est-il préférable que cet autre soit une invention issue d'une réserve d'images, ou d'idées, ou de je ne sais quoi qui appartienne vraiment à quelque chose du vécu, à un degré ou à un autre- et cela peut aller du concret le plus réaliste à l'abstrait le plus débridé. Pourquoi ? Parce que l'art est une façon de transformer la réalité en une réalité seconde. Récit sur récit. Mise en abyme. Et puisqu'on ne peut faire autrement, exagérons donc cette évidence pour en faire une somme imaginaire qui alerte la tribu.
Encore faut-il que cet imaginaire troublant soit bien nourri. Vous savez que nous sommes faits des aliments que nous mangeons. Vous connaissez les «viandes mauvaises» de Pascal. J'ai eu le bonheur et l'honneur de lire de grands livres, de rencontrer des milieux exaltants, de me lier d'amitié avec des esprits profonds. Tout cela m'a nourri et, autre chance, s'est développé en moi comme ces pastilles japonaises que l'on jette dans l'eau et qui se changent en jardins fleuris. Il est clair que cet ensemble aurait pû demeurer une salade hétéroclite. La Chine ! L'Orthodoxie ! Le Compagnonnage ! Dostoievski ! L'Alchimie ! Les Romantiques allemands ! Jacob Boehme ! La Kabbale ! La Franc-maçonnerie ! Thomas Mann ! Le Soufisme ! Le Tao ! Les contes pour enfants ! Le Paléo-Christianisme ! Le Yiddish ! Tant d'autres, plus excitants, plus profonds, plus vifs les uns que les autres. Tout être humain connaît cette accumulation culturelle qui, dans certains cas plus prégnants, peut devenir existentielle. Ce trop-plein se niche plus ou moins bien dans la mémoire. Fatras de grenier ou de cave ? Ou bien réservoir organisé, dynamisé ?
Le jeu de l'écriture m'a aidé à incorporer ces multiples influences sans que ma conscience ait eu à subir les contradictions apparentes de ces divers enjeux. C'est qu'en projetant dans un récit onirique les images et les concepts, en les attribuant à des personnages, en les situant dans des événements, il me devenait possible de les situer dans l'invisible. Et cela, hors de tout contexte social, psychologique ou religieux, dans un dialogue non plus avec moi-même, mais avec un autre, attentif, que, par un tendre humour, je me permettrai d'appeler l'ange. Au vrai, pour employer un grand mot, il s'agit d'un épiphanisme. D'où le fait qu'instinctivement je n'écrivis que très rarement des données ayant un rapport direct avec ma vie. Ma personne sociale, le monsieur Baron de l'Industrie et du Fisc, n'eut jamais aucun accès à l'écriture, et d'ailleurs l'auteur Frédérick Tristan ne porte pas son nom.
Il y allait d'une bonne (et très mauvaise) raison : sous le coup d'une émotion vive, je perdis la mémoire à 9 ans, en mai 1940, mémoire de mon enfance, et, en prime, perte de la faculté de me souvenir de mes rêves nocturnes. Que l'écriture et la fiction aient été une enfance et un onirisme de remplacement, il se peut. En tous cas, c'est vraisemblablement le moteur qui me pousse si fort, si quotidiennement, à écrire, et cela depuis le funeste événement. Funeste et providentiel puisque c'est lui qui a fait de l'auteur cet écrivain bizarre que la critique a toujours tenu pour une exception dans le courant littéraire, et qu' aujourd'hui elle préfère oublier, n'en comprenant ni la démarche, ni le sens.

Très tôt, je fus confronté à la rébellion

Je n'aimais pas la société dans laquelle je me tenais. Au-delà de la crise d'adolescence qui surgit à travers les poèmes véhéments de Daniéle Sarréra, un véritable retournement du regard s'imposa. Cet œil intérieur fut, certes, critique, mais surtout, me semble-t-il, tourné vers les réalités spirituelles qui l'orientaient, fût-ce contre sa volonté d'analyser et de comprendre. Très vite, en effet, je compris qu'il n'y avait rien à comprendre, mais qu'il fallait s'ouvrir à la connaissance par le chemin du cœur. Non pas l'émotion, le sentiment, mais le cœur à droite tel qu'il est invariablement marqué sur la figuration du Christ en croix, et tel que Ramana Maharshi en parle à propos de la méditation et de la compassion profonde. Ainsi, l'épiphanisme que j'évoquais s'emplit-il de ce silence habité, mes romans n'étant que des anamorphoses d'une figure centrale que, ne fut-ce que par pudeur, je ne pouvais laisser qu'entrevoir. Encore, la plupart du temps, n'étais-je qu'un mercenaire de l'écriture au service d'un récit qui me dépassait. Récit forcément masqué, parce que les mots sont des masques et que la réalité n'est qu'une illusion commode qu'il importe de démasquer. Démasquer avec des masques ? En rajouter ? Voilà bien dans quel rouet l'auteur se retrouve investi. Citons Novalis : «On ne comprend pas le langage parce qu'il ne se comprend pas lui-même.» «Le vrai sanscrit, ajoutait-il, trouvait dans la parole sa finitude. La parole était sa joie et son être.»

Une autre façon d'envisager le récit s'impose à notre temps

La plupart des romanciers continuent leur petit bonhomme de chemin prosaïque: métro, boulot, dodo, avec des pincées de sexe ici et là. Ou bien ils tentent de briser la logique par le fantastique, la science-fiction, la psychanalyse... Or, déjà, la poésie vivante, celle de Rimbaud, nous invitait à être voyant, c'est à dire à regarder non plus du côté du psychisme mais du côté de la psyché. Ainsi la réalité utopique et uchronique de l'écriture devient-elle la demeure de l'invisible, le seuil des Intelligences, pontifex entre les mondes. Hermès ici s'allie fraternellement à Orphée. S'ouvrir à la langue intérieure du Verbe. La musica humana de Boèce qui fait écho à la musique des sphères, comme un miroir harmonique. Mais aussi entendre le pépiement des oiseaux, le frémissement des feuilles. Recevoir la rosée de l'Aube. Sans jamais rien demander. J'insiste: sans jamais rien demander, et accepter de recevoir. Dès lors la forme s'impose par elle seule. Elle n'est plus celle d'un auteur, mais celle de l'écriture du dedans, celle qui éclôt dans le cœur de l'esprit et se trace sur le papier par l'intermédiaire, le medium de la main.
Mais ici attention ! Tout cela est bel et bon, mais ce peut être un piège des fantasmes. L'illusion guette au creux du merveilleux. Les larves rampent au cœur du sublime. Et nous en revenons ainsi aux «viandes mauvaises». L'auteur peut fort bien, et même aisément, transcrire ses propres errances. Ce peut d'ailleurs être un témoignage utile et il est des folies qui ont ouvert des voies lumineuses par la vertu de leur insurrection. Je pense à Antonin Artaud, par exemple. Il faut casser le moule lorsqu'il ne sert plus qu'à réitérer la même insuffisance. En revanche, la méditation hermésienne, celle qui lance des ponts entre le visible et l'invisible ne peut que s'ouvrir sur la sympathie universelle, la Sophia des Grecs, l'harmonie des sphères de la Kabbale, le souffle créateur du monde imaginal cher à Ibn'Arabi et au Soufisme, le wei wouwei agissant du Tao. L'auteur parfois peut y prétendre et modestement avouer qu'il habite en cette aura, même si ce n'est qu'à l'entrée du temple, attendant avec patience que le mystère veuille bien l'entreprendre.

Le mystère ! Changer le masque en voile afin de tenter le dévoilement

Par l'imagination créatrice approcher à pas d'agneau de l'âme du monde qui est blottie en nous-même et qu'il suffit d'aimer pour qu'elle se déplie, se déploie, nous inonde de sa joie. En ce haut sens, la joie d'écrire (ou de peindre, ou de composer) vaut bien le bonheur d'aimer, puisqu'il s'agit foncièrement de la même substance, du même ravissement. Nous sommes ravis au monde, transfigurés dans les limites de la capacité qualitative de notre conscience. C'est le fameux verre de Virgile dans la Divine Comédie, toujours plein quelle qu'en soit la contenance. Et pourtant ce ne sont que quelques mots mais ils sont entrés en résonance avec le mystère dont ils sont issus. D'où l'importance du nom. Le nom qui est d'abord un signe, qui est d'abord un chiffre, qui est d'abord un souffle, qui est enfin l'accès à l'ange qui porte ce nom. L'ange qui est la figure d'une Intelligence, Intelligence qui se meut dans une hiérarchie cosmique, réellement spirituelle. En haut de cette échelle la Nuée lumineuse cache et révèle à jamais l'Insondable. Mais il y a participation, tout humble et mesurée qu'elle est, puisque nous sommes beaucoup de sable et un peu de lumière. Participation lorsque la parole ou l'écrit sortent du silence, un silence peuplé par la réminiscence d'un verbe originel. Participation parce que nous avons abandonné l'errance pour le pèlerinage à travers ce Mutus Liber qu'est l'univers visible. Ce Livre Muet nous désigne l'autre Mutus Liber scellé en lui, pareil pour nos yeux profanes à un rébus – un rébus incarné dans les choses ! Participation ou mieux communion par l'oeuvre, hésitante, la pauvrette, mais vivante, respirant à peine face à l'immensité de la vision qui s'infiltre parfois à travers les fissures de la porte. L'œuvre parce que l'auteur l'a choisi pour sœur, jadis, puis longtemps pour amante, enfin pour mère. Mère, car elle est le réceptacle où se forme et se fond l'écriture, le creuset, pourquoi pas le dérisoire et précieux vase alchimique où la transformation, la transfiguration s'opère. L'œuvre vierge et mère, oui, pourquoi pas, en analogie avec la matrice universelle, l'âme du monde.
D'ailleurs, la théorie des quantas a ouvert, à cet égard, d'incommensurables perspectives. Ces brisures du temps et de l'espace coïncident avec le morcellement de la pensée contemporaine. Ici Nicolas de Cues rencontre Niels Bohr. Le paradoxe fait enfin fi de l'évidence. Ce que l'on tenait hier pour des menteries, voire des élucubrations, deviennent des accès possibles à un ailleurs plus juste qu'un ici. L'écrivain peut et doit s'échapper du conformisme historiciste et de la linéarité du récit pour sonder les strates d'une réalité en sursis. Les deux grandes questions posées aujourd'hui sont : «Que se passe-t-il ?» et «Qui rêve qui ?». Réunis comme nous le sommes ce soir, nous sommes au sein d'un conflit du questionnement que seule la voie de l'esprit paradoxal peut tirer hors du marasme intellectuel.

Le grand secret est de changer le temps en densité

Souvent, lorsque l'un de mes proches m'appelle tandis que j'écris, c'est avec douleur que je m'éveille, ou plutôt que je romps avec l'éveil pour retomber dans la durée. J'étais si loin ! Et là, j'évoque à nouveau le «mystérieux sanscrit de l'âme» de Novalis. Comment le traduire en langue profane, comment oser ? Le récit de la fiction, en ce point critique, se doit d'être poiétique, issu du poiein, s'il ne veut pas trahir sa mission. Et certes, puisqu'il importe de communiquer à d'autres, et que ces autres sont frappés de stupeur, percevant en eux-mêmes l'écho d'anciennes réminiscences, il est nécessaire de trouver un langage du milieu, langage qui leur soit accessible bien que déjà il réclame d'eux une rupture. Ce langage du milieu joue sur plusieurs dimensions. Roman d'aventure, peut-être, qui, en fait, est un roman d'initiation, mais, au vrai, est un récit parabolique, lequel est ce que j'ai appelé tout à l'heure une anamorphose. Quatre étages d'entendement que l'on nommait jadis les quatre sens de l'écriture. Or il arrive parfois qu'un lecteur, plus rarement un critique, parvienne à l'état de compréhension intime du texte derrière le texte, ce que j'ai appelé la texture parce qu'elle est en-deçà et au-delà du texte lui-même, à la fois trame et dessin caché du tapis. Et ce lecteur de s'écrier: «Vous nous rendez à l'état d'enfance.» Il est vrai que d'un bouchon l'enfant fait une caravelle qui remonte l'Orénoque jusqu'à une île enchantée où une jeune fille merveilleuse l'attend, les bras chargés de roses – ou de petits pains au chocolat ! Je me reconnais assez bien dans cet enfant et dans ce bouchon-caravelle, et aussi dans l'Orénoque, et pourquoi pas dans la jeune fille aux bras chargés de fleurs enchantées. Néanmoins l'émerveillement ne suffit pas. Un moment du récit doit venir où un ogre surgit. Les contes de fée connaissent la nécessité de cette leçon. Parce qu'après tout, il convient d'apprendre aux gens de tenir le loup par les oreilles. Enfance, oui, mais pas enfantillage. Et mieux qu'enfance: enfantement. Chaque livre est un enfantement qui doit, à chaque fois, remettre en question l'idée même de livre. Parce que, tout simplement, un artiste doit se remettre sans cesse en question afin que son œuvre se poursuive en demeurant vivante et ouvert au sens. Et là, pas seulement par humour, je citerai Maître Chù lorsqu'il déclare: «Ne cherche pas. Trouve. Et ce que tu trouves, jette-le !» Bel exemple de pensée paradoxale, n'est-ce pas ?
Mes chers Amis, j'ai malencontreusement tenté un instant d'endosser le frac de l'intellectuel et je vous prie de bien vouloir m'en pardonner. L'écrivain ne devrait que proposer des textes et se taire. Que, du moins, mon petit discours soit témoin de la perplexe lucidité d'un ancien jeune homme qui, tant qu'il le pourra, écrira, poussé par ce que les Grecs appelaient si justement le daïmon et le poiein.

F.T.
nb: avec l aimable autorisation du site http://www.signes-et-symboles.org/index.html Antahkarana...un "regard" sur le manifeste du site http://www.signes-et-symboles.org/manifeste-signes-symboles.html
:50:


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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 08 Aoû 2007, 14:16

Frédérick Tristan :
"L'infinie poésie d'Hermès"


Propos recueillis par Olivier Gissey

Frédérick Tristan est depuis une cinquantaine d’années en France un des acteurs privilégiés du courant dit hermétique, ou mieux encore hermésien. Il nous apporte ici un précieux témoignage sur son parcours. Surgissent les figures d’Eugène Canseliet, René Alleau, Jean Tourniac, André Breton, Henry Corbin et bien d’autres. À travers cet entretien, Frédérick Tristan esquisse également une “bibliothèque idéale” qui n’oublierait pas l’apport considérable des chevaleries célestes iraniennes ou des sociétés initiatiques taoïstes chinoises !


Symbole : Quels ont été les grands événements de la pensée hermétique depuis un demi-siècle en France?

Frédérick Tristan : La seconde partie du XXe siècle fut marquée, en France, par un remarquable effort d’approfondissement des données éparses de la pensée et de la technique hermétiques grâce, tout d’abord, à une redéfinition de cette science au sein de la Tradition. La Révélation d’Hermès Trismégiste, l’astrologie et les sciences occultes de Festugière (1930) avait ouvert la voie. Il s’agissait d’une étude sur le Corpus hermeticum alexandrin qui, au Moyen-Âge, avait intéressé les alchimistes (en particulier l’Asclepius) et à la Renaissance Marcile Ficin (surtout le Poimandrès).
Fulcanelli avait publié en 1926 le Mystère des cathédrales, et en 1910 les Demeures philosophales qui, en particulier grâce aux préfaces de Canseliet, devaient trouver un regain d’intérêt dans les années 50. En 1953, René Alleau publiait Aspects de l’alchimie traditionnelle qui devait se poursuivre, plus tard, par la fameuse collection “Bibliotheca Hermetica”. André Breton et quelques Surréalistes assistèrent aux conférences sur l’alchimie données par Alleau, témoignant ainsi de l’intérêt du Mouvement pour certains aspects de cette science, de même que pour le René Guénon de la Crise du monde moderne (cf. préfaces de Breton à La Nuit du Rose Hôtel de Fourré, et au Miroir du Merveilleux du Dr. Mabille). Nicolas Flamel avait intrigué Breton sous un angle plus poétique que réellement hermétique (Lettre aux voyantes, Second manifeste, Arcane 17, Nadja). De là l’idée me vint de remplacer le mot “hermétique” trop claustral par le mot “hermésien” plus ouvert et mieux adapté à une initiation hors frontières religieuses ou intellectuelles.
Telle était l’approche contrastée de l’hermétisme par le jeune homme que j’étais en 1950 au sortir des Grands initiés de Schuré que mon condisciple Guy Cazaril, le futur traducteur de Castaneda, m’avait fait connaître en classe de philosophie. La création de la revue Structure naquit sans doute de ce turbulent appel d’air, et en particulier l’article que j’écrivis à propos du premier numéro de la revue “Le Surréalisme même", exaltant à la suite de René Alleau la Gradiva Rediviva de Jansen contre les jeux gratuits des néo-surréalistes. Ainsi Malcolm de Chazal, par un échange de courrier (il habitait l’Île Maurice), me fit rencontrer Breton qui devait me demander divers articles, dont un sur la magie destiné à son Art magique (article collectif qui finalement ne parut pas).

Pouvez-nous nous parler de vos rencontres marquantes — des grandes figures que votre chemin a croisées sur cette voie ?

Pour moi, à cette époque, l’hermétisme se confondait volontiers avec un ésotérisme diffus considéré comme une approche existentielle d’ordre spirituel. Mes lectures de Gaston Bachelard et de Stéphane Lupasco mirent de l’ordre dans mon imaginaire troublé par les Romantiques allemands (« la Loge invisible »), qu’en particulier Marcel Brion m’avait fait découvrir. En fait, ce fut un peu plus tard, par mon engagement dans le Compagnonnage, puis dans la Franc-maçonnerie, et par ma rencontre avec Jean Tourniac, que ma réflexion sur l’hermétisme proprement chrétien se précisa. Je m’étais défié de la Tradition hermétique d’Evola, comme j’avais rejeté le Matin des magiciens et “Planète”, témoignages jugés peu traditionnels voire confusionnistes et "païens", m’intéressant bien davantage aux “Études traditionnelles” et à l’Alchimie de Titus Burckhardt. À cet égard, Charbonneau-Lassay et les Chevaliers du Paraclet que j’avais connus par les écrits de René Guénon et, plus directement, par René Nelli (Lumière du Graal), m’inspirèrent très vivement. Les Sept instructions aux frères en saint Jean me furent transmises à cette époque. Je les confiai à Arma Artis, le valeureux éditeur de l’Harmonia mundi de Georges de Venise. Marie-Madeleine Davy m’incita d’ailleurs à partager avec elle la responsabilité d’une collection “Spiritualité vivante chrétienne” où nous publiâmes, par exemple, le Miroir des simples âmes de Marguerite Porette et le Livre des œuvres divines d’Hildegarde de Bingen.
Vers 1970, Dominique de Roux avait conçu un numéro spécial des “Cahiers de l’Herne” sur Guénon, et en avait confié la direction à Jacques Masui, le directeur de la nouvelle série de la revue “Hermès”. Cette édition de “L’Herne” ne devait pas paraître du vivant de mon ami et fut d’ailleurs scindée en deux, l’une publiée à “L’Herne” et l’autre aux “Cahiers H”. Je participai à l’une et l’autre publications, leur confiant des extraits de mon journal plus particulièrement axés sur l’hermétisme chrétien exprimé par l’Orthodoxie et par la Franc-maçonnerie de tradition. Il me semblait, en effet, nécessaire de témoigner de la réalité vivante d’Hermès au sein de ces deux assemblées initiatiques.
Les “Cahiers de l’Hermétisme” que nous créâmes, Antoine Faivre et moi, en 1977 furent conçus dans un esprit pluridisciplinaire afin de retrouver le fil des traditions hermésiennes ne se limitant pas au contexte alexandrin, mais dont la conception de l’homme et du monde s’était manifestée dès les présocratiques jusqu’à nos jours en passant par l’alchimie, la kabbale juive ou chrétienne, la pensée de Paracelse, de Boehme, de Saint-Martin… Notre comité s’honora des apports et des conseils d’Henry Corbin, de Gilbert Durand, de Mircea Eliade, de Henri-Charles Puech, auxquels vinrent au fil des études se joindre des spécialistes comme André Savoret ou Bernard Husson, d’autres chercheurs amis comme Jean Canteins, Pierre Deghaye, Jean Tourniac, Armand Abecassis, Bernard Gorceix, Marie-Madeleine Davy, Roland Edighoffer, noms que l’on devait pour la plupart retrouver lors des colloques de l’Université Saint-Jean de Jérusalem, dominés par la haute personnalité du Professeur Henry Corbin.

Hermès a tant de patries ! En Iran, en Chine, pays que vous connaissez…

Ce fut d’ailleurs grâce à l’auteur de En l’Islam iranien que nous pûmes aborder l’œuvre d’Ibn’Arabi et de Sohrawardi sous un angle plus certainement hermésien, lors de réunions que Henry eut l’amitié fraternelle d’organiser pour le petit nombre qui étudiait sérieusement ces questions. Je me souviens avec émotion d’un soir où il évoqua l’ascension extatique d’Hermès selon la tradition des Ishrâqîyûn dont l’origine remonterait à la sœur d’Hermès (son essence féminine). Montée prodigieuse dans le monde du Malakût vers la "Lumière de Gloire".
Dans le même temps nous dirigeâmes, Faivre et moi, la publication d’œuvres non encore traduites ou introuvables de C.G.Jung telles que le Mysterium conjunctionis, le Commentaire sur le Mystère de la Fleur d’Or, ce dernier ouvrage rencontrant mon intérêt pour le Tao et, plus particulièrement, pour la société initiatique des Houng (la Tien Ti Houei) dont Pierre Grison m’avait fait connaître l’existence, et que mon ami Chou Lin Gin me permit d’approfondir à la suite de mes séjours en Extrême-Orient. Ainsi la notion d’hermétisme (ou, plus simplement, le vif et tenace sentiment que j’en avais) se précisa dans mon esprit dans des directions différentes, m’apprenant qu’il s’agissait d’un seul et même flux intérieur sous le signe d’Hermès, dieu des carrefours et des échanges.

Nous revenons aux fondements de cet “art” ou de cette “science” bien souvent galvaudée. Il faut sauver le vrai hermétisme !

En 1974, une importante rencontre radiodiffusée (France Culture) entre René Alleau et moi nous permit en effet de mieux situer ce que nous entendions l’un et l’autre par la notion de "sciences ou arts hermétiques" : Alleau, en tant que savant, demeurant fidèle à un processus alchimique fondé sur des règles traditionnelles rigoureuses (et donc une science), et moi, en tant qu’écrivain, témoin d’une magie existentielle fondée sur l’incarnation du mystère à travers l’œuvre (et donc un art). À l’époque cette distinction s’imposait. Elle est encore aujourd’hui une pierre de touche indispensable.
Les articles décisifs que René Alleau donna à l'Encyclopedia Universalis sur les entrées Alchimie, Astrologie et Magie demeurent, en effet, d’une précieuse actualité à l’heure où un dévergondage pseudo-initiatique tente d’utiliser ces techniques traditionnelles hors de propos. En revanche, il reste profitable que la réalité vivante et intériorisée de l’hermétisme puisse coopérer à ces mêmes techniques en les dynamisant à travers une créativité proprement "poétique". Comme le soulignait André Breton , "le merveilleux se situe à l’extrême pointe du mouvement vital".

Bibliographie succinte :

Alleau R. La science des symboles, Payot, 1977.
Alleau R. De la nature des symboles, Payot, 1997.
Bonardel F. L’Hermétisme, P.U.F., 1985.
Bonardel F. Philosophie de l’alchimie, P.U.F., 1993.
Faivre A. (dir.) Présence d’Hermès Trismégiste, Cahier de l’Hermétisme, Albin Michel, 1988.
Faivre A. The Eternal Hermes, Phanes Press, 1995.
Gilis Ch-A. Le Coran et la fonction d’Hermès, Ed.de l‘Œuvre, 1984.
Klossowski de Rola, The Golden Game, Thames and Huston, 1988.
Obrist B. Les débuts de l’imagerie alchimique (XIII° - XV° siècle), Le Sycomore, 1982.
Yates F. Giordano Bruno et la tradition hermétique, Dervy, 1988.

Nom de Dieu
par Nicolas Givry

L’anagramme du vide, de Frédérick Tristan, se présente comme une grande salle dont l’auteur aurait un à un retiré les meubles pour parvenir, d’un ton faussement badin, à l’essentiel. Tant qu’à la fin on a envie de s’écrier avec Graciàn : «Oh ! que le vide est beaucoup !»




L’anagramme du vide,
Frédérick Tristan, Bayard, col. Qui donc est Dieu ?



Il y a d’abord ce titre, qui mêle cabale phonétique et taoïsme : L’anagramme du vide —c’est-à-dire “Dieu”. Un sacré titre si l’on ose dire ! Voilà qui relève l’intérêt pour un ouvrage que l’on devine être de commande. Mais ne boudons pas notre plaisir ! Frédérick Tristan nous invite à un érudit et éblouissant « bavardage », tout en digressions sur ce mot “Dieu” apposé comme un masque sur l’Inconnaissable. Idolâtres et bigots de tous poils, passez votre chemin ! Nous sommes ici en savante — et spirituelle — compagnie. L’auteur, qui avoue d’emblée que le mot « Dieu » lui est suspect comme celui de « croire » a placé en exergue de son livre le beau cri de Maître Eckhart : « Je prie Dieu qu’il me libère de Dieu ». Il s’agit bien d’une invitation à se défaire de ce que Frédérick Tristan appelle « le Dieu désignable », qui ne tarde jamais trop à s’enfermer dans un concept. « Or, écrit l’auteur, c’est au moment où il dépassera et annulera ce leurre que l’esprit d’ouverture pourra accéder à ce que ce concept dissimule ». Et d’enfoncer le clou : « Des mots comme « théisme », « déisme », « athéisme », « monothéisme », « polythéisme » appartiennent à un vocabulaire qui ne recouvre plus de solides notions. (…) À l’abri pluvieux de tels mots dévalués, comment les hommes d’aujourd’hui pourraient-ils échapper à un inconfortable conformisme ou à une errance angoissée ? »

De l’idole à “Cela” ou la découverte de “l’Innommé”

Mais comment l’intuition spirituelle peut-elle aujourd’hui s’affranchir de toutes les digues, sociales, morales ou religieuses qui font barrage aux étages supérieurs de la conscience ? Comment redonner tout son sens à l’imagination créatrice, cette clef d’accès à ce qu’Henry Corbin nommait le « monde imaginal » ? Car l’homme moderne qui accepte sans ciller la stratification de la conscience proposée par la psychologie des profondeurs a depuis loin rejeté toute perception du monde spirituel dans une sous-catégorie de la science-fiction… Et pourtant, de Denys l’Aréopagite à Lao Tzi, les références ne manquent pas pour, comme le dit Tristan, « dépasser l’idole, atteindre l’icône puis le sans forme qui est Cela ». Une ultime présence qui n’est alors discernable que par le poids incommensurable de son absence : L’anagramme du vide. « C’est en se penchant sur ce vide qu’il devient possible de percevoir la réalité enfin ouverte à l’esprit éveillé, brisant la roue et la rouerie du réel travesti ». Et l’auteur ne tarde pas à en venir au point nodal de sa réflexion : « Le Dieu nommé est un masque de nous-même. À travers l’adoration que nous lui portons, c’est nous même que nous adorons (…) Quand à l’Innommé, n’étant rien de ce que nous pouvons seulement supposer, nul n’aurait l’idée de le personnaliser et de l’adorer. (…) Pourquoi ? Parce que le chercheur est cherché. (…) Parce que le Cela est glissé dans l’interstice de toute quête ».
L’anagramme du vide se présente ainsi comme une grande salle dont l’auteur aurait un à un retiré les meubles pour parvenir, d’un ton faussement badin, à l’essentiel. Tant qu’à la fin on a envie de s’écrier avec Graciàn : «Oh ! que le vide est beaucoup !»
avec l aimable autorisation de Christian Mariais que je remercie:
Citation :
C’est bien volontiers que nous vous autorisons à publier sur votre beau forum « Antahkarana » certains articles contenus dans notre site « Symbole »

Nous souhaitons toutefois le faire en conservant les usages de l’édition, c’est-à-dire que dès que vous souhaitez publier un texte ou un extrait, il vous suffira de nous en adresser la demande par mail et nous vous donnerons par retour ( c’est promis) notre autorisation, sauf si le texte fait l’objet de droits (ce qui est rare, mais peut arriver )





Nous vous remercions encore de l’intérêt que vous portez à notre lettre.



Bien cordialement,



Christian Mariais


Dernière édition par le Mar 02 Oct 2007, 09:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Lun 10 Sep 2007, 13:54

biographie complète

http://www.fredericktristan.com/
:787:
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MessageSujet: Walt Disney   Mar 16 Oct 2007, 10:52

Walt Disney





Walt Disney


Walter Elias Disney dit Walt (né le 5 décembre 1901 à
Chicago, Illinois - mort le 15 décembre 1966, à Los Angeles, Californie) est connu comme producteur, directeur, scénariste, doubleur et animateur américain d'origine irlandaise de dessins animés. Il fonda en 1923 la société Walt Disney Company et devint petit à petit l'un des producteurs de films les plus célèbres. Walt Disney est aussi le créateur du premier « parc à thèmes », inventant le concept.
Walt Disney est également connu pour avoir été un conteur d'histoire, et une vedette de
télévision. Lui et son équipe ont créé un bon nombre des personnages animés les plus connus au monde, dont l'un est considéré par beaucoup de biographes comme son alter-ego, Mickey Mouse.


Mickey Franc-Maçon



Qu'il est dangereux de se laisser à quelques périgrinations sur le web. On peut d'ailleurs y découvrir que, selon le (délirant) site Bibles et nombres, Walt Disney était franc-maçon au 33e degré, et dissimulait trois "six" (NDLR : le chiffre de la bête selon l'Apocalypse) dans sa signature. L'appartenance maçonnique de Walt Disney est plus sobrement évoquée dans Le symbolisme Maçonnique et Hermétique de Peter Pan - Pour une lecture intelligente des contes de Richard Khaitzine

On pouvait lire dans l'encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia : Avec son personnage de Mickey, avec ses gants blancs et son short-tablier à deux point, il symbolise un petit Franc-Maçon. L'alphabet maçonnique est d'ailleurs diffusé dans le Manuel des castor junior (sic). Cette "information" a été rectifiée.

Les pratiques occultes de Walt Disney étaient dénoncées dans des sites où on relevait son utilisation des miroirs (qui permettent de voir dans le monde des esprits). Il se serait montré le plus grand propagateur de la sorcellerie (NDLR : dans L'Apprenti Sorcier).

Certains vont plus loin. Disney ne serait pas contenté d'être un simple Franc-Maçon même de haut grade. Il aurait rejoint l'Ordre des Illuminati (sur lequel nous reviendrons ultérieurement) : Les enfants qui ont disparu à Disneyland et n'ont jamais été retrouvés ont été kidnappés par l'organisation Disney et sacrifiés ou utilisés comme esclaves sous contrôle mental, pourtant on a attribué leur disparition à des visiteurs dérangés qui auraient abusé sexuellement des enfants (traduction de l'anglais).





Jiri Pragman
pour son "oeuvre" voir ici:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Walt_Disney
partage de ce texte très complet sur "le symbolisme de la rose"...trouvé un jour...

http://www.lafraternite54.be/rose2.html

Bien à vous.
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Séraphin
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 17 Oct 2007, 23:59

    Jésus se promène parmi les élus du paradis quand son regard se porte sur un
    homme. Il s'en approche.

    - Dis-moi, mon frère, n'étais-tu pas charpentier dans ta vie terrestre ?
    - Tout à fait, répond l'homme.
    - Et n'avais-tu pas un fils conçu par la grâce d'une puissance supérieure?
    - Oui, répond l'homme
    - Et ton fils, n'avait-il pas des clous dans les mains et les pieds?
    - C'est cela même.
    - Et ne t'appelais-tu pas Joseph ?
    - Oui, ne serais-tu pas ....

    Jésus ouvre alors les bras : "'Papa!"
    - 'Pinocchio!' dit le charpentier
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Didiera

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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Jeu 18 Oct 2007, 14:04

Cette analyse de l'histoire de Pinocchio est formidable!

Personnellement je connais le film des années 70, réalisé par Luigi Commencini, avec Nino Manfredi dans le rôle de Gepetto, et Gina Lolobridgida dans le rôle de la fée Bleue.

C'est un film qui m'émeut beaucoup. Je l'ai revu l'année dernière, il m'a fait replonger dans mon enfance. La musique du générique est aussi très prenante.

Bizarrement je l'ai regardé qq temps après, et l'histoire ne me touchait plus! Je me suis dit : 'tu as surmonté récemment une souffrance de l'enfance, et maintenant ce conte de fée ne te touche plus'.

Mais je l'ai encore regardé qq temps après, et re-belote, l'histoire me touchait... à n'y rien comprendre!

Approche onirique d'un personnage de bois : j'ai remarqué qu'un personnage de bois dans un rêve représente le corps éthérique (ce qui est logique car l'éthérique est associé à monde végétal).


:1111:
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Juliette

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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Jeu 18 Oct 2007, 14:46

Bonjour ,


C'est magnifique Ambre ! merci ! Sur un autre post dont le sujet est le deuil, je cite Diane : "Le courage d'assumer notre choix d'avoir quitté notre demeure céleste...
La maturité de ne plus être l'enfant orphelin éternellemnt souffrant !"

Tout se recoupe, là, avec l'histoire de Pinnochio, :
" Il faut y prêter attention pour ne pas rester un enfant orphelin d'un destin particulier." cette phrase qui conclue Pinnochio ou l'ange humain.

Belle journée à toutes et tous,

Juliette
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AMBRE

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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 24 Oct 2007, 10:55

extrait de
La divine comédie de Frédérick Tristan


par Jean-Marie Beaume

"Primordial Goddess"
http://www.blueangelonline.com/gallery1.htm

Celle qui n’habite aucun nom
À ce stade, de bien troublants secrets vont être révélés à Monsieur Nemo ! Le révérend Strawberry avait déjà eu l’intuition que, peut-être, «il n’y a jamais eu qu’un seul être humain sur la terre, une seul conscience», que tout le reste «n’est que le théâtre de son esprit» ; Nemo devra encore apprendre, sans toujours bien comprendre, qu’il «n’exista jamais qu’un seul homme, qu’Adonaï créa dès la première étincelle du premier jour (…), un seul être humain à l’image du Grand Homme créé lors du bereshit», et vivant «dans un seul temps, hic et nunc», mais ayant perdu la conscience de l’Unité et croyant «voir une foultitude». Ce n’est jamais que «le joueur de bonneteau» qui n’en finit pas de nous bluffer «avec ses manigances». Celui-là n’est que «l’Ombre. Ou plutôt l’ombre de l’Ombre. Lorsqu’il choisit d’apparaître, il prend les formes les plus inattendues, les plus déroutantes, et, au vrai, les plus fallacieuses. Alors, les oiseaux se taisent, le gibier se cache, le soleil se couche, la lune ne se montre plus. Ce monsieur Grimace est multiple, capable de se glisser en mille endroits, épiant les uns, traquant les autres, et toujours empochant la mise. Il se veut saltimbanque de l’absolu et ne véhicule que le néant.» Nemo finira par comprendre qu’il doit le rejeter pour expulser hors de lui-même ses doubles de ténèbres — et Gambier que «nous nous sommes créés un personnage, parfois plusieurs» mais qu’«au fond, nous ne sommes personne». Vanité de la psychanalyse ; vanité du «moi» — vanité des vanités : la découverte du pot aux roses annonce le fin mot de tout. Elle rend possible l’extinction des feux, la dissipation des chimères, l’ensevelissement dans le silence régénérateur de «notre Mère à tous, la seule et unique Grande Madame, invisible aux yeux, inscrite dans les cœurs, (…) pur concentré de bonheur et d’amour» : «certains l’appellent la Vierge, d’autres Kouan-Yin, mais elle n’habite aucun nom. Elle est le vent, l’esprit, l’éclat de lune sur l’étang nocturne, l’étincelle de joie dans le regard d’un enfant. Vous voyez ? Vous voyez ?»
C’est tout vu ! Et que le lecteur se rassure : il pourra sortir du roman de Frédérick Tristan comme si de rien n’était, c’est-à-dire bien vivant, pour réintégrer l’ordre rassurant des références savantes et du «discours sur» ; pour peu qu’il soit pressé de retrouver le plancher des vaches, la stabilité de ce monde-ci, il sera libre, par exemple, de n’apercevoir dans ces Dernières nouvelles de l’au-delà, qu’une habile fiction inspirée de la Divine Comédie. Gambier — et, tour à tour chacun des autres personnages, qui n’en sont jamais que des modifications secondaires transitoires —, n’est-il pas assimilable à Dante guidé par Béatrice («Béa») de «l’Enfer» au «Paradis» en passant par le «Purgatoire» ? Chaque personnage n’apparaît-il pas, au cours de ces «voyages », comme la personnification d’une passion ou d’une vertu ? Gambier, qui incarne longtemps la «raison» scientifique ne pourrait-il être assimilé lui-même à la figure de Virgile dans la Divine Comédie, avant de se laisser conduire au paradis par l’humble et douce Béatrice ? En somme, rien n’oblige ici celui qui a des yeux mais qui ne voit pas, des oreilles, mais qui n’entend pas, à dépasser le stade de la lecture allégorique d’une œuvre littéraire. Mais le lecteur qui sait (ou qui a l’intuition) que la Divine Comédie elle-même est une œuvre dont le sens profond, comme l’a montré R. Guénon, est «métaphysique dans son essence» et «initiatique» (1), se verra peut-être suggérer, ici, une tout autre lecture, non moins jubilatoire que l’autre — car notre auteur, maître de la langue et prince de la Fiction, est un prodigieux romancier ! —, mais éminemment sapientielle.
Contentons-nous de noter, à cet égard, que pas un des 56 chapitres de cet extraordinaire roman ne recèle une véritable leçon spirituelle ou métaphysique, et que les 55 premiers ayant conduit le lecteur jusqu’à l’entrée d’une certaine grotte, au flanc d’une montagne située dans un jardin, au centre d’une île, le 56ème lui ouvre rien de moins que la perspective de l’ascension des «états multiples de l’être»… «Le baron demanda à son compagnon d’attendre devant l’entrée tandis qu’il pénétrait dans l’amas rocheux pour avertir le gardien de leur venue. Gambier s’aperçut alors qu’un arbre colossal avait pris racine au sommet de la grotte et que ses racines l’entouraient comme pour la protéger. Cet arbre était d’une taille si élevée qu’aucun regard n’aurait pu en distinguer la cime. Une source vive jaillissait à son pied, à droite de l’ouverture de la caverne. Le chant de cette eau était si harmonieux que les oiseaux eux-mêmes se taisaient pour l’écouter.»
Que celui qui a des oreilles, entende !



"Si le monde est une chimère, si la mort n’est plus qu’une récession, n’est-ce pas parce que tout a été mis à l’envers et que la grande affaire de l’existence est de tout remettre à l’endroit — ou plutôt de parvenir à dépasser et abolir ces oppositions ?"


Du mot qui crée au mot qui sauve

La question de savoir si Frédérick Tristan est romancier ou métaphysicien n’a que peu d’intérêt : il est évident qu’il est les deux, moins peut-être par goût du roman et de la métaphysique — comme on dirait d’un fin gourmet qu’il aime le veau Orloff et les crêpes Suzette — que parce que l’art du roman, chez lui, confine (sur)naturellement à la métaphysique. Il faut comprendre l’œuvre de Tristan comme une tentative absolument folle, et peut-être sans véritable précédent, mais nullement désespérée, d’épuiser le «réel» (ce qu’il est convenu de désigner par ce mot avant qu’on commence à douter qu’il ait le moindre sens commun). Non pas de décrire le réel (nul écrivain, à cet égard, n’est moins réaliste), ni même à proprement parler de l’explorer, mais d’en suivre les lignes de fuite pour mieux se fondre dans ses ombres et dans ses lumières, d’en épouser les sinuosités et les entrelacs pour s’immiscer entre ses paradoxes et en éprouver les subtiles contradictions — thèse, anti-thèse et prothèse, Masques et Bergamasques ! Ce qui intéresse Tristan ce n’est pas la «forme» (matérielle) du réel, avec sa solidité illusoire et ses vaines dimensions rassurantes ; c’est de s’abîmer dans le flux et le reflux incessant de ses miroitements et de ses sortilèges pour trouver la passe entre la combustion et le feu — c’est de perdre le sens de toute mesure possible du “réel” pour contempler, un court instant (et laisser entrevoir à son lecteur subjugué !), sa longueur, sa largeur, sa hauteur et sa profondeur, qui ne sont pas de ce monde. Un court instant, car ce vin fort n’est pas fait pour toutes les veines et surtout parce que nous sommes là, on l’aura compris, dans une littérature des confins, sur un chemin des douaniers qui va et vient d’un ordre de réalité (ou de surréalité) à l’autre, où les frontières, comme tout le reste, ont un caractère fictif et aléatoire. On pourrait craindre de se perdre dans ce qui apparaîtra peut-être comme une sorte de “jardin enchanté” à ceux qui sont sans imagination et sans courage, et qui croient que les contes sont écrits pour faire peur aux enfants ! Frédérick Tristan, pourtant, n’a jamais égaré ses lecteurs — pas plus qu’aucun de ses héros, du Balthasar Kober des Tribulations Héroïques (2), à Xi Fei de Tao, le Haut Voyage (3) en passant par Ali, le charpentier de L’Amour pèlerin (4). Ce qui est vrai, c’est qu’il les met toujours en présence d’un jeu divin, qui peut les éprouver jusqu’au vertige et à l’éblouissement, et qui n’est autre que la mise en roman du mystère même de la Création (à moins que celle-ci ne soit elle-même une fiction et Dieu le Grand Romancier de l’Univers et des Mondes ?). Peut-être faut-il comprendre, comme ici encore avec ces Dernières nouvelles de l’au-delà, que puisque le mot crée, autrement dit puisqu’il renvoie à l’acte créateur lui-même, la seule quête qui vaille n’est autre que celle du mot qui sauve, enfoui dans le Grand Silence de l’au-delà de tout… ?

J.-M.B.



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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Sam 27 Oct 2007, 11:52

Pinocchio ouvre sa voie se ra-conte à travers le Père "La Cerise". La cerise sur le plan symbolique est le V.I.T.R.I.O.L.? je l'écrivais à plusieurs reprises ici... Cela n'est pas imprimé...

Pourquoi ? ****
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 31 Oct 2007, 14:18

J'ajoute à ce que j'ai posté en direct, au courriel de ce site... qu'outre toutes les précisions apportées, il faut aborder ce conte, comme la représentation voilée des ( sciences universelles ) les 2 A. les 2M. et du S.

- L'astrologie,
- L'achimie,
- la Mythologie,
- La Magie
- le Symbolisme (commençant le sujet par la Cerise..V.I.TR.I.O.L.)

Lorenzini a encore de la famille vivante....

Sourire à Vous.....
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AMBRE

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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Mer 31 Oct 2007, 16:40

Un enfant de l’Arbre de Liberté



Le symbolisme, comme médiation entre nos subjectivités, ouvre un espace de libertés mentales qui met en scène l'échange de nos connaissances. L'analogie a ceci d'intéressant, c'est qu'elle projette l'esprit dans toutes les directions jusqu'à l'infini avec pourtant un sens, une correspondance logique, une orientation du mouvement dont le début peut être un mot ou une lettre pour ceux qui ne savent qu’épeler. Mots ou lettre qui se donnent comme des codes énigmatiques.




La fonction symbolique est cet ensemble de phénomènes de significations que nous allons lui attribuer et qui nous permettent de construire un système plus ou moins conscient de représentations collectives dans lequel nous allons nous reconnaître. Le code partagé organise un minimum d'ordre autour de ce que j'appellerai une culture.




Nous allons donc décoder ensemble les mots qui racontent, qui racontent quoi justement ?......
²Il était une fois ….²




Un roi ! … me diriez-vous ?




Non, vous vous trompez, il était une fois un morceau de bois.




Ce n’était même pas du bois de luxe mais une simple bûche, comme celle que l’on mettait à la veillée dans la cheminée.




Une bûche de Noël ; la bûche nouvelle qu’on laissait entourée des tisons provenant de celle de l’année précédente et conservés à cet effet.




Je ne sais pas comment le fait arriva, mais toujours est-il que ce morceau de bois se trouva un beau jour dans l’échoppe d’un vieux menuisier.




Le bois est la matière première par excellence ; la base des premiers artisanats.




Le symbolisme général veut qu’il recèle à l’état latent la sagesse et la science surhumaine.




Il était l’un des cinq éléments de la croyance chinoise avec la terre, l’air, l’eau et le feu.




Ce morceau de bois était destiné à devenir un pied de table sous les outils de Maître Antoine, le menuisier surnommé « Père la Cerise » à cause de la pointe de son nez qui était luisante et rouge comme une cerise mûre.




Mais au moment où il allait donner son premier coup de hache, il resta le bras en l’air ; ne venait-il pas d’entendre une toute petite voix qui suppliait :




« Oh ! Ne frappe pas si fort ».




Représentez-vous l’ébahissement de ce brave Père la Cerise , qui en tomba comme foudroyé et perdit les sens. Il paraissait transfiguré et la peur avait changé jusqu’à la pointe de son nez.




Elle était devenue turquoise.




La Cerise est le symbole de la dévotion à la vie, à la recherche de la vérité par la voie intérieure, le vitriol des initiations occidentales.




Ce nez symbole de la clairvoyance passe du rouge, l’athanor des alchimistes, symbole de la vie matérielle ; au bleu de l’immatériel, du divin, de l’incréé, de l’âme ; au bleu de la turquoise, le soleil au Zénith.
Maître Antoine au simple contact de ce morceau de bois passe de la volonté créative au sublimé, comme frappé par la connaissance.




Il est l’origine, Antoine, Antonio, Ante Gnosis, avant la connaissance.




A ce moment là on frappa à la porte.




Alors entra dans la boutique un petit vieux très alerte qui se nommait Geppetto, mais que les enfants du voisinage surnommaient Polenta à cause de sa perruque jaune qui ressemblait énormément à de la bouillie de maïs.




Le Maïs est le symbole de la semence originelle mais également du Soleil, du Monde et de l’Homme.




Dans le Popol-Vuh, le livre de l’origine de toutes les croyances, le premier homme détruit par une inondation était fait d’argile, le second dispersé par une grande pluie, était de bois, seul le troisième est notre père, il est fait de maïs.




Celui-ci avait imaginé de fabriquer de ses propres mains, un beau pantin en bois, mais une merveille de pantin qui sache danser, tirer l’épée et faire le saut périlleux.








Geppetto désirait un peu de bois. Le Père la Cerise , tout joyeux, s’en fut aussitôt prendre sur l’établi le fameux morceau qui lui avait causé tant de frayeur et le remit à Geppetto .




A peine rentré chez lui, celui-ci prit à la hâte ses outils et se mit à tailler dans le bois pour fabriquer son pantin.




Je l’appellerai Pinocchio. Ce nom lui portera bonheur.





Solange Sudarskis ???

Citation :
Prosodie:
La prosodie est, traditionnellement, la partie de la grammaire qui traite de la quantité et de l'accent. Réservé tout d'abord aux langues antiques, grec et latin, le terme a, dès la Renaissance, été appliqué, avec la même signification, aux langues modernes. La Prosodie de l'abbé d'Olivet (1736) a longtemps fait autorité pour ce qui concerne les règles de quantité syllabique en français.

La linguistique a redéfini la prosodie comme l'ensemble des phénomènes dits supra-segmentaux, c'est-à-dire échappant au découpage de la chaîne parlée en phonèmes : en gros l'accent, la quantité et l'intonation. Sur ce terrain, la prosodie est complémentaire de la phonologie.

C'est par abus qu'on appelle parfois prosodie l'ensemble des règles de construction des vers. C'est la métrique, et non la prosodie, qui traite de la structure des vers : on devrait donc réserver le terme de prosodie aux propriétés intrinsèques des syllabes. Si la métrique a un lien avec la prosodie, c'est parce qu'elle est susceptible de s'appuyer (mais sans les englober) sur des propriétés prosodiques. Par exemple, la métrique gréco-latine se fonde sur la quantité (prosodique) des syllabes. Elle ne tient en revanche aucun compte de l'accent tonique, qui appartient pourtant aussi à la prosodie. Sur ce terrain, la prosodie et la métrique sont donc distinctes mais complémentaires, même s'il n'est pas toujours facile de délimiter très précisément leurs champs respectifs

voilà où vos petites charades m ont conduites...je n ai pas encore tout lu...les premiers mots sont déjà très évocateurs:

Citation :
-L’Abeille est encore un symbole solaire. Elle représente la sagesse, l’immortalité et la richesse. Elle est le lien social, le dévouement, le courage jusqu’à la mort, le labeur personnifié.

-La Cerise est le symbole de la recherche de l’invisible par la voie intérieure. Le vitriol de notre initiation.

-Quarante est le nombre de l’attente, de la préparation, de l’épreuve, du châtiment. Il marque l’accomplissement d’un cycle qui doit aboutir, non pas une répétition mais un changement radical.

-Peut-être n’est-ce qu’un commencement, un pas vers la sixième dimension. Vous pourrez m’objecter que Carlo Lorenzini dit Collodi, le vrai père de Pinocchio, n’était que l’auteur d’un feuilleton destiné à éponger ses dettes de jeu et réellement intitulé La Storia di un Buratino, l’histoire d’une marionnette.

http://solange-sudarskis.over-blog.com/article-651072.html
http://solange-sudarskis.over-blog.com/article-5303397.html
http://solange-sudarskis.over-blog.com/article-5745664-6.html

Bien à vous Prosodie!


nb:je n ai pas d explication à ceci:

Citation :
je l'écrivais à plusieurs reprises ici... Cela n'est pas imprimé...

Pourquoi ?
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MessageSujet: Fantasmes cinématographiques   Sam 16 Fév 2008, 17:44




Fantasmes cinématographiques
par Marc-André Cotton




Résumé : L’industrie du cinéma transforme et exploite un vécu émotionnel délibérément occulté et nous détourne de sa résolution. De nombreuses personnes, attentives à la vie prénatale et périnatale, confirment aujourd’hui ce que nous savons d’instinct sur l’importance d’une naissance naturelle.



Certaines évidences font l’objet d’un tel déni collectif que nous semblons voués à reproduire les conséquences de leur négation. Ainsi en va-t-il des conditions naturelles qui devraient entourer la conception, la gestation et l’accueil de l’enfant nouveau-né, mais qui rencontrent le mépris du corps médical et, plus largement, de la gent masculine qui devrait pourtant garantir la sécurité de sa descendance.




Enjeu occulté
Lorsqu’en 1924, dans son ouvrage Le Traumatisme de la naissance, le psychanalyste autrichien Otto Rank s’intéressa aux conséquences psychiques d’une anxiété qu’il associait à la naissance, il fut l’objet d’une campagne de calomnie et exclu du cercle des psychanalystes freudiens (1). Dans les années 40, le pédiatre et psychanalyste anglais Donald Winnicott avança, sans guère susciter l’intérêt de ses collègues, qu’un accouchement difficile avait eu une incidence pathologique sur ses jeunes patients. Comme il avait souvent observé ces derniers s’introduire sous sa veste, se retourner à l’intérieur et se laisser glisser entre ses jambes, il avait fini par conclure « qu’il existe bien une mémoire de la naissance. » (2)

Depuis, bien que de nombreux psychothérapeutes aient rapporté comment leurs clients se libèrent de certains blocages émotionnels en vivant en thérapie le ressenti d’une naissance traumatisée, l’enjeu que représentent les premiers mois de la vie pour la réalisation de l’être reste largement occulté (3). De nombreuses études confirment pourtant que les conditions physiologiques et psychologiques dans lesquelles la future mère vit la grossesse et l’accouchement influencent directement le fœtus et, par voie de conséquence, la manière dont ce dernier sentira la vie (4).

Lorsqu’il n’est pas accueilli par des parents aimants, conscients de l’importance de dénouer leur vécu familial refoulé, l’enfant vit les évènements qui jalonnent son existence en résonance avec ses empreintes prénatales et périnatales. La répression éducative lui en interdit bientôt toute expression considérée comme inacceptable socialement. L’enfant est contraint de refouler son vécu, de s’identifier au rôle que lui imposent ses parents et de se construire une personnalité dissociée, qu’il fera fonctionner comme un système de défense et d’agression par lequel il déjouera sa souffrance. Sur le plan collectif, la structuration de ce refoulement conditionne l’édification des hiérarchies sociales et l’évolution des sociétés humaines, chacun cherchant à faire prévaloir ses impératifs névrotiques dans le domaine qui l’occupe socialement.

Les sociétés antiques croyaient que l’univers était périodiquement « infesté », et qu’un rituel sacrificiel ou une guerre étaient alors nécessaires pour « purifier » le sang des divinités et rétablir le flux de la vie. Tous les mythes anciens décrivent le combat de héros légendaires luttant contre des monstres figurés comme dévorants ou étouffants: sphinx, méduses, araignées ou vampires, etc… (5) Dans l’imaginaire collectif, ces représentations fantasmatiques et les violences qu’elles impliquaient avaient pour fonction de maintenir le refoulement des traumatismes, dont personne ne reconnaissait l’émergence et le potentiel libératoire. Nos sociétés modernes ont élaboré des idéologies religieuses, des courants politiques et des créations culturelles qui ont la même fonction.




Inconscient collectif

Les productions cinématographiques ayant réalisé les meilleures ventes mondiales mettent en scène des luttes dramatiques - et toujours inégales - opposant une poignée de héros à une force gigantesque, qui menace de les précipiter vers leur destruction. Leur succès confirme l’intérêt que ces représentations fantasmatiques suscitent pour des millions de spectateurs à travers le monde. C’est le cas du Titanic de James Cameron (1998), récompensé par onze Oscars, qui vient en tête du box-office historique. C’est aussi vrai pour la trilogie de Peter Jackson Le Seigneur des Anneaux, pour La Menace fantôme (Star War I) de George Lucas (1999) ou, plus récemment, pour la série Harry Potter (6). Dans chacun de ces scénarios, le rapport au drame vécu par les héros représente un enjeu central pour l’ensemble de la communauté humaine. Au travers des mécanismes de sélection, de projection et d’identification, les spectateurs appréhendent ces luttes exemplaires dans la terreur des épreuves éducatives qu’ils ont subies et refoulées, intensifiées par la mise en scène dramatisée d’empreintes prénatales et périnatales.

Dans un ouvrage consacré à la naissance, Arthur Janov cite des témoignages de patients qui revivent au cours de leur thérapie la sensation corporelle de « [se] battre tout au long d’un passage circulaire » ; d’être « coincé dans un tunnel étroit, un puits ou un ascenseur » ; d’être « devant un mur » ou encore l’impression « de ne pas avoir de freins et de vivre les dernières secondes de [sa] vie » (7). L’empreinte de ce qu’il nomme la « souffrance primale » se manifeste par une activité cérébrale induite, impliquant par la suite des cauchemars récurrents ou des fantasmes qui contribuent à modeler l’inconscient collectif. Nous trouvons dans les productions cinématographiques des représentations de ce vécu, non reconnues comme telles, qui assurent par ce fait même une certaine notoriété à leurs concepteurs.




Naissances perturbées

De fait, nombre de films procurent au public une profusion d’images associées à une naissance rendue traumatisante par des conditions d’accouchement incompatibles avec son processus naturel : couloirs étroits, progressions laborieuses, situations d’oppression ou luttes frénétiques précédant une libération, sensations de vertige, etc… Lorsque les médecins imposent à la mère la position couchée, lui injectent un anesthésiant et la contraignent à accoucher sans intimité, ils perturbent gravement le déroulement de la naissance. Même administré localement, le produit chimique bloque des messages neuronaux et dérègle le cycle harmonieux des contractions utérines. Le bébé, drogué lui aussi, est affaibli et ne jouit plus de l’énergie lui permettant de se positionner convenablement. Après avoir ainsi entravé sa venue au monde, les médecins l’extirpent alors souvent aux forceps. Loin d’être exceptionnelles, ces modalités sont devenues la règle en matière d’accouchement, avec le développement de ce que l’obstétricien Michel Odent nomme « l’industrialisation de la naissance », dès la fin de la Première guerre mondiale (8).

Certaines mises en scène de l’industrie cinématographique sont particulièrement révélatrices de cet interventionnisme envahissant et de la configuration des rejouements qu’il implique pour les nouvelles générations. Dans Matrix (1999), le premier film de la trilogie des frères Wachowski, un héros prénommé Neo - qui signifie nouveau - est pressenti comme « l’Élu » qui pourra libérer l’humanité à condition qu’il accepte d’explorer « la Matrice » - une métaphore de la structure coercitive de l’éducation au refoulement. Il débute son retour vers le monde réel par une angoissante renaissance, où l’accompagne une poignée de « survivants ». Dans une ambiance d’urgence médicale, il est englouti par le tain glacé d’un miroir, puis se débat tel un fœtus pour s’extraire d’un milieu quasi-utérin, avant d’émerger au sein de la Matrice, chauve et nu, au milieu d’une effrayante usine à bébés (fig. 1 à 3). Saisi sans ménagement par les pinces métalliques d’un automate qui le tient à la gorge et le déconnecte, il est aspiré par un siphon et finit sa chute dans une fosse d’eau, avant qu’un bras articulé ne le dépose, sans connaissance, sur le pont du vaisseau des survivants.


Dernière édition par le Sam 16 Fév 2008, 17:58, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Sam 16 Fév 2008, 17:44







Fig. 1 à 3 : Neo est saisi à la gorge par le tain du miroir. Il plonge dans un monde quasi-utérin, avant d’émerger dans la structure de la Matrice. (Larry et Andy Wachowski, Matrix, chapitre 9 : Neo opte pour la vérité)

Dominés par les machines

La force évocatrice des images et du scénario de Matrix a fait de cette trilogie l’objet d’un véritable culte inaugurant, pour certains, un courant artistique propre au troisième millénaire. Cet attachement s’explique si l’on songe qu’aucune instance parentale, médicale ou médiatique ne reconnaît aujourd’hui la souffrance endurée par des générations de nouveaux-nés et d’enfants, du fait de l’inconséquence des adultes qui devraient les accueillir et les accompagner en conscience. Les épisodes II et III amplifient la sensation d’impasse qui débouche finalement sur une confrontation titanesque, à la mesure de cet enjeu non reconnu. Dans Matrix Reloaded, les hommes se terrent dans une ville au centre de la terre, assaillie par les Machines: des poulpes mécaniques ont envahi les canaux d’évacuation dans lesquels ils naviguent et menacent l’existence même de ce dernier refuge. Les dernières scènes de Matrix Revolutions montrent Neo en combat singulier contre un programme informatique humanisé à son contact et devenu incontrôlable, à l’image de la névrose parentale et sociale. Le sacrifice de « l’Élu » - approuvé par la hiérarchie des Machines en gage de sa propre survie - offre alors une rémission à la communauté humaine décimée.

Pour élaborer leur conte mythique, Larry et Andy Wachowski disent s’être inspirés de la puissance évocatrice des comic books de leur enfance, empruntant nombre de références aux mondes de la littérature, de la philosophie et des religions. Cependant, l’origine de leur idéation et de celle de leurs concepteurs artistiques est, quoiqu’ils en disent, plus profonde : elle réside dans leur propre rapport à la vie. Les fantasmes qu’ils mettent en scène dans leur trilogie renvoient notamment à l’extrême abandon qu’occasionne la rupture infligée à l’intimité de la mère et de l’enfant par la médicalisation systématique des pratiques obstétricales et les rituels éducatifs qui s’en suivent. Comme le souligne encore le Dr Michel Odent : « Il est aujourd’hui routinier d’attribuer le qualificatif de normal à toute naissance par voie vaginale, même s’il y a eu perfusions d’ocytocine, péridurale, forceps ou ventouse, épisiotomie et injection d’un médicament pour [précipiter] la délivrance du placenta. » (9) Nous refoulons ces sensations innommables, que l’industrie du cinéma réactive à travers des représentations fantasmatiques, comme celle de la Matrice à laquelle Neo et ses compagnons sont connectés par un câble électrique planté dans leur crâne, qui n’est pas sans rappeler le dispositif de monitoring interne souvent utilisé dans les salles d’accouchement (10).




Lien rompu

Dans son ouvrage Le Fermier et l’Accoucheur, qui vient de paraître en français, le Dr Odent pose cette question : « Quel est l’avenir d’une civilisation née sous péridurale ? » Il fait remarquer que lorsqu’on les force à mettre bas de cette manière, les brebis ne s’intéressent pas à leurs agneaux et les guenons à qui l’on inflige une césarienne ne s’occupent pas davantage de leurs petits. Toutes les sociétés traditionnelles ont cherché à perturber les premiers contacts entre la mère et son bébé. L’industrialisation de la naissance intensifie à l’échelle du monde les conséquences dévastatrices de cette grave anomalie relationnelle: de nos jours, le dispositif mis en place par le corps médical interdit à la plupart des femmes qui accouchent dans nos pays de garder un lien affectif naturel avec leur nouveau-né.

D’après les études de l’éthologue Niko Tinbergen, le déclenchement de l’accouchement, l’anesthésie générale, l’usage de forceps ou la perturbation quasi-systématique du premier regard entre la mère et l’enfant sont des facteurs qui altèrent la capacité d’aimer et prédisposent à l’autisme (11). Aujourd’hui, il nous appartient de réaliser en conscience ce que nous savons d’instinct sur l’importance d’une naissance naturelle pour l’enfant et pour l’humanité.

Marc-André Cotton
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Sam 16 Fév 2008, 18:07

Analyse très juste!!!

Merci!


Stéphane
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MessageSujet: Les jeux de rôles qu'en penser?   Ven 28 Mar 2008, 14:19

Je viens d avoir une discution avec mon fils de 14 ans et les dangers du net et des jeux de rôles!!
Une de ses" amie virtuelle du net" vient d être "tuée",oui tuée ,la tête tranchée à la suite d un jeu de rôle qui a mal tourné!
Son propre frère dans un état de transe lui a oté la vie!

Quels sont les dangers de tels jeux ,que se passe t il quand on passe du virtuel au réel?Les jeux de rôles qu'en penser?



Nés aux Etats-Unis (comme beaucoup d'autres phénomènes) dans les années 70, les jeux de rôles, connaissent un succès sans cesse croissant en France, depuis les années 80. Cependant, depuis quelques mois, une polémique s'est engagée à propos de ces jeux. Beaucoup les jugent dangereux, nocifs, voire démoniaques, si bien que les parents sont troublés et affolés vu l'attirance quasi magnétique des enfants, adolescents (et aussi de certains adultes) pour l'univers imaginaire et fantastique de ces jeux de rôles insolites et fascinants.
Certains faits divers semblent confirmer et alimenter cette crainte. On cite, par exemple, les cas d'un jeune lycéen, passionné de jeux de rôles, qui a poignardé à Istres, au mois de mai 95, son professeur pendant le cours de physique, ou de cet homme en Espagne, qui a été mutilé et égorgé par des jeunes qui le prenaient pour un "être malfaisant", ou encore de cet adolescent que l'on a retrouvé pendu dans la cour de son école. Même si jusqu'à maintenant rien n'a permis d'établir un lien de cause à effet entre les jeux de rôles et ces drames, les jeux de rôles sont lourdement suspectés (1). Les amateurs de jeux de rôles, de leur côté, désapprouvent la suspicion qui règne vis-à-vis de ces jeux, plaidant qu'ils sont inoffensifs, qu'ils s'agit simplement de jeux qui se déroulent dans l'imagination (les personnages sont fictifs), qu'ils permettent de passer un bon moment ensemble entre amis (ce qui est facteur de socialisation, d'intégration, tellement nécessaire dans ce monde individualiste où le lien social et le tissu associatif sont à reconstruire), et même qu'ils sont instructifs, et peuvent être une bonne méthode pédagogique.
Que faut-il penser de tout cela? (2)
Il faut dire que les jeux de rôles, grandeur nature, ne datent pas des années 80: qui, en effet, n'a jamais joué dans une cour de récréation aux cow-boys et aux indiens, aux gendarmes et aux voleurs? Qui ne s'est jamais identifié à tel ou tel personnage de télévision ou de romans? Quel prédicateur n'a pas eu la tentation de se prendre pour Billy Graham? Dans son expression la plus simple, nous avons donc tous expérimenté les jeux de rôle (3). Seulement aujourd'hui, le phénomène est moins naïf, il est plus complexe, plus élaboré, plus structuré et prend des allures différentes de l'ambiance des cours de récréations.
Qu'est-ce au Juste que les jeux de rôles?
Selon la revue des adeptes du jeu de rôles "Casus belli", il s'agit d'un " jeu de dialogue où des joueurs incarnent des personnages dans une aventure qu'ils vivent en interaction avec un meneur de jeu, suivant un scénario et des règles écrites, mais en improvisant" (4). Le jeu de rôles se veut donc une activité de stimulation ludique et réglée, basée sur une certaine interaction verbale d'un groupe de joueurs qui interprètent des personnages fictifs et d'un meneur de jeu qui anime un univers en réaction aux agissements (déclarés) des personnages. Les règles ne sont pas trop difficiles, le meneur de jeu (qui joue un rôle important) a en tête un scénario bien défini qui va servir de base aux aventures (fictives), des personnages. Chaque joueur est investi d'un personnage qui possède des capacités psychique, mentale, physique, sociale plus ou moins importantes.
Il faut se garder des amalgames et des généralisations rapides. Comme pour Internet, on trouve tout et de tout dans ces jeux de rôles: fantastique médiéval (sorcières, magiciens, dragons...), épouvante (avec des personnages diaboliques parfois), science-fiction, mais aussi beaucoup de références historiques, Préhistoire, Antiquité, Far West, Guerres mondiales... Une bonne part des rôles mis en scène sont inoffensifs, on peut y trouver l'occasion de se détendre, de s'évader, de vivre les sensations que procure un bon film d'aventure, mais en plus "vrai" (car on est soi-même acteur). Ils sont souvent amusants, conviviaux, stimulent l'imagination, et même pédagogiques, car pour jouer des personnages historiques, il faut recréer un univers historique précis, donc se documenter, c'est, par conséquent, une manière ludique de s'instruire. Apparemment, la plupart de ces jeux seraient inoffensifs (5), mais il faut rester vigilants et critiques, car des dérapages sont toujours possibles.

suite
http://www.info-sectes.org/roles/nisus.htm

extrait d un article très complet
http://solidariteetprogres.online.fr/Dossiers/Culture/Pokemon.html

Citation :
L’effet d’une drogue
La stratégie de marketing est incroyablement agressive. Dans le centre commercial où je me trouvais, il y avait une vingtaine de vendeurs qui dirigeaient les opérations : « Moins de lumière ici, plus de son là », et qui donnaient aux enfants des conseils sur la façon de jouer. On avait l’impression d’assister au recrutement des enfants dans une armée. Ils voulaient les convaincre de devenir « entraîneur » ou de rejoindre un club de Pokémon, leur indiquant l’adresse du magasin de Pokémon le plus proche. Et les enfants étaient totalement fascinés, mesmérisés.
Il y avait là une très petite fille et j’ai demandé à son père quel âge elle avait. Trois ans, répondit-il, et il était très fier qu’elle sache déjà jouer. On peut imaginer l’influence que ce jeu – qui est entièrement basé sur le combat, l’agression, l’attaque, la revanche, la destruction de l’adversaire – exerce sur l’esprit et la sensibilité d’un enfant de trois ans.
J’ai demandé à l’un des vendeurs, qui devait avoir entre 18 et 20 ans, s’il jouait aussi aux Pokémon. « Oh, non, j’ai des jeux plus élaborés. » Evidemment, Pokémon est comme une drogue douce utilisée pour initier les victimes à des drogues plus dures.
Comme chacun sait, il est facile d’influencer les enfants parce qu’ils apprennent avant tout par l’imitation et le jeu. Mais que doit-on imiter dans le cas de Pokémon ? L’agression. Ce qui manque totalement, c’est l’amour, la compassion, la joie, la beauté. Le jeu est entièrement mécaniste. C’est exactement à cela que pensait Norbert Wiener dans son livre Cybernetics, quand il affirme qu’il faut trouver un mécanisme neurologique qui corresponde à la théorie de John Locke sur l’association d’idées à partir d’expériences sensuelles. Dans Pokémon, il n’y a aucune découverte, aucune hypothèse, aucune créativité, aucune âme, aucune cognition. Pokémon est le Mangeur de Rêves qui dévore l’âme de l’enfant et le transforme en une petite machine à tuer potentielle.
Les parents des trois fillettes tuées dans le massacre de Paducah ont porté plainte contre les sociétés de jeux et de films vidéos suivantes : ID Software, GT Interactive Software, Midway Home Entertainment, Atari Corporation, Interplay Production, Nintendo of America, Atavision, Hepcon Entertainment, Sony International, Interactive Studios of America, Eidos Interactive et huit autres, et contre les producteurs de films suivants : Time Warner, Polygram Film Entertainment, Island Pictures, Palm Pictures, New Line Cinema et deux fournisseurs d’Internet.
Je pense que, pour commencer, c’est une bonne liste et que nous devrions ajouter celles qui n’y sont pas encore. Je suis d’accord avec Jack Thompson, l’un des avocats représentant les parents, quand il déclare qu’il faut mener l’équivalent d’une guerre nucléaire contre ces gens.
Thompson travaille aussi avec des enseignants, des parents et des étudiants d’une école de Flint (Michigan), dans laquelle les enfants reçoivent de l’argent pour remettre leurs jeux vidéos violents afin qu’ils soient détruits. Je propose que cet exemple soit repris à travers les Etats-Unis et partout dans le monde, car une oligarchie véritablement satanique a déclaré la guerre à nos enfants. Déclarons-lui la guerre !
Il dépend de vous que ce pays, et le reste du monde, aient une chance de survivre car, comme j’ai tenté de le démontrer, les jeux de guerre et ces jeux informatiques sont basés sur une même méthode.
Les armes à feu ne sont pas le problème en tant que tel – les enfants entraînés aux Pokémon vous tueront avec des flammes, des éclairs, de l’électricité ou n’importe quoi. Et plus il y aura de liens entre l’Internet et l’école, sans changement fondamental du système scolaire par ailleurs, plus nous aurons de petits monstres. Et ce ne seront plus uniquement des monstres Pokémon.


Dernière édition par AMBRE le Ven 28 Mar 2008, 14:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Ven 28 Mar 2008, 14:20


Risques et dangers de l'internet
Retranscription de l’intervention vidéo de Philippe van Meerbeeck, psychiatre et psychanalyste.

L’adolescence est l’âge des risques, peut-être par opposition à l’enfance, c’est l’âge où les risques sont nécessaires, inévitables et utiles pour grandir. Les adolescents sont aspirés, attirés par le risque. Tous les discours qui les mettent en garde en général contre les dangers qu’ils pourraient encourir, on le sait maintenant depuis vingt ans, ont un effet inducteur, donc ont plutôt tendance à avoir un effet qui n’est pas du tout productif dans le sens où l’on pourrait plutôt l’imaginer si on dit à un jeune « attention fumer c’est mauvais pour la santé » ou « rouler trop vite c’est dangereux » ou « boire trop c’est pas bon ». Leur inconscient, donc pas du tout leur conscience réflexive, capte ces discours sur un mode inducteur. La plupart des campagnes de prévention dans tous les champs qui touchent les jeunes de près ou de loin ont eu extrêmement peu d’effets, ont eu plutôt des effets toxiques. En revanche elles ont eu des effets secondaires peut être sont intéressants à relever en ce qui concerne Internet.

Les adolescents, idéalement, mais maintenant ça prend beaucoup plus de temps, ont à faire le même travail psychique que dans les cultures dites primitives. Dans ces sociétés, le travail d’initiation s’effectuait toujours d’une façon assez automatique, assez ritualisée. Dès que les garçons et les filles étaient pubères, ils étaient retirés du groupe, ils partaient dans la montagne pour faire une série d’épreuves, très différenciées pour les filles et les garçons. Il y avait une très réelle mise à l’épreuve, dont une épreuve physique et douloureuse avec un marquage sur le corps, destinée à ce que le jeune domine sa peur, sente où sont ses limites, parvienne à faire le deuil de l’enfant protégé qu’il n’est plus pour s’assumer dans un destin d’homme et de femme. Après coup le jeune peut choisir l’autre, il peut s’engager amoureusement et avoir une place dans la cité. Il y avait donc trois temps : un temps pour voir, un temps pour comprendre et un temps pour conclure.

Aujourd’hui il n’y a plus de rites. C’est pourquoi les jeux de rôles ont tant d’importance. Les jeux de rôles sont une espèce de magma d’images mentales, dans lesquelles on retrouve le Moyen Âge, les sorcières, les héros, les épreuves, mais c’est du virtuel, ça se passe avec une souris, donc on n’est plus dans la forêt avec la peur du noir. Il n’y a plus de rites, il n’y a plus de limites explicatives non plus, or il faut toujours continuer à quitter son père et sa mère, quitter son enfance, quitter ce fait qu’on n’est pas bisexuel, qu’on est donc qu’un homme ou qu’une femme en devenir et qu’on doit pour ça assumer ce manque et ces difficultés à vivre en étant désirant et en nouant un lien avec l’autre. Le travail reste le même mais il n’est plus du tout organisé dans un temps de passage ritualisé. Les risques, la mise à l’épreuve, permettaient de pouvoir sublimer le sentiment intérieur qu’on n’est pas tout, qu’on est limité, qu’il y a de la mort aussi au bout de la vie, que la sexualité est surtout la conscience qu’on ne peut pas se suffire à soi-même, qu’il y a du désir à se lier à l’autre, qu’il y a forcément toujours de la limite et qu’il y a de la castration au fond de soi-même. Le travail psychique de l’adolescent consiste à passer par un moment de castration, qui est un moment douloureux, et donc le rite du risque avec la mise à l’épreuve physique fait que le jeune dépasse sa peur et se met à mal. Et si le risque n’est pas là, le jeune s’en invente tout seul, pouvant aller jusqu’à des rites extrêmement dangereux parce qu’il n’y a plus d’adultes qui les organisent pour eux, sachant jusqu’où ils peuvent accompagner le danger, en le mesurant pour eux. Prenons l’exemple de la voiture, avec ces jeunes qui se tuent en bagnole, on ne leur a pas appris, on devrait les mettre sur des karts, sur des pistes protégées, mais comme il n’y a pas « d’initiation », il y a ce goût de la vitesse, cette espèce de jouissance extatique où on se met à mal. Idem dans le cas des Rave Party où les jeunes dansent durant 32 heures, vous vous rendez compte comme ils mettent à mal leur corps, et en même temps dans cette mise à mal il y a une jouissance.

La jouissance est quand même aussi une découverte adolescente, elle n’est pas limitée au plaisir. On peut avoir un sentiment très puissant en se mettant à mal. Les enfants ignorent tout à fait ça. Ils doivent passer par toutes ces expériences-là, se trouver une identité et alors une fois qu’ils ont conscience de leurs limites et de leurs manques à être et de leurs désirs, ils peuvent s’engager.

Je vais vous donner un exemple assez simple, par rapport à l’expérience adolescente qui est de découvrir la différence sexuelle, le sentiment amoureux et le lien à l’autre. Le travail de l’adolescent est de s’engager dans un lien amoureux et de faire un choix de vie. Je donnais des cours jusqu’il y a cinq ans sur la passion amoureuse, dans lesquels je disais aux étudiants que la passion commence par un échange de regards qui donne un sentiment illusoire dans le regard de l’autre qu’on est reconnu et qu’on est aimé (on doit avouer que ce n’est pas toujours vrai), après ça on tente de parler à l’autre, enfin on ose téléphoner, inviter à boire un verre, et déjà on tremble de peur, et là on passe par la parole. Et après le regard il va y avoir éventuellement l’écriture, on peut écrire une lettre d’amour. Maintenant les choses s’inversent, on peut chatter, on se reconnaît par de l’écriture, après on panique au moment où on envoie une photo laser, on se dit « elle va être affolée de voir la tronche que j’ai », et après quand on va se téléphoner on se rend compte que le désir est très menacé par les objets traditionnels du désir qui sont le regard et la voix, puisqu’on entre dans le lien passionnel par l’écrit.

Ce sont des choses qu’on n’aurait jamais imaginées, ce qu’on a enseigné durant 50 ans est complètement obsolète, parce que le Web a modifié assez radicalement aujourd’hui le rapport à l’écrit, le rapport à l’autre, le rapport à l’image.

Cela dit c’est un outil fantastique, c’est vraiment une chance exceptionnelle pour les jeunes d’avoir accès comme ça, de manière aussi simple, à un côté mondialisé, rapide, d’échange, de rencontre, de création de réseaux. On pourrait faire l’éloge de leur chance, dire que c’est fantastique d’avoir accès à ce moyen-là, de s’exprimer, d’imprimer, de pouvoir se refiler les travaux pour les devoirs et les leçons, c’est archi pratique. Cependant, demander un travail personnel à un jeune est devenu complètement complexifié parce que évidemment il tape quelques mots-clés et il reçoit tous les textes. Il ne va plus aller à la bibliothèque, chercher, demander, comparer, lire. Mais cela dit, ce qui peut devenir problématique, comme pour l’ecstasy, c’est l’usage que certains sont occupés à faire du Web pour éviter le travail psychique qu’ils ont à faire quand même, qui serait d’aller vers l’autre. Plutôt que de se parler à la cour de récréation et de s’inviter à aller boire un verre, on se précipite sur son portable et l’on envoie un SMS, on rentre à la maison en courant pour chatter ou bien pour envoyer un mail. Il y a évitement de la rencontre naturelle entre deux jeunes, un garçon et une fille qui pourraient se désirer ou bien qui pourraient, c’est aussi l’âge de l’amitié, devenir amis. La rencontre est parasitée par l’outil qui donne un sentiment de rapidité et de proximité, mais qui est une fausse proximité car c’est l’écrit qui est entré en jeu à l’avant-plan. Il y a 10 ans on se serait battu comme des fous pour que des jeunes s’écrivent des lettres et maintenant ils passent des heures à chatter. Il s’agit ici d’un premier changement.

Le deuxième changement se retrouve dans l’illusion du réseau. Je suis très frappé par des jeunes, ceux qui vraiment pètent les plombs, qu’on retrouve aux urgences où les parents appellent en disant « il a passé la nuit sur son PC et puis ce matin il est complètement délirant ». J’ai vu un gamin de 15 ans qui se prenait pour le Christ, pour un super esprit qui voulait régenter le monde. Il était complètement dans une phase insomniaque alors qu’il n’est pas psychotique du tout, mais il a 14 ans et dès qu’il rentre de l’école, il allume son PC et il se met en réseau, avec des espèces de grands jeux de rôles, où 200, 300, 400 personnes jouent en même temps, ils découvrent des villes imaginaires, des îles neuves, des personnages avec des poings et des pouvoirs magiques, fabuleux. Lui il s’était construit un chevalier, un prêtre, une espèce de gourou et puis un bandit. Il rentre dans le jeu comme un fou, je crois qu’il est extrêmement doué, avec un sentiment de toute-puissance parce qu’évidemment, imaginairement tout est possible, avec des surprises. Le jeu de rôle est intéressant comme déploiement imaginaire, mais quand un jeune s’isole complètement, de sa vie personnelle (en tout cas familiale), amicale, amoureuse et n’est plus que dans ce monde-là imaginaire, ça devient dangereux. Le jeune se retrouve dans un monde clos dans lequel l’imaginaire est illimité et tout-puissant, dans lequel des pouvoirs magiques viennent camoufler le travail psychique qu’il a à faire, qui est de découvrir son manque en lui et le besoin d’aller vers l’autre, parce que l’autre est un personnage-type virtuel. Ça donne, comme l’ecstasy, une parade nouvelle, que les adultes n’auraient même pas pu imaginer auparavant, qui permet au jeune, en tout cas un certain temps, de ne pas faire le travail psychique qu’il a à faire.

Il y a évidemment des dangers d’accoutumance, des dangers de dépendance psychique énorme, il n’y a plus que ça qui intéresse le jeune, c’est là qu’il est heureux et tout le reste compte pour du beurre. Ce qu’il aime, c’est rentrer à 4 heures, ouvrir son PC avec un milk-shake ou bien une boisson extrêmement sucrée, ou même avec un joint. Il y a comme ça une sorte de parade au travail psychique qu’il a absolument besoin de faire, qui est permise par cet outil nouveau, cette technologie nouvelle qui évidemment lui donne un sentiment absolument de toute puissance. C’est des choses qu’on ne pouvait pas imaginer auparavant mais qu’on observe maintenant et qui sont quand même inquiétantes. Il y a là un travail d’adolescence qui est toujours le même, même s’il a pris des couleurs particulières, on invente des outils à leur disposition pour en quelque sorte contrer les leurres éducatifs dans lesquels beaucoup d’adultes les ont fait baigner durant des années.

Je pense qu’il faut vraiment repenser l’éducation à l’amour, je pense que depuis 15 ans on ne parle que de cul ou de sexe de manière technique, les adolescents sont hyper informés, et du reste extrêmement angoissés car ce n’est pas si simple de voir des images pornographiques et des performances érotiques telles qu’on peut les voir. Parce que évidemment on sait bien que c’est truqué, on a du mal à imiter la performance. L’éducation à l’amour est un éveil à l’intelligence du lien, c’est l’âge de la vie où les capacités intellectuelles sont les plus puissantes, comme les capacités érotiques ou sexuelles. L’un va avec l’autre, c’est parce qu’il y a cet avènement pubertaire de la pensée intellectuelle, de l’accès au concept, de la capacité de penser des choses, de les associer, de comparer et de créer, c’est absolument inouï. Ne pourrait-on pas s’appuyer sur cette capacité-là, sur ce potentiel-là pour éveiller l’intelligence des jeunes. En mettant des mots justes sur des questions qui les habitent, en les aidant à mettre en relief l’idée de « Est-ce que Dieu existe ? Qu’est-ce que la mort ? Comment se construit un homme… et une femme ? Qu’est-ce que c’est que le désir et le rapport amoureux ? Quelle dimension a le sexuel dans le lien amoureux ? Quelle est la vraie dimension du lien amoureux ? ». Les jeunes sont très avides de cela. Mais qui leur parle de cela franchement aujourd’hui ? Où dans l’enseignement, où dans les familles, où dans des lieux d’échanges en parle-t-on ? Quelles sont les familles qui prennent encore le temps de se réunir, de voir un film ensemble, de pouvoir en discuter, de manger ensemble ? Et où peut-on commencer à débattre de la peine de mort, du procès Rwanda, de génocide, de l’amour, de la mort, du désir et où des parents sont prêts à témoigner ? Ces questions restent celles des jeunes, il faut chercher à les comprendre, à partager la lecture ou la vision d’un film, un débat d’idées. C’est vraiment important, parce que alors on réveille en eux un réel potentiel vraiment subtil, d’accointance, d’articulation de leurs émotions, de ce qu’ils vivent dans leur corps, dans leurs liens. Il est temps d’essayer d’y penser. Je dirais même que le Net peut alors devenir un outil fabuleux. Chercher avec eux, s’intéresser, mettons, au génocide Rwandais, comment un homme peut devenir le bourreau de l’autre, c’est une question quand même passionnante. Est-ce que beaucoup de profs prennent le temps d’en parler maintenant dans leurs cours ? Est-ce qu’il y a beaucoup de parents qui le soir en entendant les nouvelles discutent de cela avec leurs enfants, de l’envie de tuer, d’aimer, de la peur. C’est de ça que les jeunes ont terriblement besoin.



http://www.educaunet.be/adulte/ref_risque%20et%20danger%20de%20internet.htm
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Ven 28 Mar 2008, 14:29



Un rôle pédagogique pour les jeux de rôles ?
Par Michel Arnaud et Mehdï Serdidi, article paru dans notre numéro 396, l’Odyssée des réseaux (2001)




Les jeux de rôles plaisent à de nombreux jeunes. Ils peuvent aussi se faire virtuellement, à travers le « net ». Et si on se servait de cette passion pour débloquer les élèves ?



Le domaine de cette recherche concerne les jeunes défavorisés mis en contact avec Internet dans les lieux publics d’accès au Web, du type cybercentres, télécentres, maisons du savoir ou autres. Des lieux où l’on est initié à l’accès à Internet, mais où l’animateur n’a pas vocation à assurer le rôle d’enseignant. Face à une demande d’au moins la moitié des utilisateurs des cybercentres qui souhaitent développer un projet personnel — ce qui nécessite précisément d’avoir la capacité d’accéder aux sources de savoir sur Internet et de pouvoir en tirer les éléments nécessaires à la construction du projet — l’objectif de cette recherche est de leur apporter des solutions.

Apport des jeux de rôles et effet Pygmalion

Dans les jeux de rôles, les jeunes sont très impliqués. Un « maître de jeux » propose des profils de caractère ou des compétences, mais chaque joueur crée lui-même une entité symbolique, ce qui produit un véritable transfert vers un personnage imaginaire que le maître des jeux contrôle et stimule à l’occasion [1].
À partir de la constatation de ce transfert, on observe que certains jeunes en échec scolaire prononcé, se révèlent tout à fait différents dans le cadre des jeux de rôles. Il se produit un décalage intéressant entre le moi habituel de l’individu et la personnalité qui se révèle au travers du personnage. On sait bien que l’opinion qu’on a de soi en situation d’apprentissage est influencée par les résultats obtenus dans le système scolaire et que, réciproquement, cette opinion produit un blocage psychologique en cas de situation d’échec, avec création d’un cercle vicieux. Les jeunes de milieu défavorisé et en échec scolaire sont peut-être d’un type « chercheur d’aide » fortement contrarié. Passer dans la peau d’un personnage leur donne une autre perspective, une distance salutaire qui permet d’éliminer temporairement la pression, qui empêche de penser, parce que sinon ça fait trop mal, à ce qui « colle » à sa propre peau.
Ce déplacement produit donc une libération du moi apprenant « bloquant » au profit d’un autre moi, celui-ci joué, libre de toute connotation négative et donc ayant retrouvé, grâce à l’absence de tout complexe, un appétit d’apprendre intact. Un exemple presque parfait peut être donné avec le cas d’un jeune en échec, qui a accepté de jouer le rôle d’un informaticien et qui demande qu’on lui explique comment utiliser Internet car son personnage a besoin de cette compétence. Dans ces conditions, l’effet Pygmalion [2] est à utiliser de manière constante par le maître des jeux qui doit persuader ses joueurs qu’ils peuvent franchir les obstacles qu’il leur oppose et les encourager en conséquence. Le MJ doit aussi conférer des compétences car l’effet Pygmalion joue aussi grâce à cela, en persuadant les joueurs qu’ils en possèdent certaines.

Apport du virtuel

Transposer un jeu de rôles sur Internet ne présente pas de difficulté majeure. Le maître des jeux intervient par courrier électronique, « forum » et « chat » interposés. La présence physique dans la même pièce est perdue mais le pouvoir du maître des jeux ne diminue pas, bien au contraire. On a pu le constater. Les effets décrits plus haut tels que le déblocage des capacités d’apprendre et l’effet Pygmalion sont constatés de la même manière dans un jeu de rôles virtuel. Deux éléments nouveaux viennent se greffer du fait du virtuel : la possibilité multipliée d’exploration de sources de savoir grâce à Internet ainsi que la richesse d’évocation des mondes en trois dimensions.
La mise à disposition des ressources d’Internet, en guise de trésors à découvrir accroissant la connaissance et donc le pouvoir de tel ou tel joueur, est possible à partir du moment où les outils d’exploration sur le Web sont maîtrisés. Cette donnée est à inclure dans la méthodologie du maître des jeux qui doit s’assurer du degré d’ autonomie de chacun de ses joueurs.


suite et controverse

http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2735
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Ven 28 Mar 2008, 15:48






Il faut surement être doté d'un culot insensé pour oser apporter sa propre contribution au débat après le très long , très beau et très documenté d'Ambre. Père d'un garçon de 21 ans et d'une fille de 18, passionné moi même par les ordinateurs, il me faut reconnaitre que nos outils informatiques constituent des refuges et que nous avons de moins en moins de temps à consacrer aux contacts directs avec les autres.
Si j'interviens dans ce débat c'est parce que Ambre prête à la construction psychologique des adolescents des questionnements existentiels auxquels très peu d'adultes ont trouvé une réponse même à l'issue d'une très longue vie comme par exemple quelle est la nature et la participation réelle de l'activité sexuelle dans la relation amoureuse.
Le grand danger des jeux de rôles sur internet ou sur computeurs personnels, ne consiste pas en ce que les adolescents se plongent dans l'imaginaire, mais plutôt que le jeu vidéo est un moyen de se soustraire à la gravité terrestre et d'oublier la lourdeur de son corps. L'esprit vogue librement dans l'imaginaire numérique binaire et se coupe effectivement de la réalité dense et des devoirs (scolaires comme humains) qu'impose une vie dans la matière.
Autrefois, les humains tentaient de s'échapper à la lourdeur de la vie par des pratiques religieuses, des créations mentales d'êtres éthérés comme les anges par exemple. Mais ils ne se coupaient pas comme aujourd'hui de la réalité physique.
Certains êtres dont je fais partie se souviennent de leurs rêves nocturnes, parfois merveilleux ou cauchemardesques auquels succède un réveil difficile et la conscience des lourdeurs.
Les jeux de rôles en vidéo représentent dont des pseudo rêves que les adolescents vivent à l'état d'éveil physique et et de ce fait agissent avec leur entourage proche comme des somnambules.
Faut-il déplorer ou le souhaiter les jeux de rôle? ceci est une grave question et ce n'est pas votre serviteur qui tentera d'y répondre.
Ce que j'ai compris (je crois), c'est que nos âmes se sont incarnées dans des corps peu maniables avec la seule obligation de comprendre le monde, d'en déterminer les limites et les espoirs et que de ce point de vue personne n'échappera à son destin, pas plus les adolescents dans leurs jeux de rôles que leurs parents qui les regardent. Plus les rêves seront nombreux, plus durs seront les réveils.
Ce qu'on peut regretter quand même, c'est que les progrès en informatiques ahurissants, les talents des créateurs reproduisant des mondes criant de réalisme, hallucinants de beauté ne sont uniquement dédiés qu' à la violence, omniprésente dans les jeux.
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Ven 28 Mar 2008, 17:01

Ce que vous dites m'interpellent, mon mari aime beaucoup les jeux de rôles.

Il a achté des cartes et j'y ai joué une fois, franchement j'ai un peu de mal à comprendre, et les images représentées ne sont pas très belles je trouve, et il faut écraser l'autre par des sorts. A jouer avec modération alors !
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MessageSujet: Re: Fiction romanesque et réalités spirituelles   Sam 29 Mar 2008, 00:27

Les jeux de rôle sur internet et ailleurs commencent à prendre de l'empleur. C'est parce que ce monde est tellement mécanisé, automatisé, et que l'on sait même déjà a l'avance ce qui va se passer a peut près que l'on invente des réalités virtuelles pour..... je sais pas pourquoi, pour oublier peut être.

Même si les jeux de rôles on des vertus thérapeutiques, comme faire travailler la logique, les réflexes, l'imagination, etc.. Ce n'est pas la réalité, la réalité est dehors avec les ptits oiseaux. Mais quand on cherche on trouve toujours moyen de justifier les choses...

Comme ce bonhomme (j'ai oublié son nom) qui a acheté une île sur Second Life (Réalité virtuelle) pour X millions.

Aujourd'hui la réalité virtuelle (RV) va de plus en plus loin, on peut être en immersion totale dans un monde virtuel grâce aux "nouvelles ?" technologies. Et les écrans holographiques commences à venir sur le marché.

Le pire dans tout ça, c'est que y'a des fois quand ma petite cousine de 6 ans me parle je comprend rien à ce qu'elle raconte parce qu'en fait elle répète des trucs qu'elle a entendu dans un de ces jeux de rôle ou dessin animé bizaroïde.

Oui, les jeux de rôles sont mauvais, ils endorment beaucoups de gens dans une réalité de substitution. Ils pervertissent la nouvelle génération. Et tout ce qui est modes et symboles finit toujours de la même manière...
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