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 Enseignement de Bokar Rinpotché

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MessageSujet: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:15

Enseignement de Bokar Rinpotché

partage de Namaste

Le bouddhisme est souvent représenté comme une tradition a-religieuse, que l'on classe volontiers dans le domaine de la métaphysique, de la philosophie ou de l'art de bien vivre. Dans cette perspective, le bouddhisme dit "tibétain" semble se situer en marge, et ce n'est pas sans une certaine méfiance qu'on regarde parfois son cortège de divinités (les Yidams), les champs purs où elles résident et les récits d'apparence mythologique qui s'y rapportent.

Les tibétains eux-mêmes ne voient pourtant dans ces divinités rien qui contredise le bouddhisme : étant donné qu'elles font partie du Vajrayana, enseigné par le Bouddha, puis transmis secrètement en Inde avant de se répandre au Tibet, leur orthodoxie ne fait pour eux aucun doute, pas plus que leur parfait accord avec les reste de l'enseignement originel.

Il est vraie toutefois que les divinités peuvent être comprises à différents niveaux. Les tibétains du peuple les conçoivent certainement comme des êtres supérieurs, demeurant dans des paradis et veillant sur le sort des humains qui les prient. Mais pour les maîtres du Dharma, ce sont des expressions multiples d'un éveil unique, dont notre esprit n'est pas non plus séparé. Ce second point de vue correspond sans doute seul au bouddhisme au sens strict, mais le premier, en tant que "moyen habile" pour aider les êtres, n'est pas à rejeter pour autant.

Bokar Rinpotché dans son livre Tchènrézi aux : Editions Claire Lumière met clairement les choses au point, en décrivant la nature de Tchènrézi (Avalokiteshvara en sanscrit), la divinité la plus populaire du Tibet et la plus connue en Occident.

La pratique de Tchènrézi est enseignée et accomplie quotidiennement dans de nombreux centres du Dharma en France et à l'étranger, notamment à Dashang Kagyu Ling.
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MessageSujet: Re: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:16

TCHENREZI ABSOLU ET RELATIF
LA COMPASSION
PRESENCE DE TCHENREZI
LE MANTRA Om Mani Padmé Houng
L'INITIATION,TCHENREZI ABSOLU ET RELATIF


Seigneur au corps blanc que n'entache nul défaut,
De votre tête, le parfait Bouddha est l'ornement.
Sur les êtres vous portez un regard compatissant,
Devant vous, Tchènrézi je m'incline.

Ainsi s'exprime une très célèbre louange adressée à la divinité la plus populaire du Tibet.

Qui est vraiment Tchènrézi, divinité au corps blanc doté de quatre et parfois mille bras, pour laquelle les tibétains nourrissent une dévotion particulière et dont beaucoup d'occidentaux comme moi pratiquent aussi la méditation ?

Est-ce un dieu lumineux, doux et compatissant qui, depuis des cieux lointains, veille sur le sort des êtres, comme le croit la majorité du bon peuple tibétain ? Est-ce une simple image symbolique comme le pensent parfois les occidentaux ? Est-ce encore une autre réalité, plus profonde et riche ?

Il faut, en premier lieu, bien voir que Tchènrézi est à la fois une apparence (la manifestation divine) et une essence (la réalité intérieure), sans que l'une n'exclue l'autre ni la contredise. L'apparence de Tchènrézi est le signe de son essence, qu'elle rend manifeste et dont elle permet l'approche. L'apparence n'épuise pas l'essence, pas plus que l'essence ne nie l'apparence. Prétendre que Tchènrézi n'aurait qu'une existence extérieure à nous-mêmes serait une erreur, mais ce serait une autre erreur que de ne voir en lui qu'une abstraction. Saisir le lien entre les deux aspects de la divinité est indispensable autant pour comprendre ce qu'est Tchènrézi que pour comprendre sa méditation.

Qui est, tout d'abord, Tchènrézi en essence ?
Tchènrézi n'est autre que le mode d'être de l'esprit, à savoir l'union de la vacuité et de la compassion. Cette nature ultime de l'esprit, c'est Tchènrézi du point de vue de la réalité définitive. Pour utiliser d'autres termes, on dira encore que Tchènrézi est la bodhichitta sous ses deux aspects :


bodhichitta absolue correspondant à la vacuité,
bodhichitta relative correspondant à la compassion.Lorsqu'on décrit la nature de l'esprit, on utilise le plus souvent les termes vacuité et clarté plutôt que vacuité et compassion comme nous venons de le faire. En fait clarté et compassion sont une seule et même chose, désignant l'expression dynamique de l'esprit. De nombreux termes synonymes sont utilisés pour désigner ces deux aspects indissolublement unis :


vacuité et compassion,
connaissance et moyens,aspect absolu et aspect relatif,


mode d'être et mode de manifestation, etc.Quels que soient les mots utilisés, c'est aussi cette même réalité qu'est en fait Tchènrézi. Il est, pour chaque être, la nature éveillée de son propre esprit, l'amour et la compassion primordialement présent dans le Dharmakaya.

Tchènrézi est ainsi inhérent à nous-mêmes, car amour et compassion ne sont pas des qualités rajoutées à l'esprit. Elles font partie de l'éveil, même si celui-ci n'est, pour le moment, que potentiel en nous. Les différents degrés d'amour et de compassion que nous voyons d'un être à un autre corresponde à une actualisation plus ou moins grande de ce potentiel, au rayonnement plus ou moins puissant de Tchènrézi en nous. Mais on ne peut dire d'aucun être qu'il est totalement dépourvu d'amour et de compassion, car ce serait lui dénier cette nature éveillée dont tous les êtres sont dotés. Simplement, les voiles recouvrant l'esprit peuvent être momentanément si épais que les qualités latentes ne peuvent aucunement s'exprimer.

Dire que Tchènrézi n'est autre que la nature ultime de l'esprit n'est pas pour autant nier sa manifestation formelle. L'essence s'exprime sous une apparence. En même temps que Tchènrézi existe sur le plan de la réalité définitive, au niveau de la réalité guide, il apparaît sous la forme d'une divinité, telle que nous la connaissons habituellement. Il est l'expression visible prise par tous les Bouddhas afin que nous puissions rendre actifs l'amour et la compassion pour le moment virtuels en nous, afin qu'en nous se révèle l'ultime Tchènrézi. Son nom même exprime sa nature, chaque syllabe le composant ayant en tibétain un sens :


tchèn signifie oeil ;
ré donne une idée de la conduite
zi signifie regarder.Tchènrézi est donc celui qui "continuellement regarde tous les êtres avec l'oeil de la compassion".

Le rapport entre Tchènrézi comme potentiel de compassion de notre esprit et Tchènrézi apparaissant sous forme divine est le fondement même de la pratique :


d'un côté, Tchènrézi en tant que divinité manifestée est chargé de la puissance de la grâce et de la compassion de l'esprit de tous les Bouddhas, dont il est le vecteur ;
d'un autre côté, notre propre esprit est doté des potentialités de l'amour et de la compassion ;
en troisième lieu, l'interconnexion inéluctable qui relie toutes choses fait le premier facteur qui agit nécessairement sur le second, dont il être le révélateur.
Sans les virtualités de l'esprit, la divinité resterait une apparence extérieure, belle et lumineuse, mais inopérante. Sans la divinité, nos virtualités resteraient ineffectives. Ceci du point de vue du chemin. Cependant, du point de vue de l'éveil ultime, au-delà des notions d'extérieur et d'intérieur, au-delà de toute dualité, il n'existe plus aucune différence entre la divinité et notre propre esprit, qui est lui-même Bouddha.

Lorsque nous faisons la méditation de Tchènrézi, si nous voyons l'amour et la compassion grandir dans notre esprit, c'est le signe que notre pratique porte ses fruits. Le Tchènrézi relatif nous sert alors de support pour développer le Tchènrézi absolu qui demeure en nous depuis toujours. comprendre que Tchènrézi n'est en réalité jamais séparé de nous, qu'il est inhérent à notre esprit, permet de placer la pratique sous son véritable jour.

Nous avons besoin du Tchènrézi relatif pour réaliser le Tchènrézi ultime : la méditation de la forme et des attributs de la divinité, la récitation de son mantra nous conduisent à la réalisation de la compassion présente dans notre propre esprit, qui est en même temps vacuité. La puissance de la grâce transmise par le Tchènrézi relatif nous conduit à l'absolu de notre propre esprit, dont la dynamique est l'amour et la compassion.
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MessageSujet: Re: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:17

LA COMPASSION



Tchènrézi et la compassion sont, nous venons de le voir, une seule réalité, le Grand Compatissant étant la forme prise par la dynamique de l'esprit sans forme. Aussi nous faut-il bien comprendre ce que sont amour et compassion.

En même temps, nous comprendrions quelle est notre chance d'avoir une existence humaine. Si nous comparions même nos plus grandes souffrances ou nos plus graves difficultés à ce qu'endurent les animaux, nous verrions que nous ne sommes jamais dans une condition aussi douloureuse que la leur. Lorsque, par exemple, un animal est touché par la maladie, ses souffrances physiques sont les mêmes que celles d'un humain qui tombe malade, mais il n'y a aucun moyen d'alléger sa peine : il ne peut la décrire, il n'a ni médecin ni remède auxquels se confier. Lorsqu'il est exposé au grand froid ou à d'intenses chaleurs,il n'a guère non plus les moyens de s'en protéger. Lorsqu'on lui impose les travaux les plus durs, il ne dispose d'aucune liberté de refuser. Tandis que les hommes, même les plus pauvres, même les plus démunis, il leur reste toujours une petite marge de liberté pour tenter de trouver des moyens qui amélioreront leur sort.

La plupart des gens ne voient néanmoins que leur propre souffrance et se lamentent sans cesse sur eux-mêmes : "Que je souffre ! Que cette maladie est dure ! Que ma condition est pénible !" Jamais ils ne pensent à prendre en considération les souffrances des autres, même si, comme celles des animaux, elles sont bien plus nombreuses et bien plus intenses que les leurs.

Lorsque nous ne comprenons pas les souffrances des autres, nous accomplissons beaucoup d'actes qui leur sont nuisibles et qui, par leur caractère négatif, entraîneront dans nos vies à venir des souffrances pour nous-mêmes, bien que nous ne les désirions pas.

Dans le bouddhisme en général, et plus particulièrement dans le grand véhicule, le simple fait de prendre conscience des souffrances et des difficultés des autres est regardé comme une attitude intérieure très bénéfique, car elle permet que l'amour et la compassion naissent en nous naturellement.

Amour, compassion, joie et équanimité constituent les "quatre sans mesure", qui sont le coeur même de la pratique du Mahayana. Lorsque ces quatre attitudes imprègnent notre esprit et qu'elles guident notre manière de penser, de parler et d'agir, c'est aussi ce qu'on appelle la Bodhichitta.

Sans la Bodhichitta, c'est-à-dire sans l'amour et la compassion, toute autre pratique, si profonde soit-elle apparemment, n'est pas une voie vers l'éveil : ni chiné (pacification mentale) ni les méditations sur les divinités, ni les exercices sur les canaux et les énergies subtiles.

Lorsque nous sommes habités par les "quatre sans mesure", nous sommes naturellement amenés éviter tout ce qui pourrait nuire aux autres, naturellement conduits à accomplir ce qui leur est bénéfique. Dès lors, nous demandons le bonheur aux autres en même temps que nous engageons, pour l'avenir, notre propre bonheur. C'est un bienfait autant pour nous-mêmes que pour les autres.

Pour que les qualités de la Bodhichitta qui ne sont pas encore éveillés en notre esprit y naissent, pour que celles qui s'y sont épanouies ne se dégradent pas mais continuent à se développer, la méthode la plus puissante est certainement la méditation de Tchènrézi.

Celui qui aurait toute l'intelligence et toute la science du monde mais qui manquerait d'amour et de compassion ne pourrait jamais rien accomplir de vraiment bénéfique pour les autres. Celui qui est profondément habité par l'amour et la compassion, dans tout ce qu'il fait, accomplit le bien des autres.
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MessageSujet: Re: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:17


PRESENCE DE TCHENREZI



Tchènrézi étant l'expression de la compassion, celle de tous les Bouddhas et celle de notre propre esprit, il ne peut qu'être présent parmi les hommes qui souffrent. Cette présence revêt des formes multiples, dont la variété est beaucoup plus grande que ce qu'on peut tout d'abord imaginer.

Au Tibet, en premier lieu, des grands lamas, étaient regardés comme des émanations de Tchènrézi, comme, par exemple, les Dalaï-Lamas, ou comme les Karmapas, prophétisés comme tels dans de nombreux termas, à savoir des textes cachés par Padmasambhava. Ou encore un Lama comme Kalou Rinpotché, qui avait une très profonde pratique de la méditation, qui considérait Tchènrézi comme un de ses principaux Yidams, qui enseigna la méditation de Tchènrézi à ses disciples et l'institua comme pratique régulière dans les très nombreux centres du Dharma qu'il fonda en Occident ou en Asie du sud-est? peut être compté comme une émanation du Seigneur de Grande Compassion, même s'il n'est pas spécifiquement identifié en tant que tel.

Toutefois, la manifestation de Tchènrézi sur la terre ne se limite ni au Tibet, ni au monde bouddhiste, ni aux Lamas. Les noms et les formes n'en sont nullement des signes. Ses émanations peuvent aussi bien être des bouddhistes ou des non bouddhiste, des religieux ou des laïcs, des hommes ou des femmes, des Orientaux ou des Occidentaux, un roi ou un mendiant.

De toute personne dont le coeur est mû par l'amour et la compassion, qui accomplit profondément et sincèrement le bien des autres, sans souci de renommée, de profit, de position sociale ou de reconnaissance, on peut dire qu'elle exprime l'activité de Tchènrézi. L'amour et la compassion sont les véritables signes qui nous révèlent la présence de Tchènrézi.

Les Bodhisattvas sont des êtres qui n'ont d'autre motivation que la compassion, qui est elle-même Tchènrézi au sens ultime. Dans certaines prières des Bodhisattvas on trouve parfois le souhait de devenir un navire, un pont, un remède, un médecin, etc. Dans le Bodhisattvacharyavatara, par exemple, Shantidéva s'exprime ainsi :

Puissé-je être un protecteur pour ceux qui n'en ont pas,
Un guide sur la route des voyageurs,
Un pont, un navire ou une barque,
Pour ceux qui veulent franchir les eaux.

Puissé-je être une île pour ceux qui la cherchent,
une lampe pour ceux qui désirent la lumière,
Un lit pour ceux qui ont besoin de repos,
Un serviteur pour ceux qui veulent un serviteur.

Derrière le caractère un peu déroutant de ces souhaits, il faut voir l'esprit de compassion des Bodhisattvas, prêts à se manifester sous n'importe quelle forme bienfaisante pour les êtres. S'il est bénéfique qu'un navire puisse franchir la mer, le Bodhisattva apparaît sous la forme d'un navire. S'il est bon qu'un pont enjambe le fleuve, il se manifeste sous la forme d'un pont. Si une maladie virulente affecte les hommes, le Bodhisattva souhaite devenir le remède qui la guérira, le médecin qui saura le prescrire, l'infirmière qui assistera le malade.

L'esprit de Tchènrézi peut oeuvrer sous la forme d'un humain, d'un animal, d'une plante ou d'une chose inerte : c'est toujours l'expression de la compassion.

Tchènrézi peut même se manifester sous la forme d'une personne dont l'activité sera en apparence négative, mais dont le but sera en fait de tourner les autres vers une conduite positive.

Là où est la Compassion, quelle que soit sa forme, là est Tchènrézi !!!
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MessageSujet: Re: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:18

LE MANTRA "Om Mani Padmé Houng"



Les mantras sont une manifestation sonore issue de la vacuité. Ils sont le son propre de la vacuité. Du point de vue de la vérité absolue, de la vacuité elle même, le mantra n'a pas d'existence. Il n'y a alors ni son ni mantra. Les sons et les mantras, comme tout autre forme de manifestation, se situent dans le domaine de relatif, qui lui-même s'élève de la vacuité. Dans ce domaine relatif, les sons, bien que dépourvus d'entité propre, ont le pouvoir de désigner, de nommer, et d'agir sur l'esprit. Lorsqu'on nous dit, par exemple : "Vous êtes quelqu'un de bien", ou au contraire : "Vous êtes très désagréable", les mots "bien" ou "désagréable" ne sont pas des "choses", ce ne sont que des sonorité qui n'ont en elles'mêmes rien de "bien" ni de "désagréable" et produisent un effet sur notre esprit. De la même manière, dans le domaine relatif, les mantras sont dotés d'un infaillible pouvoir d'action.

Les mantras sont souvent le nom des Bouddhas, des Bodhisattvas ou des divinités. Om Mani Padmé Houng (les tibétains prononcent Om Mani Pémé Houng) n'est autre, par exemple, qu'une manière de nommer Tchènrézi. d'un point de vue absolu, Tchènrézi n'a pas de nom, mais dans le domaine relatif, de la réalité guide, il est désigné par des noms. or, ceux-ci sont eux-mêmes le vecteur de sa compassion, de sa grâce et de la puissance des souhaits qu'il formule pour le bien des êtres, de sorte que la récitation de son nom transmet les qualités de son esprit : c'est là l'explication du pouvoir bénéfique de son mantra, qui est aussi son nom.

de même que nous nous assimilons à notre nom, nous ne faisons qu'un avec lui, de la même manière, dans le relatif, le mantra est identique à la divinité. Ils ne forment qu'une seule réalité. Lorsqu'on récite le mantra, celui-ci n'est autre que la divinité elle-même. Par la récitation on reçoit la grâce de la divinité, par la visualisation on reçoit cette même grâce, sans différence.

Le mantra Om Mani Padmé Houng a parfois donné lieu à des traduction fantaisistes ou mystérieuses. Pourtant, nous venons de le dire, c'est simplement un nom de Tchènrézi, placé entre deux syllabes sacrées traditionnelles, Om et Houng.


Om représente le corps de tous les Bouddhas, c'est aussi le début de tous les mantras ;
Mani signifie "joyau" en sanscrit ;
Padmé, selon la prononciation sanscrite, ou Pémé selon la prononciation tibétaine, signifie "lotus" ;
Houng représente l'esprit de tous les Bouddhas et conclut souvent les mantras.
Mani et Padmé se réfèrent au joyau de que Tchènrézi tient dans ses deux mains centrales et au lotus qu'il tient dans sa seconde main gauche. Dire Mani et Padmé, c'est nommer Tchènrézi par le biais de ses attributs : "celui qui tient le joyau et la lotus". "Tchènrézi" ou "Joyau-Lotus" sont deux appellations pour la même divinité.

Lorsque nous récitons ce mantra, en fait nous répétons continuellement le nom de Tchènrézi. En soi, l'exercice peut paraître étrange. Supposons une personne qui s'appellerait Seunam Tséring et que nous répétions sans cesse son nom à la manière d'un mantra, ce serait tout à fait bizarre et certainement sans utilité. Si, en revanche, la récitation da mantra Om Mani Padmé Houng a un sens, c'est qu'il est investi de la grâce et de la puissance de l'esprit de Tchènrézi, lequel rassemble la grâce et la compassion de tous les Bouddhas et Bodhisattvas. Dès lors, le mantra est doté de la capacité de purifier notre esprit des voiles qui l'entravent, de l'ouvrir à l'amour et à la compassion, de le mener vers l'éveil.

Le fait que la divinité et le mantra ne soient qu'un en essence explique qu'on puisse aussi réciter le mantra sans faire nécessairement de visualisation et que cette récitation garde son efficacité.

Les qualités propres à chacune des six syllabes du mantra sont explicitées par de nombreuses correspondances.

On considère, en premier lieu, que chaque syllabe permet de fermer la porte des renaissances d'un des six mondes composant l'existence cyclique, marquées par la souffrance :


OM ferme la porte des renaissances dans le monde des dieux (dévas),
MA la porte du monde des demi-dieux (assouras),
NI la porte des humains,
PAD la porte du monde des animaux,
ME la porte du monde des esprits avides (prétas),
HOUNG la porte du monde des enfers.
Chaque syllabe est ensuite regardée comme ayant un effet purificateur propre :


OM purifie les voiles du corps,
MA purifie les voiles de la parole,
NI purifie les voiles de l'esprit,
PAD purifie les voiles des émotions conflictuelles,
ME purifie les voiles des conditionnements latents,
HOUNG purifie le voile qui recouvre la connaissance.
Chaque syllabe est en soi une prière :


OM est la prière adressée au corps des Bouddhas
MA la prière adressée à la parole des Bouddhas,
NI la prière adressée à l'esprit des Bouddhas,
PAD la prière adressée aux qualités des Bouddhas,
ME la prière adressée à l'activité des Bouddhas,
HOUNG rassemble la grâce du corps, de la parole, de l'esprit, des qualités et de l'activité des Bouddhas.
Les six syllabes correspondent aux six paramitas, les six perfections transcendantes :


OM correspond au don,
MA à l'éthique,
NI à la patience,
PAD à la diligence,
ME à la concentration,
HOUNG à la connaissance.
On les met aussi en rapport avec les six Bouddhas qui règnent sur les six familles de Bouddhas :


OM correspond à Ratnasambhava,
MA à Amoghasiddhi,
NI à Vajradhara,
PAD à Vairocana,
ME à Amitabha,
HOUNG à Akshobya.
Enfin, on les relie aux six sagesses :


OM la sagesse de l'équanimité,
MA la sagesse agissante,
NI la sagesse issue d'elle-même,
PAD la sagesse de dharmadatou,
ME la sagesse discriminante,
HOUNG la sages semblable au miroir.

Au Tibet le mantra de Tchènrézi était récité par tout le monde. Son caractère populaire est simple, loin d'en rabaisser la grandeur, lui conférait un surcroît de valeur, ce qu'exprimait un proverbe teinté d'humour :
Au début, ne pas le savoir n'est pas souffrance
Au milieu, le savoir n'est pas orgueil
A la fin, l'oublier n'est pas à craindre.

Ignorer la logique, la médecine, l'astrologie et les autres sciences présente un caractère douloureux, car il va falloir dépenser beaucoup d'énergie, accepter beaucoup de fatigues et d'efforts pour les assimiler. Tandis que pour apprendre le mantra de Tchènrézi, quelques secondes suffisent. Aucune "souffrance" n'est à envisager pour passer de son ignorance à sa connaissance. C'est pourquoi, "au début, ne pas le savoir n'est pas souffrance".

Lorsqu'on a mis de nombreuse années à acquérir une science difficile, qu'on a obtenu une certaine notoriété ou une certaine position sociale, on risque de se laisser aller à quelque auto-satisfaction et de se croire supérieur aux autres. La simplicité du mantra de Tchènrézi écarte ce danger : "au milieu, le savoir n'est pas orgueil".

Enfin, faute d'entretien, les connaissances que nous aurons pu assimiler en médecine, en astrologie ou dans une autre science, se perdront petit à petit. tandis que les six syllabes Om Mani Padmé Houng, il est impossible de ne pas s'en souvenir : "à la fin, l'oublier n'est pas à craindre".
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MessageSujet: Re: Enseignement de Bokar Rinpotché   Mar 30 Oct 2007, 16:19

L'INITIATION



Toute méditation de Vajrayana présuppose, pour être efficace, une initiation, c'est-à-dire un rituel qui en transmet la force spirituelle. Faute d'initiation, la pratique des phases de création et d'achèvement ne peut être accomplie, ou quand bien même elle le serait, elle resterait vaine.

Selon les classes de tantras et selon les divinités, les initiations revêtent des aspects variés, s'inscrivant dans le cadre de rituels plus ou moins complexes et plus oo moins long. Toutefois, leur principe reste identique.

Que se produit-il au cours d'une initiation ? Le maître qui la confère, par les mantras, par les moudras, par les visualisations et par la méditation, impose une force spirituelle, une "grâce", aux éléments, aux agrégats et aux bases de réception, de sorte que leur potentiel divin, pour le moment recouvert par l'ignorance, est éveillé. Cette impulsion initiale permettra ensuite, par la pratique de la divinité correspondante, d'actualiser complètement la réalité divine de notre esprit et de ses expressions.

L'initiation de Tchènrézi, qui ne peut être transmise que par un maître l'ayant reçu lui-même d'une lignée ininterrompue, comprend trois aspect principaux, inclus dans une même cérémonie :


L'initiation du corps de la divinité est conférée au corps du disciple. Elle habilite à se visualiser soi-même sous la forme de Tchènrézi, ainsi qu'à regarder l'univers comme étant le Champ de Béatitude. Elle permet aussi de méditer l'union de l'apparence et de la vacuité.
L'initiation de la parole de la divinité est conférée à la parole du disciple. Elle habilite à réciter le mantra Om Mani Padmé Houng ainsi qu'à considérer tous les sons, qu'ils soient ordinairement perçus comme agréables ou désagréables, comme étant le mantra. Elle permet de méditer aussi l'union de la sonorité et de la vacuité.
L'initiation de l'esprit de la divinité est conférée à l'esprit du disciple. Elle habilite à méditer en pensant que notre esprit ne fait plus qu'un avec celui de Tchènrézi, nous ouvrant alors au développement de l'amour et de la compassion. elle permet de méditer aussi l'union de la compassion et de la vacuité.
Les tibétains récitaient parfois le mantra de Tchènrézi sans avoir reçu l'initiation. Mais ils le faisaient avec une foi et une dévotion acquise dès leur petite enfance, tous regardant Tchènrézi comme la divinité tutélaire de leur pays. En marchant, en travaillant, en accomplissant des tâches multiples, ils récitaient le mantra, parfois sans savoir visualiser la divinité. De la même manière, si nous avons confiance en Tchènrézi, nous pouvons réciter son mantra même sans avoir reçu l'initiation et nous en retirerons des bienfaits.

En fait, tant que l'on considère Tchènrézi comme extérieur à soi-même, l'initiation n'est pas indispensable. Mais elle le devient pour se méditer soi-même sous la forme de la divinité, pour véritablement accomplir les phases de création et d'achèvement.


http://perso.orange.fr/bouddhisme-tibetain/

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