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Gnose et Spiritualité
 
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 Chaman!

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AMBRE

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MessageSujet: Chaman!   Lun 17 Sep 2007, 18:12

Chaman!
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"Timeless Keepers"
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extrait:

Ainsi, dans l'arrangement Cosmique des choses, qu'est-ce qui est VRAI Amour et Don ? Pour soutenir et supporter une personne dans l'illusion avec toute "l'alimentation" propre qui est implicite dans la relation du mariage, continuer à amplifier leur fréquence SDS, ou les LIBÉRER aux leçons – le don de ce qui est vraiment approprié à leurs actions/demandes - qui peut finalement faciliter leur propre croissance et-ou initiation, si non dans cette vie - dans la suivante ?



Bien sûr, la question devient alors : pouvez-vous retirer le support de la dynamique et encore supporter la personne ? Le fait est, en termes de choix d'âme, il est impossible d'intimement supporter une personne qui est alignée sur un certain choix d'âme sans aussi supporter les choix de cette personne.



Mais, c'est là qu'un regard très dur doit être posé sur le moi pour demander POURQUOI vous voudriez continuer à soutenir et supporter une personne qui fait partie d'une dynamique que vous avez choisie ne PAS alimenter plus longtemps ? (De nouveau, je répète que ce que je dis est SEULEMENT pour ceux qui ont pris le chemin vers la pleine initiation!)



Restez-vous en relation à cause des considérations financières ? Est-ce "pour les enfants ?" Ou parce que vous ne voyez pas comment vous pourriez continuer votre chemin d'étude sans le support financier du mariage ? Si c'est pour des considérations financières touchant à vous-même, il est facile de voir que VOUS êtes le vampire. Vous offrez une "illusion" d'amour et de support pour obtenir quelque chose que VOUS voulez ou dont vous avez besoin. Si vous restez pour les enfants, vous devez être très prudents sur la manière dont vous pensez que cela va leur profiter. En premier lieu, à un certain niveau d'âme, ces enfants apprennent en observant et en éprouvant. Ils observent et éprouvent un vampire dynamique et ils grandissent pour l'imiter dans leurs propres vies. Est-ce ce que vous voulez pour vos enfants ? Dans un autre sens, si vous êtes dans un rapport où il y a de "l'alimentation" qui se passe, un ou les deux des conjoints se trouve devant le besoin d'obtenir l'énergie de quelque part et les sources les plus probables vont être les enfants. Est-CE ce que vous voulez ?



La clé est, pouvez-vous rester dans le rapport sans ESPÉRANCE DE QUOI QUE CE SOIT étant changé ou rendu meilleur par votre présence et/ou support ?



La chose essentielle du chemin SDA chamaniste est de donner seulement une fois DEMANDE. Et ensuite, pour donner TOUT CE qui est demandé. Cela exclut à peu près le don à ceux de l'orientation SDS parce qu'ils ne demandent JAMAIS ! Ils manipulent, ils exigent, ils prient, ils demandent même avec leurs mots, mais pas leurs actions. Cette question de "demander" est une chose que vous pouvez seulement voir en voyant l'invisible. Peut-être qu'une façon d'y penser consisterait en ce que vous pouvez dire si quelqu'un "demande" vraiment s'il n'y a AUCUNE espérance de leur part que vous leur donnerez ce qu'ils demandent! Et, il n'y a aucune condition placée sur VOUS quant à si vraiment vous dites oui ou non. Autrement dit, si vous dites "Non", (parce que vous ne pouvez pas dire oui pour n'importe quelle raison) vous êtes certain qu'il n'y aura aucune cassure ou déclin dans vos relations. Et la même chose s'applique au moi. Si vous "demandez," demandez-vous vraiment ? Ou, y a-t-il une certaine chaîne attachée comme "si vous m'aimez vous direz oui," ou "voyez ce que j'ai fait pour vous; maintenant c'est votre tour," que vous soyez impliqué ou non?



La chose essentielle à savoir est que le Service des Autres est le chemin d'amour spirituel, qui est entièrement distinct de l'amour du monde et de l'amour-propre. Le secret entier de la Vraie Magie se trouve dans les lois de la proximité divine. Comme vous grandissez tout près pour Aimer comme Dieu le créateur l'exprime, vous grandissez plus près de Dieu. Et Dieu aime tout exactement tel que c'est. C'est POURQUOI il EST!



Plus une personne devient assimilée à l'orientation du Service des Autres, plus ses choix deviennent efficaces, mais, en même temps, son existence devient incompréhensible aux autres.



Maintenant, il est assez facile de pratiquer ces termes en donnant aux étrangers ou aux associés qui ne sont pas intimement impliqués dans votre vie. Il est beaucoup plus dur de le faire dans des relations proches, personnelles! Mais c'est où c'est le plus essentiel pour le Chaman!



La raison de cela est le rôle particulier que le Chaman joue dans la dynamique Cosmique de tous les temps et plus particulièrement le présent - celui du Guerrier Spirituel.

... le chamanisme est important non seulement pour la place qu'il tient dans l'histoire du mysticisme. Les chamans ont joué un rôle essentiel dans la défense de l'intégrité psychique de la communauté. Ils sont avant tout les champions antidémoniaques; ils combattent non seulement les démons et la maladie, mais aussi les magiciens noirs. La figure exemplaire du champion de chaman est le fondateur mythique du shamanisme Na-khi, le tueur inlassable de démons. Les éléments militaires qui sont très importants dans certains types de chamanisme asiatique sont représentés selon les pré-requis de guerre contre les démons, les vrais ennemis de l'humanité. D'une façon générale, il peut être dit que le chamanisme défend la vie, la santé, la fertilité, le monde de "lumière", contre la mort, les maladies, la stérilité, le désastre et le monde de "l'obscurité". [Eliade, 1964]

La fonction fondamentale et universelle du Chaman est d'avoir la force nécessaire pour ce que nous appelons la lutte contre les "pouvoirs du mal." Cela NE signifie PAS d'aller se bagarrer avec un démon ou se disputer sur quelle information channelée est juste ou fausse ou prier pour la Paix du Monde ou l'envoi de l'Amour et la Lumière en Bosnie déchirée par la guerre. Cela ne signifie pas faire la sortie d'esprit ou exorcisme (quoiqu'il puisse inclure de telles choses dans certaines circonstances).



Ce que cela signifie VRAIMENT est le besoin constant et toujours présent de supporter une Résonance de Fréquence très particulière. Ce que le Chaman représente est un "Pôle du Monde," par lequel les énergies de Création peuvent être transformées dans la 3ème densité. Ils sont exigés pour manifester dans leurs corps certaines fréquences qui peuvent seulement être développées dans des rapports où la force de vie du Chaman est AUGMENTÉE par l'interaction, non drainée.



Et, la "lutte de démons" est clairement un indice que le Chaman SDA doit amplifier la fréquence SDA et éviter l'amplification des dynamiques SDS. C'est où on livre la vraie bataille.



Dans les histoires des Chamans antiques de grand pouvoir, il est souvent noté que, s'ils deviennent un Chaman à un moment dans leur vie quand ils ont un conjoint et une famille, très souvent on donne au Chaman un nouveau "conjoint d'esprit" dont la fonction la plus importante est de préparer l'alimentation spéciale pour le Chaman pour qu'il/elle puisse faire le travail spécial. Parfois ce "conjoint d'esprit" était une réelle "deuxième femme" ou mari, qui emménageait dans la famille. Dans des cultures où le chamanisme était compris, si la femme originelle n'était pas "appropriée", elle comprenait au moins la nécessité d'une "femme spéciale" pour accomplir la fonction d' "alimenter le chaman." Bien sûr, il y a quelques histoires de premières femmes qui N'ont PAS bien pris d'avoir une deuxième femme, même si c'était seulement un esprit et pas incarné dans une autre femme et le résultat était généralement un conflit qui aboutissait à la mort de la première femme. (Ou le mari si le chaman était une femme.)



Le point de cela n'est pas qu'il nous dit quelque chose dans un sens littéral, mais que c'est symbolique du besoin spirituel du Chaman d'interagir avec des êtres qui "alimentent" plutôt qu'ils drainent. Une conclusion pourrait être tirée que le Chaman SDA doit être en interaction directe, sur un niveau intime, seulement avec quelqu'un qui est "semblable". Dans un tel cas leurs énergies échangeront, commuteront et s'étendront de l'interaction. Elles "pousseront l'oscillation de chacun." Elles installeront une Vibration de Résonance de Fréquence entre eux qui est si puissante qu'ils "grandiront" naturellement .



Et, bien sûr nous savons à ce jour que les forces obscures avanceront beaucoup de leurs propres candidats pour cette interaction intime qui NE sont PAS semblables pour le but de s'assurer que le Chaman n'acquiert jamais la force suffisante. En même temps, la présence de telles personnes dans la vie du Chaman PEUT servir la fonction de la plus haute importance d'assister dans la "destruction" et le dépouillement de la chair des os dans la préparation pour l'initiation. Mais, une fois que l'initiation est arrivée, il est CRUCIAL pour le Chaman d'AGIR pour renforcer immédiatement sa polarité. Il est mieux de n'avoir AUCUNE relation plutôt qu'une qui draine et amortit le moi et alimente et amplifie la fréquence SDS.



Et en agissant basé sur les indices subtils dans son environnement, y compris son propre corps, sa capacité de VOIR grandit aussi. Et quand sa capacité de voir augmente, il est mieux capable de faire des choix basés sur l'observation de l'invisible qui agit d'une façon avantageuse pour toute la polarité SDA. Plus le Chaman exerce le Libre arbitre et assure la Liberté de Volonté des autres, plus l'énergie de Libre arbitre devient disponible à la planète entière. Et cela a une implication énorme : plus le Libre arbitre est disponible, plus la domination SDS DIMINUERA NATURELLEMENT ! Moins de gens sont "disponibles" pour l'alimentation, moins l'orientation SDS peut grandir!



Le Chaman est un "spécialiste dans le sacré." Ils sont capables de "voir" l'esprit, de monter dans le ciel et de rencontrer les dieux, descendre au Monde souterrain et se battre avec les démons, la maladie et la mort. Le rôle essentiel du chaman dans la défense de l'intégrité psychique de la communauté dépend par dessus tout de sa capacité de VOIR ce qui est caché et invisible au reste et de rapporter une information directe et FIABLE des mondes surnaturels.



Ainsi, peut-être avons nous une certaine meilleure idée de la fonction du Chevalier-chaman ... les Anoblis : les Incarnations des Centres d'archétype/pensée de Persée, le héros qui coupa le tête de la Gorgone, qui libéra l'esprit des limitations, celles d'une Vibration de Résonance de Fréquence particulière de force et de pureté suffisantes pour être capable de créer un pont entre l'homme et les dieux, ouvrir les embrasures du temps.


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et ceci pour rappel:
"La Sophia perennis, c'est connaître la Vérité totale
et, par voie de conséquence, vouloir le Bien
et aimer la Beauté ; et cela conformément à cette Vérité, donc en pleine connaissance de cause."
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Dernière édition par AMBRE le Mer 05 Mar 2014, 10:49, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Chaman!   Dim 21 Oct 2007, 22:49

MÉDECINES CHAMANIQUES








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0">Souffle de l’esprit, alliance avec
la nature, globalité de l’univers,
voici que reviennent à la mode des pensées que le
XXème siècle avait
oubliées. Véritable pirouette des Temps Modernes, cette
autre façon de
percevoir le monde resurgit presque par surprise des entrailles
mêmes
de l’humanité. A vrai dire, elle fut pendant des
millénaires la voie
spirituelle et instinctive de l’humanité, avant d’être
étudiée, non sans
une certaine condescendance par l’Homme Blanc, sous le terme
générique
de chamanisme. A la fois ancêtre des "grandes"
religions et technique
archaïque de guérison, on se précipitait à
son chevet pour en
recueillir ses ultimes soupirs. Contre toute attente, le chamanisme est
resté bien vivant... il s’est adapté aux nouvelles
contraintes en
prenant de multiples formes dites néochamaniques, il se propose
même
aujourd’hui de pénétrer la modernité
jusqu’à la réformer.








Définir le chamanisme est
certainement une entreprise des plus délicates tant la
diversité de ses formes d’expression est immense. Le terme
même de chamanisme faisant référence à une
doctrine ou un culte établi est d’ailleurs fort mal
adapté pour tenter de le cerner. Il serait plus opportun de
parler de chamanismes au pluriel afin d’insister sur ses multiples
facettes et interprétations du monde, voire de chamanité
pour mieux traduire cet état d’esprit si particulier qui forge
toutes les cultures dites primitives et qui probablement a pris
naissance dés l’apparition des premiers hommes sur Terre.

Des chamans de Sibérie (saman en langue Toungouse) aux
hommes-médecine des Amériques en passant par les
sorciers-guérisseur d’Australie ou d’Afrique sans oublier nos
druides, chaque continent a vu surgir une infinité de versions
du sacré, chacune d’entre elles s’illustrant par une pratique
spécifique fondue dans une culture, une géographie, un
climat, un mode de vie. Aussi différentes que puissent
être ces visions du sacré, une idée centrale forge
leur unité : hors de portée de nos cinq sens, la nature
possède en son sein des « forces » actives sur la
vie ordinaire. Appelées esprits ou flèches magiques,
elles peuvent être perçues de tous, mais seul le chaman
grâce à un apprentissage particulier parvient à les
atteindre et les manipuler. En d’autres termes, le point de rencontre
des mille versions du chamanisme réside dans une certaine forme
de sacralisation de la nature, ce qui précisément le rend
attrayant en ces temps d’écologisme.



Perception culturelle du monde et chamanisme



Le chamanisme ne peut cependant pas se réduire à une
simple vénération des forces cachées de la nature
car il se veut avant tout une manière d’envisager le monde et
d’interagir avec lui. Plus qu’une voie spirituelle quelque peu
abstraite, il est un modèle de vie cherchant à mettre en
pratique au quotidien l’alliance avec l’univers, une sorte de fusion
totale qui conduit à des notions de temps et d’espace bien
différentes de celles aujourd’hui couramment admises.

La pensée sauvage refuse notamment l’idée d’un monde
extérieur, indépendant et hostile à la survie de
l’individu. Elle se fonde au contraire sur un principe simple, traduit
ici en termes occidentaux : l’univers contient l’homme et l’homme
renferme l’univers. Abolissant toute idée de lutte, l’être
humain n’est pas seulement dans la nature, il est la Nature. On a trop
souvent voulu réduire cette position à une sorte de
soumission de l’être humain aux forces de la nature. Or, il n’en
est rien. Car à l’instar de la notion de «
Terre-Mère » chère à tous les
Amérindiens, c’est bien de complicité ou de connivence
dont il faut parler. Ainsi à titre d’exemple, la foudre qui
s’abat tout près du village n’est pas perçue comme un
déferlement des puissances hostiles, mais sera
interprété sous la forme d’un message adressé aux
hommes, lesquels en sont peut-être la cause par leurs actes
récents. De même, l’ours, le loup, l’anaconda ou le
jaguar, animaux capables d’attaquer l’homme dans certaines
circonstances, sont systématiquement considérés
comme nos proches ancêtres avec la volonté évidente
de forger une alliance avec eux plutôt que de verser dans une
peur irrationnelle. Ici, les légendes ne racontent pas le monde,
elles sont littéralement investies du pouvoir de créer la
réalité, une réalité mouvante de par le
mode de transmission oral, mais une réalité à la
mesure des hommes et que les anthropologues ont appelée
cosmovision.

Sans cesse à l’écoute des forces qui meuvent la nature,
le sauvage entretient ce lien magique qui le relie à l’univers
entier. Cette vision le transcende, il n’est plus seul mais en
communion avec le « Grand Tout », une sorte de confident
mystique de l’univers. Humble particule d’une fresque grandiose, il a
su cultiver une certaine conception de la solidarité aujourd’hui
inconnue en Occident : les hommes étant reliés entre eux
et avec leur environnement, toute modification d’attitude de l’un d’eux
ou événement naturel influencera leur propre vie. En
terre sauvage, il y a comme de la prudence ou de la précaution
à ne pas gêner l’équilibre du Grand Tout et un
souci constant de se fondre avec celui-ci comme pour mieux profiter de
son étonnante dynamique.

La pensée sauvage refuse aussi l’idée d’un temps
linéaire déroulant son intraitable empreinte sur
l’espace. Aux antipodes de cette conception, les peuples de la nature
affectionnent dilater l’instant présent au point d’en oublier
leur passé et de ne rien attendre du futur. Par exemple, pour
beaucoup d’entre eux, le premier homme est né tout au plus deux
ou trois générations avant les derniers aïeux qu’ils
ont connus. Etouffer la marche du temps, c’est en quelque sorte rendre
à l’espace son entière puissance. On parvient alors
à saisir toutes les forces de l’univers concentrées en un
seul instant dilaté et omnipotent. Celles-ci dansent une
sarabande éternelle et l’homme pris dans son tourbillon se doit
d’interagir avec elles pour maintenir le miracle de sa vie. Sauver sa
vie n’est pourtant pas le sentiment qui s’en dégage. On pourrait
presque dire qu’il faut savoir donner sa vie pour qu’elle existe
vraiment. Aussi, il n’est pas étonnant de constater que pour
tous ces peuples, le prestige et les valeurs morales ont plus
d’importance que les aspects matériels. Conséquence
incontournable de cette disposition d’esprit, la vie et la mort se
côtoient en permanence. L’une et l’autre sont à l’oeuvre
en même temps et rien ne servirait à repousser l’une au
profit de l’autre, telle la surprenante attitude des peuples premiers
pour qui la notion de survie est en elle-même inconcevable.

Le chamanisme est à n’en point douter l’héritier
légitime de cette façon ancestrale de penser le monde. Il
se propose de plonger au delà de nos sens à la recherche
de cette autre partie du monde qui nous échappe. Voyages
hallucinatoires, transes extatiques, envoûtements, c’est dans une
sorte de « réalité profonde » que se meuvent
les chamans. Mais leurs efforts seraient vains, si tout un peuple
derrière eux ne se sentait pas concerné. En terre
sauvage, il est du ressort de chaque homme, de chaque femme d’aller
à la rencontre des signes annonciateurs du monde total. Plus
qu’un devoir, cela est devenu le sens de leur vie comme de leur mort.
Car cette réalité-là est perçue comme le
cadre élargi de la vie, la véritable dimension dans
laquelle il faut agir pour orienter le modeste destin de chacun.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Dim 21 Oct 2007, 22:52

L’acte thérapeutique des chamans



Alliance des hommes avec la nature, alliance des hommes entre eux, la
voie spirituelle des chamans, de par son caractère
profondément holistique s’exprime tout autant si ce n’est plus,
au sein d’une troisième alliance essentielle, celle de l’esprit
et de l’âme avec le corps. Car si le chamanisme s’emploie
à insérer l’homme dans son milieu puis à cimenter
le lien social, il ne s’exprime pleinement que dans un secteur touchant
l’individu au plus profond de son être : la santé. Ainsi
et on l’oublie souvent, les chamans sont des guérisseurs avant
même d’être des hommes porteurs de la « bonne parole
».

Le concept chamanique de la maladie se retrouve pratiquement à
l’identique chez tous les peuples de la nature. Il est d’ailleurs une
étonnante synthèse de leur spiritualité : un corps
tombe malade lorsque les relations qu’il entretient avec l’esprit (ou
l’âme), les autres hommes et/ou l’univers relèvent d’un
déséquilibre. Autrement dit, la maladie survient lorsque
les actes d’un homme sont en désaccord avec ses sentiments ou
ses pensées, ou bien lorsqu’il rompt l’harmonie des relations
avec ses semblables ou encore lorsqu’il déroge à
l’équilibre des forces de l’univers. Dans tous les cas, il
s’agit toujours d’un « défaut » dans l’interaction
avec le monde environnant, ce que précisément un chaman
peut corriger grâce à sa capacité d’agir sur les
forces du monde.

Autre fait important, la maladie est perçue comme fulgurante.
Ainsi dans le monde total, un petit désordre organique peut
conduire à la mort à tout instant. Et de
façon réciproque, la guérison ne peut être
qu’instantanée et complète. Lorsqu’une maladie se
prolonge ou bien disparaît puis réapparaît, le
patient sera persuadé que la véritable cause de son
affection est restée hors de portée du guérisseur,
il cherchera d’autres voies, d’autres chamans plus puissants.

La plupart des ethnies reconnaissent aussi deux grands types
d’affections, d’une part celles causées par un envoûtement
au sens large du terme et d’autre part celles issues d’un
désordre purement physique. De manière simplifiée,
les désordres intérieurs sont soignés en
première intention par des plantes médicinales sachant
qu’à travers elles, c’est le souffle guérisseur de
l’univers qui est considéré comme l’agent
thérapeutique. L’énergie de la plante remonte à la
source du déséquilibre et efface sa trace dans le corps.
Lorsque les plantes ne parviennent pas à guérir le
patient, celui-ci en conclura tout naturellement qu’il a
été ensorcelé, ou en d’autres termes que son
âme est touchée et ceci indépendamment des
symptômes qui sont pourtant restés les mêmes. C’est
là qu’entre en jeu le chaman.



L’art du chaman-guérisseur repose essentiellement sur des
techniques d’altération de la conscience permettant d’atteindre
ce que l’on appelle des états modifiés de conscience
(EMC). La transe extatique obtenue à l’aide de danses, de sons
et de litanies est le mode le plus répandu dans le Grand Nord
(Sibérie, Amérique du Nord) tandis que les plantes
hallucinogènes sont surtout utilisées par les peuples des
pays chauds. Dans les deux cas, la conscience du guérisseur
parce qu’elle est amenée à un état
différent, deviendrait « réceptrice » des
forces cachées de l’univers ce qui lui permettrait d’interagir
avec elles. Un tel résultat ne s’obtient qu’après des
années d’enseignements et de travail sur soi. Même si en
théorie toute personne peut approcher cet état, certaines
semblent plus douées que d’autres. Selon les cultures, elles
auraient reçu de leurs proches cette fameuse disposition soit de
manière héréditaire, soit au contact d’un vieux
chaman sur le point de mourir, soit lors d’un événement
particulier de leur vie aux frontières de la mort. Partout les
chamans insistent sur leur initiation, ils parlent volontiers à
son sujet d’une « petite mort », une expérience
baignée de souffrance qui les a radicalement transformés.
Leur vision du monde a changé ; ils se sont alliés
à des esprits auxiliaires qu’ils retrouvent
régulièrement pour mieux poursuivre leur quête dans
ce que certains ethnologues appellent « la réalité
cachée » et d’autres « le monde-autre ». La
bataille des mots est d’ailleurs loin d’être innocente. Car si le
premier terme recueille en général la faveur de ceux qui
ont expérimenté les EMC, le second convient mieux
à ceux qui s’en... méfient. Elle trahit surtout deux
interprétations opposées du chamanisme : l’une soutenant
qu’il existe une « autre dimension » de l’univers
accessible à l’homme sous certaines conditions et l’autre
réduisant le chaman a un excellent psychothérapeute,
voyageur émérite de l’imaginaire culturel.



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ceci étant
précisé, la guérison chamanique
repose chez tous les peuples de la nature sur un principe identique :
le chaman est considéré comme étant en
capacité d’agir dans le monde non-ordinaire lequel est
plutôt perçu comme contigu, omniprésent,
pénétrant et englobant tout à la fois. Par la
force de ses pouvoirs et de ses connaissances, il entre dans un combat
visant à rétablir un équilibre
précédemment rompu. Chez les Sibériens, les
chamans parlent plus volontiers d’aller récupérer
l’âme perdue ou volée du patient. En Amazonie, le corps vu
en transparence trahit une zone obscure, le chaman aspire par la bouche
l’énergie néfaste qui s’y est nichée
(flèche), il doit ensuite la neutraliser avant de la rejeter
dans l’univers. Cette opération n’est jamais sans danger pour le
guérisseur, car l’énergie aspirée peut
parfaitement se retourner contre lui. Elle rappelle en permanence au
chaman qu’il n’est rien d’autre que le modeste gardien du secret de la
guérison. S’il venait à se prendre pour un individu tout
puissant, un prêtre, un chef, alors l’univers saurait lui
rappeler en un seul souffle quelle est sa juste place...

Guérisons instantanées, lésions se refermant
à la vitesse de l’esprit, les chamans aux limites de leur
alliance avec l’univers parviennent à réaliser des
miracles, mais doivent aussi parfois renoncer, lorsque la mort
s’approche de trop près. Endossant alors leur rôle de
guide spirituel, c’est de nouveau avec les vivants qu’ils
s’apprêtent à travailler pour leur faire accepter la mort
d’un proche. Car il faut maintenant se préparer à aider
le futur défunt à quitter son enveloppe charnelle. Corps
et esprit changent juste d’état et se remettent en jeu dans le
grand cycle de la nature. Quoi de plus naturel pour des hommes et
des femmes qui ont appris dés leur naissance que la vie n’est
pas un combat mais un don. Autant ils ont su se donner à la vie
sans calcul, ni retenue, en vivant l’instant présent, autant ils
sauront se donner à la mort pour que la fête
éternelle du monde continue.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Dim 21 Oct 2007, 22:58

Comprendre le chamanisme



Le chamanisme, décliné sous des milliers de formes
différentes, n’est ni une médecine à part
entière, ni une religion en elle-même, il est en fait le
mélange inextricable des deux. Voie spirituelle qui enseigne
à l’individu comment se fondre avec l’univers entier, il est
avant tout une façon de percevoir, de pratiquer et même de
créer le monde dans l’alliance tout en cultivant la
diversité. « L’unité dans la diversité
» telle pourrait être sa devise.

Ses racines s’ancrent au plus profond de la perception du monde des
premiers peuples nomades chasseurs-cueilleurs. Sans aucun écrit,
celles-ci se sont perpétuées pendant des
millénaires jusqu’à nos jours par la puissance vivante du
verbe. Un peu comme si l’histoire et le progrès n’existaient
pas... Autant dire que lorsque l’on tente de pratiquer le chamanisme,
ce dernier nous interpelle sur ce que nous avons gardé de
sauvage en nous... Sauvage, bien sûr, dans le sens de sylvicole,
habitant des forêts et habité par la nature...

Il reste que l’analyse froide et extérieure des Occidentaux nous
propose une autre version du chamanisme. Présenté sous la
forme d’une simple solution utilitariste visant à vivre en
société, à se soigner et à satisfaire les
besoins essentiels de l’homme, il ne serait alors qu’une
première et grossière tentative de s’approprier le monde.
Les chamans avaient à faire face à l’urgence ; ils
devaient sauver la communauté de la famine en faisant en sorte
que le gibier s’offre au chasseur ; ils devaient expliquer et justifier
la souffrance, l’injustice, les intempéries, la mort ; ils
devaient aussi soulager les malades et résoudre les conflits du
clan. Tout à la fois prêtres, sociothérapeutes,
médecins, devins, conseillers de guerre et sages, ils ne
seraient que l’état indifférencié de ce que nous
avons su décortiquer.

La différence immense entre ces deux versions illustre le
gouffre qui sépare la pensée des peuples de la nature de
celle des « civilisés ». Après avoir
considéré les chamans comme une incarnation du diable,
puis comme des charlatans, voire des psychopathes, la version la plus
reconnue en ethnologie semble engluée dans notre propre
conception linéaire du temps et de l’évolution du vivant,
un vivant qui à notre image serait en guerre contre l’univers
entier... Certains anthropologues d’avant-garde, anglo-saxons pour la
plupart, ont alors sauté le pas ; ils cherchent dans la physique
quantique, de nouvelles pistes de compréhension, ce qui nous
montre à quel point les chamans restent des êtres…
insaisissables !



L’avenir du chamanisme



Face aux contraintes grandissantes du monde moderne, le chamanisme dans
sa conception originelle semble n’avoir aucune chance de se maintenir.
Les peuples autochtones qui le pratiquent encore sont en pleine
déliquescence. Leur mode de vie est sur le point de
disparaître et leur culture ne pourra se maintenir que de
manière parcellaire sur de minuscules territoires de plus en
plus convoités par l’économie mondiale. Personne ne
parierait donc une flèche magique sur son avenir, d’autant que
le chamanisme apparaît comme un tout indivisible. Et pourtant…

Fort curieusement en effet, le chamanisme résiste mieux que les
traditions. A la manière des rebouteux et autres
magnétiseurs qui en Europe continuent de survivre dans la
discrétion, les chamans réussissent à s’accommoder
de la pollution des villes... Ils profitent de l’élan
écologiste et même mondialiste pour
réapparaître ici ou là sous des formes
syncrétiques néochamaniques tels que le New Age, le Santo
Daime ou la Native American Church. Ailleurs, dans de petites
communautés néorurales, on réinvente à
tâtons une perception du monde et des pratiques de vie identiques
à celles des chamans.

Qu’est-il donc en train de se passer ? Ultime sursaut avant
l’extinction définitive de ce que nous avons de sauvage en nous
ou bien renouveau post-moderne dans le sillage d’une écologie
spiritualiste, nul ne peut le dire. Tout au plus peut-on avancer que
contre vents et marées, l’alliance avec l’univers reste encore
une version possible pour l’humanité. Entre universalisme d’un
genre nouveau et humanisme déjà ancien, porte caution
d’un matérialisme ravageur, elle devra choisir....



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MessageSujet: Re: Chaman!   Sam 17 Nov 2007, 16:37

j ai regardé "Blueberry " hier !( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] )
que d émotions !
le début du film est un peu long mais prend tout son sens par la suite...)
celà m a fait revenir à mes premiers amours...

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voir le superbe blog de Louve Blanche!
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La beauté des arbres, la douceur d'air,
Le parfum de l'herbe me parle....
Le sommet de la montagne, le tonnerre du ciel,
Le rythme de la mer, me parle....
La fraîcheur du matin, la goutte de rosée sur la fleur, me parle...
La force du feu, le goût des saumons, la traînée du soleil me parle...
Et la vie qui ne part jamais me parle,
Et mon coeur monte....

(chef Dan)





Une tentative d’explication de la transe chamanique



Publié le : mardi 16 mars 2004 par Daniel-Philippe de Sudres


Le "chamanisme" est à la mode... Mais quel chamanisme ? Celui de gens vivant au chaud dans notre civilisation, incapables de tout "miracle", ou celui que vivaient des hommes et des femmes devant lutter contre le froid, les bêtes sauvages, les maladies, et leur méconnaissance des lois de l’univers les plongeant dans des croyances et des superstitions incertaines ? Comment les chamans - vivant dans les conditions difficiles ci-avant évoquées - parvenaient-ils à opérer leurs "miracles" ? Et si une approche nouvelle - neuropsychologique et psychosociologique - enrichissait le débat ethnologique en posant de vraies questions auxquelles serait proposée une tentative d’explication...
Dans les cultures primitives, fut reconnu chaman [1] celui qui pouvait décrire un voyage initiatique [2] vécu à la façon d’un rêve éveillé spontané [3] subdivisé en trois phases : "destruction par tortures", "mort" et "résurrection" [4]. Comparables à des examinateurs lors d’une soutenance de thèse, les chamans "certifiés" vérifiaient que ce processus, tenu secret, fut correctement exposé par le postulant, dans ses moindres détails. Si tel était le cas, s’il avait vu, senti et ressenti ce que les chamans en titre avaient eux aussi, lors de leur révélation en forme d’"appel", vu, senti et ressenti, alors il était déclaré à son tour chaman [5]. La raison pour laquelle les visions, les sensations tactiles et les sentiments éprouvés en état de transe sont identiques chez tous les chamans, vient de ce que Carl Jung décrit à la façon d’un archétype de la construction du processus de maturation de l’individu opéré à travers ses rêves. Tous les enfants rêvent de chevaliers, que ceux-ci portent l’armure des Teutoniques, des Templiers, des Hospitaliers ou celle des samouraïs, la peau d’un serpent ou d’un autre animal, ou encore d’un super-héros de bandes dessinées tel Batman. Tel est le champ morphogénétique [6] en lequel chacun va puiser, à la même source, un même savoir. Tandis que le chaman croit avoir assisté à des phénomènes se passant à l’extérieur de lui, l’observation neuropsychologique de son comportement nous permet aujourd’hui d’affirmer que tout ce qu’il "perçoit" se passe en son for intérieur, à l’instar d’un schizophrène ou d’un drogué en état halluciné. Des programmes neuronaux régulent, lors de certains chocs physiologiques et psychologiques, des mécanismes d’autodéfense qui lui font imaginer et "sentir" des "tortures" qui provoquent sa "mort", puis sa "renaissance". Tout individu subissant des chocs de cette nature vit, à l’identique, cognitivement parlant, ce processus. Ces mécanismes se manifestant notamment chez des individus particulièrement sensibles, si le premier choc a lieu tandis qu’il souffre d’une maladie accompagnée d’une fièvre induisant un état de transe quasiment immédiat, s’agissant d’une maladie ayant capacité à causer sa mort, l’"appelé" se tourne vers la religion qui lui a été enseignée, en l’occurrence le culte chamaniste... Tout individu - vous ou moi - placé dans une situation où sa vie est directement et immédiatement menacée, devient soudain capable de connaître des "visions" ; ainsi, des vieillards qui sentent leur fin toute proche, prédisent parfois des faits qui se réalisent effectivement par la suite.

La dissociation, survenant entre certaines régions du cerveau lors de telles transes, renforce [7] celles-ci : celui - ou celle - qui est appelé à devenir chaman lors de sa révélation, son "appel", prend peur car il va quitter le monde rassurant des gens simples pour pénétrer celui, terrifiant, de ce qu’il croit être des esprits de démons ou de défunts. En fait, de même qu’un repas trop copieux provoque parfois des cauchemars, la désactivation d’aires cérébrales liées à la connaissance momentanée de sa réalité corporelle, parallèle à l’activation d’autres régions du cerveau qui, elles, sont liées au traitement des probabilités - tout ceci étant amplifié et accéléré par le contexte de peur que nous venons d’évoquer - produit, chez le chaman, la transe chamanique se manifestant alors dans toute sa complexité.

A cet état de conscience momentanément modifié, à l’instar de ceux qui accompagnent des phénomènes de poltergeist [8], s’adjoignent, lors de la sortie de transe, des "visions" qui se révéleront justes dans les jours suivants, voire des phénomènes de guérison "miraculeuse" par imposition des mains et autres faits "mystérieux". Tandis que chez la plupart des chamans, la maladie, la dépression nerveuse ou la crainte une fois dépassée les dons de clairvoyance, de guérison et autres faits suprasensoriels qui ont suivi leur "appel", s’amenuisent, voire disparaissent, ne laissant place qu’à des individus rusés et cupides qui utiliseront leur titre et leur charge de façon intéressée, - chez quelques uns ces dons s’amplifient. Cette amplification résulte de deux causes. L’une est intrinsèque au chaman, observé en tant qu’être humain considéré sous son angle neurobiologique : en état de transe, des connexions neuronales - ou neuroconnexions - non activées lors des états de conscience ordinaires (sommeil léger, profond ou paradoxal, veille plus ou moins active) le sont, momentanément, jusqu’à épuisement de l’énergie [9] chez le pratiquant. L’autre cause de cette amplification est extérieure au chaman : il s’agit, dans le cadre des phénomènes psychobiologiques ici évoqués, de la recherche d’appropriation d’un modèle, par la foule. En effet, lorsqu’un groupe d’individus se constitue autour d’un leader, chaque membre dudit groupe perd, pour ainsi dire, les attributs de son individualité en s’identifiant au meneur [10]. Paradoxalement, de par ce transfert affectif de l’individualité du meneur dans celle propre à chacun de ses suiveurs, ceux-ci produisent un champ énergétique et informatique [11] inversement proportionnel dans son double rapport à l’énergie les animant et à l’information les reliant. En effet, clarifions ainsi cette notion systémique spécifique à cette relation meneur-suiveurs : plus les suiveurs s’identifient au meneur du groupe et plus ils perdent leur capacité à décider par eux-mêmes de ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire, se déresponsabilisant du fait de décider en lui laissant, via une "information" dictatoriale, la paternité des objectifs du groupe. En échange de cette perte de soi décisionnelle, ils gagnent de l’énergie alors dévolue à leur vie quotidienne, à l’instar, si la comparaison nous est permise, des abeilles ouvrières que la nature prive des organes de reproduction - seuls émergeant chez la mère pondeuse ou "reine" - afin de leur permettre de développer leurs organes de chasse (odorat, vue, mécanismes moteur du vol).

D’un point de vue purement fonctionnel, pour qu’un individu trouve l’énergie nécessaire à une attention toujours éveillée, portée simultanément sur soi et sur les autres, il lui faut - littéralement - absorber l’énergie d’autrui. Une telle prouesse est réalisable au moyen d’échanges formels ou informels passant par des transferts répétitifs d’informations de nature affective ; ce mode de communication étant lui-même porteur d’une intensité énergétique variable selon les individus, les circonstances de l’interaction reliant ceux-ci entre eux et leur degré d’identification au leader.

Chaque être humain développe environ cent watts d’énergie due à ses échanges nerveux intrinsèques, à son rapport physique à son environnement (électricité statique, accrochages de particules...) et, bien sûr, au processus de digestion propre à la machine biologique que nous sommes (combustion de glucose, entre autres sucres, alimentant tant nos muscles que nos neurones). D’ordinaire, nous dispersons notre énergie en pensées inutiles, craintes futiles, considérations affectives, etc., ou en toutes sortes de mouvements (des doigts, des mains, des jambes ou de la langue) automatiques, inconscients. L’affection, voire la passion que les autres nous portent, ouvre des portes hormonales en tournant des clés neuronales [12] qui nous permettent de décupler l’usage de notre énergie, simplement parce qu’au lieu de la disperser, notre énergie, en sa totalité, est polariser en vue de répondre à la demande formulée par nos admirateurs : ainsi, plus un leader est sollicité et plus ils se sent énergétiquement transporté par "sa" foule. Concomitamment, plus celle-ci l’affectionne et plus elle le place dans un état de conscience modifié qui se renforce, au fil du temps, par une forme de transe permanente le portant à dépasser le comportement énergétiquement habituel d’un être humain "normal" ; dans ce cadre de recherche, l’observateur spécialisé, s’il est suffisamment attentif, notera une corrélation manifeste entre des adolescents produisant étrangement des phénomènes "paranormaux" [13] tels que des poltergeists, et des schizophrènes dont on a pu observer que leur état psychopathologique apparaît lorsqu’ils sont dans leur milieu familial, cet état cessant d’être lorsqu’ils en sont retiré : à l’évidence de telles observations, les émotions et, plus finement, la charge affective que plusieurs individus développent quant à un individu spécifique aurait des incidences directes quant à sa relation aux objets, aux êtres et aux événements constituant sa vie, sa "destinée". Ainsi, plus notre leader se sent dynamisé par l’excès d’énergie acquis lors de son "rapport" - au sens ericksonnien, il s’entend "hypnotique", du terme - à la foule de ses fidèles, et plus il éprouve mécaniquement le besoin d’augmenter, pour la stabiliser, cette énergie. A cette fin, il éprouve irrésistiblement le besoin d’accroître le nombre de ses supporters tout en répondant de plus en plus intensément à leurs exigences, toujours en vue d’être aimé, admiré et adulé par eux. Enfin, dernier effet rétroactif de cette partie de tennis psycho-énergétique : plus il génère d’efforts en vue de se surpasser, plus le leader tend à produire des phénomènes hors du commun qualifiables de "mystérieux", "paranormaux", répondant aux demandes de la foule. Ce processus qui tient de la magie et du mysticisme atteint ses limites lorsque la foule vient à manquer en quantité d’individus ou en motivation, d’où son aspect dangereusement totalitaire. Il atteint ses limites lorsque le meneur, jouant de fait un rôle de catalyseur, se découvre incapable d’aborder l’énergie affective transmise par son public, il s’entend : quand il devient inapte à concentrer toute son énergie vers son but [14]. Il les atteint encore lorsque le meneur se découvre incapable d’utiliser toute son énergie dans le but d’activer ses ressources personnelles, lesquelles diminuent brusquement, notamment après un échec ou parce qu’il vieillit.

Le rapport double entretenu avec le public (le leader "énergisant" son public qui le "nourrit" en retour, et vice versa) produit une tension énergétique quasiment permanente, donnant au chaman le sentiment non plus de remplir une simple fonction sociale, mais d’accomplir une mission sacerdotale de la nature d’une vocation d’intérêt cosmologique et ontologique. Ainsi le chaman - pour en revenir concrètement à l’objet de notre étude - se sent transporté par la foule qui l’admire et lui prête des pouvoirs que, seul, il ne possède qu’à l’état latent, à l’instar de chacun d’entre nous tels que nous sommes dans notre état "naturel", hors de toute initiation, apprentissage ou formation spécifique. Dès lors, les "pouvoirs" dont est mythologiquement doté le chaman, deviennent réels. Ils peuvent même être exacerbés jusqu’à des niveaux de fonctionnement insoupçonnés du commun des mortels. En l’occurrence, certains - et certaines - chamans sont réputé(e)s pour avoir "vu" des tumeurs, par exemple, à travers le ventre de leurs patients, et les avoir ensuite incisées, non sans avoir placé leurs malades dans un état de transe inhibiteur de la douleur et rapprochant ces derniers de l’hystérie, état induit par la présence, tout autour due ces patients, d’autres chamans opérant un rituel comportant des chants et des jeux de percussions. [15]

Lors de telles manifestations, les spectateurs furent toujours impressionnés par la vitesse à laquelle la plaie se refermait "mystérieusement". Cependant, si la totalité du fibrinogène [16] contenu dans un corps humain était concentrée dans un lieu du corps, unique, cette substance restructurante transporteuse de fibrine pourrait aisément cicatriser un trou béant de la taille d’un doigt, en moins de cinq heures. Toutefois, notre incapacité à produire pareil "miracle" ne provient pas de notre ignorance biomédicale, elle résulte d’abord de notre inaptitude à comprendre et, avant tout, admettre - il s’entend : à postuler, voire à "croire" - que ceci est physiologiquement possible. Cette incapacité est due, ensuite et surtout, à notre inaptitude (si nous ne produisons pas un effort réel en ce sens) à nous concentrer suffisamment durant ces quelques heures, en oubliant nos peurs, nos inquiétudes métaphysiques, notre douleur physique et toutes les pensées qui nous traversent à propos de Pier, Pol ou Jack, pour ne plus avoir en soi qu’un objectif unique, quasiment obsessionnel : visualiser et se représenter de façon sensible la fermeture de la plaie - via des films d’images mentales - en accélérant puis décélérant notre rythme respiratoire. [17] Dans leur infiniment grande sagesse, les peuples primitifs l’ayant compris ou su intuitivement, inventèrent la charge de ces prêtres sorciers, à la fois philosophes, médecins et magiciens, que furent les chamans.

Article [18] rédigé par Daniel-Philippe de Sudres [19]

Source documentaire : l’ouvrage de référence D-P Sudres (de) , Le sens des mystères, Apolline, Paris, 2000.
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voir aussi pour rappel
Des voyages de l'âme et autres termes cités
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MessageSujet: Le Voyage Sacré Amérindien   Lun 07 Jan 2008, 11:51

Le Voyage Sacré Amérindien

Don Marcelino, interview par Charles Antoni



La retraite amérindienne est une invitation au respect de la vie. Du jour où l'on comprend que l'on est mortel, alors on a tout compris de la vie. On ne se berce plus d'illusions, on ne fait plus appel à des compensations. On sait qu'à la mort on laissera sur terre tout ce que l'on a acquis, que l'argent ne nous sera d'aucun secours pour le grand voyage. Alors on apprend à vivre l'essentiel, à être heureux dans ce temps de vie qui nous est accordé.




Le Voyage Sacré Amérindien
Editions L'Originel


C.A. : Don Marcelino, qu'est-ce que le Voyage Sacré ?


D.M. : C'est un contact vivant avec le monde parallèle. Il n'existe pas de technique pour "décoller". Le chant, la danse, la musique, celle du tambour par exemple, ou le silence, peuvent aider. Mais ce qui est indispensable, c'est la présence d'un guide qui reçoit et transmet cette énergie venue de l'autre réalité. Alors le niveau vibratoire de la personne prétendante au voyage s'élève. L'entrée est permise ou non par les êtres de l'autre monde. Elle ne dépend pas de nous, de notre volonté, de notre niveau intellectuel…


Une telle expérience ne peut être vécue par des gens motivés par une curiosité malsaine ou par les retrouvailles avec un être cher- un père ou une mère décédée- ou par la recherche de ses vies antérieures. La tradition amérindienne n'envisage pas la réincarnation.


Cette expérience est également interdite aux personnes mal dans leur peau, perdues, désincarnées, épileptiques, et en particulier à celles qui ont pris des drogues. Ces dernières subiraient une ouverture de l'esprit trop brutale, les confrontant à de très belles visions mais aussi à des monstres créés par leur imagination. Certains se sentiraient mourir.


Cette expérience permet d'accéder à un autre plan, une autre conscience. Le voyage se déroule sur une trentaine de minutes, sans drogue. Il est totalement paisible et chacun revient à lui tranquillement. Il ne provoque pas une sortie du corps, contrairement aux phénomènes rencontrés lors d'anesthésies ou d'opérations. Dans ces derniers cas, le patient se promène, on ne sait où et le retour dans son corps est très violent.


Chaque participant est invité à écrire aussitôt ce qu'il a vu, entendu et à le partager avec les autres lors d'une retraite ou bien de le raconter à son guide. En effet, très vite la mémoire se referme et tout s'efface.


Beaucoup voient leurs parents décédés, des ancêtres ou des guides liés à leur tradition spirituelle, Jésus, Mahomet… Très souvent ils oublient de leur poser des questions, des questions précises. Ces êtres, pourtant sont là pour les aider, pour veiller sur eux, pour leur indiquer leur mission personnelle sur terre.


C.A. : A qui s'adresse votre livre, Don Marcelino ?


D.M. : En guise de réponse, je vais vous raconter une histoire.


Lors de notre premier rendez-vous, un thérapeute belge m'a interpellé ainsi :


"- Je voudrais être initié. Je suis là pour un an, et je souhaiterais que vous m'initiiez à la médecine amérindienne.


Très surpris par une telle requête, je l'ai regardé et lui ai posé une seule question :


- Êtes-vous prêt à mourir ?


- Non évidemment, m'a-t-il répondu, interloqué.


- Dans une première étape, l'initiation, vous savez, c'est une mort à toutes vos certitudes, à votre personnage, à votre masque social, à votre petite personne qui sait tout, qui connaît tout, qui demande d'être reconnu, admiré, apprécié. S'exiler de son propre pays est parfois nécessaire, et devenir un étranger c'est vivre la mort de ses illusions et n'avoir comme compagnie que le silence et la solitude. L'initiation exige d'être un homme sans histoire. Vous sentez qu'il n'y a plus de repères. Par ce travail, vous commencez à toucher des réalités inconnues. Au cours de cette étape, la tentation de tout abandonner est très présente.


Dans une deuxième étape, l'initiation est une mort à la recherche du pouvoir : ne pas vouloir créer d'écoles spirituelles pour y donner son enseignement ou se préoccuper de la construction d'un ashram ; ne pas vouloir être reconnu à tout prix ; ne pas vouloir accumuler de l'argent. L'initiation consiste à se faire oublier pour avoir la porte ouverte à son Essence et comprendre ainsi qu'il n'y a rien à perdre parce qu'il y a l'éternité. Et puis, une année ce n'est rien. Vous êtes jeune, trente cinq ans. Un médecin amérindien commence réellement à approfondir sa pratique à partir de soixante ans, à maîtriser son savoir à partir de soixante quinze ans. Plus il vieillit, plus il approfondit ses connaissances. Et si l'on veut parler en termes de niveau, le premier niveau dure sept ans, le deuxième sept ans et ainsi de suite.


La troisième étape est la rencontre avec l'humilité qu'il ne faut pas confondre avec l'humiliation. Nous prenons conscience qu'il existe sur Terre et dans le Cosmos des forces qui nous dépassent. Nous ne pouvons expliquer l'inexplicable. Nous comprenons que nous sommes reliés à tous les règnes de la nature, aux humains, à la Terre, au Cosmos et aussi aux autres mondes parallèles que nous pouvons contacter si le ciel le permet.


La quatrième étape est la rupture avec la normalité d'une société malade. Elle est la rencontre avec notre mort. La conscience aiguë que nous devons mourir et laisser tout ici, est un détachement mais en même temps un attachement à chaque instant de la vie.


En entendant ces paroles, l'homme se leva et prit congé.


- C'est trop long, dit-il, et je ne veux pas mourir."


C.A. : Don Marcelino, comment avez-vous été initié à la médecine amérindienne ?


D.M. : La première voie de l'initiation est la délégation. C'est la voie la plus commune. Le pouvoir de guérir se transmet de père en fils. Il est vrai que tous les êtres humains ont ce pouvoir mais bien souvent le père choisit son fils pour lui transmettre ses secrets. C'est ainsi que je le fus par mon père.


Je me souviens d'un jour, au cours de ma vie d'adulte, où il me fut proposé de parler de la médecine amérindienne lors d'une conférence sur l'ethnomédecine organisée par un médecin. Celui-ci désirait connaître mes références.


- Quel est votre cursus universitaire, Don Marcelino ?


- Je n'ai aucun diplôme et vous ne trouverez aucun diplômé de médecine amérindienne.


Cette question me fit beaucoup rire. Bien évidemment, aucune université, aucun examen des corps défunts n'enseigne cette médecine. Dépité, le médecin occidental décida de ne pas m'inviter à sa conférence.


La seconde voie est la révélation. C'est généralement très étrange, c'est un appel qui vient du monde parallèle. Un être de ce monde propose à la personne de recevoir ses dons. Très souvent, ce pouvoir de réveiller les forces de guérison lui arrive soit après une grave maladie, soit après une N.D.E.


La troisième voie est la consécration. Un médecin amérindien choisit d'initier une personne qui devient alors apprenti. Il enseigne à cette personne le secret de la simplicité. Il lui apprend à manipuler l'énergie et à l'approcher avec beaucoup de respect, à travailler son corps pour réveiller la force de guérison chez ceux qui souffrent. Le médecin devient le guide spirituel de l'initié.


Autrefois, bien avant l'arrivée des Conquistadores, les Incas avaient coutume d'envoyer dans la communauté de Nazca des émissaires pour qu'ils soient initiés. Partout où ils allaient, ces initiés véhiculaient les connaissances ancestrales et œuvraient à leur maintient dans la mémoire collective.


Ces trois formes d'initiation exigent un contact spirituel avec le monde parallèle. Le contact se fait par le Voyage Sacré.


Il faut bien comprendre ceci : on ne demande pas à devenir médecin amérindien, on est choisi. Dans ma tradition, les gourous et les maîtres n'existent pas. Celui qui se prend pour un maître entre dans le pouvoir.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Lun 07 Jan 2008, 11:52

Le médecin amérindien est un homme consacré.



C.A. : Don Marcelino, pouvez-vous nous dire comment se déroule une retraite amérindienne ?


D.M. : La première étape de la retraite c'est une confession. Il s'agit de parcourir de manière rétrospective la vie du patient, en passant en revue les événements importants ou traumatisants qui la jalonnent.


Les missionnaires combattirent fermement cette forme de confession à leur arrivée en Amérique latine, croyant à tort qu'il s'agissait d'une grossière imitation de la confession chrétienne. Cette phase du processus de guérison trouve son origine deux mille ans avant JC et ne ressemble nullement à une confession des péchés. Les Indiens ne croient ni aux péchés, ni au démon. Pour eux, seul existe un esprit lumineux et bon. Quant aux péchés, si péché il y a, ils consisteraient davantage en une transgression des lois de la nature et de la communauté.


Avant d'assister à la confession de mon patient, je m'assure toujours que celui-ci ne se déplace pas pour le folklore, mais avec la ferme intention de changer et d'entamer un processus d'évolution ou de guérison. Changer implique en effet pour le patient de mourir à son personnage pour ressusciter la personne heureuse qu'il est en réalité. Ce rite de passage est douloureux. Il condamne en effet les anciennes croyances et les habitudes. La personne doit assumer son âge et renoncer à être l'enfant, l'adolescent ou l'homme ou la femme mûr(e) qu'elle fut, pour vivre pleinement la nouvelle tranche de vie qui s'offre à elle.


La confession est une phase importante du processus de guérison. C'est à ce moment-là que le médecin amérindien teste la sincérité de son patient. Veut-il vraiment guérir ? S'il est sincère, la thérapie commence. Dans le cas contraire, si le médecin constate que le patient cherche à tirer profit de sa maladie, il renonce à poursuivre la démarche.


Le processus de guérison implique un profond changement, une ouverture spirituelle et sociale le rendant apte à se prendre lui-même en charge.


En pratique, je demande au patient de me fournir une cordelette portant autant de nœuds que de fautes commises par cette personne envers la nature ou la société. Après un moment de recueillement, la cordelette est jetée au feu et l'on n'en parle plus.


Le travail se poursuit par une purification du corps. Ce rituel doit faire prendre conscience au patient que son corps est sacré et qu'il doit l'aimer.


Un massage avec des huiles essentielles, sous la protection d'une personne aimée vivant dans l'autre monde, permet d'éliminer les pollutions psychiques accumulées au cours de l'enfance, de l'adolescence, depuis le mariage, tout au long de la vie. Le corps a peut-être manqué de caresses. Le contact avec la peau sera très doux, allant jusqu'à lui rappeler les gestes d'une mère.


Une fois la purification effectuée, il s'agit de débloquer les énergies en incitant le patient à retrouver son calme. Il lui est alors conseillé de manger et de marcher lentement, de ne pas se disperser.


Pourtant très simple, cette méthode est difficile à appliquer pour des Occidentaux conditionnés dans leur vie de tous les jours par la rapidité et le stress. Guérir leur impose dès lors de se déprogrammer, de renverser les mécanismes habituels de fonctionnement.


Dernière phase de cette étape de confession : apprendre ou réapprendre à prier, quelle que soit sa croyance ou ses repères spirituels. Un athée, peut croire en la vie, en l'énergie, il leur adressera ses prières. L'essentiel est de se relier par la prière aux énergies de la Terre et du Cosmos afin de se régénérer.

C.A. : En quoi consiste une retraite spirituelle, Don Marcelino ?

D.M. : La retraite spirituelle amérindienne dure de deux à quatre jours et se limite à une vingtaine de participants. Elle est guidée par le médecin amérindien qui a travaillé son corps-esprit pour pouvoir transmettre cette énergie vibratoire qui nous vient d'une autre réalité. Cette énergie transmise va réveiller tout doucement l'énergie de chaque participant.


C.A. : Que se passe-t-il réellement lors d'une retraite amérindienne ?


D.M. : C'est un appel qui nous vient d'une autre réalité. Les personnes qui y participent, souhaitent se retrouver face à elles-mêmes et sortir de la prison dans laquelle elles se sont enfermées depuis dix, vingt, trente ans ou plus. J'entends par prison, une vie trépidante, sans repos ni plaisir, un corps stressé qui réagit comme une machine, la toute puissance du masque social et des signes extérieurs, les dépendances de toutes sortes (alcool, tabac, téléphone portable…), l'absence de silence et de solitude. Bien sûr, pour ne pas trop souffrir, la plupart des gens décorent leur prison en effectuant toutes sortes de thérapies, en participant à de nombreux stages. Ils se donnent ainsi l'illusion de faire une recherche de l'Humain, mais en réalité, ils ne changent rien à leur vie.



Or, dans une retraite amérindienne, chacun expérimente son unité avec la nature, le flux de la vie et peut réveiller son innocence perdue. Réveiller son innocence, c'est retrouver la capacité à s'émerveiller, d'entrer en contact avec tout ce qui vit. Les enfants parlent avec les pierres, les animaux, les fleurs. Ils aiment les contes, les histoires enchantées, leur monde ne se limite pas à une réalité concrète, tangible, visible. Puis vient l'âge d'aller à l'école. L'enfant peint, par exemple un arbre bleu ou rouge. Et l'institutrice ou les parents disent à l'enfant : un arbre, ce n'est ni bleu ni rouge. Et l'enfant est contraint à une certaine réalité tronquée, plate, à une rationalité rassurante, à une triste normalité. Désormais, il devra vivre uniquement sur le plan ordinaire, visible, logique et si jamais il s'aventure sur l'autre plan, dans une autre réalité, on le jugera fou, malade ou déséquilibré. On fera alors appel à des psychologues, à des psychanalystes pour le soigner.


Une retraite, selon la tradition amérindienne, permet de s'ouvrir à nouveau à cette réalité invisible mais présente, à ce plan d'amour infini où se trouvent tous les êtres qui veulent nous aider.


La nature est un environnement indispensable. Chaque participant se purifie avec la terre, l'eau, l'air ou le feu, communique avec les esprits de la nature, fait des rituels.


Chacun comprend alors que, dans le temps d'existence qui lui est imparti, il a le droit d'être heureux, qu'il est sur terre pour expérimenter les trois lois cosmiques qui sont la Paix, l'Harmonie et l'Amour.


Chacun ressent que la vie est un souffle très léger, très précieux et que l'on doit la savourer comme si c'était le dernier instant, le dernier regard, la dernière caresse.


La retraite est une invitation au respect de la vie. Du jour où l'on comprend que l'on est mortel, alors on a tout compris de la vie. On ne se berce plus d'illusions, on ne fait plus appel à des compensations. On sait qu'à la mort on laissera sur terre tout ce que l'on a acquis, que l'argent ne nous sera d'aucun secours pour le grand voyage. Alors on apprend à vivre l'essentiel, à être heureux dans ce temps de vie qui nous est accordé. On apprend à faire ce qui est bon pour soi et pour les autres. La retraite enseigne à vivre la simplicité.


La guérison consiste en l'harmonie du corps et de l'esprit. C'est le rôle du médecin d'y contribuer, en répartissant tout en douceur les énergies cosmiques qu'il maîtrise, dans le corps de son patient.


Quant à ce dernier, il devra accomplir entre les séances les actes qui lui sont prescrits, pour prouver sa volonté de changer. S'il s'abstient de le faire, le médecin arrêtera son travail sur le champ.


Contrairement à la psychanalyse, cette pratique de la guérison n'exige pas de longues années d'effort. Le corps est plein de sagesse…


Le médecin amérindien ne guérit pas, il réveille les forces d'auto-guérison du patient en lui transmettant les énergies cosmiques qu'il a préalablement modulées.



Post-scriptum : Pour aller plus loin, lire : Le Voyage Sacré Amérindien, de Don Marcelino Editions L'Originel-Charles Antoni Don Marcelino anime des retraites amérindiennes. Pour connaître les lieux et dates de ces retraites, contacter Editions L'Originel, 25 rue Saulnier, 75009, Paris. Tél. : 01 42 46 75 78.ou [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Le message prémonitoire
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MessageSujet: Chamanisme & C. Castaneda   Jeu 20 Mar 2008, 08:50




L'oeuvre de Carlos Castaneda comprend une philosophie très complexe incrustée dans le récit, et, pour une part importante, totalement inédite (argument majeur des défenseurs de l'authenticité du récit). Curieusement, elle représente une approche protéiforme du monde, qui pourrait tout aussi bien se laisser cataloguer en tant que religion, en tant que philosophie, en tant que métaphysique ou en tant qu'art de vivre. Son semblant syncrétique se désagrége à l'analyse, elle ne se réclame d'aucune religion ni philosophie existante, et pourtant, parmi les notions inédites et inconnues elle rappelle de grands principes bien connus, souvent contradictoires, qu'elle semble parvenir à conjuguer, comme par exemple un nihilisme et un élitisme très nietzschéen au semblant incompatibles avec une rédemption très chrétienne.

• Aspects nihilistes
L'univers est sans Dieu, vide, il n'est constitué que de champs d'énergie, originaire d'une unique source, métaphoriquement appelé "Aigle", dont la conscience humaine n'est qu'une infime émanation. La vie humaine n'est qu'un enrichissement de la conscience dévorée par l'aigle après la mort (voir également Saturne en mythologie grecque et les notions de théosophie "La vie est prêtée").

• Aspects de rédemption
Sous certaines conditions, très précises et parfaitement modélisables, l'homme peut échapper à son destin de voir sa conscience dévorée. Cette unique condition s'appelle "vivre en guerrier" (voir ci-après). Elle correspond à un mode de vie très rigoureux, qui consiste à accumuler une réserve énergétique suffisante pour offrir à l'aigle un placebo, le contourner et ainsi conserver sa conscience sur une durée pouvant être illimitée. Dans ce cas, le guerrier "ne meurt pas".

• Aspects gnostiques et d'élitisme
Il existe un déterminisme supérieur, nommée "Connaissance", inaccessible au commun des mortels. Cette connaissance est cachée (ésotérisme). Un "sorcier" seul peut prétendre y accéder, mais il aura été, auparavant, prédestiné comme tel. Une conscience supérieure, appelée l'Esprit, le désigne comme tel par un ou plusieurs présages. Seul un sorcier expérimenté, appelé, Nagual, peut lire ces présages et reconnaître un futur apprenti.

• Aspects de 'charité' et du désinteressement

Seul un apprenti désigné par l'Esprit peut être formé à acquérir la Connaissance. Toute autre formation est vaine, le Nagual mettrait en danger n'importe qui d'autre que le prétendant naturel, et se mettrait en danger lui-même, les énergies en jeu étant très élevées. Le Nagual est désinteressé (la rémunération n'a aucun sens), bien que cette prise en charge lui soit profitable au sens de la perfectibilité de sa voie de guerrier. Néanmoins, et toujours paradoxalement, n'importe qui peut s'engager, seul, dans la voie de guerrier, s'il est conscient de l'inconfort extrême de cette voie.

• Aspects alchimiques et hermétiques
Bien que vide, l'Univers est pourvu d'une substance neutre, impersonnelle. Elle n'a pas de volonté par elle même, mais un "sorcier" peut la polariser avec son 'intention'. Cette substance est appelée Nagual (homonyme du précédent), et va renvoyer, comme un miroir, l'image solidifiée appelée 'tonal'. Comme en alchimie, la part mâle, sulfureuse, active, va féconder la part femelle, passive, mercurielle. C'est ainsi que les 'sorciers' accomplissent ici-bas des actes prodigieux, des actes magiques.

• Aspects phénoménologiques
La base de la 'sorcellerie' est le mouvement du point d'assemblage. La constitution énérgétique de l'univers peut se décomposer en un nombre quasi-infini de filaments, ayant chacun conscience d'eux-mêmes. Le point d'assemblage permet de se connecter sur certains d'entre eux, créant ainsi notre perception du monde. La position du point d'assemblage d'un homme commun est sensiblement la même pour toute l'humanité. Un 'sorcier' peut bouger ce point pour accéder à d'autres filaments habituellement inaccesibles. Sa perception du monde change, tout en restant parfaitement réelle (pratique nommée 'stopper-le-monde'). Cet art s'appelle "l'art de traquer" ou l'art de la folie contrôlée. A l'extrême, il peut même ne plus assembler les filaments de ce monde pour assembler celle d'un autre.

• Aspects dualistes, non-dualistes et d'unité
L'oeuvre de Castaneda se distingue par une polarité Nagual-Tonal (voir définition ci-dessus). Un homme normal ne connaît que le Tonal, étant éduqué à cette perception, qui se stabilise à l'âge adulte pour devenir sa vision courante de l'Univers. Un 'Sorcier' connaît l'existence du Nagual, structure totalement indescriptible et complémentaire (parviendrait-on à la décrire, elle deviendrait Tonal, voir aussi le Taoïsme). Même indescriptible, le Nagual est un domaine expérimentalement tangible. Un 'sorcier' ne privilégiera pas l'un au détriment de l'autre, mais s'efforcera d'unifier les deux, pour atteindre 'la totalité de soi-même'. A noter que le dualisme conventionnel Bien-Mal, tout comme la moralité, n'a aucun sens chez Castaneda. Sur cet aspect l'oeuvre s'apparente bien aux récits épiques orientaux, comme le Mahabharata, pour lesquelles la notion de bien et de mal est inconnue.

• Aspects démonologiques et de possession
L'enchevêtrement des structures énergétiques de l'Univers occasionne des transferts très pénétrants. La conscience de l'homme se trouve violée en permanence par des incursions étrangères d'énergie, ressenties comme changements humoraux plus ou moins puissants, appelées 'êtres inorganiques', la plus virulente étant "l'ombre", entité obscure capable de substituer sa conscience à la nôtre, pour exacerber le pire ennemi du 'sorcier', sa propre auto-contemplation, et se nourrir de ses effets funestes. Certains sorciers parviennent à contrôler ces énergies étrangères, et en font leur 'allié'. Même si l'alliance avec les êtres inorganiques est déconseillée, la composition avec eux est incontournable, car ce sont eux qui apportent l'énergie dont nous avons besoin. Ils agissent sur un homme normal alors qu'il croira agir de sa propre volonté. Le 'sorcier', conscient de la présence furtive de l'énergie étrangère, la capte, mais conserve sa propre volonté. Ce procédé, consécration d'un "homme de connaissance", est appelé "l'ultime art de traquer".

• Aspects d'immanence et de déterminisme

Bien que l'objectif du 'sorcier' soit la liberté absolue, il n'en demeure pas moins que le travail visant à l'acquérir s'effectuera dans un ensemble de règles très précises, formant un tout homogène et cohérent appelé 'Voie du guerrier' (voir ci-après). En outre, cette voie présuppose la détermination d'un objectif, prenant impérativement en compte la Nature du guerrier, c'est-à-dire l'ensemble de ses prédispositions (on notera la forte similitude avec toute la littérature orientale antique, notamment le mahabharata, où le Dharma, la Nature d'un individu, constitue le principe fondateur). Castaneda nomme ce déterminisme "La voie du cœur".

• Aspects divinatoires

Ayant acquis la capacité à bouger son point d'assemblage, un 'sorcier' peut avoir le pouvoir de percevoir son environnement sous sa forme énérgétique. Cette perception ne se fait pas avec les yeux, mais avec le corps, qui doit être, comme condition nécessaire, sans être suffisante, en excellente santé. Cet acte s'appelle 'voir'. Par ce procédé, Don Juan arrive tout au long de la formation, à connaître l'état émotionnel de Castaneda, mais aussi les traces de son passé. 'Voir' est utilisé par les 'sorciers', par simple focalisation, pour connaître des personnes ou groupes de personnes déterminés, des étapes d'histoire, reconnaître des lieux bénéfiques ou maléfiques, ressentir le danger ou l'aspect favorable d'une situation. A la fin de son apprentissage, Castaneda va 'voir' les sorciers anciens, race totalement disparue, et va finir par les rejoindre malgré les avertissements répétés de Don Juan.

SUITE

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MessageSujet: Re: Chaman!   Jeu 27 Mar 2008, 12:23



Merci Balzac!
Bien que très controversé ,je re-découvre l "oeuvre" de Castenada avec ce que tu nous proposes là:


Citation :
L'oeuvre de Castaneda se distingue par une polarité Nagual-Tonal (voir définition ci-dessus). Un homme normal ne connaît que le Tonal, étant éduqué à cette perception, qui se stabilise à l'âge adulte pour devenir sa vision courante de l'Univers. Un 'Sorcier' connaît l'existence du Nagual, structure totalement indescriptible et complémentaire (parviendrait-on à la décrire, elle deviendrait Tonal, voir aussi le Taoïsme). Même indescriptible, le Nagual est un domaine expérimentalement tangible. Un 'sorcier' ne privilégiera pas l'un au détriment de l'autre, mais s'efforcera d'unifier les deux, pour atteindre 'la totalité de soi-même'. A noter que le dualisme conventionnel Bien-Mal, tout comme la moralité, n'a aucun sens chez Castaneda.


Texte de
Guillermo Marín Ruiz

Écrivain, journaliste, conférencier, auteur notamment de

"Para leer a Carlos Castaneda", 1995)

Traduit par Cristal




Peut-être que le plus extraordinaire dans l’oeuvre de Carlos Castaneda est de nous enseigner combien il est difficile d’arpenter les chemins compliqués de la connaissance toltèque et de la fragilité humaine. Elle nous enseigne que, bien qu’ayant pénétré sur les champs embourbés de la connaissance humaine, qui nous paraissent véritablement incroyables, les guerriers de la bataille fleurie du lignage de don Juan continuent d’être des êtres humains ordinaires.

Généralement nous idéalisons ces personnages. Nous les mystifions et les abandonnons, mais le plus important est peut-être leur condition d’être simplement des êtres humains. En effet, le plus terrifiant dans les récits de Castaneda c’est que la poignée d’intrépides et vaillants guerriers et guerrières que guidait don Juan, continuaient, jusque dans les derniers moments de leur « entraînement », d’être des personnes ordinaires, vivant dans un monde de compromis, de travail et d’obligations.

On ne peut envisager d’entrer dans le monde merveilleux du nagual si auparavant on n’a pas la maîtrise totale du monde du tonal. Don Juan, à la fin de son enseignement, dit à Castaneda qu’il l’avait toujours trompé avec « l’importance » du monde du nagual, mais que le monde du tonal était aussi important que celui du nagual. S’il ne dominait parfaitement le premier il ne pourrait jamais, même pas vaguement, aspirer à entrer dans le monde mystérieux du nagual, les deux mondes se soutenant mutuellement.

Si le guerrier de la bataille fleurie n’a pas la maîtrise des ses faiblesses, de ses déficiences, de ses vices ; s’il n’a pas trempé sa vie dans l’exercice quotidien de la discipline, de la responsabilité et de la sobriété ; si sa vie quotidienne n’est pas le reflet immaculé de son impeccabilité, tempérée et pondérée, jamais il ne pourra aspirer à devenir un apprenti de cette sagesse millénaire. S’il n’a pas une façon convenable de gagner sa vie, il sera seulement un « mort de faim » qui remplit sa tête d’un tas de fantasmes.

Dans une partie de l’oeuvre, don Juan dit à Castaneda que si une personne du peuple était un guerrier, elle ne serait pas en train de mourir dans sa triste masure. Don Juan, don Genaro et tous leurs apprentis, étaient avant tout des personnes du monde quotidien qui avaient leur vie, un travail et une responsabilité. Les guerriers ne vivent pas dans un monde de fantasmes, ils vivent dans le tourbillon quotidien du monde qui nous fait face et nous bombarde tous les jours. C’est là que se trouvent les véritables défis et pièges du guerrier.

« Les explications de don Juan furent interrompues parce qu’il dut faire un court voyage d’affaires. Nestor le conduisit en voiture à Oaxaca. Les voyants partis, je me souvins qu’au début de mon association avec don Juan je croyais, chaque fois qu’il faisait allusion à un voyage d’affaires, qu’il utilisait un euphémisme qui masquait autre chose. Je me rendis compte finalement qu’il employait l’expression à bon escient. Avant ce genre de voyage, il portait un de ses nombreux costumes trois-pièces à la coupe irréprochable et ne ressemblait plus en rien au vieil Indien que je connaissais. » Le feu du dedans

Si le nagual en personne travaillait dans le monde de la vie courante, s’il utilisait son énergie et son temps à « travailler » et gagner sa vie, cela nous enseigne que le monde quotidien est aussi important que le monde des sorciers. Bien plus que cela, le second ne peut exister sans le premier. Si l’on ne domine pas le monde immédiat, tout le reste n’est que rêves stériles ou fuite intellectuelle.

Lire Castaneda ou connaître ses textes par coeur ne nous convertit pas forcément en « guerriers ». Certains utilisent les enseignements de don Juan comme un moyen de s’évader ou d’embobiner quelques naïfs. Le fait de lire la Bible ne fait pas de nous des « Saints ».

« – Voulez-vous dire qu’il y a différents types de voyants ?
– Non. Je veux dire qu’il y a un tas d’imbéciles qui deviennent voyants. Les voyants sont des êtres humains pleins de faiblesses, ou, plus exactement, des êtres humains pleins de faiblesses sont capables de devenir des voyants. C’est tout à fait comme le cas de certains individus lamentables qui deviennent de grands savants. La caractéristique des voyants lamentables est qu’ils sont prêts à oublier la splendeur du monde. Ils se laissent submerger par le fait qu’ils voient et croient que c’est leur génie qui compte. Un voyant doit être un parangon de vertu pour surmonter la négligence presque invincible propre à notre condition humaine. Ce que les voyants font de ce qu’ils voient est plus important que voir en soi. » Le feu du dedans.

L’héritage le plus important des enseignements de don Juan, c’est qu’il nous ouvre le monde incommensurable de sagesse humaine de nos ancêtres. La richesse la plus grande est l’aspect culturel. Tout le monde ne parviendra pas à être un voyant ou un nagual, ni même à l’époque des meilleurs moments des anciens voyants. En revanche il est possible d’apprendre une manière correcte de vivre et une table efficace de valeurs et de principes. Dans ce sens, les enseignements de don Juan et l’œuvre de Castaneda représentent un formidable apport pour les personnes qui cherchent une nouvelle façon de vivre et d’interpréter le monde, face à l’effondrement de la civilisation occidentale.

La partie culturelle de la sagesse de la Toltequitude, comme l’appelle don Juan, ou Toltecáyotl comme l’appellent les historiens, est un instrument d’une grande valeur, non seulement pour posséder sa « propre technologie pour décanter l’Esprit », mais elle nous aide également à revaloriser notre passé indigène maltraité et nié, à fortifier notre Identité Culturelle affaiblie et transformer la société.

La partie suicidaire de l’affaire est de se prendre pour un guerrier dans l’imagination, et dans la réalité de se laisser entraîner dans le tourbillon quotidien du monde matériel immédiat. De fait, c’est ce qui est arrivé aux « premiers voyants » qui négligèrent le monde du tonal, tout absorbés dans le monde sophistiqué du nagual. Et un jour sont arrivés les peuples sauvages et belliqueux qui les ont réduit en bouillie.

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MessageSujet: Re: Chaman!   Jeu 27 Mar 2008, 16:24

Je rappelle également l'article concernant le chamanisme dans ma section:

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Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 28 Mar 2008, 10:58

Un voyage au cœur du shamanisme shipibo

Site officiel du film "Other Worlds" (2004) de Jan kounen


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Arthur C. Clarke





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Verrouillé par nos sens, on ne peut voir qu'une dimension de la réalité. Avec nos yeux, nous ne percevons qu'une faible partie de la réflexion du spectre de la lumière sur la matière. Il en est de même avec le reste de nos sens. J'ai toujours eu la conviction qu'il existe d'autres dimensions, que notre cerveau et notre système nerveux sont un filtre pour notre conscience.
Un filtre nécessaire pour appréhender le monde matériel, mais un filtre trop souvent source de doctrines culturelles, morales et scientifiques qui nous envoient une image réductrice de l'Univers. Donc la question restait pour moi en suspens... est-il possible un instant de déchirer le voile ?



Les directions à venir du film.
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Le film sera le témoignage d'une aventure personnelle et subjective, mais n'oubliera pas de montrer aussi les dangers du shamanisme, celui de se perdre dans la lumière ou dans l'ombre de ses émotions fraîchement éveillées ; celui de mal interpréter le ressenti ou les visions au risque d'amener jusqu'à la schizophrénie si le travail n'est pas fait avec des shamans compétents ou si on ne l'aborde pas avec une grande discipline et une diète stricte. Le film montrera surtout le pouvoir thérapeutique de ces shamans et de leurs plantes, une forme ancestrale de psychanalyse, une psychothérapie de l'être ayant 4000 ans d'expérimentations. Le film laissera aussi la parole aux shamans, et montrera que leurs cultures et leurs croyances découlent de leur connaissance de l'Invisible. Des images de synthèse reproduiront la puissance des visions récurrentes et le spectacle, la vision poétique, l'humour et la terreur que j'ai ressentis en les éprouvant.
Le film poursuivra son enquête par des entretiens avec des thérapeutes, des ethnologues, des spécialistes de la chimie moléculaire du cerveau. Et pour tenter de cerner l'interaction invisible du travail du shaman vis-à-vis d'un " novice ", nous enregistrerons les ondes cérébrales entre Questembetsa et moi durant une cérémonie, ce printemps, afin d'étudier leurs résonances et permettre de les matérialiser.
Enfin, les entretiens commencés en décembre 1999 d'occidentaux suivant une thérapie seront poursuivis afin de confronter les interviews sur maintenant plus d'une année.
Mon expérience personnelle s'exprimera dans le parallèle de témoignage sélectif entre science occidentale et thérapie indienne.


Le but, à l'heure ou l'Occident reconnaît timidement que le bouddhisme tibétain a développé une connaissance de l'esprit, est de faire ressentir au spectateur que ces indiens méconnus ont développé eux aussi depuis des milliers d'années au travers de leur propre science de l'esprit, une véritable technologie cognitive.
Ces hommes sont pour moi des guerriers engagés dans la voie de la conscience car pour un shaman, le plus grand allié et le pire ennemi de chaque homme ne font qu'un : lui-même.
Pour conclure, je garantis que ce film ne sera pas une homélie " new age " sur la culture de ces indiens. Les autres mondes ne sont pas tous des mondes de lumière.

Jan Kounen

NB aux membres d Antahkarana!
Citation :

chère Ambre,

Vous pouvez faire tout ce que voulez, seulement ne pas mettre le film en téléchargement.


merci pour votre attention,


Amicalement,




Jan



Dernière édition par AMBRE le Ven 28 Mar 2008, 12:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 28 Mar 2008, 12:12

Plantes et chamanisme
Conversations autour de l'ayahuasca et de l'iboga

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Trois personnalités venant d'horizons divers mêlent pour la première fois leurs voix et témoignent librement d'une pratique qui échappe à l'ordinaire : la découverte et l'expérience du chamanisme par un Occidental.

Plantes sacrées, hallucinogènes, initiations, états de conscience modifiée, bénéfices ou dangers possibles pour ceux qui s'y essaient... Jan Kounen, Jeremy Narby et Vincent Ravalec explorent ces sujets avec une sincérité rare.

Leurs regards croisés, bienveillants mais sans compromis, livrent une nouvelle approche du monde indigène, et une autre vision de la réalité.


voir aussi

Sur la piste du serpent
par Jeremy Narby

et
La nature est intelligente, et nous ?


Dix ans après sa première hypothèse - les chamanes auraient un accès direct à la double hélice d’ADN -, l’anthropologue Jeremy Narby se tourne vers des scientifiques... aux découvertes étonnamment animistes.


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MessageSujet: Re: Chaman!   Sam 29 Mar 2008, 17:08

"Le sorcier français qui combat la drogue par la drogue"

Soigner les toxicomanes à l'aide d'une plante hallucinogène : la méthode utilisée par un médecin français en pleine jungle péruvienne est sujette à polémique.

A l'exception du cercle de lumière projeté par une lanterne, il fait nuit noire. Daniel Mattin (c'est un pseudonyme) est assis, jambes croisées, à l'intérieur d'une petite hutte. Il écoute le chant des oiseaux tropicaux et le bruissement des feuilles frôlées par le vent. Un chaman bardé de colliers et autres grigris invoque l' "esprit de la plante" en chantant des icaros (chants). Cette plante, c'est l''ayahuasca, une espèce originaire de l'Amazone péruvienne, censée provoquer des visions mystiques.

Quelques minutes après en avoir avalé une infusion, Mattin sent l'"esprit" s'emparer de lui. Des éléphants parés de bijoux et de couronnes et un nain magicien défilent devant lui. Ces hallucinations sont plutôt inoffensives, mais d'autres, comme cette image d'organes génitaux féminins putréfiés, sont terrifiantes. C'est pourtant, selon lui, le signe qu'il est sur la voie de la guérison. "Bien sûr, les visions sont parfois très sombres, explique-t-il. Mais il faut en passer par là pour revenir vers la lumière." Mattin trouve finalement ce qu'il pense chercher : Jésus-Christ et la Vierge Marie lui apparaissent, aussi réels que le chaman à côté de lui.

"Dans la région qui nous intéresse , l’ayahuasca (Banisteriopsis Caapi) représente l’assise même de l’édifice thérapeutique. Cette liane possède des propriétés hallucinogènes potentialisées par divers additifs ajoutés au breuvage lors de la préparation par cuisson. Le principal additif est constitué par la chacruna (Psychotria Viridis) également désignée par « suija » et dans d’autre régions par le terme « yagé ». La véritable initiation suppose des conditions très strictes : isolement dans la forêt, diète ou jeûne, abstinence, pas de contact avec le feu, exclusion totale de certains aliments (surtout sel, porc, piments…). Il est impératif que l’hallucination par l’ayahuasca se déroule sous contrôle d’un maestro entraîné. En effet, l’expérience n’est pas dénuée de dangers. Il est toujours possible qu’à travers l’intensité de l’ivresse le patient évolue vers des visions effrayantes (bad trip) qui, si elles n’étaient pas canalisées, pourraient provoquer de véritables états d’épouvante accompagnés de troubles de la conduite ou de déstabilisation mentale. Au cours de l’apprentissage, l’élève doit obtenir une maîtrise progressive de ces états de conscience « négatifs » qu’il doit être à même de prévenir ou de dominer seul si nécessaire, chez lui-même et chez les autres."

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MessageSujet: Re: Chaman!   Sam 29 Mar 2008, 20:17

Merci Ambre et Serena,

J'ai connu un jeune homme très déstabilisé, très déprimé qui souhaitait utiliser l'ayahuasca afin de se sentir mieux. Je l'ai dissuadé, car en effet, c'est à employer sous surveillance. Et il risquait bien pire que l'état dans lequel il était...

A mon sens, utiliser une quelconque drogue hallucinogéne pour accéder à d'autres plans de conscience ne me paraît pas nécessaire pour progresser spitiuellement aujourd'hui, dans notre culture, s'entend...

karen
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MessageSujet: Possession et chamanisme : Les Maîtres du désordre.   Ven 11 Avr 2008, 19:50


Le chamanisme et la possession n'appartiennent pas au passé, bien au contraire. Partout, que ce soit en Sibérie, en Asie du Sud-Est, en Afrique ou aux Amériques, l'idée d'une alliance possible avec la surnature est vivante. Le désenchantement annoncé du monde tarde, car, lorsque le malheur frappe et ébranle les certitudes, le recours aux spécialistes des esprits demeure privilégié. En quoi le vaudou haïtien ou le chamanisme coréen permettent-ils de faire face à l'infortune, de surmonter l'adversité ? Comment le tambour de chaman bouriate ou le couteau ensanglanté du possédé marocain peuvent-ils faire refluer la maladie ?

Confrontant sa connaissance approfondie des cultes de possession au Maroc, avec d'autre études, Bertrand Hell met en évidence le fondement anthropologique de ces pratiques. Pour cela, il nous invite à comprendre la place extraordinaire réservée, dans chaque société, à l'allié des esprits. Alors se dessine la figure universelle d'un maître du désordre associé à l'ambivalence, à la transgression et au bricolage. Rompant avec les à priori réducteur, cet ouvrage livre un éclairage original dur l'efficacité symbolique du chamanisme et de la possession.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 11 Avr 2008, 22:26

Druides et chamanes

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Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : Pygmalion, Paris, France
Auteur : Jean Markale

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Markale

Les chamanes qui se multiplient aujourd'hui seraient-ils les héritiers de nos druides, disparus lors de la conquête romaine ou absorbés dans le christianisme triomphant ? S'il y a, en effet, des rapports certains entre ces «hommes médecines» que séparent deux millénaires, ils ne sont pas ceux qu'on imagine.

Spécialiste du monde celtique, Jean Markale nous apporte un nouvel éclairage sur ce profond mystère : y a-t-il une tradition qui aurait perduré secrètement à travers les campagnes, à l'abri des enseignements officiels, et quel serait son lien avec le chamanisme contemporain ? Ou bien existe-t-il un fonds commun plus ancien encore puisqu'il remonterait aux origines de l'humanité ? Jean Markale bâtit son enquête minutieuse sur l'arsenal des connaissances dont nous disposons : les découvertes archéologiques les plus récentes, l'étude des légendes et des mythes, le folklore européen, les pratiques obscures et les superstitions qui habitent encore certains coins reculés d'Europe.

En faisant ainsi la part des choses entre le druidisme tel que nous pouvons le connaître aujourd'hui à travers des sources extrêmement fragmentaires et le chamanisme contemporain, porté par une nouvelle vague de spiritualité, il nous révèle de précieux itinéraires qui réjouiront tous ceux qui recherchent avec passion la connaissance des mystères du monde.


Jean Markale s'est consacré, dans une suite d'ouvrages qui font référence, à la découverte des civilisations traditionnelles, en particulier du monde celtique et du cycle arturien du Moyen Age. Ainsi, il a entrepris la réécriture du Cycle du Graal dans son intégralité et celle de La Grande Epopée des Celtes chez Pygmalion. Il a également publié des volumes consacrés aux grandes énigmes de l'Histoire. Il vit dans le Morbihan.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Mar 15 Avr 2008, 12:04

Citation :
"Serpent à plume "

dans différents livres de Castaneda




Le format archétypal du “voyage dans les sphères planétaires” était déjà bien connu durant l'Antiquité, particulièrement dans les écoles hermétiques et celles de la Kabbale. Dans Tantra Vidya, O.M. Hinze compare l'ascension gnostique vers les 7 sphères avec la montée de la Kundalini à travers les 7 chakras dans traditions indiennes du Yoga. Don Juan n'emploie pas le schéma de ces 7 niveaux mais sa description des planeurs peut entrer dans cette représentation. La corrélation fonctionne tout spécialement si nous mettons sur le même plan “la vénération du serpent” dans certains cultes gnostiques avec les pratiques du Yoga pour développer la Kundalini (ndtr : la Kundalini est souvent comparée à un serpent intérieur qui se déploie) de même qu'avec l'éveil “du feu du dedans” (Gallimard 1985) et le serpent à plume dans différents livres de Castaneda. En bref, les sorciers Toltèques pourraient également être des adeptes de la pratique du Yoga de l'éveil de la Kundalini en cultivant “le feu du dedans”. Leur rencontre avec des planeurs ne prendrait pas l'aspect formel d'un jeu d'épreuves à 7 niveaux mais on retrouve les mêmes expériences dans les trois exemples évoqués plus haut : la tradition Toltèque, le Yoga et la connaissance gnostique.

Les Gnostiques croyaient que la force de la Kundalini ou encore le champ ambiant généré par cette force servaient de protection contre les Archontes...


....

Ce serait une erreur de conformer les révélations de don Juan de façon stricte et littérale avec les enseignements gnostiques mais ces premiers parallélismes sont déjà saisissants. Mais il y a bien plus. Voici un exemple remarquable où la sagesse indigène américaine concorde avec les enseignements ésotériques d'une tradition spirituelle du Proche Orient, tradition qui a été perdue depuis longtemps. A première vue, les parallélismes entre les Toltèques et les Gnostiques peuvent sembler lointains et improbables. Mais si nous partons du postulat que l'expérience shamanique est à la fois consistante et empirique (cad fondée sur l'expérience), il ne serait guère surprenant de découvrir des rapports et des liens tout à fait consistants dans ces traditions pourtant si éloignées.

Les traits de caractères humains constatés par don Juan comme étant suscités par la déviation causée par cette implantation étrangère (dans notre esprit) sont identiques à ceux que l'on attribue à l'action des Archontes dans les écrits gnostiques : l'envie, la convoitise, l'arrogance (égomanie) sont identifiés comme étant les caractéristiques primaires de ces Archontes pendant que leur comportement démontre que ce sont des drones sans âmes (au comportement routinier), avides de puissance sur l'être humain et trop lâches pour s'exposer à la lumière du jour et donc se révéler.




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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 25 Avr 2008, 22:13

Voici un autre lien qui me semble interessant à visiter:

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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 23 Mai 2008, 02:10

"La voie des gardiens de la Terre"



Depuis plusieurs millénaires, les chamans Laikas ont préservé leurs connaissances et enseignements sacrés, bien à l'abri dans les montagnes andines d'Amérique du Sud. Les Amérindiens eux-mêmes les croyaient disparus depuis l'époque de la Conquête espagnole. Quelle ne fut pas leur surprise de les voir réapparaître en 1950, lors d'une réunion de chamans au pied d'une des montagnes sacrées des Andes, au Chili ! Il était temps pour eux de transmettre leur sagesse intacte afin que se lèvent en Occident des Gardiens de la Terre.



En cette époque de grands bouleversements planétaires - prévus par les prophéties des Mayas, des Incas et des Hopis - les Gardiens de la Terre Laikas sont sortis de leur isolement pour offrir au monde la sagesse de leurs connaissances millénaires.
Selon ces prophéties, l'année 2012 serait le point culminant d'une période d'agitation extrême qui verrait naître une nouvelle humanité. L'homo sapiens évoluerait en « homo luminus », capable de percevoir des vibrations beaucoup plus élevées.

LA SAGESSE DES LAIKAS

Les enseignements des Laikas portent sur la nature lumineuse ultime de la réalité, celle-là même que vient de découvrir la physique quantique : la vibration et la lumière peuvent s'associer et s’organiser pour prendre des milliers de formes.
La vie naît d'une matrice lumineuse : la vibration et la lumière tourbillonnent et se condensent autour de cette matrice lumineuse pour donner naissance à un prototype qui peut ensuite se reproduire de lui-même.
Le corps humain possède lui aussi une matrice lumineuse : il est entouré d'un champ d'énergie lumineuse (CEL) qui structure le corps ; de la même façon que le champ d'énergie d'un aimant organise la limaille de fer.
Mais la naissance d'une nouvelle espèce nécessite au départ la création d'une nouvelle matrice lumineuse.
Notre champ d'énergie lumineuse pourrait s'apparenter à un logiciel : c'est lui qui donne les instructions à l'ADN pour qu'il fabrique le corps. Les Quatre Révélations des enseignements chamaniques des Laikas sont un accès à la plus récente version du logiciel qui nous permettrait de nous créer un nouveau corps plus performant.
Si les Laikas ont choisi de cacher temporairement ces enseignements - portant sur la capacité de création des humains - c'est qu'ils connaissaient la puissance de cette connaissance et le danger pour l'humanité si des personnes sans éthique réussissaient à s'en emparer.
Cependant, ils n'ont jamais hésité à partager leur savoir avec des êtres « purs », comme ce fut le cas, peu de temps après la Conquête, avec le Jésuite espagnol Blas Valera, qu'ils ont initié à leurs mystères. Le père Valera a écrit quatre livres sur les enseignements sacrés des Laikas. Trois d'entre eux ont disparu lors de l'Inquisition et le quatrième est dans une collection privée en Italie. Quant au père Valera, il est mort au bout de six ans de prison, réduit au silence par ses supérieurs Jésuites… Que craignaient-ils donc à ce point ?

LE TEMPS EST VENU…

Les chamans Laikas considèrent que le temps est venu de partager avec l'humanité ces révélations qui appartiennent à tous.
Récemment, un anthropologue médical, Alberto Villoldo - de passage dans la région de Cusco pour étudier les pratiques curatives des chamans - a été reçu chez les Laikas, dans la lignée des Gardiens de Sagesse. Il est devenu l'élève de don Antonio, un des derniers Laikas vivants, qui l'a formé pendant près de vingt-cinq ans.
Don Antonio était professeur d'université le jour et guérisseur le soir. Il se disait descendant des Incas, mais affirmait que les Laikas provenaient d'une époque antérieure à la civilisation inca, d'une civilisation où l'aspect féminin du divin était reconnu et honoré.
Alberto Villoldo affirme que les sages enseignements des Gardiens de la Terre existent depuis plus de 100 000 ans. Ils ont subi de nombreuses transformations tout au long de la lente migration des peuples d'Asie à travers la Sibérie et le détroit de Béring jusqu'aux forêts amazoniennes, mais leur forme intérieure est restée la même. Devenu chaman lui-même, Alberto Villaldo œuvre maintenant à la formation de chamans occidentaux à travers son école. Il organise également, chaque année, des expéditions en Amazonie et dans les Andes pour y travailler avec les Maîtres Laika.

Le Divin, au féminin

Durant une longue période, l’humanité a expérimenté la divinité comme un principe uniquement masculin. Les quatre Révélations des Gardiens de la Terre ont été occultées durant tout ce temps.
Dans nos Traditions religieuses masculines, le divin est une force qui réside hors de nous, loin dans les cieux d'où nous avons été chassés pour un geste d'insoumission.
Dans les théologies féminines plus anciennes, nous n'avons jamais été expulsés du jardin d'Éden et n'avons jamais été séparés de Dieu. Nous sommes plutôt les gardiens et les protecteurs du jardin. Nous sommes des collaborateurs du divin et ensemble nous créons notre univers. Notre tâche consiste essentiellement à manifester la divinité à travers notre humanité.
Cette vision féminine de la réalité implique une connaissance du divin par et à travers notre expérience humaine. C'est la voie de la connaissance directe, où nous apprenons à faire confiance à notre expérience et à notre conscience personnelle. Nous n'avons pas été punis pour avoir commis une malencontreuse erreur : nous sommes plutôt destinés à acquérir la sagesse à travers nos erreurs.
La civilisation masculine qui a imposé ses idées de domination et de soumission depuis des millénaires fait maintenant face à un constat d'échec : notre monde est déboisé, notre eau polluée, notre air contaminé et nos sols fertiles se transforment progressivement en déserts.
Mais au cœur de ce chaos grandissant, de plus en plus de gens cessent de placer leur confiance dans les dogmes ou les autorités établies et adoptent une nouvelle vision de la réalité, une vision féminine, impliquant confiance en soi, autodétermination et responsabilité.

Pierre Galipeau

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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 08 Aoû 2008, 18:45



« En 1998, ce formidable menteur qu’était Castaneda, meurt des suites d'un cancer.
Le voile se déchire. L'écrivain était devenu le leader d'une organisation sectaire. »

CASTANEDA OU
LA VERITE DU MENSONGE
Article intégral publié dans l’édition du journal Libération en date du jeudi 3 mars 2005 dans lequel Edouard Waintrop rend compte du livre - La Vérité du mensonge, biographie de Carlos Castaneda - de Christophe Bourseiller publié aux Editions du Rocher, dans la catégorie Essais. (1)

Bourseiller s'attaque à la biographie du faux prophète des années hippies.

Christophe Bourseiller s'est déjà intéressé dans d'autres livres aux faux messies et à Guy Debord. Il se lance ici sur les traces imprécises de Carlos Castaneda, qui tient un peu des deux, du faux prophète et de l'écrivain brillant, critique radical de nos sociétés de consommation.
C'est en 1968 que Castaneda devient célèbre en décrivant dans l'Herbe du diable et la petite fumée sa rencontre avec un sorcier indien. Ce Juan Matus posséderait le secret, mélange d'autodiscipline rigoureuse et d'usage de psychotropes naturels, du passage vers un monde parallèle, un univers spirituel débarrassé des préjugés rationnels et des limites de la perception ordinaire. C'est ce qu'attend une génération de hippies et de jeunes gens qui rejettent le cauchemar climatisé. Aux Etats-Unis, puis ailleurs dans le monde occidental, le succès est formidable. Il est également embarrassant.

Castaneda est censé être anthropologue universitaire ­: son livre a d'ailleurs d'abord paru à la University of California Press ­ et sa méthode scientifique est pour le moins contestée. Il ne cache d'ailleurs pas qu'à partir d'un projet de recherche classique, il en est arrivé à l'adhésion au discours et à la personnalité de ce sorcier qui était son sujet. Certains spécialistes remarquent en outre que Don Juan, présenté par l'auteur comme yaqui, ne possède aucun caractère de ce peuple. Castaneda devra d'abord l'admettre : son maître n'est pas vraiment yaqui. Puis il reviendra sur cet aveu, avancera d'autres hypothèses, les oubliera, se coupera.
Bourseiller nous rappelle que Castaneda est un formidable menteur. Il a ainsi raconté sa vie dans des versions très différentes, sans s'émouvoir. Il a affirmé qu'il était européen, puis qu'il était né le jour de Noël 1935 à São Paulo, Brésil, neveu d'un homme politique célèbre dans les années 50, ou encore qu'il était le fils d'un brillant professeur d'université. En fait, Castaneda, de son vrai nom Carlos Aranha, est né en 1926 à Cajamarca, dans le nord du Pérou. D'une famille cultivée et modeste. Son père crée des bijoux dans son échoppe et lit Kant et Spinoza. De sa mère Susana, née Castaneda, il racontera qu'elle est morte quand il avait 6 ans. Alors qu'elle a disparu quand il en avait 22. Au Pérou, l'adolescent est déjà connu par ses copains comme un mystificateur.

En 1951, il émigre aux Etats-Unis. Une nouvelle vie commence, émaillée d'autres mensonges, petits et grands, agrémentée d'idylles ­ Carlos est un homme à femmes ­, marquée par ses études d'anthropologie. Le métis péruvien se familiarise avec les civilisations indiennes du Nord. Et, au milieu des années 60, il proclame que, près de la frontière avec le Mexique, il a rencontré un homme remarquable qui lui a confié quelques-uns de ses enseignements sur une voie «native» du savoir. Publié, son «rapport», l'Herbe du diable et la petite fumée, devient un best-seller. Sa vie bascule.

Si les adeptes de la contre-culture américaine se saisissent illico du livre, ils ont plus de mal avec l'auteur. Courant à ses conférences, des assistances échevelées, habillées de jeans et de chemises à fleurs, parfumées à la marijeanne découvrent un homme aux cheveux noirs et courts, massif, engoncé dans un complet gris, qui condamne l'usage des drogues.

En 1971, deuxième livre : Voir, les enseignements d'un sorcier yaqui. En 1972, Voyage à Ixtlan. Deux gros succès. La polémique redouble. La romancière Joyce Carol Oates note que ces livres sont bâtis comme des romans. De bons romans d'ailleurs. Les années passent, Castaneda continue de publier, les spécialistes de se demander si Don Juan existe.

L'oeuvre du Péruvien quitte bientôt les rayons anthropologie des librairies pour ceux du new age. Ses enseignements deviennent brumeux. Une sorte de secte se forme autour de lui. Avec une garde rapprochée constituée uniquement de femmes. Elles le représentent à l'extérieur, le protègent, diffusent son enseignement, peuplent son lit ou l'aident à le peupler. Bourseiller se demande alors si le Don Juan dont il a été l'élève est le sorcier indien ou le héros de Tirso de Molina, Molière et Mozart.

En 1998, Castaneda meurt des suites d'un cancer. Le voile se déchire. L'écrivain était devenu le leader d'une organisation sectaire. Cinq de ses compagnes ont disparu en même temps que lui. «A-t-il passé avec ses plus fidèles lieutenants un pacte de la mort ?», se demande Bourseiller, avant de présenter des preuves qui accréditent cette horreur.

Derrière ce drame reste la beauté des premiers livres, et des personnages romanesques, Don Juan, Don Genaro. Et Castaneda lui-même en novice maladroit qu'il ne fut pas longtemps.

* Le titre original de l’article est « Castaneda et l'antimytho ». Les droits en sont réservés. Il est disponible à l’adresse URL suivante :
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MessageSujet: Re: Chaman!   Ven 08 Aoû 2008, 19:41

L'acteur, poète et réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky tranche le débat d'une façon facétieuse et élégante : soit les récits sont vrais, et Castaneda est un grand initié, soit il a tout inventé, et alors c'est un génie littéraire.

Le « système Castaneda » consiste en une gestion draconnienne de sa propre énergie. L'« ombre » nous prête, à notre insu, sa conscience pour nous faire faire des actes destinés à exacerber notre autocontemplation, qui va générer nos sursauts énergétiques dont se nourrira l'entité. La vie d'un individu normal consiste à se vider de son énergie toute sa vie dans des combats fallacieux (qui pourront être faussement interprétés comme « actes guerriers ») par le biais de son autocontemplation qui sera le canal de cette fuite énergétique.

Je le trouve pas mal ce Castaneda....
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MessageSujet: Les 7 principes du chamanisme amérindien   Dim 17 Aoû 2008, 19:28

Citation :
Les sept principes du chamanisme amérindien
La magie amérindienne est comme toutes les magies, basée sur le principe de lien entre toutes les créatures dans le cosmos.
La nature et la terre mere sont très vénérés ainsi l'esprit principal est WAKAN TANKA (grand esprit) celui qui veille sur toute vie dans le réel.
Pour les amérindiens il existe deux mondes liés mais ayant une existence autonome : il sont nommés chez les YAQUIS (mexique) le TONAL pour le monde matériel et NAGUAL pour le monde occulte, seuls les sorciers qui sont considérés comme des guérriers y ont accès par la volonté après une longue initiation.

- IKE le monde est ce que vous croyez qu'il est : tout n'est que rêve et tout système est arbitraire

- KATA il n'existe pas de limites, tout est relié mais autonome : Tout est possible

- MAKIA l'énergie circule là où vous concentrez votre attention : tout est énergie

- MANANA MAINTENANT! est le moment du pouvoir : le pouvoir augmente avec l'attention des sens.

- ALOHA aimer c'est être heureux : le sentiment d'amour augmente à mesure que nous cessons de juger

- MANA tout pouvoir vient de l'intérieur : tout a du pouvoir, il provient de l'autorité

- PONO l'efficacité est la mesure de la vérité : il existe toujours une autre façon de faire les choses.

réf SITE chemainsdelumière


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MessageSujet: Re: Chaman!   Mer 20 Aoû 2008, 09:38



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Un chemin Initiatique pour les Femmes
‘‘ Les Indiens éprouvaient un respect profond pour la nature, elle était leur Mère avec laquelle ils vivaient en communion ’’
Un groupe de femmes a étudié différentes traditions spirituelles du monde pour y rechercher les éléments universels du chemin de l’Initiation féminine. Elles nous parlent ici de l’enseignement amérindien du Vent.
Les Indiens éprouvaient un respect profond pour la nature qu’ils connaissaient, vénéraient comme leur mère et avec laquelle ils vivaient en communion. «Les Indiens d’Amérique du Nord chantaient leurs louanges au vent comme ils les chantaient au soleil, à la lune, aux arbres, aux montagnes. Ils y voyaient la main du Grand Esprit et s’approchaient par son intermédiaire».

Dans les cosmogonies indiennes, nous trouvons de nombreux mythes où la femme est liée au vent.

Parmi les tribus d’Indiens d’Amérique du Nord, plusieurs d’entre elles développent le mythe des quatre vents liés aux quatre points cardinaux et engendrés par un souffle unique, de nature divine.

Sword, un homme-médecine Oglala, avait déclaré : «Les Quatre Vents sont un dieu immatériel, dont la substance n’est jamais visible... Bien qu’il soit un seul dieu, le vent est également quatre personnes». [...] Ce principe du quatre est cristallisé dans le principe unique du vent [...] Le principe du vent ainsi défini n’est autre que «Wakan Tanka». «Wakan Tanka» est le grand Esprit, ou souffle primordial.

Pour les Indiens oglalas, il n’existe aucune créature vivante dont la vie ne dépend pas d’une manière ou d’une autre de la présence du vent, conçu en tant que souffle. De fait, le souffle s’est imposé comme le symbole du principe de vie ; principe célébré à travers le rite de fumer la pipe sacrée durant lequel le tuyau de la pipe est dirigé vers les quatre directions puis vers le ciel.


C’est une femme, «femme bisonne blanche» qui est à l’origine de ce rite. Elle arriva de l’Est avec le soleil, pénétra dans le cercle formé par le tipi dont le sol était entièrement recouvert de sauge, et marcha sur la sauge. Elle portait un bouquet de sauge, à l’intérieur était le calumet façonné dans le tibia d’un bébé bison blanc. Il est dit que c’est elle, en effet, qui donna aux Indiens, dans des temps très anciens, le calumet mais qui leur enseigna également tous les autres rites ainsi que la connaissance des cycles, le pouvoir des plantes et le respect de la création entière.

Pourquoi avoir symbolisé cette femme sacrée par une bisonne ? Les Indiens connaissaient parfaitement cet animal dont ils suivaient les migrations et qui les nourrissait mais aussi leur permettait de se vêtir, de faire des outils grâce à ses os, etc. Tout dans le bison était utilisé ; c’était la vie entière de l’Indien qui dépendait ainsi de cet animal, sacré entre tous, puisqu’il incarnait le don total du Grand Esprit.

Les Indiens avaient observé que le rôle de la femelle bison est dominant, elle est le chef de tout le clan. Selon Black Elk, «Le bison est le chef de tous les animaux et symbolise la terre, la totalité de ce qui est». «Il représente le principe créateur, féminin, d’où sont issues toutes les formes existantes. Cette «mère» non seulement produit et nourrit les formes de vie temporaires, mais de plus réabsorbe ces formes en libérant les pouvoirs animés, les esprits qui les sous-tendent».

On retrouve là l’idée de la Mère divine qui englobe les cycles de la vie et de la mort ainsi que l’idée que la Femme bisonne blanche est garante de la pérennité du sacré sur terre. Son lait, breuvage sacré par excellence, ne nourrit-il pas les êtres de la conscience du mystère de la vie, à l’image de la Voie Lactée qui les éclaire et les guide dans l’obscurité ?

Le nombre quatre étant rituellement offert au commencement par une femme sacrée, archétype du pôle féminin de la création, on peut en déduire que la nature féminine possède une spécificité liée à ce nombre.

Le symbole du carré ferait songer tout d’abord à la terre, mais dans ce rite, la terre dont il s’agit est une terre sanctifiée, pour ainsi dire céleste. La fonction de la femme serait alors liée à la terre, mais en tant que reflet du ciel, tel un cadre abstrait d’où surgissent tous les possibles. On est là dans le domaine de la pensée créatrice et nourricière. La pensée féminine au plus haut serait une fécondité en esprit. Cette idée nous a amenées à considérer l’orientation par ces quatre directions comme l’une des clés de la pensée d’essence féminine et donc de l’initiation de la femme.


On retrouve cette notion chez les Indiens yaquis du nord du Mexique. Elle fait partie de l’apprentissage initiatique des femmes du clan d’un certain don Juan dont les paroles nous sont rapportées par l’un de ses apprentis, Carlos Castaneda, au travers d’une série de témoignages. Selon don Juan, c’est le vent qui offre à la femme les clés de son orientation. Le vent est pour elle un outil de connaissance en même temps qu’un «maître» qui va l’enseigner.

C’est pourquoi nous avons cherché dans l’enseignement de don Juan quelle était la fonction du vent par rapport à celle de la femme en quête de sacré. Il est à l’évidence difficile, pour nous citadines, de comprendre profondément le rôle qu’il jouait dans leur initiation car nous avons perdu l’expérience ancestrale d’un véritable contact physique avec le vent et nous sommes désormais démunies de toute pratique et connaissance face à cet élément. Or ces femmes considérées par ailleurs comme des «guerrières» connaissaient les vents - et les connaissent peut-être encore. Ce qui nous a le plus interrogées est que non seulement leur tradition affirme que la nature féminine a besoin du vent pour se réaliser, mais elle va plus loin encore en disant que les femmes et les vents sont semblables.

Cette idée pour le moins surprenante fait jaillir des questions : pourquoi les femmes auraient-elles une relation particulière avec le vent plutôt qu’avec un autre élément de la nature ? De quelle manière le vent peut-il intervenir dans leur quête ? Il faut là bousculer notre esprit rationnel d’Occidentales et tenter d’ouvrir notre cœur et notre intuition à ce concept. Pour pénétrer dans l’univers symbolique et rituel de ces Indiens, il est nécessaire de tenter d’approcher la notion de Nagual qui est au cœur de cette tradition. Le Nagual désigne un être, homme ou femme, destiné à être le chef d’un clan de guerriers, c’est-à-dire d’êtres engagés sur le chemin de la connaissance. Le Nagual possède son ou sa parèdre avec qui il forme un couple. Ils sont à la fois différents et complémentaires. «Sur le plan de la personnalité, l’homme Nagual est un appui, il est ferme et constant. La femme Nagual est un être en guerre et pourtant détendu, toujours conscient mais sans tensions». Etre en guerre ne signifie pas ici être agressive ou masculine, mais être en éveil, en état de combat permanent dans la recherche de l’impeccabilité. La femme Nagual a le cœur ferme et une détermination infaillible. Son rôle est déterminant dans le clan des guerriers qu’elle doit guider vers le monde du Nagual. Ce monde est celui de la pensée abstraite qui saisit toutes les correspondances de l’univers et participe du monde des causes.

Ce monde du Nagual est l’inconnaissable, il est un univers que seuls les «guerriers» accomplis peuvent connaître grâce à une maîtrise parfaite d’eux-mêmes c’est-à-dire grâce à une conduite impeccable dans le moindre de leurs gestes. La règle du Nagual est le devoir sacré édicté par l’Aigle, ou conscience universelle. D’elle découlent tous les préceptes de la vie des initiés yaquis. L’Aigle a placé l’homme Nagual et la femme Nagual dans le monde pour «voir».

Don Juan est lui-même Nagual et son devoir est donc d’élever ses apprentis hommes et femmes vers la connaissance. Or le chemin qui y conduit passe par la connaissance des vents que Don Juan enseigne aux femmes de son clan : «Le Nagual m’a dit que les quatre vents sont des femmes. C’est pourquoi les «guerriers-femmes» les recherchent. Les vents et les femmes sont semblables». Cette révélation, pour le moins énigmatique, est reliée à la notion d’orientation. En effet, la règle du Nagual précise : «Les guerriers «femelles» s’appellent les quatre orients, les quatre coins du carré, les quatre humeurs, les quatre vents, les quatre personnalités féminines différentes qui constituent la race humaine». La première est l’Est. Elle s’appelle ordre. Elle est optimiste, légère et douce, insistante comme une brise continue. «La deuxième est le nord. Elle s’appelle force. Elle est fertile en ressources, agressive, directe, tenace comme un vent violent. «La troisième est l’ouest. Elle s’appelle sentiment. Elle est portée à l’introspection, pleine de remord, rusée, sournoise comme une bouffée de vent glacée.

«La quatrième est le sud. Elle s’appelle croissance. Elle est nourrissante, bruyante, timide, tiède comme un vent chaud». Il paraît étrange, à première vue, que la nature féminine puisse être délimitée dans seulement quatre aspects. Une réponse peut être que ces quatre «personnalités féminines» sont des orientations et non des types d’individualités. En effet, Don Juan révèle que la femme n’est pas liée à un vent unique mais au contraire, est «un mélange» de plusieurs vents.


Chaque point cardinal étant associé à un vent, l’élément air trouve son assise par le nombre quatre. Il peut paraître paradoxal que le vent, ou air en mouvement, symbole de la fluidité et d’une circulation englobante, soit associé au carré fixe des points cardinaux. On peut peut-être envisager que la connaissance des quatre orients, c’est-à-dire des quatre vents, donne l’assise de l’esprit féminin par un sens subtil de l’orientation et que ces quatre vents réunis, manifestation du souffle unique, développe une pensée spécifique à la nature féminine, une pensée intuitive, circulaire et englobante.

Si la pensée féminine trouve son orientation par le vent, son accomplissement résiderait alors dans l’alliance de sa nature aérienne avec la stabilité du carré.

Les vents, liés aux quatre points cardinaux, enseignent un ordre établi autour d’un axe, une base à partir de laquelle il est possible de maîtriser et d’élever notre pensée.

De même qu’un axe partant de la Polaire relie le ciel à la terre, de même il est nécessaire d’orienter sa pensée pour la rendre «féconde», sinon elle partirait dans tous les sens et se perdrait à cause de sa fluidité même. L’orienter fait qu’elle s’approfondit, se pose, et se tourne vers l’élévation de l’âme plutôt que vers son oubli. L’axe qui permet de s’orienter est la volonté et l’aspiration du cœur au sacré semblable à une échelle vers le divin.

Si les vents interviennent dans une quête initiatique de nature féminine, à quel niveau faut-il l’entendre et de quelle manière ?

Don Juan dit que la conscience universelle ou «Aigle» demande aux femmes ce qui est le plus subtil et le plus dur à maîtriser, il leur donne donc le vent à combattre qui deviendra, une fois vaincu, leur allié, leur auxiliaire indéfectible. Le combat avec le vent ne se gagne pas dans la peur et la résistance mais avec courage et calme, ce qui exige à la fois puissance et souplesse.

Cet apprentissage requiert, selon la tradition yaqui, d’ouvrir sa conscience au sacré pour percevoir les liens qui unissent visible et invisible.

Dans la cosmogonie des Klamaths de l’Oragon, il est dit que le fils du créateur a épousé une femme-oiseau. «A cette époque, les femmes avaient encore la liberté de vol. Elles avaient le privilège de ces ailes qui allaient leur devenir progressivement intérieures».


Ces témoignages sont pour nous des énigmes ; cependant nous ressentons qu’ils recèlent une réalité abstraite d’une grande portée. Nous ne sommes pas Indiennes et ne le serons jamais, et notre mode de recherche n’est en rien comparable au leur. Mais là encore l’œil, la femme et le vent ont un lien très puissant dans la spiritualité féminine. Ce que nous retenons aujourd’hui de leur expérience est d’abord la notion fondamentale d’orientation selon quatre directions correspondant aux quatre vents principaux ; enfin la spécificité du rôle de la femme dans la perception de l’abstrait ou monde des causes laquelle semble liée à cette orientation et à une sorte de porte intérieure inhérente à la nature féminine, telle un œil ouvert sur la pensée sans image.
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MessageSujet: Re: Chaman!   Mer 20 Aoû 2008, 10:05

extrait de
D'autres mondes Jan Kounen



avec Jérémy Narby

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je vous propose de revisiter aussi ceci:

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La tricherie sacrée


Conversation à propos de Carlos Castaneda, propos recueillis par Gilles Farcet



"Alessandro Jodorowski est un personnage d’une dimension extraordinaire dont la vie ressemble à un conte fantastico-initiatique. Rien d’étonnant à ce que Castaneda, l’homme invisible de "L’Herbe du Diable", soit un beau soir venu à lui."
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Rendez-vous sorcier avec Carlos Castaneda

de Véronique Skawinska



Véronique Skawinska, journaliste, devait à tout prix rencontrer Carlos Castaneda et lui remettre un message de la part d’un être de Connaissance. Confiante en sa bonne étoile, et téléguidée par son propre maître, elle quitte Paris, franchit l’océan, atterrit dans la jungle urbaine californienne. Tout semble a priori l'empêcher de mener à bien sa mission. En effet, alors que Véronique est en Californie, Castaneda est au Mexique. Il est insaisissable. Personne ne sait exactement ce qu'il fait, où il est... Mais Véronique Skawinska a vécu auprès d'un maître qui lui a enseigné l'art de "voir". Voir les signes, et leur obéir… Castaneda, quant à lui, entend parler de cette journaliste française qui le cherche. Il se terre, brouille les pistes : que craint-il ? A-t-il peur du message qui lui est destiné ? Et soudain, survient le terrible tremblement de terre qui ébranle Mexico… Castaneda, considérant à juste titre qu'il s'agit d'un signe de la colère de Mescalito, regagne immédiatement la Californie, décidé à accepter la rencontre.
Fallait-il un séisme pour motiver le disciple de Don Juan ?



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L’impeccabilité selon Castaneda

Il semblerait que la stratégie la plus communément employée par les quelque personnes qui essaient encore de croire dans le travail de Castaneda, est ce que j’appellerai l’argument du "c’est possible". Pour chacun des points levés par Sustained Action, la personne "c’est possible" est capable de répliquer avec un "peut-être, mais c’est quand même possible que.... etc." La raison pour laquelle cette réponse est si naive et inappropriée dans ce cas, est que, au delà de chaque point pris individuellement, il y a une "tendance" concernant les informations qui ont été dévoilées à propos de Carlos Castaneda et ses associés, et l’essentiel de cette tendance générale est ce qui est (délibérément) ignoré. Mon intention en donnant ce récapitulatif, est de clairement montrer cette tendance générale sous une forme condensée.
Gardez néanmoins à l’esprit que le point de ce récapitulatif n’est PAS de donner aux quelques derniers croyants l’opportunité de répéter sans cesse "peut-être, mais c’est quand même possible que..." à chacun des points exposés ci après. Il s’agit de montrer la "tendance générale" qui se dégage des informations suivantes, et de voir comment cette tendance générale amène à une conclusion inévitable.
Ce qui suit est une liste de plusieurs des points essentiels explicités en détail , lisez cette liste sans vous arrêter, puis à la fin demandez-vous honnêtement: quelle est, à l’évidence, cette tendance générale ?

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Et bien voilà de quoi aiguiser notre discernement !
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MessageSujet: Re: Chaman!   Mer 24 Sep 2008, 17:34

Les chamanes vous saluent bien

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Incroyable est l’irruption du chamanisme dans nos sociétés modernes. Qui eût cru, il y a cinquante ans à peine, que les intuitions de nos visionnaires les plus allumés sur les « peuples premiers » (de Picasso à Huxley ou Michaux) deviendraient évidentes pour des foules de gens, prêtes à venir suivre une initiation dans la jungle ? En réalité, le dossier est complexe, truffé de pièges redoutables, mais aussi de beautés fulgurantes. Quelques exemples : Il y a tout juste dix ans, à l’automne 1998, paraissait Le Cercle des Anciens (d’abord chez Albin Michel, aujourd’hui au Livre de Poche), où le journaliste Patrice van Eersel et l’anthropologue des religions Alain Grosrey relataient l’extraordinaire semaine qu’ils avaient passée, en avril 1997, parmi la quarantaine de chamanes du monde entier qui avaient répondu à l’invitation du Dalaï-Lama et du Lama Denys, chef de l’institut bouddhiste de Karma Ling, en Savoie. Ces responsables bouddhistes visaient deux buts :

1°) intégrer les plus anciens représentants des traditions spirituelles au sein du tout nouveau « dialogue interreligieux » planétaire, afin de tenter de sauver de la mort les peuples premiers pour qui ces traditions sont toujours vivantes ;

2°) écouter attentivement ces anciens et recueillir leurs opinions sur la marche du monde actuel : après tout, les chamans ont su guider les humains pendant des centaines de milliers d’années, alors que nos philosophes et nos savants ne le font que depuis deux ou trois siècles à peine, et déjà le monde menace de verser dans le fossé !

Dans un genre plus expérimental, au printemps 2008, trois aventuriers de l’esprit - le cinéaste Jan Kounen, l’anthropologue Jeremy Narby et le romancier Vincent Ravalec - ont accepté la proposition de Michka, la championne franco-canadienne du Cannabis, et Tigrane Hadengue, son complice à Mama Éditions, d’échanger à bâtons rompus sur leurs expériences des psychotropes chamaniques, ayahuasca d’Amazonie et iboga d’Afrique. Le résultat est un livre qui s’intitule Plantes et chamanismes. C’est un trialogue, livré tel quel, dans un genre qui rappelle les libres années 60-70, quand de grands éditeurs publiaient des livres sur les « lucidogènes » sans passer pour des fous criminels. Certes, depuis, crack et héroïne ont beaucoup tué, notamment en banlieue, où les jeunes victimes se trouvaient bien loin de toute introspection initiatique. Or, c’est bien d’initiation que parlent nos aventuriers, qui n’omettent rien des nombreux problèmes que cette démarche pose - aussi bien aux descendants souvent acculturés des peuples chamaniques, qu’aux Occidentaux totalement déconnectés de la nature et parfois projetés dans des crises psychotiques, surtout quand ils ont affaire à des chamanes bidon !

Deux approches parmi cent autres de l’incroyable irruption du chamanisme dans nos sociétés modernes. À prendre avec passion donc... et beaucoup de prudence !


Sommaire des articles du dossier "Les chamanes vous saluent bien"


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    « Chamanisme amazonien » / « stagiaires occidentaux ». La juxtaposition de ces deux termes auraient sans doute plongé nos ancêtres dans la perplexité. Ils nous sont devenus familiers. Or, selon un homme du terrain, notre tranquille assurance cache un malentendu (...)



    Voir aussi :






    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] La nature est intelligente, et nous ? Par Jeremy Narby




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Le Bwiti gabonais a métamorphosé ma vision du monde. Par Vincent Ravalec




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Manifeste pour un nouveau chamanisme. Par Mario Mercier




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] La renaissance sibérienne. Par Vincent Bardet




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Même sous Mao, la Chine n’a jamais cessé d’être Taoïste. Par Charles Wilreck et Thomas Johnson




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Enquête sur les médecines primitives. Avec Jean-Pierre Barou et Sylvie Crossman




    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Le totem intérieur. Par Maud Séjournant


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