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 La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu

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AMBRE

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MessageSujet: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Lun 28 Mai 2007, 18:43

LA FAIM DE L'AME



Présentation de l'éditeur
L'anorexie, ce mal qui touche surtout les adolescents et avant tout les filles, est en constante augmentation dans les pays riches d'Occident. Les divers traitements proposés depuis plus d'un siècle se révèlent souvent inefficaces et les soignants pas plus que les parents ne savent comment y remédier.
Jacqueline Kelen propose ici une approche entièrement nouvelle de cette maladie. Selon elle, l'anorexie est une métaphore criante de la faim de l'âme qui révèle une quête de transcendance, un désir de spiritualisation intense. Elle est aussi refus d'un monde sevré d'idéal et remet en question notre société moderne qui dénie à l'homme toute dimension sacrée.
S'appuyant sur la philosophie occidentale depuis les présocratiques, sur les traditions religieuses et spirituelles et sur les mythes, ce livre qui bouscule les idées reçues s'adresse aux jeunes anorexiques et à leurs proches pour les inviter à un chemin de transformation intérieure, de réconciliation entre l'âme et le corps.

Présentation de l’éditeur
Devant ce mal grandissant qu’est l’anorexie – elle touche de plus d’adolescents en Occident –, l’auteur, bousculant les idées reçues, aborde ce fléau à partir d’une démarche spirituelle qui souligne les effets pervers du manque de sens dans la société moderne.
Après une formation de lettres classiques, Jacqueline Kelen a été productrice d'émissions à France-Culture pendant vingt ans et anime depuis une quinzaine d'années des séminaires d'expression orale et de communication dans l'enseignement supérieur, pour des jeunes âgés de 18 à 25 ans. Elle a publié près de trente ouvrages, dont "L'Esprit de Solitude" et "La Déesse nue".


LA FAIM DE L'AME


Par Jacqueline Kelen

Dans sa faillite générale à prendre soin du Vivant, il est dans notre société décadente des êtres fragiles qui souffrent dans leur chair de cette absence de lumière: les anorexiques. Dans un texte d’une grande beauté et profondeur, Jacqueline Kelen propose un point de vue novateur, prenant en compte la vie intérieure, l’âme humaine et ses aspirations profondes. Car les «spécialistes» de la question, étant étrangers à toute vie spirituelle, ne peuvent pas comprendre les profondes frustrations de la jeunesse occidentale.



Ils cherchent la roseraie et on leur indique le chemin de l’hôpital. Ils déplient leurs ailes encore fragiles et on les enferme pour les gaver. Ils rêvent de perfection et d’idéal et on leur parle de problèmes et de thérapie. Ils se sentent singuliers, ardents, et on les ravale au niveau de malades mentaux, de névrosés quelconques. Mais ils résistent, ils tiennent bon : leur âme a hâte de respirer le parfum délicieux que répandent les roses lointaines.

Ces adolescents sont désignés par un terme clinique qui en dit long sur l’échelle de valeurs d’une société : comme ils ne mangent presque pas et qu’ils maigrissent à vue d’œil, on les taxe d’anorexie - un mot venu du grec et signifiant «absence d’appétit». Comme s’il n’existait que la faim du corps, le besoin d’ingérer des nourritures. Eux, ils aspirent à se détacher des contingences terrestres, à s’élever au-dessus des conduites communes. Et par cette désaffection des choses matérielles, par ce détachement radical, ils mettent en question le monde dans lequel ils se sentent à l’étroit, ce monde que l’on dit riche, en pleine croissance, satisfait de ses biens de consommation et qui se montre si opaque dans sa réplétion.

On parle beaucoup de la faim dont souffrent diverses populations de la planète, et des organismes humanitaires, des associations caritatives tentent d’y remédier, ce qui est tout à l’honneur de l’homme. Mais cette famine visible et dont nous sommes tous informés ne saurait recouvrir ni évacuer le problème crucial de la faim spirituelle, de la soif de beauté et de transcendance dont le monde occidental se trouve accablé et qu’il continue de nier. Oui, aujourd’hui, en Occident mais aussi dans les pays occidentalisés, des jeunes gens s’épuisent et meurent de cette faim non reconnue. Ils s’avèrent de plus en plus nombreux mais personne ne veut admettre ce dont ils souffrent, personne ne veut entendre le cri qu’ils lancent dans ce désert spirituel que la société moderne a créé très minutieusement.

Imaginons, en effet, que dans notre pays une adolescente se mette un jour à ne plus s’alimenter tout en continuant une vie active et studieuse. Les parents s’inquiètent, menacent, forcent la jeune fille à manger et essaient de la raisonner. Comme elle persiste dans sa conduite et s’amaigrit, les parents la conduisent chez un médecin ou, mieux, chez un spécialiste de la nutrition ; et si son cas ne s’améliore pas - puisque désormais elle est cataloguée comme «malade» -, on l’emmène chez un psychiatre ou un psychothérapeute. Là, le verdict tombera : l’adolescente est atteinte d’une maladie mentale (ou psychique, ou nerveuse), elle est «anorexique». Dès lors, elle sera prise en main, c’est-à-dire nourrie de force, et à ce traitement brutal on adjoindra des remèdes chimiques et des entretiens psychologiques.

A ce stade quasiment irréversible, la jeune fille n’est plus de taille à lutter, à faire entendre ce qui la tourmente, ce dont elle a faim profondément. Elle n’a plus le cœur de se battre : après lui avoir assené un diagnostic psychiatrique, le plus souvent on l’a enfermée dans une clinique spécialisée ou dans un service hospitalier afin de la faire grossir. A qui désormais pourrait-elle faire entendre la plainte de son âme ?... Beaucoup de ces jeunes gens choisissent alors de mourir, de quitter définitivement la prison du monde.

Les plus honnêtes, parmi le personnel soignant, parleront d’un échec médical. Mais en réalité il s’agit d’une défaite bien plus grave : d’une totale faillite spirituelle.

Je soutiens que ce qu’on appelle «anorexie mentale» n’est pas une maladie. Que cette étiquette, inventée au XIXe siècle par des cliniciens et des psychiatres, vise à occulter et à juguler la dimension spirituelle présente en chaque être humain mais dont certains sont davantage conscients.

Les jeunes gens qui s’affament souffrent terriblement mais ils ne sont pas malades, au sens prosaïque du terme. Et ils me touchent immensément : c’est d’abord à eux que ce livre s’adresse. Je les comprends. Leur sentiment d’exil, leur goût de la perfection, leur soif d’absolu, je les connais depuis ma petite enfance et ne les renie pas. Seulement, au fil des ans et des épreuves, j’ai trouvé des parades plutôt que des remèdes : l’étude, la création littéraire, la recherche intérieure. Grâce à la poésie, aux livres, à la musique, grâce aux oeuvres d’art et aux textes sacrés des diverses religions, j’ai appris que ce n’était pas un banal mal de vivre mais un désir éperdu de beauté, de lumière, une aspiration à l’infini. Ainsi cette nostalgie ou soif de l’âme que je ressens toujours vivement et dont je ne veux surtout pas être dépossédée se révèle une porte ouvrant sur un monde magnifique, irremplaçable mais non point achetable ; sur le monde de l’Esprit, au fond le seul réel, qui éclaire l’aventure terrestre jusqu’à son accomplissement.

Au royaume de l’Esprit chacun peut avoir accès : par le silence et le recueillement, par une rencontre amoureuse, un partage de cœur à cœur, par une émotion esthétique, mais aussi par une épreuve, par la souffrance. C’est pourquoi j’estime criminels ceux qui s’ingénient à ruiner la conscience de l’homme - ce «prodige de la nature» que chante Sophocle par le chœur d’Antigone, ce «miracle» célébré par les humanistes de la Renaissance. Je n’aime pas ceux qui coupent les arbres à la racine, ceux qui tuent systématiquement les oiseaux.

Oui, je suis du côté de ces jeunes gens affamés d’idéal mais qui ne perçoivent pas clairement l’origine de leur mal. Je les soutiens dans leur quête héroïque mais non dans leur refus de s’alimenter. Ils m’apparaissent comme l’«écharde dans la chair» d’une société repue, comme un cri déchirant la torpeur et la satisfaction générales. Et le traitement qu’on leur réserve est souvent trop injuste.

Ceux qu’on persiste à désigner comme des anorexiques souffrent non pas d’une maladie ordinaire mais d’un tourment métaphysique. La nostalgie de l’âme n’a rien à voir avec un trouble du comportement, avec un dérangement psychique ou hormonal, rien à voir avec la nutrition. Cela se passe à un autre étage, en un lieu plus subtil, plus élevé. Loin de l’hôpital et du cabinet du psy. Au niveau de la roseraie.

Leur quête de dépassement de soi paraît insensée à la plupart des contemporains et à juste titre elle fait peur par les effets ravageurs qu’elle entraîne. Mais elle n’en demeure pas moins une quête spirituelle qu’il s’agira d’alimenter au lieu de nier. Encore faut-il prendre en compte la réalité invisible qu’est l’âme.

Je me suis demandé à quand remontait cette conspiration contre l’âme, contre la dimension spirituelle de l’être humain. Il y eut dans toute l’histoire de la philosophie une pensée matérialiste, illustrée par exemple par Démocrite, Épicure ou Lucrèce dans l’Occident antique. Or, elle n’induisait pas une intolérance à l’égard des autres croyances et pratiques et elle ne niait pas l’existence des dieux mais insistait sur la vertu et sur la liberté de l’homme sans référence à une puissance supérieure ou à une providence. Mais jamais, semble-t-il, avant le milieu du XIXe siècle ne fut mené ce combat acharné contre les aspirations spirituelles de l’homme et contre le nom même de l’âme.[...]

La lutte contre l’âme trouva à la même époque un important relais chez les médecins dits aliénistes [...] qui fondèrent en Europe l’institution psychiatrique, puis chez les inventeurs de la psychanalyse, Freud en premier. Pour celui-ci, la religion est une «névrose universelle», toute aspiration de l’homme à la beauté, à l’amour, à l’éternité se voit ravalée à la «libido «, aux pulsions sexuelles, et l’âme est répudiée en faveur de l’inconscient. [...] En même temps, les aliénistes, suivis par Freud, mettent au point le vocabulaire pathologique (paranoïa, schizophrénie, narcissisme, anorexie...) qui désormais doit rendre compte de toute la vie intérieure de l’homme. Il n’y a plus de mystiques, seulement des «hystériques», de pauvres femmes qu’un Charcot exhibe à la Salpêtrière lors des leçons qu’il donne vers 1870 et auxquelles il convie la bonne société comme à un spectacle divertissant. Il n’y a plus d’extase ni de ravissement, seulement de l’angoisse et de l’hystérie, comme l’ont décrété ces autorités masculines. C’est ainsi qu’aujourd’hui, tristes héritiers de cette vision morbide de l’humain, nous nous trouvons dans l’incapacité de comprendre tout ce qui relève de l’ascèse, de la purification, du combat spirituel, de l’éveil de conscience. Sur toutes les conduites est plaqué un jargon psychopathologique qui remonte au XIXe siècle et qui fait fi aussi bien d’une philosophie millénaire que des traditions spirituelles les plus anciennes. Or, ce vocabulaire psychiatrique est non seulement inadéquat pour parler du monde de l’âme mais surtout il bâillonne une réalité essentielle dont des millions d’hommes dans leur vie et par leurs œuvres ont témoigné. Voilà pourquoi les jeunes gens étiquetés anorexiques ne peuvent être ni compris ni vraiment soignés: pour aborder le mal dont ils souffrent, il faut disposer d’instruments appropriés. On n’attrape pas une libellule avec un piège à loup...

Si l’on dresse rapidement une liste des maux divers dont sont atteints les jeunes du monde occidental, on énumérera : la violence et la délinquance en progression constante, l’usage de la drogue, du racket, des armes, le jeu du foulard, les sévices et agressions commis contre des personnes de tout âge, y compris des enfants, les voitures incendiées, les vols à l’arraché... Et surtout, ce qu’on garde sous silence, les suicides de plus en plus nombreux : en France, par exemple, avec 12 000 suicides par an, c’est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes gens de quinze à vingt-quatre ans.

Pour faire baisser le nombre d’accidents de la route qui causent bien moins de morts que les suicides de la jeunesse, on parle de prévention, on met en place des programmes d’intervention. Mais qui ose parler ouvertement de ce terrible mal qui frappe des adolescents désenchantés, sans espoir ? De temps à autre un colloque est organisé, qui réunit des «spécialistes» de la question, à savoir : des psychologues, des médecins, des éducateurs, des travailleurs sociaux. Toujours la même brochette. Et le malaise, les suicides ne régressent pas.

Je me souviens d’une conversation que j’eus un jour avec Marie-Madeleine Davy, à qui je téléphonais régulièrement. Nous en vînmes à parler du suicide des adolescents et elle qui avait traversé tout le XXe siècle, qui connaissait si bien la philosophie médiévale et la ferveur des mystiques, me dit en baissant la voix : «Je ne devrais pas dire ça, mais je les comprends...»

Arrêtons de parler, pour nous rassurer, de problèmes familiaux et sociaux lorsque la violence, la délinquance et le suicide des adolescents s’accroissent dans un monde si douillet et en progrès constant. Arrêtons de faire des rapports d’expert, d’instaurer des commissions, de déléguer policiers, éducateurs et psychologues pour répondre au malaise profond qu’éprouvent tant de jeunes gens. Cessons aussi de croire tous ceux qui viennent vendre un nouveau «projet de société» ou mettre en place une nouvelle institution spécialisée. Oui, arrêtons enfin de tout mesurer à l’aune du social et de l’économique - en réclamant plus d’argent, plus d’aide, plus de logements, plus de personnel éducatif, etc. - ou de faire appel à la «citoyenneté», à la «solidarité», et autres termes généraux.

Je soutiens qu’il s’agit avant tout d’un problème spirituel que la société moderne s’entête à nier avec la dernière énergie. Tant que la dimension spirituelle de l’être humain sera bafouée, non reconnue, le malaise gagnera toutes les couches de la société. Tant que l’on s’évertuera à calmer des symptômes au lieu de se tourner vers l’intérieur, vers ces ramifications de l’âme que le philosophe Heraclite disait si profondes, on restera dans l’erreur et dans l’impuissance. Même la «fracture sociale» dont parlent certains hommes politiques me semble de peu de poids par rapport à la terrible coupure d’avec le sacré dont le monde occidental est marqué. Je ne minimise pas ici ce qu’on dénomme l’exclusion, j’affirme qu’elle est une des conséquences de notre amnésie spirituelle, une des manifestations cinglantes de l’éradication de l’âme.

Les adolescents qui se suicident ou qui se passent de manger, ceux qui recourent à l’évasion des drogues et de l’alcool, sont souvent loin d’être des exclus : ils ont une famille, un logement, de l’argent et font des études, ils reçoivent des soins de santé. Extérieurement, ils sont tout sauf défavorisés. Pourquoi donc ne se contentent-ils pas de cette simple «survivance» ? Qu’est-ce qui, en eux, parle plus fort ?

Je réponds : l’aspiration à la transcendance.






Jacqueline Kelen



Presses de la renaissance


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MessageSujet: Hommes au bois dormant   Mar 29 Mai 2007, 09:50

Hommes au bois dormant
Par Jacqueline Kelen


Citation :
Note d’Ambre : Jacqueline Kelen est mon auteure préférée et parle de la vie, de la mort et de l’amour avec une infinie justesse... une infinie clairvoyance...je vous partage donc ce texte avec bonheur.

Jacqueline Kelen dévoile l'absence d'amour vrai qui régit les rapports
hommes-femmes.
Ce n'est plus Jean dit le Baptiste qui aujourd'hui crie dans le désert et tente de frayer de nouvelles voies, c'est une femme assurément, la femme de toujours, la femme du commencement, libre et puissante, généreuse, et par là même faisant peur à tous ceux qui ne savent que prendre, posséder, et 'de l'amour ne connaissent que la sécurité ou la violence.
Elle n'a rien à perdre, cette femme, car elle est la nomade, la passante, et de la vie ne retient que les mutations et les résurrections. Mais parfois la tristesse lui vient : jusqu'à quand l'amour sera-t-il ainsi profané, ridiculisé ? Jusqu'à quand les hommes vont-ils faire du corps une marchandise et un objet, de la sexualité une théorie qui ne guérit rien, et de l'amour une chanson bêtifiante bonne pour les magazines féminins ? Jusqu'à quand les êtres humains vont-ils persister à se mépriser ainsi, au lieu de voir la lumière dont ils sont porteurs ?
Au troisième millénaire, on continue de se comporter selon des schémas préhistoriques (la force, la loi de la jungle... ) ou des conventions morales et sociales qui sentent le XIXe siècle bourgeois. Et depuis qu'en Occident on a inventé l'amour courtois, au XIIe siècle, qu'on s'est empressé d'oublier car l'idéalisme comme l'amour sont exigeants - on patauge dans un remugle d'idées toutes faites, de facilités désolantes de conformisme, et de pulsions plus ou moins digérées et assumées. Jamais on n'a tant parlé de sexe, jamais on n'a vu autant de corps nus s'étaler sur les affiches, et jamais l'amour ne s'est aussi mal porté !
La pornographie, le Minitel rose et leurs tristes clients montrent à quel point l'amour fait peur et le corps de la femme aussi : on tâche alors de les réduire, de les mettre en codes, de faire d'eux une "fonction", une "technique", et de faire taire en eux ce qui crie l'éternel.

Le prêtre :
- A quelle partie de son corps
faisiez-vous le plus souvent allusion ?
Le jeunne homme :
- A Dieu
Artaud
Si l'amour fait si peur, c'est en particulier qu'il requiert le Iâcher-prise, l'abandon de soi, la confiance éblouie, absolue : au regard d'une société matérialiste il ne peut être considéré comme une "valeur sûre". Et puis, il a l'horrible défaut d'être là, d'être donné et, pour une société marchande, le gratuit est intolérable. Et comme par nature (par énergie ), il est immense et excessif, comme il déborde les fragments d'existence que nous représentons, on cherche à piétiner ce qui nous dépasse ou on fuit à toute allure de peur que le cher-petit-moi ne soit pris de vertige.
Signe des temps : lorsqu'il s'agit de s'engager, de témoigner, de parler d'amour ou pour l'amour, les hommes étrangement se taisent, et on demande aux femmes d'entonner leur chant passionné ou insolent, d'aller dans l'arène, ou de dire tout haut ce que tant d'autres n'ont même pas le courage de ressentir. A quoi bon répéter que l'énergie sexuelle peut être une force rayonnante, que le corps est infiniment admirable et respectable comme lieu d'épiphanie et de réalisation, ou que l'amour humain est initiateur, à quoi bon répéter cela si personne n'écoute parmi les tièdes spectateurs, ou si personne ne se met en route, décidé à se transformer ? ... Je connais trop les pièges de la parole, trop la satisfaction des intellectuels qui croient avoir résolu un problème parce qu'ils ont fait un colloque sur ce thème, je me méfie trop des théories et des concepts, pour y laisser emprisonner la vie, l'amour. Au fond, il est juste que l'amour échappe à ceux qui ne vivent ni dans leur corps ni dans le présent ni dans le silence.
Comme femme passionnée, et toujours bonne pour aller dans l'arène ou pour crier dans le désert, j'ai l'impression de vivre dans un monde de pIeutres, de lâches et d'impuissants. Ingmar Bergman faisait dire à un de ses personnages de film que "nous sommes des analphabètes du sentiment", on peut aussi ajouter que nous sommes dans l'ensemble des impuissants du coeur ou des fonctionnaires de l'amour. J'entends beaucoup de personnes,
de tous milieux et de tous ages, déclarer qu'on ne les écoute pas, qu'on ne les aime pas, qu'on ne les aide pas, mais leur vient-il à l'idée (au coeur) qu'elles-mêmes peuvent aider, écouter, aimer ? Il y a foule de plaintifs, se disant "mal-aimés", mais il y a surtout pléthore
de "mal-aimants".
Je n'ai pas envie de faire une fois de plus l'éloge du féminin ou de faire rêver sur les figures d'initiatrices que furent Marie-Magdeleine, IsIs, Sché- hérazade ou la Reine de Saba. Il me parait plus important, et maintenant urgent, de susciter une parole, un témoignage, une sensibilité du côté des hommes : comment vivent-ils, eux, la nécessaire mutation et s'ils ont soif de bouger, d'inventer, de créer - non plus dans la technique, la mécanique, mais dans la vie intérieure et dans l'amour ?
Qui a imaginé le conte de La Belle au bois dormant, de la jeune fille passive attendant que le courageux prince la réveille ? Dans nombre de traditions, c'est la femme (le principe féminin) qui anime, éveille, réveille ; c'est la femme (Reine) qui va au-devant de l'homme, qui va le tenter, le séduire, le dérouter, lui faire perdre tête, ou le ressusciter. Notre époque actuelle est celle de l'homme au bois dormant, de l'homme qui attend, qui n'ose pas un geste, ou dont les sentiments sont pris en glace. Sur un plan très extérieur, mais révélateur, les hommes ne "draguent" plus, ne sifflent plus sur une femme qui passe : comment dès lors espérer qu'ils pourront courtiser, conquérir à la manière du chevalier, du troubadour ? Comment seront-ils capables de dire à une femme "je t'aime" si déjà l'apparence féminine
les glace à ce point ?
L'homme au bois dormant se recroqueville, et je crains qu'il n'attende même pas une Belle : il préfère jouer au Minitel, feuilleter des revues érotiques. Ça n'engage pas, on en reste aux fantasmes, au désir d'un jour, tout ça est bien propre, bien ordonné, bien tranquille.
Tandis que l'amour, quelle force bouleversante, quelle folie, et quelle exigeance surtout !
Une exigeance de transformation, de maturité, de liberté.
Je me demande si de nos jours il existe des mythes masculins viables, ou des figures masculines "héroïques" auxquels les hommes pourraient s'identifier. Plus personne ne vibre au mythe d'Héraclès, à peine à ceux de Faust, de Don Juan, de Don Quichotte, de Perceval. Les chevaliers, les fous épris d'idéal, ont-ils tous disparu de la planète ? Va- t-on se contenter des mannequins bronzés qui font de la publicité pour sous-vêtements et autres broutilles ? Faudra-t-il exhumer de sa jungle ce brave Tarzan : cervelle assez étroite, mais fort, courageux, et plutôt viril ? ...
Les héros sont fatigués ou n'osent plus se montrer . Est-ce la faute des féministes agressives, des revanchardes ? Ont-ils trop peur de passer pour "machos", ou simplement d'être des hommes ? Ou sont-ils en perte d'identité et hésitent-ils encore à muter, à se
mettre au monde ?
Tout de même, elle a eu de la chance, la Magdeleine : elle a rencontré homme aussi fou qu'elle, et aussi épris d'absolu. Et la petite Reine des sables, qui a voyagé jusqu'à Salomon pour lui poser des énigmes et lui faire oublier sa sagesse ! Isis s'est affrontée à la mort et à Seth, le meurtrier, tandis que Schéhérazade tenait tête à un affreux misogyne, au demeurant Sultan de Badgad, pendant des myriades de nuits. Tout de même, elles avaient de la chance : elles avaient un homme en face d'elles, un homme à dérouter, à enchanter, à vaincre ou à aimer, un homme qui acceptât ce risque, cette rencontre, d'une nuit ou d'une vie.
Aujourd'hui, la Belle se désole : non parce que le Prince charmant n'arrive pas, mais parce qu'il n'y a même pas à l'horizon un Dragon, un Grand Méchant Loup, un Ogre, bref quelqu'un avec qui faire un brin de conversation. Les uns fuient vers l'action débordante, l'activisme, les autres vers une pseudo-spiritualité qui les rend impalpables et désincarnés (de corps et de coeur), d'autres s'accrochent de toutes leurs forces au pouvoir, à l'ambition sociale, au règne de l'argent, et puis demeure le petit noyau des intellectuels, souvent atteints de logorrhée, qui sont brillants et prennent cela pour la lumière du dedans...
Quand comprendront-ils, tous ceux-Ià qui s'agitent loin de l'essentiel ? Quand oseront-ils s'arrêter, se poser, faire silence, et rire aussi ? Quand déposeront-ils leur armure de faux chevalier pour entendre ce que murmure, inlassable, leur coeur ?
Fuite du corps, fuite du coeur : là sont les deux blessures qui empêchent l'être humain d'ETRE et notre planète de verdoyer. La Terre. Gaste est d'abord en nous, mais le Graal aussi. Il suffit parfoIs d'une minute de véritable attention, de véritable soif, pour que le Roi blessé cesse de geindre et se mette debout, en marche. •

pour ceux qui veulent découvrir cette grande dame de l ecriture:
Diplômée de lettres classiques, Jacqueline Kelen a été productrice d'émissions à France-Culture pendant vingt ans et anime depuis une quinzaine d'années des séminaires d'expression orale et de communication dans l'enseignement supérieur, pour des jeunes âgés de 18 à 25 ans. Jacqueline Kelen consacre la plupart de ses livres et de ses séminaires au déchiffrement des mythes de la tradition occidentale et à l'étude de la voie mystique. Parmi ses ouvrages à succès, on peut citer 'Aimer d'amitié', 'La Déesse Nue' et 'L'Esprit de solitude', qui a obtenu le prix Alef 2002 des libraires du mieux-être et de la spiritualité.
http://perso.orange.fr/aa.duriot/incoherisme/kelen1.htm


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MessageSujet: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mar 29 Mai 2007, 18:14

La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu





John-Baptiste-Valadie-Femme-Fleur-

On connaît sa plume -elle a publié une trentaine d’ouvrages -, on ne connaît pas la femme. Le dernier livre de Jacqueline Kelen,"Divine Blessure", donne le prétexte pour passer de l’autre côté du rideau. Quelle femme se cache derrière cette “guerrière de l’absolu” ?




Nouvelles Clés : Quelle petite fille étiez-vous ?

Jacqueline Kelen : Je me retourne rarement sur le passé. Je n’ai, en particulier, aucune nostalgie ni de mon enfance ni de mon adolescence. Pour moi, l’existence commence à être intéressante à partir de trente ans. Avant, tout n’est qu’imitation et balbutiement. Je n’ai pas non plus l’esprit de famille, les liens du sang m’importent peu. Dès l’enfance, je me sentais une ascendance non terrestre, beaucoup plus précieuse. Mes parents me confortaient en disant : “cette petite ne nous ressemble pas, ce n’est pas nous qui l’avons faite” ! (Rires). J’étais une enfant solitaire et heureuse de l’être. Je lisais énormément. J’annotais et commentais mes Babar ! Il me semblait que j’avais déjà mille ans, que je venais de bien plus loin que du jour de ma naissance. Cette sensation m’étonnait. Je suis également née avec la grâce de la foi, cette confiance totale dans la bonté de Dieu. Par chance, la religion ne me l’a pas fait perdre et, malgré de nombreuses épreuves, je n’ai jamais douté de cet amour total venant de la divinité. J’avais une passion pour l’étude. C’est, du reste, le génie de la tradition hébraïque : les juifs interrogent inlassablement les textes, les commentant, car il en va de la liberté humaine. Il me semble que les catholiques devraient étudier et se cultiver davantage, au lieu de répéter des formules et de se contenter des réponses du catéchisme.




N. C. : Quelles relations aviez-vous avec vos semblables ?

J. K. : Grâce aux livres, j’ai très vite rencontré des personnages immenses comme Ulysse et Don Quichotte, des auteurs d’envergure tels Platon, Chrétien de Troyes, Dante ou Giordano Bruno. Je me suis dit : “Ma famille, ce sont les artistes et les philosophes, les grandes amoureuses, les personnages héroïques.” Ce sont eux mes contemporains. Mais cela a créé une coupure irréversible : je me sens souvent éloignée des gens de notre époque. Adolescente, en regardant les humains marcher dans la rue, je me faisais cette réflexion étrange : “Il y a peu d’êtres vivants”... Pour ma part, je vivais avec le Christ, mais aussi avec les chats, les fleurs, les rêves, les poètes. Je me suis très tôt sentie oiseau de passage, exilée en ce monde.




N. C. : Comment et quand est née votre attirance pour les mythes ?

J. K. : J’ai suivi une formation de lettres classiques qui m’a permis de rencontrer très tôt les mythes fondateurs de l’Occident. Mais le chemin s’est fait progressivement et l’étude des mythes s’est accompagnée de la lecture incessante et passionnée des mystiques - égyptiens, tibétains, chrétiens, soufis ou juifs,... Tous me nourrissaient et m’éblouissaient. Tous parlaient d’une même saveur de Dieu et convergeaient au sommet. J’étais attirée par cette pointe de la pyramide. Le langage des sages et des mystiques est universel dans sa diversité, contrairement au langage unique de la mondialisation qui réduit et appauvrit. À leur façon, les mythes sont inépuisables, éternellement jeunes, parce qu’ils sont reliés à la Source. Il en va ainsi de toute parole prophétique.




N. C. : Quels sont les premiers mythes que vous ayez rencontrés personnellement ?

J. K. : Je ne me destinais pas à l’écriture mais à l’enseignement. La vie en a décidé autrement. Deux sujets se sont imposés à moi, en songe : Salomé et Marie Madeleine. Je fus d’abord fascinée par les récits de David face à Goliath, de Judith et Holopherne ou encore de Salomé avec Jean Baptiste. Ce thème de la décapitation m’intriguait et me troublait, j’ai mis quelque temps avant de comprendre qu’il s’agissait d’un rituel d’initiation, avec passage du seuil, soumission du mental, coupure irréversible... En travaillant sur ce sujet, je me suis retrouvée en plein mythe du Graal ainsi que dans la littérature alchimique : la tête coupée, caput mortuum (ou tête de corbeau), désigne en effet l’Œuvre au noir, première phase de l’œuvre alchimique... Pour me libérer de ces images, pour les éclairer aussi, je me suis mise à écrire, bien que ce projet soit resté inachevé.




N. C. : Vous avez écrit une trentaine d’ouvrages, dont certains sont traduits jusqu’au Japon ou en Corée. La femme, son mystère et sa vocation reviennent toujours...

J. K. : Mon second rendez-vous personnel avec les mythes s’est fait à travers le personnage de Marie Madeleine. Élevée dans la religion catholique, on me l’avait présentée comme une prostituée et une pécheresse repentie. Or, les poètes et les peintres la montraient comme une reine... Je ne comprenais pas où avait eu lieu la scission et j’ai cherché du côté des Évangiles apocryphes, très difficiles à trouver à l’époque, car interdits par l’Église de Rome. Dans ces lectures, j’ai rencontré une femme de lumière, éveilleuse, une femme qui avait part à la Connaissance spirituelle.

Dans les Évangiles officiels, Marie de Magdala garde le silence, mais dans les Évangiles secrets, elle transmet une parole prophétique, c’est-à-dire impérissable, toujours verdoyante, une parole qui fait danser les montagnes... Alors jeune éditeur, Marc de Smedt a eu un véritable coup de cœur pour mon manuscrit et l’a publié en 1982. Je lui en garde une immense gratitude. Marie Madeleine a le rôle difficile, sans cesse contesté, d’éveiller le cœur de l’homme et c’est, pour moi, la nature profonde de la femme. Inlassablement, celle-ci doit parler et témoigner dans sa chair de l’amour. De cet amour qui se rit du temps et de la dégradation, qui est connaissance et ouverture à l’infini.




N. C. : L’amour, celui qui “élargit l’espace de notre tente”, pour paraphraser Isaïe, est votre grand thème...

J. K. : C’est la question essentielle et la source de toutes choses !... Aujourd’hui, trop de femmes ne cherchent plus l’amour mais un homme dans leur vie. Aimer fait peur, c’est une expérience qui envahit tout l’être, le bouleverse, le déborde et le dépouille. Comme le disait Thérèse d’Avila : “L’amour est dur et inflexible comme l’enfer”... Ainsi, Marie Madeleine croit absolument et aime absolument. Il n’y a pas ici de demi-mesure. Elle aime Jésus jusqu’au bout, même lorsqu’il est bafoué, trahi, agonisant et défiguré sur la croix. Elle est fidèle à cet amour, follement fidèle. Comme elle, j’ai le sens de l’amour total, donné une fois pour toutes. Si l’amour vient du cœur, s’il est mieux qu’un sentiment, un engouement et un désir physique, il dure par-delà le conflit, la séparation, le trépas. Aimer est une grâce et une gravité.

Mais prendre le risque de l’amour, ce “beau risque”, comme le disait Socrate à propos du mythe, agrée aux cœurs libres.

Une femme, tout particulièrement, devrait inviter à cette aventure chevaleresque et à cette passion qu’est l’amour. Quand on considère le code de le Fin’Amor (“parfait amour”) des xiie siècle, quand on lit les poèmes et les romans courtois du XIIe et XIIIe siècles ainsi que les récits mystique des Fidèles d’Amour persans, c’est toujours la Dame - une femme “sage et belle”, autant dire éveillée - qui inspire et oriente chevaliers et troubadours dans leur quête.

La Dame est la manifestation d’un amour infini, céleste, elle en est aussi la médiatrice.

Toute femme devrait être consciente de ce rôle souverain. De nos jours, on a tendance à oublier que l’amour humain est d’abord une union mystique des âmes et des esprits. Ensuite seulement, et comme de surcroît, l’union des corps peut s’accomplir, tels un cantique et une prière. En s’affairant uniquement dans le sexuel, notre époque a tout inversé et tout saccagé ! Selon le Fin’ Amor, né en pays d’Oc, les amants courtois vivent le « long désir », une approche infinie où jouent les affinités du cœur et des rêves : ils ont tout le temps puisque l’amour est éternel ! Dans cet art d’aimer - qui n’est pas révolu - il y a toujours trois présences : l’homme, la femme et le mystère de l’amour. Il y va de notre honneur de nous rendre digne de ce mystère, de nous affiner, de nous élever jusqu’à lui. Pour ma part, je vais au combat sans relâche pour sauver la beauté et le mystère de l’amour. C’est ma tâche de “guerrière spirituelle” qui consiste à répondre de l’Amour en un monde qui le profane et le crucifie...




N. C. : Vous dénoncez la façon dont le monde abîme l’amour, mais vous allez plus loin : dans votre dernier ouvrage, Divine Blessure, vous faites un éloge de la blessure qui rend vivant.

Le ton de votre livre est totalement à contre-courant de vos contemporains qui essaient, par tous les moyens, de se soustraire à la souffrance...

J. K. : Beaucoup d’auteurs ou de conférenciers parlent de réconcilier le masculin et le féminin. Les mythes me proposent autre chose, d’ordre vertical : l’union entre ma nature mortelle, humaine ; et ma nature immortelle, divine. Cette tâche qui nous est impartie ouvre une blessure en nous, nous rappelant une blessure ancienne, ontologique. Or, précisément, profondément, cette blessure est ce par quoi le fini peut s’ouvrir à l’infini. Aussi, je trouve beau de se sentir blessé, c’est-à-dire imparfait, en marche, empli de soif. Aujourd’hui, par crainte d’être accusés de dolorisme, nous refusons tout sens à la souffrance et toute valeur à l’épreuve. Nous voulons être indemnes, protégés de tout. Nous oublions que nous sommes mortels, limités. Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d’imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... La vie nous demande confiance, ardeur et humilité. Il n’y a pas de chemin de maturité sans épreuves. Celles-ci sont autant de portes, autant de rencontres qui nous forgent et nous enseignent. Pour moi, une “belle vie” ne consiste pas en une succession de bonheurs, de plaisirs ou de gratifications. C’est une vie remplie de toutes sortes d’expériences, de souffrances comme d’espérances, c’est une vie intense, entière. Avoir une “bonne vie”, c’est tout embrasser, ne rien rejeter, c’est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...




N. C. : Votre vision de la vie est à la fois passionnée et apaisée. Êtes-vous détachée de toute peur ?

J. K. : Je m’interroge peu sur la peur, probablement parce que, depuis l’enfance et grâce à une vie solitaire, j’ai développé mes qualités de courage et de vaillance. Cela permet de faire face aux épreuves et je n’en ai pas été dépourvue ! Je n’ai en particulier pas peur de la mort. Je l’ai frôlée de très près à trente-cinq ans. Cette expérience m’a allégée, délivrée. Devenir vivant me paraît bien plus important ! La planète se dégrade, le bateau coule. S’il est nécessaire que certains hurlent pour attirer l’attention sur le drame qui s’annonce, il est pour moi plus important de s’interroger sur “que sauver ?”.




N. C. : Quels désirs vous animent, vous tiennent debout ?

J. K. : Je suis un être de désir, portée par le désir lui-même ! Nicolas Flamel parlait du “désir désiré”, qui est entièrement gratuit, sans objet, pure flamme. Notre époque est contradictoire : elle est partagée entre la satisfaction immédiate des désirs que nous propose la société de consommation et la méfiance à leur égard, dans le sillage d’un bouddhisme à l’occidentale. Aucune de ces deux attitudes ne me convient. Je me sens une femme qui brûle et qui est brûlée - par l’amour, par l’étude, par la beauté et la douleur, par les rencontres aussi... Il est important de ne pas passer à côté des grandes rencontres, de ne pas s’y dérober, qu’elles s’avèrent heureuses ou pas. Elles sont peu nombreuses sur le chemin. C’est la raison pour laquelle, en amitié, je fais souvent le premier pas. La rencontre exige attention et disponibilité, elle est une élection. La petite fille que j’étais adorait les surprises et aujourd’hui encore, j’aime l’inattendu, tout ce qui peut surgir et surprendre.




N. C. : Henri Gougaud, qui fréquente les contes depuis des dizaines d’années, avoue avoir des “contes amis” auxquels il reste toujours fidèle. Avez-vous des “mythes amis” ?

J. K. : Certains personnages, comme la reine de Saba ou Shéhérazade, me sont chers, mais il est un mythe celtique du Moyen Âge qui contient tout pour moi, c’est celui de Mélusine.

Il y est question de l’amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude. C’est l’un des rares mythes qui évoquent l’histoire conjugale. En effet, le mythe s’intéresse à la quête de soi, non aux formes sociales et temporelles.

Ainsi, une fois le héros réalisé, libre à lui d’être ermite, marié ou en communauté. De même, les notions de maternité et de paternité sont rarement évoquées. La femme-fée Mélusine illumine l’existence de son époux, Raymond de Lusignan. Elle lui a promis de le rendre heureux et prospère, riche et respecté de tous, mais le mariage repose sur un pacte : elle demande une journée pour elle seule, le samedi. Cette condition est judicieuse : l’amour n’est ni la confusion ni la promiscuité, et la vie conjugale doit respecter, et même révérer, le secret et la solitude de chacun des époux. Notre époque se déroule sous le signe de la collectivité, mais l’aventure de conscience, de la quête spirituelle, ne peut se vivre que sous le signe de la singularité.

Un jour, assailli par le doute, le seigneur Raymond de Lusignan rompt l’interdit du samedi et cherche à surprendre le secret de Mélusine. Un peu plus tard, il tiendra des propos insultants à son égard. Mélusine, qui veillait sur cette distance d’étrangeté, d’émerveillement entre eux, va déployer ses ailes et quitter Raymond pour toujours. Leurs adieux, inépuisables, me font toujours monter les larmes aux yeux. Ils ne se combattent pas l’un l’autre ni ne se déprécient, comme on a tendance à le faire lors d’une séparation, mais, au contraire, ils se chantent et se remercient pour tout ce qu’ils se sont apportés l’un à l’autre. Les êtres nobles se séparent sans renier l’amour, ils se quittent mais l’amour ne les quitte pas...

Je me demande : si certains personnages des mythes se haussent à ce niveau de relation, pourquoi nous, au XXIe siècle, n’en sommes-nous pas capables ? La réponse est terrible : nous n’en avons pas envie ! La perfection, le perfectionnement nous effraient. Au début du XVIIe siècle, John Done, le grand poète métaphysicien anglais, s’interrogeait : “Pourquoi ne meurt-on plus d’amour ?” C’est la question que je me pose.

Nous sommes mendiants de l’amour et en même temps, nous sommes si avares de signes de tendresse, de gestes affectueux. L’amour ne paraît plus essentiel aux mortels. C’est peut-être pour cela qu’ils restent mortels !



:50:




tous ces livres ici:  http://www.amazon.fr/s?ie=UTF8&search-type=ss&index=books-fr&field-author=Jacqueline%20Kelen&page=1


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MessageSujet: L'esprit de solitude   Sam 23 Juin 2007, 09:07

...je vous partage souvent des extraits de livres de Jacqueline kelen ...une femme qui m a "défoncé" le coeur dans tous" les sens "du terme comme j aime à le répéter...
...alors voilà je vous propose un extrait du premier livre que j ai lu d elle,lu et relu avec beaucoup de larmes de chagrin,d émotion,de douceur et enfin de bonheur!

bien à vous et bonne lecture:
le livre


L'esprit de solitude


Pour la plupart des contemporains, la solitude est ressentie de façon négative : on la confond avec l'isolement, le manque, l'abandon. Et la société veille à empêcher que l'être humain ne se retrouve seul, face à lui-même. Or la solitude choisie est loin d'être un enfermement, une pauvreté : c'est un état d'heureuse plénitude. Non seulement parce qu'elle offre la clef de la vie intérieure et créative, mais parce qu'elle est disponibilité et chemin d'apprentissage de l'amour. Il n'est pas de liberté de l'individu sans ce recueillement de la pensée, sans cet ermitage du coeur. Pourquoi tant de philosophes, d'artistes, de saints et de mystiques furent-ils de grands solitaires ? Quelle force, quelle inspiration puisèrent-ils dans une vie d'austère apparence ? Et pourquoi notre monde lutte-t-il avec tant d'ardeur contre un état propice à la connaissance de soi ? Jacqueline Kelen invite ici chacun à découvrir son immense liberté.

Jacqueline Kelen

Ed. La Renaissance du livre, 2000

Pourquoi faire l'éloge de la solitude ?
J. Kelen : La solitude est un thème éminemment humain et dans un même temps, terriblement repoussé. Car on associe le plus souvent la solitude à l'isolement, à la séparation, au deuil, à l'abandon et donc à une grande forme de détresse. La solitude ressemble donc à un épouvantail monstrueux qu'il faut fuir à tout prix. Dans notre société, il n'est pas “normal” de rester seul(e), d'en être heureux, tout comme cela paraît suspect de ne pas vouloir d'enfant. Car beaucoup ne réalisent pas que choisir la voie solitaire, ce n'est pas vivre comme une âme en peine, abandonnée de tous.

De mon point de vue, c'est la solitude qui nous fait passer du statut d'homme mortel à celui d'être humain. Car elle nous met en contact direct avec nous-mêmes et nous offre un accès privilégié à notre richesse intérieure. Elle nous offre l'opportunité de nous découvrir, de rendre chacun d'entre nous unique et de nous ouvrir pleinement aux autres. Elle nous délivre de l'isolement, en nous faisant passer du “moi”, conditionné et dépendant car toujours en rapport aux autres, au “je” libre et responsable.
La solitude est notre maturité.

Comment apprendre à “positiver” sa solitude ?
La solitude est souvent perçue comme une épreuve quand on l'expérimente après une rupture, un abandon, un deuil. Alors plutôt que de tenter de la fuir, il faut faire face et traverser cette épreuve. En se disant que c'est l'occasion d'une rencontre avec soi et une ouverture sur tous les possibles. Au lieu de penser que l'on ne peut plus rien faire, que l'on devient inutile parce que l'on est seul, il faut au contraire plonger au plus profond de soi pour découvrir toutes les richesses que l'on possède.

Pour ce faire, je conseille souvent d'écrire. D'écrire dans un carnet ou un cahier, toutes les choses que l'on aimerait faire ou vivre, tous les rêves qui nous habitent sans laisser s'installer le barrage du rationnel.
Et interrogez-vous sur ce qui vous en empêche. C'est bien souvent le regard des autres. Prenez alors conscience que c'est vous qui créez votre vie, qui en êtes responsable, et non les autres. La solitude nous offre cette belle leçon : il faut d'abord attendre de soi et non des autres. Il faut d'abord savoir compter sur soi et s'aider soi-même. Et les autres viendront vers vous car ils ne seront pas là pour, en premier lieu, combler vos manques ou animer votre vie.

Est-il important de se ménager des moments de solitude quand on vit en couple ou en famille ?
Oui, car il est toujours important de garder le contact avec soi-même. Quand on vit en couple ou en famille, on finit trop souvent par croire que l'on n'existe plus sans l'autre. Il est donc important de cultiver son jardin secret, de prendre du temps pour soi sans culpabiliser (ce n'est pas un acte égoïste ! ), voire de se ménager un petit territoire bien à soi dans l'espace géographique familial.

Une autre façon de se retrouver avec soi-même peut passer par la méditation. Le simple fait de rester chaque jour, assis un quart d'heure sans bouger, les yeux clos, dans le silence, est un formidable moyen de s'enraciner au plus profond de soi-même, et donc dans sa vie. Sans qu'il y ait pour autant d'implication religieuse ou spirituelle. Ce sont juste des retrouvailles intimes, un moment que l'on s'offre pour s'écouter, se comprendre, se recentrer. Et d'une certaine manière, se respecter.

extraits:


"Mieux vaut être seul que mal accompagné", disait au XVe siècle Pierre Gringoire. Cette parole devenue proverbiale est loin d'être suivie et le monde moderne, empli de technologies et vide de chaleur humaine, pousse plutôt à rechercher un nid de tendresse ou l'appui d'un groupe. "Tout plutôt que d'être seul" serait la devise actuelle. C'est le début de la lâcheté, de la compromission. Le principal défaut de toute vie collective tient à la considérable déperdition d'énergie qu'elle induit, avec le gâchis de temps qui s'ensuit. Chaque individu perd en intensité ce qu'il acquiert en sécurité. Et cela vaut pour l'habituelle vie de famille, réconfortante et épuisante.

Pour les personnes qui ont choisi de vivre en couple, il semble indispensable que chacun ait un lieu, des moments rien qu'à lui; une pièce réservée où nul autre ne pénètre; des amis qu'il continue de voir en particulier. Afin d'éviter toute confusion. Le défi que propose toute vie conjugale consiste précisément à vivre à deux, à être deux personnes différentes et distinctes, non pas une seule, non pas deux moitiés. C'est, au fil des jours et en toute occasion, un rappel permanent à l'altérité et à ce qui en découle: le respect de la solitude de l'autre. Voilà ce que murmurait Mélusine en instaurant une journée de retrait, d'absence, dans la trame de son mariage heureux. Elle ne se confondrait jamais avec Raymondin, lui échapperait toujours; et lui, le Seigneur de Lusignan, si épris, ne serait jamais l'ombre ni le possesseur de l'étrange femme. L'éloignement de la journée du samedi où Mélusine demeure en ses appartements rappelle la distance qui résiste entre deux êtres amoureux, entre deux époux, précieuse distance qui permet le mystère et le désir. Du reste, lorsque Raymondin succombe à la jalousie et va épier Mélusine dans sa cachette, il découvre une créature qu'il ne connaissait pas, une femme qu'il n'avait jamais vue, même dans l'intimité amoureuse. Cette incroyable apparition le trouble et l'effare - moins parce que la jeune femme est dotée d'une queue de serpent ou de poisson que par l'image inconnue qu'elle présente. Celle qu'il appelait son épouse, qu'il croyait familière, se révèle insaisissable - robe de sirène qui glisse dans l'eau, vapeur du bain qui voile et brouille la scène… Merveille et stupeur s'emparent du seigneur bien établi sur ses terres: le désir est inquiet, l'amour perturbe et dépayse, là où une vie en commun tend à banaliser, à rassurer. D'où ce léger flottement qui envahit le cerveau et les yeux du mari trop curieux.

La plupart des mariages échouent ou se déchirent en raison de cette insupportable altérité. lls voulaient ne faire qu'un, tout se dire, partager les mêmes goûts, mettre en commun leurs amis; ils croyaient penser la même chose, ils disaient toujours "nous", ils arrivaient à se ressembler physiquement et ne se quittaient presque jamais. Et puis un jour, au détour d'une phrase, sur un battement de cils, l'autre se révèle tel qu'il a toujours été: vivant. imprévisible, différent. Dans d'autres couples, l'un des deux conjoints a absorbé l'autre et imposé son individualité: la complicité est devenue ligotage, l'intimité s'est confondue avec une permanente intrusion et l'injonction de transparence a scellé la prise de possession.

Lisons une fois encore Rilke: "L'amour ne sera plus le commerce d'un homme et d'une femme, mais celui d'une humanité avec une autre. […] Il sera cet amour que nous préparons, en luttant durement: deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre."

Loin de ce que rêvait le poète autrichien, la société actuelle vit sous le régime du semblable et non du différent. Le clivage en est l'aboutissement terrifiant. Dans la vie sentimentale, chacun cherche son "alter ego", à savoir son reflet, son double, et s'enferme irrémédiablement. Le dialogue, la découverte, l'aventure et l'altruisme ne peuvent exister que s'il y a l'autre, précisément. Comme l'éprouve Rilke, un homme et une femme sont deux planètes entières et distinctes; et ces deux planètes peuvent s'entendre et se rejoindre dans la mesure où elles se reconnaissent tout à fait différentes. La personne que j'aime ne sera jamais un "alter ego", un "autre moi-même": ou elle est un "alter", ou elle est un "ego".

Les mythes d'Occident sont sur ce point très clairs, même si la plupart concernent l'amour plus que la vie de couple. Avant l'émergence de la légende celtique de la fée Mélusine, Ovide nous avait raconté l'histoire belle et touchante de Philémon et Baucis, deux personnes âgées, mariées depuis longtemps. Le mari et la femme sont généreux et pieux. Un jour, ils accueillent des étrangers qui frappent à la porte de leur humble maison et ils leur offrent à manger et à boire tout ce qu'ils possèdent. Le lendemain matin, ces visiteurs se révèlent être des dieux et ils remercient leurs hôtes en leur accordant de réaliser un voeu. Philémon et Baucis demandent alors de pouvoir mourir le même jour. Les années passent puis la mort survient, emmenant les deux époux au même moment. Ces êtres nobles et aimants sont métamorphosés en arbres, selon la fable d'Ovide: non pas un seul arbre mais bien deux, un chêne pour l'homme et un tilleul pour la femme; tout proches et non confondus. Souvenons-nous aussi du Banquet de Platon qui expose les points de vue des différents convives au sujet de l'Amour. Ce sont des hommes qui parlent entre eux, puis vient le tour de Socrate. Et que fait cet illustre ami de la sagesse ? Il annonce qu'il va rapporter les propos entendus jadis "de la bouche d'une femme de Mantinée, Diotime". Cette femme est sans nul doute prêtresse ou pythagoricienne et son autorité est révérée. Or, Socrate qualifie Diotime d'étrangère, ce qui au sens strict peut sembler étonnant puisque la ville d'Arcadie se trouve à une centaine de kilomètres d'Athènes. Le philosophe nous donne donc à entendre une distance symbolique, une figure l'altérité. Au beau milieu d'un banquet entre hommes - le discours de Diotime se trouve exactement au centre de l'écrit platonicien - surgit une femme: un autre monde et une parole tout autre. Une femme qui parle d'un sujet que tous croient connaître et qui se révèle si peu familier, si peu accessible: l'Amour. Et c'est par sa qualité d'altérité que l'Amour peut se laisser approcher des mortels.

En suivant les enseignements donnés par ces mythes, on pourra éviter dans le domaine amoureux les habituelles récriminations ("tu ne me rends pas heureuse", "donne-moi des raisons de vivre") les chantages ridicules ou odieux ("je n'existe pas sans elle", "si tu pars, je me tue") ainsi que les suspicions auxquelles Raymondin a hélas succombé: si elle veut être seule, c'est qu'elle ne m'aime plus, ou qu'elle m'aime moins; si elle recherche la solitude, c'est qu'elle en aime un autre… La relation d'amitié qui respecte la distance et fête l'altérité ne connaît pas ces griefs. Faite de partage et aussi de silence, elle ne contraint pas et se maintient malgré l'éloignement. En un mot, ce n'est pas une relation possessive mais un lien, une alliance plutôt, de liberté. Or, pour bon nombre de gens, la solitude paraît incompatible avec l'amour parce qu'ils ont dans la tête des images de couples préfabriqués et d'amants enlacés comme boas.

Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller.

En fait, il s'agit de choisir entre devenir un et demeurer unique. Entre l'union (amoureuse, conjugale) et la singularité (forcément solitaire).

L'amour que je ressens pour un être ne met pas fin à ma solitude mais il l'enrichit, l'enchante et la fait rayonner. L'élu, l'être aimé serait paradoxalement celui avec qui j'ai envie d'être seule.

Extrait de "L'Esprit de Solitude" de Jacqueline Kelen, éd. La Renaissance Du Livre
Jacqueline KELEN

Licenciée en lettres classiques et productrice à France Culture Auteure d'une trentaine d'ouvrages consacrés aux grands mythes de l'humanité.



Licenciée en Lettres Classiques, productrice à France Culture, cette femme passionnée et passionnante se consacre depuis une vingtaine d'années aux grands mythes de l'Humanité, comme en témoignent ses ouvrages -près d'une trentaine- parmi lesquels " Marie-Madeleine, un amour infini " (Albin Michel), " L'Eternel Masculin " (Robert Laffont), " Les Femmes éternelles " (Anne Carrière) et " Les Femmes et la Bible " (La Renaissance du Livre).

En 2002, elle a reçu le prix ALEF pour son essai " L'Esprit de Solitude " (La Renaissance du Livre) dans lequel elle célèbre " la voie solitaire, seule voie salutaire "

Elle vient de publier aux Presses de la Renaissance un livre aux accents très personnels sur l'anorexie, qu'elle aborde d'un point de vue essentiellement spirituel, et intitulé " La Faim de l'âme ".
SON IMAGE
un petit oiseau niché dans la paroi d'un temple de Haute-Egypte

SA PHRASE
"Prendre soin de son âme"
Socrate (470-399 av. J.C.)

SON SYMBOLE
une rose.

SON PARI
Seule la démarche personnelle est capable de sauver le monde.
Ni optimiste ni pessimiste, Jacqueline KELEN,
comme les Alchimistes, estime que " le secret "
consiste à " spiritualiser la matière et à incarner l'esprit ".

"Il y a en chacun de vous une solitude qui est ce que vous avez de plus précieux. Une solitude inaliélable, magnifique, qui est la solitude de l'esprit."
C'est sur ces mots que Jacqueline Kelen termine son ouvrage.

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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:21

voir aussi
L'Esprit de solitude et les Peintres


Présentation de l'éditeur
Péril pour certains et pour d'autres émerveillement, la solitude offre ses paysages bleutés, ses gouffres, ses sables et ses neiges, ses tempêtes et ses monts acérés, et déroule sans fin une partition de silence. Elle dépouille le voyageur autant qu'elle le désaltère. Elle creuse, questionne, exalte et allège. Elle donne la saveur de l'instant et de l'impérissable, elle allume des clartés dans la forêt de l'existence. Elle a la brûlure de l'attente et la fraîcheur du recueillement. Elle est un infini départ et un abri sûr. Parfois tranchante et parfois douce, elle se revêt de toutes les robes du désir, des voiles innombrables du secret. C'est une perte et une vaillance, une séparation qui devient consolation. C'est un oubli de soi qui convoque toutes les présences et ouvre à la contemplation
Le peintre est celui qui a l'art de faire chanter les solitudes - celle d'une pomme, d'une chaise, d'un ermite, d'une amoureuse. Son regard est une attention passionnée et patiente à ce monde et à ce qu'il ne voit pas. Mais où est l'absence quand la liberté se déploie ...
:50:

tres belle éloge sur ce site:

Un philosophe a dit : « Au plus profond de la solitude, il y a la joie. La joie qui vous appartient comme le rouge au rubis. » Au profond de la solitude, dit Jacqueline Kelen, se trouve le « fond d'or » - pareil à celui qui habite au fond et constitue le fond des représentations médiévales. Le fond est d'or. L'or, c'est l'Esprit.

http://195.221.249.61/arts_app/spip/article.php3?id_article=121


revisiter aussi ceci :

http://antahkarana.forumzen.com/liens-livres-musiques-art-c6/vous-avez-aime-f10/La-beaute-est-une-manifestation-privilegiee-de-Dieu-t77.htm?highlight=la+beaut%E9+est
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:44

Citation :
...Quant à la solitude, c’est évidemment notre lot à tous : le sage n’est plus proche de la sienne que parce qu’il est plus proche de la vérité. Mais la solitude n’est pas l’isolement : certains la vivent en ermite, certes, dans une grotte ou un désert, mais d’autres, aussi bien, dans un monastère, et d’autres encore - les plus nombreux - dans la famille ou la foule… Être isolé, c’est être sans contacts, sans relations, sans amis, sans amours, et bien sûr c’est un malheur. Être seul, c’est être soi, sans recours, et c’est la vérité de l’existence humaine. Comment serait-on quelqu’un d’autre ? Comment quelqu’un pourrait-il nous décharger de ce poids d’être soi? « L’homme naît seul, vit seul, meurt seul », disait le Bouddha. Cela ne veut pas dire qu’on naisse, vive et meure dans l’isolement ! La naissance, par définition, suppose une relation à l’autre : la société est toujours déjà là, l’intersubjectivité est toujours déjà là, et elles ne nous quitteront pas. Mais qu’est-ce que cela change à la solitude ? Dans les Pensées, de même, lorsque Pascal écrit: « On mourra seul », cela ne veut pas dire qu’on mourra isolé. Au XVIIème siècle, ce n’était presque jamais le cas ; dans la pièce où l’on mourait, il y avait ordinairement un certain nombre de personnes : la famille, le prêtre, des amis… Mais on mourait seul, comme on meurt seul aujourd’hui, parce que personne ne peut mourir à notre place. C’est pourquoi aussi l’on vit seul : parce que personne ne peut le faire à notre place. L’isolement, dans une vie humaine, est l’exception. La solitude est la règle. Personne ne peut vivre à notre place, ni mourir à notre place, ni souffrir ou aimer à notre place. C’est ce que j’appelle la solitude : ce n’est qu’un autre nom pour l’effort d’exister. Personne ne viendra porter votre fardeau, personne. Si l’on peut parfois s’entraider (et bien sûr qu’on le peut !), cela suppose l’effort solitaire de chacun, et ne saurait - sauf illusions - en tenir lieu. La solitude n’est donc pas refus de l’autre, au contraire : accepter l’autre, c’est l’accepter comme autre (et non comme un appendice, un instrument ou un objet de soi !), et c’est en quoi l’amour, dans sa vérité, est solitude. Rilke a trouvé les mots qu’il fallait, pour dire cet amour dont nous avons besoin, et dont nous ne sommes que si rarement capables : « Deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s’inclinant l’une devant l’autre »… Cette beauté sonne vrai. L’amour n’est pas le contraire de la solitude : c’est la solitude partagée, habitée, illuminée - et assombrie parfois - par la solitude de l’autre. L’amour est solitude, toujours, non que toute solitude soit aimante, tant s’en faut, mais parce que tout amour est solitaire. Personne ne peut aimer à notre place, ni en nous, ni comme nous. Ce désert, autour de soi ou de l’objet aimé, c’est l’amour même.
“Quant à la solitude” André COMPTE-SPONVILLE
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:54

Merci à toi, Ambre,

il s'agit là de commentaires qui me semblent tous très justes à propos de la solitude. Le respect de l'Altérité est fondamental, et est un pilier spirituel que je défends également.

Je voudrais simplement ajouter ceci :

Dialectiquement, l'intégration de la solitude est celle de la séparation indispensable qui conduira ensuite à une meilleure qualité du lien d'intimité, précisément... à une meilleure qualité de rencontre avec l'Autre. Et lorsque cette intégation de la séparation est complète, alors la véritable intimité peut le devenir aussi.

Et alors, paradoxalement, c'est en évitant le piège de l'"alter-ego" confusionnel, qu'on finit par pouvoir vraiment le ou la rencontrer en vérité et former avec lui/elle une telle cohérence telle qu'il y a véritablement à la fois un seul être et pourtant deux êtres authentiques en même temps.

Je voulais introduire cette nuance dialectique pour compléter cet excellent sujet.


Ensuite, je voudrais publier à la suite le fruit d'un petit travail de compilation qu'un ami avait réalisé pour moi à une époque où je souffrais de la solitude. Ces extraits proviennent d'ouvrages liés à la Théosophie, mouvance dans laquelle je ne me reconnais pas!

Néanmoins, j'ai trouvé ce petit travail de compilation très intéressant et fort aidant. Mais par rapport à ma propre approche, il y manque le garde-fou fondamental de la reconnaissance de la dynamique sexuée.

Car selon moi, le principe des Flammes Jumelles est l'unique encadrement valable de protection sur le chemin de la réalisation spirituelle. Il manque donc, toujours selon moi, dans les extraits qui suivent, la clé de protection la plus importante...


Amitié,

steph


Dernière édition par le Sam 23 Juin 2007, 09:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:56

Soyez préparé à la solitude. C'est la loi. Lorsque l'homme se dissocie de tout ce qui a trait à ses corps inférieurs (physique, astral et mental) et se centre dans Ego, cela provoque une séparation temporaire. Elle doit être supportée, et dépassée, car elle conduit plus tard à un lien plus étroit avec tous ceux qui sont associés au disciple par le Karma des vies passées, grâce au travail de groupe et à l'activité du disciple (poursuivie presque inconsciemment au début) qui consistent à réunir ceux avec lesquels il travaillera plus tard. (Initiation Humaine et Solaire)


Ayant moi-même pénétré quelque peu dans la compréhension de la vie de l'Ange solaire, je voudrais assurer à mes compagnons de pèlerinage que les choses passagères des sens sont sans importance ; leur valeur est nulle en comparaison des récompenses qui, ici-bas et dès maintenant, sont l'apanage de celui qui s'efforce de faire fusionner sa conscience personnelle avec celle de sa propre âme. Il se joint à la communauté des âmes et il n'est plus seul. Les seules périodes de solitude sont le résultat d'une fausse orientation et d'un attachement constant à ce qui cache la vision, les mains ne pouvant alors saisir ce qui est appelé "le joyau dans le lotus". (Traité sur la Magie Blanche)

Une des conditions essentielles à remplir par le disciple, pour pouvoir pressentir le plan et être employé par le Maître, est la solitude. Dans la solitude fleurit la rose de l'âme ; dans la solitude le soi divin peut parler ; dans la solitude, les facultés et les grâces du soi supérieur peuvent s'enraciner et s'épanouir dans la personnalité. Dans la solitude aussi, le Maître peut s'approcher et imprimer dans l'âme en paix la connaissance qu'il cherche à communiquer, la leçon qui doit être apprise, la méthode et le plan à adopter par le disciple. Dans la solitude, le son est perçu. Les Grands Etres doivent agir par les instruments humains, aussi le plan et la vision sont fort entravés par les défauts de ces instruments. (Traité sur la Magie Blanche)






NEUVIEME REGLE
Vient ensuite la condensation. Le feu et l'eau se rencontrent
La forme croît. Que le magicien mette la forme sur le juste
sentier.

FORMES FONDAMENTALES (je t’ai mis tout le passage car je me suis dit que cela pourrait t’intéresser)


La simplicité de cette règle est telle qu'en peu de mots le processus de l'évolution créative est résumé. Sur le plan mental, une [4@262] idée prend forme et, sur le plan du désir, l'énergie émotive pénètre cette forme. Selon le processus évolutif, la forme croît.
Par la juste direction donnée à la forme et son orientation correcte, le but du penseur s'accomplit. Toute la vie est vibration et le résultat de la vibration est la forme dense ou subtile ; elle devient de plus en plus subtile à mesure que l'on s'élève. Plus la vie progresse, plus l'intensité de vibration se modifie et, dans ce changement de vibration, réside le secret de la destruction et de la construction des formes.

Les formes sont de quatre sortes dans cette ère de la quatrième ronde :

1. La forme de la personnalité, véhicule de la matière physique, astrale et mentale, et instrument de contact dans les trois mondes. Elle est reconstruite dans chaque vie et la note dominante de la vibration est le résultat de la précédente incarnation. Chez l'homme commun, la forme reste la même jusqu'à la mort. L'homme qui entre sur le sentier occulte
modifie ses véhicules à mesure qu'il avance ; il les améliore durant son incarnation et, plus il progresse, plus il travaille consciemment à ce changement. D'où l'agitation continuelle et la mauvaise santé fréquente du débutant sur le sentier occulte. Il devient conscient de la loi et de la nécessité d'élever le ton de ses vibrations ; souvent il commence par des fautes. Il commence à reconstruire son corps physique par le régime et la discipline au lieu d'agir de l'intérieur vers l'extérieur. La discipline stricte du mental, la manipulation de la matière mentale et la transmutation des émotions produisent des changements sur le plan physique. Si vous ajoutez la pureté de la nourriture et du genre de vie, en sept ans, vous aurez construit trois corps neufs autour des atomes permanents.

2. La forme du milieu. C'est en réalité l'expression de l'évolution de l'âme de groupe involutive. Elle se rapporte à nos contacts non seulement extérieurs, mais aussi intérieurs. La cohérence vient [4@263] de la ressemblance des vibrations. Quand un homme élève la fréquence de sa vibration et reconstruit de nouveau ses véhicules, naturellement le ton de la vibration change, ce qui produit une dissonance dans son milieu et souvent la discorde. Il est inévitable que – selon la loi – survienne une période de solitude et de tristesse pour celui qui aspire aux Mystères et à connaître et appliquer la loi. A un moindre degré, cela arrive à chacun ; cet isolement complet est la caractéristique de
l'arhat, ou initié du quatrième degré. Le disciple se trouve à mi-chemin entre la vie dans les trois mondes et la vie dans le monde des adeptes.
Avant l'initiation, sa vibration ne se synchronise ni avec celle d'un
groupe, ni avec celle d'un autre groupe. Selon la loi, il est seul, mais ce n'est que temporaire. Si le milieu est satisfaisant, ce n'est pas un bon signe ; c'est l'indice de stagnation dans le progrès spirituel.
L'application de la loi cause tout d'abord une rupture.

3. La forme du dévot. Par ces mots, j'entends exprimer une idée abstraite.
Chacun, quel que soit son degré d'évolution, a sa dévotion qui est sa raison de vivre et à laquelle – par ignorance, connaissance ou sagesse – il applique autant de la loi qu'il peut en saisir. Cette dévotion peut être purement physique, tournée vers le désir de la chair, la soif d'or ou de biens concrets. Le dévot emploie toute sa force à la recherche de la satisfaction de cette forme concrète et, ainsi, il apprend. Son but peut être purement émotif : amour pour sa femme, son enfant, sa famille, ou orgueil de race, ou désir d'être aimé. Il y voue toute son énergie et se sert du corps physique pour satisfaire au désir du corps astral.
La forme de la dévotion peut être supérieure : amour de l'art, de la
science, de la philosophie, de la religion. Il y consacre son énergie
physique, astrale et mentale, mais la forme demeure celle de la
dévotion. Toujours la vibration s'élève vers le but, l'atteint, [4@264] le dépasse, puis se désintègre. La douleur accompagne toute destruction de la forme et tout changement de ton de la vibration. Pendant des milliers d'années, de nombreuses vies se succèdent avec des vibrations inférieures. Au fur et à mesure de l'évolution, le développement devient plus rapide, l'intensité des vibrations change de vie en vie, tandis que, dans les premiers stades, le ton des vibrations pouvait rester le même pendant plusieurs vies. Le Sentier de probation de l'homme qui avance est couvert de formes brisées ; il passe par des cycles de durée toujours plus brève ; le ton change plusieurs fois dans
une seule vie et l'intensité de vibration augmente. C'est pourquoi la vie de tous les aspirants, s'ils progressent selon la rapidité voulue, est en constant mouvement ; elle change et varie constamment, se construit et se détruit ; des plans sont échafaudés qui ensuite s'effondrent. C'est une vie de souffrance incessante, de heurts avec le milieu, d'amitiés qui se nouent et se dénouent, de transformations continues et, par conséquent, de souffrance. Les idéals sont transcendés afin d'être des
stations sur le chemin d'idéals plus grands ; les visions perçues sont remplacées par d'autres, les rêves conçus se réalisent pour être abandonnés ; les amis sont aimés puis laissés en arrière sur le sentier où ils suivent lentement et avec effort les pas de l'aspirant qui avance avec un rythme rapide. Pendant ce temps, la quatrième forme se construit.

4. La forme du corps causal. C'est le véhicule de la conscience
supérieure, le temple de Dieu en l'homme, temple d'une beauté si rare et d'une telle stabilité, qu'au moment de la destruction de ce chefd'œuvre de beaucoup de vies, la coupe à vider est vraiment amère et l'unité de conscience est désolée. Dès lors, conscient seulement de l'Esprit divin inné, de la Vérité de Dieu, réalisant jusqu'au fond de son être la nature éphémère de la forme et de toutes les formes, seul dans le tourbillon des rites initiatiques, [4@265] privé de tout appui (ami, Maître, doctrine, milieu) l'initié peut s'écrier : "Je suis Celui qui suis et rien d'autre n'est". Il peut alors (au figuré) mettre sa main dans celle de son Père qui est dans les cieux et, de l'autre main, bénir le monde des
hommes, car seules les mains qui ont laissé tomber tout ce qu'il y a
dans les trois mondes sont libres de donner une ultime bénédiction à l'humanité qui souffre. Alors, l'initié se construit une forme à sa convenance, une forme nouvelle, non plus sujette à la destruction, mais adéquate à ses besoins, qu'il peut utiliser ou mettre de côté selon les circonstances.

Maintenant, il est nécessaire de réfléchir sur le sujet de la forme, car, à l'apparition d'un nouveau rayon et au commencement d'une nouvelle ère, survient toujours une période de très grands bouleversements avant l'adaptation des formes à la nouvelle vibration. Cette adaptation se fera, chez ceux qui ont cultivé l'adaptabilité et la souplesse et dont la personnalité est sur le nouveau rayon, avec moins de destruction que chez ceux qui ont un esprit cristallisé. Aujourd'hui spécialement, il s'agit d'acquérir la souplesse et l'adaptabilité de la forme, car lors de la venue de Celui que nous adorons tous, croyez-vous que sa vibration ne causera pas de destruction où il y a cristallisation ? Il en fut ainsi autrefois et il en sera ainsi de nouveau. (Traité sur la Magie Blanche)


Je vais énumérer à votre intention quelques-uns des mirages les
plus courants, vous laissant le soin d'effectuer les applications qui s'imposent et développant cette application à partir de l'individu jusqu'à l'humanité prise comme un tout. Voici le nom de certains de ces mirages :

1. Le mirage de la destinée. C'est un mirage qui indique à celui se
trouvant sous sa domination qu'il a une œuvre importante à accomplir
et qu'il doit s'exprimer et travailler comme il est destiné à le faire. Ce
mirage alimente un orgueil qui, en fait, ne repose sur aucune base.

2. Le mirage de l'aspiration. Ceux qui s'y trouvent soumis éprouvent un
sentiment de totale satisfaction, entièrement absorbés qu'ils sont par
leur aspiration vers la lumière ; ils s'appuient sur le fait qu'ils sont
aspirants. Ce qu'il faut faire dans ce cas, c'est s'avancer sur le Chemin
du Discipulat et mettre fin à ce sentiment de satisfaction et de
préoccupation relatif aux ambitions et aux desseins spirituels.
3. Le mirage de la confiance en soi, ou ce qu'on pourrait appeler les
principes astraux du disciple. Ce mirage est, [5@27] pour parler
nettement, la certitude du disciple que son point de vue est absolument
juste. Ce mirage, lui aussi, alimente l'orgueil et tend à faire croire au
disciple qu'il fait autorité et qu'il est infaillible. C'est l'attitude de base
du théologien.

4. Le mirage du devoir. Il conduit à une exagération du sens des
responsabilités, suscitant une vaine activité, une insistance se portant
sur ce qui n'est pas essentiel.

5. Le mirage des conditions environnantes qui cause fréquemment un
sentiment de frustration, ou d'inutilité, ou encore d'importance.

6. Le mirage du mental, de son efficacité et de sa capacité à traiter
n'importe quel problème. Il mène inévitablement à l'isolement et à la
solitude.

7. Le mirage de la dévotion, conduisant à une stimulation exagérée du
corps astral. L'homme sous l'influence de ce mirage ne voit qu'une
seule idée, une seule personne, une seule autorité et un seul aspect de
la vérité. Il alimente le fanatisme et l'orgueil spirituel.

8. Le mirage du désir, avec son action qui se réfléchit sur le corps
physique. Il conduit à un état permanent de lutte et d'agitation. Il rend
vains tout travail fécond et toute paix ; il faut qu'un jour on y mette
fin.

9. Le mirage de l'ambition personnelle.
Il existe bien d'autres mirages, de caractère individuel ou mondial ; cette
liste suffira cependant à indiquer la tendance qui leur est commune à tous. (Traité sur le Feu Cosmique)




(Note : Dans l’ouvrage « L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age », de nombreuses lettres sont reproduites, qui étaient adressées à des disciples du Maître Tibétain. Très régulièrement, le sentiment de solitude revient dans ces lettres que je n’ai pas reproduites ; il est soulevé comme une composante essentielle du cheminement du disciple. )

L'amour est spontané ; il porte toujours avec lui le libre esprit du Christ. Je suggère qu'il n'y a jamais eu de meilleure description de la nature de l'amour que celle donnée par l'initié Paul, même si ses paroles ont été souvent rapportées d'une manière erronée. Etudiez dans le Nouveau Testament les passages dans lesquels il définit l'amour. Cessez de mettre l'accent sur la volonté-d'aimer ; mettez-le sur les besoins qu'ont les autres de compréhension, de compassion, d'intérêt et d'assistance. Le sentiment de solitude commun à tous les disciples est souvent dû à l'égocentrisme de tous ceux avec lesquels ils entrent en contact et à l'intense préoccupation que porte le néophyte à sa propre croissance. Le cri du néophyte est : "Dites-moi ! Dites-moi ! Et alors je changerai. J'accepterai tout ce qu'on me dira, mais qu'on me [5@737] le dise. Le cri du disciple est : "Apportez votre aide au travail. Oubliez-vous. Le monde a besoin de vous." Tant de disciples sont encore enfermés en eux-mêmes, cachés derrière le mur du soi personnel, et il y a si peu de véritable amour qui
s'épanche au dehors. Tant qu'ils ne quitteront cette attitude et n'aimeront pas vraiment, leur utilité sera diminuée. (L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age)
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:58

Thème de Méditation. Un par mois, devant être repris d'année en année

1. La nature de la solitude.

2. La différence entre la solitude, l'esseulement, la séparation et
l'isolement. Je vous renvoie à Patanjali 20 qui parle de "l'isolement
dans l'unité".
3. La solitude et la vie quotidienne.
4. La solitude et l'âme.
5. La solitude en tant que caractéristique de la vie intérieure de l'ashram.
6. La solitude et la perception spirituelle.
7. La solitude nécessaire au service du Plan.
8. La solitude en tant que toile de fond d'une vie radieuse.
9. La solitude et le contact avec le Maître.
10. La récompense de la solitude.
11. Les voix entendues dans le silence de la solitude.
12. Le silence des Sphères.
Il n'y a rien de morbide dans cette solitude ; il n'y a pas d'éloignement cruel et pas d'aspect de séparativité. Il y a seulement "le lieu où se tient le disciple, détaché et sans peur ; en ce lieu de calme absolu, le Maître vient et la solitude n'existe pas". (L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age)


Dans mes instructions précédentes, j'ai mis l'accent sur trois points dont je voudrais parler de nouveau à la lumière de l'occasion qui émerge. Ma tâche n'est pas de vous transformer, ni de vous donner des ordres. J'ai une seule tâche, celle de découvrir et de mettre à l'épreuve ceux qui peuvent servir l'humanité sous l'inspiration des ashrams des Maîtres. J'ai mentionné, à ce moment-là, la solitude, qui est l'un des premiers signes indiquant au disciple qu'il est préparé pour l'initiation. Vous voyez donc que la solitude dont je parle n'est pas celle qui découle de la faiblesse de caractère qui repousse vos frères les hommes, ni d'un tempérament désagréable et distant, ou d'une forme quelconque d'intérêt de soi si marquée qu'elle éveille l'hostilité des autres. Il y a beaucoup de solitude dans la vie du disciple qui est entièrement de sa faute et qu'il peut neutraliser s'il emploie une juste mesure d'autodiscipline. Il doit régler ces problèmes lui-même, car ils concernent la personnalité, et je n'ai pas affaire avec votre personnalité. Je parle de la solitude du disciple qui, ayant accepté cet état, devient un disciple consacré et quitte une vie centrée sur le plan physique et identifiée aux formes d'existence dans les trois mondes ; il se trouve au point médian, entre le monde des affaires extérieures et le monde intérieur de l'âme. Sa première réaction est de se sentir seul ; il a rompu avec le passé ; il met son espoir dans l'avenir, mais n'en est pas sûr. Le monde tangible auquel il est habitué doit être remplacé – il le sait – par le monde intangible desvaleurs, ce qui implique un nouveau sens des proportions, une nouvelle échelle des valeurs, et de nouvelles responsabilités. Ce monde, il croit qu'il [6@46] existe, et il s'y avance bravement et théoriquement, bien qu'il demeure, pendant un certain temps, entièrement intangible ; il trouve peu de personnes qui pensent et sentent comme lui, et le mécanisme du vrai contact n'existe chez lui qu'à l'état d'embryon. Il s'arrache à la conscience de masse dans laquelle il était plongé jusque là, mais il n'a pas encore découvert le groupe dans lequel il sera un jour consciemment absorbé. En conséquence, il se sent seul, abandonné et dépossédé. Certains d'entre vous ressentent cette solitude ; peu d'entre vous ont atteint le point où ils se sentent partie intégrante du groupe ; seuls deux ou trois se rendent compte parfois, fugitivement, du lien étroit qui existe avec l'ashram ;
votre attitude est surtout faite d'espoir, allant de pair avec l'idée que ce sont vos limitations physiques qui vous empêchent de prendre conscience de ce qui est véritablement, dans le domaine de vos affiliations intérieures. Mais, mes frères, un tel sentiment de solitude n'est qu'une autre forme de conscience-de-soi, d'intérêt-de-soi exagéré ; à mesure que vous progresserez sur le Sentier, vous vous apercevrez qu'il disparaîtra. Si donc vous vous sentez seuls, il faut apprendre à considérer cette solitude comme un mirage ou une illusion, et comme une limitation qu'il faut surmonter. Vous devez commencer à agir comme si cela n'existait pas. Si seulement plus de disciples voulaient apprendre la valeur d'agir "comme si". Vous n'avez pas le temps de vous sentir solitaires à cette époque, car vous n'avez pas le temps de penser à vous-mêmes. (L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age – Note pour la dernière phrase : ce texte a été écrit juste avant ou pendant la Seconde Guerre Mondiale).


Ceci exprime l'idée de l'initiation individuelle engendrée par soi-même, à laquelle tous doivent se soumettre, et cela indique aussi la solitude de l'initié lorsqu'il avance. Il ne comprend pas encore tout ce que son groupe comprend ; lui-même n'est pas compris par ceux qui sont de l'autre côté de la porte. Il a pressenti, depuis un certain temps, le groupe auquel il est maintenant affilié et il devient de plus en plus conscient de l'impersonnalité spirituelle de ce groupe, qui lui semble presque être une attitude distante, ne nourrissant en lui d'aucune façon les éléments qui sont de nature personnelle ; il souffre donc. Ceux qu'il a laissés en arrière, et qui faisaient partie de son ancienne vie, ne comprennent absolument pas son impersonnalité fondamentale, même encore peu développée. Leur attitude suscite en lui, lorsqu'il la perçoit, une tendance au ressentiment et à la critique, qu'il sait ne pas être juste, mais qu'à ce stade il semble incapable d'éviter ; ceux qu'il critique s'efforcent de le mettre en pièces ou, tout au moins, de faire qu'il se sente méprisé et mal à l'aise. Dans les stades de début, il se protège de ceux qu'il a laissés en [18@73] arrière, en se retirant, et en observant un silence tout à fait inutile et observé presque ostensiblement. Il apprend à pénétrer dans la conscience de son nouveau groupe en s'efforçant de cultiver sa faculté d'impersonnalité spirituelle. Il sait que c'est une chose à laquelle il doit parvenir et – lorsqu'il y parvient – il s'aperçoit que cette impersonnalité ne repose pas sur l'indifférence ou la préoccupation, comme il l'avait pensé, mais sur une compréhension profonde, sur une focalisation dynamique sur le service du monde, sur le sens des proportions et sur un
détachement qui rend possible une aide véritable. Ainsi, la porte et le passé sont laissés en arrière. L'initié Paul essaya d'exprimer cette idée lorsqu'il dit : "Oubliant ce qui est en arrière, hâtez-vous vers le prix de votre vocation élevée en Christ." J'appelle votre attention sur le mot "vocation". (Traité sur les Sept Rayons – Volume 5 – Rayons et Initiations)


La seconde question, concernant la nécessité de se retirer dans la solitude, afin d'évoquer l'âme, suggère une ou deux observations intéressantes. Il ressort de l'examen des conditions que l'aspirant moderne occidental doit ou bien renoncer à cultiver la nature de l'âme jusqu'au moment où il pourra se conformer à l'ancienne règle du retrait dans la solitude, ou bien il lui faudra formuler une méthode appropriée et prendre une position nouvelle. Parmi nous, il en est [21@209] peu qui puissent renoncer à la famille et aux responsabilités
et disparaître du monde pour rechercher l'Illumination. D'autre part, il ne peut être question de paix et de tranquillité au milieu de la multitude pressée qui nous entoure et dans la situation chaotique actuelle. Le problème est-il insoluble ? N'y a-t-il pas un moyen de surmonter la difficulté ? Devons-nous
renoncer à tout espoir de parvenir à l'Illumination, parce qu'en raison des circonstances, du climat et des causes économiques, il nous est impossible de nous retirer du monde des hommes pour chercher le royaume de l'âme ? La solution n'est certainement pas dans la renonciation aux possibilités dont les hommes des races anciennes ont témoigné dans le passé. La solution est dans la compréhension exacte de notre problème et dans le privilège qui nous est conféré de manifester un nouvel aspect de la vieille vérité. Nous appartenons à l'Occident, à une race plus jeune. Dans le vieil Orient, quelques pionniers aventureux ont recherché la solitude, ils y ont déterminé pour nous les conditions et ont sauvegardé les règles. Ils tinrent la technique en sûreté jusqu'à ce que les hommes fussent prêts à avancer en masse et non plus par unités. Ce temps est venu. Malgré la tension et l'agitation de la vie moderne, dans la jungle de nos grandes villes, malgré les clameurs et l'affairement de l'existence quotidienne, des hommes et des femmes découvrent le centre de paix qui est en eux et parviennent à l'état de concentration positive et silencieuse qui leur permet de parvenir au but, d'atteindre à la connaissance et d'entrer dans la Lumière comme jadis les [21@210] plus Grands parmi les hommes. Le lieu secret dans lequel l'homme se retire est en lui-même ; l'endroit silencieux où nous prenons contact avec la vie de l'âme est le point à l'intérieur de la tête, là où se rencontrent l'âme et le corps ; la région où la lumière de l'âme et la vie du corps se mélangent et fusionnent. L'homme qui peut s'entraîner en vue d'une
concentration suffisante est à même, à n'importe quel moment et à n'importe quel endroit, de retirer ses pensées dans un centre intérieur, le centre de la tête, dans lequel se poursuit le grand travail de l'Union. Cela implique une attention plus dynamique et une méditation plus intense, mais la race a progressé en puissance et en force mentales au cours des
trois mille dernières années et peut accomplir ce qui était impossible aux voyants d'autrefois. (De l’Intellect à l’Intuition)


La deuxième phase de Sa vision consistait dans la prévision de Sa fin. Il savait qu'Il devait mourir, et comment Il devait mourir ; et pourtant Il suivit, sans dévier, la ligne qui Lui avait été tracée, bien qu'Il eût, à l'avance, la certitude du désastre. Il ne devait pas seulement prouver qu'Il avait la force de résister au succès, mais il Lui fallait prouver également qu'Il avait celle de faire face au désastre Il pesa chacune de ces deux alternatives, et vit, dans chacune d'elles, une simple possibilité offerte à l'expression divine et un champ d'action propice à la démonstration de son détachement – ce qui est l'attitude caractéristique de l'homme qui est né de nouveau, a été purifié et transfiguré. A ces épreuves, vint s'en ajouter une autre qu'Il avait déjà connue dans le désert : l'épreuve de la solitude absolue. La force de résister au succès ! La force de résister au désastre ! La force d'être absolument seul ! C'est là ce que le Christ devait montrer au monde, et Il le fit. Il se tint triomphant devant le monde, mais ce n'était qu'une étape intermédiaire sur le chemin de la croix. L'agonie solitaire dans le jardin de Gethsémani fut probablement pour Lui un moment beaucoup plus cruel que l'agonie publique sur la croix. Mais la qualité de Dieu Lui-même fut révélée dans ces épreuves plus subtiles, et c'est la qualité et la signification de Dieu qui sauvent le monde – la qualité de Sa vie, qui est Amour et Sagesse et Valeur et Réalité. C'est tout cela que le Christ accomplit. (De Bethléem au Calvaire)
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Sam 23 Juin 2007, 09:58

Interprétation du Travail dans le Capricorne

Deux Portes ont une importance primordiale : celle du Cancer
introduisant dans ce que nous appelons improprement la vie, et celle du Capricorne donnant sur le règne spirituel. Nous franchissons la Porte du Cancer quand nous emprisonnons la vie dans la forme, et celle du Capricorne quand, finalement, nous ne nous identifions plus au côté forme de l'existence, mais à l'esprit. C'est ce que veut dire être initié.
Un initié est celui qui ne met plus sa conscience dans son mental, ses désirs ou son corps physique. Il peut les utiliser, si tel est son choix, et il le fait alors pour aider l'humanité. Ce n'est cependant pas là que sa conscience est focalisée. Elle est focalisée dans ce que nous appelons l'âme, cet aspect de nous-mêmes qui est affranchi de la forme. C'est dans la conscience de l'âme que nous fonctionnons finalement dans le Capricorne, nous connaissant nous-mêmes en tant qu'initiés, et que nous pénétrons dans les deux grands signes universels de service pour l'humanité. Il est intéressant de constater que, dans le Verseau, nous nous occupons symboliquement des animaux pris globalement, puisque c'est dans ce signe qu'Hercule a pour tâche de nettoyer les écuries d'Augias, son premier travail en tant que disciple du monde. Mais, dans les Poissons, il capture non pas le taureau, mais tous les bœufs, introduisant ainsi dans notre conscience l'idée de l'universalité du travail mondial, de la conscience de groupe, de la conscience universelle et du service universel.
Si vous êtes nés dans le signe du Capricorne, ne vous mettez pas en tête que vous êtes des initiés. Nous devons mettre l'accent sur le sens des proportions et sur notre place dans l'évolution. Les aspirants souffrent d'un complexe d'infériorité leur faisant penser qu'ils ne peuvent rien entreprendre, ou ils ont une idée exagérée de leur importance ; ils ont un contact avec l'âme, mais ce n'est qu'un très petit contact et ils pensent que c'est la totalité des possibilités. Ils deviennent infatués d'eux-mêmes, ce qui est un manque du sens des proportions. [25@83]

Le signe du Capricorne symbolise la troisième initiation, la première des initiations majeures. Dans Matthieu 17, nous lisons que le Christ prit avec lui trois disciples, Pierre, Jacques et Jean et les conduisit sur une haute montagne où Il fut transfiguré devant eux. Ils tombèrent le visage contre terre ; Pierre dit : "Construisons trois cabanes." Dans la philosophie de l'Inde, ceci est appelé l' "initiation de l'homme qui construit sa cabane". Pierre, le roc ou fondement, est le symbole du corps physique. Jacques, le trompeur, symbolise la nature émotionnelle, source de tout mirage. Jean symbolise le mental, ce nom signifiant "Le Seigneur a parlé". Il y a là le symbolisme des trois aspects de la personnalité devant lesquels le Christ est glorifié lors de la transfiguration dans le Capricorne.

Signification du Signe

C'est le signe de la chèvre, un signe surprenant, impersonnel et universel.
Tous les travaux d'Hercule ont eu, jusqu'ici, un rapport avec sa propre
libération. Nous entrons maintenant dans trois signes qui n'ont aucune
relation avec ses accomplissements personnels. Il est libre, il est un initié, un disciple mondial ; il est passé et repassé autour du zodiaque, il a appris toutes les leçons des signes et il a gravi la montagne de l'initiation. Il est passé par la transfiguration. Il est parfaitement libre et peut ainsi se livrer dans le monde à des travaux qui n'ont aucun rapport avec lui-même ; il agit en tant qu'être supra-humain dans un corps humain. Sur le sentier de l'expansion, les grands stades de développement que nous appelons initiations sont enregistrés dans le cerveau et ne nous seront pas révélés par quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais rencontré un véritable initié voulant admettre qu'il en était un. La caractéristique de l'initié est le silence. Le Capricorne est un signe de tristesse, c'est celui de la souffrance et de la solitude intenses, et ce sont aussi des caractéristiques de l'initié.
L'impersonnalité est fondée sur un accomplissement fondamental de la
personnalité. Il faut avoir été très fortement attaché avant de connaître
l'impersonnalité. C'est un paradoxe ; toutefois, on ne peut réussir à être
impersonnel s'il n'y a aucune tentation d'être personnel. L'impersonnalité est une expansion de l'amour personnel que nous éprouvons pour un individu, pour notre famille, notre cercle d'amis, avec la même attitude pour l'humanité ; cela n'a rien à voir avec la sentimentalité. Nous devons pouvoir aimer toute l'humanité parce que nous connaissons la signification de l'amour personnel et nous devons à chacun le même amour que nous donnons à nos proches. L'impersonnalité ne consiste pas à nous enfermer en nous-mêmes en élevant des barrières. C'est aimer tout le monde, car nous sommes capables de voir les autres tels qu'ils sont avec leurs défauts, leurs erreurs, leurs réalisations, tout ce qui fait d'eux ce qu'ils sont ; les voyant clairement, nous pouvons les aimer malgré tout. Dans les Règles de la Route, il est écrit : "Chacun voit et connaît la vilenie des autres. Pourtant, malgré cette révélation, il n'y a ni retour en arrière, ni dédain des uns envers les autres."

C'est la condition qui doit être atteinte dans le Capricorne. Ce que nous
devons arriver à développer ne provient ni d'un durcissement du cœur, ni d'un détachement extraordinaire, ni en se mettant sur un piédestal.

Constellations

Trois constellations sont liées au Capricorne : L'une est Sagitta, la flèche.
Elle n'a aucun rapport avec le signe du Sagittaire. Dans ce signe, nous avions l'archer avec la flèche au moyen de laquelle l'aspirant à la réalisation transperçait la personnalité. Ici, c'est la flèche qui vient d'une source cosmique, transperçant le cœur du fils de Dieu, le Christ, le plus proche pour nous des grands sauveurs du monde, un "homme de douleur". Il fut transpercé par Sagitta, la flèche cosmique.

Le nom hébreu de cette flèche signifie "celui qui est solitaire" ; le sentier
que doit fouler tout disciple est nécessairement un sentier solitaire. Le sentier de l'initié l'est encore plus et le sentier d'un sauveur du monde est le plus solitaire de tous. Je [25@84] pense que cette condition est sur le point d'être allégée. A travers les siècles, eurent lieu d'extraordinaires apparitions, une ici, une là. Avez-vous jamais réfléchi à leur solitude ? Personne ne pouvait les comprendre. Peut-être furent-ils reconnus des siècles après leur mort. Mais il y a maintenant tant d'aspirants, tant de gens sur le sentier du discipulat qu'il est possible que la conscience de groupe, commençant à se manifester dans les affaires mondiales, produise une solitude de groupe plutôt qu'une solitude de l'individu.
L'Aigle est considéré comme étant lié aussi étroitement au Capricorne
qu'au Sagittaire. C'est l'oiseau de lumière – symbole de l'aspect le plus élevé de l'homme – qui se manifeste comme âme (deuxième aspect) arrivée à l'accomplissement.

Dans le Dauphin, il y a une très intéressante constellation qui a en elle un
fragment de symbolisme étonnant. Le Dauphin est représenté, dans un ancien zodiaque, comme un poisson plein de vie qui bondit hors de l'eau et dans l'air, et joue. C'est le symbole du fils de Dieu qui, agissant sous l'influence de la loi, prend forme et vit dans l'eau et dans l'air ; puisqu'il n'est plus retenu par la loi physique, il peut jouer avec les forces de la nature. Nous commençons à apprendre ce que sont ces forces, mais il faudra encore un certain temps avant que le Dauphin n'ait une grande signification personnelle pour nous. (Les Travaux d’Hercule)
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mar 26 Juin 2007, 09:50

Sur la nature de la solitude...
"... La connaissance de soi c'est la reconnaissance de l'immuable changement, dans la joie de faire le deuil, à chaque instant, de ce par quoi on est passé.



Le refus de faire ce deuil, l'attachement à l'ego, conduit à l'intensification des émotions (peurs et désirs). De même la culture des émotions est là pour entretenir l'ego. Je dois renoncer aux émotions qui donnent le pouvoir au monde extérieur sur moi-même et me donnent un semblant de pouvoir sur lui. Le seul pouvoir c'est moi, et sur moi-même.

Cela suppose le renoncement à l'émotion. Cela suppose l'acceptation de la solitude. Celui qui sait qui il est est SEUL car il n'y a qu'un seul je suis, un seul but.



C'est la première loi : RECONNAITRE L'ENERGIE QUE JE SUIS, SANS FUITE FACE A LA SOLITUDE. "

F.HATEM - Holopsychologie
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MessageSujet: LA BEAUTE, NOURRITURE DE L’AME   Dim 30 Sep 2007, 11:10

LA BEAUTE, NOURRITURE DE L’AME

Texte publié lors d’un colloque de la revue Vers la Tradition sur René Guénon

Citation :
« La métaphysique pure, étant par essence en dehors et au-delà de toutes les formes et toutes les contingences, n’est ni orientale ni occidentale, elle est universelle. Ce sont seulement les formes extérieures dont elle est revêtue pour les nécessités d’une exposition, pour en exprimer ce qui est exprimable, ce sont ces formes qui peuvent être soit orientales soit occidentales ; mais, sous leur diversité, c’est un fond identique qui se retrouve partout et toujours, partout du moins où il y a de la métaphysique vraie, et cela pour la simple raison que la vérité est une. » René Guénon
Jean Borella



On s’accorde généralement à voir dans le mouvement New Age une sorte de nébuleuse où se rejoignent les courants les plus divers. Peut-être, cependant n’a-t-on pas suffisamment remarqué que ce confusionnisme généralisé n’est nullement considéré par les adeptes de ce mouvement comme une tare ; bien au contraire, ils s’en glorifient comme de leur caractéristique la plus positive et la plus légitime. Car, disent-ils, le temps est venu où s’effondrent les barrières, où tombent les oppositions et les contradictions apparentes, héritage de l’Age ancien en voie de décomposition. Jusqu’ici, la plupart des courants spirituels et religieux ont cru qu’il leur était nécessaire , pour s’affirmer, de s’opposer et de se définir par cette opposition même : opposition à d’autres religions ou à d’autres écoles de spiritualité ; opposition également au monde profane, à l’impur, à la technique, à la vie matérielle et au progrès. Ce temps est révolu. New Age prend acte du passage imminent de l’humanité à l’ère du Verseau et prépare son entrée dans le monde futur, monde dans lequel l’esprit et le corps cesseront enfin d’être considérés comme des frères ennemis, où l’élévation de l’âme aux plus hauts états de conscience et l’épanouissement du corps dans le plaisir et le confort formeront le tout le plus harmonieux. Ainsi, les plus belles réalisations de la science pourront aider à la réalisation de nos aspirations spirituelles les plus transcendantes.



On le constate, le principe majeur qui définit l’esprit New Age dans sa plus grande généralité est en contradiction avec la signification, ou, du moins l’une des significations, du terme Kali-Yuga, par lequel la tradition hindoue caractérise l’âge dans lequel nous nous trouvons, puisque Kali, qui doit s’écrire avec un a et un i brefs, (et non pas avec un â et î longs, comme le nom de la déesse) signifie conflit, querelle, discorde. (Dict. sanskrit, Renou, p.182). Cette simple remarque suffit à dénoncer le caractère antitraditionnel et mensonger de l’appellation New Age : nous n’entrons pas dans le Nouvel Age, nous sommes dans l’Age des conflits. New Age est donc déjà par lui-même, la négation directe de la vérité de l’âge présent.  

Mais ce mensonge et cette imposture répondent exactement aux vœux de nos contemporains, d’où leur extraordinaire succès. De quel vœu, de quel désir s’agit-il ? Il nous semble qu’on pourrait les caractériser assez nettement comme l’expression d’une lassitude pacifiste, ou d’un pacifisme lassé, altération et perversion du véritable désir de paix. Toute civilisation, toute culture authentiques exigent une lutte incessante, un combat permanent contre tout ce qui, dans l’homme et hors de lui, ne vise qu’à l’horizontalité et à l’aplatissement. Ce ne sont pas les principes qui nous font tenir debout . C’est nous-mêmes qui tenons et gardons les principes ; et c’est seulement dans l’exacte mesure de notre fidélité à maintenir l’effort de notre garde et de notre vigilance, que nous est accordée la grâce de la verticalité. Certes la croix nous fixe dans l’immuable, mais à condition que nous acceptions de la porter.

C’est pourquoi il n’y a pas de société véritable qui ne soit bâtie sur un ensemble de refus et d’exclusion, et qui n’impose l’érection d’une muraille et la vigilance des sentinelles. Mais ces tâches requièrent aussi beaucoup d’énergie et de peine. Elles sont fatiguantes et la présente humanité est fatiguée de porter le poids de sa propre dignité. Qu’on vienne lui dire que la guerre est finie, que l’ennemi a disparu, que le combat est inutile, qu’au-delà des limites de la cité ne réside nulle menace, que la plaine du vase monde s’ouvre, pacifique, à toutes les bonnes volontés, alors le poids des armes se fait si lourd, l’absurdité d’un combat sans fin accable si fortement les hommes, qu’ils désertent les remparts et se prennent à espérer qu’après tout, le paradis n’est peut-être pas interdit.

Qu’on lise les textes nombreux dont New Age inonde les revues, qu’on s’informe des multiples stages et sessions qu’il nous propose, et l’on y percevra cette invitation souriante au désarment spirituel, cette confiance inconfusible  dans la bonté des hommes et du monde, cette prédication inlassable en faveur de nos capacités psychiques, cet appel presque irrésistible à s’abandonner à nos possibilités spirituelles et à en faire l’expérience la plus immédiate, dans un climat d’optimisme décidé.

New Age correspond donc exactement à la phase dissolutive de la subversion moderne, telle que René Guénon l’a décrite et qui a désormais succédé à la phase coagulatrice. En même temps qu’à l’Est se liquéfient les grands blocs de la banquise matérialiste, à l’Ouest apparaît une nébuleuse panpsychiste où se noient les différences, où s’estompent les contours, où s’effacent les distinctions dans l’euphorie d’un brouillard doré. Comme on le voit, cette stratégie dissolutive se développe sur deux fronts : d’une part, dans l’ordre doctrinal des principes, elle s’attaque aux raisons qui justifient les refus de l’Ancien Age ; d’autre part, dans l’ordre psychologique des besoins de la nature humaine, elle vulgarise les thèmes de vie les plus faciles et propose les satisfactions les plus immédiates, dans un climat d’innocence douçeâtre, mais avec le minimun d’ivresse indispensable. C’est pourquoi il nous a paru nécessaire de nous interroger précisément sur ces besoins de l’âme, leur nature, leur signification, car c’est très exactement à ce niveau que se situe le nœud du problème et que doivent intervenir les solutions éventuelles. Il est clair en effet que New Age pose un problème de société. En l’an 2000, on estime que les sectes pseudo-religieuses regrouperont plus de cent millions d’êtres humains. Or, il n’y a pas de société qui ne se propose de répondre aux besoins des hommes qui la constituent. Quels sont donc ces besoins ? et comment se manifestent-ils ? Faute de répondre à ces questions et à quelques autres, on risque de n’opposer au mirage du New Age, préfiguration de la religion de l’Antéchrist, que des déclarations de principe.

Nous partirons de la tripartition anthropologique traditionnelle qui nous donne, sur la structure de l’être humain, l’enseignement fondamental : l’homme est à la fois, corps, âme, esprit. Ces trois dimensions définissent les trois fonctions majeures de l’existence, ce que l’ancien catéchisme résumait en disant que l’homme a été crée par Dieu pour Le connaître, L’aimer et le Servir. De même l’Inde distingue essentiellement trois voies spirituelles : de connaissance, de dévotion et d’action. Si cette tripartition anthropologique décrit adéquatement la réalité de l’être humain, alors il en résulte que l’homme est défini par une triplicité de besoins : besoins de l’esprit, besoins de l’âme et besoins du corps, étant admis que ces trois instances sont envisagées ici dans ce qu’elles ont d’essentiel et non selon tel ou tel aspect relativement accidentel auquel elles sont souvent réduites. Ainsi le corps ne doit pas être identifié simplement à la forme corporelle, au sens anatomique du terme, mais doit être regardé comme le moyen de notre présence active au monde terrestre.

Cela étant admis, nous nous poserons la question suivante : y a-t-il une unité des besoins de l’esprit, une unité des besoins de l’âme, une unité des besoins du corps ?

Autrement dit, et pour prendre l’exemple de l’esprit – qui sera ici envisagé essentiellement en tant qu’organe de connaissance – demandons-nous si dans tout ce qu’il désire, il est possible de discerner une valeur ou un principe unique sous-jacent à toutes les formes dont son désir se revêt , présent en tous les objets vers lesquels il tend, et si, derrière la diversité de ses recherches et de ses attentes, il y a un seul et unique principe axiologique, un seul et unique orient ? La réponse ne fait aucun doute : en toutes choses, l’esprit cherche le vrai ; la vérité est le pôle fédérateur  de tous ses désirs et de toutes ses activités. De même, en toute chose, le corps cherche le bien, qu’il s’agisse du bien physique : le bon pain, le bon repos, le bien-être, ou du bien moral : la bonne action, le bon geste, car tous les devoirs et obligations morales mettent  le corps en jeu. Quant à l’âme, il ne reste donc, de la triade axiologique traditionnelle, que le beau qui puisse la déterminer. Et en effet, nous croyons qu’en toute chose l’âme cherche, par-dessus tout, la beauté ; qu’en toute chose, elle aspire à goûter la beauté. Et cela n’est évidemment pas sans rapport avec l’analogie profonde qui unit la femme à l’âme, comme à celle qui unit la femme à la beauté.

Le vrai, le beau et le bien sont donc respectivement les étoiles polaires de l’esprit, de l’âme et du corps, définissant et résumant leurs besoins fondamentaux. C’est pourquoi, très précisément, la beauté est la nourriture de l’âme, comme le vrai est la nourriture de l’esprit et le bon celle du corps. Et de même doit-on dire que la Vérité est la fin de la voie de la connaissance, la beauté de la voie de l’amour, la bonté, de la voie de d’action.

A ces trois premières Normes il conviendrait d’adjoindre, pour être complet, les deux autres transcendantaux (1) que sont l’être et l’un, dans lesquels nous verrions volontiers deux principes complémentaires, présents dans chacun des pôles  de la triade Vérité-Beauté-Bonté et qui constituent l’aspect double sous lequel chacun de ces trois pôles peut être envisagé : ainsi, le vrai, en tant qu’être, c’est le réel, et en tant qu’un, c’est l’intelligible ; le bon, en tant qu’être, c’est la substance nourricière et en tant qu’un, c’est l’agir efficace, le beau, en tant qu’être, c’est le repos et la suffisance de la forme en elle-même ; en tant qu’un, c’est son harmonie et la puissance d’unification qu’elle communique par sa seule présence : la beauté pacifie en rayonnant d’une part et unifie en intériorisant d’autre part.

Mais il ne suffit pas d’avoir défini ces Normes et ces Principes, ni d’avoir caractérisé les aspects essentiels sous lesquels ils se présentent. Il y aurait d’ailleurs bien d’autres choses à dire à ce sujet, si l’on voulait compléter tant soit peu cette esquisse. Il faut aussi maintenant que nous nous interrogions plus précisément sur les rapports que l’homme entretient effectivement avec ses transcendantaux, du moins avec l’un d’entre eux, qui joue le rôle essentiel dans la question qui nous occupe, savoir, le beau.

suite à lire et à écouter une intervieuw d Arnaud Desjardins par Jacques chancel
http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=326128

un site à découvrir!

Citation :
Arnaud Desjardins à dit:
M.d.S. : Est-ce que vous avez l’impression qu’on va voir une sorte de pullulement de petits ou grands maîtres, d’instructeurs-éveilleurs dirai-je, avec cet intérêt de plus en plus grand pour la spiritualité ?

A.D. : Vous soulevez là une autre question qui devient quantitative...

M.d.S. : Parce qu’il y a de plus en plus de gens qui prennent en charge des destins et qui font de la publicité pour leur activité.

A.D. : Oui, il y a de plus en plus de gens qui prennent en charge des destins, qui font de la publicité et qui n’hésitent pas à proposer en cinq jours "l’union du corps et de l’esprit, l’épanouissement de la personnalité, la libération des forces profondes" - c’est-à-dire un programme qui est en effet celui de la voie spirituelle - même s’ils ne s’attribuent ouvertement pas la qualification de maîtres ou de gourous. Tous les maîtres reconnus que j’ai rencontrés en Asie et en Europe affirment que la voie est longue, laborieuse, qu’elle demande beaucoup de courage, de persévérance, d’acharnement même, alors que la plupart de ces groupes en tous genres qui prolifèrent aujourd’hui promettent beaucoup en très peu de temps : à les entendre, on a l’impression qu’un stage de douze jours au mois de juillet va vraiment transformer en profondeur, ce qui est en contradiction flagrante avec l’expérience de toutes les formes d’ascèse depuis toujours.

M.d.S. : Est-ce que vous conseilleriez donc surtout la méfiance par rapport à toutes ces propositions ?

A.D. : Il y a certains groupes qui se présentent sous une façade religieuse et qui méritent plus ou moins le qualificatif de sectes. Parmi les stages d’épanouissement personnel, certains sont néfastes. Ils peuvent perturber, faire lever des émotions profondes qu’ensuite personne ne peut prendre en charge. Beaucoup d’autres sont bien sûr bénéfiques, apportent, sans aucun doute quelque chose sur le moment. Mais il faut beaucoup plus que cela pour constituer une voie conduisant peu à peu à la maturité, à la mise à jour des motivations inconscientes et à la réunification qui permet ensuite le lâcher-prise, l’effacement de l’ego, la mort à soi-même qui relèvent à proprement parler du chemin spirituel.
M.d.S. : Et alors, comment choisir ? Que dire, par exemple, à des gens qui lisent Nouvelles Clés* et rencontrent toutes ces publicités sur les stages ?

A.D. : On peut leur dire : "Si vous faites des rencontres - et pourquoi pas - si vous participez à des stages qui vous attirent, faites-le les yeux ouverts. Essayez de ne pas vous leurrer, de ne pas prendre vos désirs pour des réalités, de ne rien ajouter en imagination à ce que vous auriez ressenti et vécu". Et je dirais aussi : "Ne croyez pas aux résultats rapides, parce que vous serez tôt ou tard déçus - si ce n’est dans six mois, ce sera dans deux ans".


Citation :
l'exigence du regard

Les feuillets de ce Site comme les Prières bouddhistes caressées par le vent dans les Himalayas s'adresseront au Pélerin qui , s'il s'est déjà mis en route , saura y reconnaître les trâces qu'il aura sans doute parcourues. Il sait aussi que quelles que soient les exalaisons , les parfuns et les langues contenues en ces pages , seul un unique Secret les habite.En effet chaque Tradition représentée par ses Guides spirituels utilise une langue qui lui est propre en relation avec une Culture dont elle est issue directement. Dès lors les Traditions révèlent exactement le même Secret ineffable mais prennent les multiples colorations en réceptacles divers et variés comme le sont précisément les idiomes



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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Jeu 08 Nov 2007, 20:54

Citation :



SOLITUDE
L'homme doit maintenant marcher seul, dépouillé de ces attributs honorifiques et des richesses de ce monde, il a été jeté à bas du pinacle. Il est l'homme oublié, l'apatride, le désespéré; Et dans son âme souffle la tempête, mais il est poussé en avant, toujours en avant par une force inconnue.
Dans le brasier du désert de son âme, il entend chaque nuit et reçoit la noire accolade de la solitude. Dans les murmures moqueurs de cette solitude, il décèle des échos de voix lointaines. Son esprit torturé se demande si elles clament les souvenirs des triomphes passés ou si elles hurlent les présages des malheurs des temps nouveaux. Il se demande si la solitude a fait chavirer sa raison.


Il ne peut échapper au baiser brûlant de la soif de connaissances; tout n'est que désolation; mais il ne peut bénir ni maudire la force qui l'entraîne, car il ne sait pas ce qu'elle est. Il comprend qu'il est parfois plus dur de vivre que de mourir. Attiré par l'effroyable fournaise de son mental, l'âme est purifiée. C'est quand il arrive à la limite des forces humaines, et qu'il retombe dans la poussière.


QUE L'INSTRUMENT EST PRÊT.

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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Jeu 08 Nov 2007, 20:58

La solitude est ce qui permet de se dépouiller du manque de l'autre, et alors de prendre conscience de l'incomplétude de la Personne.

Lorsque la Personne est capable de se reconnaître incomplète, sans pourtant nier la réalité d'autrui, alors l'"instrument" est prêt.

Amitié,

steph
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Dim 02 Déc 2007, 10:09


Le manteau de magnificence‏



Jacqueline KELEN

Le grand bonheur de la magie des mots

L'envoûtement est présent dès la première ligne de ce conte fantasmagorique. Jacqueline Kelen nous offre ici plus qu'un bon livre, un grand moment de bonheur en compagnie de la richesse de la langue française. Un jardin fantastique, des couleurs, des parfums, se succèdent ici dans un chatoiement de phrases splendides.

Une Dame se languit, un chevalier au coeur pur déambule, un vieillard solitaire écrit, un 'fou' bienheureux tend vers l'adoration, un chien aux yeux de myosotis vous regarde doucement sur l'échiquier d'un temps suspendu aux confins du pays de France au XIIIème siècle.

Jacqueline KELEN, "Le Manteau de Magnificence", Editions La renaissance du Livre - Code EAN : 9782804608903, Prix : 17,50 euro




ce livre est épuisé,je l ai reçu en cadeau d Angeline...
un extrait:

I


Le temps manquait d'amour. Elle se pencha pour lire. C'était un début d'attente, de rêverie. Les arbres eux-mêmes penchent vers la douceur du soir.
Elle ouvre un livre d'heures, un livre qui parle d'éternité. Elle lit et les mots s'échappent des pages, ils font autour de sa tête une couronne bruissante. Les mots attendent la caresse d'une main sur la page, la tendresse d'une tête penchée, pour livrer leur secret.
Elle lit. Elle pense suivre le fil des heures. Mais les heures veulent l'éternité. Quelque chose chantonne dans l'air, au cœur du parchemin et sous la paume tranquille posée sur le livre entr'ouvert.
Les mots chantent. Seuls peut-être les mots sont libres.
Elle arrête sa lecture. Elle lève la tête. Un parfum frais et fort la surprend, l'enveloppe. Est-ce lilas, giro¬flée, muguet ou tubéreuse ? Ce parfum, elle le connaît et il vient de si loin. Une odeur de jasmin envahit toute la pièce mais elle ne peut savoir si cela vient de la fenêtre entrebâillée ou du livre qui attend.
La femme ouvre grand la fenêtre et regarde au loin. Quand le cœur est épris, les yeux se portent au-delà de l'horizon. Elle ne sait qui elle aime mais elle aime, c'est certain. Elle aime : c'est la seule façon d'avancer dans la vie, de faire chanter les heures.
L'odeur fraîche de jasmin est présage d'incendie. Le livre d'heures à la précieuse reliure n'est plus qu'un léger tas de poussière que la femme disperse d'un geste doux. Seule l'éternité est vivante, se dit-elle.
Elle regarde vers le lointain. Depuis combien de temps l'aime-t-elle, lui qu'elle n'a pas rencontré ? Elle a cru tromper son attente en lisant, en chanton¬nant, mais n'a fait qu'aviver son impatience. Jamais elle n'a tenu le fil des heures, elle le sait maintenant, ce qu'elle cherchait c'était une trace de lui, le mur¬mure de sa venue.
Jamais il ne l'a tenue entre ses bras mais certaines nuits il penche son visage vers elle. Et parfois, lors¬qu'elle est assise, silencieuse, remuant doucement les choses de son âme, elle sent derrière son épaule droite une présence. Une présence qui sourit.
C'est la première fois qu'elle respire ce parfum pourtant familier, cette bourrasque de jasmin qui fait trembler ses mains.
Doit-elle l'appeler bien-aimé, celui qui se cache ? Le jasmin chante dans la pièce, dans son cœur. Il annonce un grand amour.
Elle nomme bien-aimé celui qu'elle ne possédera jamais, celui qui échappe au livre de l'existence. Tout bas, avec crainte, elle prononce ce nom qui brûle les heures, ce nom qui seul est vivant

II


Lui, il n'attend rien, il ne possède rien, il ne pense pas beaucoup. Il va sur les chemins, s'émerveillant d'un hanneton, de trois gouttes de rosée sur une herbe. Il baisse la tête quand il croise une dame mais il dresse volontiers le poing vers les nuages. Il aime les rivières qui n'en font qu'à leur tête, les prés qui ondulent sous le vent. Il aime aussi quand le ciel explose, quand l'orage tasse les maisons et leurs habi¬tants pâles.
Lui, il marche, les yeux candides, les yeux blessés, rarement droit. Il n'a que ses mains et sa voix. Une voix qu'il croit menaçante, qu'il fait parfois toni¬truante. De temps à autre, en pleine campagne ou sur la place du village, il crie : "Je m'appelle Tempête !..." Et à peine ces mots proférés, il sourit, il sourit large¬ment, découvrant une bouche édentée.
Lui, c'est Tempête. Il n'a pas senti l'odeur de jasmin de ce matin-là mais souvent il s'aventure du côté où demeure la dame. Tapi dans les broussailles, il regarde pendant des heures la plus haute fenêtre où elle apparaît parfois. Il n'aperçoit pas bien les traits du visage, il voit surtout une chevelure très brune et des mains souples qui semblent convoquer les oiseaux.
Il ne sait sans doute pas lire mais il caresse les cailloux qu'il rencontre, il embrasse le cœur des fleurs. Il a du mal à compter sur ses doigts mais il s'en moque bien : rien ne résiste à la tempête, ni les livres savants ni les recueils de chiffres. Il est plus fort qu'eux tous. Mais il s'incline devant la dame.
Il n'a pas été touché par l'ivresse du jasmin. Il n'a ce matin-là humé aucune odeur particulière. Parce qu'il est trop simple. Il est si simple que tout le tra¬verse et qu'il ne retient rien. Mais il va continuer de vociférer sur les chemins et de gesticuler sans épou¬vanter quiconque. Il ira encore se cacher, s'égratigner, afin de surprendre le visage, les cheveux de la dame à sa haute fenêtre. Une image trop légère, comme fleur de farine, qui fuit de ses deux poings serrés. Il revien¬dra : il finira bien par capturer l'image et désormais il aura moins froid, il se sentira moins oublié.
À qui pense-t-elle, la dame, et pour qui coiffe-t-elle ses cheveux noirs ? Est-elle oubliée, elle aussi ?
Tant qu'il ira la regarder, se dit-il, elle ne disparaî¬tra pas, elle viendra vivante à la fenêtre. Tant que lui, l'innocent, aura une pensée pour elle, la dame sera sauvée de l'oubli.
Il reviendra s'écorcher les mains et les genoux. De voir son sang ne l'effraie pas. C'est comme une minuscule offrande.

"Je m'appelle Tempête !" Il s'égosille, puis il sou¬rit. Les papillons s'approchent.
C'est un simple. Il n'a pas grand-chose à dire mais tout passe par lui.
III


Elle rêve sous la courtine. Elle navigue en sou¬riant. Les voiles blancs qui protègent son sommeil se meuvent lentement. Elle est ici, son âme est très loin, partie quérir la rose qui point ne meurt, la fontaine où les corps accablés reprennent vigueur, elle est allée s'unir à la beauté qui régit toutes les saisons. Elle est ici, allongée dans son vaisseau blanc, mais son âme vagabonde.
Parfois dans ses sommeils elle retrouve les visages de la veille mais aussi des odeurs d'enfance, des ani¬maux inconnus et très doux avec qui elle joue et parle. Et elle le voit, lui, souvent. Ils rêvent le même rêve, ils viennent de la même étoile, ils sont forcés de se rencontrer. Ici, ailleurs, toujours. Au cœur de la rose et de la fontaine. Dans ses rêves elle entend aussi des mots finement assemblés, des mots jamais pro¬noncés, et il lui arrive de se pencher sur un grand par¬chemin où elle découvre des phrases très belles qui coulent et s'enroulent, des phrases qu'elle connaît bien, qu'elle a sues autrefois mais qu'elle n'a pas écri¬tes. Au matin, la musique s'est envolée, le livre s'est refermé, elle en est toute triste.
Le bruit qu'elle a gardé ce matin en s'éveillant, c'est celui d'un galop, serré mais non pesant. Un galop qui se rapproche, des cavaliers qui dansent sur leurs montures fières, enveloppés de poussière d'or. Elle met la main sur son cœur, pensant que le bruit en naît. Le cœur entend très bien. Mais les cavaliers ont disparu.
Certains s'endorment en espérant de beaux rêves. Elle, elle dort pour se souvenir. Pour se rapprocher de l'inoubliable.

IV


Chacun est seul au monde. Seul, mais entouré d'amour.
Oh je ne suis pas un philosophe, personne ne vient suivre mes leçons et d'ailleurs je n'ai pas vraiment de maison. Mais je ne me plains pas, je vais dans le monde en toute liberté. Ou dans la plus grande pauvreté, ce qui revient au même. Certains hommes me trouvent une démarche gracieuse. La grâce ne dépend pas de l'élégance (je ne possède ni miroir ni habits riches) : ce n'est pas une recherche mais un abandon, quelque chose comme la nue simplicité du ciel.
Ainsi, à l'insu de presque tous, j'exerce dans la vie ma liberté gracieuse. Beaucoup affirment que je ne fais rien, que je vis dans l'insouciance, pourtant la moindre chose retient mon attention. Tenez, ce matin, j'ai trouvé une brassée de laine pourpre — oubliée là ou tombée d'une charrette. J'ai aussitôt recueilli ce bout d'enfant rouge et informe. Puis — chez moi c'est une vieille habi¬tude —j'ai commencé à tirer un fil, un autre, un autre encore, et je les ai entrelacés. Au vrai, je ne sais pas encore ce qui va naître de cette laine pourpre ni si j'au¬rai la patience de continuer l'ouvrage. Mais ce rouge me plaît : il est éclatant comme la beauté de la solitude, comme l'irréparable déchirure de l'amour.


Je vis une nuit quelque chose qui enveloppait les deux. C'était une lumière rouge étincelante. Je deman¬dai : Qu'est-ce que cela ? Il me fut dit : C'est le manteau de Magnificence.
Rûzbehân de Shîraz(1128-1209).



Novembre 1995 Février-novembre 1998


revoir aussi

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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Ven 18 Jan 2008, 16:09



Androgynie & Anorexie


On a beaucoup écrit sur ces jeunes filles qui ne mangent "rien" parce qu'elles veulent maigrir et devenir légères comme des plumes, libérées des pesanteurs de ce monde. Or, le repas a toujours été le médiateur des relations humaines, symbole de la communion, du partage et de l'appartenance à un cénacle. Partout, et de tout temps, il a été le signe d'une hospitalité cordiale, d'une convivialité, le plaisir de la bouche suscitant un climat de confiance susceptible de rapprocher tous les êtres. Car "manger", écrit Brillat-Savarin à ce sujet, "c'est parler avec les autres". Que s'est-il donc passé pour qu'un jour des milliers de jeunes gens refusent de manger? Pourquoi le désir incoercible d'"être mince", alimenté par la mode et la publicité, incite-t-il les adolescent(e)s à faire fondre leur corps jusqu'à l'anéantir?

Patricia Bourcillier
http://www.androgynie.com/index.htm

extraits:
Le désir de devenir une seule chair

Selon le premier récit de la Création de la Genèse, Adam, l'homme originel, apparaît sous un aspect hermaphrodite, image d'une unité première encore indifférenciée et antérieure au surgissement du temps, conçue comme sphérique, « œuf primordial » ou « embryon de l'Immortel » et présentée dans de nombreuses cultures comme l'innocence ou l'âge d'or à reconquérir. Chez les latins, l'indécision sexuelle des dieux fut chose fréquente, de même que la mythologie grecque propose un grand nombre de divinités bisexuelles comme Adonis, Dionysos ou Aphrodite. Au reste, cette association de l'origine, de la bisexualité et de la sphère ovoïde se retrouve dans Le Banquet de Platon, où il est dit qu'au début des temps était un être unique sphérique qui pour la forme comme pour le nom - Androgyne est son nom (andro, mâle / gyne, femelle) - tenait à la fois du mâle et de la femelle avec quatre bras et quatre jambes, deux organes de génération et deux têtes. Mais cette constitution donnait aux hommes une vigueur rayonnante et une puissance spécifique telles que très vite ils décidèrent de s'en prendre aux dieux, d'escalader le ciel pour les attaquer. Alors, un dieu en colère les coupa en deux moitiés pourvues chacune d'un visage, afin qu'elles se regardent et mènent une existence différenciée, les arrachant de ce fait à leur félicité circulaire. Aristophane de commenter: « C'est sans doute de ces temps reculés que date l'amour inné de l'homme pour son semblable, l'amour qui tente de retrouver notre condition première, de refaire l'unité rompue et de rétablir ainsi la nature humaine. » A partir de là, ces deux tronçons, jetés au hasard dans le monde, vont errer et se chercher, malheureux et incomplets, jusqu'à ce qu'ils "reconnaissent" celui ou celle qui, de toute éternité, représente la "moitié" disparue. C'est leur destin, leur fatalité: s'ils y échappent, ils ne pourront jamais se réaliser. Ajoutons cependant que les hommes qui sont amoureux des femmes ou les femmes qui aiment les hommes ne forment qu'une catégorie d'êtres humains. Il y en a deux autres: les femmes qui se tournent plutôt vers les femmes parce qu'elles sont "une coupure de femme" et les hommes qui aiment les hommes et qui ont du plaisir à s'enlacer à eux, parce qu'ils sont "une coupure d'homme". De ces trois catégories, Platon privilégiait moralement la troisième, car l'amour, selon lui, ne devait pas s'arrêter à l'amour de l'Autre, à une relation intersubjectice, c'était une aspiration à la Beauté dans sa neutralité intelligible, en vue de l'immortalité. Et là on peut soupçonner qu'il désirait le retour au Même, à l'Origine, source de volupté, qui est bien un souvenir, non pas du voyage de l'âme avant la naissance, mais d'un lieu souterrain, en forme de grotte...


Le déni et la séparation

L'animal, cette part diabolique qui a tant embarrassé le monothéisme, c'est en premier lieu les forces profondes de la libido qui nous anime et qu'on pourrait également appeler l'appétence. On connaît le sujet des Truismes (angl. truism de true, vrai) de Marie Darrieussecq: métamorphosée en truie, une jeune fille cherche à retourner au plaisir, à faire l'expérience nourrissante de la Vérité, de l'être et de la jouissance. Vautrée dans la fange, blottie dans son « corps massif, rassurant, au milieu des autres corps massifs et rassurants », enfin libérée du pesant fardeau de l'identité et du poids de la responsabilité, elle s'attarde dans une vie indistincte, indifférenciée, où il n'y a ni salut ni chute, ni enfer ni paradis, juste le goût des glands dont elle se nourrit et qui se rattachent à la symbolique de l'œuf: abondance, prospérité, fécondité. Mais ce corps gras qui la ramène à l'animalité ne saurait hélas combler ses aspirations vers l'unité.

Presqu'universellement, le porc symbolise la gloutonnerie, la voracité: il dévore et engouffre tout ce qui se présente; autrement dit, "n'importe quoi". "Maladie du gouffre", assimilée à la boulimie, pour alimenter une faim coriace et impitoyable dans la mémoire fabuleuse du plus ancien de tous les passés, celui qui se caractérise par l'attachement préœdipien à la mère en tant que mère-nourriture, mère-chaleur, mère-caresse, mère-univers-affectif. Marie Darrieussecq écrit: « Rien n'est meilleur que la terre chaude autour de soi quand on se réveille le matin, l'odeur de son propre corps mélangée à l'odeur de l'humus, les premières bouchées que l'on prend sans même se lever, glands, châtaignes, tout ce qui a roulé dans la bauge sous les coups de patte des rêves. »

Quête avide d'une intimité interdite, d'une proximité physique, d'un corps-à-corps avec la terre-mère, à savoir d'un état hors du temps, autosuffisant et heureux. Comme si le sujet n'avait que ce moyen, pour échapper à l'anéantissement de son existence: retourner à l'état sauvage de l'enfance. Ainsi, Truismes fait presque écho à une phrase de Deleuze tiré de Qu'est-ce que la philosophie ?: « Il n'y a pas d'autre moyen que de faire l'animal (grogner, fouir, ricaner) pour échapper à l'ignoble: la pensée même est parfois plus proche d'un animal qui meurt que d'un homme vivant, même démocrate. »

Alors, bien sûr, on pourrait parler de nostalgie, on pourrait supposer que s'exprime ainsi le désir de retrouver une époque plus heureuse, celle... d'avant, celle d'un pays de cocagne, "éternel", doux et familier, celle d'un temps nourricier où il n'y avait pas de sexe, de différence, de concurrence, de ces lois du profit qui pourrissent les valeurs et l'espérance d'un monde meilleur.

Lire la suite
http://www.androgynie.com/androgynieanorexie.pdf
http://www.androgynie.com/and/separa.htm


je remonte ce sujet ,
à toi qui te re-co-naitra!
avec toute ma tendresse!
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mar 08 Juil 2008, 22:17

Bonsoir à vous tous,
je remonte ce post pour les nouveaux membres ,ainsi que pour quelques visiteurs..
bonne lecture!
La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu

richel

Citation:
Note d’Ambre : Jacqueline Kelen est mon auteure préférée et parle de la vie, de la mort et de l’amour avec une infinie justesse... une infinie clairvoyance...je vous partage donc ce texte avec bonheur.

Jacqueline Kelen dévoile l'absence d'amour vrai qui régit les rapports
hommes-femmes.
Ce n'est plus Jean dit le Baptiste qui aujourd'hui crie dans le désert et tente de frayer de nouvelles voies, c'est une femme assurément, la femme de toujours, la femme du commencement, libre et puissante, généreuse, et par là même faisant peur à tous ceux qui ne savent que prendre, posséder, et 'de l'amour ne connaissent que la sécurité ou la violence.
Elle n'a rien à perdre, cette femme, car elle est la nomade, la passante, et de la vie ne retient que les mutations et les résurrections. Mais parfois la tristesse lui vient : jusqu'à quand l'amour sera-t-il ainsi profané, ridiculisé ? Jusqu'à quand les hommes vont-ils faire du corps une marchandise et un objet, de la sexualité une théorie qui ne guérit rien, et de l'amour une chanson bêtifiante bonne pour les magazines féminins ? Jusqu'à quand les êtres humains vont-ils persister à se mépriser ainsi, au lieu de voir la lumière dont ils sont porteurs ?
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mar 19 Aoû 2008, 21:58



Citation :

La femme est l'initiatrice de l'homme
mardi 19 août 2008



Les femmes ont une chance inouïe, certifie Jacqueline Kelen, passionnée par les mythes et les symboles :

"elles sont porteuses d'amour ; de cet amour sacré capable de révéler les hommes à eux-mêmes et de transfigurer le monde !"



- Être femme est une chance pour vous ou vous arrive-t-il de le regretter ?

J'ai toujours trouvé qu'il était magnifique d'être une femme. Non pas que ce soit une catastrophe d'être un homme, ni une infériorité... [...] Selon que l'on est homme ou femme, notre mission diffère et il m'apparaît de plus en plus que celle de la femme est d'être la gardienne de l'Éternel par la voie de l'amour. La femme est une passeuse d'amour et elle incarne, ou du moins peut, au mieux d'elle-même, incarner cette verticalité qui relie l'être humain à Dieu.

- Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est là sa mission ?

Cela ne s'explique ni rationnellement ni biologiquement, ni même psychologiquement. C'est une question d'intuition et d'expérience. Il est troublant, pourtant, de voir que tous les grands mythes légués par les traditions les plus anciennes, ceux de la civilisation égyptienne et avant elle, il y a 6000 ans, de la civilisation sumérienne ou de la Chine antique, se rejoignent pour décrire la femme comme la "Porte du ciel" ou l'intermédiaire entre le ciel et la terre. C'est elle qui est la dépositaire des secrets célestes, par elle que l'être humain peut retrouver la trace de la divinité... __ - D'où lui viendrait cette mission, selon vous ?__

De sa nature même. Aujourd'hui, beaucoup de femmes se sentent en éclat, morcelées. Elles se demandent comment concilier leur vie de mère, d'épouse et de femme qui travaille mais il me semble que ce malaise vient d'une confusion entre les rôles sociaux, familiaux et professionnels et le moi profond de la femme. À force de s'éparpiller à travers toutes ses fonctions, la femme a un peu perdu contact avec elle-même, avec sa nature féminine. Les féministes de la première heure contesteraient violemment cette notion de nature féminine... Mais, pour moi, ce qui fait le fondement même de l'éternel féminin, c'est la capacité qu'a la femme à aimer, sa faculté de transfigurer le monde visible et de montrer qu'il peut prendre une autre dimension grâce à l'amour qu'elle incarne.

- Manifestement, vous donnez au mot amour un sens très fort qui n'est pas forcément celui que tout le monde reconnaît... Nous réduisons trop souvent l'amour à sa dimension psychologique. Si notre époque est malheureuse c'est peut-être, justement, parce qu'elle se fourvoie en rabaissant sans cesse l'amour au niveau de la psychologie. Le sentiment amoureux est de cet ordre, tout comme la jalousie, la possession ou cette forme d'amour que l'on oppose à la haine... Chacun de ces sentiments relève du mental et de la psyché, un domaine obscur, compliqué, toujours en proie à des remous et des tourments... Mais l'amour dont je parle est synonyme de sacré et quand on le vit, on entre dans une dimension d'éternité, de pure offrande et de pure louange. Il ne s'agit pas là d'une formule, mais d'une expérience dont témoignent tous les mystiques et que l'homme et la femme peuvent connaître dans l'acte amoureux: dans les moments de ravissement de l'amour, nous prenons conscience que notre véritable nature est la joie et que nous sommes, par essence, des êtres d'allégresse.

- Ne craignez-vous pas de choquer en mettant sur le même plan la relation physique entre un homme et une femme, et la spiritualité ou l'expérience mystique ?

Si j'en choque certains, c'est parce que nous voyons tout en termes antinomiques: on a voulu séparer le corps et l'esprit comme si la spiritualité était d'ordre mental. Comme si elle impliquait de renoncer aux sensations, aux émotions et à la plus belle chose qui soit en ce monde: le désir. Ce serait une spiritualité d'eunuque. Si nous sommes vivants, nous sommes dans ce corps qui nous a été donné et l'amour, alors, passe par lui. Or, peut-être parce que la femme a la possibilité d'héberger en elle un enfant, elle est moins portée que l'homme à dissocier le corps et l'âme. Elle a gardé plus que lui le souvenir que le corps est sacré et qu'il est infiniment précieux. Elle reste la mémoire de ce lieu de plénitude et de lumière qu'est le paradis...



- Mais n'est-ce pas une femme, Eve, au contraire, qui a fait chasser l'homme du paradis ?

On a beaucoup calomnié Eve et on lui a fait un fort mauvais procès car Eve, en réalité, signifie la vivante. Or, s'il est une caractéristique féminine par excellence, c'est bien cette qualité de vivante. C'est à elle que la Femme, dans les femmes que nous sommes, doit sa dimension d'initiatrice auprès de l'homme. Une initiation qui n'a rien à voir avec le kamasutra ou les jeux sexuels... C'est la Shakti qui danse sur le corps de Shiva dans la tradition hindoue, la femme qui danse sur le corps de l'homme dans les traditions antiques... Dans l'acte amoureux, la femme fait cadeau à l'homme de son corps à lui, elle lui donne le sens de son corps à lui. Il est rare, en effet, que l'homme ait un contact juste et amical avec son corps. Même un sportif ou un homme très actif n'est pas vraiment dans son corps. Il n'éprouve aucune reconnaissance à son égard. Mais dans l'étreinte, l'homme prend conscience que son corps est infiniment plus qu'un corps. Il s'éveille à cette dimension d'éternité où tout se rejoint, le corps, l'esprit et l'âme, le ciel et la terre, ici et là-bas...

- Face à cette femme éternelle que vous évoquez, capable d'éveiller l'homme à la vie et à lui-même, comment voyez-vous les femmes d'aujourd'hui ?

La plupart n'ont pas conscience de la puissance d'amour dont elles sont porteuses. Elles cherchent à être désirées, aimées, chouchoutées, toutes choses qui sont très agréables et extrêmement importantes sur le plan humain mais qui n'engagent pas leur nature profonde... Elles devraient retrouver le rôle que jouait au XIIème siècle la dame courtoise vis-à-vis du troubadour, celui qu'incarne la dame à la licorne que nous voyons au musée de Cluny à Paris: ce n'est pas la femme qui demande à l'homme de rester auprès d'elle, de faire couple, et d'avoir des enfants avec lui. C'est celle qui tend à l'homme un miroir et qui l'invite à se hisser jusqu'au plus beau, au plus rare de lui-même; celle qui lui murmure qu'il doit se mettre au monde et découvrir en lui cet être de lumière qu'il est fondamentalement. C'est un rôle à la fois douloureux et exaltant: il lui faut sans cesse rappeler à l'homme qu'il ne doit pas se contenter d'être un bon père, un bon époux et un homme d'affaires -ce qui va de soi au demeurant- mais qu'il est aussi un pèlerin de la sagesse et qu'il ne doit pas oublier son âme...

- Pensez-vous que les femmes renoueront un jour avec leur mission spirituelle ? Oui, parce qu'elles continuent malgré tout d'incarner l'amour. Encore aujourd'hui, celui-ci reste l'enjeu de leur vie comme il l'a été de tout temps et dans toutes les sociétés. Au nom de l'amour, la femme est prête à brûler tous ses vaisseaux et à prendre tous les risques, alors que l'homme se réserve. Les hommes sont très forts pour débattre d'idées, de politique, d'économie ou de technique mais ils ont des réticences à s'impliquer. Ils ont un mal fou à parler de leurs émotions et s'accrochent à des concepts. L'homme moderne, efficace, rentable, matérialiste se réfugie dans un monde cérébral auquel beaucoup de femmes se laissent prendre aussi, du reste. Pourtant, même si elles ne voient pas toujours son caractère sacré, vous remarquerez que c'est toujours les femmes qui parlent d'amour, comme c'est toujours elles, d'ailleurs, qui témoignent du corps. Moi je m'en aperçois constamment dans les conférences et les colloques: même sur des sujets scientifiques, les femmes ont une parole beaucoup plus incarnée. Elles parlent du lieu de leur corps et de leur coeur. Leurs propos sont à la fois sensuels, charnels, violents aussi peut-être mais toujours vibrants d'émotion et de vie.

- Voyez-vous dans le fait que l'on valorise davantage aujourd'hui les valeurs féminines un espoir pour notre société? L'espoir, je le vois plutôt dans cette puissance capable de tout transfigurer qu'est l'amour. Les mystiques n'ont cessé de le dire : l'amour est tout. C'est lui qui crée les mondes. Lui qui nous a suscité et nous a fait émerger. Sans lui, nous tombons en poussière. Ce n'est pas une relation entre deux êtres, entre un homme et une femme ou une femme et un enfant; c'est ce qui permet toute relation. L'amour est la finalité même de l'univers. Et si nous avions davantage conscience que l'amour circule en nous comme le sang dans nos veines, je pense que nous serions infiniment plus respectueux de nous-même, de notre corps et des autres. Nous aurions aussi davantage de gratitude envers la vie, car la vie est un cadeau de l'amour.



Propos de Jacqueline Kelen recueillis par Anik Doussau.

productrice à France Culture, Jacqueline Kelen a publié de nombreux ouvrages dont :

L'Eternel masculin (Traité de chevalerie à l'usage des hommes d'aujourd'hui )

http://vivrelibre.free.fr/divers/initiatrice.html

par joss
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Dim 07 Sep 2008, 10:56

Je te le dédie Lumière Intérieure.

richel

Sur France Culture cette semaine:
Ramon Lull et le Livre de l'Ami et de l'Aimé.

Ramon Lull, d'origine catalane, grand amateur de femmes, Ramon Lull connaît une conversion subite qui le fait entrer dans le Tiers-Ordre franciscain. Il n'aura de cesse dès lors, de fonder une philosophie mystique qui sera à l'origine plus tard, de beaucoup de réflexions de Leibniz. Par ailleurs, il écrit des traités de spiritualité où s'exprime l'amour le plus brûlant.

Jacqueline Kelen. Écrivain, auteur de Les soleils de la nuit : et la nuit comme le jour illumine éd. La Table Ronde 2008

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vivants/index.php?emission_id=50
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Ven 27 Fév 2009, 18:32




Souvent, on croit n'avoir de choix qu'entre congédier le désir ou bien y céder. Comme sil s'avouait manque, convoitise ou souffrance. Pourtant, il se révèle soif de connaître et de s'aventurer, élan amoureux et créateur, il signe la liberté joyeuse de l'être et ouvre à l'illimité. Aussi peut-il être chanté pour lui-même, dans ses excès souverains. Ce désir inapaisé, juvénile, court à travers plusieurs mythes d'Occident et divers récits bibliques. Il enflamme la réflexion philosophique de Platon, de Nietzsche, de Spinoza. Il est, " long désir ", à la source de l'amour courtois : approche infinie de l'autre, enchantement plus que conquête. Et les mystiques de toutes traditions célèbrent l'Ardent Désir, feu d'amour qui mène au total abandon de soi et se mue en une perte éblouie.

Citation :
Le désir ou la brûlure du cœur, publié à La Table Ronde dans la collection Les Petits livres de la sagesse, trace un chemin heureux dans le monde du désir, aussi éloigné de la lutte contre le désir que de la soumission au désir :

" Le désir est une audace et un enchantement, il ne cherche pas tant à capturer qu'à se dépasser, à se renouveler sans cesse. Sauvage, impétueux, violent, il déborde les limites, il consume les doutes et les réticences, il effraie par sa liberté tenace. Il mène à l'excès et au ravissement, il brûle dans la passion et s'illumine dans la contemplation. Ainsi, un vaste désir peut n'être pas blâmable car il révèle une soif d'immensité. (…)
Il est le printemps de la quête, le feu qui permet de rencontrer l'Esprit, et il se révèle essentiel à l'aventure intérieure. Dans l'un de ses nombreux écrits, Denys le Chartreux (1402-1471) l'énonce avec clarté :
Le désir est comme un dépôt spirituel, une ouverture du cœur qui le rend apte et digne de recevoir les dons et les grâces qu'il demande. "

Ce livre m intrigue depuis des années...comme tous les livres de cette grande Dame ,Jacqueline Kelen!
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Ven 03 Déc 2010, 08:35

Bonjours à vous,


En fait, lorsque je lis tout ça, je me dis que ce sont bien des circonvolutions pour nous faire comprendre quelque chose d'assez simple.

La beauté que nous ressentons, que nous distinguons, que nous éprouvons, manifeste simplement la quantité d'amour que contient notre pensée ou notre regard.

Sans amour, la beauté n'existe pas. Celle-ci n'est que l'expresion infinie, de toute les variations infinie de l'amour que nous révélons à travers nous.

Dans cette perspective, la beauté est la manifestation sublimée, de notre essence divine.

.
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MessageSujet: dépression salvatrice   Sam 18 Déc 2010, 10:37

"dépression salvatrice"

Chroniques d'un homme parmi tant d'autres




Citation :
Je suis l'homme, la femme, les sentiments et la raison, les émotions et l'analyse, le sexe et l'essence. Je réalise aussi que je n'ai besoin de personne pour me sentir complet tout en ayant le goût profond de partager librement tout cet entier. Je suis à moi seul l'être et le plaisir. Si une femme veut partager tout cela, c'est possible. Autrement, je me respire et me vis par moi-même.

Le vécu des cinq dernières années m'amène à vous parler de l'homme nouveau. L'homme nouveau qui fait un avec la vie, fait corps avec l'Énergie et qui a le goût de partager avec vous, comme avec la femme. Fini l'homme prototype! Parce qu'il ne voulait pas être le « macho », il deviendrait l'homme bleu! Inintéressant et je n'y croyais pas. Parce que la femme ne voulait pas être l'émotion ou la délicatesse incarnée, elle allait copier l'homme dans ses comportements ! Inapprochable, elle ne s'inspirait pas de ce qu'elle était.

J'ai eu besoin de cinq ans d'introspection pour faire le travail d'ouvrir en moi le canal d’énergie et j'aurai tout le reste de ma vie pour apprendre à être le parent de l'enfant blessé que j'y ai trouvé. Je n'ai pas eu l'amour nécessaire à mon épanouissement d'homme fondamental, mais je me donne la moitié de ma vie pour expérimenter cet homme nouveau surgi de derrière les peurs, les doutes, les peines et les carences affectives. Il est beau cet homme d'esprit et de cœur. Il est beau cet ange qui me donne l'amour en moi d'abord, et qui est prêt à partager de façon équitable et équilibrée avec l'autre. Je ne me sens plus seul; je fais partie de l'univers positif. Et je ne me sens plus seul à éliminer ces peurs, ces doutes et ces limites venus de l'extérieur. Tous font partie, par l'intérieur, de cet univers de progrès à l'infini. S'inspirant du soi pour aller tout droit, et chacun se libérant pas à pas de choses dont il n'a plus besoin pour exister et qui cherchent à le faire dérailler.

J'aimerais, avec mes espoirs, mes blessures et mon désir de vivre, qu'une femme puisse se sentir libre, comme moi, de parcourir les bouts de chemin partageables tout en nous laissant cette même liberté de revenir à une saine solitude réciproque, quand le besoin se fait sentir. Aimer en nous donnant ce qui est essentiel à l'un comme à l'autre. Pas donner pour donner, mais donner en échange de quelque chose à recevoir d'aussi important pour l'un que pour l'autre.

Voici d'abord d'où je viens et vers quoi les Chroniques d'un homme parmi tant d'autres me conduiront. Vous verrez...
Page personnelle de l'auteur Paul Chabot
L'homme nouveau

Chroniques autobiographiques, 112 pages.


je VOUS Ambrasse et vous laisse avec cette magnifique "réflexion" de Yab Léo sur un autre forum:

Citation :
...Drole se sensation que de courir pour fuir un danger, courir, courir...et se rendre qu'on fait du sur place. Que tous les efforts que l'on fait t'enfonce comme un sable mouvant.

La dépression rime avec profond. Un malaise enraciné tres loin dans soi qui fait que lorsqu'on le remarque, ce ne sont que les feuilles et les branches que l'on voit.
On élague, on taille...mais les racines sont dur a déterrer.
Une plongée en profondeur s'impose.
Pour certains, un masque et un tuba suffisent pour descendre et remonter avant l'asphyxie. Pour d'autres, c'est le harnais, les cordes et le maillet...sans parler des rations suffisantes pour un long moment.

Il y a autant de dépression que de personnalités mais il n'y a qu'un seul mensonge...celle de sa vie qui n'est pas en accord.

Un instrument de musique sonne faux quand il n'est pas accordé...Il produit une note qui n'est pas agréable.
Nous sommes des êtres vibratoires et nous devons nous accorder pour être en harmonie. En résonance avec avec le rythme de la vie...de la nature des choses.
Quand on est en accord avec soi même, tout sonne comme une mélodie, et la mélodie est une onde. Une onde traverse tout... Comme les ondes électromagnétiques qui eux dérèglent nos fréquences.

Trouver les fréquences qui saturent et agressent, et ceux qui font sonner et qui s'harmonisent au reste, peux prendre des années de travail.
Des fois toute une vie sans être satisfait du résultat.


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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Jeu 24 Nov 2011, 02:17

Encore un extrait de "Esprit de solitude", sur la souffrance:

Abordée de façon initiatique (initier veut dire « commencer » : c'est un départ, un voyage qui ne finit pas), une difficulté est susceptible de provoquer un éveil, une prise de conscience et un changement important ou radical dans son existence. L'épreuve n'a pas pour sens la souffrance (ça, c'est le dolorisme, le masochisme sur quoi s'établit le pouvoir des religions et avec quoi jouent toutes les manipulations mentales), mais elle fait toucher en soi à des dimensions insoupçonnées, elle permet d'acquérir ou de développer des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l'endurance, la bienveillance et l'humilité... L'épreuve que peuvent représenter la perte d'un travail, un divorce, un accident de santé, des soucis financiers, etc. a pour sens aussi de faire disparaître nos chères certitudes, nos habitudes – tout ce qui constitue un faux moi, le restreint et l'asservit ; de faire tomber les masques derrière lesquels nous nous abritons et les images de marque auxquelles nous nous raccrochions. Toute épreuve décape et dépouille : elle permet de dégager les couches qui obscurcissent notre véritable Moi.


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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mer 30 Nov 2011, 03:31

djéhouti a écrit:
Bonjours à vous,


En fait, lorsque je lis tout ça, je me dis que ce sont bien des circonvolutions pour nous faire comprendre quelque chose d'assez simple.

La beauté que nous ressentons, que nous distinguons, que nous éprouvons, manifeste simplement la quantité d'amour que contient notre pensée ou notre regard.

Sans amour, la beauté n'existe pas. Celle-ci n'est que l'expresion infinie, de toute les variations infinie de l'amour que nous révélons à travers nous.

Dans cette perspective, la beauté est la manifestation sublimée, de notre essence divine.

.

Mille merci pour cette vérité Djéhouti !! Je me posais la question "Quelle importance donner à la beauté ? Pourquoi est-elle si ... amoureusement bouleversante ? Pour as-t-elle cette effet de transcendance que seul amour peut provoquer ? Pourquoi une beauté si parfaite ? "

L'amour entre humain. La contemplation de la beauté féminine permet à l'homme de faire épanouir, un peut plus, son amour pour Dieu. A force de contemplation, il peut apercevoir la réelle manifestation de Dieu via cette beauté et dépasser l'illusion de la beauté liée. Il apprécie alors réellement la beauté comme une manifestation de Dieu et non une beauté liée. Un réel détachement ce fait entre la personne et la beauté qu'elle porte.
Une personne ayant un amour pour les femmes ne pourra trouvé cette beauté chez un autre homme.
Certains voudrais nous faire croire que cette beauté est illusoire et n'existe pas, si problème il y a envers cette beauté, il ce situe dans le regard et non dans la beauté elle-même.
La beauté parfaite peut ce manifester à n'importe quel age et chez l'homme comme chez la femme. (J'utilise l'exemple de la beauté d'une personne, Dieu nous à tous donné un amour différent, personne ne peut comprendre celui de l'autre).
La beauté est un cadeau de Dieu, une porte de plus qui nous permet de ce plonger, de ce faire épanouir un peut plus l'amour de Dieu qui est, comme Jacqueline Kelen le dit, une brûlure du cœur ..........


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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mer 30 Nov 2011, 14:27

extraits"méditations sur la beauté";François Cheng

"La beauté formelle existe mais elle est loin d'englober toute la réalité de la beauté.la vraie beauté ne réside pas seulement dans ce qui est déjà donné comme beauté;elle est presque avant tout dans le désir et dans l'élan.la beauté est quelquechose de virtuellement là,depuis toujours là,un désir qui jaillit de l'intérieur des êtres,ou de l'Être,telle une fontaine inépuisable qui ,plus que figure anonyme et isolée,se manifeste comme présence rayonnante et reliante,laquelle incite à l'acquiescement, à l'interaction,à la tranfiguration.
Relevant de l'être et non de l'avoir,la vraie beauté ne saurait être définie comme moyen ou instrument.par essence,elle est une manière d'être,un état d'existence.Le poète Angelus Silesius écrit:
"la rose est sans pourquoi,fleurit parce qu'elle fleurit;Sans souci d'elle-même,ni désir d'être vue".
Il est vrai que le pourquoi d'une rose étant d'être pleinement une rose,l'instant de sa plénitude d'être coÏncide avec la plénitude de l'Être même..autrement dit,le désir de la beauté s'absorbe dans la beauté;celle-çi n'a plus à se justifier.il n'y a en fin de compte qu'un regard divin qui puisse l'accueillir, et non la cueillir!
La beauté peut être un don durable,si l'on se rappelle qu'elle est une promesse tenue dès l'origine.c'est pourquoi le désir de beauté ne se limite plus à un objet de beauté;il aspire à rejoindre le désir originel de beauté qui a présidé à l'avènement de l'univers,à l'aventure de la vie.chaque expérience de beauté,si brève dans le temps,tout en transcendant le temps,nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde.
D-C
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