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 La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu

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AMBRE

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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mer 06 Mar 2013, 18:35


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Les deux prisons d'Alice
Mercredi, 06 Mars 2013

Une jeune femme anorexique , une justice expéditive, une médecine qui s'obstine, un réseau social mobilisé, un happy end en vue. Et des questions.

Jean Rebuffat


Citation :
Alice C. arrive au palais de justice de Bruxelles, menue, maigre même, 22 ans mais à peine l'air d'une ado tant elle est menue, justement, et c'est là tout le problème. Elle arrive au palais de justice, mardi, pour une audience importante : elle est en appel d'une décision qui l'enferme deux ans. Elle est accompagnée de son père, mais il y a aussi des caméras de télévision, des appareils photos, des micros, des stylos et les yeux et les oreilles d'une quinzaine de journalistes, sans compter la présence amicale de plusieurs dizaines de sympathisants.

http://www.entreleslignes.be/entre-les-lignes/emois-et-moi/1235-les-deux-prisons-dalice.html
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MessageSujet: Anorexies religieuses, anorexie mentale   Mar 12 Mar 2013, 22:27

Citation :
Anorexies religieuses, anorexie mentale : Essai de psychanalyse sociohistorique :
de Marie de l’Incarnation à Simone Weil

Jacques Maître


Description de l'ouvrage

L'histoire de la spiritualité et l'histoire de la médecine commencent à se rencontrer sur le thème de l'anorexie. Au premier abord, il s'agit des ressemblances, filiations et différenciations entre les restrictions alimentaires rigoureuses attestées dans la "mystique affective féminine catholique" depuis le XIIe siècle, donnant naissance à l' "anorexie mystique", et celle qui caractérisent de nos jours l'"anorexie mentale". Le recours à la psychanalyse permet d'approfondir cette problématique, dans la mesure où les interprétations proposées se trouvent constamment placées dans l'éclairage des conditions sociohistoriques concrètes de chaque milieu à chaque époque.

Jacques Maître suit un fil conducteur fourni par l'expression " façons anorectiques d'être au monde ", définie par le refus de tenir sa place de femme dans la transmission de la vie et par une attitude maltraitante à l'égard de ses propres besoins corporels dans la mesure où ceux-ci reflètent la dépendance du nourrisson à l'égard de sa mère.

Sur ce terrain, la médicalisation actuelle de l'anorexie en tant que maladie mentale apparaît comme un retournement de la valorisation religieuse des expériences mystiques marquées par le voeu de chasteté et par un ascétisme acharné. Aujourd'hui, l'épidémie d'anorexie mentale couvre uniquement les pays industrialisés de tradition chrétienne, mais commence à pénétrer les couches les plus occidentalisées dans d'autres régions. Le critère psychiatrique de la phobie du poids se révèle plus conjoncturel que le rejet de la fécondité.

Un éclairage très évocateur vient de l'histoire du mythe religieux, puis médical, de l' "inédie" (vie sans alimentation durant plusieurs années). Il permet de mettre à part le jeûne-spectacle qui fleurit au XIXe siècle et jusqu'aux premières décennies du XXe.

Deux cas sont analysés d'une façon approfondie : Marie Guyart († 1672, en religion Marie de l'Incarnation), exemple typique d'anorexie mystique et personnage majeur dans l'histoire du catholicisme québécois ; Simone Weil († 1943), qui côtoyait avec flamme le mysticisme féminin catholique, mais qui mourut d'anorexie mentale sans avoir réussi à se convertir.
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MessageSujet: Façon anorectique d'être au monde   Mar 12 Mar 2013, 22:38

Jacques MAÎTRE,

Anorexies religieuses, anorexie mentale. Essai de psychanalyse sodohistorique : de Marie de l'Incarnation à Simone Weil.

Paris, Les Éditions du Cerf (coll. « Sciences humaines et religions »), 2000, 198 p.


L'investigation de la mystique affective féminine catholique, à laquelle Jacques Maître a déjà consacré deux ouvrages importants1, a dégagé un phénomène important et récurrent associé à la mystique : une tendance marquée à des conduites anorexiques. Cette caractéristique, Maître préfère la dénommer « façon anorectique d'être au monde » (p. 9), pour souligner la différence entre Y anorexie mentale, psychiatriquement et socialement dévaluée (parce que considérée pathologique) et une orientation psychique qui a reçu plusieurs formes de légitimation et de valorisation sociales, dont notamment dans la spiritualité catholique.

La méthode d'investigation de J. Maître consiste en une écoute psychanalytique des textes en tant que discours singulier des sujets, retraçant leur histoire personnelle, familiale et sociale (p. 10). Cette recherche s'insère dans une perspective plus vaste de théorisation des idéologies, qui ne peuvent se comprendre sans la prise en considération des deux pôles dynamiques que sont l'élaboration sociale et l'investissement subjectif (p. 15).

Dans la première partie, Maître démontre qu'il y a finalement « bien des façons anorectiques d'être au monde » (p. 9). En dehors de l'Occident chrétien, le cas documenté de Tang Yangzi, fondatrice d'une secte taoïste au XVIe siècle chinois, témoigne indéniablement d'une stratégie anorectique mise au profit d'une expérience religieuse (p. 54). « Du calvinisme au bouddhisme tibétain », l'aventure spirituelle transculturelle d'Alexandra David-Néel est mieux connue que son profil anorectique qui n'est pourtant certainement pas étranger à ses choix de vie et à la fascination qu'elle a ressentie pour la virtuosité spirituelle du lamaïsme (p. 67). Dans le contexte africain, un cas de conduites anorectiques associées à des représentations religieuses et rituelles a été étudié chez les Wolof du Sénégal : le syndrome anorexique, accompagné de troubles de la fécondité qui frappe les femmes, est associé au culte des esprits rab (p. 69). Enfin, une forme contemporaine et occidentale de pratiques anorectiques est reconnaissable dans les comportements narcissiques de contrôle de l'apparence et de la performance du corps (p. 73-74). La mystique chrétienne occidentale a été un lieu important de légitimation et de valorisation, voire de sacralisation de conduites anorectiques : ascèse alimentaire, jeûne prolongé, refus de la condition féminine (de la transmission de la vie, du maternage et du mariage). L'écoute psychanalytique du discours des mystiques chrétiennes laisse transparaître une thématique fortement imprégnée par la relation mère-fille et particulièrement mère-nourrisson. Les figures de la tétée, du sein maternel (fût-il attribué à Jésus), de la nourriture et du sevrage sont prégnantes dans le discours des mystiques. La tradition spirituelle chrétienne est allée fort loin dans la valorisation de l'orientation anorectique, jusqu'à la création du mythe de l'inédie, abstention totale et durable de nourriture, considérée comme l'un des phénomènes « extraordinaires » accompagnant l'expérience mystique. Cette forme de sacralisation de l'anorexie mystique, qui en fait une manifestation du divin (p. 82), est fondée dans une symbolique dualiste du corps fortement imprégnée par le registre alimentaire : le corps est partagé entre nourriture/pourriture, sainteté/corruption ou abjection.

Jacques Maître consacre la deuxième partie de son ouvrage à la présentation de deux spirituelles « virtuoses », Marie Guyart de l'Incarnation (1599-1672) et Simone Weil (1909-1943). Il dresse un portrait assez convaincant de l'anorexie mystique de Marie de l'Incarnation, incluant les privations alimentaires, une étonnante hyperactivité, le goût de l'abject, la privation de tout confort allant jusqu'à la maltraitance de soi, l'abandon de son propre enfant associé paradoxalement à une tendance à soigner et nourrir les autres. L'histoire de Marie de l'Incarnation se prolonge dans celle de son fils, Claude Martin, sur lequel le désir ambigu de sa mère pèse lourdement2 : il obtempérera finalement au désir de maternité spirituelle de sa mère par sa vocation religieuse et tentera de se rapprocher au plus près du désir propre de sa mère en réalisant lui aussi un mariage spirituel. Le cas de Simone Weil se situe à la charnière entre la filière de l'anorexie mystique et l'anorexie sous sa forme contemporaine sécularisée, dite anorexie mentale. Elle a puisé au registre religieux, et notamment à la mystique chrétienne, mais sans s'engager dans une allégeance particulière et par conséquent, sans le garde-fou ou la protection que constitue l'institution religieuse3 (ou tout autre cadre social propre à valoriser et canaliser l'attitude anorectique, tel, actuellement, le sport de haut niveau).

En quoi la démonstration de Jacques Maître, qui se défend bien de faire oeuvre théologique, a-t-elle des incidences significatives sur l'étude théologique de la mystique ? Certainement tout d'abord par la mise en évidence de déterminations d'ordre anthropologique et sociohistorique de la vie spirituelle, mais aussi et surtout, par la démonstration du fonctionnement d'une dynamique réciproque, d'une interrelation entre l'élaboration sociale et la subjectivité. Si l'anorexie a été valorisée en spiritualité, c'est qu'elle permettait de répondre aux demandes d'un idéal ascétique ; mais cette orientation psychique, présente chez la plupart des grands spirituels, a vraisemblablement influencé en retour la valorisation de l'ascétisme lui-même. La forte corrélation entre une orientation psychique anorectique et les comportements ascétiques a pu ainsi recevoir une interprétation mortifère. Car si le comportement ascétique est motivé en définitive par une tendance psychique spécifique, il n'est plus possible d'en généraliser, et encore moins d'en sacraliser la valeur.

Du même coup, la théologie se retrouve devant la tâche de repenser ses appuis métaphysiques dans son approche du spirituel. Le travail de Jacques Maître procède d'une véritable approche interdisciplinaire où chacune des disciplines, tout en gardant sa spécificité, contribue à l'autre. Pour Maître, il ne fait pas de doute que la mystique contribue à la connaissance de l'anorexie dite mentale (p. 10). Pour la théologie, la recherche psychanalytique contribue à de nouvelles remises en question. Si c'est malgré les déterminations que le ou la mystique accède à un statut de spirituel ou de saint, c'est donc aussi malgré les manifestations ou les effets de ces déterminations, que sont les jeûnes prolongés et autres mortifications. Marie de l'Incarnation en offre un bon exemple : lorsqu'elle entre en religion, on lui demande de cesser ses mortifications, ce à quoi elle consent sans réticence ni difficulté, n'étant donc pas attachée à ces pratiques auxquelles elle était néanmoins portée4.

Une seule réserve : Jacques Maître interprète le thème des noces mystiques entièrement à l'intérieur de la problématique des relations originaires mère-enfant. Il n'a pas tort, en ce sens que toute formation erotique ultérieure prend appui sur cette erotique pré-oedipienne archaïque. Néanmoins, la figure des noces mystiques est trop associée à l'erotique génitale (Cantique des cantiques) pour ne pas être considérée comme telle. Que les rapports originaires oraux persistent dans — et même fondent — le rapport génital n'empêche pas que les rapports amoureux mettent en scène une forme d'altérité particulière, et que cette particularité soit également inscrite dans la figuration de l'amour de Dieu par les mystiques.


Danielle THIBAULT
Université Laval, Québec


1. Mystique et féminité : essai de psychanalyse sociohistorique, Paris, Cerf, 1997 ; et L'orpheline de la Bérésina : Thérèse de Lisieux, essai de psychanalyse sociohistorique. Jacques Maître est chercheur au Centre national de la recherche scientifique à Paris.
2. Marie n'aura désiré son fils Claude que pour le donner à Dieu.
3. Simone Weil, on le sait, est décédée de ses restrictions alimentaires.
4. MARIE DE L'INCARNATION, « La Relation de 1654 », dans A. JAMET, éd., Écrits spirituels et historiques, t. II, Québec, Ursulines de Québec, 1985, p. 165.


http://www.erudit.org/revue/ltp/2001/v57/n2/401367ar.pdf
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Dim 22 Déc 2013, 13:43




Il faudra vous habituer à nos corps métis, hybrides…


Vous nous reprochez quoi d’être noir, gros, maigre, handicapé, trop jeune, trop vieux, pas assez viril, prisonnier, queer, gay, hétéro, prostitué(e), pauvre, drogué, dopé, faible, une femme, un homme, fatigué… ? De ne pas avoir le même corps, sexe, sexualité, genre que vous ? Et vous, vous auriez un meilleur corps que nous ? C’est quoi un corps normal ? Jusqu’où dois-je vous obéir pour être intégré dans votre domination normalisatrice sinon masculine ? Je suis toujours pour les autres trop ou pas assez. Malgré les lois, vous voudriez décider le bon corps de l’ivraie.

Avoir un corps est devenu un délit. La peau noire d’une ministre, le délit de sale gueule du jeune de banlieue qui cherche un premier emploi, le manque d’énergie d’un président de la République en rapport à la débauche survoltée du précédent, la chasse au désir prostitué, l’exclusion d’une élève rom arrêtée dans le corps de sa classe, le manque de gnac de l’équipe de foot face à l’Ukraine, l’enfermement d’une Pussy Riot dans un camp en Sibérie, le balancement d’un réfugié climatique emporté par l’ouragan, le froid du sans-abri au bas de mon immeuble devant lequel je passe chaque jour, la lenteur d’une personne âgée à la boulangerie qui me retarde… autant de situations corporelles que vous dénoncez du haut de votre corps !

Le délit corporel serait ici d’avoir un corps enrichi jusqu’à l’obésité ou amaigri par la maladie ou handicapé par l’accident, une couleur de peau qu’il faudrait dépigmenter, mais pour ressembler à qui ? Quel est le corps de ces gens qui conteste le nôtre ? Est-il celui des dieux du stade, filmé en 1936 dans le stade nazi par Leni Riefenstahl ? Ou celui normalisant des magazines dans lesquels les top-models sont sélectionnées lors de compétitions morphologiques qui reproduisent, sans le dire bien sûr, l’anthropologie raciale ? Il faudrait se débarrasser de ce corps pour avoir le corps de l’autre plus désirable, plus beau et plus fort. Pourquoi ne pas devenir cette foule anonyme et homogène dont Hannah Arendt nous indiquait qu’elle préfigure la masse totalitaire !

Mais surtout il ne faudrait pas trop revendiquer son corps ? Ne pas se victimiser ou retourner notre colère contre ceux et celles qui décident du bon corps. Ce seraient des tentatives désespérées et vides de sens d’exister alors qu’il faudrait se contenir, se retenir, accepter son sort ou attendre des jours meilleurs. La contrition, l’ascèse ou le jeûne sont devenus le moyen de biocontrôler les corps de l’intérieur : le régime, le renoncement, l’acceptation de la domination et de l’humiliation, la pauvreté. Jamais le paradoxe n’aurait été aussi à vif dans les chairs entre une société de consommation et un régime de contraintes par corps et dans les corps.

La peur des corps vivants existe désormais. Peurs du vertige, des drogues, de l’orgasme, de la colère et de la révolte qui exprimeraient le ras-le-bol par la manifestation corporelle dans la rue, contre les radars, les écotaxes, le racisme et les violences. Les normes et les règles du corps vécu et convenable ne suffisent plus à l’affirmation sensorielle du corps vivant. Le corps est à vif dans les prises de paroles mais dans la manifestation des sensations qui le traversent, moins dans une tyrannie des affects que par les émotions qui nous submergent.

Je ne vais pas abandonner mon corps pour devenir le corps que vous voudriez. Chaque corps dans le monde est aussi singulier que son visage. Le corps vivant qui anime notre organisme nous procure à notre insu des informations. Laissons advenir le vivant de son corps à la claire conscience : c’est une technique de trouble, qui trouble justement l’ordre social, précipitant la perception de soi et des autres dans l’intensité sensorielle de la douleur ou du plaisir. Vous pouvez arrêter les corps, les exclure, enfermer les pauvres dans des ghettos, les prostituées dans des lois, les mourants dans votre droit de mourir. Mais en démocratie le corps des individus est aussi le corps des citoyens, ce qui vaut pour le double corps du roi vaut aussi pour chacun et chacune d’entre nous ! Le retour à la pureté du corps et à la purification par exclusion, élimination et stigmatisation est impossible. Il faudra vous habituer à nos corps métis, hybrides et multiculturels : notre corps est dans le monde et nous incarnons à travers notre corps des mondes différents et complémentaires. Nous sommes des corps du monde et notre identité est responsable non seulement de notre territoire mais de la Terre entière.

A codirigé «Corps du monde. Un atlas des cultures corporelles», Armand Colin.
Bernard ANDRIEU PhilosopheSOURCE
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MessageSujet: Re: La beauté est une manifestation privilégiée de Dieu   Mer 31 Déc 2014, 13:01

 


Pourquoi les contes sont-ils inoubliables et nous touchent à tout âge ?
La plupart des commentateurs les ont étudiés comme un matériau folklorique, ou en ont donné une explication psychologique voire psychanalytique, quand ils n'en ont pas proposé une approche thérapeutique, en lien avec le développement personnel. Pour Jacqueline Kelen, les contes de fées sont avant tout des récits initiatiques, rappelant sans cesse la présence du monde surnaturel et éveillant la conscience aux réalités éternelles. Parlant de l'âme et s'adressant à l'âme, ils transmettent un message spirituel caché sous le manteau de la fable et une sagesse intemporelle qui n'appartient à aucune religion en particulier. L'auteur a retenu 17 contes, parmi les plus connus :La Belle au bois dormant, Cendrillon, Le Petit Chaperon Rouge, Blanche-Neige, Le Petit Poucet, Peau d'âne... Ils parlent de l'amour, de la beauté, du mal, de l'innocence et de l'au-delà.



Une robe de la couleur du temps. Le sens spirituel des contes de fées par Jacqueline Kelen, Editions Albin Michel.

Jacqueline Kelen détisse et tisse les contes traditionnels pour mieux souligner leur profondeur mystérique et leur fonction initiatique. Elle explore les contes comme autant de mondes à la fois nouveaux et familiers qui attendent de livrer leurs trésors de sagesse. Du Vilain Petit Canard à Peau d’Âne, passant par Le Roi-Grenouille ou Le Petit Chaperon Rouge, chaque conte, connu ou moins connu enseigne et éveille. Ces guirlandes de métaphores emboîtées délivrent ici une éthique, là une sagesse, ailleurs une clé alchimique, éclairant le chemin du lecteur là où il se trouve.

Réenchanter le monde, déployer l’esprit, laisser libre la place pour l’être, les finalités de ces contes initiatiques s’entremêlent pour donner naissance à ce nouvel homme que chacun peut pressentir quand il ne dort pas debout.

« Il y a dans toute histoire humaine, nous dit Jacqueline Kelen, un chant profond et secret qui demande à éclore, un chant unique que recèle chaque existence et qui souvent reste enfoui, se trouve empêché. »

Les contes traditionnels ont pour mission d’empêcher ce qui nous empêche, de nous libérer de ce qui nous rétrécit.

« Aux petits humains, dit-elle, les contes traditionnels rappellent deux choses principales : qu’ils ont à apprendre et à grandir. Apprendre, c’est quitter l’indolence et la suffisance, écouter, faire silence, être curieux et attentif ; c’est laisser les fausses certitudes, faire des expériences, se tromper, acquérir le discernement ; c’est persévérer avec ferveur, s’ouvrir à la connaissance qui emplit le cœur. Pour grandir, il faut d’abord prendre la mesure véritable de l’être humain et envisager ses possibilités inouïes, désirer hautement et ne jamais renoncer. Grandir, c’est se libérer des normes et des conditionnements qui font obstacle à l’essor de l’âme, c’est viser le Ciel, rien de moins. »

Les contes traditionnels ont une puissance poétique, ils ouvrent des portes insoupçonnées sur des mondes nouveaux ou des mondes anciens et oubliés. Jacqueline Kelen introduit le lecteur a une symbolique des contes tout en mettant en garde contre une systématisation du symbole. Les symboles sont vivants et ne sauraient être enfermés dans des significations arrêtées. Ils opèrent davantage qu’ils ne disent et se font souvent miroir de notre conscience. Il faut alors traverser le miroir pour accéder à l’invisible et au grand réel.

Le livre lui-même est un parcours initiatique. Jacqueline Kelen a organisé les contes présentés, choisis avec soin, comme une progression sur la voie spirituelle, de l’exil jusqu’au cercle d’or.

« Les contes de fées, conclut-elle, ne cessent de parler de l’au-delà et de l’outre-temps, de nous y préparer aussi. « Il était une fois », cette formule initiale ne renvoie pas à un passé révolu, mais désigne un temps pour toujours, merveilleusement vivant, dont l’âme garde mémoire en dépit de tout, à la façon dont Peau d’Âne garde dans son exil le coffret qui recèle les trois robes fabuleuses. »

La « parole scintillante » des contes traditionnels transmet une sagesse atemporelle venue d’un âge d’or qui n’est pas derrière nous mais devant nous. Il est le prochain, celui qui approche.

« « Il était une fois… » La magie commence. Les yeux s’emplissent d’étoiles, les oreilles s’ouvrent, et le cœur aussi.

Et le cœur aussi. »

Editions Albin Michel, 22 rue Huyghens, 75014 Paris, France.

http://www.albin-michel.fr/

Une interview de Jacqueline Kelen sur son livre :
Une robe de la couleur du temps...

A la lumière des contes...avec Jacqueline Kelen
On continue de penser que les contes de fées s'adressent aux enfants. Or, leur magie ne tient pas seulement aux histoires merveilleuses qu'ils racontent, mais surtout à ce qu'ils cachent : une Sagesse précieuse, qui tantôt circule sous le manteau de Peau d'Âne, tantôt scintille à travers des pantoufles de verre, ou veille silencieusement dans un château endormi...

Les contes traditionnels ne cessent de tisser des fils entre le visible et l'invisible, se révélant des guides sûrs pour l'âme, exilée en ce monde, à la recherche de son chemin de lumière....




Dernière édition par AMBRE le Jeu 18 Fév 2016, 20:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Le diable préfère les saints de Jacqueline Kelen   Sam 10 Juin 2017, 10:38

Le diable préfère les saints
de Jacqueline Kelen




Le chemin de sainteté passe par la rencontre avec le Démon. Ermites, moines et moniales, mystiques hommes et femmes, tous ont eu à subir ses tentations et ses assauts. C’est leur histoire, leur combat et, souvent, leur victoire que raconte ce livre.
D’Antoine le Grand à Padre Pio, de François d’Assise à Thérèse d’Ávila, de Catherine de Sienne au curé d’Ars, les plus grands ont témoigné qu’il ne s’agissait ni de superstition populaire ni d’hallucination. À travers leurs épreuves, ces figures exemplaires ont aussi indiqué les remèdes et les armes pour contrer les attaques du Diable
et triompher de lui.
À une époque qui ne croit plus guère en Dieu ni au Malin, et qui rejette tout phénomène surnaturel, voici un essai érudit et passionnant, qui rappelle la réalité de Satan.
Écrivain, productrice à France Culture pendant vingt ans, Jacqueline Kelen a publié une trentaine de livres consacrés aux grands mythes, aux figures mystiques et à la vie intérieure.

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