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 LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...

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MessageSujet: suite 2 Existe-t-il une « pédagogie blanche » ?   Dim 26 Juin 2016, 09:47

Ce chapitre du livre d'Alice Miller C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant (Aubier, 1984, trad. Jeanne Etoré, pp. 113-123) est situé à la fin de la 1ère partie. Cette partie, consacrée à la « pédagogie noire » (d’après l’ouvrage de Katharina Rutschky, Schwarze Pädagogik, Ullstein, Berlin, 1977), cite longuement des manuels d’éducation des XVIIIe et XIXe siècles, dont celui du fameux Dr Schreber, père du paranoïaque Schreber analysé par Freud… Dans la 2ème partie, Alice Miller développe trois exemples : la vie de Christiane F. (cf. Moi, Christiane F., droguée, prostituée, Mercure de France, 1981) ; l’enfance d’Adolf Hitler ; le cas de l’assassin d’enfants Jürgen Bartsch. (On trouvera d’autres extraits de C'est pour ton bien dans cet article de J.-F. Grief repris sur le site d 'Alice Miller ICI)

Existe-t-il une « pédagogie blanche » ?
par Alice Miller



[...] C’est l’éducateur, et non l’enfant, qui a besoin de la pédagogie

Le lecteur aura compris depuis longtemps qu’en fait, les « principes » de la « pédagogie noire » sous-tendent toute la pédagogie, si bien voilés qu’ils puissent être aujourd’hui. Etant donné que des ouvrages comme celui d’Ekkehard von Braunmühl(1) dénoncent très bien l’absurdité et la cruauté de la doctrine de l’éducation dans la vie actuelle, je crois pouvoir me contenter d’y renvoyer le lecteur. Si j’ai plus de difficulté […] à partager son optimisme, cela provient sans doute de ce que l’idéalisation de leur propre enfance par les parents me paraît un obstacle inconscient énorme à leur [?] processus d’apprentissage.
Ma position antipédagogique n’est pas non plus orientée contre un certain type d’éducation, mais contre l’éducation en soi, même lorsqu’elle est anti-autoritaire. Et cette attitude repose sur des expériences que je relaterai plus tard. Pour commencer, je voudrais souligner qu’elle n’a rien en commun avec l’optimisme rousseauiste de la bonne « nature » humaine.

D’abord, je ne vois pas l’enfant grandir dans une entité abstraite qui serait la « nature », mais dans l’environnement concret de ses personnes de référence, dont l’inconscient exerce une influence considérable sur son développement.
Ensuite, la pédagogie de Rousseau est manipulatrice au plus haut point.
Il semble bien que, parmi les pédagogues, on ne s’en soit pas toujours rendu compte, mais Ekkehard von Braunmühl l’a étudié et prouvé de façon très pénétrante. Parmi les nombreux exemples qu’il donne, je citerai le passage suivant, tiré d’Emile ou De l’éducation :

Prenez une route opposée à celle de votre élève ; qu’il croye toujours être le maître et que ce soit toujours vous qui le soyez. Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même. Le pauvre enfant qui ne sait rien, qui ne peut rien, qui ne connoit rien, n’est-il pas à votre merci ? Ne disposez-vous pas, par rapport à lui, de tout ce qui l’environne ? N’êtes-vous pas le maître de l’affecter comme il vous plaît ? Ses travaux, ses jeux, ses plaisirs, ses peines, tout n’est-il pas dans vos mains sans qu’il le sache ? Sans doute, il ne doit faire que ce qu’il veut ; mais il ne doit vouloir que ce que vous voulez qu’il fasse ; il ne doit pas faire un pas que vous ne l’ayez prévu, il ne doit pas ouvrir la bouche que vous ne sachiez ce qu’il va dire.

(Cité par Braunmühl, p. 35. Emile, livre II, in Œuvres complètes, La Pléiade, vol. IV, p. 362.)


Ma conviction de la nocivité de l’éducation repose sur les constatations suivantes :

Tous les conseils pour l’éducation des enfants trahissent plus ou moins nettement des besoins de l’adulte, nombreux et divers, dont la satisfaction n’est pas nécessaire au développement de l’enfant et de ce qu’il y a de vivant en lui, et par surcroît l’entrave. Cela vaut même pour les cas où l’adulte est sincèrement persuadé d’agir dans l’intérêt de l’enfant.

Parmi ces besoins, il faut compter :
-premièrement, le besoin inconscient de reporter sur un autre les humiliations que l’on a soi-même subies dans le passé ;

-deuxièmement, le besoin de trouver un exutoire aux affects refoulés ;

-troisièmement, celui de posséder un objet vivant disponible et manipulable ;

-quatrièmement, celui de conserver sa propre défense, c’est-à-dire de préserver l’idéalisation de sa propre enfance et de ses propres parents, dans la mesure où la valeur de ses propres principes d’éducation doit confirmer celle des principes parentaux ;

-cinquièmement, la peur de la liberté ;

-sixièmement, la peur de la ré-émergence du refoulé que l’on retrouve chez son propre enfant et qu’il faut à nouveau combattre chez lui après l’avoir tué en soi ;

-septièmement et pour finir, la vengeance pour les souffrances endurées. Etant donné que, dans toute éducation, l’une de ces motivations intervient, [l’éducation est bonne tout au plus] à faire de l’enfant un bon éducateur. Mais en aucun cas elle ne peut l’aider à accéder à la liberté de la vie. Quand on éduque un enfant, il apprend à éduquer. Quand on fait la morale à un enfant, il apprend à faire la morale ; quand on le met en garde, il apprend à mettre en garde ; quand on le gronde, il apprend à gronder, quand on se moque de lui, il apprend à se moquer, quand on l’humilie, il apprend à humilier, quand on tue son intériorité, il apprend à tuer. Il n’a plus alors qu’à choisir qui tuer : lui-même, les autres, ou les deux.

Je ne veux pas dire pour autant que l’enfant puisse grandir à l’état complètement sauvage. Il a besoin, pour son développement, de respect de la part de sa personne de référence, de tolérance pour ses sentiments, de sensibilité à ses besoins et à ses susceptibilités, du caractère authentique de la personnalité de ses parents, dont c’est la propre liberté – et non des considérations éducatives – qui impose des limites naturelles à l’enfant.

C’est précisément ce dernier point qui crée de grosses difficultés aux parents et aux éducateurs, et ce pour les raisons suivantes :

1. Lorsque des parents ont dû apprendre très tôt dans leur existence à ignorer leurs propres sentiments, à ne pas les prendre au sérieux, à les mépriser même et à s’en moquer, il leur manque un sens essentiel dans les rapports avec leurs enfants. Pour y suppléer, ils recourent à des principes d’éducation qui sont des espèces de prothèses. C’est ainsi qu’ils auront par exemple peur de manifester leur tendresse, de crainte de gâter l’enfant, ou bien au contraire, dans d’autres cas, ils dissimuleront derrière le quatrième commandement [honorer ses parents] leur propre sentiment d’avoir été offensés.

2. Des parents qui n’ont pas appris, quand ils étaient enfants, à ressentir leurs propres besoins et à défendre leurs propres intérêts, parce qu’on ne leur en avait pas donné le droit, restent leur vie durant incapables de s’orienter eux-mêmes, et ils [doivent donc s’en remettre] à des règles d’éducation très strictes. Cette incapacité à s’orienter engendre, malgré ces règles, une très grande insécurité de l’enfant, qui peut prendre indifféremment une tournure sadique ou masochiste. Nous allons en donner un exemple : un père qui a été dressé très tôt à obéir doit, dans certains cas, se montrer cruel et violent pour forcer son fils à obéir, parvenant ainsi à imposer pour la première fois de sa vie son besoin de respect. Mais ce comportement n’exclut pas que s’intercalent des périodes de comportement masochiste, au cours desquelles ce même père supporte tout, parce qu’il n’a jamais appris à défendre les limites de sa tolérance. Sous l’effet des sentiments de culpabilité qu’il éprouve à la suite de la correction injuste qu’il vient d’administrer, il se montre tout à coup inhabituellement permissif : il éveille ainsi l’inquiétude de l’enfant, qui ne supporte pas de ne pas savoir quel est le véritable visage de son père et adopte un comportement de plus en plus agressif et provocant pour l’amener à perdre patience. C’est ainsi que l’enfant assume en définitive le rôle de partenaire sadique qui remplace les grands-parents, à la différence que le père peut le dominer. Ce type de situations – dans lesquelles « les choses sont allées trop loin » – est utilisé par le pédagogue comme preuve supplémentaire de la nécessité de la discipline et de la punition.

3. Etant donné que l’enfant est souvent utilisé par ses parents comme substitut de leurs propres parents, il est l’objet d’un nombre infini de désirs et d’espoirs contradictoires qu’il ne peut en aucune façon satisfaire. Dans les cas les plus extrêmes, la psychose, la toxicomanie ou le suicide sont les seules solutions. Mais, bien souvent, cette impuissance entraîne une agressivité accrue qui confirme encore aux yeux de l’éducateur la nécessité de mesures plus sévères.

4. On aboutit à une situation analogue dans le cadre de l’éducation « anti-autoritaire » des années 1960, lorsque des enfants sont dressés à adopter un certain comportement, que leurs parents ont jadis souhaité pour eux-mêmes et qu’ils considèrent de ce fait comme généralement souhaitable. Pendant ce temps, les véritables besoins de l’enfant peuvent être complètement ignorés. Dans un cas que j’ai connu, on encouragea par exemple un malheureux enfant à casser un verre, dans un moment où tout ce dont il aurait rêvé était de grimper sur les genoux de sa mère. Lorsque des enfants se sentent ainsi perpétuellement incompris et manipulés, ils tombent dans un désarroi qui entraîne une agressivité compréhensible.

Contrairement à l’opinion généralement répandue, et quitte à horrifier les pédagogues, je ne vois pas quelle signification positive on pourrait trouver au terme « éducation ». Je n’y vois qu’une défense des adultes, une manipulation pour échapper à leur propre insécurité et à leur propre absence de liberté, que je peux certes comprendre, mais dont je ne dois pas ignorer les dangers. Je peux par exemple comprendre que l’on mette les délinquants en prison, mais non croire que la privation de liberté et la vie en prison, qui n’est axée que sur l’adaptation, la soumission et la discipline, puissent véritablement contribuer à l’épanouissement du détenu. Il y a dans le mot « éducation » la représentation d’un certain nombre d’objectifs que l’enfant doit atteindre – et l’on influe par là-même sur ses possibilités de développement. Mais le renoncement honnête à toute manipulation et à la représentation de ces objectifs ne signifie pas que l’on abandonne l’enfant à lui-même. Car l’enfant a besoin d’être accompagné physiquement et moralement par un adulte, il en a besoin à un très haut degré. Pour que cet accompagnement permette à l’enfant de se développer pleinement, il faut qu’il présente les caractéristiques suivantes :

Respect de l’enfant ;
Respect de ses droits ;
Tolérance pour ses sentiments ;
Volonté de tirer de son comportement un enseignement sur :
la nature de cet enfant en particulier ;
[de la part des parents, un enseignement sur] leur propre nature d’enfants, qui [leur permette] un véritable travail de deuil ;
[un enseignement] sur les lois de la sensibilité, qui apparaissent bien plus nettement chez l’enfant que chez l’adulte, parce que l’enfant vit ses sentiments de façon bien plus intense, et, dans les meilleurs des cas, de façon bien plus directe que l’adulte.
Les expériences de la nouvelle génération prouvent que cette disponibilité est possible même chez les êtres qui ont été eux-mêmes victimes de l’éducation.

Toutefois, on ne peut pas espérer que la libération des contraintes séculaires s’opère en l’espace d’une [seule] génération. L’idée qu’en tant que parents, nous puissions apprendre de chaque enfant qui naît davantage sur les lois de la vie que nous n’avons appris de nos propres parents, paraîtra sans doute absurde et ridicule à beaucoup de personnes d’un certain âge. Mais, même chez les jeunes, elle peut susciter une certaine méfiance, car beaucoup d’entre eux ont été plongés dans l’insécurité par un mélange de littérature psychologique et de « pédagogie noire » intériorisée. C’est ainsi qu’un père intelligent et très sensible me demanda […] si ce n’était pas abuser de l’enfant qu’espérer en tirer un enseignement. Venant d’un homme né en 1942, qui avait par ailleurs [largement surmonté] les tabous de sa génération, cette question me fit mesurer à quel point il fallait prendre garde, dès l’instant où l’on écrit sur la psychologie, aux risques d’interprétations erronées et d’insécurité supplémentaire.

Le désir sincère de tirer un enseignement d’un enfant peut-il être un abus ? Sans ouverture à ce que l’autre nous communique, il n’y a guère de véritable affection possible. Nous avons besoin de savoir comment s’articule la personnalité de l’enfant pour pouvoir le comprendre, le soutenir et l’aimer. D’un autre côté, l’enfant a besoin de sa liberté de mouvement pour pouvoir articuler sa personnalité de façon adéquate. Il ne s’agit pas là d’un décalage entre des buts et des moyens, mais plutôt d’un processus dialogique et dialectique. On apprend en écoutant, et l’on écoute d’autant mieux et l’on comprend d’autant mieux l’autre que l’on a appris en l’écoutant. Ou, si l’on veut s’exprimer autrement : pour apprendre ce qu’est un enfant, on a besoin d’une certaine empathie avec lui, et l’empathie augmente avec ce que l’on a appris sur lui. L’attitude de l’éducateur qui veut parvenir à posséder l’enfant, ou croit devoir y parvenir, et s’efforce à cette fin suprême de le modeler à son image, se situe à l’opposé. Il empêche ainsi l’enfant d’articuler librement sa personnalité et manque en même temps l’occasion d’apprendre. C’est indiscutablement un abus souvent involontaire, non seulement commis à l’égard des enfants, mais qui, si l’on y regarde de plus près, sous-tend également toutes les relations humaines, parce que les partenaires ont fréquemment subi dans leur enfance ce mode d’abus et font inconsciemment ressortir ce qu’ils ont alors supporté.

Les ouvrages antipédagogiques […] peuvent apporter une aide considérable aux jeunes parents, s’ils ne sont pas considérés comme une « éducation à l’art d’être parents », mais comme un apport d’information supplémentaire, un encouragement à de nouvelles expériences et une libération permettant un apprentissage sans préjugés.

D’après Alice Miller, C’est pour ton bien, 1984, pp. 117-123. © Aubier-Flammarion.

Lu sur OVEO ICI
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MessageSujet: Re: LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...   Dim 09 Oct 2016, 09:46

Citation :


Déclaration de Philippe Meyrieu, pédagogue
:

"Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.

Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".
Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée."

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MessageSujet: Re: LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...   Sam 14 Jan 2017, 21:52

Julie Robin a écrit:



Publié le 11 janvier 2017
Paru dans le Ligueur des parents du 11 janvier 2017

Votre enfant est très éveillé pour son âge, il est très sensible et passe très vite dans le rouge, il est plus à l’aise avec des enfants plus âgés et vous semble en décalage? L’enfant HP, ou l’« enfant zèbre » comme on l’appelle aussi, n’est pas une bête rare, ni un cas pathologique. Il fonctionne juste différemment, avec ses forces et ses faiblesses. Les spécialistes expliquent pourquoi il est impératif pour lui de reconnaître sa spécificité.

Hauts potentiels : ni une chance, ni une pathologie
Matis a toujours été différent. Bébé, il était mauvais dormeur et observait tout, il était tout le temps en alerte et en éveil, impossible d’envisager une sieste hors de son lit. Il s’est mis à marcher vers 13 mois, comme d’autres. En revanche, il a commencé à parler (deux langues) assez tôt, avec un vocabulaire très riche et une grande aisance verbale. Il passait volontiers de longs moments plongé dans ses livres, et en sortait pour rejouer l’histoire en détail de manière très théâtrale, sous les yeux ébahis de ses parents.
Son père lui avait appris l’alphabet en une matinée, à l’âge de 1 an et demi, et il avait non seulement de l’humour mais passait son temps à négocier. « Il a déjà tout d’un politicien celui-là », se disaient ses parents, amusés mais aussi conscients que leur fils était doué de grandes capacités. Et puis, un jour, la lecture d’un article sur les enfants à hauts potentiels leur a mis la puce à l’oreille. « Surdoué, quoi ? Comment ? Mais non... ». S’en est suivie la lecture de livres sur le sujet, qui a confirmé leur doute et qui a permis d’apporter un nouvel éclairage aux choses.
Au-delà de la nouvelle grille de lecture que cette prise de conscience apportait à la personnalité complexe de leur enfant, ces parents ont également réalisé que cela s’appliquait aussi à eux, et qu’ils venaient de découvrir une pièce maîtresse de leur vie. Comme si, d’un coup, la lumière s’était allumée, et qu’ils pouvaient enfin comprendre toute l’histoire, restée floue jusque-là. Ils ont ensuite compris qu’ils ne devaient pas s’engouffrer trop vite sur cette voie qui n’était qu’une nouvelle information, certes précieuse, mais non une solution à part entière à tous leurs problèmes.

C’est quoi un enfant HP ?
Si ce diagnostic est à considérer comme un angle de lecture et non comme une fin en soi, force est de constater que les petits HP ont des caractéristiques communes. Dotés d’une sensibilité très forte, ils rencontrent souvent de l’inconfort dans la gestion de leurs émotions. Comme ils sont en décalage avec les enfants de leur âge, leur vie sociale est souvent plus difficile, la communication et les interactions sont compliquées. Ces difficultés créent de l’inconfort et de la tristesse, qui engendrent de la colère et de la violence. Et comme les émotions sont vécues de manière plus intense, c’est le début d’un cercle vicieux qui entraîne un mal-être chez l’enfant.
Leur cerveau est plus rapide, plus alerte, plus réceptif, le raisonnement est plus fluide, les sensations sont perçues de manière plus forte et le vécu est plus intense. Un bonheur sera plus beau, un échec sera plus lourd. Ce sont des enfants qui analysent tout, sans le vouloir et sans s’en rendre compte. C’est fatigant, aussi bien pour eux qui sont bombardés de stimuli en permanence que pour les autres qui sont face à un être souvent trop intense dans ses réactions. Ils sont perçus comme des personnalités torturées et compliquées, pas forcément le genre de tempérament que la majorité des gens recherchent dans leur entourage.
Et là où le bât blesse, c’est que, comme ils sont ultra-sensibles, ils perçoivent l’inconfort que leur réaction provoque chez leur interlocuteur, et ils comprennent que quelque chose cloche, qu’ils sont bizarres et en déduisent qu’ils sont « anormaux ». Ils vont commencer à ruminer, à remettre en question leur personnalité et vont se retrouver face à une grande solitude, faite d’incompréhension et de désamour de soi. Cette conviction encombrante entraîne un mal-être qui, s’il n’est pas reconnu, peut faire souffrir toute une vie et entamer sérieusement l’estime de soi de l’enfant et ensuite de l’adulte.

Pourquoi faire passer un test ?
« Mon fils s’ennuie à l’école, il est sûrement HP », « Il est hypersensible et pique des colères, ça doit être ça !». Attention à ne pas aller trop vite en besogne, met en garde Pierre Debroux, psychologue clinicien, ancien chercheur sur le HP et chargé d’enseignement à l’Université de Mons. « Un enfant qui s’ennuie à l’école peut avoir des troubles de l’attention, un enfant qui n’a pas de copains peut juste être timide et réservé, un autre peut être curieux mais pas de manière inassouvie pour autant. La seule manière d’objectiver un doute est de passer par une analyse quantitative d‘abord et qualitative ensuite, à savoir faire passer un test de QI. Cela doit se faire chez un psychologue averti, qui fera des observations pendant le test et qui pourra ensuite analyser finement les résultats au vu de cette observation ».
Un enfant peut, par exemple, être hyper-compétent socialement, lire beaucoup, bien parler, sans être HP pour autant. L’outil scientifique qui donne accès au profil réel de l’enfant selon Pierre Debroux est le test WISC V (de 6 à 17 ans). Ce bilan permettra de mettre en évidence les ressources ou les faiblesses éventuelles d’un enfant. « J’ai toujours su que Florian était différent, mais j’ai attendu que son enseignant de 3e primaire m’interpelle pour lui faire passer un bilan », explique cette maman. Mais ce n’est pas toujours aussi évident pour tous les parents. Et c’est parfois l’enseignant qui met sur la voie quand l’élève raisonne de manière un peu spéciale, quand il comprend très vite et qu’il doit être occupé quand il a fini (avant les autres) l’activité, sous peine de perturber la classe.

La Fédération Wallonie-Bruxelles a publié en 2013 un rapport complet à l’adresse des enseignants, leur offrant des outils pour apprendre à gérer ces enfants « surdoués ». L’enjeu d’un bilan est donc essentiel, puisqu’il s’agit d’informer et d’outiller les adultes qui les accompagnent dans leur développement. Aussi bien les professeurs dans leur parcours scolaire que les parents en dehors, pour leur permettre d’agir adéquatement et en connaissance de cause. C’est aussi et surtout une manière de faire prendre conscience à cet enfant, dont l’estime de soi est souvent entamée par les moqueries et le rejet, qu’il n’est pas anormal et qu’il a juste un « moteur de Porsche sous sa petite carrosserie ». Un super moteur à huiler et bichonner, et non pas à échanger...

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MessageSujet: Re: LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...   Mar 07 Mar 2017, 18:01

Réjane Ereau 6 Mars 2017 a écrit:

Nos enfants sont-ils
en train de muter ?


Enfants précoces, autisme, hyperactivité, extra-sensorialité…
Les nouvelles générations semblent voir éclore de plus en plus
de personnalités atypiques. Est-ce vraiment le cas ?
De quoi sont-elles symptomatiques ?

Dans le service de pédopsychiatrie du Dr Lombard, arriva un jour un jeune garçon bon à l’école, mais qui se fichait de tout. Formé à la psychanalyse jungienne, le médecin le soumit à une vingtaine de questions existentielles. « Pourquoi vient-on sur Terre, quel est le sens de la vie ? » débuta-t-il. L’enfant sembla déstabilisé, mais il l’encouragea : « Ferme les yeux, va au fond de toi, prends ton temps, tu connais la réponse. » Au bout de quelques minutes, les yeux pleins de larmes, le garçon répondit : « Pour aimer. » Le Dr Lombard enchaîna : « Quand es-tu le plus heureux ? » Quand il jouait au basket. « Preuve d’un besoin de communion », analysa le médecin, qui poursuivit : « Si une très bonne amie de ta maman t’invitait deux mois en Italie, tu irais ? » Oui, « tout de suite », s’exclama l’enfant.

Ce dernier ne se fichait absolument pas de tout ! Ses centres d’intérêt étaient simplement plus élevés que ce dont le nourrissait son environnement quotidien. Pour le psychiatre, il était resté « connecté au Soi », c’est-à-dire à la globalité psychique de son être. « Chez ce type de personnalités, le goût de la découverte est plus fort que le besoin de sécurité, précise le médecin. Ils sont en recherche d’harmonie, d’information, de conscientisation. » Le Dr Lombard lui proposa de visiter son unité. « Elle accueille des jeunes de ton âge, entre 6 et 12 ans, lui expliqua-t-il. Certains se posent beaucoup de questions, ils sont là pour réfléchir et se reposer. » Le garçon accepta avec enthousiasme. « Il ne devait pas entrer à l’hôpital comme malade, mais comme soignant ! conclut en souriant le Dr Lombard. Il faut se méfier des étiquettes. Il suffit parfois de recréer du lien. Quand j’explique à ces enfants que nous appartenons à une conscience supérieure, ils cessent de se sentir des intrus. »

Une forme de porosité

Des jeunes connectés à leur Soi, le pédopsychiatre estime en rencontrer de plus en plus. Hypersensibles, dotés d’une vision globale des situations, ils ont souvent du mal à comprendre le monde dans lequel ils sont tombés, et peuvent très vite se sentir en décalage. « Depuis dix ans, j’en vois partout ! souligne le médecin. Parmi les six cents enfants dont je m’occupais à la fin de ma carrière en service hospitalier, au moins soixante étaient concernés – alors qu’ils étaient très rares il y a quarante ans. »

Comment expliquer qu’ils soient de plus en plus visibles ?

Avides d’harmonie, ils peuvent, face à une réalité sociale violente, intolérante et individualiste, devenir agressifs, se refermer ou déprimer. Etonnamment matures, ils sont aussi d’une grande insécurité. Leurs compétences cognitives déroutent, de même que leur sens aigu de la vérité, de la justice et de la cohérence. Intuitifs et réceptifs, ils répondent à des questions non formulées et résolvent facilement des problèmes, sans mettre de mots sur leur raisonnement. La tête dans la lune mais boulimiques de nouveaux apprentissages, ils s’ennuient souvent à l’école, confrontant autant leurs professeurs que leurs parents. Qui sont ces enfants ? Comment expliquer qu’ils soient de plus en plus visibles ? Pour la psychologue Jeanne Siaud-Facchin, spécialiste des surdoués, tout vient de la reconnaissance, depuis une quinzaine d’années, d’une forme d’intelligence atypique, plus axée sur les compétences du « cerveau droit » que sur celles du « cerveau gauche ». « Les apports des neurosciences montrent que la structure et le fonctionnement de leur cerveau sont différents », indique-t-elle. La densité de leurs connexions neuronales s’avère plus importante, tant au niveau du cortex préfrontal – la zone la plus aboutie de l’intelligence –, que du lobe pariétal, – la plaque de redistribution de l’information dans le cerveau. « D’où, sur le plan intellectuel, une immense rapidité d’analyse, de compréhension, de traitement et de mémorisation », note la psychologue.

Autre spécificité essentielle : l’hyper-connectivité de leurs hémisphères cérébraux, liée à une structure particulière du corps calleux qui les sépare, mais aussi l’engagement préférentiel du droit, y compris pour des tâches qui font habituellement d’abord appel au gauche. « D’où une approche plus globale, plus imagée, plus affective et plus analogique des choses, qui absorbe les informations par impression et se déploie en arborescence de manière fulgurante et intuitive », poursuit Jeanne Siaud-Facchin. Ce qui les dote d’un rapport au monde intense. « Les sens plus aiguisés que la plupart des gens, ils voient tout, entendent tout, ressentent tout », détaille la psychologue, et captent des signaux que personne d’autre ne perçoit, ce qui amène parfois à développer des capacités de visionnaires, ainsi qu’une compréhension subtile, souterraine, du monde et des gens.

Le revers de la médaille ? Une énorme perméabilité affective. « Il a été montré qu’ils avaient une vulnérabilité particulière de l’amygdale, cette zone nichée au fin fond du cerveau archaïque dont la fonction est de décoder les émotions », souligne Jeanne Siaud-Facchin. Résultat : ce qui serait une broutille pour quelqu’un d’autre déclenche chez eux un cataclysme affectif. « Ils ont aussi des neurones miroirs en plus grande quantité, observe la psychologue, d’où une plus forte capacité à ressentir les émotions d’autrui. »


L’aube d’une nouvelle humanité ?

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MessageSujet: Re: LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...   Jeu 30 Mar 2017, 08:26

"une caresse c'est un souffle, un son est un bruit intense, un revers de fortune est une tragédie, une joie c'est l'extase, un ami c'est un amoureux, un amoureux c'est dieu,et l'échec c'est la mort"

Enfants et adultes, ils représentent environ 2% de la population. Des génies ? Pas toujours ! Et leur parcours est jalonné de difficultés et problèmes affectifs.
On les surnomme "surdoués", "enfants précoces", "zèbres" ou HPI pour haut potentiel intellectuel. Enfants et adultes, ils représentent environ 2% de la population, à l’extrême droite de la courbe du QI, au-delà de 130. On les imagine premiers de classe, rentrant de l’école avec des bonnes notes et le sourire. On les devine ensuite chef d’entreprise, décideur politique, grand professeur ou brillant artiste. Souvent, un peu prétentieux. Détrompez-vous! La vie des enfants et adultes à "haut potentiel intellectuel" n’est pas toujours un long fleuve tranquille pavé de belles réussites. Au contraire. Hyper intelligent rime souvent avec hyper-stimulé et hypersensible… Il peut y avoir en outre des déséquilibres entre raison et émotion. Une souffrance taboue qu'évoquent plusieurs témoins dans ce reportage éclairant signé Christophe Ungar.
Extrait de 36.9°, une émission de la Radio Télévision Suisse, 29 mars 2017

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AMBRE

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MessageSujet: ENFANTS HYPERSENSIBLES, un présent pour l'avenir !    Jeu 29 Mar 2018, 08:12

ENFANTS HYPERSENSIBLES, un présent pour l'avenir !
Un film de Nathalie Brochard et Jean-Yves Bilien


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Non on ne devient pas, Hypersensible, Autiste, Asperger, Hyperactif... par hasard !

Présentation du projet
Un film de Nathalie Brochard et Jean-Yves Bilien

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Contact : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

LE PITCH



" ENFANTS HYPERSENSIBLES, un présent pour l'avenir ! " est un projet documentaire qui est né d’un constat à partir de mon expérience en cabinet, à l’école et à l’hôpital. Constat partagé par un nombre croissant de professionnels de l’enfance. Empreints de stress et de peur, les enfants se bloquent dans leurs émotions, dans leur apprentissage, dans leur vie.

Submergés, les enfants hypersensibles ne supportent plus le tumulte de leurs pensées et de leurs émotions et déclarent des phobies sociales et scolaires. Ils perdent espoir...


Nathalie Brochard a écrit:
En qualité de psy, je constate que les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à venir consulter avec comme point commun : leur hyperémotivité.

Je me rends bien compte que tous ces enfants très intuitifs requièrent une pédagogie adaptée et bien qu’ils possèdent tous une intelligence fine dans un domaine en particulier, ils se sentent très mal. Toutes leurs ressources sont alors bloquées.

Ils sentent finement l’atmosphère d’un lieu, absorbent votre émotion et la ressentent comme si c’était la leur mais de manière exacerbée. Leurs sens sont amplifiés.

Prenant conscience que le problème dépasse la sphère familiale et touche le rythme de vie, l’alimentation, l’environnement et l’éducation, je décide d’explorer ce que disent les experts en neuroscience concernant cette particularité cognitive et sensitive.

Et un voyage passionnant commence à la rencontre de chercheurs de tout horizon qui nous éclairent sur l’impact des facteurs environnementaux concernant l’hypersensibilité et ses symptômes variables selon les individus : les DYS (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dyscalculie), l’hyperactivité, les troubles de l’attention, la phobie sociale, voire l’autisme.



PRÉSENTATION DU PROJET  https://www.proarti.fr/collect/project/enfants-hypersensibles-un-present-pour-lavenir/0
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LES ENFANTS INDIGOS...une autre approche...
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