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 1 - Dialectique de la Perception

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Sphinx

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MessageSujet: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 16:01

Une Théorie Dialectique de la Perception






1. Pourquoi j'écris?






Ceci est simplement mon témoignage, celui d'un être, à un moment donné de son évolution personnelle.

Je ne prétends pas exprimer quoi que ce soit de nouveau, car je pense sincèrement que tout a déjà été dit, en tout cas tout ce dont un être peut avoir besoin pour retrouver, par lui-même, le chemin de la compréhension de sa nature.

Cet essai ne contient que la vérité des réponses personnelles que j'ai apportées à mes propres interrogations, et ne saurait devenir le prétexte d'un quelconque endoctrinement, que ce soit par mon fait ou celui d'autres personnes, quelles qu'en soient les intentions.

Force m'a été de constater que la plupart de mes questions provenaient du vécu d'un conflit entre la perception d'une intuition intérieure d'une part, et la perception du fonctionnement tant du monde que de la société dans lesquels j'étais immergé d'autre part.

Que ce ressenti conflictuel ait été légitime ou non, pathologique ou non, que sa raison ait consisté en ma propre défaillance, en celle monde, ou en celle des deux à la fois, ou encore qu'il n'y ait eut en fait aucune défaillance, ni d'un côté ni de l'autre, et que la nature de ce ressenti soit à rechercher ailleurs, ne change rien au fait qu'il s'agit là du moteur central de ma démarche.

Ce ressenti m'a conduit à m'intéresser très tôt, à l'adolescence, aux grandes questions métaphysiques, à la connaissance scientifique, mais aussi à des domaines plus troubles comme celui des phénomènes paranormaux.

Cependant, ce n'étaient que les premiers frémissements d'un mouvement de toute une vie, d'une recherche constante et assidue, en très grande partie intérieure, et qui m'amène à ce point précis où j'écris ces lignes.

Je me suis intéressé successivement aux domaines de l'ésotérisme, de la spiritualité, du symbolisme mythologique ou encore cinématographique, des diverses religions et philosophies puis, plus récemment, de la psychologie et de la psychanalyse.

J'ai cependant très tôt considéré que tout être humain disposait de la capacité de trouver toutes ses réponses sans vraiment avoir besoin de références extérieures, même si ces dernières peuvent aider, accélérer et sécuriser la recherche. Et aussi que le meilleur outil pour la compréhension de l'existence reste finalement la conscience.

Ceci n'exclut cependant pas l'utilité du miroir apporté par autrui, et surtout la sauvegarde de soi apportée par autrui. Mais la référence personnelle est forcément en soi, et la conscience le seul appareillage légitime à l'exploration de l'existence.

J'ai donc décidé d'user de cet outil, la conscience, afin de tenter de comprendre la nature du ressenti conflictuel qui m'opposait au monde... et à moi-même comme je le comprendrai en fin de compte.

A travers ce travail, je souhaite dès lors proposer un système de pensée que chacun est libre d'adapter et d'utiliser à sa propre convenance, ou de rejeter complètement le cas échéant.

Il s'agit d'une lecture personnelle de l'existence, proposant des raccourcis qui me sont propres et qui ne sont pas forcément adaptables ou acceptables par tout un chacun.

Néanmoins, comme on le verra, ce système de pensée tire sa source et reste en corrélation, très naturellement, avec les principaux schémas archétypaux de l'Humanité. C'est ce qui en permet une éventuelle transposition chez d'autres personnes, et garantit l'utilité potentielle de sa diffusion.

J'écris habituellement de façon assurée et péremptoire. Je prie le lecteur de ne pas s'en offusquer, de ne pas y voir une vanité déplacée de la part de l'auteur qui reste totalement ouvert à toute respectueuse contradiction.

J'invite moi-même le lecteur à une juste prudence, au libre-examen, à la saine discrimination par rapport à mes écrits. Qu'il veuille bien dès lors considérer l'assurance de mes propos comme une invitation à l'émulation et à la réflexion.


Amitié à toutes et tous,

steph


Dernière édition par Sphinx le Mar 31 Mai 2011, 21:20, édité 4 fois
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Sphinx

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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 16:35

2. Que suis-je?




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Le simple fait qu'un conflit était présent en moi, et m'opposait au monde, semblait devoir m'interdire de pouvoir comprendre le monde extérieur de façon directe. En effet, le conflit ne pouvait que provoquer un parasitage de ma perception du monde.

De ce fait, il était nécessaire de ramener, au moins dans un premier temps, l'analyse du problème à la seule question de savoir ce que je suis pour, dans un second temps, replacer cette information dans le contexte plus général du monde.

Impossible, en effet, d'étudier sainement ce pour quoi je nourris un conflit ! Et impossible, d'autre part, de comprendre l'origine du conflit, sans comprendre ce que je suis et ce qui, en moi, produit le conflit.

Après diverses tentatives, j'en suis arrivé à la simple conclusion que ce qui constitue ma nature, au point le plus fondamental, est la perception. Je suis un être irritable au sens biologique du terme, un être stimulable, réactif aux stimuli.

Or, la réactivité aux stimuli implique forcément la perception, sous une forme ou une autre, desdits simuli. La perception est, au fond, la seule preuve que nous possédons. C'est l'existence elle-même: il y a existence car il y a perception. Qui perçoit, qu'est-ce qui est perçu et qu'est-ce que la perception sont d'autres problèmes.

Dans la "chaîne" de la perception, j'ai déterminé que ce que je nomme la conscience est le capteur final de la perception. La conscience est ici utilisée dans son acception la plus large, incluant tous les niveaux qu'on lui reconnaît communément, y compris l'"inconscient".

Probablement possède t'elle cette position au sommet de la chaîne perceptive car elle est perception en soi, identification du perçu et du perceptif, de connu et du connaissant, auto-référente en somme, existence en soi, mais il est prématuré d'aborder ces aspects-là.

Il était donc clair pour moi que l'essence de mon être est la perception assurée par un élément central confondu ou au moins apparenté à la conscience.

J'ai également déterminé que je pouvais discriminer deux champs distincts de perception:

- un champ "extérieur" de perception physique passant par le réseau des sens physiologiques, et incluant le corps physique;

- un champ "intérieur" de perception psychique directement lié à l'activité cérébrale, et incluant pensées, intuitions, sentiments et Emotion.

Je distingue les sentiments humains classiques, exclusifs et fondés sur les ressentis, de l'Emotion spirituelle, inclusive, et induite de l'extérieur, sans ressenti particulier (Ex-motion).

Considérant à ce stade le conflit que je vivais entre la perception d'une intuition intérieure et la perception du monde extérieur, je devais logiquement placer ce conflit entre les deux champs perceptifs interne et externe, puisque l'opposition semblait produite à l'endroit d'une confrontation entre ces deux champs.

D'autre part, le vécu de ce conflit produisait à la fois des instabilités relationnelles, comportementales extérieures, et des instabilités psychiques, mentales ou sentimentales intérieures, les unes induisant les autres et réciproquement.

Des tendances dépressives induisaient des comportements et des expériences extérieures qui à leur tour induisaient ou renforçaient les instabilités intérieures. L'Analyse Transactionnelle m'a apporté des outils et des réponses partielles quant à ce phénomène, entre autres à travers le concept de "boucle scénarique".

Cet effet d'interférences, de résonances, d'inductions mutuelles entre les deux champs intérieur et extérieur m'a conduit à considérer que la conscience se situait, comme le conflit, entre les deux champs perceptifs, puisqu'elle semblait sinon l'otage, du moins le théâtre de la confrontation.

J'ai donc considéré que les résonances internes, pensées, sentiments, émotion, et externes, comportements relationnels, étaient le produit de fluctuations dans la réactivité de la conscience même.

Donc la conscience fluctue, au moins sur un certain plan, à travers un "organe" que j'ai nommé "l'onde mentale". Cette onde mentale possèderait initiallement un versant conscient (externe) et un versant "inconscient" (interne).

Ce que je suis est donc, selon moi, un être perceptif dont l'essence perceptive, la conscience, est une interface circulaire située entre deux champs de perception, l'un ressenti comme externe au cercle, l'autre ressenti comme interne au cercle. La présence d'interférences, de perturbations réciproques entre les deux champs est un produit des fluctuations perceptives de la conscience sous forme d'une "onde mentale".

Ceci, cependant, ne suffit pas à comprendre la source du conflit, mais seulement sa configuration "topologique". Il m'a semblé nécessaire de mieux saisir la nature de la perception, et de ses deux champs distincts, pour appréhender l'origine conflictuelle.

En analysant mon rapport aux autres, à une autre personne assise en face de moi par exemple, j'ai défini dialectiquement la perception de la façon suivante:

- la perception nécessite un lien qui met en relief la séparation;

- la perception nécessite une séparation qui met en relief le lien;

Le phénomène perceptif m'est donc apparu d'une façon générale comme la synthèse de la perception d'un lien par une séparation et de la perception d'une séparation par un lien (à ruminer pour bien comprendre...).

Je perçois le lien qui m'unit à l'autre en face grâce à notre séparation, et je perçois la séparation d'avec l'autre en face grâce à notre lien. En effet, si l'autre et moi n'étions pas séparés d'une façon ou d'une autre, nous ne pourrions pas correctement nous percevoir, et si nous n'étions pas unis par un lien de continuité perceptive (lien visuel, auditif, etc), nous ne pourrions pas nous percevoir non plus!

Le paradoxe dialectique de la perception est donc le produit d'une alliance entre deux aspects contraires mais complémentaires: le lien Yin et la séparation Yang.

La séparation m'est indiquée par le champ extérieur de perception, défini par mon lien avec ce champ. En effet, la multiplicité, la diversité, la richesse plurielle , la liberté d'expression et de mouvement constituent pour moi l'expérience principale du champ perceptif extérieur, physique, matériel. A travers mon lien de collectivité, je peux donc percevoir la pluralité d'autrui.

C'est donc par mon lien avec le champ externe que je peux percevoir la séparation d'avec les autres. En d'autres termes, la similitude de nature entre moi et les autres est la garante de la perception des spécificités personnelles, et donc aussi de ma spécificité.

Et le lien m'est indiqué par le champ intérieur de perception, défini par ma séparation d'avec ce champ. En effet, l'unité individuelle dans sa (relative) cohésion est pour moi l'expérience principale du champ intrapsychique

C'est par ma séparation d'avec le champ intérieur que je peux percevoir le lien avec l'autre. En d'autre termes, ma spécificité personnelle est la garante de la perception de la similitude de nature entre moi et l'autre.

Constatant la similitude évidente de cette dialectique perceptive avec les diverses représentations des archétypes humains, j'ai établi les relations suivantes:

Champ externe : Autrui – pluralité – séparation – indépendance – Liberté – fonction (faire) – causalisme – corps – individu – Yang – complexité – Feu – Mouvement – Energie – dispersion

Champ interne : Soi – unité – lien – appartenance – Amour – identité (être) – finalisme – psyché – collectivité – Yin - simplicité – Eau – Arrêt – Force – cohésion

La perception externe est donc ce qui me montre la pluralité des êtres, leur richesse de spécificités et, par voie de conséquence, ma propre spécificité. Elle me révèle l'aspect de liberté d'expression des êtres, à travers leur capacité d'être des causes authentiques, agissantes au sein du monde.

La perception interne est d'autre part ce qui me montre l'unité de la finalité intrapsychique. Elle me révèle l'aspect de cohésion de l'être en général, à travers la cohérence des finalités, des buts.



Ma première constatation est que je ne suis ni l'un ni l'autre champ de perception, car je les perçois sans les intégrer à ma conscience. En effet, si la conscience est une identification du perçu avec le perceptif, il apparaît que ce n'est pas le cas ni du corps physique, ni du contenu intrapsychique.

Ma conscience s'identifie tant à l'un qu'à l'autre, mais ils n'en font pas partie intégrante car ils ne participent pas en retour à l'identification. Ma conscience reçoit des stimuli tant du corps que du contenu intrapsychique, réagit et envoie ses "réponses" aux deux champs, mais cette interaction ne possède pas le caractère direct, instantané, unifié que se doit de posséder une réelle auto identification consciente.

Cette temporisation me signale donc que ce n'est qu'un phénomène d'identification et non une intégration consciente. Par ailleurs, la nature, le fonctionnement et les réactions des deux champs m'échappent totalement.

La seule composante sur laquelle je puis revendiquer une influence est la réactivité de la conscience, par l'entremise de l'observation des fluctuations de l'onde mentale.

Je peux suivre l'activité de l'onde mentale à travers ses productions de sentiments, émotion, pensées et actions et, à partir de ces informations, modifier le cours de son évolution.

Il me semble nécessaire ici de distinguer d'une part ce que j'appelle le domaine intrapsychique, essentiellement inconscient, des productions mentales plus ou moins conscientisées d'autre part .

Le domaine intrapsychique est la source des stimuli internes, le champ interne de perception, qui est le plus souvent, pour la plupart des personnes, une zone essentiellement inconsciente.

Les productions mentales, elles, consistent en la perception, par la conscience, des réactions de la conscience aux stimuli extérieurs et intérieurs. L'ensemble des productions mentales forme l'onde mentale.

On constate déjà que les productions mentales sont issues d'une redondance perceptive de la conscience: la conscience perçoit ses propres réactions perceptives.

Je n'ai pas de pouvoir sur les stimuli internes et externes, seule la réactivité de ma conscience à ces stimuli est potentiellement entre mes mains.

L'onde mentale forme, à partir des stimuli, une signification qui dépend de sa propre réactivité. De la stabilité de l'onde mentale semble dès lors dépendre la fiabilité de la perception des stimuli. Et peut-être que cette stabilité dépend de la justesse des processus d'attribution des significations...


L'identification que je produis tant sur le domaine corporel que sur le domaine intrapsychique me semble devoir être le résultat de projections et d'introjections. Je m'identifie au corps par projection mentale, et je m'identifie à l'unité intrapsychique par introjection mentale.

Ces champs, corporels et intrapsychiques, échappent pourtant à mon pouvoir, mais par artifices mentaux, je me comporte comme si j'avais ce pouvoir.

Je réalise alors que mes projections et introjections ne s'arrêtent pas au seuil du corps physique, ni à celui du domaine intrapsychique… divers désirs s'attachent à des objets largement en dehors de ces deux domaines. Objets de convoitise matérielle, ambitions de réalisation identitaire.

Si je considère que le champ intérieur est fait de force, et le champ extérieur d'énergie, alors je dois considérer que mes projections extérieures diminuent probablement mon énergie, ma liberté d'expression et de mouvement, et réduisent l'authenticité de ma cause, et que mes introjections diminuent probablement ma force, ma cohérence intrapsychique, et réduisent la légitimité de ma finalité.

Il semblerait dès lors que je doive réaliser un schéma comportant six domaines:

- le domaine intrapsychique non introjecté de l'inconscient collectif, de finalisme légitime;
- le domaine intrapsychique introjecté de l'inconscient individuel et des ambitions identitaires, de finalisme erroné;
- le domaine de l'onde mentale de conscience projective (versant conscient) et introjective (versant inconscient);
- le domaine de la conscience en soi;
- le domaine matériel projeté du corps physique et des objets de désir, de causalisme erroné;
- le domaine matériel non projeté du monde matériel, de causalisme légitime;

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Sphinx

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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 16:57

L'onde mentale m'est apparue comme une fluctuation de la vigilance de conscience conduisant à une oscillation entre les deux membranes perceptives: la membrane perceptive externe de lien, de nature consciente, et la membrane interne de séparation, de nature inconsciente.

A travers les crêtes externes de l'onde se propagent les projections, et à travers les crêtes internes, les introjections. Autant les unes que les autres me semblent être des lacunes dans la construction identitaire, à savoir des secteurs où la réponse identitaire aux stimuli est insuffisante, inefficace, et conduit à des projections ou des introjections compensatrices.

En d'autres termes, il s'agit de secteurs où les stimuli ne sont pas correctement perçus par la conscience mais interfèrent avec ses facultés perceptives elles-mêmes, conduisant à des perturbations.

Il me semble également que non seulement les projections et introjections sont en soi des compensations aux déficiences de la réactivité identitaire aux stimuli, mais que de plus elles assurent mutuellement l'équilibre global de l'onde, les crêtes projectives faisant contrepoids au crêtes introjectives, et réciproquement.

Mon libre-arbitre est donc circonscrit à la zone de fluctuation de l'onde mentale, et représente la faculté d'autodétermination de ma conscience. Elle consiste concrètement et exclusivement dans le choix de supprimer, réduire, conserver, propager ou amplifier les instabilités de l'onde mentale.

Pratiquement, un traumatisme représente une fracture identitaire, un événement au cours duquel la réponse identitaire a été défaillante, par manque de ressources au niveau de la construction de l'onde mentale. Cette fracture identitaire ouvre une brèche dans l'enceinte identitaire par laquelle un aspect de la réalité externe va être introjecté de force dans la réalité interne, en provoquant le morcellement de cette dernière.

En effet, la réalité interne est celle de l'unité du lien, de la cohérence finaliste, collective. Elle est supposée perçue par l'entremise d'une membrane marginale de séparation. Mais dans le cas ou la membrane est fracturée, et le domaine interne investi par une part de réalité externe, cela signifie pratiquement que des éléments de séparativité du champ externe (qui est le champ de séparation) ont été introjectés dans l'unité interne qui se vivra dès lors comme partiellement morcelée et de ce fait moins cohérente.

En effet, tant que ces introjections, que j'associe aux refoulements psychologiques, ne sont pas expulsées, elle produisent une pression récurrente et plus ou moins anarchique sur la membrane interne, dans le but de retourner à leur réalité qui est externe.

Un exemple typique de cette pression intrapsychique des introjections est l'angoisse. Le problème est que puisque l'identité a été inefficace dans sa prise en charge du réel lors du refoulement initial, la perception récurrente intervient sous forme d'une angoisse réactionnelle avec une cause peu ou pas conscientisée. Elle produit alors en compensation de cette angoisse, des comportements projectifs plus ou moins aberrants et pathologiques qui sont des tentatives mentales actuelles pour équilibrer une inadéquation passée.

Tout traumatisme conduit donc à la création d'instabilités récurrentes dans l'onde mentale. L'introjection initiale, morcelant l'espace intrapsychique, est une négation du Soi, puisque résultant d'une fracture identitaire. Elle produit la peur de l'Autre, la peur de la réalité externe.

Cela conduit, en compensation, à des comportements projectifs qui témoignent d'un besoin de l'Autre. En effet, puisque l'identité a été défaillante, et le Soi nié, l'Autre est requis en palliatif à la déficience du Soi. L'autonomie est partiellement compromise.

Dès lors que des projections, des demandes symbiotiques sont projetées sur l'Autre, ce dernier est nié aussi, ce qui est révélé par la colère éprouvée lorsque l'Autre refuse de se conformer aux attentes symbiotiques.

La colère peut alors déboucher sur des comportements confusionnels majeurs, des agressions de l'Autre, débouchant sur de nouvelles fractures identitaires, tant pour Soi que pour l'Autre.

C'est ainsi qu'une sorte de cycle viral de négation identitaire s'installe, se perpétue, se renforce et se propage. Il tire sa subsistance de l'énergie psychique même de l'être sur lequel il s'est greffé.

Le cycle viral est donc au moins partiellement assimilable à la boucle scénarique de l'Analyse Transactionnelle: des fractures identitaires conduisent à des réactions identitaires plus ou moins maladroites menant à la négation de soi et des autres au travers de divers sentiments illégitimes, malaises, confusions, croyances perverties et comportements aberrants qui vont s'autoalimenter.

J'ai donc enfin mis le doigt sur la nature de mon conflit: la perception, atténuée, mais très nette, de la cohérence interne du lien d'appartenance, d'équivalence, d'Amour en somme (ou okeyness si l'on se réfère à l'Analyse Transactionnelle) est en conflit avec ma perception externe d'un monde où cette valeur semble grandement bafouée. Nul doute que, puisque je suis moi-même contaminé par le virus, les autres le soient aussi! Le virus des autres produisant un consensus perverti dans lequel je suis impliqué, m'explique donc en partie mon ressenti conflictuel.

Mais ce n'est pas suffisant… Je suis moi-même contaminé, donc je peux considérer que mon ressenti conflictuel est, au moins en partie, aussi le résultat de mes propres virus, induisant au sein de ce ressenti des aspects pervers de jugement, de condamnation des autres, et de colère. Non seulement mon ressenti conflictuel est le résultat de mes virus et de ceux des autres, mais en outre je participe à la perversion du consensus par mes propres virus. Ceci me renvoie à "la paille et la poutre".

Ma première conclusion est que l'on ne peut juger personne. Le jugement est une production virale, un symptôme pathologique: l'Humanité est malade, dans le sens strict du terme, et on ne peut juger un malade. On verra plus tard, mais je tiens à l'énoncer ici, qu'en fait l'Humanité n'est pas malade, mais probablement plutôt infantile, ce qui ne se juge pas non plus.

J'en viens finalement à considérer qu'en fait mon ressenti conflictuel est une production exclusive de mes propres virus, et non de ceux des autres. Puisque je ne peux juger des malades ou des enfants, dont en plus je fais partie, je ne peux pas prétendre avoir affaire à un consensus où ma valeur centrale serait volontairement, consciemment opprimée! Elle n'est en réalité pas opprimée du tout ! Elle n'est pas visible en raison d'une épidémie virale, ou d'une immaturité infantile.

Mon ressenti conflictuel étant assurément le produit d'un jugement de ma part, celui-ci est infondé, et je peux donc considérer que mon ressenti conflictuel est lui-même ma propre production virale actuelle d'un traumatisme passé.

L'essence du conflit m'apparaît donc comme résidant dans une problématique de confusion entre Soi et Autrui, engendrée par un traumatisme passé, et entretenue par une dynamique de palliatifs au vrai problème non reconnu. Il s'agit donc aussi d'une confusion entre passé et présent, prédéterminant un futur dramatique.

Dialectiquement, je peux comprendre que ce qui confond oppose, et que ce qui discrimine réunit. La confusion entre ma liberté et mon appartenance avec celles d'autrui mène inexorablement à des violations de la liberté et de l'appartenance de Soi et Autrui, aboutissant au conflit. Tandis qu'une complète reconnaissance et acceptation de la liberté et de l'appartenance de Soi et Autrui aboutit à une harmonie relationnelle.

La juste discrimination des limites m'apparaît comme aboutissant aux valeurs sublimées que sont la Tolérance et l'Altruisme. La Tolérance étant la sublimation du lien d'Amour, d'appartenance, par la Liberté, et l'Altruisme étant la sublimation de la séparation de Liberté, d'authenticité, par l'Amour.



La confusion me semble englober l'identification au corps physique et au contenu intrapsychique. Ceci peut se comprendre de la façon suivante:

- l'introjection de séparations non marginales dans la sphère intrapsychique déforce la cohérence du lien et conduit à une dispersion du finalisme collectif. On aboutit alors à un finalisme erroné, partiellement individualisé, l'individualisme. La perception de l'appartenance inaliénable, de la cohésion collective se diluent dans une perspective d'ambitions personnelles et de compétitivité.

- La projection de liens non marginaux dans la sphère matérielle rigidifie la souplesse de la liberté causale individuelle. On aboutit alors à un causalisme erroné, partiellement collectif, subi comme un consensus physique collectif contraignant, et s'exerçant par l'entremise de l'identification au corps physique. La richesse plurielle, l'authenticité causale, l'originalité d'expression s'appauvrissent dans un conformisme collectif.

Je constate dès lors que dans ce système, une contrainte externe collective vient logiquement réduire la liberté individuelle en contrepartie d'un affaiblissement interne individuel de la cohérence collective. Si je suis soumis à une contrainte matérielle par l'entremise de mon identification au corps physique, c'est en raison de mon manque de cohérence interne par rapport au finalisme collectif. La réduction de l'appartenance collective intrinsèque s'accompagne forcément d'une réduction de la liberté causale. Mes identifications erronées à des ambitions personnelles séparatrices limitent ma cause à un corps physique soumis à une contrainte consensuelle.

La confusion consiste selon moi, finalement, à confondre l'être et le faire, à assujettir improprement l'un à l'autre. L'être confusionnel implique son être pour justifier son action, et réciproquement. Il proclame:

"Je Suis parce que je Fais, et je Fais parce que je Suis".

L'absence de confusion selon moi, consisterait à proclamer:

"Je Suis qui je Suis, et je Fais parce que je Fais". L'être déconfusionné s'exprime par Art authentique. Son être est dans la pérennité d'une appartenance absolue, et son action est totalement libérée. Il est devenu une vraie cause libre au sein du finalisme collectif.

Tout ceci m'a conduit à réaliser le schéma suivant :




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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 16:59

3. Ce que je peux faire…






Puisque je considère n’avoir de puissance d’action que sur l’onde mentale elle-même, et non sur les champs de perception externe et interne, c’est uniquement par « focalisation mentale » que je peux travailler pour réduire la confusion virale, pour résoudre le problème du conflit.

Cette focalisation est l’attention nécessaire à la mise en lumière des réactions mentales d’ordre viral, confusionnel. Il s’agit au fond de calmer l’onde mentale afin d’en distinguer dans un premier temps les composantes pathologiques, puis d’en faire dans un second temps la simple interface sensorielle qu’elle est supposée être, débarrassée des incohérences interprétatives et jugeantes.

Ceci peut se faire en ayant recours, entre autres, aux techniques de concentration des phases préliminaires de la méditation.

En outre, l’expérience préalable d’instants d’extase, même légère et fugace, m’est soudain apparue comme particulièrement importante dans la démarche de déconfusion.

L’extase contemplative est la tradition occidentale correspondant à la méditation transcendantale de l’Orient. La contemplation est celle du vide. Dans le vide créé par le calme mental, l’Autre peut venir et être perçu. De la rencontre identitaire naît l’extase.

Je me suis rendu compte que de nombreuses expériences diverses conduisent à l’extase : certaines rencontres, la nature, la musique, les symboles quel que soit leur mode d’expression artistique…

L’extase m’a semblé issue d’une résonance, d’une réverbération entre la Beauté intérieure, entre la valeur centrale en somme, et une Beauté extérieure. Ce dialogue est perçu par l’onde mentale dont l’attention est alors accaparée, produisant naturellement, sans efforts, une focalisation du mental dont l’onde est rapidement calmée.

L’extase est vécue comme au-delà de tout conflit. Elle permet donc de se trouver momentanément dans un état décontaminé. En plus de l’émotion éprouvée, elle se caractérise initialement par une participation du corps physique qui frissonne. A un stade d’attention plus poussé, mieux maîtrisé, il s’agit d’états vibratoires intenses plus ou moins longs, correspondant probablement à ceux que certains découvrent dans la pratique du Yoga, et incluant tout le corps.

A ce stade, des vagues ondulatoires semblent parcourir le corps en provenance de deux sources, dont la plus puissante est située au centre de la poitrine. (une troisième source, ensuite, apparaît dans la tête)

Concrètement, mon interprétation de ce phénomène est que la focalisation mentale, induite par travail de concentration ou par contemplation naturelle, provoque un désinvestissement de l’énergie psychique des projections externes. J’établis dès lors un rapport direct le processus d’individuation de Jung. L’énergie psychique désinvestie est récupérée pour alimenter la rencontre identitaire interne, et l’extase qui en découle.

Je me suis aperçu que le fait de privilégier l’extase engage tôt ou tard un processus cathartique naturel. Certes l’extase ne peut pas être produite à la demande car l’extase n’est pas de l’ordre du relatif et ne peut être la simple conséquence d’une cause. L’extase est décontaminée en elle-même, et seul un finalisme correct, donc d’ordre collectif, peut l’amener. On peut organiser un rendez-vous avec l’Autre, et l’y inviter, mais il reste libre de venir ou pas. Il est clair cependant que le simple fait d’attendre quelqu’un régulièrement au même endroit va augmenter les chances de l’y rencontrer : l’habitude d’un rendez-vous se prend vite…

Car, en tant que finalisme collectif, l’extase est une convergence harmonique au niveau de l’identité. C’est la convergence christique dans une conscience d’un finalisme unifié, cohérent, collectif. C’est la rencontre de la Personne en laquelle toutes les Personnes convergent pour réaliser leur identité.

Je me suis représenté le processus cathartique de la façon suivante :

- la focalisation mentale désinvestit l’énergie psychique des projections externes et renforce le lien avec la valeur centrale. La force de cohésion augmente progressivement dans le champ interne, et commence à ébranler les refoulements qui y sont bloqués. C’est un peu comme si on augmentait la pression dans un tuyau encombré par de nombreux débris collants.

- A un certain de niveau de pression, les premiers blocs de refoulements se détachent et en ébranlent ou en entraînent d’autres sur leur passage, et remontent à la surface de la conscience pour y être pris en charge sous forme d’émotions régressives.

- Puisque le tuyau se vide, la pression peut circuler plus puissamment encore, accélérant le processus cathartique.

- A mesure que les refoulements sont réintégrés, l’onde mentale se calme de plus en plus naturellement, sans efforts, sans concentration nécessaire, et des extases de plus en plus intenses sont vécues. Les projections extérieures de désir s’amenuisent sans cesse.

- L’énergie psychique à disposition de l’onde mentale augmente. Celle-ci, cependant, de plus en plus stable, compense cette augmentation d’énergie par une augmentation de sa cohérence.

- En compensation du désinvestissement de l’identification au corps physique, l’énergie psychique sous l’influence de l’onde mentale va intensifier et développer le corps énergétique (le corps du Christ, l’énergie étant le sang du Christ, selon moi).

- Les chakras commencent à tourner plus vite, pour tendre vers leur vitesse harmonique, puis ouvrir leurs pétales énergétiques.

- A un moment critique, l’onde mentale arrivée à un degré d’énergétisation et de cohérence suffisant, va soudain changer de « niveau quantique ». Un nouvel équilibre est créé entre l’onde mentale et l’inconscient, ainsi que l’exprime Jung dans le processus d’individuation.

- Ce moment critique correspond à un épisode dramatique au niveau du vécu de la conscience. Il peut y avoir éventuellement une phase à caractère psychotique pendant une courte période, un arrêt progressif du cœur, avec malaise épileptoïde pendant deux ou trois jours.

- La crise peut être symbolisée par une crucifixion mentale.

- Les chakras supérieurs sont progressivement activés, et les circuits énergétiques initiaux sont redirigés pour tenir compte du développement du corps énergétique. Le corps de perfection se construit.

(L’augmentation de l’énergie de l’onde mentale sans le contrepoids d’une cohérence interne accrue me semble devoir conduire aux bulles d’inflation personnelle que sont les délires mégalomaniaques.)

A mesure que le corps énergétique se renforce, le corps physiologique se purifie. On a souvent conseillé de commencer par une telle purification physique. Selon moi, l’ensemble du processus de déconfusion est un mouvement auto-induit, impliquant naturellement tous les aspects de l’être. Il est vain de vouloir modifier le corps extérieur par projection de puissance, car il m’apparaît que toute volonté de puissance est une confusion.

Lorsque l’attitude intérieure se modifie, l’extérieur suit spontanément le mouvement et s’harmonise à l’unisson. A un certain point, le vieillissement, au moins du système nerveux et des capacités cérébrales, me semble pouvoir être freiné. En liaison avec l’individuation, avec le développement identitaire, le système immunitaire semble se renforcer. Le sommeil devient plus réparateur, et le temps nécessaire à y consacrer se réduit.

A mesure que l’onde mentale se calme et transite vers des niveaux de cohérence accrue, sa capacité de perception s’affine. Des « fréquences » jusque là imperceptibles commencent à se faire sentir. Des « sons », des « harmonies » sont entendues par delà les bruits de la vie. En somme, l’être devient conscient d’abord de la synchronisation progressive de son propre corps énergétique avec le corps christique, puis conscient de la possibilité de percevoir d’autres harmoniques, émises par d’autres êtres, par l’entremise du corps christique. La rencontre identitaire s’améliore. Peu à peu, le grand « silence des sphères » est pressenti, rugissant d’une impétueuse symphonie : l’harmonie du finalisme collectif, de la « Paix du Christ ». Le symbole vivant intérieur est rencontré comme synthèse d’un nouvel équilibre de conscience comme tout et seulement partie de l’unité collective.

La problématique de la confusion semble en effet être essentiellement celle des identifications erronées en palliatif à des déficiences identitaires. Ces identifications erronées sont les « fausses idoles » de la religion et les refoulements identitaires en sont les « péchés ».

Les ambitions personnelles qui grèvent la cohérence finaliste interne se dissipent, et en contrepartie, les désirs projectifs externes qui minent la liberté causale s'estompent. La contrainte sexuelle s'amenuise, mais la polarité de l'identité sexuelle n'est pas du tout rejetée.

L'altruisme et la tolérance se renforcent. L'Amour inconditionnel devient une réalité. Le monde, les autres, commencent à pouvoir être acceptés tels qu'ils sont. Le conflit commence à s'estomper.

En résumé, par la focalisation mentale et la recherche intérieure de la Beauté, un désinvestissement des projections extérieures et un nettoyage des introjections refoulées se produit. Un processus auto-renforçant d'individuation s'engage. La perception mentale se précise, comme une image trouble se corrige par mise au point. La confusion disparaît, laissant place à la discrimination. La finalité est restituée entièrement à la collectivité, et la cause aux individualités.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:21

4. Les dangers que j'ai vus.






Les dangers que j'ai perçus au cours de ma recherche sont, au fond, tous issus d'un même aspect: la non reconnaissance de la Personne d'autrui.

Même d'un point de vue strictement psychiatrique, les pathologies lourdes, par exemple de type psychotique, représentent une négation de la réalité conduisant à une redéfinition aberrante de celle-ci, et dès lors à des comportements tout aussi aberrants.

Or, la négation de la réalité est toujours en fait une négation de la réalité d'autrui, probablement en protection du danger représenté par l'autre suite à un traumatisme majeur. Je ne parle bien entendu pas ici des cas où le dysfonctionnement psychologique trouve une origine purement physiologique.

Même dans le cas du névrosé "normal", dont l'équilibre global assure un fonctionnement social cohérent, il m'apparaît qu'il y a encore et toujours négation d'autrui dans la redéfinition fantasmée qui est faite de la réalité en résultat d'un malaise récurrent.

On sait que l'équilibre global du névrosé est la résultante de diverses composantes à légère tendance pathologique, l'ensemble formant un caractère relativement cohérent. Le névrosé est donc selon moi tributaire en partie des tribulations légèrement chaotiques de son onde mentale. Il est encore dans une relative négation d'autrui, malgré son fragile équilibre.

La sublimation est souvent considérée comme la porte de sortie de la névrose, ce qui me paraît pertinent. En effet, seule l'acceptation de la réalité telle qu'elle est, d'autrui tel qu'il est, de soi tel que l'on est, par lâcher prise intérieur, permet de dépasser les redéfinitions mentales récurrentes de la névrose. C'est donc pour moi par abandon de toute volonté de puissance que l'on ôte les chaînes qui nous entravent.

Le transfert est le concept psychanalytique représentant le phénomène par lequel un refoulement induit une projection actuelle sur autrui d'une réalité passée non intégrée (un traumatisme par exemple).

Cette projection est assénée sur autrui sans autre forme de procès. L'autre alors devient involontairement la focale de projection de personnes et/ou d'événements passés, d'actes inachevés.

L'autre est requis de force pour assumer un rôle dans notre problème intrapsychique en vue de permettre l'achèvement d'un acte passé resté inachevé. Ce processus est initialement inconscient de part et d'autre du transfert qui de plus, en général, est croisé… les deux protagonistes cherchant à résoudre réciproquement le problème de leur actes inachevés dans une relation qui n'est en réalité pas ce qu'elle prétend être, au moins en partie.

Ce double niveau relationnel, induit par les refoulements, est ce qui frelate la plupart des relations interpersonnelles, qu'elles soient amoureuses, familiales, sociales, mais aussi les relations plus générales entre les nations, parce qu'elles comportent des attentes inexprimées.

Sous cet angle, tout conflit, toute guerre, n'est jamais que l'inlassable répétition d'une crise personnelle passée qui n'a pas pu être intégrée par sublimation. L'incompréhension mutuelle vient de ce que l'un et l'autre des protagonistes sont redéfinis par transfert, et non pas reconnus et acceptés tels quels pour ce qu'ils sont vraiment. Toutes les formes de négation d'autrui, en passant par le racisme, ne sont que des actualisations maladroites de refoulements passés sans rapport direct avec la situation actuelle.

La négation de soi qu'implique le traumatisme à travers le refoulement, induit naturellement, par projection, la négation d'autrui en retour. La seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de profiter de la crise actuelle pour la sublimer, en discriminer les vraies causes enfouies, et en profiter pour réintégrer les refoulements initiaux. La reconnaissance de soi passe donc d'abord par la reconnaissance d'autrui. C'est le sens de la sublimation.

Si, dans un couple, une rupture intervient, il s'agit dans la plupart des cas de l'aboutissement maladroit d'actes inachevés et inexprimés du passé, joués par les partenaires à l'insu de ceux-ci.

Si la crise reste vécue en surface du jeu de rôle, et qu'elle l'aboutit pas à une discrimination des vrais enjeux, les protagonistes se sépareront peut-être, ou resteront ensemble… mais dans tous les cas, ce sera pour encore rejouer le même drame du passé.

Si par sublimation, l'Autre est accepté authentiquement au-delà de la crise, alors le transfert s'arrête, la projection est interrompue, et la discrimination des vraies causes peut survenir, puis la réintégration des émotions refoulées. Le cercle vicieux inconscient est désactivé.



En abordant diverses traditions spirituelles, j'ai constaté que la plupart possèdent une sorte de versant nihiliste, un écueil conduisant vers la négation de l'Autre, parfois très subtilement.

L'Advaïta, par exemple, me semble à ce titre assez redoutable si l'on n'y prend garde. En effet, abordé d'une façon superficielle, ce courant semble conduire à une "dépersonnification".

Or, si l'évolution spirituelle me semble conduire vers une transpersonnalité, qui peut être vue comme une "dépersonnalisation" de l'ego individuel par évacuation des instabilités mentales, il ne s'agit en aucun cas d'une "dépersonnification". La réalisation de l'identité, par le processus d'individuation, conduit à l'intégration d'une vraie Personne.

C'est dès lors selon moi la reconnaissance de la Personne de soi et d'autrui qui constitue le garde-fou essentiel contre toute dérive nihiliste. L'Autre est ce qui me sauve, car la reconnaissance de cet Autre est ce qui me permet d'être vraiment moi.

Au final, la reconnaissance de la Personne du Christ, comme focale de convergence des identités humaines, m'est bien apparu comme ce qui sauve: le Christ est celui par la reconnaissance duquel je peux enfin être authentiquement moi.

En tant que Personne collective, le Christ représente pour moi l'identité de la conscience transpersonnelle de l'Humanité au sein de laquelle j'existe authentiquement par la reconnaissance que j'ai de tous les autres, et par celle qu'ils ont de moi en retour.

Si le procédé permettant de ne pas se perdre est simple dans son principe, à savoir tendre vers la reconnaissance de l'Autre et éviter sa négation, il est aussi très délicat en pratique car les refoulements agissent insidieusement, et l'ampleur de la négation qui est faite de l'Autre est souvent sous-estimée.

A la vérité, beaucoup d'êtres humains ignorent peut-être, me semble t'il, ce que le mot Amour signifie, quelle puissance il recèle, et combien ils sont simplement remplis de cette puissance, comme je l'ai moi-même ignoré longtemps, et l'ignore encore certainement en grande partie. Il n'y a aucun jugement impliqué dans ce constat, car le passage par le refoulement est selon moi une étape inévitable. J'en reparlerai.

Au cœur de l'évolution spirituelle, l'ouverture à l'Autre par la reconnaissance et l'étude de ses Traditions et de ses références diverses, m'a semblé également un garde-fou contre l'égarement.

A partie d'un certain point, on pénètre dans un vécu qui devient très différent de ce que l'on a l'habitude d'expérimenter. Et même si toute référence théorique n'est en soi qu'une béquille du vécu de la réalité, et que toute grande Tradition spirituelle est probablement assez complète en elle-même, il n'en demeure pas moins que l'ouverture à leurs diverses sensibilités constitue une protection supplémentaire.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:27

5. Pourquoi la confusion?






Comprendre d'où est issu le conflit, à savoir la confusion qui en est le fondement, et l'attitude à adopter pour tenter de s'en libérer est une chose. Comprendre pourquoi la confusion existe, alors qu'elle ne semble pas être un état normal, en est une autre.

Une fois encore, la dialectique du lien et de la séparation vient à mon aide. Pour percevoir un lien, il faut une séparation. Si donc un être existe dans un consensus sans en avoir été préalablement séparé, il ne pourra pas percevoir ce consensus, il ne pourra pas en prendre conscience, et ne pourra pas y adhérer librement et y participer proactivement. Cet être ne sera qu'un potentiel du consensus.

Il doit donc en être séparé. Or, toute séparation est, comme une naissance, un traumatisme inévitable, qui conduira à un refoulement identitaire, et à un état de dépendance, un état infantile. Cet état infantile est anormal, quoique naturel, la norme étant l'état émancipé, l'autonomie.

La séparation initiale de l'être hors du consensus global, hors de la "matrice maternelle", est vécue traumatiquement, et interprétée selon un procédé moral, donc corrompu par la dualité. En effet, la séparation d'avec le lien d'Amour inconditionnel est interprétée par l'être comme un jugement, une condamnation, un exil. Il est séparé soudain du lien d'Amour, et dès lors s'invente une faute pour se l'expliquer. La simple dialectique d'assimilation du lien et de la séparation se transforme en Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal.


A partir de ce refoulement initial, l'être va produire des jugements moraux, c'est-à-dire des illusions, sur tout ce qu'il perçoit, y compris lui-même. Il est séparé de l'Amour inconditionnel, séparé du finalisme collectif, séparé de l'équivalence de tous les êtres.

Pourtant, cette séparation originelle ne vise à rien d'autre qu'à lui permettre de réaliser son individuation pour qu'il puisse participer comme être authentique au consensus collectif. Jamais il n'y a eu de condamnation, et l'Amour inconditionnel est toujours ce qui prévaut.

Il semble inévitable de devoir passer par un tel traumatisme de séparation pour créer, procréer, de nouveaux êtres, puisque la séparation est nécessaire à la perception du lien.

Et il semble inévitable, pour garantir l'authenticité de l'être, qu'il soit confronté à l'épreuve alors même qu'il est trop peu aguerri pour s'en tirer sans refoulements, sans confusion. Son authenticité doit être reconnue dès le début, et respectée jusqu'à ce qu'il trouve le chemin du retour, ou bien rien ne serait plus valable dans sa quête.

Telle est la signification du Fils Prodigue: la séparation indispensable à l'acquisition de la valeur authentique qui revient, individuée, au consensus auquel appartient naturellement le Père.

La confusion humaine est selon moi un état de confusion relatif à une dépendance infantile. L'être humain a besoin de sa Mère à travers la Nature du monde matériel, et de son Père à travers les Archétypes de l'inconscient collectif.

La Nature se présente à lui comme "la Loi qui s'applique sans s'imposer", et les Archétypes se présentent à lui comme "la Loi qui s'impose sans s'appliquer". Au niveau unifié de l'absolu, il n'y a plus de Loi, mais seulement une évidence de Vie.

Il m'est donc apparu qu'au sein du non dualisme absolu, existe une latence de polarisation qui tend à spontanément rechercher son expression créatrice.

En d'autres termes, les êtres participants au consensus non dualiste, forment tous des paires "sexuées" intégrées, des couples parfaits, sacrés, car parfaitement fusionnels. C'est-à-dire parfaitement discriminés, déconfusionnés, unis par évidence naturelle.

L'intégration non dualiste est ce qui les rend parfaits, éternels, et la latence polarisée est ce qui les rend marginalement imparfaits, et donc dynamiques, procréatifs. Leur cause procréatrice sert le finalisme de la richesse collective.

L'authenticité d'un être vient donc de sa capacité à intégrer la polarité de son identité sexuelle. C'est là l'aspect existentiel le plus difficile, et donc forcément celui qui reflète le plus de confusions et d'altérations, conduisant à des tentatives erronées de rejet ou d'addiction.

En somme, l'absolu non dualiste n'est pas très différent du schéma naturel de la vie d'un être humain dans la densité : un couple, des enfants, une famille, une communauté. La différence est simplement l'absence de confusion.

Cette confusion passe entre autres par une confusion entre l'identité et la fonction, entre l'inconditionnel et la polarité, entre le romantisme et la sexualité.

Opérant un mixage confus entre l'inconditionnel "romantique" et la polarisation sexuelle, l'être confus se retrouve à projeter l'unité de l'inconditionnel collectif "romantique" sur la sexualité, et à introjecter la multiplicité de la polarisation individuelle "sexuelle" dans l'inconditionnel romantique.

Dès lors, son comportement aura tendance à réduire l'Amour inconditionnel à la seule sphère de son partenaire sexuel, de son couple et de ses enfants, et à polariser ses relations à la collectivité à travers des fonctions travesties: sociales, commerciales, etc. En corollaire, il considèrera comme possible d'avoir plusieurs partenaires "romantiques", et comme pertinent de ne viser qu'à son unique ambition personnelle dans son rapport à la collectivité.

L'être humain ne sait pas encore procréer, et, simple enfant, utilise sa sexualité d'une façon aberrante.

Hors confusion, il existe un seul romantisme, un seul Amour inconditionnel, qui n'appartient pas, et qui est voué à la collectivité en général et à chacun de ses membres en particulier.

Hors confusion, il n'existe qu'une seule fonction authentique, la procréation au sein de couples unifiés de façon absolue, et incluant la fonction éducatrice des enfants.

A propos de cette fonction éducative, didactique, dans nos sociétés, il faut savoir que dans la grande majorité des cas, la symbiose n'existe pas exclusivement des enfants vers les parents, mais aussi, de façon aberrante, des parents vers les enfants.

De cette façon, les refoulements inconscients transitent entre parents et enfants et se perpétuent de génération en génération.

Cet appel symbiotique aberrant des parents qui attendent une prise en charge par leurs enfants, sera le plus souvent non conscientisée, ou seulement pré conscientisée. Cependant, l'enfant lui-même percevra ces appels aberrants à un niveau pré conscient, et acceptera généralement ce lien inversé, corrompu, car il est dépendant de ses parents. Ce sera là la base d'une faille identitaire supplémentaire qui entravera par la suite l'accès à la véritable autonomie.

En somme, une voie privilégiée de propagation des "virus identitaires" est la voie trans-générationnelle.

Au niveau métaphysique, le Créateur (masculin et féminin) respecte l'authenticité humaine en considérant l'être humain dès le départ comme une Personne à part entière, capable de réintégrer son refoulement originel de séparation, et d'accéder à l'autonomie véritable. Il lui donne pour cela l'assistance symbiotique dont il a besoin à travers les champs perceptifs matériels et psychiques, des références naturelles (Mère) et archétypales (Père).

Mais il ne fera lui-même aucun appel symbiotique, et n'interfèrera pas de sa propre Personne dans le développement de la Personne de ses enfants. Il restera apparemment hors de l'équation jusqu'à pouvoir être reconnu dans sa Personne.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:33

6. Christ, finalité de l'évolution






L'évolution m'apparaît comme ayant toujours procédé d'une façon identique, en deux temps: une phase de complexification, une phase de simplification synthétique.

La phase de complexification me semble viser à l'obtention d'un cercle, et la phase de simplification synthétise le cercle dans un nouveau centre.

Le cercle m'est toujours apparu comme le modèle néguentropique universel. Tout objet non soumis à des contraintes de tension internes ou externes prend naturellement la forme circulaire, ou la forme sphérique. Selon moi, le nombre Pi est l'ADN du cercle, et, en fait, l'ADN universel.

En considérant les grandes étapes de l'évolution, on constate que:

- L'évolution subatomique a conduit à l'apparition de fonctions électroniques (orbitales) synthétisées par un noyau atomique. A ce stade, il n'y a pas de niveau d'abstraction particulier, le centre est directement, simplement, corrélé à sa périphérie. L'évolution subatomique a naturellement produit le niveau atomique.

- l'évolution minérale, par complexification moléculaire, a conduit à l'apparition de coques (sphères) au sein desquelles une activité chimique a commencé à travailler de façon indépendante, conduisant aux procaryotes (cellules sans noyaux). Qu'alors, une simplification synthétique de cette activité chimique a été représentée au sein d'un matériel génétique, qui a ensuite été enfermé dans un noyau cellulaire (eucaryotes). Le patrimoine génétique est la synthèse centrale de l'activité chimique périphérique. La transition du minéral vers le biologique, le vivant, représente donc un premier niveau d'abstraction de l'être au sein d'un codage génétique.

- l'évolution biologique, par complexification tissulaire, a conduit à l'apparition de fonctions organiques organisant progressivement une sphère comportementale. Qu'alors une simplification synthétique de cette activité comportementale a été représentée au sein d'un système nerveux central. Ce dernier est la synthèse centrale de l'activité organique et comportementale périphérique. La transition du biologique vers le psychologique représente donc un second niveau d'abstraction de l'être par un codage électrochimique de son fonctionnement organique global.

- l'évolution psychologique, par complexification comportementale, a conduit à l'apparition de fonctions sociales et culturelles, organisant progressivement une sphère de la personnalité. Qu'alors une simplification synthétique de cette personnalité a été représentée, au bout du processus d'encéphalisation, au sein de la conscience individuelle humaine. La transition du psychologique vers la conscience humaine représente donc un troisième niveau d'abstraction de l'être, par obtention d'un codage purement abstrait, subjectif, en pensées et sentiments, de sa propre Personne.

Les questions que je me suis posées sont: "Y a t'il un autre niveau d'évolution, d'abstraction?" et "Si oui, comment parvenir à comprendre sa nature?".

Une première déduction que j'ai tirée de cette analyse concerne l'instinct, en tant que rapport à la collectivité, au cours de l'évolution.

Au niveau atomique, qui inclut le moléculaire, l'"instinct" est à ce point prééminent, subi, qu'il est appelé Loi. Il est rigide, et implique un lien absolu au collectif minéral qui se comporte de façon constante.

Au niveau biologique, qui inclut l'espèce, à savoir le collectif organique, l'instinct est encore très fortement subi, mais varie naturellement selon l'espèce.

Au niveau psychologique, qui inclut les populations, à savoir le collectif comportemental, l'instinct est subi, mais déjà plus relativisé. Des ébauches de différenciation culturelle apparaissent, et des variations comportementales sont notables entre certains groupes ou populations.

Au niveau de la conscience humaine, qui inclut la Personnalité individuelle, l'instinct est très fortement relativisé. Non seulement des différences culturelles très nettes apparaissent entre les populations, et des différences comportementales très accusées entre différents groupes d'une même population, mais en plus, une individualisation comportementale devient manifeste.

A mesure donc que le niveau d'abstraction progresse, la soumission inéluctable à l'instinct, mais aussi dès lors le rapport au collectif, décroissent. Dans le même temps, le niveau d'évolution transite du collectif vers l'individuel. Au niveau minéral, la matière progresse de façon globale. Au niveau biologique, les espèces progressent. Au niveau psychologique, les populations et les groupes progressent. Et au niveau humain, les individus progressent.

Néanmoins, en y regardant de plus près, on constate qu'au niveau psychologique, certains individus progressent plus que d'autres, et qu'au niveau humain, les populations et les groupes progressent encore… tout cela m'a conduit à penser que la transition humaine n'était peut-être pas si achevée que cela.

En fait, en considérant les travaux de Jung sur l'individuation, puis en considérant le développement actuel de la psychologie transpersonnelle, et enfin en notant que l'instinct n'est chez l'être humain que très fort relativisé, et non pas maîtrisé, j'ai plutôt tendance à penser que la spécificité humaine est d'être au seuil d'une transition, et non pas une transition en soi.

Les animaux les plus supérieurs témoignent déjà d'aspects culturels et d'un certain degré de personnalisation. Il me semble donc que la spécificité humaine n'est pas à chercher en terme d'effectivité, mais de potentialité.
L'être humain serait supposé à un niveau d'évolution individuel strict, et pourtant il est encore relativement assujetti à l'instinct, et lié de façon assez automatique au groupe, à la communauté, à la culture, à l'espèce, etc. Je pense dès lors que la spécificité de l'être humain est simplement d'avoir le potentiel d'atteindre le niveau suivant, à travers un processus que Jung a nommé individuation, et qui est simplement la porte de l'évolution spirituelle.

En quelque sorte, le mental humain est bien une évolution par rapport aux animaux supérieurs, par l'obtention d'une représentation abstraite plus complète de sa Personne, mais il y manque quelque chose pour que la transition soit effective.

Cette représentation purement abstraite reste supportée exclusivement par les processus électrochimiques du cerveau. Il manque donc à cette pure abstraction… l'intégration de son support physique. En somme, le cercle de la Personne humaine est presque achevé, mais pas encore synthétisé dans son point central, qui oscille au lieu d'être stable.

Comment le comprendre?

Il s'agit toujours d'un problème d'identification. Le choix d'être est donné à l'être humain, mais être, ce n'est pas s'identifier, c'est être une identité. Tant que l'être s'identifie "à", il reste prisonnier des fonctions collectives, et ne s'individue pas. Pour s'individuer, il faut qu'une désidentification spontanée soit engagée et conduise à une identification "en", et non plus "à". L'identification "en" devient possible lorsque la séparation individuante est complète.

Ce qui se passe alors est que la discrimination individuelle entraîne la faculté de transpersonnalité collective. L'identification "en" est la Renaissance en Christ, la fusion discriminée de la Personne individuelle au sein de la Personne collective. On ne peut logiquement être en osmose complète, en intimité totale avec autrui sans danger, que lorsque qu'on possède une identité inexpugnable, car parfaitement discriminée.

Ce qui est vécu alors ne peut être décrit que de façon très paradoxale. L'être individuel s'identifie dans la Personne collective, dont il est à la fois une partie et la totalité. Il se voit à la fois à la périphérie et au centre, à l'extérieur et à l'intérieur, comme tous les autres êtres individuels qui adhèrent à la Personne collective de façon strictement équivalente. Ce rapport à l'Autre est le rapport au Christ, comme convergence du finalisme intérieur. Cette perception directe de la cohérence unifiée du finalisme intérieur est la Foi.

Lorsque toutes les causes individuelles sont ainsi liées par la perception directe d'un finalisme commun, seules peuvent régner la Joie et l'Harmonie.

Le finalisme est donc la clé du problème. Il est vrai que d'un point de vue scientifique, le finalisme de l'évolution est une notion fort contestée. Je reste persuadé que c'est pourtant la vérité.

Le finalisme procède en quelque sorte d'un "temps inversé": ce n'est pas une cause présente qui amène un effet futur, c'est un potentiel futur qui appelle la cause présente.

J'aurais presque envie de lier cela à la compréhension des paradoxes de la physique quantique: tout ne serait-il pas plus simple envisagé sous l'angle d'un temps inversé?
Mais n'étant pas spécialiste en la matière, je n'irai pas plus loin.

Je sais seulement que l'intellect humain est largement tributaire d'un fonctionnement causal et que ce seul aspect implique probablement ses grandes difficultés à comprendre simplement la nature de l'existence. Il aborde peut-être régulièrement les problèmes complètement à l'envers, d'où ses impasses et ses complexifications à outrance. Mon intellect n'échappe pas à cette règle.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:53

7. L'instinct






L'instinct est le lien émotionnel au collectif lorsque ce lien n'est pas maîtrisé, mais subi. Il reste subi tant qu'il n'y a pas eu de séparation complète du collectif par individuation. La maîtrise s'entend comme le lâcher prise du contrôle.

L'émotion est, en somme, la base du finalisme, alors que la raison, la logique, est la base du causalisme. Au sein du non dualisme, ces deux aspects sont liés de façon sublimée. Car tout au fond de l'émotion se trouve la raison, et tout au fond de la raison se trouve l'émotion.

A mesure que l'individuation se réalise, la maîtrise augmente, et l'instinct, fortement réprimé chez l'être humain, peut à nouveau se libérer progressivement: l'émotion déferle sur le mental.

L'instinct, somme toute, ne vise toujours qu'à une chose, qu'il soit subi comme contrainte, ou maîtrisé comme émotion: préserver et accroître la richesse collective, de la matière au sein du règne minéral, de l'espèce au sein du règne animal, de la société chez l'humain confus, et de la collectivité non dualiste chez l'être déconfusionné.

La différence entre ces niveaux consiste en l'authenticité croissante de la cause individuelle par rapport à l'enrichissement collectif. Plus l'instinct se réduit, plus l'authenticité causale augmente, plus l'être est engagé dans la responsabilité de sa cause.

Cependant, paradoxalement, tant qu'il n'y a pas maîtrise, il n'y a pas de finalisme véritable. Car à mesure que l'instinct se réduit, la pression finaliste diminue. Ceci implique que la liberté causale se réduit pendant tout le processus, sauf lorsque la maîtrise est atteinte.

En clair, à mesure que l'instinct se réduit et que la cause s'authentifie, la responsabilité augmente, mais pas la responsabilisation… sauf dans le cas où le finalisme de la maîtrise institue cette responsabilisation au niveau collectif.

En somme, l'être confus expérimente un univers où les buts ont été séparés, "temporisés" de leurs causes, conduisant au vécu apparent de simples processus de cause à effet. L'augmentation de la responsabilité individuelle associée à cette diminution de la responsabilisation collective est ce qui conduit à la confusion du libre-arbitre. Sortir de confusion, c'est associer à nouveau la responsabilisation d'un finalisme collectif à la responsabilité des causes individuelles.

Cette séparation des buts et des causes est aussi ce qui conduit à subir un "temps qui passe". Ce temps qui passe, causaliste, est inversé par rapport au temps finaliste de l'éternel présent. Il conduit à la notion de hasard, de probabilités. Le futur semble une inconnue, forcément, car l'oubli du finalisme est l'oubli du potentiel qui a appelé sa cause, l'oubli du but qui a appelé le présent à être.

L'être confus, empêtré dans son finalisme individuel, son individualisme, ne comprend le finalisme que dans un sens volontariste, causalement déterministe et extériorisé: "voici mon but, celui que je veux, et voici ce que je vais faire pour y arriver". Dès lors, il se soumet au hasard d'un futur inconnu qui ne rencontrera peut-être pas son attente. Son déterminisme causal se confronte à l'aléatoire final.

De plus, la volonté de puissance maintient et augmente l'entropie humaine en favorisant la propagation conflictuelle des fractures identitaires.

L'être déconfusionné perçoit le finalisme dans un sens collectif et naturel, de celui d'une évidence qui n'a pas à être poursuivie, car causalement déjà déterminée. Elle est déjà la vérité qui a appelé le présent à être. Il sait fort bien que la seule chose qui pourrait temporiser la réalisation de cette évidence est précisément l'expression d'une volonté personnelle, d'une extériorisation de puissance dans un but mal identifié, et que dès lors la seule attitude pertinente est le lâcher prise intérieur et la Foi. Son lâcher prise causal rencontre une certitude finale. Il favorise la néguentropie de la synthèse christique.

Ce lâcher prise causal n'est pas une inactivité, ni une activité forcenée. C'est une simple harmonisation avec le but collectif, tel qu'il est perçu au sein de la cohérence psychique intérieure. Les actions ne sont plus envisagées selon un finalisme individuel, mais comme un Art individuel d'épouser le collectif dans sa quête de réalisation finale, en discriminant le vrai but collectif, et la façon la plus adaptée et naturelle de le promouvoir selon la situation, sans considération autre qu'apparente pour les références confusionnelles, sociales ou autres.

L'instinct, dans la maîtrise émotionnelle, aboutit à l'intuition: la faculté d'épouser le collectif selon un Art personnel, authentique et original.

Or donc, lorsque l'unité intérieure est morcelée par introjections, apparaît un sentiment personnel de séparativité qui exprime en substance que "c'est mon but qui compte, et mon but n'est pas celui des autres". C'est le ferment de la compétition, et du conflit. C'est l'individualisme ou finalisme inversé, car individuel. C'est aussi ce qui mène à la culpabilisation, résultat d'une finalité personnelle forcément incohérente, et renvoyée comme jugement de la collectivité vers l'individu.

Et lorsque la multiplicité est entravée par projections, apparaît un consensus contraignant qui induit du causalisme inversé car collectif, ciment de l'uniformité. Il pousse l'être à proclamer que "si le monde est éprouvant, c'est à cause des autres et le changer est impossible si on est tout seul".

La confusion finalement conduit donc aux aspects de responsabilisation individuelle et d'inertie collective, qui ont pour noms culpabilité et fatalisme. Deux aberrations.

Le causalisme collectif isole dans l'uniformité et le fatalisme, et le finalisme individuel isole dans la compétition et la culpabilité.

Lorsque la confusion est absente, la responsabilisation, qui est toujours liée à une finalité, revêt sa juste nature qui est d'être toujours collective. La culpabilité disparaît comme l'illusion qu'elle est.

La responsabilité s'attache toujours à une intention, donc à une finalité, que ce soit par choix ou par omission. Lorsque aucune finalité particulière n'est en jeu, ni par choix conscient, ni par omission inconsciente, il n'y a aucune responsabilité d'aucune sorte. Car seule l'intention responsabilise.

De même, lorsque la confusion est absente, l'inertie, qui est toujours liée à une causalité, revêt sa juste nature, qui est d'être toujours individuelle. Le fatalisme disparaît comme l'illusion qu'il est.

L'inertie s'attache toujours à une cause; car sans source causale, il n'y a pas d'inertie.

Un consensus nettoyé de toute confusion est une collectivité de causes individuelles libres tendues vers une finalité commune d'harmonie. C'est un équilibre naturel entre l'individu et la collectivité. C'est un système communiste libéralement fondé, un système libéral collectivement finalisé. Le communisme n'a, jusqu'à présent, démontré qu'une incapacité à se fonder librement, et le libéralisme n'a, jusqu'à présent, démontré qu'une incapacité à se finaliser harmonieusement. Ces incapacités sont les fruits de la confusion.

Le sentiment intérieur y est celui de l'appartenance naturelle, de l'égalité stricte, de la fraternité universelle inclusive. L'attitude extérieure est celle de l'originalité débridée et exclusive.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:55

8. Extase et Perception






" Bientôt, tout ceci n'aura plus d'importance, et pourtant, tout sera toujours merveilleusement possible! "

Voilà en quelque sorte synthétisé le ressenti de celui qui progresse loin dans sa quête de la Beauté.

Il veut dire qu'il commence à réellement pressentir que tout ce qui constitue ses espoirs matériels d'être confus n'est finalement pas assez Beau, mais que, paradoxalement, tout cela est Beau quand cela survient par la Beauté, car cela existe aussi dans la Beauté.

En clair, ce qui altère la Beauté des choses de la Vie, c'est la perception des manques. La perception des manques est ce qui entraîne l'attachement aux choses, et cet attachement réduit la valeur, la Beauté de ces choses… La perception des manques est une illusion: la nature de l'existence est la prodigalité.

La perception des manques attache les choses de la Vie à un espoir de formes et de temps, un espoir d'obtenir un résultat rigidifié dans sa définition et ses délais. Chercher la Beauté consiste donc à accepter de passer au-delà de la perception des manques qui, pour une bonne part, sont souvent le produit de blessures passées non résolues.

Dépasser la perception des manques semble à priori très difficile à l'ego mental qui se dit que s'il accepte d'oublier ses manques, alors il risque de ne rien recevoir du tout! Cela démontre clairement à quel point l'espoir est attaché, emprisonné.

Comment un oiseau de l'espoir pourrait-il apporter ses fruits légitimes, s'il est mis en cage?

Il n'y a pas un seul aspect de la Vie qui ne soit possible dans l'absolu de la Beauté. La seule différence, c'est que tout s'y produit librement, sans être attaché. Plus rien n'y a d'importance particulière, parce que les manques y sont abandonnés, et que dès lors il n'y a plus que la certitude de recevoir dans la spontanéité de la Joie. Il n'y a plus d'importance particulière parce que tout aspect de la Vie est également important et Beau et trouvera naturellement son accomplissement le plus gratifiant.


La difficulté, au départ de l'extase, est de rencontrer les autres. Plus exactement, de reconnaître qu'on a bien rencontré quelqu'un…

Les premières ébauches d'extase peuvent fort ressembler à une exploration en quelque sorte, solitaire. C'est Beau, c'est grand, c'est grisant, c'est étonnant. Mais on peut rester dans le doute d'une éventuelle rencontre.

Ceci vient simplement de ce que la focalisation mentale était insuffisante, et/ou que la position d'ouverture aux autres n'était pas bien réalisée. Le critère pour pouvoir rencontrer les autres dans l'extase est l'équivalence. Plus on se sent réellement équivalent, plus on est en position de rencontrer vraiment. Il ne s'agit pas de vouloir être équivalent, vouloir ne mène nulle part. Il faut se laisser aller à l'équivalence. Mais bien entendu, à cet égard, le nettoyage des refoulements est précieux, car ils ont pour tendance principale d'empêcher le sentiment d'équivalence naturel.

L'être confus, de plus, a tellement l'habitude de vivre son champ intérieur psychique de façon individuelle, qu'il lui faut du temps pour accepter le fait que ce champ n'a pas du tout une essence individuelle, et que du monde, il y en a, et une activité à peine pensable aussi!

Il faut alors noter que toutes les phases de l'extase ne sont pas semblables, et qu'il arrive que de très fort contacts spontanés se produisent, qui ne sont pas du tout issus de notre propre production mentale et énergétique. C'est à cela que l'on commence à prendre conscience des contacts.

Et puis, il faut aussi pouvoir discriminer et prendre les différentes positions par rapport aux autres car, en extase, on peut aussi bien être en isolement, en retrait, , en relation, ou en communion… tout comme dans la vie "matérielle".

De plus, le mode de communication, essentiellement énergétique, désarçonne à priori. Au fil du temps, on commence à discriminer différentes "signatures" vibratoires. Lorsqu'on commence à les reconnaître, on peut commencer aussi à les "appeler" par focalisation. La signature n'est pas la vibration, c'est ce qui est à la source de la vibration.

Mais il faut encore du temps pour que ces rencontres soient acceptées pour réelles. Et encore plus de temps pour reconnaître que les êtres qu'on rencontre permettent une véritable relation humaine. Car même lorsqu'on commence à accepter la rencontre pour véritable, la qualité de communication de celle-ci n'est probablement pas assez nette pour saisir les nuances de conscience de l'autre. Alors on hésite encore, on croit qu'on rencontre bien un être, mais cela ne semble pas différent que de rencontrer un animal, ou un martien…

En somme, progressivement, l'extase va favoriser le nettoyage des refoulements et, de ce fait, faire transiter progressivement le champ de conscience de l'individuel vers le collectif. Dès lors, l'extase qui semblait au départ un plaisir assez solitaire, devient l'Art de la relation.

Il est vrai que dès les début, l'extase mène à une osmose avec la nature, avec le Tout, avec l'Esprit. Mais la particularité de cela est souvent, initialement, une certaine forme d'impersonnalité de la relation. Quelque part une sorte de vide est vécu au sein de la plénitude, car il ne semble y avoir… personne!

Le maître mot est donc ici la reconnaissance de la Personne des autres. C'est d'ailleurs un des dangers nihilistes de certaines voies, comme l'Advaïta, que de ne pas mettre assez cet aspect en évidence. L'écueil impersonnel est redoutable!

En somme, pour être une vraie Personne, il faut reconnaître la Personne des autres.

Il y a un aspect bien particulier qui constitue une des dernières difficultés pour rencontrer les autres dans l'extase: la spontanéité.

L'être confus est toujours enchaîné à un processus mental en partie indirect, nombriliste. L'intellect, causal, empêche souvent l'accès à une spontanéité parfaite. Ceci est toujours lié à un manque d'équivalence. Plus le mental est imprégné de la perception d'équivalence, plus il est susceptible de spontanéité.

Or, tout être présent, en tant que Personne, au sein de l'Esprit, possède la nature de l'Esprit, qui est d'être parfaitement spontané, non calculé, en synchronisme total. On voit de suite la difficulté qu'il y a pour un être nanti d'un intellect naturellement calculateur, de rencontrer une Personne au sein de l'Esprit.

Question: comment rencontrer, déceler, un autre être, au sein d'un synchronisme parfait?

Réponse: le synchronisme intérieur parfait avec l'Autre collectif, libère la relation aux autres dans le champ extérieur, énergétique.

Alors que l'être confus voit sa relation aux autres rigidifiée par une sphère matérielle contraignante, en contrepoids d'un manque de convergence psychique, l'être en déconfusion voit sa relation aux autres se libérer par le rétablissement de sa convergence psychique.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 19:58

9. Au-delà du conflit.






Or donc un conflit m'a conduit à cette quête. Je suis parvenu à découvrir l'origine de mon conflit qui était ma confusion.

Tant que l'on se sent en conflit avec les autres, avec le monde, c'est qu'on est en conflit avec soi-même.

Mais aussi, tant qu'on se focalise sur la confusion des autres, on reste dans le conflit, car on n'accepte pas l'autre tel qu'il est, et on est incapable de le rencontrer. Donc on est incapable de se rencontrer soi également. J'étais encore dans une telle focalisation il y a fort peu de temps.

Mais il arrive un moment où l'on doit comprendre que voir la confusion, c'est bien, mais qu'elle constitue aussi un miroir déformant. Toute la dialectique circulaire qui a permis de la déceler, de la qualifier, doit finir par disparaître totalement de l'avant-plan car cette théorie est encore un possible écran de conflit avec autrui, donc avec soi.

L'autre ne peut être passé par une moulinette théorique sans atteinte au respect de sa Personne. La dialectique n'est qu'un outil, essentiellement personnel. Son usage systématique et sans égard pour soi ou autrui transforme sa possible vérité en erreur certaine.

L'autre est toujours une Personne, avec ou sans confusion. C'est cela qui doit être reconnu d'abord et essentiellement. Tout le reste est secondaire et vient après, éventuellement.

Il s'agit d'une sorte de synthétisation de la dialectique qui, de l'avant plan conflictuel, passe à l'arrière plan non dualiste. C'est une sorte d'intégration de la vérité personnelle de l'outil qui se vivra enfin spontanément au lieu de se comprendre et d'être mis en action avec difficulté. C'est une telle synthèse qui est représentée à la fin du film "Pi".

Car en fin de compte, si la perception d'équivalence permet de rencontrer vraiment l'autre, alors l'autre doit être perçu comme strictement équivalent à l'exclusion de toute considération particulière, y compris sa confusion éventuelle. Il faut rencontrer la Personne avant tout, dans la richesse infinie de son mystère.

La reconnaissance de la Personne est, selon moi, la seule vérité possible, la seule valeur à laquelle il ne faut rien ajouter ni retrancher.


Si j'observe la confusion autour de moi, et que je souhaite m'en libérer, je ne peux pas le faire en m'opposant à elle de front, ni en la jugeant, ni en la condamnant, ni en la refusant.

Le monde est tel qu'il est, et j'en fais partie. Si je m'oppose à un aspect du monde, je ne peux pas l'intégrer, donc je reste prisonnier de l'opposition.

La confusion est en soi une opposition, une division. Dès lors, s'opposer à elle lui donne plus de puissance sur soi: s'opposer à l'illusion consiste à s'y enfoncer d'avantage. C'est simplement logique, car c'est s'opposer à l'opposition...

Dès lors, pour se libérer de la confusion, de la dualité, il faut d'abord l'accepter, non pas en tant que telle, mais en tant qu'aspect du monde. On ne peut pas Aimer totalement le monde si on a besoin d'en soustraire un aspect. Et si on n'Aime pas totalement le monde, on a aucun moyen de le changer vraiment.

La confrontation de l'idéal, même en tant que Foi, que certitude, avec la réalité confuse, implique donc inévitablement cette sublimation de l'idéal pour la réalité telle qu'elle se présente. On ne saurait faire venir et faire naître l'idéal dans la réalité actuelle, si cet idéal refuse des aspects de cette réalité, et dès lors n'accepte pas la confrontation et refuse d'intégrer le monde.

Ce n'est pas compromission, ce n'est pas adultération: c'est sublimation. Un véritable idéal n'a peur d'aucune confrontation.

La réalité actuelle, même confuse, vaut donc mieux que l'hypothèse stérile d'un idéal de déconfusion non sublimé.

Si je veux pouvoir actualiser le lien christique au sein du monde, il faut d'une part que je sois avec l'idéal christique, mais aussi que je sois avec le monde, complètement présent à celui-ci, l'acceptant sans réserves.

La seule option est donc de ne s'opposer à rien, d'accepter la confusion et Aimer déjà tous les êtres avec et au-delà de leur confusion. De cette façon, on favorise la déconfusion, au lieu de vainement s'opposer à la confusion.

Finallement, se libérer de la confusion, c'est ne plus la voir comme un ennemi potentiel, mais simplement comme un aspect transitoire inévitable, qui n'arrive pas à masquer l'insondable Beauté des êtres par delà son voile. Se libérer est se focaliser sur cette Beauté uniquement, pour la nourrir, la promouvoir, l'appeler à naître au monde, et laisser la confusion simplement mourrir progressivement comme l'illusion qu'elle est, comme l'ombre se retire lorsque la lumière se répand.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:00

10. La maîtrise du destin






L’être confus mélange l’ici et le maintenant, l’espace et le temps. Cela le conduit à vivre dans un cadre où les causes sont séparées de leurs buts, conduisant à de simples effets, et à subir un temps qui coule des causes vers ces effets.

Au départ, la cause et le but sont unis en seul principe atemporel, discriminés par un lien circulaire: le but appelle sa cause, la cause répond au but, ils sont les deux visages d'une même réalité.

Cause <--> But

Lien final circulaire

Puis, au sein de la confusion, le lien devient linéaire: le but se transforme en effet, le libre-arbitre apparaît.

Cause --> Effet
Lien causal linéaire

L’être, cependant, possède toujours sa réalité, depuis le début, comme un potentiel de l’instant présent. Mais parce qu’il subit l’illusion du temps qui coule, il ne parvient pas à se stabiliser dans l’instant présent.

L’être confus n’intègre pas son passé dans le présent, et dès lors, se projette dans un futur qui est déterminé par son passé. Il subit donc une destinée strictement causale tant qu’il reste focalisé sur ses considérations egotistes relatives au passé : « voilà ce qui m’est arrivé, voilà dès lors ce que je vais faire ».

A chaque instant, son potentiel l’appelle dans le présent, mais il le dépasse systématiquement, il ne s’y arrête pas, conditionné qu’il est par la mémoire du passé. Car la mémoire telle qu’il la vit, est une non intégration.

La mémoire intégrée, c’est vivre le présent dans la situation exacte où nous a placé le passé. Mais la mémoire de l’être confus est en fait l’altération de la perception du présent par des interférences aberrantes de croyances et de sentiments appartenant au passé.

Selon moi, cela est possiblement l’origine du paradoxe causal de la physique quantique : la décohérence nécessaire entre le niveau quantique et le niveau macroscopique. Cette simplification de l’équation d’onde n’est en fait pas une conséquence d’une situation passée, mais est provoquée par l’appel d'un potentiel futur.

Car puisque l’instant présent a été dépassé, alors le potentiel s’est automatiquement actualisé dans le futur, induisant la simplification donnant lieu, par décohérence, à une situation macroscopique faussement présente, car elle est déjà passée !


Voici de petits schémas pour aider à la compréhension :


CP : cause passée
EF : effet futur
FP : faux présent (déjà passé)
PIP : potentiel de l’instant présent (Soi)

1°) L’être confus n’a pas intégré son passé, et donc le subi, ce qui forme un faux présent. Depuis ce faux présent, il est appelé par son potentiel de l’instant présent:

CP -> FP -> PIP

2°) Mais conditionné par son passé, au lieu de viser l'instant présent et s'y stabiliser, il se projette dans le futur en niant l’instant présent. Son futur est alors déterminé par un destin causal, aboutissant à un effet spécifique, conséquence du passé:

CP -> (-> PIP ) -> FP -> EF

3°) Le potentiel de l’instant présent alors s’actualise naturellement dans le futur, puisqu’il a été dépassé, et qu’il est d’essence atemporelle, induisant un faux présent en tant que son propre passé, l’ancien faux présent devenant une cause passée. C'est à ce moment que se produit la décohérence entre le niveau quantique et le niveau macroscopique. On aboutit alors à une situation similaire à celle du début. Et le processus se répète…

CP -> [FP] CP -> [EF] FP -> PIP

Le potentiel de l'instant présent (PIP) est en somme le Soi, Christ, l'éternel potentiel. L'erreur de l'être confus dans sa confusion egotiste est de se croire le potentiel éternel. Dès lors, il crée sa propre illusion du présent en cristallisant le potentiel dans un état figé. C'est ce qui forme l'erreur individualiste: l'être s'identifie au potentiel.

Hors de la confusion, l'être se discrimine du potentiel: il ne s'identifie pas à lui, mais en lui. Cette discrimination permet alors au lien circulaire d'être rétabli, et de rendre le finalisme, le but éternel, à la collectivité.

On constate que le causalisme procède d'un temps en quelque sorte inversé par rapport au finalisme: dans un système causal, la cause entraîne l'effet, mais dans un système finaliste, c'est le but qui appelle sa cause.

Parce que l'éternel potentiel est forcément collectif, sa cristallisation est toujours collective. Ce qui signifie que l'individu, en s'identifiant illusoirement au potentiel, cristallise sa réalité dans un faux présent collectif: le monde matériel au sein du paradoxe espace-temps (confusion espace – temps). Ceci mène à l'aberration qui est complémentaire du finalisme individuel (individualisme): le causalisme collectif.

Au sein d'un tel causalisme, le destin n'est pas libre, auto maîtrisé, mais assujetti à une contrainte. C'est normal, car puisque le potentiel est cristallisé, figé, défini, il ne peut conduire qu'à un déterminisme causal contraignant : le joug du monde matériel.

L'objet de la science est l'étude des lois de cette illusion causale collective. Elle étudie et décrit les phénomènes liés à la cristallisation du potentiel. Mais la physique quantique commence à réellement flirter avec les limites du système causal, et des fenêtres sont entrebâillées sur une autre réalité de l'être. Un concept, assez récent il est vrai, celui des champs morphiques, imaginé par un biologiste, permet même de commencer à réunir physique quantique et inconscient jungien.

En fin de compte, pour se libérer du déterminisme causal, pour maîtriser son destin, l'être doit décristalliser son potentiel, ne plus tenter de le posséder en propre en le définissant d'autorité, en fonction de ses attractions et répulsions mentales, de ses instabilités perceptives.

Dès lors, il rend le potentiel à lui-même, dans l'éternité collective. Il accepte de servir le potentiel collectif, au lieu de vouloir être servi par lui. Dès lors, sa cause personnelle, rendue au service collectif, est libérée dans son authenticité, son originalité: il devient une vraie Personne (cf Pinocchio).

Cela ne veut pas dire qu'il ne recevra pas ce qui lui revient, qu'il ne sera pas aimé et comblé par la collectivité. Cela ne veut pas dire que les besoins légitimes de sa nature profonde risquent de ne pas être rencontrés… au contraire! Ce n'est que par une telle abdication qu'il se verra comblé au-delà de toute imagination. Et c'est plutôt dans l'illusion du causalisme collectif, issu de la cristallisation du potentiel, qu'il subit la souffrance liée aux manques.

Il ne s'agit pas non plus de penser qu'une personne sans manques est forcément comblée, puisqu'elle n'a plus de besoins: cela ne fonctionne pas comme cela… La perception des manques n'est pas un effet de la présence de besoins. La perception des manques est un effet de la volonté de définir, de cristalliser la façon dont les besoins doivent être rencontrés.

L'accès à la maîtrise de la déconfusion, à la réalisation du Soi, n'est pas la suppression des besoins, mais leur intégration dans un système collectif ouvert. Ce qui disparaît dans un tel système intégré n'est pas le besoin en lui-même, mais la définition réductrice de sa solution.

Car l'éternel potentiel est lui-même besoin, désir, flot impétueux ouvert sur un futur sans limites, sans restrictions, qui fait déjà partie de lui. Le flux émotionnel de l'extase, de l'instinct libéré, rendu à lui-même, est cet appel ineffable d'un besoin à jamais inassouvi, et pourtant toujours rencontré.

La maîtrise est cet état paradoxal de tension qui mène à un désir ouvert et permanent de la relation aux autres, mais qui se suffit pourtant dans sa relation à lui-même. C'est un désir qui est sa propre justification, un besoin qui est, en sa propre résolution, un renouvellement permanent, ouvert sur l'inestimable cadeau de la relation interpersonnelle.

A priori, cependant, l'ego a peur de faire le saut de la Foi, d'accepter d'abandonner ses prétentions sur le seuil christique, et d'entrer "nu comme un ver"… pour recevoir enfin le manteau qui lui sied, et les merveilles dont sa Personne a toujours été digne.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:02

11. Le temps.






Ce qui sépare mon présent confus de la seconde qui le précède n'est pas différent de ce qui le sépare d'un instant vécu dix ans auparavant.

Tant que je crois au temps qui passe, je n'emporte pas mon passé avec moi dans le présent. Je le laisse traîner derrière moi comme une longue chaîne de causes attachées à un boulet, en un sillage qui m'empêche de rattraper mon présent et de libérer mon futur.

Pourtant, si je pouvais mieux percevoir tout ce temps comme un seul instant, si je pouvais sentir tout ce vécu en moi, maintenant, totalement, encore plus réel que je ne l'ai jamais compris jusqu'ici,. si je pouvais écraser ce long accordéon de pliures pour qu'il se résume à la simple réalité de l'éternel présent, alors je serais moi, vraiment.

Tous les êtres chers que j'ai cru perdre, je les retrouverais plus vivants que je n'ai jamais osé l'espérer. Ils m'attendent toujours là où je les ai laissés traîner. Ils ont rejoint le présent, et parce que moi je ne peux pas le vivre réellement, parce que je n'ai pas intégré tout ce passé, je ne les vois pas. Paradoxalement, je les ai laissés traîner, et je n'arrive pas à les rattraper…

Pourtant, lors de moments particuliers, d'une conscience plus large, certains se sont manifestés spontanément. Point de fantômes, point de mirages, mais un contact si précis, si émouvant, droit en mon cœur, à ce point précis où l'on ne peut se tromper sur l'essence de celui qui se présente. "Mon Dieu! Mais… vous êtes… vivants!"

L'instant présent est juste un point, un centre, et je passe mon temps à tourner autour. Je fais un tour, puis un autre, et je m'imagine que j'avance, que le temps passe à mesure que je fais des tours, encore et encore, autour de mon centre.

Pourtant lui, immobile, reste au centre. Je crois, moi, que j'avance, et qu'il avance avec moi, parce chaque nouveau tour m'apparaît comme différent du précédent. Forcément, mes instabilités mentales provoquent cette illusion. Mon temps semble avancer linéairement, et pourtant mon centre ne bouge pas. Il est là, immuable, à chaque instant, depuis le début. Je tourne en rond!

Mon temps est assujetti au parcours d'un espace, et j'assène à mon espace central une temporalité incompatible avec sa réalité! C'est cela, l'espace-temps. Un mixage maladroit entre deux aspects essentiels de la réalité.

Mais à mesure que le mental s'affine et que l'énergie psychique augmente, l'on se rapproche de l'instant présent. L'illusion de la séparation temporelle des cycles s'amenuise. Alors, progressivement, la "note" apparaît et s'amplifie. L'accord, devrais-je dire.

Car le corps énergétique est formé de centres en rotation. Ils émettent une fréquence. A mesure qu'ils se synchronisent entre eux, et avec l'univers, un accord commence à se faire entendre dans tous les sons de la vie. L'Harmonie est perçue.

Cette perception est auto stimulante: la perception de l'Harmonie appelle l'Harmonie, l'attention portée à l'accord déchaîne l'extase. L'être s'engage dans un processus d'auto induction.

A mesure qu'il s'installe dans son centre de force, son passé se contracte vers le présent, et son futur se libère dans le potentiel présent. Il devient naturellement la source d'un champ de force, de "gravitation", d'Amour, sur le plan de l'énergie psychique. Il participe ainsi activement, mais sans coercition, à promouvoir l'harmonisation humaine. C'est la cohérence intérieure de son psychisme qui engendre ce champ de force, qui est Tolérance.

En corollaire, il devient un astre rayonnant d'énergie, exprimant par Altruisme la Beauté à qui veut la recevoir.

L'éternel potentiel est un futur ouvert sur une liberté sans bornes. Pour y participer, il faut avoir intégré le passé. Il n'y a pas d'espoir dans le futur. Il n'y a pas d'espoir du tout, d'ailleurs: la vérité est toujours là, juste maintenant, en soi. Christ ne se poursuit pas, ne se cherche pas, ne s'appelle pas. Il est là. Il faut "simplement" le reconnaître en renonçant à le poursuivre, à le chercher, à l'appeler. Car le poursuivre, le chercher, ou l'appeler, c'est déjà croire qu'il n'est pas là.



Il y a une confusion...

Ce que l'être humain incarné croit être le temps est en fait un espace.

Ce qu'il croit être l'espace est en fait un temps.

Car les deux se sont mélangés en partie, de façon confuse, de sorte que leurs propriétés respectives se sont croisées.

A cause de cela, l'espace de l'être humain a pris des qualités du temps, et s'est polarisé. Car le temps n'est que cela: une polarité.

Ce que l'être humain éprouve comme temps dans la sphère d'incarnation, la façon dont il le vit et le définit, n'est pas le temps, n'est pas un vrai temps.

Ce n'est qu'un espace soumis à une polarité temporelle.

Le vrai temps n'est pas un principe fluctuant, mais une polarité, une tension constante, un potentiel permanent.

Et comme je l'ai lu justement dans un texte récemment, le temps est au fond un "trou dans l'espace". Le temps est la nature de la cause en soi. Il est immuable.

Mais parce que sa qualité a été croisée avec celle de l'espace, alors l'être humain subit son espace comme un temps.

Dès lors, l'espace qui est déplacement, s'est polarisé dans un sens... et le déplacement est devenu inexorable... c'est le temps qui passe.

D'un autre côté, le temps en retour s'est vu gagné confusément par la qualité de l'espace. Dès lors, au lieu d'être immuable, il est devenu distances.

Si vous comprenez bien cela, vous verrez alors que tout l'univers tient dans le même point, car ce que nous prenons pour l'espace de l'univers est en fait le temps de l'univers, qui est immuable en vérité: il n'y a pas de vraie distance dans tout l'univers, tout est "en même temps présent".

Cela signifie aussi que l'inexorabilité du temps est aussi une forme d'illusion. Car ce n'est pas un temps mais un espace de déplacement. Mais tant que le potentiel n'a pas été discriminé et libéré, alors il reste une contrainte "vers le futur" (qui est une illusion).

En vérité il n'y a donc pas de distances, ni de temps qui passe. Donc pas de mouvement non plus. Ce qui ne veut pas dire que tout est statique: le vrai déplacement n'est simplement pas soumis à un temps, ce n'est donc pas un mouvement: il est instantané, et est relatif à ce que nous appelons le temps, mais qui est un espace en fait.


L'être incarné regarde vers le "futur" et fuit le "passé" parce qu'il a mélangé son espace avec les qualités du temps, à tel point qu'il finit par prendre l'espace pour du temps.

D'autre part, l'être incarné est en mouvement tantôt à droite à gauche, devant ou derrière, en bas ou en haut, avec une certaine "vitesse", parce qu'il a mélangé son temps avec les qualités de l'espace, à tel point qu'il finit par prendre le temps pour l'espace.

La vérité est dans l'absence de mouvement, le centrage sur la Source et son temps. Il n'y a aucune vraie distance à franchir: tout est dans le même temps, présent, en nous. La source est "partout", parce qu'en réalité ce que nous appelons "partout" est le temps immuable et non pas un espace. La liberté n'est pas dans le temps, mais dans l'espace (que nous prenons pour le temps) qui permet des déplacements instantanés.

Comprenez donc que ni l'espace apparent de l'univers physique ni son temps apparent ne sont des vraies dimensions: ce n'est qu'un mirage, et le vrai fonctionnement de l'être est au-delà. Pour s'affranchir du mirage, il faut trouver une autre dimension, se projeter en "marge" du mirage, comme s'il y avait une "autre voie" à 90° par rapport au temps qui passe. La solution n'est ni dans le futur, ni dans le passé, mais dans le présent, en ne regardant plus ni derrière, ni devant mais, en quelque sorte "sur le côté", là où on n'a pas l'habitude de regarder. Et cela est la méditation transcendantale. Et cela est le vrai déplacement. Et cela se fait en intégrant de plus en plus le temps en soi, car le temps n'est pas une référence fluctuante, mais immuable!

En intégrant la référence temporelle immuable, on devient donc logiquement capable de se déplacer instantanément, sans mouvement et sans vitesse.


Dernière édition par Sphinx le Mar 31 Mai 2011, 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:05

12. La sexualité.


Ainsi, l'être humain en état de confusion subit partiellement l'instinct, entre autres sous la forme de la pulsion sexuelle.

En raison de sa confusion, et de l'expression d'une volonté de puissance extériorisée, il se pose en obstacle du flux éternel de l'instinct et subit dès lors la pression de ce courant. Les perturbations qu'il y provoque comme un sillage représentent son enfermement causal dans un futur déterminé par des causes déresponsabilisées.

Il ne se rend plus compte du fait que le vrai temps finaliste est à l'opposé, et que l'éternel potentiel est ce qui appelle la cause. L'être confus subissant la pression du courant temporel pense logiquement, vu la pression qu'il subit de ce courant, que ce dernier coule des causes vers les effets. Il ne comprend pas qu'en fait, ce fleuve de vie n'est pas poussé de l'amont, mais attiré par l'aval.

Car un cours d'eau n'est pas poussé, en réalité... il est attiré par la pente qui est une différence de potentiel. L'éternel potentiel attire la vie. Ce n'est pas la vie qui court vers son potentiel.

Dès lors, l'être humain confus dont les références sont inversées considère naturellement qu'il est cause de vie: il voit les perturbations de sa cause reproductrice dans les flots de la vie et pense donc qu'il est une vraie cause de vie, qu'il donne la vie, et que ses enfants sont nés par son propre fait.

Dès lors, se focalisant sur le sillage des conséquences de sa cause, il tente de les modifier par volonté de puissance, sans comprendre qu'alors il se saurait être une vraie cause. il ne peut pas agir directement sur les conséquences, car il est alors déjà trop tard, mais uniquement sur sa propre cause, par centrage sur soi.

En effet, s'il se focalise sur les conséquences, c'est qu'il s'identifie à sa cause, et n'est donc pas réellement celle-ci: il ne fait que la subir inconsciemment, gesticulant pour tenter de modifier des effets dont il ne maîtrise pas la source. S'identifiant à la cause, il est en réalité du côté des effets, subissant irrémédiablement ceux-ci dans une temporalité contraignante.

Tandis que s'il se focalisait sur sa cause, s'identifiant lui-même alors aux conséquences, il serait enfin libre.

En vérité, un enfant vient toujours parce qu'il a été appelé par l'éternel potentiel: l'enfant, pur potentiel lui-même, s'est donc appelé lui-même à naître, il a voulu venir, et la cause parentale de la procréation n'est qu'une illusion si elle croit qu'elle y est pour quoi que ce soit.

Le temps causal est illusoire, et une procréation qui n'est pas maîtrisée par la reconnaissance de l'éternel potentiel n'est pas une cause véritable.

La seule cause véritable est celle qui n'extériorise pas de volonté de puissance et ne s'oppose pas au courant de la vie. Elle ne regarde pas vers l'amont, mais vers l'aval uniquement. Elle voit le potentiel qui seul compte à ses yeux: la seule vraie cause est celle qui sert le potentiel.

Elle est une vraie cause car elle est alors collectivement responsabilisée par l'adhésion spontanée à l'éternel potentiel.

La maîtrise de l'instinct qui est l'émotion pure, unique expression infiniment nuancée de l'éternel potentiel, se réalise donc par lâcher prise intérieur, abandon de toute extériorisation de puissance, que ce soit sur soi ou autrui. Ce lâcher prise permet de se fondre dans les flots de la vie, d'y libérer notre cause, et de devenir alors enfin une vraie cause capable de réellement procréer.

Car puisque l'éternel potentiel est la seule vérité qui puisse vraiment procréer, il est nécessaire d'y adhérer totalement pour acquérir sa vertu.

D'une façon assez logique, parce que l'être confus pense qu'il peut donner la vie, il doit subir la mort. Lorsqu'il comprend et accepte qu'il n'a aucune puissance véritable sur la vie, alors il devient apte à participer consciemment à l'expression du potentiel, et il ne meurt plus.

Comprendre que seul le potentiel compte conduit inévitablement au respect de la Personne, et cela est fondamental dans le cas de l'éducation des enfants. Un enfant est déjà une Personne, et notre Personne doit s'extraire de l'équation afin d'agir de façon réellement responsable vis-à-vis de lui.

La sexualité a toujours été très mal comprise, y compris par les spiritualistes. Il n'existe à ma connaissance aucune référence culturelle, religieuse, livresque ou autre, vraiment correcte à ce sujet. Ceci parce que cette problématique est précisément au centre de la réalisation humaine.

Dès lors, sans possibilité d'intégrer complètement cette problématique, la plupart des voies la tronquent, la nient, la rejettent ou la faussent. Sauf peut-être la voi tantrique originelle, et encore!

Au départ, le Dieu procréateur a donné naissance à ce qui était un pur potentiel. One peut dire qu'il lui a donné naissance car le Dieu procréateur est une vraie cause, unie elle-même en totalité à l'éternel potentiel.

Ce pur potentiel à naître était statique, stérile, non dans le flux par lequel il s'appelait lui-même spontanément, mais dans sa structure causale intrinsèque. Pour lui conférer sa propre cause, il fallait la présence formatrice de celle de ses procréateurs.

Pour donner naissance à un potentiel statique, il faut le dynamiser. Et pour le dynamiser, il faut le polariser, et faire ensuite en sorte que ces pôles se séparent par une rotation inversée, se discriminent l'un de l'autre par un parcours de réalisation divergeant, puis se rapprochent et s'unifient tout en restant bien discriminés.

Cela paraît à priori très technique et compliqué, mais ça ne l'est pas. Il s'agit de transformer une perfection statique en perfection dynamique, et cela ne peut se faire que par l'intégration d'une polarité complémentaire, discriminée, et réunifiée.

Donc nous avons deux êtres polarisés issus d'un même oeuf. Ces deux êtres vont s'éloigner afin de forger leur identité propre de façon à pouvoir se réunir sans se confondre. Cette séparation transitoire va se faire à travers le cycle des incarnations. Le but est de réaliser pour l'un une masculinité totale, et pour l'autre une féminité totale.

Pour ce faire, il va falloir d'abord passer par des masculinités et féminités confusionnelles en incarnation.

Pratiquement, de l'oeuf surgissent deux âmes. Ces âmes s'éloignent, en restant synchrones dans leur polarité originelle, mais asynchrones dans leur façon de s'éloigner l'une de l'autre: c'est l'introduction nécessaire de l'imperfection, source de richesse plurielle.

Ces deux âmes en s'incarnant, vont transiter successivement par des polarités sexuelles physiques alternées, afin d'intégrer la compréhensions des deux polarités.

A chaque incarnation selon une polarité sexuelle, l'âme est la partie laissée en retrait dans le potentiel par l"être qui s'incarne, car il n'a pas encore la maîtrise de son potentiel complet.

Ainsi, un être qui s'incarne en tant qu'homme laisse un potentiel d'âme féminin non maîtrisé derrière lui (Anima selon Jung) et l'être qui s'incarne en tant que femme laisse un potentiel masculin non maîtrisé derrière elle (Animus selon Jung).

Tant que les potentiels polarisés ne sont pas complètement maîtrisé, l'incarnation se fera selon un mode sexuel seulement partiel: la masculinité ne sera pas complètement affirmée parce la référence complète du potentiel féminin n'est pas complètement maîtrisée: une partie est laissée en retrait sous forme d'un potentiel d'âme. Et la féminité ne sera pas complètement affirmée parce que la référence du potentiel masculin n'est pas complètement maîtrisée: une partie est laissée en retrait sous forme de potentiel d'âme.

A un moment du cycle des incarnations, la polarité différentielle des deux êtres va se fixer: un des deux se fixera sur le masculin, et l'autre sur le féminin. A partir de là, les potentiels d'âme correspondant vont commencer à être réintégrés, et les deux êtres vont inexorablement commencer à se rapprocher l'un de l'autre.

Chacun va donc commencer par réaliser l'union intérieure avec son âme afin d'intégrer complètement la référence de la polarité inverse.

C'est pourquoi de nombreux spiritualistes ont commis l'erreur de croire que la sexualité humaine physique n'était qu'un moyen d'apprendre la réintégration avec l'âme... mais ils ne voyaient pas assez loin, ou ne voulaient pas en dire trop long... peu importe, la vérité est que la réintégration de l'âme n'est pas un but en soi: c'est le passage obligé pour retrouver l'être avec lequel il y a synchronisation originelle au niveau sexuel.

Bon, mais tant que l'âme n'est pas réintégrée, que se passe-t'il concrètement?

Et bien l'homme n'est pas complet et la femme n'est pas complète, car il leur manque la référence complète du pôle complémentaire. Ils vont donc agir en incarnation afin de combler ces manques, en les projettant sur le sexe opposé.

Ainsi, comme le dit Jung, l'homme projette son Anima (âme, partie féminine manquante) sur toutes les femmes, et la femme introjecte tous les hommes dans son Animus (âme, partie masculine manquante).

Les deux processus sont différents et complémentaires, puisque polarisés.

Aisnsi, les relations de couple en incarnation, sont faussées par le manque de référenciation sexuelle, aboutissant à l'attachement de l'autre à soi afin de palier à ces manques. Les relations dans ce cadre impliquent des êtres qui ne sont pas du tout issus du même oeuf, et ne sont donc pas destinés l'un à l'autre selon la volonté divine originelle. Mais c'est le passage obligé pour la discrimination identitaire des complémentaires sexués: l'expérience de l'erreur est inévitable avant d'atteindre la vérité.


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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:06

Lorsqu'un être se centre sur lui-même afin de résorber et dépasser la perception de ses manques, il va créer un mouvement auto-induit qui va diminuer ses projections, fermer ses introjections, et engager le mouvement de réintégration du potentiel d'âme.

En se centrant de plus en plus, il va devenir un centre de gravitation "occulte" qui va induire, sans coercition, mais avec force, le rapprochement avec son complémentaire synchrone. La collectivité humaine, poussée par la puissance du centre de force, de gravitation "occulte", va de moins en moins pouvoir résister à l'appel des flammes jumelles et s'opposer à leur réunion.

Mais pour en arriver là, il faut intégrer l'âme, c'est-à-dire devenir vraiment Soi au-delà de la polarité, et ainsi devenir capable de vraiment rencontrer l'autre.

Car on ne peut s'unir à sa flamme jummelle sans risque identitaire si on n'est pas devenu vraiment Soi, capable de reconnaître et respecter l'Autre dans sa différence et sa complémentarité égalitaire.

En somme, tant que son potentiel d'âme n'est pas totalement réintégré et maîtrisé, le mental est agité par des addictions et des répulions: des portes sont fermées, et en contrepoids, des portes sont privillégiées.

Parce que toutes les portes ne sont pas également ouvertes par l'Amour inconditionnel, la seule et unique bonne porte ne peut pas être discriminée des autres.

On ne peut pas réaliser l'identité sexuelle du Soi sans avoir d'abord atteint l'Amour inconditionnel au-delà de la fonction sexuelle.

On ne peut s'unir à l'unique Personne parfaitement complémentaire que lorsqu'on est devenu capable d'aimer toutes les Personnes sans différence.

Et en supposant qu'on ait déjà rencontré l'unique complémentaire avant d'avoir tout à fait atteint l'Amour inconditionnel, et qu'on ait pu le reconnaître par intuition préalable, la relation à un moment sera bloquée jusqu'à intégration totale de l'Amour inconditionnel.

L'être subit la séparation tant qu'il ne l'a pas intégrée. L'être subit la mort tant qu'il ne l'a pas intégrée. L'être subit la solitude tant qu'il ne l'a pas intégrée par son potentiel d'âme complet.

Le potentiel d'âme est ce qui, par intégration progressive, développe le corps énergétique de perfection.

Tous les êtres humains sont des Dieux procréateurs qui n'ont pas encore la maîtrise de leur potentiel complet.

Plus concrètement, et basiquement...

Tant que la polarité sexuelle n'a pas été intégrée au Soi, par maîtrise totale du potentiel d'âme, la polarité sexuelle reste partiellement extériorisée de l'identité, ce qui se traduit par l'expression d'une pulsion sexuelle partiellement subie.

Parce que cette pulsion sexuelle est partiellement subie, non maîtrisée, elle tombe sous le coup du libre-arbitre. En effet, la non intégration sexuelle implique son expression au sein d'un cadre où les causes sont séparées de leurs conséquences, menant à la déresponsabilisation des causes.

Dès lors, l'être humain se montre capable d'avoir des rapports sexuels sans responsabilisation collective de ceux-ci: les enfants ne seront pas forcément désirés, ce qui mènera à la contraception, à l'avortement, et à la luxure.

Seule une fonction sexuelle intégrée à l'identité du Soi est responsabilisée de façon naturelle et spontanée. Les enfants y sont toujours attendus, aimés, et soignés sans attente particulière autre que leur propre émancipation.

Finallement, la perception des manques est ce qui provoque la focalisation de l'être confus sur les conséquences, et l'éloigne de sa propre cause.

Dès lors, il projette sa puissance sur les effets pour tenter de les modifier, sans remarquer que c'est en pure vanité, inutilité, puisqu'ils ne sont que des effets d'une cause non maîtrisée.

Il s'identifie à une cause sans en être une, par volonté de puissance issue de la perception de manques.

Pour pouvoir arrêter de s'identifier à une cause, et de tenter vainement de modifier des effets prédéterminés, il faut se centrer sur la cause, lâcher prise de la puissance, accepter les effets, les conséquences, qui sont ce qu'on est vraiment dans l'instant présent.

Alors seulement, s'identifiant aux effets, on devient une vraie cause en soi.

Tant que l'on a pas intégré la cause à effet, on la subit à travers le temps qui passe.

Etre une vraie cause, c'est avant tout prendre conscience des autres, et désirer les respecter et les aimer. Etre une vraie cause, c'est être une vraie Personne respectueuse de toutes les Personnes.

Se centrer sur soi n'est pas un mouvement pour nier les autres et s'enfermer dans une tour d'ivoire, au contraire!

Se centrer sur soi permet d'avancer vers l'inocuité complète et l'Amour inconditionnel, parce que plus je deviens responsable de ma cause, plus je peux exister en harmonie avec les autres et, au fond, je le fais pour cela, et non seulement pour moi-même.

Ce n'est qu'alors qu'on acquiert la responsabilisation collective nécessaire à la vraie procréation.

Si l'on considère une femme et un homme véritables, êtres réalisés, accomplis, émancipés et unis en un couple parfait au sein de la conscience collective, et si on devait les envisager séparément l'un de l'autre, ce qui n'est pas faux puisqu'il s'agit de deux authentiques Personnes, on ne constaterait pas de différence structurelle évidente.

Ces deux êtres seraient en apparence très semblables, car leurs polarités sexuelles, portées au comble de leur authenticité fonctionnelle, est un aspect marginal alors intégré à leur Personne, et qui à travers cette infiniment subtile marginalité détermine un potentiel d'orgasme et de procréation sans mesure possible.

Dès lors, pour arriver à percevoir une vraie femme réalisée, il faut être devenu un vrai homme réalisé, et inversément, car la puissance d'un potentiel réside dans sa subtilité infinie.

Plus la fonction est parfaitement discriminée de l'identité, plus elle fait corps avec l'identité, et plus son potentiel est puissant, et vaste est sa fécondité.

L'Homme et la Femme sont donc deux Personnes à part entière, deux identités.

Ce qui les différencie fonctionnellement, par leur polarité sexuelle, est une tendance naturelle à l'introjection chez la femme, et une tendance naturelle à la projection chez l'homme.

Chez les êtres en confusion, ces différences polaires ne sont pas marginales et intégrées à l'identité du Soi. Dès lors, les phénomènes projectifs et introjectifs ne seront pas respecteux de la Personne. Ceci conduit à toutes les erreurs, perversions et adultérations des rapports de couple qui ne sont pas pilotés complètement au niveau du Soi, de la Personne.

Un rapport sexuel, même réalisé avec le corps physique dense, peut être un acte parfait s'il est piloté par le Soi.

Mais la vérité est que le Soi est inclusif. Cela signifie que tout niveau de transcendance supérieur inclus automatiquement et de façon rectifiée tous les niveaux inférieurs.

Ainsi, la sexualité physique est intégrée aux rapports sexuels supérieurs, selon leurs propres modes de réalisation. L'union sexuelle de deux êtres à travers leur corps énergétique possède un aspect intégré d'union et de plaisir physique sur un mode simplement plus subtil, et paradoxalement plus puissant.

Si l'on comprend bien le système des chakras, il faut comprendre que chaque chakra supérieur inclus automatiquement la nature rectifiée de tous les chakras qui lui sont inférieurs. A mesure que le niveau d'ascension augmente, de nouvelles nuances perceptives apparaîssent mais aussi toutes les nuances précédemment expérimentées sont retrouvées affinées et amplifiées.

Au niveau schématique, la tendance introjective des femmes et la tendance projective des hommes peut se représenter de la façon suivante:

- les hommes possèdent une polarisation d'excès identitaire, ce qui pourrait se comprendre par une faille dans leur membrane de lien externe, et un excès dans leur membrane de séparation interne. En confusion, l'homme à tendance à la négation identitaire d'autrui.

- les femmes possèdent une polarisation de défaut identitaire, ce qui pourrait se comprendre par une faille dans leur membrane de séparation interne et un excès dans leur membrane de lien externe. En confusion, la femme à tendance à la négation identitaire de soi.

Les failles et excès respectifs sont des éléments interchangés entre les deux pôles: la faille de séparation féminine reste chez le masculin comme une redondance de séparation et inversément, la faille de lien masculine reste chez le féminin comme une redondance de lien.

Mais il ne faut pourtant pas en tirer de règles absolues, car chaque être est unique sur son chemin.

Cependant, on peut voir là l'origine de la difficulté de l'humanité d'équilibrer les polarités sexuelles, et surtout de la difficulté pour la masculinité en général de reconnaître et respecter l'identité féminine de façon absolument égalitaire.

Etant donné leurs failles respectives polarisées, plus le fait que ces failles doivent être finallement intégrées marginallement à l'identité de chacun, il est d'une évidence incontournable que les femmes et les hommes sont strictement égaux et merveilleusement complémentaires.

Lorsqu'un être atteint la réalisation du Soi, ses membranes interne et externes fusionnent.

Dès lors, il s'agit d'une authentique vraie Personne, complète d'un point de vue identitaire, car la faille d'une membrane est stabilisée par l'excès de l'autre membrane, puisqu'elle sont fusionnées.

Cependant, parce que la fusion des membranes ne peut provenir que leur parfaite discrimination, cela veut dire que bien que fusionnées et stabilisées, elle demeurent discriminées, et potentiellement fonctionnelles d'un point de vue sexuel.

(Je rappelle à cet effet la loi dialectique développée plus haut, selon laquelle, très logiquement, ce qui confond oppose et ce qui discrimine réunit.)

Le Soi intègre de façon absolue l'identité sexuelle.

L'erreur à ne pas commettre est de confondre la réunion des polarités internes, ce qui constitue l'intégration du potentiel d'âme au niveau d'une seule Personne, avec l'union des polarités sexuelles qui concernent deux Personnes sexuées à part entière!

Ainsi, il existe une voie tantrique détournée, essentiellement axée sur le rapport sexualisé entre l'être incarné et sa propre âme. Cette voie est sombre car elle nie la Personne d'autrui, nécessaire à la vraie procréation.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:12

13. La Transpersonnalité.


La perception consciente s'articule donc sur le lien et la séparation, l'un révélant l'autre et inversément. La membrane externe de lien révèle le champ externe de séparation, et la membrane interne de séparation révèle le champ interne de lien.

Mais en plus, les deux membranes étant de natures complémentaires netre elles se révèlent également. C'est cet aspect qui forme la perception auto-consciente.

Lorsque ces membranes ne sont pas fusionnées par juste discrimination de leurs limites, elles créent entre elles un espace redondant où les phénomènes perceptifs sont causalement temporisés, créant l'"onde mentale" avec ses perturbations.

Cet aspect redondant est ce qui passe à l'avant-plan de la perception en y créant toutes sortes d'interférences, de perturbations, d'altérations de la conscience de soi et d'autrui.

Cet espace temporisé créant un "bruit" qui accapare l'attention et altère la perception est ce qui a été nommé l'"ego personnel" par les spiritualistes. Sa nature est d'être individualiste, nombriliste, puisque l'auto-perception y est éxagérément amplifiée.

Le caractère temporel causal de cet espace est ce qui forme le mental spéculatif et l'intellect qui le sous-tend.

Lorsque les deux membranes fusionnent par juste discrimination de leurs limites, alors cet espace disparaît, et l'auto-perception devient directe, immédiate, spontanée, évidente, naturelle, sans besoin d'attention particulière: l'être peut enfin simplement être de façon absolue et proclamer : "Je Suis".

Dès lors que l'auto-perception consciente ne forme plus d'écran par rapport aux autres perceptions, elles deviennent enfin claires, complètes, sans interférences et sans déformations de la réalité de soi et d'autrui.

De ce fait, autrui peut être connu sans protection, sans masque, sans barrière. L'identification totale à autrui peut se faire sans risque pour l'intégrité du Soi devenue inexpugnable.

L'accession à l'auto-perception intégrée, la vraie conscience de Soi, mène donc à la transpersonnalité.

La transpersonnalité n'est PAS dépersonnification, mais dépersonnalisation, ce qui n'est pas la même chose!

La dépersonnification est une déstructuration de la personnalité qui se désagrège en réaction à des failles sévères de construction, comme chez certains schizophrènes.

La dépersonnalisation est une réduction volontaire et progressive, auto-maîtrisée, du bruit généré par l'ego personnel, afin de tendre à la claire conscience transpersonnelle.

La transpersonnalité est donc l'état logiquement paradoxal où la fusion des personnalités est rendue possible par leur absolue intégration de leurs limites perceptives.

La transpersonnalité est l'état naturel d'une vraie Personne authentifiée de façon absolue en elle-même.

L'idée alors est que la perception auto-consciente est finallement un aspect essentiellement collectif. C'est-à-dire qu'elle est relative au lien d'Amour universel.

L'erreur de l'être en confusion est de croire que sa conscience individualisée est une chose naturelle. Or, elle ne représente qu'une moitié de la vérité: lorsque l'être est réalisé, sa conscience de lui-même passe exclusivement par le collectif entier. Mais paradoxalement, parce qu'il fait partie lui-même du collectif, sa conscience de lui-même passe AUSSI par lui-même!

L'individualisation de la perception auto-consciente aboutit au finalisme individuel, c'est-à-dire l'individualisme.

Pourquoi l'être humain a-t'il tant de mal à s'aimer lui-même et à aimer
les autres?

Parce que le flux d'Amour universel est d'une puissance infinie, car il émane toujours de la conscience collective.

Dès lors, si un être est individualiste, sa conscience dissociée du collectif ne fait pas partie de la source collective d'Amour. Si alors il reçoit soudain de l'Amour, il ne pourra pas participer à la modulation de celui-ci: il sera la cible du flux, mais il ne sera pas à la source.

Dès lors, il ne dispose d'aucun moyen intégré de régulation du flux, et il n'a donc pas la capacité de résister à des doses importantes d'Amour, ni de servir de relais pour d'autres personnes. Car puisqu'il n'est que d'un côté du flux, il risque trop de se faire emporter... sa position est déséquilibrée.

Il n'y a pas de mystères, pour Aimer et être Aimé, il faut commencer à lâcher-prise vers le transpersonnel, la co-créativité, la co-responsabilité universelle.

Le danger de la transpersonnalité, qui est somme toute un danger de l'évolution spirituelle dans tous les cas, est le risque de régression identitaire.

En effet, on ne peut se confronter à la transpersonnalité que si l'on dispose d'une identité personnelle en voie de réalisation, bien structurée et ayant dépassé son "point de choix" ou "point de naissance à soi", bref, le point d'authentification identitaire.

Quiconque s'avancerait vers la transpersonnalité sans avoir atteint ce point risquerait un traumatisme psychologique sévère pouvant conduire à la psychose, et à la dépersonnification, la régression de l'identité.

En effet, la Personne non réalisée est caractérisée par une dispersion de son identité dans la confusion générale humaine. A travers tous les refoulements inévitables du passé, l'identité parfaite du soi a été éparpillée, projetée sur le collectif, et y reste prise en otage tant que le travail de réintégration nécessaire n'a pas été fourni (karma).

Dès lors, une confontation spirituelle prématurée risquerait de produire des effets pervers. En effet, tant que la Personne n'a pas dépassé son point d'authentification par la réintégration d'au moins "50%" de son identité, on peut comprendre que sa Personne consciente, telle qu'elle se présente au monde, n'a pas intégré une majorité de son authenticité personnelle. Sa part d'authenticité reste donc minoritaire face aux refoulements qui restent à réintégrer.

De ce fait, si d'aventure une accélération spirituelle intervenait, il y aurait risque de réintégration massive de refoulements, prenant d'assaut la Personne consciente pour y être réintégrés. Mais puisque cette Personne consciente ne représenterait qu'une minorité, elle risque d'être complètement submergée par l'assaut des refoulements, conduisant à une fracture mentale, et à une déstructuration de l'identité.

Dans tous les cas, plus de la moitié de la réintégration identitaire doit avoir eu lieu pour garantir une authenticité personnelle suffisante.

On peut comprendre que la seule règle absolue dans tous les cas, tous les aspects de la vie, de l'existence, est toujours le RESPECT DE LA PERSONNE, DE SOI ET D'AUTRUI.

Le respect de la Personne conduit, selon le cas, à des attitudes opposées. Le tout étant toujours de savoir comment on peut réellement aider l'autre dans sa réalisation personnelle, en fonction de la position qu'on occupe et de celle qu'il occupe. On peut respecter l'autre en parlant, ou en refusant de parler, en envoyant de l'énergie, ou en n'envoyant pas d'énergie.

L'Amour est intrinsèquement sublimé et il peut décider de se voiler lui-même par Amour. L'apparente absence d'Amour est encore de l'Amour car, en vérité, il n'y a rien d'autre que l'Amour.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:16

la spiritualité est centrée sur la reconnaissance interpersonnelle, c'est-à-dire sur la capacité de percevoir, rencontrer, et respecter des nuances personnelles d'une infinie diversité.

Le niveau de nuances le plus élaboré, le plus subtil dans l'univers, est celui de l'être humain. En comprenant que le mot humain est plus vaste que cette Terre et désigne tout être réalisé à travers un passage dans le libre-arbitre de troisième dimension, ici ou ailleurs dans l'univers.

Ce niveau humain est le niveau de base de tout réelle construction identitaire ultérieure (collective, angélique, divine, etc).

En observant l'évolution de la spiritualité au cours des âges, on peut observer l'évolution de la reconnaissance interpersonnelle:

On commence par des spiritualités animistes où le Grand Esprit de la Nature est rencontré assez globalement, de façon fort indifférenciée, incluant cependant le contact avec les âmes-groupes animales par exemple. C'est le courant encore actif de nos jours du chamanisme, qui n'est pas à dénigrer, mais à replacer à sa juste place de perception spirituelle ne considérant pas toutes les nuances de l'être.

A travers le processus de séparation individuelle, d'individuation, qui a conduit au point spirituel actuel, et grâce aux témoignages de précurseurs en la matière, des courants spirituels de plus en plus nuancés se sont développés, jusqu'au christianisme.

J'insiste de cette façon sur le christianisme de la même façon que Jung, prère de l'"individuation" en psychanalyse, centre également son approche sur le symbole christique.

Ce qui est très important dans le symbole christique par rapport aux autres courants spirituels, est que la valeur de la Personne, qu'elle soit humaine ou divine, est mise au centre de la Foi.

Cette mise en avant de la reconnaissance et du respect interpersonnel est un garde-fou très important sur le chemin spirituel: aucune confusion n'est faite entre l'identité humaine et l'identité divine: l'Homme existe tout autant que son Créateur: ce sont deux Personnes qui peuvent unir leurs forces dans une troisième qui les respecte l'un et l'autre: Christ.

Les autres voies spirituelles possèdent naturellement un aspect similaire, mais qui, parce qu'il n'est pas mis assez à l'avant-plan, ne protège pas aussi bien que le Christianisme des dérives identitaires.

Par exemple, l'Avaïtia Vedanta est redoutable, si on n'y prend garde, et possède un versant nihiliste très présent: proclamer "Je ne suis que Brahman, je ne suis que la conscience unique universelle" est une bonne chose, mais ne pas montrer l'autre visage de la réalité, à savoir la richesse identitaire plurielle infinie de Brahman dans toutes ses nuances, est presque "criminel" et a du en pousser plus d'un vers les rivages du néant de la dépersonnification.

L'évolution spirituelle n'est pas dépersonnification, mais vraie Personnification par dépassement de l'illusion de la personne de l'ego spéculatif.

Dê même, on trouve dans les textes Soufis de l'Islam de très belles références à la conscience transpersonnelle, comme dans le Mantiq Al Tayr, le "Langage des Oiseaux", mais encore une fois, l'Islam de façon générale ne met pas assez en avant ses protections de la Personne, et dès lors ouvre la porte à d'inévitables dérives.


Non pas que le christianisme soit exempt de dérives dans son histoire, mais du moins, l'importance de la Personne est mise au centre, et c'est capital.

Pour parler de transpersonnalité, de vraie Personne, de conscience collective, il faut inévitablement utiliser la dialectique.

Qu'est-ce qu'une Personne?


C'est un être avec son potentiel d'être.

Donc un être sans potentiel, ou un pur potentiel sans être, ne sont pas des Personnes.

Une Personne en confusion, mélangeant son potentiel avec son être, est cependant déjà une Personne à part entière, comme l'enfant qui naît est d'emblée une Personne à part entière, malgré son inévitable confusion.

Ce qui constitue l'expérience de l'individualisme, de l'ego spéculatif, est la confusion, le mélange maladroit et inévitable entre l'être et son potentiel.

Qu'est-ce que l'être, et qu'est-ce que son potentiel ?


L'être est le corpuscule central du Soi sexué, un des deux corpuscules du Tao.

Le potentiel est l'onde, le corps énergétique de chaque corpuscule.

L'être, le corpuscule, témoigne du temps et l'onde, de l'espace.

Tant que le corpsucule et l'onde sont mélangés dans la confusion, l'être attache à lui une grande partie de son potentiel, au lieu de l'ouvrir au collectif. De ce fait, l'horloge temporelle interne du corpuscule se réduit, de même que le niveau énergétique du corps, et la synchronisation collective ne peut pas se réaliser harmonieusement. Ceci constitue l'expérience de la confusion individualiste dans l'espace-temps paradoxal (mélange de l'espace et du temps).

Quelle est l'erreur qui conduit à l'attachement, par l'être, d'une partie de son potentiel à lui-même?

C'est le Bouddhisme qui vient à notre secours en nous précisant qu'il s'agit d'une erreur d'identification.

L'être s'identifie érronément, en partie, à son potentiel, à son corps énergétique.

Cette identification erronée conduit logiquement à la cristallisation dans un corps physique dense.

En somme, l'être qui s'identifie érronément à son corps, s'identifie érronément à autrui, à la sphère extérieure: il se mélange à autrui dans la confusion.

Parce que les limites entre soi et autrui ne sont pas assez précisées, il y a empiètement de l'être dans le domaine d'autrui, dans le domaine collectif: c'est l'incarnation physique dense.

Le consensus physique dense dans sa globalité est donc formé par l'ensemble des êtres qui, mélangés en partie aux autres, créent collectivement une réalité commune cristallisée au sein de laquelle leurs corps confusionnels respectifs s'"entrechoquent".

Tout ceci pour en arriver à la conscience collective et à la position intérieure qui doit être amenée, progressivement, afin de pouvoir établir le contact.

Il est nécessaire de désinvestir l'identification à tout aspect extérieur, autant que faire se peut.

La sphère extérieure, qui inclut le corps, est essentiellement collective, et l'individualité de l'être n'a pas à y pénétrer.

La réalité extérieure est une moitié de la réalité, mais pour être expérimentée selon sa vraie nature, il faut la laisser au collectif, la laisser libre d'échanges et de transformations énergétiques multiples, fruits d'une rencontre collective. Il ne faut pas tenter de l'attacher, et il ne faut surtout pas y projeter une identification personnelle.

La Personne que je suis possède forcément deux pôles structurels: un pôle individuel, et un pôle collectif.

Le pôle individuel est la sphère intérieure, mon être en lui-même, et le pôle collectif est la sphère extérieure, mon corps énergétique.

Si je mélange les deux, je vais me faire piéger dans une réalité extérieure où ce que j'investis de mon être est a la merci de la confusion des autres êtres qui ont aussi investi cette réalité faussée. C'est simplement logique.

Le mental spéculatif, l'ego personnel, l'espace de la pensée, est une redondance de la perception: c'est une perception de la perception. C'est parce qu'il y a cette redondance, qu'on appelle nombrilisme, et qui consiste à se contempler soi, qu'il y a confusion et identification érronée à la sphère extérieure.

Pour rencontrer vraiment les autres en conscience collective, transpersonnelle, il faut donc de plus en plus se désinvestir de la sphère extérieure d'une part, ce qui ne va rien changer car elle sera toujours perçue de la même façon: seule la position d'investissement intérieur se modifie. Et dans le même mouvement, il faut commencer à s'oublier soi pour se tourner en conscience vers les autres.

L'espace mental dégagé alors par cette position intérieur, est l'espace dans lequel les autres vont pouvoir pénétrer pour être rencontrés, énergétiquement.

Par ce retrait intérieur, et la tension consciente, mais non cristallisée, vers la rencontre d'autrui, le potentiel est restitué, au moins en grande partie, à la sphère extérieure.

Lorsque plusieurs Personnes partagent cette même tension libre de rencontre, leurs potentiels fusionnent naturellement, puisque ce sont les pôles naturellement collectifs de leurs Personnes.

De la fusion centrale de ces potentiels personnels naît l'égrégore de conscience collective.

Ce nouveau centre, comme fusion des potentiels personnels, est Christ lorsqu'on se place au niveau d'un très large ensemble, comme celui de l'Humanité terrestre ou cosmique. C'est une Personne collective qui représente et respecte chaque Personne en son sein: chaque Personne est à la fois une partie et la totalité de l'égrégore.

La fusion des corps énergétiques forme le corps du Seigneur.

Mais il est possible de déjà réaliser des rencontre énergétiques sans pour autant arriver au point de fusion christique (car la vraie fusion christique nécessite la resynchronisation des Flammes Jumelles).


La focalisation vers les autres, vers le groupe doit être naturelle, non cristallisée. Tout comme la focalisation mentale cristallisée empêche l'état méditatif, une focalisation coercitive vers autrui empêchera la rencontre d'autrui.

Par contre, l'état méditatif naturel induit une focalisation, une présence naturelle, une tension non corcitive vers l'autre: une sorte d'ouverture dynamique non coercitive, une disponibilité active à l'accueil de l'autre, sans attente particulière, et sans grief s'il n'y a pas de rencontre.

C'est dans cette position de retrait intérieur, de désinvestissement des identifications extérieures, et dans le même temps d'ouverture active à autrui, qu'il faut se présenter pour pouvoir vivre une rencontre énergétique.

Car sans ouverture, il n'y aura pas contact énergétique, donc pas d'échanges, pas d'expérience vécue.

L'adhésion à la conscience collective est obligatoirement libre et spontanée. C'est la raison pour laquelle la confusion est inévitable. Car la confusion ne favorise l'adhésion en aucune manière, elle est seulement l'état inévitable qui précède l'adhésion.

Cela signifie que cette adhésion ne peut être forcée et doit provenir d'un mouvement naturel de la Personne selon une motivation simple et vraie: c'est idéalement un élan participatif naturel.

L'Autre est là, et je me laisser aller simplement, sans inhibitions, à la rencontre qui est un but en soi.

Dans la sphère de troisième dimension, bien souvent, les êtres se rencontrent d'abord pour une raison qui est au-delà de la simple rencontre elle-même.

Et même lorsqu'ils croient que ce but est simplement la rencontre elle-même, ce n'est pas exact car ils sont inconsciemment pilotés par des attentes non-dites issues de refoulements psychologiques.

Au niveau énergétique, ce n'est pas pareil, même si des attentes résiduelles peuvent subsister dans les premiers stades.

Au niveau énergétique, la rencontre est ce qui compte avant tout le reste, elle est sa propre justification, car elle permet de "véhiculer la Parole", de faire "circuler le sang du Christ", en somme de témoigner de l'Amour universel entre les êtres. La rencontre est implicitement partage, communion, intimité.

Elle est active dans sa propre réalisation, et ne nécessite pas d'autre objet. Elle implique naturellement et sans attente ni demande tous les ajustements, équilibrages, soins et besoins de ceux qui y participent.

Sur cette base, ensuite, tout peut être imaginé et naître comme autres buts éventuels. Mais la rencontre comme but en soi doit toujours intervenir avant tout le reste, et tout but secondaire doit alors en naître spontanément, sans préméditation.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:23

La conscience n'est en fait jamais individuelle. Ce n'est qu'une illusion, un artifice, qui fait croire à l'être nouveau qu'il est conscient individuellement.

La conscience est collective. Ce qui constitue l'individualité n'est pas la conscience, mais le point de vue de conscience.

Un peu comme les capteurs sensoriels de la peau: chacun a son propre "point de vue", sa propre "aire perceptive", et pourtant tous participent à une information globale cohérente qui nous est transmise par les nerfs.

Imaginons nos capteurs sensoriels soudain livrés au libre-arbitre humain, tombant dans la confusion dualiste, refusant de transmettre tel ou tel type de sensations, décidant individuellement ce qui est bon ou mauvais, filtrant de façon anarchique les stimuli, accaparant les canaux nerveux pour un oui ou pour un non, entrant en conflit sur les suites à donner à telle ou telle perception, modifiant au niveau local et de façon arbitraire les ordres de priorité sensorielle...

Je crains que la cohérence de l'information qui nous sera livrée ne soit passablement altérée, et que notre perception ne devienne vite une foire anarchique, témoignant d'un univers tactile assez... stressant !

Tel est, en quelque sorte, le sort actuel du corps du Seigneur terrestre... comment pourrait-il agir avec sagacité dans le monde, si ses représentants sensoriels n'arrivent pas à produire ensemble une information cohérente?

Naturellement, dans le cas de l'être humain, l'individu n'est pas seulement un capteur... il est un membre de la conscience collective qui inclut en un tout unifié la conscience perceptive et le processus perceptif avec ses "organes" collectifs et individuels. Il n'y a pas de division, pour l'Homme, entre le collectif de conscience et l'individu perceptif.

Enfin, je devrais plutôt dire: il n'y a normallement pas de division pour l'Homme entre le collectif et l'individuel... car actuellement, l'Homme terrestre n'est pas dans la normalité de sa nature, et des divisions, il y en a.

C'est inévitable: un système sensoriel auto-régulé, doit forcément attendre que tous ses capteurs sensoriels se soient auto-amorcés et synchronisés avant d'obtenir une information cohérente: la confusion est inévitable, et on ne peut qu'attendre que chaque capteur ait terminé sa séquence d'initialisation et d'auto-réglage préalablement à sa synchronisation. Et de plus, le système entier influe sur l'auto-réglage de chaque capteur: c'est notre fameux mental spéculatif unique.

Imaginons un système de surveillance auto-régulé, constitué par un ensemble de capteurs, de micros et caméras directionnels. Le but est de former en permanence une image globale cohérente d'un bâtiment, avec de plus une surveillance mutuelle des capteurs entre eux, par zones. Et bien, tant qu'une majorité de capteurs n'a pas commencé à avancer dans la synchronisation de leurs données, il sera en fait impossible au moindre capteur de stabiliser totalement ses réglages: la synchronisation complète proviendra d'un ultime micro-ajustement au niveau collectif.

Par contre, l'évolution positive de la synchronisation de certains capteurs entre eux est sitmulante pour le système dans son ensemble: c'est un processus auto-renforçant. L'amélioration locale de la synchronisation favorise l'amélioration générale de la synchronisation.

C'est de cette façon que les vagues d'ascension actuelles tentent de booster la synchonisation générale terrestre.

Il n'y a donc en somme rien à juger ni à dénigrer, et s'il n'y avait la souffrance, on serait fort tenté de rire à gorge déployée de tout ce cirque inévitable, mais qui augure forcément d'un avenir radieux.


Je n'ai naturellement pas pris l'exemple des "capteurs sensoriels" pour rien...

La conscience unique, universelle, se reflète dans chacun de ses "points de vue". Elle a besoin de ces miroirs pour exercer son principe conscient.

Et en retour, chaque "point de vue" a besoin de la conscience collective pour exercer sa discrimination.

Chaque individualité est donc la "circonscription relative d'un point de présence, de passage, de la conscience collective absolue".

L'être qui, en réalité, regarde à travers les yeux de n'importe quel individu, est l'être collectif en entier! Ce n'est que le point de vue relatif du regard qui change au sein même de l'être collectif.

En d'autres mots, la totalité de la conscience collective universelle est présente et transite entièrement en chaque individualité qui la compose.

L'individu est le miroir de la collectivité.

Et en retour, l'individu est identifié par l'entièreté de la conscience collective.

La collectivité est le miroir de l'individu.

Ce double miroir est le fondement de l'existence même, de la conscience transpersonnelle.


C'est par l'introduction inévitable d'un miroir intermédiaire entre les deux miroirs fondamentaux, lors du processus d'émancipation de l'être, que l'illusion de l'individualisme apparaît en tant que "boucle perceptive redondante", produisant le nombrilisme de l'ego personnel.

La véritable intimité c'est cela: se souvenir que nous sommes tous un seul être, et en vivre la réalité, dans le respect des autres Personnes de la collectivité unifiée.


Regardez au plus profond des yeux d'une autre Personne. Scrutez. Qu'y voyez-vous? Quelle émotion naît de ce regard? Déjà en soi, plonger dans le regard de l'autre est un exercice périlleux pour de nombreuses Personnes...

Tout au fond du regard de l'autre, il y a l'observateur. L'unique observateur, celui qui observe aussi à travers votre propre regard. Et l'émotion qui peut alors surgir, vient de ce que l'observateur unique se reconnaît !

C'est la reconnaissance du lien d'appartenance de tous les êtres de l'univers et au-delà. Même les animaux, et même les végétaux et les minéraux, pour autant qu'on élargisse la notion de regard...
Il n'y a donc qu'un seul et unique observateur pour tous les êtres. Cet observateur est la conscience collective, et il est au coeur de tout être.

Mais que sont alors les Personnes, les êtres, si l'observateur est unique?

Ce sont simplement des points de vue de l'observateur unique.
Quelle est la mission, le rôle, la nécessité de tous ces points de vue? Simplement de permettre à l'observateur de... se rencontrer, dans la plus grande richesse relationnelle possible! Juste parce que c'est fabuleux!

Il n'y a pas de raison objective au maintien et à l'augmentation de la richesse relationnelle: elle est un but en soi, se justifie elle-même, elle est sa propre récompense, elle fait exulter d'extase l'observateur, et sa félicité est ressentie par tous ses points de vue, par tous les êtres, toutes les Personnes qui y participent.

la relation, la rencontre, sans objet autre que le contact lui-même, diversifiant à l'infini les occasions de faire des étincelles, lorsque l'observateur rencontre l'observateur, à travers l'interaction pure de deux ou plusieurs de ses points de vue, est l'essence de la vie.
Le champ de perception interne est donc celui de l'unique observateur.

le champ de percetion externe est donc celui de la communication multiple entre les points de vue.

Entre les deux, il y a les points de vue, les interfaces mentales, les Personnes, les êtres.


Naturellement, si des points de vue ne se reconnaissent pas comme étant simplement des points de vue de l'unique observateur, ils ne pourront pas communiquer correctement. Si des points de vue croient qu'ils sont eux-mêmes des observateurs séparés, alors forcément, lors de leur communications, l'observateur unique ne pourra pas se rencontrer, ou pas bien se rencontrer en tout cas. Et la communication sera altérée.


L'observateur est un point, un centre, LE centre de Tout ce qui a été, est, et sera.

Il n'y a pas un être dans tous les univers, qui ne soit centré exactement sur l'observateur unique. Car en tant que point, l'observateur unique est un centre qui est partout et nulle part, puisqu'il est aussi son propre centre...

Un point de vue qui se croit être un observateur séparé, est comme un cercle, avec un certain rayon, autour de l'observateur unique. Pour cette raison, il ne vibre pas à l'infini, comme le fait le centre. Il n'a pas un temps absolu, comme le centre, mais un temps relatif, assujetti à l'espace des communications extérieures altérées.

Tout cela temporise la communication des points de vue, et empêche l'unique observateur de bien se rencontrer dans la richesse plurielle de ses points de vue.

Et pourtant, observez une bande d'animaux, de jeunes hamsters, par exemple, se chamailler, se poursuivre, s'agiter, se dorloter... c'est déjà la frénésie de rencontre de l'unique observateur...

Même l'Humanité, dans toutes ses relations abérantes, malgré les filtres de communication, est déjà une image, dans toutes ses interactions, de la multiple rencontre de l'observateur avec lui-même. Et il en est déjà comblé! Le seul problème est que les différents points de vue, dans ce cas, ne ressentent pas sa Joie, car ils se croient séparés.

le champ intérieur est donc celui de la référence temporelle absolue de l'unique observateur. Cette référence autorise, de plus, toutes les élaborations collectives imaginables! Car il peut y avoir des collectivités de points de vue unies par des affinités libres et authentiques. Mais toutes ces collectivités, elles-mêmes des Personnes, agissent à l'unisson comme des points de vue (collectifs) de l'unique observateur.

Il est, pour une Personne humaine séparée, et même pour celles qui se rapporchent un peu du centre, et pour moi aussi, difficile d'imaginer à quel point cette frénésie de rencontre est fabuleuse, sans limites, sans lassitude, d'une richesse sans cesse renouvelée, éternellement.

Une subtilité à comprendre, aussi, est qu'il n'y a pas de discontinuité entre l'espace extérieur, et le point intérieur.... en effet, la limite vers l'extérieur de l'espace de communication... est l'"intérieur" du point de l'observateur unique lui-même!

L'unique observateur est ce qui contient toutes les interactions, toutes les communications du champ extérieur, qui aboutit, par sa limite externe à l'infini, à l'intérieur même du point qui est son unique centre, non localisé. (ceci fait référence à la dialectique envisagée sous l'angle continuité/discontinuité, et est plus délicate à comprendre, je pense...)

Chaque communication se voit alors comme une partie et le tout de l'observateur, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur. La division n'existe plus!

L'observateur unique est donc l'être qui est la somme de toutes les interactions de tous ses points de vue différents.

L'idée est donc que pour qu'une Personne s'authentifie, se reconnaisse comme point de vue de l'unique observateur, il faut que la fréquence vibratoire de son mental devienne infinie, pour alors se confondre avec le centre, unique, et partout présent. (au sein duquel son authenticité personnelle sera totalement respectée)

Il est alors parfaitement synchrone avec la référence temporelle universelle, et l'espace se libère totalement du temps, restitué à lui-même, pour laisser libre cours à la richesse des communications harmonieuses.

Il ne faut pas croire cependant, que cette accélération de la fréquence mentale change quelque chose à la conscience de base de la Personne... car c'est par la restitution progressive, et la supersposition, de fréquences sans cesse supérieures, que les transitions se font. L'idée n'est pas de s'exploser dans un état de conscience totalement modifié. L'idée est de superposer les états de conscience progressivement, de façon à ce que la conscience de base reste en équilibre. Il faut simplement, par synchonisation, réintégrer toutes les harmoniques de conscience.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:25

14. Le Banc de Poissons.


La transpersonnalité débouche alors sur une identification en un collectif unifié, fonctionnant en conscience comme un seul organisme cohérent, pourtant constitué d'une grande quantité d'individus, un peu comme pour un banc de poissons, ou une fourmilière.

Mais alors que le banc de poissons ou la fourmilière ne font pas intervenir de Personnes individuelles adhérant consciemment à la communauté, le collectif humain lui implique des Personnes auto-conscientes, pleinement actives dans leur adhésion communautaire, et ayant chacune un poids équivalent à tout le collectif.

Cet état paradoxal pour notre mental spéculatif limité, est pourtant l'état d'existence le plus naturel qui soit. Cet état implique une identification EN (Christ) et non une identification A (Christ).

Chaque Personne authentifiée à clarifié la limite entre son être et son potentiel d'être, et a rendu ce potentiel à la collectivité comme il se doit. La Personne se vit alors comme à la fois extérieure au potentiel rendu libre, et pourtant identifiée à ce potentiel puisqu'elle fait partie du collectif.

Ce point est assez délicat à décrire, et pourtant il constitue l'expérience de la vraie Vie. La Personne devenue authentique n'a plus besoin d'emprisonner son potentiel au niveau individuel: elle a réalisé ce qu'elle devait réaliser pour elle-même, à savoir son émancipation personnelle.

De ce fait elle peut restituer le potentiel d'être à la collectivité entière dont elle est à présent une partie intégrante. Mais puisque chaque Personne est aussi équivalente à la collectivité entière, elle est à la fois une partie et aussi la totalité de la collectivité.

Et de plus, elle est en est séparée par discrimination Personnelle, et pourtant incluse par le potentiel libéré: elle se voit donc en même temps à la périphérie éxtérieure du potentiel collectif, et pourtant aussi à l'intérieur de ce même potentiel.

C'est la discrimination complète entre l'être (Je Suis) et le potentiel d'être (Je Fais) qui permet de vivre cet état paradoxal, et qui est pourtant naturel.


Le collectif humain unifié "parle donc d'une seule voix", mais cette voix est un choeur d'innombrables voix synchronisées par adhésion consciente.

La synchronisation des "voix" du collectif correspond au développemnet du corps de perfection, énergétique, dont les chakras sont des roues multiples en rotation, déterminant des fréquences qui peuvent être ou ne pas être en harmonie avec le "chant universel".
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:26

15. La Personne.


Au fond, le lien d'Amour universel est la réalité absolue. Et la séparation de Liberté causale, individuelle, est la réalité relative. Mais les deux participent forcément à la réalité complète qui a besoin autant de l'un que de l'autre.

Par son caractère relatif, la séparation peut être considérée comme une simple "fluctuation dialectique de la densité" du lien. Le lien d'Amour, auto-sublimé naturellement, implique la Tolérance à l'égard des séparations relatives individuelles en son sein.

Ces séparations relatives individuelles sont les Personnes nées au sein du collectif.

Puisqu'il peut y avoir plusieurs niveaux de séparations relatives, les Personnes peut être de degrés différents de collectivité. Ainsi, un groupe de Personnes peut aussi constituer une Personne collective, et ce au sein du collectif global.

La nature d'une Personne est donc d'être une séparation relative au sein lien d'Amour, conservée et protégée par le lien lui-même contre les excès éventuels du lien lui-même. En retour il est attendu de la Personne qu'elle adhère volontairement, en toute conscience, à cette protection de sa Personne et des Autres Personnes.

En somme, il est attendu en retour de la sublimation du lien d'Amour par Tolérance, que la Personne sublime sa séparation de Liberté individuelle par Altruisme.

Le Respect de la Personne de Soi et d'Autrui est la seule règle de la conscience unifiée. Il n'y en a pas d'autre. Ce Respect implique naturellement la protection du collectif d'Amour, ce qui inclut la sublimation du lien collectif ET la sublimation de la séparation individuelle.

Alors l'Amour et la Liberté peuvent enfin s'épouser harmonieusement.


La Personne est l'essence de la réalité humaine et spirituelle, et la reconnaissance et le respect de cette essence conduisent naturellement à la bonne santé mentale et spirituelle.


Or donc, la Personne est constituée en première approche (structurelle), de deux aspects complémentaires: l'être et son potentiel, le corpuscule et l'onde.

D'un autre côté, une Personne est aussi un point de vue de l'unique observateur.

A l'intérieur d'une Personne, il y a donc l'unique observateur, c'est-à-dire toutes les Personnes, y compris elle-même. L'intérieur est le champ où tous les points de vue sont unis.

A l'extérieur de la Personne, il y a tous les points de vue, sauf le sien, forcément. L'extérieur est le champ où tous les points de vue sont séparés.

Donc, comment une Personne sait-elle qu'elle existe?

En faisant la différence entre le champ intérieur et le champ extérieur, en les discriminant.

La différence doit être égale à "Un". C'est ce qui définit son propre point de vue unique au sein de l'observateur.

La Personne n'a donc nul besoin de se regarder elle-même pour savoir cela: il suffit qu'elle perçoive de façon nette et discriminée les champs intérieur et extérieur: spontanément, la différence entre les deux lui signale sa propre existence naturelle.

Mais un être en confusion discrimine mal les champs intérieurs et extérieurs, et n'arrive donc pas à en déduire un compte simple, qui lui manifesterait naturellement sa propre existence. Car il ne sait pas si la différence fait zéro, un, ou tout autre nombre.

N'étant donc pas certaine ni de la nature ni même de la réalité de son existence, la Personne en confusion va éprouver le besoin de se regarder pour se rassurer, ce qui crée le mental spéculatif, et le nombrilisme en tant que perception redondante: perception de la perception... l'être vérifie, par le contrôle de son propre mode perceptif, qu'il existe bel et bien.

D'un autre côté, toujours parce qu'il n'est pas sûr d'être un point de vue unique de l'unique observateur, il va se focaliser excessivement sur ce qui réprésente son point de vue dans le champ extérieur: le corps. Il va vouloir posséder son corps car cela le rassure: le corps est pour lui le témoin de sa qualité de Personne, de point de vue unique. Ce désir de possession du corps entraîne la densification de ce dernier.

La pensée spéculative et le corps physique dense sont donc bien des symptômes d'un manque de discrimination identitaire, un manque de reconnaissance de la Personne de soi, et donc aussi d'autrui.

La pensée spéculative et le corps physique dense sont inévitablement liés, et appelés ensemble pour palier au manque de discrimination consciente.


La solution de ce problème réside dans l'émotion d'équivalence.

En effet, la seule façon de savoir qu'il existe absolument au sein de l'unique observateur, est pour l'être d'obtenir une différence de "Un" entre les perceptions intérieures et extérieures.

Cela implique qu'il doit être capable de considérer que le poids, la valeur
de son point de vue vaut pour "Un". Pas plus, pas moins!

Or, dans la confusion, la Personne à tendance à tenir son point de vue pour plus que "Un", et même à souvent lui accorder un poids absolument prépondérant. La Personne se pense être elle-même un observateur, et de plus, le plus important de tous.

C'est donc en tendant vers l'équivalence absolue de tous les points de vue entre eux, que l'on favorise la discrimination.

Naturellement, le paradoxe veut que, puisque l'observateur est aussi "Un", celui qui discrimine son propre point de vue comme "Un" se sent aussi équivalent à l'observateur entier... il est égal à chaque Personne en l'observateur, et aussi à la collectivité entière. C'est la discrimination qui permet d'arriver à intégrer un tel paradoxe, qui est gage de la véritable équivalence, qui respecte autant chaque individu que la collectivité entière.

Donc, il faut tendre non seulement vers l'équivalence de tous les points de vue entre eux, mais aussi l'équivalence de chaque point de vue avec la totalité des points de vue.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:29

16. La négation identitaire.


La nature de la négation identitaire n'est pas d'être pathologique, ni d'être prétexte au moindre jugement. Le concept même de pathologie, et le principe même du jugement, font partie de la négation identitaire et ne sont donc que des erreurs de perception.

La seule vraie nature de la négation identitaire est l'immaturité infantile naturelle qui, quoique n'étant pas l'état normal de l'être, n'en est pas moins inévitable et compréhensible.

La condition humaine n'est donc qu'une phase transitoire de non-émancipation infantile, ou peut-être adolescente au stade actuel, qui n'est pas jugée par le collectif unifié, mais seulement suivie, supportée, et favorisée par l'Amour universel autant que faire se peut sans risque d'en perturber l'authenticité du développement.

L'être humain n'a donc aucun ennemi particulier autre que ses propres failles identitaires par lesquelles des erreurs de perceptions prennent un poids illégitime, créant l'illusion d'une lutte, et donc l'illusion d'une dichotomie, d'une dualité séparée.

Déjà, au moment de la sortie du "jardin à l'Est d'Eden", c'est l'être humain lui-même qui a créé l'illusion selon laquelle il en avait été expulsé, se créant une faute pour se l'expliquer, et un ennemi sur lequel rejetter cette faute.

Depuis lors, cet ennemi imaginaire a acquis le poids qu'on lui a donné, et continue de perturber l'Humanité depuis le "miroir astral" où il reste refoulé.

La nature de la négation identitaire est d'être une confusion entre soi et autrui, et plus profondément, une négation de l'interdépendance des êtres entre eux.

En effet, l'être infantile a besoin de chercher, de construire et d'affirmer son identité. Dans cette optique, il va avoir tendance à s'isoler des autres pour protéger cette recherche. Cet isolement va le conduire à nier la dépendance naturelle que les êtres ont entre eux. Et au lieu de la conscientiser, de l'accepter, et de la rendre en retour aux autres, il va l'estimer naturellement due mais sans contrepartie nécessaire.

Bref, il va exiger l'assistance des autres, au lieu de reconnaître sa dépendance vis-à-vis des autres. Ceci le conduit à une attitude individualiste, egocentrique, qui est inévitable à ce stade.

La non-reconnaissance de l'interdépendance des êtres est donc caractéristique d'un état de dépendance indantile extrême où le défaut de construction identitaire induit naturellement une négation de Soi et d'Autrui. Puisque l'interdépendance n'est pas reconnue, intégrée et acceptée, elle sera vécue comme forcée par des dérives identitaires, des projections de puissance illégitimes, des conflits.

Paradoxalement, ce n'est qu'en reconnaîssant et intégrant l'interdépendance des êtres qu'on s'affranchit de l'état de dépendance infantile et qu'on devient émancipé.

Seuls, nous ne pouvons arriver à rien. L'individualisme, la compétition, les projections de puissance et tous les désirs de possession ne sont que des confusions infantiles.

En somme, l'état infantile est simplement un état où les limites perceptives ne sont pas bien définies, conduisant à des erreurs de reconnaissance, et donc de respect de Soi et d'Autrui.

L'Humanité est un tout unifié et cohérent, de façon absolue, depuis son origine. Ce n'est que la conscientisation de cette perfection collective qui n'est pas encore complète, et qui mène aux frictions, au manque de fluidité qui est vécu sur ce plan.

La conscientisation de cette perfection intrinsèque ne peut se faire que par la rectification des croyances abérantes, c'est-à-dire par la réintégration des refoulements identitaires.

Car le fait d'avoir un ennemi n'est jamais que le produit d'un refoulement: l'ennemi est toujours une partie de soi qu'on a refoulée sur autrui.

C'est cette confusion générale, qualifiée parfois de "nature adultère", est cette soupe identitaire dans laquelle l'Humanité est plongée et qui engendre toutes les frictions (ou "péchés"). Le problème étant que si la friction, le conflit, n'est pas rectifié dans le sens qui lui est donné, alors la confusion n'est pas réparée, elle subsiste, et la travail à faire se prolonge.

La seule façon de rectifier le sens d'un conflit est la sublimation, le lâcher-prise intérieur de la puissance illusoire, qui aboutit alors à la vraie discrimination de Soi et d'Autrui, et donc à la réintégration des refoulements.

En effet, un refoulement n'est jamais qu'une erreur passée conduisant à un conflit actuel. La confusion entre Soi et Autrui, est aussi la confusion entre le passé et le présent.

Seule la discrimination du passé et du présent permet de réintégrer les refoulements et de rectifier la confusion.

Cependant, la confrontation avec les autres est nécessaire pour que ce travail puisse se faire. Et il ne peut dès lors pas se réaliser plus rapidement que ce que l'Autre, globalement, accepte de restituer.

C'est pourquoi il faut comprendre que strictement, nous sommes tous interdépendants, que ce soit dans ou hors de la confusion, nous sommes liés les uns aux autres. La confusion n'est que la non-reconnaissance de cela, mais la non-reconnaissance du principe ne veut pas dire qu'il n'est pas quand même vrai et actif: il est simplement nié. Il agit pourtant.

C'est pourquoi il est vain de vouloir s'en sortir seul, de croire qu'on peut ascensionner sans aide. En fait, toute ascension, individuelle, ou collective, est toujours un travail collectif de l'ensemble entier, de l'Humanité entière.

Et tant que l'entièreté n'a pas ascensionné, ceux qui l'ont fait continuent à faire corps avec leurs Frères en Humanité, et restent pour les aider à partir d'autres plans de réalité, tout simplement.

Et en fait, de par l'équivalence, puisque chaque être humain est équivalent à l'Humanité entière, cela veut dire que la libération finale proviendra forcément d'une UNANIMITE. Ce n'est que par cette unanimité que la cohérence parfaite de l'Humanité sera totalement révélée, reconnue, et active.

C'est pourquoi un ascensionné tel que Bouddha a promis de rester jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun Homme à aider.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:32

17. Les vecteurs de la confusion.

En définitive, la confusion se propage à travers les failles identitaires dont l'instabilité est contrebalancée par des projections et introjections diverses.

Et ce qu'il faut comprendre est que ces introjections et projections n'ont rien de contre-nature, c'est simplement leur mode d'action qui pose problème.

Pourquoi ce mode d'action pose problème? Parce qu'il est inconscient, subi, non-maîtrisé et débouche alors sur un défaut de respect des Personnes, et donc sur la négation identitaire.

En somme, ce mode d'action inversé inclut tout ce qui est expression de puissance personnelle ou soumission à puissance personnelle.

La volonté de puissance est donc le vecteur essentiel de la confusion. Tout ce qui est conçu pour véhiculer de la puissance fait partie du mode de transmission de la confusion. On y trouve donc l'argent, la violence, la manipulation de l'information, etc.

Finallement, tout ce qui tend à détourner les buts collectifs pour des finalités individuelles propage la confusion.

Et l'unique justification, erronée, de ce détournement de la finalité est la prétendue inégalité de la valeur des êtres humains, conduisant à la compétition. L'appartenance naturelle et équivalente à la collectivité n'est pas une évidence, comme cela devrait l'être pourtant.

Tout cela ne peut être considéré que comme jeu infantile confus, certes inévitable. Cependant, le jeu peut plus ou moins s'éterniser...

Comme je l'ai déjà dit, la confusion est issue initialement d'un défaut de maîtrise de la polarisation sexuée, menant à une confusion partielle de celle-ci avec l'Amour inconditionnel.

Cela débouche dès lors sur les abérations comportementales sociales que j'ai déjà décrites. Cette origine confusionnelle est ce qui fait que de façon très évidente dans nos sociétés actuelles, le sexe est lié à l'argent et à la violence.

Toute expression de puissance, quel que soit son vecteur, est en fait le symptôme d'une identité sexuelle mal affirmée. Cela ne concerne pas uniquement les aspects les plus aigüs comme la violence, mais aussi plus basiquement tous les rapports commerciaux ou salariaux.

Lorsqu'on observe cela d'une position moins confuse, on peut s'interroger sur la possibilité de continuer à accepter de fonctionner sous un système aussi abérant. Par exemple de continuer à fonctionner avec l'argent.

La réponse est double: il faut tenter d'aller vers la déconfusion et de la prôner autour de soi, mais on ne peut forcer personne d'autre à faire ce pas. Si d'autres ont encore besoin d'un système de possessivité, de compétition et d'argent, il faut respecter ce besoin et éventuellement accepter de jouer, en apparence, au même jeu qu'eux. Mais on y jouera d'une autre position: celle de celui qui sait que ce n'est qu'un jeu, et dont le but est d'y voir clair à travers et au-delà du jeu.


Il faut accepter l'Humanité telle qu'elle est et alors seulement, on pourra trouver des moyens d'action pour modifier le système. L'inclusivité est le maître mot de la vraie force: si je ne peux changer que moi, et si moi j'inclus toute l'Humanité dans mon ouverture de Coeur, alors je peux quand même faire changer possiblement toute l'Humanité.

Car dans l'équivalence de mon Coeur, je suis égal à toute l'Humanité.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:34

18. La magie de la Rencontre.

(le texte qui suit es repris, partiellement transformé et complété, d'un autre topic de ces forums)



L'être humain en confusion mélange son être avec son potentiel. De ce fait, il mélange son identité avec la fonction. C'est pourquoi il ne rencontre pas réellement les autres et se sent seul.

Car il aborde le plus souvent la rencontre avec l'autre sous l'angle de l'attente fonctionnelle: l'autre est rencontré non simplement pour la rencontre elle-même, mais pour palier à la perception d'un manque personnel. A travers ce système symbiotique confus, la rencontre est d'emblée altérée.

Identité et fonction doivent être parfaitement discriminés afin que la rencontre soit véritable.

Lorsqu'on devient capable de rencontrer l'autre sans attente particulière autre que la Joie de la rencontre elle-même, et sans que cette Joie ne soit recherchée comme pansement d'un manque personnel, alors il y a reconnaissance mutuelle des identités parfaitement libérées de toute fonction.

Et le miracle alors est que si d'un côté les identités qui se rencontrent sont libérées des fonctions, les fonctions d'un autre côté sont aussi libérées des identités, et agissent naturellement, spontanément.

C'est de cette façon que procède aussi la guérison harmonique: parce que la rencontre se réalise sans attente fonctionnelle, les fonctions libérées s'harmonisent naturellement et dès lors, d'éventuelles réparations ou guérisons partielles ou totales peuvent survenir spontanément.

Ce qui nous pousse à rencontrer l'autre selon un mode confus d'attente fonctionnelle sont les refoulements psychologiques piégés dans l'inconscient.

Un travail de centrage de plusieurs années, avec amplification progressive du niveau d'énergie psychique, est nécessaire pour en nettoyer, ou plutôt réintégrer une bonne partie.

La règle naturelle de l'univers est l'Harmonie fonctionnelle. Elle n'a pas à être recherchée, et ne constitue pas le moindre travail. Elle est simplement évidente, et procède sans le moindre effort. Mais pour la vivre, il faut arrêter de l'emprisonner à travers la perception de manques qui ne sont que des productions du passé non intégrées, refoulées, et interférant avec le présent.

Ainsi, discriminer l'identité et la fonction est aussi discriminer le passé du présent. Lorsque la discrimination est complète, tout a été libéré.

L'idée centrale derrière ce qui précède est que nous ne pouvons arriver à rien tout seul, et d'autre part que la reconnaissance de cette faiblesse individuelle, et l'ouverture à autrui qui doit en résulter, implique naturellement une harmonisation de tous les problèmes, sans effort.

Mais paradoxalement, cette conscientisation de la faiblesse ne doit pas faire chercher la rencontre avec l'autre pour la prise en charge de cette faiblesse! Car sinon, une attente fonctionnelle viendrait interférer avec la rencontre!

Dès lors, la conscientisation de notre faiblesse doit aboutir à un lâcher-prise de la volonté de la résoudre, à une simple acceptation de nos problèmes et perversions en l'état, et l'attention doit se porter uniquement sur les autres et sur leur droit naturel à être aimés à travers la vraie rencontre. En somme, il faut sublimer la perception de la faiblesse, et chercher la vraie rencontre au-delà.

Ce n'est qu'alors que l'harmonisation spontanée peut agir, et que la faiblesse sera noyée dans la force collective.

Il est donc vain de tenter de se battre contre nos problèmes, nos perversions, car c'est leur donner du poids. Il faut savoir qu'on ne peut pas tuer l'illusion, car elle ne vit pas! Il est impossible de véritablement détruire la perversion... on ne peut que la noyer (au sens figuré) de plus en plus dans un océan de vertu, de Beauté, issu de la vraie rencontre au-delà de l'illusion.

Le contrôle est l'illusion qui crée tous les problèmes tout en prétendant les résoudre. Et en réalité, le contrôle ne résoud rien du tout et ne fait qu'entretenir les probèmes qu'il crée dans un cycle viral sans fin. On peut observer cela dans tous les aspects individuels ou sociaux de la vie humaine. La culpabilisation est un des procédés centraux qu'utilise le contrôle pour entretenir son illusion.

Alors les êtres humains coirent qu'ils doivent être parfaits, qu'ils doivent souffrir, travailler. Ils pensent que l'action faite avec efforts est nécessaire à l'obtention d'un vrai résultat. Ils pensent que la fonction doit être contrôlée, qu'elle ne peut pas agir spontanément. Ils refusent de croire au miracle naturel de la vraie vie. Ils entretiennent leur propre prison causale.

La vérité est que la vertu de tous les êtres humains est naturelle et spontanée. Que la perversion est un produit exclusif du contrôle. Et qu'ensuite le contrôle lui-même va prétendre exister pour résoudre la perversion qu'il a lui-même créée. C'est ce cercle vicieux qui constitue l'ensemble de l'illusion.

Le lâcher prise permet de naturellement constater la vérité, qui n'a pas besoin de justification: la nature de l'être est naturellement la vertu, il n'est pas nécessaire de la promouvoir, de la forcer, il suffit d'accepter de la laisser faire.

Ce qui nous empêche de la laisser faire sont les refoulements psychologiques qui nous font prendre des vessies pour des lanternes. Ils sont l'origine même du cercle vicieux du contrôle.

Ils ont certes une utilité, mais pas forcément celle qu'on croit. On pourrait croire en effet que les cercles vicieux sont là pour nous faire vouloir la vertu en nous battant contre les perversions, après des crises de conscience. Mais cela est encore dans le dualisme, dans le jugement, la culpabilisation et le combat. Cela est encore dans le contrôle et n'est donc pas une vraie solution au problème! La culpabilité est une illusion qui ne mène pas à grand chose.

Non, ce que les cercles vicieux de l'illusion sont supposés nous faire conscientiser est simplement leur illusion elle-même, globalement, sans jugement. La seule vraie conscientisation du problème humain se trouve forcément à un niveau de non dualisme, où les choses sont simplement reconnues selon leurs nature légitime: l'illusion rendue à elle-même, et la vérité de même.

Cela conduit à l'intégration non dualiste. Si l'on compare l'illusion aux Ténèbres, et la vérité à la Lumière, on pourra comprendre qu'une chambre sans lumière ne peut en inclure sans changer d'état, alors qu'une pièce illuminée, peut inclure de l'ombre sans changer d'état: il suffit de placer des objets à certains endroits pour que de l'ombre soit créée, sans modifier l'état global d'illumination. La vérité intègre l'illusion lorsque cette dernière est reconnue pour ce qu'elle est: une erreur.

Dès lors, l'illusion n'est pas du tout destinée à nous faire combattre pour la vertu, car la vertu universelle n'a nul besoin de champion pour la défendre: sa puissance collective n'a pas de limite. Elle est naturelle et spontanée.

L'illusion n'a pour but que de nous monter ce qui est illusion et de ce fait ce qui est vrai: à savoir que nous sommes déjà des Personnes accomplies, parfaites dans notre imperfection, vertueuses dans notre nature profonde, spontanées dans nos actions et nos relations. La réalisation du Soi ne se trouve donc pas par volonté de puissance, par volonté de travailler sur soi, par volonté de réprimer les erreurs. La réalisation du Soi se trouve en réalisant simplement qu'on est Soi !

Tant que l'être s'identifie erronément à la fonction, il oublie sa nature de cause en soi, et devient l'exclave de la causalité (ce qui est représenté par la domination des machines dans Matrix, par exemple).
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:34

Lorsque l'être se souvient qu'il est une cause en soi, alors il s'affranchit de l'illusion d'être un esclave, et réalise que son imperfection est parfaite, que sa faiblesse est infiminent forte, en unissant naturellement sa cause en soi au finalisme collectif, d'avec lequel sa séparation n'a jamais été qu'illusion.

L'illusion est un procédé dialectique de conscientisation, et rien d'autre. Sa présence ne sert pas à autre chose qu'à simplement accepter l'existence.

Elle ne saurait servir à promouvoir la vertu, qui est par essence absolument naturelle!

Cependant, la simple réalisation du Soi semble ne pas pouvoir être immédiate, car elle implique la réintégration de tous les refoulements identitaires, psychologiques.

Ce n'est pas que cela soit impossible, c'est que cela est improbable étant donné la nécessité de discriminer l'illusion et réintégrer les refoulements pour y arriver.

Le mental spéculatif de l'ego personnel, qui est déjà le Soi réalisé, mais dans un état de soumission erronée à l'illusion causale, doit accepter de renoncer à ses fausses croyances, et il ne peut le faire que s'il voit l'illusion pour ce qu'elle est.

L'illusion est somme toute la séparation. Parce que rien n'est vraiment séparé dans l'univers, dans l'existence, et que seul le lien existe. La séparation n'est qu'une convention dialectique par laquelle le lien accepte de relativiser sa "densité" de façon à simuler des séparations individuelles, certes essentielles à la richesse plurielle, mais dont la nature n'est pas autre chose qu'une simple convention dialectique.

Une Personne au sein du lien d'Amour universel n'est donc qu'une séparation dialectique, de nature purement conventionnelle. C'est pouruoi le respect de la Personne est une donnée fondamentale: puisque la Personne n'est qu'une convention dialectique, et que sa réalité dépend d'une séparation dont la réalité n'est que relative, le respect spontané et naturel est indispensable à sa protection.

En somme, une Personne réalisée est dialectiquement une illusion individuelle infiniment fragile protégée par un lien collectif de puissance infinie.

Dieu, en tant que Personne Créatrice réalisée, est donc un être d'une fragilité absolue, alliée à la force infinie de la collectivité universelle. On devient comme Dieu en reconnaîssant notre absolue faiblesse et en l'acceptant.

Tant que l'on se trouve en position de combat contre la conscientisation de notre faiblesse, on se heurte aux refoulements psychologiques que l'on ne peut dès lors pas réintégrer. Or, puisque nos refoulements sont des parties de nous-mêmes que nous n'avons pas reconnues dans le passé, nous battre contre les refoulements est en comme nous battre contre nous-mêmes, et nous empêcher de simplement réaliser notre Soi en les réintégrant.

Un deuxième aspect qui fait que l'immédiateté de la réalisation est improbable, est le fait que les parties refoulées de Soi sont prises en otage par la collectivité, et qu'on ne peut forcer leur restitution: forcer la restitution de Soi serait encore une volonté de puissance qui nous enchaînerait à une forme de possession de Soi, qui est une illusion.

On peut simplement se tenir prêt à réintégrer tout refoulement dès que l'occasion s'en présente. Et plus on réintègre, plus on acquiert de faculté de lâcher prise et de centrage, plus la pression naturelle sur le collectif devient forte et le pousse à restituer les refoulements. Mais cela ne saurait être forcé.

Dès lors, dans ce mouvement, on réalise de plus en plus le Soi, tout en continuant à voir des perversions en Soi qui ne sont que les illusions produites par les refoulements qui ne sont pas encore restitués. Il faut alors continuer à s'accepter tel quel, dans notre faiblesse et la compréhension que ce n'est pas par volonté de puissance qu'on résoudra vraiment quoi que ce soit.

On peut cependant maintenir consciemment un certain contrôle sur ces perversions, tout en sachant que ce n'est qu'un artifice illusoire temporaire, et tout en restant attentif à toute possibilité de réintégration, qui est la seule façon de résoudre les problèmes.

Rester prêt à la réintégration signifie en clair: s'accepter soi, sans culpabilisation en toute circonstance, avec bienveillance, et ce malgré toute perversion qui resterait non résolue.

Maintenir consciemment un certain contrôle signifie en clair non pas qu'on cherche à se battre contre les perversions, mais plutôt qu'on cherche à agir pour la vertu, le plus possible, même dans les cas où elle n'est pas encore spontanée.

La restitution ne peut se faire que par convergence harmonique, collective. En somme, la réalisation de Soi est toujours un choix collectif, auquel donc l'individu concerné participe, mais seulement pour moitié de ce choix. L'autre moitié dépend de la possibilité d'harmonisation du collectif, à travers ses propres errances illusoires, et ses possiblités d'avancer lui-même de façon globale vers la libération de l'illusion.

Néanmoins, l'être qui a déjà fait sa part de choix et s'y tient résolument verra le collectif montrer de plus en plus de bonne volonté pour faciliter sa réalisation.

C'est pourquoi certains êtres se sont réalisés parfois avec une vitesse de météorite, comme ce fut le cas de Jésus. Donc, cela peut aller très vite, mais c'est improbable et de ce fait fort rare.

Or donc quelqu'un qui avance vers la réalisation du Soi peut au départ en concevoir une forme de supériorité, menat à de la séparativité, de l'élitisme, de la valorisation comparative.

C'est un phénomène logique, mais qui doit être dépassé.

Car une telle personne doit comprendre qu'elle doit son avancement pour moitié au collectif, et que dès lors ceux qui l'entourent et qui, peut-être, son moins éveillés qu'elle, ont activement participé à l'aider au niveau de la convergence harmonique au niveau holistique.

Tout procède par convergence harmonique, et il n'y a pas de meilleurs et de moins bons êtres. Il y a juste une auto-détermination personnelle qui s'engage par choix injugeable, et qui est ensuite favorisée par la cohérence collective indispensable.

En somme, on est "Je" quand on ressent "Nous", et on est "Nous" quand on pense "Je".

Dialectiquement, l'individualisme séparateur de l'attitude intérieure, conduisant à penser en terme de "Je" prône le mental spéculatif causal, et maintient la confusion des refoulements pris en otage par la réalité collective, induisant une authenticité personnelle erronée, car mixée avec toutes celles de la collectivité.

Par contre, l'abdication du mental spéculatif, par un lâcher prise vers l'émotion collective du Nous, est une attitude intérieure correcte qui discrimine vraiment l'authenticité du Soi par rapport à la collectivité.

Il faut donc s'accepter Soi pour pouvoir accepter les autres, et alors seulement le "Nous" se présente de plus en plus fort pour aider la réalisation du Soi.

Un être qui accepterait sa Personne absolument avec toutes ses faiblesses, et à partir de là se tournerait vers les autres Personnes pour les accepter absolument avec toutes leurs faiblesses, se mettrait en position de réaliser son Soi avec la plus grande rapidité qu'autoriserait la convergence harmonique collective.

L'idée est que les opportunités de convergence ne sont pas uniques, et que lorsqu'on rate un train, on peut attendre les suivants. On va simplement plus lentement, et dès lors l'attente et la souffrance qui peut s'y glisser se rallongent d'autant.

Accepter Soi et les autres absolument à travers la vision claire des faiblesses individuelles, est l'essence même de l'Amour inconditionnel, condition de la vraie rencontre.

Car la vraie rencontre est, je l'ai déjà dit, celle qui est libérée des fonctions. Or, ne pas reconnaître les faiblesses individuelles conduit inévitablement à vouloir les résoudre, et donc conduit à emprisonner la fonction dans des objectifs définis, dualistes et illusoires, et cela conduit donc à dévoyer la relation. CQFD.

Le besoin d'Amour inconditionnel, d'acceptation totale, est le seul qui doive être reconnu, car il est sa propre justification, et c'est pour cela qu'il n'y a pas dans son cas de fonction interférante.

Inévitablement, le centrage dans l'acceptation de Soi ouvre sur l'acceptation des autres. Il est donc illusoire de chercher la réalisation du Soi pour Soi uniquement. Cette réalisation est collective, et se cherche donc entre autres AUSSI pour Soi, mais considéré comme inclu dans le collectif au sein duquel tout autre Personne possède une valeur équivalente méritant d'être reconnue autant que Soi.

Réaliser Soi est en définitive chercher à devenir Soi une référence d'Amour d'une stabilité absolue, mais pas focalisée sur Soi, ouverte sur le soutien d'Amour aux autres et à soi par l'entremise du collectif.

Cette aspiration à devenir une référence pour les autres, en ouverture totale à l'acceptation des autres, dans une capacité complète à les respecter entièrement, à les Aimer absolument, et à les attendre aussi longtemps que nécessaire, est essentiellement émotionnelle, quoiqu'elle puisse aussi être l'objet d'une analyse et d'une compréhension intellectuelle.

Réaliser Soi c'est devenir un des Piliers éternels de la Vie dans son inextinguible et ardente soif d'Amour pour les autres.
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:35

19. Le travail vibratoire.


Si l'inclusivité consciente des autres est l'Amour inconditionnel libéré des contraintes fonctionnelles mentales, alors sa contrepartie automatique, qui est la fonction libérée de la contrainte identitaire est l'harmonisation naturelle avec les autres et tous les effets bénéfiques qui en découlent pour soi et pour l'autre.

Cette harmonisation naturelle se signale par des états vibratoires de qualité et d'intensité variables au départ, mais qui se nuancent sans cesse d'avantage à mesure que le centrage s'améliore.

Ces état vibratoires associés à l'extase de la rencontre inconditionnelle sont des états de "Wei-Wu-Wei", "action dans l'inaction", et représentent le seul vrai travail, dépourvu de tout effort, qui est attendu de l'être humain dans sa prise de responsabilité collective.

Ce travail sans effort est ce qui réalise, par convergence harmonique, les miracles du sacré.

Ainsi, une synchronisation harmonique (= rencontre authentique) avec la planète permet à une seule Personne d'en soigner des blessures globales et de participer ainsi à l'harmonisation collective des tensions. Et l'influence d'une telle action n'est pas mesurable, car sa puissance est démultipliée, agissant par un processus de " commutateurs et leviers" et non pas simplement en prise causale directe.

Ceci parce que la fonction libérée n'est attachée à aucune intentionnalité réductrice: l'action est libre, ouverte, désintéressée, non focalisée sur des résultats particuliers.

D'un autre côté, si la fonction est libérée, la rencontre l'est aussi et dès lors, les échanges deviennent d'une richesse de nuances et de possibilités infinies!

N'est-ce pas le rêve de tout être humain que de pouvoir se consacrer entièrement à d'agréables et intenses rencontres avec les autres tout en voyant toutes choses se faire harmonieusement autour de lui par un travail spontané et dépourvu d'efforts?

C'est pourtant la réalité du Soi réalisé. Ce qu'il y a entre cela et un être en confusion est un tissu de fausses croyances conventionnelles collectives auxquelles il reste attaché par ses refoulements identitaires.

Cet état est naturellement indescriptible, on ne peut qu'en donner une idée dialectique, mais rien de plus. Car si l'être peut être compris dans ses fonctions, il ne le peut pas dans son essence, dans son identité.

Tenter de définir l'être par ses fonctions le réduit, et sa compréhension finit par empêcher sa connaissance directe. Plus on étudie la fonction, et moins on connaît et on peut vivre sa nature. L'intellect est inapte à comprendre l'essence de l'être.


Dernière édition par Sphinx le Mar 31 Mai 2011, 21:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1 - Dialectique de la Perception   Mar 29 Mai 2007, 20:37

20. La planète.

La Terre, avec les règnes minéral, végétal et animal qui la peuplent, représentent le potentiel d'évolution lié à l'être humain. C'est la part de nous-mêmes qui évolue à différents niveaux et constituera le futur évolutionnel de l'Humanité, lorsque sa partie émergeante actuelle aura ascensionné et prendra effectivement ses responsabilités.

C'est pourquoi non seulement un unique être humain est une réalité holistique, incluant divers composantes de niveaux différents, un tout cohérent en soi, mais aussi pourquoi l'ensemble de l'Humanité l'est aussi, en y incluant la planète entière qui en réalité ne peut en être séparée.

Mais parce que la partie émergeante de l'Humanité est encore en confusion et ne prend dès lors pas ses responsabilités collectives, et qu'elle mélange encore son être avec son potentiel, alors l'Humanité se mélange à son potentiel en incarnant des corps physiques denses qui interfèrent confusionnellement avec les règnes potentiels inférieurs.

C'est en raison de cette confusion entre l'Humanité et son potentiel, qu'elle en est encore à vampiriser les ressources du potentiel, au lieu de le libérer et d'en prendre la responsabilité collective.

De là découlent toutes les confusions alimentaires, énergétiques, écologiques, etc.

Mais ceci non plus n'est pas à juger. En somme, l'Humanité est globalement à un stade adolescent où la révolte naturelle d'intégration de ses propres valeurs est en cours, et où cela permettra dans un futur assez proche qu'il lui soit demandé de passer de l'adolescence à l'émancipation cosmique. C'est cela l'ascension dont on parle beaucoup en ce moment.

Point donc de jugement à porter sur les erreurs humaines qui sont naturelles et transitoires. Il est normal pour un être non émancipé de confondre son être avec son potentiel, et le potentiel lui-même est conçu comme miroir temporaire et réserve de ressources et d'expériences pour sa partie émergeante qui en a forcément besoin.

Simplement, à un stade jugé suffisant par l'univers, l'émancipation sera requise, tout comme cela se produit naturellement dans la vie humaine classique: la mère sèvre l'enfant en bas âge au moment qu'elle estime approprié en vertu des règles naturelles et de son intuition des capacités de son enfant, et d'autre part, les parents confrontent l'adolescent qui devient un adulte à sa nécessaire prise de responsabilités collectives, au moment qui leur semble juste par rapport à leur intuition du niveau de conscientisation de celui-ci.

L'ascension est donc à la fois une poussée intrinsèque de l'être qui s'émancipe, mais est aussi appuyée par une pression parentale visant à obliger l'adolescent à surmonter ses craintes naturelles, mais souvent refoulées en conflit intrapsychique, de devenir un adulte.

L'adolescence est naturellement un stade de conflit intrapsychique aigü, sous tous rapports.

Tout d'abord, il y a confrontation entre les valeurs parentales inculquées et le désir d'affirmation indentitaire, personnel, qui doit intégrer ses propres valeurs. Le conflit naturel, alors, avec les valeurs parentales, leur rejet ouvert, ne sera que la façade de leur intégration plus réelle au niveau de l'affirmation identitaire de l'adolescent.

Ensuite, le désir de s'émanciper se heurte de plein fouet à la peur de s'émanciper. Le travail parental est alors de percevoir à la fois le désir d'émancipation latent, et aussi les peurs qui tendent à inhiber l'epxression concrète de ce désir.

Sur cette base, il faudra favoriser cette émancipation en essayant de dissiper les inhibitions qui la contrarient, et cela peut impliquer parfois des décisions "secouantes", plus ou moins fortes, comme d'exiger le départ de la maison parentale, tout en encadrant ce départ de la façon la plus sécuritaire possible. I

l n'y a pas rien de négatif dans une telle attitude, aucune violence, ni aucun rejet: il y a simplement la nécessité de privillégier l'expression du désir d'autonomie dès qu'il semble pertinent de le faire.

L'ascension actuellement en cours fonctionne comme cela. Il y a une aspiration globale de l'Humanité pour l'émancipation, mais de nombreuses inhibitions l'entravent. L'univers cependant commence à juger nécessaire d'accentuer la pression de l'émancipation humaine en envoyant des messages forts pour dissiper les inhibitions.

Il y a déjà eu certains mouvements en ce sens à la fin des années 60, mais les inhibitions étaient encore trop fortes.

Dès lors, il n'y a rien à juger dans la situation actuelle, ni rien de dramatique en vérité, ni rien de négatif en fait: tout est ok! La pression universelle favorise l'émancipation de l'Humanité adolescente, dont les inhibitions naturelles continuent encore à s'agiter, mais finiront par rompre.

D'autre part, la planète et les potentiels à venir des différents règnes sont sur le point, grâce à la proche émancipation humaine, de franchir eux-mêmes certains niveaux de développement, et d'acquérir ensuite la guidance éclairée d'une responsabilité collective nouvellement formée qui oeuvrera pour encadrer réellement leur évolution.

En somme, ce que l'on appelle parfois le "Kali Yoga", l'âge sombre, n'est que l'adolescence de l'Humanité, souvent appelé (improprement) "l'âge bête" dans la vie humaine. Et la crise d'adolescence qui précède l'émancipation, est très certainement ce que nous vivons simplement actuellement.

Un autre point du conflit interne de l'adolescence dont je n'ai pas encore parlé est l'affirmation de l'identité sexuelle, qui est inscrit en filigrane de toute cette phase, et dont l'intégration est le centre de la problématique d'émancipation.

En effet, l'accession à la véritable sexualité spirituelle implique une responsabilisation totale. L'intégration personnelle des valeurs et la complète levée des inhibitions, des peurs, est la condition nécessaire à la véritable procréation, en responsabilité collective.

Car en somme, on ne fait pas des enfants pour soi, mais pour eux-mêmes, et pour la collectivité entière à travers eux. C'est ce point, pourtant déjà compréhensible mais très mal intégré au niveau de la simple expérience incarnée, qui constitue l'essence de l'émancipation.

Somme toute, l'état non émancipé est logiquement dominé par la perception des manques. C'est ainsi que vit un nouveau-né dont la dépendance symbiotique est naturelle. C'est aussi ainsi que vit l'adolescent, dont la dépendance relativisée doit être confrontée finallement à la rupture de l'émancipation.

Le problème mondial actuel n'est du qu'à cela, c'est naturel, c'est prévu, il n'y a pas de culpabilité, car la culpabilité fait encore partie de la perception des manques.

Le problème de la dévaluation de soi auquel est confrontée l'humanité, à travers la culpabilisation, n'est rien d'autre que celle d'un enfant ou d'un adolescent qui n'ayant pas encore acquis l'émancipation de ses parents, le déplore, pense son état de dépendance comme venant d'une défaillance de sa part, finit par se juger lui-même, puis rejette la défaillance sur ses parents et se rebelle contre eux naturellement.

Déjà chez les jeunes enfants, entre eux, on peut constater une hypertrophie des principes moraux reçus de leurs parents. Ils se les assènent à leur niveau avec un manque évident mais naturel de clairvoyance et de tolérance. Ils en amplifient l'aspect de jugement conduisant à une intransigeance des principes, un absolutisme moralisateur.

L'humanité prise dans l'illusion de sa culpabilité n'est rien d'autre que cela: un groupe d'enfant s'assénant entre eux un absolutisme moralisateur issus de leurs lacunes d'intégration des vraies valeurs.

La culpabilisation attache à l'action, attache au passé, et constitue en fait l'un des deux pôles du cycle viral, du cercle vicieux en action: débauche, culpabilisation.

Ni l'un ni l'autre de ces deux pôles ne constitue une solution au problème humain. Car la culpabilisation déresponsabilise. Autant la débauche que la culpabilisation sont des formes que prend le contrôle mental qui est à la source de l'illusion. Et jamais l'illusion ne peut résoudre l'illusion.

Ce système pernicieux, mais naturel à un stade confusionnel, se voit à tous les niveaux de la vie sociale humaine.
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