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 L’origine de la Toussaint et de la fête des morts

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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Mer 31 Oct 2007, 10:20

voir aussi
À propos de la grande fête automnale




par Pierre Gordon
extrait:

Samain et le dieu Dagda

Il n’est pas douteux que la fête de Samain (1er novembre) ait marqué très anciennement le debut de l’année celtique. «Dans l’Ile de Man, écrit Frazer (1) (…), l’une des forteresses dans lesquelles la langue et la civilisation celtique résistèrent le plus longtemps au siège des envahisseurs saxons, le 1er novembre, ancien calendrier, a été regardé, jusqu’à une époque très rapprochée, comme le Premier de l’an. C’est ainsi que des troupes d’insulaires déguisés se promenaient, la veille de la Toussaint (vieux style) en chantant. dans leur langue, un chant Hogmanay, qui commençait ainsi : «Ce soir, C’est le soir du jour de l’an. Hogunna». Il est bien connu, d’autre part, que la fête de la Toussaint donnait lieu, chez les Celtes, à de nombreux modes de divination : ce qui est, en tous pays, l’une des caractéristiques de la solennité du nouvel an. En outre, la nuit du 1er novembre était, par excellence, celle des revenants, des lutins, des fées, et des sorcières (plus tard, celle des défunts). Au pays de Galles, l’on redoutait particulièrement, cette nuit-là, «la truie noire aux oreilles coupées», c’est-à-dire une ogresse, Grande Chasseresse (pendant matriarcal du fameux sanglier initiateur des druides). Cette même date était, enfin, celle du feu nouveau, allumé par le procédé transcendant que nous avons mentionné ailleurs. De toutes parts, au sommet des collines, flambaient des brasiers, dans lesquels chacun jetait une pierre blanche — Pierre identique à lui en substance, et grâce à laquelle il bénéficiait du baptème du feu sacrosaint (voir sur ce baptême du feu notre ouvrage sur les Fêtes Humaines). En certaines régions, chaque famille allumait, sur une petite éminence, à proximité de sa demeure, son feu propre : les enfants passaient au préalable, de maison en maison, pour recueillir de quoi alimenter la flamme (nous retombons ici sur le cortège-quête, suite de l’antique procession des «ressuscités»). Très souvent, l’on récitait des prières autour du feu.

Il est, par surcroît, très significatif qu’en Irlande, l’on ait fêté, lors de la solennité de Samain, le dieu Dagda. C’était là, en effet, essentiellement, le dieu-père qui s’unissait à la déesse-terre lors du rituel de création. De là les accouplements et les obscénités rituelles qui le catactérisent : cf. son accouplement avec la fille d’Indech, roi des Fomôire, — avec la Morrigan près de la rivière Unius en Connaught, — avec Boann, femme de Nechtan, ce dernier étant le dieu éponyme de la grande rivière sacrée, le Jourdain de l’Irlande ; l’accouplement avec Boann se prolonge pendant 9 mois, de sorte qu’il dure encore quand naît un fils : nous entrevoyons ici le rite de séparation propre à la liturgie de création : Dagda et Boann sont scindés l’un de l’autre par leur fils ; c’est celui-ci qui désunit le ciel et la terre pour constituer, entre eux, le domaine de l’homme. — Dagda était au surplus, à l’occasion, un ogre digesteur divinisant, puisque sa bouche était «si grande qu’un homme et une femme auraient pu coucher dedans». Il nous est dit par surcroît qu’il tuait un homme avec un bout de massue, et qu’il le ressuscitait avec l’autre bout : en d’autres termes, il tenait également l’emploi de chasseur sauvage et celui de libérateur. Ce fut, à une époque lointaine, la plus haute personnalité initialique de l’Irlande. Il nous laisse très distinctement pressentir d’où viennent nos ogres et notre Gargantua. — Son nom (Dagda) veut dire dieu bon (= dieu bon à tout, dieu qui peut tout faire, et que rien ne lie.) Il est Ruad Ro-fhessa (= Seigneur de la Science complète). C’est, en un mot, le surhomme premier homme. Notre Sucellus gaulois, qui porte un maillet au lieu d’une massue, en fut l’équivalent : l’appellation de bon frappeur (Sucellus) possédait à l’origine un sens nettement initiatique, de même que l’union avec la déesse rivière Nantosuelta était une hiérogamie de création, analogue à celles de Dagda.
(1) James Georges Frazer (1854-1941), anthropologue britannique fut l’un des fondateurs de la mythologie comparée et de l’anthropologie religieuse. (NDLR).



***






" L’astre nocturne, hypostase de l’énergie surnaturelle dans le matriarcat, détermina, par sa position, le nouvel an ; celui-ci se situa à une époque voisine de l’équinoxe, ce qui l’accrochait à un point bien défini, tout en le maintenant dans la période d’automne, admise traditionnellement".




L’équinoxe d’automne : la fête de Rosch Haschana




Le second foyer d’attraction est l’équinoxe d’automne, qui, tout en fournissant pour la fête une date fixe et objective, se rapproche de l’époque assignée à la solennité automnale primitive.
Ce n’est point. répétons-le, la considération du soleil qui importa ici au début, ce fut celle de la lune ; l’astre nocturne, hypostase de l’énergie surnaturelle dans le matriarcat, détermina, par sa position, le nouvel an ; celui-ci se situa à une époque voisine de l’équinoxe, ce qui l’accrochait à un point bien défini, tout en le maintenant dans la période d’automne, admise traditionnellement. Quand, par exemple, une pleine lune intervenait la veille même de l’équinoxe, la pleine lune suivante, qui, en général marquait le nouvel an, se plaçait un mois plus tard, et, comme la fête durait alors plusieurs jours, la solennité terminale coïncidait presque avec le milieu de l’automne.

Rosh Hashanah (tête d’année)

Le meilleur exemple que l’on puisse donner à cet égard est celui de la solennité juive, qui, malgré le déplacement officiel ultérieur vers l’équinoxe de printemps, reste, en réalité, de nos jours encore, fixée à l’automne. «Le premier jour du septième mois, porte au surplus le Lévitique, sera pour vous un jour de repos, une assemblée religieuse, au son du Shofar». Le nom du septième mois, Tishri, signifie d’ailleurs, comme nous l’avons indiqué, commencement et il est manifeste qu’à une date ancienne il était le premier. Il n’y a donc rien d’étonnant que la grande fête de Rosh Hashanah (tête d’année, jour de l’an) ait été cêlébrée, et continue d'être célébrée, le premier Tishrî.
Un traité de la Mishna, intitulé précisément Rosh Hashanah, se demande s’il y a plusieurs «têtes de l’année». En guise de réponse, il signale que le 1er Nissan (printemps) est «tête de l’année» pour le calcul des années de règne des rois et pour la fixation du calendrier des fêtes, mais que le 1er Tishri est tête de l’année pour le calcul des années sabbatiques, des Jubilés, etc. Il est aussi fa fête de la Création du Monde. Les assemblées religieuses les plus solennelles se sont toujours tenues, du reste, en Tishri. C’est, par surcroit, en Rosh Hashanah que se prononçait jadis la formule Lechana Tova Tikatevou (= puisses-tu être inscrit pour une bonne année) ; aujourd’hui encore l’usage est de tremper ce jour-là le pain dans le miel, et de réciter la grande formule de bénédiction : «Plaise au Seigneur notre Dieu, et Dieu de nos pères, de nous donner une année bonne et douce».
Relevons encore que la lecture hebdomadaire, dans les synagogues, des sections shabbatiques de la Torah (= de la Loi) prend fin en Tishri (au 15 Tishri, fête des Soukkoth) et non en Nissan).
Chaque année, on le sait, depuis le retour de l’Exil, la Torah doit être lue d’un bout à l’autre, depuis le premier mot de la Genèse jusqu’au dernier du Deutéronome. Or c’est à la Chemini Atsereth (= huitième solennité) qui termine les Soukkoth, et dont le second jour est Sim’hat Torah (= fête de la joie de la Torah), que commence cette lecture : le récit de la création est lu ainsi lors du renouvellement de l’année (anniversaire de la création).
Celui qui a l’honneur d’achever, ce jour-là, la lecture du Deuréronome, est l’hatam-Torah (= fiancé de la Torah), tandis que celui qui commence la lecture de la Genèse est l’hatam Berechith. — Ce terme de fiancé est le seul détail qui, dans les fêtes juives, rappelle l’existence des antiques rites sexuels, si soigneusement élagués par Moïse : l’on voit, au surplus, comment, par retour au principe initial, la signification s’en est spiritualisée.
Quand est venu, au neuvième jour des Soukkoth, le moment de lire les Écritures, on extrait de l’arche tous les rouleaux, en laissant à la place une chandelle allumée ; puis on les porte en procession autour de la synagogue, pendant que les assistants chantent : «Ô Seigneur, sauve-nous, sois-nous propice, aie pitié de nous» — L’on reconnaît aisément ici l’antique rite de la diffusion processionnelle du sacré ; au lieu d’un initié divin, ou d’une statue sacrosainte, l’on dresse, comme foyer d’irradation transcendante, la Torah, source des initiations humaines. La chandelle remplace le feu nouveau (3).

Pierre Gordon
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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Mer 31 Oct 2007, 10:36

voir aussi:
Sombre Dragon, ou les bas-fonds de la "contre-initiation"…



par Robert Estienne
Si aujourd’hui de nombreux éditeurs proposent aux lecteurs le reprint de livres devenus introuvables, il faut saluer ici l’heureuse initiative des Éditions M.C.O.R. Christienne de rééditer une rare curiosité et à plus d’un titre inquiétante, Les Sept Têtes du Dragon vert. Déroutant tant dans sa forme que sur le fond, ce «roman ésotérico-policier» écrit sous le pseudonyme de Teddy Legrand et publié en 1933 s’inscrit dans l’histoire des derniers soubresauts de la ténébreuse affaire Taxil et constitue une des manifestations livresques de ce que René Guénon désigna en son temps sous le vocable de «contre-initiation». Petit rappel des faits.



"L'inversion des symboles est ce qui signe le plus spécifiquement la 'contre-initiation'" (Félicien Rops, détail de L'Offrande).
http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2007/10/23/137-guenon-esoterisme-initiation


Dernière édition par le Mer 31 Oct 2007, 10:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Mer 31 Oct 2007, 10:55


Qu'est ce que la fête d'Halloween?
300 ans avant J.-C., une société secrète de prêtres tenait sous son emprise le monde celte. Chaque année le 31 octobre, ceux-ci célébraient en l'honneur de leur divinité païenne Samhain, un festival de la Mort des prêtres se déplaçant de maison en maison, réclamaient des offrandes pour leur dieu et exigeaient parfois des sacrifices humains. En cas de refus, ils proféraient des malédictions de mort sur cette maison, d'où le "trick or treat", malédiction ou présent, pour être plus clair: une offrande sinon la malédiction.
Pour éclairer leur chemin, ces prêtres portaient des navets évidés et découpés en forme de visage, où brûlait une bougie faite avec de la graisse humaine de sacrifices précédents. Ces navets représentaient l'esprit qui allait rendre leurs malédictions efficaces.
Au 18 ème et 19 ème siècle, quand cette coutume est arrivée aux Etats Unis, on a remplacé les navets par des citrouilles. Le nom donné à l'esprit qui habitait dans la citrouille était "Jock", qui est devenu "Jack" qui habite dans la lanterne, d'où le nom "Jack-o-lantern".
Le mot Halloween vient de "All Hallow's Eve": veille de la Toussaint. Et on est tenté de l'associer à cette tradition chrétienne. En réalité, les origines de Halloween sont complètement païennes et n'ont aucun rapport avec cette fête religieuse.
Aujourd'hui, dans le monde entier, Halloween est la fête la plus importante pour les satanistes. Le 31 octobre est le nouvel an du calendrier des sorciers.
Le "Word Book Encyclopédia" affirme que c'est le commencement de tout ce qui est "cold, dark and dead" (froid, noir et mort).
De nos jour encore, on sait que les satanistes pratiquent des sacrifices humains, cette nuit là, aux Etats Unis et en Australie.
Quand nous voyons des enfants faire du "trick or treat" et réclamer des bonbons de maison en maison, cela parait inoffensif et amusant, mais n'êtes-vous pas entrain de les associer, sans en être conscients, à un bien sombre rituel ?
Pour les parents de jeunes enfants, un aspect supplémentaire de l'invasion de l'occulte dans la culture doit être abordé au sujet d'Halloween.
N'imaginez pas que ce jour particulier n'a rien à voir avec le satanisme. Vous serez certainement surpris, en apprenant comment, le 31 octobre, est devenu un prologue pour nous amener à accepter l'occulte. Que vous le croyez ou non, Halloween est devenu le jour du diable, rituellement reconnu par quelques adorateurs de Satan et quelques groupes occultes aux USA (il prend racine aussi chez nous).
Quels sont les faits à propos d'Halloween? Est-ce le moment d'invoquer la vieille prière de la Cornouaille, "Bon Dieu délivre-nous des goules, des fantômes, des bêtes à longues pattes et qui cognent dans la nuit"?
Regardons un instant l'histoire de ce jour spécial.
Le prédécesseur chrétien d'Halloween, la Toussaint des catholiques romains, était célébrée à l'origine en mai et non le 1er novembre. En 308, l'empereur romain Constantin apaisa la population des territoires païens, nouvellement conquis, en leur accordant le droit de conserver leur ancien rite du Jour de Samhain, parallèlement à la dernière fête fixée, la Toussaint. Le panthéon de Rome, un temple construit pour adorer une multitude de dieux, fut converti en église. Pendant que les chrétiens célébraient leurs saints disparus, les païens dédiaient la nuit précédente à leur "seigneur de la mort"
dossier:
http://www.alliance-presse.info/halloween/infos.htm


http://www.scientox-web.info/Hallowen-L-origine-historique.html




voir l analyse de Gérard Colombat


Citation :
Halloween est une fête nocive pour l'imaginaire des enfants
(Le Temps. ch)


Depuis le milieu des années 1990, la fête de Halloween s'est acclimatée sous nos latitudes. Pur produit commercial importé des Etats-Unis et artificiellement planté en Europe, Halloween et son cortège de citrouilles et de sorcières ont rencontré un succès fulgurant, avec une large bénédiction sociale. Quelques protestations critiques se sont élevées ici ou là, provenant essentiellement d'ecclésiastiques chagrins, mais elles ont été étouffées par le joyeux brouhaha des squelettes en folie. Aujourd'hui, un jeune philosophe et critique littéraire français s'insurge contre cet impérialisme des potirons qui a balayé les chrysanthèmes de la Toussaint. Il vient de publier un livre* dérangeant et décapant sur Halloween, qui lui vaudra certainement quelques malédictions de cucurbitacées courroucées.


Le Temps: Damien Le Guay, vous écrivez: «La Toussaint se meurt; vive les citrouilles et la fête des squelettes.» Pourquoi une telle animosité à l'égard de Halloween, fête qui semble somme toute assez inoffensive?
Damien Le Guay: Je n'éprouve aucune animosité à l'égard de Halloween, et je n'ai aucune intention de tuer des citrouilles ni de mettre en prison des sorcières. Mon propos se veut polémique et ironique, il est un appel à la réflexion sur les enjeux de cette fête qui apparaît comme un symptôme de certains dérèglements de nos sociétés contemporaines.


– Dans votre livre, vous regrettez le fait que Halloween soit en train de supplanter la Toussaint. Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela?
– Je ne regrette rien, je constate. Je ne défends pas la Toussaint, je regarde la nocivité de Halloween. Cela dit, en termes de calendrier, il y a un effet de recouvrement de la Toussaint par Halloween, comme un navire qui serait submergé par une énorme vague. Cela est dû au battage médiatique qui est très fort, à de puissantes opérations marketing, relayées par l'école et d'autres institutions, comme la poste en France qui a créé un timbre spécial à l'effigie de la citrouille de Halloween. Cet effet est tel qu'en France, certains enfants ne parlent plus des vacances de la Toussaint, mais de celles de Halloween.


– Vous estimez que Halloween est une fête nocive. Pourquoi?
– Je ne dis pas qu'elle est novice, je dis qu'elle comporte des éléments de nocivité dissimulés. Cette fête a des conséquences sur l'imaginaire des enfants. Premièrement, elle donne l'idée que l'univers est régi par des forces occultes contre lesquelles l'enfant ne peut rien, et que tout est décidé par avance. Dans cet univers où règne la fatalité, l'homme n'est qu'un jouet ballotté par des entités tutélaires magiques. Il est difficile de faire comprendre aux enfants qu'ils sont libres, libres d'agir et de prendre en main leur vie.
Ensuite, Halloween dénature l'apprentissage indispensable de la mort. Elle lui enlève son caractère tragique, lui confère un anonymat et en fait un objet d'amusement. Halloween invite à prendre la mort au second degré. Or, les enfants ont un travail imaginaire important à faire pour juguler leurs angoisses existentielles. Mais plus on est dans l'anonymat et dans le second degré, plus on prolonge ce que l'historien Philippe Ariès appelle la «mort interdite». Par ailleurs, n'oublions pas que Halloween véhicule des éléments religieux liés au culte de Samhain pratiqué par les Celtes et donc aux anciennes religions primitives. Dès lors, même si on en parle au deuxième degré et qu'on affirme ne pas y croire, la puissance spirituelle de la magie reste active.
Quant à la Toussaint, elle propose un type d'apprentissage de la mort diamétralement opposé. Elle donne à la mort un visage, qui peut être celui de proches décédés ou des saints, et elle offre à l'enfant la possibilité de s'inscrire dans une histoire des vivants et des morts qui le concerne. On devrait créer un «principe de précaution imaginaire», de même qu'on applique un principe de précaution alimentaire en abattant des millions de vaches dites «folles».


– N'est-il pas dangereux de vouloir ainsi régenter l'imaginaire des enfants?
– Il n'est pas question de remettre en cause la nature de l'imaginaire des enfants, qui a toujours été peuplé de monstres et de fées, mais de protéger la qualité de cet imaginaire. Aujourd'hui, la frontière entre l'imaginaire et le réel est floue. Halloween flatte le sentiment de toute-puissance de l'enfant au lieu de le canaliser. Il lui laisse croire qu'il peut jeter un sort à l'adulte qui lui refuse des bonbons. Nous ne sommes plus ici dans la logique du don, mais dans celle du chantage. Nous savons, avec Bruno Bettelheim, que l'imaginaire est nécessaire aux enfants pour canaliser leurs angoisses. Je m'interroge sur la capacité qu'a l'enfant, flatté par Halloween, de bien faire la part des choses. Ne sommes-nous pas en train de gommer, de plus en plus, cette frontière indispensable entre l'imaginaire et le réel? Ce flottement des frontières, Freud le nommait «l'inquiétante étrangeté».


– La fête de Halloween ne dure qu'un jour. Est-ce suffisant pour flatter durablement ce sentiment de toute-puissance?
– Elle ne dure qu'un jour, certes, mais elle est préparée depuis un mois. Il y a la fête en tant que telle, et puis il y a tout ce qui l'annonce. Avec Halloween, nous sommes dans un univers de sorcellerie et de magie, qu'on retrouve dans tous les feuilletons américains regardés par nos enfants, comme Buffy, Charmed ou Dark Angels. Halloween, de ce point de vue-là, est un élément symptomatique de cet univers de néo-paganisme ambiant.


– Vous critiquez l'insertion d'une nouvelle fête dans le calendrier. Quel mal à cela?
– Depuis un peu plus d'une dizaine d'années, on assiste à la greffe sur notre calendrier d'un nombre incalculable de fêtes qui ne fêtent rien. On fête tout pour oublier le vide. Il s'agit d'une fuite en avant. Cette sociabilisation à outrance participe de ce que Bernanos nommait «une conspiration contre la vie intérieure». Comme l'alcool, ces réjouissances artificielles sont une façon de quitter le réel plutôt que de chercher à le comprendre, de fuir le concret plutôt que de le prendre à bras-le-corps.


– Halloween serait-elle plus nocive en Europe qu'aux Etats-Unis, où elle est fêtée depuis plus d'un siècle?
– Comparaison n'est pas raison. Les configurations religieuses d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique ne sont pas du tout les mêmes. Aux Etats-Unis, contrairement à ce qui se passe en Europe, la religion a droit de cité, elle n'est pas reléguée dans le seul espace privé. La stratégie de la dérision n'y est pas du même ordre et ne pourrait pas s'appliquer à la religion chrétienne.


Damien Le Guay, «La face cachée de Halloween», Cerf, 162 p.



http://www.bibleetnombres.online.fr/hallowe2.htm
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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Jeu 01 Nov 2007, 09:17

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La Toussaint est un moment privilégié, une période qui ouvre une porte dans l’invisible autour de l’homme.
Et dans la nature pour favoriser la communion avec tous les saints véritables.
C’est-à-dire tous les hommes et les femmes dans la lumière, les grands Maîtres qui nous ont précédés sur le chemin.
Tous ceux qui travaillent sur eux sont dans cette filiation divine.
Tu peux envoyer dans cette période une pensée lumineuse et éprouver en eux une gratitude pour les ancêtres du peuple essénien.

Le peuple de la Lumière dans tous les peuples, qui ont porté la sagesse jusqu’à nous, pour les Maîtres et les hommes-Dieu.
Dans cette lignée il n’y a aucune coupure, aucune séparation entre le passé, le présent et le futur.
Tout forme un tout dans un présent et une unité supérieure que le monde ne connaît pas.....


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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Sam 01 Nov 2008, 11:26

L’origine de la Toussaint et de la fête des morts


par Jacques de Voragines
Jacques de Voragines, archevêque de Gênes, fut l’auteur, au XIIIe siècle, de la fameuse Légende dorée (Legenda aurea) qui raconte la vie des saints illustres en mettant l’accent sur leurs miracles et la surabondance de la grâce surnaturelle — ce qui confère à la Légende dorée une aura de «merveilleux» que les esprits forts ont beau jeu de taxer de «naïveté», comme pour mieux souligner le peu de crédibilité historique qu’on peut accorder à ces biographies des saints réputées «enjolivées» pour l’édification des fidèles. Dans cet extrait, Jacques de Voragines y évoque l’origine de la fête de la Toussaint, le 1er Novembre, et celle de la fête des morts le 2 Novembre.



"Pierre Damien raconte aussi que saint Odilon, abbé de Cluny, décida que, dans les monastères de son ordre, la fête de la Toussaint serait suivie de la commémoration des âmes défuntes ; et cette décision fut ensuite approuvée par l’Église entière".


La fête de la Toussaint (1er Novembre) a été instituée pour quatre objets : en premier lieu, pour commémorer la consécration d’un temple ; en second lieu pour suppléer à des omissions ; en troisième lieu pour expier nos négligences ; en quatrième lieu pour nous faciliter l'accomplissement de nos vœux.
1° : Voici d’abord l’histoire de la consécration du temple. Les Romains devenus maîtres du monde, avaient construit un temple énorme, au milieu duquel ils avaient placé leur idole ; et tout à l’entour étaient les idoles de toutes les provinces conquises, la face tournée vers l’idole des Romains. (...) Mais bientôt ce temple ne suffit pas aux Romains, qui construisirent pour chaque dieu un temple particulier. Et comme tous les dieux ne pouvaient pas avoir un temple à eux dans la ville, les Romains, pour mieux étaler leur folie, construisirent en l’honneur de tous les dieux un temple plus admirable encore que les autres, et l’appelèrent le Panthéon, ce qui signifie le temple de tous les dieux. Pour tromper le peuple, les prêtres des idoles lui racontèrent que la déesse Cybèle, qu’ils appelaient la mère de tous les dieux, leur était apparue ; et cette déesse leur aurait dit que, si Rome voulait remporter la victoire sur toutes les nations, on eût à élever, à tous les dieux ses fils, un temple magnifique. Ce temple fut construit sur une base circulaire, afin de symboliser l’éternité des dieux. (...)
Or, sous le règne de l’empereur Phocas, lorsque depuis longtemps déjà Rome était devenue chrétienne, le pape Boniface, quatrième successeur de Saint Grégoire, obtint de l’empereur le susdit temple, le débarrassa de toutes ses idoles, et, le 3 mai de l’année 605, le consacra à la Vierge Marie et à tous les martyrs : d’où il reçut le nom de Sainte-Marie aux Martyrs. (...)
Plus tard, encore, un pape nommé Grégoire transporta au 1er novembre la date de la fête anniversaire de cette consécration : car, à cette fête, les fidèles venaient en foule, pour rendre hommage aux saints martyrs, et le pape jugea meilleur que la fête fut célébrée à un moment de l’année où les vendanges et les moissons étaient faites, (car) les pèlerins pouvaient plus facilement trouver à se nourrir. En même temps, ce pape décréta qu’on célébrerait, ce jour-là, dans l’Église tout entière, non seulement l’anniversaire de cette consécration, mais la mémoire de tous les saints. Et ainsi ce temple, qui avait été construit pour toutes les idoles, se trouve aujourd’hui consacré à tous les saints.

L’intercession des saints

2° : La fête de la Toussaint a été instituée pour suppléer à des omissions : car il y a beaucoup de saints que nous oublions, et qui non seulement n’ont pas de fête propre, mais qui ne se trouvent même pas commémorés dans nos prières. C’est en effet chose impossible que nous célébrions séparément la fête de tous les saints, tant à cause de leur innombrable quantité que de notre faiblesse et du manque de temps.

3° : La fête de la Toussaint a été instituée pour expier des négligences, car bien que nous ne célébrions la fête que de peu de saints, encore négligeons-nous souvent ceux-là même, par ignorance ou par paresse. Et c’est de ce péché que nous pouvons nous délivrer en célébrant d’une façon générale tous les saints, le jour de la Toussaint. (...)

4° : Enfin la fête de la Toussaint a été instituée pour nous faciliter l’obtention de nos vœux. De même que nous honorons en ce jour tous les saints, de même nous leur demandons d’intercéder, tous ensemble, pour nous, de façon à nous faire avoir plus facilement la miséricorde de Dieu. Les saints peuvent, en effet intercéder pour nous par leurs mérites et par leur affection : par leur mérite en ce que le surplus de leurs bonnes œuvres s’emploie à compenser nos fautes ; par leur affection en ce qu’ils demandent à Dieu que nos vœux se réalisent, chose qu’ils ne font, cependant, que quand ils savent que cela ne contrarie pas la volonté de Dieu.

Le jour des âmes (2 Novembre)

Et que, dans ce jour, tous les saints se joignent pour intercéder en notre faveur, c’est ce que prouve une vision qui eut lieu l’année qui suivit l’institution de cette fête. Le jour de la Toussaint de cette année-là, le gardien de l’église de saint Pierre, après avoir pieusement fait le tour de tous les autels et imploré les suffrages de tous les saints, s’assoupit un moment devant l’autel de saint Pierre. Il fut alors ravi en extase et vit le Roi des Rois assis sur son trône, avec tous les anges autour de lui. Puis vint la Vierge des Vierges, avec un diadème de feu autour de la tête, et suivie de la foule innombrable des vierges. (...) Puis l’ange conduisit le gardien dans un autre lieu, où il lui montra des personnes des deux sexes, dont les unes étaient vêtues d’or, ou assises à des tables somptueuses, tandis que d’autres, nues et misérables, mendiaient du secours. Et l’ange dit au gardien : «Ce lieu est le Purgatoire. Les âmes que tu vois dans l’abondance sont celles qu’assistent copieusement les suffrages de leurs amis ; les âmes de ces mendiants sont celles de personnes qui n’ont point d’amis, au ciel ni sur la terre, pour s’occuper d’elles.»
Et l’ange ordonna au gardien de rapporter tout cela au souverain pontife, afin que, après la fête de la Toussaint, il instituât la fête des Âmes, c’est-à-dire une fête où, du moins, des suffrages communs s’élèveraient au ciel en faveur de ceux qui n’avaient personne pour adresser en leur faveur des suffrages particuliers.
L’Église a institué, en ce jour, la commémoration des fidèles défunts, afin d’accorder un bénéfice général de prières à ceux, parmi ces défunts, qui n’en possèdent point de particuliers. Cette fête a été instituée à la suite de la vision racontée (…) (précédemment). Pierre Damien raconte aussi que saint Odilon, abbé de Cluny, apprenant que l’on entendait souvent sortir de l’Etna les hurlements des démons et les voix plaintives d’âmes défuntes qui demandaient à être arrachées de leurs mains par des aumônes et des prières, décida que, dans les monastères de son ordre, la fête de la Toussaint serait suivie de la commémoration des âmes défuntes ; et cette décision fut ensuite approuvée par l’Église entière.


J. V.



Jacques de Voragines, La Légende dorée, traduction de Teodor de Wyzewa (1910).
pour http://signes-et-symboles.org/dossiers-symbole/index.php/2007/10/25/144-tradition-symboles-esoterisme
avec l aimable autorisation de Christian Mariais
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MessageSujet: Re: L’origine de la Toussaint et de la fête des morts   Sam 01 Nov 2008, 22:06

aujourd'hui la date ça faisait le 1 11 2008..;ça faisait le 1 11 1 000..............


ça fait quoi?????

vous avcez une idée??? un recentrage au niveau mondial mais où? quand?? l'initialisation de quoi????



mdrr j'ai 46 berges aujourdh'ui..;4 + 6 = 10............
j'ai toujours aimé la Toussaint , la toussaint= gâteau plus cadeau pour mireille depuis sa plus tendre enfance! arf!!!! mais ne croyez pas que je pense pas aux saonts ni aux décédés...si si ..,mais avec des gâteaux et une odeur de renouveau en préparation.............................................. :787:
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L’origine de la Toussaint et de la fête des morts
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